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vendredi 28 octobre 2016

67% d'augmentation pour le ticket de métro [Actu]

Lundi prochain au matin, les Portègnes et les banlieusards devront payer 67% plus cher leur utilisation du métro de Buenos Aires (subte), à travers leur carte Sube (qui veut dire "monte") et son système de dégressivité en fonction du nombre de voyages que chacun effectue dans le mois.

Les maquetteurs de Página/12 n'ont rien perdu de leur immense talent !

Le ticket de métro passe à 7,5 $ ARG, de 4,5 où la justice avait contraint le gouvernement de la ville à le maintenir au début de l'année. Página/12 a calculé le ticket a augmenté de 700 % depuis 2012, date à laquelle la gestion du réseau est passée du gouvernement fédéral au gouvernement municipal qui a aussitôt privatisé le système, sous l'autorité de Mauricio Macri, avant que celui-ci ne devienne président de la Nation. Ce qui donne une aberration difficile à croire : en août-septembre dernier, il m'en coûtait 4,5 $ de voyager en métro (+ les 30 pesos que j'ai dû payer pour acquérir la carte Sube, désormais indispensable, le ticket individuel n'existant plus) tandis que j'ai pris le train pour me rendre à Martínez à 30 km au nord-ouest de la capitale pour 4 $ (avec ma carte Sube – sans la carte en question, le voyage m'aurait coûté 12 $).

D'après Página/12, cette augmentation ne serait pas la dernière. Il faudrait s'attendre à un ticket à 10 $ ARG d'ici quelques mois.

Pour aller plus loin :

mercredi 30 avril 2014

Nouvelle décision aberrante pour le métro portègne [Actu]

Pour permettre l'entrée en fonction de nouvelles voitures sur la ligne B, qui relie Plaza Alem, près du Luna Park, au quartier de Villa Urquiza (station Rosas, tout récemment inaugurée), la ligne B du métro de Buenos Aires sera fermée le week-end, à partir du samedi à 13h, à partir de lundi jusqu'en février 2015. En semaine, la ligne fonctionnera deux heures de moins. Le service commencera à 6h au lieu de 5 et s'achèvera à 22h au lieu de 23.

Certes à la fin de cette longue période, cette ligne sera équipée de voitures de plus grande capacité et dotées de l'air conditionné, ce qui dans une ville comme Buenos Aires est très appréciable l'été, mais en attendant, c'est la galère pour les usagers de cette ligne qui passe sous Avenida Corrientes, c'est-à-dire l'artère principale de la vie culturelle de la capitale argentine !

Comme il y a 18 mois, aucun système de transport alternatif n'est prévu. Les voyageurs n'auront qu'à se reporter sur les lignes de bus déjà existantes, en tout cas celles qui fonctionnent le dimanche.

Pour en savoir plus :
Pour en savoir plus sur les différents avatars récents du métro à Buenos Aires, cliquez sur le mot-clé Subte dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

mardi 18 mars 2014

La Justice demande la rectification de la politique tarifaire du métro portègne [Actu]

La Justice portègne, saisie en référé (amparo) contre l'augmentation récente et démente du ticket de métro, a validé l'augmentation mais exigé, en contrepartie, la rectification du système de dégressivité qui n'assure pas un juste accès de tous les usagers aux meilleures conditions tarifaires. En effet, il faut avoir un usage très important du métro pour arriver à un prix raisonnable, comme je vous l'expliquais dans mon article du 8 mai 2014.

Les usagers occasionnels en particulier, touristes, banlieusards ne travaillant pas à Buenos Aires ou simples voyageurs qui prennent d'ordinaire un autre moyen de transport (le bus par exemple), sont condamnés à payer le prix fort, soit 5 $ le billet à l'unité à la caisse, en espèces (de toute manière on ne peut pas payer par carte bancaire dans le métro, le seul paiement dématérialisé se fait par le biais d'une carte rechargeable délivrée par le concessionnaire du réseau métropolitain).

La juge a demandé de mettre en place des cartes de voyages multiples, de type carnet de métro parisien, tels qu'elles existaient avant l'arrivée de Mauricio Macri. Seul changement avec ce qui se pratiquait : ces cartes ne seraient valides qu'un mois après leur première utilisation. Les actuels carnets, qui n'offrent aucune remise sur le prix du billet à l'unité (1), n'ont pas de date d'expiration.

Mais il est possible que l'arrêt reste lettre morte puisque Mauricio Macri ne respecte pas les décisions de justice, comme le montre le refus de réintégrer Claudio Espector dans ses fonctions de coordinateur du programme des orchestres d'enfants.

Pour aller plus loin :
Et pour une fois, ce n'est pas Página/12 qui publie l'info !


(1) Leur grand avantage est de vous éviter d'avoir à porter sur vous plusieurs tickets qui prennent plus de place dans un porte-feuille, un sac ou une poche.

samedi 8 mars 2014

Et une nouvelle hausse pour le ticket de métro ! [Actu]


Ce n'est pas une surprise puisque Mauricio Macri ne sait pas gérer la ville de Buenos Aires autrement que comme une entreprise qui doit rapporter (à qui?) des bénéfices... Mais tout de même, là, il y va fort.

Depuis que la responsabilité du réseau du métro de Buenos Aires a été transféré de l'Etat national à la Ville Autonome de Buenos Aires, le prix du ticket de métro est passé de 2,50 $ (hauteur qu'il avait conservée en août dernier si mes souvenirs sont bons) à 4,50 $, montant qui entrera en vigueur le 14 mars, dans une semaine.

Página/12, quotidien de gauche ultra-opposé à ce gouvernement portègne ultra-libéral, a calculé que l'augmentation était de 309% en deux ans ! C'est largement plus que l'inflation annuelle, qui tourne déjà autour de 25%.

La dernière augmentation, qui avait fait passer le ticket de 2,5 $ à 3,5 $, datait de novembre dernier.

Cette hausse invraisemblable est en partie compensée par un système de dégressivité plutôt compliqué et qui ne peut être optimisé qu'avec 44 déplacements dans un mois calendaire, sans possibilité de report au mois suivant, ce qui fait, eu égard aux habitudes locales d'usage des transports en commun, que presque personne n'atteint ce chiffre. Ce système dispose que les 20 premiers déplacements coûtent chacun 4,50, les dix suivants 3,60, les dix suivants 3,15 et les quatre derniers 2,70. Et après on repart sur un autre cycle !

Comme à chacune de ces décisions ahurissantes, un député de l'opposition à la Legislatura va demander en référé à la justice portègne de déclarer cette augmentation injustifiée en s'appuyant sur le fait que la cour des compte locale a établi le prix total effectif du voyage à 5$, ce qui comprend la part payable par l'usager et celle couverte par la subvention publique, puisque le métro, à Buenos Aires, comme ailleurs, relève d'un service public financé par les contribuables comme pour tout le reste d'une gestion municipale digne de ce nom (éclairage public, entretien des chaussées, des signalisations et des espaces verts, écoles et autres infrastructures culturelles, hospitalières, etc, bref tout ce qui fait qu'une ville est un lieu de vie commun à tous ses habitants et ce pour quoi des impôts, qui eux aussi augmentent toujours, sont prélevés).

