lundi 12 novembre 2018

La Martino présentait hier son nouveau disque à la Usina del Arte [Disques & Livres]


Hier, à la Usina del Arte, le grand complexe culturel municipal au cœur de la Boca, la Martino Orquesta Típica, une formation de jeunes musiciens, fondée en 2012 par Nehuén Martino, présentait son deuxième album, Plural, édité uniquement en format numérique, sans disque physique.

Le groupe partageait la scène avec la chanteuse Patricia Malanca.

Des artistes à découvrir grâce aux articles que leur consacrait hier Página/12 et, en ce qui concerne l'orchestre, à travers son site Internet et sa page Facebook.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 sur la Martino
lire l'article de Página/12 sur Patricia Malanca

Egalité au match aller, avantage pour River [Actu]

Une du supplément sportif hebdomadaire de Página/12

La une de Clarín unifie le gros titre et la photo

Finalement, après une suspension samedi soir à cause de la pluie torrentielle qui a ravagé certains quartiers de Buenos Aires et une bonne partie de la banlieue sud, le classique des classiques qui opposait en match aller de la finale de la Coupe des Libérateurs les clubs Boca Juniors (en bleu et jaune) et River Plate (en blanc et rouge) s'est terminé sur un score à égalité de 2 à 2.

La Nación a quant à elle partagé sa une entre photo et gros titre

Le match retour, tout aussi serré, se jouera le 24 novembre, à 17h, heure locale, au stade Monumental, dans le quartier de Belgrano, sans supporters extérieurs, et avec un bon avantage pour le club résident (River Plate).

La Prensa est le seul quotidien national à faire une place en une
à la préparation du G20 le 30 novembre,
à la commémoration de l'Armistice (avec la trogne disgracieuse de Trump)
et à la tragédie des incendies géants en Californie

Pour en savoir plus :
consulter la galerie de photos publiée en ligne par Clarín

samedi 10 novembre 2018

A Buenos Aires, la Nuit des Musées jusqu'à 3h du matin [à l'affiche]


Pour la quinzième année consécutive, les musées de Buenos Aires ouvrent leurs portes ce soir jusqu'à 3h du matin demain pour la Noche de los Museos.

Visites gratuites. Parcours thématiques pour les petits et les grands.

A cette occasion, la Confitería El Molino, en pleine opération de restauration, ouvrira ses portes sur Plaza del Congreso.

Trente musées supplémentaires se sont joint cette année à la manifestation.

Pour la première fois, cette date correspond aussi à un super-clásico du foot : la rencontre ce soir à 17h au stade de La Boca, la Bombonera, du match aller de la finale (grandiose) de la Copa Libertardores, l'équivalent du championnat d'Europe des clubs : un match qui opposera Boca Juniors à River Plate... Et en plus, le ciel semble hostile : il risque fort de pleuvoir beaucoup.

Pour en savoir plus :

Un premier pas vers la séparation de l'Eglise et de l'Etat [Actu]

Une de La Prensa ce matin
Le journal a choisi de suggérer que la décision vient de Rome
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La conférence épiscopale d'Argentine vient de tenir pendant une semaine l'une de ses assemblées plénières, à Pilar, dans la province de Buenos Aires. Au menu des discussions, il y avait plusieurs points à dimension politique : les besoins de redistribution dans une société argentine où la paupérisation gagne à cause de la grave crise que traverse le pays et l'engagement très progressif d'un sevrage économique de l'Eglise, qui s'apprête à renoncer aux financements publics.

Une de La Nación ce matin
La photo porte sur la forêt tropicale du nord-ouest
une zone du pays où les enfants sont très défavorisés
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Cette grande réforme devrait conduire à terme à une séparation de l'Eglise et de l'Etat, appelée de ses vœux par le pape François lui-même, non pas pour l'Argentine seule mais pour tous les pays, à condition, dit le Saint Père, que soit garantie la liberté du culte par l'Etat. Une séparation structurelle garantira aussi la liberté de l'Eglise, sa liberté d'action et de parole, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui en Argentine, où le financement public entraîne des querelles politiques sans fin au moindre désaccord qui se fasse jour avec la majorité au pouvoir.

Cette réforme se mettre en place lentement car l'Eglise ne peut pas d'un seul coup déséquilibrer ses comptes, d'autant que l'institution a des frais fixes et exerce encore aujourd'hui des missions de bienfaisance qui pallient l'inertie d'un Etat Providence dont l'action est pour le moins fragile (développée hier sous les Kirchner et réduite à très peu de choses aujourd'hui sous Macri). L'objectif pour l'Eglise catholique est de passer à un financement pris entièrement en charge par les fidèles alors que les prélats sont salariés par l'Etat, les évêques gouvernant ayant droit à une rémunération d'environ 46.000 pesos mensuels contre 40.000 pour un évêque auxiliaire. La plupart des évêques ne gardent pas ces sommes pour eux mais en versent une bonne partie à leur diocèse, lesquels effectuent une péréquation pour que les diocèses riches aident les diocèses moins favorisés sur le plan économique.

Une de Clarín dimanche dernier
Les journaux annonçaient déjà la décision de l'épiscopat
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La décision de la CEA répond à une polémique publique déclenchée par le Premier ministre, Marcos Peña, qui avait pris en mars dernier l'opinion publique à témoin des revenus des évêques dans une volonté manifeste de semer le doute sur l'honnêteté des prélats alors que ceux-ci commençaient à dénoncer avec sévérité les effets désastreux de la politique sociale et économique du gouvernement. La subvention que l'Etat verse à l'Eglise catholique s'élève actuellement à 130 millions de pesos. La religion catholique est considérée comme religion d'Etat. Le protocole prévoit un Te Deum pour toutes les fêtes nationales, notamment le 25 mai et le 9 juillet. Là encore, cette cérémonie fait l'objet de polémiques systématiques tous les ans.

Une de La Prensa de dimanche dernier
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La baisse des subventions publiques commencera en 2020. L'année est en effet trop avancée pour que la mesure soit mise en œuvre sur l'exercice 2019.

Cette assemblée plénière de la CEA a été suivie avec une attention assez inhabituelle par les journalistes de tous bords depuis dimanche.

Pour en savoir plus :
dimanche 4 novembre
lire l'article de La Nación qui se penchait sur l'analyse de la crise économique plutôt que sur les rumeurs concernant la renonciation aux financements publics
mardi 6 novembre
lire l'article de Página/12 sur les préoccupations sociales de la CEA
lire l'article de Clarín qui préférait revenir sur une messe célébrée par l'évêque de Mercedes (en province de Buenos Aires) dans la basilique nationale de Luján à la demande du leader historique de la CGT, le camionneur Hugo Moyano, en difficulté judiciaire, ce qui a fâché tout rouge les catholiques de droite et tout le gouvernement, qui a pris en grippe celui qui fut au début l'un de ses alliés
Aujourd'hui :
lire l'article de La Nación

Ajout du 11 novembre 2018 :
lire l'éditorial de Página/12

Ajout du 12 novembre 2018 :
lire l'article de Clarín sur l'analyse du gouvernement concernant le renoncement de l'Eglise (-7% de subsides publics en 2020)

Le festival international du cinéma commence à Mar del Plata [à l'affiche]

L'affiche du festival, avec le symbole de la ville : le morse qui se prélasse sur ses plages

Aujourd'hui s'ouvre le 33e festival international de Cinéma de Mar del Plata, la grande station balnéaire argentine. Un festival un peu plus court que d'ordinaire, de seulement huit jours au lieu des dix habituels, à cause de la crise économique, dans un Mar del Plata où la station estivale s'annonce néanmoins normale (certains hôtels ont déjà fait le plein de réservations pour décembre).

Au programme de cette manifestation désormais traditionnelle : 271 films venant de 77 pays. La France sera à l'honneur avec des hommages à Pierre Richard, à Jean-Pierre Léaud et à Léo Carax qui sont attendus sur place. Claude Lelouch sera lui aussi honoré à cette occasion.

Ce sera la première édition du festival de la nouvelle directrice artistique, Cecilia Barrionuevo, la première femme à accéder à cette fonction.


Comme d'habitude, le festival propose sept catégories de compétition : cinéma latino-américain et cinéma argentin qui compte chacun deux sous-catégories (longs et courts métrages), cinéma d'avant-garde, Work in progress (en anglais dans le texte) pour les œuvres en gestation et cinéma international où douze longs métrages concourent pour le Astor d'or, la palme locale, qui porte le prénom d'un célèbre compositeur de tango, Piazzolla, qui est né à Mar del Plata en 1921.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, qui fait du festival la une de ses pages culturelles (photo ci-dessus)
vous connecter à la page Facebook de la manifestation.

Non-lieu pour Cristina Kirchner [Actu]

Cristina Kirchner dans l'hémicycle de la Chambre haute (photo Damián Dopacio)

Le juge d'instruction en charge de l'affaire dite du dinero K, un circuit d'argent issu de la corruption qui implique la famille présidentielle et tout son réseau politique et économique, vient de prononcer un non-lieu partiel concernant l'ex-présidente, Cristina Kirchner, qui ne comparaîtra donc pas devant le tribunal à ce sujet. C'est la première fois depuis qu'elle a été impliquée dans cette affaire des plus malodorantes qu'elle bénéficie d'une mesure en sa faveur par une justice que l'opposition estime aux ordres du gouvernement en place.

Cristina Kirchner n'en reste pas moins dans le collimateur du juge et pourrait avoir à répondre des faits incriminés dans une deuxième phase du dossier. Elle fait l'objet d'un complément d'enquête à l'initiative du magistrat en charge de l'instruction.

Cristina Kirchner est aujourd'hui sénatrice nationale. Elle bénéficie toujours de l'immunité liée à cette fonction élective, malgré plusieurs tentatives de la majorité de la faire lever. En pure perte jusqu'à présent.

Curieusement, Página/12 ne met pas l'info à sa une ce matin mais les trois autres, Clarín, La Nación et La Prensa, si. Le monde à l'envers.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Clarín

Ajout du 13 novembre 2018 :
lire cet article de La Prensa sur la prise de position de Margarita Stolbizer, la leader social-démocrate, très opposée à Cristina (qu'elle soupçonne depuis longtemps d'un très haut degré de corruption), et qui soutient la décision du juge. Stolbizer est une femme politique aussi éthique que faible sur le plan électoral.

Ce soir, la rencontre des rencontres : Boca Juniors contre River Plate [à l'affiche]

La une de Clarín le 1er novembre lorsqu'on a su
quels clubs allaient disputer la finale !
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Ce soir, c'est une rencontre exceptionnelle qui se joue à 17h à la Bombonera : la finale aller de la Copa Libertadores, une compétition sud-américaine entre les différents clubs de première division, entre Boca Juniors et River Plate, les adversaires de toujours dans le petit monde des clubs portègnes.

Le match retour se tiendra le 24 novembre au Monumental, le stade de Palermo installé sur le territoire du quartier voisin de Belgrano.

La finale est en manchette
En gros titre, le projet de loi de la legislatura de Tucumán
qui prétend interdire l'avortement même en cas de viol,
ce qui enfreint les règles constitutionnelles qui s'imposent dans tout le pays

La tension est telle que, pour des raisons de sécurité et contre l'avis du gouvernement, les autorités locales du football ont décidé que le match se jouerait en l'absence des supporters de River Plate, qui devront se contenter de regarder le match à la télévision. La chaîne sport du groupe Fox est parmi les chaînes qui ont payé les droits de retransmission. Mauricio Macri, ancien président du Boca Juniors, a souhaité que la télévision publique, en TNT, retransmette elle aussi afin d'assurer un accès gratuit au match à tous, hors bouquet satellitaire payant. Le gouvernement est d'autant plus marri qu'il s'apprête à recevoir les chefs d'Etat du G20 le 30 novembre et que ça fait mauvais effet qu'il ne soit pas considéré comme capable de maintenir le calme pour un simple match entre deux clubs locaux !

Marca est un quotidien sportif espagnol
Même la presse européenne latine s'intéresse à ce match emblématique

Comme les supporters extérieurs ne sont pas admis sur les gradins, les buts marqués par River ne compteront pas double en cas d'égalité de score.

D'une manière assez dérisoire, les présidents des deux clubs ont appelé les supporters au calme en précisant bien que les deux équipes étaient rivales ou adversaire mais non pas ennemies. Mais leur incapacité à ouvrir les portes du stade à tout le monde ne prêche pas en ce sens !

Pour en savoir plus :
lire l'article de La Prensa sur les propos des deux présidents de club
lire l'article de La Prensa sur les deux matches

mardi 6 novembre 2018

Jacqueline Sigaut au Café Vinilo demain soir [à l'affiche]


La chanteuse Jacqueline Sigaut se produira demain soir, mercredi 7 novembre 2018, à 21h, au Café Vinilo, Gorriti 3780. Elle sera accompagnée par Leonardo Andersen à la guitare, Andrés Serafini à la contrebasse et de Chino Molina au bandonéon.

Elle a invité une autre chanteuse, Lorena Astudillo, et le poète Raimundo Rosales, dont elle est une des interprètes.

Entrée : 300$ ARG (prévoir également les consommations).

Au cours de cette soirée, Jacqueline présentera son septième disque, Resiliencia Tango.

Bientôt en dédicace à Montreuil [ici]


Le 29 novembre 2018, de 9h à 12h, je serai présente au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Seine Saint-Denis sur le stand des Editions du Jasmin pour dédicacer mes ouvrages sur la culture argentine, à commencer par Contes animaliers d'Argentine.

Je serai de retour sur le stand le samedi 1er décembre de 14h à 17h.

Illustratrice : Jimena Tello, artiste argentine installée à Buenos Aires

Comme d'habitude, dégustation de mate argentin sur le stand (si toutefois les auteurs disposent d'un peu de place derrière la table - ce n'est pas toujours le cas sur cette manifestation).

Le salon se tient à l'Espace Paris-Est, 128 rue de Paris, Montreuil (93100), M° Robespierre.

L'entrée est libre et gratuite pendant toute la durée de la manifestation (28 novembre au 3 décembre) pour les mineurs. Elle est payante pour les adultes du 1er au 3 décembre au tarif de 5 €. Tous les visiteurs (gratuits ou payant) doivent réserver leur entrée à la billetterie du salon, qui est ouverte en ligne sur le site Internet.
Les demandeurs d'emploi peuvent entrer gratuitement sur présentation de justificatif à la caisse du salon, sur place.

Pour en savoir plus :
consulter le site Internet du salon.

lundi 5 novembre 2018

Le centenaire de Homero Expósito à la Academia Nacional del Tango [Troesmas]


Ce soir, lundi 5 novembre 2018, à 19h30,  la Academia Nacional del Tango consacre son premier Plenarion du mois au centenaire de la naissance du poète Homero Expósito, l'auteur de Yuyo verde, Tristezas de la calle Corrientes, Azabache ou Afiches (1)...

C'est l'auteur Matías Mauricio qui sera en charge de nous présenter l'œuvre et l'homme tandis que les chanteurs Martín Alvarado et El Negro Falótico interpréteront quelques grands tangos du maître, accompagnés respectivement par Pepo Ogivieki et Matías Alvarez.

En tango rituel, les participants écouteront Margo, chanté par Rubén Juárez accompagné par l'orchestre de Raúl Garello, tous deux décédés.

Entrée libre et gratuite comme chaque premier et troisième lundis du mois, au siège de l'institution : avenida de Mayo 833.

Pour découvrir le grand poète que fut Homero Expósito, consultez les pages qui lui sont consacrées dans le site encyclopédique français Todo Tango.



(1) Ces quatre titres font partie de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié aux Editions du Jasmin, qui le diffusent. L'ouvrage sera disponible sur le stand de l'éditeur lors des prochains salons du livre auxquels je participerai. Il l'est aussi auprès de tous les libraires.

samedi 3 novembre 2018

La Siniestra présente son nouveau disque à Galpón B avec Finisterre et Alto Bondi [à l'affiche]


Ce soir, samedi 3 novembre 2018, au Galpón B, Cochabamba 2536, à 21, trois formations se retrouveront sur la scène : La Siniestra (qui a abandonné le violon pour la flûte traversière), Finisterre, un sextuor típico (avec guitare) et Alto Bondi (eux aussi avec guitare).

Les trois groupes appartiennent tous au tango nuevo, au tango underground qui fait vivre le genre dans sa conscience politique et sociale.

La Siniestra présente son nouveau disque, le quatrième, intitulé Depredamor, qui sort sous le label Acqua Records, et qui a été déclaré de interés cultural par le ministère de la culture de la Ville Autonome de Buenos Aires.

Les trois formations disposent chacune de leur site Internet où l'on peut découvrir leur musique et leurs styles différents.

Entrée libre et gratuite.

Pour aller plus loin :
consulter le site Internet de Galpón B, l'ancien Teatro Orlando Goñi

Nouvelle provocation de Patricia Bullrich [Actu]

"Celui qui voudrait être armé, qu'il porte une arme"
avec une photo qui montre une expression habituelle de la ministre
toujours aussi aimable qu'une porte de prison
En manchette : une polémique lancée
par le président au sujet d'une prochaine finale de foot.

Au sortir d'un dîner avec d'autres membres du gouvernement dans un restaurant de Río Cuarto, dan la province de Córdoba, la ministre de la Sécurité, Patricia Bullrich, a accordé une interview à la presse où elle a déclaré que l'Argentine était un pays libre et que par conséquent si les citoyens voulaient s'armer, pourquoi pas ? Au sein d'un gouvernement qui prétend lutter contre l'insécurité et la violence dans le pays !

Cette politicienne de droite dont les positions manquent de nuance n'en est pas à sa première provocation contre les principes de l'état de droit. Elle était partisane depuis environ un an de donner quitus aux policiers qui auraient fait usage de leurs armes. Elle a félicité et soutenu contre tous Luis Chocobar, ce policier de la Bonaerense (police de la province de Buenos Aires) qui a tué à La Boca, dans le territoire de la capitale fédérale, il y a un an, un malfaiteur mineur en fuite et qui va devoir répondre de l'abus d'usage de son arme (hors légitime défense) devant la justice (voir mon article du 31 octobre 2018).

Ses propos sont d'autant plus inquiétants qu'ils interviennent dans un contexte dur en Amérique où se hissent au pouvoir des personnalités aussi peu démocratiques que Donald Trump, Nicolás Maduro et Jair Bolsonaro.

Página/12 en fait sa une ce matin mais de nombreux journaux ont relayé les propos sulfureux de la ministre.

Pour aller plus loin :
dans l'opposition :
dans la majorité élargie :

jeudi 1 novembre 2018

Nicolás Ledesma demain au Palacio Carlos Gardel [à l'affiche]


Le pianiste et compositeur Nicolás Ledesma se produira demain soir, vendredi 2 novembre 2018, à la Academia Nacional del Tango, Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo 833, à 19h30 dans le cadre des concerts Maestros en Concierto.

L'une des manifestations payantes proposées par l'institution.

Participation aux frais : 250 $ ARG par personne.

Pour en savoir plus sur l'artiste, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre.

Le secteur du livre en grande difficulté [Disques & Livres]

Un montage de une dont le pessimisme exagéré est provocateur...

Página/12, le quotidien de la gauche argentine, consacre aujourd'hui plusieurs articles à la triste situation du livre dans le pays.

A l'échelle nationale, la vente de livres a baissé de 12% par rapport à l'année dernière. De 2016 à 2018, les tirages ont chuté de 50%, l'emploi dans le monde de l'édition de 20% en emploi direct et de 15% en emploi indirect. Il a baissé de 15% chez les libraires et les imprimeries ont perdu 5.000 postes de travail. Par rapport à 2015, année de l'élection du président Mauricio Macri, la vente de livres a décru de 25 à 35%.
C'est en résumé le rapport que la Fédération argentine du Livre (CAL) vient de publier.

Schéma de la répartition du marché éditorial
SEC : Secteur de l'Edition Commerciale
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Source : rapport de la CAL octobre 2018

Le même phénomène s'observe aussi dans d'autres pays. En France, nous autres auteurs en faisons l'expérience très nette sur tous les salons du livre auxquels nous participons. Il est très clair que la lecture décroît à grande vitesse, sans doute au profit d'autres consommations de loisir (notamment les séries que produisent de gros producteurs, comme Netflix, qui s'asservissent le public retenu captif et dépendant pour plusieurs années dans une consommation passive, peu constructive sur le plan intellectuel et émotionnel). En Argentine, où Netflix a fait une rapide percée, un autre facteur entre en œuvre : la crise économique qui frappe le pays depuis l'arrivée au pouvoir de la nouvelle majorité et encore plus depuis le mois de juin dernier quand le gouvernement s'est mis à intensifier sa politique d'austérité pour répondre aux exigences du FMI.

Tableaux comparatifs des nouveaux livres et des ventes en 2016, 2017 et 2018
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Source : rapport de la CAL octobre 2018

La CAL rassemble 540 entreprises petites et moyennes de l'édition et de la distribution du livre (voir son site Internet). Elle déplore la fermeture de 35 petites librairies dans tout le pays alors que 30 autres ont dû fermer des points de vente de leurs réseaux, ont été achetées par de grandes enseignes ou ont dû réduire leur surface de vente. 80 librairies ont des difficultés de trésorerie. Cette année, jusqu'à la fin du mois d'octobre, 23.000 nouveaux titres ont été édités par l'ensemble des acteurs (édition commerciale, auto-édition et autres modes de publications, dont les institutions publiques, les universités et les associations) pour un total probable de 27.500 exemplaires d'ici la fin de l'année contre 28.440 l'année dernière et 27.912 en 2016. Chaque ouvrage est donc tiré à un tout petit nombre d'exemplaires, nettement moindre qu'en France où les tirages initiaux baissent pourtant régulièrement tous les ans chez la plupart des éditeurs.

"80 ans de promotion de l'industrie éditoriale argentine"

C'est donc la richesse et la diversité de l'offre de livres qui sont en danger dans le pays, qui occupe depuis longtemps une position de leader sur ce marché au niveau continental.

Lui : Cambiemos [la majorité] a reformulé la théorie de Darwin
Elle : Comment ça ?
Lui : De la survie du plus apte, on est passé à celle du plus riche
Source : une de Página/12, édition de ce jour
Traduction © Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :
lire le communiqué de presse de la CAL, à travers lequel il est possible de consulter en ligne ou de télécharger les treize pages du rapport illustré.

mercredi 31 octobre 2018

La Cour Suprême envoie Luis Chocobar devant ses juges [Actu]

L'affaire Chocobar est traitée en manchette en haut à droite
avec la photo choquante de Macri félicitant le policier après la mort du jeune délinquant
Le gros titre se rapporte aux prévisions du FMI concernant l'économie argentine
un PIB en chute de 6,3% et une inflation de 50%
là où le gouvernement annonce les taux de 1,7% et 32%

La justice avance peu à peu et difficilement. Après bien des gestes de soutien de la part de l'exécutif, Luis Chocobar devra répondre de ses actes et comparaîtra devant la cour pour homicide aggravé et abus de la force dans l'exercice de son devoir.
Le sous-officier de la police de la Province de Buenos Aires a tué, il y a un an, un délinquant armé qui s'enfuyait après avoir poignardé un touriste dans une partie (réputée très dangereuse pour les touristes) du quartier de La Boca, alors qu'il était en congés, tout en portant son arme de service, et qu'il se trouvait hors de son ressort territorial.

A l'unanimité, la Cour Suprême, réputée présidée par un juge très favorable à Mauricio Macri, a refusé le recours présenté par l'avocat de la défense contre les motifs avancés par la chambre d'accusation.

La victime du tir du policier allait sur ses 18 ans. L'affaire est donc du ressort de la justice des mineurs.

L'affaire Chocobar est traitée en manchette, en haut à gauche
tandis que la une se partage entre début du procès contre la corruption du système Kirchner
et les excuses du futur ministre brésilien de l'Economie
relatives à ses propos très peu diplomatiques d'avant-hier sur le Mercosur et l'Argentine
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Seul Clarín présente l'affaire sous un jour très nettement favorable au policier, comme si celui-ci avait fait usage de son arme en légitime défense et pour défendre le touriste, que les délinquants venaient d'abandonner au moment des faits incriminés. Les autres quotidiens prennent la mesure de l'abus de langage lorsqu'on évoque la légitime défense pour justifier un tir qui a atteint la victime dans le dos.

Cette décision de la Cour Suprême met en échec pour le moment la doctrine que la ministre de la Sécurité voulait mettre en place pour donner aux forces de l'ordre toute latitude pour faire feu, ce que Bolsonaro s'apprête à mettre en place au Brésil.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12, hostile dès le début au soutien que le président et différents ministres ont apporté publiquement au policier inculpé, contre tous les principes de l'état de droit qui appliquent aux représentants des forces de l'ordre des règles très strictes en la matière
lire l'entrefilet de La Prensa, qui ne se prononce pas tout en traitant le sujet en manchette de sa une
lire l'article de La Nación, qui se contente de reproduire, en ligne seulement, la dépêche de Télam sur le sujet.

mardi 30 octobre 2018

Tombée de rideau sur Esquina Carlos Gardel [Actu]

Ce matin (ou plutôt hier soir), La Prensa était le seul quotidien argentin à se faire l'écho de la fermeture définitive d'un des plus célèbres cena-show de la capitale argentine, très fréquenté par les cars de touristes internationaux : la Esquina Carlos Gardel, installée dans les murs d'un ancien restaurant populaire, le Chanta Cuatro, où, après son travail de porte-faix aux halles toutes proches (el Abasto), le futur grand chanteur avait, dans les années 1910, l'habitude de manger un morceau gratuitement contre un petit récital à sa façon pour le public de forts des halles et de marchandes de poireaux qui fréquentaient l'endroit.

L'intérieur de la Esquina Carlos Gardel, tel que je l'ai vu en 2007
Luxe tapageur et bling-bling.

La Esquina Carlos Gardel se situe à quelques centaines de mètres de la dernière maison de l'artiste, aujourd'hui transformée en musée municipal (Museo Casa Carlos Gardel) et non loin de son domicile de l'époque.

Malgré la descente de police venue saisir tout le mobilier et le matériel de valeur qu'il y avait à saisir dans l'établissement après son dépôt de bilan, le site Internet continue à fonctionner comme si de rien n'était.

La Esquina Carlos Gardel avait été fondée il y a dix-sept ans par la danseuse Dolores de Amo (excellente) et son mari, Juan Fabbri, l'un des mandarins du tango à touristes dans la capitale argentine (il possède ou du moins possédait plusieurs établissements du même standing, qui servent aux touristes une nourriture chichiteuse et insipide et de prétentieux spectacles à paillettes sans rapport avec la réalité du tango de l'homme de la rue à des prix astronomiques). Le couple avait, dit La Prensa, spéculé sur la chute du peso et espérait que le change avantageux pour les détenteurs de devises fortes (dollar, euro, yen) allait attirer un flot de touristes pleins de sous (1). Ils tomberaient donc victimes de leur stratégie cynique autant que de l'effondrement économique général du pays. La Esquina Carlos Gardel était aussi un lieu où des artistes talentueux trouvaient du travail et des cachets confortables, qui leur permettaient ensuite et ailleurs de se consacrer à leur art véritable, beaucoup moins rémunérateur mais tellement plus authentique. L'établissement faisait aussi travailler du personnel de salle et de cuisine, des costumiers et des décorateurs, des machinistes, des techniciens du son et de la lumière et des fournisseurs.

L'homme d'affaires avait aussi lancé la chaîne de télévision Solo Tango, où des gens de qualité comme Nolo Correa et Gabriel Soria produisaient et animaient de remarquables émissions. Elle est passée maintenant en d'autres mains. Il y a environ cinq ans, il s'était associé à un businessman à la réputation sulfureuse pour divers projets à l'étranger, à Londres, à New York et à Chicago, mais là encore, il a bu la tasse. Un empire des plus ambigus est sans doute en train de s'effondrer. Il n'est pas dit que Juan Fabbri ne s'en relèvera pas !

Pour aller plus loin :



(1) En fait, la crise économique de l'Argentine n'a pas boosté le tourisme. Les touristes ne se sont pas précipité sur la destination. Il faut dire que le gouvernement s'y prend comme un manche pour la développer, quand il tâche de développer quoi que ce soit dans le secteur, et cette contre-productivité n'est pas le propre de cette majorité. La politique touristique était tout aussi inefficace sous les Kirchner.

A peine élu, Bolsonaro casse déjà tout [Actu]

"Avec le cœur regardant vers le nord"
la rédaction de Página/12 a choisi de citer le texte d'un tango de Eladía Blázquez
où elle regardait au sud, c'est-à-dire vers la patrie et vers les classes sociales modestes

Elu dimanche, Bolsonaro a annoncé dès hier que sa première visite à l'étranger, après sa prise de fonction le 1er janvier prochain, serait pour les Etats-Unis, puis Israël et le Chili. Les Etats-Unis pour son alter-ego, Donald Trump, aussi violent, raciste, sexiste, inculte et mal élevé que lui (et à peine plus subtil). Israël parce que Bibi Netanyahou n'est pas mal non plus dans son genre, violent, cynique, belliciste et traînant derrière lui une ribambelle de soupçons de corruption et de malversation. Enfin le Chili parce que les pinochettistes sont alliés à Sebastián Piñera pour former la nouvelle majorité. Ah ! ce bon vieux temps de la dictature militaire où l'on assassinait à plaisir les opposants, forcément communistes (1), après les avoir dûment torturés.

En haut : "Hommage à la démocratie", avec une cérémonie
que Macri a présidée dans le musée de la Casa Rosada
En bas : "Tournant le dos au Mercosur"
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Or la tradition diplomatique brésilienne veut que le premier voyage d'un nouveau mandataire soit pour l'Argentine, le pays voisin, le second de la région par son économie et son extension territoriale.

"Bolsonaro exclut l'Argentine de son premier voyage de président"
Cliquez sur l'image pour une haute résolutoin

A en croire la presse nationale, les Argentins, déjà assez mortifiés de n'avoir pas encore pu recevoir "leur" pape, se sentent humiliés par cette décision qui n'a pourtant rien de surprenant de la part de l'individu qui l'a prise. Ils sont d'autant plus humiliés que les deux pays sont les seuls Etats de la région à participer au G20, dont l'Argentine occupe cette année la présidence tournante. Et pourtant le président Macri et le ministre des Affaires étrangères Faurie n'ont hésité à transgresser leurs valeurs démocratiques d'abord pour conserver de bonnes relations avec le Brésil de Michel Temer et ensuite pour flatter son sulfureux futur successeur, Jorge Faurie n'hésitant même pas à taxer, de façon exagérément diplomatique, de "projet de centre-droit" le très malfaisant, très fumeux et passablement furibond programme de Bolsonaro... Et pour comble de malheur, ce premier incident diplomatique intervient alors que l'Argentine fête les 35 ans du retour du scrutin démocratique après les sept ans de suspension de la constitution par le coup d'Etat de 1976, ce vote libre qui allait porter Raúl Alfonsín à la Casa Rosada.

Pour en savoir plus :

Ajout du 31 août 2018 :
Claudio Guedes, le professeur d'université néolibéral qui occupera prochainement le poste de ministre de l'Economie de Bolsonaro, a pris conscience de l'impair diplomatique qu'il avait commis et a tenté de s'excuser tout en répétant que décidément, le Mercosur et l'Argentine ne sont pas dans le champ de ses préoccupations. Tous les journaux argentins ce matin se font l'écho de ce rétropédalage plus que maladroit.
lire l'article de Página/12
lire l'article de Clarín
lire l'un des deux articles de La Nación



(1) En fait, c'est une vue de l'esprit, un mantra de l'extrême-droite pro-impérialiste. Le communisme est presque inexistant dans l'éventail politique et idéologique d'Amérique du Sud. Même Fidel Castro n'était pas communiste. Il s'était juste déguisé en marxiste pour obtenir l'appui de l'URSS, indispensable pour neutraliser la puissance des Etats-Unis trop proches des côtes de son île.