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samedi 26 avril 2014

Rétrospective de Chilo Tulissi à la Legislatura Porteña [à l'affiche]

L'affiche reprend le tableau Milonga del Angel,
inspiré par le tango homonyme de Astor Piazzolla

A partir de lundi 28 avril et jusqu'au 9 mai 2014, la Legislatura de Buenos Aires rendra hommage au peintre Chilo Tulissi, dont vous savez qu'il fut l'un de mes très chers amis, jusqu'à son décès il y a dix-huit mois.

Il s'agit d'une rétrospective qui présentera son œuvre depuis ses premiers tableaux jusqu'aux derniers qu'il a peints et qui n'avaient encore jamais été exposés.

L'inauguration publique aura lieu lundi à 19h, au Musée et Salle d'Exposition du siège du parlement portègne, Perú 160, à deux pas de Plaza de Mayo.

Par la suite, l'exposition pourra être visitée du lundi au vendredi, de 13h à 19h.

Entrée libre et gratuite, comme presque toujours dans la Buenos Aires institutionnelle.

Pour aller plus loin :
visiter le site Internet du peintre
se connecter à la page Facebook posthume (administrée par son épouse et ses enfants - Chilo était très mal à l'aise avec les réseaux sociaux).
Voir aussi l'article de Agenda cultural, un des sites officiels de la Ville Autonome de Buenos Aires.

jeudi 28 novembre 2013

Week-end tango à Antony [Retour sur images]

Beaucoup de monde sur la piste, pour danser, mais aussi sur les côtés, pour écouter...
Le week-end des 15 au 17 novembre dernier, la Médiathèque Anne Fontaine à Antony a organisé un beau week-end de tango dans une dimension pluridisciplinaire qui a plu à tout le monde : concert-milonga, conférence, documentaire, exposition, expérience gustative surprenante avec le mate, la boisson nationale argentine...

Abrazo cerrado

Des musiciens ravis et très applaudis. Mérité !

Le quintette Encuentro Tango était chargé d'animer la soirée du vendredi, le plus photogénique de ces trois jours de fête joyeuse et très fréquentée.

Un public dense. Le photographe a dû se faire une place comme il a pu...

A hauteur d'enfants...

Le tango a toujours été une affaire de jeunes ! et ça se voit...

Dans la salle adjacente, dégustation de mate et hommage au peintre Chilo Tulissi


samedi 26 octobre 2013

Week-end tango à la Médiathèque Anne Fontaine d'Antony [ici]


Du vendredi 15 au dimanche 17 novembre 2013, la Médiathèque municipale Anne Fontaine à Antony (92), à une centaine de mètres de la gare d'Antony (RER B), consacrera gratuitement un grand week-end au tango argentin avec concert-milonga le vendredi soir, conférence et documentaire le samedi et journée libre le dimanche après-midi.

La soirée du vendredi sera animée par la formation franco-argentine Encuentro Tango Quintet (1) qui jouera un répertoire mêlé entre tango para bailar (Pugliese, Troilo, Aieta, etc.) et tango para escuchar (quelques Piazzolla sont au programme avec un choix original, ils ont su éviter les scies habituelles) avec une touche de composition propre du guitariste Angelo Petronio. On dansera donc dans le vestibule carrelé de la Médiathèque (comme à Buenos Aires !).

Le samedi après-midi sera occupé par une conférence que je donnerai à 16h sur La genèse du tango dans la Buenos Aires du XIXème siècle. Comme à mon habitude, je ferai un exposé d'environ 45 mn pour laisser ensuite la place à un indispensable échange avec le public. Nous enchaînerons avec la projection du magnifique documentaire de Caroline O'Neal sur la création du premier Orchestre-Ecole de tango en Argentine : Si sos brujo, una historia del Tango (2). La projection, qui commencera entre 17h45 et 18h, sera suivi d'un débat que j'animerai avec la salle (3). Cette après-midi s'achèvera à 20h, heure à laquelle la médiathèque ferme ses portes.

Tout au long des deux jours :
  • exposition en hommage au peintre argentin Chilo Tulissi (31 décembre 1947- 11 septembre 2012), autour d'un choix de tableaux (en facsimilé) qu'avec Teresa López de Tulissi, son épouse, j'ai choisis en août dernier parmi ses thèmes milonga, portraits de musiciens et paysages portègnes
  • rafraîchissements et snacks gratuits
  • dégustation de mate, à partir de différentes préparations traditionnelles de yerba (nature ou parfumées), une dégustation que j'animerai.

Mes livres seront en vente-dédicace le samedi après-midi.
De la documentation Human Trip sur le voyage Le roman national argentin – voyage culturel, humain et solidaire, que je vous propose du 24 avril au 5 mai 2014 sera mise à disposition du public pour l'occasion.

Le dimanche, entrée libre sans programme particulier.



L'exposition en hommage à Chilo Tulissi (ci-dessus, dans sa maison de Boedo, un jour d'été) sera mise en place dès le mardi 12 novembre (entrée libre et gratuite).

Pour en savoir plus sur Chilo Tulissi :
connectez-vous à sa page Facebook

Pour en savoir plus sur Encuentro Tango Quintet :

Pour en savoir plus sur mes conférences et mes ouvrages :
reportez-vous aux illustrations situées dans la Colonne de droite (interviews et livres)
visitez mon site Internet (pages livres, radio et conférences).


(1) Cette formation rassemble Michel Fouquet, à la contrebasse, Véronique Rioux au bandonéon (pas si fréquent, les bandonéonistes femmes), Chinami Araï au piano, Mathilde Febrer au violon et Angelo Petronio à la guitare.
(2) Si sos brujo est le titre d'un tango. C'est aussi une expression idiomatique qui veut dire qu'il faut beaucoup de chance pour réussir dans une certaine entreprise. En français, il faudrait traduire cela comme "Si tu as une baguette magique" [tu y arriveras] ou, d'une manière ironique, "avec l'aide du Saint-Esprit". Quand les musiciens de El Arranque ont commencé à parler de leur rêve de créer un orchestre-école, tout le monde à Buenos Aires les prenait pour de vrais fadas. Et puis ils ont réussi leur coup !
(3) J'ai conseillé ce film à Jean-Michel Audrain, qui organise ce week-end, parce que d'un point de vue musical et cinématographique, il traite admirablement de cet enjeu capital en Argentine qu'est la reprise de la tradition : renouer les fils qui relient les générations entre elles, notamment dans le domaine de la transmission musicale, fils qui ont été coupés, délibérément, par les événements politiques qui ont haché le XXème siècle dans le pays, de 1930 à 1983, année du retour de la démocratie.

lundi 29 octobre 2012

Un nouveau site Internet pour Chilo Tulissi [à l'affiche]


La palette de l'artiste en page d'accueil du site new-look

Le peintre portègne Chilo Tulissi nous a quittés à l'âge de 64 ans le 11 septembre dernier (voir mon article du 12 septembre 2012). Depuis, sa famille a refondu complètement son site Internet, dont vous aviez déjà depuis plusieurs années le lien permanent dans la Colonne de droite de ce blog (partie inférieure, comme pour tous les sites extérieurs). On y trouve maintenant une plus grande représentation de ses thématiques, avec en premier lieu ses dernières œuvres, des tableaux de chevaux, un sujet dans lequel il s'était lancé avec passion, en s'installant la moitié de l'année, depuis environ trois ans, dans un petit village de la Province de Córdoba, où il venait de finir de construire sa maison, avec un superbe atelier plein de lumière, où il donnait des cours payants et faisait aussi une fois la semaine un atelier ouvert pour les gens du voisinage, ce peuple de paysans de moyenne montagne en plein été...


