lundi 23 mars 2026

La maison d’une Madre de Plaza de Mayo devient un musée de la mémoire – Article n° 7800 [Actu]

Norita chez elle, sans son foulard de Madre de Plaza de Mayo


Nora Cortiñas, décédée le 25 mai 2024 à Castellar, dans la Province de Buenos Aires, avait perdu l’un de ses fils, Gustavo, disparu à 24 ans et que l’on n’a jamais retrouvé.

La maison hier, vue du patio où le public a fait la fête

Hier, sa maison, à Castellar, est devenue un musée et un espace culturel consacré à la mémoire des événements de 1976-1983, grâce au fond d’archives constitué par Norita tout au long de sa vie, et à toutes les luttes pour les droits de l’homme auxquels elle avait consacré sa vie.


Interview sur une radio locale des initiatrices du projet

Une association militante locale, qui porte le nom de la fastueuse demeure de maître à l’architecture du 17e siècle français qui servit de centre clandestin de détention et de torture à Castellar, la Asociación Seré, a conçu ce projet en lien avec la famille de la disparue. La Legislatura de la Province soutient ce projet devenu réalité.

Dans le couloir qui relie la rue et le patio

La date n’avait pas été choisie au hasard. Hier aurait été le 96e anniversaire de Norita Cortinas et demain sera le 50e anniversaire du coup d’État qui l’a précipitée dans sa militance et la recherche, en vain, du corps de son fils.

Une belle fête, chaleureuse et militante, s’est tenue dans le patio de la maison en présence de plusieurs membres de la famille, du Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel et du public venu partager des convictions et des chansons.


Le témoignage de la vitalité des droits de l’homme dans ce pays qui pourtant menace de glisser à court ou moyen terme dans un régime autoritaire, voire dictatorial.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Diario Zona Norte, un journal local

Quand Novelli lâchait son imagination pour rendre un culte à « J » et se remplir les poches [Actu]

Le projet de pièce en or avec le profil du président
et de l'autre côté le soleil de Mai, symbole de l'Argentine indépendante


L’enquête se resserre toujours un peu plus autour de Javier Mileí, surnommé « J » en guise de nom de code.

La journaliste : Et comment expliquez-vous les 5
millions de dollars que vous avez touchés de Hayden Davis ?
[Hayden Davis est le créateur de la crypto-monnaie, $ Libra]
Mileí : Je ne les ai pas touchés... Je les ai re-çus.
Traduction © Denise Anne Clavilier
Vignette de Pati pour Página/12 aujourd'hui
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Hier, Página/12 faisait la synthèse de tous les éléments qui l’incriminent dans une opération dont le caractère frauduleux est désormais indéniable. Un truc effarant...

Merchandising autour de la figure de Mileí

Aujourd’hui le quotidien rend compte de toutes les opérations commerciales que Novelli avaient imaginé mettre en œuvre pour exploiter à fond l’image du président en sombrant dans un culte de la personnalité obscène : 5000 pièces d’or et d’argent à l’effigie du locataire de la Casa Rosada accompagnée de deux des symboles de sa campagne électorale (le lion en référence à sa crinière mal coiffée et son slogan, qui emprunte au registre le plus vulgaire de la langue argentine), des t-shirts, des casquettes, des porte-feuilles, des cannettes de soda, des porte-documents et bien entendu, des tronçonneuses. Un délire inouï !

"Avec la $ Libra au cou", dit le gros titre
de Página/12 hier
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 d’aujourd’hui
lire l’interview dans La Nación d’un député d’opposition sur cette absence d’éthique des gouvernants en place.

Ajouts du 24 mars 2026 :

lire l’éditorial de La Nación sur la démarche consistant à monétiser l’image du président, comme si tout devait et pouvait avoir une valeur marchande

Clarín publie en ligne 50 photos sur le coup d’État et La Nación des documents déclassifiés [Actu]

Une de Clarín le 24 mars 1976


En cette veille de cinquantenaire du coup d’État de Videla contre Isabel Perón, la veuve de Perón, disparu depuis peu, et la première femme du monde à avoir jamais été chef d’un État républicain (une présidente non élue toutefois et par ailleurs assez peu démocratique, reconnaissons-le au passage), les deux quotidiens majeurs de droite évoquent ce triste anniversaire dans leur édition en ligne de ce jour.

