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mercredi 15 avril 2026

Daniel Binelli fête ses 80 printemps au CCK ce soir [à l’affiche]

Photo tirée du site de l'artiste


Le bandonéoniste Daniel Binelli fête ce soir ses quatre-vingts ans en bonne compagnie et dans une salle prestigieuse de Buenos Aires, lui qui vit à l’étranger depuis de nombreuses années.

Le concert se tiendra ce soir, mercredi 15 avril 2026 à 20 h, à l’Auditorio Nacional du Palacio Libertad, l’ex-Centro Cultural Kirchner, ou CCK, que Javier Milei a voulu débaptiser pour un seul motif : s’efforcer d’humilier Cristina Kirchner qui avait inauguré la transformation de l’ancien Correo Central en centre de spectacles et de culture et lui avait donné le nom de son mari défunt, ancien président de gauche.

Daniel Binelli sera accompagné par son épouse, la pianiste d’origine uruguayenne Polly Ferman, et de la Orquesta Nacional de Música Argentina.

Avec Polly Ferman

Au programme : les Tres movimientos concertantes para bandonéon y orquesta de Daniel Binelli lui-même et deux œuvres classiques, l’un de Piazzolla, Oblivión, l’autre de Horacio Salgán, A fuego lento (à feu doux).

Entrée libre et gratuite à raison de deux places par personne qui réserve.

Le concert sera retransmis en direct sur la radio numérique du Centre (à écouter sous le lien).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 5 février 2026

Le cinéma et l’audiovisuel argentins contre la réforme du code du Travail [Actu]

"Un cri d'avertissement", dit le gros titre en jaune
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Les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel se sont rendus hier au Congrès pour expliquer aux élus et à la presse le danger qu’encourent leurs secteurs respectifs, cinéma grand écran, télévision et radio publiques, puisqu’il est vrai que le diable se cache dans les détails. En l’occurrence, tel un bernard-l’hermite, le dit diable squatte deux petits articles de la grande et très dangereuse réforme du code du Travail par laquelle Javier Mileí et ses sbires veulent priver tous les travailleurs, salariés comme indépendants, des droits sociaux qu’ils ont laborieusement acquis depuis une centaine d’années.

Les deux articles dénoncés par les professionnels de l’audiovisuel suppriment certaines taxes qui servaient à financer leurs secteurs respectifs, l’INCAA pour le cinéma et les films télévisuels, Radio Nacional et Televisión Pública, menacées toutes les deux d’une privatisation imminente. Le produit des taxes restantes cesserait d’être affecté à ces secteurs mais constituerait une réserve de recettes que le gouvernement serait libre d’employer à son entière discrétion. Or, avant Mileí, l’INCAA, l’institut national du cinéma et des arts audiovisuels, avait pour mission essentielle de soutenir la production nationale ainsi que les grands événements cinématographiques du pays, dont le célèbre Festival Internacional del Cine de Mar del Plata, la plus importante rencontre du genre sur le continent sud-américain. Radio Nacional et Televisión Pública étaient, là encore avant Mileí, des acteurs essentiels pour faire vivre ces secteurs grâce à la commande publique et à la puissance de diffusion nationale et internationale (la chaîne culturelle et pédagogique Canal Encuentro avait ainsi pu signer, il y a quelques années, un accord de partenariat avec le groupe France Télévision et on a vu, notamment sur France 5, plusieurs documentaires issus de son catalogue).

Priver ces institutions de leur rôle dans le domaine, c’est réduire au chômage les professionnels du secteur et tous les travailleurs qui bénéficient de la création de postes induits autour de l’activité audiovisuelle stricto-sensu, réduire la capacité de production culturelle nationale et donc de soft-power pour le pays, réduire enfin l’attractivité touristique et économique induite, laquelle bénéficie au pays dans son ensemble ainsi qu’à ses différentes régions en particulier. Faire cela, c’est jouer perdant à coup sûr, ce qu’a toujours fait l’actuel gouvernement depuis la prise de fonction de Javier Mileí il y a un peu plus de deux ans, à l’image de ce que fait Donald Trump aux États-Unis, lui dont la politique de prétendue restauration de la grandeur nationale a les mêmes effets délétères sur le pays et son attractivité.

Les professionnels du secteur rassemblées hier seront-ils arrivés à se faire entendre ? Il faut l’espérer mais le contexte n’incite guère à l’optimisme.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui a fait de ce thème la Une de son supplément culturel quotidien, Cultura & Espectáculos.

mercredi 3 juillet 2024

L’Argentine a son scandale PPDA [Actu]

Photo de groupe prise hier par Maximiliano Faila
après la conférence de presse au Sénat


Les survivantes sont journalistes (parfois stagiaires au moment des faits), étudiantes, agentes universitaires et même voisine de palier de l’agresseur. Lequel avait même dû quitter l’université où il enseignait au milieu des années 1990 lorsqu’un premier scandale avait éclaté.

Hier, dix-neuf femmes de plusieurs générations, réunies par le collectif féministe professionnel Journalistes Argentines, se sont présentées ensemble, à visage découvert, dans un salon du Sénat à Buenos Aires, pour accuser d’attentats à la pudeur, de harcèlement sexuel et de viols tout au long d’une carrière de trente ans, un très grand nom du journalisme argentin, Pedro Brieger.

A l’université où il enseigne la sociologie, l’homme fait figure de ponte. Il a travaillé comme journaliste dans à peu près tous les titres prestigieux de la presse écrite et il a animé des émissions à la radio et à la télévision, tant dans le privé que le public, à gauche comme à droite.

Les 19 journalistes ont publié un rapport où elles ont consigné tous les éléments selon un schéma similaire à celui que l’on voit se déployer en France contre des célébrités artistiques, médiatiques et universitaires en fin de carrière. Elles publient leur texte au moment où le gouvernement national ne cache pas son hostilité au féminisme et titille même l’idée de revenir en arrière sur les droits acquis par les femmes pendant quarante ans de démocratie continue depuis 1983.

Il y avait une petite place sur la première page
Clarín l'a leur a donnée
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Bien entendu, comme tous ses homologues avant lui partout dans le monde, l’intéressé nie les faits, et jure ses grands dieux qu’il a toujours respecté une femme qui lui disait non. Et bien entendu aussi, le caractère délictueux et criminel de ses comportements était largement connu dans le milieux où il exerçait ses diverses professions.

Cette première série de dénonciations en a immédiatement entraîné d’autres : à l’Université de Buenos Aires, une institution beaucoup plus prestigieuse que celle qui l’avait viré (Universidad Belgrano), où Brieger occupe une chaire de sociologie du Moyen-Orient qu’on n’aurait jamais dû lui confier avec un tel passé, des femmes se sont senties encouragées à révéler elles aussi ce que cet homme leur avait imposé. Il a d’ores et déjà été banni de quelques programmes audiovisuels dont il avait la responsabilité. La profession bouge.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de Clarín, le seul des quatre grands journaux nationaux à avoir trouvé une petite place à cette information sur la une de ce matin
lire l’article de La Nación

lundi 7 novembre 2022

Ma seconde interview portègne du mois d’août [ABT]

Inés Grimland
dans l'escalier du patio du Museo Casa Carlos Gardel


Le 30 août dernier à Buenos Aires, j’étais invitée par Inés Grimland au premier numéro de sa nouvelle émission de radio, Conversaciones con Gente de Palabra (conversation avec des gens de parole), diffusée en direct par une radio universitaire et depuis peu disponible sur Youtube.

Une heure d’une conversation à bâtons rompus avec l’animatrice principale, chanteuse, actrice et conteuse, et sa partenaire, à la fois sociologue et cadre en entreprise.

Inés Grimland, issue d’une histoire compliquée et douloureuse d’immigration en Argentine (puisqu’elle est née en Ukraine dans une famille juive yiddishophone qui a fui clandestinement les horreurs de l’occupation allemande en Union soviétique et a fini par trouver refuge aux antipodes), s’intéresse à une grande variété de thèmes et en particulier à tout ce qui tourne autour du transculturel.

