mercredi 19 février 2020

C’est le carnaval à Jujuy [Coutumes]

Un diablotin rouge qui s'amuse bien dans le paysage typique de Jujuy
(photo Estrella Herrera, La Nación)

Dans les montagnes de la province de Jujuy, que Manuel Belgrano a défendues avec vigueur en 1814, voilà les jours du carnaval qui arrivent. Un carnaval lié aux cultures aborigènes de la région. Un carnaval haut en couleurs, dans les costumes comme sur le relief naturel de la Quebrada de Humahuaca…

Des rites précolombiens ont survécu à la conquête espagnole
(photo Estrella Herrera, La Nación)

C’est l’heure où les sociétés aborigènes luttaient contre les démons, transformés maintenant en diables au plus grand bonheur des petits et des grands, sous le soleil implacable du Tropique du Cancer !

Le patriotisme provincial dans toute sa splendeur
Ce carnavaleux arbore un drapeau inspiré par le celui qu'avait dessiné Manuel Belgrano en 1812
et l'inscription signifie : "Jujuy, je te porte dans mon cœur"

La Nación nous emmène en photos à la fête jujègne.

Le carnaval règne partout en Argentine dans les jours qui viennent, les derniers du temps ordinaire avant l’arrivée du Carême, dans une semaine.

La gauche et la droite à couteaux tirés pour la présidence d’un club de football [Actu]


Le syndicaliste Hugo Moyano, l’un des ténors de la CGT, le syndicat lié au péronisme historique, un camionneur au verbe haut et très agressif envers la droite, malgré son étrange tentative de rapprochement avec Mauricio Macri qui n’a pas fait long feu dans les premiers mois du mandat présidentiel de celui-ci en 2016, et Patricia Bullrich, l’ancienne ministre de la Sécurité de Macri, haïe par la gauche (et l’adjectif est faible) et elle aussi violente dans ses propos comme dans ses actes politiques, se disputent actuellement la présidence du Club Atlético Independiente, dont les joueurs sont surnommés les Diablos Rojos (les diables rouges), à cause du maillot (rien à voir avec l’équipe nationale belge), l’un des très nombreux clubs professionnels de Buenos Aires, qui jouent à l’ombre des deux géants, Boca Juniors au sud et River Plate au nord.

La lutte de ces deux personnalités hors normes, chacune dans sa catégorie, nous paraît, à nous en Europe, assez surréaliste. Elle n’en montre pas moins à quel point le football est pour la société argentine un lieu où se rencontrent ses grands enjeux, d’une manière symbolique tant qu’on est sur la pelouse.

Ce qui éclaire d’un autre jour la très récente et très décriée nomination de Mauricio Macri à la tête de la Fondation de la FIFA (1), autre singularité assez mystérieuse pour les Européens, où un ancien chef d’État cherche à continuer d’exister à travers ce sport emblématique.

Ceci dit, si Patricia Bullrich se fait élire, son élection va féminiser le monde footeux et sérieusement chahuter le Landerneau du ballon rond.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12 (pas tendre pour l’ancienne ministre, sa bête noire)
lire l’article de Olé, un quotidien sportif, où le vice-président du club, Pablo Moyano, le fils de Hugo, dans le même style que son père, dézingue la candidature de l’ex-ministre dont il doute même qu’elle ait payé sa cotisation, qu’elle soit jamais venu voir un match, qu’elle sache où se trouve le stade du club, tant il est vrai que dans sa carrière politique de parlementaire puis de ministre, elle n’a jamais montré le moindre intérêt public pour le foot.



(1) après que son équipe dirigeante du Boca Juniors ait été remplacée par une autre liste, inscrite nettement plus à gauche. Et n’oublions pas le ministre des sports, au niveau fédéral, qui n’est autre que l’ancien président du San Lorenzo de Almagro, le fameux club dont le Pape François est sociétaire depuis sa jeunesse.

lundi 17 février 2020

Belgrano : trois vies en une, conférence à l’Ambassade argentine à Paris [ici]

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Le jeudi 27 février 2020, à 19 h, à l’Ambassade de la République argentine en France, 6 rue Cimarosa, 75116 Paris (M° Boissière), je présenterai mon nouveau livre, la première biographie de Manuel Belgrano en français : Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, Éditions du Jasmin. Ce sera un exposé d’une heure suivie d’un dialogue avec la salle.
La soirée est co-organisée par l’Ambassade, les Editions du Jasmin, le Souvenir Napoléonien (pour la France) et l’Instituto Nacional Belgraniano (depuis Buenos Aires).
Entrée libre et gratuite.

