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jeudi 11 décembre 2025

Gisela Passi et Rodrigo Rufino proposent un stage exceptionnel à Paris [ici]

Gisela Passi et Rodrigo Rufino


En ce jour international du Tango, j’ai choisi de publier cette proposition d’un couple de professeurs exceptionnels qui enseigne un tango très authentique et simple à Paris.

Le dimanche 4 janvier 2026 après-midi, Gisela Passi et Rodrigo Rufino, tous deux argentins et parfaits francophones, animeront un atelier intitulé Écouter, comprendre, sentir, danser la musique de tango argentin.

Quinteto La Bordona

Pour l’occasion, ils seront en excellente compagnie puisque le contrebassiste et compositeur Ignacio Varchausky, grand spécialiste du tango classique, participera à l’atelier. L’occasion pour vous de rencontrer un artiste qui est considéré comme l’un des acteurs-clés du genre en Argentine depuis de nombreuses années. Ignacio Varchausky est en effet le fondateur de plusieurs formations musicales ainsi que de la Orquesta-Escuela de Tango Emiliano Balcarce.

De 14h à 16h environ, cours de danse sur les différents styles musicaux des grands orchestres classiques des années 1940 et 1950,l’âge d’or du tango.

Après une petite pause-café, de 16h à 18h, les participants écouteront jouer le Quinteto La Bordona, dans lequel Ignacio Varchausky tient la partie de la contrebasse (le rythme), La Bordona étant un tango très connu du compositeur Emiliano Balcarce. Les morceaux exécutés seront choisis dans le répertoire classique, ils seront expliqués, décortiqués et commentés par les professeurs de danse et les musiciens. Une expérience très précieuse pour progresser dans l’art d’improviser sur la piste comme on le fait à Buenos Aires.

Document fourni par Gisela et Rodrigo, que l'on voit ici
avec Ignacio Varchausky (en polo rouge)
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Prix par personne : 70 €.

Inscription obligatoire en couple à l’adresse électronique des professeurs : rufinopassi#gmail.com

Les personnes seules sont invitées à se signaler à Gisela et Rodrigo qui s’efforceront de constituer des couples de danseurs dans la mesure du possible.

Lieu : Loft Lechapelais, 6 rue Lechapelais, Paris 17e.

© Denise Annc Clavilier

lundi 1 août 2022

Malena présente une émission sur l’histoire du tango [à l’affiche]

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Dans le cadre de l’élargissement de ses propositions au public, Radio Malena propose désormais un podcast de Eduardo Aliverti où celui-ci vous raconte l’histoire des tangos qui ont fait l’histoire.

Une nouvelle offre, qui complète les ressources sonores sur le Net : la 2x4, radio publique de la Ville autonome de Buenos Aires consacrée entièrement à ce genre, et Todo Tango, l’encyclopédie en ligne du tango (en espagnol principalement).

L’épisode présenté ce lundi sur le quotidien Página/12 (qui appartient au même groupe médiatique) porte sur Recuerdo, l’un des grands tangos du répertoire que l’on doit au compositeur Osvaldo Pugliese, l’un des préférés du groupe médiatique Octubre pour des raisons politiques (Pugliese était communiste en solidarité avec les républicains espagnols attaqués puis vaincus par Franco et coopérateur).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

mardi 26 juillet 2022

En ce jour anniversaire, Adriana Varela rend hommage à Osvaldo Pugliese sur Radio Malena [à l’affiche]


Osvaldo Pugliese est décédé en 1995, le 26 juillet, après une brève maladie contre laquelle il avait lutté en vain. Le grand musicien, l’un des meilleurs compositeurs de la deuxième génération des tangueros professionnels, a laissé un important répertoire aujourd’hui pleinement consacré.

Il était donc normal que Radio Malena, la radio du tango du Grupo Octubre, lui rend hommage en ce jour particulier.

Géant du Tango, de Adriana Varela
Une nouvelle émission toutes les semaines
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C’est ce que fait la chanteuse Adriana Varela avec une longue émission qui peut s’écouter en ligne et se télécharger gratuitement depuis le site de la radio.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (le quotidien du Grupo Octubre)

samedi 25 juillet 2020

Un quart de siècle sans Osvaldo Pugliese [Troesmas]

Ce buste est installé sur Avenida Corrientes à Buenos Aires
à l'entrée de Villa Crespo, le quartier natal de Pugliese
Sur la plaque du Parti Communiste Argentin, on lit :
"On dit qu'il avait un pacte avec le tango,
un pacte avec le peuple,
un pacte avec la vie"

Il y a vingt-cinq ans, à quelques mois de son quatre-vingt-dixième anniversaire, disparaissait Osvaldo Pugliese (19005-1995), l’un des grands maîtres de la Guardia Nueva, le courant moderniste et polyphonique du tango apparu dans les années 1920 sous l’impulsion de Julio de Caro (1).

Une de Clarín le 26 juillet 1995, ornée d'une caricature
signée Hermenegildo Sábat, le grand dessinateur de presse de la rédaction
En haut à droite, l'attentat du RER B à la station Saint-Michel la veille
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Grand compositeur, grand pianiste, militant communiste depuis 1936 par solidarité envers la République espagnole menacée par un coup d’État militaire soutenu par les régimes fasciste et nazi, co-fondateur du syndicat argentin des musiciens, fondateur d’un orchestre-coopérative qui portait son nom et qui a laissé son empreinte indélébile dans la musique de Buenos Aires, Osvaldo Pugliese est l’un de ces maîtres dont se réclame aujourd’hui toute une génération de musiciens, de vingt à cinquante ans, qui sont le visage contemporain du tango et qui travaillent eux aussi en coopérative pour se donner la force collective de résister à la pression du système économique dominant à cause duquel tant d’autres artistes, solistes et groupes, sont contraints à concéder des compromissions et à trahir leurs convictions artistiques pour pouvoir manger.

Le "petit musée" de doña Lidia, dans l'appartement du couple
Elle m'avait autorisée à prendre quelques photos en août 2007

Osvaldo Pugliese, c’est Recuerdo (1924) et La Yumba (1939), les deux morceaux qui caractérisent le mieux son style. Ce mélange subtil entre la virilité du rythme et la douceur de la mélodie lui permit de revitaliser, lors d’une tournée au Japon, une valse jusqu’à lui abonnée aux interprétations sirupeuses, Desde el Alma (du fond de l’âme), de Rosita Melo (qui repose non loin de lui au cimetière de La Chacarita, à Buenos Aires).
Autre caractéristique de sa musique : la finale tanguera classique à deux notes (le fameux chan chan final, traduisez « tsoin tsoin ») s’est chez lui progressivement réduite à une seule note, la première, suivie d’un presque silence qui est encore de la musique.

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Deux quotidiens lui rendent hommage ce matin : Página/12 et La Nación, qui va jusqu’à mettre son hommage en manchette au-dessus de la une.

Les deux journaux ont battu le rappel des experts et des anciens musiciens de Pugliese pour rendre compte de la profusion de l’œuvre et de la complexité du souvenir qu’il a laissé, puisque cet athée convaincu (et tolérant) est devenu San Pugliese, que de nombreux Argentins invoquent contre le mauvais sort ou la simple malchance et que la plupart des musiciens considèrent comme leur saint protecteur (2). Nombreux sont en effet les artistes à l’invoquer par trois fois avant d’entrer en scène. Et même si doña Lidia, sa veuve, en a ri lorsqu’elle a appris qu’on avait ainsi canonisé son défunt époux, c’est bel et bien elle qui a tenu à m’offrir l’une des deux images pieuses que je possède et elle m’a raconté à cette occasion des témoignages que lui avaient confiés plusieurs personnes persuadées d’avoir été exaucées après être venues prier sur la tombe du Maestro !


La prière qui figure au dos de l’image rappelle bien entendu les prières pleine d’humour potache de l’Église maradonienne (voir mon article du 9 février 2009) :

"Protégenos de todo aquel que no escucha. Ampáranos de la mufa de los que insisten con la patita de pollo nacional. Ayúdanos a entrar en la armonía e ilumínanos para que no sea la desgracia la única acción cooperativa. Llévanos con tu misterio hacia una pasión que nos parta los huesos y no nos deje en silencio mirando un bandoneón sobre una silla".

Protège-nous de tout ce qui est sourd. Sois notre abri contre le mauvais sort de ceux qui insistent [pour faire usage] de la patte de poulet nationale. Aide-nous à entrer en harmonie et sois notre lumière afin que le malheur ne soit pas la seule action coopérative. Entraîne-nous dans ton mystère vers une passion qui nous déchire et ne nous laisse pas regarder en silence un bandonéon sur une chaise. (3)
Traduction © Denise Anne Clavilier

Bien entendu, l’envergure artistique du compositeur fait qu’il est amplement présent dans l’anthologie que j’ai publiée en 2010 : Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Éditions du Jasmin).

Cimetière de La Chacarita (Buenos Aires), carré des grands artistes populaires
Le monument, qui date de juillet 1996, a été bâti grâce à une souscription publique.
Son luxe inouï dit fort bien la popularité dont jouissait le musicien

Pour en savoir plus :
lire le témoignage du dernier chanteur de son orchestre, Abel Córdoba, dans Página/12
sur Todo Tango, vous trouverez un vaste choix d’enregistrements, de partitions et de concerts filmés et disponibles sur Youtube. Un délice pour mélomanes.



(1) C’est ce qui, au sens historique, fait de Osvaldo Pugliese le deuxième créateur de cette réinvention du genre qui correspond au moment où les musiciens professionnels s’en sont emparés.
(2) Ce syncrétisme est un phénomène attesté partout en Argentine où des pratiques religieuses précolombiennes ou des événement historiques locaux sont christianisées en dehors de l’Église catholique comme on peut le voir avec le Gauchito Gil, la Defunta Correa et donc, au cœur même d’une mégalopole comme Buenos Aires, San Pugliese.
(3) Ce texte suit le rythme du Notre Père en espagnol et fait allusion tant à des us et coutumes locaux (la patte de poulet à laquelle on attribue les mêmes pouvoirs que notre patte de lapin) qu’à sa musique si reconnaissable et évoque la scène du concert avant l’entrée des musiciens.

lundi 21 octobre 2019

Hommage à Roberto Alvarez ce soir à la Academia Nacional del Tango [à l’affiche]


Ce soir, lundi 21 octobre 2019, à 19h30, la Academia Nacional del Tango rend hommage à un bandonéoniste qui a débuté dans l’orchestre de Osvaldo Pugliese, l’un des rares musiciens de cette formation toujours de ce monde.

