jeudi 20 septembre 2018

Le cycle sur Villoldo continue ce soir à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]


L'académie propose une fois par mois une conférence sur la vie et l'œuvre du chanteur, payador et compositeur Villoldo, traditionnellement surnommée el padre del Tango (même s'il n'est pas exactement le père du genre, qui a jailli d'un mouvement culturel très largement partagé dans Buenos Aires tout au long du dix-neuvième siècle).

Ce soir, jeudi 20 septembre 2018, à 18h30, l'exposé portera sur les rapports de Villoldo et du tango avec l'ancienne puissance coloniale, l'Espagne.

Pour l'occasion, on écoutera plusieurs morceaux que Villoldo n'a jamais enregistrés et deux extraits de zarzuela, l'opérette typiquement espagnole qui a beaucoup inspiré le tango argentin.

Entre libre et gratuite au siège de l'institution.

lundi 17 septembre 2018

Nouvel hommage à Horacio Molina [Actu]

Photo Nora Lezano (pour Página/12) : Horacio Molina chez lui, en août 2007

Pour rendre hommage au chanteur Horacio Molina qui nous a quittés la semaine dernière, Página/12 a republié hier, dans son supplément dominical Radar, une longue interview que le gentleman tanguero lui avait accordée en août 2007.

A relire avec tendresse tout en écoutant le chanteur sur Todo Tango par exemple.

Le museo Mitre fête les 150 ans de la présidence Sarmiento [à l'affiche]


Petit clin d'œil aux amis sanjuaninos avec cette annonce d'une conférence qui se tiendra demain, mardi 18 septembre 2018, à 18h, à Buenos Aires, au museo Mitre (consacré à un autre président argentin), sur la présidence de Domingo Faustino Sarmiento (San Juan, 1811 – Asunción, 1888).

Ce grand sanjuanino fut un homme politique très important dans la structuration de l'Etat dans l'Argentine tout juste indépendante et encore engluée dans la guerre civile. Il fut aussi un grand théoricien de la pédagogie, au point de concevoir l'école obligatoire dans son pays. Il fut enfin un très grand écrivain.

La conférence est en accès libre et gratuit, au Museo Mitre, consacré à Bartolomé Mitre (1821-1906), dans la maison que celui-ci habita à Buenos Aires, dans ce qui est aujourd'hui le quartier financier, qu'on appelle "la City".

Les poètes à l'honneur ce soir à la Academia [à l'affiche]

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Ce soir, lundi 17 septembre 2018, à 19h30, le Plenario de la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, sera consacré aux poètes et animée par le poète Eugenio Mandrini.

Le tango rituel rendra hommage au chanteur récemment disparu Horacio Molina.

Entrée libre et gratuite comme d'habitude.

jeudi 13 septembre 2018

Initiation à Roberto Arlt à Paris [ici]


Demain, vendredi 14 septembre 2018, à 20h, à El Clan Destino, dans le 20e arrondissement de Paris, Solange Bazely présentera sa nouvelle création de lecture musicale en compagnie du pianiste Blas Rivera, autour des célèbres et emblématiques chroniques de l'écrivain portègne Roberto Arlt intitulées Eaux Fortes de Buenos Aires.

Libre participation.

Réservation par téléphone ou mail recommandée.

Viviana Scarlassa et Pepo Ogivieki au Café Borges demain [à l'affiche]


La chanteuse Viviana Scarlassa continue à présenter son nouveau disque dans tout Buenos Aires et au-delà. C'est dans ce cadre qu'elle se produira demain, vendredi 14 septembre 2018, à 21h30, accompagnée au piano par le compositeur Pepo Ogivieki, au Borges, rue Borges 1975, dans le quartier de Palermo.

Droit au spectacle : 200 $ ARG.

Suelo Natal présente huit chansons entièrement arrangées par Diego Schissi.

Ariel Prat présente son nouveau disque à La Paila [à l'affiche]


L'auteur-compositeur interprète Ariel Prat prépare un album qu'il intitulera Herencia Negrada (Héritage noirci). Il le présentera samedi 15 septembre 2018, à 22h, au restaurant La Paila (spécialités du nord-ouest argentin), Costa Rica 4848 dans le quartier de Palermo.

Il sera accompagné de ses musiciens, Los Perdidos (les perdus).

Droit au spectacle : 200 $ ARG avec réservation anticipée ou 250 $ le soir même.

mercredi 12 septembre 2018

Adieu à Horacio Molina [Actu]


Il avait un style bien à lui, très élégant, très distingué, auquel il ne renonça jamais malgré le peu de reconnaissance qu'il lui valut parmi tant de chanteurs de qualité. Horacio Molina était né à Almagro, un quartier du centre de Buenos Aires, en 1935, le quartier du San Lorenzo, le club de football dont son oncle avait été président. Horacio Molina nous a quittés hier. Il laisse deux filles.

Il y a quelques années, j'ai eu la chance de le connaître. Sa courtoisie exquise était en rapport avec son style vocal et musical. Il avait passé les années de la dictature miliaire en France, il avait vécu à Paris. Il parlait admirablement notre langue et il aimait la parler. Je n'avais plus de nouvelles de lui depuis plusieurs années, depuis qu'une douleur articulaire avait envahi ses mains et je n'ai jamais su s'il avait pu s'en défaire.

Horacio Molina en exil, sur les bords de la Seine
en bas du Quartier Latin

Ce matin, l'actualité politique et institutionnelle occupe beaucoup les pages des journaux. Seuls Página/12 et Clarín lui rendent l'hommage qui lui est dû, Clarín ajoutant sur son site une sélection de morceaux enregistrés à écouter en ligne.

Horacio Molina s'en va avec la discrétion qui aura marqué sa vie et sa carrière...

Pour aller plus loin :

mardi 11 septembre 2018

Experiencia Piazzolla cette semaine à la Ciudad Konex [à l'affiche]


Ce soir, mardi 11 septembre 2018, s'ouvre à la Ciudad Cultural Konex, Sarmiento 3131, dans le quartier de Balvanera, une série de concerts consacrée à la musique de Astor Piazzolla, revisitée par des musiciens d'aujourd'hui, Experiencia Piazzolla, dirigée par le petit-fils du grand compositeur, lui-même artiste de jazz. La manifestation prendra fin dimanche.

Entrée : à partir de 300 $ ARG.

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Au programme : les chanteuses Julia Zenko, Julieta Venegas, Elena Roger ou Ligia Piro (la fille rockeuse de la chanteuse Susana Rinaldi et le bandonéoniste et compositeur Osvaldo Piro), le pianiste Nicolás Guerscherg, le contrebassiste Juan Pablo Navarro, Pipi Piazzolla lui-même avec son groupe de jazz Escalandrum.

Pour aller plus loin :
consulter le site du CC Konex, sur lequel il est possible de réserver ses places en ligne, et sa page Facebook.

vendredi 7 septembre 2018

Ariel Prat à La Pista Urbana ce soir [à l'affiche]


Le murguero, auteur-compositeur-interprète Ariel Prat et le poète Bebe Ponti seront ce soir, vendredi 7 septembre 2018, à 21h30, sur la scène de La Pista Urbana, Chacabuco 874.

Au programme, de la chanson engagée (à gauche) d'autant plus virulente que la crise frappe à nouveau de plein fouet l'Argentine sous un gouvernement néolibéral.

Spectacle et dîner ou au moins consommation à prévoir.

mardi 4 septembre 2018

Remaniement gouvernemental et coupes claires dans tous les budgets publics [Actu]

La photo centrale montre le gouvernement resserré d'aujourd'hui
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Depuis samedi, les rumeurs allaient bon train : le président envisageait un grand remaniement et toute une série de mesures de rigueur pour complaire au FMI, avec lequel il entend renégocier le prêt accordé en juin.

En fait, le remaniement n'en est pas un au sens européen du terme. Il a simplement rétrogradé une dizaine de ministères en secrétariat d'Etat, ce qui devrait entraîner des déménagements et des baisses d'effectifs, notamment parmi les personnels d'administration et d'accueil. La recherche scientifique et la culture perdent leur statut de ministère de plein droit, alors que leur élévation récente prenait en considération les avancées dans le développement du pays sous Cristina Kirchner.