Manuel Belgrano - L'inventeur de l'Argentine p. 297
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A cette occasion, vente-dédicace de mes livres, en premier lieu, bien entendu, la nouvelle biographie. Les souscripteurs présents à la conférence peuvent d’ores et déjà se manifester auprès des Éditions du Jasmin (1) afin que leur(s) livre(s) leur soi(en)t apportés à l’Ambassade et remis dès qu’ils se feront connaître au Jasmin, qui disposera d’un petit étal dans la salle ou sur le palier du 1er étage.

Pourquoi trois vies en une ? Parce que Manuel Belgrano a été un économiste, un révolutionnaire gouvernant et un général sur le champ de bataille, lui qui n’a vécu que cinquante ans…

Sceau du Consulat  de Commerce de Buenos Aires

C’est Belgrano qui a introduit la pensée économique en Amérique du Sud lorsqu’il a pris la tête effective d’une institution d’Ancien Régime, le Consulat de Commerce (un mélange entre corporation des marchands, chambre et tribunal de commerce).

La Primera Junta, ou premier comité révolutionnaire
dans une représentation datant du Centenaire
(Caras y Caretas, mai 1910)
Au centre, la harangue du président de la Junta, Saavedra, le 25 mai 1810
Belgrano est représenté à gauche, au deuxième niveau,
en dessous de Saavedra, entouré des deux secrétaires de la Junta.
Son portrait est inspiré par celui de Carbonnier, réalisé cinq ans plus tard
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C’est Belgrano qui, très probablement, a conçu idéologiquement puis coordonné la Révolution du 25 mai 1810 qui mit fin à l’Ancien Régime espagnol dans la future Argentine et allait aboutir le 9 juillet 1816 à la déclaration d’indépendance.

Manuel Belgrano - L'inventeur de l'Argentine p. 253
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C’est à ce titre qu’il a été envoyé deux fois en négociateur diplomatique, la première fois en 1811 à Asunción pour pacifier les relations entre le Paraguay en voie d’indépendance autonome et les Provinces-Unies du Río de la Plata et la seconde fois à Londres, en 1815, en plein milieu des Cent-Jours, ce qui empêcha tout aboutissement de quoi que ce soit, l’Europe étant entièrement occupée par ce qu’il se passait en France et soucieuse d’en finir à jamais avec l’aventure napoléonienne.

Ecusson militaire de la victoire de Salta
avec le bonnet phrygien emprunté à la Révolution Française
document diffusé par l'INB
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Vous pourrez ainsi admirer le travail d'aiguille !

C’est enfin à Belgrano que l’on doit l’actuelle définition territoriale de la République Argentine dans le nord-ouest : ses actions militaires ont en effet sanctuarisé ce qui était alors les provinces de Tucumán et Salta (2). Cette campagne dite du Haut-Pérou présente une triade d’exploits stratégiques : ce qu’on appelle Exodo Jujeño en août et septembre 1812 lorsque Belgrano fit évacuer la ville de Jujuy pour retarder la progression de l’armée coloniale qui descendait des hauteurs boliviennes, la victoire de Tucumán, le 24 septembre 1812, lorsqu’il retourna la situation à l’avantage des patriotes et enfin celle de Salta, le 20 février 1813, victoire dont l’anniversaire sera célébré jeudi prochain, à Salta et à Buenos Aires (3).
Auparavant, le 27 février 1812, Manuel Belgrano, général révolutionnaire, avait posé un acte politique et tactique de première importance dont je vous ai déjà parlé dans mon article du 13 février dernier : il avait donné au futur État indépendant ses couleurs nationales afin que les patriotes puissent se reconnaître et se rassembler sur le champ de bataille comme à l’exercice et en ville (4). C’est pourquoi, en Argentine, Belgrano est surnommé le créateur du drapeau…

Courrier de Manuel Belgrano du 27 février 1812
où il rend compte au gouvernement de la création d'un drapeau national
Ce texte fondateur est repris dans Manuel Belgrano - L'inventeur de l'Argentine
dans les deux langues, en français et en espagnol

Dans le cadre de l’Année du Général Manuel Belgrano, décrétée par le président Alberto Fernández le 2 janvier dernier, comme je vous l’ai conté dans mon article du lendemain, l’Ambassadeur Mario Veron Guerra ouvre les portes de l’ambassade à l’auteure de ces lignes et à Christian Bourdeille, président du Souvenir Napoléonien, société française d’histoire des deux Empires, déclarée d’utilité publique, qui rend hommage à un contemporain exact de Napoléon en cette année qui est aussi un centenaire en France (5).

Manuel Belgrano - L'inventeur de l'Argentine p. 219
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Jusqu’au 27 février, les Éditions du Jasmin vous proposent le livre à un prix réduit grâce à la souscription en cours : 20 € au lieu de 24,90 (prix unique du livre, loi Lang). Sous ce lien, téléchargez le bon de souscription.

Itinéraire du général Belgrano dans la campagne de 1812-1814
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L’ouvrage comporte 330 pages, format 16x24 cm, illustrations noir et blanc d’après des aquarelles, estampes et plans anciens. Les citations y sont présentées en français dans le cœur du texte et dans leur langue originale (espagnol ou anglais) dans les notes en bas de page.
La première de couverture reprend un portrait de Manuel Belgrano datant de 1815, par un peintre français récemment réfugié à Londres, Casimir Carbonnier (voir mon article du 28 janvier sur l’iconographie belgranienne, en grande partie d’origine française).

Vue de Buenos Aires depuis le Río de la Plata en 1794
quand Belgrano rentre d'Espagne
par Fernando Brambila (expédition autour du monde d'Alessandro Malaspina)

Sur ce nouveau livre, vous trouverez d’autres articles sur mon site Internet et l’ensemble de mes activités sur ma page Facebook.

Autre vue de Buenos Aires en 1794 par Fernando Brambila
Les petites maisons que l'on voit sur la gauche, c'est le futur quartier de San Telmo
Ces deux vues sont les premières représentations réalistes et à l'échelle de la ville

Pour aller plus loin et en savoir plus sur les institutions organisatrices :
consulter le site Internet du Souvenir Napoléonien et sa page Facebook (siège social à Paris)
consulter le site Internet de l’Instituto Nacional Belgraniano et sa page Facebook (siège social à Buenos Aires)



(1) saad.bouri#wanadoo.fr ou téléphone 01 41 27 04 48.
(2) Aujourd’hui,  cette région rassemble les provinces de Tucumán, Salta, Jujuy, Catamarca et Santiago del Estero, qui forment le nord-ouest argentin. C’est le pays des empanadas (chaussons chauds à la viande ou au maïs), de la mazamora (dessert à base de maïs blanc), de la chacarera (musique, chanson et danse) et du patrimoine amérindien et colonial, surtout religieux dans ce dernier cas, qui a échappé aux destructions postérieures à l’indépendance.
(3) A Salta, ce jour ressemble aux fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans. A Buenos Aires, il y aura une cérémonie organisée par l’Instituto Nacional Belgraniano dans le salon d’honneur de la caserne du 1er régiment d’Infanterie des « Patricios », à Palermo.
(4) Pour permettre la compréhension des campagnes et des déplacements très nombreux de Belgrano sur le continent sud-américain, une carte du vice-royaume du Río de la Plata est consultable en page 6 de la biographie.
(5) Celui du centenaire de la mort de l’impératrice Eugénie.

samedi 15 février 2020

Un nouveau dinosaure argentin : carnivore et petit [Actu]

Infographie Clarín

Dans le riche sous-sol argentin, les paléontologues ne cessent de faire des découvertes : dans la province de Río Negro, près de Villa El Chocón, qui possède un gisement des plus riches, une équipe du CONICET et du Musée Argentin de Sciences Naturelles vient de mettre à jour quelques restes fossilisés d’un petit dinosaure resté inconnu jusque là.

L’adorable bêbête, baptisée Tralkasaurus cuyi, vivait en Patagonie il y a 90 millions d’années et mesurait environ quatre mètres seulement. C’était un carnivore qui se nourrissait de lézards et d’autres tout petits dinosaures herbivores.

On en a retrouvé des fragments de crâne, une mâchoire inférieure avec quelques dents, quelques côtes, un fragment de hanche et une partie de la queue.

La découverte vient de faire l’objet d’une publication en anglais dans la revue internationale, Journal of South American Earth Sciences.

Pour aller plus loin :
consulter gratuitement le résumé de l’article scientifique, dont l’accès au texte complet est payant.

vendredi 14 février 2020

Ma conférence sur San Martín : deux comptes-rendus qui m’honorent [ici]

Au début de ma conférence dans la salle du Conseil
de la Mairie du 9e arrondissement de Paris

L’Ambassade d’Argentine en France me fait l’honneur d’un compte-rendu très flatteur sur sa page Facebook à la suite de la conférence que j’ai donnée le vendredi 7 février dernier à la Mairie du 9e arrondissement de Paris, à l’invitation de la Société d’étude du Patrimoine et de l’Histoire de cet arrondissement où José de San Martín a vécu de mars 1831 à février 1848, dans la rue Saint-Georges (près de l’actuelle station de métro homonyme), dans un quartier que le préfet Rambuteau venait de faire sortir de terre.

En voici le texte, publié par l’Ambassade sur Facebook dans les deux langues :

DON JOSÉ DE SAN MARTÍN: LIBERTADOR DE AMÉRICA LATINA Y RESIDENTE EN PARÍS
EN ESPAÑOL:
El pasado viernes 7 de febrero, la investigadora francesa y especialista en historia argentina, Denise Anne Clavilier, brindó una conferencia intitulada "San Martin, Libertador de América del Sur y parisino de adopción", en la que realizó un recorrido histórico por los años del General San Martín en la capital francesa, durante las décadas de 1830 y 1840.
La conferencia tuvo lugar en la Mairie del 9ème arrondissement, que antiguamente era la residencia de Alejandro María Aguado, amigo íntimo de San Martín durante su estadía en Francia, y brindó detalles sobre los varios años en los que el Libertador vivió tanto en el barrio 9 de París como en las afueras de la ciudad, episodios de su vida que a menudo la historiografía oficial deja de lado, concentrándose en sus últimos tiempos en Boulogne-Sur-Mer.
José de San Martín, quien hablaba varios idiomas a la perfección, se desenvolvió en Francia con total naturalidad y mismo escolarizó a su hija Mercedes en instituciones francesas. Fue en Paris, incluso, que vivieron su hija y su yerno, Mariano Balcarce, uno de los primeros representantes de la República Argentina ante Francia y otras potencias europeas.
Próximamente, la Sra. Clavilier realizará la presentación de otro libro sobre Manuel Belgrano en la Embajada.
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EN FRANÇAIS:
Vendredi dernier, le 7 février, Denise Anne Clavilier, spécialiste française en histoire argentine, a donné une conférence intitulée "San Martin, Liberateur d'Amérique du Sud et parisien d'adoption", au cours de laquelle elle a fait une tournée historique à travers les années du Général San Martín à Paris, dans les années 1830 et 1840.
La conférence a eu lieu à la Mairie du 9ème arrondissement, qui était autrefois la résidence d'Alejandro María Aguado, ami intime de Saint Martin pendant son séjour en France, et elle a donné des détails sur la vie du Libérateur dans le 9e arrondissement de Paris et aux alentours de la ville, épisodes de sa vie souvent négligés par l'historiographie officielle, en se concentrant sur ses derniers jours à Boulogne-Sur- Mer.
José de San Martín, qui parlait plusieurs langues à la perfection, s'est développé en France avec de la naturalité et a également enseigné sa fille Mercedes dans des institutions françaises. C'est même à Paris que sa fille et son gendre, Mariano Balcarce, l'un des premiers représentants de la République Argentine devant la France et d'autres puissances européennes, se sont installés.
Bientôt, Mme Clavilier présentera un autre livre sur Manuel Belgrano à l'Ambassade.

Copie d'écran de la page Facebook
de l'Ambassade argentine en France
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* * *
La Société d’études du Patrimoine et de l’Histoire du 9e arrondissement a également publié sur son site Internet un compte-rendu de la même conférence mais celui-ci n’est qu’en français ! Il n’en mérite pas moins mes remerciements les plus chaleureux.

Suite de la conférence
avec la projection d'une photo de la place San Martín à Buenos Aires
un jour consacré au souvenir du général

L’inflation ralentirait-elle déjà ? [Actu]

Le gros titre porte sur le scandale des autoroutes de la SOCMA
le groupe financier de la famille Macri,
sur lequel la justice enquête actuellement
L'information concernant l'inflation se trouve dans la colonne de gauche

Hier, l’INDEC, l’institut national de statistiques, a publié un chiffre encourageant concernant l’inflation en Argentine : en moyenne sur le mois de janvier, celle-ci s’élèverait à 2,3 %, ce qui représente le taux le plus bas depuis le mois de juillet dernier. C’est une très bonne nouvelle pour la reprise de la consommation dans le pays. La seule ombre à ce premier chiffre de la présidence de Alberto Fernández est que l’inflation qui s’applique à l’alimentation de base reste très élevée, à deux fois plus que la moyenne globale : 4,7 %. Et les produits dont le prix ont le plus augmenté sont le sucre (14,7%), la viande hachée (13,4%) et la pomme de terre (13,2%), trois ingrédients dont il est difficile de se passer dans la vie de tous les jours.

La Nación traite l'information en haut de la colonne de droite

Est-ce un effet de la politique de soutien de la demande mise en place par l’actuel gouvernement dès son arrivée aux affaires ? Il est bien entend trop tôt pour tirer la moindre conclusion. D’autant que ce bon résultat va déclencher une vague de soupçon sur la sincérité des chiffres officiels, l’INDEC étant toujours soupçonné d’être à la solde du pouvoir dès que celui-ci est aux mains des gens de gauche.

Clarín fait la même chose que La Nación
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Pour aller plus loin :
lire le premier article de Clarín qui insiste sur l’augmentation des produits alimentaires
lire le second article de Clarín qui reprend la moyenne plus favorable au gouvernement et que la rédaction a mis en une de l’édition du jour
lire l’article de La Nación, qui reproduit d’intéressantes courbes.

Dédicace au salon du livre de Verrières-le-Buisson [ici]


Le dimanche 29 mars 2020, je serai au salon du livre de Verrières-le-Buisson (91), en région parisienne, pour y dédicacer mes ouvrages sur la culture et l’histoire argentine et partager avec qui le souhaite un bon maté venu directement du Litoral argentin (provinces de Corrientes et Misiones).

L’accent sera mis sur Contes animaliers d’Argentine, sorti en 2015, et sur Manuel Belgrano, l’inventeur de l’Argentine, qui sortira le 27 février, jour de sa présentation à l’ambassade argentine auprès de la France (1). Tous les autres livres seront exposés : ceux sur San Martín et ceux sur le tango. En attendant les autres, dont j’ai déjà quelques éléments en préparation.

Venez me retrouver, avec quelques autres auteurs, sur le stand des Editions du Jasmin, Club 21 – Espace Bernard Mantienne, 3 Voie de l'Aulne à Verrières-le-Buisson (91370).

L’entrée est gratuite pour les moins de 3 ans.
Le billet, valable pour les deux jours, est à 1 € pour les enfants de 3 à 12 ans et de 2 € pour tous les autres.

Pour en savoir plus :
consulter le site de la manifestation.





(1) Avant cette date, le livre est en souscription auprès de l'éditeur, à un prix réduit (20 € au lieu de 24,90 à compter de sa sortie en librairie). Pour en savoir plus, voir mon article du 16 janvier 2020.

jeudi 13 février 2020

Manuel Belgrano et la création des couleurs nationales [Disques & Livres]

Les deux formes de la cocarde nationale argentine :
le modèle suggéré par Belgrano en 1812
la cocarde telle qu'elle est portée de nos jours lors des grandes fêtes
Document Instituto Nacional Belgraniano
diffusé tôt ce matin par Carlos Marturet
(logo en bas de cet article)

Aujourd’hui, 13 février, l’Argentine fait mémoire de la création de ses couleurs nationales en 1812 par Manuel Belgrano, alors colonel du régiment d’infanterie des Patricios et établi à Rosario où il devait mettre en place, sur une île du Río Paraná, une batterie d’artillerie pour protéger ces rivages des incursions absolutistes en provenance de Montevideo.

On est en plein été austral et Manuel Belgrano fait face à une grave difficulté militaire pour son époque : comment assurer de manière efficace les communications tactiques pendant les engagements et distinguer le compagnon d’armes révolutionnaire de l’ennemi contre-révolutionnaire si tout le monde arbore les couleurs rouge et or de l’Espagne de Fernando VII, le roi captif de Napoléon ? C’est impossible. Pour éviter ce danger, il imagine donc de donner aux Provinces-Unies du Río de la Plata des « couleurs nationales » alors même que le gouvernement révolutionnaire se réclame de l’unité avec l’authentique Espagne patriote (celle qui résiste encore et toujours à Napoléon). Depuis juin 1806, circule à Buenos Aires et ailleurs une petite cocarde qui allie les deux couleurs qui symbolisent l’Immaculée Conception, la Vierge vénérée à Luján depuis 1630, et que le roi Carlos III, mort en 1788, avait choisies pour le ruban d’une prestigieuse décoration accordée à tous les vice-rois (entre autres récipiendaires) : le blanc et le bleu-ciel. Depuis 1807, ces deux couleurs sont arborées par les secteurs les plus radicaux et les plus populaires de la Révolution du Mai 1810. Manuel Belgrano s’en empare et, le 13 février 1812, depuis Rosario, il envoie au gouvernement de Buenos Aires un court billet où il suggère la création d’une cocarde officielle que les militaires accrocheront à leur uniforme pour se reconnaître. Le 18 février, le gouvernement lui répond qu’il accepte l’idée et qu’il la diffuse sur l’ensemble du territoire, où elle sera diversement interprétée (certains l’adopteront avec enthousiasme, d’autres seront beaucoup plus circonspects, comme on pourra le voir dans les documents que je cite dans Manuel Belgrano, l’inventeur de l’Argentine).

Détail du portrait de Belgrano par Casimir Carbonnier
Voir mon article sur l'iconographie belgranienne du 28 janvier

Une fois la cocarde adoptée, Belgrano fait un pas de plus : il prend avantage de la distance physique qui sépare le village de Rosario de la capitale. Il demande secrètement à une femme de Rosario de lui confectionner un grand drapeau avec les deux couleurs de la cocarde. Le 27 février, lorsqu’il installera la batterie, qu’il baptise Batería de la Independencia, il le présentera comme le « drapeau national ».
A ce stade, il ne ressemble pas encore à l’actuel drapeau argentin : selon ce que l’on peut voir sur le portrait de Belgrano en pied peint à Londres par Casimir Carbonnier, il se compose d’une pièce de tissu blanc accolée à une autre, de taille et de forme identique mais de couleur bleu ciel. Et ce drapeau se verra interdit par le gouvernement… le 3 mars. Mais Belgrano avait déjà quitté Rosario pour rejoindre son nouveau poste comme général en chef de l’armée du Haut-Pérou. Malgré l’interdiction du gouvernement, qui ne comprend rien aux besoins militaires, Belgrano continue d’utiliser « son » drapeau au cours de sa première grande campagne de 1812-1814, à Jujuy, Tucumán puis Salta, et au début de 1814, il le remet à son successeur, José de San Martín, qui s’en inspirera pour concevoir le drapeau de l’Armée des Andes qui libéra le Chili en février 1817.


Ce drapeau n’a toujours pas d’existence légale lorsque Belgrano se trouve à Londres où il le fait représenter dans un coin de la scène de bataille qui illustre son portrait en pied. Et à son retour en Argentine, en 1816, il insiste auprès du congrès constituant, le Congrès de Tucumán, pour le faire adopter comme drapeau national. Il obtient gain de cause quelques jours après la déclaration d’indépendance en juillet 1816. Mais ce n’est encore qu’une oriflamme purement militaire. Et en 1818, le congrès, qui s’est désormais installé à Buenos Aires, institue le drapeau que nous connaissons aujourd’hui : deux bandes ciel entourant une bande blanche, au milieu de laquelle rayonne un soleil incaïque, symbole des peuples aborigènes.

* * *
1ère et 4e de couverture définitives
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Manuel Belgrano, l’inventeur de l’Argentine paraîtra le 27 février.
Le livre sera présenté le soir même à l’Ambassade de la République argentine à Paris.
Jusqu’à cette date, l’ouvrage est en souscription chez l’éditeur, les Editions du Jasmin (Clichy, 92, France) à prix réduit (20 € au lieu de 24,90, prix public en librairie).
Pour télécharger le bon de souscription, cliquez sur le lien.
Pour en savoir plus sur le contenu du livre, cliquer sur Belgrano Jasmin dans le pavé Pour chercher, para buscar, to search, en haut de cet article, ou aller sur mon site Web sur les pages consacrées à cette biographie.
Pour en savoir plus en général sur le personnage historique, cliquez sur le mot-clé Manuel Belgrano.
D'autres articles sur mon site Internet en cliquant sur le lien.


Manuel Belgrano, l'inventeur de l'Argentine
table des matières
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Técnopolis rouvre ses portes samedi [à l’affiche]


Le gouvernement argentin relance ce week-end le parc thématique Técnopolis créé sous le mandat de Cristina Kirchner et dénaturé puis laissé en déshérence par le gouvernement de Mauricio Macri.


Entrée du parc (photo Tomás Cuesta)
à gauche, le dino et à droite, le héros (San Martín)
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Ce parc, qui se situe de l’autre côté de l’autoroute General Paz, qui fait fonction de limite entre la capitale fédérale et sa banlieue ouest, présente aux petits et aux grands les disciplines scientifiques et les innovations technologiques. Il a pour objectif de vulgariser ces matières techniques et de faire naître des vocations de chercheurs et d’ingénieurs dans des domaines de pointe.


La même entrée, vue de côté (photo Tomás Cuesta)
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Hier, Página/12, journal favorable à l’actuelle majorité, était le seul à parler dans ses colonnes de cette bonne nouvelle pour le futur du pays.

Ajout du 15 février 2020 :
lire cet article de La Nación

Ajout du 16 février 2020 :
lire cet article de Página/12 sur la fête d'inauguration de la nouvelle saison

Dédicace au salon du livre de Saint-Germain-lès-Arpajon [ici]


Les 7 et 8 mars 2020, je serai au salon du livre de Saint-Germain-les-Arpajon (91), en région parisienne, pour y dédicacer mes ouvrages sur la culture et l’histoire argentine et partager avec qui le souhaite un bon maté venu directement du Litoral argentin (provinces de Corrientes et Misiones).

L’accent sera mis sur Contes animaliers d’Argentine, sorti en 2015, et sur Manuel Belgrano, l’inventeur de l’Argentine, qui sortira le 27 février, jour de sa présentation à l’ambassade, à Paris. Tous les autres livres seront exposés : ceux sur San Martín et ceux sur le tango. En attendant les autres, dont j’ai déjà quelques éléments en préparation.

Venez me retrouver, avec quelques autres auteurs, sur le stand des Editions du Jasmin, Salle Olympe de Gouges, comme l’année dernière à la même époque.

mardi 11 février 2020

Le paquet est mis sur la recherche et les PME [Actu]

En gros titre : "La théorie du Big Bang"
Dans la manchette au-dessus, un fait divers sordide
qui relance en Argentine la lutte contre la violence machiste

Le gouvernement argentin veut relancer l’économie du pays. Il a donc décidé de relancer deux secteurs que la politique de Mauricio Macri a sinistrés : la recherche scientifique et technologique, qui a vu une nouvelle fuite des cerveaux à l’étranger, et les petites et moyennes entreprises (pymes en espagnol), dont un grand nombre a dû mettre la clé sous la porte pendant le mandat précédent, ce qui n’a pas fait que rétrécir encore la demande et donc précipité la crise économique dans laquelle se débattent les Argentins depuis deux années.

Le gouvernement va augmenter les revenus des chercheurs et des techniciens du CONICET (le centre national de recherche et de technologie) et fait débloquer par le Banco Nación (1) des crédits de 5 millions de pesos maximum, à des taux réduits (entre 27,9 et 29,5 % l’an, l’inflation s’élevant à près de 54 % annuels).

Du côté agricole, l’INTA va à nouveau soutenir l’agriculture à petite échelle, les exploitations familiales, celles qui souvent se distinguent par la recherche de l’originalité, du terroir et du bio.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 sur les mesures en faveur des chercheurs et des techniciens
lire l’article de Página/12 sur les crédits ouverts aux PME par Banco Nación
lire l’article de Página/12 sur l’INTA à travers l’interview de sa toute nouvelle présidente
lire l’article de La Prensa sur les crédits du Banco Nación
lire l’article de La Nación sur les crédits aux PME



(1) L'Argentine dispose de deux banques d'Etat : la banque centrale (BCRA) qui s’occupe de la devise nationale et des réserves et la banque de la Nation (Banco Nación), qui exerce les métiers commerciaux et soutient les opérations lancées par le gouvernement.

Feu Bonadio débouté en Cassation [Actu]

Cristina Kirchner à La Havane.
Gros succès pour son livre politique de campagne électorale
où elle dénonce la persécution judiciaire

C’était à prévoir : la Cour de Cassation vient de donner raison à la défense de Cristina Kirchner, ancienne présidente et actuellement vice-présidente, donc à la tête du Sénat, qui avait fait appel sur la demande du juge d’instruction Claudio Bonadio, soudainement disparu la semaine dernière, d’une mise sous écrou à titre préventif dans une affaire assez obscure appelée « affaire des carnets » (1). La vice-présidence cesse donc de voir peser sur elle la menace de la prison mais elle reste inculpée dans ce dossier.

L'affaire est traitée dans la colonne de droite
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cet arrêt de la Cour de Cassation, qui intervient après le changement de majorité et de surcroît après la mort d’un juge d’instruction contesté, ne permettra pas de lever les doutes que les adversaires politiques de Cristina souhaitent entretenir sur sa probité.

L'info est traitée en colonne de droite
La photo de une est consacrée à un fait divers sordide
qui secoue l'Argentine depuis une dizaine de jours

Pendant ce temps-là, Cristina Kirchner est à Cuba, invitée à la Feria del Libro de La Havane. Elle en profite pour voir sa fille, en traitement dans un centre hospitalier de l’île caribéenne.

A chacun de se faire sa religion sur la question.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 (le seul favorable à Cristina)



(1) Il s’agit de carnets dont on ne dispose que de photocopies et dans lesquels un chauffeur de taxi aurait consigné tous les pots-de-vin qu’un proche de Cristina Kirchner aurait versés pendant toute la durée des mandats des époux Néstor et Cristina. Il en aurait eu connaissance parce qu’il véhiculait le bonhomme en question. Ce qui est assez bizarre : pourquoi ce politicien corrompu se serait-il épanché auprès de qui que ce soit ? Du côté de la défense, on laisse entendre qu’il s’agit d’une machination.

Dédicace à Lirenval le samedi 28 mars [ici]


Le samedi 28 mars 2020, de 10h à 18h, je serai sur le stand des Éditions du Jasmin pour dédicacer mes ouvrages sur la culture et l’histoire de l’Argentine, à l’intention des enfants et des adultes.

La sortie de Manuel Belgrano, L’inventeur de l’Argentine correspond au thème de cette année, les temps forts, qui marque la 20e édition de cette manifestation.

Entrée libre et gratuite à l’Espace Fernand Léger, Chemin des Regains, 78460 Chevreuse.

Dégustation de mate argentin sur le stand, comme d’habitude.

Le lendemain, je dédicacera sur le salon de Verrières-le-Buisson, dans l’Essonne. Avec du mate, là encore.

Pour en savoir plus :

lundi 10 février 2020

Jairo au Colón samedi prochain [à l’affiche]


« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître »…
Jairo est un peu oublié par chez nous. Pourtant, pendant la dernière dictature militaire en Argentine (1976-1983), il a illuminé de son sourire éclatant et de son timbre de crooner argentin avec un accent qui faisait craquer bien des admiratrices les grandes émissions de variétés de la télévision publique française (il n’en existait pas d’autres d’ailleurs, sur le sol national).

De retour en Argentine, il a connu une belle carrière de chanteur multi-genre : il a chanté du tango, du folklore, un peu de rock lent et pas mal de variété. Une très belle carrière même. La voix n’a pas changé mais il chante surtout en espagnol.

Samedi 15 février, à 19h30, il va fêter ses cinquante ans de carrière, comptés depuis la sortie de son premier disque, au Teatro Colón, l’opéra de Buenos Aires, qui de temps à autre offre sa scène centenaire aux grands artistes des genres populaires et où il a déjà chanté, notamment il y a deux ans pour chanter du Piazzolla. Bref, c’est la consécration au sein du festival d’été Baires 2020.


Il sera accompagné par ses propres musiciens, l’orchestre symphonique du théâtre et deux invités, le percussionniste Mínimo Garay, originaire de Córdoba comme lui et toujours résident en France, le guitariste de folklore, Juan Falú, un des référents de la musique de la ruralité argentine.

Les places sont réparties en deux catégories : 550 $ ARG et 2.200 $ ARG.

Pour en savoir plus :