Clarín publie une impressionnante série de photos issues de ses archives qui documentent ce jour tragique pour l’Argentine.

Décret de la Junte du 24 mars 1976
suspendant des garanties constitutionnelles
au nom de la sécurité nationale

La Nación, le plus ancien journal argentin, publie et commente une série de documents déclassifiés sur le putsch et les crimes de la Junte commis contre l’État de droit, contre la constitution et contre l’humanité, en particulier au sujet des disparus, ces 30 000 opposants dont on ne sait pas exactement comment, quand ni où ils sont morts, même si quelques corps ont pu être retrouvés, dont 12 personnes identifiées la semaine dernière à La Perla, un ancien centre de détention et de torture clandestin de la province de Córdoba.

Astor Piazzolla avec sa fille et les deux enfants de celle-ci,
Marcela et Daniel

La Nacióu publie également le témoignage de la petite-fille du grand compositeur, maître du tango, que fut Astor Piazzolla. Il s’agit de la fille de Diana, elle-même fille de Astor, militante syndicaliste et peroniste qui avait dû fuir au Mexique, avec son mari, lui aussi opposant à la dictature. Ce mari était le cousin de Azucena Villaflor, l’une des très célèbres fondatrices du mouvement de Madres de Plaza de Mayo, elle-même assassinée par le régime. Dans cette interview, Marcela Villaflor Piazzolla se confie sur cette longue et douloureuse histoire familiale.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

consulter l’article de Clarín
consulter l’article de La Nación sur les documents déclassifiés
lire l’article de La Nación sur Marcela Villaflor Piazzolla

samedi 21 mars 2026

Les députés vont examiner les frais de voyage de Pinocchio [Actu]

"Agence de voyage.
Avec notre argent", dit le gros titre
En haut, l'autre scandale : "Les factures de Adorni"
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Excédés par les sempiternels voyages du Président (il est actuellement en Hongrie, chez son grand pote Orban), par le niveau du luxe que Javier Mileí s’offre à lui et à toute sa suite, le caractère partisan et idéologique (d’extrême-droite) ou purement narcissique (remise de prix fantaisie un peu partout) de leur contenu et leur absence, presque toujours, de lien avec les intérêts diplomatiques de l’Argentine, une bonne douzaine de députés de l’opposition, tous courants confondus, ont décidé d’enquêter sur ce que tous ces caprices coûtent au budget de la Nation.

Ils veulent voir les factures, les commandes, les paiements. Ils veulent savoir si des entreprises privées n’en profitent pas pour gagner de l’argent grâce à la présence d’un président argentin à des dîners à plusieurs milliers de dollars par personne. Or le président n’a pas le droit de se prêter à soutenir des intérêts privés. Son mandat le lui interdit.

De son côté, Mileí prépare un nouveau bouquin. Son titre ? La morale, une politique d’État. Il se moque carrément du monde !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur l’investigation annoncée par l’opposition au Congrès
lire l’article de Página/12 sur les extravagances du président et la profondeur de la crise dans laquelle il a plongé son pays
lire l’article de La Nación sur le culot du président lorsqu’il met en avant sa moralité au milieu de ses dépenses pharaoniques et inconsidérées.

Cinquantenaire du coup d’État : tout le monde s’y met [Actu]

Semaine de la Mémoire
Plus jamais - 50 ans (1976-2026)
Affiche du club de quartier Racing Club (Buenos Aires)
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Ce week-end et jusqu’à mardi, l’Argentine commémore le coup d’État de Videla qui, le 24 mars 1976, a installé la pire dictature militaire que le pays ait jamais connue.


Une de La Nación aujourd'hui
En haut de la colonne de droite : Une de Ideas
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De très nombreuses manifestations sont proposées ce week-end et dans la semaine qui vient de la part de toutes sortes d’institutions : théâtres, cinémas, musées, centres culturels, clubs de foot, même les plus modestes, associations…

Affiche du Club de Caballito (Buenos Aires)
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L’Église elle aussi s’associe aux commémorations. La Conférence épiscopale argentine (CEA) a publié une déclaration en faveur de la démocratie et de l’État de droit contre les monstres du passé.

"Ils sont 30 000", dit l'inscription contre
le négationnisme du gouvernement national
"24 M[ars] : L'art n'oublie rien"
Une du supplément culturel quotidien de Página/12 ce matin
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La Nación elle-même consacre aujourd’hui son supplément hebdomadaire Ideas à ce triste anniversaire et l’annonce à la Une.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur l’ensemble des programmes proposés à partir d’aujourd’hui
lire l’article de Página/12 sur les propositions des clubs sportifs
lire l’article de La Prensa sur la déclaration de la CEA

vendredi 20 mars 2026

Deuxième salon du livre des Droits de l’Homme à la ex-ESMA [à l’affiche]


A la ex-ESMA, ancienne école de mécanique de la Marine nationale argentine transformée par la dictature militaire des années 1976-1983 en lieu de détention et de torture où de très nombreux opposants et militants des droits de l’homme ont subi une exécution extra-judiciaire, se tient à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche soir le deuxième salon du Livre des Droits de l’Homme avec 120 éditeurs exposants.

Une du supplément culturel quotidien de Página/12
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Au programme de ce week-end où l’on commence à commémorer les 50 ans du coup d’État de Videla et consorts, le 24 mars 1976, des rencontres avec des auteurs, des dédicaces, des conférences, des ateliers, des tables-rondes comme dans tous les salons du livre.

Le salon se tient dans ce qui était le pavillon d’honneur de l’école.

Entrée libre et gratuite.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire la présentation sur le site Internet de Espacio de la Memoria, l’une des institutions culturelles qui déploie ses activités dans ce campus devenu un haut lieu des droits humains en Argentine et que l’actuel gouvernement voudrait bien détruire pour rendre les lieux aux forces armées, comme si rien ne s’y était jamais passé.

Décès de l’œnologue français qui avait conseillé les caves argentines les plus ambitieuses [Actu]


Michel Rolland (ci-dessus), qui vient de mourir à 78 ans en Argentine où il avait fini par se fixer, était un œnologue français très réputé. Dans les années 2000, il avait travaillé à donner du prestige à quelques riches caves argentines, surtout dans la province de Mendoza, en « francisant » leurs vins. Ce qui ne fut pas sans susciter des polémiques un peu partout dans les provinces vinicoles en Argentine. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui je romps avec ma tradition de ne faire qu’un seul article au décès d’une personnalité.

Michel Rolland avait fini par acheter des terres à Mendoza, il y avait planté un vignoble qu’il exploitait lui-même et il y avait fait construire une cave sous la forme d’un bâtiment immense, un bloc massif et arrogant, assez peu respectueux des magnifiques paysages de la province et tournant le dos au marché local. Cette cave conduit en effet une politique de haut de gamme du dernier chic comme on en voit aussi en France, dans le Bordelais et en Bourgogne, comme une mode de luxe qui est en train de ravager la Provence, laquelle risque maintenant de tomber dans la mono-production de rosé, le tout à destination de l’exportation (la destination visée, c’était les États-Unis, un plan quelque peu mis à mal depuis un an par Trump). La seule différence avec l’Argentine, c’est que là-bas, cette tendance se développe sans aucune racine locale, comme plaquée artificiellement sur ce sol de plus en plus affectée par le changement climatique (sécheresses à répétition en particulier).

La presse de droite lui rend hommage dès aujourd’hui. Pour ce secteur de la société, c’est un grand monsieur qui disparaît puisqu’il aurait donné ses lettres de noblesse à la production vinicole nationale et en particulier au cépage emblématique de l’Argentine, le malbec, importé au 19e siècle de la région de Pau… Cette stratégie vinicole est un peu comme la cuisine aristocratique anglaise qui s’efforce d’imiter les recettes françaises. C’est snob et pas très authentique mais ça rapporte !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Hommage de Nicolás Varchausky aux disparus de la dictature [à l’affiche]

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Le 24 mars prochain, l’Argentine commémorera le putsch de 1976, il y a un demi-siècle. Le week-end est donc chargé en manifestations culturelles et politiques. C’est ainsi que dès cet après-midi, un hommage musical sera rendu aux 30 000 disparus de la dictature dans le Parque de la Memoria à Palermo, dans le nord de la Ville de Buenos Aires.

Ce monument sonore est une création originale de Nicolás Varchausky, compositeur, musicien et performeur argentin, né en 1973 et formé à la composition électro-acoustique à la Universidad Nacional de Quilmes, située en banlieue sud de Buenos Aires.

Le concert durera tout le week-end pour célébrer chacune des personnes que le régime militaire a fait disparaître, ceux que l’on appelle los presentes parce qu’ils restent présents dans la mémoire des vivants et qu’on veut lutter contre le négationnisme actuellement à l’œuvre au gouvernement de Mileí.

Entrée libre et grauite.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire la présentation par le compositeur sur son propre site.

mardi 17 mars 2026

La Feria Francesa ce week-end à Buenos Aires [à l’affiche]


Ce week-end, les Portègnes ont à nouveau rendez-vous, à Palermo, dans le nord de la ville, avec ce salon gastronomique qu’est la Feria Francesa, proposée par l’association Luculus et soutenue par l’ambassade de France pour faire connaître les produits et les recettes traditionnelles et innovantes de notre pays.

La plupart des artisans de bouche français ou non qui sont installés à Buenos Aires ou dans la proche banlieue (boulangeries, pâtisseries, salons de thé, restaurants et traiteurs), rassemblés dans l’association, participent à la manifestation...

Belle affiche bien faite pour faire voyager les Argentins sans bouger de chez eux !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajouts du 19 mars 2026 :
lire cet article de La Prensa
lire cet article de Elle-Clarín sur la manifestation

lundi 16 mars 2026

Pinocchio est un pantin [Actu]

"Demain, je vois Mileí et je lui prends
son téléphone des mains", dit le gros titre
citant un message de Novelli (en photo)
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Et ce matin, on apprenait que dans le téléphone de Novelli, on avait trouvé des conversations qui confirment ce dont on se doutait depuis très longtemps : Javier Mileí se laisse manipuler.

Peu avant le lancement de la crypto-monnaie $ Libra, Novelli se faisait fort de rencontrer le président argentin et de s’emparer de son téléphone pour publier lui-même sur ses réseaux sociaux des textes de son cru. Autrement dit, le chef de l’État s’est sans doute fait manipuler comme un enfant par cette bande d’escrocs qui a profité de lui pour s’enrichir en lui graissant la patte en passant !

"Révélation dans l'affaire $ Libra : Mileí
parle d'une mafia médiatique", dit le gros titre
pour dénoncer la ligne de défense du président
qui s'en prend à la presse qui découvre ses agissements
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A plusieurs reprises, Novelli a eu accès au président, comme en témoignent les registres des entrées et sorties des deux résidences présidentielles, la Casa Rosada qui est le palais du gouvernement et le manoir de Olivos, où Mileí loge au jour le jour.

"Le gouvernement repousse à après 2027
la composition de la Cour [suprême]", dit le gros titre
avec un titre secondaire : "Nouveaux indices
d'un éventuel accord de $ Libra avec Mileí"
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Une telle découverte ne constitue pas une vraie surprise mais trouver ainsi dans le téléphone d’un trader financier la preuve que le président s’est mis dans la main d’une poignée de délinquants en col blanc en est bien une, en revanche.

Le président se trouve donc maintenant dans une situation pour le moins inconfortable, peut-être même menacé d’un procès pénal. Comment pourra-t-il récupérer l’autorité et la respectabilité que sa fonction exige, si tant est qu’il en ait jamais été revêtu ?

Annonce d'une conférence de presse
qui va se tenir aujourd'hui à ce sujet
à la Chambre des Députés
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Toute la presse est scandalisée et cette fois-ci, on constate que, vaille que vaille, l’information est traitée en mode majeur par tous les quotidiens, quelle que soit leur appartenance idéologique, sauf La Prensa, toujours très marginale dans le panorama politique argentin. De manière très compréhensible, Página/12, qui est dans l’opposition, reste, sur le sujet, le plus vigoureux des titres pour ce qui est du journalisme d’investigation.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur la campagne que déchaîne contre lui des proches du président qui avaient cru pouvoir compter toujours sur son silence complice dans toutes les circonstances et s’aperçoivent que le quotidien finit par renouer avec sa mission d’information et d’analyse de l’actualité
lire l’article de La Nación

Ajout du 17 mars 2026 :
La commission parlementaire sur la crypto-monnaie s’est dissoute l’année dernière après la remise d’un premier rapport qui n’identifiait pas les escrocs éventuels. Hier, lors d’une conférence de presse, le président de cette commission éteinte, membre de l’opposition, a annoncé qu’il entendait réanimer le processus en vue de faire témoigner les Mileí frère et sœur ainsi que certains de leurs comparses dans cette vaste escroquerie à la monnaie virtuelle qui a fait perdre beaucoup d’argent à beaucoup d’investisseurs de bonne foi.
A ce propos, lire l’article de La Prensa (celui de Página/12 est réservé aux abonnés sur le site du journal).

