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mardi 20 octobre 2026

Qu’est devenu l’or de la Réserve nationale ? et autres scandales financiers [Actu]

Une de Página/12 de dimanche
On y reconnaît le ministre de l'Economie (le plus petit)
et le gouverneur de la Banque centrale,
traités de Golden boys sur fond de logo Deutsche Bank
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Depuis plusieurs mois, les élus de l’opposition, les journalistes et une partie de l’opinion publique se demandent où se trouve l’or de la Réserve nationale argentine. Il a disparu des coffres du Banco Central de la República Argentina et la valeur de 1 023 millions de dollars a également disparu des comptes de l’institution. Les lingots auraient été clandestinement transférés en Grande-Bretagne où ils auraient en tout ou en partie été placés dans des investissements risqués portant notamment sur le cours de l’or à terme, placements qui ont abouti à cette perte considérable. Des enquêtes journalistiques et judiciaires ont été lancées pour retracer l’ensemble de ces opérations très opaques à tel point que le BCRA refuse de remettre à l’équivalent argentin de la Cour des Comptes les documents relatifs à ces lingots, à leur transfert, à leur utilisation plus ou moins frauduleuse tandis que l’organisme de contrôle est parvenu à certaines conclusions sur la nature des investissements effectués avec ces fonds et le montant des pertes qu’ils ont provoquées. Une plainte a été déposée en justice contre le gouvernement pour faire la lumière sur cette affaire pour le moins ténébreuse.

Aujourd’hui, Página/12 consacre plusieurs pages aux différents scandales de gestion de l’argent public qui secouent l’Argentine en ce moment.

Le quotidien de gauche s’intéresse d’abord à la perquisition dans les locaux du Banco Central (BCRA) qui a été demandée à la justice par l’avocat de plaignants. L’argent de la Réserve pourrait en effet avoir transité par la Deutsche Bank dont deux dignitaires du gouvernement, le ministre de l’Économie et le gouverneur du BCRA, sont d’anciens cadres dirigeants en Argentine, le gouverneur ayant même fait l’objet, dans le cadre de ses activités de banquier privé, d’une enquête pour des négociations incompatibles avec le service de l’État. Or ce n’est pas la première fois que les activités de ces hommes sont suspectées de corruption, voire d’enrichissement personnel à leur bénéfice propre ou à celui de certains de leurs proches. Le quotidien avance que la Deutsche Bank elle-même aurait pu retirer un bénéfice sonnant et trébuchant de l’aide qu’elle pourrait avoir apportée à ses deux anciens dirigeants soupçonnés d’avoir détourné l’argent public en Argentine. La perquisition permettrait en effet de mettre la main sur des documents, sur papier ou en ligne, relatifs aux décisions que ces hommes ont prises à la tête du ministère et de la Banque centrale.

Página/12 s’intéresse également au secret défense qui s’applique désormais à l’ensemble des achats d’équipement des forces armées argentines alors que le budget des armées doit, comme les autres, être soumis au pouvoir de contrôle du Congrès.

"Ils ont dévié des ressources pour
s'en mettre plein les poches", dit le gros titre
citant un ministre de la Province de Buenos Aires
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Página/12, cette fois dans son édition locale de La Plata, Buenos Aires/12, se penche encore sur un scandale qui vient d’éclater dans la Province de Buenos Aires dont le gouvernement s’apprête à porter plainte contre le président Javier Milei et son ministre de l’Économie pour la gestion frauduleuse d’un fonds de gestion de l’eau dans la province, un outil très important en particulier cette année où le phénomène climatique du super-Niño menace l’activité agricole et la sécurité des biens et des personnes (des inondations exceptionnelles sont à craindre dans les mois qui viennent).

