AUTRES THEMES

mardi 5 mai 2026

Un témoin enfonce Adorni [Actu]

"Le noir est à la mode", dit le gros titre
sur cette photo d'un Manuel Adorni grimaçant
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L’artisan auquel Manuel Adorni a confié les travaux d’aménagement dans sa maison de week-end tout récemment acquise pour un prix étonnamment bas, soit une bâtisse moderne de 400 m² dans un country (quartier privé et fermé), cet artisan a donc été convoqué par la justice et il a témoigné dans le cadre de l’instruction en cours. Il a décrit la nature et communiqué le montant des travaux, qui n’ont pas donné lieu à l’établissement d’une facture et ont été réglés en espèces, de la main à la main, pour la somme considérable de 245 000 dollars US.

En révélant ces faits, l’artisan avoue avoir fraudé car en Argentine, la facture doit être établie et de la TVA est due. L’homme a donc travaillé au noir (en negro, dit-on là-bas).

"Surprise du fait d'une nouvelle révélation sur Adorni :
le gouvernement est prié de l'écarter", dit le gros titre
sur cette double photo du ministre à gauche et de l'artisan
hier à sa sortie du palais de justice
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Les travaux correspondaient à des aménagements luxueux dont une piscine climatisée et une cascade dans le jardin.

"Un artisan a déclaré que Adorni l'avait payé
245000 dollars en espèce pour des travaux d'aménagement",
dit le gros titre
La photo en dessous correspond à un fait divers
sans rapport avec le scandale politique
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Lors d’une conférence de presse, devant les journalistes accrédités et réadmis dans la Casa Rosada, à condition de n’accéder ni aux couloirs ni aux bureaux, le Premier ministre a tenté de s’expliquer. Il a surtout accumulé les mensonges et les invraisemblances, tant et si bien que des rumeurs circulent désormais dans les cercles du pouvoir : Manuel Adorni serait sur un siège éjectable…

Acceptons-en l’augure !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12 (la plupart des quotidiens consacrent plusieurs articles à ces nouvelles révélations)
lire l’entrefilet de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire l’éditorial de Carlos Pagni en Une de La Nación

Le complot contre Cristina exposé au grand jour [Actu]

Le dossier des Carnets résumé dans ce montage de La Nación

En 2018, un journaliste de La Nación sort des photocopies de carnets d’un chauffeur de taxi qui prétend avoir transporté régulièrement de hauts responsables du gouvernement de Cristina Kirchner vers des lieux où de l’argent liquide leur aurait été remis, ce dont visiblement ces gens ne se cachaient pas devant lui.

L’authenticité de ces documents a été, c’est le moins qu’on puisse dire, très contestée. Des experts les ont validés, d’autres experts ont déclaré qu’il s’agissait de faux, voire de faux grossiers. Poursuivie depuis toutes ces années dans cette affaire, Cristina Kirchner a toujours nié les agissements que les magistrats lui attribuent.


Or il y a quelques années, on a vu apparaître un grand nombre d’entrepreneurs qui ont avoué avoir participé à ce grand schéma de corruption, sous le statut, créé pour cette affaire, de « repentis », statut emprunté à l’Italie qui l’a inventé pour lutter contre la Mafia, la Ndrangueta et la Camorra. Sur la foi de ces aveux, les inculpations ont poussé comme des champignons dans le cabinet d’instruction du très contesté juge Claudio Bonadio, aujourd’hui décédé. Il y en a eu jusqu’à 87, dont beaucoup ont aujourd’hui abouti à des casiers judiciaires chargés pour des personnes qui semblent bien avoir été innocentes.

Or depuis quelques jours, voilà que ces hommes d’affaires reviennent sur leurs aveux et apportent la preuve que ceux-ci ont été obtenus sous la contrainte, un chantage qu’exerçaient contre eux le procureur, Claudio Stornelli, 66 ans aujourd’hui, et le juge d’instruction. Les deux hommes leur avaient mis un marché en mains : reconnaître leur participation au système de corruption ou être envoyé en détention à la suite immédiate de leur audition. Beaucoup d’entre eux sont alors allés voir leur notaire pour déposer chez lui une déclaration attestant de cette situation irrégulière dans l’attente de jours meilleurs. Sous seing privé, ils déclaraient donc s’apprêter à faire des faux témoignages pour éviter la prison. L’un d’entre eux a refusé le chantage et il en a payé le prix, ce qui a fait peur aux autres. Ce monsieur s’est effectivement retrouvé derrière les barreaux en un rien de temps, avec à la clé de lourdes condamnations, puisqu’il s’est vu confisquer sa liberté et ses biens.

Il vient de raconter son histoire au micro de Radio 750 du Groupe Octubre, auquel appartient aussi le quotidien Página/12. Ce qu’il décrit correspond à ce qu’on appelle en Amérique latine du lawfare, ce système anti-démocratique qui permet à la droite de se débarrasser des personnalités les plus en vue de l’opposition de gauche en les envoyant dans un cul de basse-fosse, comme Jair Bolsonaro l’a fait avec Lula jusqu’à ce que le pot-aux-roses soit révélé, ce qui a abouti à la libération puis à l’annulation de la condamnation prononcée contre l’ancien président.

Le procès des carnets (la causa de los cuadernos) tenait surtout sur les aveux des repentis. Les révélations de ces jours-ci devraient donc marquer le début du détricotage de l’affaire. Elles devraient aboutir à la fin des poursuites et à une condamnation au moins professionnelle du procureur Stornelli si toutefois les magistrats fédéraux parviennent à respecter les principes démocratiques de leur métier et de leur fonction.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 2 mai 2026

L’existence d’une officine trumpienne contre la gauche latino-américaine révélée [Actu]

"Milei nous soutient avec 350000 dollars",
dit le gros titre


Un média espagnol créé et dirigé par Pablo Iglesias, l’homme politique qui a longtemps dirigé le mouvement Podemos, allié à un média hondurien, Hondurasgate, vient de révéler l’existence de conversations enregistrées entre un ancien président hondurien de droite, condamné aux États-Unis à 45 ans de prison pour trafic de drogue et gracié récemment par Donald Trump, au grand scandale des citoyens américains non-MAGA, et son successeur, l’actuel président (de droite), Nasry Asfura, et sa vice-présidente. Dans ces échanges à trois, il est question de convaincre le gouvernement hondurien d’apporter sa participation à une officine de désinformation, maquillée en agence de presse, montée aux États-Unis, où vit toujours l’ex-président gracié qui veut convaincre son successeur et son équipe, et dirigée par un membre de l’Administration Trump, organisation dont la mission est « d’attaquer et d’extirper le cancer de la gauche du Honduras et de toute l’Amérique latine », le tout avec une participation financière conséquente de Javier Mileí déjà acquise.

Nasry Asfura, qui est totalement aligné sur Trump (comme l’est Mileí), a été élu il y a peu dans des circonstances suspectes puisque la présidente en fonction à l’époque, Xiomara Castro, personnalité de gauche, avait dénoncé l’existence d’une ingérence états-unienne dans le processus électoral, ce qui est un mécanisme connu et largement expérimenté par les pays d’Amérique latine puisqu’il a été mis en place et régulièrement activé par les États-Unis sur tout le continent tout au long de la Guerre froide, souvent avec succès (à une exception notoire et historique, l’Argentine, où les manœuvres de l’Oncle Sam n’ont pas empêché la victoire écrasante de Perón et son maintien au sommet de l’État de 1946 à 1952).

Dans ces conversations, issues de Whatsapp, Signal (déjà impliqué dans le scandale de Pete Hegseth s’exprimant par écrit dans une boucle dans laquelle un journaliste avait été inclus) et Telegram, une application d’origine russe, il est question :

  • d’une opération d’influence électorale déjà couronnée de succès au Chili avec la victoire il y a quelques mois du pinochetiste Kast (et il est vrai que son élection a beaucoup interrogé les observateurs à qui cela a rappelé les opérations de Cambridge Analytica lors du vote du Brexit et de la première compagne de Trump) ;
  • d’une contribution de Milei à hauteur de 350 000 dollars ;
  • de manœuvres diverses et variées pour nuire à la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, et au président de la Colombie, Gustavo Petro, tous deux de gauche, contre lesquels Trump n’a pas de mots assez durs ni de mesures assez arbitraires pour les humilier et tenter de les discréditer ;
  • de complots à venir contre Cuba et le régime castriste, dont tout le monde se doute qu’il est la prochaine cible de Trump maintenant qu’il en a, paraît-il, fini avec la guerre en Iran (vu la défaite militaire qu’il a essuyé, il ne fait guère de doute qu’il voudra se rattraper dans les Caraïbes) ;
  • d’apports financiers de diverses personnalités juives en vue de soutenir Israël (ou Netanyahy ?). Que ce soit le pays ou l’homme politique, il s’agit du grand allié de Trump et de ses soutiens évangéliques millénaristes en attente du Jugement Dernier et du retour du Christ sur terre, des motifs politiques délirants dans lesquels Mileí s’est lui-même glissé alors que les pays d’Amérique latine sont traditionnellement assez proches de la cause palestinienne du fait d’une longue et déplorable judéophobie qui remonte à l’interdiction de séjour des juifs en terre espagnole depuis 1492, une tradition qui a été suivie dans les colonies puis par ces pays constitués jusque plusieurs décennies après leur indépendance (ce à quoi l’Argentine d’aujourd’hui offre un contre-exemple puisqu’elle abrite la plus importante population juive de tout le sous-continent).


Le moins que l’on puisse dire est que rien de tout cela ne sent très bon.

Le media de Pablo Iglesias, Diario Red (entendez Quotidien Réseau, sans écarter le jeu de mot avec l'adjectif anglais red, rouge), et son associé hondurien affirment avoir expertisé les enregistrements audio et être certains de leur authenticité. Ils promettent d’ailleurs de les mettre d’ici quelques jours à disposition de tout le monde pour que tout expert puisse lui-même ou elle-même en faire l’examen technique.

Ce qui est un peu curieux et contradictoire et qui doit donc nous tenir en alerte, c’est que l’on parle aujourd’hui en Argentine de l’arrestation et de l’expulsion d’un citoyen russe, entré dans le pays avec un visa de tourisme et que les autorités accusent d’avoir voulu diffuser de la désinformation russe. Il a été arrêté à Lanús, dans la banlieue populaire de Buenos Aires et exhibé devant la presse, menotté et encadré par deux policiers dans la tradition obscène de communication de la lutte contre le grand banditisme. Or Trump soutient la politique et la désinformation russes. Pire, il propage lui-même les mensonges russes à travers ses discours, ses interviews, ses réseaux sociaux et il veille sur les intérêts de la Russie ou probablement plutôt sur ceux de Poutine à travers ses décisions diplomatiques. Et pas Trump tout seul, mais aussi JD. Vance, Pete Hegseth, Monsieur Gendre et son acolyte, l’âme damnée du beau-père, l’investisseur immobilier Witcoff.

Certes, ce ne serait pas la première fois que la politique de Trump et de ses suiveurs latino-américains serait contradictoire, incohérente et confuse. Par ailleurs, cela ne pourrait-il pas relever d’un contre-feu à ces révélations ?

Mileí se rend aux États-Unis aujourd’hui, pour la quatrième fois de l’année. Il doit prendre la parole mercredi prochain dans un colloque organisé en Californie par un think-tank de droite, comme il le fait tous les ans depuis son arrivée au pouvoir, à titre personnel (ce n’est pas un voyage diplomatique).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Página/12 sur le voyage de Mileí à Los Angeles
lire l’article de La Prensa sur le voyage de Milei
lire l’article de La Prensa sur l’arrestation du Russe
lire l’article de Clarín sur le voyage présidentiel, constituant un titre secondaire en Une
lire l’article de Clarín sur l’arrestation

Un peu de confraternité ne saurait nuire à la liberté de la presse [Actu]

"Guerre des bureaux dans la Casa Rosada", dit le bandeau
sur cette silhouette de Adorni de dos sortant du bâtiment


Il y a une semaine, le palais présidentiel refusait l’accès aux journalistes accrédités, prétendant qu’il y avait eu de la part de la chaîne d’info continue TN, du groupe Clarín, une tentative d’espionnage au sein de la Casa Rosada.

Plainte a été déposée dans ce sens devant la justice pour tenter d’impressionner les journalistes mais aujourd’hui, Karina Mileí, la sœur du président, et sa secrétaire-générale, vient de rouvrir la salle de presse du palais, mais sous conditions et avec des contrôles renforcés.

Image Google View Street de la galerie qui entoure le patio principal

La Nación en profite pour démonter les arguments présidentiels en montrant les images tournées par le journaliste de TN, d’un groupe concurrent, images qui ne présentent aucun risque pour la sécurité de la présidence. Le reportage portait en fait sur des querelles de corne-cul au sujet de l’attribution des bureaux entre les différents hauts responsables de l’institution, dont le Premier ministre lui-même. Cela ne faisait pas chic dans le paysage.

Sur son site Internet, La Nación met donc côte à côte le reportage de TN et le parcours virtuel dans la Casa Rosada disponible sur Google Street View.

Le quotidien n’est d’ailleurs pas en odeur de sainteté auprès du gouvernement libertarien puisque celui-ci lui cherche actuellement des noises, accusant le groupe La Nación de malversations dans la gestion de Movistar Arena dont il est l’un des usufruitiers.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación sur la réouverture de la salle de presse
lire l’article de La Nación sur les images de TN

jeudi 30 avril 2026

Prochaine dédicace, demain, au Salon L’Autre Livre, à Paris [ici]

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Demain, vendredi 1er mai 2026, de 17h à 21h, je serai à la Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille du Temple, à Paris (4e) sur le stand des Éditions du Jasmin pour y dédicacer mes livres sur l’Argentine et sa culture. Je ne l’ai appris que ce matin. Il faut dire que la manifestation a été un peu bousculée puisqu’elle prévue au début du mois d’avril mais que la halle a été réquisitionnée au dernier moment par les pouvoirs publics.

Le salon continuera le samedi et le dimanche et en fonction de l’agenda du stand et de mes camarades auteurs et autrices, j’y retournerai peut-être faire un petit bout de signature dimanche. Mais je ne saurai cela que demain.

En tout cas, ce sera un plaisir de retrouver ce très beau lieu, l’un des marchés du 1er Empire encore debout dans Paris, et les passionnés de l’écrit qui s’y rencontrent des trois côtés, parmi les lecteurs, les écrivains et les petits éditeurs indépendants (ce sont eux les organisateurs).

Samedi, le salon se tiendra de 11h à 19h et dimanche, les portes s’ouvriront à 11h pour fermer à 18h.

Entrée libre et gratuite.

© Denise Anne Clavilier

Disparition d’une maison d’édition emblématique : Ediciones de La Flor [Disques & Livres]

Mafalda sur une photo de la Feria del Libro


Ediciones de la Flor est l’une des rares maisons argentines qui ont pu dépasser les frontières du pays pour arriver dans les librairies de tout le monde hispanophone grâce à plusieurs énormes succès du livre d’humour. Ce sont les Editions de la Flor qui ont publié tous les albums de Mafalda, de Quino. Dans leur catalogue, on trouvait aussi l’humoriste Roberto Fontanarrosa, natif de Rosario, l’auteur Rodolfo Walsh (une figure de l’opposition à la dictature argentine) et Nik, le seul vivant de cette liste, un dessinateur qui a inventé le personnage de Gaturro, qui est à la culture hispanophone ce que le Chat de Philippe Geluck est à la culture francophone.

Le stand de La Flor avant le départ des héritiers de Quino (2025)

Les Ediciones de la Flor ont été fondées en 1966 à Buenos Aires par un couple, Daniel Divinsky (aujourd’hui décédé) et Kuki Miller, qui ont dû se résoudre à l’exil temporaire pour éviter de terminer leurs jours dans un centre de torture clandestin pendant la dictature. Le couple a divorcé en 2009 mais tous les deux sont restés dans la maison que Daniel a finalement quittée en 2015, laissant son ex-femme seule aux commandes.

Le stand cette année

Au cours des dernières années, Nik et les ayant-droits des autres auteurs-phares de la maison ont fait le choix d’un autre éditeur. Ils se sont répartis entre Planeta, le géant espagnol, et Penguin (Sudamericana), le concurrent anglo-saxon. Ils ont laissé tomber la maison qui avait accompagné leurs débuts puis leurs succès ou ceux de leurs père, oncle, grand-père ou grand-oncle. Des choix pour le moins indélicats et très égoïstes car leurs succès permettaient à d’autres auteurs, moins connus, d’être édités.