Sur ce site refondu, on trouve aussi une belle collection de tableaux de danseurs (de tango) avec des jambes d'homme et de femme à perte de vue (il aimait lui-même danser et fréquentait de temps en temps les milongas de Buenos Aires, ce que je n'ai jamais eu l'occasion de faire en sa compagnie). On y trouve aussi ses portraits de grands artistes de tango, comme Aníbal Pichuco Troilo, Roberto Polaco Goyeneche ou Edmundo Rivero. Il aimait les chanteurs (et côté francophone, c'était un grand admirateur de Jacques Brel). Et ses paysages. Des vues de Buenos Aires en faux réalisme (mais il faut avoir vu les lieux pour apprécier ce décalage subtil entre la réalité et la vision qu'il en donne), par exemple avec ce panorama de Puerto Madero que je découvre à l'occasion de cette refonte posthume du site (et qui correspond si étonnamment à ce que je vous en disais dans mon article sur les jours 8 et 9 du séjour culturel que je propose dans cette ville), et des vues de Córdoba, avec ses reliefs, qui font la réputation des paysages de tout l'ouest argentin.

Vous reconnaissez Pichuco dans ses dernières années
(la cortisone, pour soigner ses articulations, avait boursouflé son visage)

La famille, que je salue affectueusement, a ajouté une page d'articles de presse et y a exposé les diplômes qu'il avait obtenus, notamment sous le précédent gouvernement de la Ville de Buenos Aires (gobierno Telerman) pour son activité culturelle au sein de son quartier, San Cristobal, où il vivait discrètement, dans une toute petite rue tranquille, à 100 mètres des ponts de la Autopista 25 de Mayo dont on ne perçoit chez lui aucun écho du trafic pourtant incessant...

Puerto Madero, vu par Chilo

Sur la gauche de la page, son profil est toujours là, avec le sourcil broussailleux et charbonné et cette lippe retroussée que nous lui avons tous connue, et cette pipe, magnifique, mais qui nous l'a tué... Sur la page d'accueil, quelques images vidéos de lui, peignant, dans son atelier de Buenos Aires, pour le peu que j'ai pu en juger, un peu trop prise par l'émotion de revoir ainsi ses gestes si habituels, à l'heure où j'apprends aussi la mort d'un autre ami argentin, Rodolfo Ghezzi, qui était mon homologue à Madrid, Académico correspondiente en España...

Pour aller plus loin :
visiter le site Internet de Chilo Tulissi, refondu.
Si vous êtes membre du réseau Facebook, vous pourrez vous y inscrire parmi ses "amis" et entrer en contact avec ses proches qui animent cette page.

mercredi 12 septembre 2012

Adieu à Chilo Tulissi



L'artiste peintre Chilo Tulissi, qui n'était pas seulement un grand artiste, qui était avant tout un homme passionnant, et un puits de science, en matière de tango et pas uniquement de peinture, nous a quittés hier matin, à Buenos Aires, où il avait été hospitalisé il y a dix jours en phase finale d'un cancer du fumeur. Du passé italien d'un arrière-grand-père monté par hasard dans un bateau pour fuir une vendetta au sud de la Botte, il n'avait pour toute trace matérielle qu'une pipe, qu'il m'avait montrée dès notre première rencontre en 2007.

De lui, je garderai des montagnes de souvenirs et en particulier cette visite du museo de Bellas Artes de la Boca Benito Quinquela Martín, cette virée en voiture dans les quartiers sud de la ville où j'ai pris la photo qui sert d'enseigne et d'emblème à ce blog, cette soirée chez lui avec un locro monstre qu'il avait mis deux jours à préparer, ces ruedas de mate que nous avons partagées en devisant tous les trois avec Teresa sa femme, cette autre promenade il y a trois ans, à la Réserve Ecologique, sous un ciel bas, le long d'un fleuve gris...

Pour moi, Chilo était un ami précieux. Il laisse derrière lui une famille durement éprouvée, sa femme à qui j'ai pu parler ce matin, avant les funérailles qui ont lieu au moment où je publie, une mère très âgée que je ne connais pas, un fils et une fille et un gendre bandonéoniste avec lequel il avait une belle complicité masculine et artistique, Julio Coviello, le premier bando de la Fernández Fierro et le directeur du Cuarteto qui porte son nom.

Julio devait se produire au Faro vendredi prochain, après-demain, dans le cadre de El Tango vuelve al Barrio, une soirée dont je n'avais pas encore parlé, en ce douloureux retour de Buenos Aires.

Le Chilo que j'ai vu cette année à la mi-août ne m'avait pas fait l'effet d'un mourant. Je savais sa maladie depuis une quinzaine de jours et il n'allait pas bien mais il parlait avec la même fougue que d'ordinaire et le même air un peu bougon que vous lui voyez sur cette photo prise en août 2007 à Nueva Pompeya et sous lequel il cachait sa sensibilité extrême. Avec ses tempes à peine émaciées, il avait bon espoir de retrouver la santé. Si bien qu'il m'avait donné le change malgré tout ce que je savais et aurais pu deviner et que je l'avais quitté persuadée de le revoir encore avant mon départ. Espoir qui s'est envolé aux premiers jours de ce mois. Pour une fois, dans cette salle à manger aux murs couverts de tableaux, nous avions surtout parlé de San Martín plutôt que de Homero Manzi et Enrique Santos Discépolo, ses deux sujets favoris avec moi. Je l'ai vu touché que mon intérêt pour sa culture aille jusqu'à ces sujets historiques. Je l'ai vu découvrir quelques textes de San Martín que j'avais rassemblés pour les besoins de mon travail et qu'il ignorait et je l'ai vu apprécier du fond du cœur ces traces de profonde humanité que je lui apportais, d'un pays aussi improbable que la France, au sujet d'un héros de son propre pays, que l'histoire officielle avait défiguré et dénaturé pendant plus d'un siècle. Lui voulait nettoyer l'Argentine de tous les oripeaux dont elle avait été recouverte à la fin du 19ème siècle, il en vomissait les responsables, Rivadavia, Sarmiento et Roca, les hommes de cette partie de l'oligarchie qui n'avait cessé d'opprimer un peuple qu'il aimait de toutes ses forces. Né le 31 décembre 1947, il est mort en ce début du printemps et à l'aube de la fête du maître d'école (día del Maestro), qui n'est autre pourtant que le jour anniversaire de la mort de Sarmiento !

Teresa, tout à l'heure, m'a demandé de lui écrire un beau texte sur Barrio de Tango. Mais c'est elle qui a rédigé hier soir le plus délicat et le plus juste des hommages qu'on peut lui rendre. Le voici :

Madrugando, pa' no perder la costumbre, y en el día del Maestro, Chilo Tulissi partió a pintar otros horizontes...
Este tipo no pasó por el mundo así no más, dejó huellas, y si alguno todavía tiene alguna duda pregúnteselo a cualquiera de sus amigo/as (miles, por cierto)
Ahora nos queda mirar el cielo, que allí debe haber fiesta de colores...

Mañana, miércoles 12 de Septiembre a las 9hs. estaremos en la Capilla de la Chacarita, despidiendo sus restos.
Teresa de Tulissi

Dès potron-minet, pour ne pas manquer à ses habitudes, et en cette fête du Maître, Chilo Tulissi est parti peindre d'autres horizons...
Ce bonhomme n'est pas passé dans le monde, comme ça, à la légère, il a laissé des empreintes et si quelqu'un a encore le moindre doute là-dessus, qu'il pose la question à n'importe lequel de ses ami(e)s (des milliers, c'est sûr).
Maintenant il nous reste à regarder le ciel, car là-haut il doit y avoir une fête en couleurs...

Demain, mercredi 12 septembre, à 9h, nous serons à la Chapelle de la Chacarita pour saluer ses restes une dernière fois.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

samedi 31 décembre 2011

Les voeux des artistes peintres, ici et là-bas [Actu]

En ce samedi un peu symbolique, je saisis quelques minutes entre deux travaux de recherche et d'écriture pour vous transmettre les voeux de deux peintres argentins de mes amis, l'une à Paris, Alicia Zadán, la très dynamique animatrice de l'Espace Tango Negro au pied de la Butte Montmartre, à Paris, avec son mari, le compositeur, pianiste et tromboniste Juan Carlos Cáceres...


L'autre à Buenos Aires, entre les quartiers San Cristobal et Boedo, le peintre Chilo Tulissi, qui nous offre tous les ans de superbes couples de danseurs de tango...


Ainsi donc bonne année 2012 à tous les lecteurs de Barrio de Tango, où qu'ils soient dans le monde et quelque soit leur langue maternelle...

Pour en savoir plus sur Chilo Tulissi, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Pour en savoir plus sur les affiches d'Alicia Zadán, cliquez sur le mot-clé Tango Negro dans ce même bloc.

lundi 27 décembre 2010

Les voeux 2011 du peintre Chilo Tulissi [Coutumes]

Comme tous les ans, le peintre argentin Chilo Tulissi a envoyé à ses amis une belle carte de voeux : l'un de ses tableaux, intitulé Volver a empezar (Recommencer ou reprendre du début), accompagné par un texte, très beau comme d'habitude.

On peut toujours reprendre du début.
Que 2011 t'offre l'occasion de mettre toute ton énergie, ton amour et ta passion à reprendre du début.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Chilo Tulissi est l'un des artistes plastiques que j'ai mis à contribution dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin, Clichy, 92 (France). Les deux autres sont Luis Alposta, qui est aussi l'un des poètes traduits dans l'anthologie, et Jorge Muscia, le fileteador qui a signé la couverture. Chilo m'a accompagnée lors de ma toute première présentation de ce livre à Buenos Aires, c'était le mercredi 1er septembre 2010 au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini. Luis Alposta et Jorge Muscia était eux aussi de la partie (voir mon article Retour sur images du 17 septembre 2010 sur cette toute première conférence dans la capitale argentine).

Pour en savoir plus sur Chilo Tulissi, vous pouvez cliquer sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, ou dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la partie haute de la Colonne de droite.
Dans la partie basse de la Colonne de droite, vous trouverez le raccourci vers son site Internet où vous pourrez découvrir quelques unes de ses oeuvres.
Pour accéder à l'ensemble des articles concernant les peintres, cliquez sur ce mot-clé dans le bloc Pour chercher, déjà cité.
Pour accéder à l'ensemble des articles concernant les présentations de ma première anthologie en Argentine, cliquez sur le raccourci spécifique que vous trouverez dans la rubrique Agenda de Barrio de Tango, tout en haut de la Colonne de droite.

vendredi 17 septembre 2010

Retour sur images : la présentation de Barrio de Tango au CCC [Disques & Livres]

Emotions fortes lors de ce séjour à Buenos Aires, le premier depuis que le projet, présenté là-bas aux artistes dès août 2007 d’une anthologie bilingue qui ne ressemble à rien de connu, est devenu une réalité, sous forme d’un vrai libre, sur du vrai papier, avec une vraie maison d’édition qui fait un vrai boulot de diffusion et de distribution…

Avant le début de la conférence mais il fait déjà nuit...

Première rencontre avec le public portègne… et platense (il y en eut trois en tout avec l'un et l'autre public) et première remise de diplôme (au sens argentin du terme) au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, dit CCC, une rencontre inscrite au programme de présentation bibliographique de la Ciudad del Tango (voir mon article du 19 août 2010), le département de recherche dont le coordinateur, Walter Alegre, fut le premier Argentin à m’accueillir le premier jour de mon premier séjour dans la capitale (en août 2007). Notre amitié date de ce soir-là, un 17 août, alors qu’il m’avait reçue dans son bureau, dans un CCC désert (vous pensez : un jour férié !) et avait fini, au bout d’une heure de discussion passionnée de part et d’autre, par m’inviter à la bonne franquette à continuer la discussion chez lui autour d’un verre de vin et d’un plateau de fromage avec deux de ses amis (dont le peintre qui signe toutes les affiches de Tango de Miércoles, que vous pouvez découvrir en cliquant sur le mot-clé CCC dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus).

De droite à gauche : Luis Alposta, moi-même, Jorge Muscia et Chilo Tulissi

La toute première présentation a donc eu lieu là, dans l’une des salles de conférence du 3ème étage, avec un tour de table flatteur pour moi : le poète Luis Alposta qui lança la soirée (c’est lui qui a signé la postface de cet ouvrage), le fileteador Jorge Muscia, qui a signé la couverture, et cet autre artiste peintre (et autre ami très cher) qu’est Chilo Tulissi, qui m’a autorisée à reproduire l’un de ses tableaux que je préfère, Sin vuelta, à la page 167 et m’a offert cet portrait à l’encre de Chine de Pugliese que vous pouvez voir à la page 171 (1).

Lorsque Chilo prend la parole pour me laisser calmer une horrible quinte de toux (je sortais d'une grippe !)
Au centre de l'image, Jorge Muscia, auteur de la couverture du livre

Je voudrais profiter de cet article pour remercier les photographes de la soirée, Vicky Alposta, l’épouse de Luis (grande amie elle aussi), et Benoît Malval, un lecteur du blog et du livre, dont j'ai fait la connaissance sur place et qui suit à Buenos Aires une longue formation chorégraphique. Il m’a révélé à cette occasion des talents photographiques que je tiens à saluer…

La présentation s’est achevée sur un petit hommage à Alorsa, deux jours après le premier anniversaire de son décès. Luis a lu Vuelve el Tango, l’un de ses récits les plus significatifs, et j’en ai donné la traduction en français, au plus grand soulagement de mes deux compatriotes présents dans cette petite salle, une traduction qui paraîtra en fin d’année dans une seconde anthologie, à l’esprit et au contenu différents de la première (2). Tout le monde a applaudi, en particulier les parents d’Alorsa qui me faisaient l’amitié d’être venus de La Plata avec plusieurs des amis de leur fils. Leur émotion à tous fut si vive de constater qu’une Française connaissait et appréciait cette œuvre, que beaucoup d’Argentins ignorent encore malheureusement, que dès le lendemain après-midi, le téléphone sonnait chez moi : c’était Juan Silva, producteur à Radio Provincia Buenos Aires, qui me demandait une interview à donner en direct, le lendemain, dans l’émission Y la Radio BA (3) à l'occasion de l'annonce d'une fête à venir en souvenir d'Alorsa dont je vous ai parlé ailleurs (voir mon article du 4 septembre 2010) et dont je vous reparlerai à travers un Retour sur Images d'ici quelques jours (c'est très long, de préparer ces reportages photographiques).

La remise du diplôme

Enfin, avant la dispersion, Luis Alposta tint à me remettre un diplôme par lequel la Junta de Estudios Históricos de Villa Urquiza, qu’il a fondée et dont il est le président, me faisait Visitante Ilustre de ce quartier, où, en plus de toute la famille Alposta, j’ai encore bien d’autres amis (Cucuza était dans la salle et Melopea est dans le disque, collé à l'intérieur de la couverture du bouquin). Avant moi, un Espagnol et un Japonais ont déjà reçu le même très beau papier, que je vous laisse admirer ci-dessous.



(1) A l'impression, le numéro de cette page a été omis mais les pages environnantes sont bel et bien numérotées, donc vous vous y retrouverez tout de même...
(2) Il faut bien se renouveler. L’ouvrage doit paraître dans la Revue Triages, des Editions Tarabuste, rue du Fort, 36170 Saint-Benoît-du-Sault.
(3) Ce qui se traduit : Et la radio est en marche. Il y a en fait un jeu de mot dans ce titre entre le verbe va, de ir, aller, ici marcher, fonctionner, aller bien, et les initiales de la province de Buenos Aires (BA). La prononciation est la même.

jeudi 26 août 2010

Jamais deux sans trois, dit-on [à l'affiche]

Jamais deux sans trois mais cette fois-ci, Buenos Aires y va très, très fort. Pour le plus grand honneur de celle qui signe ces lignes, naturellement (je ne vais pas me plaindre en plus !)

Il y aura en tout 3 présentations de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru en mai 2010 aux Editions du Jasmin (voir leur site Internet). Toutes d'entrée libre et gratuite, pour autant que je le sache.... Toutes avec la présence de Luis Alposta, postfacier de l'ouvrage et ardent diffuseur de l'information sur Buenos Aires. Le peintre Chilo Tulissi participera de la première présentation et le fileteador (donc un peintre lui aussi) Jorge Muscia de la première et de la troisième au moins (pour la seconde, je ne sais pas encore).

La première se tiendra le 1er septembre, à 19h, au Centro Cultural de la Cooperacion Floreal Gorini, dit aussi CCC, Corrientes 1543 ("Corrientes 248", c'est bien dans le bouquin, mais c'est autre chose et franchement, c'est vraiment beaucoup, beaucoup plus loin, plus d'un kilomètre !)
La seconde le 2 septembre à 19h30, à la Academia Nacional del Tango, Avenida de Mayo 833, premier étage (et il est fort probable que l'ascenseur ne marchera toujours pas!).
La troisième le 3 septembre à 19h, au Museo Casa Carlos Gardel comme je vous le disais dans un article paru dans ce blog à la date d'hier (Jean Jaures 735).

Et alors tenez-vous bien, ce n'est pas fini !
Non seulement, il y a trois présentations, ce qui vous montre un peu l'enthousiasme des tangueros portègnes pour le travail que je m'efforce de mener à bien de l'autre côté de l'Atlantique, avec ou sans connexion internet convenable, et leur remarquable sens de l'improvisation qui vaut  une standing ovation : il y a  tout juste 15 jours, rien de tout cela n'existait, même pas en rêve.
Mais en plus, je vais recevoir 2 diplômes, l'un de la part du Cercle des Etudes Historiques du Quartier de Villa Urquiza qu'a fondé et que préside Luis Alposta (ce sera au CCC mais je ne le sais qu'à moitié) et l'autre de la part de la Academia Nacional del Tango (la remise aura lieu dans ses locaux et je suis tout à fait au courant mais seulement depuis quelques heures, le temps qu'il m'a fallu pour que mes mains arrêtent de trembler et de se tromper systématiquement de touche sur le clavier... Ce qui leur arrive encore trop souvent  à mon goût mais c'est tout de même moins fréquent).

Pour lire l'invitation de la Academia, cliquez sur l'image (ajout du 1er octobre 2010)

Et maintenant, direction le Centro Cultural Torcuato Tasso, à quelques cuadras de l'appartement que j'occupe, parce que les diplômes, c'est bien beau. Mais une fois qu'on les a, il faut encore mériter de les garder. Imaginez un peu le travail ! Je vais passer une bonne partie de la soirée à applaudir toutes les trois minutes les Frères Butacas (Hermanos Butacas), Juan Vattuone et le groupe de Angel Pulice et Ruth de Vicenzo... Est-ce que c'est une vie, ça !

jeudi 19 août 2010

Présentation de Barrio de Tango au CCC (article n° 1599) [à l'affiche]

Mail envoyé par le CCC pour annoncer la conférence
(ajout du 9 septembre 2010)

Mon anthologie bilingue Barrio de Tango, parue en mai de cette année en France aux Editions du Jasmin, fera l'objet d'une présentation (en espagnol, cela va de soi), à Buenos Aires, le mercredi 1er septembre 2010, à 19h, au CCC Floreal Gorini, Corrientes 1543.

Assureront avec moi la présentation le poète Luis Alposta, qui a signé la postface, le fileteador Jorge Muscia, qui a composé et réalisé la couverture, et le peintre Chilo Tulissi, qui m'a offert un portrait original de Pugliese réalisé pour mon livre. Comme Jorge et Luis, Chilo a accompagné mon projet depuis pusieurs années.

Tous les trois m'ont fait bénéficier de leurs immenses connaissances du tango et de son histoire et le livre doit beaucoup à leur sollicitude, à leur amitié et à leur érudition.

Nous profiterons de l'occasion pour rendre un hommage à Alorsa, dont une chanson est intégrée à l'anthologie. Le 30 août qui vient, cela fera un an qu'il nous a quittés, emporté par un infarctus imprévisible et suraigu.

La soirée est organisée par Walter Alegre, coordinateur du département La Ciudad del Tango, qui sera présent et que je remercie du bon accueil qu'il m'a toujours réservé à Buenos Aires.

Pour en savoir plus (en espagnol), voir l'article consacré à la soirée dans le blog de la Ciudad del Tango en cliquant sur le lien.

Des problèmes informatiques très agaçants m'empêchent actuellement de mettre à jour ce blog aussi souvent que j'aimerais le faire. Que les lecteurs fidèles, qu'ils soient en Europe, en Argentine ou en Uruguay, veuillent bien m'en excuser. A mon retour en Europe, avec un ordinateur qui ne partira pas en carafe comme ce notebook, pourtant dernier cri, je reprendrai le rythme normal de parution et rattraperai le retard accumulé à Buenos Aires.

mercredi 6 janvier 2010

Jour des Rois spécial pour et sur Barrio de Tango [Disques & Livres]

Les Rois Mages, qui distribuent les cadeaux le 6 janvier dans tout le monde hispanophone, ont fait cette année un détour par Barrio de Tango. Leur passage m’a été signalé par mon éditeur qui, lundi soir, m’a annoncé la sortie, fin mars ou début avril 2010, d’un ouvrage qui lui aura demandé, à lui, un an (voire plus) d’un minutieux travail de mise en page et à moi plus 18 mois de recherche et de traduction non-stop en 2006-2007 suivi de 18 autres mois passés à peaufiner l’écriture, à établir les index et à cadrer les illustrations...

Le titre : Barrio de Tango (ça nous aurait étonné aussi qu’il en soit autrement, vous entends-je dire derrière vos écrans).
Le sous-titre : recueil bilingue de tangos argentins (vous vous en doutiez aussi, c’est sûr).
L’éditeur : Les Editions du Jasmin, dirigées par Saad Bouri (ça, vous ne pouviez pas le deviner).
Petite maison indépendante française fondée en 1997, les Editions du Jasmin ont leur siège à Clichy (92), à la limite nord-ouest de Paris.

Ce broli (libro en verlan), de 380 pages, présentera, dans le texte et en français, 231 letras (c’est ainsi qu’on désigne le texte d’une chanson en espagnol), 231 letras de tango, vals, milonga et candombe, dans et avec leur contexte, leurs non-dits, leurs sous-entendus. La sélection couvre une période qui va de 1916, année du premier tango-canción (je ne vous apprends rien), jusqu’en 2008. Elle concerne 96 auteurs (letristas) et plus de 100 compositeurs.

Barrio de Tango (le livre) est aussi un ouvrage illustré, avec dessins et photos (en noir et blanc pour que le prix de l’ensemble reste abordable pour tous, selon une politique commerciale constante des Editions du Jasmin, qui veulent mettre des ouvrages de qualité, agréables à lire et à tenir en main, à la portée du plus grand nombre). J’ai pris moi-même sur place, là-bas, en Argentine et toujours en hiver, lors de mes séjours, la plupart de ces clichés : j’avais envie d’entraîner le lecteur avec moi dans la Buenos Aires que j’aime, le plus loin possible des chromos touristiques (hideux et kitch, alors que l’authenticité portègne recèle un charme irrésistible)... D’autres illustrations m’ont été offertes, non pas tant à moi d’ailleurs qu’au public auquel le livre est destiné : photos inédites envoyées par le poète et essayiste Luis Alposta, par les labels discographiques indépendants Melopea (Litto Nebbia) et Pichuco Records (Francisco Torné), portrait original offert par le peintre Chilo Tulissi (et sa femme Teresa), et sans doute aussi des partitions originales des compositeurs et arrangeurs Javier González et Néstor Tomassini... (1)



La couverture du livre est l’oeuvre d’un grand maître du fileteado, le Maestro Jorge Muscia, membre de la Academia Nacional del Tango, où il est chargé de tout l’enseignement relatif aux arts plastiques. Jorge dispose d’un atelier dans le quartier de San Telmo, dans le coeur historique de Buenos Aires, un atelier qu’il est possible de visiter (sur rendez-vous, bien sûr). En sa qualité d’artiste, Jorge s’investit beaucoup au service de ce qu’il est convenu d’appeler chez nous le bien commun, à travers l’enseignement et le développement du tourisme culturel dans sa ville. Il est aussi l’auteur de la première oeuvre d’art plastique qui ait rendu hommage à Carlos Gardel dans sa ville natale de Toulouse, en Haute-Garonne, et celui d’un Obélisque modèle réduit de celui qui se dresse à Buenos Aires et qu’il a transformé en Totem porteño, avec, pour peintures de guerre, le tango et le visage de Carlitos.... Horacio Ferrer et Raúl Garello lui ont dédié un tango, El fileteador, que vous pouvez entendre dans Diálogo de Poeta y Bandoneón, un disque Pichuco Records et un DVD Aguila Taura (pour vous les procurer, voir la boutique en ligne de Zivals, dans la partie basse de la Colonne de droite).

Sur fond de Croix du Sud, cette constellation de quatre étoiles qui n’est visible qu’au sud de l’équateur et qui symbolise l’Argentine aux yeux de ses habitants, un couple de danseurs, Aurora Lubiz et Luciano Bastos, qui exercent leurs talents eux aussi à Buenos Aires (ici photographiés par Ciro Jeolás). Ils étaient, récemment encore, au nombre des professeurs qui animaient le Festival Bailemos Tango, en décembre dernier, dans un grand hôtel de San Telmo (voir mon article à ce propos). Lorsque vous aurez en main le livre, vous pourrez admirer, dans sa taille définitive, le très beau filete qui entoure le buste des deux danseurs et la très subtile asymétrie de la composition qui est le sceau de ce fileteador (2). Et puis regardez comment le pied d’Aurora désigne la première étoile de la Croix du Sud, dans ce ciel nocturne qui nous est inconnu et qui révèle à nos imaginations de Septentrionaux le "ciel perdu" (cielo perdido) et les étoiles avec lesquelles Homero Manzi éclairait les "marches sans querelle dans les nuits de Pompeya" (Ya nunca alumbraré con las estrellas / nuestras marchas sin querellas / por las noches de Pompeya) dans Sur, sublime tango co-signé avec Pichuco, Aníbal Troilo, qui fut avec Sebastián Piana, José Dames et Cátulo Castillo, l’un des compositeurs des nombreux chefs-d’oeuvre que ce grand poète nous a laissés en héritage, après une carrière aussi courte que féconde (Homero Manzi est mort avant d’avoir atteint ses 44 ans). Pour écouter Sur, chanté ici par Edmundo Rivero, cliquez sur le lien qui vous conduira vers Todo Tango.

Et puis je voulais aussi que cet ouvrage ait une postface.
Je souhaitais qu’elle vienne d’un des poètes présentés et traduits dans le livre.
Luis Alposta, sollicité par moi en août à Buenos Aires, a eu la gentillesse et m’a fait l’honneur d’accepter, sans hésiter une seule seconde. En octobre, il m’a envoyé par mail une des ces pages sobres et concises dont il a le secret et que vous pourrez lire en español, avec traduction en français en face (ouf !). Les lecteurs habituels de ce blog connaissent déjà bien Luis Alposta. Les internautes qui débarquent rencontrent peut-être son nom pour la première fois. En deux mots : c’est un poète, un essayiste et un médecin et vous pourrez vous en rendre compte en lisant les articles que je lui ai consacrés (cliquez sur son nom pour y accéder). Luis a beaucoup travaillé avec Edmundo Rivero jusqu’à la mort de ce grand créateur et interprète, en 1986. Edmundo Rivero a mis en musique, chanté et enregistré plusieurs de ses poèmes. Aujourd’hui, Luis travaille avec des musiciens comme Daniel Melingo, Juan Tatá Cedrón (le chanteur, guitariste et compositeur du Cuarteto Cedrón) et avec cet autre guitariste et compositeur du tango contemporain qu’est Acho Estol, qui anime avec sa femme, la chanteuse Dolores Solá, le groupe La Chicana qui se produira à Paris le 13 février prochain (Festival Au fil des Voix, à l’Alhambra dans le quartier de la République).
Luis Alposta est membre de la Academia Nacional del Tango, où il occupe le siège Tiempos Viejos (un tango à écouter ici chanté par Carlos Gardel) et il est Vice-président de la Academia Porteña del Lunfardo.

Dans Barrio de Tango (le livre), vous trouverez, dans le texte et en traduction française, un bon nombre de morceaux traditionnels et quelques autres récents, donc beaucoup moins connus, et même des inédits, dont une chanson de Alorsa (l’insertion de Para verte gambetear étant prévue depuis très longtemps, bien avant qu’une crise cardiaque ne nous enlève l’ami et l’artiste le 30 août dernier), un poème de Luis Alposta en hommage à Osvaldo Pugliese, un autre de Alberto Ortiz en hommage également au troesma (maestro en verlan) dont les enregistrements ont marqué les plus beaux moments de mon initiation au tango, une letra de Juan Vattuone et une autre de Alejandro Szwarcman.

Je les remercie tous du fond du coeur de leur générosité et de la confiance qu’ils me font en s’en remettant ainsi à moi pour faire connaître leur travail ici.

Parmi tous ces tangos qu’on entend si fréquemment dans les milongas, dans les cours et sur les compilations discographiques, Barrio de Tango (le livre) présente, en version originale et en traduction française, 23 letras de Homero Manzi (le recueil a été conçu pour le plus gros pendant l’année Homero Manzi, dans les 8 premiers mois de 2007), 14 letras de Enrique Cadícamo, 5 de Cátulo Castillo, 7 de Pascual Contursi, 11 de Enrique Santos Discépolo, 8 de Homero Expósito, 12 de Horacio Ferrer, 12 aussi de Celedonio Esteban Flores, 11 de Alfredo Le Pera. Vous trouverez aussi des tangos, des valses et des milongas de grands compositeurs consacrés par le temps et le succès : de Francisco Canaro, il y en a 4, de Juan D’Arienzo 5, de Carlos Di Sarli 4, de Carlos Gardel 13, de Sebastián Piana et de Astor Piazzolla 8 chacun, de Osvaldo Pugliese 9 et de Aníbal Troilo 10, pour ne citer qu’une huitaine de noms parmi les plus prestigieux.

Le livre se présente comme un guide touristique, une sorte de promenade dans Buenos Aires, sa géographie, son histoire, ses coutumes, son actualité artistique et urbanistique, puisque cette ville est intimement liée au tango et vice-versa, comme vous l’avez déjà bien compris si vous visitez ce blog régulièrement. Le recueil s’agence ainsi en 37 chapitres, comportant chacun 5 à 7 textes en version bilingue. On passera d’un chapitre à l’autre grâce à des récits d’une ou deux pages, qui éclairent, en français, des points cruciaux du contexte, car sans ce contexte, le lecteur non argentin passe à côté de la moitié des richesses d’un tango, quand ce n’est pas plus.

Le livre fera très prochainement l’objet d’une souscription dont je vous tiendrai informés.
Les animateurs du réseau tanguero francophone (professeurs de danse, associations, responsables de milonga et j’en passe) auront bien sûr la possibilité de passer des commandes groupées. Ils peuvent pour cela prendre directement contact avec Monsieur Saad Bouri, patron des Editions du Jasmin par mail (le fax et le téléphone sont sur son site), selon l'adage que les méthodes les plus simples sont aussi les plus efficaces.

Les libraires eux aussi peuvent d’ores et déjà se rapprocher de l’éditeur lui-même (par mail, ou téléphone ou fax selon leur préférence).

Barrio de Tango sera présenté, en France, en Belgique, en Suisse, ailleurs... au gré des invitations (conférence, rencontre-débat ou séance de signature) qui me seront adressées soit personnellement sur ma messagerie par mail, soit par l’entremise de Saad Bouri, des Editions du Jasmin (contact mail). Au fur et à mesure que des dates seront prises, elles seront annoncées dans ces colonnes.

Pour découvrir les Editions du Jasmin et leur catalogue consacré aux cultures du monde et à la littérature jeunesse, vous pouvez visiter le site de cette maison à la politique culturelle courageuse et originale (mail, fax, téléphone et adresses s’y trouvent qui vous permettront de prendre contact avec Saad Bouri, le directeur).

Pour en savoir un peu plus, en français, sur les auteurs et musiciens cités ci-dessus, vous pouvez cliquer sur leur nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la partie haute de la Colonne de droite, ou dans le corps même de l’article que vous lisez. Ces raccourcis et ces liens vous conduiront à l’ensemble des articles que je leur ai consacrés dans ce blog, à l’heure où vous parcourez cette page.
Pour découvrir les deux peintres dont j’ai parlé, Jorge Muscia et Chilo Tulissi, vous pouvez faire de même et vous reporter aussi à leurs sites respectifs. Vous en trouverez les liens dans la partie basse de la Colonne de droite (rubrique Artistes plastiques).

Pour ceux qui veulent se faire une idée préalable du style de mes traductions, au-delà des extraits que j’ai semés au long de mes déjà 1100 articles depuis le 19 juillet 2008, ils peuvent se rendre sur le site de Gisela Passi et Rodrigo Rufino, mes professeurs de tango ici en France (Colonne de droite, rubrique Eh bien dansez maintenant !). Sur la page Ecouter de la version française du site, Rodrigo et Gisela mettent en ligne diverses traductions que j’ai réalisées en exclusivité pour eux et leurs élèves, la mise en ligne est renouvelée périodiquement toutes les 2 à 3 semaines.
Il s’agit bien sûr de grands tangos du répertoire et ils ne figurent pas pour autant dans le corpus de l’anthologie à paraître dans trois mois. Dans un seul volume papier maniable, en version bilingue et avec des commentaires, il est en effet impossible de rassembler l’intégralité du répertoire traditionnel du tango. Celui-ci compte beaucoup trop de titres. Pas loin de 300 rien que pour le tango-canción et presque autant pour les morceaux instrumentaux ! Imaginez un peu ce travail de Romain ! (3)

En guise de conclusion et parce que c’est aujourd’hui Día de Reyes et que c’est donc le jour des cadeaux, je vous invite à cliquer sur le lien qui suit, pour écouter une très belle version de Barrio de Tango, le chef d’oeuvre immortel de Homero Manzi et Aníbal Pichuco Troilo, qui donne son nom à ce livre et à ce blog.
Ajout du 7 avril 2010 :
Lire mon premier article de présentation du disque joint (à l'ouverture de la souscription)
Lire
mon second article sur le disque joint (avec facsimilé de la page du livre)

(1) Ce à quoi, les vedettes du jour, Gaspard, Melchior et Balthazar auront peut-être ajouté un bonus (sans supplément de prix, cela va sans dire). Mais chut ! On saura ça en sortie de presse. Je reviendrai vers vous avec la bonne nouvelle à ce moment-là. D’ici là, comme on dit à Buenos Aires pour attirer las buenas ondas : Pugliese, Pugliese, Pugliese... le compositeur a la réputation de porter chance et on l’invoque à tout bout de champs pour cela ! Je vous promets que c’est vrai.
(2) A Buenos Aires, vous pourrez rencontrer quantité de fileteadores plus faiseurs qu’artistes qui vous enseigneront que le secret de "leur art" consiste à décalquer sur papier le motif de droite pour le reproduire parfaitement à gauche. Le résultat donne un dessin qui, sur le coup, vous en fiche plein les mirettes et déclenche la mitraille photographique des cars de touristes mais au bout de quelques secondes, cette émotion se sera évaporée sans même que vous sachiez où elle est passée. Jorge n’utilise pas le papier calque, ni pour les fresques murales qu’il réalise dans les bâtiments publics (en particulier à l’Ambassade d’Argentine à Mexico), ni pour les enseignes, ni pour les décors de théâtre ni pour les pochettes de disque, ni pour les couvertures de livre que tous les connaisseurs de fileteado lui commandent d’un peu partout...
(3) Sans parler du prix exorbitant auquel serait vendue une telle somme....

mercredi 23 décembre 2009

Les voeux de Chilo Tulissi pour 2010

Comme l'année dernière, le peintre Chilo Tulissi envoie ses voeux avec un tableau, en l'occurrence un très beau crépuscule portuaire... avec un bandonéoniste bien sûr !!!!


Le texte dit : "que 2010 te donne de la force et du courage pour réaliser ta beauté".

Vous trouverez le site du Maestro dans la Colonne de droite, dans la partie inférieure, dans la rubrique des liens externes consacrées aux artistes plastiques. A visiter...

mardi 30 décembre 2008

El sueño del pibe, les voeux del Maestro Chilo Tulissi [Jactance & Pinta]

C’est avec ce tableau (que je vous laisse regarder à votre guise, dans sa résolution d’origine, il suffit d’un click sur l’image) et cette légende que Chilo Tulissi, un peintre du quartier de San Cristobal à Buenos Aires, un ami personnel que j’embrasse avec affection en cette avant-veille de Nouvel An, nous souhaite qu’en 2009 nous réalisions (hagas realidad) le rêve de notre vie (tu sueño del pibe) et que nous en ayons un nouveau (tengas uno nuevo).


El sueño del pibe (littéralement le rêve du môme) est une expression portègne toute faite et invariable : toujours du singulier, toujours deux articles définis (en espagnol, possessif et défini sont interchangeables), jamais d’article indéfini et toujours les deux mêmes substantifs : sueño et pibe.

Ce n’est donc pas l’équivalent de notre expression la plus apparemment proche : rêve d’enfant. Non pas parce que notre expression est variable en tout, en nombre (elle passe du singulier ou pluriel sans changer de sens), en articles, défini ou indéfini (le, un, les, des), en niveau de langage (enfant, môme, gosse, gamin, enfance...) : un rêve d’enfant, mes rêves d’enfance, des rêves d’enfant, ce rêve de môme que j’avais à 15 ans... Mais parce que l’expression française se rapporte effectivement à un désir que la personne avait pendant son enfance : je suis pompier, j’ai réalisé un rêve d’enfant (parce que j’y pensais quand j’avais 8 ans). J’ai rencontré Untel, j’ai réalisé mon rêve de gamine (parce que je désirais cette rencontre depuis mes treize ans)...

El sueño del pibe n’a qu’accidentellement à voir avec les jeunes années en tant que telles. L’expression désigne plus essentiellement l’ambition de se réaliser, le désir de vaincre l’adversité pour advenir, l’énergie mise à réussir sa vie dans une société où domine toujours, depuis la grande vague migratoire des années 1880-1930, l’obsession de la réussite sociale, l’obsession première de tout immigrant, cette obsession atavique qui s’est transmise de génération en génération depuis lors. Le Portègne rêve toujours d’améliorer son sort, que son fils réussisse mieux que lui-même (mi hijo, el doctor : mon fils, qui est un Monsieur), et ce dans une société où l’ascenseur social n’a jusqu’à présent pas vraiment répondu à l’attente de ce rêve collectif (d’où la gloire -immense- de ceux qui ont réalisé ce rêve : Gardel, Maradona, Evita et Perón eux-mêmes...).

Comme le montre très bien Chilo Tulissi avec ce marmot charbonnier isolé dans cette nuit étoilée (c’est loin, les étoiles), ce poulbot très pauvre et mal fagoté, qui, rêvant à l’avenir, se voit en élégant séducteur (c’est important pour un Argentin, l’élégance ! La pinta ça s’appelle en lunfardo.)

Si vous écoutez un jour le disque fabuleux de ce concert que Piazzolla a donné en mai 1982 au Regina (un théâtre de Buenos Aires), vous l’entendrez annoncer : "y ahora... Pues es el sueño del pibe. El quinteto Astor Piazzolla tiene el honor de recibir a Roberto Goyeneche" (Et maintenant... Ça c’est le rêve de ma vie... Le quintette Astor Piazzolla a l’honneur de recevoir Roberto Goyeneche) et on entend alors le public du Regina applaudir à tout rompre pour accueillir ce chanteur immensément populaire et qui va se lancer dans une Balada para un loco qui va durer plus de 6 minutes (parce qu’à la demande de la salle, il bisse le second couplet + le refrain). Piazzolla était né en 1921 à Mar del Plata. Goyeneche en 1926 à Buenos Aires dans le quartier de Saavedra. Il est donc peu vraisemblable que tout enfant, tout au nord, dans son cher New York, à mille miles de tout rêve de tango et de cette Buenos Aires où il n’avait encore jamais mis les pieds, Piazzolla ait aspiré à partager un jour la scène avec Goyeneche... Ce disque En vivo en el Regina est disponible dans la collection Edición Crítica, qui est la réédition par la Fondation Astor Piazzolla (dirigée par sa troisième et dernière femme) de toute la discographie Phillips du musicien, à des prix vraiment très accessibles.

En voilà, un vrai sueño del pibe... Allez, bonne fête de fin d’année !

mercredi 5 novembre 2008

Des incunables du Maestro Horacio Salgán réédités par RCA [disques & livres]

A fuego lento, un hommage du peintre Chilo Tulissi au Maestro Horacio Salgán extrait du site du peintre


D’historiques enregistrements réalisés au début des années 50 dont cela faisait des années qu’on ne pouvait plus les trouver dans le commerce de première main. Le Maestro les avait gravés avec son second orchestre, fondé en 1950, celui où brilla un chanteur promis à une carrière mythique, Roberto Goyeneche, dit el Polaco.
Horacio Salgán, né en juin 1916, a modestement (mais fort classiquement) commencé sa carrière à l’adolescence, en jouant dans des cinémas dès 1930, alors que l’arrivée du parlant (en 1928) commençaient à chasser les musiciens des salles de projection. Il a effectué son premier enregistrement en 1942 et fondé un premier orchestre, éphémère, en 1944. Il a dû le dissoudre en 1947 après que Radio Belgrano (1) avait rompu leur contrat : leur style, qui ne convenait pas à la danse, ne plaisait pas aux auditeurs dont il bousculait les habitudes auditives et les repères rythmiques. Horacio Salgán, son orchestre et son chanteur de l’époque, Edmundo Rivero, passaient alors pour jouer et chanter mal... La même mésaventure est souvent arrivée aux orchestres de style no bailable et ce fut aussi le grand motif de désaccord entre le gros du public et le jeune Piazzolla dans ces mêmes années 40 (2). Après une période de trois ans passée essentiellement à composer, Horacio Salgán a monté un orchestre et il a pu alors davantage imposer son style. Dans une troisième phase de sa carrière, il a aussi formé un duo très durable avec le guitariste Ubaldo de Lio avec lequel il donna des concerts mémorables, à Paris, aux défunts Trottoirs de Buenos Aires (il en existe des enregistrements toujours disponibles) et avec lequel il fonda en 1960 le Quinteto Real avec Pedro Laurenz au bandonéon...

Horacio Salgán est un immense pianiste. C’es aussi un compositeur. Très apprécié par les mélomanes connaisseur du tango partout sur cette planète, il reste très peu connu des danseurs européens (et pour cause !). Le compositeur de A fuego lento a arrêté de jouer en public il n’y a que quelques années parce que son oreille lui jouait des mauvais tours mais il est demeuré très actif. Comme sociétaire de la Sadaic, il participe aujourd’hui encore aux travaux de certaines de ses commissions, entre "professionnels de la profession". Il est aujourd’hui un maître reconnu par toutes les générations de musiciens de tango...

Les deux disques RCA, intitulés tout simplement Horacio Salgán, rassemblent les prises discographiques réalisées entre 1950 et 1953.
A noter que nous n’avons aucun témoignage discographique du travail développé par le Maestro à la tête de son premier orchestre entre 1944 et 1947, avec Edmundo Rivero comme chanteur... Quel dommage !

La présente réédition concerne donc des morceaux enregistrés sous différents labels, aujourd’hui disparu ou absorbés par d’autres maisons. Elle est accompagnée par un commentaire de Federico Monjeau qui éclaire les caractéristiques salganiennes d’interprétation instrumentale et orchestrale, de direction d’orchestre, d’orchestration proprement dite et d’arrangement.

Le 1er volume, sous couverture saumonée, rassemble des prises de 1950 à 1951 dont des versions instrumentales très appréciées des connaisseurs : Recuerdo d’Osvaldo Pugliese, Mala Junta de Julio De Caro, Gallo Ciego de Agustín Bardi et A Don Agustín Bardi, l’hommage d’Horacio Salgán compositeur au grand pianiste de la Guardia Vieja qui l’a tant marqué comme il a marqué Pugliese. Ce dernier a aussi enregistré une fabuleuse version de A Don Agustín Bardi. Le CD contient aussi des cantables comme Motivo de Vals (Horacio Salgán - Carlos Bahr) et Vieja Recova (Chères vieilles arcades, Rodolfo Sciammarello - Enrique Cadícamo), une valse et un tango chantés par Angel Díaz.

Le 2nd (jacquette grise) présente des prises de 1952 à 1953, dont N.P. dit aussi No Placé (tango turfique sur un canasson tocard moqué et aimé par son propriétaire, dont le titre n’a guère besoin de traduction... de Juan Riverol et Barquina) chanté par Angel Díaz et quatre autres morceaux par Roberto Goyeneche dans toute la splendeur technique de sa voix des années 50 (Un Momento, Siga el corso, Alma de loca, Yo soy el mismo). Côté instrumentaux : La Llamo silbando (Je l’appelle en sifflant, Horacio Salgán), Los Mareados (Le tournis, Juan Carlos Cobián, autre grand compositeur et pianiste), Boedo (Julio De Caro), Sentimental y canyengue (Federico Leopoldo) entre autres...

Ces deux disques sont disponibles chez Zivals, sur la boutique en ligne duquel ils figurent en bonne place puisque ce sont des "nouveautés"...




(1) Dans les années 30 et 40 et jusque dans les années 50, les radios étaient avec les cabarets les grands pourvoyeurs de travail pour tous les musiciens de tango. Chaque orchestre de valeur, m’a raconté le chanteur et grand témoin Alberto Podestá, était attaché à un cabaret, à une radio et à une maison de disques pour au moins une saison et parfois avec des contrats léonins courant sur plusieurs années. Aussi les trois employeurs pesaient-ils de tout leur poids sur la vie économique et, par voie de conséquence, sur la politique artistique de la formation. Les tirages entre "patrons" et artistes étaient fréquents, les conflits et les ruptures n’étaient pas rares. Pour des artistes comme Salgán et Piazzolla qui s’intéressaient à un tango pour mélomanes, qui cherchaient leur musique dans des développements impraticables pour des danseurs, la vie était donc très dure. On a peine à l’imaginer mais ils se faisaient rejeter de partout et n’étaient pas toujours compris par leurs confrères... Rares étaient les amateurs de musique capables comme Horacio Ferrer (d’une quinzaine d’années en 1948 quand il rencontre Piazzolla à Buenos Aires) de détecter la valeur novatrice, la portée artistique de ces musiciens, au service desquels dès 1952 il va mettre El Club de la Guardia Nueva, son association montévidéenne de jeunes fous de tango. Horacio Ferrer a alors 20 ans et il appartient clairement à l’avant-garde comme le temps nous permet aujourd’hui de le constater.
(2) Astor Piazzolla était le cadet de Horacio Salgán de quelques années. Il était né en 1921.