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"Adieu au musicien du peuple", dit le gros titre du principal quotidien uruguayen Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Rubén Rada était musicien,
chanteur, percussionniste, compositeur et acteur puisqu’il avait
aussi joué dans divers téléfilms et feuilletons télévisuels où
son sens de l’humour faisait merveille.
Le musicien de 83 ans était
hospitalisé depuis un mois dans son Uruguay natal pour une affection
pulmonaire qui a fini par l’emporter hier, à 15h30, alors qu’il
avait encore plein de projets d’enregistrements et de spectacles.
Le gouvernement uruguayen a décrété un jour de deuil officiel et
il a accordé à l’artiste disparu de grands honneurs funéraires
avec une veillée qui se tiendra aujourd’hui dans la salle des Pas
perdus du Parlement à Montevideo, sa ville natale, à partir de 14h
(la veillée sera ouverte à tous).
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"Le tambour ne se taira pas", dit le gros titre du supplément culturel quotidien de Página/12 Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Rubén Rada, c’était par
excellence le grand du candombe, un genre typique de la culture
afro-rioplatense dont la plus grande partie s’exprime en Uruguay
depuis le milieu du 19e siècle, le candombe que
symbolisent les hauts tambours si reconnaissables dans les défilés
de carnaval. Il en avait fait son instrument de prédilection.
Au-delà du candombe, Rada avait inclus dans son œuvre tous les
autres genres de la musique populaire de la région, devenant ainsi
l’un des meilleurs représentants de la fusión, comme le
titre Página/12 ce matin. En mêlant le candombe uruguayen,
le rock, un bon nombre de genres musicaux du Brésil, pays dont sa
mère était originaire, et le jazz, il avait inventé le
candombe-beat et c’est ainsi qu’il est honoré dans la presse de
son pays.
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La tragédie qui s'est abattue sur le Népal hier relègue à des titres secondaires la disparition du musicien Ici, en haut à droite, à la hauteur du titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Dans son enfance et sa jeunesse,
il avait aussi été inspiré par le cinéma états-uniens dont il se
régalait gratuitement dans une salle de son quartier : Fred
Astaire, Gene Kelly et Franck Sinatra ont été parmi ses premières
idoles. Il les imitait et il avait ainsi absorbé l’héritage.
Rubén Rada laisse derrière lui
une œuvre multi-facette de plus de 40 albums enregistrés et
publiés. En avril, il avait annoncé son retour prochain sur scène.
Buenos Aires espérait le recevoir dans l’une de ses grandes salles
comme à chacune de ses tournées internationales.
Aujourd’hui, dans la presse, la
plupart des journaux lui consacrent plusieurs articles dont La
Nación qui a mis en ligne un papier illustré de six vidéos
intégrées pour rendre hommage au répertoire de l’artiste. A
consulter par conséquence en priorité !
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Même stratégie rédactionnelle à La Nación Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
La presse uruguayenne étant de
moins en moins accessible ouvertement en ligne, elle est donc
malheureusement peu présente dans ma revue de presse alors qu’elle
est plus importante sur ce sujet que la presse argentine. El
Observador republie aujourd’hui la dernière interview que lui
avait accordée Rubén Rada. Il y avait abordé son rêve avorté de
carrière dans le football, son peu d’amour pour l’école (il
n’est même pas allé au bout du cycle primaire) et l’expérience
qu’il avait faite du racisme dont il a été victime au cours de sa
vie (malheureusement, la présence d’une forte culture
afro-américaine en Uruguay ne préserve pas le pays de ce fléau).
A Montevideo, à l’annonce de
cette triste nouvelle, les gens sont sortis dans la rue avec leurs
instruments, dont ces fameux tambours, et ils lui rendent hommage en
musique et en chanson.
© Denise Anne Clavilier
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