mardi 12 décembre 2017

Politique de rigueur : les retraités les plus modestes au régime comme tout le monde [Actu]

La rigueur ne cède rien, dit le gros titre

Le Gouvernement argentin fait voter actuellement le plan de financement de sa politique sociale et il y applique la même rigueur qu'il a mise en place depuis deux ans pour payer l'endettement du pays qui, malgré la cruelle expérience de la faillite nationale en 2001, a récemment procédé à de nouveaux emprunts sur le marché international (1).

Les retraités seront soumis à des baisses de leurs maigres avantages. La revalorisation des minimums  vieillesse et des montants des allocations sociales passera de 12% (le taux légal qui aurait dû être appliqué) à 5% au-dessus de l'inflation, dans un pays où celle-ci se situe aux alentours de 25% l'an. Le gouvernement a distribué aux parlementaires de sa majorité des fiches avec les éléments de langage pour le débat comme pour la  presse, comme cela se pratique désormais sous toutes les latitudes, et tout ce beau monde explique donc que, grâce à cet écheveau de mesures très compliqué, le pouvoir d'achat des anciens les plus pauvres croîtra de 2,2% net à la fin de l'année 2018, grâce aux allocations.
Du côté des pensions elles-mêmes, elles connaîtront quatre relèvements successives l'année prochaine : 5,7% en mars, puis 5,6% (environ) en juin, puis 4,7% en septembre et enfin 4,2% en décembre, des taux qui restent indicatifs et ne sont pas garantis. Selon le gouvernement, il s'agirait en tout de 21% sur l'année, soit 5% au-dessus de l'inflation escomptée par les analystes privés, que le gouvernement préfère aux organismes publics, comme l'INDEC et le BCRA (2). Tout cela pour que le système d'assurance-vieillesse soit sauvé de la faillite, grâce à un schéma durable, et que l'inflation soit finalement vaincue. On attend de voir car les politiques de rigueur n'atteignent jamais ces objectifs louables quand elles ne coïncident pas avec un retournement favorable de conjoncture générale, or, depuis deux ans, on guette en vain en Argentine les signes d'une sortie de crise et d'une progression des investissements, que ce soit de capitaux nationaux ou étrangers.

La Nación préfère analyser le petit jeu politicien
des alliances au sein de la chambre basse
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

En parallèle avec cette politique de rigueur sociale, le gouvernement affirme qu'il entend améliorer le système de santé et l'éducation nationale. Or l'adoption de mesures néolibérales se traduit toujours, à court ou moyen terme, que le pays soit industrialisé ou non, par une baisse de la qualité en matière de santé, de culture et d'éducation publiques. D'ailleurs, Página/12 dénonce ce matin qu'il n'y aura pas de nouveaux crédits pour l'INCAA, l'institut du cinéma et des arts audiovisuels, l'organisme public qui soutient la création cinématographique et télévisuelle.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12, très hostile à ces mesures
lire l'article de La Nación, qui présente les choses sous un angle beaucoup plus favorable.



(1) Il faut aussi noter qu'il y a deux ans, lorsque le nouveau Congrès a ouvert sa session, l'une des premières mesures qu'ont prises les élus a été de revaloriser, très généreusement, leurs propres indemnités parlementaires, alors que la majorité parlait déjà de mettre tout le monde au régime sec, pour remédier à l'état désastreux des finances laissé par le gouvernement précédent, tout cela au nom de l'orthodoxie néolibérale.
(2) L'Indec est l'institut des statistiques et des recensements et le BCRA est la banque (banco) centrale de la République argentine, l'autorité monétaire nationale.

vendredi 8 décembre 2017

Pas de mise à jour sur Barrio de Tango jusqu'à lundi [ici]

Trois séances de dédicaces d'affilée m'empêcheront de m'occuper de ce blog demain samedi, dimanche et lundi.


Samedi, je suis à Tours, au salon La Plume et l'Epée, qui se tient dans le hall de la Mairie, autour du Forum de la Pensée Militaire et de la direction de l'école de logistique de l'armée de terre installée dans cette vieille ville de garnison. Entrée libre et gratuite, de 10h à 17h. Vente effectuée par la librairie présente sur place (tous moyens de paiement acceptés). Consultation des ouvrages auprès des auteurs installés dans l'ensemble du hall. Présence annoncée de l'expert militaire de France Télévision Pierre Servent, de l'ex-juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguières et de l'historien Jean-Pierre Bois, entre autres personnalités célèbres. De nombreux autres auteurs, moins médiatiques mais non moins intéressants, seront également présents. J'apporte de quoi me réchauffer avec du maté, et fidèle à la tradition, je le partage bien volontiers avec nos visiteurs et mes voisins exposants, civils et militaires confondus.


Dimanche, je suis au Salon du Livre de Jeunesse de Neuilly-Plaisance (93), sur le stand des Editions du Jasmin, de 10h à 18h, dans la Salle des Fêtes, sur l'avenue Foch. Entrée libre et gratuite. Cadeaux de Noël à portée de main pour tous les âges, de la naissance au lycée. Le maté argentin sera de la fête sur le stand, en dégustation gratuite.


Lundi, je fais la première de mes trois dédicaces sur le Marché de Noël d'un autre Neuilly, celui des Hauts-de-Seine, plus connu que l'autre, Neuilly-sur-Seine où est mort l'un des plus grands hommes politiques argentins, le père de la constitution actuelle, Juan Bautista Alberdi (1810-1884). Je me tiendrai dans le chalet des Editions du Jasmin, de 14h30 à 17h ou 18h, avec, dans mon sac à dos, de quoi faire un bon maté bien argentin pour nous réchauffer. Quelques minutes auparavant, je compte rejoindre le Souvenir Napoléonien, qui, à 13h30, déposera des fleurs sur le cœur de la baronne Maria Waleska, qui repose au cimetière parisienne du Père La Chaise depuis deux cents ans, avant que l'ex-président de l'association, Alain Pigeard, lui rende hommage à travers une conférence, le lendemain, à 18h, à la Mairie du 8ème arrondissement de Paris, qui est comme le quartier général de la Délégation francilienne de cette association d'utilité publique.

Lendemain d'inculpation [Actu]

Macri dirige la chasse aux opposants, titre Página/12en citant Cristina Kirchner

Pour l'heure, Cristina Kirchner reste libre de ses mouvements, elle va continuer à siéger et à voter au Congrès, elle a été mise sous contrôle judiciaire par le juge Claudio Bonadio et le Sénat ne semble pas disposé à voter sa levée d'immunité, étant donné que toute l'opposition a déclaré vouloir faire front commun sur cette question.

Clarín fait sa une sur les caciques kirchneristes
qui ont été incarcérés hier
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La sénatrice et ex-présidente a tenu une conférence de presse en sortant du tribunal. De nombreux acteurs de sa mouvance politique l'entouraient. On a noté toutefois que les gouverneurs péronistes ont choisi de garder le silence sur les derniers rebondissements du dossier Nisman, puisque l'inculpation de Cristina Kichner est liée à cette affaire. Il s'agit pour la magistrature de suivre le réquisitoire que le procureur Alberto Nisman voulait publier, à la veille de sa mort violente, chez lui, en plein été 2015.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

En même temps que l'ex-présidente était convoquée chez le juge d'instruction, le juge fédéral qui avait déclaré inapplicables les réquisitoires du procureur défunt, Daniel Rafecas, était convoqué devant le Conseil de la Magistrature, statuant en conseil disciplinaire, pour répondre de fautes qu'il aurait commises en publiant son arrêt de rejet des écrits de Nisman, lequel a ensuite été confirmé en appel puis devant la Cour Suprême, avant que le dossier soit réactivé sur une base quelque peu contestable en droit, puisqu'on ne juge pas deux fois les mêmes faits. Rafecas s'est défendu bec et ongles devant ses pairs.

La Nación fait sa une sur la conférence de presse de Cristina
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

On reste confondu devant la brutalité du virage pris par l'Argentine depuis le résultat des élections d'octobre. Tout se passe comme si, bien au-delà du seul gouvernement, les diverses composantes sociales, économiques et politiques qui convergent pour soutenir la nouvelle majorité étaient conduites par le désir de prendre leur revanche sur les douze années de gouvernement Kirchner, de tout annuler et de tout casser, en s'en prenant aussi aux personnes, y compris aux juges, comme on le voit au Brésil et dans d'autres pays de la région.

Pour aller plus loin :
Sur l'inculpation de Cristina Kirchner
sur le procès de Daniel Rafecas
lire l'article de Página/12, qui soutient le juge
lire l'article de La Nación

Ajout du 12 décembre 2017 :
lire l'article de La Nación sur les déclarations d'un ancien Secrétaire d'Interpol qui souligne que l'accord avec l'Iran n'a jamais annulé le mandat d'arrêt international émis par l'Argentine contre les suspects iraniens. Il estime que Claudio Bonadio n'instruit qu'à charge et écarte les éléments à décharge, comme celui-là. Or cet argument était déjà celui qu'avançaient Cristina Kirchner et Héctor Timmerman pendant l'été 2015, au plus fort du scandale autour de la mort violente de Alberto Nisman
lire l'article de Página/12 sur le  même sujet

Un petit dernier avant l'été chez Jacqueline [à l'affiche]



La chanteuse Jacqueline Sigaut ouvre les portes de son appartement pour la dernière fois de cette saison 2017 : elle organise un récital de Chansons du Sud avec Inés Cuello et Ramón Maschio à la guitare, ce samedi 9 décembre 2017, à 21h30.

Pour profiter de cette belle soirée musicale, il faut suivre les consignes données sur le visuel diffusée par l'artiste.

Dédicaces au Marché de Noël de Neuilly-sur-Seine [ici]


Je serai sur le Marché de Noël de Neuilly-sur-Seine, installé sur le parvis de la Mairie, à trois reprises :
  • le lundi 11 décembre 2017, de 14h30 à 17h ou 18h,
  • le samedi 16 décembre de 14h à 19h
  • puis le mercredi 20 décembre, de 14h à 18h ou 19h.

J'y dédicacerai tous mes ouvrages sur la culture argentine, sur le tango, les contes et l'histoire de l'indépendance, au chalet des Editions du Jasmin.

Accès libre et gratuit, comme pour tous les marchés de Noël.

Dégustation de maté argentin gratuite sur le stand. Cela réchauffe, si on aime l'amertume, qui caractérise cette infusion nationale de l'Argentine et du sud de l'Amérique méridionale.


jeudi 7 décembre 2017

Cela tourne très mal pour Cristina Kirchner [Actu]

Cristina Kirchner arrivant au tribunal ce matin
pour être entendue à nouveau par le juge Bonadio
Photo Ricardo Pristupluk pour La Nación

Ce matin, heure de Buenos Aires, le juge d'instruction Claudio Bonadio a inculpé l'ex-présidente Cristina Kirchner de haute trahison dans l'affaire du mémorandum avec l'Iran, qui n'aurait été qu'une manœuvre destinée à protéger les auteurs iraniens de l'attentat contre l'AMIA, l'un des pires attentats antisémites, commis il y a une vingtaine d'années à Buenos Aires. Bonadio a assorti l'inculpation d'une détention provisoire, avec séquestre des biens de l'inculpée à hauteur de 50 millions de pesos. Enfin, le juge a demandé au Sénat la levée de l'immunité parlementaire de la désormais sénatrice, qui a prêté serment en début de semaine, avec tous les nouveaux élus de la nouvelle législature. Vous remarquerez que contrairement à ce qui se passe en Europe, la justice poursuit avant de demander la levée de l'immunité qui ne protège son titulaire que de l'emprisonnement. En Europe, le juge doit avoir obtenu cette levée avant même de convoquer la personne physique qui est couverte par l'immunité.

L'ancien ministre des affaires étrangères, Héctor Timmerman, a lui aussi été arrêté ce matin puis inculpé et un mandat d'incarcération a été émis à son encontre par le même juge mais il a aussitôt bénéficié d'une mesure de prison domiciliaire.

Hebe de Bonafini, la très kirchneriste et turbulente présidente de Madres de Plaza de Mayo, a déjà annoncé que si Cristina se retrouvait ce soir en prison préventive, cela allait créer "un de ces b... je te dis que ça" (un quilombo que ni te cuento). Et vu la personnalité de la dame et son envergure militante, on peut facilement la croire.

Les parlementaires kirchneristes et les mouvements fidèles à l'ex-présidente (cela fait beaucoup de monde) ont d'ores et déjà appelé à une manifestation, ce soir, à 18h, sur Plaza de Mayo. Il est hors de doute que ce mot d'ordre va être très suivi. On peut craindre aussi qu'il y ait de la violence et de la rage sur le parcours.

En poursuivant ainsi l'ex-présidente, Claudio Bonadio suit les réquisitions de défunt procureur Alberto Nisman, qui avaient pourtant été définitivement déclarées nulles et non avenues par un processus judiciaire complet il y a plusieurs années.

Aussitôt connue la demande de Bonadio de levée de l'immunité, le président par intérim du Sénat, Federico Pinedo, a déclaré que cette option serait examinée avec beaucoup de sérieux par la Chambre haute et sans esprit partisan. Dans le même sens, la chef de la cellule anti-corruption, mise en place par Mauricio Macri, à son arrivée au pouvoir, s'est déclarée très surprises par les décisions du juge tout en rappelant l'indépendance de la justice en Argentine.

Sous cette inculpation de haute trahison et entrave à la justice avec circonstances aggravantes, Cristina Kirchner encourt entre 10 et 25 ans de prison ferme. Ceci dit, la levée d'immunité n'est pas acquise encore car il suffit qu'aucun élu kirchneriste ne fasse défaut pour qu'il n'y ait pas la majorité nécessaire à ce vote.

Jusqu'aux élections de mi-mandat en octobre, le gouvernement avait joué la carte de la modération et de l'équanimité mais depuis qu'il a remporté un gros succès dans les urnes, on ne peut que remarquer le virage que prend l'Argentine : c'est une politique néolibérale et très hostile à la gauche qui se déploie maintenant, jusqu'à justifier la mort d'un manifestant tué d'une balle policière dans le dos il y a quelques jours, sous prétexte que le groupe auquel il appartenait se montrait violent. On peut aussi constater que la mise sous écrou des anciens dirigeants de la gauche au pouvoir n'est pas une singularité argentine. Il se produit la même chose au Brésil.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 (mise à jour du site Internet, comme pour les autres titres)
lire l'entrefilet de La Prensa sur les menaces proférées par Hebe de Bonafini
lire l'entrefilet de Clarín sur le même sujet
lire l'entrefilet de Página/12 sur l'analyse politique qu'a fait à la radio du groupe médiatique Octubre le juge Raúl Zaffaroni, un juge marqué à gauche et qui siège désormais à la Cour Inter-Américaine des Droits de l'Homme – il s'agit d'un juriste qui jouit d'une incontestable reconnaissance internationale, notamment en Europe.

San Juan m'honore une nouvelle fois [Disques & Livres]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

San Juan est la ville argentine de laquelle mon travail reçoit le plus de signes de reconnaissance. Invitation de l'Alliance Française en 2016, puis nouvelle invitation du Ministère du Tourisme et de la Culture de la Province pour la Junta de Estudios Históricos de San Juan (1) à donner deux conférences au Congrès d'histoire du bicentenaire de la Traversée de Andes en août 2017 et en ce mois de décembre, publication d'une note que j'ai écrite à la demande de la revue des Archives historiques de la Province, que j'ai eu la chance de visiter lors de ma visite de 2016 et qui m'a offert les CD d'archives numérisées du 19ème siècle...



Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La revue, intitulée Memoria y Derechos, est une publication gratuite de large diffusion dans la Province, et ses objectifs sont la vulgarisation d'une connaissance objective de l'histoire, grâce à la publication d'une sélection d'archives. C'est un outil pédagogique utilisé entre autres au collège, au lycée, dans les universités, dans les centres culturels et les bibliothèques.


Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La direction des Archives m'a demandé en juin un papier sur l'utilité scientifique de cette institution, sur ma visite et sur ma démarche de chercheuse et de vulgarisatrice en France, ce pays que les Argentins aiment tant, ce pays où le grand homme de San Juan, Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888) a vécu et écrit dans les années 1840, lorsqu'il était en exil parce qu'il était un opposant déterminé au courant fédéral qui dominait la Confédération argentine à cette époque-là (2).

J'ai donc rendu ma copie en juillet. avec un enthousiasme très sanjuanino, ils ont intitulé cette note Un abrazo Académico desde París (un salut universitaire depuis Paris), qui occupe deux pages dans la deuxième section (la première est réservée à la sélection des documents historiques eux-mêmes et vous pouvez constater que cette sélection est très pertinente pour fêter le bicentenaire de la Traversée des Andes).


Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ce numéro 12 de la revue Memoria y Derechos a été solennellement présentée le 1er décembre, et c'est le directeur de l'Alliance Française de San Juan, Daniel Izasa, qui, en quelque sorte, me représentait dans cette cérémonie. C'est lui aussi qui vient de m'envoyer ces quelques pages scannées.

Muchísimas gracias, Daniel. Un grand merci, Daniel.



(1) qui vient de me nommer membre d'honneur (voir mon article du 17 novembre 2017). Là encore, la cérémonie de remise du brevet en attestant avait lieu le 1er décembre, en mon absence. En même temps, au cours de cette même cérémonie, l'historien et reconstitueur Esteban Ocampo était nommé correspondant à Buenos Aires de ce cercle d'historiens très actifs.
(2) C'est ainsi que j'ai pu présenter à San Juan, cette année et l'année dernière, et à Buenos Aires en 2016, les écrits du grand homme en français, des textes qui restaient inconnus en Argentine et que j'ai pu présenter aussi à Paris à un diplomate chilien, qui est l'un de ses très lointains descendants.

mercredi 6 décembre 2017

Les retrouvailles d'Adriana avec sa famille biologique [Actu]

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Adriana Garnier Ortolani a quarante ans et ses parents adoptifs sont morts il y a quelques temps. C'est après leur disparition qu'elle a commencé à avoir des doutes sur sa naissance, sur l'absence d'anecdotes familiales sur sa naissance, sur son lieu de naissance, une ville dans laquelle sa famille n'avait aucune attache. Pourquoi aller y accoucher dans ce cas ?

Elle a appris maintenant que ces parents adoptifs qui l'ont aimée et qu'elle aime ont payé pour l'adopter. Ils l'ont de fait achetée à une femme qui faisait ce trafic de bébés grâce à un commissaire de police qui avait accès aux maternités clandestines des prisons dictatoriales. Bien entendu, comme ils sont décédés, l'action judiciaire ne sera jamais ouverte contre eux pour savoir ce qu'ils savaient, ce qu'ils ont pu imaginer à un moment ou à un autre, ce qu'ils ont voulu cacher à leur fille, qui imagine qu'ils avaient fini par se douter de la vérité de cette adoption.

La jeune femme a répondu hier aux questions des journalistes, au cours de la conférence de presse de Abuelas de Plaza de Mayo, au siège de l'association. Elle ne s'est jamais départie d'un sourire éclatant. Elle a maintenant tout à apprendre de sa famille biologique et à changer sa propre image. Elle a longtemps cru qu'elle avait été une enfant non désirée puis abandonnée, alors qu'elle est le fruit de l'amour de ses parents et membre d'une famille qui l'a cherchée sans arrêt depuis quarante ans.

Sa mère a été arrêtée à la fin de 1976 alors qu'elle était enceinte de huit mois et son père a disparu quelques mois plus tard, en 1977.

Pour en savoir plus :
lire l'interview de Adriana Garnier sur Página/12
lire l'article de Página/12 sur la conférence de presse d'hier midi

Première déclaration officielle pour le ARA San Juan [Actu]

La fadette en ligne des contacts entre le San Juan et la base navale de Mar del Plata

Les familles des sous-mariniers du ARA San Juan ont pris connaissance de la reconnaissance de la mort des leurs à bord du bâtiment disparu par le ministre de la Défense, Oscar Aguad, qui s'est exprimé sur le sujet, de façon incidente, devant les caméras de télévision, sans avoir pris la peine auparavant d'en avertir de vive voix les premiers intéressés, qu'il a pourtant rencontrés il y a quelques jours. Certaines de ces victimes ont parlé franc avec les journalistes, analysant que le gouvernement avait géré cette crise en faisant systématiquement le contraire de ce qu'il aurait fallu faire (ils ont tout fait à l'envers). Ils reprochent au ministre d'avoir, pendant son interview télévisée, parlé des sous-mariniers comme s'il s'agissait d'objets à rechercher et d'avoir évoqué le coût des recherches.

Par ailleurs, le gouvernement justifie l'absence de deuil national et de discours présidentiel par le respect qui serait dû aux familles, qui refusent encore de croire au pire, comme s'il s'agissait de les ménager.

Ce dialogue de sourds qui se dure maintenant depuis trois semaines est hallucinant. Comme si le gouvernement tenait à s'enfermer dans une situation inextricable, a construire à dessein un malentendu de plus en plus tragique, où le souci de ménager les gens ne fait qu'aggraver leur souffrance.

Clarín titre sur un autre drame militaire : celui des tombes anonymes sur les îles Malouines
La tragédie du San Juan est traité en haut de la colonne à droite
Cliquez sur l'image pour obtenir une haute résolution

A cela s'ajoute maintenant la révélation publique que le jour de sa disparition, le 15 novembre, le San Juan a lancé à la base navale de Mar del Plata huit appels, pour une durée totale de 55 minutes, entre 1h11 et 7h36. Le bâtiment devait donc se trouver dans une situation sérieuse, voire grave, car les appels se succèdent parfois à quelques secondes d'écart. Or les premiers jours après l'annonce de la disparition du San Juan, le gouvernement a juré ses grands dieux que le sous-marin était parti en mission en parfait état et il semblerait que ce soit tout à fait faux et que des problèmes avaient déjà été diagnostiqués et inscrits au programme de révision du bâtiment pour 2018. Le gouvernement prétend que c'est l'état-major de la Marine qui lui aurait caché l'existence des appels le 15 novembre dernier.

Enfin, comble de brutalité à l'égard des familles, voilà que la Marine serait en train de prier les familles de quitter les hôtels où elles sont hébergées, aux frais de l'Etat, à Mar del Plata. On peut difficilement imaginer un comportement plus indélicat dans de telles circonstances, même si beaucoup de parents ont quitté la ville pour retourner à leur travail. Il faut bien vivre et assurer le gagne-pain quotidien.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Clarín sur les accusations du gouvernement contre les militaires, qui auraient caché au gouvernement les huit appels du sous-marins
lire l'article de Clarín sur les appels du sous-marins avec publication de la fadette de la ligne téléphonique du bâtiment
lire l'article de La Nación sur les appels du ARA San Juan le jour de sa disparition
lire l'article de La Nación sur la demande de la Marine aux familles pour qu'elles quittent les hôtels où elles vivent depuis trois semaines
lire l'article de La Nación sur le malentendu qui se creuse entre le ministre de la Défense et les parents des disparus, qui commencent à penser très solidement que tout le monde leur ment et cherche à les tromper.

mardi 5 décembre 2017

Une biographie de Justo J. de Urquiza ouvre les portes du Palacio San José [Disques et Livres]


L'historien Isidoro Ruiz Moreno vient de présenter au Jockey Club de Buenos Aires son nouvel ouvrage, une biographie de Justo José de Urquiza (1801-1870), le héros fédéral de Entre-Ríos, qui mit fin au règne de Juan Manuel de Rosas (1793-1877) à Buenos Aires et ouvrit la route à la première constitution effective de l'Argentine, adoptée en 1853 d'après la rédaction dirigée par Juan Bautista Alberdi (1810-1884) (1). Urquiza, un héros assez peu populaire à l'échelle de toute l'Argentine, a laissé un important patrimoine culturel dans sa province natale, qui vénère son souvenir.

Le livre a été publié en novembre dernier chez Claridad et la salle du Jockey Club était pleine à craquer le soir de la présentation officielle.

C'est la raison qui a poussé La Nación à publier aujourd'hui quelques extraits de l'ouvrage en mettant l'accent sur le Palacio San José, la luxueuse demeure que Urquiza s'était fait bâtir dans la ville de Concepción del Uruguay, aujourd'hui un des joyaux architecturaux de l'Argentine avec une riche programmation d'animations culturelles surtout pendant la période estivale qui commence.

Pour aller plus loin :



(1) Alberdi était quant à lui natif de Tucumán mais il est mort en France, à Neuilly-sur-Seine. Il avait exercé des fonctions diplomatiques en France au début du Second Empire.

Une nouvelle identification pour Abuelas [Actu]

Photo prise à l'occasion de la manifestation publique pour les 40 ans de l'association

L'association Abuelas de Plaza de Mayo ont annoncé qu'elle donnerait une conférence de presse ce jour à midi, heure argentine, au sujet de l'identification d'une 126e personne enlevée à sa famille dans l'enfance sous la Dictature militaire et dont l'ADN vient de permettre de rétablir la véritable origine.

La conférence de presse se tiendra en présence des camarades de militances des parents disparus dans les geôles du régime. Abuelas s'est contentée pour le moment d'un tweet et d'un court communiqué où il est dit que la personne concernée se déclare très heureuse de connaître la vérité sur sa naissance et sa famille biologique.

Les informations diffusées à travers la conférences seront sans doute reprises dans la presse nationale demain.

En attendant, les quotidiens, à l'exception de La Nación, ont publié la nouvelle sans aucun détail.

Accéder au premier communiqué de Abuelas de Plaza de Mayo dont l'adresse Web comporte une erreur de calcul (la nieta 919)

lundi 4 décembre 2017

Honneur à Daniel Binelli pour l'avant-dernier Plenario [à l'affiche]


Ce soir, lundi 4 déécembre 2017, à 19h30, la Academia Nacional del Tango consacre sa séance publique (plenario) au bandonéoniste et compositeur Daniel Binelli. La soirée sera animée par le président de l'institution, Gabriel Soria.

Entrée libre et gratuite comme d'habitude au 833 de l'avenue de Mai, premier étage.

Daniel Binelli dispose de son propre site Web, en anglais, avec un CV en espagnol. Il est établi aux Etats-Unis.

vendredi 1 décembre 2017

ARA San Juan : la fin des opérations de secours laisse les familles désemparées sans deuil national ni drapeaux en berne [Actu]

"L'espoir, coulé", clame le gros titre
La photo a été très bien choisie : les deux tenues vestimentaires composent le drapeau national
La manchette est quant à elle consacrée au retrait de l'accréditation de 64 représentants
d'ONG critiques à la réunion de l'OMC qui se tiendra dans 10 jours à Buenos Aires
Ces personnes avaient obtenu leur accréditation de l'OMC elle-même
et n'ont pas reçu d'explications à leur interdiction d'aller en Argentine

Une semaine après avoir annoncé qu'une explosion avait eu lieu à bord du sous-marin qui ne laissait aucun espoir raisonnable de retrouver vivants les membres de l'équipage, la Marine nationale argentine a publié un communiqué techniciste, d'une froideur inhumaine, sur le passage à la seconde phase des recherches, non plus celles des hommes mais celle du bâtiment, dont on n'a aucune trace.

Seul le gros titre évoque la tragédie
La photo de Clarín est réservée à l'arrestation d'un syndicaliste en vue
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Les familles ont été informées quelques minutes avant le public et laissées à peu près seules à leur désespoir et à leur colère. Huit d'entre elles ont déjà porté plainte ou annoncé leur intention de le faire contre la Marine nationale. Il semblerait que la gestion de crise ait réussi à les diviser, à dessein ou par une rare maladresse. Cette communication officielle aurait aussi encouragé leurs espoirs les plus fous de retrouver les militaires vivants. Certains en remettent une couche, en particulier l'un des survivants d'un crash d'avion dans les Andes, que l'on a retrouvés longtemps après avoir perdu tout espoir. Encore étaient-ils sur la terre ferme, ce qui fait une différence considérable avec la situation présente d'un sous-marin, dont on murmure qu'à l'heure où il a pris la mer pour cette dernière mission, le San Juan n'était pas en si parfait état que les officiels veulent bien le dire.

La Nación fait sa une sur la tragédie
avec une photo plus neutre - sans couleurs nationales
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le gouvernement parle des quarante-quatre sous-mariniers de l'équipage comme de héros mais, paradoxalement, il ne prend aucune disposition pour leur rendre les honneurs qui leur sont dus. Les drapeaux ne sont toujours pas mis en berne. Le deuil national n'est pas déclaré. Aucune cérémonie religieuse ou militaire n'est encore annoncée. Aucune décoration n'a été décrétée. Et à peu près au moment où le porte-parole de la Marine à Mar del Plata s'apprêtait à faire sa sinistre déclaration, la Casa Rosada publiait des tweets triomphalistes pour fêter la présidence argentine du G20. Le gouvernement attendrait d'avoir une photo du bâtiment perdu pour reconnaître officiellement la mort de l'équipage et en attendant cette hypothétique photos, il laisse les familles démunies, obligées de faire face seules à tout ce qu'une disparition implique de complexité émotionnelle et juridique. Espérons que tant que les décès ne sont pas déclarés, chaque famille continuera à toucher la solde du disparu et qu'au ministère de la Défense, on cherche pas à retarder le moment d'attribuer et de verser aux familles les pensions qui leur sont dues.

L'évêque de Mar del Plata est l'un des rares à apporter aux familles un peu de réconfort. Aujourd'hui, aura lieu un pèlerinage propre à la cité balnéaire et le hasard veut qu'il s'agisse de la quarante-quatrième édition de cette dévotion locale. L'évêque veut s'appuyer sur ce symbole pour soutenir les familles qui y participeront.

Gloire éternelle à 44 héros, clame le gros titre
au-dessus d'une photo de Macri fêtant la présidence du G20
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ce matin, une éditorialiste de La Nación s'étonne de ce que les deux graves tragédies qui viennent de se succéder, la perte du ARA San Juan avec 44 militaires à bord et les deux morts de l'opération de police à San Carlos de Bariloche (1), n'ont pas entamé la bonne image du président, dont la cote de popularité reste étrangement élevée. C'est l'Etat-Major qui est rendu coupable de ce qu'il s'est passé. Il faut croire que la communication présidentielle est politiquement habile, même si sur le plan humain, elle apparaît d'une indifférence inouïe.

Pour en savoir plus :
lire l'éditorial de La Nación sur la popularité de Mauricio Macri.

Ajout du 2 décembre 2017 :
le ministre de la Défense, Oscar Aguad, a fini par aller à la rencontre des familles qui l'ont reçu avec un flot de critiques, de reproches et d'accusations. La réunion n'a duré qu'une heure. Le président de la Nation, Mauricio Macri, avait annoncé qu'il s'adresserait au pays mais, à cette heure, il n'en a rien toujours rien fait. Il a toutefois annulé plusieurs apparitions publiques, en signe de deuil, dit-on à la Casa Rosada
lire l'article de Página/12
lire l'article de La Prensa
lire l'article de Clarín, qui croit savoir qu'un deuil national sera décrété à partir de demain et que le Président envisage d'enregistrer un message à la Nation
lire l'article de La Nación qui croit savoir que le gouvernement prépare une grande cérémonie pour rendre hommage aux morts
lire l'article de La Nación sur la minute de silence demandée par l'Ambassadeur britannique en Argentine au début d'une fête qui marquait les cent ans du palais portègne qui sert de siège à l'Ambassade du Royaume-Uni. Les experts de la Royal Navy ont pris une part très importante aux opérations de sauvetage qui viennent de se terminer.

Ajouts du 4 décembre 2017 :
lire l'article de La Prensa sur le versement des soldes qui a été effectué sur les comptes bancaires des disparus et les dispositions prises par la Banque de la Nation pour que n'importe quel ayant-droit dûment identifié puisse retirer une partie de cet argent, même sans être époux, épouse ou concubin connu ;
lire l'article de La Nación qui affirme que l'absence de décision du gouvernement sur la forme et la date de l'hommage à rendre aux disparus s'expliquerait par le fait que les familles des sous-mariniers contestent ce même gouvernement, alors que ces réactions viennent directement d'une gestion de crise qui a délibérément laissé à l'écart ces mêmes familles. Ou l'art d'aggraver toujours un peu plus la situation ;
lire l'éditorial de Página/12 qui estime que si aucune mesure officielle n'est prise pour accompagner les familles, c'est que le gouvernement cherche à préserver l'image du président... C'est un raisonnement fort curieux puisque c'est justement ce silence qui envenime la situation.

Ajouts du 5 décembre 2017 :
lire l'article de Clarín sur la reconnaissance de la mort des hommes d'équipage par le ministre de la Défense qui répondait incidemment à la question d'un journaliste dans une conférence de presse
lire l'éditorial de La Prensa qui critique la communication de crise désastreuse du gouvernement argentin sur le sous-marin et sur la mort du jeune militant dans la province de Río Negro



(1) Il semblerait qu'un des deux blessés hospitalisés à la suite des tirs de la Préfecture navale ait succombé à ses blessures.

jeudi 30 novembre 2017

Buenos Aires à l'époque du Centenaire par un cartographe français [à l'affiche]


Samedi 2 décembre 2017, à 12h, le Museo Cornelio de Saavedra, le musée d'histoire de Buenos Aires, inaugurera une nouvelle exposition autour d'une œuvre monumentale, une gigantesque carte de Buenos Aires, qui date de 1915 et qui est due au cartographe français Jean Désiré Dulin (1839-1919). Elle est intitulée Buenos Aires vue du ciel (Buenos Aires a vista de pájaro).

L'œuvre mesure 12 m. de long sur 1,46 de large et représente la capitale argentine dans ses moindres détails, telle qu'elle se présentait à l'époque du centenaire du pays (1910). On y reconnaît très nettement le tracé actuel de la ville, avec les deux grandes diagonales qui transformé la physionomie du plan originel, celui de Juan de Garay en 1580, au moment de la fondation.

On y reconnaît très bien le port, avec ces docks qui ont perdu leur caractère industriel pour être réhabilités il y a quelques années et forment désormais le très chic quartier de Puerto Madero. On y reconnaît aussi le très beau bâtiment du Correo Central, devenu il y a quatre ans le CCK, où Mauricio Macri vient de célébrer son arrivée à la présidence tournante du G20 (voir mon autre article de ce jour). On repère parfaitement la Casa Rosada, dont on voit l'arrière, le Cabildo dont on voit la façade et le palais du Congrès au bout de l'avenue de Mai. On repère aussi de nombreuses usines, des centrales électriques qui n'existe plus. Vers le nord, on remarque la Torre de los Ingleses (aujourd'hui rebaptisée Torre Monumental), cette copie de Big Ben offerte par la Grande Bretagne et au pied de laquelle on a installé maintenant le Cénotaphe (le monument en mémoire des soldats morts en 1982 à la guerre des Malouines).

Le musée a gratifié tous ses contacts d'une somptueuse reproduction numérisée de l'œuvre.


Dessinée à l'encre sur du papier, cette carte magnifique a orné le pavillon argentin de l'Exposition universelle de 1915, à San Francisco, aux Etats-Unis. Jusqu'à ce jour, elle était restée aux Etats-Unis qui viennent d'en faire donation à l'Argentine. On pourra admirer autour d'elle d'autres œuvres du même artiste.

Pour en savoir plus :
Le musée dispose d'un site Internet et d'une page Facebook.

Feu d'artifice de fin d'année avec Cucuza [à l'affiche]


Le chanteur Cucuza propose demain vendredi 1er décembre 2017, à 21h30, un super-tour de chant avec son programme Menesunda qui mêle rock et tango autour des grandes figures des deux genres.

Ce sera au Galpón B, Cochabamba 2536, dans le quartier de San Cristóbal.

Cucuza a invité une belle brochette de musiciens, dont le guitariste et compositeur Acho Estol, les chanteurs El Chino Laborde, Hernán Lucero et Anita Co.

Il sera lui-même accompagné de son équipe favorite : Noelia Sinkunas au piano, le fiston à la guitare (Mateo Castiello) et Sebastián Zasali au bandonéon.

Une dernière milonga pour l'été [à l'affiche]


Comme tous les premiers vendredis du mois, pendant l'année scolaire, qui va de mars à décembre, le CETBA propose sa milonga gratuite, animée par les élèves, demain, vendredi 1er décembre 2017.

L'entrée est gratuite mais il est proposé à tous de participer à la hauteur minimum de 30 $ ARG (soit un peu moins de 1,5 €).

Comme toujours, des musiciens animeront la soirée, qui débutera avec deux cours, d'abord pour les débutants à 21h, ensuite pour les autres à 22h (vous remarquerez que le niveau avancé n'existe pas).

Tombola et buffet pour se restaurer à petits prix. Milonga en plein air dans le patio de l'école.