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mercredi 11 novembre 2015

Sixième édition pour le Festival de Tango de la République de La Boca [à l'affiche]


Pour la sixième année consécutive et pour quatre jours pleins, du 11 au 14 novembre 2015, le dynamique Tango Nuevo monte son festival dans le quartier populaire et traditionnellement anarchiste de La Boca, dans le sud de Buenos Aires, le long de l'ancien port industriel. Dans les circonstances actuelles (campagne électorale très vive), la manifestation risque fort d'être le lieu de plusieurs prises de position politique de la part de différents artistes.

Le programme est magnifique. Tout commence ce soir d'une manière plutôt solennelle puisque l'ouverture est confiée à la Orquesta Nacional de Música Argentina Juan de Dios Filiberto, avec à la baguette Atilio Stampone et Oscar De Elía et, en chanteurs invités, Lucrecia Merico et Martín Alvarado. L'orchestre est un peu chez lui dans ce quartier puisqu'il porte le nom du compositeur qui en est l'emblème musical (1). Ce sera au Teatro Catalinas Sur, à 19h30, ce soir, 11 novembre.

Samedi, le festival rendra hommage au Maestro Leopoldo Federico, qui nous a quittés en décembre dernier.

Fait aussi partie du programme le quintette Negro La Boca, qui se revendique de la tradition anarchiste du quartier où il a élu domicile. La Típica La Vidú en est aussi, qui appartient elle aussi à ce mouvement de conscientisation populaire.

Le festival fait partie de la grande movida d'art et de culture populaire qui anime le sud de la ville. Toutes les activités sont libres et gratuites.

Pour aller plus loin :
se connecter à la page Facebook du festival.
La manifestation dispose aussi d'un canal Youtube où vous pouvez visionner différentes vidéos des éditions antérieures.



(1) L'autre artiste emblématique de La Boca était un ami personnel de Juan de Dios Filiberto, anarchiste comme lui, le peintre Benito Quinquela Martín, dont le musée jouxte Caminito et fait face au vieux port industriel, qu'il a passé une grande partie de sa vie à peindre par tous les temps, à toutes les heures et sous toutes les lumières.

samedi 8 août 2015

Du 10 au 27 août, festival y mundial de Tango à Buenos Aires [à l'affiche]

Lundi prochain, 10 août 2015, s'ouvre en avant-première le festival de Tango de la Ville de Buenos Aires toujours confondu avec le Mundial de tango, la compétition de danse qui attire à elle toute seule des danseurs du monde entier dans toutes les milongas de la ville où se jouent les épreuves éliminatoires.

Le festival commencera avec une grande soirée musicale qui rendra hommage au pianiste et compositeur Mariano Mores au Teatro Colón dès lundi soir, soirée qui sera suivie plus tard d'un hommage à Leopoldo Federico à la Usina del Arte, à La Boca.

Le programme sera publié prochainement sur le site Internet des festivals de Buenos Aires.

Personnellement, cette année, j'aurai peu d'occasions de rendre compte de cette manifestation, ayant moi-même un agenda chargé en conférences et autres rencontres que je donnerai dans la capitale argentine et sa banlieue. Le dernier jour du festival, je ne serai déjà même plus à Buenos Aires mais, de l'autre côté du pays, à Mendoza, dans les vignes et les oliveraies au pied des Andes, où je dois donner une première conférence dans la très proche banlieue, à Godoy Cruz, en compagnie de l'historienne locale, Fabiana Mastrangelo. Mon programme mendocin est en cours de finalisation.

Ajout du 12 août 2015 :
lire la critique parue ce jour dans Página/12 sur le concert d'ouverture du festival

vendredi 20 mars 2015

Hommage à Horacio Ferrer et à Leopoldo Federico sur Radio Nacional [Troesmas]

Horacio Ferrer, il y a quelques années, dans un studio de RFI
(avant que RFI soit séparé de Radio France)

Fernando Iranzi, petit-fils de Julio De Caro et gardien des archives du grand compositeur, et Leonardo Liberman, journaliste à Radio Nacional, ont rendu hommage ensemble il y a quelques jours aux deux maestros disparus au début de l'été : le 21 décembre, Horacio Ferrer, poète, essayiste, historien, fondateur-président de la Academia Nacional del Tango et une semaine plus tard, ce fut Leopoldo Federico, compositeur, arrangeur, bandonéoniste et chef d'orchestre qui s'en allait à son tour.

Dans Siempre Argentina, Conexión Español, l'émission de RAE, la station internationale de Radio Nacional, qui s'adresse au public hispanophone, voilà deux documents en ligne et téléchargeables à écouter avec émotion.

L'hommage à Horacio Ferrer accueille au micro Walter Piazza, le secrétaire de la Academia, qui travailla plus de 25 ans dans l'intimité du maître et en fait un portrait où, pour ma part, je l'ai pleinement reconnu. Grande émotion pour moi puisque c'est moi qui ai présenté Fernando Iranzi à Walter et lui ai ouvert la porte de l'institution il y a deux ans et par RAE que j'ai fait la connaissance de Fernando. Comme si le cercle se refermait une nouvelle fois à cette occasion...

L'hommage à Leopoldo Federico accueille le chanteur Carlos Gari, qui travailla longtemps avec lui.

L'image choisie le 29 décembre par La Nación pour faire sa manchette

Et dans les deux, quelques anecdotes sur Julio de Caro, qui que tant Horacio Ferrer comme Leopoldo Federico connurent et admiraient, comme on peut l'imaginer, eu égard au rôle fondamental dans l'histoire du tango que joua le Maestro De Caro, à partir des années 1920.

lundi 5 janvier 2015

L'hommage de France Musique à nos deux maestros disparus [Troesmas]

C'est à écouter en ligne sur le site de France Musique jusqu'en septembre 2017, dans les archives de Le temps d'une chanson, de Laurent Valero, qui passe tous les samedis de 18h à 19h (heure de Paris). L'information est valide pour une écoute depuis le territoire français, j'ignore par ailleurs pour quels pays Radio France a acquis les droits de diffusion de ces deux émissions. Il se peut que l'émission soit inaccessible pour un internaute installé hors de France, dans un pays non francophone ou hors de l'Union Européenne.


Hommage à Horacio Ferrer le 27 décembre 2014



Hommage à Leopoldo Federico, le 3 janvier 2015
(encore disponible sous forme de podcast, sous réserve des droits territoriaux, à l'heure où je publie cette entrée).

Pour écouter l'une ou l'autre émission, il suffit de cliquer sur le lien que j'ai introduit dans l'article, sous chacune des captures d'écran (site France Musique).

Pour en savoir plus sur ces deux artistes argentins, en français et dans Barrio de Tango, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.



NB : je transmets ces liens au moment où je prends connaissance de l'existence de ces deux émissions par une visite impromptue sur le site de la station. Je n'ai pas encore eu le temps de les écouter.

lundi 29 décembre 2014

Douloureuse fin d'année : Leopoldo Federico s'en est allé lui aussi [Troesma]

Página/12 a décidé de titrer avec les premiers mots de La última curda
"Pleure, bandonéon, mon cœur..."

Quel mois pour le tango ! Une semaine tout juste après Horacio Ferrer, c'est le Maestro Leopoldo Federico qui s'en va, à l'âge de quatre-vingt-sept ans.

Il était né en janvier 1927 (1) à Buenos Aires, dans le quartier de Balvanera. Il est mort dimanche matin, avant l'aube, à Palermo, le 28 décembre 2014, le jour traditionnel des Saints-Innocents et des blagues de 1er avril en Argentine.

Il a été de toutes les belles aventures du tango à Buenos Aires depuis les années 1940. Il a travaillé avec presque tous les grands créateurs et les grands orchestres qui auront marqué l'histoire de l'âge d'or du genre. Compositeur, il était aussi un remarquable interprète, un directeur d'orchestre, un arrangeur et un orchestrateur recherché. Il a aussi longtemps été le président de l'AADI, l'association des interprètes argentins, un travail institutionnel de défense et de promotion du métier qui a besoin d'avoir ainsi pignon sur rue.

Il a joué avec Piazzolla, avec Salgán, avec Gobbi, avec Di Sarli, avec Troilo, avec Grela, avec Julio Sosa. Il a travaillé avec Mariano Mores et avec Osmar Maderna, avec Miguel Caló et avec Héctor Stamponi. Il fait partie de ces rares figures du tango dont tout le monde disait du bien, dans une ville très cancanière, où l'on aime bien dire du mal du prochain (l'actuel Pape en a même fait l'objet d'une de ses recommandations pastorales, le 19 mars 2013, dans son appel quelques heures avant son installation comme évêque de Rome). Il était aimé et respecté unanimement. Il est vrai qu'il avait un caractère conciliant et chaleureux.

En 1952, il a fondé son propre orchestre et il est resté son maître depuis lors avec des formations à géométrie variable. Ces dernières années, il était un pilier du Festival de Tango de la Ville de Buenos Aires dont il faisait régulièrement l'ouverture ou la clôture.

Il laisse derrière lui une discographie importante, une lutte vigoureuse pour les droits sociaux des musiciens (et quelques frictions musclées avec l'actuel Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires),malgré une santé délicate depuis une quinzaine d'années et des douleurs physiques dans tous les sens, qui semblaient disparaître sur scène, lorsqu'il empoignait son instrument.

Deux auteurs avaient publié sa biographie en 2009 aux Editions Gourmet Musical.



Son corps est veillé à la Legislatura de Buenos Aires jusqu'à 13h30 aujourd'hui (heure de Buenos Aires).

Toute la presse salue l'artiste et l'homme, avec un papier de Susana Rinaldi, d'autant plus émouvant qu'il est écrit depuis Paris où la chanteuse exerce maintenant des fonctions de représentation diplomatique comme attachée culturelle.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12, qui lui consacre aussi trois notes annexes
lire l'article de Clarín, avec l'hommage de Susana Rinaldi et celui de Atilio Stampone (président de la SADAIC, la société des auteurs et compositeurs argentins)
lire l'article de La Nación, rédigé par Gabriel Plaza, le critique musical spécialisé dans le tango dans ce quotidien, un bon journaliste qui connaît sa partie
lire la dépêche de Télam, qui comprend, dans la version digitale, un petit reportage à la porte du palais législatif portègne, avec une Teresa Parodi au bord des larmes.

En Uruguay, on en parle aussi :



(1) Et non 1924 comme l'écrit par erreur l'agence Télam.

mercredi 26 novembre 2014

Cien Troilos de María José Mentana [à l'affiche]


L'un des derniers épisodes du Centenaire Troilo : la sortie du nouveau disque de la chanteuse María José Mentana, Cien Troilos, qu'elle présentera demain, jeudi 27 novembre 2014, à 21h, au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575, dans le quartier de San Telmo.

Elle sera accompagnée par de très grands musiciens comme Atilio Stampone, Leopoldo Federico, Osvaldo Berlingieri, Raúl Garello, Ernesto Baffa, Carlos Buono, Hugo Rivas et Litto Nebbia (grand admirateur de Pichuco à qui il a dédié des chansons), plus quelques autres qu'elle n'a pas nommés dans son blog.

Pour l'occasion, la Academia Nacional del Tango prête le bandonéon de Pichuco, qu'elle expose au Museo Mundial del Tango, pour qu'il sonne à nouveau en cette soirée exceptionnelle.

Le disque comporte quinze pistes, dont six interventions parlées de Horacio Ferrer, Leopoldo Federico, Ernesto Baffa, Litto Nebbia, Atilio Stampone et Raúl Garello et neuf chansons (1), toutes des grands classiques, dont Patio mío et Una canción.

Entrée : 100 $ ARG (comptez les consommations en plus, le Torcuato Tasso est aussi un restaurant, très sympathique soit dit en passant).

Pour en savoir plus :
consultez le blog de la chanteuse, son site Internet (attention au son qui se déclenche dès l'ouverture de la page d'accueil) et sa page Facebook
écoutez son interview par Leonardo Liberman, sur Siempre Argentina conexión español, de RAE (Radio Nacional) et téléchargeable sur le blog du journaliste, via Ivoox.
lire la dépêche de Télam sur la sortie du disque.


(1) Cinq d'entre elles font partie du corpus que j'ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin, et que je continue de présenter sur de nombreux salons du livre régionaux et locaux : María, Sur, Barrio de Tango, Garúa et Che Bandoneón. Avec le livre est offert un disque original, produit par Litto Nebbia en partenariat avec l'éditeur français. Comme tous les livres, il peut être obtenu chez n'importe quel libraire connaissant son métier. Il suffit de le lui commander (il est impossible aux libraires de disposer de tous les volumes qui paraissent en France, il y en a trop !)

mardi 29 octobre 2013

La fête à Leopoldo ce soir au Maipo [à l'affiche]


Ce soir, au Teatro Maipo, Esmeralda 443, le Maestro Leopoldo Federico fête les 55 ans de son orchestre typique entouré de ses amis tangueros, comme Atilio Stampone, Horacio Ferrer, José Colángelo, Hugo Marcel et le petit jeune guitariste, Hugo Rivas, avec lequel il a sorti récemment un disque... Tout l'orchestre sera là lui aussi comme on peut l'imaginer. La soirée est comme si souvent l'initiative de Gabriel Soria, le premier Vice-Président de la Academia Nacional del Tango.

A 86 ans, le grand bandonéoniste peut s'enorgueillir d'un parcours brillant. Ce n'est pas pour rien qu'il est aussi le président de l'AADI, la société des interprètes argentins.

Leopoldo Federico (en veste blanche) lors du concert d'ouverture
du Festival de Tango de Buenos Aires au Teatro Avenida le 15 août 2008
J'y étais ! Quel souvenir !

L'occasion en or pour Página/12 d'obtenir une interview de tous ces vétérans qui ont commencé à parler football, comme de bien entendu, en se plaignant de la mauvaise équipe qu'est devenu le Racing, une équipe qui a fait beaucoup comméré les supporters ces dernières semaines ! Ensuite, c'est le moulin à anecdotes qui commence à tourner et ce qui s'est passé ce jour-là en 1958, et avec Astor et avec Julio Sosa etc... Le supplément culturel de Página/12 a choisi pour illustrer sa une cette photo de la bande dans les locaux d'AADI. Cela ne vous donne pas envie d'aller au théâtre vous en mettre plein les oreilles ce soir ? Moi si !

Pour aller plus loin :

vendredi 26 juillet 2013

Hugo Rivas présente son sixième disque au Torquato Tasso [Disques & Livres]

Ce soir, vendredi 26 et samedi 27 juillet 2013, à 21h, au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, face au Parque Lezama de San Telmo, le guitariste et compositeur Hugo Rivas présentera son nouveau disque, dans lequel il s'est adjoint des partenaires de luxe, le violoniste Pablo Agri, le guitariste Luis Salinas et les bandonéonistes Leopoldo Federico, Julio Pane, Raúl Garello et Ernesto Baffa. La crème de la crème.

