lundi 31 octobre 2011

Alan Haksten Grupp jeudi à l'YMCA [à l'affiche]


La orquesta típica Alan Haksten Grupp se produira jeudi 3 novembre 2011 à 20h30 au centre YMCA, dans le cadres des concerts Tango YMCA Siglo XXI, pour une présentation de son deuxième disque, qui est sorti il y a quelques mois : Capullo de ANCUR en una noche de mil nacientes... Le jour où le monde entier fête le sept-milliardième habitant humain de la planète, c'était l'info à publier dans Barrio de Tango !

Le Alan Haksten Grupp, c'est neuf musiciens d'une jeunsesse bien visible sur l'affiche qu'ils diffusent (cliquez sur l'image pour l'obtenir dans sa meilleure résolution) :
les violonistes, María Florencia Prieto et Leandro Sandroni, le violoncelliste Juan Bellagamba, les bandonéonistes, Aldana Bozzo et Nicolás Codega, le pianiste Noel Morroni, le contrebassiste et compositeur Alejandro Abbonizio, le guitariste et compositeur Alan Haksten, qui a fondé le groupe en 2008 et en assume la direction musicale, et la chanteuse Josefina Rozenwasser.

Entrée libre et gratuite.
YMCA, Reconquista 439, dans le quartier de Monserrat

Pour en savoir plus :

Mes ouvrages au Salon du Livre du Touquet Paris-Plage [Disques & Livres]

Le Salon du Livre du Touquet Paris-Plage se tiendra du jeudi 10 au dimanche 13 novembre 2011, aux Tennis Couverts, du Rond-Point des Sports.

Les Editions du Jasmin y disposeront d'un stand où, en plus du catalogue dont je vous ai déjà souvent parlé dans ces colonnes, elles présenteront les dix nouveaux ouvrages sortis en octobre, dont ce sera le tout premier salon... Des monographies sur les expressions idiomatiques dans différentes langues européennes et, dans la collection des biographies grand public, un livre consacré à André Malraux, qu'accompagne le cas échéant un autre ouvrage composé de témoignages de personnes qui l'ont fréquenté et connu.

Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru en mai 2010 dans cette maison, sera sur le stand, ainsi que Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, une autre anthologie bilingue, consacrée à dix auteurs de la seconde moitié du 20ème siècle jusqu'à ce jour, que j'ai publiée chez Tarabuste Editions et que diffuse le Jasmin sur les différents salons du livre sur lesquels elle expose.

Cette année, le Salon du Livre du Touquet fait partie des festivités et autres manifestations qui célèbre le centenaire de cette très coquette station balnéaire typique de la Belle Epoque.

Pour en savoir plus :

Dans la Colonne de droite, dans la partie inférieure, dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), vous trouverez en lien permanent le site internet des Editions du Jasmin.

Une exposition et un livre sur les manifestations françaises en Argentine [à l'affiche]


A l'occasion de la sortie d'un livre sur les manifestations françaises en Argentine entre 1889 et 1960, le mercredi 2 novembre 2011 à 19h, aura lieu le vernissage d'une exposition organisée sur le même thème au Museo y Archivo Histórico del Banco de la Provincia de Buenos Aires, qui restera ouverte jusqu'au 18 novembre.

Le Museo se trouve dans la rue Sarmiento, à la hauteur du n° 362, dans le quartier lui-même historique de Monserrat, celui que Mauricio Macri veut fuir pour aller installer son Gouvernement local dans le quartier de Barracas, ce qui cache très probablement une juteuse et gigantesque opération immobilière destinée à faire monter tous les prix de l'immobilier dans ce quartier populaire de la capitale argentine.

Le Banco de la Provincia de Buenos Aires est l'une des institutions bancaires les plus investies dans la défense de la culture et du patrimoine à Buenos Aires même. Il sponsore beaucoup d'activités et accueille bon nombre de manifestations très intéressantes. Il est en particulier l'un des mécènes de la Academia Nacional del Tango.

A voir.

Et merci à Ana María, une des guides historiques de la capitale argentine et qui aime notre langue, de m'avoir transmis cette information toujours plaisante à lire.

samedi 29 octobre 2011

Le retour en pleine forme d'un rockeur sexagénaire [à l'affiche]

L'auteur-compositeur-interprète de rock nacional Charly García, qui est l'un des pères du genre en Argentine, avec Litto Nebbia et Luis Alberto Spinetta, mais avec un côté sale gosse pas sortable, voyou paumé plutôt que rebelle engagé que les deux autres n'ont jamais cultivé, a commencé la tournée de ses 60 ans, jeudi dernier, avec un grand concert au Gran Rex de l'avenue Corrientes à Buenos Aires.

Visiblement mal en point depuis de nombreuses années, émacié, le regard pas très clair, souvent hospitalisé, pour de notoires problèmes d'addiction de toutes sortes, c'est un homme remplumé, solide, souriant et en pleine forme qui a brandi sa guitare et saisi le micro sur l'une des grandes scènes musicales de la capitale argentine (un peu à Buenos Aires ce que l'Olympia est à Paris), au plus grand bonheur de ses fans, qui le retrouvent comme au premier jour.

Reportage à lire ce matin dans les pages culturelles de Página/12.

vendredi 28 octobre 2011

Melingo et Los Ramones del Tango à La Perla del Once ce vendredi [à l'affiche]

Le chanteur et compositeur Daniel Melingo, accompagné comme d'habitude des Ramones del Tango, sera ce soir, vendredi 28 octobre 2011, à 21h30, au Bar La Perla del Once, Rivadavia 2800, pour une présentation de son nouveau disque, Corazón y hueso (1).

Entrée : 50 $ (peso argentin)

Ses musiciens sont donc Patricio Cotella (contrebasse), Gustavo Paglia (bandonéon), Rodrigo Guerra (trombone et guitare électrique) et Hernán Reinaudo (guitare).

A propos de ce nouveau disque, voir mon article précédent, que j'ai mis en ligne le 11 octobre dernier, sur l'interview récemment donnée à Página/12 par Melingo, à l'occasion de la toute première présentation de l'album.

* * *

Daniel Melingo sera à Paris, les 2 et 3 décembre 2011, au Café de la Danse, pour la présentation parisienne. La publicité couvre déjà les murs de la capitale française.

(1) dont deux morceaux, écrits par le poète Luis Alposta, sont présentés dans mon anthologie bilingue intitulée Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, que j'ai fait paraître chez Tarabuste Editions, rue du Fort, 36170 Saint-Benoît du Sault, dans la collection Triages (140 pages). A commander chez n'importe quel libraire aimant son métier.

Du pain sur la planche hors de Barrio de Tango [Disques & Livres]


D'ordinaire, le nombre d'articles quotidiens sur ce blog, Barrio de Tango, baisse au mois de janvier et de février, parce que c'est le temps des vacances australes... Je passe alors d'une moyenne de 2 à 3 articles par jour à un rythme plus relâché d'environ 1,5. Cette année 2011-2012, ce rythme va ralentir dès le début du mois de novembre et jusqu'à la fin février. L'été sera long !

Il se trouve en effet que je suis depuis quelques temps en train de monter deux projets de livre et qu'après la phase de montage, il faut passer à celle de la réalisation. Et celle-ci arrive à échéance maintenant.

Il s'agira d'un essai touchant à un aspect de l'histoire globale du tango argentin et d'une monographie sur une figure presque romanesque de l'histoire sud-américaine, un personnage peu connu et pourtant très historique. Il est encore un peu tôt pour en dire plus. Chaque chose en son temps, comme toujours. Je compte bien que les deux ouvrages puissent sortir courant 2012. Alors au travail ! C'est d'ailleurs pour cela qu'en accord avec mon éditeur, j'ai finalement renoncé à passer le week-end prochain au Touquet, où mes ouvrages, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin et Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, Tarabuste Editions, seront néanmoins présents sur le stand des Editions du Jasmin (mais sans dédicace).

En effet, la tenue de ce blog et l'écriture d'essais ne sont pas ma seule activité. Je continuerai à rencontrer le public à travers dédicaces et conférences, notamment dans les salons du livre (je serai au Salon des éditeurs indépendants L'Autre Livre, dans le Marais, à Paris, à la mi-novembre), dans les médiathèques et autres centres culturels de France et de Navarre, de Belgique, de Suisse et du reste du monde francophone. De plus, je suis depuis plus de six mois attelée à la construction d'un ambitieux programme d'échanges culturels transatlantiques, passablement chargé en démarches de coulisses de toutes sortes, ce à quoi il faut donc accepter de consacrer beaucoup de temps.

Et, pour finir, un grand merci au peintre toulonnais Louis Michel van Loo (1707-1771) de m'avoir fourni l'illustration (fort immodeste) de cet article, avec ce détail d'un portrait ultra-connu de l'encyclopédiste Denis Diderot (1) sous les auspices duquel j'ai soutenu ma thèse au siècle dernier.

(1) J'ai fini mes études de lettres classiques à l'Université Denis Diderot, dite aussi plus administrativement Paris 7 mais franchement, c'est moins chic ! Ce portrait de Diderot écrivant en tenue d'intérieur date de 1767.

Dema et La Petitera ce soir et demain au Centro Cultural Torcuato Tasso [à l'affiche]

L'affiche, diffusée par les artistes, fait une allusion à une chanson de rock, qu'elle cite explicitement.

L'auteur-compositeur-interprète Dema et ses musiens la "Maldita Orquesta" La Petitera seront ce soir, vendredi 28 et samedi 29 octobre 2011, à 22h, au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575, dans le quartier de San Telmo.

Entrée : 40 €

Ces artistes sont des habitués de cette salle incontournable de la movida tanguera contemporaine, mais à des horaires variés (ici, en prime time).

Pour en savoir plus, cliquez sur le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

jeudi 27 octobre 2011

L'Uruguay abroge de fait la Ley de Caducidad [Actu]

L'hémicycle hier soir, au moment du vote, sous les applaudissement du public, à la tribune.

En dernière lecture, la Chambre des Députés de la République Orientale de l'Uruguay vient de voter que les crimes commis sous la dernière dictature (1973-1985) étaient désormais imprescriptibles. Le vote intervient in extremis puisque, selon la loi uruguayenne jusqu'à hier, ces crimes auraient été prescrits le 1er novembre de cette année, dans quelques jours.

Au début de l'année, un verdict de la Cour Interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH), dont l'Uruguay est l'un des membres, avait condamné la petite république pour le caractère illégal de sa loi d'amnistie, dite Ley de Caducidad, votée en mars 1985, au moment de la passation des pouvoirs de la Junte au président démocrate. A plusieurs reprises, le gouvernement uruguayen avait tenté, ces dernières années, de faire abroger cette loi et avait échoué.

Cette fois-ci, l'abrogation est passée. Après un débat de 12 heures, à 2h15 ce matin, par 50 voix pour, sur les 91 députés présents. Seuls ont voté pour les élus du Frente Amplio, qui forment tout juste la majorité à la Chambre. L'ensemble des représentants de l'opposition sont restés sur leur ligne, le maintien de l'amnistie.


Un peu plus tôt dans la semaine, Bordabery, le fils de l'un des anciens dictateurs, l'un des ténors de l'opposition, arrivé en 3ème position au premier tour de l'élection présidentielle en 2009, avait lancé un dernier baroud en déclarant publiquement sa conviction que le Frente Amplio ferait un coup d'Etat pour se maintenir au pouvoir en cas de défaite à la prochaine élection présidentielle, prenant appui pour cela sur la réaction plus que malvenue du FA aux déclarations belliqueuses inconsidérées de l'ancien Présidente Tabaré Vázquez, qui a finalement décidé de se retirer définitivement de la vie politique (voir mon article du 16 octobre 2011 à ce propos). Mais Bordabery, qui ne risque rien personnellement et dont l'histoire a déjà jugé le défunt père, n'a obtenu que de déclencher une très large protestation, dans tout le spectre politique du pays, bien au-delà du Frente Amplio.

Cette victoire de la démocratie et des droits de l'homme du côté oriental des fleuves Uruguay et Río de la Plata, intervient le jour même où, sur l'autre rive, du côté argentin, les premiers bourreaux de l'ESMA, un centre de détention de la dictature de 1976-1983, sont condamnés à perpétuité.

Pour aller plus loin :
lire l'article de La República (dont le site Internet s'appelle depuis quelques jours La Red 21)
lire l'article de El País (le quotidien de Montevideo, et non celui, homonyme, de Madrid)
lire l'article de Página/12 (Argentine)
lire l'article de Clarín (Argentine)
lire l'article de La Nación (Argentine)

Un très poignant dessin de Miguel Rep [Actu]

Le dessin que Miguel Rep a conçu aujourd'hui pour le bas de la page d'accueil du quotidien Página/12 (1) est immédiatement décryptable pour le public argentin, et surtout pour les intellectuels de gauche qui forment la base du lectorat de ce journal, mais c'est nettement plus brumeux pour le commun des Européens, qui ont bien du mal à identifier et les événements et les lieux qui y sont évoqués.


On y voit un avion lâcher (en fait jeter) dans le Río de la Plata des bonhommes (des hommes vivants, drogués, blessés et donc sans capacité de résister) puis s'en aller (à la fin de la Dictature, en 1983) et repasser (30 ans plus tard, aujourd'hui) et faire le plein de colombes sorties de l'eau, colombes qu'il va lâcher au dessus de la Plaza de Mayo, symbolisé par un petit bout de Casa Rosada (petit mais hyper-reconnaissable) et par la Pyramide de Mai (très reconnaissable elle aussi) avec sa République armée, façon Athéna au sommet, sur les Madres de Plaza de Mayo dont vous ne voyez que le foulard, fait des langes de leurs enfants disparus.

C'est l'histoire résumée de ce procès qui vient de s'achever à Comodoro Py, avec la condamnation à perpétuité d'une douzaine de bourreaux de l'ESMA, pendant la dernière dictature militaire (1976-1983). Voir mon autre article de ce jour sur ce sujet ou cliquez sur le mot-clé JDH (Justice et Droits de l'Homme) dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

(1) Le dessin existe aussi sur l'édition papier mais n'apparaît pas sur la une.

"L'Ange blond de la Mort" & Cie condamnés à perpétuité [Actu]


Le procès dit de l'ESMA vient de prendre fin à Comodoro Py, dans la banlieue de Buenos Aires, et pour une fois, voilà qu'il intéresse les médias français. Pourquoi ? Parce que parmi les 86 victimes pour lesquelles s'est tenu ce procès, ces 22 mois d'audience, avec ces 250 témoins qui ont défilé à la barre, il y avait deux religieuses... françaises.

Douze des 18 accusés, dont l'ex-capitaine de marine Astiz, qu'on avait surnommé à la fin des années 70 "l'Ange blond de la Mort" et qui est le seul à retenir l'attention des médias français dans toute cette bande d'affreux, ont été condamnés à perpétuité pour "privation illégale de liberté, tortures aggravées et homicides".


Deux autres accusés ont été condamnés à 25 ans de prison, un à 20 ans et le dernier à 18 ans. Il y a également eu deux relaxations pour le chef de crime contre l'humanité sur lequel ils étaient poursuivis mais les deux hommes restent en prison, pour des peines qu'ils purgent pour d'autres crimes dont ils ont été déclarés coupables précédemment.

Parmi les condamnés à perpétuité, il y a aussi l'assassin de l'écrivain et journaliste Raúl Walsh, une très grande figure d'intellectuel et de militant des droits de l'homme en Argentine, qui fait partie de ces 30 000 disparus de la Dictature.

A l'énoncé du verdict, il y a eu, comme c'est toujours le cas en Argentine, des manifestations de joie à l'intérieur de la salle d'audience comme à l'extérieur, de la part des militants des droits de l'homme qui se bataillent depuis 30 ans en Argentine pour que ces procès aient lieu.

C'était le premier procès intenté à des bourreaux du centre de détention et de torture clandestin que fut l'ESMA, l'Ecole Supérieure de Mécanique de la Marine (Armada), qui accueille aujourd'hui, dans le nord du quartier de Palermo, trois centres culturels, dont ECuNHi, le centre fondé par l'ONG Madres de Plaza de Mayo (les Mères de la Place de Mai).


Curieusement, en ces lendemains de triomphe électoral kirchneriste, tous les quotidiens, de quelque bord qu'ils soient, mettent ce verdict à leur une. En général, Página/12 y consace toute sa une, Clarín et La Nación se contentent d'une demie-une ou d'une simple manchette, et La Prensa ne l'évoque parfois même pas sur sa première page. Est-ce le signe que les verdicts de ces procès feraient vendre ? Auquel cas, cela sera vraiment un signe d'approfondissement de la conscience démocratique en Argentine, comme les élections primaires puis présidentielles et législatives viennent d'en donner une nouvelle preuve...

Comme vous le constaterez aussi en comparant les quatre unes de ce matin, tous les journaux ouvrent avec deux infos, ce verdict et l'anniversaire de la disparition de l'ancien président Néstor Kirchner.

Car ce verdict, très attendu, intervient à la veille de cet anniversaire, alors qu'on transfère aujourd'hui, lors d'une cérémonie intime, les restes de l'ancien président, du caveau familial du cimetière de Río Gallegos (Province patagonienne de Santa Cruz) à un mausolée qui lui sera consacré, au coeur de ce même cimetière. Or c'est Néstor Kirchner qui relança le processus judiciaire contre les criminels de la dictature, un processus interrompu par réalisme politique quelques années après le retour de la démocratie parce qu'il fallait bien que l'administration du pays puisse reprendre le cours de son activité. Néstor Kirchner, auquel même Mauricio Macri, l'un de ses plus tenaces adversaires politiques, rend hommage du bout des lèvres, mais tout de même, dans les colonnes de La Prensa.


Pour aller plus loin :

L'Uruguay va mettre fin au secret bancaire [Actu]

Par la voix de son vice-président, Danilo Astori, l'Uruguay vient d'annoncer au Mercosur qu'il acceptait le principe d'un échange d'informations bancaires liées à l'évasion fiscale des déposants étrangers avec ses voisins immédiats, l'Argentine et le Brésil, et qu'il mettait en place les conditions pratiques et juridiques de cette transformation de son fonctionnement économique, largement fondé sur les activités bancaires, dont une certaine part internationale en toute opacité (ce n'est pas pour rien que le pays fait figure de "Suisse de l'Amérique Latine"). Cet accord permettra à terme à l'Uruguay de ne plus être un paradis fiscal, au moins dans l'environnement régional et géographique qui est le sien.

L'économie uruguayenne ne supporterait sûrement pas la cessation d'un seul coup des pratiques qui lui sont reprochées par l'OCDE. Le pays va engager une mue qui durera des dizaines d'années en lançant des négociations bilatérales qui vont prendre tout leur temps. Mais c'est une bonne évolution qui s'engage aujourd'hui.

Pour aller plus loin :

mardi 25 octobre 2011

Un beau concert de Juan Falú au SHA vendredi soir [à l'affiche]


Le Maestro Juan Falú, l'un des grands créateurs du folclore actuel de l'Argentine, compositeur et guitariste très apprécié, ainsi que président du Fonds national des Arts (Fondo Nacional de las Artes) et directeur du Festival argentin Guitares du Monde, donnera un concert exceptionnel vendredi 28 octobre 2011 à 21h30, intitulé Lo mejor de Juan Falú.

Ce sera au Théâtre SHA, l'une des institutions culturelles de la communauté juive de Buenos Aires, la plus importante de toute l'Amérique Latine, Sarmiento 2255.

Entrée : 60 $.

Le Maestro sera entouré d'un grand nombre d'artistes, dont vous connaissez déjà certains comme Liliana Herrero (folclore) et Ramiro Gallo (tango).
Le quotidien Página/12 fait partie des organisateurs-mécènes et le parking de la rue Uriburu aussi...

Pour en savoir plus :

L'humour des vainqueurs... [Actu]

Après la déferlante kirchneriste (sans surprise majeure) de dimanche dernier, 54% des voix exprimées pour la présidente sortante au premier tour, les duettistes de la une du quotidien de gauche Página/12, Rudy et Daniel Paz s'en donne à coeur joie... Pourtant, l'humour populaire portègne, comme l'humour juif avec lequel il partage bien des traits, a pour caractéristique historique de s'être forgé dans les couches sociales laborieuses opprimées par le grand patronat sans foi ni loi de la fin du 19ème siècle en Argentine.

Voilà donc les deux vignettes qu'on pouvait lire hier matin et ce matin à la une du journal.

Edition de lundi, lendemain de victoire :



Le politologue distingué (qui ressemblerait bien à Rudy lui-même, croqué par son complice dessinateur, Daniel Paz) :
Grosso modo, il y a eu deux grands camps :
ceux qui ont voté pour Cristina et ceux qui ont voté contre l'opposition.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Edition de ce matin :

Le moustachu, qui a le moral à zéro, s'appelle Ricardo Alfonsín, il est d'une part le fils de Raúl Alfonsín, premier président du retour à la démocratie (décembre 1983) et le leader du parti radical, l'UCR (Unión Cívica Radical), qui a complètement dévissé pendant ces 4 ans de mandat de Cristina Kirchner, et il en porte une part de responsabilité, avec une campagne nulle depuis plus d'un an, avec des attaques assez basses contre le gouvernement en place.


 
Alfonsín : Qui a gagné ?
Le conseiller : Cristina
Alfonsín : Et à la chambre des députés ?
Le conseiller : aussi
Alfonsín : et au Sénat
Le conseiller : aussi
Alfonsín : et moi, je suis toujours le chef de l'UCR, hein ?
(Traduction Denise Anne Clavilier)

La Vidú.. otra vez ! [à l'affiche]


La Orquesta Típica La Vidú sera de nouveau en représentation ce soir, mardi 25 octobre 2011, à la Catedral del Tango, Sarmiento 4006, dans la quartier de Almagro. Le lieu héberge la plupart du temps une milonga bien connue des Portègnes.

Le prix sera donc de 20$ pour les clients arrivant avant minuit et de 25$ après.

Et je vous laisse apprécier le passage daltonien du vert pers au rouge ponceau des affiches en l'espace d'une semaine à peine...

Pour en savoir plus sur les multiples concerts de ce jeune groupe du tango nuevo, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Dès que je trouve le temps de le faire, j'ajoute leur page Internet aux liens permanents de la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales de la partie inférieure de la Colonne de droite.

Ariel Ardit et son hommage aux Cantores de Orquesta tous les samedis [à l'affiche]

Tous les samedis du mois d'octobre et de novembre, le chanteur Ariel Ardit présente au Juvenil, Corrientes 4534, à 21h, son tour de chant d'hommage aux cantores de orquesta, des années 40 et 50, accompagné de la Orquesta Típica qu'il a fondée il y a quelques temps pour soutenir ce projet, qui a donné lieu à un disque, publié par BMG.

Le spectacle a reçu l'appui de la Legislatura Porteña qui l'a déclaré de interés cultural.

Les chanteurs auxquels Ardit rend ainsi hommage sont des hommes comme Francisco Fiorentino, Floreal Ruiz, Alberto Marino, Alberto Podestá, Raúl Berón, Enrique Campos, Alberto Castillo, Roberto Rufino, Julio Martel, Ángel Vargas, dont les noms sont liés aux orchestres de Aníbal Troilo, Carlos Di Sarli, Miguel Caló, Ricardo Tanturi, Lucio Demare pour n'en citer que quelques uns. La démarche de Ardit s'inscrit dans la même démarche de gestion et de développement d'un patrimoine qui a conduit Ignacio Varchausky à fonder TangoVía, à l'orchestre El Arranque, dont il fut longtemps le chanteur attitré, à contribuer à fonder la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce et Gabriel Soria et sa femme à reconstituer un spectacle avec 5 grands représentants de l'époque pour les festivals de La Falda et de Buenos Aires 2009...

Entrée : 70 $. C'est raisonnable étant donné le niveau de notoriété qu'a désormais acquis Ariel Ardit, qui se la joue un peu vedette consacrée, et la présence d'un vrai orchestre sur scène.

Pour aller plus loin :

lundi 24 octobre 2011

Cristina à la Rosada, Amado au Sénat, reliés par Avenida de Mayo [Actu]

C'est dans le noir impeccable qu'elle n'a pas cessé de porter depuis un an, depuis que son mari, l'ancien Président Néstor Kirchner est mort, le 27 octobre 2010 (voir mes articles sur cet événement politique de l'année dernière), que Cristina Fernández de Kirchner est venue saluer et remercier les militants sur une Plaza de Mayo débordante de monde dans la nuit printannière.

