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"La Hongrie a toujours été proche [de nous], dit le gros titre de l'édition locale de Página/12 (à La Plata, capitale de la Province de Buenos Aires) sur cette photo de Mileí avec Orban le 21 mars à Budapest Ce titre cite un des messages officiels de félicitation à Peter Magyar Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Hier, Victor Orban a été balayé
par les électeurs hongrois, malgré le soutien appuyé de plusieurs
tenants de régimes autoritaires qui n’ont pas hésité à envoyer
leurs plus prestigieuses figures faire de l’ingérence à Budapest
dans la campagne électorale.
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L'info est annoncé dans l'encadré rouge de droite Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
La semaine dernière, J. D.
Vance, vice-président des États-Unis,
participait à un meeting électoral où il a eu l’audace de
soutenir cette proposition absurde : il faut mettre un terme à
l’ingérence illégitime de l’Union européenne dans les affaires
de la Hongrie, alors que ce pays est précisément membre de la dite
Union et doit donc se conformer à ses règles établies et librement
consenties par chaque État
membre, tandis qu’il ne fait pas partie de l’État fédéral dont
provenait ce jeune et ridicule orateur barbu, si imbu de sa personne,
qui n’a de cesse de nous insulter.
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Clarín a accordé sa photo de Une à Peter Magyar lors de l'annonce de sa victoire hier soir Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Le 21 mars, c’est Javier Mileí
qui était venu soutenir son pote hongrois, l’un des rares
dirigeants européens présents à sa prestation de serment (1)
en décembre 2023.
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Sondage publié par Página/12 aujourd'hui (cohérent avec les sondages publiés par d'autres médias) Question : Voteriez-vous pour réélire Javier Milei ? |
Sans parler de Poutine, qui en a
fait de tonnes en pure perte, ni des représentants de
l’extrême-droite qui sont dans l’opposition en Europe.
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Les raisons du vote : la situation économique arrive en premier à 47,7% Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution |
Autrement dit, la cuisante
défaite de Victor Orban et les scènes de jeunesse en liesse sur la
rive du Danube, rappelant la place de la Bastille le 10 mai 1981,
apparaissent comme la promesse d’un retour aux principes de la
démocratie et de l’État de droit autant aux États-Unis
qui préparent leurs élections de mi-mandat, qu’en Argentine, où
seule l’ingérence ouverte et menaçante de Donald Trump a pu
renforcer la position politique de Milei l’année dernière en
Argentine.
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"Soulagement en Europe : l'opposant hongrois Magyar écrase le scrutin et Orban quitte le pouvoir au bout de 16 ans", dit le titre secondaire sous la photo des deux hommes Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
L’état déplorable dans lequel
la politique libertarienne de ce fou, corrompu jusqu’à la moelle,
a jeté le pays fait que ce matin, en dépit de la distance
géographique, historique et culturelle entre l’Amérique du Sud et
l’Europe centrale, c’est un certain soulagement qui s’exprime
jusque dans la presse de droite (après tout, le nouveau Premier
ministre hongrois s’annonce comme un conservateur classique) :
le cauchemar antidémocratique peut prendre fin, surtout avec la
politique, ouvertement insensée et incohérente, de Trump qui vient
de subir un indéniable revers militaire et diplomatique puisqu’il
n’a pas fait plier l’Iran, même s’il prétend le contraire (ce
qui n’était pas encore le cas en octobre dernier, lors des
élections de mi-mandat argentines). En Argentine, ce Waterloo
électoral en Hongrie s’affiche donc sur toutes les Unes.
Et les sondages démontrent la
nette dégradation de l’image de Milei dans la population. Deux
tiers des Argentins disent qu’ils ne voteront pas pour lui et la
raison majeure avancée est la situation économique du pays, auquel
Milei avait pourtant promis monts et merveilles grâce à ses
dérégulations à tout-va. Comme dans le cas d’Orban, cette
politique autoritaire conduit le pays à la ruine.
© Denise Anne Clavilier
Pour aller plus loin :
(1) Milei avait aussi invité
Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien avait profité de cette
occasion, rare pour lui, pour s’entretenir avec les autres chefs
d’État du sous-continent et pour créer un précédent (c’était
en effet la première fois qu’un président ukrainien posait le
pied sur le sol argentin et même sud-américain). Depuis ce 10
décembre 2023, Zelensky a pris discrètement et astucieusement ses
distances avec le président argentin, lequel a de son côté
démontré au-delà du doute raisonnable qu’il n’avait en fait
jamais eu la moindre intention de tenir ses promesses insincères de soutenir
l’Ukraine dans son combat contre l’envahisseur russe. Le temps a
en effet révélé que ces promesses n’avaient eu pour seul
objectif que de démarquer sa candidature de la diplomatie timorée
et ambiguë de son prédécesseur, Alberto Fernández, toujours resté
en bons termes avec Vladimir Poutine, dans l’illusion difficilement
compréhensible que la Russie était un champion de
l’anti-impérialisme, ce qui est le comble du contresens
géopolitique. Quant à l’invitation faite à Zelensky d’assister
à son investiture, elle semble ne lui avoir servi qu’à faire
mettre en Une de la presse des pays démocratique sa prestation de
serment qui, sans cette figure prestigieuse et appréciée dans nos
pays, n’aurait été traitée que par la presse des pays voisins
dont il s’est ensuite désolidarisé dans les semaines qui ont
suivi Avec la présence de Zelensky à son discours inaugural, Mileí
a réussi une entrée fracassante dans la conscience politique des
opinions publiques de pays dont il espérait se rapprocher – et qui
l’ont à présent en horreur : les États-Unis,
alors sous administration démocrate, la Grande-Bretagne alors sous
gouvernement conservateur, l’Allemagne (pour son industrie et son
ample marché), l’Italie, pour les beaux yeux de Georgina Meloni,
la Hongrie (pour ceux de Victor Orban), et peut-être aussi les
Pays-Bas mais, dans ce cas, uniquement pour la reine Máxima,
d’origine argentine.