jeudi 30 avril 2026

Prochaine dédicace, demain, au Salon L’Autre Livre, à Paris [ici]

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Demain, vendredi 1er mai 2026, de 17h à 21h, je serai à la Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille du Temple, à Paris (4e) sur le stand des Éditions du Jasmin pour y dédicacer mes livres sur l’Argentine et sa culture. Je ne l’ai appris que ce matin. Il faut dire que la manifestation a été un peu bousculée puisqu’elle prévue au début du mois d’avril mais que la halle a été réquisitionnée au dernier moment par les pouvoirs publics.

Le salon continuera le samedi et le dimanche et en fonction de l’agenda du stand et de mes camarades auteurs et autrices, j’y retournerai peut-être faire un petit bout de signature dimanche. Mais je ne saurai cela que demain.

En tout cas, ce sera un plaisir de retrouver ce très beau lieu, l’un des marchés du 1er Empire encore debout dans Paris, et les passionnés de l’écrit qui s’y rencontrent des trois côtés, parmi les lecteurs, les écrivains et les petits éditeurs indépendants (ce sont eux les organisateurs).

Samedi, le salon se tiendra de 11h à 19h et dimanche, les portes s’ouvriront à 11h pour fermer à 18h.

Entrée libre et gratuite.

© Denise Anne Clavilier

Disparition d’une maison d’édition emblématique : Ediciones de La Flor [Disques & Livres]

Mafalda sur une photo de la Feria del Libro


Ediciones de la Flor est l’une des rares maisons argentines qui ont pu dépasser les frontières du pays pour arriver dans les librairies de tout le monde hispanophone grâce à plusieurs énormes succès du livre d’humour. Ce sont les Editions de la Flor qui ont publié tous les albums de Mafalda, de Quino. Dans leur catalogue, on trouvait aussi l’humoriste Roberto Fontanarrosa, natif de Rosario, l’auteur Rodolfo Walsh (une figure de l’opposition à la dictature argentine) et Nik, le seul vivant de cette liste, un dessinateur qui a inventé le personnage de Gaturro, qui est à la culture hispanophone ce que le Chat de Philippe Geluck est à la culture francophone.

Le stand de La Flor avant le départ des héritiers de Quino (2025)

Les Ediciones de la Flor ont été fondées en 1966 à Buenos Aires par un couple, Daniel Divinsky (aujourd’hui décédé) et Kuki Miller, qui ont dû se résoudre à l’exil temporaire pour éviter de terminer leurs jours dans un centre de torture clandestin pendant la dictature. Le couple a divorcé en 2009 mais tous les deux sont restés dans la maison que Daniel a finalement quittée en 2015, laissant son ex-femme seule aux commandes.

Le stand cette année

Au cours des dernières années, Nik et les ayant-droits des autres auteurs-phares de la maison ont fait le choix d’un autre éditeur. Ils se sont répartis entre Planeta, le géant espagnol, et Penguin (Sudamericana), le concurrent anglo-saxon. Ils ont laissé tomber la maison qui avait accompagné leurs débuts puis leurs succès ou ceux de leurs père, oncle, grand-père ou grand-oncle. Des choix pour le moins indélicats et très égoïstes car leurs succès permettaient à d’autres auteurs, moins connus, d’être édités.

Quino sur le stand de son éditeur à la Feria del Libro
pour les 50 ans de Mafalda

Kuki Miller n’a pas trouvé de repreneur pour sa société. Sa fille, qui s’est investie dans un tout autre secteur, ne veut pas reprendre le flambeau. Et tous ces départs fragilisent économiquement la maison. Kuki Miller, 82 ans maintenant, a donc choisi d’annoncer sur son stand de la Feria del Libro qu’elle allait mettre fin aux activités de La Flor, qui ne publie déjà plus de nouveaux ouvrages et ne met plus rien sous presse. La Flor ne sera pas vendue. Elle fermera seulement ses portes et cessera d’exister d’ici à la fin de l’année 2026.


Une copie d'écran de La Flor avant le départ de tous ces auteurs
Gaturro est à gauche (le personnage jaune)

C’est une grande émotion pour tout le monde du livre hispanophone dont la presse en espagnol témoigne assez éloquemment ces jours-ci.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Argentine :
lire l’article de BaeNegocios (journal économique)
lire l’article de El Diario AR
en Uruguay :
lire l’article de LR21 (ex-La República)
En Espagne :

Miguel Rep profite du 1er mai pour présenter son nouveau livre à la Feria del Libro [Disques & Livres]

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Le dessinateur de presse qui sévit tous les jours sur les pages de Página/12, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, Miguel Rep, qui est aussi artiste peintre, présentera demain vendredi 1er mai 2026, à 16h30, dans la Sala Victoria Ocampo, de la Feria del Libro, à Palermo, le livre qu’il vient de consacrer à un grand auteur-compositeur interprète du rock nacional argentin, Charly García, Charly Absoluto.

Ne bombardez pas Buenos Aires
Bombardez-moi
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L’ouvrage est publié chez Sudamericana, une filiale de Penguin, le géant de l’édition anglosaxone.

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Pour l’occasion, Miguel Rep sera rejoint par un autre grand du rock argentin, Fito Páez, qui considère Charly comme son mentor.

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Charly lui-même ne pourra pas être de la partie. Il est actuellement hospitalisé après une opération assez lourde et sa santé est assez précaire depuis plusieurs années. Il sera dans les pensées de tous les participants à cette présentation.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 aujourd'hui
lire l’article de Rolling Stone, l’édition hispanophone, du 27 avril 2026
lire la présentation du livre sur le site de l’éditeur, Penguin Libros.

Adorni au sommet de son arrogance, Milei à celui de la grossièreté : un portait du gouvernement argentin [Actu]

Au balcon : le président et son air mauvais,
à côté de lui, sa sœur, Karina
Derrière : la ministre du Capital humain
le ministre de l'Economie
Le gros titre fait un jeu de mot entre l'adjectif adoré (adorado)
et le nom du Premier ministre (Adorni)
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Hier, la prestation de Premier ministre Manuel Adorni devant les députés aura donné sept heures d’un spectacle criard, grotesque et indigne d’un gouvernement. De surcroît, elle aura été fort peu convaincante à en croire la presse de ce matin.

"La République circassienne", dit le gros titre
sur cette photo de Adorni hilare
(En plus, il y avait des clowns ?
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Il aura fallu le président, sa sœur et toute une brochette de ministres dans les tribunes pour soutenir ce Premier ministre déconsidéré et fragilisé par les affaires diverses et variées qui s’accumulent sur lui depuis plusieurs semaines !

Adorni a dit qu'il n'avait commis aucun délit
et qu'il n'allait pas démissionner, dit le gros titre
sur une photo de Milei et consorts encore pire qu'à la Une de Página/12
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Comme on pouvait s’y attendre, Manuel Adorni s’est déclaré innocent de tout ce qui lui est imputé en matière d’atteinte à la probité, de corruption et d’enrichissement personnel et il a décrit la situation du pays à la Trump, c’est-à-dire en fonction de son imagination ou de ses désirs plus qu’en fonction des faits réels.

Adorni a évité les précisions sur son patrimoine
et nié le délit : Je ne vais pas démissionner, dit le gros titre
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Fait rarissime, Página/12 et La Prensa sont d’accord sur un mot : cette comparution du Premier ministre devant la Chambre, c’était du « cirque ».

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Une de Página/12 qui porte sur le grand spectacle donné dans l’hémicycle par le président et son favori pour détourner l’attention de l’opinion publique
lire l’éditorial de Página/12 qui rapporte les insultes, hélas habituelles, que le président a adressées aux journalistes présents dans l’enceinte et les manœuvres politicardes peu ragoûtantes auxquelles ces différents élus se livrent les uns contre les autres, les uns avec les autres
lire l’article de La Prensa sur le discours de Adorni
lire l’article de La Prensa sur le comportement du président
lire l’article de Clarín sur la prestation de Adorni
lire l’article de Clarín sur celle d’un président déchaîné, qui avait laissé sa dignité au vestiaire comme il le fait si souvent
lire l’article de La Nación sur le déroulé de la séance
lire l’article de La Nación où Carlos Pagni, son éditorialiste politique, analyse la dérive de plus en plus « populiste » (sic) de Javier Milei

Un ancien juge présente son livre sur le terrorisme d’État à la Feria del Libro [Disques & Livres]

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Ce soir, jeudi 30 avril 2026, à 19h, à la Feria del Libro, sur le stand du groupe médiatique Octubre (presse papier, radio, télévision, édition, centre culturel), Adrián Grünberg, ancien juge fédéral, présentera le livre qu’il a écrit à partir de son expérience de magistrat ayant eu à connaître d’un certain nombre de dossiers de crimes contre l’humanité commis par les sbires de la dictature militaire des années 1976-1983.

Ce livre, Manual sobre terrorismo de Estado en Argentina, est sorti aux Éditions Octubre (30 000 pesos argentins, sur le site de l’éditeur).

Adrián Gründberg a eu à juger les agissements des services secrets argentins (la SIDE) pendant la dictature. C’est lui qui a condamné les responsables du Plan Condor, ce système international qui a permis aux dictatures sud-américaines de se débarrasser de leurs opposants en les jetant, la plupart du temps vivants, dans la mer depuis des avions. C’est aussi lui qui a eu à juger les meurtriers Jorge Acosta et Alberto González qui ont sévi à la ESMA, cette école supérieure de mécanique de la Marine maintenant démilitarisée et transformée en un complexe de centres culturels dédiés aux droits de l’Homme, que l’actuel gouvernement s’efforce de vider de leurs contenus.

L’auteur sera rejoint par un panel intéressant : Victoria Montenegro, femme politique et enfant volée puis retrouvée grâce au travail de Abuelas de Plaza de Mayo, Pablo Vassel, ex-secrétaire d’État aux droits de l’Homme de la Province de Corrientes, et la journaliste Luciana Bertoia.

Le cinquantenaire du coup d’État de Videla et consorts étant l’un des thèmes centraux du salon cette année, d’autres débats et tables-rondes se tiennent sur d’autres stands, comme celui dont parle Clarín aujourd’hui.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’entrefilet de Página/12 (Grupo Octubre) sur la présentation de ce soir
lire la présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur
lire l’article de Clarín sur l’autre table-ronde.

mercredi 29 avril 2026

Le cinéma se défend à Cosquín [à l’affiche]

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Demain, jeudi 30 avril 2026, et pour quatre jours, jusqu'au 4 mai, la ville de Cosquín, dans la province de Córdoba, au centre du pays, accueille la 15e édition d’un festival international indépendant de cinéma dans un esprit artisanal et bon enfant, bien loin du caractère plus clinquant du festival de Mar del Plata.

C’est un film brésilien qui ouvrira la manifestation demain. La France est représentée, avec Fantaisie d’Isabelle Pagliai, parmi les trente films en compétition, entre longs et courts métrages.

La petite ville déploie son festival sur trois lieux différents, ce qui permet une programmation intense sur les quelques jours qu’il dure.

Une du supplément culturel quotidien de Página/12
Contre-regard, dit le gros titre en caractères rouges
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Un festival aux petits oignons, à déguster chaud dans les premiers frimas de l’automne dans la moyenne montagne cordobaise.

Comme d’habitude, là encore, seul Página/12 s’en fait l’écho parmi les quotidiens nationaux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de La Voz, l’un des journaux locaux
consulter le site du festival

Des gamins font reculer un boursicoteur crypto [Actu]

La salle immense d'hier... Sans commentaire !
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Le gouvernement libertarien argentin a introduit dans les programmes scolaires une initiation à la spéculation financière. Javier Milei veut des Argentins qui jouent à la bourse et aux crypto-monnaies pour s’enrichir au lieu de produire des biens et des services nécessaires à la communauté nationale.

Hier, des lycéens, issus du public et du privé, étaient donc rassemblés au nombre d’environ 12 000 dans une gigantesque salle, la Movistar Arena, pour écouter pérorer des traders et autres investisseurs en bourse. Quand soudain s’est présenté sur scène le PDG de Cocos Capital, une société soupçonnée d’avoir trempé dans l’escroquerie de $Libra, cette crypto-monnaie dont le président avait fait la publicité sur ses réseaux sociaux officiels, l’année dernière, et qui s’était effondrée au bout de quelques heures, tandis que ses initiateurs empochaient tout ou partie des mises des épargnants. L’enquête suit son cours en Argentine et aux États-Unis, où il y a aussi des victimes hispanophones.

Les milliers de gamins l’ont aussitôt sifflé et hué, le traitant de vende patria (en français, on parlerait de « quelqu’un qui vendrait son père et sa mère »). Le financier, vêtu d’un jean et d’un blouson, peut-être pour faire croire à ses spectateurs du jour qu’il était l’un des leurs, a tenté de se défendre et de s’expliquer mais la bronca des adolescents l’a obligé à se taire. Il n’aura finalement pas pu faire son numéro de bonimenteur up to date.

L’avenir de l’Argentine n’est peut-être pas perdu si les gamins qui n’ont pas encore leur bac refusent qu’on leur fasse prendre des vessies pour des lanternes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Une de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

Quatre criminels de la dernière dictature militaire viennent d’être condamnés [Actu]

La cour du TOF n° 5 à San Martín


A San Martín, dans la banlieue nord-ouest de Buenos Aires, un tribunal fédéral (Tribunal Oral Federal ou TOF) vient de condamner à de lourdes peines de prison ferme quatre anciens militaires de l’armée de l’Air, reconnus coupables d’avoir séquestré et torturé une centaine de personnes à Mansión Seré, à Castellar, ainsi que dans d’autres prisons et centres de torture clandestins installés sur des sites militaires (écoles, casernes, centres d’entraînement, etc.).

A l’époque des faits, trois des condamnés étaient sous-officiers, le quatrième était capitaine. Un cinquième criminel était poursuivi dans cette affaire mais il est décédé et l’action publique est donc éteinte contre lui. Cet ancien policier était accusé d’avoir pris des bébés à leurs familles pour couper tout lien entre eux. Il avait réussi à fuir la justice de son pays pendant vingt ans.

Cette quadruple condamnation est une bonne nouvelle pour les partisans des droits de l’Homme et de l’État de droit en Argentine, puisque, sous l’impulsion d’une partie de l’électorat d’extrême-droite représentée par la vice-présidente, l’actuel gouvernement libertarien verrait d’un bon œil qu’on passe toutes ces histoires par pertes et profits et qu’on arrête une bonne fois pour toutes d’en parler, voire qu’un récit négationniste s’impose sur cette sinistre période.

Dans le boxe des accusés

Comme d’habitude, seul Página/12 parle de ce sujet dans la presse imprimée à l’échelle nationale.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 28 avril 2026

Manuel Adorni : de Charybde en Scylla mais toujours sous la protection des Milei, frère et sœur [Actu]

"Très vite pour les mandats", dit le gros titre
en jouant sur le nom d'une des principales plateformes
de livraison, Rappi, sur ce montage de Adormi sur une motocyclette
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La presse, en l’occurrence Página/12, continue le travail d’enquête sur le patrimoine et les revenus du Premier ministre argentin, Manuel Adorni, qui doit demain répondre aux questions de la Chambre alors que l’opposition (majoritaire en sièges mais désunie, ne l’oublions jamais) aimerait bien l’interroger sur les manquements à la probité révélés par les journaux et qui ont conduit un procureur à se saisir des faits et à entamer une instruction le concernant.

Le président Javier Milei a déjà annoncé sa présence dans les tribunes pour soutenir son favori tandis que Karina, sa sœur et Première dame, multiplie les gestes de soutien, se faisant photographier aux côtés du suspect ou l’invitant à sa table dans les dîners en ville.

Or ce matin, Página/12 sort une affaire encore plus lamentable et, pourquoi ne pas le dire, encore plus grotesque que celle des biens immobiliers non déclarés, acquis grâce à des emprunts au noir faits auprès de particuliers, qui plus est peu fortunés, plutôt qu’à l’aide de prêts bancaires normaux, sans doute parce qu’ils ont le malheur de laisser des traces comptables. Cette fois-ci, le journal a découvert qu’avant d’entrer au gouvernement à l’investiture de Milei, alors que Adorni était toute la semaine sur le plateau de la chaîne La Nación + (du groupe La Nación), où il gagnait grassement sa vie comme animateur de talk-show, le futur Premier ministre s’était déclaré auprès des autorités fiscales comme autoentrepreneur en sa qualité de livreur à vélo d’une société fantôme dont les deux fondateurs, l’un paraguayen, l’autre péruvien, croupissent actuellement en prison pour trafic de drogue.

Attendez ! Ce n’est pas tout. Il y a mieux encore…

Comme travailleur de plateforme, Adorni a adhéré à un syndicat spécialisé, dont il a réussi à devenir le secrétaire-général adjoint. La société fantôme, qui est une coquille vide, sans aucune activité économique réelle, semble n’avoir été fondée, en 2018, que pour permettre à Adorni de se prévaloir d’un travail (fantôme lui aussi) lui permettant d’adhérer à ce syndicat. Or, il y a quelques semaines, le gouvernement a fait passer une réforme très régressive du code du Travail, réforme qui a retiré à ces livreurs ultra-précaires, pour ne pas dire réduits en servitude, le peu de droits sociaux qu’ils avaient. Étonnant,non ? Qui plus est, ce gouvernement prône une politique assez peu accueillante vis-à-vis des travailleurs immigrés...

Or ce n’est pas la première fois que des proches de Milei sont associés à des trafiquants de drogue. Mais tout ça en même sur un seul bonhomme, on n’avait encore jamais vu !

Demain, devant les députés, Adorni aurait l’intention, comme l’a fait en son temps Jérôme Cahuzac à Paris, de ne répondre à aucune question, en prétendant que toutes les informations relèvent du secret de l’instruction et qu’il réserve ses réponses au juge…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui a fait sa Une du jour sur ce nouveau scandale.

1976 – Ecos de la Memoria, une série documentaire présentée à la Feria del Libro [à l’affiche]


Hier, à la Feria del Libro, le groupe Octubre a présenté sur son stand une série documentaire en quatre épisodes de 50 mn qu’il a produit et dont il a lancé la diffusion sur la chaîne progressiste Canal 9 au jour du cinquantenaire du coup d’État de Videla et consorts, le 24 mars dernier.

C’est un travail qui a réuni trois auteurs, le cinéaste Tristán Bauer, ancien président de l’INCAA, l’institut national du cinéma que Javier Milei est en train de tuer, le spécialiste de la pédagogie et de la transmission qu’est Daniel Filmus et la réalisatrice télévisuelle Carolina Scaglione. Tous les trois ont rassemblé les témoignages de nombreux acteurs survivants de la lutte pour la démocratie, l’État de droit, contre cette dictature sanglante et inique qui a fait 30 000 disparus et a arraché environ 500 enfants à leur famille légitime, dont plus de la moitié ignore encore leurs origines familiales et leur histoire.

Étaient présents, entre autres, la présidente de Madres de Plaza de Mayo Línea Fundadora ainsi que Bauer et Filmus.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 du 24 mars 2026 qui contient une interview des réalisateurs
lire le compte-rendu dans Página/12 de la projection d’hier
consulter le site Internet de la série, qui a vocation à s’enrichir avec le temps.

C’est une épidémie : un autre haut responsable « oublie » de déclarer ses propriétés à Miami [Actu]


Depuis quelques semaines, on découvre l’existence de très hauts responsables du gouvernement qui ont malencontreusement oublié de déclarer aux autorités publiques leurs propriétés immobilières à Miami et ailleurs. Comme on peut s’en douter, il s’agit pourtant là de « signes extérieurs de richesse ». Miami, ce n’est pas donné !

Le premier démasqué travaillait au Ministère de l’Économie et l’ampleur du scandale ainsi que l’absence d’un soutien politique aussi ferme que celui dont bénéficie Manuel Adorni l’a obligé à présenter sa démission. Il vient d’être remplacé à son poste de coordinateur des infrastructures au sein du ministère. Avant de démissionner, Carlos Frugoni a reconnu posséder la bagatelle de sept propriétés immobilières et deux sociétés commerciales aux États-Unis.

Et voici que, l’encre du décret de nomination de son remplaçant encore humide, on découvre un deuxième pot-aux-roses de même nature. Cette fois-ci, c’est à la ARCA que travaille l’intéressé, ce qui ne manque pas de sel. La ARCA est l’une des deux grandes administrations fédérales qui doit recevoir les déclarations des responsables politiques et administratives lorsqu’ils prennent possession de leur poste. C’est l’équivalent du Trésor public en France. Avant Javier Milei, cela s’appelait l’AFIP. Ce brave contribuable marron est à la tête de l’organisme, dont la mission première est tout de même de percevoir les impôts et de diriger le travail des douanes.

La justice administrative s’est emparée de l’affaire et va enquêter sur toutes les propriétés et participations dudit sieur à l’étranger, ce qui s’annonce juteux.

Le concernant, on a repéré déjà des mouvements de fonds au noir entre l’Argentine, Miami et les Émirats. A Miami, ses trois appartements cumuleraient une valeur de 2,1 millions de dollars

Incroyable, ces pertes de mémoire !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, qui prend le parti d’en rire pour ne pas en pleurer
lire l’article de Clarín sur le cas Frugoni
lire l’article de La Nación sur l’enquête financière qui débute contre le deuxième personnage, Andrés Vázquez

lundi 27 avril 2026

Le cinéma argentin passe de deuil en deuil : Adolfo Aristarain nous a quittés [Actu]

Cinéaste authentique, dit le gros titre
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Né dans le quartier de Parque Chas, dans l’ouest de Buenos Aires, en octobre 1943, le cinéaste Adolfo Aristarain est mort dans sa ville natale sans que les raisons de son décès n’aient été rendues publiques. Il avait quitté le monde du spectacle en 2004, après un grand succès cinématographique, son dernier film, Roma, qui compte aujourd’hui parmi les grands classiques argentins.


Plus que bousculé par l’instabilité constitutionnelle dans son pays tout au long de sa vie, il a vécu tantôt en Argentine tantôt en exil et il a travaillé en Espagne et à Hollywood, la patrie d’un de ses maîtres, John Ford.


On lui doit onze films qu’il a réalisés, dans des productions argentines ou internationales, et trente autres, dont il était l’assistant-réalisateur. Plus souvent récompensé à l’étranger que dans son propre pays, il y a toutefois accumulé les nominations.

Ce film a reçu une récompense en Espagne

Adolfo Aristarain a touché à de nombreux genres, dont le film policier, avec La parte del león en 1978, le romantisme militant des horizons immenses et des racines, avec Un lugar en el mundo (1992) (comprendre : quelque part dans le monde), dont l’action se passe dans les Andes de la province de San Juan, et, en 1995, le film d’aventure sur fond historique avec La ley de la frontera (où tout se passe dans les années 1910 entre la Galice espagnole et le Portugal).

Il a aussi travaillé sur la série des Pepe Carvalho, produite par la télévision espagnole, d’après les romans policiers de l’écrivain barcelonais Manuel Vázquez Montalbán.


On l’avait vu pour la dernière fois en public en 2024 lorsqu’il avait été récompensé par l’Académie du cinéma en Espagne.

A l’heure de sa disparition, la presse argentine et les médias espagnols lui rendent hommage avec la même affection et la même émotion.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

En Argentine :
lire l’article de Página/12, qui lui consacre la Une de son supplément culturel quotidien, Cultura y Espectáculos
lire l’article secondaire de La Nación
Tous les titres nationaux argentins et plusieurs titres régionaux ont mis sa photo à la Une dont le gros titre se partage toutefois entre l’attentat raté d’avant-hier contre Trump et la démonstration de F1 en plein Buenos Aires par Colapinto, le nouveau Fangio, pour qui les Argentins deviennent fous d’admiration.

En Espagne (sélection) :

lire l’article de El País
En Espagne, les unes ne parlent pas de cette disparition.