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"En plus de la terre, du pain et du travail", dit le gros titre sur cette photo de la manifestation sans doute à l'angle des avenues de Mayo et 9 de Julio au cœur de Buenos Aires Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Pan, Paz, Tierra, Trabajo
(pain, paix, terre, travail) réclamaient hier les manifestants de la
San Cayetano dans toute l’Argentine.
San Cayetano (saint Gaëtan en
français) est le saint patron du pain et du travail auquel ont
recours les croyants (parfois pas si croyants que cela) qui
souhaitent améliorer leurs conditions de vie en trouvant du travail
et donc du pain. Tous les 7 août, sa fête catholique agit comme un
baromètre pour évaluer la situation économique et sociale.
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Le gros titre porte sur le ministre de la dérégulation qui semble en difficulté à l'intérieur du gouvernement Dans la colonne de droite : annonce de l'inflation mensuelle à Buenos Aires en juillet (2,9%), une hausse importante En bas : Clarín a vu hier une Plaza de Mayo à moitié vide Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Comme tous les ans surtout depuis
le covid et encore plus depuis l’arrivée de Javier Milei au pouvoir
(comme par hasard), hier, ils ont été très nombreux, ce qui était
particulièrement visible à Buenos Aires où il est de tradition de
faire se succéder le pèlerinage jusqu’au sanctuaire de Liniers,
un quartier très pauvre situé dans l’extrême ouest de la
capitale, puis la manifestation sociale et politique, organisée par
les syndicats, qui va de Liniers jusqu’à Plaza de Mayo (de l’autre
côté de la ville) pour présenter les revendications du peuple aux
dirigeants, censés être en train de travailler à la Casa Rosada, à
l’extrémité orientale de cette place fondatrice du processus
révolutionnaire de mai 1810. En l’occurrence, Milei n’y était
pas : il était en Colombie pour l’investiture du nouveau chef
d’État qu’il veut intégrer dans un bloc d’extrême-droite en
Amérique du Sud, comme il a fait la semaine dernière avec
l’investiture présidentielle à Lima, au Pérou.
Au cours de la messe à Liniers,
l’archevêque de Buenos Aires a rappelé une nouvelle fois que la
situation était inacceptable : la hausse des prix est telle que
même les gens qui travaillent n’ont trop souvent pas de quoi
satisfaire leurs besoins élémentaires.
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Le gros titre est pour l'homélie de l'archevêque : "L'Eglise a critiqué le modèle économique et elle en appelle au gouvernement pour les pauvres et les endettés" En dessous : des violences lors de la manifestation de jeudi dernier, contre la loi de "propriété intégrale" Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Cette année, les participants
ont ajouté à la revendication traditionnelle une demande concernant
les terres, que Milei vient d’échouer à vendre à des
investisseurs nationaux ou étrangers, et la paix, puisque Milei
estime que l’Argentine (pays neutre pourtant) est entrée en guerre
contre l’Iran parce qu’il suit aveuglément Donald Trump et qu’il
vient de se fâcher avec les autorités brésiliennes en insultant
Lula à São Paulo, ce à
quoi Brasilia a répondu en retirant son ambassadeur de Buenos Aires
et en demandant au représentant argentin de quitter le Brésil et de
rentrer chez lui.
L’une des banderoles de la
manifestation promettait de « reconstruire l’Argentine ».
Et il y a du boulot !
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Hier, sur LCI, j’ai encore
entendu une ancienne ambassadrice de France, devenue panelliste,
déclarer de manière péremptoire qu’on s’était certes bien
moqué de Milei et de sa tronçonneuse lors de sa campagne électorale
mais qu’en fait, économiquement, le pays s’en sortait très
bien. Comme tout bon toutologue de plateau qui se respecte, elle ne
sait même pas de quoi elle parle.
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Vignette de Une de Página/12 aujourd'hui Le premier : L'an dernier, je suis allé voir San Cayetano pour demander du travail et il m'en a trouvé... Cette année, j'y suis retourné Le second : Pour rendre grâce ? Le premier : Non, pour en demander un autre en plus... Avec un seul, je ne m'en sors pas. (Traduction © Denise Anne Clavilier) |
Depuis le 10 décembre 2024, date
de la prestation de serment de Milei, l’Argentine a perdu plus de
341 000 postes de travail déclaré (trabajo formal
ou en blanco, par opposition avec le travail au noir,
en negro). Un tiers des chômeurs mettent un an ou plus à
retrouver du travail… C’est pour cela que San Cayetano ne risque
pas d’en manquer, lui !
©
Denise Anne Clavilier
Pour aller plus loin :