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jeudi 30 juillet 2026

Dolores Solá présente son nouveau disque au Torquato Tasso [à l’affiche]


La chanteuse et compositrice Dolores Solá, qui s’est fait connaître dans le groupe de tango alternatif La Chicana, qu’elle dirigeait avec son ex-compagnon, Acho Estol, avant leur séparation il y a quelques années, présentera samedi prochain, le 1er août 2026, à 22 h, au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, dans le quartier de San Telmo., un nouveau disque personnel intitulé Corazón de Perro (cœur de chien). La salle ouvre ses portes à 20 h, comme d’habitude.

Prix des places : 30.000 $ (pesos argentins).

Comme toujours, il faut aussi prévoir les consommations et le repas en sus.
Les tables sont partagées et les places attribuées dans l’ordre d’arrivée des clients.

Dolores Solá s’était lancée dans une première phase de carrière soliste il y a une dizaine d’années avec son premier disque solo, Salto Mortal. Aujourd’hui, elle sort donc un nouvel album d’une dizaine de morceaux avec la participation de plusieurs autres artistes, dont Teresa Parodi, une auteure-compositrice-interprète du folklore de la province de Corrientes (nord-est de l’Argentine), et Daniel Melingo, chanteur et compositeur qui nous a quittés au début du mois.


Le disque présente un répertoire hétéroclite avec un seul tango et des chansons de diverses autres origines, y compris en provenance de la guerre civile espagnole, côté républicain bien entendu. L’ensemble reste marqué par le caractère contestataire qui a toujours été celui de l’artiste.

Pour l’occasion, elle a accordé une longue interview à Página/12.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 5 juin 2026

Tango + Tango : quatre jours de festival à Hasta Trilce [à l’affiche]


Depuis hier, jeudi 4 juin 2026 et jusqu’à dimanche prochain, le café-concert Hasta Trilce, Maza 177, accueille la troisième édition d’un petit festival de tango hors des sentiers battus et du « tango for export » (pour les touristes) : Tango + Tango.

Cette manifestation se déploie sur trois axes : musique acoustique, danse et table-ronde. Elle fait le tour de l’actualité de la création et de la reprise du répertoire dans le genre urbain par excellence de l’Argentine des grandes villes.

Nombreux artistes au programme.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 d’hier
consulter le programme sur le site Internet de Hasta Trilce

mardi 12 mai 2026

Un pot-pourri de musique populaire argentine les mardis soir à San Telmo [à l’affiche]


Ce soir, mardi 12 mai 2026, puis les deux mardis suivants, à 21h (ouverture des portes une heure plus tôt), la Orquesta Típica Di Pasquale présentera son nouveau disque, ¿Que pasa con la música popular hoy? (que se passe-t-il avec la musique populaire aujourd’hui) qui donne leur titre aux trois soirées programmées à La Carbonera, un nouveau restaurant qui a ouvert il y a quelques mois dans une vieille maison typique du San Telmo du 19e siècle complètement retapée, rue Carlos Calvo 299, à l’angle de la rue Balcarce, à 200 mètres environ au nord de là où je descends lorsque je suis à Buenos Aires… Aux dernières nouvelles, c’était un quartier très sympa. J’espère qu’il l’est resté.

Le principe retenu par le pianiste et compositeur Juan Di Pasquale est de mélanger tous les genres de la musique populaire argentine : le tango, le jazz, le rock, tous les rythmes du folklore, qui constituent le patrimoine musical des immenses zones rurales du pays.

Chaque soir, le musicien et son orchestre partageront la scène avec des invités et aujourd’hui, il y aura, entre autres, le compositeur et percussionniste de jazz Pipi Piazzolla, le petit-fils de son grand-père…

Les places sont chères et il faut prévoir le dîner en sus.

30 000 pesos si vous réservez à l’avance, 40 000 si vous achetez votre place en arrivant et si vous êtes portègne. Si vous ne l’êtes pas, on vous la fait à 35 000 pesos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le concert, avec une interview de Juan Di Pasquale
lire l’article de Clarín sur le restaurant, ses spécialités et son décor moderne qui respecte l’architecture vintage du bâtiment.

mardi 3 février 2026

Le sabre de San Martín déménage encore une fois [Actu]

Le sabre et sa gaine au Museo Histórico Nacional
avec une reproduction du drapeau de l'Armée des Andes (1817)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le Sable Corvo (le sabre courbe) du général José de San Martín (1778-1850) a été légué au peuple argentin en 1897 par Manuela Rosas de Terrero, la fille de Juan Manuel de Rosas, qui était gouverneur de Buenos Aires à la mort du général en 1850, raison pour laquelle celui-ci avait disposé dans son testament que cette arme emblématique des luttes pour l’indépendance devait lui revenir.

Alfredo Carranza, fondateur du Museo Histórico Nacional (MHN) à Buenos Aires, avait personnellement sollicité ce legs de Manuela Rosas et de son époux, seul le mari étant habilité à l’époque à gérer le patrimoine d’une femme mariée. Manuelita, comme elle reste nommée dans le souvenir populaire en Argentine, avait accédé à cette demande alors qu’elle touchait à la fin de sa vie (elle est décédée l’année suivante dans son exil en Angleterre).

Au 20e siècle, à la suite de deux vols successifs à deux ans de distance et au regard de l’organisation architecturale du musée, qui, dans les années 1960, ne permettait guère d’assurer à ce trésor national la sécurité qui lui convenait, il avait été décidé par un gouvernement dictatorial et anticonstitutionnel de confier l’arme à la garde du Régiment des Grenadiers à Cheval (RGC), fondé par San Martín le 16 mars 1812 et, à ce titre, dépositaire de la mémoire du héros, sans descendance depuis 1924. Or Manuelita Rosas avait précisément légué le sabre au Museo Histórico Nacional (MHN), en précisant, sous la signature de son mari et au nom d’elle-même et de leurs enfants, que l’objet (« ese monumento de gloria ») était offert à « la Nación Argentina ».

C’est la raison pour laquelle en 2015, la présidente Cristina de Kirchner, qui comme tout péroniste qui se respecte vénère la mémoire et l’héritage de Rosas (que la droite hait, méprise et vomit de toutes ses forces), avait décidé la réinstallation de ce sabre au Museo Histórico Nacional où l’attendait une splendide salle toute neuve, conçue pour lui, à sa mesure, où il est depuis admirablement mis en valeur et en sécurité, avec la présence constante d’une garde d’honneur de deux grenadiers à cheval, un homme et une femme, de chaque côté d’une magnifique vitrine.


A l’époque, je me souviens que j’avais assisté en direct à ce transfert solennel grâce à la chaîne You Tube de la télévision publique argentine. Ce déménagement ne m’avait alors inspiré qu’une montagne de doutes parce que mes visites au MHN m’avaient laissé le souvenir d’un musée poussiéreux et horriblement mal conçu alors que le reliquaire inséré dans le mur, à gauche, dans le vaste hall d’entrée de la caserne du RGC, m’avait parfaitement permis à chacune de mes visites de l’admirer, certes d’un seul côté (ce qui était fréquent dans la muséologie au début des années 2010). En compagnie de la conservatrice du musée du régiment, j’avais même pu m’en approcher, avec respect, sous l’œil vigilant de deux sentinelles présentes en permanence.

Or depuis 2015, le MHN a continué de se remodeler avec, qui plus est, une vraie intelligence muséographique qui lui permet ces dernières années de réunir dans la même exposition permanente et des salles dédiées trois souvenirs emblématiques de la période de l’Indépendance : un somptueux joyau en argent offert au général Manuel Belgrano (1770-1820) lors de sa campagne dans l’actuelle Bolivie et aussitôt légué par lui à ce qui était en train de devenir la nation argentine, ce sabre de San Martín ainsi que l’original du daguerréotype pour lequel le même San Martín avait posé, probablement à la demande de sa fille, à l’occasion de ses soixante-dix ans, à Paris, peut-être le 25 février 1848, avant que la Révolution de Février ne le pousse à quitter la capitale pour Boulogne-sur-Mer où il espérait protéger sa famille de la violence parisienne et où il est finalement décédé le 17 août 1850.