Pour aller plus loin :
lire l'entrefilet de Clarín qui sur ce sujet de vie quotidienne fait le minimum syndical
lire l'article de La Nación qui cogne encore plus fort que Página/12 (on croit rêver) en annonçant carrément un ticket à 5 $ à partir de vendredi prochain !
Le journal de droite prend en effet en considération le montant payé en caisse en espèces, la modalité de paiement la plus fréquente à Buenos Aires (il existe en effet une incitation à acheter des abonnements dont, pour des raisons pratiques, seuls les habitants de Buenos Aires et de la proche banlieue peuvent bénéficier).

samedi 4 janvier 2014

Encore une mauvaise idée du Gouvernement portègne [Actu]

A partir de mars prochain, le billet de métro à Buenos Aires passera à 4,5 $ l'unité et à 5$ si le paiement se fait en liquide plutôt que sur une carte d'abonnement.

Le porteur d'une carte d'abonnement à lecture électronique bénéficiera sur ses voyages d'un discount par palier, qui sera calculé chaque mois sans report possible d'un mois sur l'autre, y compris en cas de suspension du service de transport (grèves, travaux sur les lignes, etc).

Une arnaque de grande dimension dont la mise en place est néanmoins subordonnée à une décision de justice pour laquelle une audience est prévue le 7 février prochain.

En novembre dernier, le prix du billet était déjà passé de 2,5 à 3,5. Et c'est comme ça depuis plus d'un an, c'est-à-dire depuis que la gestion du métro est passé de l'Etat fédéral à la Ville Autonome de Buenos Aires. Avec le nouveau tarif progressif, en cas d'utilisation maximale du métro (soit 50 déplacements pour un mois calendaire), le montant lissé sur ce mois mettra tout de même le voyage à l'unité à 3,69 $.

Pour en savoir plus :

jeudi 7 novembre 2013

La grimpette du ticket de métro [Actu]


Comme on pouvait le craindre depuis les annonces tonitruantes de Mauricio Macri il y a environ un an lorsque la Ville de Buenos Aires a pris en charge la gestion du métro, jusqu'alors placé sous la responsabilité du gouvernement national, le prix du ticket de métro va monter à partir de mardi 12 novembre au prix exorbitant de 3,5 $ (soit environ 45 centimes d'euro, ce qui est très cher dans le contexte argentin). Jusqu'à présent, une décision de justice avait obligé le gouvernement portègne à maintenir le prix du ticket à 2,50 $ (ce qui n'était déjà pas donné).

Pour les bénéficiaires de certains programmes sociaux d'aide aux plus défavorisés, le ticket devrait rester au montant initial de 2,50. Mais il faut vraiment être dans une misère noire pour accéder aux programmes en question...

Le gros titre de Página/12 de ce matin en dit plus qu'un long discours sur cette politique qui vise à débarrasser Buenos Aires de certains habitants au pouvoir d'achat trop bas pour mériter l'attention du gouvernement portègne actuel : sube veut dire "il monte" et subte, c'est le métro (subterraneo).

lundi 30 septembre 2013

La ligne A va enfin jusqu'à Flores [Actu]

Depuis vendredi, la ligne A du métro portègne, la plus ancienne du réseau à Buenos Aires, va enfin jusqu'au pied de la basilique San José de Flores (1). Deux nouvelles stations ont donc été mises en service pour la prolongation de la ligne vers l'ouest de la ville : San Pedrito et San José de Flores. En août, j'avais fait un long parcours à pied le long de l'avenue Rivadavia (que suit la ligne A) et j'avais été effarée par ces deux stations visiblement tout à fait prêtes mais hermétiquement fermée avec deux tableaux lumineux, absurdes, qui faisaient défiler les informations sur le trafic sur l'ensemble du réseau pour... les piétons en surface.

Après le long conflit social qui a affecté la ligne après le retrait chaotique des wagons de La Brugeoise (voir mes articles sur le sujet en cliquant sur le mot-clé subte dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre de chaque article), voici un progrès urbanistique qui complète le prolongement vers Villa Urquiza de la ligne B, qui a elle aussi eu son lot de grèves plus ou moins perlées ou durables après l'inauguration de la station Juan Manuel de Rosas (2) à l'automne.

Ici aussi, les syndicats menacent de retard dans la mise en route du service. Espérons pour les Portègnes qui vont à leur travail tous les jours (3) que ça ne durera pas des mois comme pour la ligne B.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 de samedi.


(1) désormais connue dans le monde entier puisque c'est là que le Pape François a reçu sa vocation sacerdotale le 21 septembre 1953.
(2) Une loi absurde votée par la Legislatura il y a plusieurs années : baptiser la station de Villa Urquiza du nom de l'adversaire politique emblématique du général Urquiza ! Ils sont fous, ces Argentins...
(3) Ce sont des mouvements de grève qui ne touchent que les salariés qui se rendent à leur travail. Cela touche très peu la population des touristes, qui n'a pas les mêmes horaires, ni celle des inactifs. En pleine matinée ou en pleine après-midi et plus tard dans la soirée, le métro marche bien en général. Les syndicats ciblent donc un secteur de la clientèle, ce qui durcit les conflits au lieu de leur gagner la sympathie des usagers.

mardi 26 mars 2013

La bataille judiciaire contre l'augmentation du métro [Actu]

Cette une rappelle bigrement un disque
du groupe argentin Les Luthiers : Laxaton Cantata !
Je vous recommande cet album : à mourir de rire, en pastiche de musique classique.

Les Portègnes continuent à se battre avec tous les moyens à leur disposition contre la hausse démentielle du ticket de métro décidée par Mauricio Macri après qu'il avait enfin accepté de prendre en charge, comme la loi lui en fait obligation, la gestion du réseau souterrain de Buenos Aires. Mais il assume cette compétence territoriale en supprimant la subvention d'Etat qui était attachée au prix du billet comme c'est le cas pour tous les services publics : il y a une partie du coût d'exploitation qui est payé par l'entité publique et non pas par l'utilisateur en tant que tel, dans la santé, l'éducation, les transports, la culture... Avec cette suppression de l'aide publique, on se demande d'ailleurs où passe l'argent des impôts locaux qu'il a régulièrement augmentés tous les ans depuis qu'il est Chef de gouvernement de la Ville. Pourtant, il n'y a jamais d'argent dans les caisses pour subvenir à la bonne marche quotidienne de la ville, des quartiers, des théâtres, des radios, le chauffage des écoles et des hôpitaux l'hiver, l'éclairage des monuments la nuit... Et après il s'étonne qu'on le soupçonne de corruption !

Le prix est donc maintenant, officiellement, de 3,5 $ (à peu près le prix d'un sandwich).

Un certain nombre d'acteurs politiques ont donc déposé des recours devant la justice de Buenos Aires, parlementaires locaux, voire élus nationaux, et associations de défense des contribuables (ou usagers des services publics).

Et la justice leur donne régulièrement raison, exigeant du Gouvernement portègne qu'il justifie cette augmentation démentielle. Ce qu'il ne fait pas, comme à son habitude.