En photo le président Macri, sortant de la Casa Rosada,
avec un visage plus que contrarié
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On parlait aussi beaucoup de certains départs, dont celui de Lino Barañao (recherche scientifique et technologique) et de Jorge Faurie (Affaires étrangères). Mais ces deux pointures gardent leur marocain, même s'il semble, à en croire les journalistes, que de nombreuses tractations ont eu lieu en coulisse pendant tout le week-end, le président cherchant un remplaçant à Faurie (un excellent diplomate, qu'on a cherché à échanger contre des personnalités qui n'avaient ni sa compétence ni son expérience) et Barañao exigeant des garanties sur le budget qui lui avait été alloué et les projets engagés. Rien de tout cela n'a été confirmé par les intéressés, qui n'ont fait aucun commentaire. Un autre poids lourd du gouvernement fait les frais de cette réorganisation : Hernán Lombardi, le patron de l'audio-visuel public national, du Centro Cultural Néstor Kirchner (CCK) et du parc thématique itinérant Técnopolis (une des grandes réussites culturelles du mandat de Cristina Kirchner). Autre victime : le ministre de la culture, qui passe, comme celui de la Recherche, sous l'autorité du ministre de l'Education.

En photo principale, Mauricio Macri, hier, pendant son discours enregistré
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Quant aux mesures de rigueur qui ont été annoncées, elles touchent tous les ministères et comprennent aussi l'implantation de nouvelles taxes sur les exportations de matières premières, notamment agricoles, l'une des principales sources de devises du pays, le secteur traditionnellement le plus puissant de la vie économique et politique nationale. Dans un discours enregistré, à deux reprises, le président a supplié les exportateurs de comprendre qu'il s'agissait d'une nécessité vitale pour le pays, d'une mesure d'urgence. Il faut au moins cela pour qu'ils consentent enfin à à faire preuve de solidarité avec leur propre pays ! Dans une formule marquante, le chef d'Etat a aussi reconnu, enfin, la gravité de la crise : cette crise n'est pas une crise de plus mais il faut que ce soit la dernière, allusion à la série de catastrophes que le pays a connues depuis les années 1930. Il a aussi reconnu que les mesures annoncées allaient aggraver la pauvreté, déjà en forte augmentation depuis son arrivée au pouvoir, il y a bientôt trois ans, alors qu'une de ses plus fortes promesses électorales avait été l'éradication du phénomène.

"Le gouvernement dévalué", au-dessus d'une photo minuscule
du président et de ses principaux ministres

Le gouvernement a toutefois annoncé un objectif tout aussi peu accessible : le déficit 0 à l'horizon 2019, une année qui sera aussi celle des nouvelles élections pour les exécutifs au niveau national et provincial. Bon courage à ceux qui voudront se représenter !

La une des pages culturelles de Página/12
"La culture dévaluée"
et sur le bandeau rouge : "La culture, ça ne se rapetisse pas !"

D'autant que le discours de Mauricio Macri a eu à nouveau un effet dévastateur sur le marché des changes avec une nouvelle hausse du dollar US, montrant que la confiance semble envolée pour longtemps.

Pour en savoir plus :
lire l'article principal de Página/12, qui tape là où ça fait mal, avec une violence partisane très pénible dans ces circonstances qui appelleraient un peu de retenue et de patriotisme

lundi 3 septembre 2018

Hommage à Raúl Garello ce soir au Palacio Carlos Gardel [à l'affiche]


Ce soir, lundi 3 septembre 2018, à 19h30, la Academia Nacional del Tango rend hommage à un grand du tango de la seconde partie du vingtième siècle : le compositeur, arrangeur, chef et bandonéoniste Raúl Garello.

Les musiciens de son sextuor, sa dernière formation, évoqueront son souvenir et on sortira son bandonéon, celui qu'il avait hérité de son maître Aníbal Troilo, pour rendre bien visible la filiation artistique si importante pour les deux.

Par ailleurs, à l'occasion du quatre-vingtième anniversaire de la disparition du chanteur Agustín Magaldi, un tableau le représentant rejoindra les collections du Museo Mundial del Tango Horacio Ferrer.

Entrée libre et gratuite, comme d'habitude, au 833 avenida de Mayo, 1er étage.

vendredi 31 août 2018

Manifestation des universitaires et des étudiants [Actu]

Le gros titre parle de la crise économique mais la photo principale
est réservée à la manifestation universitaire, sous une pluie battante
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Hier, en fin de journée, le monde de l'université publique était dans la rue, à Buenos Aires, suite à un mot d'ordre de grève national, lancé il y a plusieurs semaines, contre les coupures budgétaires qui asphyxient l'enseignement et la recherche.
Le moins qu'on puisse dire est que la manifestation a été un franc succès. A tel point que malgré l'actualité économique et gouvernementale, tous les quotidiens nationaux, de droite comme de gauche, s'en font l'écho, voire la mettent à leur une !

En gros titre, le gouvernement en soins intensifs
Le gouvernement est symbolisé par la Casa Rosada,
qu'on appelle aussi Casa de Gobierno (nous dirons "Présidence")
sachant que l'équipe des ministres s'appelle Gabinete et non Gobierno

Les étudiants ont soutenu leurs enseignants, eux-mêmes soumis à un régime salarial draconien. Alors que l'inflation sur l'année va dépasser les 30%, le gouvernement leur a accordé une augmentation de seulement 15%, soit moins que ce qui a été accordé aux autres catégories de salariés lors des négociations annuelles tripartites syndicats, organisations patronales et gouvernement.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Clarín sur l'affluence à la manifestation
lire l'article de Clarín sur la participation des enseignants comme des étudiants
lire l'article de La Nación sur l'affluence à la manifestation
lire l'article de La Nación sur la participation des étudiants

L'Argentine bascule dans la crise, sans remède [Actu]

"Où est le disjoncteur ?" demande le gros titre
pour débrancher la folle hausse du dollar
Pour une fois, La Prensa adopte le ton inventif et imagé de Página/12
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Au lendemain du bond du dollar au détriment du peso argentin (qui a terminé la journée d'hier à plus de 40 pour 1) et du retour du président Mauricio Macri de New York, où il a engagé, sans le dire, une renégociation avec le FMI, sans calmer les marchés pour autant (tout au contraire), tous les journaux reconnaissent que le gouvernement subit un échec grave, que la situation du pays est pire que celle qu'avait laissée la précédente majorité (pourtant taxée d'incompétence par l'actuel pouvoir en place) et que le gouvernement se trouve dans l'impasse, qu'il ne sait plus quoi faire pour résoudre les problèmes qui s'accumulent et qu'il n'y a plus de consensus en son sein sur la stratégie à adopter, d'autant plus que d'anciens ministres de l'économie, aujourd'hui révoqués, prennent la parole publiquement pour manifester leur méfiance sur la capacité de leurs successeurs à s'en sortir.

Trois mois après l'accord de prêt initial, la renégociation signe l'impuissance des pouvoirs publics à maîtriser l'économie du pays (alors que le président s'était vanté de conduire celui-ci à la prospérité en l'espace d'un mandat), l'échec de la solution qu'était le recours au FMI et elle ne pourra entraîner qu'une politique de rigueur encore plus injuste que celle qui était déjà mise en œuvre depuis plus d'un an. D'un jour à l'autre, on s'attend à un remaniement ministériel, d'autant plus imminent qu'il semble réclamé à voix basse par le Fonds monétaire lui-même. De surcroît, le chaos s'installe dans les rayons des supermarchés puisque certains fournisseurs refusent désormais de vendre à la grande distribution, dans l'attente d'une meilleure visibilité sur leur propre trésorerie.

Après une nouvelle dévaluation record, le gouvernement
prépare des mesures économiques
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Cette fois-ci, la crise est donc bien là. Le gouvernement continue à tenir un discours lénifiant façon méthode Coué, mais quelques grandes voix politiques appellent à enfin parler vrai. Parmi elles, celle de María Eugenia Vidal, la gouverneure de la Province de Buenos Aires (majorité de droite néolibérale, ex-seconde de Mauricio Macri), qui reconnaît que la situation est en train de dévaster la vie quotidienne des gens ordinaires.

Le ministre de l'économie repart à New York dès lundi (ce qui veut dire que le déplacement du président n'a pas suffi) et cette fois-ci, plus personne ne peut se cacher qu'il s'agit d'aggraver les conditions de l'emprunt, qui avait pourtant déjà été accordé à des exigences qui diminuaient beaucoup la capacité du pays à investir (puisque le FMI confond volontairement dépenses et investissements) et par conséquent également à exercer sa souveraineté.

Or cette fuite en avant intervient alors que l'Argentine préside le G20 pour la première fois depuis l'instauration de cette instance de concertation internationale !

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12, qui a envoyé le gouvernement en soins intensifs sur sa une
lire l'article de La Nación sur les projets du gouvernement devant la nouvelle hausse du dollar
lire l'article de La Nación sur les conséquences de la crise des changes dans le domaine de la grande distribution

jeudi 30 août 2018

Le dollar repart à la hausse en Argentine [Actu]

Au milieu de la crise, Página/12 garde son humour (acerbe)
et sa créativité graphique et langagière !
A l'envers, c'est le visage du président Macri

Depuis la fin de la semaine dernière, le peso argentin chute à nouveau face au dollar.
Hier, la devise US avait atteint les 34 pesos argentins, ce qui représente une hausse considérable depuis la stabilisation de juillet à 28-29 pour 1 USD. Ce soir, le billet vert est vendu au comptoir de certaines banques du quartier d'affaires de Buenos Aires à plus de 40 pesos.

"Pour freiner la hausse [du dollar], Macri demande à nouveau
de l'argent au FMI, contre une baisse supplémentaire du déficit"
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"Le FMI a confirmé son appui à Macri
mais le dollar a tout de même monté jusqu'à 34,40 [pesos]"
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Au début de la semaine, le président Mauricio Macri était allé lui-même renégocier à New York le débit du robinet du FMI et le Fonds monétaire vient d'accepter d'avancer la date de versement de la prochaine échéance. Jusqu'à présent, c'était des ministres qui se chargeaient de l'intendance. Cette fois-ci, le chef d'Etat s'engage lui-même dans ces démarches humiliantes, tout en maintenant un discours lénifiant sur la solidité économique et la solvabilité du pays, soi-disant pour tranquilliser les marchés. Qui ne semblent pas sensibles à cette stratégie. Et d'ailleurs, peu de gens, y compris dans la presse de droite (majorité), gardent la foi dans cette description d'une situation dont tout le monde reconnaît maintenant qu'elle correspond à une crise de plus en plus insoluble.

"Pied de nez des marchés"
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Pour en savoir plus :
lire l'analyse de Página/12 (opposition) sur la hausse du dollar
lire l'article de Página/12 sur la perte de confiance généralisée dans l'économie argentine
lire l'article de La Prensa (droite catholique), qui souligne que la reprise de la hausse du dollar répond à une prise de parole du président
lire l'article de La Nación (droite libérale) sur l'humiliation suprême : le peso argentin vaut désormais moins que la devise uruguayenne (Clarín a publié un article similaire)
lire l'article de La Nación sur le cours du dollar relatif au peso argentin
lire l'analyse de Clarín (droite financière) sur la perte de confiance mondiale dans l'économie argentine

dimanche 26 août 2018

Un nouveau documentaire sur Piazzolla sort jeudi à Buenos Aires [à l'affiche]

Le titre dit : "à la pêche au Astor"

Le film s'intitule Piazzolla, los años del tiburón (les années du requin) et se penche sur la personnalité difficile, conflictuelle et mégalomane, du grand compositeur et bandonéoniste de Mar del Plata dans son environnement familial et professionnel.
Des images et des sons d'archives viennent illustrer le long métrage où le réalisateur, Daniel Rosenfeld, a pu compter sur la collaboration de Daniel Piazzolla, le fils, musicien lui aussi et qui ne put jamais se dégager de l'ombre portée par le génie de son père (qui ne sut pas non plus lui faire de la place). La fille de Astor Piazzolla, Diana, écrivaine et militante des droits de l'Homme, en désaccord grave avec son père (1) et disparue il y a neuf ans, est présente elle aussi grâce à des enregistrements privés de sa voix.

Le film s'adresse à un large public argentin et non pas au public d'amateurs éclairés qui savent déjà tous des enjeux du parcours piazzollien et de ses relations plus que difficiles avec les autres musiciens de tango de son temps, tandis que le reste du monde, notamment l'Europe, lui ouvrait les bras sans réserve.

Le film sortira jeudi prochain à Buenos Aires. Página/12 profite de ce dimanche pour mettre en une de son supplément Radar une longue interview du réalisateur, illustrée d'une double photo, celle d'un Piazzolla déambulant sur les quais de Seine à Paris, clope au bec, un jour d'hiver, dans les années 70 ,et d'un Astor en bras de chemise en train de pêcher dans le Río de la Plata, un loisir qu'il tenait de son grand-père, un ancien pêcheur de Campanie parti s'installer en Argentine au début du 20ème siècle.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12

Ajout du 30 août 2018 :
lire cette nouvelle interview du réalisateur dans le supplément culturel de Página/12

Ajout du 31 août 2018 :
lire cet article de Página/12 qui n'en finit décidément pas d'aimer ce film !

Ajout du 4 septembre 2018 :
lire cet entrefilet de La Prensa



(1) Un jour, Piazzolla a accepté une invitation à dîner à la Casa Rosada et il a partagé la table du dictateur Rafael Videla, non parce qu'il était d'accord avec le régime mais parce qu'il était assez indifférent à la politique, tout en se disant de droite (dans un monde du tango profondément ancré à gauche). Sa culture générale peu développée lors de sa jeunesse, marquée par son indifférence pour la situation sociale misérable faite aux musiciens, tant à New York où il avait grandi qu'à Buenos Aires, ne lui permettait pas d'y comprendre grand-chose ni même de s'y intéresser vraiment. Et sa grande ignorance de l'histoire de l'Argentine (largement partagée par ses compatriotes) ajoutait encore à la confusion...

lundi 6 août 2018

Le Plenario du Festival [à l'affiche]


Ce soir, lundi 6 août 2018, à 19h30, la Academia Nacional del Tango ouvre ses portes pour une conférence légère où le bandonéoniste, compositeur et chef d'orchestre Osvaldo Piro racontera ses souvenirs avec Alfredo Gobbi et Aníbal Troilo, qui l'ont formé.

Osvaldo Piro sera avec son ex-femme, la chanteuse Susana Rinaldi, l'une des vedettes de la programmation du prochain Festival de Tango de la Ville Autonome de Buenos Aires, qui s'ouvre jeudi prochain (1).

La soirée, au Palacio Carlos Gardel, est d'accès libre et gratuit (le festival aussi d'ailleurs).



(1) Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne serai pas en mesure de publier quoi que ce soit le 9 août, ni en ce qui concerne l'ouverture du festival de tango (dont toutes les places sont certainement déjà épuisées) ni en ce qui concerne le vote de la loi dépénalisant l'avortement au Sénat, qui semble disposé à faire échouer ce projet de loi (ce qui n'est peut-être pas pour déplaire au Président, qui semblerait avoir fait le pari d'emblée de cet échec). Reprise probable de la publication sur Barrio de Tango dans le cours de la dernière semaine du mois d'août.

dimanche 5 août 2018

Les églises chrétiennes investissent la 9 de Julio [Actu]

Clarín consacre le gros titre à des déclarations faites en justice
par un acteur des dessous-de-table empochés par des ministres kirchneristes
mais la photo est pour la manifestation
et vous voyez qu'il y avait du monde !
Ce qu'on voit au centre, ce n'est pas un drapeau argentin, c'est le toit des abri-bus
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Hier, les églises chrétiennes, catholique et évangéliques, avaient appelé à manifester contre le projet de dépénalisation de l'avortement qui fera l'objet d'un vote au Sénat le 8 août prochain (1), après des débats houleux qui ont fait changer d'opinion un bon nombre d'élus.

Si la Chambre a voté à une honorable majorité il y a quelques semaines en faveur de cette modification du code pénal, le résultat au Sénat reste très incertain.

Remarquez en bas à gauche le petit article sur l'histoire de la franc-maçonnerie !
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Depuis que le projet de loi est sur le bureau de la chambre haute, les anti-avortement n'ont cessé de faire entendre leurs voix, avec parfois des arguments musclés et surtout un recours abusif à l'émotivité, comme ces baudruches en forme de fœtus qu'ils trimbalent un peu partout et des écrits sentimentalistes sur le sort d'un fœtus avorté. Exactement le même genre de lutte par la violence symbolique qu'on a connue en France au moment du débat sur la loi Veil. De grands rassemblements priants ont aussi eu lieu, notamment sur le parvis de la basilique nationale de Luján.

La Nación met aussi l'accent sur les affaires de corruption
et consacre sa photo du bas à la manifestation
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Mais on avait rarement vu autant de monde envahir ainsi la grande Avenue du 9 de Julio par des mouvements classés comme conservateurs. La célèbre avenue a bien davantage l'habitude des défilés des progressistes (syndicats et partis de gauche).

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, dont le ton aigre et méprisant, que je trouve très déplaisant pour un journal qui prétend défendre la démocratie et le pluralismes (ces journalistes se montrent incapables de rapporter objectivement les choses dès qu'il s'agit d'idées qu'ils ne partagent pas et font preuve en outre d'une invraisemblable inculture en matière d'histoire du christianisme - ils ne sont pas les seuls,  je vous le concède)
lire l'article de La Prensa, qui insiste sur la part prise dans l'organisation par les églises évangéliques (peut-être pour universaliser l'appel du magistère catholique à voter contre le projet de loi, un appel que le quotidien soutient tous les jours dans son édition imprimée et sur son site Web)



(1) Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne serai sans doute pas en mesure de publier quoi que ce soit les 8 et 9 août prochain. Donc pas de une de journaux sur le résultat, quel qu'il soit.

samedi 4 août 2018

Nouvelle identification pour Abuelas [Actu]


Hier, l'association Abuelas de Plaza de Mayo a présenté le 128e petit-enfant identifié et retrouvé. L'homme de quarante-deux ans avait été enlevé par des sbires de la dictature militaire lorsqu'il avait cinq mois. Sa mère, militante d'un mouvement révolutionnaire et guérillero, reste disparue. La famille vivait à Tucumán.

L'aîné de la fratrie, qui avait été enlevé à l'âge de six ans, avait réussi à fuir sa famille soi-disant adoptive, une première fois en vain, en se rendant à la gare des bus où il savait que son oncle travaillait. Mais la seconde fois fut la bonne : il était arrivé à l'hôpital où son père et son oncle, accompagné du cadet, qui n'avait que deux ans, avaient pu aller le récupérer et prouver le lien de famille.

C'est la deuxième fois qu'on retrouve une personne de Tucumán.

Seuls Página/12 et Clarín évoquent l'événement, dans une actualité dominée par les révélations sur le système de corruption kirchneriste.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur la conférence de presse de Abuelas
lire l'article de Página/12 sur l'aventure du frère aîné

vendredi 3 août 2018

Le CAFF propose un festival de tango alternatif [à l'affiche]

La nouvelle famille du tango, dans la salle du CAFF

Alors que le Festival officiel du Tango de la Ville de Buenos Aires, accompagné du concours de danse surnommé el Mundial, se prépare (il aura lieu du 9 au 22 août dans les lieux désormais habituels, soit un créneau du calendrier très avancé par rapport aux années précédentes), le CAFF propose à partir d'aujourd'hui et jusqu'à la fin du mois un autre festival, avec une grande diversité de propositions (milongas, conférences, salon du livre, concerts, spectacles de poésie et de théâtre, exposition), dans sa salle de la rue Sánchez de Bustamante, à quelques centaines de mètres au nord du célèbre centre commercial de l'Abasto.


Une soixantaine d'artistes solistes et de groupes se succéderont.

Ce festival est autogéré par les artistes, comme le CAFF fonctionne en coopérative.


Le programme est à découvrir sur la page Facebook de la manifestation.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, qui en fait la une de son supplément culturel quotidien


Ajout du 28 août 2018 :
lire l'article de Página/12 à la fin du festival