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vendredi 26 février 2021

Le centenaire de Piazzolla au Teatro Colón [à l’affiche]


Le 11 mars prochain, l’Argentine fêtera le centenaire de la naissance de Astor Piazzolla à Mar del Plata.

Du 5 au 20 mars, tous les soirs à 20 h, avec une jauge draconienne et un protocole sévère (distances physiques, masques, prise de température, présentation d’une pièce d’identité en cours de validité et d’une attestation sur l’honneur concernant l’état de santé du spectateur téléchargeable sur le site du théâtre, etc.), le Teatro Colón propose des concerts avec de nombreux grands musiciens et formations prestigieuses : le groupe Escalandrum, fondé et dirigé par Pipi Piazzolla, le petit-fils du maître, programmé le 11 mars au soir, la Orquesta-Escuela de Tango Emilio Balcarce sous la direction de Víctor Lavallén pour un concert, avec le contrebassiste fondateur Ignacio Varchausky pour le second, l’orchestre symphonique résident, le Quinteto Astor Piazzolla, la Orquesta Filarmónica de Buenos Aires avec Daniel Binelli au bandonéon, les chanteurs Susana Rinaldi, Amelita Baltar, Teresa Parodi et Jesús Hidalgo, pour n’en citer que quelques uns.

Les prix sont très élevés, conformes à ceux d’un opéra national : ils vont de 4 375 pesos pour des places sans visibilité à 7 500 pesos pour les meilleurs emplacements.

Cette série de concerts constitue l’ouverture de la saison 2021 de ce théâtre, le plus prestigieux du pays. Elle résulte d’un partenariat entre le Colón et la Fundación Piazzolla.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajouts du 6 mars 2021:
lire cet article de Clarín sur la première du cycle et la réouverture du théâtre avec galerie de photos

Une de Clarín le 6 mars 2021

Ajout du 7 mars 2021 :
lire cet article de Pagina/12 sur la réouverture du théâtre et l'hommage à Piazzolla

mardi 20 novembre 2018

La musique de Alfredo Gobbi au Teatro San Martín ce soir [à l'affiche]


Le compositeur et contrebassiste Ignacio Varchausky vient de ressortir de l'oubli des partitions oubliées du violoniste Alfredo Gobbi (Paris, 1912 – Buenos Aires, 1965), l'un des grands compositeurs romantiques du tango. Ce nouveau travail d'archéologie musicale donne lieu à l'édition du disque de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, Gobbi inédito, avec le pianiste Cristián Asato.

Les deux artistes présentent l'album ce soir, mardi 20 novembre 2018, à 20h, au Teatro San Martín, avenida Corrientes 1530.

Entrée libre et gratuite.

Página/12 les a interviewés ce matin.

vendredi 16 octobre 2015

Hommage à Emilio Balcarce lundi prochain à la Academia [à l'affiche]

Emilio Balcarce en 2000 sur la scène du Teatro Colón
une image tirée du film de Caroline Neal, Si sos brujo, sur la  naissance de l'OET
Photo Bodega Films

La Academia Nacional del Tango consacrera sa soirée académique du troisième lundi du mois, ce 19 octobre 2015 à 19h30, au Maestro Emilio Balcarce (1918-2011), compositeur, arrangeur, chef d'orchestre et bandonéoniste, qui a co-fondé la Orquesta Escuela de Tango qui porte désormais son nom.

La soirée est coordonnée par Roberto Martínez et Alejandro Molinari. Participeront le président Gabriel Soria et les deux autres co-fondateurs de la OET Emilio Balcarce, les compositeurs Ignacio Varchausky (contrebassiste) et Ramiro Gallo (violoniste).

Le tango rituel de la soirée sera Balada par un loco, de Astor Piazzolla et Horacio Ferrer, à l'occasion des 45 ans de la création de ce morceau révolutionnaire, qui a marqué une étape dans l'histoire du genre. L'enregistrement permettra d'entendre la voix de Horacio Ferrer, accompagné par le Bertero Big Band.

Entrée libre et gratuite, au 833 avenida de Mayo, 1er étage.

jeudi 24 mars 2011

La Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce recrute sa 11ème promotion [Actu]

La Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce (OET), fondée en 2000 par Ramiro Gallo, Ignacio Varchausky et le Maestro Emilio Balcarce, qui est décédé cet été (voir mon article du 23 janvier 2011 à ce sujet), lance sa campagne d'inscription pour la 11ème promotion. Depuis le retrait définitif de Emilio Balcarce, c'est-à-dire depuis trois ans, la direction de l'orchestre est confiée au Maestro Néstor Marconi.

Les inscriptions sont ouvertes depuis le 21 mars et se termineront le 15 avril 2011 au soir.

Cette annonce s'adresse à des musiciens déjà très avancés dans leur formation tanguera et de niveau professionnel ou pré-préfessionnel, bandonéonistes, altistes, violonistes, violoncellistes, contrebassistes et pianistes. Amateurs s'abstenir.

Pour s'inscrire, il faut ne pas avoir dépassé l'âge de 35 ans et envoyer un mail à Ana Di Toro, qui s'occupe de toute cette partie administrative à l'association Tangovía, fondée et dirigée par Ignacio Varchausky, qui tient tous ces projets dans sa main. L'entrée dans cet orchestre-école est ensuite soumis à des auditions et donc au principe du concours.

vendredi 4 décembre 2009

La Gran Milonga Nacional demain sur Avenida de Mayo [à l’affiche]

C’est la troisième édition de ce grand bal à ciel ouvert, qui se tient tous les ans un samedi proche de la Fête Nationale du Tango (Día Nacional del Tango), à l’initiative du Maestro Horacio Ferrer, Président de la Academia Nacional del Tango, qui a convaincu, il y a trois ans maintenant, l’association des mécènes du Tourisme, de l’Hôtellerie et de la Gastronomie de la République argentine de monter ce grand événement festif et populaire à l’orée de l’été. (1)
La Gran Milonga Nacional 2009 se tient le 5 décembre, à partir de 20h et jusqu’à pas d’heure dans la nuit, sur Avenida de Mayo (2), entre les rues Perú et Bernardo de Irigoyen (la contre-allée qui longue la Avenida 9 de Julio). Dans cette portion de l’avenue qui passe au pied de la Academia Nacional del Tango.

Cette année, plus de 18 formations musicales se succèderont sur les trois scènes installées tout au long de Bernardo de Irigoyen à Perú, parmi lesquels on peut citer la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, le Sexteto Milonguero, Los Reyes del Tango (continuateurs du style de D’Arienzo), la chanteuse Lucrecia Merico, le trio féminin de cordes de Córdoba Las Rositas, le Cuarteto Sin Vento (qui s’est produit à la Academia durant la dernière Noche de los Museos, voir cette manifestation grâce au raccourci idoine dans la rubrique Grands Rendez-vous du Tango, dans la Colonne de droite). Plusieurs danseurs seront présents aussi, dont Johana Copes, la fille de Juan Carlos Copes, auquel il sera rendu hommage, le deuxième grand hommage de l’année pour ce danseur exceptionnel (3).

Si vous êtes à Buenos Aires, un événement festif à ne pas manquer et dont vous avez déjà dû entendre parler de tous les côtés. Et si vous n’êtes pas à Buenos Aires, il ne vous reste plus que vos yeux pour pleurer ou alors, demander au Père Noël qu’il vous apporte un beau billet d’avion pour l’année prochaine, à la même époque ! (Vous avez le site d’Aerolineas Argentinas, dans les liens de la Colonne de droite).

(1) Día Nacional del Tango : journée déclarée telle à l’initiative de l’éditeur Ben Molar, pour célébrer un double anniversaire de naissance, celui de Carlos Gardel, le mythe du tango par excellence, et celui de Julio De Caro, l’initiateur de la Guardia Nueva, le premier compositeur qui révolutionna la musique du tango, au tout début des années 20. Voir toutes les manifestations relatives au Día Nacional del Tango en cliquant sur le lien situé dans la rubrique Grands Rendez-vous du Tango dans la Colonne de droite.
(2) La Avenida de Mayo a été choisie parce que c’est l’axe national par excellence dans la capitale argentine. Lors de la conférence de presse il y a quelques jours, Horacio Ferrer a parlé de salón cívico de la Ciudad (salle citoyenne de la ville).

"Yo creo que la Gran Milonga Nacional, en su tercera edición, es lo que el público esperaba de la Academia, de los patrocinadores y trabajadores de la gastronomía, porque el tango, los bares, los restaurantes, y los cafés han sido un solo corazón a través de la historia de Buenos Aires y esta vez tenemos el privilegio de tener como salón de baile a la Avenida de Mayo que es el salón cívico de la ciudad" (Horacio Ferrer, cité par le communiqué de presse de la Academia Nacional del Tango, par Cecilia Orrillo)
"Pour ma part, je crois que la Gran Milonga Nacional, en cette troisième édition, c’est ce que le public attendait de la Academia, des mécènes et des salariés de la gastronomie, parce que le tango, les bars les restaurants et les cafés n’ont jamais formé qu’un seul coeur tout au long de l’histoire de Buenos Aires et cette fois nous avons le privilège d’avoir comme salle de bal la Avenida de Mayo qui est la Salle des fêtes citoyenne de la ville". (Traduction Denise Anne Clavilier).

La Avenida de Mayo relie depuis les années 1880 le palais du Parlement (Congreso Nacional) et le palais de la Présidence de la République, la Casa Rosada (Casa de Gobierno). C’est aussi l’axe des manifestations, les défilés officiels comme celui qui conduit le nouveau chef d’Etat du Congrès où il a prêté serment devant la représentation nationale à la Casa Rosada, siège de son pouvoir, et les défilés de revendication, un peu plus imprévisibles...
(3) Le premier grand hommage rendu à Juan Carlos Copes a trouvé place au cours du Festival de Tango de Buenos Aires, cet hiver, à la mi-août. Vous pouvez à ce propos
lire l’article que lui avait consacré à ce moment-là le chroniqueur Carlos Bevilacqua dans Página/12 (interview incluse, mais tout en espagnol, bien sûr).

mercredi 18 mars 2009

Orchestre Primeur : OET Nouveau, millésime 2009 [actu]

La OET a fini ses vendanges hier. Sa campagne d’inscription des musiciens-élèves pour l’année scolaire 2009, qui commence en ce moment, s’est close le 17 mars, pour le jour de la Saint Patrick, fêtée en Argentine comme ailleurs (en l’occurrence, ça a sablé la stunt ou ce qui en tient lieu là-bas dans les pubs irlandais du quartier de Retiro).

Trêve de plaisanterie : la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce propose à des musiciens d’un excellent niveau technique et artistique, généralement pré-professionnels, une formation aux principaux styles d’interprétation (exécution, arrangement, orchestration) qui ont fait l’histoire du tango : Pugliese, D’Arienzo, Di Sarli, Canaro, Troilo, Caló, Piazzolla, Salgán, etc. A l’issue de leur parcours, c’est un peu comme si ces musiciens avaient pu accumuler et résumer en eux l’expérience de presque un siècle de tango... Ils montent généralement leur propre groupe ou le renforce et dynamise leur carrière après cette traversée initiatique des arcanes de la tradition.

L’orchestre est dirigé par le bandonéoniste, arrangeur, chef d’orchestre et compositeur Néstor Marconi, assisté du contrebassiste, arrangeur et compositeur Ignacio Varchausky, co-fondateur et membre historique de El Arranque (le démarrage) et co-fondateurs avec Emilio Balcarce et d’autres compagnons Arranquiens de la OET.

Le corps enseignant permanent de la OET est composé de Germán Martínez, Guillermo Rubino, Ramiro Boero et Patricio Cotella. Des Maestros sont aussi invités pour des stages (clínicas). En 2009, participeront à ces stages exceptionnels Raúl Garello, Miguel Ángel Bertero, Mauricio Marcelli et Victor Lavallén comme tous les ans et viendront aussi (c’est nouveau) deux grands bandonéonistes et compositeurs, Leopoldo Federico et Juan José Mosalini.

L’OET Emilio Balcarce a pour instance de tutelle la Direction de la Musique de la Ville Autonome de Buenos Aires, donc le Ministère portègne de la Culture. A ce titre, la formation, de 17 musiciens en scène (1), participe aux programmes de concerts gratuits de la ville de Buenos Aires (Todas las Músicas en 2008, Música sin Límites en 2009, le nom change mais c’est à peu près la même chose dessous. Voir les articles de Barrio de Tango sur ces très bons programmes en cliquant sur les liens).

Sous la direction d’Emilio Balcarce qui s’est retiré en décembre 2007 à 90 ans, la OET a sorti déjà deux disques, toujours disponibles (voir Zivals, dans la rubrique Les Commerçants du quartier, dans la Colonne de droite) (2). Bien entendu, il n’était pas composé alors des musiciens qui le forment aujourd’hui. Par définition, l’appartenance à cet ensemble est éphémère.

Vous pouvez aussi écouter des extraits d’un concert sur le podcast 126 de Tango City Tour (voir le lien sur la droite de votre écran, dans la rubrique Ecouter).
Dans Barrio de Tango, voir aussi mon article sur le documentaire sur l’OET, Si sos brujos, una historia de tango, de Caroline Neal (sur une idée de Ignacio Varchausky).

(1) En fait, ils sont plus nombreux, car le piano et la contrebasse changent de titulaire pendant le concert.
(2) Barrio de Tango n’a pas d’actions dans l’affaire et conserve son indépendance. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi blogspot comme éditeur de blog, parce que ça me laissait la liberté de ne pas envoyer de publicité à la tête de mes lecteurs. J’ai horreur de la pollution publicitaire sur Internet.

vendredi 12 décembre 2008

Nouveau disque de Tango Vía Buenos Aires en hommage à Horacio Salgán [Disques & Livres]

Page d'accueil du site de Tango Vía Buenos Aires
Tango Vía Buenos Aires est une association sans but lucratif fondée en 2002 qui rassemble des artistes, des chercheurs, des producteurs (de disques, de spectacles....) et des institutions culturelles (la Sadaic, société des auteurs et compositeurs argentins, Epsa Music, un gros label discographique et AADI, l’association des interprètes de musique). Tango Vía Buenos Aires est présidée par Ignacio Varchausky, l’initiateur de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, le contrebassiste et l’un des compositeurs du Quinteto Típico El Arranque, l’époux de Caroline O’Neal, la cinéaste auteur de Si sos brujo, una historia de tango.

Cette association s’est donné pour but de défendre et promouvoir le tango à Buenos Aires et dans le monde.

Ils éditent donc très régulièrement des disques qui contribuent à préserver ce patrimoine.

Ils viennent donc de saisir l’occasion du Día Nacional del Tango pour présenter de manière particulièrement solennelle leur dernier disque, un hommage au Maestro Horacio Salgán avec des morceaux inédits de sa composition. La présentation a eu lieu à la Biblioteca Nacional, dans le quartier de La Recoleta, site prestigieux s’il en est !

Cette année, ils ont aussi édité un disque de Néstor Marconi. Et ils ont plein de projets.

Tango Vía Buenos Aires a bien entendu un site web que vous pouvez visiter pour en savoir plus.

Et pour saluer le Maestro Horacio Salgán, voilà un tango très célèbre de sa composition, dans son interprétation (1952) : La llamó silbando (il l'appela en sifflant). Vous entendrez le coup de sifflet du violon...

samedi 6 décembre 2008

Je vais vous dire : ça sent les grandes vacances à plein nez ! [à l'affiche]

Il suffit de lire le programme de décembre de Todas las músicas pour s'en convaincre. Il est pas bien lourd. Tout mouillé, il tient en deux pages, alors que d'habitude il fait ses quatre pages bien remplies. Et puis c'est bien l'été : tout se passe dehors, en plein air !

Le programme commence bravement le 5 (c'était hier, avec un concert en plein air de l'Harmonie symphonique de Buenos Aires, à 19h, esquina Florida y Santa Fe) et ça s'arrête dès le 21, avec la même formation. Ce sera à 11h du matin, devant le Planetarium à Palermo (esq. Sarmiento y Figueroa Alcorta).

Entretemps :

Ce soir, l'Harmonie symphonique joue sur la Plaza Juan Bautista Alberdi (esq. Mariano Acha y Nuñez, à Villa Urquiza), à 19h. L'Harmonie a 7 concerts différents au programme sur l'ensemble du mois.

La Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires ouvre ce soir le bal, la Gran Milonga Nacional, sur la Avenida de Mayo, à 20h. Ce sera avec le chanteur titulaire : Marcelo Tomassi (cf. article de Barrio de Tango à ce sujet).

La Orquesta de Tango de Buenos Aires a 3 autres concerts dans le cadre de Todas las Músicas. Le prochain est prévu jeudi, le 11 décembre, pour le Día Nacional del Tango (on y reviendra). Le concert aura lieu en plein air, dans la rue piétonne Astor Piazzolla, située au croisement de la Diagonal Norte et Libertad (pas très loin de l'Obélisque).
Après le 11, les Portègnes pourront applaudir la Orquesta de Tango le vendredi 19 à 16 h à Radio de la Ciudad AM 11 10 (vous pourrez écouter en direct en vous connectant au site de la 11 10 ; en Europe il ne sera que 19h).
Le lendemain, samedi 20, la Orquesta, dirigée par les Maestros Raúl Garello, Juan Carlos Cuacci et Néstor Marconi, jouera en plein air sur l'avenue Avellaneda, face à la Plaza Velez Farfield (dans le quartier de Floresta).

La Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce n'a qu'un seul concert, ce sera jeudi prochain, le 11 décembre, pour le Día Nacional del Tango, sur la Plaza Dorrego, à San Telmo, à 19h (concert en plein air).

A noter (et à ne pas rater si toutefois vous arrivez à veiller aussi tard) : El retorno de las cancionistas, l'hommage conçu et monté par Gabriel Soria, Vice-président de la Academia Nacional del Tango, à écouter sur les ondes (pour nous Européens sur le streaming) de la 11 10 (prononcer : La Once Diez), Radio Ciudad, à partir de 21h (heure locale), à partir de minuit pour les Européens occidentaux (heure de Paris, Madrid, Bruxelles).
Vous pouvez vous reporter à ce sujet à l'article que j'ai consacré à ce spectacle cet été (enfin plutôt cet hiver, c'était en août à Buenos Aires pendant le 10ème festival de Tango).

Juan Quintero sera lui aussi à Radio Ciudad, le 14 à 21h (musique folklorique).

samedi 29 novembre 2008

La Gran Milonga Nacional [à l'affiche]




La Gran Milonga Nacional sera retransmise en direct sur la 2x4 (site).

Pour accompagner la fête nationale du tango (Día Nacional del Tango, on y reviendra), qui a lieu tous les 11 décembre, la Academia Nacional del Tango, sur une initiative de son président, Horacio Ferrer, fait organiser, pour la deuxième fois cette année, la Gran Milonga Nacional, un grand bal gratuit, à l'air libre et en pleine rue mais pas n'importe laquelle : la avenida de Mayo, celle qui relie le Congrès, le palais des Parlementaires, et la Casa Rosada, le siège de la Présidence de la République et du Gouvernement fédéral. La Gran Milonga occupera la Avenida de Mayo depuis le Cabildo (l'ancien siège du pouvoir colonial qui marque l'entrée sur la Plaza de Mayo et fait face à la Casa Rosada) jusqu'à la avenida 9 de Julio, soit 7 cuadras (ça fait combien de mètres pour un Européen converti au système métrique depuis la Révolution Française ? Réponse dans la Trousse lexicale d'urgence de la colonne de droite, faut bien qu'elle serve à quelque chose !) C'est sur cette partie de l'avenue que se trouve le Gran Café Tortoni (1).

La Gran Milonga Nacional est une opération conjointe de l'Academia Nacional del Tango, la Fédération de l'Hôtelerie et de la Gastronomie de la République Argentine et l'Association des Amis de la Avenida de Mayo. Horacio Ferrer, dont c'est un des très nombreux talents, a fait asseoir tout ce joli monde autour d'une même table durant l'hiver de 2007 (a mediados del 2007, dit le communiqué de Walter Piazza, le Secrétaire de la Academia) pour mettre au point l'événement qui a eu lieu l'année dernière le 8 décembre, un jour férié en Argentine (c'est la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie). La Ville de Buenos Aires y est aussi associée.

Et ça va être un drôle de chantier : il faut couper la circulation sur toute cette partie de l'avenue, dans une ville où la bagnole et le bus font la loi, couper la circulation dans les rues adjacentes pas moins fréquentées puisqu'aucun engin motorisé ne devra traverser l'avenue (il y en a 14 des rues transversales, sept de chaque côté. Gloups !) et tout au long des 700 mètres d'avenue neutralisée monter trois scènes pour les orchestres qui joueront entre 20h et jusqu'à pas d'heure...

Cette année, les danseurs entendront la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto, la Orquesta de la Armada (l'orchestre de la Marine nationale), la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, Los Reyes del Tango (des imitateurs du style D'Arienzo), le Sexteto Milonguero, la Orquesta Típica Esteban Cardaccio, Gente de Tango, le trio Las Rositas, la Orquesta Alberto Di Paulo, la Orquesta Típica La Otra Vereda, la Orquesta Roberto Siri ;
les chanteurs Hugo Marcel, Lidia Borda, Javier Di Ciriaco, Héctor Morano, Mario Arias...
Et par Verónica Bellini, la pianiste et chef de China Cruel, j'ai appris récemment que cet orquesta típica et féminin fera partie des très nombreuses formations qui se produiront. Le communiqué officiel de la Academia se contente de nommer les formations et les chanteurs les plus établis, sinon ce ne serait pas un communiqué mais un roman-fleuve...
Pour ceux qui partent ces jours-ci se faire cuire au four estival de Buenos Aires, notez la date et l'heure sur l'agenda, la Gran Milonga Nacional n'est pas un spectacle, mais un vrai bal où l'on attend des danseurs... qu'ils viennent danser. Et mettez-vous à l'ombre de la magnifique arbolada qui borde cette avenue de part et d'autre, une des plus belles de tout Buenos Aires, qui en compte beaucoup (des longues files de grands et très vieux arbres dont les frondaisons larges se rejoingnent presque au-dessus du centre de la chaussée).


(1) donc l'Academia aussi. Elle est installée au dessus...

mercredi 5 novembre 2008

Todas las músicas de novembre 2008 [à l’affiche]

Beaucoup des concerts gratuits donnés dans le cadre de Todas las músicas en ce mois de novembre s’intègrent naturellement au Festival de Printemps 08 (Festival de Primavera).

Par exemple, le concert donné en plein air dimanche dernier par la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires à 11h du matin, dans le Passage Lanín dans le quartier excentré et sudiste (donc populaire) de Barracas, le quartier natal d’Eduardo Arolas...
Autres concerts prévus pour la Orquesta de Tango : dimanche prochain, encore en plein air et à la même heure très matinal pour des musiciens de tango (qui se couchent rarement avant 3 heures du matin, pour les couche-tôt).... Ce sera dans le quartier de Lugano (non, ce n’est pas en Suisse).
Mercredi 12 à 20h30, Teatro 25 de Mayo Avenida Triumvirato 4444
Vendredi 14 à 19h, Salón Dorado de la Casa de la Cultura (CABA pour les intimes), av de Mayo 575 (la Casa de la Cultura est aussi le siège du Ministère de la Culture de la Ville de Buenos Aires, elle est située à l’embouchure de l’avenue sur la Plaza de Mayo).
Dimanche 16 à 11h, concert de plein air dans le Parque Chacabuco (au niveau de la esq. Asamblea y Emilio Mitre)
Samedi 22 à 18h, Anfiteatro Mataderos (dans le quartier homonyme)
Dimanche 23 à 11h, concert en plein air devant le Planétarium de Buenos Aires (Parque del 3 de Febrero, dans le quartier de Palermo)
Mercredi 26 à 20h30, retour au Teatro 25 de Mayo
Dimanche 30 à 11h : à nouveau à l’Anfiteatro Mataderos avec, comme invitée d'honneur, la chanteuse Susana Rinaldi (sa 2ème prestation de l’année pour ces concerts du dimanche matin au plein air, la première fois, c’était Esquina San Juan y Boedo pour la Fête des Cafés de la Ville).

La Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce se produira quant à elle au CUBA (Club Universitario de Buenos Aires), Viamonte 1560 le lundi 10 à 19h puis à la Biblioteca Nacional, Agüero 2502 le vendredi 21 à 17h.

Dans ce programme, une émission en public et en direct consacrée au violoniste Pablo Agri sur la 11 10, la radio publique généraliste de Buenos Aires, le dimanche 23 à 21h (heure locale). Il faudra veiller jusqu’à minuit si vous voulez l’écouter (la Once Diez ne fait pas de podcast). Le site, qui diffuse un streaming en direct, est accessible ici.

Parmi les points qui sortent de l’ordinaire dans cette programmation :

la Orquesta de Cámara del Municipio de Lanús (Orchestre de Chambre municipal de Lanús, chef lieu d’un district de la banlieue populaire de Buenos Aires) qui se produira deux fois (le 17 à 19h au Palais de la Legislatura, Perú 160 et le 30 à 21h dans l’émission de Radio Ciudad (la Once Diez) qui passera le Cd du Requiem de Mozart et réalisera un reportage en direct ;

la Orquesta de Instrumentos Autochtonos y Nuevas Tecnologías de la UNTREF, un orchestre qui marie les instruments indiens et les nouvelles technologies et appartient à la Universidad Nacional del Tres de Febrero (1) : ils se produiront deux fois eux aussi, au Teatro 25 de Mayo le mercredi 19 à 20h30 et à la Paroisse Saint Michel (esq. Bartolomé Mitre y Suipacha) le dimanche 23 à 17 h.

(1) En Argentine comme en Uruguay, les Universités regroupent toutes les disciplines de l’enseignement supérieur, dont tout ce qui relève de l’art et qui est enseigné en Europe dans des écoles spécialisés (Ecole d’Architecture, Ecole Supérieure, nationale ou royale, de Musique ou des Beaux Arts). Cet orchestre est donc composé de musiciens inscrits à l’Université et des professeurs qui enseignent dans ces structures intégrées à l’Université.

mardi 14 octobre 2008

Noelia Moncadia présente son nouveau disque [à l'affiche]

La chanteuse Noelia Moncada présente A tiempo, son premier disque en qualité de soliste, au Maipo Club, dans la rue Esmeralda (1) , à la hauteur 449.

Ce sera les mercredis 15, 22 et 29 octobre et le 5 novembre à 21h. Entrée 35 $.

Elle sera accompagnée par la Orquesta El Arranque (à admirer actuellement sur les écrans, dans Si sos brujo una historia de tango, de Caroline Neal, l'épouse du contrebassiste de El Arranque). Et par deux musiciens invités : Diego Schissi et Franco Luciani.

Le disque est produit par Ignacio Varchausky, de el Arranque (le mari de Caroline Neal et l'un des fondateurs de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce). Noelia Moncada chante 6 morceaux accompagnée par cet orchestre, dont la milonga classique Oro y Plata (de Charlo et Homero Manzi). Elle chante également des arrangement de Diego Schissi, dont un Garúa (Aníbal Troilo et Enrique Cadícamo) accompagné à l'harmonica par Franco Luciani. La dernière piste de son disque est un arrangement électro-acoutisque de Barrio Pobre (un tango de 1926, de Vicente Belvedere et Francisco García Jiménez) par Nicolás Varchausky...

Un disque mitonné par toute une bande de jeunes et beaux talents, comme le tango en a le secret depuis l'origine.

Pour écouter Noelia Moncada, avant de commander le disque, vous pouvez visiter son site.
(1) Celle de Esmeralda y Corrientes pour ceux qui connaissent ce grand classique.

lundi 6 octobre 2008

Rien que du podcast intéressant à télécharger [radio]

Les deux émissions régulières sur le tango avec podcast et depuis Buenos Aires nous offrent, cette quinzaine, des émissions imperdibles (à ne pas manquer).

Depuis son studio niché dans un immeuble moderne du coeur de l’Abasto, Tango City Tour nous fait vivre le programme de septembre de Todas las músicas. Barrio de Tango vous décrit la chose pour vous mettre l’eau à la bouche et Tango City Tour vous le met ensuite dans les oreilles (c’est pas une bonne répartition du travail, ça ?).

Leur podcast n° 125 nous fait goûter, malgré la distance, un petit quelque chose du concert que la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires a donné dans le quartier de Villa Urquiza. Le podcast 126 nous entraîne à celui que la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce a donné à la Biblioteca Nacional. Tous ceux qui auront déjà vu le film Si sos brujo, una historia de tango de Caroline Neal (actuellement sur les écrans de France métropolitaine) pourront découvrir le millésime 2008 de cet orchestre pas ordinaire. Et tous ceux qui habitent trop loin de toute salle projetant ce chef d’oeuvre (et je pèse mes mots) y trouveront une digne compensation. Ces orchestres dépendent tous les deux de la Ville de Buenos Aires, d’où leur participation tous les mois au cycle de concerts gratuits Todas las músicas. La OET Emilio Balcarce joue en formation de 17 musiciens ; en fait, ils sont plus nombreux, puisqu’il y a au moins deux pianistes et deux contrebassistes qui se relayent sur scène. La Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires joue en formation de 34 musiciens, c’est la seule formation contemporaine qui ait la taille des orchestres de tango légendaires des années 30 et 40. Depuis ces années-là, l’apparition de la sonorisation et la banalisation du disque ont fait fondre les effectifs des orchestres qui n’ont donc plus ce volume sonore de cette époque surnommée La Década de Oro.

Un détail en passant. Si vous envisagez prochainement un voyage à Buenos Aires et qu’un cena-show en bonne et due forme vous tente là-bas, vous pouvez participer au concours avec tirage au sort qu’organise Tango City Tour (pour gagner une entrée au cena-show 100% arts déco Tango Porteño). Pour jouer, il vous suffit de savoir quelle est la date exacte de naissance de Carlos Gardel (attention, il peut encore rester un petit piège, si vous ne vérifiez pas vos sources ! L’entrée sera attribuée par tirage au sort parmi les bonnes réponses...)

Pendant ce temps-là, dans le studio de la radio de las Madres, Fractura Expuesta présente le saxophoniste de jazz et de tango Jorge Retomaza (cf. son show de mercredi dernier au CCC Floreal Gorini) dans son émission n° 236, datée du 22 septembre (les documents MP3 n° 136 et 236, chaque émission étant téléchargeable sous la forme d’un dossier zip de deux éléments) et dans l’émission 237, du 29 septembre, le duo des agités du tango interviewe le chanteur Hernán Castiello, dit Cucuza, sur le tour de chant qu’il préparait pour ce samedi à l’Espace Culturel Nos Enfants (Espacio Cultural Nuestros Hijos) sous le titre Tango sin Grupo (je vous ai déjà traduit la subtile glose lexicale de Cucuza autour de cette soirée).

Historiquement, Tango City Tour est le premier podcast jamais consacré au tango sur toute la Toile. L’émission a fêté en juin ses 3 années d’existence et elle est maintenant reprise sur plusieurs centaines de chaînes radiophoniques, dans toute l’Argentine, de nombreux pays d’Amérique du Sud et du Nord et même en Europe (notamment des radios universitaires anglaises et belges).
Fractura Expuesta est plus vieille (l’émission a fêté ses 5 ans en août au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, à grand renfort de ballons, de bonbons puis, une fois le public retiré, de vin rouge pour faire glisser une montagne d’empenadas à une quinzaine d’invités privilégiés). En revanche, il n’y a que fort peu de temps que l’émission est téléchargeable, le premier podcast remonte en effet au 25 août de cette année.

Sur le plan du contenu, l’une et l’autre émission vous permettront d’entendre de la bonne musique authentique et vous feront découvrir des artistes intéressants. C'est un peu plus classique dans Tango City Tour, avec des enregistrements historiques et un tango chanté par Gardel à titre rituel dans chaque podcast, on fait plus dans l'inédit dans Fractura Expuesta, dans le tout récent et on n'entend pas souvent Gardel, quoi que...
Donc quoi qu’il en soit de ce qui suit, ne vous laissez pas effrayer par mon discours et foncez... Eoutez-les !

Pour ce qui est de suivre les propos des animateurs, le niveau de langue exigée pour écouter l’une et l’autre emission n’est pas exactement le même. Les débutants ont intérêt à se faire l’oreille (et la culture de base) avec Mabel Pramparo et Juan Expósito : leur timbre clair, leur diction posée, le registre de langue qu’ils ont choisi, typiquement-portègne-mais-il-y-a-des-limites-à-tout, permettront de bien comprendre l’essentiel de leur dialogue, moyennant, de la part de l’auditeur récent, une honnête patience envers soi-même : on ne comprend jamais tout du premier coup et il faut vingt fois sur le métier remettre votre ouvrage (1). Ainsi armés, les anciens débutants devenus intermédiaire-avancés pourront commencer à écouter, à dose homéopathique d’abord (en tout exercice, il faut savoir ménager son effort) le débit lancé au triple galop, haché par les éclats de rire et les fausses bisbilles (c’est horripilant quand on ne comprend rien), et les délires carabinés dont nous gratifient Germán Marcos et Maximiliano Senkiw surtout dans le flash d’info. D’autant que côté débit galopant, leurs deux acolytiques, Sebastián Linardi (couverture des concerts) et Carlos Bevilacqua, journaliste de presse écrite, qui signe dans Página/12 (milongas en ville), n’ont rien à leur envier.

A titre d’exemple, lundi dernier (émission 237, 1ère partie), Germán et Maximiliano vous développent l’histoire d’un attentat raté contre le Monument du Tango (une sculpture imposante installée à Puerto Madero, le nouveau quartier ultra-chic qui squatte les anciens docks du vieux port) et celle, non moins farfelue, d’une nouvelle règle de circulation sur la piste de danse dans les milongas portègnes : des couloirs réservés l’un aux débutants (mamertos, la classe biberon), l’autre aux danseurs avancés (allusion à l’instauration récente et vertement contestée de couloirs réservés aux bus et aux taxis dans quelques avenues stratégiques de Buenos Aires).

De toute manière, quelque soit votre niveau d’espagnol, la musique reste un langage universel. Donc allez-y sans crainte. Dans les deux cas, les sites vous aident à comprendre en vous indiquant noir sur blanc de quoi causent les émissions (Fractura Expuesta vous décline même le contenu du flash info : vous pouvez lire avant d’écouter).

Pour visiter le site de Tango City Tour, cliquez ici (et -encore plus commode- installez directement le podcast sur votre ordinateur, à partir de iTunes ou tout autre logiciel qui a votre préférence).

Pour visiter le site de Fractura Expuesta, cliquez là (vous devrez aller chercher l’émission chaque semaine, car pour le moment, il n’y a pas d’abonnement avec montée automatique).

(1) "Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage", un consejo del escritor clásico francés Nicolas Boileau (1636-1711) a todos los escritores para mejorar cada frase : trabajarla 20 veces.

jeudi 2 octobre 2008

Todas las músicas programme d’octobre [à l’affiche]

La Ville de Buenos Aires propose en octobre :

Plusieurs concerts de piano dans le cadre du 12ème Festival Chopiniana 2008, un festival international de piano organisé par une fondation argentine, la Fundación Chopiniana, au Teatro Santa María, dans la rue Montevideo (n° 842). Les places sont à partir de 30$. Les concerts de ce festival inclus dans Todas las Músicas ont lieu chaque mercredi d’octobre, jusqu’au concert de clôture qui se tiendra le 22 octobre, au Teatro 25 de Mayo, avenida Triumvirato 4444. Et ce soir-là, l’entrée sera gratuite.

Pour le tango, la ville propose le programme, gratuit, de ses deux grandes formations :

Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires : le samedi 11 octobre à 18h en plein air (aire libre) à l’Institut du Sacré Coeur de l’avenue Vélez Sarfield et le lendemain à 21h sur les ondes de la radio publique la 1110, à l’occasion du disque d’or de l’orchestre, puis le jeudi 16 à 13h au Teatro Regio (av. Córdoba 6056), le dimanche 19 à 11h dans l’amphithéâtre de la Costanera Sur, le samedi 25 à 18h dans l’amphithéâtre Mataderos et le dimanche 26 à 11h à l’esquina San Juan et Boedo et enfin le vendredi 31 à 18h30 à la Bourse du Commerce de Sarmiento 299.

Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce : jeudi 23 à 13 au Teatro Regio et le samedi 25 à la Biblioteca Nacional (Agüero 2502).

Au programme de Todas las Músicas, il y a aussi en octobre et entre autres du jazz avec Jorge Navarro le 6 à 19h dans la grande salle du Teatro 25 de Mayo (entrée gratuite), du rock avec le groupe Viejos Macabros le 31 à 19h, au Salón Dorado de la Casa de la Cultura, avenida de Mayo, 575 (entrée grtuite) et pas mal de folklore avec le Dúo Socavón le 20 à 20h30 au Teatro 25 de Mayo (entrée gratuite), César Isella au Teatro Alvear (entrée 2$) et El Trompo (la toupie) sur les ondes de la 1110 le dimanche 26 à 21h.

lundi 29 septembre 2008

Si sos brujo, le documentaire [Troesma]


Sortie mercredi 1er octobre du documentaire de la cinéaste américaine Caroline Neal, intitulé Si sos brujo Una historia del tango (Si tu es magicien Une histoire du tango), sur les grands écrans en France .

Caroline Neal, une passionnée de tango, nous raconte à travers ce film de 1h20 la naissance en 2000 de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, fondé par le compositeur et bandonéoniste Emilio Balcarce sur une idée du musicien Ignacio Varchausky (le contrebassiste et l'un des compositeurs du groupe El Arranque) que la réalisatrice avait rencontré en 1999 au Festival de Tango de Londres.

A l’articulation des deux siècles, il y a huit ans, il s’agissait, 17 ans après le retour de la démocratie en Argentine, de reconstruire une transmission inter-générationnelle entre les musiciens issus de la grande époque des années 40, ceux qui avaient été formés par les Pichuco, Pugliese, D’Arienzo, Di Sarli et la jeune génération d’instrumentistes et de nouveaux compositeurs qui, quelques années après la mort d’Astor Piazzolla, s’enthousiasmait pour le tango, en découvrant et en se réappropriant cette tradition profondément inscrite dans la culture et l’histoire de leur région, une transmission que la Dictature Militaire avait failli détruire complètement au profit d’une invasion musicale du pays par la grosse artillerie de l’industrie discographique des Etats-Unis.

Il faut savoir par exemple que dans les années 70 on a détruit, dans plusieurs grandes maisons de disques argentines, passées ou non aux mains de multinationales, les matrices des vieux disques des années 30 et 40 !!!! Aujourd’hui beaucoup de ces disques peuvent être réédités par remasterisation de vieux disques aux mains de certains collectionneurs.... Il en va de même des partitions dont les épreuves ont été passées au broyeur. La création par Horacio Ferrer et Gabriel Soria du Museo Mundial du Tango, la transformation en musée de la maison de Carlos Gardel dans la rue Jean Jaurés et la création de la OET sont trois démarches pour sauvegarder ce passé et cette tradition qui auraient été des chefs d’oeuvre en péril sans la persévérance des maestros que vous pourrez découvrir dans le documentaire de Caroline Neal.

Le documentaire a été tourné en Argentine, à Buenos Aires, en 2005.

Les artistes de tango qui interviennent dans le film sont :
Emilio Balcarce, qui s’est retiré de la direction de la OET à la fin 2007 (il a 90 ans maintenant), Ignacio Varchausky, Julián Plaza (le compositeur entre autres de Danzarin), feu Pepe Libertella, Leopoldo Federico, Ernesto Franco, Atilio Stampone (actuel président de la Sadaic), Néstor Marconi qui a pris la suite d’Emilio Balcarce à la tête de l’OET, Wynton Marsalis, Raúl Garello (fondateur et co-directeur de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires), Víctor Lavallen, Mauricio Marcelli, Roberto Alvarez (un musicien de chez Pugliese, fondateur et directeur de Color Tango, un ensemble qui continue le style du Maestro disparu), Horacio Gomo, Ramiro Gallo (1er violon et prof de la OET), Pedro Pedroso et Eva Wolf.

Le film est sorti le 20 avril 2006 à Buenos Aires et fait déjà là-bas l’objet d’une distribution sous forme de DVD. DVD dont le site Musicargentina (de Paris) a suspendu la diffusion pendant l’exploitation en salle en France.

Ce film est un excellent complément à l’autre documentaire, sorti sur les écrans le 10 septembre dernier, Café de los Maestros et vice versa...

lundi 15 septembre 2008

Todas las músicas - septembre 2008 [à l’affiche]

Todas las músicas est le nom du programme de concerts gratuits de la Ville de Buenos Aires.

Pendant la première quinzaine du mois, Buenos Aires a accueilli un festival international d’orgue dont les concerts se sont déroulés dans plusieurs églises de la ville ainsi que dans une école (le Colegio Nacional, l’équivalent du collège en France) de la calle Bolivar. La Cathédrale a accueilli le concert du dimanche 7 septembre à 16h30 (avec l’organiste Enrique Rimoldi) et le dernier concert (Osvaldo Guzmán) a été donné au Couvent San Domingo, le couvent dominicain situé à l’angle des rue Belgrano et Defensa, dimanche dernier, à 17h.

En cette deuxième partie du mois de septembre, c’est un festival de musique klezmer qui investit la Capitale : 1er Encuentro Mundial de Música Klezmer en Argentina. Toute cette semaine, entre mardi midi et samedi, cette rencontre prend la forme de 11 concerts dont cinq en extérieur, sur la scène installée à l’angle entre Diagonal Norte et Plaza de la República (nom du terreplain central où se dresse l’Obélisque). Le concert de mardi soir aura lieu au Teatro Alvear et l’un de ceux de jeudi (18h30) à l’Ambassade de Pologne (ce qui est bien réconfortant, quand on sait l’histoire difficile du judaïsme dans ce pays). Le dernier événement, le samedi, de 17h à 22h, la Klezfiesta, aura pour décor l’amphithéâtre grec de la Costanera Sur, l’une des deux bandes de terre conquises sur le Río et qui servent de promenade romantique (surtout celle du sud) aux amoureux et aux rêveurs de Buenos Aires...

Ce festival a quelque chose d’émouvant puisque la musique du tango, notamment le violon de la Orquesta Típica, doit beaucoup à la musique ashkénaze. La musique juive de l’Europe de l’Est et Centrale a un point commun avec le tango : toutes les deux sont des musiques de gens marginalisés, privés de parole comme de droits sociaux et politiques, une musique qui est la voix des sans-voix. Rien d’étonnant dès lors à ce que du flot considérable d’immigrants juifs qui, de Pologne, de Russie, des Pays Baltes et d’Ukraine, pour fuir les pogroms de la Russie tsariste puis bolchévique (tout aussi racistes l’un que l’autre), immigrèrent à Buenos Aires, surtout entre 1880 et 1920, soient sortis d’excellents artistes de tango, musiciens, danseurs, poètes et compositeurs, depuis des piliers de la Guardia Vieja comme le violoniste Tito Roccatagliatta ou le compositeur et multi-instrumentiste Arturo Bernstein, des artistes des années 30 et 40, les frères Rubinstein, par exemple, plus connus sous leurs noms de plume, Luis Rubistein et Oscar Rubens, jusqu’à nos jours, avec, entre autres exemples, un poète de la taille d’Alejandro Szwarcman.

Sans oublier le grand artiste du fileteado que fut le peintre León Untroib, l’auteur du mural d’hommage à Carlos Gardel à l’entrée de la station de métro à l’Abasto, un véritable fondateur de tradition dans cet art plastique populaire propre à Buenos Aires.

D’ailleurs à Buenos Aires, quand on parle, aujourd’hui encore, d’un "ruso", la plupart du temps il s’agit d’un juif, et ce quelque soit les origines géographiques de sa famille, et sans l’ombre d’une nuance raciste (contrairement à notre lexique où, à part le terme "juif", tous les adjectifs, tous les substantifs sont chargés d’une histoire ignoble, même le très biblique "israëlite", empoisonné par son emploi dans la propagande antisémite de l’Occupation). Aníbal Troilo racontait que lorsqu’il avait 8-9 ans, sa mère avait acheté son premier bandonéon à un ruso, dont il n’a jamais su ni le nom ni le destin. L’homme a un jour disparu et personne n’a jamais su ce qu’il était devenu. Et le petit garçon n’a jamais pu lui régler les 8 dernières échéances du paiement à crédit de l’instrument. Aussi, adulte, regrettait-il de n’avoir jamais revu ce mystérieux inconnu pour lui dire ce qu’il devait à ce premier instrument, dont il a joué toute sa vie.

A côté de ce festival de musique klezmer, la ville de Buenos Aires offre aussi le traditionnel programme de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires. Par exemple, et pur ne parler que des concerts encore à venir, jeudi 18 à 20h30, au Teatro 25 de Mayo, la grande formation fondée par Raúl Garello, ruso mais d’origine italienne (c’est encore autre chose), aura pour invitée la chanteuse, elle aussi d’origine italienne, Susana Rinaldi (on la surnomme même La Tana, la Ritale. Et là non plus nulle trace de xénophobie).

La Orquesta de Tango sera à nouveau dans ce même théâtre le 24 à la même heure et le lendemain, elle se produira dans une école, le Colegio Sarmiento (Libertad 1257), le Colegio étant l’équivalent de notre école primaire.

Et à venir aussi, un concert de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce le samedi 27 à 17h dans les locaux de la Bibliothèque Nationale (située rue Agüero 2502).

Plusieurs concerts de musique classique complètent comme toujours la programmation de Todas las músicas.

mardi 5 août 2008

Apprendre le tango argentin à Buenos Aires

Amateurs, vous avez évidemment l’embarras du choix...

Vous vous méfierez seulement des professeurs qui ne vivent que du tourisme -il y a mieux comme garantie de qualité...- et de ceux qui exercent dans le sillage d’un commerce (comme les marques de chaussures de tango).

Pour prendre quelques repères :

. Academia Nacional del Tango (cours de tango-baile + Liceo superior del Tango)
. Casa de la Cultura de la Ciudad de Buenos Aires (cours de tango-baile et de musique), toutes les deux situées avenida de Mayo
. Casa de tango, fondée par Osvaldo Pugliese en 1967, pour être un lieu de toutes les rencontres, un centre de répétitions, de cours (de tout), d’expositions, de conférences, aujourd’hui située calle Guardia Vieja
. Museo Casa Carlos Gardel (cours de tango-baile, de guitare et de chant), situé calle Jean Jaurés
Attention : l’Academia Nacional del Tango suit les rythmes scolaires et ferme pendant les vacances d’été (de Noël à la fin février).
Pour les avides de fortes chaleurs en plein milieu de notre hiver, ça ne marchera pas...

Les quatre institutions ci-dessus dispensent des cours de danse, d’instruments et de chant, ainsi que des formations de culture générale, sous forme de conférences isolées ou organisées en cycle. Cette conjonction est toujours bon signe (les touristes ne s’intéressant qu’aux cours de danse et ne touchant pas au reste, si une école s’intéresse à tout, c'est qu'elle cible la clientèle locale, moins facile à duper que les touristes).

L’Academia Nacional del Tango propose même (mais pas aux touristes de passage et pour cause !) un cycle étalé sur deux ans qui couvre tous les domaines du tango : écriture et littérature, composition, interprétation, direction d’orchestre, histoire, arts plastiques (Liceo Superior del Tango).

Parmi les autres écoles de qualité, on peut citer la Escuela Argentina de Tango (EAT), belle institution aujourd’hui installée sur 2 lieux d’enseignement :

. Le Sede Centro, installé au 1er étage des Galerias Pacificos, côté rue Viamonte, un somptueux et immense bâtiment encadré par les rues Viamonte, Córdoba, Florida et San Martín, qui abrite un centre commercial très chic et très touristique, la fondation artistique Julio Bocca (danse classique) et le Centro Cultural Borges, dans les locaux duquel l’EAT dispose de deux salles qui tournent quasiment en permanence avec des cours de 90 minutes, du lundi au samedi de 9h à 22h et le dimanche de 13h à 21h ;

. la Sede Rodríguez Peña, dans la rue du même nom à la hauteur du n° 1074 non loin du carrefour entre Callao y Santa Fe, avec la même amplitude horaire ;

+ un petit quelque chose à San Telmo...

Tout s’y enseigne :
la musique (piano, bandoneón, violon, contrebasse, guitare, composition, interprétation orchestrale, chant)
et la danse (tango tradicional, nuevo, milonguero, salón, canyengue, vals, milonga lisa, milonga traspié, techniques de guidage, technique homme et technique femme).

Parmi les professeurs de musique : Néstor Marconi (bandoneón), Leonardo Marconi (piano), Aníbal Arias (guitare). Rien que ça !

Parmi les professeurs de danse : Aurora Lubiz (l’une des meilleures professeurs au monde pour les cours de technique femme), Hugo Daniel (tango, milonga et technique sur l’axe et l’équilibre), Gabriela Elias pour la milonga con traspié (la plus difficile à capter pour les Européens).

Pour les amateurs, les cours sont répartis en 3 niveaux : débutants, intermédiaires et avancés. Attention à ne pas se surévaluer ! Nous avons souvent cette tendance ici, en Europe...

Des cours collectifs sont aussi dispensés au niveau professionnel.
Par exemple, à l’occasion du Festival de Tango, l’EAT dispensera un cycle spécial de cours destinés aux professeurs de tango baile, 7 jours d’enseignement et 42 heures de cours...

Les professionnels peuvent aussi apprendre à Buenos Aires, soit dans le cadre de formations collectives assez longues (dépassant le cadre des vacances) soit dans le cadre de cours privés intensifs sur mesure. Le Liceo Superior de Tango de l’Academia, la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce sont des institutions qui attirent des étudiants du monde entier... Il y a un bon nombre de japonais actuellement derrière les pupitres de l’OET Emilio Balcarce...

Les concerts gratuits de Buenos Aires en août [à l'affiche]

Tout plein de choses !

Tango :

Cristian Zárate Sexteto,
. vendredi 1er à 20h, Espacio Cultural Resurgimiento,
. samedi 2, 19h, Centro Cultural Julián Centeya

María Estela Monti
. Samedi 2, à 20h30, Espacio Cultural Plaza Defensa
. Vendredi 8, 16h, Espacio cultural Chacra de los Remedios
Le site de la chanteuse María Estela Monti, avec des extraits de ses disques (disponibles) à écouter : http://www.mariaestelamonti.com/home.php

China Cruel (1)
. Dimanche 10, à 21h, dans le studio n° 1 de Radio Ciudad, retransmis en direct sur les ondes de la 11.10, l'une des deux radios publiques de la ville de Buenos Aires
. Jeudi 14, à 13h, Teatro Presidente Alvear
Ecouter et voir le groupe China Cruel sur Youtube
El Yotivenco (2)
Ce groupe animé par le comédien, compositeur, chanteur et guitariste Rodrigo de la Serna s'attache à retrouver l'esprit du tango originel, un tango métissé et compadrito (titi). Ils s'inspirent du grand guitariste de tango Roberto Grela. Leur concert mêlera milonga, candombe et tango.
. Mardi 26 à 21h, Teatro Presidente Alvear. Entrée symbolique à 2 $.

Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, dir. Néstor Marconi
. Vendredi 8, à 18h30, Bolsa de Comercio
. Jeudi 21, à 20h, Salón Harrods dans le cadre du Festival

Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires
. Mercredi 6 à 20h30, Cine-Teatro 25 de Mayo, concert thématique "Todo Canto". Dir. Raúl Garello et Néstor Marconi. Chanteurs : Amparo González, Hernán Castellio et Marcelo Tommasi
. Jeudi 7 à 13h, Teatro Presidente Alvear. Dir. Raúl Garello et Néstor Marconi. Chanteur : Marcelo Tommasi
. Mardi 19, à 21h, Teatro Avenida, dans le cadre du Festival. Dir. Juan Carlos Cuacci
. Jeudi 21 à 13h, Teatro Presidente Alvear. Concert thématique "Todo Canto". Dir. Raúl Garello et Néstor Marconi. Chanteurs : Amparo González, Hernán Castellio et Marcelo Tommasi
. Jeudi 28 à 13h, Teatro Presidente Alvear, Dir. Juan Carlos Cuacci. Chanteur : Marcelo Tommasi.

Voilà pour le tango. Mais il y en a aussi pour toutes sortes d'autres musiques...

Andrés Herera Sexteto
Andrés Herera est un saxophoniste. Il donnera ici un concert de murga, une musique populaire cousine du tango. La murga est née comme une musique profondément marquée par l'influence afro-rioplatense, une musique de cortège festif, les cortèges qui parcourent les villes d'Argentine et d'Uruguay aux fêtes de l'Epiphanie, pendant les 3 semaines du Carnaval et durant les fêtes nationales (même si elles tombent en hiver) surtout du côté uruguayen du Río de la Plata.
. Samedi 9, à 20h30, Espacio cultural Plaza Defensa
Ecouter Andrés Herera et son Sextuor dans Esperame en el cielo, sur Youtube
http://www.youtube.com/watch?v=1oKNhXioXj0&feature=related

La musique classique sera représentée par la Banda Sinfónica de la Ciudad de Buenos Aires (1er, 2, 8, 15, 23, 29) et par Trio Luminar (concert retransmis en direct depuis le studio 1 de Radio Ciudad, le 17 à 21h heure locale),
le rock par Viejos Macabros au studio 1 de Radio Ciudad, avec retransmission en direct (le 3),
le jazz par la Buenos Aires Swing Band (le 11 à 19h) et par Laura Hatton le 24 à 21h (heure locale) avec retransmission en direct depuis le studio 1 de Radio Ciudad
et enfin le folklore par La Clave Santiagueña le mercredi 27 à 20h30.

Pour écouter les concerts en direct depuis le Studio n°1 de Radio Ciudad :
ajouter 5 h à l'horaire du concert (soit 1 h du matin, mais quand on aime, on en compte pas !) et cliquez sur le cartouche En vivo de http://www.radiodelaciudad.gov.ar/


(1) quelque chose comme "Une jolie fleur dans une peau d’vache, une jolie vache déguisée en fleur" (vers de Georges Brassens). Au 19ème siècle, les gauchos, très isolés dans la campagne, appelaient les femmes des chinas (dont le sens premier est chinoise). Chino/china en Argentine désigne d’abord les Indiens. Et les seules femmes avec lesquelles les gauchos pouvaient espérer fonder un foyer, dans les étendues de la pampa, c’étaient les indiennes, que ce mode de vie, frustre, rude, presque nomade, ne rebutait pas. Ensuite, sous l’influence de l’exode rural et l’arrivée en ville des payadores des campagnes, le terme china servit à désigner les femmes en général dans le petit peuple de Buenos Aires, majoritairement masculin, du fait de l’immigration. Mi china, cela voulait donc dire "ma chérie", "ma môme", "ma compagne"... "Mon gouvernement" dit l’argot parisien. La china cruel est un stéréotype du tango des années 10, 20 et 30, lorsque les coquettes pouvaient s’amuser à frustrer les passions qu’elles inspiraient aux hommes, en forte compétition pour les séduire. China cruel est le nom sous lequel se produit cette orchestre de tango exclusivement féminin.
(2) El Yotivenco : c'est du verlan. Entendre El conventillo. Le conventillo ("le petit couvent"), c'est le nom que les immigrants ont donné aux logements spartiates et miséreux qu'ils parvenaient à louer dans les faubourgs de Buenos Aires. Le raz-de-marée d'Européens très pauvres sur la capitale argentine fit jaillir des constructions anarchiques, faites de tout et de n'importe quoi (tôles, bois, briques...), des habitations fragiles, humides, sans aucun confort, sans aucune intimité d'une mansarde à une autre. Le conventillo est l'un des berceaux de la culture tanguera, le lieu par excellence où les immigrants se sont croisés, où ils ont construit un nouveau vivre ensemble en dépassant toutes les barrières linguistiques, où ils ont inventé la langue portègne et le lunfardo, où ils ont inventé le tango, où ils ont fait naître une conscience ouvrière et des mouvements sociaux remuants...

mercredi 30 juillet 2008

Nuevos, le nouveau disque de El Arranque [disques & libres]

C’est le 8e disque de cet octeto de tango, sorti chez Epsa le 18 juillet. A cette occasion, ces jeunes musiciens ont donné un spectacle au Cine Teatro 25 de Mayo (rue Triumvirato), leur première apparition sur scène à Buenos Aires depuis décembre dernier.

El Arranque est un groupe de musiciens qui travaille le répertoire classique du tango dans la grande tradition bailable pugliesienne (la musique faite pour les danseurs mais avec beaucoup de complexités et de subtilités). Ce n’est pas très fréquent chez les formations jeunes, beaucoup d’entre elles privilégient en effet la musique à écouter.

Dans leur nouveau disque, baptisé Nuevos, El Arranque a choisi de servir des compositeurs de la génération montante, membres du groupe ou extérieurs, parmi lesquels Sonia Possetti, Andrés Linetzky et Ramiro Gallo (leur premier violon). Le disque existe en deux versions, une version tout venant et une édition collector accompagnée d’un jeu de société exclusif, imaginé et conçu pour ce disque par le contrebasiste du groupe, Ignacio Varchauky. Ce jeu développe toute une révision de la culture tanguera ainsi qu’une authentique réflexion sur ce qu’est le tango, hier, aujourd’hui, demain, et la conception de la vie dont il est porteur... Ce "juego de mesa", de type Jeu de l’oie, consiste à avancer de case en case, à l’aide d’un dé, en répondant à la question contenue dans la case désignée par le dé. Le parcours du jeu a été dessiné par le peintre Pablo Cabrera. Les questions ne manquent ni de sel ni de piment et passent en revue aussi bien les idées toutes faites (dans l'esprit des Argentins, pas dans le nôtre) que les grands dilemmes cruciaux qu’affrontent tous les musiciens de tango au cours de leur carrière. Question-poncif : "à quel âge cesse-t-on d’être jeune dans le tango ?" Il faut dire que tous les grands artistes de tango ont commencé à jouer et à composer au berceau et que cette jeunesse a collé à la peau de certains jusqu’à leur mort. C’est le cas d’Aníbal Troilo (1914-1975), pour prendre l’exemple le plus célèbre, qui commença à jouer dans les cinémas au temps du muet à l’âge de 11 ans et que son cadet, le poète Homero Expósito (1918-1987) appelle Ese muchacho Troilo (ce gamin de Troilo) dans un tango de 1967, alors que Troilo avait déjà 53 ans ! Autre question, et là, c’est plus sioux : "un étranger peut-il bien jouer du tango ?" A titre personnel et vu ce que j’entends sur disque, j’aurais tendance à répondre un no rotundo, un non énergique, mais si j’étais en train de disputer une vraie de vraie partie avec de vrais Portègnes, je ne suis pas sûre de gagner avec une réponse pareille. Le tango n’est-il pas, par essence, par définition même, une musique d’étrangers, de déracinés, d’immigrants ?

Al Arranque a été fondé comme quintette en 1996. L’année suivante, avec l’adjonction d’un chanteur (Ariel Ardit), d’un bando et d’un violon supplémentaires, ils ont enregistré leur premier disque dans la configuration qu’on connaît aujourd’hui : 2 bandonéons, 2 violons, piano, guitare, contrebasse et voix (belle, entre nous). El Arranque est donc una Orquesta Típica. Et avec cette configuration, ils ont parcouru un nombre invraisemblable de pays sur les trois continents : Amérique, Asie et Europe. De toutes les formations de la jeune génération, ce sont ceux qui ont le plus fort rayonnement international. On peut d’ailleurs assez facilement se procurer leurs disques en Europe occidentale.

Un bon nombre des membres de El Arranque sont passés par la Orquesta-Escuela de Tango, alors sous la direction de son fondateur, Emilio Balcarce, qui s’est retiré à 90 ans au début de cette année (ce pourquoi la OET porte désormais son nom). Cet orchestre-école, le Maestro Emilio Balcarce, bandonéoniste et compositeur, l’a fondé en 2000, ce qui vous indique assez bien qu’il rassemble des musiciens certes en apprentissage, oui mais en phase de perfectionnement avancé. Le violoniste et compositeur Ramiro Gallo, 1er violon de El Arranque, est aussi aujourd’hui 1er violon (et donc formateur) de la OET Emilio Balcarce, placée sous la baguette du Maestro Néstor Marconi depuis janvier 2008.

Discographie de El Arranque :

Maestros, ed. Epsa, 2004, avec la participation et les compositions de Raúl Garello, Néstor Marconi, Mauricio Marcelli et Julio Pane. Arrangements et direction : Ramiro Gallo (distribué en France)
Classicos, ed. Epsa, un album avec des thèmes de grands compositeurs historiques
Nuevos, ed. Epsa, 2008
En vivo en la rete 2 de Suiza, ed. Epsa, avec surtout des morceaux classiques, comme El cantor de Buenos Aires (Cobián-Cadícamo), Madame Ivone (Pereyra-Cadícamo), des morceaux classiques mais peu enregistrés comme El Arranque (de Julio De Caro) ou la valse Una Emoción (de Raúl Kaplun) et un morceau d’Osvaldo Montes, A los mios...
Enfin, le DVD de la collection Días y noches de tango, qui présente les nuits du tango de Buenos Aires sur les 7 jours de la semaine : El Arranque et la Orquesta Valetango se partagent le DVD du jeudi (ed. DVD Tangos)

mardi 29 juillet 2008

La Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires au teatro Alvear [à l’affiche]

Comme l’année passée, la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires se produit tous les jeudis d’hiver à l’heure du déjeuner (13h), au Teatro Presidente Alvear. L’entrée est gratuite.
Deux chefs se partagent chaque concert d’environ une heure. Cette semaine : Raúl Garello et Juan Carlos Cuacci.

Au grand complet, ce qui n’est pas toujours le cas, la formation compte 34 instrumentistes titulaires, hors chefs et chanteurs. Plusieurs de ces interprètes appartiennent à d’autres formations, comme les deux vieux de la vieille que sont Aníbal Arias (guitare) et Osvaldo Montes (bandonéon) qui se produisent ensemble en un duo fameux (ils étaient à Paris au début juin, dans le cadre du festival Buenos Aires Tango 4 au Théâtre National de Chaillot puis salle Pleyel pour une soirée Café de los Maestros), Julio Pane, bandonéoniste et compositeur, qui a sa propre formation et est aussi le premier bandonéon de l’Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, ou Cristián Zarate, un pianiste qui se produit avec son propre sextuor.

Ces concerts gratuits du midi ont lieu dans un théâtre municipal de Buenos Aires idéalement situé dans la partie la plus dynamique de l'avenida Corrientes, le Teatro Alvear : le Complexe culturel San Martin est presque en face, le CCC Floreal Gorini juste à côté, le disquaire Zivals est au coin de la rue face à l'une des plus prestigieuses librairies, Gandhi Galerna, j'en passe et des meilleurs. Ce théâtre a reçu le nom d'un président de la République des années 20 qui avait été auparavant l’Ambassadeur d’Argentine en France et y avait soutenu la diffusion du tango (Marcelo Torcuato de Alvear).

Ces concerts en matinée sont des événements bien porteños, imperdibles comme on dit là-bas (à ne pas manquer) si vous êtes à Buenos Aires en cette saison. Un public de connaisseurs gourmands et de passionnés avertis, qui arrive à la bonne franquette, pas toujours à l’heure (la faute au bureau, aux embouteillages ou au retard du colectivo, le sacro-saint bus de cette ville immense), les retardataires s’assoient discrètement -et sans rouspéter !- sur les marches, si l’obscurité ne leur permet pas de repérer une place assise disponible à portée de jambes. Les applaudissements sont généreux et bruyants. Comme le veut la coutume locale, ils commencent sur les deux ou trois dernières mesures, assez fort pour couvrir une bonne partie de la musique mais encore assez retenus pour qu’on puisse entendre le "chan chan" (les deux accords finaux du morceau) après quoi, c’est un déchaînement d’enthousiasme manuel et vocal des plus contagieux. Pas un touriste en vue (ce n'est pas leur heure). Les chefs, les musiciens, les chanteurs peuvent s'amuser avec le public qui comprend tout au quart de mot. Pas toujours facile de capter toutes les allusions qui passent à travers les paroles de présentation, la chaleur des applaudissements qui saluent une arrivée sur scène ou éclatent sur les deux premières notes d’un morceau et la façon dont y répondent orchestre et chanteur (de face) ou chef (de dos)...

Cet ensemble énorme, comme on n’en fait plus mais comme il y en a eu beaucoup dans les années 30 et 40, a été fondé en 1980 par Raúl Garello, avec alors comme co-Directeur Carlos García, sous l’égide de la Direction de la Musique de la Ville de Buenos Aires. Il est donc placé sous l’autorité du Ministère de la Culture du Gouvernement portègne. Lequel, ayant changé de couleur politique en décembre dernier et appartenant à l’opposition au niveau national, intervient dans tous les domaines pour affirmer son autorité. La Direction de la Musique vient donc de se manifester en annonçant une fausse nouvelle feuille de route (en fait, grosso modo, ce que l’orchestre fait déjà depuis 28 ans mais présenté comme une nouveauté). La Direction maintient à la tête de l’orchestre le Maestro Raúl Garello (encore heureux !) et a nommé en juin à ses côtés les Maestros Néstor Marconi (qui assure depuis le début de l’année 2008 la direction de la Orquesta-Escuela de Tango Emilio Balcarce) et Juan Carlos Cuacci (qui est pianiste, les deux autres étant bandonéonistes). L’orchestre de la ville va développer ses liens avec la OET Emilio Balcarce, en prenant notamment des élèves en stage dans ses pupitres et en envoyant certains de ses musiciens titulaires animer des ateliers auprès des jeunes. La seule vraie nouveauté de cette feuille de route relève en fait de la compétence du trio de chefs (la politique programmatique et culturelle de l'orchestre), c'est l’invention d’un concept bizarroïde, celui du concert thématique mensuel (sic) qui aurait pour but et pour effet d’enrichir le répertoire de la Orquesta de Tango de BsAs et de sauvegarder certaines oeuvres et grands compositeurs du passé en les organisant sous une forme thématique, ce qui est la fonction d’un musée (il existe déjà un musée du tango à Buenos Aires) plus que celle d’un orchestre de 34 musiciens contemporains...

Quelques disques (disponibles) de l'un ou l'autre des musiciens de l’orchestre :

Cristian Zarate, Evolución tango, ed. Unión de artistas independientes, 2005
Guillermo Fernández, Conexión Piazzolla-Ferrer, chez Epsa, 2003 (direction et arrangements de Cristian Zarate, co-producteur du disque avec G. Fernández)
Aníbal Arias y Osvaldo Montes, Bien tanguero, chez Epsa
Julio Pane Trio, A las orquestas, chez Epsa
Raúl Garello y Horacio Ferrer, Homenaje a Woody Allen, chez Melopea, 1992
Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, En vivo en el Colón (en public au théâtre Colón), chez Epsa.
(Une autre version existe pour le marché européen sous le titre Libertango, ed. Milan Music à Paris, sous le nom commercial La Casa del Tango - le contenu est légèrement différent mais la qualité est au rendez-vous).
Pour les oreilles : Margarita de Agosto, de et par Raúl Garello : http://www.todotango.com/spanish/download/player.asp?id=1751

A écouter sur le site Tango City Tour (voir à droite lien écouter), une interview de Raúl Garello l'année dernière (podcast n° 71, téléchargeable).

mercredi 23 juillet 2008

Néstor Marconi au CC Torcuato Tasso [A l’affiche]

Vendredi 26 et samedi 27 juillet 2008, 22h (50 $ la place) : début d'une série de concerts du Maestro Néstor Marconi...

Néstor Marconi au bandoneón, Juan Pablo Navarro (contrebasse), Leonardo Marconi (piano), Julio Pane (bandoneón) et Hugo Rivas (guitare).
Ce quintette n’est donc pas une formation típica, puisqu’il manque un violon (la Típica, c’est 4 instruments indispensables et suffisants : piano, bando, contrebasse et violon).

Le Centro Cultural Torcuato Tasso est un lieu de concerts et d’activités culturelles de première catégorie, situé dans le quartier historique de San Telmo (calle Defensa, 1575). L’affiche de la semaine est alléchante : Gaston Pose lundi (entrée libre), la chanteuse Patricia Andrade mardi (entrée libre), la jeune formation típica Tango Astillero (Tango Arsenal, cela fait allusion à une célèbre révolte armée de 1890, à l’orée de l’histoire du tango) ce soir mercredi (pour présenter leur nouveau CD Tangos de Astillero, 20 $ l’entrée).

L’affiche au CC Torcuato Tasso est toujours authentique. Quand c’est du tango, c’est du tango pour Portègnes...
(Pour vous permettre de vous constituer votre propre échelle de prix, le show pour touristes dans les établissements répertoriés par les Tour Operators, c’est du 300 $ la place, prix plancher).

Ceci dit, cette info-ci, j’aurais aussi bien pu la classer dans [Troesma] : Néstor Marconi en est un ! Et pas parmi les derniers...
Bandonéoniste et compositeur, c’est aussi un chef d’orchestre qui a dessiné son parcours avec des groupes de taille et de composition variables. Il a en particulier appartenu au trio Expósito-Marconi-Nebbia, avec le pianiste et compositeur Virgilio Expósito (qui a signé, notamment avec son frère Homero, quelques uns des plus grands standards des années 40) et le chanteur, multi-instrumentiste et auteur-compositeur Litto Nebbia, qui vient, lui, du rock (rock argentin, s’entend).
Le Maestro Néstor Marconi a pris, au début de l’année 2008, la succession d’Emilio Balcarce à la tête de l’Orquesta-Escuela de Tango (qui porte aujourd’hui le nom de son fondateur, E. Balcarce). Le Maestro Balcarce estimait qu’à 90 ans et au bout de 7 ans à la tête de toute cette jeunesse, il avait bien mérité de prendre des vacances !

A la tête de cette formation d’exception, Néstor Marconi vient de remplir dix jours d’affilée la grande salle du Théâtre National de Chaillot à Paris avec un succès constant... L’OET, qui compte une vingtaine de jeunes instrumentistes argentins et étrangers, se produit en configuration de 17 musiciens (+ le chef et de grands artistes invités, chanteurs ou instrumentistes). Dans les rangs de l’orchestre, parmi les 17, quelques encadrants, des musiciens, jeunes mais néanmoins aguerris : Ramiro Gallo est premier violon, Federico Pereiro premier bandonéoniste, Andrés Linetzky maître de piano (l’instrument-clé dans la configuration típica d’un ensemble de tango ; l’OET compte deux élèves-pianistes qui se succèdent pendant les concerts).
Sous la direction de son fondateur, cet orchestre a déjà enregistré deux disques, De contrapunto en 2000 et Bien compadre en 2004 (chez Epsa Music). Les musiciens qui en faisaient alors partie se sont maintenant dispersés, la plupart ont sans doute fondé leur propre groupe et chacun vole de ses propres ailes, en Argentine, en Uruguay ou dans tout autre pays, fort d’une formation idéale (imaginez un musicien de tango qui serait passé successivement par tous les orchestres historiques : De Caro, Pugliese, D’Arienzo, Troilo, Salgán, di Sarli, Gobbi, Caló, Piazzolla... enfin tous !)


La page de l’OET Emilio Balcarce sur le site de la Ville de Buenos Aires : http://buenosaires.gov.ar/areas/cultura/musica/orquesta_tango/escuela.php?menu_id=9466