Quino sur le stand de son éditeur à la Feria del Libro
pour les 50 ans de Mafalda

Kuki Miller n’a pas trouvé de repreneur pour sa société. Sa fille, qui s’est investie dans un tout autre secteur, ne veut pas reprendre le flambeau. Et tous ces départs fragilisent économiquement la maison. Kuki Miller, 82 ans maintenant, a donc choisi d’annoncer sur son stand de la Feria del Libro qu’elle allait mettre fin aux activités de La Flor, qui ne publie déjà plus de nouveaux ouvrages et ne met plus rien sous presse. La Flor ne sera pas vendue. Elle fermera seulement ses portes et cessera d’exister d’ici à la fin de l’année 2026.


Une copie d'écran de La Flor avant le départ de tous ces auteurs
Gaturro est à gauche (le personnage jaune)

C’est une grande émotion pour tout le monde du livre hispanophone dont la presse en espagnol témoigne assez éloquemment ces jours-ci.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Argentine :
lire l’article de BaeNegocios (journal économique)
lire l’article de El Diario AR
en Uruguay :
lire l’article de LR21 (ex-La República)
En Espagne :

Miguel Rep profite du 1er mai pour présenter son nouveau livre à la Feria del Libro [Disques & Livres]

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Le dessinateur de presse qui sévit tous les jours sur les pages de Página/12, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, Miguel Rep, qui est aussi artiste peintre, présentera demain vendredi 1er mai 2026, à 16h30, dans la Sala Victoria Ocampo, de la Feria del Libro, à Palermo, le livre qu’il vient de consacrer à un grand auteur-compositeur interprète du rock nacional argentin, Charly García, Charly Absoluto.

Ne bombardez pas Buenos Aires
Bombardez-moi
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L’ouvrage est publié chez Sudamericana, une filiale de Penguin, le géant de l’édition anglosaxone.

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Pour l’occasion, Miguel Rep sera rejoint par un autre grand du rock argentin, Fito Páez, qui considère Charly comme son mentor.

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Charly lui-même ne pourra pas être de la partie. Il est actuellement hospitalisé après une opération assez lourde et sa santé est assez précaire depuis plusieurs années. Il sera dans les pensées de tous les participants à cette présentation.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 aujourd'hui
lire l’article de Rolling Stone, l’édition hispanophone, du 27 avril 2026
lire la présentation du livre sur le site de l’éditeur, Penguin Libros.

Ajout du 2 mai 2026 :

lire le compte-rendu de la manifestation dans Página/12, qui en fait la Une de son supplément culturel quotidien

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Adorni au sommet de son arrogance, Milei à celui de la grossièreté : un portait du gouvernement argentin [Actu]

Au balcon : le président et son air mauvais,
à côté de lui, sa sœur, Karina
Derrière : la ministre du Capital humain
le ministre de l'Economie
Le gros titre fait un jeu de mot entre l'adjectif adoré (adorado)
et le nom du Premier ministre (Adorni)
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Hier, la prestation de Premier ministre Manuel Adorni devant les députés aura donné sept heures d’un spectacle criard, grotesque et indigne d’un gouvernement. De surcroît, elle aura été fort peu convaincante à en croire la presse de ce matin.

"La République circassienne", dit le gros titre
sur cette photo de Adorni hilare
(En plus, il y avait des clowns ?
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Il aura fallu le président, sa sœur et toute une brochette de ministres dans les tribunes pour soutenir ce Premier ministre déconsidéré et fragilisé par les affaires diverses et variées qui s’accumulent sur lui depuis plusieurs semaines !

Adorni a dit qu'il n'avait commis aucun délit
et qu'il n'allait pas démissionner, dit le gros titre
sur une photo de Milei et consorts encore pire qu'à la Une de Página/12
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Comme on pouvait s’y attendre, Manuel Adorni s’est déclaré innocent de tout ce qui lui est imputé en matière d’atteinte à la probité, de corruption et d’enrichissement personnel et il a décrit la situation du pays à la Trump, c’est-à-dire en fonction de son imagination ou de ses désirs plus qu’en fonction des faits réels.

Adorni a évité les précisions sur son patrimoine
et nié le délit : Je ne vais pas démissionner, dit le gros titre
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Fait rarissime, Página/12 et La Prensa sont d’accord sur un mot : cette comparution du Premier ministre devant la Chambre, c’était du « cirque ».

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Une de Página/12 qui porte sur le grand spectacle donné dans l’hémicycle par le président et son favori pour détourner l’attention de l’opinion publique
lire l’éditorial de Página/12 qui rapporte les insultes, hélas habituelles, que le président a adressées aux journalistes présents dans l’enceinte et les manœuvres politicardes peu ragoûtantes auxquelles ces différents élus se livrent les uns contre les autres, les uns avec les autres
lire l’article de La Prensa sur le discours de Adorni
lire l’article de La Prensa sur le comportement du président
lire l’article de Clarín sur la prestation de Adorni
lire l’article de Clarín sur celle d’un président déchaîné, qui avait laissé sa dignité au vestiaire comme il le fait si souvent
lire l’article de La Nación sur le déroulé de la séance
lire l’article de La NaciónCarlos Pagni, son éditorialiste politique, analyse la dérive de plus en plus « populiste » (sic) de Javier Milei

Ajouts du 2 mai 2026 :

lire cet article de Clarín documentant le train de vie en voyage du Premier ministre
lire l’article de La Nación sur les mêmes révélations
lire cet article de La Nación sur la réaction de l’entreprise qui a payé les dépenses

Un ancien juge présente son livre sur le terrorisme d’État à la Feria del Libro [Disques & Livres]

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Ce soir, jeudi 30 avril 2026, à 19h, à la Feria del Libro, sur le stand du groupe médiatique Octubre (presse papier, radio, télévision, édition, centre culturel), Adrián Grünberg, ancien juge fédéral, présentera le livre qu’il a écrit à partir de son expérience de magistrat ayant eu à connaître d’un certain nombre de dossiers de crimes contre l’humanité commis par les sbires de la dictature militaire des années 1976-1983.

Ce livre, Manual sobre terrorismo de Estado en Argentina, est sorti aux Éditions Octubre (30 000 pesos argentins, sur le site de l’éditeur).

Adrián Gründberg a eu à juger les agissements des services secrets argentins (la SIDE) pendant la dictature. C’est lui qui a condamné les responsables du Plan Condor, ce système international qui a permis aux dictatures sud-américaines de se débarrasser de leurs opposants en les jetant, la plupart du temps vivants, dans la mer depuis des avions. C’est aussi lui qui a eu à juger les meurtriers Jorge Acosta et Alberto González qui ont sévi à la ESMA, cette école supérieure de mécanique de la Marine maintenant démilitarisée et transformée en un complexe de centres culturels dédiés aux droits de l’Homme, que l’actuel gouvernement s’efforce de vider de leurs contenus.

L’auteur sera rejoint par un panel intéressant : Victoria Montenegro, femme politique et enfant volée puis retrouvée grâce au travail de Abuelas de Plaza de Mayo, Pablo Vassel, ex-secrétaire d’État aux droits de l’Homme de la Province de Corrientes, et la journaliste Luciana Bertoia.

Le cinquantenaire du coup d’État de Videla et consorts étant l’un des thèmes centraux du salon cette année, d’autres débats et tables-rondes se tiennent sur d’autres stands, comme celui dont parle Clarín aujourd’hui.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’entrefilet de Página/12 (Grupo Octubre) sur la présentation de ce soir
lire la présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur
lire l’article de Clarín sur l’autre table-ronde.

mercredi 29 avril 2026

Le cinéma se défend à Cosquín [à l’affiche]

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Demain, jeudi 30 avril 2026, et pour quatre jours, jusqu'au 4 mai, la ville de Cosquín, dans la province de Córdoba, au centre du pays, accueille la 15e édition d’un festival international indépendant de cinéma dans un esprit artisanal et bon enfant, bien loin du caractère plus clinquant du festival de Mar del Plata.

C’est un film brésilien qui ouvrira la manifestation demain. La France est représentée, avec Fantaisie d’Isabelle Pagliai, parmi les trente films en compétition, entre longs et courts métrages.

La petite ville déploie son festival sur trois lieux différents, ce qui permet une programmation intense sur les quelques jours qu’il dure.

Une du supplément culturel quotidien de Página/12
Contre-regard, dit le gros titre en caractères rouges
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Un festival aux petits oignons, à déguster chaud dans les premiers frimas de l’automne dans la moyenne montagne cordobaise.

Comme d’habitude, là encore, seul Página/12 s’en fait l’écho parmi les quotidiens nationaux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de La Voz, l’un des journaux locaux
consulter le site du festival