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Le titre peut se traduire de diverses manières puisque le futur en Argentine peut être utilisé pour signifier l'espoir ou l'attente : Que justice soit faite Justice sera faite Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
L’ancienne présidente Cristina
Kirchner est en prison à domicile, avec bracelet électronique et
interdiction de sortir de chez elle, sauf urgence médicale, depuis
une bonne année. De plus, elle a été déclarée inéligible à
vie. Les motifs de cette condamnation, validés par la Cour suprême
dans des délais exceptionnellement courts et avec un raisonnement
juridique pour le moins étrange, sont contestés et très
contestables : elle a en effet été en quelque sorte reconnue
solidaire d’actes de corruption de plusieurs de ses subordonnés
lorsqu’elle était présidente de la Nation sous prétexte qu’en
tant que cheffe de l’État, elle n’avait pas le droit d’ignorer
ce que faisaient les personnes formant la chaîne hiérarchique
placée sous sa autorité suprême. C’est d’autant plus étrange
qu’elle est une femme, qui plus est la première élue à la
présidence (et réélue), et que des hommes, chefs d’État eux
aussi mais de droite, ont pour leur part échappé, miraculeusement,
à toutes les procédures ouvertes contre eux, le dernier en date
étant Mauricio Macri, qui lui a succédé à la Casa Rosada. Et je
laisse de côté le cas du président actuel, Javier Milei, dont la
corruption est plus que patente (comme celle de sa sœur), et dont il
n’est même pas question de la moindre tentative de destitution.
Dans la gauche kirchneriste, on
peine à voir se détacher une personnalité d’envergure dont la
présidentiabilité s’impose d’emblée dans le paysage politique
national. Aussi a-t-on repéré depuis quelques semaines des coups de
sonde de la part des kirchneristes qui évoquaient le devoir de faire
revenir Cristina Kirchner dans la course. Ce qui est dommage, soit
dit en passant, parce qu’elle a déjà plus de 70 ans et qu’il
serait donc grand temps de renouveler le personnel politique à
gauche (comme à droite).
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Au secours, l'ONU, dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
D’un autre côté, Cristina est
aussi poursuivie dans un autre procès, pour corruption là encore,
l’affaire dite des « Carnets », qui a connu il y a
quelques mois un retournement spectaculaire : plusieurs
témoins-clé, placés sous le statut de « repenti »,
ont en effet apporté la preuve incontestable que leurs aveux leur
avaient été extorqués par le procureur et/ou par le juge
d’instruction (décédé depuis), il y a de cela des années. Au vu
de ces rebondissements, la cour aurait dû interrompre le procès et
lancer au moins un complément d’enquête, sinon de relancer
l’instruction depuis le début. Or elle n’en fait rien. Le procès
se poursuit comme si rien ne s’était passé.
Pour une seule et même
justiciable, cela fait tout de même beaucoup d’irrégularités.
D’après Cristina et nombre de ses partisans, il ne s’agit de
rien d’autre que de l’écarter définitivement de la vie
politique parce qu’elle garde, encore aujourd’hui, un prestige et
un charisme exceptionnels qui pourraient bien la faire réélire
(comme cela s’est passé avec Lula au Brésil).
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Clarín choisit une mise en page plus discrète : l'info est annoncée au milieu de la colonne de droite "Cristina cherche à revenir et porte plainte auprès des Nations Unies" Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Hier, les avocats de Cristina ont
convoqué une conférence de presse pour annoncer qu’ils en
appelaient au Comité des droits de l’homme de l’ONU à Genève,
devant lequel ils vont faire valoir qu’elle a été victime d’un
complot judiciaire et politique destiné à l’écarter du débat à
partir d’accusations dénuées de fondement. Là encore, c’est ce
qu’il s’est produit dans le cas de Lula, avec cette différence
qu’au Brésil, c’est le système judiciaire qui a annulé la
condamnation sans passer par des instances internationales. En toute
souveraineté.
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"Cristina fait appel à l'ONU pour pouvoir être candidate et provoque des tensions au sein du PJ" [son parti], dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Cristina se fait désormais
assister d’un nouveau duo de défenseurs, un juriste brésilien et
un autre de nationalité espagnole, pour présenter sa cause devant
l’instance onusienne qui vient de réélire son dirigeant. Si le
Conseil reconnaît que cette condamnation est contraire à la
Déclaration universelle des Droits de l’Homme (ce qui est
vraisemblable, au regard de la composition du Conseil), Milei et sa
Cour suprême reconnaîtront-ils la validité de l’avis ainsi
formulé ? Pour le moment, on peut raisonnablement en douter.
© Denise Anne Clavilier
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