dimanche 11 avril 2021

La situation s’emballe [Actu]

"Il faut prendre des mesures plus draconniennes",
dit le gros titre en citant Axel Kicillof
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En Argentine, le variant anglais et le brésilien (celui de Manaus) font des ravages. L’épidémie se répand à une vitesse plus grande que ce qui avait été envisagé. Les institutions sanitaires, mutuelles (elles possèdent leurs établissements hospitaliers), hôpitaux publics, médecins et personnels soignants tirent le signal d’alarme.

Le gros titre se comprend sans traduction
En bas, la photo d'un désastre : un incendie
spectaculaire a détruit une partie de la province de Chubut
dans les Andes patagoniennes
En haut, un article sur la contagion dans un bus
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Côté politique, le gouverneur de la province de Buenos Aires, Axel Kicillof, est d’avis de mettre en place un véritable confinement, mais cela voudrait dire fermer à nouveau les écoles, ce qui serait un nouveau drame pour de très nombreux enfants et adolescents, notamment dans le sud plus pauvre que le nord provincial.

En revanche, le chef de gouvernement de la Ville de Buenos Aires, le libéral Horacio Rodríguez Larreta, s’y refuse. Il en va de la santé économique de tous les secteurs dits non essentiels qui fonctionnent aujourd’hui avec jauge : cinémas, théâtres, musées, restaurants, bars et cafés, etc.

"Kicillof fait pression pour aggraver le confinement
et fermer les écoles", dit le gros titre
En haut, les incendies en province de Chubut
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Il semblerait que les transports en commun soient l’un des vecteurs essentiels de contagion malgré les masques. Hier plusieurs journaux ont mis à leur une des photos de quais de gare à l’heure de pointe, le matin, et c’est en effet impressionnant. Mis à part le couvre-feu et quelques interdictions difficiles à contrôler (dans les domiciles privés !), tout fonctionne encore presque normalement en Argentine depuis le début de l’été.

"La Province [de Buenos Aires] rassemble des alliés
pour aggraver les restrictions", dit le gros titre (en bleu pour une fois)
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Il est probable que le gouvernement national doive trancher dans les heures qui viennent pour préserver le système de santé, eu égard à la pénurie de vaccins là-bas comme ici (1).

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’éditorial très remonté du rédacteur en chef de La Prensa



(1) A ceci près que les Argentins n’ont pas de querelle Astra-Zeneca. Ce produit n’arrive pas jusqu’à eux. Ils se débrouillent avec des vaccins russes et chinois.

samedi 10 avril 2021

Bernardo Baraj : le disque de la conversion tanguera [à l’affiche]


Bernardo Baraj s’est fait connaître comme saxophoniste de jazz et de rock. Il a fait dans ce domaine une très belle carrière et comme beaucoup d’artistes de sa génération, il est passé maintenant au tango auquel il se sent attaché depuis toujours.

Il présentera son nouveau disque, consacré à ce genre, ce soir, samedi 10 avril 2021, à 20h30, dans un bar de Palermo, Borges 1975 (son nom est son adresse).

Entrée : 800 $ARG

Bernardo Baraj, qui chante et s’accompagne désormais au piano, sera accompagné par Juan Martínez, Felipe Traine et Inés Cometto.

Le tout avec des restrictions sanitaires strictes et sous couvre-feu. Extinction des lumières à 23h et tout le monde de retour à la maison à minuit.

© Denise Anne Clavilier


Bernardo Baraj a donné une interview à Página/12 qui la publie ce matin.

Mort du duc d’Édimbourg : quel traitement lui réserve la presse argentine ? [ici]

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Comme on pouvait l’imaginer, la mort du prince Philip écartèle la presse argentine dans deux directions : d’un côté, le défunt était sans aucun doute le représentant de ce pays considéré comme toujours impérialiste qui occupe les îles Malouines depuis 1833 et qui s’est distingué au cours des deux derniers siècles par une forme singulière d’arrogance aristocratique parfois teintée de xénophobie et de racisme que quelques unes des plus malheureuses réflexions publiques du duc avaient mise en lumière (1) ; de l’autre côté, sa disparition à un âge vénérable constitue un événement people qui permet d’exploiter de nombreux thèmes sentimentaux et romanesques, avec l’espoir de vendre un peu plus de papier que lors d’un samedi plus ordinaire.