Enfin, s’ajoute à ce tableau déjà peu reluisant la relaxe définitive prononcée par la justice fédérale (majoritairement très à droite) contre l’ancien président néolibéral, Mauricio Macri, qui avait obtenu du FMI, alors sous la direction de Christine Lagarde, un prêt gigantesque qui passait outre les critères d’attribution du FMI lui-même et qui s’appliqua sans que le Congrès ait été consulté, ce qui est inconstitutionnel, puisque l’État ne peut s’endetter sans que le Congrès donne son accord. Or Mauricio Macri est encore le maître d’une force politique qui pourrait apporter un appoint susceptible d’aider le président Milei, qui gouverne en position minoritaire au Congrès et dans le pays.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 de dimanche sur les bénéfices qu’aurait touchés la Deutsche Bank
lire l’article de Página/12 d’aujourd’hui sur le scandale de l’or du BCRA
lire l’article de Página/12 sur la décision du gouvernement d’imposer le secret défense sur les dépenses des armées
lire l’article de Buenos Aires/12 sur le fond hydrique et sa gestion dénoncée par le gouvernement provincial
lire l’article de Página/12 sur l’archivage de la plainte contre Mauricio Macri
lire l’article de Clarín sur la même affaire

vendredi 25 septembre 2026

Au bout de trois ans de Milei, un pays largement appauvri [Actu]

"Pauvre pays", dit le gros titre
sur cette image assez caractéristique
des banlieues populaires
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L’institut des statistiques vient de publier un rapport alarmant sur l’augmentation de la pauvreté en Argentine au cours du premier semestre de cette année. D’après cet institut public dont les paramètres de calcul ont été ouvertement modifiés par l’autorité politique pour améliorer artificiellement les résultats de la politique menée par Javier Milei et ses sbires, 32,3 % de la population argentine vit désormais sous le seuil de pauvreté.

L'info est soulignée en rouge pour être bien vue !
La pauvreté a augmenté au premier semestre de l'anne
et elle se situe [maintenant] à 32,3%
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Página/12, qui ne fait plus guère confiance aux chiffres de l’INDEC, s’est appuyé sur d’autres études dans lesquelles le gouvernement ne fourre pas son nez et le journal de gauche avance le chiffre de 44 à 45 % de la population, ce qui me paraît nettement plus vraisemblable au regard des autres indicateurs économiques : chute spectaculaire et continue de la consommation, augmentation des suicides, taux d’endettement des ménages, chute des allocations familiales et sociales, fermeture en cascades de PME de capitaux argentins, produisant notamment des biens et des produits de consommation courante, difficultés majeures dans les secteurs culturels, depuis les librairies jusqu’aux écoles privées (et pourtant, quand ça va mal, les Argentins avaient jusqu’ici l’habitude de s’agripper à la culture pour survivre à la crise).

"L'économie a subi une chute de 2,9% en juillet
et la pauvreté s'est remise à augmenter", dit le gros titre
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A l’Assemblée générale de l’ONU, Milei a fait la roue, vantant comme à son habitude ses excellents résultats économiques(qu’il est le seul à voir) et se faisant couvrir de louanges par Trump et Netanyahou, en pure perte puisque ni l’un ni l’autre ne lui a fait l'aumôme de l'accompagner dans sa nouvelle lubie, les revendications de souveraineté sur les îles Malouines dont il se fichait pourtant comme d’une guigne depuis son arrivée au pouvoir.

"La pauvreté a augmenté jusqu'à atteindre
32,3% en six mois et l'économie a reculé
en juillet de 2,9%", dit le gros titre
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Bref, c’est la Bérésina mais lui, comme son « ami » Trump, chante encore cocorico !

L’information est assez préoccupante pour que la presse de droite en fasse elle aussi ses gros titres ce matin !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire le minuscule entrefilet de La Prensa, qui met pourtant l’info à sa Une

jeudi 17 septembre 2026

Budget 2027 : table rase pour l’enseignement, la recherche et le soutien aux handicapés [Actu]

"Mileifique", dit le gros titre
sur cette image d'un Milei en Méphistophélès
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Le gouvernement envoie au Congrès un projet de budget qui abaisse encore de 33 % le financement de l’université publique, laquelle, malgré les décisions de justice, n’a jamais reçu le budget qui lui avait été alloué par le Congrès pour l’année en cours et sur lequel Javier Milei a posé son veto, déclaré illégal par les tribunaux.

La recherche scientifique et technologique sort essorée du projet de budget imaginé par ce gouvernement libertarien qui s’acharne contre le secteur non-marchand en général, et en particulier sur l’économie de la connaissance dont dépend pourtant l’avenir du pays, dont Milei semble se soucier comme d’une guigne.

"Le Budget rouvre la bataille pour les fonds
aux universités et au handicap", dit le gros titre
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Milei et ses sbires s’acharnent aussi contre les handicapés dont ce président barbare souhaite couper toutes les sources de soutien financier, prétendant qu’il s’agit là d’une affaire privée et que les familles n’ont qu’à se débrouiller seules.

Son discours constant depuis son arrivée au pouvoir, il y a bientôt trois ans, fait preuve en l’espèce d’une cruauté assez inimaginable chez un chef d’État, pour le dire franchement. Il s’acharne tout particulièrement sur les enfants qui souffrent d’un handicap, n’hésitant pas à les insulter personnellement sur les réseaux sociaux. Aux enfants en général, Milei préfère les chiens et de très loin. Comme me l'a dit l'un de mes amis, c'est une tragédie !

"Le gouvernement lance des changements
dans l'aide sociale et provoque une forte tension
avec ses alliés", dit le gros titre
La photo est consacrée aux manchots du Zoo de Mar del Plata
qui ont été remis à un parc en Patagonie après la fermeture du zoo
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Toutefois, cette fois-ci, cette revendication d’un manque total de solidarité et d’empathie ne passe pas comme une lettre à la poste dans la coalition informelle qu’il a construit avec quelques partis amis. Il y a du tiraillement au sein même du gouvernement et c’est la presse de droite qui s’en fait l’écho ce matin.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 20 août 2026

Encore un « succès économique » à la sauce Milei : Flybondi sous séquestre de justice [Actu]

"En chute libre", dit le gros titre,
le 13 août dernier
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Flybondi est la première et, à ce jour, la seule compagnie aérienne low-cost argentine. Elle a été créée sous le mandat (néolibéral) de Mauricio Macri pour déréguler le marché du transport aérien et faire concurrence, sur le sol national et pour les destinations frontalières, à Aerolíneas Argentinas, la société historique créée sous Juan Perón pour rassembler en une seule entité publique les différentes compagnies privées qui existaient à la fin des années 1940 et au début de la décennie suivante, selon le modèle de la création de la SNCF en France, sous le Front Populaire. Macri entendait ainsi développer le transport aérien qu’il disait être le plus sûr (au détriment de la route et des bus longue distance), afin d’assurer la continuité territoriale d’un pays immense, par ailleurs privé de son réseau ferroviaire, construit à partir de la fin du 19e siècle et abandonné dans les années 1990 sous le président Carlos Menem.

Au début du mandat de Javier Milei, Flybondi est passé sous le contrôle d’un proche du président, lequel semble avoir créé un système de vases communicants entre les comptes de la société et les siens propres. Jusqu’à la semaine dernière, la compagnie qui n’opérait plus aucun vol effectif vendait toujours des billets.

La justice est donc intervenue dans la gestion de Flybondi. Elle a mis ses comptes sous séquestre à hauteur de 1,5 milliard de pesos, afin de se donner le temps d’enquêter et de décider le cas échéant de l’avenir de la société et de la marque.

Les salariés, pour leur part, ne sont plus payés depuis plusieurs mois. Seul Página/12 s’est intéressé à ce scandale depuis le milieu de la semaine dernière.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 du 13 août
lire l’entrefilet de La Prensa du même jour
lire l’article de Página/12 du lendemain sur la lutte des salariés abandonnés à leur sort

samedi 8 août 2026

San Cayetano croule sous le boulot [Actu]

"En plus de la terre, du pain et du travail", dit le gros titre
sur cette photo de la manifestation sans doute
à l'angle des avenues de Mayo et 9 de Julio
au cœur de Buenos Aires
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Pan, Paz, Tierra, Trabajo (pain, paix, terre, travail) réclamaient hier les manifestants de la San Cayetano dans toute l’Argentine.

San Cayetano (saint Gaëtan en français) est le saint patron du pain et du travail auquel ont recours les croyants (parfois pas si croyants que cela) qui souhaitent améliorer leurs conditions de vie en trouvant du travail et donc du pain. Tous les 7 août, sa fête catholique agit comme un baromètre pour évaluer la situation économique et sociale.

Le gros titre porte sur le ministre de la dérégulation
qui semble en difficulté à l'intérieur du gouvernement
Dans la colonne de droite : annonce de l'inflation mensuelle
à Buenos Aires en juillet (2,9%), une hausse importante
En bas : Clarín a vu hier une Plaza de Mayo à moitié vide
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Comme tous les ans surtout depuis le covid et encore plus depuis l’arrivée de Javier Milei au pouvoir (comme par hasard), hier, ils ont été très nombreux, ce qui était particulièrement visible à Buenos Aires où il est de tradition de faire se succéder le pèlerinage jusqu’au sanctuaire de Liniers, un quartier très pauvre situé dans l’extrême ouest de la capitale, puis la manifestation sociale et politique, organisée par les syndicats, qui va de Liniers jusqu’à Plaza de Mayo (de l’autre côté de la ville) pour présenter les revendications du peuple aux dirigeants, censés être en train de travailler à la Casa Rosada, à l’extrémité orientale de cette place fondatrice du processus révolutionnaire de mai 1810. En l’occurrence, Milei n’y était pas : il était en Colombie pour l’investiture du nouveau chef d’État qu’il veut intégrer dans un bloc d’extrême-droite en Amérique du Sud, comme il a fait la semaine dernière avec l’investiture présidentielle à Lima, au Pérou.

Au cours de la messe à Liniers, l’archevêque de Buenos Aires a rappelé une nouvelle fois que la situation était inacceptable : la hausse des prix est telle que même les gens qui travaillent n’ont trop souvent pas de quoi satisfaire leurs besoins élémentaires.

Le gros titre est pour l'homélie de l'archevêque :
"L'Eglise a critiqué le modèle économique
et elle en appelle au gouvernement
pour les pauvres et les endettés"
En dessous : des violences lors de la manifestation
de jeudi dernier, contre la loi de "propriété intégrale"
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Cette année, les participants ont ajouté à la revendication traditionnelle une demande concernant les terres, que Milei vient d’échouer à vendre à des investisseurs nationaux ou étrangers, et la paix, puisque Milei estime que l’Argentine (pays neutre pourtant) est entrée en guerre contre l’Iran parce qu’il suit aveuglément Donald Trump et qu’il vient de se fâcher avec les autorités brésiliennes en insultant Lula à São Paulo, ce à quoi Brasilia a répondu en retirant son ambassadeur de Buenos Aires et en demandant au représentant argentin de quitter le Brésil et de rentrer chez lui.

L’une des banderoles de la manifestation promettait de « reconstruire l’Argentine ». Et il y a du boulot !

*
* *


Hier, sur LCI, j’ai encore entendu une ancienne ambassadrice de France, devenue panelliste, déclarer de manière péremptoire qu’on s’était certes bien moqué de Milei et de sa tronçonneuse lors de sa campagne électorale mais qu’en fait, économiquement, le pays s’en sortait très bien. Comme tout bon toutologue de plateau qui se respecte, elle ne sait même pas de quoi elle parle.

Vignette de Une de Página/12 aujourd'hui
Le premier : L'an dernier, je suis allé voir San Cayetano
pour demander du travail et il m'en a trouvé...
Cette année, j'y suis retourné
Le second : Pour rendre grâce ?
Le premier : Non, pour en demander un autre en plus...
Avec un seul, je ne m'en sors pas.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Depuis le 10 décembre 2024, date de la prestation de serment de Milei, l’Argentine a perdu plus de 341 000 postes de travail déclaré (trabajo formal ou en blanco, par opposition avec le travail au noir, en negro). Un tiers des chômeurs mettent un an ou plus à retrouver du travail… C’est pour cela que San Cayetano ne risque pas d’en manquer, lui !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín qui se concentre sur l’homélie de l’archevêque de Buenos Aires (les autres évêques ont tenu des propos similaires chacun dans son diocèse)
lire l’analyse de cette homélie signée dans La Nación par son éditorialiste spécialisé en religion

jeudi 6 août 2026

Loi dite de la « propriété intégrale » : le Sénat refuse et le gouvernement recule [Actu]

"La livraison n'a pas pu se faire", dit le gros titre
sur cette photo de Milei en livreur de plateforme
sur le coffre, la carte de l'Argentine
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Une nouvelle fois, le gouvernement a tenté de faire voter sa loi de déréglementation tous azimuts, dite de « propriété intégrale », avec son chapitre qui prétendait légaliser et faciliter l’aliénation de la terre agricole, du sous-sol ainsi que des lacs et des cours d’eau que le gouvernement entendait vendre au plus offrant à de grands capitaux étrangers, sans aucune restriction ni condition contraignante.

Le conseiller : "L'opposition l'appelle "Loi d'aliénation de la terre".
Alors personne ne va la voter
Milei : Appelons-la "Loi Fromage et confiture". Tout le monde aime ça
Vignette de Daniel Paz et Rudy, aujourd'hui, en Une de Página/12
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Pour convaincre les sénateurs qui manquaient à la majorité hétéroclite avec laquelle Javier Milei gouverne, Patricia Bullrich, ex-ministre de la Sécurité devenue en décembre dernier la cheffe du camp présidentiel à la Chambre haute, avait réduit l’amplitude moyenne de l’aliénation à « seulement » 25 % de l’ensemble du territoire.

Le gros titre principal porte sur le prochain voyage du pape
L'info est traitée en haut de la colonne de droite
"Sans soutien, le gouvernement renonce au chapitre
le pus polémique de la loi des terres
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La papesse de l’ultra-droite avait présenté à la presse une carte de l’Argentine avec des pourcentages établis province par province mais la manœuvre a raté et ce nouvel échec sur le même sujet force pour la première fois ce gouvernement aux pratiques antidémocratiques à retirer au moins ce chapitre ultra-contesté de la nouvelle loi.

"Sans soutien, le gouvernement a dû
retirer le chapitre sur l'aliénation des terres", dit le gros titre
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Les sénateurs ont donc enfin réussi à protéger le territoire national et à le réserver aux Argentins selon le régime légal protecteur établi par un gouvernement antérieur. La loi qui reste donc en vigueur garantit la souveraineté du pays dans les domaines de l’alimentation, de la production d’agro-carburant, de l’exploitation minière et de la gestion de l’eau (y compris la production hydro-électrique).

L’ensemble de la presse en parle ce matin et les Unes y font toutes allusion.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


jeudi 30 juillet 2026

La communauté scientifique internationale prend fait et cause pour la recherche argentine [Actu]

Le Conicet en lutte


De nombreux chercheurs scientifiques de plusieurs pays, dont 24 prix Nobel, viennent d’adresser à Javier Milei et son gouvernement une lettre où ils leur demandent instamment de préserver et de financer l’appareil scientifique et technologique du pays, qui perd huit postes de travail tous les mois depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel président.

La pétition continue à rassembler des signatures et le secteur de la recherche et de l’innovation argentin continue quant à lui à s’asphyxier, faute de financement public. C’est donc l’avenir du pays, qui était en pointe sur le continent dans ces domaines, qui est menacé.

L'image réelle de l'étoile de mer
avec tous les paramètres de l'observation (en anglais)

Le personnel du CONICET, le centre national de recherche et de technologie, l’équivalent argentin du CNRS français, est en lutte depuis des mois. Pour symbole de la cause, il affiche une étoile de mer qui a fait le buzz il y a un an lorsque l’organisme diffusait en streaming, y compris sur une chaîne de télévision, les magnifiques images vidéo d’une campagne d’exploration des fonds marins dans le Mar Argentino, dans les eaux territoriales du pays.

En Argentine, tout le monde s’est pris d’affection pour cette estrella culona (culo, c’est les fesses en espagnol d’Argentine – attention : ce n’est pas le cas en Espagne !)

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, le seul quotidien d’envergure nationale à rendre compte aujourd’hui de cette pétition internationale.

lundi 27 juillet 2026

Après Pedro Sánchez, c’est Lula qui en prend plein la figure : la diplomatie boute-feu de Milei [Actu]

"La honte", dit le gros titre en portugais
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Samedi, Javier Milei s’est rendu à São Paulo au Brésil pour soutenir Flavio Bolsonaro, aujourd’hui sénateur et héritier désigné par son père, l'ex-président d'extême-droite Jair Bolsonaro, qui lançait sa campagne pour l’élection présidentielle de l’année prochaine. Milei a participé au meeting et il en a profité pour insulter dans des termes orduriers le président sortant, Lula, qui entend se représenter (lui qui a déjà fait deux mandats, avant sa condamnation illégale pour corruption puis sa réhabilitation au terme d’une procédure de cassation qui a mis en évidence le complot monté de toutes pièces contre lui par quelques magistrats de droite, agissant sur ordre des pouvoirs en place).

Jair Bolsonaro purge actuellement une peine de prison non pas pour des faits de corruption ou d’atteinte à la probité mais, et c’est encore plus grave, pour tentative de coup d’État lorsqu’il avait, comme Trump avant lui, tenté d’utiliser ses partisans pour renverser le gouvernement légitime de Lula tout juste investi chef de l’État.

Même pas besoin de traduire le gros titre
en bas, la photo de Milei à l'inauguration du Salon  de l'agriculture
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Milei n’a pas eu le droit de lui rendre visite en prison, précisément à cause du motif de haute trahison qui lui a valu son incarcération : personne ne doute au Brésil que Milei entend appuyer, y compris par la violence, toute opération susceptible de renverser Lula et de le remplacer par l’un ou l’autre des Bolsonaro.

A São Paulo, Milei ne s’est pas contenté d’insulter son homologue. Il a aussi couvert d’injures le plus haut magistrat du Brésil, celui qui a cassé le jugement pénal contre Lula avant que celui-ci soit à nouveau élu président.

Depuis des décennies, c’est la première fois qu’un chef d’État de l’un des deux pays insulte son homologue et nie sa légitimité. Jusqu’à présent, la coopération entre les deux pays avait toujours été cultivée avec soin quelle que soit l’appartenance politique des deux gouvernements en place, les intérêts des deux pays passant largement au-dessus des éventuels différends idéologiques entre eux.

Il y a quelques mois, en visite privée en Argentine, Lula est allé rendre visite à Cristina Kirchner, incarcérée à domicile sous bracelet électronique pour des faits de corruption et avec des attendus contestés et très largement contestables (elle a été condamnée pour ne pas avoir su que certains de ses subordonnés étaient coupables de faits de corruption, un motif inacceptable dans un État de droit où personne ne peut être tenu responsable pénalement des actions d’autrui, hors les parents de mineurs et encore dans des cas très circonscrits). Cristina n’a donc pas été reconnue coupable d’un crime contre la démocratie mais contre la probité (comme l’avait été Lula, envoyé en prison lui aussi). Et en entrant comme en sortant de cette entrevue, le président brésilien n’avait fait aucune déclaration politique : aucune parole de nature à porter atteinte à l’honneur du président argentin ou à l’un quelconque de ses ministres n’était sortie de ses lèvres.

"Escalade de la tension avec le Brésil :
après les insultes, Lula rappelle
son ambassadeur pour consultation"
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Devant l’ingérence de Milei dans le débat politique interne au Brésil, celui-ci rappelle pour consultation son ambassadeur à Buenos Aires et convoque celui de l’Argentine au ministère des Affaires étrangères pour lui exprimer sa réprobation. Il est possible que l’ambassadeur brésilien ne retourne pas en Argentine, comme cela était arrivé à l’ambassadrice d’Espagne qui n’a plus jamais remis les pieds à Buenos Aires après son rappel pour consultation à Madrid, pour les mêmes motifs : Milei avait insulté l’Espagne et son gouvernement légitime, celui de Pedro Sánchez, traité lui aussi de voleur, de vermine socialiste, de lâche, je vous en passe et des meilleures.

Ce matin, chaque titre de presse argentin consacre plusieurs articles à ce très grave incident diplomatique provoqué en toute connaissance de cause par le président argentin, Página/12 étant le quotidien (d’envergure nationale) le plus remonté contre l’insupportable comportement de cet homme, qui se montre une nouvelle fois tout à fait indigne de sa fonction.

Ce week-end, Milei ne s’est pas contenté de s’aliéner le puissant voisin brésilien. Il est aussi allé provoquer et mécontenter le grand patronat agricole (qui a pourtant voté pour lui) en allant inaugurer un de ses principaux salons pour y tenir un discours plein d’autosatisfaction et de vagues promesses, celles qu’il répète depuis trois ans sans jamais les tenir, pour répondre aux préoccupations économiques concrètes du secteur. Pourtant, Milei devrait chouchouter ce patronat, puisqu’il veut désindustrialiser le pays afin de transformer son économie en imposant un système de sous-développement : une économie reposant sur l’exportation des matières premières (agricoles et minérales) et l’importation des produits transformés, comme à l’époque coloniale… Deux cents ans d’effort national pour sortir de ce piège d’Ancien Régime pour y revenir, à l’heure de la mondialisation !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de La Nación
lire l’article de Página/12 sur le discours devant le patronat rural

vendredi 24 juillet 2026

Vendepatria ! Patricia remet le couvert [Actu]

Cette Une n'a même pas besoin de traduction !
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Déjà quatre tentatives de faire voter la loi de la « propriété intégrale » et quinze modifications du projet sans succès. La chef de la majorité au Sénat, Patricia Bullrich, qui fut en sa jeunesse une révolutionnaire d’extrême-gauche, et le ministre de la dérégulation se sont réunis pour examiner la meilleure stratégie pour faire enfin adopter la mesure.

Une nouvelle loi qui abroge la « loi des terres rurales » qui a pour objectif de protéger le domaine agraire national d’une main-mise de capitaux étrangers, le tout afin de garantir l’approvisionnement alimentaire du marché national avec des Argentins ou des résidents légaux capables d’exploiter leurs propres ressources pour en tirer un revenu correct.

Actuellement, de nombreuses parcelles agricoles sont la propriété d’étrangers, quelques personnes physiques mais surtout des personnes morales à l’envergure gigantesque. La plus connue de ces grands groupes est l’italien Benetton qui élève des moutons en Patagonie pour assurer et contrôler ses approvisionnements en laine de qualité mais Benetton est loin d’être le seul et c’est à cause de cette aliénation croissante des terres agricoles qu’un gouvernement précédent (de gauche bien sûr) avait pris des dispositions protectrices.

Vignette de Miguel Rep aujourd'hui pour Página/12
Le dessin se passe de traduction, là encore !
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Javier Milei veut balayer tout cela et vendre à des étrangers le sol et même le sous-sol (d’où la dimension « intégrale » de la propriété). Exit par conséquent la loi qui protège les glaciers, notamment dans la province de Santa Cruz, qui est aussi une province pétrolifère et qui est aussi le fief des Kirchner. Si cette nouvelle loi passe, on va pouvoir exploiter des gisements de toutes natures prisonniers des glaces qui fondent pourtant à vue d’œil à cause du réchauffement climatique, dont Milei nie farouchement l’existence.

Ce qui se prépare avec ces nouvelles règles dérégulées, c’est une catastrophe économique, sociale et écologique.

Cette politique libertarienne menée par un président déchaîné et qui n’accepte aucun contre-pouvoir commence à inquiéter jusqu’aux think tanks ultra-libéraux qui voient les conséquences de ces décisions sur l’économie réelle : c’est un désastre pour la production (un nombre considérable d’entreprises ont déposé le bilan) et pour la consommation, en chute libre depuis l’arrivée au pouvoir de Milei. Les mêmes actions provoquant les mêmes effets, on observe la même dégringolade de la consommation aux États-Unis depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article secondaire de Página/12 sur le même sujet
lire l’article de Página/12 sur les explications données par Patricia Bullrich qui prétend que ces nouvelles dispositions ne mettent pas en danger la souveraineté nationale (ben voyons !)
lire l’article de Página/12 sur le rapport économique qui dément le discours triomphaliste de Milei et consorts
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín sur la baisse continue de la consommation
lire l’article de La Nación sur ce projet de loi de « propriété intégrale »

Ajouts du 30 juillet 2026 :

lire cet article de Página/12 sur l’appel de l’épiscopat contre l’aliénation de la terre agricole, qui ne saurait « être une marchandise »
lire cet article de La Prensa

mercredi 22 juillet 2026

Les librairies en danger en Argentine [Actu]

Vignette de Miguel Rep aujourd'hui dans Página/12 :
l'enfant bleu est un personnage récurrent dans l'oeuvre du dessinateur
"Un bon ami arrive dans les moment difficiles, l'enfant bleu
Un bon ami t'emmène en promenade
Un bon ami te fait la conversation
Un bon ami t'emmène chez lui te reposer au milieu des siens"
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Traduction © Denise Anne Clavilier


L’Argentine a adopté il y a plusieurs années une variation de la loi Lang française : elle fixe le prix du livre et réglemente tout le secteur du livre, en protégeant en particulier les librairies, ce qui permet aux petites maisons d’édition indépendantes d’exister et de garantir la diversité dans le monde de l’édition. Comme en France.

Alors que la Une s'attarde sur le sort des travailleurs
de plateforme, le sort des librairies a droit à
un article secondaire : en bas à droite
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Actuellement, le gouvernement argentin envisage une nouvelle loi de déréglementation sauvage qui mettra fin à ce régime des librairies et au prix unique du livre, le tout devant profiter aux géants du secteur de l’édition, qui seront les seuls à pouvoir tirer leur épingle du jeu, à savoir les filiales argentines du groupe espagnol Planeta et du groupe états-unien Penguin, et les grandes enseignes de la grande distribution et du commerce en ligne.

Les pharmacies sont elles aussi menacées puisqu’il est question de permettre la vente de médicament directement dans la grande distribution. Ce qui revient à mettre une bonne partie de la population en danger puisque les médicaments, y compris ceux vendus sans ordonnance, ne sont pas des produits anodins. Il faut savoir quoi acheter et quoi vendre à qui. En d’autres termes, ce ne sont pas des bonbons !

La Nación en parle en Une (en haut à droite)
pour s'en inquiéter
mais je n'ai pas pu trouver l'article en ligne
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Troisième marché visé par ce projet : le courtage en immobilier dont il est question de baisser voire d’éliminer le niveau de qualification obligatoire pour l’exercice du métier. A l’avenir, avoir de l’argent à investir dans l’activité et une carte d’identité pourrait suffire pour se lancer.

Página/12 sonne le tocsin !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 d’hier sur les trois secteurs concernés
lire l’article de Página/12 d’aujourd’hui sur le marché du livre

Ajout du 24 juillet 2026 :

lire cet article de Página/12 sur les conséquences prévisibles de la libéralisation des médicaments : plus d’automédication et des produits pharmaceutiques plus chers