Le MHN présente cet avantage supplémentaire sur la caserne de Palermo qu’il est normalement ouvert au public tandis que la caserne, surtout celle du RGC, reste une enceinte militaire. On n’y entre pas comme dans un musée. Il faut prendre rendez-vous et montrer ses papiers d’identité à la police militaire dans la guérite qui se trouve à l’imposante grille d’entrée, au pied du grand escalier qui caractérise le bâtiment (comme il faut le faire à Paris pour visiter le musée homologue, celui de la Garde républicaine, au quartier des Célestins). Toute cette procédure fait que ce musée militaire est essentiellement accessible aux écoles, aux historiens (pas très nombreux) et aux associations. Et encore ! Pas toutes, parce que peu de gens connaissent l’existence de ce musée et encore moins les procédures à suivre pour le visiter. Sans compter les mauvais souvenirs de la Dictature militaire de 1976-1983 qui s’attachent aux casernes situées dans ce quartier de Buenos Aires et qui font qu’encore aujourd’hui, cinquante ans après le coup d’État, il y a encore des gens qui ne veulent pas y mettre les pieds et cela se comprend.

Or, Javier Mileí a choisi la date d’aujourd’hui, l’anniversaire de la victoire de San Lorenzo, seul engagement de San Martín sur l’actuel territoire argentin, le 3 février 1813, un combat qui est à l’Argentine ce que Valmy est à la France, Mileí donc a choisi ce jour pour publier au Journal officiel un de ses maudits décrets : aujourd’hui, il ordonne la réinstallation du sabre à la caserne du Régiment des Grenadiers à Cheval, avec des arguments débiles et qui n’appellent que le mépris puisqu’il ose prétendre que l’objet y serait plus en sécurité que dans le musée en prenant l’exemple des deux vols des années 60, comme si le MHN n’avait pas évolué depuis (d’autant que si le musée n’est pas sûr, c’est sa faute ; c’est à lui et à son gouvernement d’incapables qu’il incombe de mettre les moyens pour qu’il le soit !).

Sous une forme déguisée, cet apprenti dictateur vient donc de privatiser à nouveau une pièce symbolique du patrimoine historique argentin. C’est dégueulasse, comme d’habitude !

En apprenant que son musée perdait la plus prestigieuse pièce de sa collection, et pour quelles raisons encore, la directrice du musée a donné sa démission. Elle avait pourtant été nommée par Mileí. Son prédécesseur, le très bon historien Gabriel Di Meglio, avait quant à lui été révoqué du jour au lendemain en mai 2024 pour avoir refusé de sortir le sabre de San Martín de sa vitrine à la demande du président qui voulait faire joujou avec lors de la fête nationale, le 25 mai, date anniversaire de la Révolution de 1810 qui avait mis fin au régime colonial. Il semblerait que Mileí reviendrait à son caprice premier : il est en effet prévu que le transfert se fasse le 7 février dans l’hélicoptère qui l’emportera jusqu’à San Lorenzo, à côté de Rosario, où il remettra lui-même l’arme au détachement du régiment stationné sur l’ancien champ de bataille, pour un anniversaire célébré hors date.

Les descendants de Manuelita Rosas ne sont pas en reste : ils ont présenté aujourd’hui une demande en référé devant la justice argentine pour empêcher ce déplacement contraire aux dispositions légataires des époux Terrero-Rosas, leurs aïeux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (tant qu’il reste en ligne)
lire l’article La Prensa
lire l’article de Clarín, qui ne consacre pas moins de 4 articles à cette affaire sur son site Internet

jeudi 16 octobre 2025

Cucuza fête ses cinquante ans de tango à guichets fermés [à l’affiche]

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Hernán Cucuza Castiello, le chauve le plus populaire du tango à Buenos Aires, fêtera ce soir à la Trastienda, à San Telmo, ses cinquante ans dans le tango et tout le reste de son parcours, dont plusieurs années comme footballeur professionnel avant qu’une blessure mette fait à cette étape de sa vie.

Comme Cucuza n’a que 56 ans, je vous laisse calculer l’âge de ses débuts, la photo de l’affiche pouvant vous aider un peu. Cucuza est une des plus belles voix masculines du tango contemporain et il s’est tourné vers des interprétations rugueuses et rockeuses plus en phase avec le monde d’aujourd’hui que les imitations un peu trop fréquentes des styles antérieurs, ceux des années 1940 et 1950.

Le spectacle se donnera à guichets fermés, ce qui est une excellente nouvelle dans l’Argentine d’aujourd’hui.

Il se produira dans sa formation emblématique, son Trio Inestable qu’il forme avec son fils Mateo Castiello à la guitare et la pianiste Noelia Sinkunas.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 auquel Cucuza a accordé une interview.

Lidia Borda et son « assortiment de bonbons » au CC Torcuato Tasso demain soir [à l’affiche]


La chanteuse Lidia Borda et son guitariste attitré, Daniel Godfrid, offriront demain soir, vendredi 17 octobre 2025, à 22h, leur tour de chant qu’ils ont conçu comme un assortiment de bonbons. C’est ainsi qu’ils l’ont intitulé : Caramelos surtidos. Ils veulent entendre par là que la chanteuse puisera dans le répertoire du tango comme on plonge la main dans un bol de friandises, en choisissant ou sans choisir…

Ce sera au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575, dans le quartier de San Telmo. Les portes ouvriront à 20h pour le dîner et le spectacle commencera à 22h, comme d’habitude.

Prix des places : 25 000 pesos argentins.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 4 octobre 2025

La Chicana s’est reformée et joue ce soir au Torcuato Tasso [à l’affiche]


Le groupe de tango contemporain La Chicana avait disparu lorsque ses deux animateurs et fondateurs, le guitariste et compositeur Acho Estol et la chanteuse Dolores Solá, s’étaient séparés. Ils avaient fait l’essai de travailler à nouveau ensemble et il faut croire que le couple y a pris goût.

Vingt-cinq ans après la fondation de leur ensemble, les voici qui sortent un nouveau disque, Puro Tango, qu’ils présenteront au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575, dans le quartier de San Telmo, les trois samedis qui viennent, à 22h.

Ils reviennent fidèles à eux-mêmes avec le même talent et la même force. Le disque a été enregistré au mois d’avril en public à Maipú, dans la province de Mendoza, dans une ancienne maison de maître bâtie en 1870, restée dans son jus et devenue par conséquent un bâtiment classé de la province.

Prix des places : 25 000 $.

Entrée du public à partir de 20h pour le repas et début du spectacle à 22h, comme d’habitude.



Le disque est disponible sur toutes les plateformes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 29 août 2025

Litto Nebbia reprend ses classiques à La Trastienda [à l’affiche]

Litto avant et maintenant sur ce bandeau de La Trastienda


L’auteur-compositeur interprète Litto Nebbia, un rocker d’origine qui explore depuis de nombreuses années tous les genres de la musique populaire argentine et sud-américaine, revient sur scène demain, samedi 30 août 2025, à La Trastienda, une salle de concert du quartier de San Telmo, à Buenos Aires.

Il avait disparu du paysage depuis une bonne année à cause d’une jambe cassée. Il fallait au moins cela pour tenir éloigné de la scène cet homme hyper-actif qui touche à tout en matière de musique et dirige en plus sa propre maison de production de disques, Melopea, du nom d’un de ses premiers succès.

Or c’est justement l’anniversaire de ce disque de jeunesse qu’il fêtera demain en reprenant les titres de cet album qui a marqué sa carrière et la mémoire du public.

Litto Nebbia est ici photographié à son piano
dans le studio de Melopea Discos, à Villa Urquiza
dans l'ouest de Buenos Aires
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Le récital est aussi programmé la semaine suivante. Et pourtant, les places sont chères à cause du désastre économique que Javier Mileí s’acharne à imposer au pays qui l’a élu : 20 000 $ ARG par personne ! Et rien n’empêchera cette salle d’être pleine, avec un public heureux de retrouver un artiste increvable et de première importance dans le paysage culturel argentin.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

lire l’interview donnée à Página/12 et publiée il y a une semaine dans le supplément culturel quotidien dont elle constitue la Une
consulter le site de La Trastienda.

Ajout du 1er septembre 2025 :
Página/12 a rendu compte dans ses colonnes du formidable concert de samedi soir. J’aurais aimé y être !

jeudi 10 juillet 2025

Prisonnière chez elle, Cristina aura été plus présente que Mileí à la fête nationale [Actu]

Cristina hier à son balcon (photo Emanuel Fernández, Clarín)
Cliquez sur l'image pour voir l'inscription sur le sweet


Tandis que Javier Mileí, seul, célébrait piteusement, sans Te Deum, à Buenos Aires et dans un lieu inhabituel, le quartier de Palermo, qui n’existait même pas en 1816, la fête de l’Indépendance, la gauche de gouvernement s’était rassemblée malgré le froid intense, à Parque Lezama, un grand espace vert dans le vieux quartier de San Telmo, contemporain, lui, de la Révolution de Mai 1810, sous le slogan Argentina con Cristina (l’Argentine avec Cristina).

La foule hier, au Parque Lezama (photo Leandro Teysseire, Página/12)
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Une foule dense était là pour chanter, crier et proclamer des slogans politiques autour de l’indépendance du pays, sérieusement mise à mal par la politique incohérente et court-termiste de Javier Mileí. Des figures importantes à gauche ont fait leur apparition, parmi lesquelles deux enfants volés sous la dictature et retrouvés grâce au travail de mémoire et de recherche de Abuelas de Plaza de Mayo qui jouent aujourd’hui un rôle éminent au sein de l’opposition.

Clou du rassemblement, tous ont pu écouter un message audio de leur leader qui s’adresse désormais régulièrement à eux grâce à la technologie depuis l’appartement où elle est retenue en résidence surveillée. Elle a critiqué vertement le président entre autres pour avoir récemment à nouveau endetté le pays auprès du FMI à une hauteur encore jamais vue (et sans aval du Congrès), ce qui réduit considérablement cette marge de manœuvre de l’Argentine que les révolutionnaires avaient voulu garantir en déclarant l’indépendance il y a 219 ans.

Une autre vue de la foule au Parque Lezama (photo Emanuel Fernández)
A gauche, on aperçoit les bulbes de l'église orthodoxe de San Telmo
derrière les fumées de barbecues
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Après la fête à San Telmo, une partie de la foule a pris la direction d’un autre vieux quartier tout proche, celui de Constitución (appelé Concepción à l’époque coloniale), où réside Cristina, qui est apparue au balcon pour saluer ses partisans, vêtue d’un sweet-shirt barré d’un grand ARGENTINA en lettres capitales dorées. En voilà de la com. politique. C’est autre chose que Javier !

Página/12 a décidé de titrer sur le scandale de la crypto-monnaie :
de sombres transferts de fonds sont apparus au cours
de l'enquête, impliquant les principaux interlocuteurs du président
En haut, le Parque Lezama et une citation de Cristina :
"Jamais nous n'avons eu un tel degré de dépendance"
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Et pendant ce temps-là, sans son frère, Karina Mileí négociait un accord électoral avec le PRO, le parti libéral de l’ex-président Mauricio Macri, pour les élections en Province de Buenos Aires, que les péronistes de leur côté aborderont unis, selon un accord auquel les ténors des différents courants du mouvement sont parvenus hier, à La Plata. Raison pour laquelle on ne les a pas vus au Parque Lezama...

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’éditorial de Página/12 intitulé La voz (le voix), sur cette manière qu’a trouvée Cristina de rester la maîtresse des horloges de la politique argentine dans l’opposition (elle est très forte, tout de même !)
lire l’article de Clarín

mardi 1 juillet 2025

El Tango pide pista de retour à Pista Urbana [à l’affiche]


El Tango pide pista (le tango demande la piste) est un festival alternatif qui se tient tous les ans, depuis dix ans, dans un très sympa et très typique modeste café du quartier de San Telmo, dans la rue Chacabuco, dénommé Pista Urbana. Pista Urbana est une institution sans but lucratif, gérée par une association, et qui s’est donné pour mission d’accueillir tous les musiciens et tout le public, indépendamment de la taille du portefeuille.

Pendant tout le mois de juillet, en plein hiver austral, Pista Urbana proposera trente spectacles différents dans à peu près toutes les disciplines du tango, avec des chanteurs, des compositeurs, des instrumentistes, des danseurs, du cinéma. Le café ouvre sa piste et sa scène à des artistes authentiques qui ont bien souvent beaucoup de mal à se produire, en particulier depuis l’arrivée de Javier Mileí au pouvoir.

L’entrée est libre. La participation aussi et le programme est somptueux, même s’il est très difficile maintenant de rassembler du public en soirée, notamment dans cette petite rue secondaire, qui ne bénéficie pas de l’éclairage public abondant qui existe dans les avenues du voisinage. Sans parler des difficultés pour se garer si vous venez d’un peu loin... Les gens ont peu d’argent à consacrer aux loisirs et ils ont très peur de la violence qui monte très concrètement dans les quartiers même les plus paisibles depuis que le gouvernement a fait le choix de bannir toute politique sociale et de lui préférer la violence institutionnelle et économique. Et en plus, il fait un froid de canard en ce moment sur toute l’Argentine !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, qui donne la parole aux organisateurs du festival
lire l’article de Fractura Expuesta, le média spécialisé dans le tango alternatif, qui détaille le programme jour après jour
visiter le site Internet de Pista Urbana

jeudi 28 novembre 2024

Trio d’amis dispersés au CC Torcuato Tasso [à l’affiche]


L’une vit en Espagne, l’autre multiplie les tournées à l’étranger et le dernier s’est lancé avec un nouveau groupe. Tous les trois profitent donc d’un moment (rato) ensemble (juntos) pour jouer ce soir, jeudi 28 novembre 2024, à 22h, au Centro Cultural Torquato Tasso, à San Telmo.

Piano, voix et guitare pour du tango contemporain très engagé.

Entrée : 12 000 pesos argentins ($ ARG). Consommation en plus !

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

samedi 29 juin 2024

Un mois de juillet consacré au tango à Buenos Aires [à l’affiche]


A partir de mardi prochain et pour tout le mois de juillet, une manifestation todo tango revient à San Telmo pour une neuvième édition : El Tango pide pista (le tango demande une piste), un jeu de mot avec le nom de le bar-concert associatif qui accueille la manifestation, Café Pista Urbana, Chacabuco 874.

En dix ans, El Tango pide pista n’a manqué le rendez-vous qu’en 2020, à cause de la pandémie.

Le premier rendez-vous de ce cycle à la bonne franquette sera un nouvelle projection du superbe documentaire El Café de los Maestros qui recueille les souvenirs de tous les grands du tango dont aujourd’hui un grand nombre nous a quittés.

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Au programme, il y aura un peu de tout : de la musique, du chant, de la danse et surtout des rencontres. Plein de rencontres. A noter que Pista Urbana dispose de sa chaîne Youtube et que certaines soirées s’y retrouveront peut-être d’ici peu.

La manifestation a été présentée mercredi au siège de la Academia Nacional del Tango par le président de celle-ci, Gabriel Soria.

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com


Pour aller plus loin :

samedi 7 octobre 2023

Esa te la debo : de la murga au CC Caras y Caretas ce soir [à l’affiche]


La murga Se te la debo (celle-là, je te la dois) se produira ce soir, samedi7 octobre 2023, à 21h, au Centro Cultural Caras y Caretas, Venezuela 330, qui appartient au groupe médiatique Octubre, propriétaire de Página/12.

Ce groupe de musique carnavaleuse est né en 2016, pendant le mandat de Mauricio Macri, en réaction contre la politique ultra-libérale de ce dernier, qui a abouti à l’endettement inouï du pays, que la pandémie du Covid a fini d’achever deux ans et demi plus tard.

Dans leur nouveau spectacle, intitulé Sobreviviendo una vez más (survivant une fois encore), le groupe, fort de huit musiciens sur scène, chantera avec son humour habituel la situation politique en Argentine qui vit la dernière ligne droite de cette effarante et désolante campagne électorale qui menace d’aboutir à la présence de Javier Mileí au second tour, un candidat tout à la fois libertaire et crypto-fasciste au programme cauchemardesque.

Entrée : 3 000 pesos argentins.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

dimanche 27 août 2023

Fleurs Noires en tournée en Argentine [à l’affiche]


Fleurs Noires est un orchestre féminin fondé en France en 2003 par une pianiste et compositrice argentine, Andrea Marsili, qui a suivi une formation musicale à Rosario, dont elle est native, puis s’est perfectionnée en France, où elle a aussi fait un cursus universitaire de haut niveau.

Les dix musiciennes présentent depuis hier leur nouveau disque, le quatrième de l’orchestre, Tangos en Aleph, en Argentine avec un demi-douzaine de concerts dans plusieurs villes.

Le premier de ces spectacles a été donné hier à la Casa de Tango de Rosario, à 300 km au nord de Buenos Aires, dans la province de Santa Fe. Ce soir, elles seront au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575 dans le sud de San Telmo, à 21 h.

Puis elles descendront à San Pedro, dans l’extrême sud de la Province de Buenos Aires, avant de changer de cap pour se rendre au nord-ouest, à San Juan, au pied des Andes, dans la province homonyme, où elles se produiront dans le prestigieux et magnifique Teatro del Bicentenario. Elles sont attendues le 2 septembre à Río de la Paz, dans la province de Entre Ríos, où elles joueront dans le cadre d’un festival. La tournée se terminera le lendemain, à Buenos Aires, dans le prestigieux cadre de la Manzana de las Luces, tout récemment réouverte au public après de longues années d’un interminable et chaotique chantier de restauration et de réhabilitation de ce site historique fondé par la Compagnie de Jésus au 17e siècle.

Tout au long du circuit, nos Fleurs Noires seront accompagnées sur scène par le percussionniste argentin établi en France et très connu dans son pays d’origine Minimo Garay et le chanteur Aureliano Marín.

Le disque bénéficie quant à lui de surcroît de la participation de Daniel Melingo, bien connu du public argentinophile français.

A cette occasion, qui ne se présente pas tous les jours, Página/12 publie aujourd’hui une interview de Andrea Marsili dans les pages de son supplément culturel quotidien, Cultura & Espectáculos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 1 juillet 2023

Tout le mois de juillet, « El Tango pide Pista » à San Telmo [à l’affiche]

Le tango demande la piste, dit le nom de la manifestation


Cela se passe à Pista Urbana, une salle modeste du quartier de San Telmo, rue Chacabuco 874, qui accueillera une série de trente concerts des meilleurs musiciens contemporains de tango, de ce soir à 21h au 30 juillet prochain..

Une partie de ces concerts se donnent sans réservation avec participation libre au chapeau (a la gorra, dit-on à Buenos Aires), une autre est payante et sur réservation en ligne sur le site de Pista Urbana.

Au programme, un bon nombre de référence à Piazzolla et à son répertoire mais aussi un hommage au chanteur Ignacio Corsini, un contemporain de Carlos Gardel éclipsé par l’aura de ce dernier et pourtant très représentatif d’un style de chant emblématique sur les bords du Río de la Plata.

Si la curiosité vous prend d’aller regarder le programme complet, vous y trouverez des artistes dont ce blog vous a parlé plus d’une fois.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 6 avril 2023

Susana Rinaldi prolonge ses adieux et revient au CC Torcuato Tasso [à l’affiche]

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Il y a plusieurs mois déjà, la chanteuse Susana Rinaldi, 87 ans depuis Noël, a annoncé qu’elle quittait les planches mais elle n’a toujours pas dit son dernier mot ou plutôt chanté son dernier tango.

Tous les samedis de ce mois d’avril 2023, à 22 h (ouverture des portes à 20 h), elle est à nouveau dans l’une de ses salles fétiches dans la capitale argentine : le Centro Cultural Torcuato Tasso, rue Defensa, dans le sud du quartier de San Telmo.

Prix de la place : 7 000 $ ARG (à quoi il convient d’ajouter le prix du repas, la salle faisant restaurant selon une coutume largement répandue).

Comme d’habitude, Susana Rinaldi est accompagnée par ses musiciens attitrés dirigés par son beau-frère, le pianiste Juan Carlos Cuacci, qui assure tous ses arrangements depuis des années.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

dimanche 2 octobre 2022

Prix Général Belgrano et interview à la télé dans l’émission de Nolo Correa – article n° 7100 [Chronique d’Argentine]

En compagnie du président de l'INB, Manuel Belgrano,
un descendant du général dont un portrait imaginaire trône derrière nous


Le 23 septembre dernier, à Buenos Aires, le président de l’Instituto Nacional Belgraniano m’a remis le prix General Manuel Belgrano pour l’ensemble de mon travail de vulgarisation de la culture argentine en français et tout particulièrement pour la biographie de Manuel Belgrano que j’ai publiée en France en 2020, quelques semaines à peine avant le premier confinement (Manuel Belgrano, l’Inventeur de l’Argentine, Éditions du Jasmin).


Ce travail avait été présenté à l’Ambassade argentine, le 27 février 2020, une date symbolique qui émeut beaucoup les membres de l’Institut puisqu’il s’agit de la date de la création du drapeau national, imaginé par Manuel Belgrano afin de distinguer sur le champ de bataille les troupes révolutionnaires qu’il commandait de celles de l’ennemi, les troupes coloniales fidèles à l’Ancien Régime, alors que jusqu’à cette date, tout le monde combattait sous les mêmes couleurs rouge et jaune, celles de l’Espagne.


Le titre que j’ai donné à cette biographie a lui aussi beaucoup plu car il rend compte de l’un des aspects du personnage qui est très peu et très mal développé dans le discours que les Argentins tiennent traditionnellement sur lui. Trop souvent, Belgrano y est en effet réduit à la seule création du drapeau. Or dans sa courte vie, il a réalisé infiniment plus. Dans ces conditions, qu’une historienne française en parle ainsi ! Surtout si en plus, elle a travaillé directement à partir des sources et non pas de l’habituel salmigondis de biographies publiées en Argentine pas d’autres auteurs… cela pouvait impressionner ce public de connaisseurs.

Une partie de la promotion 2020-2022.
Je suis entourée de l'historien Matías Dibb et de l'aumônier de l'INB
au premier rang

A cause de la pandémie, cette année, la cérémonie a exceptionnellement rassemblé trois promotions successives de récipiendaires. En ce jour du 23 août qui marque l’anniversaire de l’Évacuation de Jujuy (Exodo Jujeño), elle résonnait d’autant plus pour moi qu’au même moment, dans un autre point du globe où je vis, en Europe, un autre pays était en train d’assurer son avenir en évacuant une partie de son territoire avant de lancer une contre-offensive dont on admire maintenant le succès… Comme en 1812 ! Puisque que l’Exode Jujègne fut suivi d’une spectaculaire reconquête du territoire perdu, Belgrano remontant avec succès jusqu’en Bolivie !

Avec l'historienne Norma Ledesma lors de la remise du prix
sous les yeux de l'actuel colonel des Patricios

Tout le monde s’était rassemblé à Palermo, dans le grand hall d’honneur de la caserne du 1er Régiment d’infanterie dit de Los Patricios, dont Manuel Belgrano (1770-1820) a été le second commandant. Los Patricios est le plus ancien régiment du pays. A Buenos Aires, il assure les missions de protocole et de sécurité des autorités municipales. Il a en effet été constitué en 1806 comme milice citoyenne de volontaires de Buenos Aires pour repousser un corps expéditionnaire britannique qui cherchait à s’emparer d’un bout de l’empire espagnol puisque le roi Carlos IV était alors allié de Napoléon : il s’agit d’un épisode épique, baptisé Las Invasiones Inglesas, dont les Portègnes tirent une légitime fierté et dont Manuel Belgrano, encore économiste civil à la tête de la Corporation des Marchands, a été considéré par ses contemporains comme l’un des principaux héros, au point que les autorités municipales encore coloniales ont donné son nom à l’une des rues de la petite bourgade qu’était alors Buenos Aires. C’était la première fois que la ville introduisait des noms historiques dans sa toponymie, remplie jusqu’alors de saints et de notions religieuses.

Après toutes ces émotions matinales, on avait faim !
Un magnifique et très bon gâteau au dulce de leche nous attendait
sous ce décor en pâte d'amande réalisé par une pâtissière amateure très douée

En ce 210e anniversaire de l’Exodo Jujeño, la musique du régiment a participé à la fête... avant de retourner à ses répétitions de l’hymne ukrainien, puisque le lendemain, le 24 août, l’ambassade de ce pays fêtait sa propre fête nationale, son jour de l’Indépendance (restée parfaitement inaperçue dans ce pays gouverné par des prorusses qui ne savent pas trop comment, à l’heure actuelle, ils vont se dépatouiller quand il faudra se prononcer d’ici quelques jours, à l’assemblée générale de l’ONU, sur les rapines de la dictature russe sur le territoire ukrainien).



Une semaine plus tard, cette fois-ci à San Telmo, dans la salle de La Vereda de Beba, un cena-show de taille modeste, je participais à une émission que je connais depuis plusieurs années, Hablando de Arte con Nolo Correa. Un talk-show culturel, en espagnol bien sûr, diffusé à la radio puis à la télé, sur une chaîne de la TNT argentine. Depuis plusieurs années, Nolo Correa, qui en est le producteur et l’animateur principal, diffuse aussi l’émission sur Youtube, où l’on peut donc regarder l’ensemble de la collection, semaine après semaine. Et comme Nolo est un excellent intervieweur, cela vaut la peine de s’abonner à cette chaîne digital.

Un petit retour sur images que je suis heureuse de partager sur Barrio de Tango.

© Denise Anne Clavilier