mercredi 20 mai 2026

Clarín se rebiffe [Actu]

Copie d'écran du site de Clarín
Le journal a rassemblé les sigles des entreprises
que le général aurait favorisées dans les marchés
dont il a la responsabilité


Il y a quelques semaines, le groupe Clarín a été visé par la Casa Rosada et s’est vu accusé devant les tribunaux par le chef de la Maison militaire du président Javier Milei pour une supposée atteinte à à la sécurité de l’État pour avoir, dans un reportage de la chaîne TN, diffusé des images de l’intérieur du palais présidentiel. Il aurait ainsi révélé au grand jour les chemins que pourraient prendre les responsables de l’État en cas d’attaque par l’Iran, avec lequel Javier Milei a dit, aux États-Unis, que « l’Argentine était en guerre », puisqu’il suit aveuglément la diplomatie de Trump (alors que le pays est neutre).

Cette manœuvre invraisemblable s’était traduite par l’interdiction soudaine à tous les journalistes accrédités d’accéder à la Casa Rosada pendant une semaine, pendant laquelle Milei a reçu un oligarque du technofachisme proche de J.D. Vance. La plainte en justice n’a pas fait long feu puisqu’un juge du siège, en accord avec le parquet, vient de débouter le général -et la présidence par la même occasion.

Clarín s’est donc mis à enquêter sur ce général qui lui veut du mal pour voir ce que pouvait bien cacher cette plainte ahurissante et la rédaction publie aujourd’hui des informations compromettantes pour ce haut gradé puisque le journal affirme qu’il est impliqué dans un trafic de dessous-de-table… Ce qui ne serait pas plus étonnant que cela puisque la Casa Rosada est noyée sous les scandales de corruption en tout genre, tous plus voyants les uns que les autres, depuis les premières semaines de la présidence de Javier Milei.

Le journal n'a pas poussé l'audace jusqu'à mettre l'affaire à sa Une, ce que Página/12 n'aurait pas hésité à faire !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 19 mai 2026

Le travail va reprendre à La Suipachense [Actu]

L'occupation des lieux


La Suipachense était une petite usine de produits laitiers qui a fermé à Suipacha dans la province de Buenos Aires il y a neuf mois. Les ouvriers ont occupé les lieux pour empêcher que le matériel disparaisse et avec lui la capacité de reprendre l’activité un jour, si l’opportunité, ardemment recherchée, s’en présentait.

Or l’opportunité s’est présentée : une nouvelle société vient de se créer et la production va redémarrer. Les travailleurs commencent à être réembauchés. C’est un espoir qui renaît à Suipacha où cette usine était le principal employeur local. Ses produits étaient présents dans les rayons de nombreuses grandes surfaces de la province.

Une image du passé

Les yaourts, le lait, les crèmes desserts porteront désormais une autre marque mais ce sera à nouveau du fait sur place.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de TN, la chaîne d’info continue du groupe Clarín
lire l’article de La Nación
lire l’article de Iprofesional, un site spécialisé argentin

L’affaire Machado-Espert : suite et fin du volet texan [Actu]

Même calembour qu'en français : expert/Espert
"Esperts en blanchiment", dit le gros titre
Espert est à gauche, Machado à droite
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Fred Machado est un trafiquant de drogue argentin qui était réclamé par la justice texane à laquelle les autorités de son pays l’ont livré. Sur le plan politique, l’homme avait financé un député libertarien, José Luis Espert, le premier élu de cette mouvance, avant l’apparition du phénomène Milei dans le paysage politique du pays. Il vient de plaider coupable de blanchiment d’argent et de fraude, ce qui a entraîné l’abandon des chefs d’inculpation pour trafic de drogue.

L'affaire a droit à un titre secondaire,
au milieu de la colonne de droite
"Un financeur de Expert se déclare coupable
de fraude et de blanchiment d'argent", dit le titre
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Cet accord judiciaire texan n’est pas pour alléger la situation de l’ex-député qui a dû renoncer à son mandat devant l’ampleur du scandale de corruption.

