vendredi 17 novembre 2017

A l'honneur à San Juan [Agenda de Barrio de Tango]


Aujourd'hui, j'ai appris par mail (merci Internet d'avoir effacé les frontières) ma nomination comme Sociétaire d'honneur de la Junta de Estudios Históricos de San Juan, ce même cercle d'études historiques qui m'a invitée les 17 et 18 août dernier dans cette belle ville au pied des Andes à donner deux conférences dans le premier Congrès international d'histoire de la Ville et de la Province.

Un grand merci à tous les passionnés qui forment cette société de très bon niveau scientifique, très dynamique et toujours active. L'association est jeune mais quelle liste de réalisations en si peu de temps !


Et pour les Franciliens, rendez-vous demain à Dourdan au salon du livre, au stand des Editions du Jasmin, où je dédicacerai les livres qui m'ont valu cette nomination : San Martín, à rebours des conquistadors et San Martín par lui-même et par ses contemporains. Les autres ouvrages seront exposés eux aussi.

Ouverture du festival de Mar del Plata [à l'affiche]

Le festival fait la une du supplément culturel quotidien de Página/12
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Aujourd'hui, la fête du cinéma commence à Mar del Plata, la plus importante manifestation cinématographique internationale de l'Amérique du Sud, toujours sous le soleil du printemps, comme à Cannes.

Ce sont dix jours de fête et 300 films programmés, soit 100 de moins que l'année dernière, analyse le quotidien Página/12, toujours très sensible à la baisse des budgets qui caractérise la politique de rigueur de la nouvelle majorité tant au niveau national qu'à celui de la Province. Le festival projettera 13 films produits hors de l'Amérique latine, dont un français, et 11 qui représenteront le continent, hors Argentine dont les films entrent dans la sélection nationale.


Pour la première fois cette année, c'est un étranger qui dirige la manifestation, un réalisateur des Etats-Unis, Peter Scarlett. Cela a incité Clarín a proposé à ses lecteurs une assez longue interview de l'intéressé.

Bien entendu, ce festival, fondé en 1954, et qui en est à sa 32ème édition, dispose d'un site Internet et d'une page Facebook.

Pour aller plus loin :

Dernier récital 2017 de Ariel Prat à Buenos Aires [à l'affiche]


Demain, samedi 18 novembre 2017, à 22h, au Bar Lo de Néstor, le murguiste, auteur-compositeur interprète, Ariel Prat, se produira pour un dernier concert dans la capitale argentine. Il vient en effet en Europe passer la fin de l'automne et une partie de l'hiver en Catalogne où vit sa fille. Il sera de retour en février pour le carnaval, la saison de la murga par excellence.

Lo de Néstor est un bar coopératif, comme les aime cet artiste engagé à gauche toute ! Il se situe à Monserrat, même si l'affiche dit autre chose, qui semble plus authentiquement populaire.

Ce soir Viviana Scarlassa à Las Violetas [à l'affiche]

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Las Violetas a récemment été élu comme meilleur Bar Notable de la Ville de Buenos Aires. Une bonne raison supplémentaire pour aller écouter la chanteuse Viviana Scarlassa qui s'y produit ce soir, vendredi 17 avril 2017, à 21h30, et que mes lecteurs fidèles connaissent déjà bien.

L'affiche nous annonce des invités suprise.

Entrée : 150 $ ARG.

Le café Las Violetas est l'un des plus beaux des établissements historiques de l'avenue Rivadavia, dans le quartier de Almagro.

jeudi 16 novembre 2017

Buenos Aires obtient l'Exposition Universelle 2023 [Actu]

Gros titre pour le énième scandale de corruption impliquant l'ancienne présidente
et photo pour le triomphe diplomatique obtenu à Paris hier
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Grande victoire des diplomates argentins hier à Paris : Buenos Aires a été choisie pour accueillir la prochaine Exposition Universelle en 2023. C'est le parc thématique de Tecnópolis, en banlieue mais limitrophe avec l'ouest de Buenos Aires, qui accueillera la manifestation internationale dont le thème sera la créativité numérique, un domaine où l'Argentine tire très bien son épingle du jeu.

C'est la première fois qu'un pays d'Amérique Latine obtient cette manifestation et le triomphe est d'autant plus grand que l'autre ville restée en lice était européenne, la ville de Lodz, en Pologne.

Deux ministres avaient fait le déplacement pour soutenir la candidature de la capitale argentine, Hernán Lombardi et Jorge Faurie, même si on ne voit que le premier des deux sur la photo qui barre la une de Clarín. On y voit pas non plus l'ambassadeur argentin à l'UNESCO, Rodolfo Terragno... mais son premier secrétaire d'ambassade, si !

Le projet du parc qui devra accueillir l'Expo universelle
Les parcs portègne Saavedra et Sarmiento seront mis à contribution

L'Exposition Universelle se tiendra de janvier à avril. On attend 100 000 visiteurs par jour. Les travaux de préparation du terrain, où se tient actuellement le parc de loisirs scientifique et technologique, doivent durer deux ans et l'Expo vaudra à la capitale argentine la construction d'un nouveau pont, végétalisé qui plus est, pour enjamber l'autoroute Avenida General Paz qui sépare la ville de sa banlieue avec autant de rigueur que le périphérique le fait entre Paris et les départements limitrophes...

Pour en savoir plus :

Hommage à Rodolfo Dinzel au CETBA demain soir [à l'affiche]


Demain, vendredi 17 novembre 2017, dans le cadre de la série de conférences, Imagen y Sonido del Tango qu'anime Gabriel Soria depuis le début de l'année, le CETBA rendra hommage à celui qui fut pendant de très longues années le directeur de l'enseignement de la danse : Rodolfo Dinzel, disparu il y a quelques années.

Ces conférences s'appuient sur l'immense collection de disques et de films que s'est constitué Gabriel Soria, qui est à présent le président de la Academia Nacional del Tango.

mardi 14 novembre 2017

Le premier festival de tango indépendant sur quatre quartiers [à l'affiche]


Jeudi 16 novembre 2017, commence la première édition d'un festival indépendant qui va se déployer jusqu'au 20 novembre (jour férié) grâce à l'activisme du chanteur Cucuza Castiello et quelques uns de ses amis et partenaires.


Les quartiers concernés sont Villa Urquiza, Parque Chas, Villa Pueyrredón et Agronomía, soit toute la périphérie nord-ouest de la Ville de Buenos Aires. Participeront à la manifestation beaucoup d'artistes locaux comme le poète Luis Alposta et Cucuza, déjà nommé, le danseur et chorégraphe plus qu'octogénaire, Juan Carlos Copes, auquel il sera rendu hommage sur le seuil de sa maison natale. Autre local de l'étape : le romancier (et parolier de quelques tangos) Julio Córtazar qui y a vécu avant de s'exiler à Paris où il est mort et où il repose toujours.


Comme dans un grand festival déjà adulte, tout le tango sera présent : concerts instrumentaux, tours de chant, milongas, cours et démonstration de danse, pratiques, animation en écoles, promenades historiques à travers les quartiers, parties de carte en championnat (le truco est un grand classique du tango), etc.

Le dépliant promotionnel du festival côté recto

Au contraire de ce qui se produit souvent mais en accord avec la dureté des temps (la culture populaire n'est pas la mieux soutenue par les pouvoirs publics au niveau municipal ou national), plusieurs de ces manifestations sont payantes, dont une milonga et une partie de football solidaires dont les recettes iront à une école.

Le dépliant côté verso avec le détail du programme

Le festival a sa page Facebook où je vous invite à aller regarder de près le détail des festivités !

Página/12 analyse le triomphe du modèle néolibéral en Amérique du Sud [Actu]

Virage à droite, dit le titre

Ce dimanche, Página/12 a consacré son supplément économique hebdomadaire, Cash, au retour du modèle néolibéral dans toute l'Amérique du Sud après une quinzaine d'années de domination politique de la gauche sur le sous-continent. Une gauche hétérodoxe, inventive et idéologiquement audacieuse qui avait le courage de s'opposer aux Etats-Unis (et à l'impérialisme de ses capitaux) ou le FMI et qui avait, de ce fait même, suscité de nombreux espoirs à travers l'Europe, où le vieux socialisme comme la social-démocratie sont mis en demeure de se réformer pour offrir une alternative convaincante et enthousiasmante au nouvel ordre d'un monde multipolaire et mondialisé. Mais elle a fini par décevoir beaucoup, à cause de nombreux cas de corruption qui apparaissent (parfois sur des soupçons artificiels et injustes comme au Brésil, ailleurs sur des faits plus et mieux étayés comme en Argentine) et de la dérive autoritaire qui s'est accentuée au Venezuela après la mort de Hugo Chávez. Cette gauche avait aussi fait rêver en portant au pouvoir, parfois pour la première fois, des femmes dans plusieurs pays et des Amérindiens, dont un qui revendiquait très fort sa culture aymara (Evo Morales).


Ce numéro de Cash paraît à une semaine des élections présidentielles et législatives au Chili, qui va probablement basculer à droite dimanche prochain (1), et alors que le gouvernement argentin prépare une réforme du marché du travail qui va réduire les acquis sociaux des salariés. Probablement espère-t-il ainsi attirer dans le pays des investisseurs étrangers, effrayés (en tout cas, c'est sûrement ce qu'ils disent) par la forte tradition syndicale argentine. Et sûrement se sent-il pousser des ailes depuis qu'il a été confirmé par les élections de mi-mandat. Puisque cette direction plaît à l'électorat, autant y aller franchement !

Dessin de Daniel Paz aujourd'hui dans Página/12
Le crocodile (2) que le gouvernement a dans sa poche est on ne peut plus clair
- L'université publique, dépense ou investissement, demande la journaliste
- Ça dépend. Est-ce que rapporte 28% l'an ? rétorque le crocodile
- Non
- Alors, c'est une dépense.
Traduction © Denise Anne Clavilier

De leur côté, les nouvelles instances de la Conférence Episcopale Argentine (CEA) viennent de faire connaître leur position sur cette réforme en rappelant que pour l'Eglise, le travail n'est pas une marchandise et qu'il ne faut pas diminuer les droits des travailleurs salariés. La CEA maintient la position qui a toujours été la sienne, la doctrine sociale de l'Eglise.

L'autre dessin, toujours dans l'édition du jour de Página/12

Le jeune : L'Eglise dit que le travail n'est pas une marchandise
Le gros moustachu, qui représente toujours le grand patronat : C'est ce que j'ai toujours dit et même, c'est pour ça que je suis opposé à ce qu'il faille payer pour.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Dans l'édition de ce jour, Página/12 fourbit ses armes dans son meilleur style : humoristique, combatif, caustique et affûté. En une, la politique du gouvernement qui favorise la concentration des entreprises avec une petite voix discordante qui dénonce la fragilisation du tissu économique national par la disparition des PME, avec le jeu de mot habituel : le lobby féroce en lieu et place du loup (lobo) féroce ! Et dans l'habit du grand méchant lobby, vous avez reconnu le visage hilare de Mauricio Macri, le président actuel.
Dans les pages intérieures, on trouve une critique, féroce elle aussi, de la politique universitaire dont les budgets ont été réduits, ce qui fait baisser aussi, à moyen et long terme, le niveau d'éducation général d'un pays qui a pourtant besoin de conduire un plus grand nombre de ses enfants à des diplômes supérieurs pour son développement culturel, scientifique et technique et son attractivité internationale.


La Prensa a jugé qu'il fallait mettre la conférence de presse des évêques à la une,
avec la photo du président de la CEA et du Primat d'Argentine en évidence
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Pour aller plus loin :
consulter le numéro de Cash du 12 novembre 2017
lire l'article de Página/12 sur la concentration des entreprises
lire l'article de Página/12 sur la formation supérieure
lire l'article de Página/12 sur la position de la CEA
lire l'article de La Prensa sur la CEA
lire l'article de La Nación sur la CEA
lire l'article de La Prensa sur la tenue d'un colloque, ouvert par le ministre de la Justice, sur les tribunaux du travail et la compétitivité de l'économie argentine où le recours aux tribunaux a été accusé de nuire à l'économie nationale dans des termes très violents (les plaintes ont été comparées à un cancer qui grignote la compétitivité des entreprises. A la Macron !)
et lire l'article de Clarín sur la suppression de la prime de fin d'année pour les plus fragiles, les retraités au minimum vieillesse, les bénéficiaires de l'allocation familiale (qui n'est versée aux classes les plus précaires) et les agents de l'Etat.

Ajouts du 15 novembre 2017 :
lire l'article de Página/12 qui annonce de nouveaux licenciements dans la fonction publique en Argentine (sous le nom d'optimisation de l'Etat)
lire le billet de [mauvaise] humeur de Sergio Crivelli dans La Prensa, qui accuse le président Macri de ne pas tenir ses promesses électorales de changement (cambiemos - changeons) faute d'une politique de rigueur... pas assez rigoureuse !
lire l'article de La Nación sur la modification envisagée pour favoriser l'activité minière au détriment de la planète (loi sur les glaciers). Les promesses de lutte contre le réchauffement climatique semblent s'éloigner à grande vitesse, elles qui n'ont pour le moment guère été tenues...

Ajouts du 16 novembre 2017 :
lire l'article de La Prensa sur l'accord que commencent à trouver la CGT et le gouvernement sur la réforme du marché du travail
lire l'article de La Nación sur le même sujet.

Ajout du 17 novembre 2017 :
lire l'article de Página/12 sur la modification de la loi sur les glaciers qui a été confirmé par le ministre rabbin Sergio Bergman, en charge de l'écologie



(1) Avec des écarts très sud-américains : le candidat de droite est à 44% des intentions de vote, le candidat suivant ferait 19% et le troisième (la première femme parmi les candidats) est à 8% dans les sondages de ce début de semaine.
(2) En français, on parlerait sans doute de loup. En Argentine, le crocodile (en fait le caïman) tient souvent la place du loup dans l'imaginaire et les contes (voir Contes animaliers d'Argentine, que j'ai publié aux Editions du Jasmin). Il n'y a pas de loup ni d'autres canins sauvages en Argentine.

lundi 13 novembre 2017

Une anthologie de poésie mapuche qui transcende la frontière andine [Disques & Livres]


Les Editions Continente viennent de publier une anthologie de poésie contemporaine mapuche bilingue (mapuche-español), de Néstor Barrón, sous le titre Kallfv Mapu (Terre Bleue).

Il s'agit de découvrir le monde mapuche de l'intérieur, tant en Argentine qu'au Chili, où ce peuple précolombien réclame ses droits ancestraux sur sa terre, dans des difficultés certaines. Página/12, aux aguets depuis la disparition de Santiago Maldonado (1), que la rédaction assimile à la énième opération de persécution raciste en Argentine, n'a pas laissé passer l'occasion : le quotidien d'opposition propose dans son édition d'aujourd'hui une longue interview de Néstor Barrón qui présente lui aussi, de son côté, son livre sur son site Internet.

Néstor Barrón est lui-même poète et musicien et sa maison d'édition a confié la préface au grand historien anarchiste Osvaldo Bayer, un spécialiste très orienté de la Patagonie (2).

Le livre est en vente au prix de 298 $ ARG.

Pour en savoir plus :
lire la présentation du livre sur le site Internet de l'auteur
lire la présentation du livre sur le site Internet de l'éditeur.



(1) qui s'est noyé en fuyant une tentative par la gendarmerie de récupérer des terrains occupés par des Mapuches en signe de protestation et de réclamations de leurs terres, concédées en exploitation à Benetton.
(2) L'un des livres les plus connus de Bayer est un ouvrage sur les grèves des ouvriers de Patagonie réprimées dans le sang sous la présidence du leader radical Hipólito Yrigoyen, le premier président de gauche élu en Argentine (1916-1924 puis 1928-1930).

Présentation du nouvel ouvrage du duo Martínez-Molinari à la Academia Nacional del Tango [Disques & Livres]


Le nouveau livre des deux compères, qui sont à la fois auteurs et éditeurs, porte sur La Poésie, le Tango et la Société, aux Editions ECU.

Les deux auteurs seront ce soir, lundi 13 novembre 2017, à 19h, à la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, 1er étage, pour présenter ce travail en compagnie de plusieurs autres académiciens, dont le secrétaire de l'institution, Pepe Kokubu, récemment décoré de l'ordre du Buzón (une initiative privée, liée à la présence d'une historique boîte aux lettres rouge, à la britannique, dans le vieux quartier ouvrier de Nueva Pompeya).

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

samedi 11 novembre 2017

Susana Rinaldi et Osvaldo Piro se retrouvent pour un hommage à Pichuco [à l'affiche]


La chanteuse Susana Rinaldi et le bandonéoniste et chef d'orchestre Osvaldo Piro, qui étaient mariés et vivaient à Mar del Plata dans les années 1970 quand Pichuco (1) y passait ses vacances d'été en famille, vont retrouver la scène ensemble ce soir et demain, les 11 et 12 novembre, au Teatro Coliseo de Buenos Aires, avenida Marcelo de Alvear 1125, pour un grand concert qui marquera comme la clôture de cette année 2017 où le monde du tango a célébré les 80 ans de la fondation du premier orchestre du compositeur et bandonéoniste Aníbal Troilo (1914-1975).

Juan Carlos Cuacci, le pianiste et chef d'orchestre qui assure la direction musicale de tout ce que fait sa belle-sœur, Susana Rinaldi, depuis de nombreuses années, sera aussi de la partie : c'est lui qui a collecté toutes les partitions papier du Maestro Troilo et les a scannées pour les conserver à la postérité.

Un invité est aussi annoncé, José Colangelo, qui fut le dernier pianiste de la dernière formation dirigée par Pichuco.

L'événement est baptisé A Troilo con amor (ça se traduit tout seul) et il aura lieu à guichets fermés.

Les entrées étaient à réserver entre 350 $ ARG pour une place sans visibilité à 1300 $ ARG pour une place dans les premiers rangs d'orchestre.

Página/12 et La Nación publient ce matin une interview des artistes.

Pour aller plus loin :
consulter la présentation du spectacle mise en ligne sur le site du théâtre.



(1) L'un des surnoms les plus fréquents de Aníbal Troilo.

Ode au vin et à trois voix au Bebop Club ce soir [à l'affiche]

Dessin publié par Rep sur son blog il y a quelques semaines
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Légende :
Coudiers, Felipe Pigna, Aldo Graziani, Miguel Rep
Tout sur le vin
Histoire, dégustations, dessins, sexe et musique
Banquet historique
Acheter vos entrées sur bebop.club.com.ar et chez Aldo, Moreno 364, Buenos Aires
Les meilleurs vins à déguster et la meilleure cuisine sont compris dans le prix.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Ce soir au Bebop Club, Moreno 364, dans le cœur historique et révolutionnaire de Buenos Aires, trois figures de l'opposition, héros intellectuels de Página/12, l'historien Felipe Pigna, le peintre et dessinateur de presse Miguel Rep et l'œnologue Aldo Graziani animeront une conférence-débat sur l'histoire de ce breuvage. Leur spectacle s'intitule Coperos, ce que l'on peut peut-être traduire par leveurs de coude ou coudiers (textuellement verriers, du verre dans lequel on boit).

Felipe Pigna a d'ailleurs consacré un livre récent au vin, publié chez Planeta Argentina et intitulé Al gran pueblo argentino salud (1).

Il fait peu de doute que Coca Cola va entendre les oreilles lui siffler vu le chantage qu'il fait au gouvernement argentin (assez peu en odeur de sainteté auprès des trois hommes), comme je le raconte dans un autre article de ce jour.

Il fait tout aussi peu de doute que la soirée sera une bonne occasion de se fendre la poire en dégustant force nectars de très bonne qualité !

Le spectacle se joue à guichets fermés ou peu s'en faut.

Dessin publié ce matin par Miguel Rep dans Página/12,
dont il est l'un des plus talentueux éléments
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Légende :
On a les raisins
On a la bouteille
Le verre
Le tire-bouchon
Le pingouin (2)
La dame-jeanne, le vin de terroir (3), le siphon à soda (4).
[Il ne manque rien de rien au Mondo Vino.
Si, manque un truc ! Les leveurs de coude, Pigna, Graziani, Rep.
[Aujourd'hui, au Bebop Club.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Consolez-vous en lisant l'article que Página/12 leur consacre ce matin, sous le titre Un assemblage harmonieux pour l'amour du vin, et amusez-vous avec les deux dessins que Miguel Rep a consacrés à cette rencontre œno-humoristique. J'aimerais y assister !



(1) Un vers de l'hymne argentin qui est aussi une phrase typique pour porter un toast. Ce n'était pas du tout le sens employé par l'auteur du texte du chant révolutionnaire de 1813.
(2) Le "pingouin" en question est un broc, en général blanc, qui a la forme de cet oiseau très présent sur les côtes sud du pays, un super-classique sur la table partout en Argentine. On l'utilise de préférence pour servir du vin, plus souvent un vin de table qu'un grand cru pour lequel on préfère généralement laisser admirer la bouteille. Mais le pingouin peut contenir de l'eau (chez certains fantaisistes) ou du cidre, surtout à Noël et au Jour de l'An. On ajoute le pingouin dans tous les supermarchés et dans les drogueries de tous poils...
(3) en français dans le texte ! Pas fréquent ! Et surtout pas compatible avec le reste de l'équipement.
(4) C'est le fameux soda dont je parle dans mon article sur Coca cola: les Argentins adorent gazéifier toutes les boissons, y compris le vin, et ils le coupent volontiers avec n'importe quelle limonade ou le gazéifient à l'aide d'un siphon dit "à eau de Seltz".

Chantage à la fiscalité de la part de Coca Cola [Actu]

Coca Cola, c'est comme ça ! dit le gros titre

Il y a quelques jours, le gouvernement argentin a fait connaître les contours de sa nouvelle politique fiscale. Au départ, tous les produits subissaient une hausse de la TVA qui risquaient de compromettre le développement de l'activité de leur secteur.

Le secteur viti-vinicole, très important dans tout l'ouest du pays, et le secteur brassicole, qui comporte à la fois une production industrielle et une production artisanale qui s'améliore d'année en année en quantité et en qualité, ont obtenu du gouvernement un taux d'imposition inchangé: les vins tranquilles (produits sur place), les vins effervescents (improprement appelés "champagne" là-bas – j'en connais du côté de Reims qui pourraient se fâcher et ils auraient raison) et les bières maintiendront leur prix de vente pour le consommateur final, un point important pour le développement de ces secteurs à la fois économiques et patrimoniaux. En revanche, le gouvernement maintient la hausse pour les sodas sucrés et les eaux aromatisées (et tout aussi sucrées), dont la consommation excessive en Argentine (1) est en passe d'entraîner par ailleurs une véritable catastrophe sanitaire dans le pays (avec une augmentation considérable des cas d'obésité, de diabète, de maladies hépatiques et autres bombes à retardement pour la santé des consommateurs).

Hier, Coca a donc pris la tête d'une révolte des quatre multinationales de la boisson chimique et ultra-sucrée en réclamant que le maintien du taux s'applique aussi à leurs produits et en menaçant l'Argentine de retirer ses billes et ses investissements si la nouvelle norme fiscale s'appliquait en 2018. On est loin de la situation française où le gouvernement a ajouté une taxe aux mêmes sodas dans le cadre d'un programme de prévention sanitaire et on n'a pas vu que les géants du secteur aient osé sortir du bois ni empêcher la République Française d'être maîtresse chez elle (sur ce point en tout cas).

L'affaire Coca Cola a droit au gros titre mais pas à la photo
réservée à la floraison du lilas en ce printemps austral !
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Un bras de fer aussi cynique, un défi déclaré aussi publiquement au gouvernement d'un pays souverain, c'est du jamais vu dans l'histoire pourtant assez salée des relations entre les gouvernements sud-américains et les multinationales de tous les secteurs. Ce matin, deux quotidiens mettent l'information à leur une.

Página/12, la voix des anticapitalistes et des antimondialisation, présente la une la plus caustique en détournant le logo rouge et le slogan publicitaire décliné dans toutes les langues par la célèbre boisson brune à bulles, dont les Argentins raffolent : ils en ont même fait l'ingrédient d'un de leurs cocktails préférés, le Fernet Coca, qu'on obtient en mélangeant au soda une (très) généreuse rasade de Fernet Branca, un apéritif italien qu'on trouve partout en Argentine. Et soit dit en passant, ce n'est pas mauvais, si c'est bu avec modération et accompagné de quelques empanadas sortant du four (2).

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, qui critique le gouvernement pour avoir reculé devant le lobby des producteurs de vin et de bière et impute à ce recul l'audace de Coca Cola
lire l'article de Clarín.

Ajouts du 14 novembre 2017 :
lire l'article de Clarín selon lequel Coca Cola se serait soumis : le Gouvernement a pu ne pas céder au chantage. L'augmentation de la TVA sur les boissons gazeuses est maintenu dans le projet de loi qui va être présenté au Congrès
lire l'article de La Nación sur cette reculade impressionnante

Que signifie ce grand scandale qui trouve un dénouement si rapide ? Qui est derrière la manœuvre ? Le Gouvernement qui aura voulu montrer qu'il n'est pas le jouet des grandes multinationales comme l'en accuse l'opposition ? Peut-il s'agir d'une véritable victoire de la souveraineté sur un géant du capitalisme mondial ?

Ajout du 17 novembre 2017 :
lire l'article de Página/12 qui dénonce le texte définitif de la loi fiscale, laquelle maintient la hausse sur les vins pétillants. Colère du gouverneur de Mendoza, Alfredo Cornejo, qui appartient à la majorité nationale de Cambiemos et qui avait mené la réclamation d'exemption sur la production vinicole (et cidrière) dont sa province est l'emblème historique.



(1) Ces trois dernières années, j'ai été frappée de voir à quel point et à quelle vitesse les eaux aromatisées et le soda étaient en passe de remplacer complètement le vin et l'eau, plate ou gazeuse, sur toutes les tables et à tous les repas. Au cours d'un déjeuner ou d'un dîner, j'ai souvent été la seule à boire de l'eau minérale à la place d'eau aromatisée et du vin, tandis les convives autour de moi ingurgitaient indistinctement des litres de soda, ou pire, coupaient leur vin rouge (du malbec) à la limonade ou au tonique pétillant local. Il y a un an et demi, j'ai eu l'occasion d'en parler avec une vigneronne de la Province de Mendoza qui était effarée par cette mode envahissante qui empêche même certains de ses clients d'apprécier son travail puisque les gens arrivent à la dégustation avec le palais gâté par l'excès de sucre. En effet, au lieu d'une bouteille d'eau, les gens emportent souvent dans la voiture une bouteille d'eau aromatisée ou de soda pour se désaltérer en chemin, lorsqu'ils font la tournée des caves vinicoles. Un désastre culturel et sanitaire ! Et pourtant dans les grandes et petites surfaces, s'ils ont grandi en taille, les linéaires de soda n'ont pas connu de gros changements en terme de choix, au fil des ans. C'est toujours les quelques mêmes parfums: cola, citron, orange, poire, pomme, pamplemousse et tonique à peu près dans toutes les gammes de toutes les marques détenues par les quatre géants, Coca, Pepsi, Nestlé et Danone.
(2) En mai 2010, à Paris, pour la présentation de mon premier livre, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'animais avec le trio Taquetepa, établi du côte de Clermont-Ferrand, nous en avions fait une version locale, avec un coca auvergnat. Je ne m'appelle pas Clavilier pour rien !

Ce soir, chez Jacqueline Sigaut [à l'affiche]


Comme d'habitude, la chanteuse Jacqueline Sigaut reçoit ce soir, vendredi 11 novembre 2017, à 21h30, chez elle, à Palermo, pour une soirée musicale qu'elle partagera avec son homologue Eleonora Barletta.

Les deux artistes seront accompagnées par le guitariste Ariel Argañaraz.

Pour participer à cette agréable soirée de printemps dans un délicieux quartier portègne, il faut prendre contact par mail avec la maîtresse de maison. Tout est indiqué sur l'affiche.

Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Página/12 met les points sur les i, toujours avec Chaplin ! [Actu]

La CGT appuie sur le frein, dit le gros titre

Le syndicat majoritaire en Argentine, la CGT, qui cherche depuis le changement de majorité à négocier avec le Gouvernement, a manifesté en milieu de semaine son refus de la réforme néolibérale du marché du travail actuellement en projet (voir mon article du 3 novembre 2017 sur le sujet).

Le 3 novembre, Página/12 avait déjà puisé dans Modern Times de Charlie Chaplin pour monter une une très efficace. La rédaction a repris la même idée hier pour présenter la position du syndicat.

Cette fois-ci, La Nación a évoqué le thème dans un article d'un ton nettement différent.


Mercredi dernier, sous le soleil automnal de Rome, Place Saint-Pierre à midi

Mercredi, une délégation de syndicats, au premier rang de laquelle on reconnaissait très bien le leader cégétiste historique Pablo Moyano, faisait son pèlerinage à Rome, pour assister à l'audience générale du Pape sur la place Saint-Pierre. Avec sa chaleur habituelle, François les a salués à l'issue de l'audience. Remarquez l'écart entre l'interprétation très partisane qu'en font les quotidiens argentins et L'Osservatore Romano qui parle d'une délégation des camionneurs et des chiffonniers-recycleurs, ceux qu'on appelle les cartoneros en Argentine.

Extrait de L'Osservatore Romano, daté du 9 novembre 2017 (page 7)
La délégation argentine est signalée en haut de la sixième colonne
cliquez sur l'image pour obtenir une haute résolution

Pour aller plus loin :
sur la réaction de la CGT à la réforme du travail envisagée par le Gouvernement argentin

Sur la visite syndicale à Rome :
lire l'article de La Nación

Ajouts du 14 novembre 2017 :
lire l'article de Página/12 qui reprend la position de l'épiscopat argentin fondé sur la doctrine sociale de l'Eglise, pour laquelle le travail ne saurait être traité comme une marchandise
lire l'entrefilet de La Prensa sur le même sujet
lire l'article de La Nación

Rencontre Músicas de Provincia édition 2017 [à l'affiche]


Le centre culturel de l'association Madres de Plaza de Mayo, ECuNHi, à Palermo, dans l'ancien campus militaire de l'ex-ESMA, propose aujourd'hui et demain, 11 et 12 novembre 2017, et depuis hier, son treizième festival de musique folklorique avec des activités pour les adultes et d'autres pour les enfants.

Entrée libre et gratuite.

Les auteurs-compositeurs interprètes Victor Heredia (folklore) et Lidia Borda (plus connue comme artiste de tango) rendront hommage à Teresa Parodi, représentante de la musique du Litoral (province de Corrientes) et ex-directrice de centre ECuNHi. C'est la créatrice du festival. Il y a environ quatre ans, elle est devenue une politique professionnelle depuis que Cristina Kirchner en avait fait la première ministre de la Culture. Elle exerce maintenant la mission de députée argentine au Parlasur, la chambre supranationale de l'Amérique du Sud.

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook de la manifestation

vendredi 10 novembre 2017

Ce soir, l'embarras du choix [à l'affiche]


Ce soir, vendredi 10 novembre 2017, les portègnes auront l'embarras du choix à San Telmo.

D'un côté, au CC Torquato Tasso, le bandonéoniste Rodolfo Mederos avec le chanteur Negro Falótico.

De l'autre, le chanteur Alfredo Piro qui fait la dernière de son tour de chant actuel au Bar Los Chisperos...

Bonne soirée !

jeudi 9 novembre 2017

Mafalda en langue précolombienne pour la première fois [Disques & Livres]

Couverture du tome 1

Demain sera présentée à Buenos Aires la première publication de la bande dessinée Mafalda, de Quino, en une langue précolombienne, le guarani. La manifestation se tiendra à 16h45, au Centro de Altos Estudios Universitarios de l'Organisation des Etats Ibéro-américains pour l'Education, la Science et la Culture (OEI), Paraguay 1583.

Cette traduction s'inscrit dans un programme que le ministère des affaires étrangères argentin a déployé par le biais de son ambassade au Paraguay, dont la langue guaranie est l'une des langues officielles à côté de l'espagnol.

Quino caressant la figurine de Mafalda installée sur un banc de la rue Defensa à San Telmo

La présentation concerne les deux premiers tomes. Elle se fera en présence de la traductrice et de Quino lui-même.

Malfada a déjà été traduite en vingt-cinq langues et elle est éditée dans une soixantaine de pays.

Pour aller plus loin :
En Argentine
lire l'article de Clarín d'aujourd'hui
Au Paraguay
lire l'article de La Nación (attention : il s'agit bien là du journal paraguayen et non de son homonyme argentin)

Ajout du 10 novembre 2017 :
lire le reportage de La Nación (quotidien argentin) sur la présentation d'hier