Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
"Adorni a présenté sa déclaration et admis qu'il avait des économies au noir à hauteur de 506.000 dollars", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Manuel Adorni, le Premier
ministre impliqué dans de nombreux scandales de corruption et
d’enrichissement personnel, vient enfin, après plusieurs mois, de
publier une déclaration de patrimoine corrigée et qui ne tient pas
debout.
Elle tient si peu debout que
l’homme a dû expliquer que son épouse et lui avaient fait des
économies au noir avant son entrée en fonction au gouvernement afin
de justifier le patrimoine immobilier très impressionnant dont la
presse a révélé l’existence qui ne figurait pas sur la
déclaration déposée lors de la prise de fonction. Il a aussi fait
valoir qu’il avait eu recours à la loi d’amnistie fiscale qui
permettait aux contribuables de déclarer des revenus ou des biens
qu’ils avaient jusque là « oubliés » (les gens
étourdis, ça existe).
"Adorni affirme qu'il a caché des économies au noir dans ses déclarations de patrimoine", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Dans les journaux, personne ne
croit à ses explications alambiquées et indignes. Dans les
conférences de rédaction, il y a dû y avoir quelques accès de fou
rire, on le sent dans les articles.
Hier, pour marquer le jour de
l’Affirmation du Droit de l’Argentine sur les îles Malouines,
sous autorité britannique depuis le coup de force de la Royal Navy
en janvier 1833, le gouvernement argentin s’est autorisé une
provocation contre les associations des droits de l’Homme qui,
depuis des années, ont installé leurs centres culturels respectifs,
tous consacrés à la mémoire des victimes de la dernière dictature
militaire, sur l’ancien campus de l’École
supérieure de mécanique de la Marine (ESMA en espagnol).
Sur ce terrain de l’ex-ESMA, où
se trouve aussi un musée consacré aux Malouines, une poignée de
soldats en tenue de combat et lourdement armé a garé deux véhicules
militaires sur le parking avant de pénétrer dans le musée alors
qu’aucun militaire armé n’est autorisé à fouler le sol de ce
complexe culturel, placé d’ailleurs sous le parrainage de
l’UNESCO, à l’exception de la garde d’honneur des Grenadiers à
cheval, le seul régiment qui s’est tenu à l’écart des
pratiques criminelles de la Junte puisque ce corps historique, fondé
par le général San Martín pour garantir l’indépendance du
pays et dissous en 1826, a été reconstitué en 1903 comme escorte
présidentielle et symbole d’unité de la nation afin d’assurer
la sécurité des personnalités et des établissements nationaux,
dont ce musée fait partie.
Cette intrusion, peu discrète
qui plus est, constitue une violation délibérée des règles
établies par la démocratie et une provocation destinée à imposer
par le fait accompli le négationnisme de ce gouvernement nostalgique
de la Junte au détriment du travail de mémoire opéré par les
associations et les historiens depuis le retour à la démocratie, le
10 décembre 1983. Le symbole est très lourd. Ni les soldats ni les
véhicules militaires n’ont pas le droit d’entrer dans cette
enceinte consacrée à la mémoire de toutes les victimes de la
répression de la dictature puisque la Marine avait installé là un
centre de détention, de torture et d’exécution extrajudiciaire
qui a été actif de 1976 à 1983. La règle est d’autant plus
ferme que la ex-ESMA se situe à proximité des deux régiments
historiques du pays, la caserne du premier régiment d’infanterie
dit des Patricios (1807), lequel a combattu les Britanniques aux
Malouines, et le quartier des Grenadiers à cheval dit du Général
José de San Martín (1812). Pour autant que j’arrive à voir
l’écusson sur les portières des véhicules, ces soldats
n’appartiennent à aucun de ces deux corps.
Tout cela est d’autant plus
choquant que Javier Milei se contrefiche royalement de la
souveraineté de son pays sur l’archipel qu’il s’est montré
prêt à marchander avec la Grande-Bretagne jusqu’à la victoire de
l’actuelle majorité travailliste qu’il hait et méprise de
toutes ses forces et à laquelle il tourne le dos. En revanche, si
jamais le Royaume-Uni devait passer sous la coupe de Reform UK et de
Nigel Farage, la revendication constitutionnelle de l’Argentine sur
les Malouines aurait du souci à se faire !
Contre cette mise en scène
odieuse, Abuelas de Plaza de Mayo a publié un communiqué dans
lequel l’association tient à honorer la mémoire de tous les
disparus sous la dictature, celle des opposants mais aussi celle des
pioupious du contingent tués pendant la guerre des Malouines en
avril 1982.
"[Que] rien ne le délivre", dit le gros titre avec un jeu de mot avec le nom de la crypto-monnaie et une référence à la fin de la prière du Notre Père : Y libranos del mal (et délivre-nous du mal) Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Un rapport technique de la Police
fédérale sur la chronologie des événements dans le scandale de la
$ Libra au début de l’année dernière vient de déconstruire tout
ce que le président Javier Milei en dit.
Dans cette histoire sordide, le
président essaye en effet de se défausser sur d’autres et fuit
ses responsabilités. Il prétend ainsi qu’en janvier 2025, il n’a
fait que reprendre un message déjà publié par d’autres, message
qui invitait le public à investir dans cette crypto-monnaie qui
recouvrait en fait une escroquerie, laquelle a été découverte
quelques heures après le tweet de Milei. Or les investigations de la
police ont permis de constater que ce message de Milei était bel et
bien le tout premier publié sur cette affaire prétendument juteuse.
Le tweet de Milei qui n'est en aucun cas un partage Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Le chef de l’État est donc à
l’origine de la vague d’investissements par des particuliers qui
s’est effondrée à minuit le même jour, ruinant ainsi ces
investisseurs crédules tout en enrichissant les initiateurs du
produit (qui ont empoché les mises) et peut-être le président
lui-même puisqu’on a découvert qu’il existait entre les escrocs
et lui un contrat écrit qui lui accordait, ainsi qu’à sa sœur,
plusieurs millions de dollars s’il lançait la promotion du produit
truqué depuis ses propres réseaux sociaux. Ce qu’il a fait !
lire l’article
de Página/12 lire l’article
de La Nación Il est assez rare que l’on voit
les deux titres, qui sont aux antipodes politiques et idéologiques
l’un de l’autre, traiter le même jour ce genre d’information
qui décrédibilise un gouvernement de droite. A La Nación,
il est probable qu’on a maintenant plus qu’une dent contre ce
président libertarien qui détruit tout (y compris l’économie
nationale) et ne respecte rien.
Vue d'artiste de notre nouvelle sympathique peluche...
Les chercheurs du CONICET, le
Centre national de recherche scientifique et technologique, viennent
de découvrir dans la province de La Rioja, dans le nord-ouest du
pays, sur les flancs des Andes, des fossiles appartenant à un
lointain cousin de nos actuels crocodiles d’il y a 237 millions
d’années. Cet animal a donc vécu avant nos amis les dinosaures.
Le reptile mesurait environ 6
mètres de long. Son crâne, qui constitue l’essentiel de la
découverte, mesurait 60 cm de longueur et il était haut sur
pattes : il marchait, il ne rampait pas (alors que nos
crocodiles sont entre les deux moyens de locomotion terrestre).
Photo Conicet
La découverte fait l’objet
d’un article scientifique en anglais, publié dans Papers
in Paleontology (une
revue de University of Michigan). Son contenu n’est accessible que
sur abonnement (la lecture requiert donc un accès professionnel à
une bibliothèque scientifique du CNRS ou d’une université). Seul
un
abstract (synthèse de présentation)
est disponible en ligne.
Cette nouvelle découverte met à
nouveau en évidence l’importance de financer le travail des
scientifiques en Argentine, un financement que le gouvernement de
Javier Milei refuse obstinément malgré tous les avantages que le
pays peut en obtenir, notamment en termes de soft-power et d’échanges
internationaux avec les chercheurs de tous les autres pays. Dans ce
cadre, l’organisme vient de reprendre la diffusion d’un streaming
sur les fonds marins, cette fois un peu plus au sud, sur le littoral
atlantique argentin : il maintient ainsi l’intérêt et le
soutien de l’opinion publique nationale.
Dans le domaine de la
paléontologie, l’Argentine possède en Patagonie l’un des plus
importants gisements de fossiles capables de témoigner des tous
premiers vertébrés qui ont peuplé notre planète. C’est un
précieux avantage non seulement sur le plan scientifique mais aussi
sur celui du tourisme. Et le tourisme, c’est des recettes, du
développement local et des devises. Il est stupéfiant que ce
gouvernement qui ne juge de la valeur d’une chose qu’en fonction
de sa rentabilité à court terme ne le comprenne pas !
Vendredi dernier,
le gouvernement de Javier Milei et ses tristes alliés ont refusé le
concours de la puissance
publique à la famille de
El Indio Solari pour organiser ses
funérailles à la hauteur de la demande et pour
assurer la sécurité des
personnes et des biens, malgré les besoins plus qu’évidents. Le
président de la Chambre, le gluant arriviste Martín Menem, qui
n’est autre que l’un des petits-enfants de
feu l’ancien président
Carlos Menem, celui que Milei respecte le plus et auquel il aimerait
tant ressembler, a refusé tout net de mettre à disposition de la
veillée funèbre les
locaux du Congrès en
prétextant que ce bâtiment ne se prêtait pas à ce genre de
manifestation. Ce qui est totalement faux : le Congrès a
accueilli les hommages populaires et nationaux au président Néstor
Kirchner en 2010, à la chanteuse et compositrice Mercedes Sosa et à
Diego Maradona, quelques années plus tard. Les trois veillées ont
attiré une foule immense, démonstrative
et brisée de chagrin sans qu’aucun incident n’ait été à
déplorer. Le bâtiment est
parfait pour accueillir ce genre d’événement grâce àl’immense
place qui le jouxte et où
les forces de l’ordre
peuvent
canaliser la foule et les
moyens de secours être
déployés.
"Voilà à quoi nous ressemblons", dit la légende de ce dessin de Miguel Rep, hier, sur le site de Página/12 Pour une fois, les Malouines manquent sur cette carte où l'Argentine est couchée, le nord à droite, le sud à gauche
Devant une telle mauvaise
volonté, aussi cruelle que méprisante, c’est Máximo Kirchner, le
fils de Néstor et Cristina Kirchner, aujourd’hui leader d’un des
mouvements péronistes (un peu extrémiste sur les bords pour être
franche) et grand ami personnel du chanteur et de sa famille, qui
s’est chargé de trouver une solution. Surmontant
ses différends politiques
et sa rivalité avec d’autres dirigeants péronistes tout aussi
ambitieux que lui, il a pris son téléphone
pour appeler le gouverneur
de la Province de Buenos Aires puis
le maire de Avellaneda, une
ville de la banlieue
populaire et
ouvrière sur la limite
sud de la capitale
fédérale. Les trois hommes ont désigné à la hâte un lieu
capable d’accueillir la foule et ils ont mis sur pied le dispositif
de sécurité nécessaire en faisant appel aux forces de
l’ordre provinciales. Le
cercueil fermé, autopsie oblige, a alors été
transféré au Centre Multisport Gatica de Villa Domínico, à
Avellaneda.
Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Samedi soir, dès que le lieu de
la cérémonie a été
connu, on a vu se former une file d’attente sur la route qui
relie Buenos Aires au
Gatica, une file longue de sept kilomètres et
d’environ un million de
gens de tous âges, attendant debout, à pied, de rendre un dernier
hommage à l’artiste disparu, malgré la pluie et le froid qui
auraient pu arrêter plus d’un pèlerin. Les fans portaient des
vêtements
à l’effigie de leur idole disparue, des pancartes et
des banderoles pour le remercier de ce qu’il a été pour eux,
certains ont dessiné son visage à même la chaussée ou sur les
murs environnants, et ils ont ainsi cheminé jusqu’à la chapelle
ardente où ils se sont recueillis dans le calme et une
dignité à l’argentine
devant un cercueil en
bois aux reflets dorés au-dessus duquel flottait la mention « Indio
1949-∞ » en
lettres de lumière.
