vendredi 18 septembre 2026

Milei vire son personnel civil du jour au lendemain [Actu]

L'info est traitée en bas à droite
La photo montage de Une concerne le virage
démagogique de Milei sur les Malouines,
une conversion patriotique à laquelle personne ne croit
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Les douze employés de la Résidence du président, située à Olivos, en grande banlieue chic de Buenos Aires, ont trouvé porte close lorsqu’ils se sont présentés à leur travail hier matin. Aucun préavis, aucun télégramme pour les avertir de la fin de leur contrat.

Désormais, il n’y aura plus que des militaires pour servir dans le manoir, en cuisine, à l’entretien, au ménage et même dans le jardin. Je ne suis pas sûre qu’en Argentine, les gens choisissent la carrière militaire pour passer l’aspirateur, tailler les rosiers ou s’occuper devant les marmites…

Même stratégie de communication sur Clarín :
l'info est annoncée en bas à droite
tandis que le gros titre est consacré
à la baisse de la consommation
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Les motifs avancés par la présidences sont pour le moins vaseux : il paraît que ce serait pour la sécurité en vue de la visite pastorale du pape le mois prochain.

A La Nación, ils ont choisi une autre place :
en bas à gauche
La photo est consacrée à un mécène du Musée
d'art moderne de Buenos Aires
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En fait, Javier Milei veut se faire servir, à moindre coût (la solde n’est pas très élevée) par des militaires probablement parce qu’ils ne sont pas syndiqués, qu’ils sont soumis au secret et que cette réorganisation le rapproche du régime militaire putschiste de 1976 pour lequel il ne cache pas une certaine admiration, avec l’envie non dissimulée, comme chez Trump, de devenir un dictateur.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Notez que l’info est suffisamment choquante pour que les trois titres principaux de la presse, gauche et droite, lui réserve le même traitement en Une.

jeudi 17 septembre 2026

Les frères Ruggiero lancent leur Festival du Bandonéon à Buenos Aires, Avellaneda et Rosario [à l’affiche]

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Ce soir, jeudi 17 septembre 2026, les frères Adrián et Daniel Ruggiero, musiciens et fils du grand bandonéoniste Osvaldo Ruggiero, connu pour avoir été pendant de nombreuses années le premier bandonéon de l’orchestre de Osvaldo Pugliese, lancent ce soir la 4e édition de leur Festival Internacional del Bandoneón Osvaldo Ruggiero, qui se déploiera cette année à Buenos Aires, dans la ville de banlieue populaire de Avellaneda, qui abrite un célèbre conservatoire de musique populaire, et dans la capitale culturelle et économique de la Province de Santa Fe, la ville de Rosario.

Le festival se déploiera jusqu’à la fin du mois où un concert de Víctor Lavallén, autre grand de l’instrument, aujourd’hui octogénaire, au CAFF, dans le quartier de l’Abasto de Buenos Aires, celui où vécut Carlos Gardel et Aníbal Troilo, autre immense maître du bandonéon.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

consulter le site Internet du CAFF pour les informations concernant ce concert final du 26 septembre prochain

Hier, on a commémoré la Noche de los Lápices [Actu]

"Unir les luttes d'hier et les luttes d'aujourd'hui",
dit le gros titre sur une photo de la manifestation d'hier
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Hier, c’était le cinquantième anniversaire de cette nuit d’horreur où, dans la grande ville universitaire qu’était déjà La Plata, de très nombreux étudiants, parfois des lycéens de moins de 18 ans, ont été arrêtés par la junte militaire qui dominait le pays depuis le mois de mars parce qu’ils se rebellaient devant le régime.

L’immense majorité d’entre eux ont disparu et leur sort reste inconnu à ce jour.

Cette tragédie s’est inscrite dans l’histoire sous le nom de Nuit des Crayons.

Hier, des manifestants de l’opposition à l’actuel gouvernement libertarien ont marché en grand nombre à Buenos Aires et à La Plata pour rappeler ce souvenir atroce.

A La Plata, capitale provinciale, il y a eu deux cortèges à cause de la division qui existe aujourd’hui dans le mouvement peroniste entre les partisans du gouverneur, Axel Kiciloff, et les partisans de la Campora, un mouvement de jeunes (ou d’anciens jeunes) quelque peu exalté, pour ne pas parler d’une forme de fanatisme assez peu compatible avec la tolérance démocratique.

A Buenos Aires, les manifestants ont fait un arrêt devant le domicile de l’ancienne présidente, Cristina Kirchner, toujours détenue à domicile sous bracelet électronique. En effet, à l’époque des faits, elle faisait ses études à La Plata et elle a pu échapper à la répression pendant toute la dictature qu’elle a passée en grande partie en Patagonie où elle vivait dans la clandestinité. Cristina est sortie sur son petit balcon pour saluer la foule de ses partisans qui soutiennent son recours à l’ONU pour faire valoir le peu de consistance des preuves qui l’ont fait condamner.

Ce matin, la presse nationale de droite ne mentionne pas ces rassemblements commémoratifs.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article général de Página/12 (édition nationale)
lire l’article local de Buenos Aires/12 (édition de Página/12 dans la province de Buenos Aires)

Budget 2027 : table rase pour l’enseignement, la recherche et le soutien aux handicapés [Actu]

"Mileifique", dit le gros titre
sur cette image d'un Milei en Méphistophélès
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Le gouvernement envoie au Congrès un projet de budget qui abaisse encore de 33 % le financement de l’université publique, laquelle, malgré les décisions de justice, n’a jamais reçu le budget qui lui avait été alloué par le Congrès pour l’année en cours et sur lequel Javier Milei a posé son veto, déclaré illégal par les tribunaux.

La recherche scientifique et technologique sort essorée du projet de budget imaginé par ce gouvernement libertarien qui s’acharne contre le secteur non-marchand en général, et en particulier sur l’économie de la connaissance dont dépend pourtant l’avenir du pays, dont Milei semble se soucier comme d’une guigne.

"Le Budget rouvre la bataille pour les fonds
aux universités et au handicap", dit le gros titre
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Milei et ses sbires s’acharnent aussi contre les handicapés dont ce président barbare souhaite couper toutes les sources de soutien financier, prétendant qu’il s’agit là d’une affaire privée et que les familles n’ont qu’à se débrouiller seules.

Son discours constant depuis son arrivée au pouvoir, il y a bientôt trois ans, fait preuve en l’espèce d’une cruauté assez inimaginable chez un chef d’État, pour le dire franchement. Il s’acharne tout particulièrement sur les enfants qui souffrent d’un handicap, n’hésitant pas à les insulter personnellement sur les réseaux sociaux. Aux enfants en général, Milei préfère les chiens et de très loin. Comme me l'a dit l'un de mes amis, c'est une tragédie !

"Le gouvernement lance des changements
dans l'aide sociale et provoque une forte tension
avec ses alliés", dit le gros titre
La photo est consacrée aux manchots du Zoo de Mar del Plata
qui ont été remis à un parc en Patagonie après la fermeture du zoo
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Toutefois, cette fois-ci, cette revendication d’un manque total de solidarité et d’empathie ne passe pas comme une lettre à la poste dans la coalition informelle qu’il a construit avec quelques partis amis. Il y a du tiraillement au sein même du gouvernement et c’est la presse de droite qui s’en fait l’écho ce matin.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 14 septembre 2026

La diplomatie a fait reculer Milei à Paris [ici]

En haut, à droite du dessin, le titre secondaire
Le gros titre est consacré à l'endettement
des familles d'handicapés abandonnées par
l'Etat argentin qui a coupé dans les aides et subventions
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Après les inquiétudes exprimées par la fondation de la Cité Internationale Universitaire de Paris (CIUP) et de la Mairie de Paris (nouvelle équipe municipale) devant les violations délibérées et revendiquées de la Charte de l’institution, après des scandales soulevés par les témoignages d’étudiants exclus de la résidence argentine pour des motifs politiques, après des déclarations de militants des Droits de l’homme surpris de la disparition d’une plaque en hommage aux disparus de la Dictature militaire des années 1976-1983, Javier Milei vient enfin de pousser à la démission le très encombrant directeur de la Maison de l’Argentine à la CIUP que son gouvernement avait nommé dès son arrivée au pouvoir en 2024.

Avocat franco-argentin, cet homme, proche de Marion Maréchal et de Victor Orbán, avait mis la résidence argentine au service des idées et des mouvances d’extrême-droite au bénéfice desquels il a, à plusieurs reprises, mis les locaux de la Maison à disposition pour des réunions et des symposiums derrière des portes fermées, en violation flagrante des principes qui régissent le fonctionnement des pavillons composant la Cité.

Dans cette Une de Clarín, l'affaire est traitée
tout en bas mais reste bien visible
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Il se trouve que Milei devrait venir à Paris le 30 septembre pour y rencontrer Emmanuel Macron et visiter la Argentina Week (en anglais dans le texte) qui se tiendra dans la capitale française. D’après les journalistes argentins qui rapportent les faits entourant cette démission, Milei aurait eu peur que la diplomatie française ne lui chante Ramona à propos de ces violations répétées et intentionnelles du consensus français en matière de pluralisme démocratique, de laïcité et de non-discrimination des personnes en raison de leur sexe ou de leurs orientations, notamment sexuelles. Comme quoi, dans le secret des réunions à l’Elysée ou au Quai d’Orsay, nos dirigeants politiques s’expriment bel et bien sans trop de détours, quoi qu’en fasse paraître des communiqués souvent sans goût ni couleur. Dans le cas contraire, le président argentin n’aurait jamais lâché son affreux poulain néo-facho.

Celui-ci sera remplacé dans les jours qui viennent par un universitaire argentin qui vient d’être nommé à ce poste où il aura fort à faire pour rétablir la confiance à l’intérieur et à l’extérieur de la résidence et dont l’encart-photo est encore vide sur le site de la Maison de l’Argentine à la CIUP.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, qui accorde un titre secondaire à l’affaire sur sa Une du jour
lire l’article de Clarín, qui met lui aussi l’affaire en Une dans une place secondaire
lire l’article de La Nación
lire l’article de Perfil, un autre quotidien argentin.

samedi 12 septembre 2026

Experiencia Piazzolla, un week-end musical au Centro Cultural Konex [à l’affiche]


Ce soir et demain soir, les 12 et 13 septembre 2026, les deux salles du Centro Cultural Konex, Sarmiento 3131 accueilleront quatre soirées et de nombreux artistes en hommage au compositeur que fut Astor Piazzolla.

Le programme de cette cinquième édition de la manifestation a été confié au petit-fils du maestro, Pipi Piazzolla, lui-même compositeur de jazz.

Les places sont en vente sur différents sites spécialisés. Elles sont relativement cher, à cause des prix considérables qui ravagent l’ensemble de la consommation dans toute l’Argentine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 10 septembre 2026

Caras y Caretas consacre son nouveau numéro à la Noche de los Lápices pour le cinquantenaire de la répression estudiantine [Actu]

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En septembre 1976, six mois après le coup d’État militaire de Videla et consorts, la répression s’abattait sur des militants étudiants, parfois très jeunes, en pleine nuit. Nombres de ces jeunes gens, péronistes pour la plupart, ont disparu et on n’a toujours pas retrouvé leurs traces.

C’était à La Plata, la grande ville universitaire qui est aussi la capitale de la province de Buenos Aires, qu’il ne faut pas confondre avec la ville homonyme, qui est autonome.

C’était le 16 septembre. La revue mensuelle Caras y Caretas, du groupe Octubre, comme Página/12, fait œuvre de mémoire et il est bien seul dans le paysage médiatique argentin. C’était la Nuit des Crayons.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 8 septembre 2026

La gauche souverainiste dit adieu à Norberto Galasso [Actu]


L’historien Norberto Galasso est décédé hier à l’âge de 90 ans. L’homme, qui s’était formé initialement à la comptabilité, laisse derrière lui une prolifique œuvre d’histoire engagée dans laquelle il a porté toute son attention et une grande partie de son énergie sur les personnages historiques méprisés par les historiens de droite, lesquels tiennent le haut du pavé en Argentine où peu d’historiens parmi ceux qui parviennent à publier des livres savent traiter leurs sujets avec objectivité (ceux qui ne publient que des articles scientifiques, c’est autre chose).

Norberto Galasso était la figure de proue du courant historique dit « revisionista », dont les membres s’efforcent de casser la lecture conventionnelle de l’histoire nationale. Ce mouvement est né au début du siècle chez les radicaux, le premier parti nationaliste argentin (aujourd’hui passé à droite), puis les péronistes, dont Galasso, s’en sont emparés, ce qui l’a complètement transformé en une des nombreuses formes du militantisme du péronisme de gauche.

Son travail a le mérite de secouer les idées toutes faites et de gêner le ronron des discours mémoriels, qui privilégient le narratif à l’analyse des événements. En revanche, l’œuvre de Galasso est assez peu lisible pour les Européens s’ils ne connaissent pas déjà très bien le contexte interne argentin. Autrement dit, il s’agit d’une œuvre strictement locale, sans vocation universelle.

Página/12 consacre au disparu plusieurs articles et republie la dernière interview qu’il avait accordée au journal. Dans le reste de la presse, l’information est très peu présente.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 3 septembre 2026

La Legislatura de Buenos Aires récompense un documentaire de gauche ! [à l’affich

L'affiche rend hommage à Estela de Carlotto, la rayonnante
présidente de l'association des Grands-Mères de la Place de Mai
qui recherche les 500 enfants enlevés en bas âge à leur famille par la dictature


C’est à marquer d’une pierre blanche : la Legislatura (parlement local) de la Ville de Buenos Aires, gouvernée par la droite que l’on peut appeler classique mais qui ne s’interdit pas de temps à autre des clins d’œil au président facho-libertarien Javier Milei, vient de récompenser un documentaire produit par le groupe Octubre, celui qui possède entre autres le quotidien Página/12.

Ce documentaire en quatre parties, intitulé 1976 – Ecos de la memoria, se penche sur le coup d’État de 1976 et ses répercussions jusqu’à aujourd’hui, cinquante ans plus tard, dans la société argentine. Il est diffusé depuis le 30 août dernier sur la chaîne de télévision du groupe, El Nueve.

Cette série documentaire est le travail conjoint de trois réalisateurs, dont deux, Daniel Filmus et Tristán Bauer, ont été ministres, brillantissimes d’ailleurs, sous la présidence de Cristina Kirchner.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

consulter la chaîne Youtube du documentaire
visiter le site Internet de la série

mercredi 2 septembre 2026

Le CAFF propose son propre festival de tango [à l’affiche]

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Pour la septième année consécutive, le Club Atlético Fernandez Fierro (CAFF), qui est la salle de concert de l’orchestre typique du même nom, la OTFF (rien à voir en fait avec le sport, c’est une blague), proposera à partir de demain et pendant tout le mois de septembre, en plein quartier de l'Abasto, à Buenos Aires, son propre festival de tango, en contrepoint et en opposition avec le festival officiel de tango de la Ville qui vient de s’achever avec les finales du Mundial del Tango.

Le FA-CAFF est un festival indépendant qui présente des artistes et des formations anticonformistes du tango underground.

Au menu, concerts, présentation de disques, foire aux livres spécialisés et exhibition de danse.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
consulter le programme sur le site Internet du CAFF


mardi 1 septembre 2026

Messi à la Une, évidemment [Actu]

"L'homme qui nous a rendus heureux", dit le gros titre
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Dans une lettre manuscrite ouverte publiée sous forme de photo sur Instagram, Lionel Messi a annoncé hier aux Argentins qu’il avait achevé sa carrière internationale. La missive a beaucoup ému ses compatriotes, déjà très touchés par le décès soudain du père du champion il y a quelques semaines.

"Je n'ai plus rien à donner", dit le gros titre
citant la lettre de Messi
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Les quotidiens argentins en font naturellement leur Une ce matin.

"Messi, pour toujours", dit le gros titre
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© Denise Anne Clavilier


"Cela fait mal à l'âme", dit le gros titre
en citant la lettre ouverte
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Pour aller plus loin :

lire l’analyse du jugement sur Messi au long de ses 21 ans de sélection dans La Nación
lire l’article principal de Olé, le quotidien sportif du groupe Clarín

jeudi 27 août 2026

Le candombe et toute la musique pleurent Rubén Rada [Actu]

"Adieu au musicien du peuple", dit le gros titre
du principal quotidien uruguayen
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Rubén Rada était musicien, chanteur, percussionniste, compositeur et acteur puisqu’il avait aussi joué dans divers téléfilms et feuilletons télévisuels où son sens de l’humour faisait merveille.

Le musicien de 83 ans était hospitalisé depuis un mois dans son Uruguay natal pour une affection pulmonaire qui a fini par l’emporter hier, à 15h30, alors qu’il avait encore plein de projets d’enregistrements et de spectacles. Le gouvernement uruguayen a décrété un jour de deuil officiel et il a accordé à l’artiste disparu de grands honneurs funéraires avec une veillée qui se tiendra aujourd’hui dans la salle des Pas perdus du Parlement à Montevideo, sa ville natale, à partir de 14h (la veillée sera ouverte à tous).

"Le tambour ne se taira pas", dit le gros titre
du supplément culturel quotidien de Página/12
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Rubén Rada, c’était par excellence le grand du candombe, un genre typique de la culture afro-rioplatense dont la plus grande partie s’exprime en Uruguay depuis le milieu du 19e siècle, le candombe que symbolisent les hauts tambours si reconnaissables dans les défilés de carnaval. Il en avait fait son instrument de prédilection. Au-delà du candombe, Rada avait inclus dans son œuvre tous les autres genres de la musique populaire de la région, devenant ainsi l’un des meilleurs représentants de la fusión, comme le titre Página/12 ce matin. En mêlant le candombe uruguayen, le rock, un bon nombre de genres musicaux du Brésil, pays dont sa mère était originaire, et le jazz, il avait inventé le candombe-beat et c’est ainsi qu’il est honoré dans la presse de son pays.

La tragédie qui s'est abattue sur le Népal hier
relègue à des titres secondaires la disparition du musicien
Ici, en haut à droite, à la hauteur du titre
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Dans son enfance et sa jeunesse, il avait aussi été inspiré par le cinéma états-uniens dont il se régalait gratuitement dans une salle de son quartier : Fred Astaire, Gene Kelly et Franck Sinatra ont été parmi ses premières idoles. Il les imitait et il avait ainsi absorbé l’héritage.

Rubén Rada laisse derrière lui une œuvre multi-facette de plus de 40 albums enregistrés et publiés. En avril, il avait annoncé son retour prochain sur scène. Buenos Aires espérait le recevoir dans l’une de ses grandes salles comme à chacune de ses tournées internationales.

Aujourd’hui, dans la presse, la plupart des journaux lui consacrent plusieurs articles dont La Nación qui a mis en ligne un papier illustré de six vidéos intégrées pour rendre hommage au répertoire de l’artiste. A consulter par conséquence en priorité !

Même stratégie rédactionnelle à La Nación
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La presse uruguayenne étant de moins en moins accessible ouvertement en ligne, elle est donc malheureusement peu présente dans ma revue de presse alors qu’elle est plus importante sur ce sujet que la presse argentine. El Observador republie aujourd’hui la dernière interview que lui avait accordée Rubén Rada. Il y avait abordé son rêve avorté de carrière dans le football, son peu d’amour pour l’école (il n’est même pas allé au bout du cycle primaire) et l’expérience qu’il avait faite du racisme dont il a été victime au cours de sa vie (malheureusement, la présence d’une forte culture afro-américaine en Uruguay ne préserve pas le pays de ce fléau).

A Montevideo, à l’annonce de cette triste nouvelle, les gens sont sortis dans la rue avec leurs instruments, dont ces fameux tambours, et ils lui rendent hommage en musique et en chanson.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Argentine :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire le premier article de La Nación (reprenant hier soir une dépêche de l’AFP)
lire l’article de La Nación sur et avec les meilleures chansons de Rubén Rada
en Uruguay :
lire l’article principal de LR21 (ex-La República)
lire l’article principal de El Observador
lire la dernière interview dans El Observador qui publie l’entretien par écrit et en vidéo

jeudi 20 août 2026

Diego : une erreur monumentale de l’instruction [Actu]

Le gros titre porte sur un nouveau scandale
de corruption et de violence de genre au gouvernement
L'affaire de Diego est traitée en haut à gauche
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Lors du nouveau procès de première instance sur la mort suspecte de Diego Maradona, les audiences viennent de révéler que les expertises sur le dossier médical du footballeur avaient été réalisées à partir de celui du père du roi du ballon rond. Les deux hommes portaient le même nom, Diego Maradona, mais ils avaient vingt-sept ans de différence… Une bagatelle, sans doute !

Le gros titre porte sur le scandale de corruption
et de tentative de féminicide
L'affaire Maradona est traitée en bas, sous les photos
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Página/12 réserve son article en ligne à ses abonnés, d’où l’absence du journal dans la revue de presse qui suit ma signature.

Le scandale corruption/féminicide
est traité en haut de la colonne de droite
L'affaire Maradona l'est en bas de la page
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© Denise Anne Clavilier


Diego et son père (photo AFP)

Pour aller plus loin :

Encore un « succès économique » à la sauce Milei : Flybondi sous séquestre de justice [Actu]

"En chute libre", dit le gros titre,
le 13 août dernier
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Flybondi est la première et, à ce jour, la seule compagnie aérienne low-cost argentine. Elle a été créée sous le mandat (néolibéral) de Mauricio Macri pour déréguler le marché du transport aérien et faire concurrence, sur le sol national et pour les destinations frontalières, à Aerolíneas Argentinas, la société historique créée sous Juan Perón pour rassembler en une seule entité publique les différentes compagnies privées qui existaient à la fin des années 1940 et au début de la décennie suivante, selon le modèle de la création de la SNCF en France, sous le Front Populaire. Macri entendait ainsi développer le transport aérien qu’il disait être le plus sûr (au détriment de la route et des bus longue distance), afin d’assurer la continuité territoriale d’un pays immense, par ailleurs privé de son réseau ferroviaire, construit à partir de la fin du 19e siècle et abandonné dans les années 1990 sous le président Carlos Menem.

Au début du mandat de Javier Milei, Flybondi est passé sous le contrôle d’un proche du président, lequel semble avoir créé un système de vases communicants entre les comptes de la société et les siens propres. Jusqu’à la semaine dernière, la compagnie qui n’opérait plus aucun vol effectif vendait toujours des billets.

La justice est donc intervenue dans la gestion de Flybondi. Elle a mis ses comptes sous séquestre à hauteur de 1,5 milliard de pesos, afin de se donner le temps d’enquêter et de décider le cas échéant de l’avenir de la société et de la marque.

Les salariés, pour leur part, ne sont plus payés depuis plusieurs mois. Seul Página/12 s’est intéressé à ce scandale depuis le milieu de la semaine dernière.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 du 13 août
lire l’entrefilet de La Prensa du même jour
lire l’article de Página/12 du lendemain sur la lutte des salariés abandonnés à leur sort

vendredi 14 août 2026

Ce week-end, Buenos Aires se noie dans le dulce de leche et le chocolat [à l’affiche]


C’est un week-end gourmand qui s’annonce pour les Portègnes : le championnat de l’alfajor, cette délicieuse spécialité que se partagent plusieurs pays d’Amérique hispanique avec des recettes qui varient d’une région à l’autre et d’un créateur à l’autre.

Cette manifestation en est à sa quinzième édition. Elle a un rôle structurant dans l’activité du secteur et booste bien entendu les ventes des producteurs récompensés par des médailles d’or, d’argent ou de bronze.

Le championnat se tiendra du 15 au 17 août 2026 dans un très vaste centre de congrès idéalement situé au nord de Buenos Aires sur les rives du Río de La Plata. Depuis le début de cette année, le lieu est placé sous gestion conjointe de deux groupes médiatiques rivaux, Grupo Clarín et Grupo La Nación.

L’entrée est payante : 7 000 pesos avec réservation préalable ou 10 000 si vous achetez votre ticket au guichet le jour même. L’entrée est toutefois gratuite pour les moins de 13 ans, les retraités et les handicapés.

Au programme : vente-dégustation sur les stands des exposants, masterclasses, spectacles variés et le concours lui-même pour 19 catégories de produits soumis à un jury argentino-uruguayen de 25 spécialistes qui les évalueront selon 35 critères.

Onze pays participent dont la Nouvelle-Zélande et l’Espagne.

Cette année, l’événement profite du long week-end de la fête nationale argentine du 17 août, jour consacré au souvenir de José de San Martín (25 février 1778-17 août 1850). En revanche, le 15 août n’est pas férié et l’Assomption n’est connue en Argentine que par les catholiques très pratiquants pur lesquels c’est une simple messe de semaine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :