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vendredi 2 octobre 2026

Zivals pourrait être exproprié par une nouvelle ligne de métro [Actu]

 

Zivals et sa toute récente fresque murale en hommage à Charly García,
l'un des très grands du rock nacional argentin
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Le projet d’une nouvelle station de métro au carrefour mythique entre les avenues Corrientes et Callao avance d’un bon pas et les menaces qui pesaient sur la grande librairie-disquerie Zivals deviennent très réelles.

Post de Zivals sur les réseaux sociaux :
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La librairie, qui est un rendez-vous culturel général pour tout Buenos Aires et sa banlieue, parce que le magasin est grand et parce qu’il est admirablement placé, vient de recevoir un avis d’expropriation. Pour sauver cette librairie historique et symbolique, où j’ai moi-même effectué tous les ans un pieux pèlerinage musico-livresque de 2007 à 2022, il ne reste plus que la pression du public auprès du gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, qui est tenu par des affairistes très peu intéressés et par la culture et par le patrimoine.

A l'intérieur de la librairie.
C'est à peu près un quart de la surface du magasin
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Sur l'emplacement de Zivals, ils veulent faire une gigantesque entrée avec plusieurs escalators montants et descendants. Les escalators au lieu des bacs de disques et les rayonnages de livres. C’est un choix. Comme par hasard, il y a d’autres commerces sur les autres angles du carrefour, des restaurants sans intérêt gastronomique ou patrimonial particulier mais on a choisi de détruire la librairie qui appelle au secours sur les réseaux sociaux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación
Dans le même temps, Clarín publie un article sur la situation désespérée de très nombreuses librairies qui voient leur chiffre d’affaire piquer du nez à cause de la politique de paupérisation des Argentins déployée par le président Javier Milei.

vendredi 5 juin 2026

Mundial de la Yerba Mate à Buenos Aires ce week-end [à l’affiche]


Entre aujourd’hui, vendredi 5 juin 2026, et dimanche prochain, tous les jours à partir de 14h, se tient à Buenos Aires, au Museo del Mate, sur Avenida de Mayo, le premier Mundial de la Yerba Mate où de très nombreuses marques élaborées en Argentine, en Uruguay, au Paraguay et au Brésil vont être goûtées, évaluées, jugées et classées, comme on le fait avec les vins, par un jury de 43 experts provenant de onze pays différents.

Les dégustations se feront à l’aveugle. 400 produits participent au concours. Sur inscription préalable, le public pourra lui aussi participer et goûter les produits participants.

A côté du concours stricto-sensu, ce Mundial propose aussi des conférences, des tables-rondes, des ateliers et des expériences interactives, tant au Museo del Mate qu’à la Academia Nacional del Tango, dont le siège est juste à côté, ce qui permettra d’accueillir plus de monde.

La manifestation est ouverte au public dans la mesure des places disponibles. Il vous en coûtera 28 000 pesos argentins pour une demi-journée avec dégustation ou 54 000 si vous optez pour un forfait couvrant les trois jours.

Cette fiche consacrée à la production de la yerba mate
a été rédigée par un ancien directeur de l'INYM
(Instituto Nacional de la Yerba Mate, un organisme
presque entièrement détruit par Milei,
privé d'argent et d'une partie de ses compétences),
le regretté Roberto Montechiesi, un spécialiste
de haute volée.
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Un seul regret pour moi : il semblerait que ma marque préférée ne participe pas à la manifestation. Il s’agit de La Obereña, une marque assez confidentielle (on ne la trouve ni dans la grande distribution ni même dans les supérettes, uniquement dans les magasins spécialisés ou chez les commerçants passionnés). Il s’agit d’une yerba mate bio, fumée, très équilibrée qui donne à la boisson une impressionnante longueur en bouche avec une amertume discrète. La Obereña est la marque d’un producteur-récoltant familial et artisanal qui intègre toutes les étapes de la production, depuis la plantation et la cueillette jusqu’à la mouture finale des feuilles et leur conditionnement (très original, en sacs de tissu ou de toile de jute), en passant par le séchage, la fermentation et le fumage. La marque porte le nom du lieu de la production : Obera, une localité de la province de Misiones, à la frontière avec le Paraguay et le Brésil. La famille produit aussi du thé et du roboois.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 21 mai 2026

L’archevêque de Buenos Aires défend Santa Catalina et ce quartier historique [Actu]

Messe à l'air libre dans le patio de l'église Santa Catalina hier


Hier, l’archevêque de Buenos Aires, Monseigneur García Cuerva, a célébré la messe en plein air, sur le parvis de l’église Santa Catalina de Siena que le curé de la paroisse vient de fermer à cause des dégâts que des travaux dans la rue mitoyenne, qui doit devenir piétonne, ont infligés à la structure du vénérable édifice.

Le prélat a insisté sur la gravité de la situation, fruit d’une politique urbanistique irresponsable qui met en péril des monuments historiques qui sont l’histoire du peuple. Il a fait allusion à des décisions affairistes qui volent leur mémoire aux gens pour le plus grand profit d’une petite poignée d’ultra-riches. Il a déclaré qu’il était opposé à l’édification du temple gigantesque que la justice locale vient d’autoriser en appel au bénéfice des mormons et qu’il serait tout aussi opposé à un projet d’église destinée au culte catholique. Voilà qui est dit mais il n’est pas sûr que cela renverse la situation.

La Prensa, le journal catholique réactionnaire,
a mis l'info en Une : tout en bas, au centre, sur fond orange
mais l'article n'est pas sur son site internet
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De leur côté, trois membres de la Commission nationale des monuments historiques ont posé hier leur démission pour protester contre cette décision judiciaire aberrante qui a été prise malgré le fait que l’ancien monastère, devenu centre pastoral diocésain, et l’église, désormais paroissiale, soient protégés par la loi qui les a inscrits au patrimoine national en 1942, pour l’église, et 1975 pour le monastère. Cet ensemble historique du 18e siècle ne peut donc pas légalement être menacé ni sur le plan esthétique ni sur le plan structurel par la construction de deux bâtiments démesurés qui vont nécessairement modifier les qualités mécaniques du sol et l’équilibre urbanistique et architectural de l’environnement immédiat.

Aujourd’hui, la Commission doit venir faire une visite sur place pour relever les dégâts existants.

L’affaire pourrait donc connaître de nouveaux développements.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur la visite de l’archevêque sur place
lire l’article de Clarín sur les dégâts subis par la structure de l’église
lire l’article de La Nación sur la Commission et ses membres démissionnaires

Ajout du 23 mai 2026 :

lire cet article de La Nación sur un nouveau recours aux tribunaux pour empêcher la construction du méga-temple mormon après la découverte des dégâts provoqués sur la structure de l’église Santa Catalina par des travaux dans la rue Viamonte voisine.
Hier, La Prensa mettait en Une (ci-dessous) une info sur la réaction du diocèse de Buenos Aires à la situation architecturale de la veille église mais l’article n’est pas disponible sur le site Internet du journal.

L'info est traitée à gauche, dans l'encadré orange
Le gros titre porte sur une pseudo reprise d'activité
manufacturière...
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Ajout du 30 mai 2026 :
Les riverains se mobilisent contre le projet du temple mormon disproportionné et dangereux à côté de l’église Santa Catalina.
A ce propos, lire cet article de La Nación

En haut à droite : "On demande que
la Ville paye pour les dommages causés
à l'église Santa Catalina", dit le titre secondaire
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vendredi 15 mai 2026

Vandalisme judiciaire au cœur de Buenos Aires [Actu]

Le projet remis sur les rails
En blanc, au centre, le temple
En gris, à gauche, l'immeuble
En rouge, à gauche, le toit de Santa Catalina
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Un tribunal administratif de Buenos Aires vient de faire droit aux mormons qui veulent édifier sur une friche urbaine qu’ils ont achetée, en plein cœur de Buenos Aires, un gigantesque temple au détriment du cadre d’un des rares témoins de l’histoire pré-indépendance, qui est aussi l’un des vestiges exceptionnels de l’architecture coloniale : l’ensemble monastique Santa Catalina, premier monastère féminin institué à Buenos Aires au tout début du 18e siècle. Pour que les sœurs puissent vivre tranquillement et s’adonner sereinement à la contemplation qui était leur vocation, ce tout premier monastère féminin avait été installé à dessein tout au nord de la ville, hors du bâti urbain qui l’a depuis largement rattrapé et dépassé.

La jolie petite église baroque, à la façade blanche, est devenue une paroisse et les bâtiments monacaux, avec le cloître et son très paisible et très joli jardin, ont été transformés en centre pastoral diocésain. Il y règne une paix extraordinaire au milieu de toute l’agitation de la mégapole. On y entend à peine le bruit de la ville.

La Prensa s'indigne en Une
L'éditorial est annoncé en bas à gauche,
dans un cadre violet
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Le centre Santa Catalina est pourtant situé à proximité immédiate d’une très grande galerie marchande qui s’élève sur trois étages, une architecture exceptionnellement belle et un lieu très fréquenté par les Portègnes et par les touristes, installé dans ce qui fut le bâtiment de fondation du Museo Nacional de Bellas Artes à la fin du 19e siècle : les Galerías Pacífico.

Aussitôt connu le projet mégalomane de la secte états-unienne, qui ne compte qu’un très petit nombre d’adeptes en Argentine, les riverains ont tenté de faire valoir l’importance patrimoniale et historique du lieu et ont réclamé qu’on en préserve les caractéristiques urbanistique et le calme. Sur la friche, ils proposaient de créer un espace vert, ce dont le centre de Buenos Aires a le plus grand besoin pour affronter le réchauffement climatique dont les effets locaux s’aggravent d’année en année. En première instance, l’année dernière, ils ont gagné. Le projet pharaonique de l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours a été paralysé mais les mormons ont invoqué leur liberté religieuse dont la décision de première instance aurait, selon eux, constitué une violation et en appel, ils viennent d’emporter la décision du tribunal. Or c’est l’un des très grands problèmes de l’Argentine qu’elle ne sait pas transmettre sa mémoire ni enseigner son histoire ni protéger son patrimoine culturel comme naturel, et encore moins sous la présidence actuelle puisque Javier Milei ne comprend même pas le concept. Or sans racines, un peuple ne peut pas construire son avenir.

Le projet urbanistique de la secte rappelle la folie des grandeurs d’un Donald Trump occupé à transformer la Maison Blanche en palais façon Disneyland, le très mauvais goût et l’inculture crasse de Mar-a-Lago en prime. Les mormons entendent construire deux gratte-ciels côte à côte, le plus petit serait leur temple et l’autre une sorte de Trump Tower à leur sauce.

Horrifiés et ensemble, les quatre journaux nationaux s’en offusquent ce matin…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 18 mai 2026 ;
lire l’article de La Nación sur le détail des plans nouvellement révélés

Ajout du 19 mai 2026 :
lire l’article de La Nación sur la fermeture temporaire de l’église Santa Catalina parce que les travaux ordonnés par la Ville dans la rue limitrophe ont occasionné des dégâts sur la structure bicentenaire de ce monument historique. On imagine ce que cela sera avec les travaux gigantesques prévus par les mormons dans le plus proche avenir. Le curé de la paroisse a fait visiter l’intérieur de l’église et a fait constater les dégâts (l’article les montre à travers des photos très parlantes).

Ajout du 20 mai 2026 :
La Nación a mis l'affaire à la Une de son édition de ce matin !

La photo principale montre une vue aérienne
du site tel qu'il se présente actuellement
En haut, avec le toit en tuile rouges, le monument historique
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jeudi 14 mai 2026

Fête de la Torta Argentina à Dolores pour le 25 mai [à l’affiche]


Cette année, la fête nationale argentine donnera lieu à un long week-end, ce qui a permis à la bourgade de Dolores, dans la province de Buenos Aires, de déployer sur trois jours sa traditionnelle Fiesta de la Torta Argentina, gâteau composé d’une succession de couches de pâte et de dulce de leche, le tout décoré, pour l’occasion, aux couleurs du drapeau.

L'un des stands de dégustation pendant une précédente édition

C’est le genre de fête locale qui rassemble les habitants du lieu, attire ceux des communes des alentours, éventuellement des touristes nationaux mais n’a que très rarement vu des visiteurs étrangers. Le genre de manifestation que j’apprécie entre toutes car on y trouve une Argentine tout à fait authentique, entièrement à la bonne franquette, ce qui n’est pas le cas des fêtes attrape-touristes.

En 2018, un artisan avait confectionné en torta argentina cette maquette
du Cabildo de Buenos Aires tel qu'il existe aujourd'hui,
l'hôtel de ville colonial où s'était joué l'acte central de la Révolution de Mai 1810
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Dolores se situe à deux cents kilomètres de Buenos Aires. La Fiesta, la 12e du nom, va proposer des ateliers de pâtisserie, des stands de dégustation, un concours de tortas argentinas, des danses et des soirées musicales. La saison permet de profiter des derniers jours de la belle saison alors que l’on entre bientôt dans l’hiver austral.

Entrée libre et gratuite, bien entendu.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 15 mai 2026 :
lire l’article de Página/12 sur le sujet qui est sur la Une de l'édition provinciale du journal

En haut, à droite : "Fêter notre dessert national"
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mardi 10 février 2026

C’est carnaval de part et d’autre du Río de la Plata [à l’affiche]

Photo officielle du carnaval de Concordia
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Depuis hier, Página/12 nous emmène au Carnaval qui vient de débuter de part et d’autre du Río de la Plata. Le quotidien argentin met l’accent sur les racines afro-américaines remises en valeur cette année par les différentes comparsas qui animent les rues nocturnes de Montevideo, Concordia (dans la province de Entre-Ríos, dans la région nord-est de l’Argentine et même de Lincoln, petite cité de la province de Buenos Aires.

Photo officielle du carnaval de Lincoln
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Si la composante afro-américaine est très présente dans la culture uruguayenne (comme dans la culture brésilienne voisine), elle est restée beaucoup plus discrète dans celle de l’Argentine dont les classes dominantes l’ont durement combattue tout au long du 19e siècle et jusqu’il y a quelques années seulement. Sous Javier Mileí, l’Argentine officielle renoue avec un racisme presque assumée, comme à la Maison Blanche, et s’efforce à nouveau d’étouffer cette réalité historique indéniable.

Le carnaval est donc toujours ce lieu où le peuple défie les puissants et critiquent les gouvernants.

Une du supplément culturel quotidien de Página/12 d'hier
sur le Carnaval de Montevideo
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Le carnaval va se déployer jusqu’à la fin du mois même si la tradition voudrait qu’il s’arrête le Mardi-Gras mais cela fait longtemps que l’arrivée du Carême (mercredi, la semaine prochaine) ne joue plus aucun rôle dans ce calendrier festif.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 d’hier sur l’entrée en carnaval de Montevideo
lire l’article de Página/12 d’hier sur l’entrée en carnaval de Lincoln
lire l’article de Página/12 d’aujourd’hui sur l’entrée en carnaval de Concordia

mardi 3 février 2026

Le sabre de San Martín déménage encore une fois [Actu]

Le sabre et sa gaine au Museo Histórico Nacional
avec une reproduction du drapeau de l'Armée des Andes (1817)
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Le Sable Corvo (le sabre courbe) du général José de San Martín (1778-1850) a été légué au peuple argentin en 1897 par Manuela Rosas de Terrero, la fille de Juan Manuel de Rosas, qui était gouverneur de Buenos Aires à la mort du général en 1850, raison pour laquelle celui-ci avait disposé dans son testament que cette arme emblématique des luttes pour l’indépendance devait lui revenir.

Alfredo Carranza, fondateur du Museo Histórico Nacional (MHN) à Buenos Aires, avait personnellement sollicité ce legs de Manuela Rosas et de son époux, seul le mari étant habilité à l’époque à gérer le patrimoine d’une femme mariée. Manuelita, comme elle reste nommée dans le souvenir populaire en Argentine, avait accédé à cette demande alors qu’elle touchait à la fin de sa vie (elle est décédée l’année suivante dans son exil en Angleterre).

Au 20e siècle, à la suite de deux vols successifs à deux ans de distance et au regard de l’organisation architecturale du musée, qui, dans les années 1960, ne permettait guère d’assurer à ce trésor national la sécurité qui lui convenait, il avait été décidé par un gouvernement dictatorial et anticonstitutionnel de confier l’arme à la garde du Régiment des Grenadiers à Cheval (RGC), fondé par San Martín le 16 mars 1812 et, à ce titre, dépositaire de la mémoire du héros, sans descendance depuis 1924. Or Manuelita Rosas avait précisément légué le sabre au Museo Histórico Nacional (MHN), en précisant, sous la signature de son mari et au nom d’elle-même et de leurs enfants, que l’objet (« ese monumento de gloria ») était offert à « la Nación Argentina ».

C’est la raison pour laquelle en 2015, la présidente Cristina de Kirchner, qui comme tout péroniste qui se respecte vénère la mémoire et l’héritage de Rosas (que la droite hait, méprise et vomit de toutes ses forces), avait décidé la réinstallation de ce sabre au Museo Histórico Nacional où l’attendait une splendide salle toute neuve, conçue pour lui, à sa mesure, où il est depuis admirablement mis en valeur et en sécurité, avec la présence constante d’une garde d’honneur de deux grenadiers à cheval, un homme et une femme, de chaque côté d’une magnifique vitrine.


A l’époque, je me souviens que j’avais assisté en direct à ce transfert solennel grâce à la chaîne You Tube de la télévision publique argentine. Ce déménagement ne m’avait alors inspiré qu’une montagne de doutes parce que mes visites au MHN m’avaient laissé le souvenir d’un musée poussiéreux et horriblement mal conçu alors que le reliquaire inséré dans le mur, à gauche, dans le vaste hall d’entrée de la caserne du RGC, m’avait parfaitement permis à chacune de mes visites de l’admirer, certes d’un seul côté (ce qui était fréquent dans la muséologie au début des années 2010). En compagnie de la conservatrice du musée du régiment, j’avais même pu m’en approcher, avec respect, sous l’œil vigilant de deux sentinelles présentes en permanence.

Or depuis 2015, le MHN a continué de se remodeler avec, qui plus est, une vraie intelligence muséographique qui lui permet ces dernières années de réunir dans la même exposition permanente et des salles dédiées trois souvenirs emblématiques de la période de l’Indépendance : un somptueux joyau en argent offert au général Manuel Belgrano (1770-1820) lors de sa campagne dans l’actuelle Bolivie et aussitôt légué par lui à ce qui était en train de devenir la nation argentine, ce sabre de San Martín ainsi que l’original du daguerréotype pour lequel le même San Martín avait posé, probablement à la demande de sa fille, à l’occasion de ses soixante-dix ans, à Paris, peut-être le 25 février 1848, avant que la Révolution de Février ne le pousse à quitter la capitale pour Boulogne-sur-Mer où il espérait protéger sa famille de la violence parisienne et où il est finalement décédé le 17 août 1850.

Le MHN présente cet avantage supplémentaire sur la caserne de Palermo qu’il est normalement ouvert au public tandis que la caserne, surtout celle du RGC, reste une enceinte militaire. On n’y entre pas comme dans un musée. Il faut prendre rendez-vous et montrer ses papiers d’identité à la police militaire dans la guérite qui se trouve à l’imposante grille d’entrée, au pied du grand escalier qui caractérise le bâtiment (comme il faut le faire à Paris pour visiter le musée homologue, celui de la Garde républicaine, au quartier des Célestins). Toute cette procédure fait que ce musée militaire est essentiellement accessible aux écoles, aux historiens (pas très nombreux) et aux associations. Et encore ! Pas toutes, parce que peu de gens connaissent l’existence de ce musée et encore moins les procédures à suivre pour le visiter. Sans compter les mauvais souvenirs de la Dictature militaire de 1976-1983 qui s’attachent aux casernes situées dans ce quartier de Buenos Aires et qui font qu’encore aujourd’hui, cinquante ans après le coup d’État, il y a encore des gens qui ne veulent pas y mettre les pieds et cela se comprend.

Or, Javier Mileí a choisi la date d’aujourd’hui, l’anniversaire de la victoire de San Lorenzo, seul engagement de San Martín sur l’actuel territoire argentin, le 3 février 1813, un combat qui est à l’Argentine ce que Valmy est à la France, Mileí donc a choisi ce jour pour publier au Journal officiel un de ses maudits décrets : aujourd’hui, il ordonne la réinstallation du sabre à la caserne du Régiment des Grenadiers à Cheval, avec des arguments débiles et qui n’appellent que le mépris puisqu’il ose prétendre que l’objet y serait plus en sécurité que dans le musée en prenant l’exemple des deux vols des années 60, comme si le MHN n’avait pas évolué depuis (d’autant que si le musée n’est pas sûr, c’est sa faute ; c’est à lui et à son gouvernement d’incapables qu’il incombe de mettre les moyens pour qu’il le soit !).

Sous une forme déguisée, cet apprenti dictateur vient donc de privatiser à nouveau une pièce symbolique du patrimoine historique argentin. C’est dégueulasse, comme d’habitude !

En apprenant que son musée perdait la plus prestigieuse pièce de sa collection, et pour quelles raisons encore, la directrice du musée a donné sa démission. Elle avait pourtant été nommée par Mileí. Son prédécesseur, le très bon historien Gabriel Di Meglio, avait quant à lui été révoqué du jour au lendemain en mai 2024 pour avoir refusé de sortir le sabre de San Martín de sa vitrine à la demande du président qui voulait faire joujou avec lors de la fête nationale, le 25 mai, date anniversaire de la Révolution de 1810 qui avait mis fin au régime colonial. Il semblerait que Mileí reviendrait à son caprice premier : il est en effet prévu que le transfert se fasse le 7 février dans l’hélicoptère qui l’emportera jusqu’à San Lorenzo, à côté de Rosario, où il remettra lui-même l’arme au détachement du régiment stationné sur l’ancien champ de bataille, pour un anniversaire célébré hors date.

Les descendants de Manuelita Rosas ne sont pas en reste : ils ont présenté aujourd’hui une demande en référé devant la justice argentine pour empêcher ce déplacement contraire aux dispositions légataires des époux Terrero-Rosas, leurs aïeux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (tant qu’il reste en ligne)
lire l’article La Prensa
lire l’article de Clarín, qui ne consacre pas moins de 4 articles à cette affaire sur son site Internet

mercredi 10 décembre 2025

Le Cuarteto de Córdoba est inscrit au Patrimoine de l’Humanité [Actu]

Dessin de Chumbi pour La Voz du 10 décembre 2025
Tunga tunga est l'onomatopée qui désigne le cuarteto
comme tchan tchan (en espagnol chan chan) symbolise le tango
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Hier, à New-Delhi, l’UNESCO a voté pour inscrire au Patrimoine immatériel de l’UNESCO une expression artistique populaire née en 1943 à Сórdoba, dans le centre historique et géographique de l’Argentine, et qui y est resté très présent depuis sans se diffuser outre mesure dans le reste du pays : le cuarteto, qui est une danse, une musique et tout un répertoire de chansons.

La Mona Jíménez (photo de Fernando de La Orden, pour Clarín)

Ce vote vient enrichir le catalogue des contributions argentines à ce vaste patrimoine qui avait déjà intégré la voix de Carlos Gardel, dont on célébrera l’anniversaire de naissance demain, le tango et le chamamé (genre musical du nord-est de l’Argentine et que la région partage avec le nord de l’Uruguay, le Paraguay et la pointe sud du Brésil).

Leonor Marzano est considérée comme l'une des créatrices du genre

Les artistes et un certain nombre de médias ont manifesté leur fierté ce matin. Un peu partout, on retrouve la présence du plus médiatique représentant actuel du genre, La Mona Jímenez, un chanteur exubérant qui a décidé de jouer de sa laideur en se produisant sous un nom qui se traduit « la guenon Jímenez ».Malgré cette présence écrasante, l’histoire du genre n’est pas oubliée et d’autres figures historiques du genre sont aussi mise à l’honneur.


La Une du quotidien régionale
Maintenant, le Cuarteto appartient au monde entier
Sur la photo, une personnalité locale prend un selfie
devant la statue de Potro Rodrigo Bueno (1973-2000),
l'un des grands noms du genre
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Le gouvernement lui-même, qui se fiche pourtant comme de l’An 40 de tout ce qui relève de la culture populaire dans le pays, s’est fendu d’un communiqué sur le site officiel de la Culture, reléguée par Mileí au rang de simple secrétariat d’État au sein de ce fourre-tout qu’est le ministère du Capital Humain, ce que la Academia Nacional del Folkore n’a pas encore fait à l’heure où je publie.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

dans la presse de diffusion nationale
lire l’article de Página/12, qui, curieusement, n’a mis l’info sur aucune de ses Unes du jour (je m’attendais à voir quelque chose d’important sur la première page du supplément culturel quotidien Cultura & Espectáculos, mais rien)
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
à Córdoba :
lire les articles de La Voz, le principal quotidien local
lire l’article de Canal C, la chaîne de télévision provinciale
au niveau institutionnel :
lire le communiqué du gouvernement
lire le communiqué (en espagnol) de l’UNESCO
Aucun communiqué de la Province n'était disponible au moment où je rédigeais cette information.

mardi 16 septembre 2025

Nouvelle édition de la Feria Francesa ce week-end [à l’affiche]

Notre ambassade a pris la place des croissants
sur l'affiche !
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A l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, l’Ambassade de France à Buenos Aires ouvre ses portes au grand public sur réservation préalable et propose à tous la Feria Francesa de printemps devant le siège de la représentation diplomatique.

Au programme : des stands de gastronomie tous azimuts (pâtisserie, plats cuisinés, charcuteries, fromages, vins...) et un stand de l’Alliance française pour inviter les visiteurs à découvrir note langue et la culture de notre pays.

Entrée libre et gratuite, à l’intérieur comme à l’extérieur.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 25 juin 2025

Semana Gardeliana à Buenos Aires [à l’affiche]

Carlos Gardel
11 décembre 1890, Toulouse, France
24 juin 1935, Medellín, Colombie


Hier, c’était le 90e anniversaire de la disparition de Carlos Gardel, qui a trouvé la mort à Medellín, lors d’une collision de son avion au sol, alors qu’il allait décoller pour l’une des toutes dernières d’une grande tournée en Europe et en Amérique. Il avait 45 ans et il était au sommet de son art.

Sa voix a été classée au patrimoine de l’UNESCO. Il est considéré comme un trésor national par les Argentins.

Pourtant, cet anniversaire qui aurait dû revêtir quelque solennité, passe presque inaperçu. La ville de Buenos Aires (gouverné à droite et qui utilise le tango comme un atout économique plus que comme un patrimoine culturel) a mis en place une riche semaine d’événements en tout genre dans de nombreux espaces qu’elle contrôle, en particulier le réseau des théâtres municipaux. Le ministère portègne de la culture ne s’est toutefois même pas donner la peine de publier une affiche pour cette manifestation. Sur le site de la ville, une simple photo de l’artiste… Elle est dans le domaine public. Cela évite les frais, n’est-ce pas ? Ils n’ont aucune honte !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 sur l’ensemble des propositions de la semaine
lire l’article de Página/12 sur le spectacle qui s’est donné hier au CCK (rebaptisé aujourd’hui Palacio Libertad, parce que Mileí ne supporte pas que quoi que ce soit porte le nom de l’ancien président Néstor Kirchner)
lire l’article de La Prensa, par le président de la Fondation Gardel, un homme qui n’est pas à sa place dans cet univers gardélien, qui n’a guère de liens avec l’univers du tango et ses institutions, et qui présente ici un ouvrage complotiste qu’il a signé sur l’accident du 24 juin 1935 (cela fait 90ans que toutes sortes de théories fantaisistes et absurdes circulent sur cet accident, comme il y en avait beaucoup dans ces premiers temps de l’aviation)
lire l’article de Clarín

vendredi 20 juin 2025

L’une des plus vieilles églises de Buenos Aires menacée par un temple mormon [Actu]

Santa Catalina aujourd'hui (source : site Internet du centre pastoral)
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L’une des plus vieilles églises de Buenos Aires toujours debout est l’église Santa Catalina de Siena, dédiée à celle que nous appelons en français sainte Catherine de Sienne. Elle a été bâtie en 1745 sur un terrain qui se situait alors en dehors de la ville, bien au nord, pour abriter son premier monastère féminin. A l’époque coloniale, on comptait surtout des communautés régulières masculines, appartenant à des ordres missionnaires insérés dans la ville, les franciscains, les dominicains, les jésuites entre autres, et des communautés féminines cloîtrées. Santa Catalina a donc abrité les « catalinas », que l’on retrouve dans de nombreux toponymes de la ville, des moniales de la famille dominicaine. Le monastère accueillait en ses débuts les filles des grandes familles du vice-royaume du Río de la Plata, jusqu’à ce qu’un évêque l’oblige à accepter une sœur de couleur, pour mettre fin à un grand scandale qui secouait toute l’agglomération. Le recrutement resta élitiste jusqu’à la Révolution de 1810 tant et si bien que seule une petite centaine de femmes y ont fait profession de 1745 jusqu’à cette année qui marque la fin du système colonial. De 1745 à 1810, le monastère a possédé une quinzaine d’esclaves, des femmes affectées aux bas travaux (ménage, cuisine, soin des cultures vivrières et de la basse-cour, etc.)

La même église encore dans sa sobriété coloniale

Ce domaine, déclaré monument historique national en 1942, a cessé d’être un monastère en 1974. Il est aujourd’hui un centre pastoral, à la charge d’une petite équipe de trois prêtres, qui dépend directement de l’archevêque et qui propose des retraites prêchées ou en silence, une boutique d’objets religieux (santería), des conférences, un espace de prière et d’adoration au beau milieu du quartier commercial (la rue Florida) et financier (la rue San Martín, qui traverse la « City » portègne). C’est aussi un lieu historique de grande importance pour la mémoire locale et nationale : de grandes figures indépendantistes sont liées au monastère qui conservent aussi certaines pièces historiques relatives aux Invasions Anglaises (1806-1807), pendant lesquelles le monastère s’est transformé en hôpital pour soigner les soldats blessés, aux premières années post-coloniales et aux années postérieures à l’épidémie de fièvre jaune de 1872, quand les familles aisées du sud de Buenos Aires vinrent s’installer définitivement au nord, réputé plus aéré et plus sain. Et n’oublions pas le patrimoine architectural, dont il reste peu de témoignages dans une ville qui a pratiqué la destruction active de tout ce qui rappelait son passé espagnol.

Or l’une des manzanas, quadrilatères bâtis qui entourent l’ensemble monastique, a été racheté dernièrement par un promoteur immobilier lié à la communauté mormone de l’Utah, qui entend y bâtir un temple hors dimension. Comme tout ce que font en Amérique du Sud ces sectes d’origine protestante qui pullulent aux États-Unis et qui ont aujourd’hui un rôle politique actif à la droite de la droite, cela promet d’être un énorme machin très agité, drainant une population bruyante et particulièrement invasive, notamment par ses actions prosélytes. Or pour ce qui est du bruit et de l’agitation, le quartier est le champion local. Il tient donc à cet îlot de tranquillité.

Or à l’occasion des nombreux projets immobiliers qui ont vu successivement le jour dans les années 2000 pour aménager cette manzana, qui accueillait alors un parking désaffecté (playa de estacionamiento), des fouilles préventives ont permis la découverte de vestiges archéologiques qui documentent la vie quotidienne du monastère. Un trésor pour l’histoire de la ville coloniale ! Il a donc été convenu que cette manzana resterait non bâtie et accueillerait un espace vert dont ce coin ultra-urbanisé à le plus grand besoin.

L'ensemble conventuel aujourd'hui
(vue aérienne tirée du site Internet du centre pastoral)

Le projet mormon réveille les habitants qui réclament désormais qu’on respecte ce qui a été convenu : ils veulent ce qu’on appelle une place en Argentine, un coin de verdure, avec des arbres !

© Denise Anne Clavilier


Página/12 et Clarín en ont parlé ces derniers jours mais les deux journaux ont réservé leurs articles sur le sujet à leur abonnés.

jeudi 29 mai 2025

Les scientifiques dans la rue et à la rue [Actu]

Affiche appelant à la manifestation
"Personne ne se sauve soi-même.
Une neige toxique est en train de détruire
la science et l'université", dit-on en haut de l'affiche
C'est une allusion au début du premier épisode
(celui de 1958), lorsqu'une neige étrange recouvre Buenos Aires
(où il ne neige presque jamais)
Comme si en France, on appelait à la manifestation ainsi :
"Nous sommes en 50 avant Jésus Christ.
Toute la Gaule est occupée.
Toute ? Non ! Un village peuplé d'irréductibles Gaulois..."
En bas : "Agissons dès maintenant"


Hier, de nombreux scientifiques du CONICET, le centre national de recherche scientifique et technologique argentin, se sont rassemblés au Pôle Scientifique de Buenos Aires pour manifester leur colère et exprimer leurs revendications en faveur d’un service public de la recherche, une nécessité si l’Argentine prétend compter dans le monde.

Or ce n’est pas du tout le chemin choisi par Javier Mileí dès sa prise de fonction. Tout au contraire : suppression des bourses de recherche, coupes claires dans les budgets des universités et des laboratoires du Conicet, suppression de postes en quantité astronomique, fermeture de départements entiers. Et maintenant, dénigrement des études supérieures sur la chaîne de télévision publique destinée aux enfants, Paka Paka nouvelle mouture !

Avec cela, le ministre de la Santé vient de dérouler le tapis rouge à son homologue des États-Unis, le plus catastrophique rejeton de la dynastie Kennedy, et ils ont annoncé tous les deux que l’Argentine confirmait son retrait de l’OMS. Mileí suit Trump dans tous ses délires !

Il se trouve qu'une vague de froid roule sur l'Argentine
et qu'il a neigé dans certaines provinces du sud
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Les manifestants ont profité du succès du film El Eternauta, adaptation d’une célèbre bande-dessinée de science-fiction homonyme, signée par un scénariste disparu en 1977 sous la dernière dictature militaire, Héctor Germán Oesterheld, et dont le premier épisode est paru en 1958, alors qu’un gouvernement à la main des États-Unis dirigeait l’Argentine, après le coup d’État contre Perón, pourtant démocratiquement élu pour un second mandat. Or il se trouve que l’acteur qui joue le rôle principal, Ricardo Darín, ne cache pas son opposition au gouvernement en place. Tout s’aligne donc pour que les allusions à l’œuvre soient très lisibles pour tout le monde là-bas (un peu moins pour nous en Europe). C’est de là que viennent ces masques de plongée ou de scaphandre arborés par les manifestants, un attirail propre à la bande dessinée, et ce slogan, qu’ils lui ont emprunté : « Personne ne se sauve soi-même ».

La manifestation dans la ville de Tucumán, au nord-ouest du pays
La photo est prise devant la belle maison coloniale et patricienne
où a été proclamée l'indépendance le 9 juillet 1816 !
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Et preuve que l’inquiétude se répand dans le monde intellectuel argentin : même certains journaux de droite font écho à la manifestation là où, il n’y a pas longtemps, seul Página/12 en aurait parlé.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Une de Página/12, sur la manifestation
lire l’article de Página/12 sur la réaction du Forum latino-américain pour le droit universel à la santé contre l’alignement de l’Argentine sur les positions criminelles de Trump et ses ministres en la matière
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín