lundi 8 août 2022

Une saint Cayetano très fréquentée [Actu]

Nous avons tous mal à l'Argentine, dit le gros titre
sur cette photo d'une manifestation qui se recueille
autour du statuette de San Cayetano
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Chaque 7 août, les Argentins fêtent la San Cayetano (saint-Gaëtan), le saint patron du travail et du pain. C’est une fête profondément populaire qui rassemble les plus pauvres d’entre les pauvres, notamment les chômeurs et les travailleurs sans droit, qui vivent au noir dans tous les domaines de leur vie.

Chaque année, c’est aussi l’occasion d’écouter les évêques partout dans le pays mais surtout à Buenos Aires : leurs homélies donnent la « météo » du moment dans le magistère catholique. Et cette année avec l’inflation record et les problèmes économiques de toutes sortes qui assaillent la classe moyenne et les plus vulnérables, on pouvait s’attendre à des manifestations monstres aussi bien du côté religieux que du côté social. On n’a pas été déçu !

La Vierge de Luján était elle aussi mobilisée par les mouvements sociaux
hier à Buenos Aires
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Ajoutez à cela que c’est la première année que la messe de la San Cayetano redevient présentielle après les deux années de pandémie et de restrictions sociales en tout genre. Il y avait donc foule dans tous les sanctuaires du saint dans tout le pays et donc en particulier dans le quartier de Liniers à Buenos Aires où se trouve la paroisse la plus emblématique en ce qui concerne cette pratique catholique.

De l’autre côté, les organisations sociales, syndicats et autres associations populaires, ont envahi la plus large avenue de Buenos Aires, la 9 de Julio, qui s’est trouvée noyée sous les banderoles et les prières de rue puisque les revendications socio-politiques (salaire de base universel, mesures contre l’inflation et pour le contrôle des prix, revalorisation des minimums sociaux) s’accompagnaient de processions sauvages avec statues de saint en prime. Un slogan a particulièrement attiré l’attention de Página/12 : « Ce n’est pas le travail qui manque mais les droits des travailleurs ». Une formule qui traduit tout de même un progrès social. Il fut un temps pas si éloigné où c’était bien le travail qui manquait.

La photo principale montre le cardinal Poli
bénissant la foule
Notez qu'il a remis le masque devant la recrudescence du covid
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Le cardinal Poli, archevêque de Buenos Aires, qui présidait la messe en plein air cette année, dans le patio de l’église et avec une assemblée fervente réparties dans les rues alentours, a prononcé une homélie que les observateurs de droite estiment sévère contre le gouvernement, analyse que Página/12 ne semble pas partager. Comme d’habitude, en fait, il a redit qu’il y avait une injustice économique fondamentale en Argentine, un pays riche qui regorge de toutes sortes de ressources et où la pauvreté atteint des niveaux diamétralement opposés à cette richesse nationale.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

sur la fête religieuse
lire l’article de Página/12

Cristina récuse ses juges après une une de Página/12 [Actu]

"Des amis, nous avons toujours été des amis", dit le gros titre
Une d'hier
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Hier, à la une (ci-dessus), Página/12 apportait la preuve photographique d’une collusion de longue date entre le procureur qui porte actuellement l’accusation contre Cristina Kirchner dans le dossier des travaux publics à Santa Cruz et le juge du siège qui dirige les débats et aura à se prononcer dans les jours qui viennent sur sa culpabilité ou son innocence et dans le premier cas sur la peine dont écoperait la vice-présidente qu’une large partie de la droite veut voir derrière les barreaux le plus tôt possible.

Les deux magistrats sont en effet membres de la même équipe de football amateur, laquelle s’est rassemblé et a joué plus d’une fois dans le jardin d’une des propriétés privées de Mauricio Macri qui, alors président de la Nation, agissait comme hôte invitant envers ses amis juges.

En découvrant l’article du quotidien de gauche, Cristina Kirchner a aussitôt fait savoir urbi et orbi qu’elle avait donné instruction à son avocat d’entamer une démarche officielle pour récuser le procureur et le président des audiences.

Ce qui, dans les journaux d’opposition (droite), a déclenché ce matin une avalanche d’articles et d’éditoriaux pour répéter que la Justice dispose d’une grande quantité de preuves de la corruption de cette justiciable un peu spéciale. Il n’en reste pas moins que la photo apportée publiquement par Página/12 pèse lourd dans le dossier et que tous les journalistes doivent en convenir.

"La délinquance en bande, c'est la leur", dit le gros titre
en citant la vice-présidente
Une de ce matin
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L’avenir nous dira si le recours de la vice-présidente changera ou non le cours du procès. Il devrait en être ainsi : l’affaire devrait passer à d’autres magistrats mais on est en Argentine où, on l’a récemment vu avec une mesure qui a protégé Mauricio Macri malgré des preuves très lourdes contre lui, la Justice n’est pas toujours à l’abri de la partialité politique et idéologique.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

dimanche 7 août 2022

Le podium du Mundial del Alfajor est un miracle céleste à la plage ! [Coutumes]

Joli, non ?


C’est une petite maison artisanale de Mar del Plata qui ne s’y attendait visiblement pas qui a emporté le premier prix de ce Mundial del Alfaror qui s’est disputé jeudi et vendredi dernier à Buenos Aires avec des concurrents venus de six pays hispanophones, dont l’Espagne elle-même.

Tous les parfums, sur Facebook
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Cette pâtisserie de la Diagonal Pueyrredón, à l’angle avec la rue piétonne San Martín, ne devait pas s’attendre à cet honneur car sa page Facebook n’avait pas été mise à jour depuis plusieurs mois.

Photo institutionnelle et gourmande

La maison se nomme Milagros del cielo (miracle du ciel) et propose une aussi abondante carte de parfums que celle qu’on pourrait trouver en France chez un spécialiste du macaron fourré de type parisien. Parmi ses spécialités singulières, Milagros del cielo propose un alfajor fourré d’un oreo noir avec son fourrage blanc !

Une des autres spécialités de la maison :
les conitos de dulce de leche,
l'autre must des gourmandises argentines !
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Il y a donc maintenant une bonne adresse à noter à Mar del Plata. Si jamais vous y passez, arrêtez-vous. Ça a l’air rudement bon et les maîtres des lieux ne sont pas radins sur le garnissage !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 09.08.22 :
lire cet article de Clarín sur l’ensemble des médaillés, catégorie par catégorie

vendredi 5 août 2022

Feria de los Editores (FED), ce week-end sur Corrientes [à l’affiche]


Ces trois jours, vendredi, samedi et dimanche, se tient à Buenos Aires le Salon des Éditeurs chaque après-midi. Cette année, la Feria a choisi une communication en langage inclusif (le langage inclusif en espagnol a cette supériorité sur sa version francophone qu’il est pleinement prononçable, même si cela sonne vraiment bizarre !)

L’entrée est libre et gratuite au n° 6271 sur Avenida Corrientes, à l’ouest de Buenos Aires.

C’est l’occasion pour de nombreux éditeurs mais aussi des librairies de venir à la rencontre tous ensemble du public. C’est la 11e édition de cette manifestation qui s’est tenue en visioconférence pendant les années de restriction sanitaire. Cette année, des exposants de toute l’Amérique latine viennent profiter du dynamisme retrouvé dans la capitale argentine.


Parmi les propositions annexes faites au public, un stand de don du sang !

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

voir le programme sur le site de la manifestation

jeudi 4 août 2022

Sergio Massa a présenté son programme économique [Actu]

"Les chocs de dévaluation ne produisent
que de la pauvreté", cite le gros titre
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Hier, après avoir prêté serment, Sergio Massa a fait, au Museo del Bicentenario, à l’arrière de la Casa Rosada, un exposé en Powerpoint de la politique qu’il lance en Argentine : ce sera une politique d’austérité qui ne dit pas vraiment son nom mais dont une bonne partie va peser sur les plus défavorisés.

"Enfin, une ébauche de plan", annonce le gros titre
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Il va notamment supprimer les subventions sur l’énergie, or, en Argentine comme ailleurs, le gaz, l’électricité et l’essence ont considérablement augmenté au cours des derniers mois bien que le pays soit producteur pétrolifère.

Il va aussi ralentir la machine à billets et tâcher de faire revenir des dollars dans les caisses de l’État en accordant des facilités au secteur agricole, qui fait le gros des exportations du pays.

"Massa promet de la rigueur fiscale, un plafond
aux subventions à l'énergie et une prime aux retraités
Il écarte une dévaluation", dit le gros titre
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Le tout s’est produit dans une atmosphère de réjouissance et de liesse qui contraste avec la gravité de la situation.

"Massa annonce la fin des subventions
sur l'électricité et le gaz et un frein à l'émission"
[de monnaie], dit le gros titre
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L’avenir nous dira si Sergio Massa est bien le super-ministère dont la majorité a raison ou non d’attendre des miracles.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 2 août 2022

L’alfajor a désormais son festival [Coutumes]

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Ce petit biscuit double assemblé grâce à une épaisse couche de dulce de leche, de crème à la vanille ou au chocolat ou de confiture, le tout souvent enrobé de chocolat ou d'un glaçage blanc au blanc d’œuf, s’offre pour la première fois une fête argentine à Buenos Aires, dans un bâtiment situé à l’angle de la rue ultra-commerçante Florida avec l’avenue Corrientes, dans le cœur bouillonnant de la Buenos Aires des Portègnes.

Photo fournie par les organisateurs
Cliquez sur l'image pour une impression plus gourmande encore

Le festival a commencé hier et durera toute la semaine ouvrée.



Il se clôturera jeudi et vendredi par une compétition, le Mundial del Alfajor (affiche ci-dessus, cliquez dessus pour une haute résolution). Il fallait l’inventer.

On en mangerait, n'est-ce pas ?
Photo fournie par les organisateurs

Viendront se mesurer les uns aux autres des pâtissiers et des créateurs de boîtes à alfajores de tout le continent puisque cette gourmandise existe sous des formes et avec des recettes qui varient localement dans presque tous les pays de culture hispanophone.

Ça y est, vous avez croqué dedans !
C'est bon, hein ?

Il faut avouer : les bons alfajores sont irrésistibles ! Cette spécialité est à l’Amérique du Sud ce que le macaron parisien est à la France… Il faut goûter !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de El Observador, quotidien de Montevideo

Sévère réquisitoire du parquet contre Cristina et feu son mari [Actu]

En gros titre : "Une image vaut plus que mille mots"
En haut : "Beaucoup de mousse et pas de preuves"
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C’est une affaire complexe et sordide à plaisir de corruption et de prévarication en tous genres, avec force arrangements en douce entre amis sur des appels d’offre pipés, qui fait le fond de ce procès, le plus sérieux de tous ceux auxquels doit faire face Cristina Kirchner, actuelle vice-présidente (deuxième personnage de l’État) et, en remontant le temps, ancienne présidente et même ancienne Première dame et sénatrice pour la province de Santa Cruz, en Patagonie.

Ce qui est en cause, ce sont des travaux publics de construction routière dans la province pétrolifère de Santa Cruz, dont était originaire Néstor Kirchner, qui est décédé et contre lequel l’action judiciaire est donc éteinte depuis plus de 10 ans.

En haut, en jaune : "Geste de soutien"
En bas, le procureur hier pendant son réquisitoire
par visioconférence
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L’heure est au réquisitoire du parquet, réquisitoire que Cristina Kirchner, principale prévenue dans cette affaire, a écouté en visioconférence depuis son bureau du Sénat, dans le décor institutionnel qui s’y attache, avec drapeau national derrière elle.

Et le procureur n’y est pas allé de mainmorte : il a fait une description détaillée du système qu’il accuse les époux d’avoir mis en place pour ratisser large au bénéfice de leurs poches et de celles de quelques proches. Preuve qu’on arrive là à des accusations qui tiennent la route : les quotidiens leur consacrent ce matin de nombreuses pages en détaillant tous les arguments du magistrat. Il n’y avait pas moyen de déployer cette quantité d’articles avec les autres procès intentés à la vice-présidente, qui semblent tous reposer sur des procès d’intention, des raccourcis et des raisonnements faussés par l’esprit partisan et dont certains paraissent actuellement tombés en panne sèche au milieu du désert.

"Néstor et Cristina ont installé un extraordinaire
générateur de corruption", dit le gros titre
en citant le procureur
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L’attitude politique très peu responsable que la dame a déployée depuis plusieurs mois pour mettre le président Alberto Fernández en difficulté et en quasi-incapacité de gouverner n’est peut être pas pour rien dans le désir des journaux d’opposition de se jeter sur elle et de la déchirer à belles dents avec les propos du magistrat en espérant que cette étape du procès signera la fin de sa carrière politique, sans parler du souhait de beaucoup de personnes à droite de la voir derrière les barreaux, et ce depuis qu’elle a prêté serment pour la première fois comme présidente de la Nation (1).

Cristina Kirchner semble néanmoins, jusque là au moins, résister à la tempête : après l’interruption des débats judiciaires, elle a reçu dans ce bureau du Sénat le nouveau super-ministre de l’Économie, Sergio Massa, dont on ne sait pas encore s’il travaillera pour elle ou pour lui-même (certains indices et la bonne vieille logique politique font pencher la balance en faveur de la seconde interprétation). En ferme admiratrice de Poutine qu’elle est, Cristina l’a reçu à la mode du Kremlin en mettant entre elle et lui une très longue table (en bois, pas en marbre) où leur inégalité apparente était manifestée par les dossiers qu’elle avait posés devant elle, comme une examinatrice devant un candidat à un examen, tandis que lui n’avait même pas un papier pour se donner une contenance. Il est probable que l’outrance de cette mise en scène serve davantage Massa, ancien président de la Chambre des députés et super-ministre sur le point d’entrer en fonction en prêtant serment dans les mains du chef de l’État, que l’actuelle présidente du Sénat.

Cristina Kirchner a installé un "extraordinaire
générateur de corruption", dit le procureur,
proclame le gros titre
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Le procureur a repris ce matin le fil de son réquisitoire. Il était retransmis en direct par plusieurs chaînes d’info en continue et par les sites Web des principaux quotidiens.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, le quotidien qui s’attarde le moins sur cette actualité
lire l’article principal de La Prensa
lire l’article principal de Clarín

Ajout du 3 août 2022 :
A la une, Página/12 réduit aujourd’hui en pièces la démonstration faite par le parquet au cours des réquisitoires des deux derniers jours.
Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12



(1) Cette femme a un don singulier de susciter une haine inouïe chez ses adversaires et chez ses partisans un amour et une admiration qui tournent parfois à l’idolâtrie.

Concert à La Madeleine jeudi 4 août [ici]

Monsieur l’Ambassadeur du Pérou en France me prie de diffuser cette affiche sur un récital lyrique qui se tiendra à Paris, en l’église de La Madeleine, jeudi 4 août 2022, à 17 h 30, à l’occasion du Bicentenaire de l’Indépendance du pays dont les festivités s’étalent de septembre 2021, pour les deux cents ans de l’arrivée du général José de San Martín (1778-1850) sur les rivages péruviens au début de sa campagne d’émancipation jusqu’au deux-centième anniversaire de la bataille de Ayacucho, qui vit la victoire définitive de Simón Bolívar (1783-18030) sur les forces coloniales espagnoles en décembre 1824.

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C’est donc bien volontiers que je le fais puisque je compte bien moi-même aller écouter Silvia Falcón, que les Péruviens surnomment joliment Le Rossignol des Andes.

Un concert qui aurait à n’en point douter plu à San Martín, le Fundador de la Libertad del Perú pour lui donner le titre officiel dont il était le plus fier, lorsqu’il vivait non loin de La Madeleine, dans le quartier baptisé alors la Nouvelle Athènes, qui se développait depuis 1820 sur les hauteurs de ce qui est aujourd’hui la gare Saint-Lazare, dans l’actuel 9e arrondissement. Le héros indépendantiste était un mélomane averti et un excellent musicien lui-même : il avait une belle voix de basse dont ses contemporains nous ont laissé le témoignage et jouait assez bien de la guitare pour avoir pris des cours auprès de son exact contemporain, le grand compositeur espagnol Fernando Sor (1778-1839), qui mourut lui aussi en France, en exil contraint pour avoir soutenu dans son pays natal la solution française portée par Joseph Bonaparte.

© Denise Anne Clavilier

Une femme remplacera Massa au perchoir [Actu]

Cecilia Moreau en travail de commission,
avec tout son matériel pour le maté
Photo extraite de son compte Facebook


La députée Cecilia Moreau, provenant du parti radical mais appartenant au Frente de Todos, l’alliance qui a porté Alberto Fernández à la présidence, a été choisie par la groupe majoritaire à la Chambre des Députés pour remplacer Sergio Massa, qui a formellement démissionné de la présidence parlementaire et de son siège de député avant-hier, avant d’aller aujourd’hui ou demain prêter serment devant le président de la Nation comme nouveau ministre de l’Économie aux compétences super-élargies.

C’est la première fois que la Chambre sera présidée par une femme.

La Chambre devait se réunir aujourd’hui à 14 h, heure locale, pour procéder au vote solennel.

Cecilia Moreau un jour où elle présidait la Chambre pro tempore
Photo extraite de son compte Facebook
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Le Congrès sera donc désormais doublement présidé par des femmes, Cristina Kirchner au Sénat et Cecilia Moreau à la Chambre.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajouts du 3 août 2022 :
Hier, les députés de la majorité se sont montrés très émus en disant au revoir à leur ancien président en partance pour le pouvoir exécutif et en élisant la première femme de l’histoire à la présidence de la Chambre basse. L’élection a été réalisée à main levée, sans doute pour bien montrer l’unité retrouvée de la majorité, fruit de la nomination de Sergio Massa (tant mieux s’il parvient à reconstituer une cohérence politique de ce côté-là de l’échiquier politique ; c’est déjà ce qu’il avait réussi, de manière éphémère, lorsqu’il était Premier ministre pendant le premier mandat présidentiel de Cristina Kirchner mais elle s’était débarrassée de lui assez rapidement)
Pour aller plus loin :
lire le reportage de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
Dans les colonnes de La Nación, la lecture peut-être la plus intéressante aujourd’hui et à coup sûr la plus drôle, nous la devons à la plume acérée de Carlos M. Reymundo Roberts. Son billet d’humour est à se tordre de rire. Son titre contient un jeu de mots intraduisible qui porte sur le nom du nouveau ministre de l’Économie : « Incroyable : Scoop mondial ! J’ai interviewé Petit Gâteau » (pâte, d’où gâteau, se dit masa qui sonne exactement comme Massa). Cette pseudo-interview vaut son pesant de dulce de leche (dont les masitas sont souvent fourrées, comme les alfajores).

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Le parquet fait appel du non-lieu en faveur de Macri dans les écoutes du ARA San Juan [Actu]

Il y a une quinzaine de jours, la décision d’une chambre fédérale d’appel blanchissait Mauricio Macri de toute implication dans le scandale pourtant amplement prouvé des écoutes illégales tenues par les services de l’État alors dirigé par lui contre les parties civiles dans l’instruction autour du naufrage en mission du sous-marin ARA San Juan en mer Argentine.

La décision avait soulagé l’opposition, qui garde en dépit de tout une part de sa fidélité à l’ancien président argentin. Elle avait cependant scandalisé les familles des sous-mariniers morts à bord de leur bâtiment dans une indifférence remarquable des gouvernants en place à l’époque. Elle avait aussi scandalisé la majorité qui tient l’exécutif et la Chambre des députés fédérale.


Extrait de La Nación (édition papier), p. 16
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Un procureur vient de faire un recours devant la cour de Cassation contre ce non lieu. L’affaire rebondit donc et il faudra rester attentif à la manière dont réagira la Cour dans les prochains mois.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (très favorable à la poursuite de l’enquête contre Macri)
lire l’article de La Prensa (plutôt d’avis que la justice s’occupe d’autre chose)
Curieusement, La Nación a consacré à cette décision un entrefilet dans sa version papier qui reste indisponible sur son site Internet.
Clarín n’en parle pas.
Il est vrai que l’actualité offre à ces journaux d’opposition de quoi se régaler en matière judiciaire mais de l’autre côté de l’échiquier politique.

Un grand classique de TV Pública fait son retour à l’écran [à l’affiche]

Toute l'équipe actuelle
Jimena Sáez en assise au centre... avec son grand sourire


Cocineros argentinos est une émission assez ancienne de la chaîne généraliste du groupe de télévision nationale argentine. Diffusée en semaine, à l’heure où l’on prépare traditionnellement le déjeuner, l’émission a connu un immense succès mais l’année dernière, l’équipe a éclaté.

Plusieurs animateurs sont partis, dont le principal cuisinier et l’animatrice la plus rigolarde (Ximena Sáez éclate de rire pour un oui ou pour un non, c’est souvent elle qui se charge de poser les questions les plus simplettes sur les techniques de cuisine. C’est elle aussi souvent qui faisaient les commentaires jouissifs sur la nourriture préparée par ses camarades qu’elle ingurgitait. Un personnage pas désagréable, par ailleurs. La voilà de retour et visiblement, ses cascades de rire le sont aussi.

Au fur et à mesure du temps, l’émission était de plus en plus critiquée au point qu’on entend dire qu’elle serait « les Simpsons de la télé argentine ». Ce n’est pas tout à fait faux mais c’est très exagéré et très méchant. Parfois, il est vrai, ça ne volait pas très haut mais dans l’ensemble, les animateurs faisaient de efforts méritoires pour valoriser la diversité culinaire argentine, n’hésitant pas à délocaliser les tournages, souvent en direct, pour mettre en valeur sur place les cuisines régionales avec des cuisiniers invités.

Et là, fidèle à son personnage, Ximena porte un panier d'œufs !

Cocineros revient donc avec un nouvel et heureux équilibre entre cuisiniers et cuisinières et avec la bonne humeur qui est sa marque de fabrique. Une cuisinière d’origine chinoise, qui s’est fait connaître dans un concours télévisé sur une autre chaîne, les rejoint, témoignant ainsi de la diversité du peuplement argentin. C’est très bien : les immigrés originaires de l’Asie dite jaune jouent un rôle très important dans la chaîne commerciale de l’alimentation dans le pays. Ce sont eux qui en particulier tiennent la plupart des petites épiceries de quartier et autres self-services indépendants, ceux qu’on appellent los supermercados chinos.

On peut retrouver les démonstrations et les recettes de Cocineros sur le site Internet de TV Pública et sur la chaîne Youtube de l’émission.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

visiter la page de Cocineros y Cocineras argentinos sur le site Web de TV Pública