Titre encore plus modeste ici :
tout en bas de la colonne de droite
"La déclaration de culpabilité de Machado
est acceptée", dit le titre secondaire
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Cela n’empêche pas Javier Milei de tenter de le récupérer en l’exonérant de l’accusation de complicité dans le trafic de drogue. Le goût de cet homme pour l’illégalité est incurable !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 18 mai 2026

L’OMS traite le départ de l’Argentine en plein scandale du hantavirus [Actu]

"Les rats quittent le navire", dit le gros titre
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L’OMS est réunie aujourd’hui en assemblée générale.

A l’ordre du jour de cette session, est inscrit le traitement de la sortie de l’Argentine de l’organisme. En effet, le retrait d’un État-membre n’est prévu dans les statuts de l’OMS que pour les États-Unis qui n’avaient adhéré en 1948 qu’à la condition de pouvoir s’en retirer à tout moment, puisque ce pays toujours eu en horreur les contraintes du multilatéralisme, organismes comme traités internationaux, les autres États-membres, dont l’Argentine de Perón, comprenant parfaitement à cette époque l’utilité d’une telle coopération internationale.

Le retrait de l’Argentine apparaît d’autant plus scandaleux que le monde est suspendu à un risque certes très mesuré mais toutefois bien réel d’une épidémie d’une pathologie pulmonaire virale transmise par des rongeurs qui vivent en Argentine, dans le sud du pays, un agent infectieux dont il existe, en Argentine, des spécialistes en médecine et en biologie, spécialistes reconnus et que Javier Milei a rendus impuissants à faire progresser la connaissance du virus en question puisqu’il les a privés de budget de manière parfaitement consciente et cynique.

Ce retrait de l’OMS correspond à une imitation servile de Milei à l’égard de Trump et à leur mépris partagé pour les sciences et pour la santé publique. L’assemblée générale de l’OMS doit aujourd’hui accepter ce départ pour que celui-ci soit effectif. La déclaration unilatérale de Milei ne suffit pas (malgré ses rêves obscènes, il n’est pas Donald Trump).

La Une de samedi dernier
Sans autre commentaire
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L’OMS a pour objectif d’imaginer et de coordonner entre tous ces membres, soit presque l’ensemble de la planète, des stratégies de santé publique, notamment en cas de pathologies contagieuses, avant qu’elles ne donnent lieu à une épidémie ou après que l’épidémie soit déclarée.

Samedi, Página/12 faisait sa Une sur la réduction draconienne des budgets des programmes de santé notamment dans le domaine du cancer, d’accès aux médicaments de première nécessité, des maladies sexuellement transmissibles et des maladies chroniques. Le secteur de la santé s’apprête à son tour à manifester dans les rues après l’ensemble des universités et de la recherche.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

lire l’article de Página/12 qui, hier, en a fait sa Une
lire l’article de Página/12 sur la mobilisation des professionnels de la santé

Chasse aux rongeurs dans la garrigue andine de Tierra del Fuego
(photo La Nación)

Ajouts du 20 mai 2026 :

Malgré les coupes budgétaires et le mépris gouvernemental pour toute recherche, médicale ou autre, l’institut national d’étude des infections contagieuses, el Malbrán, est en Patagonie, avec une équipe de biologistes en tenue de haute protection. Dans le bosquet d’altitude de Tierra del Fuego, ils piègent des rongeurs porteurs de l’hantavirus et analysent le phénomène sanitaire dans un laboratoire de campagne installé sous une tente, alors que l’hiver est déjà mordant dans le grand sud argentin.
A ce propos, lire l’article de La Nación
lire l’article de La Prensa du 18 mai

Retour au camp de base pour les analyses biologiques
(photo La Nación)
Et vive la recherche !

Atteintes sournoises au droit à l’avortement [Actu]

"Droits tordus", dit le gros titre
avec le même calembour qu'en français
(droit, c'est un antonyme de tordu)
La photo représente une foule de femmes
brandissant le foulard vert du droit à l'avortement
Le foulard central porte l'inscription : "pas un seul pas en arrière"
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En Argentine, on voit apparaître des manœuvres sournoises destinées à limiter le droit à l’avortement qui est devenu légal il y a plusieurs années, sans aucune condition. Toute femme qui estime avoir besoin de cette intervention y a droit.

Or on vient de voir que, par l’intermédiaire d’une officine d’extrême-droite, les données de santé d’une femme ont fuité dans le domaine public depuis son dossier dans sa mutuelle de santé, laquelle traitait le financement de son recours à une pilule abortive.

La patiente concernée a porté plainte devant la justice de Buenos Aires où elle vit.

Les organisations féministes sont en alerte maximale car cet incident semble bien être la pointe émergée d’un iceberg encore peu visible. Les droites, néolibérale, réactionnaire et libertarienne, ne cachent en effet plus leur volonté de revenir sur ce droit des femmes et sur l’ensemble des droits qu’elles ont acquis depuis la fin de la dictature militaire, ces plus de quarante ans de démocratie auxquels Javier Milei brûle de désir de mettre fin.

Seul Página/12, le quotidien de la gauche gouvernementale, évoque l’affaire parmi les quotidiens d’envergure nationale, comme d’habitude.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui a mis l’affaire à sa Une du jour.

vendredi 15 mai 2026

Vandalisme judiciaire au cœur de Buenos Aires [Actu]

Le projet remis sur les rails
En blanc, au centre, le temple
En gris, à gauche, l'immeuble
En rouge, à gauche, le toit de Santa Catalina
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Un tribunal administratif de Buenos Aires vient de faire droit aux mormons qui veulent édifier sur une friche urbaine qu’ils ont achetée, en plein cœur de Buenos Aires, un gigantesque temple au détriment du cadre d’un des rares témoins de l’histoire pré-indépendance, qui est aussi l’un des vestiges exceptionnels de l’architecture coloniale : l’ensemble monastique Santa Catalina, premier monastère féminin institué à Buenos Aires au tout début du 18e siècle. Pour que les sœurs puissent vivre tranquillement et s’adonner sereinement à la contemplation qui était leur vocation, ce tout premier monastère féminin avait été installé à dessein tout au nord de la ville, hors du bâti urbain qui l’a depuis largement rattrapé et dépassé.

La jolie petite église baroque, à la façade blanche, est devenue une paroisse et les bâtiments monacaux, avec le cloître et son très paisible et très joli jardin, ont été transformés en centre pastoral diocésain. Il y règne une paix extraordinaire au milieu de toute l’agitation de la mégapole. On y entend à peine le bruit de la ville.

La Prensa s'indigne en Une
L'éditorial est annoncé en bas à gauche,
dans un cadre violet
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Le centre Santa Catalina est pourtant situé à proximité immédiate d’une très grande galerie marchande qui s’élève sur trois étages, une architecture exceptionnellement belle et un lieu très fréquenté par les Portègnes et par les touristes, installé dans ce qui fut le bâtiment de fondation du Museo Nacional de Bellas Artes à la fin du 19e siècle : les Galerías Pacífico.

Aussitôt connu le projet mégalomane de la secte états-unienne, qui ne compte qu’un très petit nombre d’adeptes en Argentine, les riverains ont tenté de faire valoir l’importance patrimoniale et historique du lieu et ont réclamé qu’on en préserve les caractéristiques urbanistique et le calme. Sur la friche, ils proposaient de créer un espace vert, ce dont le centre de Buenos Aires a le plus grand besoin pour affronter le réchauffement climatique dont les effets locaux s’aggravent d’année en année. En première instance, l’année dernière, ils ont gagné. Le projet pharaonique de l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours a été paralysé mais les mormons ont invoqué leur liberté religieuse dont la décision de première instance aurait, selon eux, constitué une violation et en appel, ils viennent d’emporter la décision du tribunal. Or c’est l’un des très grands problèmes de l’Argentine qu’elle ne sait pas transmettre sa mémoire ni enseigner son histoire ni protéger son patrimoine culturel comme naturel, et encore moins sous la présidence actuelle puisque Javier Milei ne comprend même pas le concept. Or sans racines, un peuple ne peut pas construire son avenir.

