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mardi 6 septembre 2022

Début du Festival de Tango de Buenos Aires à la Boca [à l’affiche]

La dame au poncho
Le concert de ses cent ans !
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Ce soir, commence le Festival de Tango de Buenos Aires qui durera quinze jours comme d’habitude, mais cette fois-ci, enfin, tout en présentiel, à quoi se mêlera, comme d’habitude aussi, le Mundial del Tango, sur lequel la politique culturelle (et touristique) de la Ville Autonome de Buenos Aires fonde tous ses espoirs (1). La danse, la danse, la danse !!!!

Pourtant c’est bien au programme musical et culturel qu’il faut s’intéresser comme le font d’ailleurs les pages culturelles de La Nación qui s’ouvre sur l’hommage, sous forme d’un film, qui sera rendu à la chanteuse Nelly Omar, muse et maîtresse du poète Homero Manzi (Malena, c’est elle !), disparue centenaire il y a quelques années.

Malena canta el tango, como ninguna

Autre artiste qui sera saluée : l’immense danseuse María Nieves qui fête aujourd’hui bravement ses 88 printemps.

Le festival s’ouvre à La Boca, à la Usina del Arte, devenue depuis quelques années son quartier général et il occupera, au fil des jours, plusieurs lieux dans la ville, notamment la Plaza de la República, où au pied de l’Obélisque sera dressée une scène sur laquelle se disputeront, à ciel ouvert, les finales de deux catégories du Mundial.

Au programme comme toujours : des concerts, des cours de danse et de musique, des ateliers divers et variés, des projections, des conférences, des stands d’artisanat, des milongas, des présentations de livres et des expositions. Un grand hommage sera rendu au danseur Juan Carlos Copes, qui fut le partenaire mythique et l’époux de María Nieves et que le covid nous a emporté dans l’une de ses vagues qui ont submergé Buenos Aires.

Chose plus inhabituelle : le festival rendra aussi hommage à Luis Alberto Spinetta, un grand du rock argentin, lui aussi disparu il y a quelques années (beaucoup plus jeune et à cause d’un cancer).

Une du supplément culturel de Pagina/12
la semaine dernière, le 1er septembre
pour annoncer les festivals alternatifs
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En ce mois de septembre, plusieurs festivals de tango vont se dérouler à Buenos Aires : à côté du festival officiel, il y aura un trio de manifestations associatives ou autogérées avec une programmation moins tapageuse mais plus audacieuse. Du tango d’aujourd’hui, en dehors des sentiers battus.

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com


Pour aller plus loin :
sur le Festival de Tango de Buenos Aires
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
consulter le site officiel des Festivals de Buenos Aires
sur les festivals alternatifs
lire l’article de Página/12



(1) Ce qui rend d’autant plus surprenante l’incapacité de ce ministère à annoncer longtemps à l’avance les dates de la manifestation, comme si le public visé, pourtant principalement celui de l’hémisphère nord, au grand dam des artistes locaux d’ailleurs, pouvait réserver un vol du jour au lendemain, pour se pointer à Buenos Aires le jour dit… Improvisation toujours, même dans ce domaine du tourisme international où elle fait fuir tout le monde.

lundi 27 septembre 2021

La finale du Mundial au pied de l’Obélisque [à l’affiche]

Les deux couples champions du monde
(photo Juan Tessone, pour Clarín)


Samedi dernier, en fin de journée, sous le crépuscule printanier, le Mundial de Tango a coupé la circulation sur la plan large avenue du monde, la 9 de Julio. La scène était installée dans l’axe de la Diagonal Norte, qui relie Plaza de la República, où trône l’obélisque du 400e anniversaire de la fondation de Buenos Aires, à Plaza de Mayo, où la ville a été fondée en 1580 et où le régime colonial a été renversé le 25 mai 1810.

Diagonal Norte, samedi soir avant le coucher du soleil


Les deux finales de la compétition se sont donc jouées au pied de l’Obélisque pour les danseurs qualifiés qui concouraient les uns sur scène, les autres en ligne, chez eux, au Japon, en Colombie, en Allemagne ou en France, à l’heure argentine.

Une de La Prensa hier
Le titre secondaire se passe de traduction !


Cette année, du fait de la crise sanitaire, le concours ne se composait que de deux catégories, baptisées Pista (tango salón dans les éditions d’avant le covid) et Escena (le traditionnel style acrobatique des grands shows professionnels). Il n’y avait pas de catégories par âge cette année. Il n’y avait de place que pour des jeunes !

Les deux couples sacrés champions du monde concouraient sur place. Ils sont interviewés aujourd’hui dans les colonnes de Clarín.

Tout au long de la soirée, la communauté tanguera a rendu hommage à quelques figures historiques du genre : le danseur disparu Juan Carlos Copes (il a été victime du covid) et son ancienne partenaire et ex-femme (toujours bien en vie), María Nieves. Plusieurs grandes formations musicales animaient le concours, parmi lesquelles on pouvait écouter le Sexteto Mayor, l’un des groupes les plus prestigieux du tango contemporain.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín (édition dominicale)
lire l’article de Clarín (édition d’aujourd’hui)
lire l’article de La Nación
La Prensa est le seul quotidien national à avoir fait sa une d’hier sur l’événement mais la rédaction n’a pas mis l’article correspondant sur son site Internet.

dimanche 17 janvier 2021

Juan Carlos Copes est parti, victime du covid-19 [Actu]

Photo Fernando de la Orden


Le grand danseur avait fait le tour du monde pour montrer le tango de scène dans des spectacles mémorables. Il s’est éteint vendredi soir peu avant minuit, à 89 ans. C’est sa fille, Johana Copes dont il avait fait sa dernière partenaire scénique, qui a annoncé la nouvelle hier dans la matinée. Tout s’est passé assez vite. La maladie, qui s’était gravée sur un état de santé assez fragile depuis plusieurs années, l’a emporté en une quinzaine de jours.


