mercredi 4 novembre 2026

Trump au tapis, Milei dans les cordes : la vague bleue dans la presse argentine [Actu]

"Le long adieu", titre Página/12
sans jeu de mot pour une fois
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Après le Canada, qui avait voté pour un nouveau Premier ministre libéral après que Trump avait eu , dès sa prise de fonction, la peau de Justin Trudeau qu’il traitait de « gouverneur » du 51e État, après la défaite cinglante de Victor Orbán, après la défaite finale de Netanhyahu qui ne pourra pas former le nouveau gouvernement en Israël, après la défaite de Alexandar Vučić en Serbie, chassé du pouvoir par la mobilisation des citoyens inspirés par les étudiants en lutte contre la corruption, après la toute récente victoire de Lula contre un candidat soutenu (à grand renfort d’argent et de désinformation) par la Maison Blanche et désormais si « courageusement » réfugié à Miami (1), c’est donc Donald Trump qui prend un uppercut de la gauche et se retrouve au tapis, tellement proche du K.O. que dès la soirée électorale, il a dû s’avouer vaincu, sans doute pour la première fois de sa vie (2).

Dessin de Alfredo Sábat ce matin dans La Nación
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Comme quoi, il n’y a pas de fatalité (en France pas plus qu’ailleurs) (3) et tout l’argent des oligarques de la tech et des autres secteurs ne peut pas acheter les voix des électeurs, si tant est que ceux-ci soient opposés à la corruption et attachés à la démocratie, à la vérité de l’information et à la liberté en général et en particulier.

"Vote sanction contre Trump", dit le gros titre
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Pour Javier Milei, qui a mis tous ses œufs dans deux paniers qui n’en fait plus qu’un, Trump et Netanhyahu, la situation politique se complique, surtout s’il veut se succéder à lui-même dans un an comme il l’a déjà crié sur les toits.

Dessin de Daniel Paz et Rudy, ce matin, à la Une de Página/12
Milei (à gauche) : Je suis en train de me préparer à la visite du Pape...
et c'est plutôt difficile
Le journaliste : Vous essayez d'être dans la sobriété et l'empathie ?
Milei : Non, j'essaye d'insulter en latin
Traduction © Denise Anne Clavilier
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Aujourd’hui, il atterrit en Espagne pour participer au Sommet hispanique qui rassemble l’Espagne et tous les pays de l’Amérique latine qui ont autrefois appartenu au même gigantesque empire colonial. Il est déjà prévu que Milei s’y entretiendra en particulier avec le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, qu’il avait couvert d’insultes lors de son dernier séjour dans la Péninsule et qu’il avait refusé de rencontrer, en violation de toutes les règles diplomatiques. Côté Zarzuela, il est prévu qu’il ne soit pas reçu en audience particulière par le roi qui avait déjà refusé de le recevoir lors de ce dernier passage en Espagne alors que Milei avait osé de lui demander, à l’improviste qui plus est.

"Etats-Unis : les démocrates très proches
du contrôle du Congrès", dit le gros titre
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Le président argentin est donc d’ores et déjà, et à raison, un paria diplomatique et ce n’est pas la défaite de Trump qui va améliorer sa situation. C’est donc dans ce contexte assez peu favorable que « Jamoncito » (petite tranche de jambon), comme aiment à le surnommer ses adversaires politiques en reprenant une comparaison osée de l’actuelle vice-présidente tout en se moquant de sa prétendue future conversion au judaïsme le plus rigide, s’apprête à recevoir en grande pompe le pape Léon alors que ce dernier tient à effectuer une visite pastorale en veillant bien à éviter toute récupération politique (comme dans tous les pays où il se rend).

"Trump subit un dur revers électoral
et perdrait le contrôle du Congrès", dit le gros titre
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Ce matin, la presse argentine rend compte de tout cela mais les journaux ont bouclé bien avant que le dépouillement permette de parler de victoire dans les deux chambres du Congrès. Les nuances observables dans les articles et sur les Unes reflètent les obédiences politiques des quotidiens (un est à gauche, deux sont situés à droite, la droite constitutionnelle de gouvernement, un autre est la voix de l’extrême-droite catholique et anti-sociale, désormais très minoritaire dans le pays).

Vignette de Miguel Rep aujourd'hui pour Página/12
à regarder en haute résolution

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire l’article de Clarín sur la situation politique de Milei au Sommet ibérique
lire l’analyse politique de La Nación sur la situation politique de Milei après cette élection aux États-Unis illustré par une caricature très drôle de Alfredo Sábat, l’un des dessinateurs de presse du quotidien




(1) Le président du Paraguay, le pays frontalier au nord de l’Argentine, est lui aussi en mauvaise posture puisqu’une banque privée dans laquelle il a des intérêts indus vient de faire faillite, privant les clients de leurs économies. La banque centrale vient d’en prendre le contrôle pour amoindrir la catastrophe et elle a fermé l’agence commerciale, suscitant des troubles graves à Asunción, la capitale. Tous les membres du Conseil d’administration sont déjà derrière les barreaux. Lire à ce sujet l’article de Página/12 et celui de son supplément Latinoamérica piensa (L’Amérique latine réfléchit).

(2) avant de rétropédaler assez rapidement en faisant publier sur son réseau social l’image d’une casquette MAGA transformée en casquette VETO.
(3) En librairie, hier, j’ai découvert (et acheté bien sûr) un très intéressant ouvrage collectif élaboré par une cinquantaine d’historiens de premier plan qui entendent dénoncer les falsifications de l’histoire que l’extrême-droite française répand à l’envi pour gagner des parts de ce qu’elle voit comme un marché, le gros gâteau électoral de la présidentielle à venir : Les faussaires de la nation, aux Éditions Philippe Rey, coordonné par Vincent Duclert et Maria Malagardis.

samedi 31 octobre 2026

Ce soir, Litto Nebbia chante sur scène à Recoleta [à l’affiche]

Litto Nebbia ce soir, avec une photo d'hier et beaucoup de cheveux...

Ce soir, samedi 31 octobre 2026, à 21h, l’auteur-compositeur interprète omni-genre Litto Nebbia fêtera sur la scène du Teatro Santa María, Montevideo 842, les cinquante ans de deux de ses albums les plus emblématiques, au temps où il était surtout un artiste du rock nacional.

Le récital se tiendra à guichets fermés, comme c’est normal pour une personnalité artistique de cette taille.

Comme pour l’autre artiste de Rosario de ce soir (Noelia Moncada), c’est l’occasion pour Litto Nebbia d’accorder une très longue et très intéressante interview à… La Nación, ce qui n’est pas courant (Litto Nebbia est plus proche de Página/12 et ce changement de portage en dit long sur l’importance de son œuvre dans l’histoire musicale du pays).

Le même mais cinquante ans plus tard, avec moins de cheveux
mais dans son propre studio, celui de sa propre maison de production,
Melopea Discos, dans le quartier de Villa Urquiza, à Buenos Aires

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 2 novembre 2026 :
lire cet article assez court mais très enthousiaste de Página/12 sur le concert, paru le lundi 2 novembre dans le supplément culturel quotidien, Cultura & Espectáculos

Ce soir, à Corrientes y Callao, grand rassemblement pour soutenir Zivals [Actu]

La librairie avec son hommage au rocker Charly García, sur le mur mitoyen


Ce soir, à 17h, tous les amoureux de la culture sont invités à se retrouver devant la librarie-disquaire Zivals, située à l’angle des avenues Corrientes et Callao.

Il s’agit de soutenir cette grande institution culturelle menacée de destruction et dont les propriétaires ont déjà reçu leur avis d’expropriation au profit de la construction d’une entrée gigantesque à la prochaine station d’une nouvelle ligne de métro.

Pour sauver le magasin, une pétition a été lancée pour que le Congrès national vote une loi faisant de Zivals un lieu d’intérêt historique national, ce qui devrait protéger la librairie.

Comme j’ai eu l’occasion de le dire dans des articles précédents, il est techniquement possible de déplacer de quelques mètres l’entrée de la station, ce qui permettrait de sauver la librairie.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 2 novembre 2026 :
Selon un article de Página/12, réservé en ligne aux abonnés, la manifestation a eu un certain succès. La preuve en photo...

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Noelia Moncada fête ce soir ses noces d’argent avec le tango [à l’affiche]


Ce soir, samedi 31 octobre 2026, à La Carbonera, Carlos Calvo 299, dans le quartier de San Telmo, la chanteuse Noelia Moncada, qui est originaire de Rosario, partagera la scène avec plusieurs amis musiciens pour fêter les 25 ans de son arrivée à Buenos Aires où elle venait épouser le tango. C’était en 2001 alors que l’Argentine allait sombrer dans l’une des pires crises économiques de son histoire (Javier Milei fait mieux maintenant, mais sous une autre forme).

Elle chantera à guichets fermés.

C’est pour elle l’occasion de donner une longue interview à Página/12 et je vous invite à la lire. Elle y décrit entre autres ce qu’elle a vu dans la capitale argentine, la chute, la lente remontée et l’actuelle rechute, qui met entre autres les artistes en grand danger de ne plus pouvoir vivre de leur art.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 30 octobre 2026

Dire que le Brésil est le premier partenaire économique de l’Argentine ! [Actu]

Dessin de Alfredo Sábat pour La Nación, 30 octobre 2026
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L’aide que Javier Milei et son gouvernement viennent d’accorder à Flávio Bolsonaro au détriment de la justice brésilienne avec laquelle tout partenaire du Mercosur (et tout État voisin) est tenu de coopérer de manière bilatérale déploie ses conséquences dans le milieu politique argentin et cette fois-ci, la faute politique du gouvernement semble ne pas passer.

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Le Brésil est le premier partenaire économique de l’Argentine, les deux pays étant à peu près de force égale en matière agricole, industrielle, spatiale et scientifique. Argentine et Brésil sont les deux les moteurs du Mercosur, qui regroupe avec eux l’Uruguay, le Paraguay et la Bolivie comme membres fondateurs et donc de plein droit, tandis que la Colombie, le Chili, l’Équateur et le Pérou sont des membres associés et que le Venezuela, membre fondateur, est suspendu depuis la fin 2016. Argentine et Brésil sont les deux pays d’Amérique latine qui siègent au G20 dont ils ont conjointement obtenu la création par l’élargissement du G7. Avant que Milei ne vienne détruire l’économie argentine il y a trois ans, le Brésil était le premier pourvoyeur de touristes étrangers en Argentine et l’un des tout premiers partenaires de celle-ci dans les échanges culturels internationaux.

Le gouvernement brésilien n’a pas encore annoncé quelle mesure il comptait prendre mais l’action illégale de l’Argentine aura des conséquences sur la suite des relations entre les deux pays au niveau officiel comme dans les deux opinions publiques. Le Brésil a d’ores et déjà le droit de porter plainte contre son voisin auprès du tribunal du Mercosur et plus si affinités.

"Le gouvernement défend le départ de Flávio :
il n'y avait pas d'ordre d'Interpol", dit le gros titre
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La presse argentine continue donc d’enquêter ainsi que d’analyser et de commenter cet événement qui n’a aucun équivalent dans l’histoire des relations entre ces deux États indépendants et constitutionnels, ce qui est d’autant plus choquant qu’il s’est produit après l’instauration d’une véritable démocratie de part et d’autre de la frontière. Qui plus est, il n’est pas difficile de deviner le rôle qu’ont joué les États-Unis dans cette entourloupe puisqu’on a déjà pu y repérer l’action de Marco Rubio (qui s’en cache à peine) et celle de l’ambassade argentine à Brasilia, laquelle, alors qu’elle est dirigée par un chargé d’affaires en l’absence d’un ambassadeur de plein droit, a reçu l’ordre de rester ouverte toute la nuit pendant l’équipée transfrontalière clandestine du candidat, au cas où il aurait besoin de venir s’y réfugier… Comment aurait-il fait, d’ailleurs ? Par rapport aux chutes d’Iguazú, côté brésilien, où Bolsonaro a attendu la nuit noire pour se présenter à la frontière argentine, Brasilia, située au centre du pays, n’est vraiment pas la porte à côté. Quant à Trump, qui rêve d’un prix Nobel de la Paix parce qu’il est jaloux de Barack Obama, comme un petit garçon de cinq ans qui trépigne devant les jouets offerts à son voisin, il est en train de mettre le feu partout où il pose le regard : dans l’Union européenne, dans le Golfe, dans le détroit d’Ormuz, dans celui de Taïwan, en Ukraine, où il a aidé Poutine à déchaîner sa violence contre les civils au lieu d’y mettre un terme, et sur le continent américain, de part et d’autre de l’équateur.

Dans la colonne de droite, au milieu :
"Lula remercie Macri qui a salué son triomphe
en lançant une querelle contre Milei", dit le titre
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En Argentine, le Congrès ne reste pas les bras croisés ni le reste du personnel politique non plus. Des parlementaires de l’opposition ont exigé que le directeur de la SIDE (les services secrets) expliquent devant une commission bicamérale le rôle qu’il a joué dans cette affaire. Mauricio Macri, l’ancien président néolibéral qui a achevé son unique mandat en 2019, a envoyé ses félicitations à Lula qui l’en a chaudement remercié en évoquant, non sans nostalgie, ces temps anciens où les deux gouvernements (notamment tous les deux, en tant que chefs d’État) pouvaient posément tenter d’apporter des solutions à leurs désaccords à travers des négociations de bonne foi, dans les règles diplomatiques et juridiques du droit international. Pour que Macri et Patricia Bullrich prennent ainsi le parti du Brésil dans cette querelle, il faut que la faute politique de Milei ait bigrement secoué le personnel politique et diplomatique qui vit et travaille à Buenos Aires.

Quant à la justice, elle a elle aussi réagi rapidement. Une juge fédérale siégeant à Buenos Aires vient d’ordonner la saisie et d’interdire la destruction des images de vidéo surveillance montrant les Bolsonaro au poste frontière proche des chutes d’Iguazú, que partagent l’Argentine, le Brésil et le Paraguay, et à l’aéroport de Puerto Iguazú. L’instruction n’est pas encore déclenchée stricto-sensu, la procédure, en droit pénal, n’en est qu’aux démarches préliminaires normales. La juge a d’ores et déjà adressé des réquisitions au ministère des Affaires étrangères, à la police des frontières et à la gendarmerie (en Argentine, la gendarmerie est en charge de la sécurité dans les zones frontalières alors que dans les autres zones du pays, c’est la police qui fait le même travail pour le maintien de l’ordre comme pour la lutte contre la délinquance et la criminalité) pour disposer de tous les documents sur ce qu’il s’est passé : les demandes reçues, les ordres donnés, la nature et les modalités de l’aide apportée aux fugitifs par les services de l’État.

"La justice enquête sur l'aide du gouvernement
argentine à Bolsonaro pour s'enfuir aux Etats-Unis",
dit le gros titre
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De son côté, le gouvernement se défend en disant qu’il n’y avait pas de notice rouge Interpol contre Bolsonaro et qu’il l’a donc laissé passer en toute légalité. Tout le monde appréciera le cynisme de cette posture. En cas de victoire des démocrates aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis, il est possible que Milei ait un prix à payer pour ce qu’il vient de faire contre le Brésil. En tout cas, les membres du Congrès dans l’opposition ne restent pas eux non plus les bras ballants. Ils réclament des explications à Marco Rubio pour savoir quel rôle il a fait jouer aux diplomates placés sous son autorité pour servir les intérêts personnels du Sieur Bolsonaro junior.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le climat d’hostilité entre les deux gouvernements qui pourrait surgir à très court terme
lire l’article de Página/12 sur les premières réquisitions de la juge Capuchetti
lire l’article de La Nación sur l’action déclenchée par les démocrates au Congrès des États-Unis
lire l’éditorial de La Nación sur les dangers de la culture de la haine que cultive l’extrême-droite pan-américaine

Ajout du 2 novembre 2026 :

lire cet article de Página/12 (hier) qui enquête sur les détails opérationnels de la fuite de Bolsonaro junior aux États-Unis et qui a ainsi découvert la présence depuis peu dans les services du contre-espionnage argentin (la SIDE) d’un homme que le journal a pu identifier et qui travaille en lien, semble-t-il étroit, avec l’ambassade des États-Unis et, très probablement, par conséquent avec la CIA.

"Un espion dans l'ombre", dit le gros titre
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jeudi 29 octobre 2026

La trahison d’hier fait la Une et agite le Congrès aujourd’hui [Actu]

Chasman était le nom de scène d'un célèbre
ventriloque qui jouait avec sa marionnette, Chirolita
Il avait pour habitude d'habiller sa marionnette
comme lui-même. Les titreurs ont mis le nom de la poupée au pluriel
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Ce matin, les journaux consacrent plusieurs articles à ce qu’il s’est passé ces deux derniers jours entre l’Argentine et le Brésil, avec la complicité assumée du président Javier Milei et de plusieurs de ses ministres qui se déclarent fiers d’y avoir prêté leur concours. L’un d’entre eux s’est même rendu à Puerto Aguazú pour y accompagner personnellement la famille Bolsonaro dans une voiture diplomatique argentine, et s’assurer que tout se passait bien jusqu’à ce que la famille se soit envolée pour l’étranger.

Le quotidien de la droite ultra-catholique
ne sait pas quoi choisir dans l'actualité
En haut, Bolsonaro descend de l'avion à Miami
avant de se proclamer le De Gaulle du Brésil
(il paraît en effet que De Gaulle aurait dirigé la France
depuis son exil à Londres. Ah bon ? Première nouvelle !)
En bas, la catastrophe ferroviaire en Castille qui a fait
trois morts argentins (sur les quelque 70 victimes mortelles)
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On semble pouvoir dire maintenant que Bolsonaro a utilisé un authentique passeport italien pour passer la frontière tandis que sa femme et ses filles présentaient leurs documents brésiliens.

Clarín dénonce la participation du ministre Caputo
à l'opération clandestine pour aider Bolsonaro à s'enfuir
En bas, la collision ferroviaire en Espagne
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A Buenos Aires, la classe politique réagit au scandale diplomatique. Au Congrès, on demande des comptes au pouvoir exécutif. Dans plusieurs tribunaux fédéraux, à Buenos Aires et dans la province de Misiones, on voit fleurir les plaintes pour que des enquêtes s’ouvrent contre les complices de cette fuite d’un homme qui avait des comptes à rendre à la justice de son pays.

"Milei a aidé Bolsonaro dans une fuite aux
Etats-Unis digne du cinéma", dit le gros titre
alors que la Une fait aussi sa place à la catastrophe
ferroviaire espagnole
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Bref, l’affaire ne passe pas comme une lettre à la poste. Il se peut que Milei ait commis une manœuvre politique qui lui coûte cher dans un proche avenir, notamment lors de l’élection présidentielle de l’année prochaine où il compte bien se présenter.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa qui s’intéresse à la prise de position de Patricia Bullrich, qui prend le contre-pied de Milei en reconnaissant la pleine légitimité de l’élection de Lula (Bullrich n’en est plus à un croc-en-jambe près contre le président dont elle lorgne la place)
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación

mercredi 28 octobre 2026

Ma prochaine séance de dédicace à Paris, au Salon international de l’édition indépendante [ici]


Le samedi 7 novembre 2026, je serai au Salon international de l’édition indépendante qu’organise l’association française L’Autre Livre, au Palais de la Femme, 94 rue Charonne, dans le 11e arrondissement de Paris.

J’y serai de 11 h à 15 h, comme d’habitude sur le stand des Éditions du Jasmin, avec, si tout se passe bien, l’ensemble de mes livres sur le tango, sa poésie et son histoire multi-ethnique, sur les deux héros de l’indépendance que sont Manuel Belgrano (1770-1820) et José de San Martín (1778-1850) et sur les contes populaires de la tradition orale.



L’entrée est libre et gratuite.

Un modeste buffet vous permettra de ne pas mourir de faim ou de soif. Et puis, tout autour de la salle, les restaurants bon marché et de qualité abondent !

La disposition de la salle laisse aux visiteurs tout loisir de passer par tous les stands en une seule visite.

© Denise Anne Clavilier

Bon week-end à tous.

L’Argentine a aidé Flávio Bolsonaro à fuir son pays [Actu]

"Il a perdu, il a fui, on lui accorde un visa",
dit le gros titre conçu avant la communication
officielle argentine
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Auparavant, il n’y avait que la Russie poutienne pour faire des coups pareils : accueillir sur son sol un homme public fuyant la justice de son pays ! Maintenant, les États-Unis s’y mettent aussi, et dans le cas présent, ils ont été assistés par Javier Milei et le gouvernement argentin.

"C'est la fête pour Lula : Bolsonaro s'exile
aux Etats-Unis", dit le gros titre
Dans le texte qui l'accompagne, le journal
ne cache pas son mépris pour le président
de la Cour suprême brésilienne. A vomir !
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Celui-ci a commencé par nier toute entrée du fugitif et de sa famille sur le territoire national mais, une fois qu’il a été confirmé que Bolsonaro, sa femme et leurs deux filles avaient bien atterri en Floride ou étaient en passe de le faire, le ministre des Affaires étrangères, un homme d’affaires sans scrupule et sans aucune culture diplomatique, a fait confirmer, au tout début de cette journée du 28 novembre, avant le bouclage des principaux quotidiens, que le sénateur brésilien battu à l’élection présidentielle s’était présenté à un poste-frontière tout ce qu’il y a de plus officiel pour entrer dans la province de Misiones où un jet privé attendait la famille sur le tarmac de Puerto Iguazú depuis mardi matin. Tous les quatre sont entrés en Argentine à 23 h 30 et leur avion a décollé à 0 h 21 en direction de l’Équateur pour ce qui semble avoir été une escale technique, avant de redécoller cette fois pour les États-Unis, lesquels venaient d’annoncer qu’ils leur accordaient des visas, comme ils l’avaient déjà fait en faveur d’Eduardo Bolsonaro, l’autre fils de Jair, lui aussi parti en exil pour échapper à une lourde condamnation de prison ferme pour des atteintes à la probité et une complicité dans la tentative de coup d’État du 8 janvier 2023.

"Avec l'aide de Trump, Bolsonaro a fui le Brésil
et il est arrivé aux Etats-Unis", dit le gros titre
La photo principale concerne la réaction surdimensionnée
de la Chine contre Kylian Mbappé
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Le ministère des Affaires étrangères argentin prétend que les passeports des fugitifs étaient en règle et que la police des frontières n’avait donc aucune raison de ne pas les laisser entrer alors que le président de la Cour suprême du Brésil avait déjà communiqué publiquement dès lundi matin que Bolsonaro disposait de 24 heures pour remettre son passeport aux autorités et qu’il n’avait plus le droit de quitter le territoire national, à cause d’une affaire de corruption dans laquelle sa responsabilité pénale est engagée. La police des frontières ne pouvait pas ne pas savoir (c’est son métier et sa responsabilité). Elle aurait donc pu laisser entrer l’épouse et les filles et elle aurait dû empêcher le père de franchir la frontière. Il se trouve que Página/12 a découvert sans trop de retard que le propriétaire du jet qui attendait à Puerto Iguazú n’est autre que l’un des hommes d’affaires argentins impliqués dans le scandale de la ANDIS, l’agence nationale qui assiste les handicapés et sur laquelle existe une enquête vieille de plusieurs mois sur des factures de médicaments aux montants astronomiques, avec des écarts correspondant à des montants qui ont comme par hasard atterri sur les comptes en banque de certains proches du président Milei. Je ne sais pas vous mais moi, je trouve ça un brin curieux !

Sans foi ni loi, sans honneur ni courage, à l’instar de leur père, les deux frères Bolsonaro ont donc abandonné celui-ci derrière eux, alors qu’il est condamné à de longues années de prison et qu’il pourrait, à son âge, ne jamais retrouver la liberté, même si personne ne peut le plaindre dans la mesure où il vit aujourd’hui dans des conditions confortables et même luxueuses, puisqu’il purge sa peine en assignation à résidence chez lui, une mesure dont Lula, pourtant plus âgé, n’avait pas bénéficié.

"Bolsonaro a fui aux Etats-Unis après
que la Cour lui a interdit de quitter le Brésil",
dit le gros titre
tandis que la photo principale est réservée
aux élections ratées en Israël, qui se retrouve
sans majorité de gouvernement
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En revendiquant son forfait haut et fort, l’Argentine vient donc officiellement de basculer sans vergogne dans la catégorie des États voyous, aux côtés des États-Unis qui y sont déjà tombés il y a plusieurs mois et qui pourraient peut-être en sortir la semaine prochaine, si les électeurs se déplacent en masse aux urnes et s’ils choisissent les bons candidats dans les cinquante États où se tiennent les élections de mi-mandat.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12, mis à jour en ligne après que le ministère a revendiqué sa participation à l’organisation de la fuite du leader de l’extrême-droite brésilienne
lire l’article de Página/12 sur la participation de l’Argentine à cette fuite obscène
lire l’éditorial de Página/12 sur cette fuite qui, en décapitant l’opposition d’extrême-droite et en la couvrant d’opprobre, pourrait bien jouer en faveur de Lula puisque celui-ci pourra facilement démontrer qu’en son temps, poursuivi, à tort, dans le procès Lava Jato, il a fait face à la justice de son pays et ne s’est dérobé ni à son procès ni même à la peine de prison alors qu’il est désormais établi qu’il était innocent et qu’il avait déjà connu la prison dans sa jeunesse, quand il luttait contre la dictature militaire
lire l’article de Clarín (dont la Une montre que la rédaction a bouclé son édition papier juste après la communication du ministère)

lundi 26 octobre 2026

La victoire de Lula vue par la presse argentine [Actu]

"Grand succès de Lula", dit le gros titre
sur fond de couleur rouge, celle symbolisant
le vote Lula.
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Miguel Rep aujourd'hui dans Página/12
Le dessinateur reprend une vignette qu'il avait composé au lendemain du premier tour
"Le mantra s'est réalisé"
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Trump et Milei en sont pour leurs frais, Musk aussi et pas mal de dirigeants d’extrême-droite qui, jusqu’à la clôture du scrutin hier soir, ont rêvé qu’ils allaient voir le fils Bolsonaro arriver au pouvoir et, dans la foulée, libérer son papa, actuellement en prison à domicile pour la tentative de coup d’État du 8 janvier 2023. Ils ont tout fait pour et la forte participation (plus de 80 %) les a mis échec et mat.

"Les sept vies de Lula", dit le gros titre
En dessous, avec la photo du pape :
le choix des chanteurs qui se produiront
lors du voyage apostolique du Saint Père en Argentine
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"Lula a renversé l'élection et il sera président
pour la quatrième fois", dit le gros titre
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Un bon signe, espérons-le, pour le 3 novembre (1), d’autant qu’en Serbie aussi, après la défaite d’Orban en Hongrie, c’est la jeune génération et, dans son sillage, une grosse majorité de la population qui viennent d’affirmer à leur tour leur attachement à l’État de droit en délogeant du pouvoir Alexandar Vucic, un conservateur autoritaire qui bénéficiait (si l’on peut parler ainsi) du soutien d’un certain Donald Trump.

"Remontée inédite de Lula : il a vaincu Bolsonaro
et obtenu un quatrième mandat", dit le gros titre
En haut, à gauche : le siège social de la Société des Eaux
qui s'apprête à augmenter ses tarifs en vue de sa privatisation
annoncée par Milei pour très bientôt
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Au Brésil, c’est la première fois que le vainqueur du 1er tour n’est pas élu au second et pourtant, les forces qui étaient ouvertement hostiles au second, Lula, n’ont pas ménagé leur peine pour appuyer le fiston de l’apprenti-putschiste. Au point que Milei qui vient de rentrer bredouille d’Espagne, n’a toujours pas reconnu, plus de 12 h après la proclamation des résultats, la victoire de Lula, tout comme l’adversaire de celui-ci, qui ose contester le scrutin et cherche même à le faire annuler. Au regard de la différence de voix entre les deux candidats (51,79 ou 51,78 % contre 48,21 ou 48,22, selon le stade de dépouillement), si la justice brésilienne reste elle aussi attachée à l’État de droit comme elle semble l’être, au moins depuis quatre ans, ces recours de mauvaise foi devraient rester lettres mortes.

"Réélu : la remontée de Lula le mène
à son quatrième mandat au Brésil", dit le gros titre
de El País, le journal de Montevideo,
dont la lecture des articles en ligne
est désormais réservée à ses abonnés
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Malheureusement, c’est un mandat très difficile qui s’annonce pour le président brésilien qui n’aura pas de majorité au parlement, où de très nombreux bolsonaristes ont été élus au début du mois.

La vignette de Une de Página/12 hier
Milei : Si Bolsonaro gagne, ce sera grâce à moi
L'autre : Mais vous n'êtes pas allé au Brésil entre les deux tours
Milei : Ben, justement
Traduction © Denise Anne Clavilier

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Clarín sur la victoire de Lula (le reste du journal s’intéresse surtout aux réactions hostiles du marché : ce matin, les bourses ont chuté tant au Brésil qu’en Argentine)
lire l’article principal de La Nación sur les aspects politiques de l’événement (le journal consacre des articles aux conséquences économiques sur les marchés)
lire l’article de La Nación sur le choix de Milei de conserver le silence, à l’encontre de toutes les règles de diplomatie et de bon voisinage




(1) Aux États-Unis, le taux de participation aux élections de mi-mandat, qui ont commencé depuis quelques jours et qui s’achèveront le 3 novembre au soir, est déjà exceptionnellement élevé pur ce stade de la procédure, ce qui laisse entendre que les citoyens attachés aux traditions constitutionnelles et politiques du pays se mobilisent en grand nombre. Les dernières turpitudes de Trump et de sa famille, le choix catastrophique de la dernière porte-parole qui a duré 5 jours dans son poste à la Maison-Blanche, la trahison de l’Ukraine au profit de Poutine, l’éloge obscène que Witcoff a adressé dernièrement au dictateur russe et les révélations journalistiques sur la corruption de Monsieur Gendre, semblent avoir révolté les électeurs, y compris dans le camp des Républicains même MAGA.

samedi 24 octobre 2026

Litto Nebbia recevra lundi le Prix Tagini pour son travail discographique [à l’affiche]

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Lundi 26 octobre 2026 à 18h, au Palacio Carlos Gardel, siège de la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, 1er étage, le compositeur, chanteur et producteur discographique Litto Nebbia recevra le prix Tagini en récompense pour toute son œuvre, tant sa propre discographique (de taille gigantesque) que son travail à la tête du label Melopea Discos, la maison de disque qu’il a lui-même fondée pour être son propre patron.

Litto Nebbia est un artiste qui chante et joue dans tous les genres musicaux, avec un avantage au rock nacional dont il est le premier pionner. C’est lui qui a lancé le rock en langue espagnole. Sa maison de disques a accueilli quant à elle une quantité astronomique d’artistes de tango, notamment dans le domaine du répertoire classique dans des arrangements et des interprétations renouvelées, modernisées, bref un tango d’aujourd’hui sans être pour autant un tango revendiqué underground… Un catalogue dont vous trouverez un petit aperçu dans le disque qui accompagne l’anthologie que j’ai publiée aux Éditions du Jasmin en 2010, avec un partenariat que j’ai monté directement avec Litto Nebbia, qui a choisi lui-même titres et interprètes dans le catalogue de sa maison de disques : Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins.

Comme lors de tous les Plenarios de l’institution, le récipiendaire sera accompagné par d’autres artistes, eux-mêmes membres de l’académie. En l’occurrence, ses partenaires Walter Ríos y Mariel Dupetit.

Entrée libre et gratuite.

Eu égard à la forte personnalité et la notoriété écrasante de Litto Nebbia, il est conseillé d’arriver tôt sur place. Le salon où se déroulent ces soirées publiques, el Salón de los Angelitos-Horacio Ferrer, est tout petit pour accueillir un personnage artistique de cette taille.

© Denise Anne Clavilier