Il y a trente ans, Roberto Alvarez a fondé sa propre formation, Color Tango, où il fait vivre le style Pugliese.

L’interprète, chef d’orchestre, arrangeur et compositeur recevra le Gobbi de Oro pour l’ensemble de son œuvre et dialoguera avec le président Gabriel Soria avec qui il évoquera les souvenirs de sa carrière et de ses rencontres artistiques.

Comme d’habitude, entrée libre et gratuite, au 833 avenida de Mayo, 1er étage.

D'ici une ou deux semaines, je devrais pouvoir reprendre le rythme habituel d'animation de ce blog... Un autre livre sera arrivé chez son éditeur.

mercredi 12 juin 2019

La Semaine Tragique revit dans le tango d’aujourd’hui [à l’affiche]


1919 Armonía Inconclusa (1919 Harmonie inachevée) est une comédie musicale militante qui évoque la Semaine Tragique, cette révolte ouvrière du sud de Buenos Aires, autour des Ateliers Varsena (détruits depuis), férocement réprimée par la majorité de droite dure qui gouvernait l’Argentine au lendemain de la Révolution bolchévique en Russie. C'était il y a cent ans.

Le spectacle a été créé le 5 juin dans une salle de spectacle du quartier de Almagro, Hasta Trilce, où il se donne à nouveau ce soir, mercredi 12 juin 2019, à 21h.
Prix : 250 ou 300 $ ARG.

Les auteurs ont voulu évoquer l’événement historique à travers une rencontre imaginaire entre trois artistes de l’époque, Paquita Bernardo, la première bandonéoniste de l’histoire du tango, le pianiste de son orchestre, Osvaldo Pugliese, qui allait devenir une figure majeure du genre, comme pianiste, comme chef d’orchestre, comme compositeur et comme militant communiste champion du modèle coopératif dans le secteur du tango, et Leopoldo Marechal, un grand écrivain qui sut capter l’esprit de Buenos Aires. Les trois artistes avaient pris part chacun à sa manière aux événements. Paquita Bernardo et Leopoldo Marechal avaient alors 19 ans. Pugliese n’en avait que 14.

Sur scène, l’œuvre croise histoire et présent et, en cette année électorale, elle dénonce la violence qui hante encore l’actualité argentine.

Lire la présentation du spectacle sur le site de Hasta Trilce.
L’œuvre dispose d’une page Facebook.

mercredi 19 octobre 2016

Rep propose un hymne sans paroles pour Buenos Aires [Troesmas]

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Un thème qui réclame réflexion et qui concerne les Portègnes... Le dessinateur de presse et peintre Miguel Rep, dont mes lecteurs connaissent déjà l'immense talent, propose La Yumba comme hymne pour la ville de Buenos Aires.
Pourquoi pas ?

Rappelons qu'en Argentine et surtout pour les musiciens, invoquer le nom du compositeur Pugliese (en le répétant trois fois) est réputé porter chance.

Ecouter La Yumba grâce à Todo Tango. Quel chef d'œuvre !

jeudi 5 novembre 2015

Tango y Cultura Popular fête son quinzième anniversaire [Disques & Livres]


La revue de tango en ligne animée par Ricardo Schoua, Tango y Cultura Popular, fête ses quinze ans d'existence avec son numéro 159, disponible en ligne sur le blog du magazine. Originellement la revue se définissait comme rosarine (originaire de Rosario) mais maintenant, cette mention a disparu, sauf sur les pages donnant la liste des milongas, toutes rosarines. Pour le reste, ce sont des nouvelles de tout le pays qui sont relayées par ce média.

TyCP présente un autre avantage, celui de rendre compte du tango dans la diversité de ses dimensions : musique, danse, chanson et poésie, cinéma, histoire, enseignement, etc. Le numéro 159 offre, en 34 pages, une double revue bibliographique, un dossier sur les personnages féminins du répertoire de tango-canción (page 10 à 15), un hommage du regretté Héctor Negro au Maestro Osvaldo Pugliese (1905-1995) à l'occasion des vingts ans de sa disparition (page 20) et une revue discographique (page 26 à 29 avec des liens intégrés vers des documents sonores ou vidéos en ligne).


TyCP est consultable en ligne et téléchargeable gratuitement en format pdf.
La revue dispose d'un blog et d'une vitrine Facebook.

lundi 20 juillet 2015

Hommage à Osvaldo Pugliese ce soir à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

L'affiche du concert légendaire donné au Teatro Colón, l'Opéra de Buenos Aires
le 18 décembre 1985
Il en existe un enregistrement qui est disponible sur le marché.

Ce soir, 20 juillet 2015, pour le second plenario de juillet, la Academia Nacional del Tango rendra hommage au Maestro Osvaldo Pugliese (1905-1995), grand pianiste, grand compositeur, référence culturelle et politique d'une grande majorité de la nouvelle génération du tango, ceux qui ont surgi à partir des années 1990, lorsque la démocratie a fini de s'implanter avec la première alternance paisible de l'ère constitutionnelle en 1990.

Osvaldo Pugliese est aussi l'un des tout premiers compositeurs à avoir introduit avec Julio de Caro, d'une dizaine d'années son aîné, la polyphonie dans l'univers du tango, faisant passer cette musique de l'amateurisme à la professionnalisation. Il secoua aussi l'univers de la musique populaire en fondant son orchestre en 1939 sous la forme d'une coopérative et ce fut là l'orchestre à la plus grande longévité jamais enregistrée pour une telle formation puisqu'il ne fut dissous qu'à la mort du Maestro, le 25 juillet 1995.

C'est à l'occasion de ces vingt ans de sa disparition que Beba Pugliese (Bébé Pugliese en français), la fille du maître, elle-même pianiste et compositrice, et Oscar del Priore, grand collectionneur devant l'Eternel, évoqueront cette belle figure artistique et humaine dans l'espace principal de la soirée, qui sera illustrée d'archives vidéos.

L'autre aspect du souvenir de Pugliese
sa canonisation populaire
Cliquez sur l'image pour lire le texte de l'oraison, ici en espagnol et en anglais.
Il ne s'agit pas d'une plaisanterie mais d'une véritable vénération,
non reconnue par l'Eglise cela va sans dire

Pour l'occasion, le Tango Ritual et le Tango Ferrer Eterno seront fusionnés en un seul morceau :
Chicharrita (petite cigale), texte de Horacio Ferrer, musique de Beba Pugliese (1), récité par Horacio Ferrer sur le piano de Beba Pugliese. Un portrait en musique et en vers du musicien après son décès.

En clôture de la soirée, trois des artistes plastiques qui ont participé à l'exposition de juin en hommage à Horacio Ferrer feront don de leur tableau respectif au Museo Mundial del Tango.


(1) Chicharrita fait partie des letras que j'ai traduites en 2010 dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, Tarabuste Editions (p 63).

samedi 2 février 2013

Tous les dimanches avec Gloria et Eduardo [à l'affiche]



C'est une belle occasion d'apprendre à danser que vous propose La Milonguita à 18h30, tous les dimanche matin de février : des cours d'une heure trente tous les dimanches de février avec Eduardo et Gloria Arquimbau.

La Milonguita est une milonga de Palermo, située rue Jorge Newberry, à la hauteur du 2218.

Le couple légendaire du Tango-salón vous apprendra à aborder l'interprétation de trois musiciens très différents parmi les plus grands : Francisco Canaro, Juan D'Arienzo et Osvaldo Pugliese.

Après une heure et demie de cours, la milonga s'ouvrira de 20h à 2 h du matin.

Belle fête à combiner avec le carnaval.

La photo des deux danseurs ci-dessus a été prise au sein du Museo Mundial del Tango, qu'abrite le 1er étage de la Academia Nacional del Tango. On reconnaît bien les vitrines et la dispositions de cette salle (celle de gauche en entrant).

jeudi 29 novembre 2012

Bon anniversaire, Maestro ! à la Milonga del Indio dimanche [à l'affiche]


La Maestra Beba Pugliese, fille du Maestro Osvaldo Pugliese, invite tous ceux qui se trouvent en ce moment à Buenos Aires à fêter l'anniversaire de naissance de son compositeur et pianiste de papa, ce dimanche 2 décembre 2012, à 19h, à la Milonga del Indio, Plaza Dorrego, dans le quartier de San Telmo.

La Milonga del Indio, du surnom de son créateur et animateur le danseur Pedro "El Indio" Benavente, est une des institutions de l'authentique culture populaire portègne, même si sa réputation grandissante, depuis vingt ans qu'elle existe et les nombreux reportages dont elle a fait l'objet sur les télévisions du monde entier, lui vaut en été la présence d'un nombre croissant de touristes... Il s'agit d'une milonga à l'air libre, gratuite, une milonga solidaire et sans fin lucrative (ce qui est loin d'être le cas de toutes les milongas de Buenos Aires). Il y a quelques années, le gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires a bien tenté de la déloger mais le soutien des artistes et notamment celui des autres danseurs professionnels de toute la ville et au-delà ont eu raison de cette provocation... La Milonga est là et bien là ; aujourd'hui, ses partisans s'efforcent de la faire déclarer d'intérêt culturel, ce qui pourrait la protéger un peu, et ce dimanche, la fête rendra donc hommage à Pugliese, un musicien profondément engagé sur le plan social et politique et qui est toutefois réputé difficile à danser, réservé à des danseurs de bon niveau technique, mais si on maîtrise un peu ce qu'on fait, sa musique offre des possibilités innombrables...

La partition qui illustre cet article est celle de Malandraca, que Beba Pugliese a publiée pour accompagner son invitation sur sa page Facebook.

Les danseurs sont gâtés ce week-end : Gran Milonga Nacional samedi sur Avenida de Mayo, à ciel ouvert, et Milonga del Indio spécial Pugliese le lendemain. Le tout gratuit. Mais que demande le peuple ? Bonne soirée estivale...

lundi 16 juillet 2012

Quelques événements de la vie culturelle dans Página/12 dans cette première quinzaine de juillet [Troesmas]


Riche quinzaine dans les colonnes du quotidien de gauche hyper-culturel qu'est Página/12.

Un hommage à Astor Piazzolla dont on célébrait le 4 juillet les 20 ans de la disparition (à lire sous le lien)
Un nouveau disque de Osvaldo Pugliese, avec la sortie du seul 33 tours qu'il a pu enregistré dans son studio indépendant avant que celui-ci soit incendié par une milice anti-communiste. L'album vient d'être réédité avec quelques bonus, dont le journaliste Diego Fischerman semble s'être régalé (lire son article sous le lien).
Enfin une longue et belle interview de Litto Nebbia, dans les pages Espectaculos y Cultura du dimanche 8 juillet, avant qu'il ne parte pour une tournée d'une dizaine de jours dans la région de Bariloche, la grande station de ski des Andes. A lire là encore sous le lien.

mardi 19 octobre 2010

Conférence sur San Pugliese au CCC demain soir [à l'affiche]

Silvano Lanzieri donnera demain, mercredi 20 octobre, à 19h30, dans la salle Lacks du CCC, une conférence gratuite sur le thème Tango et Politique : San Pugliese.
San Pugliese n'est autre que Osvaldo Pugliese, le pianiste, compositeur et chef d'orchestre né à Buenos Aires en 1905 et mort dans cette même ville en 1995. Il a été en quelque sorte canonisé par les musiciens dont il est devenu le saint patron athée. Il existe une image pieuse au dos de laquelle on peut lire une prière, qui n'est nullement parodique mais relève d'une spiritualité authentique, avec une forme catholique et un contenu qui ne l'est pas (mais n'est en aucun cas incompatible ni avec une vision du monde chrétienne ni avec la morale qu'implique cette vision).

Le conférencier interrogera le caractère de mythe que Pugliese, d'après lui et d'après le CCC et la Ciudad del Tango, partage avec Carlos Gardel (1). Des documents audio et vidéo inédits illustreront la causerie.

Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, Corrientes 1543

(1) A titre personnel, je ne partage pas cette analyse. Je pense qu'on peut dire de Carlos Gardel qu'il a atteint d'ores et déjà un statut de mythe mais ce n'est pas le cas de Pugliese, qui a acquis le statut d'un très grand artiste, d'un artiste fondateur dans l'ordre du tango, à l'égal de Troilo, de Manzi, de Discépolo, de Arolas, de Cadícamo, des frères De Caro. Le caractère de saint patron que lui accorde un grand nombre de personnes et beaucoup de musiciens n'est pas de l'ordre du mythe mais d'une spiritualité syncrétique assez caractéristique de l'Amérique du Sud, familière de ces mélanges entre croyances autochtones et foi catholique. Cela n'a rien à voir avec le phénomène de la création de mythe que l'on observe sur des personnages comme Gardel, Che Guevara, Evita et plusieurs autres qui auront marqué l'histoire de l'Argentine et la construction du pays et de son identité.

mardi 21 septembre 2010

Nouvelle tentative pour le changement de nom de la station de métro Malabia demain [Actu]

La station de métro Malabia devait recevoir son nouveau nom, Osvaldo Pugliese, le vendredi 3 septembre dernier. Le temps était alors à la pluie et au froid et, selon toute apparence, la cérémonie a été annulée (voir mon article du 1er septembre 2010 à ce sujet).

La cérémonie avait déjà été reportée au 17 septembre puis à nouveau au 22 septembre, c'est-à-dire demain.

Qui vivra verra...

jeudi 16 septembre 2010

Jorge Vidal est décédé [Actu]


Le chanteur Jorge Vidal, né le 12 août 1924, dans le quartier de Caballito, vient de s’éteindre à Buenos Aires, le 14 septembre, à l’âge de 86 ans.

Comme il avait été fait Ciudadano Ilustre de la Ciudad de Buenos Aires en 2003, sa veillée funèbre s’est déroulée dans les salons de la Legislatura dans la nuit de mardi à mercredi. Puis son corps a été porté en terre hier au cimetière de la Chacarita.

Les journaux n’en ont parlé que mercredi et aujourd’hui. Et ils restent très discrets, comme si l’artiste avait été quelque peu oublié depuis ses années de gloire.
Pourtant Jorge Vidal a été l’un des grands (et très beaux) chanteurs de l’orchestre de Osvaldo Pugliese, qui l’avait fait débuter en 1948, après quelques années passées à jouer au foot au Club de San Lorenzo, la grande équipe du quartier de Almagro, et il a enregistré avec lui en particulier trois tangos, des versions qui font référence encore aujourd’hui : Puente Alsina (1), Ventanita de Arrabal (grand succès de Carlos Gardel reconverti en succès de Pugliese) et Vieja Recova, tango emblématique de Enrique Cadícamo (sur une musique de Rodolfo Sciammarella). Après son passage dans l’orchestre de Pugliese, Jorge Vidal a fait une carrière de soliste. En 1989, il avait fondé l’Association Argentine des Chanteurs, organisation professionnelle représentative, dont il fut le président pendant une vingtaine d’années.

De temps en temps, malgré son grand âge, il lui arrivait encore de se produire ces dernières années avec le jeune guitariste Hugo Rivas, qui parle de lui avec tendresse et admiration dans l’article nécrologique que La Nación consacre au chanteur disparu sous le titre Despedida de un tanguero de alma y de profesión (Au revoir à un tanguero de cœur et de métier).

Pour aller plus loin :
La newsletter de la revue argentine El Tanguata lui rend hommage aujourd’hui avec un billet posté sur You Tube (cliquez sur le lien pour l'écouter chanter Vieja Recova, avec l’orchestre de Pugliese).

(1) Puente Alsina figure dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (ed. du Jasmin), à la page 152. Justement parce que son interprétation m’avait frappée et touchée personnellement, ce qui me fit m’intéresser à ce morceau très ancien.

mercredi 1 septembre 2010

Ligne B : descendre à Malabia Osvaldo Pugliese [Actu]

Enfin, vendredi 3 septembre 2010, ce sera fait !

Après 12 ans de démarches persistantes pour obtenir ce geste de la part des dirigeants de la ville de Buenos Aires et deux ans après que Mauricio Macri l'a annoncé publiquement lors de l'annonce du programme du 10ème festival de tango de Buenos Aires (ce fut l'un de mes premiers articles en juillet 2008), la station de métro Malabia sur la ligne B, la station qui se trouve sous l'esquina Corrientes y Scalabrini Ortiz et qui émerge à deux pas du monument restauré l'année dernière (voir mes articles de juillet et septembre 2009), cette station portera donc à partir de vendredi le double nom de Malabia (son nom actuel) - Osvaldo Pugliese. Après la station Carlos Gardel, sur la même ligne, un peu plus à l'est, ce sera la deuxième à porter le nom d'un artiste de tango.

Pour lire les textes, cliquez sur l'image.

Une grande fête est organisée autour de la station et sur la placette qui entoure le monument vendredi 3 à partir de 18h, avec prise de paroles notamment de Lydia Elman de Pugliese, la veuve du Maestro, et concert-spectacle avec notamment Roberto Alvarez et Juan José Mosalini, qui furent tous bandonéonistes de Pugliese, le dernier chanteur de son orchestre, Abel Cordoba, et la danseuse Milena Plebs, entre autres artistes. Daniel Binelli et Rodolfo Mederos seront aussi de la partie. La fille et la petite-fille de Pugliese ne sont pas annoncées (Beba et Carla Pugliese).

Une fois rentrée en France et en mesure d'ajouter des images à mes articles, je vous donnerai l'affiche de la fête qui a été notamment diffusée par le CCC. Je ne pourrai hélas pas vous rapporter de photos que j'aurai prises puisque je serai moi-même à ce moment-là en train de régler les derniers détails de ma prestation au Museo Casa Carlos Gardel, la dernière des trois présentations de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Ed. du Jasmin) que je ferai à Buenos Aires. Et je n'ai malheureusement pas le don d'ubiquité.

Pour lire l'ensemble des articles relatifs à Osvaldo Pugliese et au souvenir vivant qui demeure de lui dans la capitale argentine, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, ou dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite, section Toujours là.

samedi 7 août 2010

La réponse de Fractura Expuesta aux provocations de Mauricio Macri [Actu]

Mercredi, comme je vous le racontais dans un autre article publié le lendemain, Mauricio Macri, Chef du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, qui sortait de sa visite annuelle au Salon de l'Agriculture, à Palermo, l'un des fortins de l'ultra-libéralisme et de la déréglementation à tout va en Argentine, osait comparer les bénéfices que Buenos Aires peut retirer du tango à ceux que le secteur agricole national tire de la culture intensive du soja. Rappelons que l'Argentine est le premier producteur de soja au monde et que cette culture, récente, est en train d'envahir tout le territoire rural, en en détruisant tout l'équilibre écologique, économique et social, car son exportation est démesurément rémunératrice pour les propriétaires des terres qui le produisent et des usines qui le transforment (ce sont les mêmes propriétaires).

Etant donné la catastrophe qu'est l'extension du soja en Argentine, dont seuls ces gros propriétaires bénéficient, la comparaison délibérée et violente, osée par Mauricio Macri en pleine présentation du programme du prochain festival de Tango de Buenos Aires, ne pouvait qu'être extrêmement mal perçue par la gauche et par les partisans du tango authentique, comme le sont en particulier le quotidien Página/12, l'émission de radio Fractura Expuesta, le Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini et un bon paquet d'artistes, de journalistes, de producteurs qui refusent de céder aux sirènes de l'exploitation commerciale du tango.

L'équipe de Fractura Expuesta a donc réagi dès jeudi, au cours de l'émission, en consacrant sa traditionnelle parodie de flash d'information à cette affaire. Ce qu'ils ont décliné avec leur humour ordinaire en deux versions, une version orale, le flash lui-même, et une version sous forme d'image pieuse. Or les deux méritent un brin d'explication.

Dans le flash d'information, que vous pouvez écouter seul grâce à ce lien You Tube, vous entendrez essentiellement de deux choses :

- d'une part, une parodie des reportages radiophoniques sur ce conflit agraire interminable et récemment ravivé par les propos du Président de la Rural (Academia Rural del Tango), pendant le Salon de l'Agriculture, avec rappel de la Mesa de Enlace (littéralement "la table du lien", instance de concertation entre les 4 grandes organisations rurales qui y définissent leur stratégie commune depuis plus de deux ans), des routes coupées (cortes), la forme préférée de manifestation de la Mesa de Enlace contre le projet de taxation indéxable (retenciones moviles) sur les exportations de soja, projet que le secteur agricole (el campo) a mis en échec et une parodie des commentaires boursiers (1) sur le cours de quelques tangos classiques, Yuyo Verde, La Cumparsita, El Choclo....

- d'autre part, une immédiate et tout aussi fantaisiste revendication uruguayenne pour laquelle le tango est aussi le chorizo de Montevideo (la candidature du tango au Patrimoine de l'Unesco avait été portée autant par Buenos Aires que par Montevideo et la saucisse uruguayenne tout comme l'asado de ce pays jouissent d'une très belle réputation gastronomique l'un et l'autre).

Heureusement que les Portègnes ont l'humour pour se défendre de certains de leurs dirigeants...



L'image pieuse est sans doute encore plus surprenante que les grands délires verbaux de nos amis de la Voz de las Madres : vous y avez reconnu Osvaldo Pugliese portraituré en pur style saint-sulpicien, avec à ses pieds du blé et du pain (au lieu du soja, qui ne nourrit pas les Argentins mais nos bovins de l'hémisphère nord). A noter que l'image copie la représentation traditionnelle de San Cayetano, le patron des travailleurs et des chômeurs en Argentine, qui fournit donc du pain aux familles (d'où le petit enfant dans les bras du saint), comme si les tangueros se tournaient vers Pugliese pour qu'il veille à nouveau à leur fournir du travail comme le fait San Cayetano depuis sa basilique du quartier de Liniers. Aussi surprenant que cela puisse être pour nous, après son décès, Pugliese a été élevé par la vox populi au statut d'un véritable saint hors de l'église catholique. Pour les Argentins, qui ont toujours connu des formes de syncrétisme d'autant plus robustes qu'elles ont été vécues clandestinement, en cachette et même dans le déni, ce qui s'est passé là leur paraît tomber sous le sens et la prière qui accompagne l'image pieuse (estampita) originale (différente de celle ci-dessus) est d'une très grande orthodoxie, au point qu'elle supporte très bien la comparaison avec ses homologues catholiques, par exemple celle qui a été écrite pour le bienheureux Ceferino Namuncura, le premier bienheureux argentin. Contrairement à ce qui se passe dans l'Eglise Maradonienne, dont le but est délibérément parodique et représente une démarche d'humour politique sans aucune espèce d'ambiguïté (voir mon article du 9 février 2009), il n'y a dans le culte de San Pugliese aucune dimension parodique. San Pugliese est un authentique porteur de buenas ondas et on l'invoque très fréquemment pour éloigner la mufa (un mauvais sort de tradition précolombienne). C'est pour cette raison qu'on l'appelle "Pugliese la Suerte" (Pugliese la Chance) et lorsque l'on fait quelque chose que l'on considère comme important, qu'on va monter sur scène, qu'on va publier un disque ou un livre, qu'on va répondre à une interview, qu'on achète une maison ou une voiture, que l'on se rend à un entretien de recrutement, il existe un rite qui consiste à l'invoquer trois fois d'affilé : "Pugliese, Pugliese, Puglise !" Et les gens qui font cette invocation la font comme d'autres récitent, en se signant avec un authentique recueillement "Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit" (3).... Ce qui est très touchant, très émouvant, très impressionnant lorsque l'on découvre ce culte de San Pugliese pour la première fois à Buenos Aires, c'est de constater que l'on n'a pas affaire à une superstition, comme on pourrait le croire, mais à une attitude très similaire à l'attitude de foi la plus orthodoxe dans l'Eglise Catholique, une attitude consciente, intérieure et dont l'esprit critique n'est pas absent. Or la superstition existe aussi en Argentine et elle présente un visage tout autre.

Ici, le quatuor de choc de Fractura Expuesta a repris l'image avec une intention parodique, non pas contre l'Eglise, mais contre les propos de Macri (on se rapproche donc en l'occurrence de l'intention de l'Eglise Maradonnienne). Ils viennent d'envoyer l'image par mail à tous leurs contacts en l'accompagnant d'une citation de La Pesadilla (le cauchemar), une chanson de Alorsa (voir le raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la partie supérieure de la Colonne de droite) et d'un mode d'emploi.

Voilà la citation :

"Soñé que San Cayetano junaba contento al mundo
junaba contento al mundo...
porque el día que todos trabajen
el va a tener que buscar laburo" (2)
Alorsa et La Guardia Hereje

J’ai rêvé que San Cayetano, (4)
ravi, biglait le monde (bis)
Parce que le jour où tout le monde travaillera,
lui, il faudra qu’il cherche du boulot.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Et voici le mode d'emploi, que je laisse à votre appréciation...

En la semana de "el tango es la soja porteña", nosotros preguntamos por las retenciones. Para no perder el trabajo, y para atraer a la buena suerte diseñamos la estampita que le va a devolver el alma de heladera al tango. Imprimidlo. Los no músicos deberán pegarlo en la heladera.
Los músicos deberan llevarlo en el estuche de su instrumento. Satisfacción garantizada.
(Germán Marcos, Maximiliano Senkiw, Sebastián Linardi, Carlos Bevilacqua, Fractura Expuesta)

Au cours de la semaine où "le tango est le soja portègne", nous, nous posons la question de la taxation. Pour ne pas perdre notre travail et pour attirer la chance, nous avons conçu l'image qui va rendre au tango son âme de frigo. Imprimez-la. Les non musiciens n'auront qu'à la coller sur leur frigo. Les musiciens n'auront qu'à la placer dans l'étui de leur instrument. Satisfaction garantie.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce matin, Página/12 lançait un autre pavé dans la mare macriste en dénonçant l'interdiction d'organiser des concerts au Bar El Faro, dont sont victimes depuis deux mois Cucuza et Moscato, qui ont, depuis trois ans, réussi à créer un véritable rendez-vous (una movida) dans cette pizzeria de quartier de Villa Pueyrredón, qui, au début de l'année a été inscrit sur la liste de Bares Notables de la Ville (voir mon article du 11 février 2010). Or les Bares Notables (bars classés) sont distingués pour le rôle qu'ils jouent dans la vie artistique et culturel de la ville. Et depuis fin juin, Cucuza et Moscato ne peuvent plus y tenir les concerts de El Tango vuelve al Barrio, dont je vous parlais régulièrement (voir mes articles sur ces concerts) et où ils ont, l'année dernière, enregistré en public leur premier disque ensemble (voir mon article du 14 août 2009 à ce sujet).

Ce matin, le cahier culturel de Página/12 publie d'eux une interview à l'occasion de la non-sortie de leur disque, qui est prêt mais pour lequel ils attendent que El Faro soit à nouveau autorisé à être un lieu de culture.

La décision de fermer l'établissement aux musiciens a été prise par le Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, quelques semaines avant que Mauricio Macri abatte si clairement ses cartes en présentant un programme de festival ouvertement organisé autour de promotions commerciales (toutes les conférences sont montées sur la sortie d'un livre ou d'un disque). La préparation de mon voyage à Buenos Aires ne me laisse malheureusement pas le temps de reprendre en les traduisant les propos des deux musiciens, mais vous pouvez bénéficier d'une traduction automatique en soumettant l'article, dont voici le lien, au logiciel Reverso dont vous trouverez le lien dans la rubrique Cambalache (casi ordenado) dans la partie basse de la Colonne de droite. Bien sûr, une traduction automatique ne vaut pas la traduction humaine, surtout lorsqu'il s'agit de langue populaire comme c'est le cas ici, mais ça dépanne.

(1) La cotation de El Choclo est un jeu de mots particulièrement bien ciblé, puisque choclo en argentin, ça veut dire maïs. En l'occurrence, il est plus que probablement que Angel Villoldo n'avait pas cette acception du mot en tête lorsqu'il a donné ce titre à son tango emblématique. El choclo, en lunfardo, c'est en effet aussi l'organe viril (à cause de l'épi) et le cher Villoldo était suffisamment paillard pour y avoir pensé... Ceci dit, après sa mort, sa veuve a expliqué que El Choclo était en fait le surnom d'un de ses amis de son mari, à cause de ses cheveux blonds et rêches. Allez savoir ce qu'il y a de vrai dans cette explication posthume et si elle n'a pas voulu mettre tout simplement un terme à la valse des hypothèses, toutes plus gênantes pour elle les unes que les autres... Yuyo verde est choisi à deux titres, d'abord parce que l'expression veut dire herbes folles, et parce que les vers principaux ont servi d'exergue pour l'éditorial de jeudi de Página/12, dont l'équipe de l'émission est proche. Quant à la Cumparsita, le choix se passe de commentaires.
(2) La Pesadilla figurera, en version bilingue, dans mon anthologie de poésie populaire urbaine argentine qui paraîtra en décembre 2010 dans la revue Triages, éditions Tarabuste (rue du Fort, 36170 Saint-Benoît-du-Sault, France). C'est aussi ce même texte dont je m'étais inspirée l'année dernière lorsqu'il a fallu avertir mes lecteurs du décès de Alorsa, un décès qui nous avaient tous pris par surprise et assommés pour de longues semaines (voir cet article du 1er septembre 2009, dans les Chroniques de Buenos Aires).
(3) Si vous allez un jour à Buenos Aires, ayez beaucoup de respect pour cette pratique. N'en riez pas. C'est très sérieux. Et si vous voulez en plaisanter, attendez que les Argentins le fassent. San Pugliese n'est pas une gentille anecdote pittoresque et rigolote pour distraire les touristes. C'est sérieux.
(4) San Cayetano est le patron du travail en Argentine. Voir mon article du 7 août 2008 sur le jour de sa fête autour de sa basilique dans le quartier de Liniers (dont vous savez maintenant qu'il a été l'avant-dernier Vice Roi du Río de la Plata, voir mon article du 18 mai 2010 à ce sujet).