mercredi 3 juin 2020

Ma conférence sur Manuel Belgrano sur Dailymotion en ce jour anniversaire [ici]

Pour voir la vidéo, cliquez sur ce lien

Comme je l’avais annoncé dimanche dernier, je marque le 3 juin ici en France (1) pour ce 250e anniversaire de la naissance d’un personnage-clé dans l’histoire argentine : Manuel Belgrano (1770-1820).

La conférence que j’avais donnée, en français, à l’Ambassade d’Argentine à Paris le 27 février est maintenant disponible sur Dailymotion sous la forme d’une vidéo où se mêlent une iconographie historique et la bande-son enregistrée rue Cimarosa, ce soir-là.

A cette occasion, je remercie à nouveau toutes les institutions qui avaient apporté leur appui à la sortie de mon livre, Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine :
l’ambassade, en premier lieu, présente sur Facebook
et mon éditeur, Les Éditions du Jasmin, qui ont déjà partagé l’information.

Dans la nuit, à 2h du matin (heure de Paris) mais à 21h ce soir à San Juan (Argentine), doit être diffusée sur les ondes et sur la chaîne Youtube de la petite Radio Madre de Dios une interview que j’ai enregistrée en espagnol avant-hier après-midi, grâce à Skype (merci Internet de nous permettre de continuer à vivre, nous qui nous époumonons dans le secteur culturel).

Voir la vidéo sous ce lien.
Voir l’ensemble de ma chaîne qui ne compte encore que trois vidéos (mais je vais en ajouter d’autres d’ici la rentrée).



(1) Il ne manquerait plus que je ne le fasse pas après avoir reçu le Prix Général Manuel Belgrano cette année !

Julián Peralta a sorti un nouveau disque avec Astillero Tango [Disques & Livres]

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Pianiste et compositeur, Julián Peralta dirige le groupe de musique Astillero Tango qu’a rejoint, il y a quelques années celui qui fut longtemps LA voix de la Orquesta Típica Fernández Fierro, Walter « el Chino » Laborde (1).

Le 10 mai dernier, Peralta a sorti, via les plateformes en ligne, un nouvel album de 18 minutes et six morceaux au style inimitable. Il s’est associé comme presque toujours au poète Juan Seren pour les textes.

Une 4e de couv qui est déjà passée dans le "monde d'après"
tout digital, faute de voir ouverts les disquaires
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Le disque, Arcadia, dont la couverture représente un plan de Buenos Aires intra-muros, s’inscrit dans la droite ligne de l’héritage musical de Osvaldo Pugliese à quoi Peralta ajoute la rage et la violence de Piazzolla tout en produisant une musique originale, tout à fait singulière, un tango noir, sombre, désespéré, plein de la colère populaire dont se nourrissent les révolutions ou qui gronde aujourd’hui sous les fenêtres de ce boute-feu qu’est le président des Etats-Unis. Un très bel album, très émouvant, que vous pouvez écouter sur YouTube, sur le site Internet du compositeur et sur sa page Facebook. Une musique qui prend aux tripes, avec son piano protestataire et la voix profonde de Laborde, qui a donné un surcroît de profondeur à Astillero.

Página/12 propose aujourd’hui une critique du disque sous le titre « Retourner dans le sud (2) et aux sources du tango ».



(1) El Chino, cela ne veut pas dire le Chinois ici mais le « gars du coin ».
(2) Le sud, à Buenos Aires, ce sont les quartiers populaires.

Le 250e anniversaire de naissance Manuel Belgrano dans la presse argentine [Actu]

Página/12 a choisi une photo très belle du nouveau monument inauguré le 27 février dernier
à Rosario, sur le bord du fleuve Paraná, où Belgrano avait arboré le drapeau pour la première fois

Maigre collecte dans les journaux d’envergure nationale en ce jour où toute l’Argentine aurait dû multiplier les hommages à Manuel Belgrano sous toutes les formes (prises d’armes, dépôts de gerbes, concerts, expositions, conférences en veux-tu en voilà), si une crise sanitaire n’était pas venue tout détruire : le dimanche 3 juin 1770, dans une maison qui a disparu depuis et dont j’ai repris la photo sur un visuel annonçant dimanche dernier mes propres activités de ce jour, le premier intellectuel argentin, l’artisan de la révolution et de l’indépendance et le créateur du drapeau national voyait le jour dans une grande famille italo-argentine qui allait compter jusqu’à seize frères et sœurs dont quatorze arriveraient à l’âge adulte. C’était un jour de Pentecôte.

Clarín a préféré cette composition de Vior pour illustrer son article

Seuls Página/12 et Clarín ont songé à cet anniversaire, le premier en publiant deux billets d’opinion, dont celui d’un universitaire qui partage son enseignement entre deux universités à 80 km de distance, la UBA (Buenos Aires) et la UNLP (La Plata), l’autre en resservant (1) à ses lecteurs un article de vulgarisation de Felipe Pigna, dont le penchant péroniste n’est pourtant pas la tasse de thé de ce quotidien.

Ni La Nación, fondé par le premier historien argentin dont le premier ouvrage d’histoire publié fut une biographie de Belgrano, devenue un ouvrage de référence incontournable pour bien des auteurs en Argentine (2), ni La Prensa, le quotidien de la droite catholique, n’en touchent un seul mot dans leur édition en ligne d’aujourd’hui. Certes, la nuit dernière, il s’est produit dans un quartier de Buenos Aires une double explosion mortelle qui a coûté la vie à deux pompiers et les journaux de ce matin sont pleins de photos de la tragédie, mais le fait divers, aussi épouvantable qu’il soit, n’excuse en rien cette abyssale négligence culturelle.

Pour aller plus loin :
lire le premier billet de Página/12 qui rappelle les pans principaux de la vie du général
lire le second billet où il est question de l’idée que Belgrano se faisait de l’injustice
lire l’entrefilet de Felipe Pigna dans Clarín.



(1) Cet entrefilet était déjà paru le 29 mai dernier.
(2) Ce premier biographe était un homme politique libéral et anglophile. Bartolomé Mitre (1821-1906) est celui qui a inscrit dans le marbre quelques idées bien arrêtées sur les événements qui ont fondé l’Argentine. Ce n’était pas un historien au sens scientifique du terme (il suffit de prendre en considération ses dates pour le comprendre) et cette vision, que son talent littéraire et politique a imposée, est largement contestée à gauche, notamment par Felipe Pigna. Ce qui rend ce paysage journaliste encore plus surréaliste aujourd’hui.

dimanche 31 mai 2020

Mon programme pour le 3 juin [ici et là-bas]

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Ce qu’il y a de bien avec Internet, c’est qu’il nous a enfin dotés d’ubiquité…

Le 3 juin, pour l’une des dates-clés de cette Année du Général Manuel Belgrano, je serai donc à la fois en Argentine, grâce à une radio catholique de la province de San Juan, Radio Madre de Dios (1), et à Ricardo Sánchez Alonso, l’animateur de son émission Entrevista sobre Educación, tout en étant présente physiquement en France, d’où je mettrai en ligne un nouveau montage vidéo, cette fois-ci à partir de l’enregistrement de ma conférence du 27 février dernier à l’Ambassade argentine à Paris.

Ricardo Sánchez Alonso est argentin, il vit à San Juan et c’est là qu’il m’a repérée, il y a trois ans, lorsque j’ai participé au Congrès International d’Histoire à l’occasion du bicentenaire de la Traversée des Andes. De San Martín, nous passons donc cette année à Belgrano. D’un libérateur à l’autre, c’est toujours de l’épisode fondateur de l’histoire argentine qu’il s’agit.

Pour des raisons évidentes de décalage horaire, mercredi, l’interview ne sera pas transmise en direct mais enregistrée demain dans l’après-midi (heure française).

L’interview sur Radio Madre de Dios sera diffusée à 21h (heure argentine) par voie hertzienne et sur Youtube pour ceux que les ondes n’atteignent pas. Vous pouvez d’ores et déjà aller écouter les interviews déjà en ligne.

C'est cette photo de Manuel Belgrano posant devant le portrait de Manuel Belgrano,
son ancêtre, qui a incité Ricardo Sánchez à prendre contact avec moi pour une interview

Sur les ondes argentines, je parlerai espagnol. Sur ma chaîne Dailymotion, la conférence sera en français. Ce bilinguisme sera une manière de saluer la mémoire de Manuel Belgrano, lui qui parlait notre langue et a commencé sa carrière publique en traduisant l’économiste François Quesnay, qui a fondé la première école d’économie en France, la physiocratie.

Les liens vous seront donnés au plus tard le lendemain de la mise en ligne.



(1) Radio Madre de Dios est une initiative de laïcs résolus à partager leur foi à travers un outil d’aujourd’hui à la suite du pape François. Le magistère n’est pas présent dans les instances dirigeantes mais ce sont des catholiques et ils vivent leur foi dans l’obéissance à leur évêque comme c’est une tradition très ancienne dans l’Église romaine.

Por el Tango s’invite sur YouTube [à l’affiche]

Capture d'écran

Le producteur et animateur télévisuel et radiophonique Nolo Correa, chanteur à ses moments perdus en prime, arrive sur You Tube.

Il vient de lancer une chaîne consacrée à son émission, Por el Tango, où depuis quinze ans, il interviewe à tour de bras tout ce qui compte dans la culture à Buenos Aires et autour…

Parmi les premières vidéos mises en ligne, on trouve parmi ses invités le grand homme de télévision et de radio et l'immense tangologue que fut Antonio Carrizo.

Pour avoir été à plusieurs reprises son invitée, dans Por el Tango et dans Hablando de Arte, Nolo Correa est un excellent interviewer. Il fait quelque chose d’assez rare : il écoute les personnes avec lesquels il discute.

Peu à peu, la chaîne se verra enrichie des archives du producteur.
Abonnez-vous !

vendredi 29 mai 2020

Rendez-vous le 24 septembre pour une soirée Argentine dans le Quartier latin [ici]

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La vie reprend son cours à Paris.


La soirée Argentine qui devait se tenir le 17 mars dernier aura donc lieu le jeudi 24 septembre 2020, de 18h30 à 20h30, à l’Espace L’Autre Livre, 18 rue de l’École Polytechnique, sur la Montagne Sainte-Geneviève (M° Luxembourg), dans le respect des consignes sanitaires qui seront en vigueur à l’automne.

On parlera de tout : de musique de ville (tango) et de musique des champs (folklore), de pères fondateurs attachants et francophones (si peu de pays ont la chance d'avoir des figures historiques d'une telle tenue éthique et intellectuelles !), de patrimoine matériel et immatériel, de maté, de dulce de leche, d'asado et de malbec, en attendant des temps meilleurs pour revenir à des dégustations délectables...

Cette soirée informelle me donnera l’occasion de vous présenter tous mes livres parus aux Éditions du Jasmin et en particulier le dernier, la première biographie en français du général Manuel Belgrano (1770-1820). Pour son lancement à l’Ambassade de la République argentine, nous avions choisi la date symbolique du 27 février, anniversaire du jour où Manuel Belgrano avait arboré pour la première fois le futur drapeau national sur les rives du Paraná, à Rosario.

