mardi 20 octobre 2026

Milei se prend les pieds dans son propre tapis [Actu]

"Dormir avec l'ennemi", dit le gros titre
Cette image des deux hommes dans le même lit
fait allusion à une expression idiomatique argentine.
Lorsque le gouvernement se soumet aux Etats-Unis,
on parle de "relaciones carnales" (relations charnelles)
pour assimiler cette soumission au péché et à la prostitution
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Il y a quelques semaines, pour s’opposer au nouveau Premier ministre britannique qu’il ne peut pas plus voir en peinture que son prédécesseur, Donald Trump a menacé de retirer à la Grande-Bretagne le traditionnel et discret appui de la supposée neutralité des États-Unis sur la souveraineté des Malouines. Le président argentin a aussitôt saisi l’occasion pour s’emparer d’une thématique très populaire dans son pays : le fait que l’archipel fait partie de jure du territoire national au terme de la Constitution de 1853, remaniée depuis sur un grand nombre de points mais jamais, au grand jamais, sur celui-là. Retournant sa veste avec l’élégante discrétion d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, l’inénarrable homme à la tronçonneuse a adopté du jour au lendemain le discours traditionnel et constitutionnel de tous les présidents argentins et, à la tribune des Nations-Unies, il est allé clamer que Las Malvinas son argentinas, une revendication mise en avant quelques semaines auparavant par la sélection nationale juste après la victoire sur l’Angleterre en demi-finale de la coupe du Monde de football, et que Javier Milei avait alors publiquement désapprouvée, au plus grand scandale de la population, tous courants politiques confondus.

En gros titre, au-dessus de la photo sur les saccages
en France : "Les Etats-Unis exigent que la loi des Malouines
n'affecte pas leurs entreprises"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

En effet, l’archipel, « découvert » par un explorateur malouin, a été offert par Louis XV à son cousin espagnol, le roi Carlos III, qui en a confié la garde au gouverneur de la province de Buenos Aires, lui-même placé sous l’autorité directe du vice-roi du Pérou, installé à Lima. Plus tard, au premier frémissement de la guerre d’indépendance des États-Unis, la division de cet ingouvernable et gigantesque ensemble colonial donna naissance au vice-royaume de La Plata, avec pour capitale la « bonne ville de Buenos Aires ». Le roi d’Espagne entendait ainsi profiter des difficultés de Londres dans ses colonies pour installer un pouvoir militaire plus fort et plus efficace en face du Brésil, alors bastion de l’Angleterre en Amérique du sud puisque la « Perfide Albion » avait complètement vassalisé le Portugal et son empire, s’en rendant maîtresse de fait.

Lorsque, sous le nom de Provinces Unies du Río de la Plata, le vice-royaume de La Plata déclare à son tour, en 1816, son indépendance vis-à-vis de l’Espagne, les Malouines, Malvinas en espagnol, font partie du territoire du nouvel État indépendant que le parlement de Londres va reconnaître au printemps 1824, avec échange de diplomates à la clé peu de temps après. Aussi lorsqu’en janvier 1833, sans déclaration de guerre, une escadre de la Royal Navy se présente devant l’archipel et canonne les îles, protégées par une minuscule garnison d’infanterie dont les missions sont de maintenir l’ordre et d’aider les navires (de tout pavillon) à faire escale et à se ravitailler sur place avant d’entreprendre le périlleux voyage jusqu’aux ports de l’Océan Pacifique dans le sud du Chili, l’affaire est vite réglée sur le plan militaire. Les Britanniques s’emparent des Malouines qu’ils rebaptisent Falklands. Eu égard aux distances et aux dissensions intestines qui paralysent alors son gouvernement, Buenos Aires est dans l’incapacité de reprendre le contrôle de ce très lointain archipel dont Londres ne tarde pas à faire une colonie de peuplement pour des éleveurs d’origine britannique dont les descendants habitent toujours ces terres très peu hospitalières et toute proches du cercle polaire. Or tout cela, tous les Argentins l’apprennent à l’école depuis que l’instruction a été rendue obligatoire en 1883, à travers leurs cours d’histoire répétés de niveau en niveau tout au long de leur scolarité et à travers les cartes de géographie affichées au tableau et sur lesquelles il est illégal d’oublier les Malouines. C’est vous dire s’ils y sont attachés.

En haut de la colonne de droite :
"Frein suggestif à la Chambre sur la loi des Malouines
après l'objection des Etats-Unis", dit le titre
La photo centrale représente le Premier ministre
des Pays-Bas et son compagnon argentin qui viennent
de rendre public l'annonce de leur futur enfant
conçu avec une mère porteuse
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pourtant, dès son arrivée à la Casa Rosada, Milei avait laissé entendre qu’il allait (horresco referens) négocier avec les Britanniques (pouah !!!!) pour que les insulaires se prononcent eux-mêmes (et eux seuls) sur leur avenir : voudraient-ils passer dans la République argentine ou demeurer au sein du Royaume-Uni ? Le résultat d’un tel référendum serait couru d’avance. D’ailleurs il a déjà eu lieu et l’option Royaume-Uni l’a alors emporté haut-la-main. Les Argentins ont pour cette solution une sainte horreur. A leurs yeux, les insulaires ne sont que des colons, des occupants illégaux d’un territoire volé. Leur solution (par ailleurs totalement impraticable dans la réalité) est donc le rattachement pur et simple, ou plus exactement le retour effectif de l’archipel à la République argentine avec application immédiate de la législation argentine sur toutes ces îles, qui font déjà partie de jure de la province de Tierra del Fuego. Il n’y a donc rien à négocier. Avec son idée saugrenue, Milei n’a fait que s’attirer les critiques acerbes de la population qui n’avait pas hésité à lui accoler l’épithète infamant de « vendepatria » (traître à la patrie), qui au demeurant lui va comme un gant. Les menaces de Trump étaient donc, a-t-il cru, une occasion à ne pas manquer pour se refaire un brin de légitimité en vue des élections de l’année prochaine, où il compte bien obtenir un nouveau mandat. Aussitôt, le voilà donc qui adopte un ton des plus patriotiques, pour ne pas dire martial et belliqueux, pour clamer haut et fort la revendication séculaire des Argentins, sans que sa cote de popularité ne regagne le moindre point pour autant (personne n’y croit). Dans son élan, il dépose sur le bureau de la Chambre un projet de loi visant à sanctionner les pays qui oseraient se mettre en travers du chemin de l’Argentine dans la reconquête de ses territoires perdus. Un projet de loi qui menace entre autres les intérêts à très court terme du Chili, récemment embarqué dans un projet d’exploitation des ressources naturelles de l’archipel dans une joint-venture chilo-britannique. Le Chili pourtant gouverné par celui que l’on croyait jusqu’à présent être un pote idéologique de Milei, le très pinochetiste Kast. Le Chili qui, pour beaucoup d’Argentins de droite, est aussi leur ennemi préféré au-delà des frontières (avec, ne les oublions surtout pas, le Paraguay, la Bolivie et le Pérou, tous ces pays habités par des « sang-mêlé » déshonorés par l’existence de leurs ancêtres amérindiens ou africains, re-pouah !!!). Comme quoi, ces prétendus souverainistes d’extrême-droite, dont l’union transnationale fait tant peur à nos démocraties, s’entre-dévorent à belles dents dès qu’ils arrivent au pouvoir, en se roulant dans la boue infecte de leurs fantasmes xénophobes (l’exemple de Mussolini et d’Hitler nous l’a d’ailleurs déjà montré).

Au milieu de la Colonne de droite :
"Malouines : les Etats-Unis demandent
la dissolution d'un comité clé"
La photo représente le couvre-feu à Paris
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Et c’est à ce moment-là que Milei s’est pris les pieds dans le tapis puisque Trump n’a, bien entendu, pas tardé à changer de cap. Depuis sa sortie inconsidérée sur les Malouines, l’occupant de la Maison-Blanche a trouvé d’autres misères à faire à la Grande-Bretagne et le thème est donc sorti de l’actualité, laissant Milei dans une position quelque peu inconfortable. Mais il y a pire encore : samedi dernier, les États-Unis ont exigé que les sanctions que le Congrès argentin pourrait voter ne touchent pas les entreprises américaines, lesquelles pourraient en effet être (très) intéressées par les gisements de pétrole que les Britanniques s’apprêtent à exploiter dans les eaux territoriales des Malouines et dont le Foreign Office a dû toucher deux mots à Trump pour le ramener dans le droit chemin de la Relation privilégiée et de l’Otan. Bien joué, les diplomates ! Ça marche, votre truc… Le gouvernement argentin vient donc de demander à la Chambre de geler l’examen du projet de loi, le temps d’y voir sans doute un peu plus clair, pendant que, toujours sur la lancée impérialiste propulsée par Trump au profit des Kushner, Wittcoff et autres businessmen désireux de s’enrichir au détriment du contribuable américain, les États-Unis viennent d’exiger de l’ONU qu’elle dissolve le Comité Spécial de lutte contre le colonialisme, organe international qui rassemble tous les États-membres qui ont traditionnellement toujours appuyé la revendication argentine sur les Malouines (soit la quasi-totalité des pays décolonisés d’Asie, d’Afrique et bien sûr d’Amérique latine).

Or, par esprit de discipline et par servilité insigne, depuis sa prestation de serment il y a près de trois ans, Milei fait toujours voter l’Argentine exactement comme les États-Unis à l’ONU.

La vie diplomatique serait-elle un sketch ?

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur la position des États-Unis sur le Comité de lutte contre le colonialisme
lire l’article de Clarín sur l’embarras au Congrès argentin
lire l’article de La Nación

Qu’est devenu l’or de la Réserve nationale ? et autres scandales financiers [Actu]

Une de Página/12 de dimanche
On y reconnaît le ministre de l'Economie (le plus petit)
et le gouverneur de la Banque centrale,
traités de Golden boys sur fond de logo Deutsche Bank
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Depuis plusieurs mois, les élus de l’opposition, les journalistes et une partie de l’opinion publique se demandent où se trouve l’or de la Réserve nationale argentine. Il a disparu des coffres du Banco Central de la República Argentina et la valeur de 1 023 millions de dollars a également disparu des comptes de l’institution. Les lingots auraient été clandestinement transférés en Grande-Bretagne où ils auraient en tout ou en partie été placés dans des investissements risqués portant notamment sur le cours de l’or à terme, placements qui ont abouti à cette perte considérable. Des enquêtes journalistiques et judiciaires ont été lancées pour retracer l’ensemble de ces opérations très opaques à tel point que le BCRA refuse de remettre à l’équivalent argentin de la Cour des Comptes les documents relatifs à ces lingots, à leur transfert, à leur utilisation plus ou moins frauduleuse tandis que l’organisme de contrôle est parvenu à certaines conclusions sur la nature des investissements effectués avec ces fonds et le montant des pertes qu’ils ont provoquées. Une plainte a été déposée en justice contre le gouvernement pour faire la lumière sur cette affaire pour le moins ténébreuse.

Aujourd’hui, Página/12 consacre plusieurs pages aux différents scandales de gestion de l’argent public qui secouent l’Argentine en ce moment.

Le quotidien de gauche s’intéresse d’abord à la perquisition dans les locaux du Banco Central (BCRA) qui a été demandée à la justice par l’avocat de plaignants. L’argent de la Réserve pourrait en effet avoir transité par la Deutsche Bank dont deux dignitaires du gouvernement, le ministre de l’Économie et le gouverneur du BCRA, sont d’anciens cadres dirigeants en Argentine, le gouverneur ayant même fait l’objet, dans le cadre de ses activités de banquier privé, d’une enquête pour des négociations incompatibles avec le service de l’État. Or ce n’est pas la première fois que les activités de ces hommes sont suspectées de corruption, voire d’enrichissement personnel à leur bénéfice propre ou à celui de certains de leurs proches. Le quotidien avance que la Deutsche Bank elle-même aurait pu retirer un bénéfice sonnant et trébuchant de l’aide qu’elle pourrait avoir apportée à ses deux anciens dirigeants soupçonnés d’avoir détourné l’argent public en Argentine. La perquisition permettrait en effet de mettre la main sur des documents, sur papier ou en ligne, relatifs aux décisions que ces hommes ont prises à la tête du ministère et de la Banque centrale.

Página/12 s’intéresse également au secret défense qui s’applique désormais à l’ensemble des achats d’équipement des forces armées argentines alors que le budget des armées doit, comme les autres, être soumis au pouvoir de contrôle du Congrès.

"Ils ont dévié des ressources pour
s'en mettre plein les poches", dit le gros titre
citant un ministre de la Province de Buenos Aires
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Página/12, cette fois dans son édition locale de La Plata, Buenos Aires/12, se penche encore sur un scandale qui vient d’éclater dans la Province de Buenos Aires dont le gouvernement s’apprête à porter plainte contre le président Javier Milei et son ministre de l’Économie pour la gestion frauduleuse d’un fonds de gestion de l’eau dans la province, un outil très important en particulier cette année où le phénomène climatique du super-Niño menace l’activité agricole et la sécurité des biens et des personnes (des inondations exceptionnelles sont à craindre dans les mois qui viennent).

Enfin, s’ajoute à ce tableau déjà peu reluisant la relaxe définitive prononcée par la justice fédérale (majoritairement très à droite) contre l’ancien président néolibéral, Mauricio Macri, qui avait obtenu du FMI, alors sous la direction de Christine Lagarde, un prêt gigantesque qui passait outre les critères d’attribution du FMI lui-même et qui s’appliqua sans que le Congrès ait été consulté, ce qui est inconstitutionnel, puisque l’État ne peut s’endetter sans que le Congrès donne son accord. Or Mauricio Macri est encore le maître d’une force politique qui pourrait apporter un appoint susceptible d’aider le président Milei, qui gouverne en position minoritaire au Congrès et dans le pays.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 de dimanche sur les bénéfices qu’aurait touchés la Deutsche Bank
lire l’article de Página/12 d’aujourd’hui sur le scandale de l’or du BCRA
lire l’article de Página/12 sur la décision du gouvernement d’imposer le secret défense sur les dépenses des armées
lire l’article de Buenos Aires/12 sur le fond hydrique et sa gestion dénoncée par le gouvernement provincial
lire l’article de Página/12 sur l’archivage de la plainte contre Mauricio Macri
lire l’article de Clarín sur la même affaire

samedi 17 octobre 2026

La télévision argentine fête ses 75 ans aujourd’hui [à l’affiche]

75 ans de télé : la boîte inépuisable, dit le gros titre
sur une photo de Evita Perón,
en cette fête de la Loyauté
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le 17 octobre 1945, sur Plaza de Mayo, à Buenos Aires, le peuple réclamait le retour au pouvoir de Juan Perón qui venait d’être arrêté et envoyé dans un bagne militaire sur une île argentine située dans le Río de la Plata, au large de l’Uruguay. Cette manifestation géante et réussie, puisque Perón fut libéré et réinstallé au gouvernement le soir même, a donné naissance au Día de la Lealtad (la fête de la loyauté), une date célébrée dans toute l’Argentine par tous les péronistes et sympathisants. Aujourd’hui est donc un jour particulier pour l’opposition qui va certainement profiter de ce que la date tombe un samedi pour manifester une nouvelle fois contre le gouvernement libertarien actuel.

Or à la fin du premier mandat de Perón (élu triomphalement présidente de l’Argentine en 1946 contre un candidat qui représentait toutes ses oppositions et jouissait de l’appui tout à fait officiel de l’ambassadeur des États-Unis), six ans après cet historique retour triomphal du général à Buenos Aires, le 17 octobre 1951, naissait la télévision argentine, la première chaîne nationale qui, en 75 ans d’existence, a porté plusieurs noms et qui doit passer de TV Pública à Canal 7, sur une récente décision de Javier Milei et consorts.

La télévision argentine est aujourd’hui un groupe télévisuel. Il est toujours public malgré les tentatives de Milei pour le détruire, il y a trois ans, au début de son mandat. Aujourd’hui, la presse rappelle ces soixante-quinze ans d’histoire d’une institution à laquelle les Argentins sont généralement attachés, quoi qu’en dise le président actuel.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui fait de cet anniversaire la Une de son supplément culturel
lire l’article de La Prensa

La Ville de Buenos Aires avance contre Zivals [Actu]

Post Facebook de Zivals :
Il y a de l'espace public disponible pour les ouvriers
sans exproprier rien ni personne
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Le Gouvernement de la Ville de Buenos Aires vient d’annoncer qu’il maintenait son projet de détruire la grande librairie de Corrientes y Callao, en plein centre-ville, pour creuser sur cette parcelle l’entrée monumentale d’une station de métro sur une nouvelle ligne.

Photo Rodrigo Néspolo pour La Nación
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ce projet de détruire précisément ce magasin, qui est un foyer culturel pour toute la ville et au-delà, démontre une nouvelle fois l’immense mépris que ce gouvernement néo-libéral nourrit pour la culture en général et l’accès à celle-ci en particulier.

Autre post de Zivals sur Facebook
"Evitons de démolir 55 ans d'identité dans la ville"
Appel à signer la pétition sur change.org
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

C’est ignoble, comme d’habitude.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 16 octobre 2026

Cinquième marche fédérale pour l’Université et l’aide aux handicapés [Actu]

"La pluie n'arrête pas le pèlerin", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei il y un peu moins de trois ans, c’était hier la cinquième mobilisation populaire pour que le président respecte la loi qui lui impose de subventionner l’université publique et de rétablir les allocations versées aux handicapés, ce qu’il refuse obstinément de faire puisqu’il a mis son veto aux lois concernées, veto qui a été supprimé par deux votes postérieurs du Congrès.

"Les putschistes de toujours", dit le gros titre
pour dénoncer les casseurs
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Les manifestations ont eu lieu dans la plupart des villes et ont rencontré un franc succès de participation.

On le voit très bien à la Une des quotidiens avec ces différentes photos d’une Plaza del Congreso noyée par la foule.

"La nouvelle marche pour les universités se termine
sur des affrontements avec la police", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Comme d’habitude aussi, les forces de l’ordre ont utilisé tous les moyens à leur disposition contre les casseurs (il semble qu’il y en ait eu) mais aussi contre les manifestants et contre les photo-reporters. Les canons à eau ont eu fort à faire. Les matraques n’ont pas chômé non plus… Il y a eu 31 arrestations.

"La marche universitaire se termine avec
des jets de pierre et des dégâts devant le Congrès",
dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pourtant il y a en France un candidat de droite qui vante la politique menée par Milei, dont il copie par ailleurs les manières de parler. Je n’aimerais pas être cannoise par les temps qui courent puisque ce monsieur, qui préside aussi l’association des maires de France, en est le premier magistrat de la capitale du cinéma…



Si vous préférez en rire, je vous recommande ci-dessus la chaîne Youtube de ce journaliste humoriste qui ne cache par son appartenance au péronisme et qui passe son temps à se payer la tête de Milei et de ses sbires : Emmanuel Rodríguez.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 5 octobre 2026

Macarons et raclette : la Feria Francesa fait son retour, en retard, sur Plaza Francia [à l’affiche]

Un petit bout de Plaza Francia sur ce post Facebook
de l'association franco-gastronomique Lucullus
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


C’est le week-end dernier que le salon devait se tenir mais il a plu des hallebardes pendant deux jours sur toute la région de Buenos Aires et, si la pluie n’arrête pas le pèlerin (ils étaient nombreux au rendez-vous avec la Vierge à Luján en ce début du mois d’octobre qui lui est consacré), elle arrête probablement le gourmand, car les organisateurs ont reporté au samedi 10 et dimanche 11 octobre ce traditionnel rendez-vous, dans ses habits printaniers, avec la gastronomie française, plus ou moins adaptée aux habitudes locales.

Un truc vraiment très exotique à Buenos Aires :
les salmonidés fumés (avec le caviar en prime - aquitain, j'espère)
Post Facebook Lucullus
(ils ont aussi posté la photo d'une assiette d'huîtres)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

C’est ainsi que sur des pâtisseries, on trouve des décorations bleu-blanc-rouge telles qu’on en voit jamais en France, et cette fois-ci, de la raclette en format sandwich très ajusté à cette manifestation de plein air où le chaland déambule entre une vingtaine de stands et quelques ateliers pompeusement intitulés, en bon français, « masterclass ». Et même pour nous, qui vivons la première baisse de nos températures depuis près de cinq mois, ces photos de raclette sur fond de jambon cru, c’est à nous mettre l’eau à la bouche.

La raclette en variante sandwich sur pain grillé !
Post Facebook Lucullus
cliquez sur l'image pour une haute résolution

Après plusieurs infidélités du marché qui s’est baladé un peu partout dans Buenos Aires, rendez-vous est donné sur Plaza Francia, à Recoleta, un vaste endroit arboré très chouette dans le nord de la capitale argentine. L’entrée est libre et gratuite. Les consommations, non…

Un stand de viennoiseries...
Regardez les prix en pesos argentins !!!
Ils valent leur poids de pur beurre
Post Facebook Lucullus
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

visiter le site de l’organisme organisateur, l’association Lucullus qui rassemble les artisans de bouche qui exercent en Argentine à partir de la tradition française (traiteurs, restaurateurs, fromagers, épiciers, boulangers, pâtissiers, sommeliers, spécialistes du vin et autres spiritueux)

samedi 3 octobre 2026

Un grand du rock nacional vient de nous quitter [Actu]

Ricardo Soulé récemment, avec ses instruments, ses disques et ses fleurs...


Guitariste, violoniste, chanteur et compositeur mais aussi passionné de fauconnerie, Ricardo Soulé, décédé hier à Quilmes, où il était né il y a 76 ans, était l’un des fondateurs, en 1968, du groupe rock Vox Dei, qu’il avait quitté en 2003 pour se lancer dans une carrière de soliste.

Les Argentins lui doivent quelques chansons qui sont désormais considérées comme des classiques du rock nacional.

Au mois de septembre, il avait annoncé devoir renoncer à monter sur scène pour des problèmes de santé qu’il pensait alors surmonter en quelques semaines. Cela n’aura pas été le cas. La maladie l’a emporté.


Ce matin, s’il ne fait guère la Une, Ricardo Soulé reçoit les hommages de toute la presse, à droite comme à gauche. Plusieurs journaux ont intégré dans leurs articles en ligne des morceaux à écouter sur diverses plateformes. A découvrir pour ceux qui ne connaissent pas.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 2 octobre 2026

Zivals pourrait être exproprié par une nouvelle ligne de métro [Actu]

 

Zivals et sa toute récente fresque murale en hommage à Charly García,
l'un des très grands du rock nacional argentin
Cliquez sur l'image pour une bonne résolution

Le projet d’une nouvelle station de métro au carrefour mythique entre les avenues Corrientes et Callao avance d’un bon pas et les menaces qui pesaient sur la grande librairie-disquerie Zivals deviennent très réelles.

Post de Zivals sur les réseaux sociaux :
Soutiens-nous !
Partage ce poste
Hausse la voix
Viens à la librairie
Nous avons besoin de toi !

La librairie, qui est un rendez-vous culturel général pour tout Buenos Aires et sa banlieue, parce que le magasin est grand et parce qu’il est admirablement placé, vient de recevoir un avis d’expropriation. Pour sauver cette librairie historique et symbolique, où j’ai moi-même effectué tous les ans un pieux pèlerinage musico-livresque de 2007 à 2022, il ne reste plus que la pression du public auprès du gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, qui est tenu par des affairistes très peu intéressés et par la culture et par le patrimoine.

A l'intérieur de la librairie.
C'est à peu près un quart de la surface du magasin
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Sur l'emplacement de Zivals, ils veulent faire une gigantesque entrée avec plusieurs escalators montants et descendants. Les escalators au lieu des bacs de disques et les rayonnages de livres. C’est un choix. Comme par hasard, il y a d’autres commerces sur les autres angles du carrefour, des restaurants sans intérêt gastronomique ou patrimonial particulier mais on a choisi de détruire la librairie qui appelle au secours sur les réseaux sociaux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación
Dans le même temps, Clarín publie un article sur la situation désespérée de très nombreuses librairies qui voient leur chiffre d’affaire piquer du nez à cause de la politique de paupérisation des Argentins déployée par le président Javier Milei.

Ouverture d’une Chaire Pape François à la Universidad Nacional Arturo Jauretche, à Florencio Varela [Actu]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


A Florencio Varela, une petite ville du sud populaire de la grande banlieue de Buenos Aires, le diocèse et l’université nationale Arturo Jauretche s’unissent pour créer une chaire de sciences politiques baptisée Papa Francisco.