Le juge Pablo Mantaras a donc maintenu hier la mesure conservatoire de gel du prix du ticket de métro à son montant antérieur, au lieu des 3,5 $ qui devaient entrer en vigueur mercredi dernier, en estimant que les explications fournies par le Gouvernement n'étaient pas satisfaisantes. La Vice Chef de Gouvernement, qui suit les traces de Macri, vient de traiter cette décision de justice de démagogique (en Argentine, il est très fréquent de voir contester publiquement une décision de justice, y compris par un élu au pouvoir, ce qui ferait un scandale monstrueux en Europe, comme on l'a vu en Italie avec les rodomontades de Berlusconi) et elle a annoncé que la Ville allait faire appel...

On n'est pas sorti de l'auberge !

Pour en savoir plus :
vous pouvez remonter l'histoire abracadabrante de cette gestion du métro qui a été le feuilleton politique de l'été en cliquant sur le mot-clé Subte dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Vous pouvez aussi lire l'article paru ce matin dans Página/12 (opposition à Macri).

dimanche 27 janvier 2013

Manuels idéographiques [Actu]


D'après Página/12, deux semaines après la fermeture de la ligne A du métro de Buenos Aires (mot-clé subte dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus), les employés n'ont toujours pas commencé à mettre en route les nouveaux wagons chinois pour lesquels Mauricio Macri a décidé de retirer du service les monuments historiques qu'étaient et que demeurent les voitures La Burgeoise des années 1913 et suivantes...

La cause ? Rien de plus simple.

Les manuels techniques ont été livrés en idéogrammes chinois et personne n'en a encore réalisé la traduction en espagnol... alors évidemment pour faire les branchements, c'est dur !

Ce qui nous explique peut-être pourquoi Mauricio Macri a cru bon de paralyser la ligne pendant les deux mois d'été, au cœur de la saison touristique, sans aucun service de bus de remplacement pour compenser cet arrêt...

Le quotidien publie donc ce matin un petit dossier sur l'affaire, avec une analyse des difficultés techniques et linguistiques qui affectent la coopération entre les opérateurs argentins et chinois (doivent être contents du voyage, les gars de l'Empire du Milieu !), l'absence de réponse du gouvernement portègne au chômage forcé auquel sont abandonnés les tenanciers des kiosques qui animent les quais de la ligne fermée (marchands de journaux, de vêtements, d'accessoires et de snacks divers et variés) qui sont en train de perdre le chiffre d'affaires de toute la saison sans aucune mesure compensatrice et quelques nouvelles des anciens wagons dont on a vu une poignée d'exemplaires parcourir quelques avenues de Buenos Aires pour gagner, du haut d'une remorque de camion, un atelier technique de la ligne H, situé à Parque Patricios... L'été 2013 restera dans les annales comme l'un des plus excentriques de la gestion Macri....

Pour aller plus loin :

mercredi 16 janvier 2013

Décision judiciaire pour protéger les voitures La Brugeoise [Actu]

Photo Página/12 - Sandra Cartasso

Une juge du tribunal du Contentieux administratif de la Ville Autonome de Buenos Aires vient de donner raison à une députée de la Legislatura (voir Trousse lexicale d'urgence en Colonne de droite) qui voulait obtenir la garantie de sauvegarde de ce patrimoine que représentent les 95 wagons dits La Brugeoise (qu'ils soient vraiment sortis des ateliers belges La Brugeoise avant la Grande Guerre ou qu'ils aient été fabriqués en Argentine après que le conflit avait interrompu les livraisons en provenance de Bruges). Ces wagons circulaient sur la ligne A du métro (subte). Depuis samedi, ils sont en cours de retrait et ce retrait, le Gouvernement portègne l'a annoncé comme définitif, avec force cynisme et mauvaise foi (voir les épisodes précédents en cliquant sur le mot-clé subte dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus).

A Buenos Aires, il se murmure déjà que, ne pouvant pas tous être stockés dans l'espace couvert des ateliers de maintenance Polvorín, un certain nombre de ces wagons seraient destinés au futur atelier Mariano Acosta qui, pour l'heure, n'est qu'un simple terrain vague à l'air libre, ce qui soumettrait ces véhicules presque centenaires aux intempéries les plus variées ("tempêtes de soleil" comme les Portègnes surnomment les canicules, pluies diluviennes, chutes de grêle les jours d'orage...).

La juge, siégeant en session d'urgence, car nous sommes en pleine vacance judiciaire (on est en plein été dans l'hémisphère sud), a donc ordonné au Gouvernement portègne de mettre en œuvre "toutes les mesures" propres à "protéger et préserver intégralement" l'ensemble de cette flotte historique et à la "maintenir en état de marche". Elle ordonne que le Gouvernement portègne rende compte "de manière publique et régulière" de toutes les mesures "matérielles et juridiques" prises au sujet de ces voitures et de "donner à toutes les organisations d'usagers, aux associations culturelles et aux parlementaires l'accès à toute l'information relative à chaque élément de la flotte et aux lieux physiques où elle est entreposée". Elle impose enfin au Gouvernement de lui fournir d'ici deux jours les éléments qui justifient selon lui la fermeture totale de la ligne pendant 56 jours d'affilée et les alternatives qu'il a envisagées avant de décider cette fermeture (on suppose en effet qu'aucune alternative n'a jamais été examinée, vu le manque total de mesure mise en place pour assurer un service de remplacement).

Bref, elle vient de prendre un ensemble de décisions de nature démocratique. Il y a fort à parier que le Gouvernement n'en appliquera aucune, puisque Mauricio Macri n'a jamais respecté les injonctions de la justice locale dont il relève.

Dans sa décision, la juge a rappelé une autre de ses interventions en référé suite à une plainte de certains danseurs du Teatro Colón pendant les travaux de restauration, achevés en avril 2010. Elle avait dû protéger les planches de la scène de cette grande institution lyrique que la société privée en charge des travaux découpait en petits morceaux pour les offrir comme cadeaux d'affaire à ses clients dans le monde entier. Le plancher original posé en 1908, lors de la construction de l'Opéra !

A l'énoncé de la décision, la députée María Rachid, auteur du dépôt de plainte (1), l'a commentée en ces termes, cités par Página/12 :

“La ciudad de Buenos Aires debe conservar su patrimonio cultural, como lo hacen muchas ciudades en el mundo, constituido no sólo por estos coches históricos sino también por su funcionamiento, que constituye en sí mismo la vivencia histórica de nuestra identidad cultural. Los mismos pueden refaccionarse, adaptarse y funcionar, si no todos los días, al menos los fines de semana y feriados”
María Rachid (in Página/12)

La Ville de Buenos Aires doit conserver son patrimoine culturel, comme le font de nombreuses villes dans le monde, constitué non seulement par ces voitures historiques mais aussi par leur fonctionnement qui constitue en soi la continuité historique de notre identité culturelle (2). Ces voitures peuvent être restaurées, adaptées et marcher sinon tous les jours au moins le week-ends et les jours fériés.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :
La députée tient un blog mais la dernière mise à jour datant du 25 septembre dernier, je ne vous y renvoie pas puisque ça ne présente aucun intérêt dans cette affaire.