Página/12 pour l'occasion lui consacre une interview dans ses pages culturelles de ce jour.

Mélange de répertoire et de composition personnelle sur ce sixième album d'un musicien assez prolifique.

Pour aller plus loin :

mardi 21 mai 2013

Une interview de Leopoldo Federico traduite par Solange Bazely [Troesmas]



A lire sur Bandonéon Sans Frontière de Solange Bazely, une interview du Maestro Leopoldo Federico, 69 ans de scène, qu'elle a partiellement traduite en français et qui est écoutable grâce à You Tube sur son blog, francophone comme Barrio de Tango...

samedi 3 novembre 2012

Leopoldo Federico au Torquato Tasso ces deux week-ends de novembre [à l'affiche]



Avec cette manie des Argentins de toujours tout faire à la dernière minute (1) et le décalage horaire, qui reste de quatre heures entre Buenos Aires et la façade atlantique de l'Europe, je n'ai pas pu vous rendre compte de ce autre très beau rendez-vous tanguero de novembre qui complète et concurrence celui de Clásica y Moderna dont je vous parlais hier (cliquez sur le lien) : le Centre Culturel Torquato Tasso n'a envoyé la nouvelle qu'hier à une heure bien avancée, soit le jour même du premier des concerts, et en ne donnant que la moitié de l'information. Et tout est comme ça à Buenos Aires. C'est l'un des côtés épuisants de cette ville lorsqu'on y va en dehors d'un parcours déjà balisé, où les acteurs locaux auront été obligés de s'organiser à l'avance...

Le Maestro Leopoldo Federico, compositeur, arrangeur, bandonéoniste, se produira, en soliste, les vendredis et samedis soir de la première quinzaine de ce mois, à 21h le vendredi, à 22h le samedi, dans ce haut-lieu de la musique populaire qu'est le Torquato Tasso, situé à la hauteur du Parque Lezama dans le quartier sud de San Telmo (Defensa 1575)

Le Maestro s'entourera d'un ou plusieurs invité(s) différent(s) chaque soir.
Hier, l'invité était Julián Hermida et sa formation. Ce soir, l'invitée sera l'orchestre féminin China Cruel, avec sa chanteuse Viviana Scarlassa, à qui je dois (et je l'en remercie) l'autre moitié de l'info manquante (Viviana m'épargne ainsi un temps précieux, celui d'une longue vérification en recoupant deux ou trois sources).

Entrée : 120 $ (c'est toujours à peu près ce prix-là, compte-tenu de l'inflation régnante dans le pays, pour ce musicien, qui est un grand parmi les grands - comptez à peu près 24 € au cours actuel du peso, aussi appelé "guita nacional" en lunfardo).
Le vendredi, vous pouvez toutefois obtenir un rabais par l'opération Entradas 2x1 si vous venez à deux. A signaler à la caisse.
Comptez aussi dans vos calculs de coût global le prix des consommations. Le Torquato Tasso est en effet aussi un lieu de restauration à prix modéré. Il propose une carte simple faite de petits plats classiques (pizza, salades, grillades, picadas, empanadas), et un bar, avec tous les choix possibles et imaginables en Argentine.


(1) Un grand merci à des artistes comme Cucuza, Lucio Arce, Viviana Scarlassa, La Biyuya, Lulú, Javier González, Patricia Barone, Ariel Prat, Noelia Moncada, Ariel Ardit... et quelques autres, heureusement de plus en plus nombreux, de prendre les devants et d'annoncer dix jours, parfois quinze jours à l'avance leurs concerts et manifestations en tout genre. Cela m'aide bien à relayer les nouvelles, ici, dans la langue de Molière.

lundi 16 avril 2012

De púa y corazón, le deuxième disque de Hernán Genovese (article n° 2 600) [Disques & Livres]


Les vendredis 20 et 27 avril 2012, à 21h30, le chanteur Hernán Genovese présentera son deuxième disque au Bar 36 Billares, avenida de Mayo 1265.

Droit au spectacle : 60 $ (ne pas oublier d'ajouter le coût des consommations).

Ce nouveau disque, intitulé De púa y corazón (à pique et à coeur) est un hommage au grand guitariste Roberto Grela, qui fut aussi compositeur. Il a d'ores et déjà été récompensé par le Fondo Nacional de las Artes qui lui a décerné son premier prix comme Production Discographique de Tango en 2011.

Dans ce disque, Hernán Genovese, belle voix de basse dont je vous ai déjà plusieurs parlé dans Barrio de Tango (cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, pour vous en assurer), interpréte des morceaux classiques comme Callejón, Viejo Baldío ou Las Cuarenta, quelques oeuvres de Grela rarement enregistrées et même peu inscrites au répertoire des artistes d'aujourd'hui et trois pièces originales, dont une du chanteur seul et deux autres dont il partage la composition avec des maestros de la trempe de Leopoldo Federico et Raúl Garello (excusez du peu !).

Au cours de ces deux soirées, Hernán Genovese sera accompagné par ses partenaires habituels, le trio de guitaristes formé par Pablo Alessia, Aníbal Corniglio et Joaquín Althabe, et le Cuarteto de Fabián Bertero, formé par Bertero (violon et arrangements), Pocho Palmer (bandonéon), Miguel Pereiro (piano) et Nico Zacarías (contrebasse).

Parmi les invités spéciaux (invitados de lujo), le chanteur annonce d'ores et déjà les maîtres Horacio Ferrer, Raúl Garello et Leopoldo Federico, entre autres... Cela vaut le coup !

mercredi 29 février 2012

Hommage à Horacio Salgán au Teatro Colón [à l'affiche]

Au moment où Barrio de Tango va pouvoir sortir de sa très longue hibernation puisque j'ai pu tenir mes délais, presque au jour près, en mettant en ce moment même la dernière main à deux manuscrits sur les trois livres que j'ai mis en chantier cet automne (parution prochaine aux Editions du Jasmin) et à l'heure de la rentrée pour tout le monde en Argentine, voilà que m'arrive l'information d'une soirée d'hommage au Maestro Horacio Salgán au Teatro Colón, l'Opéra de Buenos Aires.

La soirée commencera à 20h30 ce samedi 3 mars 2012 et la liste de participants a de quoi laisser rêveur comme toujours dans ce genre d'événement exceptionnel, organisé pour l'occasion par le Ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires, dirigé par l'indéboulonable Hernán Lombardi, et le directeur du Festival de Tango, le Maestro Gustavo Mozzi. Excellente initiative !

L'orchestre fondé par Horacio Salgán sera dirigé par son fils, César, pianiste lui aussi (et qui ressemble à son père comme deux gouttes d'eau), et rassemblera ses bandonéonistes historiques, les Maestros Leopoldo Federico, Ernesto Baffa, Julio Pane, Juan José Mosalini (qui aura quitté Paris pour l'occasion) et Néstor Marconi. Se joindront à la fête un certain nombre de musiciens plus jeunes comme Carlos Corrales, Esteban Falabella, Juan Pablo Navarro, Lautaro Greco ou Nicolás Enrich. Il est peu probable que Horacio Salgán lui-même se mette au piano, il est en fait retiré depuis plusieurs années et ne fait plus que des apparitions rares sur scène mais on ne sait jamais. A 95 ans, le grand Maître en étonne encore plus d'un.

Au programme du concert, on annonce tout un répertoire de -ou arrangé par- Horacio Salgán, dont bien entendu l'inévitable A fuego lento, son morceau le plus célèbre, Recuerdo, Canaro en París, Gallo ciego, Ojos negros, Responso et une version qu'il n'a jamais enregistrée de La pulpería de Santa Lucía...

Le concert sera retransmis intégralement et en direct par la 2x4. Vous avez la possibilité de l'écouter par le streaming disponible sur le site Internet de la station, voir en Colonne de droite, la rubrique Ecouter, et faites attention au décalage horaire : Buenos Aires a 4 heures de moins que l'Europe atlantique. En revanche, si vous vivez au Canada, c'est peut-être plus confortable pour vous. Buenos Aires est dans le même créneau horaire que la côte est.

Sur place, à Buenos Aires, les places sont en vente au guichet du théâtre et sur son site Internet et leurs prix s'étalent de 10 à 60 $, ce qui est vraiment bon marché, comparé aux tarifs pratiqués par des salles plus petites et moins prestigieuses comme Clásica y Moderna ou le CC Torcuato Tasso pour des artistes de même pointure...

Pour aller plus loin :

mercredi 23 novembre 2011

Le Festival de la República de la Boca édition 2011 [à l'affiche]


Jeudi 24 novembre 2011, débute le Festival de la République de La Boca avec plusieurs concerts répartis sur différents points de ce quartier sud de la capitale argentine.

Toutes les activités sont d'accès libre et gratuit, avec le concours du Secrétariat d'Etat à la Culture (au niveau du gouvernement national). Ce Festival est l'une des nombreuses manifestations organisées par les artistes, avec le concours des pouvoirs publics, pour compenser la politique culturelle en déshérence du Gouvernement de la Ville autonome de Buenos Aires.

Jeudi 24 novembre, au Teatro Catalinas Sur, à 19h30, une soirée à laquelle participeront différentes formations et solistes, Amores Tango, Orquesta Atípica Catalinas Sur, Ballet Folklórico Nacional, la chanteuse Karina Beorlegui accompagné par los Primos Gabino et la chanteuse Jacqueline Sigaut.

Au Malevaje Arte Club, à 23h30, une soirée de nuit blanche avec les chanteuses María Volonté et Lulú (qui sera accompagnée par le groupe Las guitarras Saavedrinas), le Cordal Trío et ainsi de suite jusqu'à plus soif...

Vendredi 25 novembre, au Malevaje Arte Club, dans le cadre du cycle Tangos Contaminados (tangos pollués, une série de concerts dont j'ai déjà parlé dans ces colonnes) : à 17h30, en présence de Nelly Omar (rien que ça), Leopoldo Federico et l'historien Osvaldo Bayer, inauguration de l'Ecole Populaire du Tango de La Boca, suivie à 19h par une conférence sur l'anarchisme (une grande tradition intellectuelle et politique à La Boca), par Osvaldo Bayer, intitulée (ça se traduit tout seul) Whiskeando con Bayer.

Au Teatro Verdi, à 17h, plusieurs cours de tango-danse à plusieurs niveaux (et plusieurs professeurs), suivi à 21h par la Gran Milonga del Festival, musicalisée par le DJ Marcelo Rojas, avec la participation des champions portègnes de l'année, Natalia Almada et Pedro Ochoa, et des interventions en direct de plusieurs formations (Quinteto Negro La Boca, Tras Cartón, Orquesta Típica La Vidú, Orquesta Típica Esquina Sur).

La suite, samedi et dimanche, fera l'objet d'un autre article avant la fin de la semaine. Il y a trop de participants pour que je puisse intégrer tous les mot-clés dans l'espace prévu à cet effet par Blogger...

Pour plus de détails, visitez le site Internet du Festival.

mardi 4 octobre 2011

Su Majestad el Fueye dans les Seminarios de Cultura Tanguera de la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

Que d'espagnol pour un titre dans un blog francophone, non ?

Au mois d'octobre 2011, à partir de ce soir et tous les mardis, de 19h30 à 21h30, les Seminarios de Cultura Tanguera, qui sont des séries mensuelles de rencontres thématiques ouvertes à tout public, auront pour sujet le bandonéon, affectueusement surnommé fueye (soufflet) en lunfardo (parler populaire de Buenos Aires et du Río de la Plata).

Quatre petits jeunes, avec d'assez brillants états de service en matière de musique, de tango et de bandonéon, se succéderont au fil des semaines : Pascual Cholo Mamone (90 ans), Osvaldo Montes (77 ans), Juan Carlos Caviello (88 ans) et Leopoldo Federico (qui, à 85 ans, vient de reprendre sa série de concerts partagés avec Susana Rinaldi, de 10 ans sa cadette, à Clásica y Moderna, voir mon article du 30 septembre 2011 à ce sujet).

Les soirées sont coordonnées et animées tantôt par Horacio Ferrer, tantôt par Gabriel Soria, respectivement Président et 1er Vice Président de la Academia Nacional del Tango.

Les soirées ont lieu à la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, 1er étage. Et elles prennent la forme d'un dialogue informel entre le coordinateur et l'invité d'honneur. Le public peut prendre la parole et intervenir avec des questions ou des réactions. A condition d'attendre qu'on lui donne la parole (sinon, c'est vraiment pénible pour les autres participants).

Prix du Seminario mensuel : 250 $.
Les adhérents du Club Boca Juniors bénéficient d'une réduction de 20% mais il y a peu de chances que ça vous concerne, si ?

vendredi 30 septembre 2011

Le retour de Vos y yo à Clásica y Moderna [à l'affiche]

En octobre, les quatre premiers samedis, les 1er, 8, 15 et 22 octobre 2011, à 22h, la chanteuse Susana Rinaldi et le compositeur et bandonéoniste Leopoldo Federico sont de retour au Bar Notable Clásica y Moderna, Callao 892, avec leurs musiciens invités, Nicolás Ledesma au piano et Horacio Cabarcos à la contrebasse.

Ils présenteront leur disque sorti en mai dernier, Vos y yo (voir mon article du 10 mai 2011 à ce sujet).

Et tous les dimanches de ce même mois d'octobre, la chanteuse Marikena Monti donnera, quant à elle, à 20h30, un tour de chant intitulé De París à Pehuajó, composé de chansons de María Elena Walsh (décédée au début de cette année, voir mon article du 12 janvier 2011 à ce sujet) et de chansons françaises, qu'elle interprète à la perfection (Piaf, Ferré, Brel, Aznavour...). Elle sera accompagnée au piano par Oscar Laiguera.

lundi 11 juillet 2011

Imperdibles (1) de juillet à Clásica y Moderna [à l'affiche]

En juillet 2011, le Bar Notable Clásica y Moderna maintient ses deux soirées événements de tango, le jeudi soir à 21h30, la chanteuse Susana Rinaldi et le Maestro Leopoldo Federico continuent à présenter leur disque commun, Vos y yo, accompagnés par Nicolás Ledesma au piano et Horacio Cabarcos à la contrebasse, et le samedi soir à 22h, Amelita Baltar et Horacio Molina prolongent leur récital à deux voix...

Et il semble bien qu'en août, l'établissement n'ait pas l'intention de changer un programme qui marche...

