samedi 21 septembre 2019

Negro Manuel : un livre sur cet esclave serviteur de la Vierge de Luján [Disques & Livres]


Le prêtre et historien Juan Guillermo Durán, un vrai scientifique rigoureux, a sorti au mois de mai un livre très originale : une biographie du Negro Manuel (circa 1604-1686), un esclave né en Guinée et affranchi pour 250 pesos (1), qui a dédié sa vie à veiller sur la petite statue de la Vierge Marie dont la vénération a donné naissance à la ville de Luján, dans la province de Buenos Aires, après un miracle (2) qui s’est produit en mai 1630 (3) et dont l’historicité a été démontrée dans la deuxième partie du dix-neuvième siècle, le prêtre des Missions étrangères de Paris, le père Georges Marie Salvaire (1847-1899).

Mgr Juan Guillermo Durán, éminent membre du prestigieux comité d’histoire de l’Église, est aussi le postulateur de la canonisation du Negro Manuel, procédure lancée par le cardinal Poli, archevêque de Buenos Aires, et Mgr Anunciado Serafini, archevêque de Mercedes-Luján.

Les prières proposées à la piété privée des fidèles
pour l'un et l'autre candidat
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

L’ouvrage de 298 pages fait donc partie du travail qu’un postulateur doit faire pour que le vénérable serviteur de Dieu dont il sert la cause soit connu des fidèles et que ceux-ci recourent à lui dans leurs prières privées. Le Negro Manuel a été déclaré Serviteur de Dieu en août dernier, le dimanche même des PASO. Il manque encore un miracle reconnu pour sa béatification et un second pour sa canonisation. D’où l’importance de la prière privée des fidèles.

Le livre est en vente à la maison d’édition, une maison confessionnelle, au prix de 738 pesos argentins.

Souvent considéré comme une invention folklorique hors de l’Église catholique, ce personnage historique est assez important dans le roman national argentin, car le pays a longtemps, contre toute évidence, nié l’existence de l’esclavage et des Africains sur son sol. Sur le plan spirituel, c’est un modèle d’humilité et de spiritualité mariales. Il pourrait devenir le saint patron des sacristains au moins en Argentine sinon dans le monde entier.

Image pieuse de Luján
avec la phrase attribuée au Negro Manuel :
"J'appartiens à la Vierge, c'est tout"
En haut, la statue de la Vierge telle qu'elle est aujourd'hui

La cause en béatification du Père Salvaire a été ouverte le même jour que celle pour le Negro Manuel. Mgr Durán est aussi le postulateur de cette autre cause. Les deux procès sont intimement liés l’un à l’autre sur le plan historique et spirituel.

Pour aller plus loin :
lire la dépêche de AICA (l’agence de presse catholique argentine)
lire le communiqué de l’archidiocèse de Mercedes-Luján
consulter la page du livre sur le site Internet des Editions Agape
voir les données sur le Negro Manuel sur la page Candidats du site Inteernet Causas de los Santos en Argentina.



(1) Le prix normal d’un esclave mâle en bonne santé.
(2) Le terme de miracle est celui de l’époque. L’événement a consisté en l’arrêt sur place du chariot sur lequel la petite statue en terre cuite, produite à Rio de Janeiro et destinée à une petite chapelle privée du nord-est argentin (Santiago del Estero), se trouvait. Le chariot n’a pu repartir que lorsque la statue fut déchargée. Le même type d’incident s’est produit à nouveau il y a quelques années avec une copie de la statuette. La statue originale est exposée dans le chœur de la basilique de Luján, qui s’élève sur le lieu où la tradition situe la tombe du Negro Manuel.
(3) C’est la première fois que je vois citer ce mois de mai. Si c’est historique, c’est vraiment très lourd sur le plan symbolique. L’Argentine est censée être née le 25 mai 1810 et son drapeau a emprunte, par des chemins indirects, les couleurs du manteau de cette Vierge, qui représente Notre-Dame de l’Immaculée Conception !

Un juge droit dans ses bottes - Un baroud d’honneur ? [Actu]

"L'audience qui ne commencera jamais ?"
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A six semaines du premier tour, qui pourrait bien voir le ticket Fernández et Fernández gagner l’élection présidentielle, le juge fédéral Claudio Bonadio vient de clore son instruction et de renvoyer devant le tribunal Cristina Fernández de Kirchner, candidate à la vice-présidente, et ses supposés complices dans une affaire de corruption, dite des carnets photocopiés. Les carnets en question donnent l’intégralité d’un circuit de corruption active au sein du gouvernement Kichner quand Cristina était présidente.

"Cristina est renvoyée au tribunal
pour l'affaire des Cahiers des dessous-de-tables"
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Dans un premier temps, lorsque ces documents sont sortis, ils apparaissaient comme des preuves accablantes. Aujourd’hui, la défense des personnalités impliquées a pu instiller le doute sur l’authenticité de tout cela.