(1) Il y a eu plusieurs référés au sujet de cette rénovation de la ligne A, dont au moins deux à l'initiative de députées de la Legislatura, toutes deux du Frente para la Victoria (parti kirchneriste).
(2) Lire le plaidoyer très clair et très argumenté du Directeur de la Bibliothèque Nationale, Horacio González, que je vous ai intégralement traduit dans mon article du 8 janvier 2013.

mardi 15 janvier 2013

L'augmentite aigüe de Mauricio Macri épinglée par le duo Rudy y Paz [Actu]


Il y a quelques jours, je vous annonçais les craintes des Portègnes quant à une nouvelle augmentation du ticket de métro (subte) dont des rumeurs, lancées par le Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, laissaient entendre qu'elle pourrait monter jusqu'à 6 $ l'unité... Voir mon article du 2 janvier 2013 à ce propos.
Un comble de folie !
Pour vous faire une idée du rapport de ce ticket de métro de luxe avec le coût général de la vie à Buenos Aires, imaginez un ticket de métro d'une de nos grandes villes, Bruxelles, Lyon, Marseille, Paris... au prix d'un sandwich, entre 5 et 7 € l'unité...

Mais le Gouvernement portègne continue à distiller les rumeurs tandis qu'une partie du service public est suspendu puisque la ligne A est fermée depuis samedi dernier, malgré le référé d'une députée contre cette mesure absurde... Alors les deux humoristes de Página/12 ne lâchent pas l'affaire et ils en ont fait ce matin le sujet de leur vignette, à la une du journal.

Le journaliste : On (1) avait déjà augmenté le métro à 2,50.... Maintenant, on veut le monter à 3,50 et une autre hausse en plus aux heures de pointe...
Mauricio Macri : Oui...
Le journaliste : Vous n'avez jamais pensé aller aux "Augmentiques Anonymes" ?
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Il ne manque plus que ce soit un psychiatre de l'hôpital Borda (2) qui lui pose à la question !


(1) Difficile de savoir s'il faut ici traduire par ce on impersonnel ou par le vous pluriel (donc la majorité macriste). Le texte argentin maintient les deux possibilités. En revanche, il est sans ambiguïté ensuite avec la troisième personne du singulier, qui est la forme hispanophone (mais aussi italienne, allemande, néerlandaise...) du notre seconde personne du pluriel de politesse. J'ai donc décidé d'utiliser la tournure impersonnelle pour traduire la première bulle.
(2) Grand et prestigieux hôpital psychiatrique du sud de la ville (quartier de Barracas), auquel l'actuel gouvernement local accorde un budget de fonctionnement si misérable qu'en hiver (juin, juillet, août), il n'y a pas de chauffage dans les salles, que ce soit en consultation ou en atelier d'art-thérapie, une pratique thérapeutique dont cet établissement s'est fait l'un des leaders en Argentine et en Amérique du Sud...

mardi 8 janvier 2013

Requiem pour des wagons belges [Actu]


Dans un pays neuf comme l'Argentine, où le peuple dispose de fort peu de traces matérielles pour le relier aujourd'hui à la continuité de son histoire, la disparition imminente des voitures historiques de la ligne A, la première ligne de métro (subte) de Buenos Aires, recèle des implications symboliques très lourdes qu'elle n'aurait guère dans un vieux pays comme la France ou la Grande-Bretagne. L'émotion qu'elle provoque ne relève nullement d'une nostalgie passéiste ou conservatrice : c'est au contraire une réaction ulcérée contre une mesure autoritaire, prise et annoncée dans la violence verbale, la vulgarité et le mépris et sans l'ombre d'une concertation avec les usagers, donc d'une façon antidémocratique, par un Mauricio Macri qui s'est une nouvelle fois piqué de son dédain pour les enjeux culturels et patrimoniaux nationaux et populaires.
Enième rupture symbolique dans l'histoire, déjà chaotique, d'un peuple qui aspire vivement à la sérénité et au rassemblement de tous autour de quelques valeurs sûres de l'identité nationale, maintenant que le pays a renoué avec la démocratie (cela fera trente ans en décembre prochain) et retrouvé le chemin de la croissance économique (depuis cinq ou six ans).

José de San Martín, dont on fêtera dans quelques semaines le bicentenaire de la première victoire en Amérique, à San Lorenzo, Manuel Belgrano, dont c'était l'année en 2012 (pour le bicentenaire du drapeau national qu'il a dessiné), le Cabildo de Buenos Aires où fut votée l'abolition de la vice-royauté le 25 mai 1810, ce qu'on appela ensuite la Révolution de Mai, la maison de Tucumán, où fut déclarée l'indépendance le 9 juillet 1916, l'actuel Régiment des Grenadiers à Cheval font partie de ces quelques éléments rassembleurs, les uns immatériels, les autres matériels.
Les wagons de 1913 aussi.

Tandis que María José Lubertino, députée du Frente para la Victoria (kirchneriste) à la Legislatura de Buenos Aires, vient de s'opposer par référé (amparo) à la fermeture complète de la ligne pendant les travaux de remplacement des voitures et pour s'assurer que le patrimoine qu'elles représentent pour la ville et le pays sera bien préservé, le directeur de la Bibliothèque Nationale, le sociologue Horacio González, a publié sur Página/12, hier, une lettre ouverte, très sobre, très digne, en forme d'hommage que j'ai trouvé particulièrement juste et même poignant, à ce matériel roulant, le plus vieux encore opérationnel au monde jusqu'à vendredi soir.

En voici une version bilingue espagnol-français.

Espectros del Subte A
Por Horacio González
No es fácil viajar en Buenos Aires. Pero no conozco viaje más grato en el trasporte colectivo de la ciudad que el del Subte A. En ciertas horas de la tarde, pareciera que hasta está por subir el propio presidente Yrigoyen. Perón lo tomó varias veces, pero para esa época ya existían la línea B, la C y la D. En el examen conspirativo al que Cortázar somete a la línea A –en su momento a cargo de la Anglo-Argentina– podemos leer: “Es cierto que entre Loria y Plaza Once se atisba vagamente un Hades lleno de fraguas, desvíos, depósitos de materiales y raras casillas con vidrios ennegrecidos”. No cambiaron mucho las cosas desde entonces, pues Cortázar quiso dar una imagen tragicómica de la vida en la ciudad a partir de los viajes metafísicos en la línea A.
Horacio González, Página/12

Fantômes de la ligne A
par Horacio González
Il n'est pas facile de se déplacer dans Buenos Aires. Mais je ne connais pas de voyage plus agréable dans les transports en commun de la ville que celui de la ligne A du métro. A certaines heures de l'après-midi, on dirait même que le président Yrigoyen (1) en personne va monter. Perón l'a pris plusieurs fois, mais à cette époque, les lignes B, C et D existaient déjà. Dans l'examen complotiste auquel Cortázar soumet la ligne A – quand il chargeait contre la Anglo-Argentina (2) – nous pouvons lire : "Il est sûr qu'entre Loria et Plaza Once (3) on aperçoit vaguement un Hades plein de traverses, d'aiguillages, de dépôts de matériels et d'étranges guérites aux vitres obscurcies." Les choses n'ont pas beaucoup changé depuis lors puisque que Cortázar a voulu donner une image tragi-comique de la vie dans la ville à partir des voyages métaphysiques sur la ligne A.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Lo que sugería ese cuento cortazariano era una crítica a la modernidad, a los aglomeramientos en las metrópolis. Hoy no podemos imaginar en el proyecto de cambiar esos antiguos vagones de La Brugeoise, fabricados en la ciudad de Brujas, Bélgica, ninguna reflexión satisfactoria sobre la historia urbana que ha enhebrado este subterráneo. Estos coches tuvieron muchas reparaciones a lo largo de una centuria, pero ninguna de esas transformaciones dejaron de respetar el armazón original. Son la historia misma del transporte subterráneo durante el siglo XX, un tesoro de la memoria urbana, corporal, temporal e incluso olfativa de la ciudad. Cuando frenan en las estaciones, hace casi un siglo que esos coches dejan el mismo ligero aroma a lapacho friccionado, material del que están hechas las zapatas de freno. Hay más continuidad urbana en ese perfume a madera rechinada que en casi ningún otro juego con la historia de Buenos Aires que se nos ocurra hacer.
Horacio González

Ce que suggérait ce conte cortazarien, c'était une critique de la modernité et des juxtapositions dans les grandes villes. Aujourd'hui nous ne pouvons voir, dans le projet de changement de ces vieux wagons de La Brugeoise, fabriqués dans la ville de Bruges (4), en Belgique, aucune réflexion satisfaisante sur l'histoire urbaine qu'a enfilée ce métropolitain (5). Ces voitures ont subi beaucoup de réparations au long d'un siècle, mais aucune de ces transformations n'ont manqué de respecter l'armature originale. Elles sont l'histoire même du transport souterrain pendant le xxe siècle, un trésor de la mémoire urbaine, corporelle, temporelle et même olfactive de la ville (6). Quand elles freinent dans les stations, il y a presque un siècle que ces voitures lâchent le même léger arôme de bignonia qu'on frotte (7), matériau dont sont faites les semelles de frein (8). Il y a presque plus de continuité urbaine dans ce parfum de bois grinçant que dans aucun autre jeu avec l'histoire de Buenos Aires auquel il nous soit donné de jouer.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Cuando escucho el traqueteo del tren que se acerca ensayo una plegaria subterránea. ¿Cómo llamarla? ¿Rezo por el antiguo vagón? ¿Súplica para que aparezcan los vagones belgas, la esperanza de que surjan de la boca oscura del túnel esas desgonzadas berlinas que se bambolean de lo lindo, y no los sustitutos anodinos que fueron apareciendo con el tiempo? A veces se presentan unos intrusos vagones –igual los respetamos– que provienen de la fábrica Materfer, de la ciudad de Ferreyra, Córdoba. Fue primero la Fiat la que los hizo; ahora, en otras manos, y en otros aires de época, esa fábrica se inclina a producir máquinas cosechadoras y viales. ¡Pero si aparece el tren de La Brugeoise, cartón lleno! ¿Es que está repleto? ¡Sí, pero entramos igual!
Horacio González

Quand j'entends le tintamarre du train qui s'approche, je teste une prière souterraine. Comme l'appeler ? Office pour l'ancien wagon ? Supplique pour que les wagons belges fassent leur apparition, l'espérance que surgissent de la bouche obscure du tunnel ces berlines vétustes qui tanguent joliment et non les substituts anonymes qui ont fait leur apparition avec le temps ? Parfois ce sont des wagons intrus qui se présentent - mais on les respecte autant - qui proviennent de la manufacture Materfer, de la ville de Ferreyra, à Córdoba (9). Ce fut Fiat d'abord qui les fit. Maintenant, passée dans d'autres mains et dans l'air d'un autre temps, cette manufacture a tendance à produire des moissonneuses-batteuses et des engins de travaux publics. Mais si jamais c'est le train de la Brugeoise qui fait son apparition, carton plein ! Est-ce qu'il est bondé ? Tant pis, on monte quand même !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Los habitués del Subte A –nombre que ha resistido a la desabrida adopción universal de la palabra Metro– toleramos la abolición de la esterilla en los asientos y las respetuosas reformas que en una centuria se hicieron en los talleres Polvorín (barrio de Caballito); eso prueba que no somos fanáticos, agradecíamos si apenas lográbamos introducirnos en un viaje entre maderas que chirrían, tan solo mascullantes, haciéndonos recordar a los viajeros de antaño, a esas miles y miles de sombras con sombrero Panamá y el desvanecido fieltro, como contemporáneos de una civilización extinguida. El sombrero comenzó a desaparecer por efecto del transporte urbano (aunque ahora las mochilas estudiantiles hacen que a ciertas horas todos los pasajeros tengan doble espalda). Viajar no es fácil. Pero el Subte A, para quien sepa entenderlo, ofrece el consuelo de sus farolas interiores de vidrio ondulante, una orfebrería de estaño de diseño artístico, un vago art-nouveau a la belga.
Horacio González

Les piliers [clients] de la ligne A – [subte] nom qui a résisté à l'adoption débridée et universelle du terme Metro – nous supportons l'abolition du liseré sur les sièges et les réformes respectueuses qui, pendant un siècle, ont été faites dans les ateliers Polvorín du quartier de Caballito (10). Ceci prouve que nous ne sommes pas des fanatiques, nous avions de la gratitude quand nous arrivions à grand peine à nous faire une petite place pour un voyage au milieu du bois qui geignait, comme entre ses dents, nous faisant nous souvenir des voyageurs de jadis, de ces milliers et milliers d'ombres coiffées de chapeaux Panama et de feutres évanouis, comme de contemporains d'une civilisation éteinte. Le chapeau commença à disparaître par l'effet du transport urbain (encore qu'aujourd'hui, les sacs à dos des étudiants font qu'à certaines heures tous les passagers ont le dos multiplié par deux). Se déplacer n'est pas facile. Mais la ligne A, pour qui sait le comprendre, offre la consolation de ses lanternes intérieures en verre ondulé, une orfèvrerie d'étain de forme artistique, vagabond art-nouveau à la belge. (11)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Siempre el subte A fue semipenumbroso. Pero al estar apenas unos metros bajo tierra, he allí una compensación. Si uno se asoma por las ventanillas para ver oblicuamente las aperturas de salida, puede percibir la gente que pasa por la calle desde el propio vagón. Es como en un propiedad horizontal, proyectada en un amplio territorio para que no perdamos de vista que la vida es eso mismo, la simultaneidad visible entre los que marchan por arriba y los que marchan por debajo; todos viandantes, todos complementándose, pues los unos serán los otros.
Horacio González

La ligne A a toujours été plongée dans une demi-pénombre. Mais comme elle est juste quelques mètres sous terre, cela me fait une compensation. Si on se met à la fenêtre pour voir à l'oblique les ouvertures des sorties, on peut entrapercevoir les gens depuis le wagon qui marchent dans la rue (12). C'est comme dans une propriété horizontale, projetée sur un large territoire pour que nous ne perdions pas de vue que la vie c'est cela même, la simultanéité visible entre ceux qui marchent au-dessus et ceux qui marchent en-dessous, tous piétons, tous complémentaires, car les uns peuvent aussi être les autres.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Hoy viajamos en el Subte A junto al piélago de nuestros pasajeros antepasados. Millones de espectros mudos viajaron allí. ¿Cómo calificar el desprecio con que se habla de esos vagones? Se lee que hay expertos barceloneses, expertos chinos, examinando esas supuestas ruinas ciudadanas. ¿Sabrán que desde la escalinata de la Estación Congreso Roberto Arlt hizo su aguafuerte sobre el Golpe de Uriburu? Dentro de algunos siglos, otros espectros podrán hablar con algún técnico chino sobre estos episodios. Si hasta algunos gerentes de la Anglo-Argentina algo llegaron a comprender. Pero por el momento, la operación de demolición histórica sobre esta línea donde ciertas estaciones conservan en el molinete gastados bastones de madera, donde millones empujaron y dejaron las invisibles marcas de sus manos apuradas, es de las más desdichadas acciones en las que puede empeñarse un gobierno municipal.
Horacio González