Pour en savoir plus, voir le site Internet de Clásica y Moderna

(1) Imperdible : incontournable, qu'il ne faut pas manquer (perder)

vendredi 8 juillet 2011

Ramiro Gallo ce soir au Vinilo Café et ce matin sur Página/12 [à l'affiche]

Le violoniste, chef d'orchestre et compositeur Ramiro Gallo présente ce soir, vendredi 8 juillet 2011, à 21h30, son nouveau disque, Arte Popular, et sa Orquesta Arquetípica, au Café Vinilo, Gorriti 3780. Le concert se reproduira les deux prochains vendredis, les 15 et 22 juillet. Le bandonéoniste et compositeur Leopoldo Federico et la chanteuse Lidia Borda font partie des invités de ce soir.

C'est l'occasion pour Página/12 pour interviewer le musicien, qui s'est fait connaître comme le premier violon de l'orchestre El Arranque, qu'il a quitté il y a quelques années pour fonder son propre quintette et passer maintenant à la vitesse supérieure, avec ce grand orchestre, avec lequel il veut relever le défi des difficultés économiques qui entravent gravement le développement des formations musicales.

Il s'en explique d'ailleurs, avec le ton d'un musicien arrivé, avec de légers accents d'auto-satisfaction qui ne vous échapperont pas.

–¿Por qué sintió la necesidad de crear una orquesta típica, teniendo un quinteto? A priori, parecería más difícil trabajar, ensayar, moverse con una formación grande...
–Lo es, pero justamente ahí está el tema. El sonido emblemático del tango, el arquetípico, tiene que ver con lo orquestal, y creo que la mayoría de los músicos de tango lo saben. Y justamente, dejar de armar orquestas no tiene que ver tanto con una cuestión estética, sino laboral. Así que la decisión de armar la Arquetípica es un poco salir a ponerle el pecho a eso.
Ramiro Gallo, dans Página/12

- Pourquoi avez-vous ressenti le besoin de créer un orchestre typique, alors que vous aviez un quintette ? A priori, ça aurait l'air d'être plus difficile de travailler, de répéter, de bouger avec une grosse formation ?
- C'est le cas, mais justement la question est là. La sonorité emblématique du tango, la sonorité archétypale, ça a à voir avec la sonorité orchestrale et je crois que la majorité des musiciens de tango le savent.. Et justement, arrêter de monter des orchestres n'a rien à voir avec une question esthétique, mais avec les conditions de travail. C'est pour ça que la décision de monter la Arquetípica, c'est un peu aller s'exposer à ça.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–Sin embargo, hay una gran cantidad de orquestas típicas formadas por músicos muy jóvenes...
–Claro, hay muchos que se han sumado a ese tipo de esfuerzo, toda la movida de la Unión de Orquestas Típicas es muy valiosa. Lo que pasa es que para mí es más difícil, yo estoy en otro momento, no puedo ponerme a armar una cooperativa o decirles a los músicos “súmense a mi orquesta, vamos a remarla juntos”. No, si estoy planteándoles sumarse a mi proyecto, tengo que darles trabajo, darles algo armado, el riesgo no puede ser compartido. En cuanto a los músicos más jóvenes que se organizan y arman sus típicas, desde luego que es auspicioso. Lo que más me interesa por ahora es el movimiento que se generó, no sé si encuentro productos totalmente acabados, aunque algunos como Agustín Guerrero plantean búsquedas muy interesantes. Con el tiempo, de la cantidad tiene que salir la calidad.
Ramiro Gallo, dans Página/12

- Pourtant, il y a une grande quantité d'orchestres typiques formées par des musiciens très jeunes...
- Bien sûr, il y a beaucoup de gens qui se sont regroupés dans ce type d'effort, tout le mouvement de la Unión de Orquestas Típicas (1), ça a beaucoup de valeur. Ce qui se passe, c'est que pour moi, c'est plus difficile, je suis à un autre moment [de ma carrière], je ne peux pas me mettre à monter une coopérative ou à dire aux musiciens "Venez dans mon orchestre, on va ramer ensemble". Non, si je leur demande de se joindre à mon projet, il faut que je leur donne du travail, il faut que je leur donne quelque chose de constitué (2), le risque ne peut pas être partagé. Quant aux musiciens plus jeunes qui s'organisent et montent des orchestres typiques, c'est de très bon augure, ô combien. Ce qui m'intéresse le plus en ce moment, c'est le mouvement qui est né, je ne fais pas si je trouve les produits totalement aboutis, même si quelqu'un comme Agustín Guerrero (3) ouvrent des voies de recherche très intéressantes. Avec le temps, de la quantité, il faut que sorte de la qualité.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :

(2) C'est lui qui pense ça. Il y a bien des musiciens qui sont arrivés au même point que lui, et peut-être même qui sont montés plus haut, et qui n'ont pas cette mentalité patronale.
(3) qui fait l'objet d'un autre article ce même jour dans les pages culturelles de Página/12 et du même coup dans ce blog.

samedi 28 mai 2011

Susana Rinaldi et Leopoldo Federico mettent leur grain de sel dans la campagne [Actu]

Ce soir, samedi 28 mai 2011, la chanteuse Susana Rinaldi et le bandonéoniste Leopoldo Federico présentent leur récent disque, Vos y yo, produit par Alfredo Piro, le fils de Susana Rinaldi, au Bar Notable Clásica y Moderna, de l'avenue Callao, dans le sud du quartier de Recoleta (voir mon article du 10 mai 2011 sur ces trois concerts en mai).

C'est le moment que choisit le quotidien Página/12, pour publier une interview des deux monstres sacrés du tango contemporain, où ils décrivent le combat qu'ils mènent au sein de l'AADI, l'association argentine des interprètes, que préside Leopoldo Federico, avec Susana Rinaldi comme Vice-présidente, pour faire entendre les revendications de la profession en Argentine et en particulier à Buenos Aires, où la politique culturelle ne participe pas au développement des activités culturelles. L'entrevue s'est déroulée dans les locaux de l'AADI.

Or il se trouve l'Argentine en général et Buenos Aires en particulier se trouvent en pleine campagne électorale pour le renouvellement de la moitié de la Legislature et l'élection du prochain Chef de Gouvernement de la Ville Autonome en ce qui concerne la capitale, pour les élections législatives et présidentielles pour ce qui concerne la totalité du pays.

Susana Rinaldi et Leopoldo Federico se sont connus professionnellement en 1980 pour un récital que la chanteuse a donné à Paris, à l'Olympia, entourée de Federico, au bandonéon, et de José Colangelo, autre compositeur, au piano.

“La verdad es que con el maestro nos une algo que va mucho más allá de la música... Sí, es la magia de sus dedos, algo inexplicable, que no fuerza para nada sino que le facilita todo a mi voz, pero mucho más es esa cosa humana, química, que va más allá”, elogia la Tana.
Susana Rinaldi, dans Página/12

"La vérité, c'est qu'avec le maestro (1), c'est quelque chose qui va bien plus loin que la musique qui nous unie... En fait, c'est la magie de ses doigts, quelque chose d'inexplicable, qui ne force jamais rien mais tout au contraire qui facilite tout pour ma voix, mais cette chose humaine qui va plus loin, c'est encore plus", dit La Tana en forme d'éloge.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Qué otra razón explica esta alquimia humana y musical?
Susana Rinaldi: –La de estar acá defendiendo los derechos de los intérpretes argentinos.
Susana Rinaldi, dans Página/12

- Quelle autre raison explique cette alchimie humaine et musicale ?
Susana Rinaldi : Le fait qu'on est ici à défendre les droits des interprètes argentins.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Et c'est envoyé... On est parti.