Ma démarche envers l’histoire et la musique populaire argentine avec lesquelles je m’efforce de familiariser le public francophone en Europe avait tout pour l’attirer à l’occasion du lancement de cette nouvelle émission d’autant que c’était le chanteur et animateur de radio et de télévision Nolo Correa qui venait de nous présenter trois jours auparavant !



Et tant mieux : l’expérience fut chaleureuse et passionnante pour moi aussi.

© Denise Anne Clavilier

vendredi 14 octobre 2022

Hommage à Tita Merello au Teatro Astral [à l’affiche]


Depuis le 12 octobre dernier, le Teatro Astral, Corrientes 1639, une des grandes salles du centre de Buenos Aires, dans le quartier de Balvanera, propose un spectacle musical consacré à la figure de la chanteuse et actrice Tita Merello intitulé Experencia Tita, llamarada pasional (expérience Tita, appel de la passion).

Dans cette comédie musicale, les différentes facettes intimes et professionnelles de l’artiste sont incarnés par quatre interprètes différentes qui recomposent une figure devenue mythique, celle de la femme du peuple, une sorte de titi faubourienne qui serait à Buenos Aires ce que Piaf est à Paris.

photo Juano Tesone

Clarín offre ce matin sur une page entière de son édition papier une critique du spectacle suivie d’une interview des quatre comédiennes tandis que le Grupo Octubre (Página/12) a préféré interviewé l’une d’entre elles sur les ondes de sa radio, AM 750.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

découvrir les pages consacrées à Tita Merello sur l’encyclopédie en ligne Todo Tango (avec enregistrements à écouter)

vendredi 16 septembre 2022

Alejandro Apo rend hommage à Héctor Negro sur Malena [à l’affiche]

Alejandro Apo lit LES MEILLEURS TANGOS


Aujourd’hui, à l’occasion du septième anniversaire de sa disparition, l’animateur Alejandro Apo rend hommage au poète Héctor Negro (1) sur la radio Malena, la radio tango du groupe médiatique Octubre (actionnaire majoritaire de Página/12).

L’émission est disponible sous forme de podcast téléchargeable, en espagnol bien entendu.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’annonce dans Página/12 qui donne accès à l’émission.



(1) Héctor Negro fait partie des dix poètes présentés dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l’Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, qui constitue le numéro spécial 2010 de la revue Triages, Tarabuste Éditions (France).

lundi 29 août 2022

Demain, enregistrement d’une interview [ABT]


Comme souvent depuis quelques années, lorsque je me trouve à Buenos Aires, je passerai prochainement dans l’émission de télévision produite et animée par Nolo Correa, Hablando de Arte (à propos d’art).

L’enregistrement, sans public, aura lieu demain midi à Taconeando, un modeste cena-show de San Telmo, fondé par la chanteuse et danseuse Beba Bidart qui l’avait laissé à l’abandon à sa mort. Le lieu a été repris en main il y a quelques temps par un propriétaire uruguayen qui l’a relancé. C’est un endroit de taille modeste, un nid sans prétention, pour un public en petit nombre, très joyeux et bon enfant, comme j’ai pu m’en apercevoir hier midi lors d’un repérage.

Au programme, tout ce sur quoi deux ans de pandémie nous ont interdit d’échanger, Nolo Correa et moi, malgré Zoom et autre Skype. Rien ne vaut tout de même la rencontre en chair et en os !

Comme autrefois, Hablando de Arte est diffusé sur plusieurs médias : station de radio, chaîne privée de télévision TNT en Argentine et chaîne Youtube où mes lecteurs européens pourront me retrouver d’ici une semaine.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 1 août 2022

Malena présente une émission sur l’histoire du tango [à l’affiche]

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Dans le cadre de l’élargissement de ses propositions au public, Radio Malena propose désormais un podcast de Eduardo Aliverti où celui-ci vous raconte l’histoire des tangos qui ont fait l’histoire.

Une nouvelle offre, qui complète les ressources sonores sur le Net : la 2x4, radio publique de la Ville autonome de Buenos Aires consacrée entièrement à ce genre, et Todo Tango, l’encyclopédie en ligne du tango (en espagnol principalement).

L’épisode présenté ce lundi sur le quotidien Página/12 (qui appartient au même groupe médiatique) porte sur Recuerdo, l’un des grands tangos du répertoire que l’on doit au compositeur Osvaldo Pugliese, l’un des préférés du groupe médiatique Octubre pour des raisons politiques (Pugliese était communiste en solidarité avec les républicains espagnols attaqués puis vaincus par Franco et coopérateur).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

mardi 26 juillet 2022

En ce jour anniversaire, Adriana Varela rend hommage à Osvaldo Pugliese sur Radio Malena [à l’affiche]


Osvaldo Pugliese est décédé en 1995, le 26 juillet, après une brève maladie contre laquelle il avait lutté en vain. Le grand musicien, l’un des meilleurs compositeurs de la deuxième génération des tangueros professionnels, a laissé un important répertoire aujourd’hui pleinement consacré.

Il était donc normal que Radio Malena, la radio du tango du Grupo Octubre, lui rend hommage en ce jour particulier.

Géant du Tango, de Adriana Varela
Une nouvelle émission toutes les semaines
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C’est ce que fait la chanteuse Adriana Varela avec une longue émission qui peut s’écouter en ligne et se télécharger gratuitement depuis le site de la radio.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (le quotidien du Grupo Octubre)

mercredi 6 juillet 2022

Un grand de la radio-télévision argentine nous a quittés hier : Cacho Fontana [Actu]

"Cacho Fontana est mort
Une marque de radio", dit le gros titre
du supplément culturel quotidien de Página/12
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Cacho Fontana vient de mourir, juste au lendemain du décès de son ex-femme, la mère de ses deux filles. A 90 ans, les suites à long terme du covid contracté au début de la pandémie donnaient depuis longtemps des inquiétudes au sujet de son état de santé.

"La situation argentine inquiète les Etats-Unis",
dit le gros titre en dessus de la photo du disparu
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L’homme est l’un des tout premiers à s’être mis en vedette dans les émissions de radio puis aussi de télévision qu’il a animées et parfois également conçues. L’un des tout premiers à s’être fait identifier par le public. Notamment grâce au timbre de sa voix, un atout majeur dans le monde de la radio.

"Cacho Fontana, la voix qui est déjà une légende",
dit le titre secondaire à côté d'une photo de Fontana jeune
En-dessous, un gros titre sur les inquiétudes
que provoque le changement de ministre de l'Economie
avec une inflation géante
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L’homme avait des qualités professionnelles qui le mettaient clairement au-dessus du lot et les hommages qui lui sont rendus partout aujourd’hui en donnent témoignage. Malheureusement, il n’a pas été en mesure de surmonter les inconvénients d’une notoriété que sa manière d’exercer le métier avait contribué à créer.

La première des trois pages d'hommage
dans Clarín ce matin (édition papier)
"La voix qui a révolutionné la radio
et fit briller la télé", dit le titre
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Sa vie privée l’a trop vite précipité dans un enfer : drogue, alcool et vie amoureuse remuante. Et comme on ne prête qu’aux riches, il fut la cible de plaintes pour actes de violence que déposa contre lui une apprentie-modèle dans les années 1990. Il fut blanchi par la justice mais sa carrière ne se releva pas de cette dernière péripétie.

Une manchette bien visible pour le disparu
et une grosse photo pour illustrer une inflation inouïe
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L’histoire des médias gardera toutefois le souvenir de sa trajectoire et certaines de ses émissions appartiennent d’ores et déjà au patrimoine audiovisuel argentin.

Première des trois pages que La Nación
consacre à la disparition de Cacho Fontana
"Une voix qui marqua la radio au fer rouge"
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Il est donc normal et mérité qu’il figure aujourd’hui à la une de tous les quotidiens, quelle que soit leur couleur politique. Clarín et La Nación lui consacrent trois pages complètes, illustrées de photos où on peut le voir à toutes les époques. Página/12, pour sa part, lui consacre deux longs articles.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 28 juin 2022

Radio Malena grandit [à l’affiche]

"Le tango est sur Malena"


Radio Malena, radio consacrée au tango au sein du groupe médiatique Octubre (Página/12), se développe et offre désormais une gamme d’informations culturelles numérique sur son site Internet, en complément des émissions diffusées en modulation de fréquence (avec un direct en ligne).

A écouter sans modération.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, paru aujourd’hui dans le supplément culturel quotidien du journal
consulter la page Malena sur le site du quotidien. Dans le bandeau du haut, vous trouverez le bouton clicable pour écouter la FM

jeudi 10 mars 2022

Un disque instrumental en hommage à Gardel [Disques & Livres]

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Bernardo Monk (ci-dessous) est un saxophoniste qui navigue entre le tango et le jazz.


Il a récemment publié un nouveau disque consacré à Carlos Gardel, qu’il désigne de l’un de ses surnoms, El Mago (le magicien). Cet album se compose de huit classiques du répertoire de Gardel, tous en version instrumentale.

C’est un choix paradoxal puisque Gardel s’est certes illustré comme compositeur mais le plus emblématique de son talent, et même de son génie, c’était le chant, c’était la voix. Lui rendre hommage sans l’ombre d’un chanteur, ce n’est pas courant. Toutefois la démarche atteint son but : servir ce répertoire pour ce qu’il est, une musique immortelle qui résiste à tous les arrangements du moment où l’arrangeur a du talent. Et c’est le cas.

Le disque est disponible sur plusieurs plateformes et peut être écouté sur le site de Tanguera Radio.

Il s’agit du septième album de Bernardo Monk en qualité de soliste.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

dimanche 16 janvier 2022

Premier festival de chamamé depuis l’inscription du genre au patrimoine de l’Humanité [à l’affiche]


Vendredi soir, 14 janvier 2022, en présence du ministre national de la Culture, Tristán Bauer, la ville et la province de Corrientes ont lancé la 31e édition de leur Fiesta Nacional del Chamamé dont les manifestations se répartissent sur toute la province. Il s’agit de la 17e édition au niveau du Mercosur (Paraguay, Brésil, Uruguay, Argentine) et la première qui peut prétendre à un niveau mondial, puisque le chamamé a été inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’UNESCO l’année dernière, alors que la pandémie a empêché la tenue du festival.

Aujourd'hui, le quotidien régional partage sa une en trois :
le festival qui souffre d'un manque de public (en haut à gauche),
les incendies qui atteignent les cultures
et l'arrivée de 10.000 touristes brésiliens
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Cette Feria nacional est marquée cette année par une moindre participation du public étranger, à cause de Omicron qui gâche l’été partout en Amérique du Sud, par les incendies que les chaleurs excessives provoquent partout dans le pays et par un rattrapage programmatique pour tout ce qui a été annulé en 2021.

Le festival est également placé sous le signe de la souveraineté argentine sur les Malouines, une revendication officielle qui occupera toute cette année (beaucoup d’appelés qui, en 1982, ont combattu et parfois sont morts sur l’archipel occupé par les Britanniques depuis 1833 étaient en effet originaires de la province de Corrientes).

Le programme de ce soir
(il est tous les jours aussi chargé !)
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Comme il est de tradition, un bon nombre de spectacles sont retransmis en direct par TV Pública, présents sur les ondes de Radio Nacional et une chaîne Youtube donne tout en direct pour permettre à ceux qui ne peuvent pas venir de profiter malgré tout de cette grande fête musicale qui rend compte, au début de chaque été, de la vitalité du genre, tant en chansons qu’en danse.

Le festival se clôturera le 23 janvier.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín
lire l’article de El Litoral
visiter le site officiel de la manifestation, sur le portail du ministère provincial de la Culture

samedi 20 novembre 2021

Après Charly, c’est León qui souffle ses 70 bougies au CCK ce week-end [à l’affiche]

León Gieco et sa guitare fileteada
(photo Laura Domínguez)


León Gieco est un musicien inclassable. Auteur, compositeur, chanteur et multi-instrumentiste d’abord. Multi-genre ensuite : il navigue d’une manière qui n’appartient qu’à lui entre le folklore, le rock et le jazz au point que le journaliste Victor Hugo Morales l’a baptisé Nuestro León Nacional, « notre lion national », avec un jeu de mots entre le prénom et l’animal cité, qui plus est, dans l’hymne national, sans oublier une petite allusion à l’événement historique ultr-patriotique dont le pays célèbre le souvenir en ce jour férié, déclaré depuis peu Día de la Soberanía Nacional, pour la résistance des Argentins face à la stratégie impérialiste de la France et de la Grande-Bretagne (1).

"Le cœur de Léon", titre le supplément culturel de Página/12 ce matin

Comme Charly García il y a quelques semaines, León Gieco souffle ce soir ses 70 bougies. Et les espaces culturels nationaux se mettent en quatre pour le fêter dignement : ce week-end, le CCK et Tecnópolis proposent des activités et des spectacles, dont le point culminant sera le concert de ce soir, samedi 20 novembre 2021, à 20 h (minuit en Europe atlantique), avec retransmission en direct sur TV Pública et Radio Nacional, ainsi que la chaîne Youtube du CCK et celle de Cont.ar.

Página/12 est le seul quotidien
dont la une fasse référence à l'anniversaire de Gieco
En gros titre, les suites d'un fait divers sanglant :
un ado de 17 ans a été tué cette semaine par des policiers
actuellement suspendus
alors qu'un autre fait divers, ultra-exploité par la droite,
a influencé le résultat des élections
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Demain, les festivités déménagent à Tecnópolis, dans la banlieue ouest de Buenos Aires, un parc d’attraction pédagogique consacré à la vulgarisation des sciences et des technologies et qui a la place d’accueillir en plein air toutes sortes de manifestations d’envergure.

Photo Fernando de la Orden

Toutes ces activités seront gratuites.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12 (et il y en a beaucoup d’autres dans les page de ce journal)

Ajout du 21 novembre 2021 :
lire cet article de Página/12, qui remet Gieco à sa une générale et à celle de Cultura y Espectaculos ce matin et qui est le seul quotidien à revenir sur le concert du CCK hier.

León Gieco en couleurs au micro hier
et au début de sa carrière en noir et blanc en arrière-plan
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Ajout du 22 novembre 2021 :
lire cet article de Página/12 sur les festivités de Tecnópolis, dimanche (hier encore, le journal en a fait la une de son supplément culturel quotidien). Página/12 semble vouloir compenser par son insistance la discrétion du reste de la presse sur cet événement.

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(1) Dans les années 1840, les deux principales puissances européennes s’appuyaient sur l’embryon de droit international établi par le Congrès de Vienne après la chute de Napoléon. Les coalisés et la délégation française avaient en effet décidé que la navigation fluviale serait désormais libre, alors que Napoléon avait tout verrouillé sur l’ensemble du territoire surdimensionné de l’Empire français. La Grande-Bretagne victorienne et la France de la Monarchie de Juillet prétendirent à leur tour étendre à l’Amérique du Sud cette liberté, tentant de mettre à profit la désunion qui régnait alors en Argentine, en guerre civile depuis 1820. Mauvais calcul car la jeune Confédération argentine ne se laissa pas imposer un droit européen qui avait été négocié sans elle. Elle refit temporairement son unité et réduisit une expédition militaro-commerciale française à un échec cuisant. Cela s’est traduit par une bataille fluviale sur le Paraná, au lieu-dit Vuelta de Obligado, le 20 novembre 1845. Bataille techniquement remportée par l’escadre française qui passa malgré le barrage argentin mais politiquement perdue par elle puisque ses bâtiments endommagés furent rejetés partout où ils abordèrent en vue de réparer les avaries et qu’elle ne put pas écouler sa marchandise, boycottée de tout côté. Et c’est à plein que l’expédition dut entreprendre le retour vers la France.

vendredi 10 septembre 2021

Trois centenaires en un ce soir à la télé : Ariel Ramírez, Jaime Dávolos et Astor Piazzolla [à l’affiche]


Ce soir, vendredi 10 septembre 2021, à 20h, Televisión Pública (TVP) s’allie à la station publique et généraliste de radio, Radio Nacional, pour proposer au public argentin un concert en hommage aux trois musiciens qui auraient eu cent ans cette année : Ariel Ramírez, un homme du nord-est dont le nom a parcouru dans le monde entier grâce à deux œuvres majeures, sa Misa Criolla et sa Navidad Criolla, où il a su rassembler les différentes traditions musicales de l’Intérieur argentin dans un élan de spiritualité remarquable, Jaime Dávalos, auteur-compositeur de Salta (à l’autre extrémité du pays) mais dont le nom, malgré son grand talent, n’est hélas guère sorti de son continent natal, et Astor Piazzolla, dont le centenaire est célébré depuis mars d’une manière nettement plus marquée que pour les deux autres.

Astor Piazzolla

Participeront à cette soirée télévisée des grandes pointures de la musique populaire actuelle comme Teresa Parodi, l’une des grandes représentantes du chamamé (musique du nord-est argentin), l’harmoniciste Franco Luciani, les chanteurs tangueros Lidia Borda, Guillermo Fernández et Sandra Mihanovich ainsi que le pianiste José Colangelo (un ancien des orchestres fondés par Piazzolla), pour ne citer que des artistes déjà assez bien connus des lecteurs de ce blog.

Ariel Ramirez

Le concert sera retransmis en direct sur la chaîne Youtube de Radio Nacional. De quoi vous régaler malgré les cinq heures de décalage horaire entre l’Argentine et la façade atlantique de l’Europe (mais heureusement, pour beaucoup d’entre vous, demain est un jour chômé !).

Répétition dans le grand studio de Radio Nacional

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 31 mai 2021

Eh non ! La radio n’a pas cent ans ! [ici]

Une image conçue l'année dernière en Argentine
On y voit le théâtre Coliseo, les quatre techniciens et leur matériel
ainsi que la localisation du théâtre à Buenos Aires
En haut : "Cent ans après la prouesse des fous de la terrasse"


Eh non ! La radio n’est pas née à Paris il y a cent ans grâce à la Tour Eiffel comme le chantent, le célèbrent et le clament les médias français depuis quelques jours.

Les quatre héros du 27 août 1920

La première émission de radio du monde s’est produite le 27 août 1920, il y a donc bientôt cent un ans. Cela s’est passé à Buenos Aires, si, si ! Cela blesse notre ego d’Européens et de Français mais c’est la vérité historique. Et je l’ai d’ailleurs raconté sur ce blog à la bonne date. Cherchez, vérifiez...

Leurs photos et leurs noms !
"Les gars du Coliseo"

Une petite bande de quatre jeunes gens fous de technique s’était installée sur le toit d’un théâtre, le Coliseo, où l’on jouait Parsifal de Wagner et ils ont retransmis cet opéra en direct, ce jour-là, à partir de 21h. C’était la naissance de Radio Nacional Argentina.

On les a surnommé Los locos de la azotea (les fous du toit terrasse).

"Un jour comme aujourd'hui, quatre fous
réussissaient un tour de magie depuis une terrasse
27 août : fête de la Radiodiffusion argentine"

De nos jours, en Argentine, le 27 août est la fête de la Radio dans tout le pays.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

voir cet article de France Culture qui se rapporte, à tort, à une « première » émission de radio en 1921. Et c’est France Culture, la radio la plus savante du PAF !