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"Très vite pour les mandats", dit le gros titre en jouant sur le nom d'une des principales plateformes de livraison, Rappi, sur ce montage de Adormi sur une motocyclette Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
La presse, en l’occurrence
Página/12,
continue le travail d’enquête sur le patrimoine et les revenus du
Premier ministre argentin, Manuel Adorni, qui doit demain répondre
aux questions de la Chambre alors que l’opposition (majoritaire en
sièges mais désunie, ne l’oublions jamais) aimerait bien
l’interroger sur les manquements à la probité révélés par les
journaux et qui ont conduit un procureur à se saisir des faits et à
entamer une instruction le concernant.
Le président Javier Milei a déjà
annoncé sa présence dans les tribunes pour soutenir son favori
tandis que Karina, sa sœur et Première dame, multiplie les gestes
de soutien, se faisant photographier aux côtés du suspect ou
l’invitant à sa table dans les dîners en ville.
Or ce matin, Página/12
sort une affaire encore plus lamentable et, pourquoi ne pas le dire,
encore plus grotesque que celle des biens immobiliers non déclarés,
acquis grâce à des emprunts au noir faits auprès de particuliers,
qui plus est peu fortunés, plutôt qu’à l’aide de prêts
bancaires normaux, sans doute parce qu’ils ont le malheur de
laisser des traces comptables. Cette fois-ci, le journal a découvert
qu’avant d’entrer au gouvernement à l’investiture de Milei,
alors que Adorni était toute la semaine sur le plateau de la chaîne
La Nación + (du groupe La Nación), où il gagnait grassement sa vie
comme animateur de talk-show, le futur Premier ministre s’était
déclaré auprès des autorités fiscales comme autoentrepreneur en
sa qualité de livreur à vélo d’une société fantôme dont les
deux fondateurs, l’un paraguayen, l’autre péruvien, croupissent
actuellement en prison pour trafic de drogue.
Attendez ! Ce n’est pas
tout. Il y a mieux encore…
Comme travailleur de plateforme,
Adorni a adhéré à un syndicat spécialisé, dont il a réussi à
devenir le secrétaire-général adjoint. La société fantôme, qui
est une coquille vide, sans aucune activité économique réelle,
semble n’avoir été fondée, en 2018, que pour permettre à Adorni
de se prévaloir d’un travail (fantôme lui aussi) lui permettant
d’adhérer à ce syndicat. Or, il y a quelques semaines, le
gouvernement a fait passer une réforme très régressive du code du
Travail, réforme qui a retiré à ces livreurs ultra-précaires,
pour ne pas dire réduits en servitude, le peu de droits sociaux
qu’ils avaient. Étonnant,non ?
Qui plus est, ce gouvernement prône une politique assez peu
accueillante vis-à-vis des travailleurs immigrés...
Or ce n’est pas la première
fois que des proches de Milei sont associés à des trafiquants de
drogue. Mais tout ça en même sur un seul bonhomme, on n’avait
encore jamais vu !
Demain, devant les députés,
Adorni aurait l’intention, comme l’a fait en son temps Jérôme
Cahuzac à Paris, de ne répondre à aucune question, en prétendant
que toutes les informations relèvent du secret de l’instruction et
qu’il réserve ses réponses au juge…
© Denise Anne Clavilier
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