Le projet urbanistique de la secte rappelle la folie des grandeurs d’un Donald Trump occupé à transformer la Maison Blanche en palais façon Disneyland, le très mauvais goût et l’inculture crasse de Mar-a-Lago en prime. Les mormons entendent construire deux gratte-ciels côte à côte, le plus petit serait leur temple et l’autre une sorte de Trump Tower à leur sauce.

Horrifiés et ensemble, les quatre journaux nationaux s’en offusquent ce matin…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 18 mai 2026 ;
lire l’article de La Nación sur le détail des plans nouvellement révélés

Ajout du 19 mai 2026 :
lire l’article de La Nación sur la fermeture temporaire de l’église Santa Catalina parce que les travaux ordonnés par la Ville dans la rue limitrophe ont occasionné des dégâts sur la structure bicentenaire de ce monument historique. On imagine ce que cela sera avec les travaux gigantesques prévus par les mormons dans le plus proche avenir. Le curé de la paroisse a fait visiter l’intérieur de l’église et a fait constater les dégâts (l’article les montre à travers des photos très parlantes).

Ajout du 20 mai 2026 :
La Nación a mis l'affaire à la Une de son édition de ce matin !

La photo principale montre une vue aérienne
du site tel qu'il se présente actuellement
En haut, avec le toit en tuile rouges, le monument historique
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Hommage à Charly au-dessus de Zivals [Actu]

Photo agence Más Prensa
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La grande librairie-disquaire de Buenos Aires, Zivals, située au point stratégique qu’est l’intersection des avenues Corrientes et Callao, en plein cœur géographique de Buenos Aires, vient de dévoiler sur sa terrasse une gigantesque et magnifique œuvre murale en hommage au rockeur Charly García, qu’on appelle Charly tout court en Argentine, comme en France on dit « Johnny »…

Martín Ron posant devant l'œuvre encore
en cours de réalisation (photo Más Prensa)
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On doit cette œuvre à un artiste très reconnu, Martín Ron, à qui Buenos Aires a déjà confié des hommages muraux au Pape François et à Diego Maradona entre autres.

Zivals : l'intérieur de la librairie
Excellents souvenirs de longues heures passées dans ces rayons !

Le mural est toutefois en danger à assez brève échéance. En effet, la municipalité de Buenos Aires projette de creuser une nouvelle ligne de métro (ce qui ne serait pas un luxe pour une ville aussi étendue). Pour ce faire, elle va sans doute exproprier puis détruire la plupart des bâtiments qui se trouvent actuellement le long des avenues dans tout ce coin-là. Zivals pourrait bien tout simplement disparaître !

Photo Rodrigo Néspolo
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Sous avenida Corrientes, circule déjà une ligne de métro qui va d’est en ouest. La nouvelle ligne, de nord à sud, la couperait à angle droit ou presque. Il faudra donc qu’elle passe en-dessous ou au-dessus (en métro aérien) et pour ce faire, on ne peut pas éviter de tout démolir sur ce carrefour historique de la culture dans la capitale argentine...

Clarín a mis l'info en Une : tout en haut, à droite
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur le mural
lire l’article de La Nación sur les travaux projetés et les immeubles probablement condamnés à disparaître.

Nouvelles condamnations pour des criminels de la dictature militaire [Actu]

A l'audience hier, des parents de disparus brandissent les portraits des leurs


Hier, à La Plata, un tribunal a condamné treize criminels de la dernière dictature militaire, celle de 1976-1983, pour des faits de séquestre, tortures et assassinats dans trois centres de répression clandestins qui dépendaient d’un régiment d’infanterie commandé alors par le père de l’actuel ministre de la Défense, le colonel Roque Presti, père de Carlos Presti.

Onze des accusés ont été condamnés à la prison à perpétuité, un à 25 ans et le dernier à 18 ans, ce qui à leur âge correspond plus ou moins au même. Parmi les condamnés à perpétuité se trouve un ancien ministre de la Province de Buenos Aires.

Les faits incriminés remontent aux premiers mois de la dictature.

Les condamnés étaient alors les uns militaires, les autres policiers. L’un d’entre eux était un civil qui militait dans un groupe d’extrême-droite prétendument étudiant.

L’un des condamnés à perpétuité se trouve être l’un des sept co-auteurs d’un bouquin intitulé La Nación Dividida : Argentina después de la violencia de los 70 (la nation divisée : l’Argentine après la violence des années 1970), sorti en 2019. Parmi les auteurs, on trouve l’actuelle vice-présidente, Victoria Villaruel, elle-même fille d’un officier qui s’est compromis dans la répression politique sous la dictature et à ce titre, elle milite depuis longtemps et encore aujourd’hui pour une amnistie générale et une remise en liberté inconditionnelle pour tous les condamnés pour crimes contre l’humanité commis sous le régime putschiste. La violence des années 1970 que dénonce le livre désigne les activités, parfois violentes mais pas toujours, de l’opposition politique, idéologiquement très variée et dominée numériquement par le péronisme, lui-même éclaté en plusieurs courants parfois incompatibles entre eux, opposition aux gouvernements anticonstitutionnels qui se sont succédé tout au long de la décennie.

La fin de ce procès en mai 2026 montre qu’une partie de la magistrature argentine reste fidèle aux principes démocratiques malgré les pressions hostiles exercées par les libertariens de Javier Milei et les réactionnaires pro-dictature de Villaruel.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, le seul consacré à cette affaire dans les journaux d’envergure nationale ce matin.

jeudi 14 mai 2026

Fête de la Torta Argentina à Dolores pour le 25 mai [à l’affiche]


Cette année, la fête nationale argentine donnera lieu à un long week-end, ce qui a permis à la bourgade de Dolores, dans la province de Buenos Aires, de déployer sur trois jours sa traditionnelle Fiesta de la Torta Argentina, gâteau composé d’une succession de couches de pâte et de dulce de leche, le tout décoré, pour l’occasion, aux couleurs du drapeau.

L'un des stands de dégustation pendant une précédente édition

C’est le genre de fête locale qui rassemble les habitants du lieu, attire ceux des communes des alentours, éventuellement des touristes nationaux mais n’a que très rarement vu des visiteurs étrangers. Le genre de manifestation que j’apprécie entre toutes car on y trouve une Argentine tout à fait authentique, entièrement à la bonne franquette, ce qui n’est pas le cas des fêtes attrape-touristes.

En 2018, un artisan avait confectionné en torta argentina cette maquette
du Cabildo de Buenos Aires tel qu'il existe aujourd'hui,
l'hôtel de ville colonial où s'était joué l'acte central de la Révolution de Mai 1810
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Dolores se situe à deux cents kilomètres de Buenos Aires. La Fiesta, la 12e du nom, va proposer des ateliers de pâtisserie, des stands de dégustation, un concours de tortas argentinas, des danses et des soirées musicales. La saison permet de profiter des derniers jours de la belle saison alors que l’on entre bientôt dans l’hiver austral.

Entrée libre et gratuite, bien entendu.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 15 mai 2026 :
lire l’article de Página/12 sur le sujet qui est sur la Une de l'édition provinciale du journal

En haut, à droite : "Fêter notre dessert national"
Cliquer sur l'image pour une meilleure résolution

Petite corruption en famille [Actu]

"Que les frères soient unis", dit le gros titre
en citant un vers célèbre de la geste El Gaucho Martín Fierro
de José Hernández qui est à l'Argentine ce que les Fables
de La Fontaine sont à la France
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C’est maintenant aussi sur Francisco, le petit frère de Manuel Adorni, que la justice enquête pour des faits de corruption avec enrichissement personnel. L’homme aurait en effet contracté auprès d’une banque un prêt de 60 millions de pesos argentins, souscrit l’année dernière et remboursé la même année, ce qui est quelque peu suspect.

Francisco Adorni travaille depuis 2023 pour le gouvernement auquel appartient son grand frère. Ces coïncidences suscitent le soupçon chez le procureur qui a donc pris en compte une plainte déposée par une parlementaire de l’opposition.

L'affaire est traitée tout en bas à gauche
Le gros titre est pour s'en prendre aux universitaires
qui manifestaient mardi dernier.
L'unité journaliste dont je parlais dans mon article d'hier
a vécu ! Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Dans le même temps, les déclarations qui incriminent le frère aîné, Manuel Adorni, se suivent et se ressemblent. Cette fois, c’est un propriétaire immobilier dans le country (quartier privé) où Adorni possède une belle maison achetée avec des dessous-de-table qui témoigne devant le magistrat : le Premier ministre lui aurait loué sa maison pendant qu’il faisait faire des travaux (dispendieux) dans celle qu’il venait d’acquérir, en partie au noir, et il a payé le loyer de cette autre maison en espèces, pour un montant de 21 000 dollars US. C’est une somme !

L'affaire est traitée dans la colonne de droite,
en haut, tandis que la photo centrale
est consacré à un député libertarien
qui provoque l'opposition avec sa Tesla de luxe
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Javier Milei va-t-il enfin se résoudre à abandonner son petit chouchou ? Et si non, pourquoi lui maintient-il un soutien qui fait chuter sa propre cote de popularité ?

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur Francisco Adorni
lire l’article de Página/12 sur Manuel Adorni
lire l’article de Clarín sur Manuel Adorni et son étranger loyer
lire l’article de La Nación sur Francisco Adorni
lire l’article de La Nación sur Manuel Adorni

Ajout du 19 mai 2026 :

lire cet article de Página/12 sur les avancées du dossier

Ajout du 20 mai 2026 :

lire cet article de La Nación sur les corrections apportées par Francisco Adorni sur sa déclaration de patrimoine

Chat andin aperçu au sud de Mendoza ! [Actu]

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Le chat andin (gato andino) est un animal très rare, que les zoologues ne voient que de manière exceptionnelle.

Il y a deux jours, on a aperçu un individu splendide sur le territoire de Malargüe, à la pointe sud de la province de Mendoza, là commence la Patagonie. La population totale des chats andins est estimée à un peu plus de 1200 individus. C’est très peu pour que l’espèce survive en bonne santé.


L’Argentine abrite ainsi plusieurs espèces fragiles qu’elle protège, notamment dans la famille des félins, comme l’ocelot argentin, le jaguar et le puma. C’est la branche argentine de la Wildlife Conservation Society qui a réalisé l’observation cette semaine et en a livré quelques images sur son site internet, photos reprises par quelques titres de presse.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’entrefilet de Los Andes, quotidien local de Mendoza
lire l’article de la WCS Argentina sur son site Internet

mercredi 13 mai 2026

La Feria del Libro a connu un vrai succès d’affluence [Disques & Livres]

Contre vents et marées, dit le gros titre
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Un succès que l’on n’attendait pas à ce niveau, eu égard à la morosité de la situation économique du pays et en particulier de celle de la classe moyenne dont le pouvoir d’achat fond comme neige au soleil depuis deux ans et demi alors que le prix des livres grimpe à une vitesse vertigineuse.

1 340 000 visiteurs ont arpenté les allées du centre des expositions de la Rural, à Palermo, pendant les dix-neuf jours qu’a duré la manifestation. C’est un record absolu dans les cinquante ans d’existence du salon. Rappelons que l’événement a perdu ses subventions publiques depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei. Cette affluence a donc dû aider à renflouer les caisses !

Côté chiffre d’affaires des exposants, les résultats sont inégaux : comme cela se produit souvent en France depuis le covid sur ce genre de manifestation, les grandes maisons d’édition, celles qui sont identifiées comme telles par le grand public et qui raflent souvent les signatures les plus « vendeuses » du marché, ont fait de bonnes, voire de très bonnes affaires. Les maisons de taille moyenne et les petites, indépendantes et artisanales, beaucoup moins, le public hésitant sans doute à prendre des risques avec des ouvrages qui sortent des sentiers battus...

Hier et aujourd’hui, la presse écrite fait le bilan. L’article de Página/12 fait la Une du complément culturel de ce jour, Cultura & Espectáculos, mais sur le site Internet du journal, il est réservé aux abonnés.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

La justice déboute la Casa Rosada au profit de la liberté de la presse [Actu]

Les grilles de la Casa Rosada


Un procureur fédéral (fiscal federal) vient de débouter la Maison militaire du président Javier Milei dont le chef avait accusé deux journalistes de la chaîne d’information continue TN (groupe Clarín) d’avoir divulgué des secrets dont aurait dépendu la sécurité du pays, du fait de sa diplomatie qui épouse parfaitement, sans même l’espace d’une lame de couteau, celle des États-Unis et d’Israël, ce qui pourrait mettre en danger le président qui pourrait être la cible d’un attentat iranien. Vous suivez ? C’est un raisonnement un peu tiré par les cheveux, j’en conviens, mais la présidence n’avait rien trouvé de mieux pour ester en justice et, allez savoir pourquoi, ça n’a pas convaincu le magistrat.

Selon le galonné, qui a été choisi par Javier Milei pour ses positions assez peu hostiles à la dictature militaire et à son négationnisme sur cette période historique, les journalistes auraient montré dans leur reportage comment on peut se déplacer dans la Casa Rosada et par conséquent par quelle voie un responsable pourrait fuir en cas de danger.

Extrait du réquisitoire
pour débouter la Casa Rosada
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Sans prendre beaucoup de pincettes, le juge a écarté ces sottises, annulant ainsi la légitimité du refus d’accès à la Casa Rosada opposé aux journalistes accrédités, comme par hasard le jour où Javier Milei avait accordé une audience à Peter Thiel, le facho-libertarien de la Silicon Valley qui soutient la carrière politique de J.D. Vance. Étant donné que le patron de Palantir a encore été reçu à la Casa Rosada hier par le ministre de l’Économie et quelques autres alors que la population manifestait bruyamment dehors, on peut en inférer que le gouvernement a des intérêts importants liés au sulfureux milliardaire et ne voulait en aucun cas que le moindre journaliste capte quoi que ce soit de cette réunion au contenu ultra-secret, peut-être lié à des moyens de surveillance de la population, ce dont Thiel est le grand manitou et Milei un grand partisan.

A noter que l’officier à l’origine de la plainte en justice a depuis reçu une promotion. Comme quoi, à quelque chose fayotage est bon.

Une conférence de presse à la Casa Rosada avec les journalistes accrédités

Et comme l’écrit non sans humour un lecteur de Página/12 dans le chat de l’article du jour, on en sait plus sur l’intérieur de la Casa Rosada avec les selfies que prennent « ces crétins de libertariens » dans le palais qu’avec tous les reportages du monde sur le sujet…

© Denise Anne Clavilier


Avec une confraternité qui fait chaud au cœur, les trois quotidiens nationaux rapportent en chœur cette nouvelle excellente pour la liberté de la presse en Argentine.

Pour aller plus loin :