Ajout du 18 mars 2026 :
Les journalistes continuent à fouiller les données récupérées sur les téléphones saisis par la justice et La Nación révèle aujourd’hui une partie de l’historique des relations entre Mileí et Novelli, lesquelles remonteraient au tout premier mandat électif de Mileí, les deux années pendant lesquelles il a été député avant de quitter son siège pour entrer à la Casa Rosada. Dès cette époque, il est déjà question d’échanges financiers entre eux, qui ressemblent pas mal à des dessous-de-table. Et sa sœur était déjà impliquée, comme on le voit clairement dans l’enregistrement vidéo d’un échange par Zoom que La Nación publie dans son article en ligne. Pendant les cours d’économie (ou supposés tels) que Mileí donnait alors en ligne, dans un organisme dont Novelli était membre lui aussi, il lui arrivait de recommander à ses auditeurs d’investir dans des produits financiers proposés par Novelli...
A ce sujet, lire l’article de La Nación

dimanche 15 mars 2026

Pinocchio s’était bien fait acheter par le créateur de $Libra [Actu]

"Cinq millions de motifs", dit le gros titre
En haut à droite : l'article sur les réactions des familles
de disparus qui ont retrouvé trace des leurs à La Perla
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Beaucoup de gens en avaient la conviction mais il manquait encore la preuve matérielle. On vient de la trouver : un accord entre Javier Mileí et l’escroc qui a créé la crypto-monnaie $ Libra que le président avait accepté de promouvoir, un accord pour un dessous-de-table de 5 millions de dollars. Rien que ça ! Le texte de l’accord se trouvait dans le dossier des notes prises sur le téléphone d’un trader qui s’est entremis entre l’escroc et le président.

Mileí : Vous savez, Monsieur le Président... Le scandale Adorni m'inquiète
Trump : Mais dis-moi, ce Adorni, il est impliqué avec Epstein ?
Mileí : Non
Trump : Il a fait des trucs débiles pour dissimule l'affaire Epstein ?
Mileí : Non
Trump : Est-ce qu'il a mené le monde au bord d'une guerre mondiale ?
Mileí : Non
Trump : Vous vous noyez dans un verre d'eau, vous !
Dessin de Daniel Paz et Rudy, à la Une de Página/12 ce matin
Traduction © Denise Anne Clavilier
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Pendant qu’en Argentine, le pot-aux -oses est mis à jour, le chef de l’État suspect de corruption se trouve en Espagne, où il assure la conclusion d’une grande rencontre d’extrême-droite autour d’une thématique économique. Comme à son habitude lorsqu’il est dans la Péninsule, il a abondamment insulté Pedro Sánchez, chef de l’exécutif espagnol. Il a aussi insulté les industriels argentins qu’il couvre d’injures depuis plusieurs jours. En revanche, comme à son habitude aussi, il a couvert d’éloges le locataire de la Maison Blanche en le remerciant d’être « en train de débarrasser le monde du socialisme » (or il se pourrait bien que tout ce chaos provoqué par Trump redonne des couleurs à la gauche et au centre aux États-Unis comme en Europe).

"Révélation : un accord pour 5 millions de dollars
pour lancer $ Libra", dit le gros titre
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Ce trader en crypto-monnaie, un certain Novelli, était aussi le conseiller de Javier Mileí dans ce domaine. C’est le même homme avec lequel il a multiplié les échanges écrits dans la nuit du 14 au 15 février 2025 au moment où $ Libra a été lancée publiquement et s’est effondrée en quelques heures, au bénéfice de ses promoteurs qui ont empoché les investissements des épargnants hispanophones qui avaient fait confiance à la recommandation de Mileí.

En gros titre : le scandale des nouvelles
compétences des services de renseignement
(ils peuvent espionner les journalistes,
les économistes et les opposants)
En  haut de la colonne de droite :
le scandale $ Libra : "On a trouvé
des références à un accord supposé avec Mileí
pour 5 millions de dollars", dit le titre
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L’accord prévoyait des versements en trois étapes, d’abord 1,5 millions à l’accord de Mileí, 1,5 millions lorsque Mileí aurait lancé son message de recommandation sur les réseaux sociaux et 2 millions par la suite lorsqu’un contrat aurait été signé en personne par Mileí lui-même. Le document implique le gouvernement argentin et la sœur du président, censé apporter leur appui à l’opération.

Vignette de Pati dans Página/12 aujourd'hui
La journaliste télé : Trump a affirmé qu'il n'aimait pas le
nouveau guide iranien et qu'il pense à quelqu'un d'autre..."
Traduction © Denise Anne Clavilier
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D’un autre côté, comme le montre la Une de La Nación qui en fait son gros titre, le gouvernement a modifié les domaines de compétences des services du renseignement national : désormais, la SIDE aura le droit de surveiller les opposants, les journalistes et les économistes, c’est-à-dire tous ceux qui ont l’autorité de mettre à mal les stratégies du président qui, comme son homologue à Washington, use et abuse du mensonge et de l’invraisemblance. Le 24 février prochain, l’Argentine va commémorer le 50e anniversaire du coup d’État militaire de Videla et consorts !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajouts du 19 mars 2026 :
lire cet article de Página/12 sur les merveilleux châteaux en Espagne que bâtissait Novelli le 30 janvier 2025 lorsqu’il sortait de la Casa Rosada après avoir conclu son accord de corruption avec le président.
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
Où l’on découvre que Novelli lui aussi avait sa sœur pour principale collaboratrice. Les deux hommes ont dû se trouver des points communs autres que simplement financiers. On se croirait dans un épisode de Columbo repassant derrière son suspect et ses projets d’investissement.

Ajout du 20 mars 2026 :
On découvre que le trader argentin Novelli avait vendu au créateur états-unien de $Libra la mise en contact avec Mileí… Il n’y a pas de petit profit.
A ce sujet, lire l’article de Clarín

samedi 14 mars 2026

Pinocchio à la Casa Rosada [Actu]

"Appel fatal" titre Página/12 sur cette photo
de Mileí accro à son portable
En haut, le scandale de Manuel Adorni
continue à nourrir l'actualité
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Le vendredi 14 février 2025, dans le calme de l’été, en fin de journée, Javier Mileí a lancé sur ses réseaux sociaux une recommandation concernant une crypto-monnaie dans laquelle il conseillait d’investir. L’instrument financier s’est effondré six heures plus tard, entraînant la ruine de nombreux épargnants hispanophones qui avaient fait confiance dans la parole d’un chef d’État se présentant lui-même comme un économiste diplômé.

Devant le scandale, Mileí avait prétendu n’avoir rien à voir avec l’opération et n’avoir diffusé l’information qu’à titre personnel, comme l’aurait fait un particulier quelconque, sans avoir d’intérêt dans l’affaire.


Au milieu de la colonne de droite :
"Une preuve relie Mileí à l'opération
de lancement de la cryptomonnaie $Libra"
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Toutefois, les analyses de différents téléphones portables saisis par la justice lors de perquisitions chez les promoteurs de cette cripto-monnaie, $ Libra, démontrent qu’il a existé quantités d’échanges de messages entre Mileí et des personnes impliquées dans des conditions et à des horaires qui démontrent clairement une complicité. Si Mileí n’avait pas été mis dans la confidence longtemps à l’avance, il n’avait aucune raison d’échanger de manière aussi frénétiques ce soir et cette nuit-là alors que tout s’écroulait et que les promoteurs du truc s’en mettaient plein les poches.

Le président est donc convaincu de mensonges et de lourds soupçons pèsent sur lui et sur son intégrité, ce qui n’est guère une surprise… On savait déjà en effet que Mileí avait rencontré longtemps avant le lancement de la crypto-monnaie l’un de ses promoteurs nord-américains qui présente un profil assez clair d’escroc qui n’en serait pas à son premier coup.

Le gros titre dit : "Une expertise téléphonique
contredit la version de Mileí sur l'affaire $ Libra"
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Tous les quotidiens nationaux mettent l’info à la Une. Et cela, c’est assez rare ! Les révélations sont si choquantes que l’on retrouve les éléments des expertises techniques reproduits dans les colonnes des quotidiens imprimés.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :