lundi 6 août 2018

Le Plenario du Festival [à l'affiche]


Ce soir, lundi 6 août 2018, à 19h30, la Academia Nacional del Tango ouvre ses portes pour une conférence légère où le bandonéoniste, compositeur et chef d'orchestre Osvaldo Piro racontera ses souvenirs avec Alfredo Gobbi et Aníbal Troilo, qui l'ont formé.

Osvaldo Piro sera avec son ex-femme, la chanteuse Susana Rinaldi, l'une des vedettes de la programmation du prochain Festival de Tango de la Ville Autonome de Buenos Aires, qui s'ouvre jeudi prochain (1).

La soirée, au Palacio Carlos Gardel, est d'accès libre et gratuit (le festival aussi d'ailleurs).



(1) Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne serai pas en mesure de publier quoi que ce soit le 9 août, ni en ce qui concerne l'ouverture du festival de tango (dont toutes les places sont certainement déjà épuisées) ni en ce qui concerne le vote de la loi dépénalisant l'avortement au Sénat, qui semble disposé à faire échouer ce projet de loi (ce qui n'est peut-être pas pour déplaire au Président, qui semblerait avoir fait le pari d'emblée de cet échec).

dimanche 5 août 2018

Les églises chrétiennes investissent la 9 de Julio [Actu]

Clarín consacre le gros titre à des déclarations faites en justice
par un acteur des dessous-de-table empochés par des ministres kirchneristes
mais la photo est pour la manifestation
et vous voyez qu'il y avait du monde !
Ce qu'on voit au centre, ce n'est pas un drapeau argentin, c'est le toit des abri-bus
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Hier, les églises chrétiennes, catholique et évangéliques, avaient appelé à manifester contre le projet de dépénalisation de l'avortement qui fera l'objet d'un vote au Sénat le 8 août prochain (1), après des débats houleux qui ont fait changer d'opinion un bon nombre d'élus.

Si la Chambre a voté à une honorable majorité il y a quelques semaines en faveur de cette modification du code pénal, le résultat au Sénat reste très incertain.

Remarquez en bas à gauche le petit article sur l'histoire de la franc-maçonnerie !
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Depuis que le projet de loi est sur le bureau de la chambre haute, les anti-avortement n'ont cessé de faire entendre leurs voix, avec parfois des arguments musclés et surtout un recours abusif à l'émotivité, comme ces baudruches en forme de fœtus qu'ils trimbalent un peu partout et des écrits sentimentalistes sur le sort d'un fœtus avorté. Exactement le même genre de lutte par la violence symbolique qu'on a connue en France au moment du débat sur la loi Veil. De grands rassemblements priants ont aussi eu lieu, notamment sur le parvis de la basilique nationale de Luján.

La Nación met aussi l'accent sur les affaires de corruption
et consacre sa photo du bas à la manifestation
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Mais on avait rarement vu autant de monde envahir ainsi la grande Avenue du 9 de Julio par des mouvements classés comme conservateurs. La célèbre avenue a bien davantage l'habitude des défilés des progressistes (syndicats et partis de gauche).

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, dont le ton aigre et méprisant, que je trouve très déplaisant pour un journal qui prétend défendre la démocratie et le pluralismes (ces journalistes se montrent incapables de rapporter objectivement les choses dès qu'il s'agit d'idées qu'ils ne partagent pas et font preuve en outre d'une invraisemblable inculture en matière d'histoire du christianisme - ils ne sont pas les seuls,  je vous le concède)
lire l'article de La Prensa, qui insiste sur la part prise dans l'organisation par les églises évangéliques (peut-être pour universaliser l'appel du magistère catholique à voter contre le projet de loi, un appel que le quotidien soutient tous les jours dans son édition imprimée et sur son site Web)



(1) Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne serai sans doute pas en mesure de publier quoi que ce soit les 8 et 9 août prochain. Donc pas de une de journaux sur le résultat, quel qu'il soit.

samedi 4 août 2018

Nouvelle identification pour Abuelas [Actu]


Hier, l'association Abuelas de Plaza de Mayo a présenté le 128e petit-enfant identifié et retrouvé. L'homme de quarante-deux ans avait été enlevé par des sbires de la dictature militaire lorsqu'il avait cinq mois. Sa mère, militante d'un mouvement révolutionnaire et guérillero, reste disparue. La famille vivait à Tucumán.

L'aîné de la fratrie, qui avait été enlevé à l'âge de six ans, avait réussi à fuir sa famille soi-disant adoptive, une première fois en vain, en se rendant à la gare des bus où il savait que son oncle travaillait. Mais la seconde fois fut la bonne : il était arrivé à l'hôpital où son père et son oncle, accompagné du cadet, qui n'avait que deux ans, avaient pu aller le récupérer et prouver le lien de famille.

C'est la deuxième fois qu'on retrouve une personne de Tucumán.

Seuls Página/12 et Clarín évoquent l'événement, dans une actualité dominée par les révélations sur le système de corruption kirchneriste.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur la conférence de presse de Abuelas
lire l'article de Página/12 sur l'aventure du frère aîné

vendredi 3 août 2018

Le CAFF propose un festival de tango alternatif [à l'affiche]

La nouvelle famille du tango, dans la salle du CAFF

Alors que le Festival officiel du Tango de la Ville de Buenos Aires, accompagné du concours de danse surnommé el Mundial, se prépare (il aura lieu du 9 au 22 août dans les lieux désormais habituels, soit un créneau du calendrier très avancé par rapport aux années précédentes), le CAFF propose à partir d'aujourd'hui et jusqu'à la fin du mois un autre festival, avec une grande diversité de propositions (milongas, conférences, salon du livre, concerts, spectacles de poésie et de théâtre, exposition), dans sa salle de la rue Sánchez de Bustamante, à quelques centaines de mètres au nord du célèbre centre commercial de l'Abasto.


Une soixantaine d'artistes solistes et de groupes se succéderont.

Ce festival est autogéré par les artistes, comme le CAFF fonctionne en coopérative.


Le programme est à découvrir sur la page Facebook de la manifestation.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, qui en fait la une de son supplément culturel quotidien

Tragédie à Moreno et indifférence gouvernementale [Actu]


Hier matin, à l'heure du petit-déjeuner que les écoles publiques offrent aux enfants les plus démunis, une bonbonne de gaz de la cuisine a explosé dans une école de Moreno, dans la Province de Buenos Aires. L'explosion a fait deux morts, l'un des gardiens du bâtiment et la sous-directrice, une enseignante entièrement dévouée à son métier, disent aujourd'hui ses collègues et ceux qui l'ont connue.

Il est fort instructif de regarder les unes des journaux nationaux et de constater l'absence de réaction de la part du gouvernement fédéral, que cela ne semble pas concerner : le président et la gouverneure présidaient aujourd'hui une manifestation officielle d'ordre social (nouvelles dispositions pour les retraités avec l'argent de la Sécurité sociale) et ils n'ont même pas rendu hommage aux deux victimes, parler du risque encouru par les enfants, de la peur rétrospective des parents d'élèves, du traumatisme du corps enseignant de l'Etat devant une telle tragédie. Pas un mot, pas une minute de silence, mais des mines réjouies et une claque dans le public pour les applaudir.

La Prensa titre (en bas) : la corruption tue, chapitre mille
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Quant au ministère de l'Education de la province, il a mis en place une commission d'enquête et on pointe déjà des coupables : des gens qui auraient mal fait leur travail parce qu'ils étaient corrompus.

Tous les journaux rappellent que les habitants avaient déjà dénoncé les risques de l'installation, qui a explosé lorsque la sous-directrice a allumé la lumière dans la salle du petit-déjeuner, quelques secondes avant que les premiers enfants n'y entrent.

Clarín a mis deux photos sur sa une.
La plus grosse est consacrée à un chauffeur des Kirchner passé aux aveux
la seconde, toute petite, reprend les faits de Moreno, avec le corps du gardien
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Dans la même journée, les nouvelles désastreuses s'accumulent :
  • la chute de 8,1% de la production industrielle du pays, le pire chiffre depuis la crise de Noël 2001 où l'Argentine avait fait faillite (les chiffres viennent de l'INDEC, l'institut officiel des statistiques)
  • un accident sur la voie publique à Puerto Madero, le quartier le plus huppé et le plus cher de Buenos Aires, où une grue mal arrimée est tombée en causant la mort d'un chiffonnier
  • l'état de services de santé, très impactés par la politique de rigueur qui met en danger la continuité des soins en dialyse pour les insuffisants rénaux dans tout le pays.

La Nación met tout sur le chauffeur qui a déposé
sous le tout nouveau statut de repenti en matière de corruption
En dessous, c'est de la pub !
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Depuis quelques jours, la presse concentre son travail politique sur de nouvelles déclarations fracassantes qui mettent en cause la corruption des Kirchner, mari et femme (seule Cristina aura a rendre des comptes à la justice puisque Néstor est mort en 2010).

Pour en savoir plus :
sur l'accident de Moreno
lire l'article de Página/12 de l'édition imprimée
lire l'article de Página/12 sur le discours du président, un peu trop léger aux yeux de ce quotidien de l'opposition
lire l'article de La Prensa, qui voit dans l'accident le fruit de la corruption (alors même que l'enquête judiciaire ne fait que commencer et que la présente majorité est aux affaires, dans la province comme au niveau fédéral, depuis plus de deux ans et demi)
lire l'article de La Nación qui aborde le problème par le biais de la grève déclenchée par un syndicat enseignant qui manifeste ainsi sa colère devant les moyens misérables qui sont accordés aux écoles pour faire face au fléau social qu'est la faim dans les classes défavorisées (La Nación est le seul quotidien qui ne met rien de l'accident à sa une de ce jour)
lire l'article de Clarín, qui met comme La Nación l'accent sur la réaction syndicale à l'occasion des obsèques de la sous-directrice qui se sont tenus aujourd'hui
sur l'activité industrielle
sur la situation des centres de santé
lire l'article de Página/12

Ajouts du 5 août 2018 :
lire cet article de Página/12 : le quotidien a fait son enquête sur l'enchaînement des décisions ou des inerties qui a mené à l'accident fatal et met personnellement en cause la gouverneure de la province et son ministre de l'éducation
lire cet article de Clarín qui dénonce d'apparents retraits de documents dans les archives du conseil scolaire, l'administration en charge des bâtiments scolaires de Moreno

Ajout du 7 août 2018 :
les inspections de sécurité dans la province ont détecté des problèmes de gaz dans huit écoles primaires sur 10 (soit une trentaine d'établissements) dans une ville proche de Luján (General Rodríguez). A ce propos, lire l'article de Página/12 qui fait sa une d'aujourd'hui sur les suites de la tragédie.

Ajout du 8 août 2018 :
les manifestations d'hommage aux deux victimes et de protestation devant l'abandon par l'Etat des écoles publiques dans les quartiers défavorisés continuent. Il ne se passe pas un jour sans qu'il y ait au moins un rassemblement. Lire cet article de Página/12 sur celui qui s'est tenu hier devant le siège du ministère de l'Education nationale à Buenos Aires.

samedi 28 juillet 2018

Ce soir, Cucuza chante au Galpón B [à l'affiche]

Comme souvent, Cucuza a fait faire un photo-montage
pour mettre en vedette une grande chanteuse du temps jadis
Tita Merello, la chanteuse faubourienne par excellence

Ce soir, samedi 28 juillet 2018, à 21h30, le chanteur Cucuza Castiello se produira avec ses accompagnateurs attitrés au Galpón B, rue Cochabamba, dans le quartier de San Cristóbal.

Nombreux invités annoncés !

vendredi 27 juillet 2018

Musique de Santiago del Estero au Galpón B ce soir [à l'affiche]


La Pesada Santiagueña, un groupe de folklore du nord-ouest qui a choisi un nom qui sonne plutôt rock, arrive ce soir à Buenos Aires pour quelques jours dans la capitale fédérale et sa banlieue populaire.

"Prépare-toi, Capitale fédérale ! Prépare-toi, Morón !! L.P.S arrive avec tout ce qu'il faut,
elle apporte une tonne de chacareras, pour chanter notre amour pour la Pacha[mama]
et pour notre peuple"
Cette annonce fanfaronne au second degré sur la page Facebook du groupe
La Pachamama est la terre divinisée héritée des ethnies précolombiennes
encore très présentes dans le nord-ouest argentin

La province de Santiago est l'une des plus anciennes d'Argentine et l'une des plus défavorisées, des plus oubliées dans tous les circuits (politiques, économiques, touristiques).

Week-end bien occupé pour les artistes

Zamba et chacarera contemporaines ce soir au Galpón B, rue Cochabamba 2536, ce soir, vendredi 27 juillet 2018, à 21h30. Demain, ils seront à Morón, dans la petite ceinture, et ils reviendront dans la capitale dimanche.

A découvrir !

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook du groupe.

Parfum bruxellois ce soir au CAFF [à l'affiche]


Ce soir, vendredi 27 juillet 2018, à 21h, le CAFF, Sánchez de Bustamante 772, accueillera le groupe Sónico, un quintette international créé à Bruxelles en 2015 et installé dans la capitale belge.

Place : 250 $ ARG au guichet de la salle ce soir.

Sónico est animé par deux musiciens argentins, un guitariste, Camilo Córdoba, et un contrebassiste, Ariel Eberstein, accompagnés par une pianiste belge, Anke Steenbeke, un violinniste des Etats-Unis, Stephen Meyer, et un bandonéoniste français, Lysandre Donoso.

Le groupe dans une rue du centre-ville de Buenos Aires
sur le trottoir dallé et à côté d'un kiosque à journaux fermé
(ça ressemble à Monserrat ou Constitución, à première vue)
Photo Maxi Failla

Le groupe vient de sortir son premier disque, un hommage à un bandonéoniste argentin d'avant-garde auquel la personnalité de Piazzolla a fait beaucoup d'ombre : Eduardo Rovira. Ce disque fait l'objet d'une présentation en Argentine et d'une belle tournée dans le pays, soutenue par les entités fédérées belges, Wallonie-Bruxelles d'une part et Flanders d'autre part, comme on le voit dans la photo de présentation pour laquelle ils ont posé dans la capitale du Brabant.

Le groupe a son propre site où il est possible de le découvrir.

Pour en savoir plus :

L'opposition dans la rue hier à Buenos Aires [Actu]

"Ils veulent imposer la peur", dit le gros titre

Hier, à l'appel de plusieurs organisations, l'opposition a manifesté dans la rue, devant le ministère de la Défense, à Buenos Aires, contre les changements de mission des forces armées qui devraient, dans un avenir très proche, apporter leur appui aux forces du maintien de l'ordre.

Malgré les images qui évoquent une mobilisation massive, il est fort possible que la manifestation n'ait pas été un grand succès : seul Página/12 en parle. Or les titres de la presse de droite nous ont habitués maintenant à ne plus pratiquer la politique de l'autruche : La Nación, Clarín et La Prensa évoquent les grands rassemblements, même lorsqu'ils ne correspondent pas à leur préférence politique.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, qui en consacre plusieurs à ce sujet.

jeudi 26 juillet 2018

Festival militant au pied du mausolée de Manuel Belgrano [à l'affiche]


Ce samedi 28 juillet 2018, à partir de 14h, un collectif de musiciens, conduit par le groupe Cuirassier Potemkine (tout un programme) et convoqué par le syndicat de la presse, invite le public à un festival de musique en plein air, à l'angle de la rue Defensa et de l'avenue Belgrano, pour soutenir les journalistes de l'agence Télam, qui vient de procéder au licenciement, précipité au regard de la justice, de près de la moitié de ses effectifs.

Le murguero Ariel Prat, le tanguero underground Tape Rubín et le groupe Me darás mil hijos sont annoncés.

Le lieu est plus que symbolique.

A cet angle, se trouve le parvis de la basilique du Rosario (Notre-Dame du Rosaire, le couvent des dominicains). Et au milieu du parvis, se dresse le mausolée du général Manuel Belgrano, l'introducteur dans la future argentine de la presse périodique, dans les années qui ont immédiatement précédé la Révolution de Mai 1810 dont Belgrano fut l'un des animateurs et qui conduisit le pays à son indépendance, en 1816.

La manifestation n'aura pas lieu en cas de pluie.

Pour en savoir plus :
lire cet article de Página/12

Ajout du 28 juillet 2018 :
la manifestation a été annulée pour raison météorologique, comme l'annonce cet entrefilet de Página/12. Elle est reportée à une date ultérieure.

Ajout du 5 août 2018 :
lire cet article de Página/12 sur la manifestation qui s'est finalement tenue hier

Luis Longhi ressuscite un autre grand du tango : Discépolo [à l'affiche]

L'équipe du spectacle

Tous les dimanche à 18h, Luis Longhi, compositeur, auteur et comédien, rend hommage à Enrique Santos Discépolo, dans un spectacle d'une heure, intitulé Discépolo, un grotesco musical, au Teatro La Comedia, Rodríguez Peña 1062. L'auteur-compositeur auquel on doit des chefs-d'œuvre du répertoire tanguero comme Cambalache, Cafetín de Buenos Aires, Victoria ou Uno, y est représenté dans une loge de théâtre (il fut comédien et acteur de cinéma), au soir de sa mort et il évoque avec son assistant les temps forts de sa vie.

Il s'agit d'une reprise d'un spectacle lancé à l'automne.

Prix des places : 300 $ ARG (tarif normal)
Les retraités et les étudiants ont droit à un tarif réduit (200 $).

Ce matin, La Prensa publie une assez longue interview de Luis Longhi, une interview qu'on aurait plus volontiers attendue dans les colonnes de Página/12, étant donné que Discépolo représente la gauche la plus radicale (d'abord anarchiste, il vire péroniste dans les dix dernières années de sa courte vie).

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook de la salle de spectacle.

Macri s'attaque à un tabou démocratique [Actu]

Une du 24 juillet 2018

Lundi, comme il en avait déjà agité l'idée il y a plusieurs mois, Mauricio Macri a annoncé un redéploiement important des forces armées sur le territoire national et une modification de leurs missions qui s'étendront désormais à l'appui aux forces de police contre le trafic de drogue.

Une du 24 juillet - le gros titre porte sur l'information
la photo sur un autre sujet
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Or c'est un vrai tabou de la démocratie que les militaires ne doivent avoir aucune activité de police, un métier pour lequel ils ne sont ni formés ni entraînés. Et puis la dernière fois que l'armée s'est mêlée de faire régner l'ordre dans le pays, c'était sous un régime de dictature de bien triste mémoire.

La Nación a traité l'info en titre secondaire (à droite)
Une du 24 juillet
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Pourquoi le président s'acharne-t-il ainsi à piétiner les tabous de son opposition au moment où il prétend demander l'adhésion de tous les Argentins au plan de sauvetage économique du pays, qui s'est endetté à nouveau auprès du FMI, qui lui dicte désormais sa conduite ? Bien entendu, l'opposition voit dans cet entêtement un tropisme vers la dictature militariste ou du moins une nostalgie de cette époque. Peut-être s'agit-il simplement de redéployer les moyens humains alors que la situation du pays interdit de procéder à de nouveaux recrutements dans le service public tous métiers confondus. Cependant le discours est tout autre : il est question de combattre le terrorisme international, qui, certes, se finance avec le trafic de stupéfiants mais de là à ce que le gouvernement se la joue à l'européenne !!! Il est vrai que c'est l'un des grands fantasmes de la droite argentine que le pays appartienne à l'Europe et lui ressemble comme deux gouttes d'eau.

Une du 24 juillet
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Toute la presse a mis l'information à sa une mardi matin.
Puis hier et aujourd'hui, les journaux ont continué à traiter de l'affaire et des réactions de l'opposition, qui fourbit ses armes au Congrès et prépare une grosse manifestation de rue.

Pour aller plus loin :
lire l'article de La Nación sur l'opposition au Congrès
lire l'éditorial de Clarín du 25 juillet sur les vieux fantasmes que le président réveille
lire l'article de Página/12 sur la stratégie parlementaire de l'opposition
lire l'article de La Nación sur l'appel à la manifestation lancée par Estela de Carlotto, la présidente de Abuelas de Plaza de Mayo.

mardi 17 juillet 2018

Hors du gouvernement, point d'accord [Actu]

Photo authentique ou cliché photoshopé ?

Les 20 et 21 juillet, Christine Lagarde est attendue à Buenos Aires pour une réunion avec le gouvernement autour du prêt que le FMI vient d'accorder à l'Argentine sous des conditions draconiennes dont la presse a révélé une bonne partie la semaine dernière.

Elle avait récemment appelé l'ensemble de la nation argentine à adhérer à la politique de rigueur qui sera mise en place (c'est déjà fait) pour satisfaire aux exigences systématiquement destructrices du Fonds monétaire.

Elle vient de recevoir la réponse de la société civile argentine : non, c'est non. Hormis les membres du gouvernement et une partie de sa majorité, personne ne reconnaît la légitimité du prêt et du recours au FMI. Dans une lettre qui lui a été adressée, un collectif de partis d'opposition, de syndicats, d'organismes culturels, de personnalités analyse le caractère anticonstitutionnel de l'accord signé par le gouvernement puisque la charte fondamentale prévoit en son article 75, en son alinéa 4, qu'il appartient au Congrès d'« engager les emprunts sur le crédit de la Nation » (or le Congrès a demandé et n'a pas obtenu de pouvoir connaître les conditions du prêt avant sa signature - quant à en débattre !) et en son alinéa 7, que le Congrès « détermine le paiement de la dette intérieure et extérieure de la Nation ».
Voilà qui est dit !

La lettre rappelle que l'opposition politique forme la majorité parlementaire et que le président en fonction avait promis lors de sa campagne électorale qu'il ne ferait jamais appel au FMI (qui a une réputation épouvantable en Argentine et ailleurs aussi).

Página/12 en fait sa une et reproduit la lettre in extenso (toutefois, on observe que parmi les signatures individuelles, on en trouve beaucoup en double, sans que je puisse savoir si c'est un manque de rigueur du journal ou des organisateurs de la pétition ou une tactique grossière pour grossir artificiellement le poids de la missive).

Des autres quotidiens, La Nación est le seul journal qui parle de cette lettre ouverte à Christine Lagarde.

Pour aller plus loin :
lire l'analyse de Página/12 sur la signification de cette lettre qui fédère tant de signataires
lire l'article de La Nación

Ajout du 18 juillet 2018 :
lire cet article de Página/12 sur les personnalités qui rejoignent la pétition

lundi 16 juillet 2018

La deuxième étoile du gallinacé tricolore vue depuis le Río de la Plata [ici]

Peu de commentaires à faire. Il suffit souvent de regarder les unes. Et puis les Français n'ont aucune objectivité aujourd'hui !

Une du quotidien de Montevideo El Observador
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Pour aller plus loin :

En Argentine comme en Uruguay, les quotidiens consacrent plusieurs pages à l'analyse du tournoi, de la victoire française, de la performance croate et des prestations de leurs équipes nationales respectives.

Une du supplément foot de Página/12 (Argentine)
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Pour aller plus loin :

Plusieurs journaux s'attardent sur quelques Bleus qui ont particulièrement brillé tout au long de la compétition :
Kilian Mbappé (avec un rédacteur de Página/12 qui tombe, c'est un comble et c'est rès inquiétant parce que Miguel Rep a fait la même détestable erreur il y a quelques jours, dans le piège de l'extrême-droite xénophobe française en traitant le jeune homme d'"émigrant naturalisé", ce que Mbappé n'est pas puisqu'il est né en France - une lectrice le fait remarquer en commentaire),
Antoine Griezmann, dont la passion pour l'Uruguay flatte les Sud-Américains à peu près autant qu'elle les agacent en ce jour où la victoire n'est pas à eux,
et Didier Deschamps, qui est devenu hier soir le troisième footballeur à être champion du monde à la fois comme joueur et comme entraîneur.

Une de La Nación (Argentine)
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Pour aller plus loin :

Une de Clarín (Argentine)
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Pour aller plus loin :


Une de La Prensa (Argentine)
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Pour aller plus loin :

Une de El País (Uruguay)
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Pour aller plus loin :
lire l'article de El País sur la prestation de Griezmann
lors de la conférence de presse d'après-match

Une du supplément football de El País, Ovación (Uruguay)
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Ce soir, tango en Allemagne [à l'affiche]

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Ce soir, lundi 16 juillet 2018, la Academia Nacional del Tango reçoit son correspondant en Allemagne pour un tour d'horizon sur ce qu'il se passe outre-Rhin.

Le plenario se tiendra dans le Salón de los Angelitos, au 1er étage du Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo 833, à 19h30.

Entrée libre et gratuite, comme d'habitude.

samedi 14 juillet 2018

La justice condamne Télam à réintégrer les licenciés [Actu]

Nous sommes Télam, disent les grévistes, devant l'un des deux bâtiments de l'agence
Photo Minuto Uno

La justice du travail a tranché : le juge a jugé que l'agence de presse nationale Télam aurait dû présenter au ministère du Travail une procédure préventive de crise, qui comprend une conciliation obligatoire avec les représentants des salariés, avant de licencier 357 personnes, soit près de la moitié de son effectif. En effet, ce genre de restructuration massive est régi par une loi qui protège un peu (très peu, en comparaison avec le droit français) les salariés face à leur patron. En l'occurrence, les entreprises qui emploient de 400 à 1000 personnes, privées ou publiques, doivent soumettre au ministère leurs difficultés sociales, qu'elles soient d'origine économique ou technologiques, dès lors qu'il est prévu de se séparer de 10% ou plus de l'effectif salarié. Le ministère a alors l'obligation d'organiser et de modérer la conciliation entre l'entreprise et les représentants du personnel, ce qui s'est passé en début d'année avec Carrefour, qui réduit la voilure en Argentine comme ailleurs dans le monde.

L'arrêt du juge ne concerne nommément que les cinq salariés qui ont porté plainte contre Télam pour licenciement abusif et qui sont immédiatement réintégrés mais il peut s'appliquer à tous, du moment que les autres s'appuieront sur cette décision pour demander leur propre réintégration. Cette mesure est prise à titre conservatoire. Télam devrait donc suivre la procédure avant de relancer la restructuration, ce qui permettra aux syndicats de s'organiser et d'empêcher peut-être l'arbitraire qui a présidé au choix des licenciés, qui semblent avoir tous été des kirchneristes ou des sympathisants de l'opposition.

Depuis le 22 juin, date de l'annonce de cette opération de « dégraissage » à effet immédiat, Télam est en grève et les locaux sont occupés par le personnel.

Les syndicats estiment que les licenciements sont illégaux parce que l'entreprise n'a pas respecté les formes prévues par la loi (ce qui semble un fait reconnu par le juge en première instance) et parce qu'il s'agit de mesures discriminatoires, étant donné que les victimes du licenciement ont été choisies pour des raisons personnelles (le 22 juin, les autorités disaient que les personnes remerciées n'avaient pas le bon profil). On aurait donc mélangé des licenciements pour cause économique (rétablir la bonne taille de l'entreprise après une prétendue exagération du gouvernement précédent qui aurait trop fait grossir les services publics pour se gagner des voix électorales) et des licenciements pour insuffisance professionnelle (et ça fait vraiment beaucoup d'incapables sur 878 personnes).

Pour en savoir plus :
lire l'article de La Nación

Ajout du 15 juillet 2018 :
lire cet article de Página/12 sur les suites qu'un député de l'opposition entend donner à l'affaire devant l'ONU. L'élu considère en effet que le ministre Hernán Lombardi (qui a enfin daigné répondre à la convocation des parlementaires) et le PDG de Télam (dont il s'était fait accompagner) ont reconnu, mercredi, devant la commission de la Chambre basse, qu'ils avaient procédé à des licenciements politiques, qu'ils avaient viré des gens qu'ils jugeaient appartenir à l'opposition et suivre les mots d'ordre de deux syndicats, la GCT (traditionnellement péroniste depuis les années 40) et la CTA (sorte de SUD argentin)

Ajout du 17 juillet 2018 :
lire cet article de Página/12 sur le soutien apporté aux salariés licenciés de Télam par la très macriste et ultra-réactionnaire diva du petit écran, Mirtha Legrand, 90 printemps, 70 ans de carrière et des fourreaux à lamé à faire pâlir nos jeunes top-models photoshopés à mort !

Ajout du 27 juillet 2018 :
en appel, la réincorporation, prononcée à titre conservatoire en référé, a été refusée. Lire à ce sujet cet article de La Prensa.

Ajout du 8 août 2018 :
la justice a condamné la direction de Télam a une forte amende pour ne pas avoir obtempéré à l'injonction judiciaire de réintégration des salariés licenciés. C'est souvent le cas en Argentine : l'Etat se juge au-dessus des lois et il ne se plie pas aux décisions de justice, notamment à droite. Lire à ce propos cet article de Página/12.