“Un aspecto de la lucha que estamos dando hoy, más allá de lo puntual que significa recaudar para reconocer los derechos de los intérpretes, es por los espacios que nos niegan a los músicos. Voy a decir algo de lo que me hago cargo solita: la música, durante toda la historia, fue considerada como entretenedora y punto. Recién cuando empezamos a pelear los derechos de intérprete, a meternos en la propiedad intelectual, vimos hasta qué punto se puede denostar la música y quitarte lo tuyo, tu propia música, y tener que esperar siempre la relevancia que te da el extranjero, si te la da, respecto a qué vale la pena y qué no”, plantea Rinaldi.
Susana Rinaldi, dans Página/12

Un aspect de la lutte que nous sommes en train de mener aujourd'hui, au-delà du fait de collecter les recettes pour reconnaître les droits des interprètes (2), c'est pour les lieux qu'on nous refuse à nous autres musiciens. Je vais vous dire quelque chose de ce que je prends en charge toute seule : la musique, tout au long de l'histoire, a été considérée comme un divertissement, point à la ligne. Ce n'est que quand nous avons commencé à nous battre pour les droits des interprètes, à nous fourrer dans la propriété intellectuelle, que nous avons vu jusqu'à quel point on peut insulter la musique et t'enlever ce qui t'appartient, ta propre musique, et qu'il faille attendre toujours la reconnaissance que te donne l'étranger, s'il te le donne, sur ce qui vaut la peine ou ou non, interroge Rinaldi.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–A propósito de lo que acaba de sostener, ocurre que, a causa de las desprolijidades e irregularidades a las que han estado sometidos los músicos históricamente, han surgido en los últimos años asociaciones de músicos cuyo fin es organizarse para informar, averiguar y guiar a sus pares en sus derechos: la UMI, Camuvi, Músicos Autoconvocados... ¿Qué tipo de relación mantienen con ellas?
Leopoldo Federico: –Bueno, las conocemos a todas. No nos podemos olvidar de que son todos socios nuestros y que los apreciamos. No es que eluda una respuesta, pero en lo personal no quiero mezclar lo gremial con los derechos nuestros, porque veo que toda esa lucha que están haciendo tiene más que ver con la necesidad y la falta de trabajo que hay para tanta gente. Hoy me mandaron una circular del Sadem que está pretendiendo que se termine con eso de que el artista tenga que pagar para actuar... Realmente éste es el tema central. Durante mi larga carrera en la música, y Susana no me va a dejar mentir, creo que éste es el momento más duro que hubo para la actividad musical.
Leopoldo Federico, dans Página/12

- A propos de ce que vous venez de soutenir, il se trouve que, à cause des manoeuvres dilatoires et des irrégularités auxquelles ont été soumis les musiciens au cours de l'histoire, ont surgi ces dernières années des associations de musiciens dont l'objectif est de s'organiser pour s'informer, se questionner et se guider entre pairs sur leurs droits : la UMI, CAMUVI, Musiciens autosaisis... Quel genre de relations maintenez-vous avec elles ?
Leopoldo Federico : eh bien, nous les connaissons toutes. Nous ne pouvons pas oublier qu'ils sont tous nos sociétaires et que nous les aprécions. Ce n'est pas pour éluder la question mais, pour mon compte personnel, je ne veux pas mélanger ce qui est d'ordre syndical avec nos droits, parceuq eje voix que toute cette lutte qu'ils sont en train de mener a plus à voir avec le besoin et le manque de travail pour tant de gens. Aujourd'hui, on m'a envoyé une circulaire du Sadem qui vise à ce qu'on en finisse avec cette histoire que l'artiste ait quelque chose à payer pour jouer... Et ça, vraiment, c'est le coeur du débat. Pendant ma longue carrière dans la musique (3), et je parle sous le contrôle de Susana, je crois que ce moment que nous vivons est le plus dur qui a existé pour l'activité musicale.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Qué lugar, ya que es el género que más les compete como músicos, ocuparía el tango en este estado de la cuestión?
S. R.: –Creo que es la música más castigada en este sentido, porque siempre hay algo que interviene como para que el género sea menoscabado. En todo caso, el tango está bien visto desde la danza o desde algunos ítems como el del maestro, en lo instrumental, pero la canción jamás: la canción pasa a último término. Y ésta es, te guste o no te guste, la que cuenta la historia. Aun así, sabemos que ha habido momentos en la ciudad de Buenos Aires en los que esta música tuvo más posibilidad de proyectarse desde pequeños lugares, pero hoy la gente joven no tiene dónde expresarse. O tiene que pagar, o dejar de cobrar, que es lo mismo, para poder dar a conocer su música. Eso es terrible y habla de la pobreza de espíritu de quienes dirigen toda la parte cultural en la ciudad. No tenemos por qué esperar de gente bien intencionada que de repente diga “voy a poner mi plata en este espacio” para que venga tal grupo o tal otro.
Susana Rinaldi, dans Página/12

- Quelle place, puisque c'est le genre le plus concurrentiel pour les musiciens, devrait occuper le tango sur ce point du débat ?
Susana Rinaldi : Je crois que de ce point de vue, c'est la musique qui paye le plus lourd tribut parce qu'il y a toujours un truc qui intervient pour que le genre soit déprécié. En tout cas, le tango est bien vu côté danse ou sur quelques facettes comme ce qui touche le maestro, l'instrumental mais la chanson, jamais. La chanson, c'est la cinquième roue du carosse. Et ça, que ça te plaise ou non, c'est ce que l'histoire nous dit. Et même comme ça, on sait qu'il y a eu des époques dans la ville de Buenos Aires au cours desquelles la musique a connu plus de possibilités de se faire connaître depuis des petites salles, mais aujourd'hui, les jeunes n'ont nulle part où s'exprimer. Ou alors il faut qu'ils payent ou qu'ils renoncent à toucher le moindre sou, ce qui revient au même, pour pouvoir faire connaître leur musique. Ça, c'est affreux et ça nous en dit long sur la pauvreté d'esprit de ceux qui dirigent toute la partie culturelle dans la ville. Nous n'avons pas de raison d'attendre de gens bien intentionné que tout d'un coup ils nous disent : je vais mettre mon argent dans cet endroit, pour que vienne tel goupe ou tel autre.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–El típico mecenas que pocas veces alcanza a resolver una situación colectiva...
S. R.: –Verdad, algo se está rescatando en ese sentido. Pero no se hace desde la televisión argentina, no sé por qué. La TV es un desastre... El hecho de que no se pueda aprovechar dignamente de la música argentina para promoverla, desarrollarla aunque sea para que sea la misma música la que pueda demostrar que no sirve o no va...
–¿Se refiere a la totalidad del ámbito televisivo?
S. R.: –A todo... Al privado, al estatal, todo. Te lo dice alguien que hace mucho tiempo que se promueve sola y que de repente dice “me gustaría tener un espacio en la televisión argentina”. ¡Nunca lo vas a tener!
Susana Rinaldi, dans Página/12

- Le mécène typique qui bien rarement parvient à résoudre une situation collective... (4)
Susana Rinaldi : Justement, on est en train de sauvegarder quelque chose du genre. Mais ce n'est pas grâce à la telévison argentine que ça se fait, je ne sais pas pourquoi. La télé, c'est une catastrophe... Le fait qu'on ne puisse pas tirer parti, dignement, de la musique argentine pour la promouvoir, la développer sinon pour que ce soit pour que la musique elle-même puisse démontrer qu'elle ne sert à rien ou que ça ne va pas...
- Faites-vous référence à la totalité du secteur télévisé ?
Susuna Rinaldi : à tout le secteur. Le privé, le public, tout. Et celle qui t'en parle, ça fait longtemps qu'elle assure elle-même sa promotion et qui d'un seul coup dit J'aimerais bien avoir une place à la télévison argentine. Jamais tu ne l'auras !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Cuál es la explicación de los productores?
S. R.: –Que la música argentina no da rating. ¿Qué quiere decir eso? Es un disparate enorme. ¿Cómo es posible que nuestra música sea redituable desde el hecho de que la gente pague lo que no tiene para escucharte y la TV no lo vea? Yo me formé en los ’70, una época en que la TV argentina hacía unos recitales maravillosos y te pagaban por eso. ¿Dónde empecé a mostrarme yo? ¿Por qué la gente supo si valía la pena escucharme o no? Fue gracias a la TV argentina, algo que ya no pasa.
Susana Rinaldi, dans Página/12

- Quelle est l'explication des producteurs ?
Susana Rinaldi : que la musique argentine ne fait pas d'audience. Qu'estce que ça veut dire, ça ? C'est une énorme ânerie. Comment est-il possible que notre musique soit rentable à partir du moment où les gens payent pour ce qu'ils n'ont pas pour t'écouter et la télé ne le voit pas ? Je me suis formée dans les années 70, une époque où la télé argentine donnait des récitals merveilleux (5) et on ne te payait pas pour ça. Où est-ce que j'ai commencé à me faire voir, moi ? Comment se fait-il que les gens savent si oui ou non ça valait la peine de m'écouter ? Grâce à la télé argentine, un truc qui n'existe plus maintenant.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Traslada el mismo concepto al espectro radial?
S. R.: –Sí. ¿A mí qué me hace que haya una sola radio dirigida al tango? ¿Por qué una y no todas, en algún momento, así como todas pasan música extranjera? ¿No hay nadie que lo plantee?
–Bueno, cuando finalmente opere La Ley de Servicios de Comunicación Audiovisual sobre este estado de cosas se supone que va a haber un cambio más radical que gradual, en este sentido.
S. R.: –Bueno, la ley le ha dado el 2 por ciento a la música... Es un disparate. Por suerte también se ha nombrado la Ley de Música para seguir peleando y discutiendo sobre estos temas.
Susana Rinaldi, dans Página/12

- Transposez-vous le même concept dans le spectre radiophonique ?
Susana Rinaldi : Oui. C'est quoi l'intérêt pour moi qu'il n'y ait qu'une radio qui s'occupe de tango ? (6) Pour quoi une et pas toutes, à un certain moment, tout comme elles diffusent toutes de la musique étrangère ? Il n'y a personne pour se poser la question ?
Eh bien, quand la Loi sur les services de communication audiovisuelle (7) entrera en vigueur sur cet état de choses, on peut penser qu'il va y avoir un changement plus radical que graduel, sur ce point.
Susana Rinaldi : Eh bien, la loi a donné 2% à la musique... C'est une ânerie (8). Heureusement, on a parlé aussi d'une Loi sur la musique pour continuer à nous battre et à contester sur ces sujets.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–La LSCA también habla de agrandar el espacio para la difusión de música argentina, pero la referencia iba más bien dirigida hacia el lado de la amplitud y el pluralismo de ofertas mediáticas que la ley propone como espíritu.
S. R.: –Totalmente de acuerdo.
L. F.: –Sí, en ese sentido sí. Igual, quería que se haga referencia no solamente al tango. Claro, tanto a Susana como a mí, cuando decimos música lo que nos sale de adentro es el tango, pero ambos pensamos en toda la música nacional, sea el género que fuere. Lo que decía ella es cierto: hace años, yo actuaba con mis distintos conjuntos –con la orquesta, con Roberto Grela, con el cuarteto– en todos los canales de aire. Grandes valores, Séptimo piso, La botica del ángel... Y ahora lo único que quedó es el programa de Soldán, que lo pasan a la 1 de la mañana por el Canal 26.
Susana Rinaldi et Leopoldo Federico, dans Página/12

- La Loi sur le service de communication audiovisuelle parle aussi d'élargir l'espace pour la diffusion de musique argentine, mais la référence va nettement à l'amplitude et au pluralismes des offres médiatiques et c'est l'esprit de cette loi.
Susana Rinaldi : Totalement d'accord.
Leopoldo Federico : Oui, dans ce sens, oui. Mais quand même, je voulais qu'on ne fasse pas seulement référence au tango. C'est sûr, aussi bien Susana que moi, quand nous disons musique, ce qui vient de nous, c'est le tango, mais tous les deux nous pensons à toute la musique nationale, quel que soit le genre. Ce qu'elle disait est vrai : il y a des années, moi je jouais dans mes différents ensemble, avec mon orchestre, avec Roberto Grela (9), avec mon quatuor, sur toutes les ondes. Grandes Valores, Séptimo piso (7ème étage), La botica del ángel (la boutique de l'ange, ou la boutique de charme)... Et maintenant, tout ce qu'il reste, c'est l'émission de Soldán (10), qui passe à une heure du matin sur Canal 26 (11).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–No por quitarle legitimidad al reclamo, pero la división música nacional vs música extranjera a la que hacía alusión Susana hace ruido en el sentido de que una apuesta por la música nacional en bloque estaría quitándoles espacios a bellísimas expresiones universales. Para decirlo en bruto: si Cacho Castaña le va a quitar espacios a Pink Floyd, hay un problema. Eso se discutió mucho cuando se quiso –y de hecho se hizo– “monopolizar” el espacio de los medios para la música argentina.
S. R.: –No, eso es fascismo puro, claro. Lo que digo es “ni tanto ni tan poco”. ¿Por qué no poder escuchar a Horacio Salgán tocando “Flores negras” en algún momento? Esas cosas no ocurren precisamente por falta de espacios. Hay zambas, hay chacareras que son verdaderas obritas de arte. Ahora, ¿por qué uno sale de acá y puede presentarlas en cualquier lugar del mundo, con buena cantidad de público, y acá no? ¿Qué pasó? Pasó que alguien con poder algún día dijo “esto no sirve”, y a partir de entonces quedó el “esto no sirve”, cuando en cultura sirve todo, y todo tiene que tener su espacio para ser mostrado.
L. F.: –A diferencia de hace 30 o 40 años cuando, de tanto trabajo que había, te podías dar el lujo de elegir a qué baile ir o no, ahora hay una inmensa cantidad de músicos jóvenes que no existían en aquel momento, y que no tienen trabajo. Están dejando la vida para continuar con el legado del tango y no tienen medios para poder subsistir.
Susana Rinaldi et Leopoldo Federico, dans Página/12

- Loin de moi de contester la légitimité à cette revendication, mais la division musique nationale contre musique étrangère à quoi faisait allusion Susana fait murmurer dans le sens où miser sur la musique nationale en bloc ce serait priver d'espaces de belles expressions universelles. Pour le dire brutalement, si Cacho Castaña (12) prend la place des Pink Floyds, il y a un problème. Cela a été très contesté quand on a voulu, et de fait ça s'est fait, instituer un monopole sur l'espace de la musique argentine dans les médias.
Susana Rinaldi : Mais on, ça c'est du fascisme pur et simple. Ce que je dis c'est ni autant ni si peu. Pourquoi ne pouvons-nous pas écouter Horacio Salgán dans Flores negras à un moment ou à un autre ? Ces choses-là n'arrivent pas vraiment faute d'espace. Il y a des zambas, des chacareras qui sont des vraies petites oeuvres d'art. Alors pourquoi on peut quitter le pays et les présenter n'importe où dans le monde, avec une bonne quantité de public, et ici non ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il s'est passé que quelqu'un avec du pouvoir a dit un jour Ça, ça ne sert à rien, et à partir de ce moment-là, il n'est plus resté que le ça ne sert à rien, alors que dans la culture tout sert à quelque chose, et tout doit avoir son espace où se faire connaître.
Leopoldo Federico : à la différence d'il y a 30 ou 40 ans, quand, avec tout le travail qu'il y avait, tu pouvait t'offrir le luxe de choisir à quel bal aller ou ne pas aller, maintenant il y a une immense quantité de musiciens jeunes qui n'existaient pas à ce moment-là, et qui n'ont pas de travail. Ils arrêtent de vivre pour continuer l'héritage du tango et ils n'ont pas de moyens de subsistance.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

La conversation se poursuit avec d'autres exemples des mêmes types de dysfonctionnement structuraux, dont la mauvaise qualité du signal hertzien de Radio Nacional sur la route entre Haedo (dans la banlieue sud de Buenos Aires) et la capitale elle-même, mais elle se termine par une note plus optimiste de Susana Rinaldi :
Hay un giro en estos tiempos, hay una experiencia y hay otros dirigentes que la escuchan. También hay que decirlo, porque, si bien hay problemas estructurales, hay mucha más gente dispuesta a enfrentar las problemáticas, cada uno desde su lugar. El otro día escuché a Aníbal Fernández diciendo una frase del tango “Pan”, y me encantó, porque yo siempre sostuve la validez del tango como vehículo de denuncia social, y muchos me cayeron encima por eso.
Susana Rinaldi, dans Página/12

"Il y a un tournant en ce moment, il y a une expérience et il y a d'autres dirigeants qui écoutent la musique. Et aussi il faut le dire, parce que s'il y a bien des problèmes structurels, il y a beaucoup plus de gens disposés à affronter les problématiques, chacun pour sa part. L'autre jour, j'ai entendu Aníbal Fernández (13) dire une phrase du tango Pan (14) et ça m'a ravie parce que j'ai toujours soutenu la validité du tango comme véhicule de la critique sociale et on m'est pas mal tombé sur le paletot à cause de ça".
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour en savoir plus :
lire l'intégralité de l'interview sur le site de Página/12
sur le thème du respect ou du manque de respect des droits des artistes, voir aussi l'interview de Litto Nebbia dans mon article du 1er mars 2010.

(1) Il s'agit de Leopoldo Federico. Le titre de Maestro est un titre très courant en Argentine, il ne présente aucun caractère solennel, ou plutôt il élève en dignité les relations les plus familières.
(2) Ce sont des droits qui sont très mal respectés et les nombreux internautes qui téléchargent avec tant de légèreté des morceaux piratés sur le net devraient prendre conscience que les musiciens argentins ont comme eux-mêmes besoin d'un toit au-dessus de la tête et de quelque chose dans leur assiette pour continuer à vivre et à nous enchanter. Ne piratez pas. Achetez les disques. En plus, ils ne sont pas chers.
(3) Le Maestro Federico a 84 ans.
(4) On voit bien dans quel sens le journaliste lui-même milite, pour la ville de Buenos Aires. Pour une politique publique et non pas pour le recours au mécénat privé, que Mauricio Macri, l'actuel chef du Gouvernement portègne, fait semblant de préférer (en fait, Macri favorise très peu le mécénat privé pour les affaires culturelles, on l'a bien vu l'année dernière avec le festival de tango de Buenos Aires qui a totalement manqué ce créneau-là, alors qu'il avait une occasion rêvée de demander à de nombreux secteurs économiques, dans le tourisme et dans la banque, d'apporter une aide concrète en accueillant les activités du festival contre une publicité qui aurait alors été légitime. Voir à ce propos mon article du 11 septembre 2010 à ce sujet).
(5) Susana Rinaldi fait sans doute ici allusion à quelques émissions qui virent Roberto Goyeneche, Osvaldo Pugliese, Aníbal Troilo sur le petit écran...
(6) La radio en question, c'est la 2x4, l'une des deux radios publiques de la ville de Buenos Aires, installée au 6ème étage du Complejo San Martín sur Avenida Corrientes. Vous pouvez l'écouter en direct via le site internet, dont vous trouverez le lien dans la Colonne de droite, dans la partie inférieure, dans la rubrique Ecouter.
(7) Une des réformes majeures votées par l'actuelle majorité sur un projet de loi du Gouvernement péroniste actuel, qui tarde à se mettre vraiment en place mais qui prévoit des quotas de diffusion pour la production culturelle nationale sur les stations de radio et les chaînes de télévision dans tout le pays. Página/12 est très en faveur de cette réforme, qu'il soutient depuis le début. Comme vous allez le constater, Susana Rinaldi n'y voit pas la solution miracle. Mais Susana Rinaldi est socialiste. Página/12 est péroniste et on peut même dire peroniste K, ultra-acquis à la politique du couple Kirchner. Les deux options appartiennent à la gauche argentine mais ce n'est pas l'union sacrée qui règnent entre elles. Pino Solanas, le candidat socialiste à la présidence du Gouvernement Portègne dans les élections du mois prochain, vient d'annoncer qu'il ne ferait aucun cadeau au candidat péroniste K, Daniel Filmus. Il y a du sport, je ne vous dis que ça !
(8) Susana Rinaldi a la réputation d'avoir très mauvais caractère, d'être assez dépourvue d'onction diplomatique et d'avoir le verbe haut. Elle a assez d'humour pour en faire rire une salle, comme j'ai pu le constater à Clásica y Moderna, quand je suis allée la voir dans Tres mujeres para el show (voir mon retour sur images du 16 novembre 2010 à ce sujet).
(9) Roberto Grela, grand guitariste de tango, qui fut aussi compositeur, et dont le nom est à jamais attaché à celui de Aníbal Troilo avec lequel il forma un duo et un quatuor qui ont leur place dans la légende du tango.
(10) Il s'agit de Silvio Soldán, un personnage médiatique tout à la fois très populaire et très contesté du paysage audiovisuel argentin.
(11) Comme vous pouvez le déduire du raisonnement du Maestro, tous les Argentins ne passent pas des nuits blanches, contrairement à la légende. La plupart des gens se couchent à des heures aussi raisonnables qu'en Europe pour pouvoir aller au boulot le lendemain (et attaquer souvent deux journées de travail en une seule). 1h du matin, ce n'est pas le primetime...
(12) Cacho Castaña : chanteur de variété très médiatique au talent très contesté par l'intelligentsia argentine. Il a néanmoins signé quelques très belles chansons, comme Café La Humedad ou Garganta con arena (un hommage à Roberto Goyeneche, à l'extrême fin de sa vie).
(13) L'actuel premier ministre de l'Argentine, un péroniste K pur jus.
(14) Pan : paroles de Celedonio Esteban Flores et musique de Eduardo Pereyra, un brulôt datant de 1932 sur la pauvreté effarante qui règnait alors dans les classes populaires en Argentine, touchée de plein fouet par la crise de 1929. Ce tango est traduit à la page 153 de mon anthologie Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, sortie en mai 2010 aux Editions du Jasmin, un ouvrage que je dédicacerai, comme prévu, demain, sur le stand de mon éditeur, au Salon des Editeurs indépendants du Quartier Latin, qui se tient jusqu'à demain soir au Lycée Henri IV, à Paris.