Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
Un des services de la ANDIS : le calendrier de versement des pensions non imposables aux invalides du travail
A l’heure où Javier Milei et sa bande
de tristes sires arrivent à Paris pour se refaire une crédibilité
internationale noyée dans le naufrage économique et diplomatique et
bien que cet article de La Nación soit réservé en ligne aux
abonnés, je ne peux que vous inviter, autant que faire se peut, à
le lire. Le journal rapporte dans l’édition du jour les prétextes
soi-disant religieux dont l’ancien directeur de l’ANDIS, impliqué
dans un mégascandale de corruption, avait habillé un payement
inclus dans les innombrables surfacturations qui font l’objet d’une
enquête judiciaire. Rappelons seulement que l’ANDIS est l’agence
qui s’occupe des handicapés en Argentine (agencia
nacional de discapacidad) et qu’elle a réussi l’exploit
extraordinaire d’acheter les médicaments délivrés aux
ayant-droits pour des valeurs allant de 300 à plus de 1000 %
(sic) supérieures aux factures enregistrées par l’organisme
avant l’arrivée de Milei au pouvoir.
En fait, si l’on en croit ce
message, c’était juste pour participer aux bonnes œuvres du
fournisseur en question. Les fournisseurs étant, est-il nécessaire
de le dire, des grossistes en produits pharmaceutiques.
Tout ça avec l’argent du
contribuable.
C’est-il pas gentil ?
Entre le traiteur ami de l’amie
de la sœur du président qui régalait luxueusement ses clients grâce au budget des gargantuesques frais de bouche de la Résidence officielle et
l’agence d’assistance aux handicapés qui remplissait les poches
d’autres amis du président avec le budget qui devait servir à la
protection et à l’assistance aux affiliés au système public, il
est à présent certain et nul ne peut plus en douter que Milei est
le plus grand ennemi de la corruption… après Trump peut-être.
Le jeudi 1er octobre
2026, à 15h (heure locale), je participerai en visioconférence et
bien entendu en espagnol au 4e congrès belgranien
organisé par l’Instituto Belgraniano de la República Argentina,
une association sans but lucratif qui a remplacé l’Instituto
Nacional Belgraniano, rayé d’un trait de plume par un décret présidentiel de Milei au début
de son mandat, sous prétexte de faire faire des économies à
l’État.
Les historiens qui constituaient
l’INB et l’académie qui lui était liée ont refusé de laisser
disparaître cet organisme qui mêlait, avec trois francs six sous
d’argent public, une double mission de recherche et de mémoire. Le
nouvel institut, privé, a conservé le même président, Manuel
Belgrano, qui est l’un des descendants du général
indépendantiste. Manuel a le grand mérite d’encourager au sein de
l’institut une haute qualité historiographique et scientifique, ce
qui n’est pas la caractéristique majeure des institutions
d’histoire en Argentine, où le récit, parfois mythifié,
l’emporte souvent sur l’analyse scientifique.
Interview radiophonique du président Manuel Belgrano à Corrientes
pour présenter l'événement
Ma
conférence aura pour titre : El general Manuel Belgrano -
Observaciones desde la perspectiva de una historiadora francesa.
Il n’est pas prévu de retransmission vidéo hors de la salle de
conférence. En revanche, l’institut prévoit d’ores et déjà de
publier les actes du congrès sous la forme d’un ouvrage qui sera
téléchargeable dans un délai qui est encore inconnu. Hier soir,
j’ai remis mon texte et ses illustrations et j’attends les
éventuelles corrections, notamment grammaticales et, le cas échéant,
stylistiques.
Invitation officielle à l'inauguration du congrès Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Le
congrès se tiendra du 1er au 3 octobre 2026 dans la ville
de Corrientes, capitale de la province homonyme, patrie des agrumes,
de la yerba mate et du chamamé, une ville (à l’époque un
village) où le général Manuel Belgrano est passé au tout début de la Révolution
argentine.
Comme
vous avez pu vous en rendre compte, la préparation de mon laïus m’a
rendue assez peu disponible pour ce blog. Il est probable que je
retrouverai un peu plus de liberté au mois d’octobre, dès lors
que les deux obstacles de ces derniers mois auront disparu : les
canicules à répétition de cet été éprouvant et ce long mais
passionnant labeur rédactionnel…
"Pauvre pays", dit le gros titre sur cette image assez caractéristique des banlieues populaires Cliquez sur l'image pour une haute résolution
L’institut des statistiques
vient de publier un rapport alarmant sur l’augmentation de la
pauvreté en Argentine au cours du premier semestre de cette année.
D’après cet institut public dont les paramètres de calcul ont été
ouvertement modifiés par l’autorité politique pour améliorer
artificiellement les résultats de la politique menée par Javier
Milei et ses sbires, 32,3 % de la population argentine vit
désormais sous le seuil de pauvreté.
L'info est soulignée en rouge pour être bien vue ! La pauvreté a augmenté au premier semestre de l'anne et elle se situe [maintenant] à 32,3% Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Página/12, qui ne fait
plus guère confiance aux chiffres de l’INDEC, s’est appuyé sur
d’autres études dans lesquelles le gouvernement ne fourre pas son
nez et le journal de gauche avance le chiffre de 44 à 45 % de
la population, ce qui me paraît nettement plus vraisemblable au
regard des autres indicateurs économiques : chute spectaculaire
et continue de la consommation, augmentation des suicides, taux
d’endettement des ménages, chute des allocations familiales et
sociales, fermeture en cascades de PME de capitaux argentins,
produisant notamment des biens et des produits de consommation
courante, difficultés majeures dans les secteurs culturels, depuis
les librairies jusqu’aux écoles privées (et pourtant, quand ça
va mal, les Argentins avaient jusqu’ici l’habitude de s’agripper
à la culture pour survivre à la crise).
"L'économie a subi une chute de 2,9% en juillet et la pauvreté s'est remise à augmenter", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
A l’Assemblée générale de
l’ONU, Milei a fait la roue, vantant comme à son habitude ses
excellents résultats économiques(qu’il est le seul à voir) et se
faisant couvrir de louanges par Trump et Netanyahou, en pure perte
puisque ni l’un ni l’autre ne lui a fait l'aumôme de l'accompagner dans sa nouvelle
lubie, les revendications de souveraineté sur les îles Malouines
dont il se fichait pourtant comme d’une guigne depuis son arrivée
au pouvoir.
"La pauvreté a augmenté jusqu'à atteindre 32,3% en six mois et l'économie a reculé en juillet de 2,9%", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Bref, c’est la Bérésina mais
lui, comme son « ami » Trump, chante encore cocorico !
L’information est assez
préoccupante pour que la presse de droite en fasse elle aussi ses
gros titres ce matin !
L'info est traitée en bas à droite La photo montage de Une concerne le virage démagogique de Milei sur les Malouines, une conversion patriotique à laquelle personne ne croit Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Les douze employés de la
Résidence du président, située à Olivos, en grande banlieue chic
de Buenos Aires, ont trouvé porte close lorsqu’ils se sont
présentés à leur travail hier matin. Aucun préavis, aucun
télégramme pour les avertir de la fin de leur contrat.
Désormais, il n’y aura plus
que des militaires pour servir dans le manoir, en cuisine, à
l’entretien, au ménage et même dans le jardin. Je ne suis pas
sûre qu’en Argentine, les gens choisissent la carrière militaire
pour passer l’aspirateur, tailler les rosiers ou s’occuper devant
les marmites…
Même stratégie de communication sur Clarín : l'info est annoncée en bas à droite tandis que le gros titre est consacré à la baisse de la consommation Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Les motifs avancés par la
présidences sont pour le moins vaseux : il paraît que ce
serait pour la sécurité en vue de la visite pastorale du pape le
mois prochain.
A La Nación, ils ont choisi une autre place : en bas à gauche La photo est consacrée à un mécène du Musée d'art moderne de Buenos Aires Cliquez sur l'image pour une haute résolution
En fait, Javier Milei veut se
faire servir, à moindre coût (la solde n’est pas très élevée)
par des militaires probablement parce qu’ils ne sont pas syndiqués,
qu’ils sont soumis au secret et que cette réorganisation le
rapproche du régime militaire putschiste de 1976 pour lequel il ne
cache pas une certaine admiration, avec l’envie non dissimulée,
comme chez Trump, de devenir un dictateur.
Notez que l’info est
suffisamment choquante pour que les trois titres principaux de la
presse, gauche et droite, lui réserve le même traitement en Une.
Ajouts du 21 septembre 2026 :
L’explication plausible qui se
fait jour peu à peu a trait à un budget faramineux de frais de
bouche, nous apprend Página/12 aujourd'hui. Les gigantesques quantités de produits de luxe commandées
par et pour Olivos au prix du marché ne correspondent en aucun cas
au nombre connu de personnes susceptibles de prendre leur repas à la
résidence. Or la personne qui avait jusqu’à ces jours-ci la haute
main sur le personnel de service de la présidence est une amie
personnelle de Karina Milei, l’omniprésente frangine du président,
et elle est également très proche du propriétaire d’une
entreprise de traiteur pour grandes occasions. Il n’est donc pas
impossible qu’une partie de ces vivres aille en fait à ce traiteur
qui pourrait ainsi servir ses clients exigeants aux frais du
contribuable et s’enrichir sans bourse délier. Une députée qui a
rompu avec Milei a porté plainte devant la justice. Clarín et La Nación
annoncent aujourd’hui que cette amie de Karina a démissionné
tandis que l’intendant de la résidence de Olivos a lui aussi pris
la porte.
Ce soir, jeudi 17 septembre 2026, les frères Adrián et
Daniel Ruggiero, musiciens et fils du grand bandonéoniste Osvaldo
Ruggiero, connu pour avoir été pendant de nombreuses années le
premier bandonéon de l’orchestre de Osvaldo Pugliese, lancent ce
soir la 4e
édition de leur Festival Internacional del Bandoneón Osvaldo
Ruggiero, qui se déploiera cette année à Buenos Aires, dans la
ville de banlieue populaire de Avellaneda, qui abrite un célèbre
conservatoire de musique populaire, et dans la capitale culturelle et
économique de la Province de Santa Fe, la ville de Rosario.
Le festival se déploiera jusqu’à
la fin du mois où un concert de Víctor Lavallén, autre grand de
l’instrument, aujourd’hui octogénaire, au CAFF, dans le quartier
de l’Abasto de Buenos Aires, celui où vécut Carlos Gardel et
Aníbal Troilo, autre immense maître du bandonéon.
"Unir les luttes d'hier et les luttes d'aujourd'hui", dit le gros titre sur une photo de la manifestation d'hier Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Hier, c’était le cinquantième
anniversaire de cette nuit d’horreur où, dans la grande ville
universitaire qu’était déjà La Plata, de très nombreux
étudiants, parfois des lycéens de moins de 18 ans, ont été
arrêtés par la junte militaire qui dominait le pays depuis le mois
de mars parce qu’ils se rebellaient devant le régime.
L’immense majorité d’entre
eux ont disparu et leur sort reste inconnu à ce jour.
Cette tragédie s’est inscrite
dans l’histoire sous le nom de Nuit des Crayons.
Hier, des manifestants de
l’opposition à l’actuel gouvernement libertarien ont marché en
grand nombre à Buenos Aires et à La Plata pour rappeler ce souvenir
atroce.
A La Plata, capitale provinciale,
il y a eu deux cortèges à cause de la division qui existe
aujourd’hui dans le mouvement peroniste entre les partisans du
gouverneur, Axel Kiciloff, et les partisans de la Campora, un
mouvement de jeunes (ou d’anciens jeunes) quelque peu exalté, pour
ne pas parler d’une forme de fanatisme assez peu compatible avec la
tolérance démocratique.
A Buenos Aires, les manifestants
ont fait un arrêt devant le domicile de l’ancienne présidente,
Cristina Kirchner, toujours détenue à domicile sous bracelet
électronique. En effet, à l’époque des faits, elle faisait ses
études à La Plata et elle a pu échapper à la répression pendant
toute la dictature qu’elle a passée en grande partie en Patagonie
où elle vivait dans la clandestinité. Cristina est sortie sur son
petit balcon pour saluer la foule de ses partisans qui soutiennent
son recours à l’ONU pour faire valoir le peu de consistance des
preuves qui l’ont fait condamner.
Ce matin, la presse nationale de
droite ne mentionne pas ces rassemblements commémoratifs.
"Mileifique", dit le gros titre sur cette image d'un Milei en Méphistophélès Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Le gouvernement envoie au Congrès
un projet de budget qui abaisse encore de 33 % le financement de
l’université publique, laquelle, malgré les décisions de
justice, n’a jamais reçu le budget qui lui avait été alloué
par le Congrès pour l’année en cours et sur lequel Javier Milei a posé
son veto, déclaré illégal par les tribunaux.
La recherche scientifique et
technologique sort essorée du projet de budget imaginé par ce
gouvernement libertarien qui s’acharne contre le secteur
non-marchand en général, et en particulier sur l’économie de la
connaissance dont dépend pourtant l’avenir du pays, dont Milei
semble se soucier comme d’une guigne.
"Le Budget rouvre la bataille pour les fonds aux universités et au handicap", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Milei et ses sbires s’acharnent
aussi contre les handicapés dont ce président barbare souhaite
couper toutes les sources de soutien financier, prétendant qu’il
s’agit là d’une affaire privée et que les familles n’ont qu’à
se débrouiller seules.
Son discours constant depuis son
arrivée au pouvoir, il y a bientôt trois ans, fait preuve en
l’espèce d’une cruauté assez inimaginable chez un chef d’État,
pour le dire franchement. Il s’acharne tout particulièrement sur
les enfants qui souffrent d’un handicap, n’hésitant pas à les
insulter personnellement sur les réseaux sociaux. Aux enfants en
général, Milei préfère les chiens et de très loin. Comme me l'a dit l'un de mes amis, c'est une tragédie !
"Le gouvernement lance des changements dans l'aide sociale et provoque une forte tension avec ses alliés", dit le gros titre La photo est consacrée aux manchots du Zoo de Mar del Plata qui ont été remis à un parc en Patagonie après la fermeture du zoo Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Toutefois, cette fois-ci, cette
revendication d’un manque total de solidarité et d’empathie ne
passe pas comme une lettre à la poste dans la coalition informelle
qu’il a construit avec quelques partis amis. Il y a du tiraillement
au sein même du gouvernement et c’est la presse de droite qui s’en
fait l’écho ce matin.
En haut, à droite du dessin, le titre secondaire Le gros titre est consacré à l'endettement des familles d'handicapés abandonnées par l'Etat argentin qui a coupé dans les aides et subventions Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Après les inquiétudes exprimées
par la fondation de la Cité Internationale Universitaire de Paris (CIUP) et
de la Mairie de Paris (nouvelle équipe municipale) devant les
violations délibérées et revendiquées de la Charte de
l’institution, après des scandales soulevés par les témoignages
d’étudiants exclus de la résidence argentine pour des motifs
politiques, après des déclarations de militants des Droits de
l’homme surpris de la disparition d’une plaque en hommage aux
disparus de la Dictature militaire des années 1976-1983, Javier
Milei vient enfin de pousser à la démission le très encombrant
directeur de la Maison de l’Argentine à la CIUP que son
gouvernement avait nommé dès son arrivée au pouvoir en 2024.
Avocat franco-argentin, cet
homme, proche de Marion Maréchal et de Victor Orbán, avait mis la
résidence argentine au service des idées et des mouvances
d’extrême-droite au bénéfice desquels il a, à plusieurs
reprises, mis les locaux de la Maison à disposition pour des
réunions et des symposiums derrière des portes fermées, en
violation flagrante des principes qui régissent le fonctionnement
des pavillons composant la Cité.
Dans cette Une de Clarín, l'affaire est traitée tout en bas mais reste bien visible Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Il se trouve que Milei devrait
venir à Paris le 30 septembre pour y rencontrer Emmanuel Macron et
visiter la Argentina Week (en anglais dans le texte) qui se tiendra dans la capitale française.
D’après les journalistes argentins qui rapportent les faits
entourant cette démission, Milei aurait eu peur que la diplomatie
française ne lui chante Ramona à propos de ces violations
répétées et intentionnelles du consensus français en matière de pluralisme
démocratique, de laïcité et de non-discrimination des personnes en
raison de leur sexe ou de leurs orientations, notamment sexuelles.
Comme quoi, dans le secret des réunions à l’Elysée ou au Quai
d’Orsay, nos dirigeants politiques s’expriment bel et bien sans
trop de détours, quoi qu’en fasse paraître des communiqués
souvent sans goût ni couleur. Dans le cas contraire, le président
argentin n’aurait jamais lâché son affreux poulain néo-facho.
Celui-ci sera remplacé dans les
jours qui viennent par un universitaire argentin qui vient d’être
nommé à ce poste où il aura fort à faire pour rétablir la
confiance à l’intérieur et à l’extérieur de la résidence et
dont l’encart-photo est encore vide sur le site de la Maison de
l’Argentine à la CIUP.
lire l’article
de Página/12, qui accorde un titre secondaire à
l’affaire sur sa Une du jour lire l’article
de Clarín, qui met lui aussi l’affaire en Une dans une
place secondaire
Ce
soir et demain soir, les 12 et 13 septembre 2026, les deux salles du
Centro Cultural Konex, Sarmiento 3131 accueilleront quatre soirées
et de nombreux artistes en hommage au compositeur que fut Astor
Piazzolla.
Le
programme de cette cinquième édition de la manifestation a été
confié au petit-fils du maestro, Pipi Piazzolla, lui-même
compositeur de jazz.
Les
places sont en vente sur différents sites spécialisés. Elles sont
relativement cher, à cause des prix considérables qui ravagent
l’ensemble de la consommation dans toute l’Argentine.
En septembre 1976, six mois après
le coup d’État militaire de Videla et consorts, la répression
s’abattait sur des militants étudiants, parfois très jeunes, en
pleine nuit. Nombres de ces jeunes gens, péronistes pour la plupart,
ont disparu et on n’a toujours pas retrouvé leurs traces.
C’était à La Plata, la grande
ville universitaire qui est aussi la capitale de la province de
Buenos Aires, qu’il ne faut pas confondre avec la ville homonyme,
qui est autonome.
C’était le 16 septembre. La
revue mensuelle Caras y
Caretas, du groupe
Octubre, comme Página/12,
fait œuvre de mémoire et il est bien seul dans le paysage
médiatique argentin. C’était la Nuit des Crayons.
L’historien Norberto Galasso
est décédé hier à l’âge de 90 ans. L’homme, qui s’était
formé initialement à la comptabilité, laisse derrière lui une
prolifique œuvre d’histoire engagée dans laquelle il a porté
toute son attention et une
grande partie de son énergie
sur les personnages historiques méprisés par les historiens de
droite, lesquels tiennent le haut du pavé en Argentine où peu
d’historiens parmi ceux
qui parviennent à publier des livres savent
traiter leurs sujets avec objectivité
(ceux qui ne publient que des articles scientifiques, c’est autre
chose).
Norberto Galasso
était la figure de proue du courant historique
dit « revisionista »,
dont les membres
s’efforcent
de casser la lecture conventionnelle de l’histoire nationale. Ce
mouvement est
né au début du siècle chez les radicaux, le premier parti
nationaliste argentin (aujourd’hui passé à droite), puis
les péronistes, dont Galasso, s’en
sont emparés, ce qui l’a complètement transformé en une des
nombreuses formes du militantisme du péronisme de gauche.
Son travail a le mérite de
secouer les idées toutes faites et de gêner le ronron des discours
mémoriels, qui
privilégient le narratif à l’analyse des événements.
En revanche, l’œuvre
de Galasso est
assez peu
lisible pour les Européens s’ils ne connaissent pas déjà très
bien le contexte interne argentin. Autrement
dit, il s’agit d’une œuvre strictement locale, sans vocation
universelle.
Página/12
consacre au disparu plusieurs articles et republie la dernière
interview qu’il avait accordée au journal. Dans le reste de la
presse, l’information est très peu
présente.
L'affiche rend hommage à Estela de Carlotto, la rayonnante présidente de l'association des Grands-Mères de la Place de Mai qui recherche les 500 enfants enlevés en bas âge à leur famille par la dictature
C’est à marquer d’une pierre
blanche : la Legislatura (parlement local) de la Ville de Buenos
Aires, gouvernée par la droite que l’on peut appeler classique
mais qui ne s’interdit pas de temps à autre des clins d’œil au
président facho-libertarien Javier Milei, vient de récompenser un
documentaire produit par le groupe Octubre, celui qui possède entre
autres le quotidien Página/12.
Ce documentaire en quatre
parties, intitulé 1976 – Ecos de la memoria, se penche sur
le coup d’État de 1976 et ses répercussions jusqu’à
aujourd’hui, cinquante ans plus tard, dans la société argentine.
Il est diffusé depuis le 30 août dernier sur la chaîne de
télévision du groupe, El Nueve.
Cette série documentaire est le
travail conjoint de trois réalisateurs, dont deux, Daniel Filmus et
Tristán Bauer, ont été ministres, brillantissimes d’ailleurs,
sous la présidence de Cristina Kirchner.
Cliquez sur l'image pour lire le programme du mois
Pour la septième année
consécutive, le Club Atlético Fernandez Fierro (CAFF), qui est la
salle de concert de l’orchestre typique du même nom, la OTFF (rien
à voir en fait avec le sport, c’est une blague), proposera à
partir de demain et pendant tout le mois de septembre, en plein quartier de l'Abasto, à Buenos Aires, son propre
festival de tango, en contrepoint et en opposition avec le festival
officiel de tango de la Ville qui vient de s’achever
avec les finales du Mundial del Tango.
Le FA-CAFF est un festival
indépendant qui présente des artistes et des formations
anticonformistes du tango underground.
Au menu, concerts, présentation
de disques, foire aux livres spécialisés et exhibition de danse.
"L'homme qui nous a rendus heureux", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Dans une lettre manuscrite
ouverte publiée sous forme de photo sur Instagram, Lionel Messi a
annoncé hier aux Argentins qu’il avait achevé sa carrière
internationale. La missive a beaucoup ému ses compatriotes, déjà
très touchés par le décès soudain du père du champion il y a
quelques semaines.
"Je n'ai plus rien à donner", dit le gros titre citant la lettre de Messi Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Les quotidiens argentins en font
naturellement leur Une ce matin.
"Messi, pour toujours", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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