Toujours est-il que le juge n’aura pas le temps d’obtenir la levée de l’immunité parlementaire pour Cristina car le Sénat ne pourra pas la traiter, d’autant que l’opposition fera barrage. Et si Cristina est élue le 27 octobre, ou même en novembre, s’il y avait besoin d’un second tour, elle ne passera pas en jugement sur ce renvoi à l’instance de jugement. En revanche, si elle n’est pas élue, ce qui serait une énorme surprise, elle pourrait se retrouver une nouvelle fois devant les juges à l’automne austral.

Pour aller plus loin :
lire l’article de La Nación qui met à disposition, en ligne, l’intégralité des cahiers incriminés.

vendredi 20 septembre 2019

Un taux de chômage record même en Argentine [Actu]

"Un 10+ en chômage", dit le gros titre
en forme de commentaire de prof sur une copie
En haut, en jaune : "La prochaine fois, je te reçois en tant que président"
dit Evo Morales à Alberto Fernández en tournée dans les pays limitrophes de gauche
En haut à droite : "Fumer est un plaisir", début d'un célèbre tango (Fumando espero),
mais ici, c'est à propos de cannabis

L’institut national de statistiques, l’INDEC, vient de publier les chiffres du chômage pour juillet : 10,6 % de la population active. Il faut remonter à quatorze ans, dans les premières années du mandat de Néstor Kirchner, pour retrouver des chiffres pareils ! Cela correspond à un peu plus de deux millions d’adultes, dans un pays où il y a beaucoup d’enfants et de jeunes. Chez les femmes jeunes (14-29 ans), ce taux de chômage atteint 23,4 %.

En haut, une phrase accusatrice d'un évêque sur la faim en Argentine
(la faim est une réalité et elle fait honte à toute la gouvernance)
En bas : "Le péché de détruire des emplois",
un gros titre qui vise la justice.
Elle empêche une compagnie aérienne low-cost
d'opérer sur l'aéroport secondaire de El Palomar
Tout aussi orienté que Página/12 mais dans l'autre sens !

Ces chiffres ont été établis pour une période antérieure aux PASO, les primaires obligatoires qui devancent de près de trois mois le premier tour (élections présidentielle, législatives et sénatoriales). Or la crise économique s’est aggravée dès le lendemain, lorsque les marchés ont pris peur devant la perspective de la victoire électorale d’un « gauchiste » au lieu de néo-libéral actuellement au pouvoir. Attendons-nous à un autre chiffre catastrophique dans un mois. Cela tombera mal pour la majorité sortante : le premier tour des élections se tiendra le 27 octobre. Et Alberto Fernández (le « gauchiste » qui affole le business) a encore gagné des points sur Mauricio Macri si l’on en croit les instituts de sondage. Il avait 15 points d’avance le 12 août, au lendemain des PASO. Il en aurait maintenant 20. Si c’est exact, c’est irrattrapable pour Macri.

Pour Alberto Fernández, ce sera un terrible héritage.

Pour en savoir plus :

La loi d’urgence alimentaire est votée [Actu]

"Sortie de secours", dit le gros titre
sur fond de manifestation sociale sur Plaza del Congreso
(le Congrès lui-même étant en travaux comme vous pouvez le constater)

Avant-hier, le Sénat a voté à l’unanimité la proposition de loi déposée par l’opposition reconnaissant l’urgence alimentaire. Cette loi permettra de consacrer de l’argent public aux soupes populaires et autres restaurants sociaux, pour les enfants ou les adultes, appelés comedores et meriendores, qui servent des repas (comida) et des goûters (merienda). Le président avait promis que sa majorité soutiendrait la proposition, ses sénateurs ont tenu sa promesse au-delà des attentes !

"Presque 8.000 millions de pesos pour les soupes populaires",
dit le gros titre

Página/12 en a fait sa une hier. La Prensa a consacré une partie de sa une à l’information. Ni Clarín ni La Nación n’ont jugé bon d’y faire allusion à la une, Clarín ne mettant même pas un seul article sur le sujet dans sa version en ligne.

Pour en savoir plus :
lire l’article de La Nación sur les réactions des organisations sociales à l’annonce du vote
lire l’article de La Nación sur la malnutritions chez les enfants qui vont dans les soupes populaires (lesquelles manquent d’argent pour proposer une alimentation équilibrée et adaptée à l’âge de leurs convives).

mercredi 18 septembre 2019

Daniel Ruggiero revisite les classiques au bandonéon [à l’affiche]



Demain, jeudi 19 septembre 2019, à 20h, la Orquesta Filarmónica de Buenos Aires offrira un concert gratuit dans le cadre d’une série intitulée Divertimentos y Pasiones, à la Usina del Arte, dans le quartier de La Boca.

Les places sont à retirer à partir d’aujourd’hui, 18h, au guichet du Teatro Colón, à raison de deux places par personne.

Ce concert proposera de nouvelles orchestrations de grands classiques du répertoire : Divertissement pour cordes, Sz 113, de Béla Bartok, Une nuit sur le Mont-Chauve de Modest Moussorgsky, Suite pour orchestre de Jazz n° 1, opus 38a de Dimitri Chostacovich et le Double concerto pour violon, bandonéon et orchestre de Daniel Ruggiero, un bandonéoniste et compositeur qui a de qui tenir (c’est le fils du musicien qui fut le premier bandonéoniste historique de l’orchestre de Osvaldo Pugliese).

C’est la première fois que Daniel Ruggiero se produit avec cette formation classique. Il a donné à ce propos une interview publiée dans Quinto Elemento Web.

Pour aller plus loin :
lire le communiqué du ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires.

La musique et la recherche en mode SOS [Actu]

"Rends-toi, Université publique.
Tu es cernée !"
Traduction © Denise Anne Clavilier

Alors que le Congrès débat actuellement du budget national 2020 et que l’opposition a décidé de reporter son vote à la fin octobre, après le 1er tour (quand on saura à quoi s’en tenir pour l’avenir), différents secteurs de la culture et de l’économie du savoir manifestent leur malaise : l’éducation nationale, qui est en grève chronique depuis la rentrée d’hiver et dont les syndicats appellent à un arrêt de travail d’une journée jeudi prochain, la musique, avec cette manifestation (ci-dessous), avant-hier, de la Orquesta Sinfónica Nacional, sur la scène du CCK, le grand complexe inauguré par Cristina Kirchner et géré aujourd’hui par Hernán Lombardi, et le monde scientifique dont plusieurs chercheurs sont présents dans les médias de l’opposition (Página/12, C5N, AM 750), à travers la publication de billets et d’interviews…

Photo Ricardo Ceppi (cédée à Página/12)

Le budget de la recherche proposé par le nouveau ministre de l’Economie a été raboté de 21 % par rapport aux demandes élaborées par le Conseil Inter-universitaire National.

Lundi, les étudiants ont commémoré un nouvel anniversaire d’une révolte estudiantine à l’Université de Buenos Aires, encore dans les murs de la Manzana de las Luces, il y a 43 ans : la « nuit des crayons », qui résonne avec la nuit des longs couteaux (quand le 30 juin 1934, Hitler fit assassiner par les SS les SA, qui l’avaient jusqu’alors fidèlement servi). Cette actualité et cette histoire a inspiré Daniel Paz qui dénonce les coupures budgétaires en tout sens, dans son dessin d’hier : la nuit des longs ciseaux…

Le conseiller (debout) : Les cliniques et les centres de convalescence privés vont mal.
Macri : Qu’est-ce qui se passe ? On était supposé venir détruire seulement l’assistance publique !
Página/12 ce matin
Traduction © Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur l'orchestre
lire l'article de Página/12 sur le budget des universités

lundi 16 septembre 2019

Un Plenario consacré au débat Tango versus Folklore à la Academia Nacional del Tango [à l’affiche]


Ce soir, lundi 16 septembre 2019, à 19h30, la Academia Nacional del Tango consacre sa séance publique à la présentation d’un ouvrage sur le Tango et le Folklore et la concurrence qui se joue entre eux, entre la ville (le tango) et les champs (le folklore).

Les auteurs, Alejandro Molinari et Roberto Luis Martínez, viendront parler de leur travail, paru à Editorial de la Cultura Urbana, qu’ils ont fondée et qu’ils dirigent.

Le ballet folklorique de l’Université Nationale des Arts animera la seconde partie de la soirée.

Entrée libre et gratuite, au Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo, 835, 1er étage.

Ma prochaine dédicace : le salon du livre de Saint Arnoult en Yvelines [ici]


C’est la rentrée avec son lot de salons. Samedi, j’étais à la Fête de l’Humanité. Dimanche prochain, le 22 septembre 2019, de 10h à 18h, je serai présente au 3e salon du livre de Saint-Arnoult en Yvelines (78), dans la Salle Le Colombier, sur le stand des Editions du Jasmin.

Entrée libre et gratuite.

Comme toujours, j’apporte le mate (la yerba vient directement de l’Argentine, où j’ai passé une bonne partie du mois d’août).

jeudi 12 septembre 2019

La Justice prend le virage [Actu]

La photo de une est un montage montrant un Macri soucieux
lisant le télégramme que la Justice vient de lui envoyer
pour lui notifier la décision de la juge
(le télégramme est l'équivalent procédural de notre accusé de réception)

Avertie par les résultats spectaculaires des PASO, qui ont placé, le 11 août dernier, le candidat péroniste très au-dessus du président qui tente de se faire réélire (+ 15 points), la Justice, comme on pouvait s’y attendre, retourne sa toge.

Cristina Kirchner reste poursuivie et le procès en cours continue mais d’autres causes ont été d’ores et déjà abandonnées.

Et hier, la Chambre commerciale de la Cour d’appel vient de prendre position dans le scandale de Correo Argentino, la poste argentine, qui avait été privatisée au profit du groupe Macri en 1997, quand le père de l’actuel président dirigeait l’entreprise qu’il avait fondée et qui porte son nom. La concession avait été accordée pour 30 ans et pendant 5 ans, la SOCMA (société Macri) a vidé l’ancienne poste de service public, ne réussissant qu’à faire des dettes au lieu de développer la société. Correo Argentino a été renationalisé en 2003 par Néstor Kirchner et le groupe Macri est resté depuis débiteur des dettes qu’il avait contractées.

Devant les difficultés à obtenir de la SOCMA le paiement de ces montants faramineux, la juge du droit des affaires qui enquête sur le scandale vient de mettre Correo Argentino sous tutelle pour mieux surveiller la comptabilité peut-être entretenue par l’administrateur nommé par le gouvernement qui lui a peut-être confié la mission de rendre illisible l’état du dossier comptable.

Par ailleurs, une instruction pénale est ouverte sur la même affaire contre le groupe Macri et le président lui-même dont on attend de voir ce qu’elle va devenir dans les semaines et les mois qui viennent.

Pour en savoir plus :

Des écrivains et des entrepreneurs s’adressent à Alberto Fernández [Actu]


Avant-hier, un collectif d’écrivains s’est adressé à Alberto Fernández, le candidat péroniste qui a de grandes probabilités d’être élu président le 27 octobre prochain : ils veulent sensibiliser le futur chef d’État aux enjeux du secteur du livre, qui a beaucoup souffert de la politique de l’actuelle majorité, et à ceux, plus généraux, de la culture, dont ils demandent que le portefeuille soit rétabli au rang de ministère. Il y a de fortes probabilités qu’un gouvernement Fernández s’en occupe : l’homme vit actuellement de son métier de professeur de droit pénal à l’Université de Buenos Aires (UBA) et non des émoluments d’un mandat électif ou de fonctions partisanes et c’est un passionné de musique (il fait lui-même de la musique et plutôt bien !).

Le même jour, le candidat consultait les dirigeants de l’union patronale des industriels argentins, qui avaient soutenu, du bout des lèvres, Mauricio Macri il y a quatre ans et qui condamnent aujourd’hui sa politique qui a conduit au désastre que vit le pays depuis plus d’un an.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 sur la lettre ouverte du collectif d’écrivains
lire l’article de Infobae sur le même sujet
lire l’article de Página/12 sur la rencontre entre le candidat et le président de l’UIA
lire l’article de Clarín sur le même sujet.

L’Argentine, dépotoir du monde ? [Actu]

Macri le chiffonnier, titrait Página/12
en référence aux ramasseurs d'ordures qui sillonnent la ville de Buenos Aires
mais quand ils ont des voitures, ils la partagent à dix
et elle est nettement rutilante que ce 4x4 typique du patronat rural

Le président Mauricio Macri vient de signer un décret qui autorise l’importation de déchets en Argentine sans contrôle sanitaire. En voilà une bonne solution pour redresser la barre de l’économie nationale : transformer son pays en poubelle du monde !

Et il est arrivé au pouvoir en promettant d’ouvrir l’Argentine au monde et d’en faire un pays respecté par les autres membres de l’ONU. C’est réussi.

Bien entendu, les humoristes de la gauche s’en donne à cœur joie, surtout dans le groupe médiatique Octubre : les maquettistes de Página/12 qui ont toujours beaucoup de talent, le duo Daniel Paz et Rudy, auteurs de la vignette de la une, et le journaliste et payador de la AM 750 (la radio du groupe), Hugo Paredero, que je vous invite à aller découvrir dans ce billet en musique qu’il a lancé lundi dernier à l’antenne (je l’ai pas mal écouté lorsque j’étais à Buenos Aires en août et c’est un excellent chansonnier).


La bourgeoise debout : Regarde-moi ce désastre ! A quoi ressemble la rue quand ils s’en vont après chaque manifestation ? Plein d’ordures partout !
Sa copine assise : Eh attention ! Des ordures mais importées !
La bourgeoise debout : Tant mieux ! Enfin nous nous ouvrons au monde !
Página/12, 10 septembre 2019
Traduction © Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
écouter la payadita basurera (petite payada ordurière) de Hugo Paredero sur le site de la AM 750.

Les circuits alternatifs se développent [Actu]

Foire de l'économie populaire, samedi dernier, à La Boca

Devant la crise économique qui fait fondre le pouvoir d’achat des Argentins, ceux-ci s’organisent avec le sens du système D qui les caractérise : des circuits de distribution solidaire se montent dans plusieurs zones, à Buenos Aires et dans sa proche et grande banlieue, où se concentre la majorité de la population du pays.

Un panier alimentaire de base à 300 pesos argentins

Le circuit solidaire Me.Co.Po (Mercado de Consumo Popular), créé en 2016 comme réponse associative à la politique néolibérale du Pro (parti majoritaire de l’alliance de gouvernement Cambiemos aujourd’hui au pouvoir), connaît un certain succès depuis le 12 août, lendemain cataclysmique des élections qui ont laissé deviner qu’il va y avoir alternance au pouvoir à Buenos Aires le 10 décembre prochain (voir mes précédents articles sur le sujet).

Le vendredi 6 septembre, Página/12 en a fait sa une.


Hier, le circuit, qui dispose d’une page Facebook, proposait un panier de 10 produits de base pour le prix modique de 300 pesos (divisez par 61 environ pour avoir le montant en euros) : des pâtes sèches, de la farine, des lentilles, de la mayonnaise (très appréciée dans les sandwichs et avec des légumes pour faire une salade russe), de l’huile de tournesol, du maïs sec (à faire tremper et à cuire à l’eau ou à la vapeur), de la sauce tomate, du riz et du lait entier. Au prix actuel, ça peut monter à 1000 euros dans un supermarché conventionnel. En matière d’épicerie sèche, il manque encore la yerba mate, le café ou le thé… Sans parler de la confiture et du dulce de leche, qui font partie de la diète ordinaire de l’Argentin moyen.


La journaliste : Les gens souffrent de la faim.
Durán Barba (conseiller ultra-libéral de Mauricio Macri honni par la gauche) : Bon, OK ! On a tout raté du côté du pain mais pour le cirque, personne ne peut se plaindre !
Página/12 de ce matin, vignette de une par Daniel Paz et Rudy
Allusion au chaos politique qui a suivi les résultats des pré-élections des PASO le 11 août avec des déclarations intempestives et contradictoires de la part de nombreux membres du gouvernement et de l’alliance gouvernementale Cambiemos.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Le Congrès débat actuellement d’une proposition de loi d’urgence alimentaire déposée par l’opposition. Le gouvernement de Mauricio Macri a promis d’apporter son appui à ces nouvelles mesures législatives mais la ministre de la Sécurité, la très droitière Patricia Bullrich, s’en moque à la manière d’une Marie-Antoinette de caricature (1) et le candidat à la vice-présidence qui accompagne Macri pour le renouvellement de son mandat, le péroniste dissident Miguel Pichetto (qui découvre depuis un mois qu’il a joué le mauvais cheval), prétend que la notion de faim ne peut pas s’appliquer dans la société argentine.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12 du 6 septembre 2019
lire l’article de Página/12 du 12 septembre sur les déclarations de Patricia Bullrich
lire l’article de Clarín du 12 septembre sur celles de Miguel Pichetto
lire l’article de La Nación du 12 septembre sur la décision du gouvernement concernant la loi d’urgence alimentaire



(1) "Pour les gens qui ont faim, il y a la soupe populaire !" (Il est de notoriété publique que les comedores, ou soupes populaires, sont tenus en général par des organisations que Cambiemos empêchent de travailler par esprit partisan -ce sont des opposants- et qu'ils manquent tous d'argent, même ceux qui sont organisés par des militants proches de Cambiemos, comme Margarita Barrientos qui elle-même s'est plainte récemment du manque de moyen).

jeudi 29 août 2019

Et à la fin, l'Argentine renégocie sa dette [Actu]

Comme toujours, la une de Pagina/12 joue sur tous les registres
Le slogan : "Yes, we can".
C'est celui que criaient les macristes samedi dernier devant la Rosada
Le plongeur, c'est Mauricio Macri
Le fond, c'est la façade du ministère des Finances sur Plaza de Mayo

Après avoir beaucoup critiqué et méprisé la stratégie des Kirchner, mari et femme, qui avaient restructuré la dette argentine, le gouvernement de Mauricio Macri est contraint de passer par le même chemin. Le nouveau ministre des Finances, qui était jusqu'à la semaine dernière celui de la Province de Buenos Aires, a tenu hier une conférence de presse où il a annoncé que le gouvernement allongeait ses délais de remboursement de la dette intérieure et allait prendre langue avec le FMI pour étaler les remboursements des 44 milliards de dollars qu'il lui a empruntés depuis juin 2018.

Sous le gros titre sur la restructuration en cours;
la photo montre les manifestations monstres qui coupent la circulation
dans les noeuds routiers qui desservent l'entrée dans Buenos Aires
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Il faut croire que la « formidable » manifestation de soutien à Mauricio Macri, samedi dernier, dont la presse de droite a fait ses gros titres le lendemain n'a pas convaincu grand et surtout pas la commission du FMI qui se trouvait alors dans les murs de la Casa Rosada pour une visite « technique ».

La Prensa a choisi l'image de la conférence de presse d'hier
Le nouveau ministre est le second à partir de la gauche
Le gros titre reprend un néologisme qu'il a inventé pour l'occasion
(reperfilamiento : super-profilage)
"Superprofilage pour une noyade"
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La présidence sort donc sur une défaite complète : Mauricio Macri avait demandé en prenant ses fonctions qu'on juge son action à sa capacité à diminuer la pauvreté (elle augmenté d'environ un tiers) et affirmé que l'inflation était le symptôme d'un gouvernement qui ne savait pas gouverner (il a reçu un pays à environ 25% d'inflation annuelle, elle dépasse maintenant les 50%). Il n'y a pas grand-chose à ajouter.

Pour en savoir plus :

lundi 26 août 2019

Après les PASO, presse Pinochio [Actu]

Oh, c'est pas beau de mentir !!!! La vilaine presse dite hégémonique qui ment pour tenter l'impossible et faire gagner son candidat, le président sortant, qui vient de se prendre un très sérieux coup de semonce il y a quinze jours lorsque l'électorat a mis en tête devant lui le candidat péroniste, avec 15 bons points d'avance.

"Un 24 août incontestable", clame La Prensa,
sur une photo qui dit l'inverse : elle montre le président au balcon
au lieu de montrer la supposée énorme foule en bas
La photo est prise en pleine nuit et semble être prise de jour !!!

Samedi dernier, un acteur et un réalisateur de droite s'étaient ligués pour appeler à des manifestations de soutien au président avec des arguments ahurissants : sauver la République, sauver la démocratie et bien sûr empêcher Cristina [Kirchner] de revenir au pouvoir. Hier donc quelques milliers de personnes (moins de 10.000 à coup sûr) se sont rassemblés à l'Obélisque de Buenos Aires pour marcher vers la Plaza de Mayo. Ce fut du même ordre dans les capitales provinciales, en proportion de leur population. Pendant ce temps-là, les ministres compétents s'entretenaient, à la Casa Rosada, avec la commission du FMI en visite d'inspection sur le plan de remboursement des prêts accordés tandis que le président se reposait, comme presque chaque week-end, dans l'une de ses résidences privées (c'est un homme qui consacre beaucoup de temps aux loisirs et aux vacances). Ces chiffres sont ridicules. Une manifestation à Buenos Aires se sont plusieurs centaines de personnes dans la rue. La Plaza de Mayo est pleine et déborde dans les rues et avenues adjacentes à commencer par la Avenida de Mayo. Cette démonstration de soutien est donc un échec, même s'il a rassemblé plus de personnes qu'il était prévisible, car on pouvait s'attendre à ne compter que quelques centaines de personnes.

Et dimanche matin, les trois journaux de droite d'envergure nationale, comme les chaînes de télévision (toutes de droite), la veille au soir, prétendaient que le soutien avait été massif. Les photos montrent le contraire mais comme la plupart des vues ont été faites de nuit, il est moins aisé de détecter la manipulation. Tous les Argentins qui n'ont jamais mis les pieds sur Plaza de Mayo peuvent se faire avoir.

Clarin est peut-être le plus honnête des trois :
il montre la foule en contrebas. Si on connaît bien Plaza de Mayo,
la faiblesse du public est manifeste.
Au-delà de l'obélisque blanc, au milieu de la place, il n'y a plus personne
Au premier plan, de dos, le président, encore en tenue de week-end, et Madame

Et pour couronner le tout, le président Mauricio Macri a fait de l'événement un meeting électoral : il est rentré avec sa femme à Buenos Aires, en hélicoptère (c'est un coût, tout ça), il a fait ouvrir les grilles qu'il a fait mettre sur Plaza de Mayo pour empêcher les manifestants d'offenser ses augustes oreilles en criant jusque sous ses fenêtres et il est venu saluer cette maigre foule comme une reine d'Angleterre au balcon de Buckingham Palace, avec Madame qui sautillait de joie à ses côtés... Pendant une demi-heure, en direct, sur la chaîne d'information en continu, la seule qui parle d'actualité le week-end. TN (chaîne de Clarin) n'a parlé de rien d'autre ce samedi soir. Même l'incendie de la forêt amazonienne, même le scandale d'une candidate surprise à voler dans un supermarché Coto du beau quartier de Palermo, ni la remise en cause par Macron et l'Europe de l'accord commercial avec le Mercosur n'ont retenu l'attention de la rédaction.

Gros mensonge en gros titre :
"Mobilisations massives pour soutenir le gouvernement"
et une photo qui ne permet pas de constater le mensonge

Pour aller plus loin :
lire l'article de Pagina/12 (où le journaliste raconte les scènes vécues tout au long du cortège et souvent assez peu supportables)

Mi proxima charla se brindara en Villa Mercedes (San Luis)


El miércoles 28 de agosto del 2019 a las 19:45, brindaré una charla sobre el Paris en el que vivio San Martin en el 1843. Este mismo año, el 15 de septiembre, Alberdi lo conocio y nos dejo una semblanza del heroe de los Andes... Vamos a encontrarnos en la Alianza Francesa de Villa Mercedes (San Luis), Balcarce 445.

Charla en castellano.

Entrada libre y gratuita.

samedi 17 août 2019

Quelques bouées de sauvetage lancées aux naufragés [Actu]

Le gros titre parle de lui-même sans traduction
En haut à droite, citation du candidat de l'opposition :
"L'accord n'a pas été respecté"
En haut, à gauche : "Colère et méfiance"

Jeudi dernier, un peu avant 19h, juste avant les premiers journaux audiovisuels, d'un seul coup, le président Mauricio Macri est apparu sur les réseaux sociaux pour lancer un discours de moins de deux minutes, où il est apparu un peu raide et les traits marqués pour annoncer, comme une décision très courageuse, une exemption de TVA sur une douzaine de produits alimentaires de première nécessité, dont certains supportent le taux le plus élevé : 21% sur la farine, par exemple.

"On supprime la TVA sur les aliments, on gèle les mensualités de prêt
et il y a du remaniement gouvernemental dans l'air"
Sur la photo, Macri baise la main de la gouverneure de Buenos Aires
qui a subi la plus grosse gifle électorale de toute l'opposition dimanche
Ce baise-main est photographié au cours d'une réunion de la majorité,
une réunion pour remobiliser les troupes et bizarrement tout était public
ce qui a permis de voir clairement tout le travail de démagogie en cours !

Cette mesure, en effet spectaculaire, touche la farine, la polenta, les pâtes sèches (les Argentins consomment en fait beaucoup de pâtes fraîches, le choix de pâtes sèches est donc assez réduit dans les épiceries comme dans les super et hypermarchés), le riz (produit sur le territoire national), la yerba mate, le mate cocido et le thé (lui aussi national... et pas très bon, mais on en trouve peu d'autres provenances plus traditionnelles), les conserves de fruits, de légumes et de légumineuses, les fruits et légumes frais, le pain, l'huile de tournesol (l'huile d'olive est considérée comme un produit de luxe) et le sucre. Cette annonce venait en complément d'autres mesures de soutien à la consommation avec injonction d'argent public ou sous forme d'avoirs fiscaux présentées dès mercredi et qui constituaient déjà une sérieuse entorse aux engagements officiels envers le FMI qui exige de l'Argentine une politique de rigueur qui interdit précisément la relance par la consommation populaire. Avec le FMI, un gouvernement doit punir les pauvres d'être pauvres (après tout, c'est leur faute), il doit leur faire tout payer au prix fort, y compris la santé et l'éducation, par la casse systématique des services publics. Ce qui a assez bien réussi en Argentine : le pays est tout désarticulé et dimanche, la population s'est révoltée et elle a glissé dans l'urne les bulletins de l'opposition.

De toute évidence, ce train de mesure, annoncé en deux fois, par le président est une tentative de réponse, dans l'urgence, sans beaucoup de réflexion en aval ni à long terme. Curieusement, elles reprennent de vieilles recettes, notamment péronistes et de gauche, que Mauricio Macri a toujours vouées aux gémonies (d'où la une de Pagina/12 hier, qui s'est bien amusé avec ce montage). Celles concernant la TVA sont une vraie esbroufe. Elles devaient entrer en vigueur dès le lendemain de l'annonce. Bien entendu, il n'en fut rien. Au mieux, on espère en voir l'effet à compter de dimanche, ou peut-être seulement lundi. Mais comme c'est un jour férié, ce sera peut-être mardi. Ou jamais. Allez savoir ! Car les artisans boulangers continueront à acheter leur farine avec TVA de 21% et seront obligés à répercuter cette partie du coût sur leurs prix de vente au détail s'ils veulent que leur maison survive, puisqu'ils ne pourront plus récupérer cette TVA sur le pain (ils pourront continuer sur tout le reste, en particulier les viennoiseries, qu'on achète ici beaucoup plus souvent qu'en France et par douzaine). Les grands acteurs de la distribution, Carrefour, Coto, Dia et autres Disco, maintiendront sans doute leurs prix actuels et garderont la marge pour arrondir leur chiffre d'affaires. Les petits supermarchés indépendants de quartier, qu'on appelle les chinos parce qu'ils sont tenus par des Asiatiques (Chine, Vietnam, Cambodge, Laos), auront peut-être l'honnêteté d'appliquer l'exemption pour que leurs clients s'approvisionnent chez eux de préférence aux grandes enseignes. Quoi qu'il en soit, l'Etat ne pourra rien contrôler, contrairement à ce que le président a promis avant-hier, car il ne dispose pas d'assez d'agents pour effectuer le travail sur les dizaines de milliers de points de vente qui existent dans ce pays qui couvre près que quatre fois le territoire de la France métropolitaine. Quant aux consommateurs, ils ne disposent d'aucune information sur les prix hors taxes (rien n'apparaît sur le ticket de caisse) et comme les prix n'ont pas cessé d'augmenter depuis plus d'un an à un rythme effréné, ils n'ont plus aucun repère pour savoir à combien était quoi samedi dernier, niveau de prix auquel sont censés revenir les produits exemptés de TVA.

"Ici [au supermarché], ce ne sont pas les paroles qui comptent"
La Prensa est le journal de l'oligarchie catholique réactionnaire
La perspective d'un gouvernement de gauche n'enchante pas la direction du titre

Pire encore : le candidat péroniste arrivé en tête des pré-élections de dimanche, Alberto Fernandez, a révélé le pot-aux-roses. Mauricio Macri a joué les pères Noël avec l'argent des provinces car ce sont aux entités fédérées et non à l'Etat central que revient la recette de la TVA.

Nouvelle preuve que le président a concocté dans l'urgence des mesures dont personne dans son équipe de gouvernement, comme il la désigne, n'a pris la peine d'étudier la faisabilité ni les conséquences.

La semaine prochaine, arrive une commission technique du FMI qui vient dispenser ses bons conseils de bonne gestion et taper sur les doigts d'un pays souverain qu'il tient en tutelle. C'est le ministre de l'Economie qui se chargera de l'accueillir. Un de ceux dont le Fonds monétaire a fait ou laissé fuiter peu avant les élections qu'il était parfaitement incompétent. L'homme serait démissionnaire depuis lundi mais le président refuserait de le laisser partir. Le ministre ne serait donc pas dénué du sens de l'honneur, quel qu'en soit le niveau.

Fuite en avant d'un chef d'Etat qui semble avoir perdu toute lucidité sur la réalité de son pays, qui croyait à sa réélection jusque très tard, dimanche soir, et met, aujourd'hui encore, celle-ci au-dessus de son devoir envers le pays qu'il est censé servir mais dont il est à craindre qu'il se serve.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Clarin, qui rapporte aussi les critiques qu'une thuriféraire de Macri adresse à celui-ci (il s'agit d'une dame qui anime des œuvres de bienfaisance bien pensantes et très à droite)

vendredi 16 août 2019

Fête de l'Huma à la rentrée [ici]


Au milieu d'un agenda argentin particulièrement secoué, à cause de la crise, de la situation politique et du froid persistant qui règne sur Buenos Aires depuis le jour de mon arrivée il y a une semaine, me voici en pensée rentrée déjà à Paris : le samedi 14 septembre 2019, je dédicacerai mes ouvrages sur la culture populaire de l'Argentine sur le stand des Editions du Jasmin, au Village du Livre, de la Fête de l'Humanité, qui se tiendra cette année encore au Parc départemental Georges Valbon de La Courneuve en Seine-Saint-Denis.

J'y serai le samedi 14 toute la journée.

Comme d'habitude sur un salon, j'apporterai le mate avec de la yerba mate authentiquement argentine, rapportée en France de toute fraîche date, en provenance directe du pays de San Martin.

L'entrée au Village du Livre est gratuite mais pas celle à la Fête (25 euros). La vente des billets d'entrée est ouverte sur le site Internet de la manifestation.

jeudi 15 août 2019

L'humour de Rep ce matin : vachard ou revanchard ? [Actu

Ce matin, la vignette de Miguel Rep, dans Página/12, renvoie à la défaite pré-électorale de Mauricio Macri et au sort judiciaire que celui-ci aurait aimé réserver à sa prédécesseure, Cristina Kirchner, actuellement poursuivie pour des faits de corruption dont les preuves sont encore faiblement constituées en ce qui la concerne personnellement. Le même sort qui est fait ou guette tous les mandataires de gauche dans les pays dont la majorité est passée à droite : Lula au Brésil, emprisonné effectivement au terme d'un procès douteux sous Michel Temer (et c'est pire sous Bolsonaro), Correa en Equateur (mais il s'est installé en Belgique puisqu'il a épousé une ressortissante du Plat Pays), Michèle Bachelet au Chili (protégée par son poste à la tête de la commission des droits de l'Homme à l'ONU), etc.

Comme à son habitude, Rep codifie son dessin et utilise le jeu de mots.

Le "Birrey" (à la fois vice-roi et deux fois roi ou roi au carré) est le personnage caricatural qu'il avait inventé au début du mandat de Mauricio Macri pour le représenter. Il semblait l'avoir presque abandonné depuis un bon moment et il le ressort maintenant.
Il a un visage jaune, la couleur de son parti, le PRO. Un grand nez comme Pinocchio, parce qu'il raconte en permanence des bobards. Un sourire carnassier, parce que c'est à l'origine un homme d'affaires, ou plutôt le fils d'un homme d'affaires qui avait davantage de considération pour ses comptes en banque, dont certains dans des paradis fiscaux, que pour le bien public.
Et « président », il risque le bagne (presidio)...
Après, ça vous amuse ou non, c'est selon votre goût.


Le Biroi. Cochez l'option de votre choix.
Président. Ex-président. Prisonnier. Ex-prisonnier.
Traduction © Denise Anne Clavilier