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vendredi 12 août 2016

Jacqueline Sigaut continue son cinéma [à l'affiche]


La chanteuse Jacqueline Sigaut reprend chez elle deux films qu'elle a déjà projetés dans le cadre de ses invitations à domicile... Mes fidèles lecteurs, que j'abandonne un peu trop ces jours-ci (pour cause d'agenda ultra-chargé à Buenos Aires et bientôt dans trois provinces du Far-West argentin), connaissent la formule. Il faut s'inscrire d'avance (tout est écrit sur l'affiche ci-dessus).

samedi 11 juin 2016

Hommage sur grand écran aux Maestros disparus chez Jacqueline Sigaut [à l'affiche]


Demain dimanche 12 juin 2016, à 17h, la chanteuse argentine Jacqueline Sigaut propose, chez elle dans le quartier de Palermo, à Buenos Aires, une nouvelle soirée de sa série Cine Tango y Amigos et la dédie cette semaine aux trois maîtres du tango récemment disparus : le bandonéoniste et compositeur Ernesto Baffa d'une part (voir mon article d'avril 2016) et les deux chanteurs Alberto Podestá (voir mon article de décembre 2015) et Juan Carlos Godoy (voir mon article de février 2016) de l'autre.

La projection sera accompagnée d'une bonne petite collation maison (et vous pouvez être sûrs que ce sera succulent et roboratif !) et d'une rencontre avec les deux réalisateurs, Daniel Tonelli et Marcelo Turrisi.

Pour participer, il faut s'inscrire auprès de l'organisatrice par email et en espagnol. Tout est indiqué sur le visuel...

dimanche 13 décembre 2015

Adieu à Alberto Podestá [Actu]


C'est une voix d'or apparue dans les années 1940 qui s'est éteinte le 9 décembre dernier : Alberto Podestá, qui avait travaillé avec Miguel Caló, avant d'être débauché par Carlos Di Sarli. Il avait fait une grosse partie de sa carrière avec beaucoup d'autres grands orchestres, avant que le renversement de Perón en septembre 1955 sonne le glas de la grande époque du tango, des orchestres et des cabarets. Il avait été l'une des vedettes du Café de los Maestros, ce documentaire sur les grands anciens, réalisé par Gustavo Santaolalla, qui a redonné du lustre à cette génération dans les années 2000.

Página/12 lui a consacré la une de ses pages culturelles au lendemain de sa mort, le 10 décembre, mais le site Internet du journal faisait alors l'objet d'une attaque pirate très élaborée qui le rendait inaccessible alors que l'Argentine se préparait à changer d'époque politique. Le reste des journaux nationaux ont été des plus discrets sur la question. Je n'ai pris moi-même connaissance de l'information que ce matin en pouvant enfin ouvrir le site de Página/12 (1).

En août 2007, j'avais eu la chance de rencontrer Alberto Podestá. Croyant avoir affaire à une journaliste, il m'avait donné rendez-vous dans un café de la rue Lavalle, face aux bureaux de la Sadaic, et il m'avait servi la scène pittoresque que l'on voit dans tous les reportages européens sur les artistes de tango : le vieux chanteur en train de taper le carton avec quelques vieux potes du même âge dans un décor de bistrot. Quand il s'est rendu compte, aux propos que je lui tenais et à mon niveau de maîtrise de l'espagnol d'Argentine, il avait tout arrêté, s'était excusé et m'avait demandé si je pouvais revenir le lendemain où il pourrait me recevoir ailleurs, dans de meilleures conditions et dans une atmosphère beaucoup plus tranquille. Ce qui fut fait. Et le lendemain, je rencontrais l'homme réel, pas ce stéréotype à la recherche duquel il m'avait crue.

L'homme avait 91 ans. Vous verrez dans l'entrefilet de La Nación que la date de naissance est fausse. C'est vous dire dans quelles conditions de bâclage cette pauvre nécrologie a été réalisée dans la folie de cette journée d'investiture présidentielle de Mauricio Macri.

Vous lirez donc plus attentivement l'article de Página/12.

D'ordinaire, lorsque l'Argentine pleure l'une de ses grandes personnalités, il n'y en a dans Barrio de Tango que pour le disparu. Aujourd'hui, eu égard au contexte politique dans lequel se produit ce décès, je viole ma propre règle mais je mets cet hommage à Alberto Podestá en ouverture de la page du jour.



(1) L'attaque dont a fait l'objet le journal est sans aucun doute liée au calendrier politique puisqu'elle cesse ou qu'elle peut être surmontée maintenant que Mauricio Macri est en place et a déjà pris ses premières mesures, dont une modification importante des décrets d'application de la loi sur les médias et de celle qui organise l'organigramme de l'Exécutif. A gauche en Argentine, on murmure qu'une société de téléphonie serait à l'origine du problème rencontré par le titre ces derniers jours. Qui que soit le commanditaire de l'attaque, c'est un acte grave en démocratie.

vendredi 24 octobre 2014

Viernes de Tango avec Mulenga au Palacio Carlos Gardel [à l'affiche]


Ce soir, vendredi 24 octobre 2014, à 19h30, la Academia Nacional del Tango propose son nouveau concert (payant) du vendredi, Viernes de Tango.

Artistes du jour : le Cuarteto Mulenga dirigé par Carlos Gorrindo et avec un trio d'invités prestigieux de la génération des aînés, les chanteurs Alberto Podestá (qui fit partie de l'orchestre de Carlos Di Sarli dans les années 40 et 50), Héctor De Rosas (qui chanta avec Astor Piazzolla dans les années 60 et 70) et le bandonéoniste et compositeur Ernesto Baffa, qui joua chez Horacio Salgán avant d'arriver, encore adolescent, chez Aníbal Troilo.

Ce jeune quatuor s'est formé il y a deux ans pour faire revivre les styles des orchestres de la grande époque (la época de Oro), entendez les années 30 et 40 jusqu'au renversement de Juan Perón en septembre 1955. On redécouvrira avec eux ce soir les styles des années 1940 (les années où brillaient Pugliese, D'Arienzo, Canaro, Di Sarli et Troilo, pour ne citer que ces cinq monstres sacrés).

Vous trouverez sur leur site Internet des documents audio et des vidéos pour mieux les connaître. Sur leur page Facebook, vous constaterez qu'ils sont déjà venus jouer à Paris (sur leur actuelle photo de profil, ils posent devant la Tour Eiffel).

Entrée : 80 $ (avec visite du Museo Mundial del Tango)
Academia Nacional del Tango, Palacio Carlos Gardel, Avenida de Mayo 833, 1er étage.

samedi 22 mars 2014

Bis repetita pour un centenaire [à l'affiche]


La Commission Nationale du Centenaire Aníbal Troilo propose pour la seconde fois la milonga organisée au même endroit il y a quelques semaines, en souvenir de l'ancien Marabú, le cabaret, aujourd'hui disparu, où Pichuco joua pour la première fois en public à la tête de l'orchestre qu'il venait de fonder avec les vestiges de celui de Ciriaco Ortiz et qui portait désormais son nom.

Ce sera jeudi prochain, à 21h, à Maipú 365, dans Monserrat, avec la participation du chanteur Alberto Podestá, du compositeur et bandonéoniste Ernesto Baffa, un des anciens de l'orchestre de Pichuco et du sextuor de Pablo Valle.

Comme à sa première édition, cette milonga sera animée par Marcelo Guaita, de la 2 x 4, la radio tout tango de Buenos Aires (lien dans la partie basse de la Colonne de droite) et la musique sera choisie par Gabriel Soria, en sa qualité de collectionneur et grand connaisseur de l'œuvre discographique de Aníbal Troilo.

mardi 18 juin 2013

La Rencontre Fédérale de Tango à Avellaneda [à l'affiche]

Le Secrétariat d'Etat a choisi le bandonéon de Osvaldo Piro
comme emblème de la Rencontre
Du jeudi 20 au dimanche 23 juin 2013 se tiendra à Avellaneda dans la proche banlieue sud de Buenos Aires une manifestation intitulée Encuentro Federal de Tango, organisée par le Secrétariat d'Etat à la Culture du Gouvernement national pour la troisième année consécutive.

Au programme, des concerts, des cours, des milongas, des conférences, des expositions...

Des invités prestigieux comme Horacio Ferrer, président de la Academia Nacional del Tango, le Sexteto Mayor qui fête cette année ses quarante ans, le bandonéoniste et compositeur Osvaldo Piro, l'orchestre de musique national Juan de Dios Filiberto, le chanteur Alberto Podestá et j'en oublie. L'orchestre de tango de la ville de Avellaneda sera naturellement de la fête. L'auteur-compositeur interprète Juan Vattuone aussi. Les trois jeunes Orquestas Típicas La Vidú, Misteriosa de Buenos Aires et Almagro également. Des danseurs seront là dont le couple Dinzel et Johana Copes avec son partenaire Julio Altez, et là encore j'en oublie...

Les manifestations sont gratuites, pour la plupart d'entre elles, et elles se tiennent au Teatro Roma, Sarmiento 101.

Qui dit fédéral en Argentine se réfère à l'idéologie populaire qui s'opposa très tôt dans l'histoire de l'Argentine indépendante à la politique des grands commerçants de Buenos Aires, à Juan Manuel de Rosas, à la guerre civile qui sévit dans le pays entre 1820 et 1852 et qui s'acheva dans la défaite de Rosas qui transforma sa figure en légende, comme l'exil de Sainte-Hélène pour Napoléon. Ce mouvement fit aussi la part belle aux Indiens de la Pampa et aux esclaves affranchis, il représente l'apogée d'une Argentine métissée qui devait disparaître dans la seconde partie du XIXème siècle. Rien d'étonnant à retrouver dans cette manifestation des artistes comme Juan Vattuone, grand militant de la négritude dans la musique et la culture argentine, et La Vidú, un des ensembles du Buenos Aires underground de l'autogestion artistique.

La manifestation fait partie du Plan de Promotion du Tango conduit par ce ministère. Elle est co-produite avec les Affaires culturelles de la Ville de Avellaneda.

Pour aller plus loin et découvrir la richesse du programme :
voir la page de la manifestation sur le site du Secrétariat d'Etat à la Culture

mercredi 17 avril 2013

Concert de l'Orchestre Horacio Salgan au Maipo [à l'affiche]



La Orquesta de Horacio Salgan, qui est dirigée par son fils le pianiste César Salgan (ci-dessus), se produira le mardi 23 avril, pour la seconde fois ce mois-ci, au Teatro Maipo (la première représentation a eu lieu hier).

L'orchestre se produit avec le Quinteto Real (fondé par Salgan), les bandonéonistes Julio Pane, Néstor Marconi et Ernesto Baffa, auxquels se joignent le chanteur Alberto Podesta et le danseur Juan Carlos Copes, des vieux de la vieille et des grands, tous autant qu'ils sont...

Ces concerts sont organisés par Gabriel Soria, journaliste, collectionneur et premier Vice Président de la Academia Nacional del Tango, comme vous le savez désormais.

Teatro Maipo, Esmeralda 443, 20h30 (il me manque le prix et le temps pour aller enquêter sur cette question).

mercredi 5 septembre 2012

Alberto Podestá sort un nouveau disque [Disques & Livres]


A 87 ans, le chanteur Alberto Podestá sort un nouveau disque ! Il s'intitule Alta Gama (haute gamme). A cette occasion, Página/12 a interviewé l'artiste qui n'en revient de chanter encore à un âge aussi avancé et de pouvoir toujours rencontré un public enthousiaste pour lequel il chante maintenant selon son inspiration et pour le plaisir (il n'a plus rien à prouver)...

A son âge, il parcourt encore le monde et se produit dans de modestes milongas, invité par des animateurs très calés en répertoire discographique.

Hier, 4 septembre 2012, il présentait ce nouveau disque au Velma Café, à Buenos Aires.

Seule la charge d'un agenda en perpétuel mouvement m'a empêché d'aller l'écouter et aujourd'hui encore de faire plus que vous renvoyer à cette interview sur la version en ligne de Página/12 (vous pouvez utiliser le traducteur en ligne Reverso pour soutenir votre compréhension de ce qu'il dit, Reverso est en lien permanent dans la Colonne de droite).

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 de lundi dernier.

mercredi 2 novembre 2011

Dos amigos siempre fuimos : reprise au 36 Billares [à l'affiche]


Tous les vendredis de ce mois de novembre, à 21h30, les chanteurs Alberto Podestá et Luis Filipelli reprendront leur récital à deux voix intitulé Dos amigos siempre fuimos (nous avons toujours été deux amis), dans leur bar d'attache, le café 36 Billares, Avenida de Mayo 1265.

Ils avaient lancé ce spectacle il y a un an et depuis lors, périodiquement, ils le reprennent, toujours dans la même salle et toujours accompagnée par Julián Hermida à la guitare et Franco Polimeni au piano.

Entrée : 50 $ (consommation en sus).

mercredi 6 juillet 2011

Retour sur scène de Dos amigos siempre fuimos [à l'affiche]


Dos amigos siempre fuimos (nous avons toujours été deux amis) est le nom du récital à deux voix qu'ont monté ensemble les chanteurs Alberto Podestá (86 ans bientôt) et Luis Filipelli cet été au Bar 36 Billares, un établissement classé de Avenida de Mayo 1265.

Les deux artistes le reprennent après un mois d'interruption à partir de ce soir, 6 juillet 2011, et pour tous les mercredis de ce mois, à 21h30, au prix très, très raisonnable de 40 $.

Ils seront accompagnés à la guitare par Julián Hermida et au piano par Franco Polimeni et les danseurs Gachi Fernández et Cristian Miño interviendront avec des démonstrations chorégraphiques, comme presque tous les soirs aux 36 Billares.

Le 14 juin dernier, Cristian Vitale a consacré un article au spectacle, dans les pages culturelles de Página/12, une occasion de revisiter une nouvelle fois l'impressionnante carrière de Don Alberto Podestá, qui chanta dans l'orchestre de Miguel Calo au cabaret Singapur, dans les années 1940, là où un beau soir, Carlos Di Sarli lui-même vint le débaucher pour le faire entrer dans son propre orchestre et lui faire adopter ce nom de scène, qui le rattache fictivement à l'une des plus brillantes dynasties du théâtre argentin.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 dans l'édition du 14 juin 2011.

mardi 17 mai 2011

Alberto Podesta et Luis Filipelli de retour aux 36 Billares [à l'affiche]

Les chanteurs Alberto Podestá et Luis Filipelli reprendront leur tour de chant partagé, intitulé Dos amigos siempre fuimos (nous avons toujours été deux amis), les mercredis 18 et 25 mai et 1er, 8 et 15 juin, à 21h30, au Bar 36 Billares, avenida de Mayo 1265, comme ils l'ont fait pendant une bonne partie de l'été, en janvier et février 2011.

Entrée : 40 $

Ils seront accompagnés pour ces concerts par Julián Hermida, à la guitare et Franco Polimeni, au piano. Le couple de danseurs Gachi Fernández et Cristian Miño complètent cette distribution et cette soirée.

samedi 14 mai 2011

Pléïade d'artistes au prochain Plenario de la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

Reconstitution de l'article publié le 12 mai 2011. Hier, Blogger a rencontré un problème technique qui a détruit toutes les entrées mises en ligne après le 11 mai dans le monde entier. Hier, le service Blogger était indisponible toute la journée, d'où l'absence de mise en ligne en date des 12 et 13 mai.

Lundi prochain, 16 mai 2011, la Academia Nacional del Tango consacrera sa séance académique (Plenario) au Maestro Osmar Maderna (1918-1951), compositeur, pianiste et chef d'orchestre, décédé il y a soixante ans maintenant. Maderna a en effet trouvé une mort accidentelle et terriblement précoce, un 28 avril, aux commandes de son propre avion.

Le tango rituel du jour sera La casita de mis viejos de Juan Carlos Cobián et Enrique Cadícamo (1) joué au piano par Maderna pendant une émission de radio des années 1940.

Exposeront leurs souvenirs du Maestro trois chanteurs qui ont travaillé avec lui : Alberto Podestá, Héctor de Rosas (2) et Adolfo Rivas (3). Ernesto Franco, bandonéoniste, compositeur et arrangeur, qui remplaça Leopoldo Federico dans l'orchestre de Maderna, se joindra au trio de voix.

Pour l'espace artistique traditionnel de tout Plenario, il sera confié à la Orquesta Sans Souci, avec deux chanteurs, Walter "Chino" Laborde, que vous connaissez déjà pour son travail régulier avec la Orquesta Típica Fernández Fierro, et Javier "Cardenal" Domínguez, dont vous connaissez aussi le travail, notamment son dernier disque, Trio, enregistré avec ses deux amis guitaristes, Hernán Reinaudo et Ariel Argañaraz.

Le Plenario aura lieu lundi 16 mai, à 19h30, comme d'habitude, au premier étage du Palacio Carlos Gardel, le siège de la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, dans le quartier de Monserrat. L'entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

(1) J'ai traduit La casita de mis viejos dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin (France). Ce tango se trouve à la page 285.
(2) Héctor de Rosas travailla aussi avec Astor Piazzolla. C'est lui qui a créé le rôle du Cantor dans María de Buenos Aires, en 1968.
(3) Adolfo Rivas est le dernier chanteur de l'orchestre de Osmar Maderna.

mardi 5 avril 2011

Un Séminaire de culture tanguera commence ce soir à la Academia Nacional del Tango. Article n° 2100 [Actu]

La Academia Nacional del Tango propose, tous les mardis soir, un séminaire d'un quadrimestre, le module qui structure l'année scolaire argentine, qui en compte donc deux, sur l'ensemble de la culture du tango argentin. Les cours commencent ce soir.

Au mois d'avril, le professeur sera Alberto Podestá, grand chanteur devant l'Eternel, qui peut afficher à son tableau de chasse plusieurs enregistrements qui ont fait l'histoire, vu qu'il a commencé sa carrière chez Miguel Caló, au cabaret Singapur, à la toute fin des années 30, dans la Orquesta de las Estrellas, où il a créé entre autres un bon nombre des tangos du duo fraternel Expósito (Virgilio, le compositeur et pianiste, Homero le poète et l'aîné des deux frères), puis chez Carlos Di Sarli, qui, un beau soir, est allé l'y débaucher (voir mon article du 4 décembre 2009 sur le Plenario que la Academia a consacré à ses 85 ans et 70 ans de carrière).

Au mois de mai, le professeur sera Horacio Ferrer : il parlera des grands poètes, Pascual Contursi, Celedonio Esteban Flores, Enrique Santos Discépolo, Homero Manzi et Héctor Negro, annonce ce matin Página/12. Sans doute la chroniqueuse Karina Micheletto oublie-t-elle au moins des gens comme Alfredo Le Pera (1900-1935), Enrique Cadícamo (1900-1999) et Homero Expósito (1918-1987), qui fut un ami personnel du Maestro Horacio Ferrer (1).

En juin, les professeurs seront le couple de danseurs légendaires Eduardo et Gloria Arquimbau, qui ont récemment fêté leurs 50 ans de carrière, eux aussi, au cours d'un Plenario (voir mon article du 29 juillet 2010 à ce sujet). Ils traiteront de l'évolution du tango dansé et de ses variantes sociales et scéniques, avec un retour aux sources historiques, à l'origine reculée du tango, dans les années 1800, avant même la Revolution de Mai 1810 !

En juillet enfin, c'est le compositeur, bandonéoniste, arrangeur et chef d'orchestre Raúl Garello qui viendra disserter de toutes ces dimensions musicales, instrumentales et orchestrales qui constituent la richesse de la tradition musicale du tango, où chaque morceau dispose d'à peu près autant d'arrangements et donc de versions que d'interprètes qui l'ont inscrit à leur répertoire. Or dans le monde du tango, contrairement à celui de la chanson de l'hémisphère sud, le répertoire constitue un fonds commun où tous les interprétes, tous les groupes, toutes les formations vont puiser sans aucune réserve ce qui leur plaît, ce qu'ils aiment, ce qu'ils ont envie de jouer, de chanter, d'exécuter.

Une des pages culturelles du quotidien ce matin (5 avril 2011)

Ce matin, l'événement, c'est très exceptionnel, a fait la une des pages culturelles du quotidien Página/12 et Horacio Ferrer en a profité pour annoncer la deuxième réédition augmentée de sa somme encyclopédique, El Libro del Tango, publié pour la première fois en 1970 avec deux tomes, puis réédité en 1980 en trois tomes, une édition qui était épuisée depuis de très nombreuses années.

Quelques extraits de cette quintuple interview publiée ce matin par Página/12 :

“A mí nadie me enseñó para ir a cantar a una orquesta, eso lo aprendí yo con las orquestas. Me enseñaron mucho los directores, todos me dieron siempre un toque: hacé esto, lo otro, por qué no probás aquello, y así fui aprendiendo. No es que me hayan cambiado la forma de cantar, me enseñaron formas, trucos, yeites”, cuenta. El ejemplo hace reír a todos: “Cuando fui con Di Sarli, lo primero que me dijo fue: ‘Aquí se canta a tiempo’. Sí, maestro. Me probaba y me decía ‘¡A tiempo, a tiempo!’, con el dedo de metrónomo, él tocaba con la izquierda y le daba con la derecha. Y así aprendí a cantar a tiempo. Hay otros que no siguen el tiempo, como Lavié, o como el Polaco, frasean diferente. Lavié sabe muchísimo de eso, se queda un compás, dos compases, y después agarra la melodía, como si nada. Yo no puedo, yo canto a tiempo”.
Página/12

Personne ne m'a appris à chanter pour me produire dans un orchestre, à moi [déclare Alberto Podestá], ça, c'est au sein des orchestres que je l'ai appris. Les chefs d'orchestre m'ont beaucoup appris, tous m'ont donné un truc : "fais ceci", un autre : "pourquoi tu n'essayes pas ça ?" Et c'est comme ça que j'ai appris peu à peu. Ce n'est pas qu'ils aient modifié ma façon de chanter, ils m'ont appris des tours, des trucs, des ficelles, raconte-t-il. L'exemple fait rire tout le monde. "Quand je suis allé chez Di Sarli, la première chose qu'il m'a dite, ça a été : "Ici, on chante sur les temps forts". Bien, Maestro. Il me testait et me disait : "sur le temps fort, sur le temps fort", avec le doigt en guise de métronome. Lui, il jouait de la main gauche et battait la mesure de la droite. Et c'est comme ça que j'ai appris à chanter sur les temps forts. Il y en a d'autres qui ne suivent pas les temps forts, comme [Raúl] Lavié ou comme [Roberto Goyeneche], le Polaco. Ils chantent comme ils parlent, c'est différent (2). Lavié en sait long sur ce point, il garde [les temps fort pendant] une mesure, deux mesures et après, il accroche la mélodie comme si rien d'autre n'existait. Moi, je ne peux pas, moi je chante sur les temps forts.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Los bailarines enseguida tienen algo para decir sobre la importancia del tiempo en el tango: “Lo que pasa que el bailarín necesita el tiempo”, subraya Eduardo Arquimbau. “Cuando uno trabaja en un escenario, no es tan importante el tiempo, te vas metiendo con el pedido musical, pero cuando vas a la milonga y tenés que bailar con una chica que no conocés, lo que hace la unión de la pareja es justamente el tiempo. Por eso en los ’40 todas las orquestas tocaban a tiempo.” “¡Y por eso hasta hoy en las milongas pasan temas de Alberto, no de Lavié!”, apunta Gloria.
Página/12

Les danseurs aussitôt ont quelque chose à dire sur l'importance du rythme dans le tango : "Ce qui se passe, c'est que le danseur a besoin des temps forts, souligne Eduardo Arquimbau. Quand vous travaillez sur scène, le temps fort ce n'est pas aussi important que ça. Tu te débrouilles avec ce que commande la musique, mais quand tu vas à la milonga et qu'il faut danser avec une fille que tu ne connais aps, ce qui fait l'union du couple c'est justement le temps fort. C'est pour ça que dans les années 40, tous les orchestres jouaient les temps forts". "Et c'est pour ça que même aujourd'hui, dans les milongas, on passe des morceaux de Alberto, et pas de Lavié", remarque Gloria. (3)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ferrer destaca un aspecto poco analizado, el impulso que le dieron al tango en el mundo los exiliados durante los ’70 y ’80. “Tantos que amaban el tango, y cuando tuvieron que partir, empezaron a estudiarlo afuera, así el tango pasó a ser una cultura de gabinete. Lo que hicieron los exiliados por el tango en el mundo fue extraordinario, lo sé porque he conocido a estos precursores.” Ferrer relativiza en un punto el peso de la danza como motor del tango en el mundo: “La danza del tango es una maravilla, pero están todos lo otros aspectos de la cultura tanguera. Fíjese por ejemplo María de Buenos Aires: se ha dado en 170 ciudades de 30 países de los cinco continentes. Y no hay baile en esa “operita”, la única versión con baile es la que hicimos en el Cervantes con la coreografía de Oscar Araiz”.
Alberto Podestá: –La poesía del tango es insuperable. Cuántas veces ante una letra pensamos: ¿cómo puede alguien decir esto en tres minutos? ¡Es un argumento de película!
Página/12

[Horacio] Ferrer relève un aspect peu souvent analysé, l'élan que donnèrent au tango dans le monde les exilés durant les années 70 et 80 (4). "Ils étaient si nombreux à aimer le tango et quand il fallut qu'ils partent, ils ont commencé à l'étudier à l'étranger, et c'est comme ça que le tango est devenu une culture en salon. Ce qu'ont fait les exilés pour le tango dans le monde a été extraordinaire, je ne sais parce que j'ai connu ces précurseurs". Ferrer relativise sur un point le poids de la danse comme moteur du tango dans le monde : "la danse du tango est une merveille, mais il y a tous les autres aspects de la culture du tango. Voyez par exemple María de Buenos Aires (5) : elle a été jouée dans 170 villes de 30 pays sur les 5 continents. Et il n'y a pas de danse dans cette opérette, l'unique version avec danse, c'est celle que l'on a donnée au Teatro Cervantes, avec une chorégraphie de Oscar Araíz" (voir mon article du 29 septembre 2008 sur cette reprise, qui voyagea ensuite vers Athènes).
Alberto Podestá : La poésie du tango est insurpassable. Combien de fois, devant un texte de tango, nous pensons : comme quelqu'un peut-il dire cela en trois minutes ? C'est un argument de film !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Raúl Garello: –El tango no es una música paisajista, lineal, ésa es su profundidad, no es la foto de un paisaje. Por eso cabe el concierto, el dúo canyengue, el ballet, todas las expresiones. Los elementos que han formado este género tienen con qué desarrollar todo un arte. La música y la poesía son muy seductores y han seducido a una cantidad de formaciones, hasta las grandes orquestas, han seducido también a otros géneros. Y hay algo muy importante: sostengo que el tango es un arte de jóvenes. Las fotos de las orquesta del ’40 dan testimonio, si miran las caras de los integrantes de la orquesta de Pichuco, de Di Sarli, son adolescentes, pibes de 20 años.
Alberto Podestá: –Pichuco tenía 23 años cuando debutó como director de orquesta. Yo debuté a los 16 años. Y en la orquesta, Pontier tendría 23 años, Francini 24. Maderna era un muchacho que tenía 18, 19 años. Era lo normal.
R. G.: –La juventud está en el ADN del tango. Y hoy creo que está metido en todas las generaciones. He escuchado tango desde que iba a la escuela. Sin querer, vas en un colectivo y escuchás silbando al que maneja. O, por lo menos, así era cuando yo era chico.
Página/12

Raúl Garello : Le tango n'est pas une musique paysagiste, linéaire, sa profondeur est là : ce n'est pas la photo d'un paysage. C'est pour ça qu'on a le concert, le duo canyengue (6), le ballet, toutes ces expressions. Les éléments qui ont formé ce genre possèdent de quoi développer tout un art. La musique et la poésie sont très séductrices (7) et ont séduit une [grande] quantité de formations, même les grands orchestres, ont séduit aussi les autres genres. Et il y a quelque chose de très important : je soutiens que le tango est un art de jeunes. Les photos des orchestres de 1940 en rendent témoignage : si vous regardez le visage des membres de l'orchestre de Pichuco, de Di Sarli, ce sont des adolescents, des mômes de 20 ans.
Alberto Podestá : Pichuco avait 23 ans quand il a commencé comme chef d'orchestre. Moi, j'ai commencé à 16 ans. Et dans l'orchestre, Pontier avait 23 ans, Francini 24. Maderna était un gars qui avait 18, 19 ans. C'était la norme.
Raúl Garello : La jeunesse est dans l'ADN du tango. Et aujourd'hui, je crois qu'il est en train de se fourrer dans toutes les générations. J'ai entendu du tango depuis le moment où je suis allé à l'école. Sans même le vouloir, tu montes dans un bus et tu entends siffler celui qui conduit. Enfin, en tout cas, c'était comme ça quand j'étais petit.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿No son buenos tiempos entonces para el tango?
E. A.: –Cuando repaso esas letras que son poesías sublimes, siempre me pregunto: ¿estos tipos escribían así porque tenían más tiempo, porque se vivía de otra manera, o porque ya tenían la sabiduría? Porque ahora va todo muy rápido, no hay tiempo. Antes la bohemia daba más tiempo.
H. F.: –¡No es una cuestión de tiempo! El que quiere hacer algo, el tiempo se lo hace. Con Gabriel Soria, que también coordina estos seminarios, hicimos la Enciclopedia sonora del tango Las 1001 noches del tango. Son 50 discos con 1001 tangos, en orden alfabético, con todos los datos, fecha de grabación, intérpretes, todo. Ahora voy a reeditar mi Enciclopedia del tango: ya pesaba algunos kilos cuando tenía tres tomos, ahora la amplié y la hice de cuatro tomos, ¡para joder! Con Garello trabajamos cuatro años en una ópera de dos horas, que está esperando ser estrenada. Nos hicimos el tiempo.
R. G.: –Estuve un año para orquestarla, cuando ya estaban todos los versos y las melodías. Porque tiene siete personajes, y hasta los buenos días son cantados.
–Eduardo hablaba de los jóvenes, decía que ellos son los que ahora tienen menos tiempo...
H. F.: –Pero todos estos chicos que ahora tocan tan bien, ¿de dónde sacan el tiempo? No se toca así si no hay tiempo para estudiar, para darle y darle al instrumento. La bohemia es esto que ves acá, esta Academia que, a pesar del edificio paquete que tiene, es una institución pobre. La presido ad honorem, como debe ser, y toda la gente que colabora aquí pone su forma de bohemia. Esta es la bohemia que se ha transmitido de generación en generación, nosotros la ejercemos de esta manera.
A. P.: –Y ponernos a dar estas clases también es un gusto que nos damos. Nuestra forma de bohemia.
Página/12

- Alors, aujourd'hui, ce n'est pas le bon temps pour le tango ?
Eduardo Arquimbau : Quand je relis ces textes qui sont des poésies sublimes, je me demande toujours : ces types, ils écrivaient comme ça parce qu'ils avaient plus de temps, parce qu'on vivait autrement, ou parce qu'ils possédaient déjà la sagesse ? Parce que maintenant, tout va très vite, on n'a plus le temps. Avant, la bohême nous accordait plus de temps.
Horacio Ferrer : ce n'est pas une question de temps ! (8) Celui qui veut faire quelque chose, le temps, il le trouve. Avec Gabriel Soria (9), qui coordonne aussi ce séminaire, nous avons fait L'Encyclopédie sonore du tango. Les 1001 nuits du tango. Ce sont 50 disques avec 1001 tangos, par ordre alphabétique, avec toutes les données, la date d'enregistrement, les interprètes, tout. Maintenant, je vais publier à nouveau mon Encyclopédie du Tango (10) : elle pesait déjà quelques kilos (11) quand elle avait 3 tomes. Maintenant, je l'ai augmentée et je lui ai faite en 4 tomes. Histoire de rigoler ! Avec Garello, nous avons travaillé quatre ans sur un opéra de deux heures, qui attend sa création à l'heure actuelle. On s'est donné le temps.
Raúl Garello : J'ai mis un an à l'orchestrer, quand on avait déjà tous les vers et toutes les mélodies. Parce qu'il y a sept personnages et on chante aussi quand il fait beau... (12).
- Eduardo parlait des jeunes, il disait que ce sont eux, ceux qui maintenant ont moins de temps...
Horacio Ferrer : Mais tous ces jeunots qui jouent si bien de nos jours, où est-ce qu'ils trouvent le temps ? On ne joue pas comme ça si on n'a pas le temps d'étudier, de se mettre encore et toujours à son instrument. La bohême, c'est ce que tu vois ici, cette Académie qui, tout tiré à quatre que soit l'immeuble, est une institution pauvre (13). Je la préside gracieusement, comme il se doit, et tous les gens qui travaillent ici ont leur genre de bohême. La voilà, la bohême qui s'est transmise de génération en génération, c'est notre manière de l'exercer.
Alberto Podestá : Et nous mettre à donner ces cours, c'est aussi un plaisir que nous nous donnons. La bohême à notre façon.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :
lire l'intégralité de l'article de Página/12

(1) Tous ces poètes, y compris Horacio Ferrer, sont présentés dans mon anthologie bilingue, Barrio de Tango, parue en mai 2010 aux Editions du Jasmin. Horacio Ferrer et Héctor Negro ont en outre chacun un chapitre entier dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, paru en janvier dernier, chez Tarabuste Editions, où ce nouveau recueil bilingue constitue le supplément 2010 de la revue Triages. Les deux ouvrages sont disponibles en librairie (les commander au besoin, si le libraire ne les a pas en stock) et directement chez leur éditeur respectif. Cliquez sur l'image des couvertures que vous trouvez dans la Colonne de droite, pour accéder aux articles de ce blog, décrivant le contenu de ces deux ouvrages. Dans Deux cents ans après, j'ai présenté et traduit un tango écrit par Horacio Ferrer en hommage à Homero Expósito (musique de Raúl Garello), Homero en flor, pp 68-69.
(2) Frasear est un verbe intraduisible en français, il vient de frase, la phrase. Il s'agit de décrire une manière de chanter qui a été inventée par Roberto Goyeneche (1926-1994), qui a introduit le rythme parlé à l'intérieur de l'interprétation vocale, pour mieux servir l'histoire et le texte des poètes qu'il aimait servir.
(3) C'est un des points que je tente de faire apprécier aux participants de mes rencontres littéraires, que ce soit à l'Académie Esprit Tango ou à l'Espace Tango Negro, à Paris. Les différences de styles d'interprétation viennent de là et ne sont donc pas à juger en terme de "c'était mieux avant", ce piège dans lequel nous tombons souvent de l'éternelle querelle des anciens et des modernes. Dans les années 30 et 40, les plus gros employeurs des musiciens étaient les cabarets, où les orchestres jouaient pour un public d'hommes venus danser avec les employées du cabaret. Après la fermeture de ces établissements entre 1955 (chute du gouvernement Perón) et 1960 (fin de la mise au pas politico-culturelle de l'Argentine au bénéfice du modèle et des intérêts états-uniens), avec l'arrivée de nouveaux moyens techniques très performants de reproduction du son (33 tours, tourne-disque, sonorisation), la musique vivante a cessé d'animer les bals au profit de la musique enregristrée. Du coup, la danse n'a plus fait vivre les musiciens qui ont pris leur liberté par rapport aux contraintes que leur imposaient les nécessités structurelles des danseurs. Et le tango para escuchar, le tango à écouter, a déployé ses ailes, porté qu'il était par un musicien génial comme Piazzolla. Aujourd'hui, très peu de musiciens contemporains s'intéressent encore à la danse et une incompréhension mutuelle s'est installée durablement entre la danse d'une part et la musique et la poésie actuelles de l'autre, dont l'intégralité de cette interview laisse paraître bien des éléments.
(4) Il s'agit des exilés politiques qui trouvèrent refuge en Amérique du Nord, en Europe, en Australie, pendant la dictature militaire des années 1976-1983, un peu avant parce que la situation politique était déjà très dangereuse sous le mandat de Isabel Perón (1974-1976) et un peu après, jusqu'à la mi-mandat de Raúl Alfonsín, le président du retour à la démocratie, décédé il y a deux ans exactement (voir mes articles sur sa mort et ses suites politiques en Argentine).
(5) María de Buenos Aires, opéra-tango composé par Astor Piazzolla sur un livret écrit par Horacio Ferrer en 1967, fut créé à Buenos Aires en 1968 (voir mes articles sur l'oeuvre et notamment sur les célébrations qui ont marqué les 40 ans de la création). C'est l'oeuvre argentine la plus jouée au monde, malgré la complexité de son écriture et de l'histoire racontée, qui est très symbolique, à la limite du cabalistique...
(6) Dúo canyengue : l'adjectif canyengue, intraduisible en français, désigne un style faubourien d'interprétation et de comportement, très typique de et à Buenos Aires. Voir Trousse lexicale d'urgence dans la partie médiane de la Colonne de droite de ce blog.
(7) A noter que le journal écrit l'adjectif au masculin (seductores) et non au féminin, comme le voudrait le sens (seductoras). Je prends le parti de corriger ce qui m'apparaît comme une coquille. Je ne vois pas pourquoi Raúl Garello masculiniserait ici la musique et la poésie, deux substantifs féminins en espagnol comme en français. Il est vrai que cet article est farci de petites fautes d'accord en nombre que je corrige systématiquement dans la traduction française.
(8) Un jour, le musicien Alorsa, dont je vous parle souvent ici, même depuis son départ définitif de cette terre, m'avait demandé de le mettre en contact avec Raúl Garello et Horacio Ferrer, qu'il souhaitait faire venir au Tango Criollo Club à La Plata pour y donner leur spectacle commun, dont ils ont fait un disque et un DVD, Diálogo de Poeta y Bandoneón, dont est issu la valse Lulú que j'ai traduite dans Barrio de Tango (p 258) et le tango Homero en Flor, cité plus haut et présenté dans Deux cents ans après (voir note 1). Dans ce mail-là, il m'avait écrit : "Tous les deux, ils sont plus modernes et plus jeunes que bien des musiciens plus jeunes qu'eux sur le papier. Ce sont les plus révolutionnaires, ces deux-là". La preuve qu'il avait bien raison, l'ami Alorsa !
(9) Voir mes articles sur Gabriel Soria, premier Vice-Président de la Academia Nacional del Tango, en cliquant sur le lien.
(10) Le titre exact, c'est El libro del Tango. Beaucoup de gens à Buenos Aires y font aussi allusion comme au Diccionario del Tango.
(11) 9 pour être exacte. J'ai dû les peser il y a quatre ans pour vérifier que ça rentrait bien dans la franchise de bagage qu'Aerolineas Argentinas m'accordait pour mon voyage de retour, à la fin de mon premier séjour à Buenos Aires en 2007. J'avais pu mettre la main sur les trois tomes de 1980, en occasion, par un hasard qui continue de me surprendre, le troisième jour de mon séjour. L'ouvrage était archi-épuisé depuis déjà une dizaine d'années au moins !
(12) Le livret de cet opéra a été publié par Horacio Ferrer dans son théâtre complet, publié en 2007 chez Editorial del Soñador. Il s'intitule El Rey del Tango en el Reinado de los Sueños (le roi du tango, entendez Carlos Gardel, au royaume des songes).
(13) En 2000, Horacio Ferrer a fait des pieds et des mains pour installer l'institution qu'il avait lui-même fondée dix ans plus tôt dans un somptueux hôtel particulier de style alvearien, du nom de ce maire de Buenos Aires qui, à la fin du 19ème siècle, fit percer la Avenida de Mayo, sur laquelle donne la façade du Palacio Carlos Gardel et qui fut à Buenos Aires ce que le Baron Haussmann fut à Paris. L'immeuble a pu être acheté par la Academia, grâce à l'entregent politique de son président, et une chance de pendu puisque l'acte notarié fut signé la veille de la faillite financière nationale de décembre 2001. Quelques heures de plus, et des annéees de recherche immobilière et de montage financier tombaient à l'eau ! L'ANT a pour ministère de tutelle le Ministère de l'Education Nationale qui lui accorde de maigres subsides, et il ne peut guère faire plus. Il y a quelques années, Horacio Ferrer, qui n'a décidément pas les deux pieds dans le même sabot, a negocié un partenariat de mécénat avec une banque, ce qui injecte à l'ANT quelques ressources supplémentaires mais toujours insuffisantes et l'institution continue de fonctionner bon an mal an essentiellement grâce au bénévolat de bon nombre de ses membres, au premier rang desquels il faut nommer le Maestro Horacio Ferrer lui-même, à leur dynamisme et à leurs capacités à eux-mêmes négocier d'autres accords de partenariat ici et là. C'est aussi la raison pour laquelle l'ANT loue ses salles dès qu'elle sont libres et que tous les cours de danse ou les spectacles qui s'y donnent ne sont pas nécessairement des activités académiques. En général, les activités académiques sont gratuites, à part les formations au long cours (Seminario de Letrista Homero Expósito, Conservatorio Argentino Galván). Les activités payantes n'entrent pas dans le cadre institutionnel. Elles sont seulement locataires du lieu. Soyez donc prudents et ne prenez pas des vessies pour des lanternes (que no les vendan un buzón), en particulier si ces activités font de la retape sur le trottoir au pied de l'immeuble, à la sortie du Tortoni ou des autres grands cafés du voisinage (London City, 36 Billares et autres...). Les activités officielles de l'ANT ne démarchent pas les passants. Quant aux salariés, dont Horacio Ferrer parle dans la phrase suivante, la plupart d'entre eux, ont un deuxième travail ailleurs pour pouvoir boucler les fins de mois (llegar a fin de mes). Et il faut voir ce qu'est leur semaine de travail ! La photo de une, en illustration de cet article, a été prise dans le Salón de los Angelitos Horacio Ferrer et vous pouvez voir qu'effectivement les locaux sont plutôt mignons. La photo intérieure, que vous trouverez en cliquant sur le lien vers l'article du journal a été prise dans la pièce baptisée le Rincón de los Académicos (le coin des Académiciens), l'antichambre du bureau présidentiel.

mercredi 26 janvier 2011

Alberto Podestá et Luis Filipelli : le retour (ter) [à l'affiche]

Après le succès des soirées de décembre et de janvier, voilà que le duo exceptionnel formé par les chanteurs Alberto Podestá, qui s'est produit dans l'orchestre de Miguel Caló et dans celui de Carlos Di Sarli à l'époque d'or des années 40, et Luis Filipelli se retrouveront sur la scène du Bar 36 Billares, avec leur tour de chant Dos amigos siempre fuimos (nous avons toujours été deux amis), les mercredis 2, 9 et 16 février, à 21h30, avenida de Mayo, à la hauteur du n°1265 (pour réserver sur place, téléphoner au 4381-5696).

Entrée : 40 €. Autrement dit, c'est donné...

Ils seront accompagnés par Julián Hermida à la guitare et Franco Polimeni au piano. Le couple de danseurs Gachi Fernández et Cristian Miño seront aussi du spectacle...

mardi 4 janvier 2011

Luis Filipelli et Alberto Podestá prolongent au Café 36 Billares [à l'affiche]



Les chanteurs Luis Filipelli et Alberto Podestá, plus de 85 ans aujourd'hui, s'étaient produits ensemble les deux derniers mercredis de l'année dernière au Bar Notable 36 Billares, situé sur la Avenida de Mayo, au numéro 1265 (voir mon article du 13 décembre 2010 sur ce sujet).

Ils reviennent cette semaine et la semaine prochaine, à 21h30, pour une entrée à prix modéré (40 $), dans le même tour de chant intitulé Dos amigos siempre fuimos (nous avons toujours été deux amis). Ils seront à nouveau accompagnés par Julián Hermida à la guitare et Franco Polimeni au piano. Le couple Gachi Fernández et Cristian Miño participera à la soirée en dansant l'un ou l'autre tangos du répertoire...

Luis Filipelli peut être découvert sur la toile, il dispose en effet d'une page Myspace.

lundi 13 décembre 2010

Alberto Podestá et Luis Filipelli au 36 Billares [à l'affiche]

Les chanteurs Alberto Podestá (85 ans) et Luis Filipelli (son benjamin de quelques décennies) donneront ensemble deux concerts sous l'intitulé Dos amigos siempre fuimos (nous avons toujours été deux amis).

Ce sera mercredi 15 et mercredi 22 décembre 2010, à 21h30, au Café 36 Billares, situé Avenida de Mayo 1265.

Entrée : 35 €

Ils seront accompagnés par Julián Hermida à la guitare et Franco Polimeni au piano et il y aura un intermède chorégraphique, confié au couple formé par Gachi Fernández et Cristian Miño.

lundi 22 mars 2010

Hier à la Milonga del Indio [à l'affiche]

Dans un précédent article, le 18 mars 2010, je vous racontais que de nombreuses personnalités du milieu tanguero de Buenos Aires avaient appelé à un grand rassemblement de soutien à la Milonga del Indio, une milonga en pelin air du dimanche soir, tout près de Plaza Dorrego, dans le quartier de San Telmo.

De nombreux artistes ont donc répondu présent et en particulier Albertó Podestá, du haut de ses 85 ans d'âge et 60 ans de carrière (voir mon article du 4 décembre 2009 sur l'hommage de la Academia Nacional del Tango à la fin de l'année dernière), et Roxana Fontan sont venus chanter.
Plusieurs couples de danseurs sont aussi venus et ont fait des exhibitions : Graciela González, Claudio y Melina, Fernando y Vilma entre autres. J'imagine sans peine que María et Carlos Rivarola étaient aussi présents, puisque Carlos Rivarola est l'un des initiateurs de la pétition qui demande au Gouvernement de la Ville autonome de Buenos Aires un droit permanent pour el Indio de tenir cette milonga dans cet endroit symbolique de San Telmo.

Pour signer la pétition, reportez-vous au précédent article.
Le lien vers la pétition y est présent, avec les consignes en français pour que les signatures soient valides.

vendredi 4 décembre 2009

Un Plenario pour Alberto Podestá lundi prochain [à l’affiche]

Ce sera l’un des tout derniers Plenarios de l’année, avant la longue interruption pour cause de vacances d’été, et la reprise en mars 2010 (on en aura sûrement encore un le 14, et celui-là sera vraiment le dernier de 2009).
Ce sera lundi 7 décembre, à 19h30, comme d’habitude, au 1er étage de la Academia Nacional del Tango, Avenida de Mayo, 833.
L’entrée sera, comme d’habitude, libre et gratuite dans la limite des places disponibles (c’est pour les nouveaux lecteurs que je me répète. Les anciens connaissent tout ça par coeur).
La soirée sera consacrée au chanteur Alberto Podestá, en l’honneur de - tenez-vous bien !- ses 70 ans de carrière et ses 85 ans d’âge.
Alberto Podestá s’entretiendra avec Gabriel Soria, premier Vice président de la Academia, qui vient, avec sa femme Cecilia Orrillo, de faire le remonter sur scène avec quatre autres collègues de la même génération, au Festival de La Falda en juillet puis au Festival de Buenos Aires en août et même une troisième fois à l’occasion des festivités pour l’inscription du tango au patrimoine de l’humanité (Unesco), dans un spectacle intitulé Los cantores de típica et dont j’ai parlé dans Barrio de Tango.
Le tango rituel, qu’on joue à chaque Plenario, sera Yo soy el Tango, de Domingo Federico pour la musique et de Homero Expósito pour le texte, dans la version qu’en a donnée Alberto Podestá et qui fut aussi le tout premier enregistrement de ce tango, avec l’orchestre de Miguel Caló en 1941.
Quant à l’espace artistique de ce Plenario, il sera à la discrétion de l’invité d’honneur qui chantera diverses pièces de son répertoire.
Pour en savoir plus :
Lire mon article du 7 juillet 2009 sur les Cantores de Típica
Lire mon article sur la fête du 1er octobre pour l’inscription du tango au patrimoine culturel de l’humanité.
Ecouter Alberto Podestá grâce à Todo Tango dans un tango que l'on peut dire de saison et un enregistrement plus tardif (1954) mais à nouveau avec l'orchestre de Miguel Caló : El bazar de los juguetes (le bazar aux jouets), un tango pour Noël, mélo à souhait, comme seuls savent le réussir les artistes de tango à Buenos Aires....

Dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, vous disposez de mots-clés qui vous permettent de naviguer thématiquement au milieu de tous les articles du blog. Des outils similaires sous forme de raccourcis sont disposés dans les différentes rubriques de la Colonne de droite. Des liens avec des sites externes sont rassemblés dans la partie inférieure de cette même colonne, dont un lien vers le site de la Academia Nacional del Tango.

dimanche 26 juillet 2009

Quelques rendez-vous festivaliers [à l'affiche]

Intérieur de Harrods en août 2008 pendant le 10ème Festival de Tango de Buenos Aires

Le duo de tango à l'humour triste (comme ils l'appellent eux-mêmes), los Hermanos Butaca (ce qu'on pourrait traduire par Les Frères Fauteuils ou les Frères Appui-tête) se produira au Centre Culturel Konex (Ciudad Cultural Konex), Sarmiento 3131, dans le quartier de Balvanera, le 20 août prochain, dans le cadre du 11ème Festival de Tango à Buenos Aires.

Juan Vattuone, quant à lui, chantera le lundi 24 août à 19h sur la scène installée au rez de chaussée de l'ancien magasin Harrods, situé dans la rue Florida, au numéro 877. Le concert devrait être gratuit, comme la quasi-totalité des manifestations proposées par le Festival.

Cet ancien grand-magasin, qui a fermé depuis de très nombreuses années en tant que tel, fut très longtemps la seule surcursale étrangère de la célèbre enseigne londonienne. Cette succursale fut inaugurée le 31 mars 1914 ou 1912 (les sources se contredisent sur ce point)... Aujourd'hui le bâtiment porte toujours le nom de Harrods (la justice a autorisé les nouveaux propriétaires à maintenir le nom, en dépit des réclamations en sens contraire des propriétaires anglais qui ont dû vendre le nom avec les murs). Le Harrods de Buenos Aires n'appartient donc plus au groupe du magasin londonien, propriété de l'homme d'affaires égyptien Mohammed Al-Fayed. Son actuel propriétaire l'a laissé en l'état en attente d'une reprise d'activité qui commencera peut-être par du commerce en ligne. Une trentaine d'employés entretient (très bien) les lieux. Et, de temps à autre, Harrods devient l'écrin luxueux de manifestations exceptionnelles et prestigieuses comme le Festival. Depuis l'année dernière, Harrods a pris la place occupée pendant les neuf premières éditions du Festival par le Predio Ferial de la Rural, un hall d'exposition très excentré, situé à Palermo, qui abrite la Feria del Libro de Buenos Aires (en mai) et accueille cette semaine le Salon de l'Agriculture argentin. Harrods est, lui, en plein centre ville, dans le quartier de San Nicolás, admirablement bien desservi par les transports en commun.

Et le 16 août, Gabriel Soria et Cecilia Orrillo, présenteront à 21h, au Teatro Avenida, le très beau théâtre à l'italienne de la avenida de Mayo, au numéro 1212, entre San Nicolás au nord et Monserrat au sud, leur nouveau spectacle d'archéologie musicale : Cantores de Típica, dont j'ai déjà parlé à l'occasion de la création du spectacle au Festival de La Falda, il y a quelques jours (lire l'article).

Pour aller plus loin :
visitez fréquemment le site du Festival de Tango sur le Portail de la Ville de Buenos Aires. Le programme du Festival n'est pas encore paru. Seule l'édition de 2008 est consultable pour le moment. Le contenu du programme devrait être présenté à la presse par Mauricio Macri et/ou Hernán Lombardi, assistés par le Maestro Gustavo Mozzi, Directeur du Festival depuis l'année dernière.

Visiter le site de la Ciudad Cultural Konex.

mardi 7 juillet 2009

Après Las cancionistas, le tour des Cantores de Típica [à l’affiche]

Photo diffusée par Cecilia Orrillo



C’est un autre travail de sauvegarde et de restauration du patrimoine vivant et quasi-familial qu’est celui du tango argentin. Un art qui, à Buenos Aires, prend tout son sens lorsqu’il est transmis de génération en génération. Et le tango n’en finit pas de réparer la terrible rupture générationnelle dont il a souffert pendant les années 70. Voir l’autre article de ce jour portant sur cette même préoccupation, au sujet d’une page consacrée par Página/12 au labeur archéo-discologique de TangoVía Buenos Aires.
Après avoir fait remonter sur scène trois grandes cancionistas (chanteuses populaires) des années 40 et 50, aux Festivals de La Falda en juillet 2008 et de Buenos Aires en août 2008 (lire à ce sujet mon article du 23 août 2008), le couple Soria-Orrillo fait revivre l’art du chant tanguero orchestral des grands orchestres qui dominèrent le paysage artistique des années 40 et 50, ceux de Miguel Caló, Pedro Laurénz, Ricardo Tanturi et Angel D’Agostino. Et ces chanteurs, témoins toujours vivants de cette époque mythique, s’appellent Alberto Podestá, Osvaldo Ribó, Rubén Cané, Lalo Martel et Juan Carlos Godoy. Certains d’entre eux d’ailleurs ont participé au film, célèbre désormais, de Gustavo Santaolalla, el Café de los Maestros (dont Barrio de Tango s’est plusieurs fois fait l’écho, voir cet article du 30 juillet 2008 et cet autre du 28 mars 2009).
Le travail de Cecilia Orrillo (dont je ne vous ai jamais vraiment parlé jusqu’à aujourd’hui) et de Gabriel Soria (lui, si, je vous en ai déjà parlé et plus d’une fois) à consister à restaurer le style d’interprétation et d’exécution musicale de ces orchestres, en détaillant les enregistrements par un démixage en pistes individuelles, instrument par instrument, pour restituer les orchestrations, les arrangements et les spécificités techniques. On a en fait peu de traces écrites de ce que jouaient ces orchestres. Ce qui nous est parvenu, ce sont les enregistrements. Car les partitions qui servaient aux répétitions et aussi, parfois, aux exécutions en public (quand il y avait des partitions) n’étaient considérées comme dignes d’un quelconque intérêt historique par personne en ce temps-là. Elles ont donc rarement été conservées par les musiciens, qui y voyaient surtout des brouillons de travail. Sans parler d’une tradition très importante dans l’histoire du tango et de ses orchestres : le jeu a la parilla, c’est-à-dire le jeu sans partition, en forme d’improvisation collective, qui fait authentiquement partie du génie même de cette musique et permet de comprendre sa vitalité et sa variété stylistiques.
Cecilia et Gabriel ont donc reconstitué ainsi, note après note, morceaux après morceaux, des pans entiers de la tradition qu’il s’agit à présent de transmettre aux générations présentes (et futures) avec, autant qu’il sera possible, le concours des grands anciens. Et ces chanteurs, à présent d’âge respectable, sont le maillon indispensable à cette transmission dans le respect de ce qui a été.
Le travail de Cecilia Orrillo et de Gabriel Soria, qui gagnent leur vie tous deux dans les médias, elle comme attachée de presse, lui comme journaliste, conférencier et animateur radio, a donc abouti, comme l’année dernière, à un spectacle, qui s’intitule Cantores de Típica. Ce spectacle est programmé à deux occasions : au Festival de tango de La Falda, le 17 juillet prochain, en formation trio de chanteurs (Podestá, Ribó et Cané) -ce sera sa création- et le 16 août prochain (je vais tâcher de ne pas le rater, celui-là), dans le cadre du Festival de Tango de Buenos Aires, en formation de quintette (Podestá, Ribó, Cané, Martel et Godoy, comme sur la photo).
A La Falda, le spectacle doit se donner dans l’Amphithéâtre Carlos Gardel, avec l’orchestre de Roberto Siri pour accompagner les trois chanteurs.
Bien sûr, la situation actuelle m’oblige à signaler que les manifestations du festival de La Falda sont susceptibles d’être annulées d’un jour à l’autre, vu que le Festival a lieu en période culminante d’épidémie hivernale. C’est malheureusement le sort en ce moment même de tous les spectacles et concerts que j’annonce dans Barrio de Tango. Hier l’hommage à Piazzolla n’a finalement pas eu lieu, à la Academia Nacional del Tango, parce que l'un des intervenants est tombé malade. Et aujourd’hui même, ce sont les théâtres eux-mêmes qui viennent de décider de baisser le rideau pour une dizaine de jours, le temps que le gros de l’épidémie soit passé, avec les jours les plus froids de l’année...
Pour en savoir plus sur le spectacle, il faut consulter le site créé à cet effet.