Sans surprise majeure, Cristina Fernández de Kirchner a été réélue hier, dimanche 23 octobre 2011, avec ce que les dépouillements des bureaux de vote (encore en cours à 9h, heure de Paris) annoncent comme un score historique depuis Juan Perón (1946, pas 1973) : 53%. Le taux, pour admirable qu'il soit, était néamoins attendu puisque certains instituts de sondage l'avaient vu apparaître au fil de leurs enquêtes des dernières semaines. Il se peut qu'il évolue au fur et à mesure que le décompte des voix va s'affiner dans la nuit et ensuite par les nouveaux comptes qui seront réalisés par le Tribunal Electoral, mais l'expérience montre que ces dépouillements dans les bureaux de vote sont fiables, à la première décimale près.


Il n'en reste pas moins que pour un premier tour, c'est inouï. Historiquement, elle fait donc mieux que Perón en 1946, car si Perón avait bien obtenu 56% des voix dès le premier tour, c'était face à une coalition rassemblant, ouvertement, sous l'aile de l'Ambassade des Etats-Unis tout le spectre politique argentin à l'exception des partisans du Général, de la gauche à la droite en passant par le centre inexistant en Argentine tant alors que maintenant. Cristina, elle, était hier opposée à une bonne demi-douzaine de candidats couvrant à leur tour un spectre idéologique et politique assez large, et avec des standards démocratiques plus exigeants que ceux qui étaient en vigueur sur cette planète en 1946 et sans interférence d'aucune grande puissance étrangère.

La deuxième force politique du pays est désormais celle des socialistes menée par Hermés Binner, qui a recueilli 16% des voix. Et comme Cristina représente elle aussi la gauche argentine. Contrairement à ce qu'avancent les journalistes français (je ne comprends pas pourquoi ils affichent une telle ignorance du contexte et de l'histoire du pays), elle n'est pas au centre gauche. Le kirchnérisme et le socialisme de Binner sont seulement deux couleurs différentes d'une gauche marquée par l'histoire argentine (qui n'est aucune des histoires de nos pays européens) et cette gauche est incontestablement située... à gauche.


La droite est écrasée comme elle l'a rarement été au niveau national, l'UCR a été balayée et il est difficile de savoir si le plus vieux parti argentin (1891) s'en remettra. Le pays, y compris au Congrès, se réveille ce lundi à gauche toute (près de 70% des suffrages sur les chefs des candidats à l'élection présidentielle).

Dans la Province de Buenos Aires, l'ancien Vice-Président de Néstor Kirchner et Gouverneur sortant, Daniel Scioli, est lui aussi réélu triomphalement.

L'autre grand enseignement de ce scrutin est qu'arrivent en tête des candidats à la présidentielle deux personnes dont on peut dire beaucoup de choses mais certainement pas qu'ils sont des démagogues. Même si ses adversaires aiment décrire Cristina comme une "populiste", une tarte à la crème sémantique que ceux qui emploient l'adjectif seraient bien en peine d'en donner une définition qui tienne la route et d'en établir l'attribution à la Présidente sur l'un ou l'autre de ses actes concrets de gouvernement (un certain nombre de mes amis argentins comptent parmi ces adversaires acharnés, qui, en parlant de Cristina, parlent en fait d'une autre réalité politique, plus ancienne, dont ils ne sont toujours pas remis, et il y a de quoi). Les démagogues, et il y en avait parmi les candidats à la présidentielle, sont relégués loin, loin, loin derrière les deux premiers, qui ont eux-mêmes creusé l'écart entre eux.


Cristina reste donc à la Casa Rosada, le palais du Gouvernement national (Gobierno de la Nación) qui ferme la perspective de la Plaza de Mayo, et son futur Vice Président, Amado Boudou, actuel Ministre des Finances, va occuper le perchoir du Sénat, qui est situé dans l'imposant Palais des Congrès (Congreso), inspiré au 19ème siècle par l'architecture du Capitole de Washington, les deux sièges du pouvoir, exécutif et législatif, étant reliés depuis les années 1880 par la Avenida de Mayo, dont je vous parle souvent puisque c'est sur cette avenue symbolique que se trouvent des institutions comme la Academia Nacional del Tango au numéro 833, le Gran Café Tortoni, au numéro 835 et le Bar 36 Billares, au numéro 1265 (tous sur le même trottoir !)...

Pour le moment, les grands quotidiens argentins n'ont pas bouclé leur édition de lundi (voir la rubrique Actu dans la partie basse de la Colonne de droite si vous voulez les consulter sans attendre). Je reviendrai donc dans la journée, sans doute dans l'après-midi (heure d'Europe occidentale), car ce matin les sites risquent d'être pris d'assaut par les Argentins et les Sud-Américains, dès porton-minet pour eux, et je complèterai alors cet article avec les liens vers les sommaires du jour des trois grands quotidiens et quelques unes en illustration comme à mon habitude.

Mes lecteurs peuvent dès à présent se reporter aux autres articles déjà publiés dans ce blog sur la Présidente réélue et son futur Vice Président. Il suffit pour cela soit de copier l'un ou l'autre nom dans la fenêtre du moteur de recherche qui se trouve en haut de la page, à droite (en respectant les accents pour son patronyme à elle et sans espérer de miracle, le moteur de recherche mis en place par Blogger n'est pas d'une fiabilité à toute épreuve) ou en cliquant sur le mot-clé "gob argentin" dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Pour aller plus loin :
voir les éditions du 24 octobre 2011 des quotidiens suivants :
Clarín (anti-kirchneriste)
La Prensa (de droite ultra-libérale)
La Nación (de droite libérale, dont vous apprécierez le choix dans l'ordre de priorité des sujets traités au lendemain d'élections présidentielle et législatives. C'est à peine croyable !)
Página/12 (pro-kirchneriste)

dimanche 23 octobre 2011

Noelia Moncada à No Avestruz le 28 octobre [à l'affiche]


Vendredi 28 octobre 2011, à 21h30, la chanteuse Noelia Moncada se présentera à No Avestruz (autruche interdite), une salle de spectacle du quartier de Palermo, Humboldt 1857.

Elle sera accompagnée par le pianiste Matías Álvarez et "égrennera un répertoire soigné qui privilégiera son regard sur la femme dans l'amour et dans le tango" (la formule est d'elle).

A voir, car Noelia Moncada est d'une des voix montantes de femme dans l'univers en pleine ébullition du tango argentin à Buenos Aires et dans les grandes villes du pays.

Pour en savoir plus sur l'artiste et ses activités, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Ce clic fera remonter en page d'accueil les articles que je lui ai déjà consacrés en commençant par les plus récents.

Gardel entre reos y criollos mercredi prochain [à l'affiche]

Photo diffusée par les artistes

Les chanteuses Lucrecia Merico et María de los Angeles Ledesma reprennennt leur tour de chant bâti sur le répertoire de Carlos Gardel, qu'elles avaient créé en juin de cette année pour l'anniversaire de la mort du grand Maestro. Elles seront accompagnées par le groupe Las Guitarras Saavedrinas, composé de Nacho Iruzubieta, Hernán Perez et Germán Layna et elles ont invité en plus la chanteuse Nacha Roldán.

Ce sera le mercredi 26 octobre 2011 à 21h30, au Bar Notable 36 Billares, avenida de Mayo 1265.

Entrée : 40 $ (les consommations sont en sus).

Dans le mail à travers lequel Lucrecia fait connaître la tenue du spectacle, nous est offert cette phrase de Raúl González Tuñón, l'un des grands penseurs et des grands poètes des années 40 et 50 à Buenos Aires :

"Ahora está más Gardel, y tan lejano. Por encima del tiempo, en el sutil territorio del mito donde vagan los dioses desterrados. Entre la luz y el aire fugitivo, con Carriego, en la nube, mano a mano. Distante y pensativo".
Raúl González Tuñón

Maintenant, Gardel est plus présent encore et si lointain. Par dessus le temps, dans le territoire subtile du mythe où errent les dieux exilés. Entre la lumière et le souffle fugitif, avec Carriego, dans les nuages, main dans la main. Distant et méditatif.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le tango fait sa rentrée à la radio : Discépolo samedi sur France Musique [ici]

Samedi 29 octobre 2011, le producteur et intervieweur radiophonique Benoît Duteurtre remet en selle la chronique tango de Jean-Louis Mingalon, dans son émission hebdomadaire Etonnez-moi Benoît consacrée au music-hall, à la variété et à la musique fantaisie sur l'antenne de France Musique, écoutable en direct sur les ondes hertziennes, en streaming sur le site Internet de la station, à la demande pendant 30 jours et en podcast téléchargeable en abonnement automatique pendant la semaine qui suit la diffusion à l'antenne.

Jean-Louis Mingalon a choisi pour cette rentrée le poète et compositeur Enrique Santos Discépolo (1901-1951), qui fut aussi un comédien, un acteur et un réalisateur argentin. On lui doit un nombre impressionnant de chefs-d'oeuvre, dont les principaux figurent au menu du lecteur de mon anthologie, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publiée en mai 2010 aux Editions du Jasmin et une notice biographique le concernant nourrir également l'une des esquinas dont j'ai parsémé ma promenade poétique dans Buenos Aires (p. 192).

On a dit beaucoup de choses de Discépolo, qu'il était désespéré et nihiliste en particulier. Il était surtout un écorché vif, qui eut beaucoup de mal à trouver sa place dans l'Argentine écartelée et écartelante dans laquelle il a vécu les 50 courtes années de sa vie douloureuse. Sa poésie, torturée comme lui et souvent si terriblement sarcastique, en dit long là-dessus. Jusqu'au ménage improbable que cet Alceste du quartier Once, à Balvenera, constitua avec une chanteuse, poupée espagnole, coquette et sans grand talent, devant laquelle il s'était "fait tout petit et filait tout doux quand elle le sonnait", comme aurait dit Brassens.

Si vous êtes un fidèle auditeur de France Musique ou un lecteur régulier de ce blog, vous connaissez le principe de la chronique : une vingtaine de minutes, d'ailleurs déjà "dans la boîte" selon l'expression consacrée, et trois morceaux au libre choix du chroniqueur, avec quelques commentaires et anecdotes de sa part.

"Yo viví cien años con solo cincuenta", lui fait dire le Maestro Horacio Ferrer, dans Soy (1), le poème avec lequel le poète d'aujourd'hui ouvre la biographie qu'il a consacrée au poète d'hier (Discepolín, poeta del hombre que está solo y espera, Horacio Ferrer y Luis Sierra, Editorial Sudamericana, Buenos Aires 2004).

J'ai vécu cent ans en seulement cinquante
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour podcaster l'émission, allez sur la page des podcasts sur le Portail de Radio France puis à la lettre E, initiale du titre de l'émission.

Pour avoir la liste de tous les morceaux diffusés au cours de chaque émission, vous pouvez aussi visiter la page d'Etonnez-moi Benoît (mais attention : la liste est souvent truffée de fautes d'orthographe sur les noms et parfois aussi sur les titres. Rien ne vaut d'écouter l'émission elle-même. L'invité et l'animateur sont les mieux placés pour vous parler de ce qu'ils vous font entendre).

(1) A lire également, le tango que son ami Homero Manzi, sur son lit de mort d'une clinique de Buenos Aires, lui écrivit, avec Aníbal Troilo, en avril 1951, Discepolín, à la page 187 de Barrio de Tango (ouvrage cité).

vendredi 21 octobre 2011

La Orquesta Típica La Vidú demain soir à la pratique du Parque de los Patricios [à l'affiche]


Demain, samedi 22 octobre 2011, à partir de 19h, la Orquesta Típica La Vidú animera une pratique gratuite dans le Parque de los Patricios, à l'angle des avenues Caseros et La Rioja.

Décidément, La Vidú est partout depuis quelque temps !

Cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour lire les articles que j'ai consacrés à cet ensemble dans ce blog sur l'actualité culturelle de Buenos Aires en français.

jeudi 20 octobre 2011

La Típica Sanata à l'Espace Tango Negro le 27 octobre [ici]


La Típica Sanata qui joue un répertoire composé de morceaux classiques, dits traditionnels, des tangos contemporains et des compositions métissées qui fusionnent du tango, de la chacarera (musique populaire du nord de l'Argentine), du hip-hop et du drum-bass, se produira à l'Espace Tango Negro, 71 rue Rochechouart, Paris 9ème, M° Anvers, Barbès-Rochechouart ou Cadet, le jeudi 27 oc-tobre 2011, à 20h..

Participation aux frais : 10 €
Ouverture des portes à 19h30.

Comme d'habitude, après le concert, un petit pot amical permettra au public de faire connaissance et de parler avec les artistes.

Le Quinteto La Grela demain au Mediterránea Teatro [à l'affiche]

Ce vendredi 21 octobre 2011, à 21h30, le Quinteto La Grela, composé par Rubén Slonimsky au bandonéon, Pablo Fraguela au piano (vous le connaissez déjà si vous avez l'habitude de fréquenter ce blog), Ricardo Cánepa à la contrebasse, Ramón Maschio à la guitare (lui aussi, vous le connaissez) et Diego Tejedor au violon, présentera au Mediterránea Teatro, Tucumán 3378, un répertoire fait de tangos, de valses et de milongas, un mélange de morceaux classiques du répertoire et de compositions nouvelles qui figureront dans leur prochain disque.

Entrée : 35 $.

La Grela, qui a été de 2002 à 2004 l'ensemble résidentiel du Gran Café Tortoni, sur Avenida de Mayo, a déjà deux disques dans le commerce, La Grela, de 2004, et Recuerdo, de 2006. Celui-ci sera donc le troisième. L'affiche indique assez bien leur style, très BCBG, très fréquent dans des établissements comme le Tortoni.

mercredi 19 octobre 2011

Quand Pompeya no olvida donne son nom à une place de Buenos Aires [Actu]

Pompeya no olvida (Pompeya n'oublie pas) est un tango composé par Javier González et écrit par Alejandro Szwarcman, que Javier a créé avec sa femme, la chanteuse Patricia Barone, en 1998. Le morceau figure sur l'album dont il a fourni le titre.

Ce tango parle des disparus de la Dictature de 1976-1983 et surtout du phénomène des bébés volés à leurs parents et recherchés par l'association des droits de l'homme Abuelas de Plaza de Mayo.

Tous les 24 mars, date anniversaire du coup d'Etat de Videla où l'on célèbre désormais la Mémoire, la Vérité et la Justice dans toute l'Argentine, ce tango accompagne le défilé du quartier de Pompeya, un quartier du sud de Buenos Aires, celui que le poète Homero Manzi a changé dans Barrio de Tango, Sur, Manoblanca ou Mi taza de café (1), pour réclamer la mise en jugement et la condamnation de ceux qui se sont rendus coupables du sort des victimes des habitants du quartier.

Il y a quelques temps, la Legislatura Porteña a décidé de donner à l'une des places du quartier le nom de ce tango et la plaque a été posée officiellement samedi dernier, le 15 octobre 2011, au croisement entre Avenida Amancio Alcorta et la rue Romero y Ochoa, avec un concert de Javiez González et Patricia Barone qui ont interprété une nouvelle fois cette oeuvre, qui est la plus célèbre du duo que forment ce compositeur et ce poète.

Pompeya no olvida fait partie des tangos que j'ai présentés et traduits dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, une anthologie de 106 textes de 10 auteurs qui ont marqué les 50 dernières années, que j'ai fait paraître en janvier 2011 chez Tarabuste Editions, dans la revue Triages dont elle forme le numéro spécial 2010.

(1) Barrio de Tango, Sur et Mi taza de café font partie de ma première anthologie, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié aux Editions du Jasmin, en mai 2010.

Néstor Basurto, Brian Chambouleyron et Nicolás Ciocchini à No Aveztruz demain soir [à l'affiche]


Les auteurs-compositeurs-interprètes Néstor Basurto et Brian Chambuleyron et le chanteur Nicolás Ciocchini se produiront dans un même spectacle, intiutlé Al compás de la vihuela (1), à No Avestruz, Humbolgt 1855, dans le quartier de Palermo.

Entrée : 50 $

Pour en savoir plus sur les artistes, visitez leur site Internet :

(1) Citation du second vers du Martín Fierro, de José Hernández (1872) : Aqui me pongo a cantar / al compás de la viguëla (ici, je me mets à chanter au rythme de ma guitare).

Les 100 ans de la rencontre entre Gardel et Razzano célébrés au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


En 1911, Carlos Gardel, surnommé el Morocho del Abasto, faisait la connaissance de José Razzano, surnommé El Oriental, dans des circonstances qui restent l'objet de nombreuses conjectures. Les uns pensent que la rencontre a eu lieu dans un café, les autres préfèrent une version chez un ami commun. Ce qui est certain, c'est que cette rencontre ne s'est pas tenue dans ce qui est aujourd'hui le Museo Casa Carlos Gardel, la maison qu'habita Gardel à partir de 1927 seulement.

Tous deux étaient chanteurs, l'un, Gardel, ténor barytonnant, l'autre, Razzano, ténor. Gardel allait développer sa voix et changer de tessiture, devenant un véritable baryton, tandis que Razzano allait perdre la sienne, vers 1924, moment où il devait passer de partenaire de duo de Gardel à impresario. José Razzano était né en Uruguay, d'où son surnom, El Oriental. Comme Gardel, né quant à lui à Toulouse, d'où son autre surnom, El Francesito, il avait passé toute son enfance à Buenos Aires. Et c'est donc là que les deux hommes se rencontrèrent entre 20 et 30 ans. Ils allaient former un duo légendaire dans un genre, le tango, qui n'en compte pas beaucoup, un duo qui se fit connaître comme celui de El Morocho y el Oriental, ce qui inspira à Enrique Cadicamo l'un de ses plus beaux tangos (1). Au début, en 1911, ils chantaient essentiellement du folklore, le tango-canción n'existant pas encore, se partageant entre pièces traditionnelles, voire anonymes et compositions personnelles. En décembre 1913, un parlementaire très en vue les invita à animer la soirée du réveillon de nouvel an (nochevieja) qu'il organisait chez lui et que tout le groupe termina dans un restaurant huppé de Palermo, L'Armenonville, où les voix de Gardel et de Razzano furent repérées par le patron, qui leur fit un pont d'or, leur offrant un cachet de 70 pesos par soirée, un montant mirobolant pour l'époque. C'est ainsi que leur duo prit son essor.

Il se défit donc après le 30 septembre 1925, après leur dernier concert conjoint, puisque Razzano ne pouvait plus chanter et que Gardel avait de son côté suffisamment évolué pour envisager une carrière de soliste, accompagnée par plusieurs guitaristes, la carrière référence du cantor a la criolla.

Le Museo Casa Carlos Gardel accueille à l'occasion de ce centenaire un journaliste spécialisé sur l'univers gardélien, Alfredo Carlos Dighiero, qui a derrière lui une carrière de 34 ans comme animateur radiophonique. Aujourd'hui, Alfredo Dighiero produit et anime Asi es Carlos Gardel, une émission hebdomadaire de fin de semaine, qui compte déjà plus de mille heures de diffusion et 500 reportages sur des personnes qui ont connu Gardel (elles ne sont plus très nombreuses à s'en souvenir maintenant).

La conférence a lieu demain, jeudi 20 octobre 2011, à 18h30, au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurés 735.
Entrée libre et gratuite.

(1) El Morocho y el Oriental est traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai fait paraître en mai 2010 aux Editions du Jasmin. Dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre et même encore ailleurs.

Joventango s'apprête à fêter la 24ème édition du festival Viva el Tango dans tout l'Uruguay [à l'affiche]


Viva el Tango est un festival organisé par une association montevidéenne, Joven Tango, qui est devenue une référence culturelle en matière de tango en Uruguay et singulièrement dans sa capitale.

Du 21 au 30 octobre 2011 donc, Joven Tango organise, avec une armée de sponsors, dont la République Argentine, sa manifestation dans sept villes différentes, tant sur la côte fluviale, le long du Río de la Plata, que sur la côte océane. Le festival sera consacré à rendre hommage à Francisco Canaro, né en Uruguay puis naturalisé argentin, pays où il a vécu la majeure partie de sa vie et où il a fondé la SADAIC, l'actuelle société des auteurs et compositeurs argentins.


Pour en savoir plus :
visitez le site Internet de Joven Tango, que vous pouvez trouver aussi parmi les liens permanents de la Colonne de droite, dans la rubrique Eh bien, dansez maintenant !

Marisa Vázquez chante ce soir à la Casa del Bicentenario [à l'affiche]

La chanteuse Marisa Vázquez se produira ce soir, mercredi 19 octobre 2011 à 19h, à la Casa del Bicentenario, Riobamba 985, à la Recoleta. Entrée libre et gratuite.

Elle présentera le contenu de son prochain livre, Tierra y asfalto (Terre et asphalte), un disque qui, si j'en crois son titre, mêlera des thèmes ruraux et urbains.

Pour ce concert, elle sera accompagnée par un trio de guitaristes, composé de Román Vergagni, Juan Azar et Joaquín Althabe.

La Casa del Bicentenario est un espace culturel, fondé l'année dernière, pour les festivités du Bicentenaire de l'Argentine, et qui est consacré au thème de l'identité de l'Argentine et des Argentins.

Les projets urbanistiques déments de Mauricio Macri : après la Generación del 80, il s'inspire de la Década Infame [Actu]

On avait vu en septembre que Mauricio Macri envisage sérieusement de déplacer le siège du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires de Plaza de Mayo, où il est installé depuis la fédéralisation de la Capitale argentine, vers Barracas, dont il a très vraisemblablement l'intention de détruire trois hôpitaux près dequels devrait s'installer dans quelques années le Gouvernement municipal (voir mon article du 8 septembre 2011 sur cette question).

Mais il y a quelques jours, vendredi dernier, c'est un autre projet dément qui a été apporté sur le Bureau de la Legislatura : celui de prolonger de l'avenida Belgrano jusqu'à avenida 9 de Julio, la Diagonal Sur ou Diagonal Julio A. Roca, percée dans les années 1930, pendant cette période historique qu'on appelle la Década Infame (la décennie honteuse), par un gouvernement anti-constitutionnel qui voulait, sur des idées avancées par la Generación del Ochenta, autre grande période antidémocratique de l'Argentine, dans les années 1910, éventrer la ville et la transformer pour les festivités de son 4ème centenaire (Buenos Aires a été fondée par Pedro de Mendoza en 1536). Le projet de Mauricio Macri comprend l'expropriation d'au moins 40 immeubles dans les deux manzanas qui séparent les deux avenues.

Dans son acheminement parlementaire, ce projet doit d'abord être étudié par la Commission de Planification Urbaine, qui est présidée pour le moment par une députée du Partido Justicialista, donc l'opposition au Gouvernement actuel de Macri, qui pourrait donc bien ne pas rendre un avis favorable. Puis il faut que les expropriations soient approuvées par la Legislatura. Il y a donc encore loin de la coupe aux lèvres mais le projet n'en reste pas moins absolument monstrueux et hors de proportion avec les carences dont souffre la ville depuis 4 ans que cette équipe est au pouvoir.

Mais comme d'habitude, il s'agit de donner du travail aux entreprises dirigées par des amis, des alliés, des clients, des partenaires de Mauricio Macri et du groupe industriel familial dont il est l'un des principaux actionnaires.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 (édition du 18 octobre 2011)

lundi 17 octobre 2011

La OTFF en tournée européenne [ici]

Affiche diffusée par les artistes

La Orquesta Típica Fernández Fierro (OTFF, comme on l'appelle volontiers dans son quartier de l'Abasto à Buenos Aires) se trouve actuellement en Europe et plus précisément en France.

Après un concert à Cenon, dans la banlieue nord de Bordeaux (très beau concert, la salle, très grande, était pleine vendredi soir !), et à Créteil, dans la banlieue est de Paris, samedi dernier, ils seront au Festival Translatines de Bayonne, le 21 octobre 2011.

Ils s'en vont ensuite en Scandinavie, en Suède puis au Danemark, avant de conclure à nouveau à Paris, dans l'une des milongas de la capitale française, le 29 octobre 201.

Ce sera à la milonga El Corazón des Abesses, 22 rue André Antoine, Paris 18, à la crypte de l'église des Abbesses, de 17h à 22h.


Entrée : 15 € (ce prix correspond à un pack comprenant le concert et les deux milongas du samedi et du dimanche).

En attendant Bayonne, le premier bandonéon, Julio Coviello, reste à Paris et me fait l'amitié d'apporter une contribution gracieuse à ma conférence de demain soir, mardi 18 octobre 2011, à 19h30, à la librairie Atout-Livre, 203 bis avenue Daumesnil, entrée libre et gratuite. Il illustrera en direct la partie de ma causerie où j'évoquerai l'actualité du genre, après en avoir exposé la genèse dans la Buenos Aires du 19ème siècle.

Pour en savoir plus sur ces artistes, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-desssus pour faire remonter en page d'accueil tous les articles que je leur ai consacrés dans ce blog depuis son lancement, le 19 juillet 2008.

Oscar Conde présente son ouvrage sur le lunfardo à la Academia Nacional del Tango ce soir [à l'affiche]

Le linguiste universitaire Oscar Conde, membre de la Academia Porteña del Lunfardo, présentera ce soir une somme qu'il a publiée il y a quelques mois sur le phénomène du lunfardo, ce langage populaire de Buenos Aires qui est en train de devenir une partie importante de la langue argentine tout court : Lunfardo, un estudio sobre el habla popular de los argentinos.

Je vous renvoie à l'article que j'avais déjà publié le 8 juillet 2011 lorsque le quotidien Página/12 avait consacré l'une de ses colonnes culturelles à cet ouvrage de 500 pages, que j'ai pu trouver sans difficulté à Buenos Aires mais que je n'ai pas encore eu le temps de lire.

La conférence, animée par Eduardo Bernal, en présence du Maestro Horacio Ferrer et du journaliste et collectionneur Gabriel Soria, premier Vice Président de la Academia, aura lieu ce soir, lundi 17 octobre 2011, à 19h30, au siège de l'institution, Avenida de Mayo 833, au premier étage. Entrée libre et gratuite comme d'habitude.

Le tango rituel de la soirée sera A Buenos Aires, dans un enregistrement qu'en fit le chanteur et compositeur Edmundo Rivero.

Pour aller plus loin :
lire mon précédent article, du 8 juillet 2011, qui renvoie lui-même à deux critiques parues en Argentine et en espagnol local.

Amelita Baltar et Horacio Molina reprennent le chemin de Clásica y Moderna [à l'affiche]

Les deux chanteurs, Amelita Baltar et Horacio Molina, seront les deux samedis prochains, le 22 et le 29 octobre 2011, à 22h, au Bar Notable Clásica y Moderna, Callao 892, pour une reprise exceptionnelle de leur récital à deux voix, intitulé Nosotros, qu'ils ont donné tout l'hiver du mois de mai à la mi-septembre dernier.

Il faut arriver au plus tard à 21h30, pour avoir le temps de commander et de dîner (pas de bruit de couverts pendant le concert !).

Pour en savoir plus, cliquez sur leur nom pour accéder aux articles que j'ai déjà consacré à ce concert d'exception et pour lequel j'ai publié, le 26 septembre 2011, un Retour sur Images auquel je vous renvoie.

dimanche 16 octobre 2011

Cristina superstar [Actu]


Hier sont parus les derniers sondages sur la future élection présidentielle argentine qui se déroulera dimanche prochain, le 23 octobre 2011. A partir d'aujourd'hui, la publication de sondage est interdite. On est entré dans une phase où il ne faut pas que ce genre de projections influencent les électeurs.

Dans ces nouvelles enquêtes, les scores de la Présidente sortante feraient verdir de jalousie tous les responsables politiques européens. Cristina Fernández de Kirchner y flirte avec les 50%, ce qui, aux termes de la Constitution argentine actuelle, l'asssure de son élection dès le premier tour et sans doute plus brillamment encore que pour sa première élection, en 2007. Elle a encore creusé l'écart avec ses poursuivants, qui ne sont plus à 30 points derrière elle, comme lors des primaires du 14 août dernier, mais à 40 points. D'où la une ahurissante que s'est offerte hier le quotidien Página/12, sur "les derniers chiffres", fervent soutien de cette femme politique au parcours et aux méthodes très atypiques dans le paysage politique traditionnel argentin.

Chiffes des sondages au 15 octobre 2011

Et vu que la grande majorité des médias lui est hostile (groupe Clarín, La Nación, pour citer les organes de presse les plus puissants et les plus établis), on ne peut pas dire que ce succès soit le fait d'une manipulation de l'opinion publique par le Gouvernement en place mais bien le résultat d'une analyse de la situation par les personnes interrogées et les électeurs pour ce qui est des premiers scores réalisés en août.

Pour aller plus loin :
lire l'article de une de Página/12 du 15 octobre 2011

Macri revient aux affaires [Actu]

Et dans tous les sens du terme. Après une trêve césarienne/biberon en milieu de semaine, le Chef du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, Mauricio Macri, qui est en train de distribuer les portefeuilles et les charges politiques pour le début de son prochain mandat (10 décembre 2011), vient de revenir à son péché mignon, les cadeaux aux copains, dans une belle fidélité au modèle de la Generación del Ochenta, dont il se révèle décidément bien proche (voir mon article du 10 décembre 2010 sur certains propos xénophobes qui avaient immanquablement rappelé ce triste épisode de l'histoire argentine, dont vous trouverez un chronogramme dans la rubrique Petites Chronologies située dans la partie médiane de la Colonne de droite).

En l'occurence, le 16 septembre dernier, Macri a fait fermer par contrainte le Club Obras Sanitarias de la Nación, un club de quartier tout public animé par une institution sociale (comme son nom l'indique) pour libérer l'immeuble sur l'emplacement duquel il va faire aménager un complexe de tennis qui sera lui-même repris en concession par la Fédération Argentine de Tennis (AAT) dont l'actuel président, Arturo Grimaldi, a été le témoin de son mariage, l'année dernière, avec Juliana Awada. Il ne manque plus que le même bonhomme soit aussi le parrain de la petite Antonia et le tableau sera complet.

Ce domaine public, qui appartient à la Nation argentine et est situé avenida Figueroa Alcorta à la hauteur du n° 7350, avait été concédé, il y a de nombreuses années, à la Ville de Buenos Aires pour y établir un espace vert (plaza), au terme d'une loi, votée en 1996 et entrée en vigueur en 1999. Le Club Obras Sanitarias était usufrutier du lieu depuis 26 ans et la Police Métropolitaine, qui dépend de la Ville, absente au moment de la fermeture du club, a en revanche, le lundi suivant, repoussé avec vigueur les salariés de l'institution qui voulaient retourner à leur travail. Donc non seulement Macri fait un usage privé d'un espace destiné à un usage public mais en plus il met à nouveau au chômage un bon nombre de salariés qui animaient ce lieu de vie et de convivialité populaire.

Et où se trouve le numéro 7350 de l'avenue Figueroa Alcorta ? Dans le quartier très chic de Belgrano, qui vote très majoritairement pour Mauricio Macri.

L'opération, qui est donc illégale, vient de faire l'objet d'une plainte devant la justice de Buenos Aires de la part d'une élue de la Junta de la Comuna 13 (formée par les quartiers de Belgrano, Nuñez et Colegiales), sorte de conseil local introduit depuis 4 ans pour renforcer la démocratie dans la Constitution de la Capitale, et deux députés Proyecto Sur à la Legislatura Porteña.

Les plaignants demandent à la justice portègne de rendre ce lieu à l'usage public et d'interdire ce projet dans lequel seuls les adhérents à la Fédération pourront bénéficier des infrastructures mises ainsi en place.

Les 46 300 mètres carrés correspondant au lot cadastral cédé par la loi de la Nation à la Capitale abritent aussi une chapelle, un ancien restaurant totalement abandonné à l'heure qu'il est, une annexe de l'Université Di Tella, l'une des nombreuses universités privées que compte la ville de Buenos Aires, et enfin la Plaza El Salvador. Tous potentiellement en danger vu la manière dont Mauricio Macri mène les opérations.

Pour aller plus loin :

Inquiétante sortie de route de Tabaré Vázquez [Actu]




L'ancien Président de la République uruguayenne, éminent cancérologue de son état et qui fut, de 2007 à 2010 le plus populaire de tous les chefs d'Etat de l'histoire de son pays, a déclaré mardi dernier, le 11 octobre, qu'il avait très sérieusement envisagé en 2007 de déclarer la guerre à l'Argentine dans le cadre du conflit verbal qui a opposé les deux pays au sujet de l'implantation sur la rive est du fleuve Uruguay d'une papeterie appartenant à un groupe finlandais, la désormais tristement célèbre Papelera Botnia (qui a, depuis, changé de nom et de mains).

Tabaré Vázquez a fait cette surprenante déclaration de manière accessoire, lors d'une causerie donnée devant un public universitaire pour présenter son dernier livre, un travail de sensibilisation du grand public aux dangers du tabagisme, le tout à la suite d'une question hors sujet posée par une personne présente dans la salle.

Il a reconnu avoir à plusieurs reprises convoqué les officiers supérieurs uruguayens, lesquels n'auraient d'ailleurs pas pris vraiment ses propos au sérieux (ce qui est plutôt bon signe), puis avoir demandé à Condoleeza Rice puis à George Bush lui-même l'aide des Etats-Unis en cas de déclenchement d'un conflit armé. Ce qui, de la part d'un éminent membre du Parti socialiste uruguayen, installé au coeur de la vaste coalition de gauche qu'est le Frente Amplio dont il était le premier élu porté à la magistrature suprême, en choque plus d'un. Dans les deux pays, la presse s'est emparée de l'affaire et l'a abondamment commentée avec des articles en général peu aimables pour l'auteur de telles confidences.

De part et d'autre du Río de la Plata cependant, les gouvernements ont fait semblant de n'avoir rien entendu et ni les chefs d'Etat ni les ministres n'ont émis le moindre commentaire alors que l'ancien chef d'Etat reste le candidat préféré de l'opinion publique uruguayenne pour reprendre les rênes du pays, à la fin du mandat actuel, celui du Président José Mujica.

Seule parmi les personnalités aux affaires, l'épouse de Mujica, mais en sa qualité de sénatrice et non de Première Dame, Lucía Topolansky, a publié un communiqué critiquant sévèrement les propos du prédécesseur de son mari, lequel s'est dit très affecté par ces vives critiques venant de son propre camp.


Aussi jeudi, à midi, dès le lendemain de sa malheureuse conférence, Tabaré Vázquez a-t-il envoyé à la presse un communiqué au ton très net :

"Teniendo en cuenta las repercusiones que ha tenido la respuesta que diera a la pregunta de un asistente a la reunión que se llevara a cabo con ex alumnos del Colegio Monte VI sobre el relacionamiento de nuestro país con la hermana República Argentina referida al tema Botnia, y a pesar de haber hecho un relato de lo realmente acontecido, considero que dichas declaraciones fueron inoportunas. Las hice teniendo en cuenta además las excelentes relaciones que felizmente hoy tienen nuestros dos países hermanos.
De cualquier manera, y muy lejos de mis intenciones, las mismas pueden dañar esas relaciones, al proyecto político de la izquierda uruguaya, y al propio Frente Amplio.
Por todo ello presento mis excusas y anuncio mi retiro de la actividad política pública.
Dado en Montevideo el 13 de octubre de 2011.
Dr. Tabaré Vázquez".

"Tenant compte des répercutions qu'a eues la réponse que j'ai faite à la question posée par l'une des personnes qui assistaient à la réunion qui j'ai tenue avec d'anciens étudiants du Colegio Monte VI sur les relations de notre pays avec la République soeur argentine au sujet du dossier Botnia et bien que j'aie rendu compte de ce qui s'était réellement passé, je considère que les susdites déclarations étaient inoportunes. Je les ai faites en tenant compte qui plus est des excellentes relations que par chance entretiennent aujourd'hui nos deux pays.
Dans tous les cas de figure et ce à milles lieux de mes intentions, ces mêmes déclarations peuvent être préjudiciables à nos relations, au projet politique de la gauche uruguayenne et au Frente Amplio lui-même.
Pour toutes ces raisons, je présente mes excuses et j'annonce mon retrait de l'activité politique publique.
Fait à Montevideo, le 13 octobre 2011
Dr. Tabaré Vázquez" (1)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce communiqué a immédiatement été suivi d'une réaction empressée du Frente Amplio qui a supplié Tabaré Vázquez de revenir sur sa décision. Et d'une manière étonnante là-encore, cet homme qui, à la Présidence, avait fait preuve de tant de de résistance à toutes les pressions, notamment celle de ses propres partisans et électeurs, a fait savoir hier qu'il se donnait quelques jours pour réfléchir à la demande du FA et laissé entendre par conséquent qu'il pourrait se maintenir dans l'arène politique !

De tout temps, on savait que les relations entre Tabaré Vázquez et Néstor Kirchner, le précédent président argentin, étaient pour le moins houleuses. Vázquez s'était même opposé au choix de Néstor Kirchner pour le Secrétariat Général de l'UNASUR, l'Union des pays d'Amérique du Sud, dans la dernière année de son mandat, ce à quoi José Mujica, dès son accession à la Présidence, en mars de l'année dernière, avait mis bon ordre. Mais entre ces très mauvaises relations personnelles, qui étaient visibles même du grand public, et le fait d'avoir envisagé sérieusement de mobiliser l'Armée pour déclarer la guerre, tout ça pour des industriels finlandais...

Tout en prenant donc le temps de la réflexion, Tabaré Vázquez continue à assurer la promotion de son bouquin. Il était hier dans la ville de Florida où il s'est abstenu de déposer un autographe sur le drapeau du Frente Amplio que lui tendait une admiratrice, qui avait dû manquer un épisode...



Aujourd'hui, le bon climat entre l'Argentine et l'Uruguay gagne en solidité. José Mujica fait un presque sans faute au moment des obsèques de Néstor Kirchner (il a tout de même réussi à jeter un pavé dans la mar au sujet de l'absence de Julio Cobos aux cérémonies, voir mon article du 13 novembre 2011 à ce sujet). Au mois d'août dernier, les deux Présidents ont inauguré une nouvelle ligne ferroviaire qui relie les deux pays pour la première fois depuis de nombreuses décennies. Espérons que cette sortie intempestive de Vázquez ne sera rien de plus qu'un tardif et dernier rebondissement des révélations irresponsables de Wikileaks l'année dernière, si les manifestants écologistes du côté argentin, à Gualeguaychú, ne reprennent pas leur piquet de grève et leur blocage du pont international, qui relie Gualeguaychú (Province de Entre Ríos, Argentine) à Fray Bento (Uruguay) comme ils menacent presque de le faire aujourd'hui.

Pour aller plus loin :

du côté uruguayen
lire l'article du 12 octobre 2011 dans El País, le quotidien uruguayen à ne pas confondre avec son homonyme espagnol (sur les déclarations initiales de Tabaré Vázquez)
lire l'article de El País du 13 octobre 2011 (sur les réactions du lendemain)
lire l'article de El País du 14 octobre 2011 (sur la retraite politique de l'ancien mandataire et les suppliques du FA)
lire l'article de El País du 15 octobre 2011 (sur les conjectures des observateurs quant à son avenir politique)
lire l'article de El País du 16 octobre 2011 (sur le retour des écologistes argentins près du pont international)
voir le pastiche des propos du président honoraire par les Guignols locaux en vidéo (aujourd'hui, sur El País)

du côté argentin (mon retour de Bordeaux et la richesse de l'actualité durant ce week-end festivalier ne me permet pas de vous donner un panorama de l'ensemble de la presse)
lire l'article de Página/12 du 13 octobre 2011 sur les déclarations initiales de Vázquez où vous apprécierez la citation d'une comptine française en une du journal (Malborough s'en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine, etc.)
lire l'article de Página/12 du 14 octobre 2011 qui renvoie "Mambru" (transcription espagnole de l'anglais Malborough) à la niche, avec une délectation sarcastique qui ne vous échappera pas
lire l'article de Página/12 du 15 octobre 2011 sur les atermoiements de l'ancien président.

(1) En Argentine comme en Uruguay, si l'on dispose d'un titre universitaire, il est toujours apposé au nom de l'intéressé. A cette heure, les diplômés universitaires sont encore une minorité telle qu'il fait encore sens d'indiquer que quelqu'un en fait partie.