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lundi 4 juillet 2011

9ème Cumbre Mundial del Tango à Seinäjoki en Finlande [ici]


Depuis jeudi dernier, 29 juin 2011, se tient à Seinajoki, en Finlande, le 9ème Sommet Mondial du Tango avec force représentants du Japon, dont la chanteuse Anna Saeki, force représentants du pays hôte, qui a adopté le tango il y a bien longtemps et l'a complètement adapté à sa culture au point de méconnaître, et parfois même de rejeter, le tango argentin, quelques artistes installés en Allemagne, quelques autres venus d'Espagne, et une poignée d'artistes argentins, dont la chanteuse Cecilia Bonardi, accompagnée par ses musiciens de Pulso Ciudadano, le danseur Miguel Ángel Zotto, le pianiste Juan Carlos Cuacci, accompagnant son fils Juan Esteban Cuacci et ses musiciens, le fils de Edmundo Rivero, en hommage aux cents ans de la naissance de son père qui se sont célébrés au début de juin, et, last but not least, comme à chacune de ces manifestations, le poète Horacio Ferrer (il ne peut pas moins faire, étant le président de la Academia Nacional del Tango).

Curiosité : la Russie et le Vietnam sont représentés dans cette semaine de rencontre internationale.

Pour en savoir plus :

vendredi 18 février 2011

Une comédie musicale des années 80 demain au pied de l'Obélisque [à l'affiche]

Demain soir, samedi 19 février 2011, à 20h, heure locale, pour clore le cycle culturel estival intitulé La Cuidad al Aire Libre (la ville à l'air libre), Buenos Aires offre un grand spectacle à étincelle gratuit au pied de l'Obélisque, sur la Plaza de la República (à l'angle des avenues 9 de Julio et Corrientes) : ce sera la comédie musicale argentine, Tango Argentino, créée à Paris en 1983 puis à Broadway, ce qui le consacra et lui permit de faire le tour du monde dans les années 80, dans les derniers temps de la grande crise que traversa le tango depuis les années 60 jusqu'au début des années 1990, où il est rené de ses cendres, tel qu'on le connaît maintenant. Le spectacle n'atteignit lui-même Buenos Aires qu'en 1992.

Participeront au spectacle la grande danseuse María Nieves, créatrice avec son compagnon d'alors du tango de scène (Juan Carlos Copes), le danseur de scène Miguel Ángal Zotto (qui donne tout l'été un spectacle Puro Tango, au Teatro Metropolitano, voir mon article du 7 janvier 2011 à ce sujet), le danseur et professeur Carlos Copello, le couple milonguero mythique Gloria y Eduardo Arquimbau, et les chanteurs Raúl Lavie et María Graña. Le tout placé sous la direction de Claudio Segovia, le metteur en scène qui en fut le concepteur.

Ajout du 20 février 2011 : lire l'article de La Nación de ce matin, après l'événement qu'aucune pluie n'est venu remettre en cause.
Lire l'article de Clarín de ce matin

mardi 18 janvier 2011

Grandes Milongas de La Boca : Miguel Angel Zotto et Amelita Baltar ce samedi [à l'affiche]

Dans le cadre des Grandes Milongas de La Boca, série de bals publics gratuits en plein air à la Vuelta de Rocha, sous l'égide du Ministère de la Culture et du Tourisme du Gouvernement portègne, dans le quartier ouvrier de la Boca, samedi prochain, le 22 janvier 2011, à partir de 18h30, la milonga sera animée par les danseurs Miguel Angel Zotto et sa partenaire, Daiana Gúspero, qui feront diverses exhibitions.

La clôture de la manifestation sera assurée par la chanteuse Amelita Baltar, qui a un été bien chargé cette année : quelques minutes après sa prestation à la Vuelta de Rocha, elle file à Clásica y Moderna, où elle donne un concert conjoint, tous les samedis soirs, avec Horacio Molina, intitulé Nosotros (lire mon article du 31 décembre 2010 sur le sujet). En février, elle se produira toutes les semaines au Café Vinilo, à Parlermo. Elle prépare par ailleurs en ce moment même la sortie d'un nouveau disque. Elle est aussi au programme du festival de Junín, qui se tiendra à la mi-février, et au mois de mars, elle participera aux célébrations des 90 ans de la naissance de Astor Piazzolla (1921-1992), dont elle fut la compagne à la ville et à la scène pendant quelques années d'une très intense et très singulière période artistique dans la vie du compositeur. C'est en effet au cours de cette période, 1968-1974, avec elle et pour elle, que Astor Piazzolla et Horacio Ferrer ont composé et écrit le plus gros de l'oeuvre chantée de ce révolutionnaire du tango.

Amelita Baltar, au Mundial del Tango 2006 (photo portail de la Ville de Buenos Aires)

Autrement dit, si vous êtes samedi à Buenos Aires, vous avez deux occasions d'aller l'entendre et l'applaudir. Ne les loupez surtout pas.

Ne loupez pas non plus le spectacle que donne tout l'été Miguel Angel Zotto au Teatro Metropolitano. Je tiens de Amelita Baltar elle-même qu'il est de toute beauté. (Voir mon article du 7 janvier 2011 sur cet événement chorégraphique). Plus tard dans la saison, Miguel Angel Zotto participera au Festival de Tango de Beyrouth, au Liban, à la fin avril-début mai. Une autre occasion à ne pas manquer pour les amateurs de danse et de voyage.

Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Même opération pour suivre ce que propose, en matière de tango du moins, ce quartier populaire emblématique à Buenos Aires qu'est la Boca. Dans ce bloc, qui surmonte chaque article de Barrio de Tango (le blog), le mot-clé danse marque toutes les entrées relatives à la dimension chorégraphique du genre (spectacles, cours, stages, festivals, que ce soit là-bas ou ici). Et le mot-clé Affiche rassemble toutes celles qui portent sur les spectacles et conférences qui ont lieu là-bas, tandis que la même actualité, mais en Europe francophone, est rassemblée sous le mot-clé ici, que vous retrouvez dans les raccourcis internes distribués dans les différentes rubriques de la partie supérieure de la Colonne de droite.

Vous pouvez également visiter les sites des artistes :
Le site de Amelita Baltar, qui se trouve aussi de manière permanence dans la partie inférieure de la Colonne de droite
Le site de Miguel Angel Zotto, qui ne tardera pas à s'y trouver (bientôt, c'est promis)
Celui de la chanteuse est déjà installé parmi les liens permanents de la partie basse de la Colonne de droite (dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales). Je ne m'en suis pas encore occupée pour celui du danseur (1). De même, il disposera bientôt d'un raccourci à son nom dans la section Les danseurs de la rubrique Vecinos del Barrio (qui veut dire habitants du quartier).

(1) J'ai à nouveau beaucoup de pain sur la planche pour mettre à jour cette Colonne de droite, partie haute et partie basse !

vendredi 7 janvier 2011

Puro tango, le spectacle de Miguel Angel Zotto cet été [à l'affiche]


Lundi dernier, dans l'édition du 3 janvier 2011 de Página/12, le journaliste passionné de danse qu'est Carlos Bevilacqua a consacré un article au nouveau spectacle du danseur et chorégaphe Miguel Ángel Zotto, un spectacle qui, depuis mardi, rend hommage, au Teatro Metropolitan de Buenos Aires, aux grands créateurs historiques des plus brillantes figures du tango dansé : Petróleo, de son vrai nom Carlos Alberto Estévez (1912-1995), el Negro Lavandina, de son vrai nom Salvador Sciana, un ouvrier maçon (blanc) à qui est attribuée l'invention d'un tour que les danseurs connaissent sous son nom de enrosque, et enfin, El Cachafaz, le plus célèbre des trois, l'étoile la plus fulgurante aussi, de son vrai nom Ovidio José Bianquet (1885-1942), dont le nom passa les frontières.

Le spectacle s'appelle Puro Tango et il réunit sur la scène du Metropolitan, Corrientes 1343, six couples de danseurs, Laila Rezk et Leandro Oliver, Pablo García et Giselle Avanzi, Teli Ortiz et Ernesto Candal, Lucas Carrizo et Paula Tejeda, Gabriel Ponce et Analía Morales, Zotto et Daiana Gúspero, un sextuor d'instrumentistes que complète un pianiste qui tient aussi le rôle du chanteur, le tout, selon Carlos Bevilacqua, dans une très riche mise en lumière. Le spectacle durera deux mois et demi, donc tout l'été, et se donnera six soirs par semaine à 21h30 (1), un authentique marathon quand on sait que Buenos Aires s'endort sous la canicule des mois de janvier et février et que tous les Portègnes qui en ont la possibilité fuient la chaleur suffocante de la capitale pour aller se rafraîchir de préfèrence au bord de la mer, à Mar del Plata, à Bahía Blanca ou à Montevideo.

Miguel Ángel Zotto a conçu ce spectacle en reprenant un entretien de deux heures qu'il avait eu en 1985, 10 ans avant sa mort, avec Carlos Estévez, dit Petróleo (à traduire par Carburant, au sens où l'ivrogne carbure au gros rouge, l'homme a longtemps eu un penchant un peu trop évident pour le jus de la treille). Zotto considère Estévez comme un philosophe du ballet, un témoin savant de toute la genèse du tango salón (2). Il a aussi intégré au spectacle un hommage à son frère cadet, Osvaldo, décédé il y a précisément un an (voir mon article du 9 janvier 2010 à ce sujet).

Pour en savoir plus :
consulter le site du théâtre

(1) d'après l'article de Página/12. Vérification faite sur le site du Metropolitan, il n'y a que deux représentations par semaine, les jeudis et dimanches, avec des prix qui vont de 150 à 100 $. Vu le nombre d'artistes présents sur scène, ce sont des prix raisonnables. Et vu qu'il y a trois spectacles à l'affiche en même temps, il est probable que les représentations n'ont lieu que deux jours par semaine.
(2) Vu sa date de naissance, cela ne peut pas être vraiment le cas. Le tango se dansait déjà bien avant les années 1910.

jeudi 19 mars 2009

Festival internacional de Tango de Granada [ici]


Du 31 mars au 5 avril, aura lieu à Grenade dans le sud de l'Espagne le 21ème festival international de Tango. Le Festival Internacional de Tango de Granada est le tout premier festival de tango qui soit digne de ce nom et qui se soit monté en dehors de la patrie du tango (Argentine et Uruguay). C'est le doyen des festivals tangueros d'Europe. Et il s'agit d'un vrai festival avec un programme très complet avec concerts, rencontres littéraires (on est en terre hisponophone), colloques, dialogues artistiques entre musiques d'origine différentes, stages et spectacles de danse, milongas...

A l'inverse des tout prochains festivals de Paris, Bruxelles, Bâle et Turin qui sont essentiellement l'affaire de professeurs de tango exerçant sur place et de passionnés animés d'une immense volonté mais peu outillés, le Festival Internacional de Tango de Granada est une manifestation on ne peut plus officielle, organisée par une agence de spectacle, Andart Producciones Culturales, qui dispose donc de ressources techniques et logistique d'une toute autre ampleur. Le Festival, dirigé par Horacio Rébora, a l'appui de la Mairie de Grenade qui a consacré un budget de 90 000 € cette année à la manifestation et celui de la Junta de Andalucía, l'entité politique régionale à laquelle appartient la ville de Grenade. C'est un festival qui est du niveau de celui de Buenos Aires. Et pourtant de toutes les manifestations de ce début de printemps en Europe, c'est celle qui connaît le plus de problèmes avec son site. Si jamais le lien que je vous joins ici ne marchait pas correctement, cliquez sur l'ouverture via le cache Google qui devrait vous être proposée. En espérant que ça marche un peu mieux comme ça.

Andart Producciones Culturales organise aussi le Festival de Sagunto, qui a eu lieu le mois dernier, les 20 et 21 février, le Festival de Lanjarón, celui de la Costa del Sol, celui de Almería et celui de Jerez de la Frontera (tout ça; c'est l'Andalousie).

Parmi la soixantaine d'artistes attendus cette année à Grenade, on compte parmi les Argentins le danseur Miguel Angel Zotto, le chanteur Caracol, l'auteur compositeur interprète Carlos Andreoli, Graciela Novellino, le pianiste Cristian Zárate, le chanteur et auteur-compositeur Guillermo Fernández (qui vient de sortir un disque sur lequel il marie le tango et la musique gitane notamment andalouse). Des artistes viendront aussi de Colombie, du Danemark, de Finlande, de Suède, du Japon et bien sûr il y aura aussi des musiciens locaux, en particulier des artistes du flamenco (qui a sa part dans la naissance du tango, notamment le canto jondo, qui est une des manières de chanter le flamenco. C'est même du flamenco que vient très vraisemblablement le nom lui-même du tango, nom qui a sans doute été emprunté à l'un des modes du flamenco très en vogue au 19ème siècle. Vers 1870 à Buenos Aires, on distinguait le "tango criollo", qui a donné ce qu'on appelle aujourd'hui le tango, et le "tango andaluz", qui désignait cette forme du flamenco).

La soirée d'ouverture est confiée à un ensemble d'artistes suédois et argentins vivant en Suède...

Beaucoup de manifestations auront lieu au Teatro Isabel La Católica, mais le Festival se répandra aussi dans les quartiers et à l'Université qui est co-organisatrice comme la Junta et la Municipalité. Une rencontre autour de l'influence du poète andalou Federico García Lorca sur l'univers esthétique du tango devrait se tenir dans les locaux universitaires. Federico García Lorca a fait un voyage à Buenos Aires en 1932 et son passage a beaucoup marqué les poètes de l'époque, notamment quelqu'un comme Enrique Santos Discépolo, anarchiste lui aussi, et jusqu'aux poètes argentins d'aujourd'hui.
Horacio Ferrer, Président de la Academia Nacional del Tango et prestigieux auteur s'il en est, devrait être là comme tous les ans (il aime beaucoup cette manifestation et visite aussi très souvent l'Espagne où il a passé trois semaines au mois d'octobre dernier à tourner dans toute la Péninsule pour présenter le disque María de Buenos Aires Suite). L'année dernière, il avait présenté son Teatro Completo (Editorial del Soñador) le 6 avril dans ce cadre grenadin.