C’est ainsi que si Página/12 se contente d’un article relativement objectif et très retenu (la rédaction ne pouvait pas faire l’impasse sur l’information mais visiblement, les journalistes se contre-moquent de ce qu’il s’est passé au château de Windsor hier matin).

En revanche, Clarin, La Prensa et La Nación tartinent largement sur le sujet et explorent sans scrupule la veine de la presse sentimentale. Certains de ces trois titres osent même broder sur des rumeurs de relations adultérines du prince en Argentine. Abondance de photos dans les trois.

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Sur leurs sites Internet, La Prensa propose 7 articles, Clarín en propose 14 et La Nación 6. C’est digne de ce qu’il se passe en Europe.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

Ajout du 11 avril 2021 :
lire cet article de Página/12, effaré par la marée d'expressions de deuil qui déferle sur la Grande-Bretagne (la rédaction rappelle un mot d'esprit typiquement britannique et qui tombe à plat chez les latins que nous sommes, qui le prenons au pied de la lettre)




(1) Et l’on constate depuis hier à travers les reportages, les documentaires et les témoignages que sa personnalité débordait pas mal cette image un peu simpliste que les médias lui avaient construite.

vendredi 9 avril 2021

Charles Baudelaire a les honneurs de la presse argentine aujourd’hui [ici]

Cela se traduit tout seul, non ?


Aujourd’hui, 9 avril 2021, il y a deux cents ans naissait le poète Charles Baudelaire.

Ce bicentenaire, qui passe presque inaperçu dans les médias français (et encore plus depuis qu’on a appris vers 13 h le décès du duc d’Édimbourg), est marqué par la presse argentine.

L’auteur des Fleurs du Mal fait même la une des pages culturelles de Página/12.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

Seuil d’imposition relevé en Argentine [Actu]


Le Sénat a voté hier l’abaissement du seuil d’imposition pour les salariés en Argentine. Désormais il faudra gagner plus de 150 000 pesos par an pour payer des impôts sur le revenu.

La photo représente une manifestation syndicale
juste avant la tombée de la nuit et le premier couvre-feu
sur Avenida 9 de Julio à Buenos Aires
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Mauricio Macri avait abaissé ce seuil, on revient donc à une situation précédente, ce qui va soulager beaucoup de gens alors que l’inflation broie le pouvoir d’achat de la classe moyenne.

Le gros titre porte sur le nombre de cas diagnostiqués hier
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La nouvelle loi fiscale est valide à titre rétroactif depuis le 1er janvier de cette année. Un certain nombre de contribuables va se voir rembourser par le ministère des Finances le trop perçu déjà acquitté.

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Les journaux ont tous mis l’information à la une mais seul Página/12 en fait la nouvelle principale du jour. Sur les autres titres, il faut de bons yeux. Je vous laisse chercher le terme Ganancias (revenus).

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

jeudi 8 avril 2021

Nouvelle interview en Argentine sur Manuel Belgrano [ici]


Demain, vendredi 9 avril 2021, à 14h, j’enregistre ma participation à une série d’interviews qui prolonge l’année du Général Manuel Belgrano qui a l’année dernière si fort souffert de la pandémie.

Le titre : El legado belgraniano en el mundo.

J’évoquerai les sources européennes de Manuel Belgrano, sachant que les Argentins tiennent en très haute estime l’économie physiocrate François Quesnay, qui était le médecin de la marquise de Pompadour et dont Manuel Belgrano a traduit en espagnol une synthèse de la pensée. Ce n’est pourtant pas ce sur quoi je me suis le plus penchée (pour nous, en Europe, ce n’est pas le plus intéressant dans la trajectoire de cet homme extraordinaire) et cette différence d’approche entre un auteur qui s’adresse au public argentin qui connaît bien le parcours du personnage et un autre qui s’adresse à un public européen qui ne connaît même pas son existence fera sans doute l’essentiel de notre entretien.

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L’enregistrement, en espagnol, se fera via Zoom. Plus tard, l’entretien fera l’objet d’une publication sur Youtube, ce dont je tiendrai au courant mes fidèles lecteurs, comme d’habitude.

© Denise Anne Clavilier

Pour cette raison, il est possible que je reporte de vingt-quatre heures mes publications sur l’actualité argentine de demain.

L’Argentine passe en couvre-feu sanitaire jusqu’au 30 avril [Actu]

"Nous devons nous protéger collectivement"


Hier, le nombre de cas détectés s’est élevé à 22 039 sur une population d’un peu plus de 44 millions d’habitants. L’énormité du chiffre a-t-elle calmé les esprits ? Toujours est-il que les exécutifs provinciaux élus sur le programme de Juntos por el cambio (opposition) acceptent de mettre en œuvre les mesures annoncées par le président hier en fin de journée, même si Patricia Bullrich, la toujours aussi gracieuse présidente du PRO, le parti majeur de Juntos, vocifère que les Argentins ne doivent pas obéir à ces mesures qu’elle juge aberrantes (ben voyons !)

Les journaux eux aussi semblent avoir retrouvé un ton plus conciliant et plus raisonnable : « C’était inévitable », titre La Prensa ce matin, tandis que Clarín et La Nación se contentent d’énoncer les principales mesures de façon objective et factuelle à la une.

Il est vrai aussi que certains pays voisins vivent l’enfer, à commencer par le Brésil. L’Uruguay ne va pas très bien non plus, alors qu’il faisait envie aux Argentins dans la première phase de la pandémie, avant les relâchements de l’été austral.

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Hier soir, le président a donc parlé à la télévision depuis le jardin de la résidence de Olivos, devant une caméra et sans technicien visible. Alberto Fernández est toujours à l’isolement puisqu’il a contracté le covid, malgré le vaccin. Il est toutefois asymptomatique depuis le surlendemain du diagnostic. Il n’en a pas moins tenu à envoyer ce signal de prudence en protégeant strictement l’équipe technique de TV Pública.

Extrait du discours de Alberto Fernández hier soir :

En estos meses queremos cuidar la salud, cuidar la recuperación económica y cuidar todo lo que sea posible la presencialidad en las escuelas.
Si priorizamos esto, es necesario que juntos llevemos adelante una serie de acciones para bajar la velocidad de la transmisión.
Cuanto más alta sea la transmisión y mayor sea la ocupación del sistema de salud, más medidas deberemos tomar.
Cuanto más nos cuidemos, más lograremos bajar la transmisión. Para ello es imprescindible respetar los dos metros de distancia, el correcto uso del barbijo, el lavado de manos frecuente y la ventilación adecuada.
Las próximas tres semanas son muy importantes. Ya hemos vacunado con al menos una dosis a más del 90% del personal de salud. Queremos terminar el mes de abril con la mayor cantidad posible de personas de más de 70 años vacunadas.
Decidimos tomar medidas específicas en función de lo que ya hemos aprendido acerca del comportamiento del virus y acerca de cuáles son las actividades de bajo y de alto riesgo para el contagio.
Por eso, hemos adoptado diversas medidas que regirán para todo el país y otras más específicas que alcanzaran a zonas con mediano y alto riesgo epidemiológico y sanitario.
Vamos a suspender para todo el país los viajes grupales de Egresados y Egresadas, de Estudio y de Grupos Turísticos.
En las zonas del país consideradas de mediano riesgo epidemiológico y sanitario es facultad y responsabilidad de gobernadores y gobernadoras adoptar en forma temprana medidas que disminuyan la circulación para prevenir los contagios. Ello es así, pues es del resorte exclusivo de las provincias el monitorear y hacer cumplir cualquier medida restrictiva de la circulación.


Durant ces mois-ci, nous voulons protéger la santé, protéger le rétablissement de l’économie et protéger dans toute la mesure du possible les cours en présentiel à l’école.
Si telle est notre priorité, il est nécessaire qu’ensemble nous mettions en œuvre une série de mesures pour faire baisser la rapidité avec laquelle le virus se transmet.
Plus la transmission et l’occupation du système de santé sont hautes, plus nous devons agir.
Plus nous parviendrons à faire baisser la transmission, plus nous nous protégerons. Pour cela, il est inévitable de respecter deux mètres de distance, le port correct du masque, le fréquent lavage des mains et la ventilation adéquate.
Les trois prochaines semaines sont très importantes. Pour l’heure, nous avons vacciné avec au moins une dose plus de 90 % des soignants (1). Nous voulons qu’à la fin du mois d’avril, le plus grand nombre de personnes de plus de 70 ans soient vaccinées.
Nous avons décidé de prendre des mesures spécifiques en fonction de ce que nous avons appris sur le comportement du virus et sur les activités qui entraînent un risque de contagion, [qu’il soit] bas ou élevé.
A cette fin, nous avons adopté diverses mesures qui s’appliqueront dans tout le pays et d’autres plus spécifiques qui toucheront les zones qui connaissent un risque épidémique et sanitaire modéré ou élevé.
Nous allons arrêter dans tout le pays les voyages collectifs de fin de cycle d’études (2), ceux d’étude et de tourisme.
Dans les zones du pais considérées comme à risque épidémique et sanitaire modéré, l’adoption précoce de mesures diminuant la circulation pour prévenir la contagion relève de la compétence et de la responsabilité des gouverneurs et des gouverneures. Il en va ainsi parce qu’il est du ressort exclusif des provinces de piloter et de faire respecter n’importe quelle mesure restrictive de circulation.
Traduction © Denise Anne Clavilier


Sous le gros titre, une photo de quelques dames
obligées de rebrousser chemin sans avoir été vaccinées
dans le stade qu'on aperçoit à l'arrière-plan : il se faisait
tard et il fallait préparer le terrain pour le match de foot de la soirée
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En las zonas del país donde hay mayor riesgo epidemiológico y sanitario, se tomarán además las siguientes medidas.
a. Se suspenden actividades sociales en domicilios particulares.
b. Se suspenden reuniones sociales en espacios públicos al aire libre de más de 20 personas.
c. Se suspenden actividades de Casino, Bingo, Discotecas o cualquier salón de fiestas.
d. Se suspende la práctica recreativa de cualquier deporte en lugares cerrados donde participen más de 10 personas.
e. Se establece el cierre de los bares y restaurantes a partir de las 23hs.
f. Se prohíbe la circulación entre las cero y las seis de la mañana de cada día. Según las jurisdicciones, las autoridades podrán solo ampliar estos horarios en función de las especificidades de cada lugar.


Dans les zones du pays où il existe un risque épidémique et sanitaire majeur, seront prises en outre les mesures suivantes :
a. Les activités sociales chez les particuliers, on arrête
b. Les réunions sociales de plus de 20 personnes dans des espaces publics à ciel ouvert, on arrête
c. Les activités de casino, de bingo, de discothèque ou autre espace de location pour les fêtes, on arrête
d. La pratique de n’importe quel sport de loisir dans des lieux fermés et avec plus de 10 participants, on arrête
e. La fermeture des bars et des restaurants est fixée à 23 h
f. Il est interdit de circuler entre minuit et 6 h du matin tous les jours. Dans les différentes juridictions, les pouvoirs publics (3) ne pourront qu’élargir ces horaires en fonction des singularités de chaque endroit.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Ces mesures sont donc plutôt légères : tous les commerces fonctionnent, y compris les bars et les restaurants, à l’exception des activités de la nuit et ces locaux qui accueillent les réceptions de mariage, de bar-mitzva et autres anniversaires des 15 ans des jeunes filles. Il y a des confinements pires que cela à la surface de la terre même si, sacrifice considérable en Amérique du Sud, le foot ne peut plus être pratiqué par les amateurs quel que soit leur âge. Heureusement, il reste les matchs professionnels. Quant aux théâtres et aux salles de spectacle, ils doivent réorganiser leurs horaires pour que les soirées finissent largement avant minuit : autre sacrifice considérable mais enfin, comme écrivait le général José de San Martín à son ami Tomás Guido, ça vaut mieux que d'y laisser sa peau (il faisait alors allusion au régime spartiate auquel il soumettait la population afin de consacrer toutes les forces disponibles à la guerre d'indépendance et éviter que les contrerévolutionnaires pendent tous leurs opposants haut et court).

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© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire le communiqué officiel de la Casa Rosada qui reprend l’intégralité de l’allocution télévisée sous forme de texte et de vidéo



(1) Ce groupe a été ultra-prioritaire, il est passé avant même les personnes âgées, pour que le système hospitalier et sanitaire puisse tenir. Et en dépit de difficultés matérielles énormes, il a tenu.

(2) C’est une grande tradition argentine : à la fin d’un cycle de formation, notamment à la fin de l’école secondaire, toute la classe fait un grand voyage dont la destination dépend du niveau de vie du groupe. En ce moment où s’annonce la saison hivernale, une des destinations préférées est la grande station de ski de San Carlos de Bariloche.
(3) Gouverneurs et maires.

mercredi 7 avril 2021

La seconde vague n’arrête pas les polémiques partisanes [Actu]

"Je ne sais pas de quoi il s'agit mais je m'y oppose"
dit le gros titre sur une photo du bureau de Juntos por el Cambio
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Des rumeurs rôdent dans la presse et les organisations politiques. On parle de couvre-feu pour réduire la circulation du virus puisqu’un confinement strict ne serait sans doute plus accepté par une population qui n’en peut plus et que même la peur de la contagion ne contraint plus à rester chez elle.

Des gouverneurs laissent entendre qu’ils n’appliqueraient pas les mesures restrictives des activités nocturnes.

"Un couvre-feu qui n'osera pas dire son nom",
affirme le gros titre en rouge
(en bas : "les acteurs âgés soutiennent le théâtre")
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La direction politique de l’alliance de droite, Juntos por el Cambio (ensemble pour le changement), qui continue de serrer les rangs autour de Mauricio Macri, malgré diverses tentations de lâchage depuis plus de 18 mois, a même fait savoir avant toute annonce du gouvernement qu’elle était contre les mesures en préparation. On n’est pas en campagne électorale pour rien, là-bas non plus ! Pourtant le gouvernement continue ses négociations avec les autorités provinciales pour mettre au point le nouveau dispositif de lutte contre l’épidémie tout en préservant autant que faire se peut l’enseignement et l’économie en attendant que la vaccination soit suffisamment étendue pour être efficace.

Infographie du ministère de la Santé hier
montrant l'extension de l'épidémie
A droite, un encart sur Buenos Aires et sa banlieue

Bien entendu et c’est de bonne guerre, en une, Página/12 se paye la tête de cette opposition qui crie avant d’avoir mal en s’opposant pour l’amour de l’art tandis que les autres quotidiens, hostiles au gouvernement national, s’efforcent de justifier cette attitude préventive en déployant des arguments souvent d’une mauvaise foi confondante, comme c’est le cas de tous les porte-voix d’opposition à peu près partout où le régime politique en place accepte leur existence.

"A cause d'un record de cas, le gouvernement
accélère sur des mesures dures et Buenos Aires s'y refuse"
affirme le gros titre au présent de l'indicatif
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En Argentine, la hargne de l’opposition est d’autant plus manifeste en ce moment que la justice vient de rendre la jouissance de ses biens commerciaux à Cristina Kirchner dans le cadre du procès de corruption qui lui est fait au sujet de l’hôtel qu’elle avait fait construire avec son mari dans un coin ultra-touristique de la province de Santa Cruz, où il était né et où il est enterré. L’hôtel aurait surtout servi à émettre des fausses factures pour blanchir de dessous-de-table. Dans cette affaire, le non-lieu n’a pas encore été prononcé mais cette étape semble y conduire. Il est donc difficile de mener une campagne électorale en s’appuyant sur une condamnation ou une aggravation des poursuites afin de déconsidérer l’ancienne présidente, sa famille et la ligne politique qu’elle représente. Dans ces conditions, il est logique que la droite fasse feu de tout bois pour tenter de démolir l’adversaire mais il serait préférable qu’elle fasse des propositions concrètes et réalistes.

"Fermeture nocturne et limitation des réunions
sociales, après un nouveau record de cas" affirme le gros titre
en évitant tout verbe à conjuguer au présent, au futur ou au conditionnel
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© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :