lundi 4 juillet 2022

La disparition de Peter Brook vue de Buenos Aires [ici]

Première page des pages culturelles
de La Nacion ce matin


Le grand créateur théâtral, dramaturge et metteur en scène, qui nous avait éblouis (si nous sommes assez âgés pour l’avoir vu) aux Bouffes du Nord, est décédé à Paris samedi dernier. Peter Brook avait 97 ans.

L’hommage auquel il a droit dans les pages, parfois même à la une des journaux argentins, a de quoi surprendre la Française que je suis puisque je découvre avec effarement le silence presque général des médias nationaux sur cette disparition (il est vrai que nous avons nous aussi une forte actualité politique à traiter).

Page consacrée ce matin à Peter Brook
dans Clarin (édition papier)

La Nación consacre même à l’artiste disparu deux pages complètes et Clarín une et demie, dans les deux cas dans leurs éditions papier.

On comprend dans ce cas que le trentième anniversaire de la mort de Piazzolla fasse les frais d’une actualité chargée dans tous les secteurs.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Crise ministérielle : résolution expresse en faveur de... Cristina ! [Actu]

"Fumée blanche" dit le gros titre en italien
Comme la nouvelle ministre est d'ascendance grecque,
les Argentins s'y retrouvent très bien
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


C’est finalement une cristiniste pure et dure qui hérite du poste modérément convoité de l’Économie en Argentine. La nouvelle ministre s’appelle Silvina Batakis. Jusqu’ici, ce n’était pas un poids lourd politique au niveau national.

Aussitôt nommée, Silvina Batakis a lancé un signal au FMI pour le rassurer et elle a promis de respecter l’accord obtenu par son prédécesseur. Il ne manquerait plus que d’y manquer mais il est vrai que les postures cristinistes ces derniers temps pouvaient laisser craindre le pire.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Tous les observateurs constatent donc que le président n’a pas su, n’a pas pu ou n’a pas voulu tenir tête à sa vice-présidente qui triomphe par conséquent sur toute la ligne après avoir pourri la vie de Alberto Fernández depuis deux bonnes années.

Le président de la Chambre des Députés, Sergio Massa, récemment rentré en grâce auprès du chef de l’État (il l’a accompagné en Bavière au récent sommet du G7, malgré son embardée du côté de Cristina il y a plusieurs mois), a tenté d’obtenir tout à la fois le portefeuille de Premier ministre (jefe de Gabinete) et tous les postes-clés liés à l’Économie. Il sort toutefois de cet intense dimanche de négociation gros Jean comme devant. Cette fois encore, il devra se contenter du perchoir et probablement jusqu’à la fin de la présente législature.


Les choses sont dites clairement par l'image
avec cette photo de la nouvelle ministre
posant tout sourire à côté de sa chef de file, Cristina Kirchner
"Cristina impose sa candidate à l'Economie à Fernandez",
dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Plusieurs personnalités pressenties ou approchées dans la journée d’hier auraient reculé devant l’obstacle en refusant tout net de rejoindre ce gouvernement en chute libre dans l’opinion publique. Quant aux pertes en ligne, elles sont manifestes et se répartissent entre d’une part les personnalités qui viennent de suivre Martín Guzmán dans sa démission ce week-end et d’autre part tous les départs et autres fâcheries intervenus depuis la prise de fonction de Alberto Fernández.


"Silvina Batakis s'installe à l'Economie
avec la bénédiction de Cristina Kirchner",
dit le gros titre
En haut, l'annonce du décès de Peter Brook
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Quel dommage ! L’élection de ce dernier avait été incontestable. Le président était arrivé à la Casa Rosada avec une belle cote de popularité et un état de grâce prometteur sur bien des plans. La sobriété de ses manières d’être laissait espérer des changements culturels bienvenus dans les mœurs politiques de l’Exécutif. Mais quelques erreurs très mal reçues par l’opinion publique et les attaques en règle incessantes de la vice-présidente Cristina Kirchner auront eu raison de ces ouvertures.


Infographie publiée par La Nacion
pour synthétiser les remaniements gouvernementaux
depuis le début du mandat
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Comme hier, les éditions papier comme les sites Internet des quotidiens sont pleins à ras-bord d’analyses, de récits et d’éditoriaux, au point que le reste de l’actualité est réduite à la portion congrue dans tous les journaux.


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Il y a trente ans disparaissait Astor Piazzolla [Troesmas]

"Un nouvel hiver portègne", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Le grand maître du bandonéon et le compositeur qui a apporté au tango sa seconde révolution, au milieu des années 1955, est décédé il y a trente ans aujourd’hui, après plusieurs années de souffrance laissée par un AVC, soigné comme on le pouvait à cette époque.

Les musiciens et quelques journaux, seulement quelques journaux, lui rendent hommage ce matin, sinon dans les éditions imprimées du moins en ligne.

Il est vrai que l’actualité est chargée entre l’arrivée d’une nouvelle ministre de l’Économie qui fait couler beaucoup d’encre et dans les pages culture, la disparition de Peter Brook qui touche plus les Argentins que les Français, alors qu’il a fait une grande partie de sa carrière à Paris, où il est décédé samedi.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, qui en fait la une de son supplément culturel quotidien (ci-dessus)
lire l’article de Clarín

dimanche 3 juillet 2022

A la fin, Cristina aura eu la peau de Guzmán [Actu]

En haut : Cristina et sa proposition d'instaurer
un revenu de base universel
En bas : le ministre dans l'une de ses apparitions publiques
Le stylo qui les sépare fait allusion à une métaphore
employée par Cristina hier dans son discours fleuve
en même temps qu'il fait allusion à la lettre du ministre démissionnaire
Le gros titre proclame : "Je m'en vais parce que c'est toi
qui veux que je parte"
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Il voulait se mouvoir un peu plus librement, sans que la vice-présidente Cristina Kirchner et ses partisans continuent à bloquer son action par des manœuvres partisanes d’autant plus malvenues que l’Argentine traverse une crise profonde : dette contractée auprès du FMI dont les premières échéances tomberont à l’issue de ce mandat et qui ne pourront être honorées que par la richesse issues des investissements publics d’aujourd’hui, une inflation à deux chiffres catastrophique, un taux de pauvreté effrayant, une situation internationale où l’Argentine tente de naviguer comme elle peut entre l’évidence du droit international (en appui à l’Ukraine) et l’allergie de la gauche aux USA qui entraîne le gouvernement à rester proche de la Russie et de la Chine (malgré tout le peu de respect pour les droits de l’homme et l’État de droit qu’elles manifestent), une situation nationale où la majorité (le camp au pouvoir) recule sans cesse et perd un à un tous les points de contrôle dont elle disposait avant les législatives de mi-mandat qu’elle a perdues.

Ne pouvant obtenir satisfaction, Martín Guzmán, le jeune et talentueux ministre de l’Économie formé par Joseph Stiglitz, prix Nobel enseignant aux États-Unis, vient de démissionner avec fracas. Il est rejoint par plusieurs autres ministres et secrétaires d’État et autres personnalités qui exerçaient des fonctions officielles au sein du gouvernement argentin.

La Prensa utilise une photo amplement diffusée dans la presse
ce matin : elle montre le ministre qui entre dans ce bureau
dont il vient de claquer la porte
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Guzmán, qui jouissait de toute la confiance du président Alberto Fernández, n’a pas pris celui-ci en traître puisqu’il s’était entretenu avec lui il y a quelques jours et qu’il l’a appelé dans la journée d’hier avant de rendre publique sa lettre de démission mais il a fait en sorte de ne pas lui laisser le choix. Il a aussi désigné très clairement les motifs de sa décision en rendant l’information publique en plein milieu d’un discours enflammé que Cristina Kirchner prononçait à l’occasion de l’anniversaire de Juan Domingo Perón devant une foule de ses partisans chauds-bouillants, devant lesquels elle ne le ménageait pas.

Parce qu’il n’a pas voulu déterrer la hache de guerre contre sa vice-présidente au profit de son ministre et homme de confiance, le chef de l’État se retrouve donc le bec dans l’eau, lâché de toutes parts et en proie à la vindicte de sa vice-présidente qui semble ne plus supporter qu’il tienne le premier rôle politique en Argentine. C’est pourtant bien elle qui lui avait proposé cet accord quelques mois avant le début de la campagne électorale, quand il était évident qu’elle n’avait elle-même guère de chances de l’emporter sur un Mauricio Macri (droite ultra-libérale) qui tentait de se faire réélire. Toutes affaires cessantes, le président a dû convoquer une réunion d’urgence qui se tient actuellement à Olivos, sa résidence dans le Gran Buenos Aires.

"Guzman démissionne par Twitter tandis
que Cristina discourt et déclenche des changements
dans le gouvernement"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Même les plus radicaux des observateurs politiques de droite regrettent le départ d’un ministre auxquels ils n’ont jamais épargné les coups de griffe et plus sans affinités et dont ils savent très bien qu’il est un des très rares politiques argentins qui aient su gagner la confiance et le respect des premières puissances économiques de la planète, qui avaient jusqu’à lui l’habitude de regarder l’Argentine d’assez haut. C’est sans doute une nouvelle perte de chances pour le pays et les unes de ce matin le montrent assez bien.

"Guzman démissionne. Grand remaniement gouvernemental
en discussion", dit le gros titre
sur une photo de la lettre de démission du ministre
stabylobossée par la rédaction
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Les journaux de ce dimanche consacrent une grande partie de leurs pages à l’événement, parfois plus de la moitié de leurs pages généralistes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 2 juillet 2022

Un fruit du G7 : Alberto Fernández a pris contact avec Volodymyr Zelensky [Actu]

Fil du compte Twitter officiel du président de l'Ukraine
Gabriel Boric est remercié pour l'éventuelle coopération
technique en vue de déminer le territoire ukrainien
Alberto Fernández l'est pour l'aide humanitaire argentine
et le vote de l'Argentine pour exclure la Russie du Conseil
des droits de l'Homme à Genève
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Hier, quelques jours après son retour de Munich, le président argentin a accepté la demande d’échange téléphonique que lui a adressée Volodymyr Zelensky, que Alberto Fernández avait pu écouter lorsqu’il est intervenu par visioconférence au cours de la réunion du G7.

Cet entretien diplomatique intervient au lendemain de l’attaque russe contre des immeubles résidentiels dans une ville balnéaire de la région d’Odessa en représailles de l’abandon contraint par l’occupant de l’Île aux Serpents, dont la petite garnison avait envoyé chez les Grecs l’équipage du « Moskva » avant que l’armée ukrainienne envoie le navire amiral de la flotte russe de la Mer Noire visiter les profondeurs des flots.

Clarín de ce matin. Haut de la page 10
Sur le côté, encart pour démontrer que l'Argentine
condamne bel et bien "l'invasion russe"
Quant à négocier pour obtenir la fin de la guerre,
on peut toujours rêver !
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cette énième attaque nocturne contre la population civile ukrainienne a aussi fait bouger le nouveau président chilien. Gabriel Boric, arrivé au pouvoir quelques jours après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a lui aussi appelé Kiyv la nuit dernière pour exprimer sa solidarité devant ce nouveau crime odieux.

Le site Internet de la présidence ukrainienne ne fait encore aucune allusion à ces deux coups de fil. A cette heure, le président Zelenksy s’est limité à de courts commentaires bilingues ukrainien-anglais sur Twitter au cours d’une journée d’autant plus chargée pour lui (1) que c’était aussi celle où il a présidé à l’entrée du drapeau européen dans l’hémicycle du Conseil supérieur de l’Ukraine (le parlement monocaméral du pays), sans parler de la visite officielle du Premier ministre norvégien le même jour...

Nouer une relation diplomatique de chef d’État à chef d’État entre ces pays d’Amérique du Sud gouvernés à gauche et le pays européen martyrisé par l’impérialisme russe auquel cette même gauche refuse de donner son nom, on le sent, est assez difficile et ce sans doute des deux côtés.

La Nación de ce matin. Haut de la page 19
Sur la photo, diffusée par la Casa Rosada,
on reconnaît le président de profil au centre
et la tête ainsi que les lunettes de Santiago Cafiero,
le ministre des Affaires étrangères argentin
Il est tard, la nuit hivernale est tombée, les lampes sont allumées
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ceci dit, l’Uruguay est gouverné à droite par un président ultra-libéral qui ne cultive pas d’acrimonie envers les États-Unis et je n’ai encore vu aucune prise de contact du côté de Montevideo.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire le communiqué de presse (c’est exceptionnellement présenté ainsi) de la Casa Rosada



(1) Les deux homologues austraux ont eu eux aussi une journée bien pleine hier. Dans un pays comme dans l’autre, la situation politique est très tendue.

Un été provenço-piazzollien pour rattraper l’année dernière : Libertad au cloître de Fréjus [ici]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le 7 juillet prochain, à 21h, nos amis Marielle Gars (piano) et Sébastien Authemayou (bandonéon) donneront leur concert intitulé Libertad, consacré à leur interprétation personnelle et authentique d’une sélection approfondie de l’œuvre de Astor Piazzolla (1921-1992), au cloître de la cathédrale de Fréjus, dans le Var.

Un très digne concert d’été, dans un cadre patrimonial de toute beauté, sous la houlette du Centre national des Monuments historiques.

Vous pourrez vous procurer leur livre-disque, la première biographie musicale en français du grand maître argentin (présentation de l'éditeur ci-dessous).

Prix des places : de 10 à 30 €, en fonction de l’âge et de la situation professionnelle.


Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Il n’y a pas à hésiter !

© Denise Anne Clavilier


Pour retirer vos places, rendez-vous sur le site Monamuse.fr.

mardi 28 juin 2022

El Molino, l’autre confitería historique qui rouvre ses portes [Actu]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


La Confitería El Molino est un bijou architectural et un témoin de l’histoire du centre de Buenos Aires. Installée tout à côté du Congrès, ce salon de thé doublé d’un restaurant a vu s’installer à ses tables pour un verre, un déjeuner mondain ou un dîner plantureux tout le personnel politique national du 20e siècle.

Abandonné pendant des années et se dégradant à vue d’œil, ce somptueux bâtiment Art-déco a été repris par l’État fédéral sous l’autorité de Cristina Kirchner, pendant son second mandat présidentiel. Après une escale sous la responsabilité de la direction nationale du patrimoine, il est désormais placé sous celle du Congrès. Une décision de bon sens !

Vue du toit : la coiffe du moulin
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Dans quelques jours, cet ensemble relooké, réorganisé et restauré dans toute sa splendeur, va ouvrir à nouveau ses portes et redonner tout son lustre à Plaza del Congreso. Pour être parmi les premiers à remettre les pieds dans le bâtiment, il faut s’inscrire en ligne avant que la confitería revienne à sa vraie vie de salon de thé, de café et de restaurant.

Vue sur la coupole du Congrès depuis les fenêtres de la coiffe
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

C’est un magnifique pan du patrimoine et de l’histoire qui ressuscite dans la capitale argentine. Elle compose avec la Ideal et Tortoni un trio architectural qui puise ses racines dans le patrimoine parisien Second Empire et Belle Époque parmi les grands salons de thé de la tradition patricienne et gastronomique de Buenos Aires.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

visiter le site Internet de El Molino, dont sont extraites ces très belles photos signées Natacha Pisarenko (comme quoi, l’immigration ukrainienne en Argentine n’est pas une légende !)

Radio Malena grandit [à l’affiche]

"Le tango est sur Malena"


Radio Malena, radio consacrée au tango au sein du groupe médiatique Octubre (Página/12), se développe et offre désormais une gamme d’informations culturelles numérique sur son site Internet, en complément des émissions diffusées en modulation de fréquence (avec un direct en ligne).

A écouter sans modération.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, paru aujourd’hui dans le supplément culturel quotidien du journal
consulter la page Malena sur le site du quotidien. Dans le bandeau du haut, vous trouverez le bouton clicable pour écouter la FM

La Pétanque rouvre aussi : le succès de la cuisine française à San Telmo [Actu]

Sans commentaire
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


La Pétanque est un restaurant parisien assez couru situé au nord de San Telmo, à quelques jets de pierre de la basilique du Rosaire, là où repose Manuel Belgrano (1770-1820) dans son grand mausolée italien de 1903. Il avait fermé à cause de la pandémie et des confinements successifs plus ou moins sévères. Beaucoup de Portègnes avaient cru l’adresse disparue à jamais.

Mais le restaurant revient lui aussi à la vie ce jours-ci. La soupe à l’oignon de l’ancien quartier des Halles à Paris, le pastis marseillais et la choucroute alsacienne sont à nouveau à la carte.

Le patron
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ce n’est pas le restaurant le meilleur marché de Buenos Aires mais la cuisine qu’y propose le proprio français Pascal Meyer y a très bonne presse.

La façade un jour de pluie !
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La Nación se pourlèche les babines dans un article gourmand paru en ligne ce matin !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación, dont sont issues les photos qui illustrent cette entrée.

samedi 25 juin 2022

La marche arrière aux États-Unis vue depuis le Río de la Plata [Actu]

"Un recul de 50 ans", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


De toute évidence, la décision scandaleuse que la Cour suprême des États-Unis vient de prendre contre la vie privée et la vie tout court des femmes émeut beaucoup plus en Argentine qu’en Uruguay, qui semble s’en moquer comme de son premier mouchoir.

En Argentine, l’information fait la une de plusieurs quotidiens tandis qu’elle n’apparaît pas sur Les premières pages des journaux uruguayens, qui, lorsqu’ils la traitent, le font fort discrètement en pages intérieures. Seul El País mentionne en une le recul états-unien dans un minuscule encart dans la partie supérieure de la page, le tout (ou plutôt le rien) illustré d’une photo indéchiffrable (un visage de femme qui hurle de colère – ni couleur symbolique, ni slogan en vue).

"Dans un arrêt historique, la Cour des Etats-Unis
valide l'interdiction de l'avortement", dit le gros titre
sans photo adéquate
Cliquez sur l'image pour une haute résolution



Rien à voir avec ce que font La Nación, Clarín et Página/12 dont la stupéfaction occupe la majeure partie de leur première page imprimée (1).

"La Cour suprême révoque [le droit à] l'avortement
et les Etats-Unis prennent un virage historique"
L'image correspond à un équipage aérien retenu
à Buenos Aires par une enquête judiciaire
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Dans l’un et l’autre pays, depuis quelques années, l’avortement est légal. L’Uruguay a été pionnier en la matière. L’IVG a été légalisée sous le mandat (de gauche) de José Mujica, après une première tentative contrariée par l’opposition de conscience de son prédécesseur de la même couleur politique, un cancérologue de renom, feu Tabaré Vázquez, dont les convictions éthiques allaient dans un autre sens. En Argentine, la loi a été votée au début de l’actuelle présidence, malgré la pression très forte exercée par la droite catholique (ou prétendue telle) qui s’est manifestée publiquement, avec des arguments fumeux qui en appelaient aux émotions bien plus qu’à la raison (comme c’est si souvent le cas).

Voir en haut à droite
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La décision de la Cour suprême des États-Unis est généralement interprétée sur les rives du Río de la Plata comme un recul du droit des femmes. La réaction du pape François qui s’est félicité de la décision états-unienne est relayée, non sans mal, par Elisabetta Piqué, la correspondante de La Nación en Italie, rentrée de son épopée en Ukraine entamée le 23 février.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de LR21 (quotidien en ligne)
lire l’article principal en ligne de El Observador (l’autre article concerne un éventuel recul du même ordre qui est envisagée dans la foulée en Colombie et il est plus facilement accessible en ligne)
lire l’article de Grupo Multimedio (ex-La República)



(1) La une de La Prensa n’est pas disponible à l’heure où je publie cette entrée. Sur son site Internet, la rédaction n’a rien mis sur le sujet.

vendredi 24 juin 2022

La Ideal rouvre ses portes [Actu]

Une plongée signée Fernando de La Orden
dans la salle principale de La Ideal
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


La Ideal est une confitería (un salon de thé) du centre de Buenos Aires qui a pendant de longues années une célèbre milonga tout à fait traditionnelle. Avant sa fermeture, elle faisait partie des Bares Notables de la Ville, un ensemble d’établissements historiques qui contribuent officiellement à la vie culturelle locale en accueillant des concerts, voire des conférences, sous la direction du ministère local de la Culture.

La Ideal, dont tout le monde reconnaît l’emblème très Vieille France (une fleur de lys), a été en travaux de restauration pendant cinq ans et, ces jours-ci, elle rouvre ses portes avec un décor mis en valeur dans ses moindres détails.

Une splendeur.

Le 19 juin, Página/12 lui consacrait un article. Aujourd’hui c’est son concurrent, Clarín, qui s’en charge avec une page entière : cinq colonnes et quelques très jolies photos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 28 juin 2022 :
lire
cet article de La Nación, paru hier dans l’édition papier

jeudi 23 juin 2022

Tangueadoras au CCK ce soir [à l’affiche]

Cliquez sur l'image pour une bonne résolution

Le récital de ce soir, jeudi 23 juin 2022, à 20 h, au CCK, le grand centre culturel du ministère national de la Culture, fait partie d’une série de concerts au cours desquels se produisent huit chanteuses-compositrices de tango : Marina Baigorria, Verónica Bellini, Andrea Bollof, Bárbara Grabinski, Claudia Levy, Gisela Magri, Patricia Malanca et Cintia Trigo.

Elles sont accompagnées par un quatuor féminin lui aussi composé de Pamela Victoriano et Cecilia Zárate (violons), Sara Smalbrugge (bandonéon) et Amelia Vidal (guitare).

Le tango nuevo fait femmes, en somme !

Répertoire contemporain du 21e siècle.

Entrée gratuite, avec réservation obligatoire.

Les places sont à retirer au guichet du CCK.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire la présentation sur le site Internet du CCK