Manuel Belgrano, président de l'Instituto Nacional Belgraniano,
devant le portrait de son ancêtre, l'un des pères fondateurs de l'Argentine,
avec mon livre en mains (photo © Tomás Pagano)
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Pour cette seconde présentation à Paris, la date choisie est tout aussi belgranienne : en cette même année 1812, le 24 septembre, fête de la Vierge de la Merced (1), dont il fit par la suite la sainte patronne de son armée (2), Manuel Belgrano remportait une victoire spectaculaire contre les troupes royalistes qui combattaient pour rétablir le régime colonial au bénéfice de l’Espagne. Ce sera ma façon de m’associer à l’Année du Général Manuel Belgrano dont j’espérais pouvoir vivre quelques semaines en Argentine et à laquelle je participe en respectant une distance sociale valide (environ 11.000 km), avec pour consolation que l’Instituto Nacional Belgraniano ait bien voulu m’honorer en m’attribuant en cette année particulière le Prix Général Manuel Belgrano (3).

Gazeta de Buenos Aires, 9 octobre 1812 :
annonce de la victoire de Tucumán
C'était l'organe de presse du gouvernement révolutionnaire
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Dédicace et vente de mes livres sur place, avec possibilité de paiement par carte bancaire.

Pour en savoir plus sur mes livres :
cliquez sur leurs couvertures dans la Colonne de droite de ce blog
et, le cas échéant, passer un petit moment sur ma toute récente chaîne Dailymotion.



(1) La Vierge de la Merced fait l’objet d’une piété particulière au monde hispanique. Elle est quasiment inconnue hors des terres italiennes, hispaniques et lusophones.
(2) Cette Vierge est toujours la sainte patronne de l’armée argentine dans sa globalité. C’est aussi sous son vocable que Manuel Belgrano avait été baptisé à Buenos Aires, le 4 juin 1770, au lendemain de sa naissance, un lundi de Pentecôte.
(3) Voir à ce propos mon article du 7 mai 2020 et celui du 20 mai qui porte la version bilingue d’une critique rédigée par une historienne argentine, Norma Ledesma.

jeudi 28 mai 2020

Dailymotion - deuxième vidéo en ligne : San Martín – con ojos franceses [ici]

Pour voir la vidéo, cliquez sur ce lien
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Para mirar el video, hacer clic en este link
Visiten mi canal Dailymotion

Aujourd’hui, sur ma chaîne Dailymotion j'ai publié une deuxième vidéo, cette fois-ci en espagnol (légendes et son). Il s’agit d’une des premières interviews que j’ai données au sujet de ma biographie du général José de San Martín (1778-1850). C’était à Buenos Aires, dans le studio de RAE, la station internationale de Radio Nacional Argentina, avec le journaliste Darío Burzstyn.

Cette vidéo présente plusieurs témoignages de l’attachement des Cuyains (1) à la figure du "Gran Capitán", le monument au Peuple de San Luis pendant l’Indépendance, situé à Juana Koslay, à quelques kilomètres de la capitale de la province de San Luis, que j’ai eu l’honneur de visiter avec son architecte, Hugo Larramendi, et diverses photos prises dans la province voisine de Mendoza.

Il y en aura d’autres, des interviews en espagnol conduites par Leonardo Libermann (en espagnol) et par Magdalena Arnoux (en français). Pour l’heure et d’ici le 3 juin, je vais tâcher de préparer un petit quelque chose belgranien puisque l'on entre le mois prochain dans le cœur du calendrier de cette année d’anniversaire : 250 ans de la naissance de Manuel Belgrano le 3 et 200 ans de sa mort le 20.

Pour voir la vidéo, cliquez sur ce lien.




(1) Les habitants de la région de Cuyo, l’ancienne province gouvernée par San Martín de 1814 à 1816, aujourd’hui divisée en trois : Mendoza, San Juan au nord et San Luis à l’est.

La Universidad de San Andrés propose une conférence Zoom sur la poésie du tango [à l’affiche]


La Universidad de San Andrés, institution de formation supérieure, vient d’une fondation d’enseignement écossaise qui s’est installée dans toute l’Argentine. C’est une université privée présente sur quatre campus, dont trois dans la partie nord de Buenos Aires.

Cette université (UDESA) propose demain vendredi 29 mai 2020 à 17h (heure argentine) une table-ronde pluridisciplinaire sur les grands poètes du tango que furent Enrique Santos Discépolo, Cátulo Castillo, Enrique Cadícamo, José María Contursi et Eladia Blásquez : Tangos de a dos. Conversando con las letras.

C’est un professeur de philosophie qui coordonne le tout, José Luis Galimidi, et autour de la table échangeront une professeure d’arts plastiques, Lía Munilla, et un professeur d’histoire, Eduardo Zimmermann.

La manifestation est gratuite et sans inscription préalable.
Pour rejoindre la table-ronde, cliquez sur ce lien et faites le code 919 8970 8568.

Il est plus que recommandé d’avoir écouté auparavant trois grands classiques du répertoire : Cambalache, Como dos extraños et La última curda (1). Si vous n’en possédez pas les bons enregistrements, allez les écouter sur Todo Tango, le site encyclopédique argentin sur le Web (voir la Colonne de droite).



(1) Ces trois chefs-d’œuvre font partie du corpus que j’ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru en 2010 aux Éditions du Jasmin.

mardi 26 mai 2020

« Vous dansiez ? Eh bien, écoutez maintenant » Solange Bazely qui vous parle de Carlos Gardel [ici]


Le titre n’est pas de moi, il est de Solange Bazely (qui l’a emprunté à Jean de La Fontaine -remarque à l’intention de mes lecteurs argentins).
Il semblerait donc que Barrio de Tango se mette ces jours-ci à l’heure de Carlos Gardel un mois avant le premier des deux jours où il est fêté en Argentine (le 24 juin et le 10 décembre). Hier, je mettais moi-même en ligne sur Dailymotion un atelier littéraire sur Mano a mano, en hommage à cet artiste natif de Toulouse. Aujourd’hui, je vous parle d’une autre spécialiste, qui est devenue une amie.


Dans le cadre de son ambitieuse série Si le tango m’était conté, Solange Bazely vous propose quatre conférences sur ce Toulousain « né à Buenos Aires à l’âge de deux ans et demi » comme il répondit à un journaliste au cours de cette dernière tournée dans laquelle il trouva la mort.

Elles auront lieu en visioconférence, via Zoom, demain, mercredi 27 mai à 19h et dimanche 1er juin à 11h pour les deux premiers modules où Solange exposera les faits de 1890 à 1923, l’année qui précède le premier voyage de Gardel en Europe au cours duquel il fit la connaissance de sa grand-mère maternelle, de son oncle et de ses cousins à Toulouse (1), et jeudi 28 mai à 19h et dimanche 1er juin à 17h pour les deux autres modules, pour examiner les faits qui se déroulent entre 1923 (l’année de Mano a mano) et sa mort tragique à Medellín, en Colombie, le 24 juin 1935.

Il s’agit de conférences payantes : chaque module dure 1h et coûte 4 €, payables par carte bancaire sur le site Culture Tango et peut être réservé jusqu’à une heure avant le début de l’événement.

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Solange Bazely est l’une des rares expertes françaises du tango. Elle parle couramment espagnol, ce qui n’est pas le cas de tous les spécialistes français auto-proclamés quand il s’agit de tango et d’Argentine. Elle a même étudié dans une des universités populaires qui prospèrent à Buenos Aires. Elle est d’ailleurs aujourd’hui invitée à [grande] distance par Luis Tarantino dans son émission de La 2x4, la radio publique todo tango qui dépend de la Ville Autonome de Buenos Aires.

Solange Bazely, quand elle salue Carlos Gardel en compatriote toulousaine

Solange
connaît Toulouse comme sa poche et propose également une visite de la Ville Rose "sur les pas de Carlos Gardel". Cette promenade culturelle reprendra le jeudi 11 juin 2020 à 15h en petit groupe pour respecter toutes les consignes sanitaires (masques, gel hydroalcoolique, gestes barrières). La visite, en partenariat avec l’Institut Cervantes de Toulouse, dure deux heures et coûte 15 €, avec réservation obligatoire en ligne jusqu’à trois heures avant le départ sur le site.

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En prévision du festival Tangopostale qui ne pourra pas se tenir cette année puisque tous les festivals d’été ont été annulés, Solange avait achevé la traduction d’un ouvrage sur les parolières contemporaines de tango, Mirada de mujer, de Vanina Steiner, qui devait venir de Buenos Aires le présenter avec elle à Toulouse. Vous pouvez découvrir ce livre sur Culture Tango.



(1) Carlos Gardel n’a jamais connu sa famille paternelle qui fait l’objet en Argentine d’une quantité impressionnante de théories plus ou moins romanesques et de beaucoup de fantasmes.

lundi 25 mai 2020

Quand Manuel Belgrano en personne et en peinture salue(nt) mon travail à Olavarría [Disques & Livres]

Photo Tomás Pagano
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Le 21 mai dernier, Manuel Belgrano, président de l’Instituto Nacional Belgraniano et descendant du général dont 2020 est l’année en Argentine, est allé faire des enregistrements au Museo municipal Dámaso Arce auquel la famille a légué celui des deux portraits réalisés à Londres en 1815 et attribué à Casimir Carbonnier qu’elle tenait du héros révolutionnaire (1) : c’est le le plus ingrien des deux, celui où Belgrano apparaît en pied avec la bataille de Salta en arrière-plan (2). Ces enregistrements et photos étaient prévus en mars, juste avant que ne tombe la décision du confinement ! Et tout a dû être annulé.


Sean eternos los laureles
que supimos conseguir:
coronados de gloria vivamos
o juremos con gloria morir. (ter)
Que soient éternels les lauriers
que nous avons su gagner :
vivons couronnés de gloire
ou jurons de mourir dans l’honneur
(2nde et dernière strophe de l’hymne national argentin, Vicente López y Planes, 1813
Traduction © Denise Anne Clavilier)
Illustration : cocarde argentine
qu’il est d’usage d’épingler sur son vêtement aujourd’hui
mais cette année, tout le monde est à la maison,
alors c’est le blog qui arbore le symbole !

Cette photo de Manuel Belgrano posant avec ma biographie française de son ancêtre dans les mains devant ce très beau portrait aurait donc dû arriver il y a plusieurs mois. Seul l’allègement du confinement dans la province de Buenos Aires, très loin de la capitale fédérale, a enfin permis de la faire et vendredi, j’ai eu la surprise de la trouver dans mes mails !

La couverture de Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine reprend, quant à elle, l’autre portrait du général, lui aussi peint à Londres par Carbonnier. Celui-là est exposé au Museo Nacional del Cabildo y de la Revolución de Mayo dans le cœur historique de Buenos Aires, sur Plaza de Mayo.

Sur le portrait en pied, on devine un Belgrano encore très fatigué, souffrant sans doute encore de la malaria contractée au début de 1814 et dont on sait qu’en août 1815 il lui restait assez de symptômes pour qu’il aille prendre les eaux dans la petite et charmante ville thermale de Cheltenham. Sur le buste, en revanche, son regard est plus vif et il esquisse un sourire. Il semble en meilleure santé. Peut-être grâce au repos pris à Cheltenham. Et peut-être est-ce la raison pour laquelle il fit deux commandes au même artiste. Peut-être est-ce aussi quand il s’est senti mieux qu’il a finalement décidé de rentrer en Argentine tandis que son compagnon de mission, Bernardino Rivadavia, continuait ses recherches d’appui diplomatique à l’imminente déclaration d’indépendance en se rendant dans le Paris occupé par les Coalisés, après Waterloo et l’exil définitif de Napoléon.

L’ensemble de ces clichés sont à voir sur la page Facebook du photographe, Tomás Pagano, et sur celle de l’Institut. Il faut admirer le talent du professionnel qui a réussi à obtenir de ce grand tableau une photo presque sans reflet et avec une résolution si fine qu’on peut y voir nettement le détail du drapeau (juste au-dessus de la cuisse de Belgrano, à la verticale du genou : un carré blanc et un carré bleu ciel – ce sont bien les couleurs de l’Argentine).



(1) Casimir Carbonnier n’a pas signé ces deux tableaux très probablement parce qu’il n’en voyait pas l’intérêt. Il venait de s’installer à Londres pour éviter les humiliations réservées en France aux bonapartistes. Manuel Belgrano semble avoir été le premier dignitaire à lui passer commande. Le peintre exilé n’avait aucun besoin de faire connaître ses talents en Amérique du Sud où les tableaux allaient être emportés. Ce n’est pas là-bas qu’il trouverait des clients pour gagner son pain en Angleterre.
(2) Cette scène est très intéressante du point de vue historique : elle ne peut en effet avoir été conçue qu’à partir des indications du général lui-même. C’est la seule source datant du vivant de Belgrano que l’on possède sur le premier aspect du drapeau national, inventé par le général à Rosario le 27 février 1812 et arboré au feu pour la première fois à Salta un an plus tard. Casimir Carbonnier avait étudié dans l’atelier de David avant de passer à celui d’Ingres dont il devint un ami personnel au point que lorsqu’il rentra à Paris sous la Monarchie de Juillet, il alla s’installer dans le logement avec atelier d’artiste qu’Ingres venait de quitter dans la rue du Bac, à quelques centaines de mètres de la chapelle de la Médaille miraculeuse.

Ouverture de ma chaîne Dailymotion [ici]

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En ce jour de fête nationale argentine, sans festivité publique et avec très peu de célébration en ligne en dehors du territoire argentin, je lâche ma nouvelle contribution pour faire connaître au public francophone la culture populaire de ce pays qui m’est particulièrement cher en lançant ma chaîne Dailymotion.


y los libres del mundo responden
¡Al gran Pueblo Argentino salud!
Et les hommes libres du monde répondent
Au grand peuple argentin, salut !
(7e et 8e vers de l’hymne national argentin, Vicente López y Planes, 1813
Traduction © Denise Anne Clavilier)
Illustration : cocarde argentine
qu’il est d’usage d’épingler sur son vêtement
mais cette année, tout le monde est à la maison,
alors c’est le blog qui arbore le symbole !

Parce qu’il fallait bien commencer par un bout après le coup de massue du confinement et l’arrêt de toutes mes activités publiques (salons du livre, rencontres et conférences), j’ai recyclé l’enregistrement d’un atelier littéraire de tango que j’avais animé il y a cinq ans à Toulouse, dans le programme du festival Tangopostale, pour faire apprécier la finesse poétique du répertoire du tango canción.

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En l’occurrence, pour inaugurer cette chaîne, j’ai choisi un atelier en hommage à Carlos Gardel, né à Toulouse le 11 décembre 1890 (les archives de l’état-civil du département faisant foi) avec l’analyse de Mano a mano, un tango qu’il avait composé en 1923 avec son ami José Razzano sur un texte du poète Celedonio Flores (un tango que vous pouvez écouter dans les versions mises en ligne par le site encyclopédique argentin Todo Tango, qui vous donne également le texte original).

Peu à peu, au fur et à mesure que je monterai mes archives et mes nouveautés, la chaîne s’enrichira d’autres propositions sur toutes sortes de sujets : tango, folklore, histoire, patrimoine, etc. En croisant les doigts et en touchant du bois (en Argentine, on fait pareil), j’espère pouvoir publier quelque chose sur Manuel Belgrano le mercredi 3 juin, quand on fêtera, dans le confinement complet à Buenos Aires et dans le progressif retour à la normale en France et ailleurs en Europe, les 250 ans de sa naissance. En 1770, le 3 juin était tombé un dimanche. C’était le dimanche de la Pentecôte.

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Pour visionner l'atelier :
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