Aujourd'hui, nous nous déplaçons sur la ligne A aux côtés de l'océan de nos ancêtres passagers. Des millions de fantômes muets ont emprunté cette ligne pour se déplacer. Comment qualifier le mépris avec lequel on parle de ces wagons ? (13) On lit qu'il y a des experts barcelonais, des experts chinois, qui se sont penchés sur ces prétendues épaves citadines. Est-ce qu'ils savent que sur l'escalier de la station Congreso, Roberto Arlt a réalisé son Eau-forte sur le Coup d'Etat de Uriburu ? (14) Dans quelques siècles, d'autres fantômes pourront parler avec quelque technicien chinois des épisodes que nous vivons. Or même plusieurs directeurs de la Anglo-Argentina ont réussi à comprendre un peu. Mais pour le moment, l'opération de démolition historique sur cette ligne, où certaines stations conservent sur les tourniquets [d'entrée] leurs vielles barres de bois usées, que des millions de gens ont poussées et sur lesquelles ils ont laissé les empreintes invisibles de leurs mains pressées, appartient aux plus funestes actions dans lesquelles puisse s'embarquer un gouvernement municipal.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

El futuro viajero perderá su historia a cambio de un mendrugo de felicidad ilusoria, un poco de aire acondicionado para sentirse un ciudadano beatificado, sin sospechar que ya era un pasajero derrotado. Le habían dado los asientos de plástico premoldeados, unos minutos menos de retraso en el viaje, y los domingos, el bálsamo de pasear con algunos de los viejos trenes belgas por Caballito. Pero era ya un pasajero fosilizado. El fáustico modernizador, no se crea, es también un museólogo. El amor a la ciudad existe, pero es más verdadero cuando no se lo proclama con sospechoso fervor. Incluso a “Mi Buenos Aires querido” se le va un poco la mano. Creo que los que así lo deseemos, como síntoma cauto y efectivo de resistencia, debemos prepararnos para hacer nuestros últimos viajes por los saltarines vagones de La Brugeosie (15).
Horacio González

Le voyageur futur oubliera son histoire pour un croûton de pain l'illusoire félicité, un peu d'air conditionné pour se sentir un citoyen béat tel un ravi de la crèche, sans soupçonner qu'il était déjà un passager vaincu. On lui avait donné des sièges en plastique moulé, deux ou trois minutes de moins de retard dans son déplacement et les dimanches, le baume d'une promenade à Caballito dans quelques uns des vieux trains belges. Mais il sera alors un passager fossilisé. Le modernisateur faustien, quand bien même on ne le croirait pas, est aussi un conservateur de musée. L'amour de la ville existe, mais il est d'autant plus authentique qu'il n'est pas proclamé avec une ferveur suspecte (16). Même Mi Buenos Aires querido (17) a la main qui le démange un peu. Je crois que nous qui en avons envie, comme d'un signal sagace et effectif de résistance, il nous faut nous préparer à faire nos derniers déplacements dans les wagons sautillants de La Brugeoise.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour accéder à cet éditorial dans sa publication originale, sans interruption de traduction :

Pour aller plus loin :
lire l'article de ce matin sur le référé déposé par la députée María José Lubertino contre la décision de fermeture de la ligne A du 12 janvier au 8 mars prochain.


Ajout du 10 janvier 2013 :
lire la dépêche de l'agence nationale Télam sur la proposition des associations de défense du patrimoine, qui suggèrent que les wagons La Brugeoise soient maintenus en service hors des heures de pointe (ce qui doit présenter une difficulté technique puisque ces wagons ne supporteraient pas le plus haut voltage qu'exigent leurs remplaçants de fabrication chinoise).


(1) Hipólito Yrigoyen (1852-1933), premier président de la Nation élu au suffrage universel (masculin et uniquement des citoyens argentins de naissance) en 1916, co-fondateur de la UCR (Unión Cívica Radical) en 1891, premier parti constitué en tant que tel en Argentine. Ses mœurs austères et ses manières simples l'ont rendu très populaire. Il est l'un des premiers à avoir voulu assurer l'indépendance du pays, économique et stratégique, à l'égard des grandes puissances qu'étaient alors la Grande-Bretagne et la France. Il fut parmi les premiers usagers de ce métro, qui était le premier métro en Amérique du Sud, d'où la légitime fierté des Argentins à son égard.
(2) Importante société industrielle qui a néo-colonisé la République Argentine au profit des intérêts de capitaux britanniques, avec la complicité d'une partie importante de l'oligarchie nationale. Julio Cortázar, écrivain et romancier pro-castriste, ne pouvait qu'avoir ce type de société dans le collimateur.
(3) Deux stations de la ligne, qui délimitaientt le tout premier parcours desservi par le métro. Depuis, la ligne s'est prolongée tant à l'est, jusqu'à Leandro Alem (presque sur le port), que vers l'ouest, où les prolongations sont encore en cours de réalisation (aujourd'hui le terminus est à Carabobo).
(4) Il faut expliquer aux Argentins le sens de l'expression La Brugeoise car le nom de la ville en espagnol ne permet pas de faire le lien avec cette ville mythique pour un Latino-Américain qu'est Bruges (nom en français), Brugge (en flamand). Noter qu'à cette époque-là, à Bruges on parlait encore le français quand on était un capitaine d'industrie... Brujas está en la parte neerlando-hablante de Bélgica.
(5) La métaphore utilisée ici est celle du fil que l'on fait passer dans le chas d'une aiguille.
(6) Je souscris à 100%, moi qui n'ai aucun souvenir d'enfance lié à ce métro des antipodes. Mais en effet, ces voitures présentaient toutes les singularités évoquées dans cette liste.
(7) Le lapacho est un bois d'Amérique du Sud.
(8) Comme vous le voyez, la nationalisation symbolique et l'acculturation de ces wagons, dont on souligne volontiers l'origine étrangère à Buenos Aires, a été complète, jusque dans ces matériaux si typiquement argentins et si peu belges, utilisés pour l'entretien successif du système roulant...
(9) Il s'agit d'un certain nombre de wagons supplémentaires qui ont été produits en Argentine après la déclaration de la première guerre mondiale, parce que, la Belgique très vite passée sous occupation allemande à part un confetti du littoral d'où le roi Albert 1er continuait d'animer la lutte à la tête de l'armée régulière enfoncée partout ailleurs, l'entreprise de Bruges ne pouvait plus honorer le reste de la commande. L'Argentine est toujours restée très respectueuse de la résistance acharnée dont la petite Belgique a offert l'exemple au monde entier pendant la première guerre mondiale face au gros Empire allemand (et avec une reine d'origine bavaroise !). A cette Belgique combattante, les Argentins ont même dédié un tango (Bélgica), pour lui rendre hommage, en même temps qu'ils saluaient les combattants français de la bataille de la Marne avec le tango El Marne. Pendant la première guerre mondiale, il n'y eut pas beaucoup de courants pro-germaniques en Argentine. Il faut dire aussi que l'Italie entra en guerre du côté des Alliés dès 1915, ce qui explique que le cœur des Argentins battent plus facilement pour les puissances alliées.
(10) Où les anciens wagons sont censés être entreposés après leur retrait du service par convoi routier, semble-t-il. Donc en surface. Ce qui promet un beau bazar supplémentaire.
(11) Victor Horta (1861-1947) était né en Flandres, à Gand, donc pas très loin de Bruges.
(12) C'est remarquablement bien observé. Je n'ai jamais vérifié la chose depuis une fenêtre (j'aurais eu trop peur de la casser en m'appuyant un peu trop dessus), mais sur le marchepied du wagon, c'est tout aussi vrai...
(13) Ce "on" désigne bien entendu le Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires. Voir mes articles antérieurs en cliquant sur le mot-clé subte, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
(14) Roberto Arlt (1900-1942), un des grands intellectuels de gauche des années 1930, romancier, dramaturge et journaliste, autodidacte avec un passé d'enfant maltraité, qui en a fait un artiste de la colère et de la rebellion, au caractère impossible et à l'immense talent d'écorché vif. Les eaux-fortes dont il est question ici sont des textes de critique sociale et politique qui parurent dans le quotidien El Mundo. Il fut emporté très jeune par une crise cardiaque. José Uriburu fut l'auteur du premier coup d'Etat militaire de l'histoire argentine, en septembre 1930, ouvrant ce qu'on appelle la Década Infame (la décennie odieuse), qui fut à la fois anglophile et proche de l'Italie musolinienne. Voir mon Vade mecum historique, dans la rubrique Petites Chronologies, dans la partie médiane de la Colonne de droite.
(15) La Brugeosie : coquille originale de Página/12. C'est difficile pour les Argentins de respecter l'orthographe française (et je ne vous parle pas de la prononciation de ce nom...)
(16) Allusion à différents slogans politiques mis en place par Macri, du type En todo estás vos (c'est toi qui es au centre de tout) que vous lisez en dessous des invitations du Museo Casa Carlos Gardel par exemple, ou Mi Buenos Aires Querible (Mon Buenos Aires aimable) qui est un des slogans du ministère du Tourisme confondu avec le ministère de la Culture, dont le portefeuille commun est confié à Hernán Lombardi, qui a été bien silencieux dans toute cette affaire.
(17) Mon Buenos Aires bien-aimé, titre d'un célèbre tango paraphrasé par le slogan de Macri, Mi Buenos Aires Querible (voir ci-dessus).

samedi 5 janvier 2013

"Les gens n'auront qu'à chercher un autre mode de transport !" [Actu]


"La gente tendrá que buscar otras formas de viajar". C'est par cette phrase brutale pour les usagers des transports en commun et pleine de morgue que Mauricio Macri a voulu clore la discussion sur la fermeture, contestée et semble-t-il contestable, de la ligne A du métro portègne (subte), qui aura bien lieu du 12 janvier au 8 mars 2013. Soit toute la saison estivale, toute la période des vacances où les secteurs économiques non touristiques travaillent avec un personnel réduit du fait des congés et où le secteur touristique a besoin d'une ville aussi peu congestionnée que possible du point de vue du trafic automobile et de la pollution qui en dérive...

Aucune des propositions alternatives n'a bien entendu été retenue par le Gouvernement portègne. Il faut dire qu'elles étaient proposées par les syndicats de cheminots et que Macri n'envisage plus jamais d'avoir le moindre geste de conciliation envers eux. D'ailleurs, ce n'est même pas lui qui s'est chargé d'annoncer la mauvaise nouvelle au public, il est en vacances et se dore à la plage. Il a laissé cette tâche ingrate à Juan Pablo Piccardo, Directeur du service d'Etat encore en charge du métro de Buenos Aires.

Sur le portail officiel de la Ville, il est très difficile de trouver une quelconque information sur cette fermeture, malgré l'impact qu'elle ne peut manquer d'avoir sur la vie quotidienne des Portègnes et la plupart des touristes (qui ne sont pas tous, loin de là, des gens fortunés se déplaçant en voiture de maître avec chauffeur incorporé !). On n'en trouve pas non plus sur la page d'accueil de la société concessionnaire du métro, Metrovías, ce qui est encore plus étonnant. De là à croire que les opposants à la mesure ont bel et bien raison et que cette fermeture ne se justifie pas, il n'y a qu'un pas. Quand un élu prend une mesure légitime, il n'a aucun mal à présenter ses arguments et à défendre sa décision. En l'occurrence, rien, le silence, et débrouillez-vous comme vous pouvez.

On s'en tient donc à la presse. Página/12 maintient son cap en faisant un large écho aux positions des représentants du personnel roulant. Clarín fait semblant de ne rien voir et soutient vaille que vaille la décision du PRO. Quant à La Nación, elle reprend à son compte les interprétations tirées par les cheveux que Macri a faites des conclusions des rapports d'audit qu'il a demandé et dont Página/12 révèle le prix qu'elles ont coûté (c'est bonbon !).
Cacophonie assurée dans la communication politique et chaos des transports à la surface pour près de deux mois...

Le plus émouvant des articles est sans doute celui de La Nación, qui reprend une poignée de réactions très nostagiques de certains lecteurs...

"Me encantaban esos coches, estaban llenos de recuerdos; deberían jubilarlos en algún lugar de privilegio."
Patricia Centurión

Je les trouvais pleines de charme, ces voitures. Elles étaient pleines de souvenirs. Il faudrait les mettre au rancard dans un endroit qui ait de la classe.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

"Los utilicé en el año 76, haciendo la colimba. Todos los días lo tomaba a las 5.50 desde Castro Barros hasta Av. de Mayo. Toda una experiencia para un chico pueblerino que no tenía idea de lo que era una ciudad enorme como Buenos Aires. Recuerdo que los vagones se bamboleaban tanto que a mí me parecía muy peligroso, más cuando se cruzaba con el tren que venía de frente."
Marcelo Abdala

Je les ai pris en 1976, quand je faisais mon service. Tous les jours, je prenais [le métro] à 5h50, de la station Castro Barros (1) jusqu'à Avenida de Mayo (2). C'était toute une expérience pour un jeune de la campagne qui n'avait aucune idée de ce qu'était une ville énorme comme Buenos Aires. Je me souviens que les wagons brinquebalaient tellement que ça me paraissait très dangereux à moi, surtout quand on croisait le train qui venait de l'autre côté.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

"Mi recuerdo es de la infancia; cuando viajábamos en familia, pedíamos ir al último asiento del último vagón y entonces con mis hermanos, mirábamos por la ventana la oscuridad de los túneles y fabulábamos con monstruos y fantasmas, era muy gracioso. Con respecto a los vagones son los 'MÁS LINDOS', ojalá los mantengan como atracción turística."
Georgina Lambruschini

Pour moi, c'est un souvenir d'enfance. Quand nous nous déplacions en famille, nous demandions à nous asseoir sur le dernier siège du wagon de queue et alors avec mes frères et sœurs, on regardait par la fenêtre le noir des tunnels et on s'inventait des monstres et des fantômes. C'était très drôle. Pour les wagons, ce sont les PLUS CHOUETTES. Pourvu qu'on les préserve comme attraction touristique.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

D'après Clarín, Piccardo a déclaré que quinze de ces voitures historiques que l'on s'apprête à mettre au rancard seront sauvegardées, restaurées (beaucoup d'entre elles ont été taguées et abîmées par les mêmes vandales urbains qui dévastent toutes les grandes villes du monde occidental), et réservées à des parcours touristiques. Página/12 ajoute que Piccardo a tenu à démentir les rumeurs lancées, dans une blague sinistre et cynique, par le Premier ministre portègne (voir mon article du 30 décembre 2012) : aucune voiture ne sera détruite, celles qui ne font pas partie du lot destiné aux futurs parcours touristiques, seront toutes cédées à des associations culturelles ou touristiques pour des projets en lien avec le patrimoine. On se demande bien cependant sur quels parcours touristiques nos quinze rescapées pourraient bien être utilisées puisque elles ne supporteront plus le nouveau voltage de la ligne A, monté pour les besoins des voitures made in China qui vont leur succéder, ni aucun autre voltage d'aucune autre ligne.

Ces voitures de fabrication chinoise dont le délégué syndical du métro ironise quant aux prétendues avancées technologiques dans Página/12 :
“La gente va a viajar más hacinada pero con aire acondicionado. Los trenes de madera no tienen problemas de seguridad. Lo que dice la auditoría es que es tecnología obsoleta: el sistema de señales y de frenado es mecánico y no electrónico. Pero los que van a poner tampoco lo van a tener”

Les gens vont voyager encore plus serrés comme des sardines mais avec l'air conditionné. Les trains de bois n'ont pas de problème de sécurité. Ce que dit la société d'audit, c'est que la technologie est obsolète. Le système d'alerte et de freinage est mécanique et non pas électronique. Mais ceux qu'on va mettre à la place, ils ne l'auront pas non plus [le système électronique].
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :


(1) A mon tour d'exprimer ma propre nostalgie... La station Castro Barros, du nom d'un député au Congrès de Tucumán, l'assemblée qui déclara l'indépendance le 9 juillet 1816, a longtemps été la mienne lorsque j'habitais à Almagro, pendant mes séjours à Buenos Aires. Cela m'a fait trois séjours comme on dit familièrement et je garde des souvenirs précis de cette station et de ces wagons, que depuis trois autres années, je prenais à Perú, nettement plus à l'est.
(2) J'ignore à quelle station il se réfère parce que la ligne dessert plusieurs arrêts sur Avenida de Mayo. Peut-être veut-il parler de Plaza de Mayo.

mercredi 2 janvier 2013

Une augmentation démentielle du ticket de métro en perspective [Actu]


Hier, malgré le caractère férié du Jour de l'An, Mauricio Macri, le chef du gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, a annoncé les grandes perspectives de l'année 2013 pour sa gestion de la ville de Buenos Aires et c'est renversant...

Il a confirmé le remplacement des actuelles voitures historiques de la ligne A, datant d'avant la première guerre mondiale, par des wagons chinois (voir mes articles du 27 décembre et du 30 décembre 2012 à ce sujet), qu'il opère, au détriment de ses administrés, en faisant fermer la ligne sans doute tout l'été, ce qui va congestionner une des principales artères urbaines pendant la pleine saison touristique, flanquer en l'air les activités culturelles qui s'efforcent de continuer pendant l'été, et va faire grimper le taux de pollution déjà poussé à son maximum par les fortes chaleurs estivales... Il a aussi annoncé que le prix du ticket de métro allait augmenter dans des proportions affolantes, pour compenser la perte des subventions que jusqu'à la passation de responsabilité du niveau national au niveau municipal les pouvoirs publics nationaux accordaient au métro de la capitale.

De 2011 à 2012, le billet est déjà passé de 1,1 $ l'unité à 2,5 $. En 2013, sans doute à la rentrée générale de mars, il est question d'en faire passer le prix à 3,40 $ et Mauricio Macri a même annoncé une probabilité de 6 $. Car il n'envisage pas un seul instant de remplacer la subvention nationale par des fonds de la Ville, alors que les impôts ne cessent d'augmenter depuis qu'il est le chef du gouvernement portègne et que depuis lors ni les hôpitaux, ni les écoles ne sont plus chauffés en hiver, pour ne signaler que ce dysfonctionnement au milieu de beaucoup d'autres dont je vous entretiens à longueur d'année. A se demander où passe l'argent du contribuable.

A la Legislatura, l'opposition a une explication à cette série de mesures absurdes : Mauricio Macri veut faire du métro portègne une affaire rentable, commerciale, qui dégage du profit, comme tout ce qu'il touche en sa qualité d'homme d'affaires, qu'il confond de plus en plus avec celle de mandataire politique élu. Il ne considère pas le service de transport comme un service public, appartenant par définition au secteur non marchand, mais en fait un business comme un autre. Depuis quelques temps déjà, il fait ainsi développer dans Buenos Aires, au profit de sociétés concessionnaires qui ont pour objectif de dégager du bénéfice pour leurs actionnaires, des lignes de bus privées, à tarification spécifique, avec nombre de passagers limités (on n'y voyage pas debout) et couloir prioritaire ou réservé sur tout ou partie du parcours, avec des machinistes qui ne bénéficient pas du même statut contractuel que leurs collègues travaillant dans ce qui reste le service public. Pour le citoyen lambda qui vit tous les jours à Buenos Aires et qui a besoin de se déplacer tout le temps pour se rendre à son travail, faire ses courses, aller au collège, sortir le soir etc. ces bus se révèlent hors de prix et renforcent la fracture sociale endémique dont souffre la ville depuis sa fondation au lieu de contribuer à la résorber grâce à la redistribution par l'investissement public et l'impôt.

Rappelons pour mémoire que dans la capitale argentine, 6 $, c'est le prix (très cher) d'un simple casse-croûte quotidien que vous achèteriez dans une confitería de luxe, une empanada de carne mais dans les beaux quartiers. Pour un prix nettement inférieur (entre 4 et 5 pesos), vous en avez trois au supermarché Coto du coin (les supérettes indépendantes n'offrent pas ce type de produit alimentaire). Imaginez le prix du ticket de métro à la hauteur de celui du jambon-beurre en France avec un jambon de charcutier tranché main !

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 (hostile à la politique de Macri)
lire l'article de Página/12 sur les positions de l'opposition à la Legislatura
lire l'article de Todo Noticias (TN), groupe Clarín, plus favorable à la politique de Macri par opposition à la ligne du gouvernement national.

Voyant la très vilaine tournure qu'est en train de prendre cette affaire, avec l'affirmation de Macri de moins en moins dissimulée d'adopter des positions ultra-clivantes frôlant le déni de démocratie et la volonté de saboter ouvertement la politique suivie au niveau national (par une majorité élue et bien élue, en octobre 2011), qui viennent s'ajouter à un lourd passif judiciaire pour obstructions multiples au bon respect de la constitution de la Ville Autonome, je crée aujourd'hui le mot-clé subte (métro) dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre d'article, pour rassembler toutes mes entrées portant sur le métro et sa gestion...