vendredi 3 avril 2020

Un bon anniversaire à un copain d’école [Actu]

C’est le Journal de confinement paru aujourd’hui dans Página/12 mais dessiné hier par Daniel Paz. L’artiste a profité de la date du 2 avril, un jour férié en Argentine comme on l’a vu hier, pour saluer l’un de ses anciens copains de l’école primaire.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution
ou allez sur le site de Daniel Paz

"Cher Journal. Hier, ma femme m’a montré une photo de Beto quand il était petit. Plus ou moins de l’époque où nous sommes rencontrés. Moi, j’étais à l’école primaire et lui est arrivé en cours d’année. On est devenu amis tout de suite. Un jour, il m’a invité chez lui, rue Elpidio González. Là, autour d’un lait au chocolat, il m’a fait écouter le disque de Serrat (1) consacré à Antonio Machado (2). Beto le connaissait par cœur et il me racontait de quoi parlait chaque chanson. Celle qui m’a ému et qui encore aujourd’hui me donne la chair de poule, c’est Cantares, la première sur le disque. Peu de temps après, nous avons fini l’école primaire et chacun a suivi son chemin. Moi, je suis devenu dessinateur, lui avocat et aujourd’hui, il travaille comme président de la Nation. Je profite du jour de son anniversaire pour le remercier pour cet après-midi-là, que nous avons passé assis à côté du pick-up, à découvrir de la musique.
Merci Beto. Continue comme ça : le chemin se fait en marchant." (2)
Traduction © Denise Anne Clavilier

Le président argentin, Alberto Fernández, est né le 2 avril 1959. Il fêtait hier, noyé sous le travail, ses 61 ans. C'est un fin musicien, qui aime jouer de la guitare.



(1) Joan Serrat, célèbre auteur-compositeur interprète espagnol, de culture catalane, que la gauche argentine adore.
(2) Antonio Machado (1875-1939), grand poète sévillan, républicain espagnol, mort à Collioure, dans les Pyrénées Orientales. Il est l’auteur de ce poème, Cantares, dont les vers les plus somptueux ont fait le tour du monde hispanophone et hispanisant : « Caminante, no hay caminose hace camino al andar. Al andar se hace el camino » (toi qui chemines, il n’y a pas de chemin. Le chemin se fait en marchant. En marchant, se fait le chemin).

jeudi 2 avril 2020

L’Argentine commémore la guerre des Malouines façon confinement [Actu]

Nous avons supporté la faim, le froid pendant plus de 60 jours
en luttant contre une des meilleures armées du monde
et toi, tu ne peux pas supporter
de rester chez toi pendant 14 jours !

Aujourd’hui, comme tous les 2 avril, l’Argentine commémore la guerre des Malouines de 1982. Et comme le pays est en confinement, de nombreuses propositions sont faites sur Internet avec du théâtre et des activités muséographiques.

Aujourd’hui, s'enorgueillit le ministre de la Défense, l’armée est au service de la population civile, attelée à des missions liées à la crise sanitaire. Différentes prises d'armes ont eu lieu, seules manifestations collectives admises dans cette période particulière.

Les Argentins rappellent en ce jour leur souveraineté historique sur l’archipel sud-atlantique qui a été attaqué par surprise, sans déclaration de guerre, par la Royal Navy en janvier 1833.


En 1982, la guerre a fait un grand nombre de morts du côté argentin, dont beaucoup reposent encore de façon anonyme sur les îles. C’était des jeunes appelés qui avaient à peine fait leurs classes et qui étaient très mal vêtus et très mal armées.

Ce soir, à 18h, les Argentins sont appelés à faire une minute de silence à leurs fenêtres et à 21h, à arborer le drapeau national et chanter l’hymne.

Pour en savoir plus :

mercredi 1 avril 2020

Un peu de comprenette écolo avec Daniel Paz [Humour]

Sans autre commentaire !

Daniel Paz, dans Página/12 de ce jour
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Titre général : Journal de confinement par Daniel Paz (1)

A gauche, l’interview de Sars-Cov.2, l’affreux du moment.
Question : Quel est votre plan maintenant que vous êtes entré dans un être humain ?
Réponse : Comme d’habitude. Croître et nous multiplier dans ce lieu si génial et plein de ressources.
Q : Êtes-vous conscient que vos modes de reproduction et de consommation provoquent des dommages dans l’écosystème qui vous permet de vivre ?
R : De quoi parlez-vous ?
Q : Vous n’entendez pas cette terrible toux ? Si vous continuez comme ça, l’être humain va avoir une pneumonie et il cessera de respirer.
R : Ne soyons pas alarmistes. La respiration est bien surévaluée.
Q : Vous les virus, vous devriez changer votre conduite parasitaire et arrêter de vous reproduire. Si non, vous allez détruire l’être humain.
R : Ce n’est pas le moment de freiner l’économie. Si l’être humain s’effondre, nous irons chez un autre être humain et c’est tout.

A droite, l’interview de l’homme
Question : Les humains devraient changer leur mode de consommation et contrôler leur natalité. Sinon, ils vont détruire la planète.
Réponse : Ce n’est pas le moment de freiner l’économie. Si la planète s’effondre, nous irons dans notre résidence jusqu’à ce que tout ça soit fini (2).
Q : La résidence, ça fait partie de la planète.
R : Ça, c’est votre opinion !

Encadré à droite en bas :
Cher journal
Beaucoup de gens disent que les virus, c’est nous, les humains. Je crois que d’une certaine manière, nous sommes pires que les virus. Si l’organisme qui les accueille meurent, ils peuvent partir ailleurs. Pas nous.
Notre avantage, c’est que le virus ne pourra jamais être conscient du fait qu’il est en train de détruire son écosystème. Nous, en revanche, nous pouvons en prendre conscience et agir. Le ferons-nous ?
Traduction @ Denise Anne Clavilier



(1) Daniel Paz tient ce journal dans les colonnes de Página/12 avec une vignette tous les jours presque depuis le début du confinement en Argentine.
(2) Le country est un quartier privé, presque fortifié, ceint d’une clôture maçonnée, souvent surmontée d’une protection électrifiée, avec un portail d’entrée gardé par des vigiles, où les transports en commun n’entrent pas et où la vie est organisée par un règlement de copropriété. Le country a souvent son école (privée bien sûr), ses lieux de culte, une maison médicale ainsi que quelques commerces, dont une pharmacie. Il est installé en marge des grandes villes, en pleine campagne, relié par une bretelle privée à la grand-route la plus proche.

En Argentine, il est interdit de licencier [Actu]

Première page du journal officiel de la République argentine
publié cette nuit (en date du 31 mars 2020)
Le DNU (ordonnance) sur les licenciements est le troisième point du sumario
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cette nuit, le gouvernement argentin a fait publier un supplément au journal officiel pour publier une nouvelle série d’ordonnances dont une qui interdit pour une durée de 60 jours les licenciements et les interruptions de salaire sans cause réelle et sérieuse (sin causa justa) (1) ainsi que ceux qui sont motivés par la diminution d’activité, le manque de travail ou le cas de force majeure.

Gros titre : "Le Gouvernement interdit pour 60 jours
les licenciements et les interruptions de salaire"
tandis que sa photo est pour Central Park à New York
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Or deux entreprises technologiques de taille nationale, Techint puis, quelques jours après, Mirgor, viennent de licencier l’une 1.450 salariés, l’autre 755, en profitant du confinement alors que le gouvernement menait des négociations avec les organisations patronales pour établir des mesures de soutien aux entreprises et à l’emploi. Le gouvernement est très vite intervenu en obligeant Techint à réintégrer l’ensemble des salariés remerciés et à négocier un plan social, ce qui va obliger l’employeur à justifier sa décision. Il va sans doute en aller de même pour Mirgor.

Première page du décret
Cliquez sur l'image pour une haut résolution

Par ailleurs, le gouvernement a établi différentes mesures au bénéfice des PME, parmi lesquelles des délais de paiement, des exemptions temporaires d’impôts et contributions sociales et l’instauration d’un fonds d’aide financière.

"L'Etat répond présent", préfère titrer Página/12
en valorisant par l'image l'industrie lourde
qui n'est pas la plus développée en Argentine

Pendant ce temps-là, depuis deux ou trois jours, tous les soirs à 21h30, l’opposition met en musique des concerts de casseroles aux fenêtres et lance des mots d’ordre sur les réseaux sociaux pour exiger que les politiques en poste, élus ou nommés, renoncent à une partie de leurs indemnités de mandat ou de leurs rémunérations de fonction. Le plus curieux, c’est que pour le moment, personne à la Ville Autonome de Buenos Aires, gouvernée par une majorité de droite, n’a annoncé le moindre renoncement à quoi que ce soit. En revanche, à la Chambre des députés nationale, dominée par une majorité de gauche, le président Sergio Massa (péroniste rallié à Alberto Fernández) lance les opérations sur le sujet. Au Sénat, rien n’est encore en route mais sa présidente, la vice-présidente Cristina Kirchner, est en quarantaine pour une dizaine de jours encore car elle rentre de Cuba où sa fille était soignée depuis une dizaine de mois.

Pour en savoir plus sur les mesures concernant les licenciements :



(1) En temps normal aussi, le licenciement sans cause réelle et sérieuse est interdit. Encore faut-il que la victime de cette manœuvre ait les moyens de faire reconnaître cette absence de cause par un tribunal. Il va donc falloir maintenant que l’employeur ait de solides arguments et des preuves contre un salarié pour le licencier. Un licenciement maintenant est a priori suspect.

mardi 31 mars 2020

La Semaine sainte sans Semaine sainte et avec de l’avance [Humour]

En guise de sourire du jour en ce 5e mardi de carême (la Semaine sainte, c’est à partir de dimanche), cette vignette du duo Daniel Paz et Rudy, à la une de Página/12. Il faut un minimum de culture biblique pour comprendre, ce qui veut dire que même les lecteurs de ce quotidien très anticlérical ont ces références en Argentine. Comme ce n’est pas le cas en France, je vous mets une note en bas de page pour les nuls.


Légende, en haut : Jérusalem, en 33 ap. J.C.
Le correspond au bout du fil : La Dernière Cène (1) est annulée à cause du confinement et… Judas s’est offert à faire de la livraison à domicile pour 30 [deniers] par tête. (2)
Traduction © Denise Anne Clavilier



(1) Sur le plan liturgique, la Dernière Cène est célébrée le jeudi Saint (jeudi de la semaine prochaine) par la dernière messe avant la Vigile pascale du samedi Saint au soir.
(2) 30 derniers : c’est la somme qui a été payée à Judas pour la tête de Jésus. Cela correspond à une somme relativement modeste, qui n’a permis que l’achat d’un terrain nu dont les autorités juive de Jérusalem aurait fait, par la suite, un cimetière pour non-juifs.

lundi 30 mars 2020

Sourire visionnaire du lundi [Humour]

Il y a une semaine, le 23 mars, sur Página/12, Miguel Rep publiait cette vignette en trois images. La première relève d'un thème obsessionnel chez cet artiste : la femme enceinte ! La deuxième nous montre quelque chose qui se réalise dans toutes nos villes qu'envahissent les animaux sauvages. Quant à la troisième, elle nous replonge dans l'héritage culturel argentin.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Comme quoi, Cervantes est à tout le monde et surtout aux Sud-Américains !

Traduction :
Cartes postales de la pandemi@
# Je reste ici, moi
Ben, où ils sont passés, tous ?
Prouesse de Don Quichotte : il reste chez lui

Deux cents ans après, l’INCAA continue la guerre d’indépendance [Actu]

A la fin de la semaine dernière, plusieurs organisations rassemblant des exploitants de salles de cinéma et des distributeurs (tous à capitaux étrangers) ont pris l’opinion publique à témoin de leur malheur en réclamant ouvertement à la République argentine le droit de conserver le produit d’une taxe pour compenser la perte d’exploitation due au confinement et pouvoir présenter des jolis bilans bien satisfaisants à leurs vautours de sociétés-mères aux États-Unis.

Le président de l’Institut national du Cinéma et des Arts Audiovisuels, INCAA, leur a fait une réponse cinglante digne du meilleur style des pères de la patrie, les grands héros de l’indépendance que furent Manuel Belgrano, Juan Martín Pueyrredón et José de San Martín.

Je vous laisse juges.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution
(Il n'y manque qu'une chose :
la formule en hommage au général Manuel Belgrano)

Buenos Aires, 28 mars 2020

à l’attention de
Leonardo Racauchi
CAEM (Chambre Argentine des Exploitants de salles multiples)

María C. Devoto Borrelli
FADEC (Fédération argentine d’Exploitants cinématrogrphiques)

Oscar García
Nai International II Inc. / Showcase Cinemas

Objet :
Contribution définie à l’article 21, alinéa A de la loi 17.741

En ma qualité de Président de l’organisme qui veille sur la contribution citée en objet, je m’adresse à vous en réponse à votre encart public du 26 mars 2020 afin d’éclaircir des imprécisions certainement involontaires faisant allusion à une demande d’« Exemption ou de délais de paiement de la contribution au cinéma » que, en tant que tel n’existe pas mais qui pourrait être une allusion à la contribution portée en objet de la présente.
Qu’il me soit permis d’expliquer, bien que vous le sachiez, que cette contribution est payée par les spectateurs lorsqu’ils achètent leur entrée au cinéma. Les Exploitants ne sont que des agents collecteurs de cette recette qui ne leur appartient pas. Il convient de dire que dans les mois qui ont précédé la pandémie, le cinéma a vendu plus d’entrées qu’au cours des années antérieures et qu’il n’y a aucun motif pour réclamer, je n’ai même pas compris à qui, le droit de conserver cet argent. Ceux qui savent me font savoir que l’agent collecteur qui ne reverserait pas tout ou partie de [la somme] en dedans des trente (30) jours suivant sa perception » serait punissable au nom de la loi. Aussi suis-je certain que nous voulons tous éviter d’ajouter du contentieux aux problèmes que nous imposent déjà les circonstances présentes.

A l’exception de la deuxième demande incluse dans le point n° 5 de votre note, l’« exemption ou le délai (…) de paiement des taux de réinscription de l’activité auprès de l’INCAA », que nous accepterons de renvoyer au moment où vous reprendrez vos activités, nous n’avons pas faculté pour intervenir sur les autres points.

Cependant, permettez-moi d’exprimer notre désaccord avec la réclamation présentée par des entreprises qui rendent compte à des sociétés étrangères qui ont l’habitude de considérer les normes culturelles comme une interférences dans leurs affaires et qui, maintenant, mettant en doute leur position dominante, seraient en train de jeter des travailleurs à la rue au moment même où elles réclament de l’État qu’il paye pour elles leur loyer dans les centres commerciaux.

Je vous prie d’agréer, etc.

Luis Puenzo
Président de l’INCAA
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Et « à la fin de l’envoi, je touche », comme le dirait un héros bien français, non pas tant de cinéma d’ailleurs que de théâtre (et en alexandrins, s’il vous plaît).

Pour en savoir plus :

L’Argentine prolonge le confinement jusqu’à Pâques [Actu]

Sur le panneau lumineux : "Reste chez toi"
En gros titre, le terme "quarantaine" (confinement) est devenu "cinquantaine"

Dans un discours au ton ferme et fraternel tout à la fois, Alberto Fernández a annoncé hier aux Argentins qu’ils allaient devoir rester chez eux jusqu’au dimanche de Pâques et que ce confinement commençait à produire ses fruits.

Et en effet, le nombre de nouveaux cas semble baisser : ils étaient environ 100 par jour avant le week-end, ils n’étaient plus que 55 samedi et 75 hier. Le nombre de morts croît lentement : ils ne sont que 22, deux semaines après les premiers diagnostics du Covid-19 dans le pays.

La photo montre la frontière Brésil-Argentine à Puerto Iguazú
Les Brésiliens empêchent les Argentins de passer la frontière
pour rentrer chez eux
Cliquez sur l'image pour obtenir une haute résolution

Les pouvoirs publics vont se montrer très sévères à l’endroit des commerçants qui spéculeraient sur les produits de première nécessité (alimentation, gel hydroalcoolique, masques et médicaments) (1) et des patrons qui profiteraient de la crise pour procéder à des licenciements, comme on l’a vu à la fin de la semaine dernière, lorsque l’un des plus gros groupes industriels a mis à la porte 1.400 de ses salariés.

Regardez le message en cliquant sur l'image

Le président a aussi annoncé que des respirateurs artificiels allaient être fabriqués en Argentine par les industriels de l’automobile présents sur le territoire.

La photo montre une famille à son balcon

La fin du discours a été salué par des applaudissements de gens qui sont sortis sur leur balcon ou se sont montrés à leur fenêtre à Buenos Aires et peut-être dans d’autres villes et la cote du président monte sérieusement, même chez les électeurs qui avaient voté Macri aux dernières élections (donc des très convaincus ou des très hostiles au duo Alberto-Cristina). C’est Página/12 qui rapporte les deux faits, le reste de la presse n’en parlant pas, sauf La Nación qui en fait sa photo de une.

Pour aller plus loin :



(1) On a récemment trouvé des stocks impressionnants de gel hydroalcoolique dans un entrepôt d’une célèbre grande chaînes de pharmacie-parapharmacie-parfumerie alors que le produit commençait à se faire rare en rayon.

vendredi 27 mars 2020

Humour partisan (très) vachard [Humour]

A l’heure où en France le gouvernement refuse d’imposer des contraintes aux actionnaires des grandes entreprises tout en en mettant beaucoup et de toutes sortes sur le dos des salariés, des petits patrons, des agriculteurs, des libéraux et des micro-entrepreneurs, j’ai décidé de ressortir ce dessin de Daniel Paz et Rudy paru le 25 mars alors qu’on apprenait la disparition d’Albert Uderzo.

Il montre l'ancien président argentin, Mauricio Macri, que le quotidien Página/12 a beaucoup brocardé pour ses très fréquents congés et la complaisance avec laquelle il communiquait sur les réseaux sociaux en se montrant décontracté sur ses lieux de vacances.


La bonne : Partout des millions de personnes sont chez elles, à ne pas travailler, à ne rien faire sauf à passer leur temps à des foutaises sur Internet.
Mauricio Macri sur sa traditionnelle chaise longue (beaucoup vue sur les réseaux sociaux pendant son mandat) : Le monde est en marche vers le macrisme.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Melingo sort Oasis [Disques & Livres]

"Daniel Melingo : je suis un clochard"
allusion au titre de son précédent album, Linyera

L’auteur-compositeur-interprète Daniel Melingo, venu du rock et passé au tango, avec une inclination marquée pour le rébétiko grec, sort actuellement un nouveau disque, intitulé Oasis. Il devait venir le présenter en Europe mais il est des plus probables qu’il faudra attendre un peu beaucoup pour l’écouter.

Página/12 lui consacre la une de ses pages culturelles avec une interview exclusive.

Ajout du 29 mars 2020 :
lire cet article de Clarín

Le G20 en visio-conférence vu par la presse argentine [Actu]

Gros titre : "Devant la montée des cas, le confinement serait étendu jusqu'à la Semaine sainte"
En-dessous, l'impressionnante image de la visio-conférence
dans un salon de la résidence présidentielle de Olivos (Gran Buenos Aires)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Hier, le G20, présidé par l’Arabie Saoudite, s’est réuni en visio-conférence pour mettre au point des mesures économiques relative à la pandémie et à la reprise de l’activité après le phénomène.

La Prensa continue à exploiter le registre de la peur et du sensationnalisme
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La presse argentine le relate ce matin. Página/12 publie l’intégralité de l’intervention de Alberto Fernández (que l'on voit de trois-quarts dos sur l'image ci-dessus) au nom de l’Argentine, économiquement et financièrement étranglée. Les deux autres quotidiens sont plus succincts sur cette réunion.

En Amérique du Sud, seuls l'Argentine et le Brésil siègent au G20.

Pour aller plus loin :
Clarín n’a pas mis en ligne d’article de fond sur le sujet qui apparaît pourtant sur sa une. Il existe juste une vidéo.

Fito Páez sort un nouveau disque [Disques & Livres]


Il y a un mois, l’auteur-compositeur interprète de rock Fito Páez a sorti en ligne son nouveau disque, qu’il n’a pas eu le temps de présenter sur scène : La conquista del Espacio.

Ce nouveau disque d’une vedette du rock national argentin en espagnol a donné lieu à plusieurs articles de presse.

Il y a une semaine, l’artiste a chanté l’intégralité de l’album dans un concert gratuit spécial confinement relayé par les réseaux sociaux et repris par Página/12.

Pour en savoir plus :
dans l’ordre chronologique de parution.

Hausse folle sur les fruits et légumes [Actu]

Une de El País le 25 mars
Gros titre : "Mesure est prise pour que les plus de 65 ans restent chez eux"
La photo est réservée aux marchés
Dans la colonne entourée de rouge : hommage à Uderzo
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Depuis le début du confinement en Argentine et des restrictions moindres en Uruguay, la spéculation combinée aux difficultés de transport fait monter les prix sur le maraîchage alors qu’on en encore dans la saison des produits d’été : pastèques, melons, fraises, raisins, courgettes, tomates, poivrons, salades vertes, etc. Ces fruits et légumes ont pris jusqu’à 40 % de hausse en quelques jours.

En Argentine, le gouvernement tente de bloquer le phénomène et il est probable que des mesures coercitives font être prises aujourd’hui ou demain pour limiter les dégâts pour la classe moyenne et les plus démunis.

Pour en savoir plus :

jeudi 26 mars 2020

La rédaction de La Nación en deuil [Actu]

Le plus gros titre est consacré aux dernières décisions
gouvernementales : le gel des loyers et des mensualités de crédits hypothécaires
pour six mois.

Cette nuit, dans une clinique où il avait été admis mardi en urgence, le directeur de la rédaction et actionnaire minoritaire (mais historique) de La Nación, Bartolomé Mitre, s’est éteint. Il aurait eu 80 ans le 2 avril prochain. Il descendait en droite ligne du fondateur du journal, l’homme politique Bartolomé Mitre (1821-1906), l’un des premiers présidents constitutionnels de l’Argentine et son premier historien national.

Gros titre : "Vols de rapatriement suspendus pour les Argentins
échoués à l'étranger"
Il resterait 11.000 ressortissants dans différents pays.
12.000 auraient pu rentrer chez eux, certains étaient contaminés
et ont infecté d'autres personnes.
La mort de Mitre est traitée en manchette (en haut, à droite, en gris)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Bartolomé Mitre, directeur de La Nación, était un fier représentant de l’idéologie de la droite oligarchique argentine et sud-américaine, très agressif envers la gauche et méprisant au-delà de ce qui est concevable envers le peuple ("la clase baja", la classe basse). Son mode de vie et ses trois mariages en sont eux aussi assez représentatifs de l’élite économique du pays. Un personnage très polémique dans le paysage politique argentin et couvert d’honneurs à l’étranger, eu égard à la puissance du quotidien qu’il dirigeait, avec 40 % des parts détenues par sa famille.

En France, il avait reçu la Légion d’Honneur à titre étranger. Il avait aussi des décorations espagnoles, brésiliennes, italiennes, etc.

Même dans ces circonstances, il faut que La Prensa montre les dents !
Gros titre en caractères rouges : "[on sort] l'artillerie lourde"
Comme s'il était scandaleux que le gouvernement gèle les loyers
et les remboursements de crédits immobiliers.
Mitre est rappelé en haut à gauche
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ce matin, son journal a la décence de ne pas faire de cette disparition la nouvelle principale de sa une, dont la majeure partie est occupée par la thématique de la pandémie et de ses conséquences. C’est une délicatesse qu’il convient de saluer.

Dans sa nécrologie, Página/12 ne ménage pas le disparu. Quant à La Prensa, qui met l’information à sa une, elle n’a publié l’article en ligne qu’assez tard dans la journée.

Pour en savoir plus :

mercredi 25 mars 2020

Hommage rioplatense à Albert Uderzo [ici]

Pas besoin de traduction.
Et de toute manière, ils sont fous, ces Romains !

Ce matin, de part et d’autre du Río de la Plata, à Buenos Aires et à Montevideo, la presse rend hommage à Albert Uderzo, décédé dans la nuit de lundi à mardi.

Sans doute submergés par l'actualité et les difficultés matérielles dues au confinement, certains titres (La Prensa, El País) se contentent de puiser dans des dépêches d’agence (EFE, l’agence espagnole, ou AFP, son homologue française).

Página/12 a décidé de mettre le grand artiste français à la une de ses pages culturelles (1).
En Uruguay, El País l’a mis à sa une générale, en article très secondaire.

Pour en savoir plus :



(1) Un autre Français, beaucoup plus contestable, figure à la une de Clarín, le professeur Didier Raoult, porté aux nues par quelques politiques locaux sans aucune compétence scientifique alors que ce médecin s’efforce de discréditer le reste de la communauté hospitalière et refuse obstinément la rigueur méthodologique (essais en double aveugle randomisé sur un nombre significatif de patients recrutés dans les règles reconnues par tous). Un comble d'irresponsabilité en cette période délicate où la rationalité des citoyens du monde entier est mise à rude épreuve par l’angoisse de l’épidémie. En mettant ainsi Raoult à sa une au lieu de la pluralité des essais rigoureux démarrés ces derniers jours un peu partout en Europe (et dans d'autres endroits), Clarín participe à la course au sensationnalisme qui n’aide pas la population ordinaire, pas plus en Argentine qu'en France, à comprendre le bien-fondé des consignes de prudence données par les pouvoirs publics et donc à les respecter. Dégueulasse !

mardi 24 mars 2020

A l’intention de tous les crétins de toutes les nationalités qui mettent les autres en danger [Humour]

En ce jour particulier où nous saluons tous la mémoire d’Albert Uderzo, qui vient de disparaître et dont les obsèques seront célébrées dans la stricte intimité familiale, j’ai hésité à publier le petit sourire quotidien de Barrio de Tango mais la vignette de Daniel Paz ce matin dans Página/12 me paraît un message salutaire à transmettre (1).

En plus, c’est fait avec un double talent que le regretté duo Goscinny-Uderzo ne renierait pas.



Lui : Depuis que l’Argentine est passée en confinement général, il y a plus de vingt-mille Argentins qui sont partis à l’étranger.
Elle : Il faudrait les mettre à l’isolement pour qu’ils ne propagent pas le virus du crétinisme.
Traduction © Denise Anne Clavilier

A Buenos Aires, où les pouvoirs publics ne rigolent plus avec les mesures de protection collective, les Portègnes qui étaient partis vendredi dernier au volant de leur grosse voiture sur la côte atlantique en confondant confinement sanitaire et vacances ne pourront pas revenir chez eux avant la levée du confinement : la capitale argentine est fermée. 59 passages routiers et fluviaux sont bloqués par les forces de l’ordre. On ne laisse passer que les liaisons vitales, les secours aux personnes et aux biens et les échanges commerciaux de première nécessité. Même motif, même sanctions pour les touristes partis prendre le soleil au Brésil ou le frais à Punta del Este ou à Montevideo. Ils ne pourront pas rentrer. Le patron d’un puissant conglomérat industriel, Vicenti, a été arrêté à bord de son yacht de plaisance alors qu’il naviguait tranquillement sur le delta du Paraná pendant le confinement.



(1) Ce matin, je suis sortie pour la première fois depuis mardi dernier pour faire mes courses et j’ai été effarée du nombre de personnes que j’ai croisées dans la rue en me rendant seulement dans deux magasins à 200 mètres à la ronde autour de mon immeuble !

Un 24 mars très particulier [Actu]

Página/12 a choisi l'image traditionnelle du 24 mars
pour la une de ses pages culturelles

Aujourd’hui, jour férié, en temps ordinaire, l’Argentine [de gauche] commémore le coup d’État de 1976 qui porta au pouvoir la plus féroce dictature que le pays ait connue.

Aujourd’hui, à cause du confinement sanitaire, il n’y aura pas de marche du souvenir. A sa place, les associations qui rassemblent les victimes survivantes de ce qui s’appelle là-bas le terrorisme d’État appellent à manifester sur les réseaux sociaux et à décorer les balcons et les façades avec des foulards blancs, ceux-là même par lesquels les Mères de la Place de Mai et les Grands-Mères de la Place de Mai se sont fait connaître dans le monde entier.

Plusieurs institutions proposent sur leur site Internet des interventions, des lectures, voire des spectacles en lien avec cet anniversaire et le thème du jour, Mémoire, Justice et Vérité, comme le Teatro Nacional Cervantes.

Página/12, le champion de la cause dans une presse quotidienne dominée par des puissances d’argent, assez hostiles aux associations, consacre plusieurs de ces pages du jour à ce sujet et publie notamment une interview de chacune des leaders des trois organisations majeures, Madres de Plaza de Mayo, Madres de Plaza de Mayo Linea Fundadora et Abuelas de Plaza de Mayo, tandis que le reste de l’édition parle de la pandémie et de ses différentes conséquences, économiques, sociales et politiques.

Miguel Rep, ce matin, sur Página/12

A gauche, une grand-mère de la Place de Mai reste chez elle en attendant que son petit-enfant kidnappé en bas-âge soit identifié : « On a annulé [la marche] mais on n’arrêtera jamais de te chercher. Le 24, marchons à l’intérieur avec les Grands-Mères. »
A droite, le pyramidion de la Liberté sur Plaza de Mayo (1) ouvre ses bras pour abriter la traditionnelle ronde des Mères de la Place de Mai : « Mère de la Place de Mai, le peuple vous prend dans ses bras (même en ce temps de coronavirus). »
Traduction © Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :



(1) Vous connaîtrez l’histoire de ce monument historique en lisant Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, biographie que j’ai publiée il y a un mois aux Éditions du Jasmin.

lundi 23 mars 2020

Pour le sourire du jour [Humour]

Ce matin, dans Página/12, le dessinateur Daniel Paz entame un journal du confinement avec cette vignette en couleurs.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

En haut : « Cher journal, aujourd’hui, comme il n’y a pas de nuages, j’en profite pour prendre le soleil torse nu. »
En bas : « Par la même occasion, je laisse Internet un peu tranquille parce qu'il chauffe drôlement ! »
Traduction © Denise Anne Clavilier

Le ministère de la Culture soutient son secteur [à l’affiche]

Une culturelle de Página/12 ce matin

Partout dans le monde, le secteur culturel est l’un des plus menacés par la conjoncture économique créée par la pandémie. Le ministre de la Culture argentin a donc pris quelques mesures pour soulager ces travailleurs : des bourses vont être versées plus tôt que prévu, les lignes budgétaires vont être ouvertes pour soutenir la création, les centres culturels, l’achat de livres dans les bibliothèques populaires.

Le ministère a décidé d’embaucher 500 artistes pour créer du contenu en ligne pour nourrir les canaux audiovisuels nationaux à destination des habitants confinés.

Ces mesures ont eu peu de répercussions dans la presse quotidienne. Página/12 y a fait écho, puis La Nación le lendemain et aujourd’hui, c’est encore Página/12 qui revient sur ces problématiques, notamment dans le secteur de la musique et celui de l’édition.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12 samedi sur les mesures ministérielles
lire l’article de La Nación hier sur le même sujet
lire l’article de Página/12 sur les mesures demandées par les musiciens (notamment une préférence nationale sur les ondes)
lire l’article de Página/12 sur la situation des éditeurs.

Ajout du 25 mars 2020 :
lire cet article de Página/12 où les artistes de l'audiovisuel (cinéma, télévision) réclament que la télévision privilégie les productions nationales dans ses programmes.

vendredi 20 mars 2020

On sourit ? [Humour]


Le petit jeune, debout : L’Europe et les États-Unis ont réagi avec retard, alors qu’il y avait déjà beaucoup de personnes infectées et de morts. L’Argentine en revanche a réagi à temps.
Le bourrin d’oligarque, assis : Toujours à contre-courant du reste du monde.
Traduction @ Denise Anne Clavilier

Mes fidèles lecteurs ont reconnu le style inimitable et la signature (à gauche, à la verticale) du duo de Página/12 : Daniel Paz au crayon et Rudy au stylo.

Cette fois, plus personne ne sort ! [Actu]

En bas, à gauche, un titre sur un bourreau de la dictature
qui réclame le bénéfice de la prison à domicile pour éviter la contagion du covid-19.
Pauvre chou ! Il s'agit du trop célèbre "Ange blond de la Mort", l'ex-capitaine Astiz

Comme on le prévoyait, hier, le président argentin a décrété le confinement généralisé avec la seule exception de pouvoir aller faire ses courses dans les commerces de proximité.

Un décret que tous les journaux reproduisent ce matin, qui vaut depuis minuit et jusqu’au 31 mars à la même heure (1), prévoit tous les métiers exemptés de cette mesure pour la continuité de la vie nationale : forces armées, corps de police, commerce alimentaire, pharmacie, production alimentaire et pharmaceutique, agriculture, etc.

Clarín fait son gros titre sur le confinement (quarantaine obligatoire)
et sa photo pour montrer les Portègnes applaudissant les soignants hier soir
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le président s’est adressée à la nation, hier peu après 20h, à travers une conférence de presse à la résidence de Olivos (à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Buenos Aires), là où il vit et où il va lui-même vivre le confinement. Il était entouré de gouverneurs de différentes couleurs politiques, quelques uns de ceux qui venaient de se rassembler pour prendre toutes ces mesures d’un commun accord.

Hier, vers 20h, comme en Italie, en France ou en Belgique, de nombreux Argentins sont sortis sur leur balcon ou se montrés à leur fenêtre pour applaudir chaleureusement les soignants du pays, qui font face à trois fléaux en même temps : une épidémie de rougeole, due à une trop faible couverture vaccinale et qui a déjà causé la mort de plusieurs jeunes adultes, une épidémie de dengue, provoquée par des moustiques qui descendent de plus en plus vers le sud à cause des changements climatiques et qui sollicite beaucoup le système hospitalier (2), et cette pandémie causée par un virus dont on découvre tout.

L'artère vide ou presque le long de la faculté de droit
entre Recoleta et Palermo, dans le nord de Buenos Aires

Il y a fort à parier que la période de confinement devra être prolongée, eu égard à la façon dont le virus se propage et aux comportements fautifs qu’on a observés chez de très nombreux Argentins jusqu’à hier.

Les gros problèmes sociaux maintenant vont venir de l’énorme part du travail au noir qui n’a aucune protection sociale et aucun revenu si les gens ne travaillent pas (qui plus est dans des secteurs où le travail à domicile est impossible), le ravitaillement des villas miserias, ces bidonvilles qui fleurissent aux abords des villes et les indépendants précaires, que l’on peut assimiler à nos micro-entrepreneurs, quand bien même ils seraient architectes ou producteurs discographiques comme j’en connais personnellement.

"Isolement obligatoire... ou l'Italie"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Sur ces entrefaites, hier, on découvrait, abandonné dans un entrepôt en piteux état de Correo Argentino un stock important de matériels de haute technologie destinés aux hôpitaux et aux autres centres de soins publics. Ce stock avait été acheté en 2015, c’est-à-dire au début du mandat présidentiel de Mauricio Macri, dans le cadre d’un plan d’équipement du système sanitaire public appelé Ciber Salud : des appareils d’électrocardiographie et de visioconférence, des ordinateurs, des brancards, des meubles médicaux et administratifs en tout genre, etc. Jusqu’à il y a quelques semaines, Correo Argentino, la poste nationale argentine, était une concession de service public accordée il y a de nombreuses années à la holding Socma, le groupe multi-métiers propriété de la famille Macri (le père et fondateur, récemment décédé, et ses enfants, dont l’ancien président, Mauricio Macri). La justice a récemment récusé la concession et confié la gouvernance de l’entreprise directement à l’État pour non-paiement par la Socma des contreparties prévues au contrat de concession.

Pour en savoir plus sur le confinement en Argentine :
lire l’article principal de Página/12, qui propose une vidéo de la conférence de presse présidentielle (allez directement à la 20e minute de l’enregistrement pour vous épargner le long tunnel d’image fixe et muette sur la Casa Rosada)
sur le scandale du matériel médical abandonné à Correo Argentino
(L’union sacrée est assurée dans la lutte contre le covid-19 mais elle conserve des limites politico-idéologiques : aucun autre journal ne parle de cette affaire sur son site Internet).



(1) Pour le moment, le gouvernement semble espérer que les Argentins respecteront les règles ainsi mises en place. Il a donc décrété un pont exceptionnel les 1er et 2 avril, ce dernier jour étant férié pour commémorer le souvenir des morts de la Guerre des Malouines (c’est la date anniversaire de la destruction du croiseur ARA General Belgrano, coulé par un sous-marin de la Royal Navy en 1982).
(2) Rien qu’à Buenos Aires intra-muros, il y a eu 666 nouveaux cas dans la journée d’hier. Il y a un peu plus de 3 millions d'habitants dans la ville et environ 12 millions sur le Gran Buenos Aires (à 70 km à la ronde).