L’inauguration aura lieu prochainement en présence de plusieurs chercheurs qui analyseront la pensée exposée par le défunt Souverain Pontife dans certaines de ses encycliques.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Buenos Aires/12, l’édition locale de Página/12 publiée à La Plata, capitale de la Province de Buenos Aires
lire l’article de El Día, le quotidien de la province, dans ses pages consacrées à la zone de Quilmes

mercredi 30 septembre 2026

Leer y Comer : 17e salon à la Chacarita [à l’affiche]

Post Facebook : "Tu viens ?"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Ce week-end, les 3 et 4 octobre après 12h, se tiendra le salon Leer y Comer (Lire et manger) qui rassemble des stands gastronomiques et des éditeurs.

"Tu vas trouver"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Au menu : dédicaces d’auteurs, conférences, musique, avec des dégustations de toutes sortes non-stop.

Côté miam-miam...

Ce salon printanier se tient à ciel ouvert dans le quartier de Chacarita, dans l’ouest de Buenos Aires.

Côté signatures

L’entrée est libre et gratuite, bien entendu. Les livres et la nourriture, en revanche, non, mais l’idée reste très sympa.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 28 septembre 2026

« Pour vos bonnes œuvres ». Et on ose parler de corruption ! [Actu]

Un des services de la ANDIS :
le calendrier de versement des pensions non imposables
aux invalides du travail


A l’heure où Javier Milei et sa bande de tristes sires arrivent à Paris pour se refaire une crédibilité internationale noyée dans le naufrage économique et diplomatique et bien que cet article de La Nación soit réservé en ligne aux abonnés, je ne peux que vous inviter, autant que faire se peut, à le lire. Le journal rapporte dans l’édition du jour les prétextes soi-disant religieux dont l’ancien directeur de l’ANDIS, impliqué dans un mégascandale de corruption, avait habillé un payement inclus dans les innombrables surfacturations qui font l’objet d’une enquête judiciaire. Rappelons seulement que l’ANDIS est l’agence qui s’occupe des handicapés en Argentine (agencia nacional de discapacidad) et qu’elle a réussi l’exploit extraordinaire d’acheter les médicaments délivrés aux ayant-droits pour des valeurs allant de 300 à plus de 1000 % (sic) supérieures aux factures enregistrées par l’organisme avant l’arrivée de Milei au pouvoir.

En fait, si l’on en croit ce message, c’était juste pour participer aux bonnes œuvres du fournisseur en question. Les fournisseurs étant, est-il nécessaire de le dire, des grossistes en produits pharmaceutiques.

Tout ça avec l’argent du contribuable.

C’est-il pas gentil ?

Entre le traiteur ami de l’amie de la sœur du président qui régalait luxueusement ses clients grâce au budget des gargantuesques frais de bouche de la Résidence officielle et l’agence d’assistance aux handicapés qui remplissait les poches d’autres amis du président avec le budget qui devait servir à la protection et à l’assistance aux affiliés au système public, il est à présent certain et nul ne peut plus en douter que Milei est le plus grand ennemi de la corruption… après Trump peut-être.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire (si vous le pouvez) l’article de La Nación

Ajout du 30 septembre 2026 :
lire cet entrefilet de Página/12 aujourd’hui sur le sujet

vendredi 25 septembre 2026

Ma prochaine conférence se fera en liaison transcontinentale [à l’affiche]


Le jeudi 1er octobre 2026, à 15h (heure locale), je participerai en visioconférence et bien entendu en espagnol au 4e congrès belgranien organisé par l’Instituto Belgraniano de la República Argentina, une association sans but lucratif qui a remplacé l’Instituto Nacional Belgraniano, rayé d’un trait de plume par un décret présidentiel de Milei au début de son mandat, sous prétexte de faire faire des économies à l’État.


Les historiens qui constituaient l’INB et l’académie qui lui était liée ont refusé de laisser disparaître cet organisme qui mêlait, avec trois francs six sous d’argent public, une double mission de recherche et de mémoire. Le nouvel institut, privé, a conservé le même président, Manuel Belgrano, qui est l’un des descendants du général indépendantiste. Manuel a le grand mérite d’encourager au sein de l’institut une haute qualité historiographique et scientifique, ce qui n’est pas la caractéristique majeure des institutions d’histoire en Argentine, où le récit, parfois mythifié, l’emporte souvent sur l’analyse scientifique.

Interview radiophonique du président Manuel Belgrano à Corrientes
pour présenter l'événement

Ma conférence aura pour titre : El general Manuel Belgrano - Observaciones desde la perspectiva de una historiadora francesa. Il n’est pas prévu de retransmission vidéo hors de la salle de conférence. En revanche, l’institut prévoit d’ores et déjà de publier les actes du congrès sous la forme d’un ouvrage qui sera téléchargeable dans un délai qui est encore inconnu. Hier soir, j’ai remis mon texte et ses illustrations et j’attends les éventuelles corrections, notamment grammaticales et, le cas échéant, stylistiques.

Invitation officielle à l'inauguration du congrès
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le congrès se tiendra du 1er au 3 octobre 2026 dans la ville de Corrientes, capitale de la province homonyme, patrie des agrumes, de la yerba mate et du chamamé, une ville (à l’époque un village) où le général Manuel Belgrano est passé au tout début de la Révolution argentine.


Comme vous avez pu vous en rendre compte, la préparation de mon laïus m’a rendue assez peu disponible pour ce blog. Il est probable que je retrouverai un peu plus de liberté au mois d’octobre, dès lors que les deux obstacles de ces derniers mois auront disparu : les canicules à répétition de cet été éprouvant et ce long mais passionnant labeur rédactionnel…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Al Corriente, média d’information local
lire l’article de El Litoral, édition de Corrientes, l’un des quotidiens papier locaux.

Au bout de trois ans de Milei, un pays largement appauvri [Actu]

"Pauvre pays", dit le gros titre
sur cette image assez caractéristique
des banlieues populaires
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


L’institut des statistiques vient de publier un rapport alarmant sur l’augmentation de la pauvreté en Argentine au cours du premier semestre de cette année. D’après cet institut public dont les paramètres de calcul ont été ouvertement modifiés par l’autorité politique pour améliorer artificiellement les résultats de la politique menée par Javier Milei et ses sbires, 32,3 % de la population argentine vit désormais sous le seuil de pauvreté.

L'info est soulignée en rouge pour être bien vue !
La pauvreté a augmenté au premier semestre de l'anne
et elle se situe [maintenant] à 32,3%
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Página/12, qui ne fait plus guère confiance aux chiffres de l’INDEC, s’est appuyé sur d’autres études dans lesquelles le gouvernement ne fourre pas son nez et le journal de gauche avance le chiffre de 44 à 45 % de la population, ce qui me paraît nettement plus vraisemblable au regard des autres indicateurs économiques : chute spectaculaire et continue de la consommation, augmentation des suicides, taux d’endettement des ménages, chute des allocations familiales et sociales, fermeture en cascades de PME de capitaux argentins, produisant notamment des biens et des produits de consommation courante, difficultés majeures dans les secteurs culturels, depuis les librairies jusqu’aux écoles privées (et pourtant, quand ça va mal, les Argentins avaient jusqu’ici l’habitude de s’agripper à la culture pour survivre à la crise).

"L'économie a subi une chute de 2,9% en juillet
et la pauvreté s'est remise à augmenter", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

A l’Assemblée générale de l’ONU, Milei a fait la roue, vantant comme à son habitude ses excellents résultats économiques(qu’il est le seul à voir) et se faisant couvrir de louanges par Trump et Netanyahou, en pure perte puisque ni l’un ni l’autre ne lui a fait l'aumôme de l'accompagner dans sa nouvelle lubie, les revendications de souveraineté sur les îles Malouines dont il se fichait pourtant comme d’une guigne depuis son arrivée au pouvoir.

"La pauvreté a augmenté jusqu'à atteindre
32,3% en six mois et l'économie a reculé
en juillet de 2,9%", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Bref, c’est la Bérésina mais lui, comme son « ami » Trump, chante encore cocorico !

L’information est assez préoccupante pour que la presse de droite en fasse elle aussi ses gros titres ce matin !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire le minuscule entrefilet de La Prensa, qui met pourtant l’info à sa Une