A droite, les photos de la foule dans la rue avec en bas ce visage du chanteur dessiné sur la chaussée A gauche, les maillots d'équipes de foot que les fans ont jeté vers le cercueil en signe d'hommage Cliquez sur l'image pour une haute résolution
La chapelle devait ouvrir ses
portes hier, dimanche,
à 11 h du matin. Il a fallu avancer l’ouverture à 9 h
et c’est seulement ce matin, lundi, à 8 h que la famille a
estimé devoir conclure la veillée publique pour procéder aux
obsèques proprement dites dont elle n’a révélé ni les modalités
ni le lieu, afin de se réserver un peu d’intimité.
En photo principale, la foule des fans à l'approche du Gatica Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Ce matin, l’épouse (depuis 45
ans) et le fils de El Indio ont publié sur les réseaux sociaux un
texte serein et très beau pour remercier tous ces inconnus qui se
sont déplacés pour rendre
ce dernier adieu. Ils les invitent à faire perdurer la vie du
disparu à travers sa musique à jamais vivante.
Le message de remerciement de la famille, ce matin "C'est fait. Toutes celles et tous ceux qui ont eu la possibilité de venir pour lui dire adieu l'ont fait. Maintenant, la pluie nous renvoie chez nous, pour rester dans la peine intérieure et nous souvenir de lui comme il était : humain, infini..." Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Ce matin aussi, tous les journaux
d’envergure nationale ont tenu à évoquer et à mettre à leur Une
cet événement exceptionnel auquel ce gouvernement de sinistres
brutes a choisi délibérément de tourner le dos.
Ajout du 10 juin 2026 : El Indio Solari a été incinéré
lundi soir au
cimetière de Lanús où ses cendres ont été déposées au
cours d’une cérémonie
réservée à ses proches. A ce sujet, lire l’entrefilet
de Página/12 lire l’article
de Clarín
Comment ne pas se sentir comme ça, dit le gros titre en hommage au texte d'une des chansons du disparu Cliquez sur l'image pour une haute résolution
El Indio Solari était un Géant à majuscule du rock argentin et comme presque toujours pour les
grands artistes populaires de ce pays, sa musique était très
politique, ouvertement contestataire. Vous dire qu’il était à
l’Argentine ce que Johnny Hallyday était à la France serait vous
mentir. Il était beaucoup plus que cela à cause de ses prises de
position réfléchies et courageuses dans la vie publique,
ouvertement de gauche, farouchement péronistes… Depuis très
longtemps, ses concerts étaient de gigantesques événements dans
des stades immenses que venait remplir une foule enthousiaste
reprenant en chœur ses refrains et ses couplets. L’artiste avait
77 ans. Hier dans la matinée, son auxiliaire de vie l’a retrouvé
inerte, chez lui, dans sa piscine climatisée. Il avait fait un AVC.
Il est mort sur le coup. Il ne s’est pas noyé.
Intervenant brutalement au
lendemain de la disparition d’une grande actrice de cinéma et de
théâtre qui, nonagénaire et malade, avait quitté la vie publique
depuis de nombreuses années (Chunchuna Villafañe, qui partagea la
vie du chanteur Horacio Molina puis du cinéaste Pino Solanas), la
nouvelle de ce décès inattendu a terrassé l’Argentine et la
population s’est spontanément rassemblée sur les places centrales
pour pleurer son idole et reprendre ses chansons à tue-tête. A
Buenos Aires, Plaza de Mayo s’est remplie à la tombée de la nuit
pour un hommage spontané.
Musique et une foule dans les rues pour dire adieu au grand manitou du rock, dit le gros titre sous cette photo de Plaza de Mayo hier soir Cliquez sur l'image pour une haute résolution
El Indio Solari avait commencé
sa carrière dans le ville universitaire qu’est La Plata, au sein
d’un petit quatuor de rock qui ne tarda pas à se hisser à la
hauteur des légendes, façon Beattles du monde hispanophone. La
petite bande se nommait Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota, du
nom d’une spécialité italienne de pâtes fraîches enroulées et farcies à la
brousse de brebis qui s’est fort bien acclimatée en Argentine en
perdant l’un de ses T (1). D’où l’adjectif
dont ses fans qualifient tout ce qui les réunit, à commencer par
ces grands rassemblements qu’on appelle donc Misas Ricoteras
(grands-messes ricotiennes) et dont ces scènes de Plaza de Mayo
fournissent un excellent exemple.
Le 16 mai dernier, la UBA l’avait
fait docteur honoris causa et il avait pris parti pour le financement
des universités nationales que refuse Javier Milei. Il avait quitté les
planches et les sonos en 2017.
"Indio Solari : une légende du rock qui relie les générations", dit le titre à côté de la photo de l'artiste Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Aujourd’hui, je prends
conscience que depuis le début de ce blog, en 2008, c'est à peine si j'ai mentionné quelque fois El Indio parce que ce rock à grand spectacle
n’est pas celui qui a mes préférences personnelles et bien
entendu, ce matin, je regrette d’avoir laissé de côté ces
puissants événements populaires. Parce que je ne l’ai découvert
qu’au milieu des années 2010, après ma première plongée en eaux
profondes dans le tango et l’histoire, je ne l’ai jamais vu que
comme un homme déjà âgé et de santé très délicate (on lui a
diagnostiqué une maladie de Parkinson en 2015). A dire vrai, il
faisait peine à voir lors de ses rares apparitions publiques et je
n’avais pas envie de vous entraîner de ce côté-là. J’avais
tort.
Concert de El Indio à La Plata en 2008
Si vous feuilletez la presse
argentine aujourd’hui, même si vous ne parlez pas un mot
d’espagnol, vous mesurerez sans doute mieux qu’à travers ce blog
muet l’ampleur du phénomène et la perte gigantesque ressentie par
les Argentins à l’aube de cette triste journée de fin d’automne
ainsi que la fracture qui existe plus que jamais entre la droite et
la gauche. Après être resté silencieux, puis avoir fait savoir
qu’il n’était pas question de déclarer un deuil national,
Javier Milei a dû se raviser quelque peu car, politiquement, il ne
peut sans doute pas passer à côté d’un tel séisme. Il tente
donc maladroitement une petite manְœuvre,
lui qui est aux antipodes de tout ce que représente l’artiste
disparu : il a proposé l’immense parc thématique de
Tecnópolis , abandonné par sa volonté de détruire tout ce qui
était cher au cœur de Solari (et à la gauche de gouvernement),
pour y accueillir la veillée funèbre qui aura lieu demain, un
retard sur l’habitude dû au besoin d’assurer la sécurité de la
foule comme de la famille et des amis personnels car, dans ce pays où
l’on fait tout à l’improviste tout le temps, on ne peut pas
improviser les obsèques de El Indio. Comme Diego Maradona, il est
exceptionnel ! Les proches ont déjà averti les fans :
l’organisation « est très difficile ».
Une de El País, le grand quotidien uruguayen dont les articles ne sont plus disponibles en ligne que pour les abonnés Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Comme à leur habitude, pris au
dépourvu par la réaction de l’opinion publique qu’ils ne
comprennent décidément pas, les libertariens tentent de récupérer
l’émotion générale en saluant la mémoire d’un chanteur dont
il est évident qu’ils ne pouvaient pas le souffrir. Quand on a
rien à dire de bon dans ces occasions, on s’abstient ! Qu’ils
partent donc en week-end et se taisent ! Leurs tweets sont un
déversoir de grossièreté, de mesquinerie et d’indécence. Même dans ces moments
douloureux, ils se montrent incapables de bien se tenir devant ceux
qu’ils prétendent représenter et gouverner. Exactement comme
Trump mais, lui, au moins, il a l’excuse de l’âge et, en plus,
il est atteint d'une démence frontale carabinée.
Entre aujourd’hui, vendredi 5
juin 2026, et dimanche prochain, tous les jours à partir de 14h, se
tient à Buenos Aires, au Museo del Mate, sur Avenida de Mayo, le
premier Mundial de la Yerba Mate où de très nombreuses marques
élaborées en Argentine, en Uruguay, au Paraguay et au Brésil vont
être goûtées, évaluées, jugées et classées, comme on le fait
avec les vins, par un jury de 43 experts provenant de onze pays
différents.
Les dégustations se feront à
l’aveugle. 400 produits participent au concours. Sur inscription
préalable, le public pourra lui aussi participer et goûter les
produits participants.
A côté du concours
stricto-sensu, ce Mundial propose aussi des conférences, des
tables-rondes, des ateliers et des expériences interactives, tant au
Museo del Mate qu’à la Academia Nacional del Tango, dont le siège
est juste à côté, ce qui permettra d’accueillir plus de monde.
La manifestation est ouverte au
public dans la mesure des places disponibles. Il vous en coûtera
28 000 pesos argentins pour une demi-journée avec dégustation
ou 54 000 si vous optez pour un forfait couvrant les trois
jours.
Cette fiche consacrée à la production de la yerba mate a été rédigée par un ancien directeur de l'INYM (Instituto Nacional de la Yerba Mate, un organisme presque entièrement détruit par Milei, privé d'argent et d'une partie de ses compétences), le regretté Roberto Montechiesi, un spécialiste de haute volée. Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Un seul regret pour moi : il
semblerait que ma marque préférée ne participe pas à la
manifestation. Il s’agit de La Obereña, une marque assez
confidentielle (on ne la trouve ni dans la grande distribution ni
même dans les supérettes, uniquement dans les magasins spécialisés
ou chez les commerçants passionnés). Il s’agit d’une yerba mate
bio, fumée, très équilibrée qui donne à la boisson une
impressionnante longueur en bouche avec une amertume discrète. La
Obereña est la marque d’un producteur-récoltant familial et
artisanal qui intègre toutes les étapes de la production, depuis la
plantation et la cueillette jusqu’à la mouture finale des feuilles
et leur conditionnement (très original, en sacs de tissu ou de toile
de jute), en passant par le séchage, la fermentation et le fumage.
La marque porte le nom du lieu de la production : Obera, une
localité de la province de Misiones, à la frontière avec le
Paraguay et le Brésil. La famille produit aussi du thé et du
roboois.
L'une des nombreuses manifestations en faveur de l'université publique
A l’unanimité des trois
magistrats qui la composent (temporairement mais depuis des années
maintenant), la Cour suprême argentine vient de débouter le
président Milei qui souhaitait que les juges qui ont décidé que le
gouvernement était tenu d’exécuter la loi de financement des
universités publiques soient reconnus illégitimes pour se prononcer
sur le sujet. En effet, l’Exécutif prétendait que, parce qu’ils
exercent une charge de professeur de droit dans diverses universités
nationales, ces juges avaient des conflits d’intérêts dans ce
dossier, ce qui est d’ailleurs aussi le cas de l’un des membres
de la Cour suprême, lequel ne s’est pas déporté pour autant.
La Cour a confirmé la légitimité
des juges sur ces dossiers et elle a déclaré qu’il n’y avait là
aucun conflit d’intérêts. Il est vrai que si l’on écarte les
juges qui sont aussi professeurs, on écartera beaucoup de monde. La
plupart des professeurs de droit sont en effet soit magistrats soit
avocats. La plupart des enseignants d’université occupent
plusieurs postes de travail, autant pour des questions économiques
que pour le nombre de personnes qualifiées disponibles pour ces
postes. L’élite formée en Argentine n’est pas assez fournie
pour couvrir, sans double emploi, tous les besoins du secteur
non-marchand dans une dynamique d’État qui, jusqu’à Milei,
cherchait, à droite comme à gauche, à assurer une offre très
large en matière d’enseignement, de formation et de culture pour
que le pays puisse se développer et aller de l’avant. C’est
ainsi que dès l’enseignement secondaire, les professeurs se
partagent entre plusieurs établissements et courent toute la journée
et toute la semaine de l’un à l’autre. On est très loin de la
conception du temps de travail à la française, avec des heures
payées et officiellement consacrées à la préparation des cours, à
la correction des copies et aux rencontres avec les parents d’élèves.
En Argentine, on ne rémunère que les heures passées devant les
élèves.
La Cour ne s’est donc pas
prononcée sur le fonds des dossiers mais elle n’en a pas moins
validé la légitimité des décisions de justice auxquelles le
gouvernement s’efforce de ne pas se plier.
Le parcours procédural du
président devrait s’achever ici. Il ne peut plus avancer de motifs
pour continuer à ne pas respecter le vote du Congrès ni appliquer
les décisions de la justice désormais validées. Il faut encore
attendre pour voir si, dans les jours qui viennent, Milei va verser
les subventions que les universités attendent pour continuer les
cours (on est à peine à la moitié de l’année scolaire qui va de
mars à novembre en deux quadrimestres et les cours pourraient bien
s’interrompre ce mois-ci) et les chercheurs pour poursuivre leur
travail.
"Paradis technologique", dit le gros titre sur l'expression "paradis fiscal". Remarquez que la carte de l'Argentine comporte l'archipel des Malouines qui est inclus dans le système alors qu'il dépend dans les faits du Royaume-Uni. C'est la constitution qui l'exige. En Argentine, on intègre toujours les Malouines dans la carte du pays. Cliquez sur l'image pour une haute résolution
« Science sans conscience
n’est que ruine de l’âme »,
écrivait François Rabelais au 16e
siècle, au moment où les premiers Espagnols mettaient le pied sur
une terre qui allait devenir l’Argentine.
Dans un billet d’opinion publié
hier par TheFinancial Times, le président Javier
Milei vient d’annoncer que son pays va légiférer por que
l’intelligence artificielle y trouve un terrain dénué de toute
réglementation pour y développer toutes ses possibilités (y
compris les plus dangereuses [c’est moi qui commente]). Pourtant,
Trump vient d’être contraint d’émettre un décret énonçant un
minimum de règles pour encadrer les pratiques d’IA. Même Trump !
A Buenos Aires, on murmure (très
fort) que cette initiative du gouvernement vient directement de Peter
Thiel, le patron et co-fondateur de Palantir, qui a récemment fait savoir qu’il s’installait
définitivement à Buenos Aires où sa famille vient de le rejoindre
dans la luxueuse résidence qu’il y possède et où l’on croyait
jusqu’à il y a peu qu’il était juste venu passer quelques
semaines. Il a été reçu au moins à deux reprises par Milei à la
Casa Rosada, loin du regard des journalistes, et on ne sait pas ce
que les deux hommes ont manigancé, aussi fascinés qu’ils sont par
les théories néo-fascistes et libertariennes l’un comme l’autre.
Maintenant, on l’imagine un peu mieux.
Au programme du projet de loi :
dérégulation à gogo, avantages fiscaux à gogo aussi, facilités
d’implantation et d’installation, création du statut de personne
morale non-humaine (société commerciale virtuelle où aucun être
humain n’assumera les responsabilités légales du dirigeant), etc.
La Prensa en parle aussi en Une : en bas, à gauche, en caractères bleus sur fond jaune pâle Cliquez sur l'image pour une haute résolution
C’est tellement énorme que
cela fait causer toutes les gazettes. Il faut dire aussi que pour un
président argentin, surtout celui-ci, toujours en quête égotique
de reconnaissance sociale (et qui parle anglais comme une vache
espagnole, en prime), signer dans FT, c’est le Graal.
Le même jour, le ministre de la
Dérégulation, qui co-signe le billet présidentiel, a proposé,
dans une interview télévisée, de remettre le permis de conduire
sans examen contre le paiement du droit y afférent. Il se réfère à
une pratique dans un des États
fédérés du Mexique où cette pratique aurait fait baisser la
corruption. En Argentine, ce qui est certain, c’est que cette
pratique augmentera la dangerosité au volant. Or le taux d’accidents
de la route est déjà très élevé dans le pays (lire à ce sujet
l’article
de Página/12).
Depuis hier, jeudi 4 juin 2026 et
jusqu’à dimanche prochain, le café-concert Hasta Trilce, Maza
177, accueille la troisième édition d’un petit festival de tango
hors des sentiers battus et du « tango for export » (pour
les touristes) : Tango + Tango.
Cette manifestation se déploie
sur trois axes : musique acoustique, danse et table-ronde. Elle
fait le tour de l’actualité de la création et de la reprise du
répertoire dans le genre urbain par excellence de l’Argentine des
grandes villes.
"Nos vies ne sont pas jetables", dit le gros titre sur cette photo d'une Plaza de Congreso bondée Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Alors qu’un nouveau féminicide,
avec un modus operandisordide,
vient d’être découvert à Córdoba contre une petite adolescente
de 14 ans, partout dans le pays, les féministes argentines se sont
donné rendez-vous dans la rue hier pour une nouvelle manifestation
du mouvement lancé il y a onze ans, Ni
una menos (Que pas une
ne manque). Au moment même où les cortèges s’ébranlaient, on
découvrait le corps sans vie d’une autre gamine de 14 ans elle
aussi, tuée par son petit ami dont elle était enceinte. Il l’avait
enterrée chez lui, sous le patio de sa maison.
Sans surprise, à Córdoba, c’est
l’assassinat de la jeune Agostina qui a été au centre du défilé.
Ce jour était aussi celui de ses funérailles célébrées sans
journaliste, dans l’intimité familiale. Dans cette capitale
provinciale du centre du pays, on a réclamé la démission du
ministre local de la sécurité (en France, on parle de ministre de
l’Intérieur) et celle des procureurs en charge de l’affaire, car
ils n’ont pas mis en œuvre les mesures qui auraient sans doute
protégé la jeune fille, puisque son meurtrier a été immédiatement
identifié et arrêté, comme dans l’affaire de même nature qui,
au même moment, agite la France dans des circonstances très
similaires.
Clarín a choisi une photo du cortège de Córdoba Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Les manifestantes (et les
manifestants) argentins ont particulièrement dénoncé le machisme
de l’actuel gouvernement, son culte de la virilité toxique et son
rejet de plus en plus affiché de la catégorie judiciaire des
féminicides puisque le président et les ministres choisissent
délibérément d’employer le même vocable pour tous les meurtres,
celui d’homicide, refusant ainsi de reconnaître les enjeux
collectifs de la violence particulière faite aux femmes, laquelle
est fondée sur la domination des uns sur les autres et un sens de la
propriété sur le corps des femmes, les deux réalités étant
profondément ancrées dans la culture et dans les mœurs.
Les manifestations ont envahi les
grandes artères des villes, grandes et petites, et, à Buenos Aires,
elle a abouti à l’occupation bruyante et colorée de Plaza del
Congreso. Or cette place, située devant le parlement fédéral, est
bien plus vaste que Plaza de Mayo (située devant le palais
présidentiel). Sur les photos, on voit du monde à perte de vue et
c’est encore plus impressionnant dans les clichés pris après la
tombée de la nuit.
La Nación a choisi cette vue très spectaculaire de Plaza de Congreso une fois la nuit tombée En dessous : "Ni una menos : la douleur à cause d'Agostina a donné de la puissance aux réclamations" Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Cette année, les banderoles
présentaient aussi des slogans inclusifs pour intégrer les trans
dans cette revendication de liberté et de sécurité (plusieurs
personnes ont en effet perdu la vie ces derniers temps du fait
d’assassins motivés par une haine irrationnelle que le laxisme
présidentiel encourage sans doute à s’exprimer en paroles et
surtout en actes).
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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