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"Demain, je vois Mileí et je lui prends son téléphone des mains", dit le gros titre citant un message de Novelli (en photo) Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Et ce matin, on apprenait que
dans le téléphone de Novelli, on avait trouvé des conversations
qui confirment ce dont on se doutait depuis très longtemps : Javier Mileí se laisse manipuler.
Peu avant le lancement de la
crypto-monnaie $ Libra, Novelli se faisait fort de rencontrer le
président argentin et de s’emparer de son téléphone pour publier
lui-même sur ses réseaux sociaux des textes de son cru. Autrement
dit, le chef de l’État s’est sans doute fait manipuler comme un
enfant par cette bande d’escrocs qui a profité de lui pour
s’enrichir en lui graissant la patte en passant !
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"Révélation dans l'affaire $ Libra : Mileí parle d'une mafia médiatique", dit le gros titre pour dénoncer la ligne de défense du président qui s'en prend à la presse qui découvre ses agissements Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
A plusieurs reprises, Novelli a
eu accès au président, comme en témoignent les registres des
entrées et sorties des deux résidences présidentielles, la Casa
Rosada qui est le palais du gouvernement et le manoir de Olivos, où
Mileí loge au jour le jour.
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"Le gouvernement repousse à après 2027 la composition de la Cour [suprême]", dit le gros titre avec un titre secondaire : "Nouveaux indices d'un éventuel accord de $ Libra avec Mileí" Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Une telle découverte ne
constitue pas une vraie surprise mais trouver ainsi dans le téléphone
d’un trader financier la preuve que le président s’est mis dans
la main d’une poignée de délinquants en col blanc en est bien
une, en revanche.
Le président se trouve donc
maintenant dans une situation pour le moins inconfortable, peut-être
même menacé d’un procès pénal. Comment pourra-t-il récupérer
l’autorité et la respectabilité que sa fonction exige, si tant
est qu’il en ait jamais été revêtu ?
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Annonce d'une conférence de presse qui va se tenir aujourd'hui à ce sujet à la Chambre des Députés Cliquez l'image pour une haute résolution |
Toute la presse est scandalisée
et cette fois-ci, on constate que, vaille que vaille, l’information
est traitée en mode majeur par tous les quotidiens, quelle que soit
leur appartenance idéologique, sauf La Prensa, toujours très
marginale dans le panorama politique argentin. De manière très
compréhensible, Página/12, qui est dans l’opposition,
reste, sur le sujet, le plus vigoureux des titres pour ce qui est du
journalisme d’investigation.
© Denise Anne Clavilier
Pour aller plus loin :
lire l’article
de Clarín sur la
campagne que déchaîne contre lui des proches du président qui
avaient cru pouvoir compter toujours sur son silence complice dans
toutes les circonstances et s’aperçoivent que le quotidien finit
par renouer avec sa mission d’information et d’analyse de
l’actualité
lire l’article
de La Nación
Ajout du 17 mars 2026 :
La commission parlementaire sur
la crypto-monnaie s’est dissoute l’année dernière après la
remise d’un premier rapport qui n’identifiait pas les escrocs
éventuels. Hier, lors d’une conférence de presse, le président
de cette commission éteinte, membre de l’opposition, a annoncé
qu’il entendait réanimer le processus en vue de faire témoigner
les Mileí frère et sœur ainsi que certains de leurs comparses dans
cette vaste escroquerie à la monnaie virtuelle qui a fait perdre
beaucoup d’argent à beaucoup d’investisseurs de bonne foi.
A ce propos, lire l’article
de La Prensa (celui de Página/12 est réservé aux
abonnés sur le site du journal).
Ajout du 18 mars 2026 :
Les journalistes continuent à
fouiller les données récupérées sur les téléphones saisis par
la justice et La Nación
révèle aujourd’hui une partie de l’historique des relations
entre Mileí et Novelli, lesquelles remonteraient au tout premier
mandat électif de
Mileí, les deux années
pendant lesquelles
il a été député avant de quitter son siège pour entrer à la
Casa Rosada. Dès cette époque, il est déjà
question d’échanges
financiers entre eux, qui
ressemblent pas mal à des
dessous-de-table. Et sa sœur était déjà impliquée, comme on
le voit clairement dans
l’enregistrement
vidéo
d’un échange par Zoom que La
Nación publie dans
son article
en ligne. Pendant les
cours d’économie (ou supposés tels) que Mileí donnait alors en
ligne, dans un organisme dont Novelli était membre lui aussi, il lui
arrivait de recommander à ses auditeurs d’investir dans des
produits financiers proposés par Novelli...
A ce sujet, lire l’article
de La
Nación