Sur la chaîne Youtube de Johana Copes,
le père et la fille rendant hommage à Astor Piazzolla
ensemble au Festival de Tango de Buenos Aires édition 2013


Copes aura marqué la légende avec Aníbal Troilo puis avec Astor Piazzolla, qu’il fut l’un des très rares danseurs à interpréter (Piazzolla ne jouait pas pour des danseurs, qu’il méprisait, mais uniquement pour des auditeurs, ses partitions sont indansables pour le commun des mortels)1. C’est à lui que l’on doit la chorégraphie de l’opérette María de Buenos Aires, de Piazzolla et Horacio Ferrer, en 1968. Et avec sa première partenaire, María Nieves, dont il fut l’époux avant un retentissant divorce, il a fait la légende à la tête de sa propre compagnie !

En photo centrale, le résultat d'une manifestation de gauche
devant le palais de justice de Buenos Aires
(idéal pour permettre à la presse de droite de déconsidérer les militants opposés)
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Il s’en va au moment où le monde de la danse à Buenos Aires se désespère de pouvoir survivre à la crise sanitaire : les milongas et les cours sont fermés, les protocoles imaginés par les pouvoirs publics peinent à se mettre en place. C’est tout un secteur d’activité qui court à la catastrophe.

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Juan Carlos Copes, qui s’exprimait avec tant d’éloquence dans la danse, était aussi passablement malhabile dès lors qu’il s’agissait de parler. J’ai souvenir d’un plenario de la Academia Nacional del Tango où Gabriel Soria se battait les flancs pour lui faire raconter ne serait-ce que des anecdotes. C’était au moment où le vieil artiste se retirait de la scène, ce qu’il a fait définitivement en 2015.

Il y a quelques années, il avait été élu à la Academia Porteña del Lunfardo en hommage à sa longue et prestigieuse carrière mais il avait décliné l’honneur quelques mois plus tard, en ayant l’humilité de reconnaître que malgré sa portègnitude des quartiers populaires de l’ouest de la capitale, il n’avait aucune compétence pour participer aux travaux linguistiques de ce groupe.

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Ce matin, tous les grands quotidiens lui rendent hommage et les trois journaux de droite l’ont mis à la une, en titre secondaire. Sa mort est aussi saluée par les medias francophones (Le Monde, Le Figaro, France Info)

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación



(1) Parmi les grands artistes qui lui ont publiquement rendu hommage, on trouve Amelita Baltar, ex-femme de Piazzolla et créatrice de Maria de Buenos Aires, dans le rôle-titre, qui témoigne sur Twitter de sa profonde émotion au moment où elle a appris la nouvelle.

mardi 14 novembre 2017

Le premier festival de tango indépendant sur quatre quartiers [à l'affiche]


Jeudi 16 novembre 2017, commence la première édition d'un festival indépendant qui va se déployer jusqu'au 20 novembre (jour férié) grâce à l'activisme du chanteur Cucuza Castiello et quelques uns de ses amis et partenaires.


Les quartiers concernés sont Villa Urquiza, Parque Chas, Villa Pueyrredón et Agronomía, soit toute la périphérie nord-ouest de la Ville de Buenos Aires. Participeront à la manifestation beaucoup d'artistes locaux comme le poète Luis Alposta et Cucuza, déjà nommé, le danseur et chorégraphe plus qu'octogénaire, Juan Carlos Copes, auquel il sera rendu hommage sur le seuil de sa maison natale. Autre local de l'étape : le romancier (et parolier de quelques tangos) Julio Córtazar qui y a vécu avant de s'exiler à Paris où il est mort et où il repose toujours.


Comme dans un grand festival déjà adulte, tout le tango sera présent : concerts instrumentaux, tours de chant, milongas, cours et démonstration de danse, pratiques, animation en écoles, promenades historiques à travers les quartiers, parties de carte en championnat (le truco est un grand classique du tango), etc.

Le dépliant promotionnel du festival côté recto

Au contraire de ce qui se produit souvent mais en accord avec la dureté des temps (la culture populaire n'est pas la mieux soutenue par les pouvoirs publics au niveau municipal ou national), plusieurs de ces manifestations sont payantes, dont une milonga et une partie de football solidaires dont les recettes iront à une école.

Le dépliant côté verso avec le détail du programme

Le festival a sa page Facebook où je vous invite à aller regarder de près le détail des festivités !

lundi 30 mai 2016

Hommage à Juan Carlos Copes pour ses 85 printemps [à l'affiche]

photo extrait du dossier de presse de Ultimo tango, le film
Nieves et Copes de nos jours

Le danseur et chorégraphe Juan Carlos Copes aura droit à une soirée d'hommage à la Academia Nacional del Tango demain, mardi 31 mai 2016, à l'occasion de son 85ème anniversaire.

Ce sera au siège de l'institution, à 19h30, avenida de Mayo 833, 1er étage.

Entrée libre et gratuite.

Des invités surprises sont annoncés pour souffler toutes ces bougies.

Pendant ce temps-là, depuis mercredi dernier, le biopic sur Juan Carlos Copes et sa partenaire de légende María Nieves, Ultimo Tango, de Germán Krall, avec Pablo Verón et les deux intéressés, vient de sortir à Paris dans quelques salles...

dimanche 13 décembre 2015

Un tango más [à l'affiche]


Le 10 décembre 2015, à la veille du Día Nacional del Tango, un documentaire germano-argentin est sorti à Buenos Aires sur le couple légendaire de tango-danse que formèrent Juan Carlos Copes et María Nieves. Un film de l'Argentin Germán Kral, qui en a imaginé le scénario et qui avait déjà signé il y a quelques années El último aplauso (sur le tango, mais cette fois, sur la musique), et où l'on retrouve les deux grands danseurs, sa fille à lui, Johana Copes, et cinq autres artistes, dont le danseur Pablo Verón. Le producteur n'est autre que Wim Wenders. Le long-métrage fait 85 minutes. Les illustrations musicales sont du Sexteto Mayor, une des grandes formations qui aient pu vivre et prospérer dans le tango pendant ses années de crise existentielle.

Vedettes du tango de scène développé essentiellement pour les touristes pendant les années de crise du tango, dans les années 60 à 80, le couple, qui a vécu une relation des plus orageuses, a fait notablement évolué l'esthétique chorégraphique grâce au talent créatif de Copes. Malgré le divorce à la ville, le couple a continué sa carrière artistique jusqu'en 1997. A partir de cette date, Copes s'est mis à danser avec sa fille, Johana, et María Nieves s'est lancée dans un travail très innovant de danseuse solistes. Ils ont tous les deux dépassé aujourd'hui les quatre-vingts ans mais ils se produisent encore avec talent et beauté.

Eu égard à l'abondante actualité politique, la sortie du film est passée presque inaperçue de la presse généraliste. La Nación se contente de mettre la bande-annonce publiée sur Youtube sur l'une de ses pages spectacles.

Página/12 en revanche a publié une critique du film, le jeudi 10 décembre et Clarín, dans son supplément Revista Ñ, consacre une page à une interview de María Nieves, sous le titre "Unas piernas que son leyenda" (des jambes qui sont une légende) (1).

Pour aller plus loin :
lire l'interview de María Nieves dans Revista Ñ
consulter la fiche du film dans le site encyclopédique Cine Nacional
visionner la bande-annonce diffusée sur un canal Youtube.



(1) C'est curieux cette habitude qu'on a partout dès qu'il s'agit de communiquer sur la danse de tango de ne parler que de pieds et de jambes et de ne montrer que cela, alors que la plupart des bons professeurs insistent sur le fait que tout se joue au niveau des bustes (ce qui est exact). Mais tout le monde a les yeux fixés en bas !

lundi 3 novembre 2014

Mis tardes con Gardel avec Juan Carlos Copes [à l'affiche]


Tandis que son ex-femme et partenaire de scène, María Nieves, reçoit l'hommage de la Academia Nacional del Tango, dont ils sont tous deux académiciens d'honneur, le danseur Juan Carlos Copes sera, ce soir, 3 novembre 2014, au Museo Casa Carlos Gardel, invité de luxe, de la chanteuse et compositrice Estela Bonnet, qui sera accompagnée à la guitare par Claudio Parenti.

Museo Casa Carlos Gardel, 18h30, Jean Jaurés 735.

Entrée libre et gratuite.

vendredi 21 février 2014

Lady's Tango Festival 2014 : du 16 au 2 mars [à l'affiche]


Le Lady's Tango Festival a commencé comme un festival de tango danse centrée sur la danse féminine pour célébrer le jour international de la Femme le 8 mars.

Mais cette année, cette initiative de la danseuse, chorégraphe et professeur Johana Copes s'étend sur une semaine entière, du 16 au 22 mars.

Programme de cours de technique et de style, d'ateliers, de pratiques, de milongas, de défilés vestimentaires et de démonstrations avec une brochette d'enseignantes de top niveau, dont Aurora Lubiz, dont je vous parle de temps à autre et j'embrasse par la même occasion.

Invité d'honneur : le danseur Juan Carlos Copes (c'est souvent le cas : c'est le papa de la fondatrice)

Plusieurs lieux dont la Academia Nacional del Tango à Monserrat et la Usina del Arte, à La Boca.

vendredi 13 décembre 2013

Fête nationale du Tango à Luján [à l'affiche]


Samedi 14 décembre 2013, avec trois jours de retard, la municipalité de Luján propose pour la première fois de célébrer la Fête nationale du Tango (Día Nacional del Tango) avec une milonga populaire en plein air, à partir de 19h, sur la Plaza Belgrano, traditionnelle Plaza Mayor qui sert de parvis à la basilique Notre-Dame (Nuestra Señora de Luján). C'est la première fois que la ville organise des festivités à cette occasion.

Pour animer la soirée, Luján fait venir la Orquesta Municipal de Tango de Avellaneda (dans la proche banlieue de Buenos Aires). La formation sera dirigée par Diego Lerendegui. Le chanteur sera Juan Vivas.

S'ajoutera la présence du danseur et chorégraphie Juan Carlos Copes, qui, pour l'occasion, sera fait Visitante Ilustre de Luján (citoyen d'honneur).

Une restauration légère sera proposée sur place dont les bénéfices iront à la Fondation Conin de Luján, une ONG qui travaille sur la nutrition infantile et prend en charge des cantines pour enfants.

Entrée libre et gratuite bien entendu.

Pour avoir une table, on doit réserver par téléphone (voir les informations sur le site Internet de la ville).
Pour plus d'informations sur la fondation Conin à Luján, connectez-vous à son profil Facebook.
Pour en savoir plus sur Luján, qui fait partie du voyage Le Roman national argentin, opéré par Human Trip, cliquez sur le nom de la ville dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

mercredi 17 avril 2013

Concert de l'Orchestre Horacio Salgan au Maipo [à l'affiche]



La Orquesta de Horacio Salgan, qui est dirigée par son fils le pianiste César Salgan (ci-dessus), se produira le mardi 23 avril, pour la seconde fois ce mois-ci, au Teatro Maipo (la première représentation a eu lieu hier).

L'orchestre se produit avec le Quinteto Real (fondé par Salgan), les bandonéonistes Julio Pane, Néstor Marconi et Ernesto Baffa, auxquels se joignent le chanteur Alberto Podesta et le danseur Juan Carlos Copes, des vieux de la vieille et des grands, tous autant qu'ils sont...

Ces concerts sont organisés par Gabriel Soria, journaliste, collectionneur et premier Vice Président de la Academia Nacional del Tango, comme vous le savez désormais.

Teatro Maipo, Esmeralda 443, 20h30 (il me manque le prix et le temps pour aller enquêter sur cette question).

mercredi 9 novembre 2011

Le festival Bailemos Tango s'ouvre le 27 novembre [à l'affiche]

Photo de groupe avec les intervenants de l'édition 2010

Du 27 novembre au 3 décembre 2011, la danseuse Johana Copes organise le 8ème Festival Bailemos Tango à Buenos Aires avec de nombreux professeurs de tango, en général membres de l'AMBCTA (Association des Maîtres, des Danseurs et des Chorégraphes de Tango Argentin, dont le site est en lien permanent dans la rubrique Eh bien dansez maintenant, dans la partie basse de la Colonne de droite).

Cette année, Johana Copes a invité ni plus ni moins que son papa, le danseur et chorégraphe Juan Carlos Copes, comme... l'année dernière !

Autres intervenants : Milena Plebs, Roberto Herrera et Lorena Goldestein, Alejandra Mantinian, Andrea Missé et Javier Rodriguez, Fernando Galera et Vilma Vega, Jesús Velázquez, Lorena Ermocida et Fabián Peralta, et Gustavo Díaz.

Père et fille en 2010

Le Festival aura lieu au Dandi, Piedras 936, à San Telmo, comme l'année dernière (en 2009, les cours avaient eu lieu à la Academia Nacional del Tango).


Pour en savoir plus :

mardi 6 septembre 2011

Juan Carlos Copes pour le 5ème mois du séminaire de culture tanguera [à l'affiche]

Le séminaire de Culture Tanguera proposé à tout public tous les mardis soirs par la Academia Nacional del Tango continue en septembre avec la première intervention du danseur et chorégraphe Juan Carlos Copes à partir de ce soir (enfin, pour moi, en fait, demain soir... Je ne sais pas si vous me suivez mais bon !, moi, je me comprends !) (1).

Le cours se déroulera en 4 séances, les 6, 13, 20 et 27 septembre 2011 dans les locaux de la Academia, de 19h30 à 21h30, avenida de Mayo 833.

Il est possible de s'inscrire jusqu'à 19h le jour même du premier cours. Le mois coûte 250 $.  SE présenter au premier étage, d'où l'on vous dirigera vers la salle de cours.

Le Maestro Juan Carlos Copes abordera au cours du mois sa propre trajectoire professionnelle, ses débuts au Club Atlanta, son travail aux Etats-Unis pendant les années 1960 (2), ses relations amicales et artistiques avec Astor Piazzolla, le couple mythique qu'il a formé avec la danseuse María Nieves, tous deux inventeurs en quelque sorte du tango de scène (tango escenario), le spectacle Tango Argentino qui réveilla l'intérêt pour le genre dans le monde entier l'année même où tombait la Junte Militaire (1983). Enfin, il abordera le thème du tango et de sa danse aujourd'hui.

Pour l'anecdote, sur ce programme pédagogique, grâce à un accord récent signé avec le Club Athlétique de Boca Juniors, les adhérents de ce club peuvent bénéficier d'un rabais de 20%.

Pour aller plus loin :
Bientôt, retour des illustrations dans la colonne d'actualités de ce blog... Encore un peu de patience, merci à vous...

(1) Il y a 5 heures de décalage horaire entre l'Europe Atlantique et Buenos Aires en période d'hiver austral et la nuit, intervient le changement de date. Et l'Europe, plus orientale que l'Amérique, l'atteint la première...
(2) Politiquement, c'était des années très dures pour les relations entre l'Argentine et les Etats-Unis, ces derniers ayant alors complètement pris possession du reste du continent et en Argentine ils ne laissaient plus vivre qu'un tango très dépouillé de son caractère le plus distinctif et le plus identitaire. C'est donc un moment particulièrement ambigu du parcours du grand danseur que Copes a été et reste, à plus de 80 ans.

dimanche 14 août 2011

Cours exceptionnel des Copes père et fille hier à Tango Porteño [à l'affiche]


Le tango à Buenos Aires, c'est aussi ça. Le tango spectaculaire davantage à l'usage des touristes que du Portègne lambda, et en l'occurrence il s'agit pour le somptueux et immense cena-show qu'estTango Porteño de faire de la retape auprès des danseurs et futurs concurrents, venus d'un peu partout dans le monde dans la capitale argentine, pour participer au tout prochain Mundial de Tango. Bien entendu, pour eux, qui souvent ne connaissent du tango que la danse et ne s'intéressent qu'à la danse, quelle offre alléchante qu'un cours avec ces deux-là ! Et cet objectif est très clairement détectable dans le choix du costume, assez tape-à-l'oeil et difficile à porter en ville, surtout l'hiver, qu'exhibe Johana Copes (sur une affiche qu'un problème technique chez l'éditeur du blog, Blogger, m'empêche de publier aujourd'hui).

Juan Carlos Copes, on ne le présente plus : à 80 ans, il danse toujours, en général dans un autre cena-show de la ville, la Esquina Carlos Gardel, qui fut autrefois, il y a bien longtemps, un simple bistrot de quartier ouvrier où Gardel se produisait contre un repas gratuit... On peut dire de Copes qu'il a inventé le tango de scène, un style dont la portée politique est des plus ambigües. D'une part, on lui doit que des danseurs aient pu survivre économiquement à la mise en cage du tango après la chute de Perón en 1955, lorsque les gouvernements successifs, à la solde des Etats-Unis, ont voulu réduire le genre à une simple attraction touristique. Le tango de scène a en effet parfaitement trouvé sa place dans cette étape du tango, qui fut aussi celle de sa décadence ou plutôt de sa mise sous le boisseau. D'autre part, c'est ce tango de scène qui, dans l'esprit de beaucoup de gens, y compris en Argentine, a réduit le tango à une simple danse de couple et à un spectacle fort peu culturel au demeurant, de type revue, avec longues jambes en bas résille et types machistes revêtus d'invraisemblables costumes d'une autre époque avec galure incliné sur l'oeil pour se donner un air de voyou, ce qu'à la rentrée, Tanguera va une nouvelle fois mettre à l'honneur, bien peu mérité, au théâtre du Châtelet à Paris, au cours de leur habituelle tournée d'automne européenne...

Hier donc, et seuls des impératifs d'organisation de mon temps et le décalage horaire expliquent que je n'en parle qu'aujourd'hui, le père et la fille ont donné deux cours, sans aucune précision sur le niveau de technique requis, l'un sur la technique femme, l'autre sur des notions de tango-salón, dont ils ne sont pourtant pas les représentants les plus emblématiques. Le tout dans cet établissement où les Portègnes ne mettent jamais un orteil, Tango Porteño, à deux pas de l'Obélisque, un ancien cinéma des années 30, tout en style arts déco (si on aime, c'est pas mal dans le genre), qui a été sauvé de la destruction par l'installation de ce business qui vous fait dîner d'une cuisine internationale, donc peu typique, et vous offre (à prix excessif) un spectacle tout en paillettes et sans queue ni tête, où se commettent néanmoins de très bons artistes. Il y a trois ans, s'y produisait entre autres une chanteuse qui chantait Malena a capella d'une manière splendide...

Mais Malena, il vaut mieux la rencontrer en chair et en os, ou plutôt celle qui a inspiré le poète Homero Manzi pour l'écriture de cette letra magnifique (1), et pour ça, rendez-vous demain soir, lundi 15 août 2011, à la Academia Nacional del Tango. Dont les Copes père et fille sont d'ailleurs membres...

(1) La version bilingue, espagnol-français, de Malena figure bien entendu dans mon recueil Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin, p. 42, et que je présenterai le 17 août prochain à l'Alliance Française.

vendredi 17 juin 2011

Hommage de la Legislatura à Juan Carlos Copes [Actu]

Ce soir, vendredi 17 juin 2011, à 19h, la Legislatura Porteña rendra hommage au danseur Juan Carlos Copes, qui a eu 80 ans le 31 mai dernier.

Juan Carlos Copes a déjà été récompensé deux fois par la Chambre législative de la Ville Autonome de Buenos Aires, une première fois quand il a été fait Bailarín del Siglo, il y a une dizaine d'années, puis lorsqu'il a été fait Ciudadano ilustre.

L'hommage aura lieu dans le Salón Dorado, dans le Palais législatif, Perú 160, dans le quartier de Monserrat, à 19h, et il est prévu que Juan Carlos Copes y danse avec sa fille, Johana. Grand concours de personnalités de la culture attendu sur place...

samedi 4 juin 2011

Premier Plenario de juin : hommage à Juan Carlos Copes [à l'affiche]

La Academia Nacional del Tango fêtera lundi 6 juin 2011 l'anniversaire du danseur et chorégraphe Juan Carlos Copes, qui a soufflé ses 80 bougies le 31 mai dernier.

La séance académique aura lieu comme toujours à 19h30, au premier étage du Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo 833. Entrée libre et gratuite.

Le tango rituel sera Quejas de Bandoneón, de Juan de Dios Filiberto, par Aníbal Troilo et son orchestre (1).

Le Plenario prend place dans la série de soirées intitulées Las estrellas del Tango cuentan sus éxitos (les stars du tango nous parle de leurs succès). Horacio Ferrer sera présent et lui remettra le Gobbi d'or pour l'ensemble de sa carrière.

Le duo Porcelli-Vázquez, Pablo au saxophone et Rodrigo au piano, seront chargés de l'espace artistique qui clôt traditionnellement cette réunion publique.

(1) Horacio Ferrer et Juan Carlos Copes ont un grand souvenir en commun concernant Troilo. C'est eux qui avaient monté le spectacle dans lequel le Maestro avait pu remonter sur scène en mai 1975, après une assez longue absence pour cause de maladie. Cela s'appelait Simplemente Pichuco. Il n'y eut que 3 représentations. Troilo est mort au lendemain de la troisième soirée, terrassé par une congestion cérébrale le 18 mai.

jeudi 2 juin 2011

Hommage à un danseur et à un poète "que cumplen en estos días" (1) : article n° 2200 [à l'affiche]


Mardi dernier, le 31 mars 2011, le danseur Juan Carlos Copes, l'inventeur du tango-danse professionnel, fêtait ses 80 ans. Gabiel Soria soulignait l'événement dans un petit article de son blog, Tangocity, dans lequel il le décrit comme le créateur d'un style de tango de scène, comme l'élégance personnifiée et la figure du Portègne complet.

Pour l'occasion, Gabriel a fait diffuser le 31 mars à 20h deux émissions de sa série Los capos del Tango (dont quelques numéros se retrouvent dans le commerce sous format DVD), deux nouveaux numéros qui retracent toute la carrière du grand danseur, sur le streaming et la longueur d'ondes de la chaîne payante Solo Tango.

Et hier, le Teatro Cervantes était le cadre d'un grand hommage sur scène, dont je ne vous ai pas parlé hier pour faire coincider l'information avec le 2 200ème article de ce blog. Et comme vous pouvez le constater sur l'affiche, ce n'était pas les grands noms qui manquaient hier soir, avec les chanteurs Raúl Lavié, Jairo et Susana Rinaldi, le bandonéoniste Rodolfo Mederos et les autres dont je vous laisse lire le nom directement sur l'affiche, où vous repérerez sans doute le nom de la fille du Maestro, danseuse elle aussi.

La soirée était gratuite et elle a dû attirer pas mal de monde.

Et aujourd'hui même, c'est l'anniversaire du Maestro Horacio Ferrer, qui souffle ses 78 bougies. Et Gabriel le salue lui aussi dans le billet du jour sur son blog, qui rejoint ce soir la liste des sites externes à visiter dans la Colonne de droite, partie inférieure (je le place délibérément dans la rubrique Les Institutions. C'est est une !)

(1) cumplir : fêter son anniversaire, en Argentine. En Espagne, on ne dit pas ça.

lundi 28 mars 2011

Un autre sainete de Alberto Vacarezza repris au Teatro Cervantes [à l'affiche]

Depuis quelques années, c'est à un véritable retour aux sources de la culture portègne qu'on assiste à Buenos Aires avec ces reprises du théâtre populaire qu'est le sainete porteño. Il y a quelques mois, je vous parlais de cette réédition d'une partie de l'oeuvre du dramaturge, Alberto Vacarezza (1), qui fut aussi l'un des auteurs du répertoire du tango (voir mon article du 28 décembre 2009). Cet été, Susana Rinaldi tenait la vedette d'une reprise de El Patio de la Morocha, de Cátulo Castillo (voir mon article du 4 février 2011). Un peu plus tôt encore, un directeur de théâtre avait lancé un cycle de sainete au Centre Culturel Marco del Ponts (voir mon article du 9 mars 2009).

Cette fois-ci, c'est un metteur en scène, qui est aussi acteur, marionnettiste et lui-même dramaturge, Santiago Doria, qui reprend au prestigieux Teatro Cervantes, le grand théâtre national argentin, un classique d'entre les classiques, El Conventillo de la Paloma, entendez "Le taudis de la Colombe" (2), une pièce qui fit si bien date qu'elle eut sa représentation en forme de mural de céramique dans une station de métro du centre de Buenos Aires (l'oeuvre a malheureusement été fortement dégradée, au point qu'en août dernier, elle était méconnaissable, tout comme le sont les représentations murales similaires de la Révolution Française sur les quais de la station aérienne du métro Bastille, au grand dam des Parisiens, des banlieusards et des touristes !).

Dans cette mise en scène actuelle, El Conventilllo de la Paloma a remporté un grand succès l'année dernière dans un théâtre privé : 17 000 spectateurs entre octobre et décembre 2010. La reprise au Cervantes est donc la consécration d'un succès populaire.

La pièce est jouée comme le spectacle complet qu'elle était à sa création, en 1929, avec des acteurs qui chantent et qui dansent (elle fut créée entre autres par Tito Lusiardo et Libertad Lamarque). Les chorégraphies sont signées Juan Carlos Copes, le créateur du tango de scène (3) dans les années 60, lorsque le tango était au plus bas, et sa fille Johana Copes y fait deux apparitions.

A l'occasion de cette reprise, Página/12 est allé interviewer le metteur en scène d'une part et l'une des filles de l'auteur d'autre part. Quelques extraits, en version bilingue bien entendu :

“Quisimos realizar un espectáculo entrañable que, además de ser capaz de entretener, nos acercara a las raíces de nuestro teatro. Y podemos decir que cumplimos”
Santiago Doria, cité par Página/12

Nous avons voulu réaliser un spectacle que les gens aiment et qui, en plus d'être capable de les divertir, nous rapprocherait des racines de notre théâtre. Et nous pouvons dire que nous avons réussi.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Al sainete le sigue el grotesco criollo –explica el director–, un estilo de obra que deja atrás el patio del conventillo para adentrarse en sus habitaciones y en temas menos festivos. Hay que ver que, un año antes de El conventillo..., ya Discépolo había estrenado Stéfano.” Según apunta, el estreno de este sainete tuvo lugar “cuando Buenos Aires iba transformándose. El mundo que aparece en esta obra ya estaba diluyéndose para dar paso a otra realidad. Por eso, Vacarezza aclara que la acción transcurre en la Buenos Aires de ayer”.
Página/12

Le saintete porteño a fait place après lui au grostesque criollo, explique le metteur en scène, un style d'oeuvre qui laisse derrière lui la cour du conventillo pour entrer chez les gens et dans des thèmes moins drôles (4). Il faut voir que, un an avant El Conventillo, déjà [Armando] Discépolo avait créé Stéfano. Comme il le signale, la création de ce sainete a eu lieu quand Buenos Aires allait se transformer. Le monde qui apparaît dans cette oeuvre était déjà en train de se dissoudre pour faire place à une autre réalité. Pour cela, Vacarezza explique que l'action se passe dans la Buenos Aires d'hier.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Es cierto que el público tiene reacciones ingenuas, como sucedía con el antiguo radioteatro”, confirma el director, para quien el tema de la inmigración aún tiene gran aceptación en el público actual: “Es que la clase media argentina tiene ese origen. Si bien el sueño de hacer la América para muchos quedó en la nada, otros tantos fundaron familias y pudieron darles a sus hijos lo que ellos no tuvieron”.
Página/12

Il est sûr que le public a des réactions très simples, comme cela se passait avec le vieux théâtre radiophonique, confirme le metteur en scène, pour qui le thème de l'immigration tient encore une grande place dans le coeur du public actuel. C'est que la classe moyenne argentine est de cette origine-là. Si le rêve de faire fortune en Amérique est tombé à l'eau pour beaucoup, tant d'autres ont fondé des familles et ont pu donner à leurs enfants ce qu'eux n'avaient pas eu.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

– ¿Actores más jóvenes no hubiesen sabido interpretar a los personajes de Vacarezza?
– Es que no tienen modelos. Yo les dije desde un principio a los actores que convoqué: miren que somos el último eslabón que queda para pasarles el sainete a los jóvenes. Las nuevas generaciones no pueden hacer estos personajes porque no tienen a quien imitar. En las calles ya no se encuentran, como en los tiempos de la inmigración, ni italianos, ni gallegos o turcos. ¿De dónde copiar su forma de hablar, su modo de ser? Los actores elegidos, en cambio, tienen referencias del sainete. Cada uno fue buscando un formato y un color para su personaje, pero siendo fieles a un mismo pentagrama.
Página/12

- Des acteurs plus jeunes n'auraient pas su interprété les personnages de Vacarezza ?
- C'est qu'ils n'ont pas de modèles. J'ai dit dès le début aux acteurs que j'ai retenus : regardez ! Nous sommes le dernier maillont qu'il reste pour transmettre le sainete aux jeunes (5). Les nouvelles générations ne peuvent jouer ses personnages parce qu'elles n'ont personne à imiter. Dans la rue, on ne rencontre plus, comme au temps de l'immigration, ni les Italiens, ni les Espagnols, ni les Arabes (6). Où iraient-ils copier leur manière de parler, leur façon d'être ? Les acteurs qui ont été choisis, en revanche, ont des références pour le sainete. Chacun est allé chercher un format et une couleur pour son personnage mais en étant fidèles à la même portée musicale.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

– ¿Por qué sostiene que un autor como Vacarezza es un punto de partida en la dramaturgia local?
– Precisamente porque el sainete criollo fue el antecedente del grotesco, y éste es un género que está en la base de todos nuestros grandes autores, hasta los actuales. Creo que El conventillo... es una pieza fundacional del teatro argentino, porque es allí donde están las fuentes de nuestra escena.
Página/12

- Pourquoi soutenez-vous qu'un auteur comme Vacarezza est un point de départ pour l'écriture dramatique d'ici ?
- Justement parce que le sainete criollo a été le prédécesseur du grosteque et que c'est là un genre qui constitue les fondements sur lesquels ont écrit tous nos grands auteurs, jusqu'à ceux d'aujourd'hui. Je crois que El conventillo est une pièce fondatrice du théâtre argentin, parce que c'est là que se trouvent les sources de notre répertoire.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le spectacle se donne du jeudi au samedi à 21h et le dimanche à 20h, dans la grande salle du Teatro Cervantes.

Pour aller plus loin :

(1) Alberto Vaccarrezza fut en particulier l'auteur de Padre Nuestro (Notre Père), un tango extrait d'un sainete de 1923, qui fait partie de mon anthologie parue en mai de l'année dernière, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, éditions du Jasmin, p 113.
(2) Un conventillo (comprenez littéralement "petit couvent") est un ensemble de logements situés dans un même bâtiment qui abritent des personnes très pauvres. Dans la période de la grande immigration, entre 1880 et 1930, le conventillo était l'habitat ordinaire de l'immigrant plus ou moins nouvellement arrivé. Un habitat insalubre, humide, à loyer parfois exorbitant, issu de constructions hâtives ou de la transformation de vieilles demeures abandonnées par les patriciens dans les quartiers de Barracas ou de San Telmo, au moment ou après l'épidémie de fièvre jaune de 1871. C'est le cas par exemple du Viejo Hotel à San Telmo, où le musicien Néstor Tomassini a son studio de travail, qui semble bien avoir été abandonné au début de l'épidémie, sans doute dès janvier, qui servit d'hôpital puis dès la montée en puissance de l'immigration de conventillo. Aujourd'hui restauré, il abrite un restaurant touristique et des studios d'artistes et d'auto-entrepreneurs. En 1871, les familles riches avaient fui le danger, abandonnant derrière eux leurs biens immobiliers, et s'étaient réfugiées dans les quartiers nord réputés plus sains, exempts des miasmes dont on croyait encore que provenait cette terrible maladie, alors mortelle mais simplement transmise par un moustique. C'est toute cette histoire complexe qui explique que le conventillo fasse encore aujourd'hui partie intégrante de la sociologie de la ville, où ils existent encore à La Boca, à Villa Soldati, à Mataderos... Il est très présent dans le sainete porteño et dans le tango, notamment les oeuvres de Celedonio Flores et de Enrique Santos Discépolo, parce que sainete porteño et tango décrivent précisément la vie quotidienne du peuple et souvent sur la même scène (le sainete a inclus beaucoup de tangos, notamment ceux qu'interprétent les chanteuses Lucrecia Merico, Valeria Shapira et leur accompagnateur, dans ce spectacle dont je vous parle souvent et qui s'intitule Las Minas del Tango reo, voir mes articles sur le sujet).
(3) Avant Juan Carlos Copes, le tango dansé sur scène était beaucoup moins acrobatique qu'aujourd'hui et il était dansé par les acteurs-chanteurs et non pas par des danseurs professionnels exclusivement danseurs, comme c'est le cas de Copes et de sa fille. On avait donc quelque chose qui devait ressembler en bien des points aux spectacles montés par Alfredo Arias et en tournée en France actuellement, avec, en particulier, Sandra Guida et Alejandra Radano (voir mes articles à ce sujet).
(4) Le saintete parle essentiellement des questions du vivre ensemble des immigrants, vivre ensemble visible et perceptible dans le patio de la grande maison partagée par tous. Un des berceaux du tango, soit dit en passant, bien plus historique que l'éternel cliché (archi-faux) du tango soit disant né dans les bordels. Le grotesque criollo était lui aussi un genre de théâtre social. Il fut inventé par Armando Discépolo, le frère aîné de Enrique Santos. Il fait plus de place à la manière ont un individu en particulier va faire face à la situation. Il y a un héros qui se détache alors que le sainete parle d'un groupe.
(5) Cette question de la transmission est cruciale pour la culture populaire en Argentine. Entre 1955 et 1983, tout a été fait par les pouvoirs publics pour briser cette transmission et cette rupture, qui fut assez efficace, se fait lourdement ressentir dans le monde du tango, comme je tente de le faire toucher du doigt aux participants à mes rencontres littéraires. Il se fait sentir aussi dans tout le reste de la vie artistique populaire : cinéma, télévision, folklore, fileteado. C'est aussi cette rupture qui explique en partie la corruption du tango en un produit touristique et commercial qui a pris la place de l'authenticité, dans une partie importante du public notamment à l'étranger sans que celui-ci puisse être bien conscient de cette corruption, ce qui est beaucoup moins le cas de son cousin des Etats-Unis, le jazz, par exemple, dont l'image, y compris commerciale, est beaucoup plus fidèle à la tradition. En revanche, le flamenco, autre cousin, a subi une corruption similaire, du fait lui aussi d'une autre dictature, celle de Franco, qui avait besoin d'en faire un produit touristique en le vidant de toute sa dimension sociale et donc politiquement subversive.
(6) Gallegos : au sens premier Galiciens, mais en Argentine le terme désignent indistinctement tous les Espagnols. Turcos : il s'agit en Argentine non pas des Turcs mais des Arabes qui fuyaient l'Empire ottoman en plein déclin mais toujours maître des pays de la rive est de la Méditerranée. Les Turcos sont donc essentiellement des Libanais, des Syriens et des Palestiniens (d'avant la création de l'Etat d'Israël), très majoritairement des chrétiens qui fuyaient l'islamisation grandissante de l'Empire ottoman. Carlos Menem, l'ancien président de la République en froid avec la justice de son pays, est surnommé régulièrement El Turquito, car descendant d'immigrants qui étaient des chrétiens de Damas.

samedi 20 novembre 2010

7ème Festival Bailemos Tango à San Telmo [à l'affiche]

C'est une initiative bi-annuelle de Johana Copes, la fille de Juan Carlos Copes, elle-même danseuse, chorégraphe et enseignante. Et cette année, elle a invité son père en guest-star comme on dit en franglish.

Du 28 novembre au 4 décembre, sept couples de professeurs et Johana Copes elle-même se lanceront dans un marathon de 18 classes, à quoi s'ajoutera deux pratiques et une grande milonga avec des démonstrations de tous les professeurs (pour lire les noms, cliquez sur l'affiche pour l'aggrandir).

Parmi ceux-ci, Aurora Lubiz et Luciano Bastos, dont la photo occupe la couverture de mon anthologie bilingue, Barrio de Tango, parue en mai aux Editions du Jasmin (voir l'illustration dans la Colonne de droite, en haut).

Comme à l'automne dernier, la manifestation se tiendra à l'Hôtel Mansión Royal Dandi, rue Piedras au numéro 922, à 300 mètres de Plaza Dorrego.

Pour en savoir plus :
connectez-vous au site du Festival

mardi 25 mai 2010

Horacio Salgán, Susana Rinaldi et Leopoldo Federico pour fêter le Bicentenaire en tango [à l’affiche]


C’était l’un des trois temps forts de la journée (fériée) d’hier à Buenos Aires sur le Paseo del Bicentenario : un grand concert à minuit avec le retour sur scène, après sept années de retraite volontaire, du Maestro Horacio Salgán (94 ans le 15 juin prochain), à la tête de sa formation historique, le Quinteto Real, et avec la participation d’autres artistes majeurs de la taille du Maestro Leopoldo Federico, une nouvelle fois à la tête de la Selección Nacional de Tango avec, pour la partie chant, rien moins que Susana Rinaldi. Autres géants du tango sur cette scène : un couple de danseurs mythique, Juan Carlos Copes (79 ans à la fin de ce mois) et María Nieves (72 ans), qui continuent d’éblouir le public. Etaient aussi de ce spectacle prestigieux l’auteur-compositeur interprète et guitariste Juan Tata Cedrón, le bandonéoniste Rodolfo Mederos et le chanteur Ariel Ardit.

La matinée avait commencé par un défilé d’engins motorisés issus de l’ancienne industrie nationale, progressivement démantelée par les gouvernements qui succédèrent à Juan Perón (et qui furent mis en place avec l’aval des ou par les Etats-Unis) : voitures particulières, taxis, bus, camions de pompiers, autocars et motos. Car l’Argentine a eu une industrie lourde sous Perón, elle avait même son propre avionneur et ses fabricants de locomotives (1).

Un concert de musique folklorique a aussi rassemblé Liliana Herrero et Teresa Parodi, deux des plus grandes auteures-compositrices interprètes de l’heure dans ce domaine, surtout depuis le départ de Mercedes Sosa (sur Mercedes Sosa, cliquez sur le lien pour accéder à mes articles la concernant).

Le programme de la journée avait été revu et reconstruit à la va-vite par les organisateurs pour permettre aux spectacles interrompus ou empêchés par l’orage de dimanche soir d’avoir lieu tout de même...


Pour aller à la source (en espagnol) :

(1) Si l’Argentine n’a pas atteint à l’heure qu’il est le développement industriel que connaît le Brésil, ce n’est pas seulement à cause du démantèlement de l’infrastructure montée par Perón. Les Etats-Unis ont empêché tous les pays d’Amérique du Sud de développer une industrie propre qui aurait fait concurrence à la leur. C’est surtout à cause des politiques absurdes et idiotes menées par Carlos Menem dans la décennie des années 90 qui ont omis d’investir sur du long terme en Argentine pour développer davantage des activités de bourse et de service très volatiles et l’ont exposée en plus à la faillite financière (qui s’est produite en décembre 2001) en instituant une parité aussi vaniteuse qu’artificielle entre le peso et le dollar US. Ecroulement économique que le Brésil s’est épargné, ce qui a permis à Lula de mettre à profit ses deux mandats successifs pour bâtir un développement industriel qui commence à être vraiment spectaculaire.