jeudi 15 octobre 2020

Les 75 ans du 17 octobre se préparent [Coutumes]

Dans l'arc de cercle bleu et blanc : "C'est l'anniversaire de Perón"
En bas, sous la photo historique de Plaza de Mayo :
"Un jour péroniste"

Après-demain samedi, il y aura soixante-quinze ans que les Portègnes ont envahi Plaza de Mayo pour exiger le retour au gouvernement de Juan Domingo Perón, qui s’était rendu très populaire comme secrétaire d’État au Travail et venait d’être écarté du pouvoir (1) par une petite camarilla d’officiers de droite au sein d’un groupe de militaires qui s’étaient installés par la force à la tête de l’Argentine en 1943 pour éviter à celle-ci d’entrer dans la seconde guerre mondiale et résister à la pression des États-Unis. C’était le printemps et il faisait déjà sérieusement chaud. Certains manifestants décidèrent de faire trempette dans le bassin qui embellissait la place et cette image des gens assis sur le bord de la fontaine et les pieds nus dans l’eau (patas en la fuente) est restée comme un symbole de ce mouvement de loyauté envers Perón (d’où le nom de ce 17 octobre : Día de la Lealtad). Une grande fête pour tous ceux qui se réclament de Perón, ce qui est le cas des actuels gouvernants. Ce 17 octobre 1945 est considéré comme le jour où le péronisme est né. Ce jour-là, Perón comprit qu’il pourrait se présenter à l’élection présidentielle et pour se préparer, il épousa quelques jours plus tard celle qui n’était jusque là que sa maîtresse, Evita Duarte (2).

Épidémie oblige, cette année, les célébrations se tiendront en ligne. Un site Internet a donc été créé pour l’occasion et il a déjà reçu un nombre record de visites anticipées. De nombreux sympathisants et militants dotés du sens de l’humour ont organisé ou vont le faire la scène des pieds dans l’eau chez eux devant leur webcam…

Humour péroniste "façon maison"


En réaction aux manifestations très agressives de la droite qui ont eu lieu un peu partout dans le pays le 12 octobre, un leader syndical appelle aussi à une manifestation en voiture pour ne pas abandonner la voie publique aux seuls militants de droite des banderazos (les grands rassemblements où l’on agite le drapeau, bandera, national). Ils ne semblent pas nombreux à vouloir le suivre. On verra donc ce qu’il en est samedi.

Toujours est-il que de façon un peu surprenante, tous les journaux, y compris les trois titres phares de toutes les droites argentines, parlent déjà aujourd’hui de cette fête très particulière de la Loyauté, particulière à cause de la contagion et à cause du récent retour des péronistes au pouvoir.

Página/12 en fait la une de son supplément hebdomadaire sur le monde universitaire.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 au sujet du site Internet de la fête



(1) Perón avait été arrêté la veille et envoyé manu militari au bagne militaire de l’île Martín García, située à la hauteur de Buenos Aires, confetti argentin au milieu des eaux territoriales uruguayennes. Devant la foule qui s’agglutinait devant Plaza de Mayo le 17, la junte du Mouvement des Officiers Unis l'envoya chercher et peu après minuit, libéré, il apparut au balcon de la Casa Rosada, autre photo symbolique d’un tournant historique pour le pays. N’importe qui qui, aujourd’hui, se montre à ce balcon s’inscrit dans cette histoire. La foule ne se dispersa qu’après avoir longuement acclamé son champion.
(2) A cette époque-là, la Constitution argentine, qui n’allait pas tarder à être rétablie, exigeait que le président soit catholique. Il était donc dans l’obligation de régulariser sa situation, sans quoi l’épiscopat aurait pu peser de tout leur poids (et il était considérable) contre sa candidature. Il se maria donc dans la cathédrale de La Plata, la capitale de la province de Buenos Aires.

L’inflation grimpe mais elle prend son temps [Actu]

Synthèse générale
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L’INDEC a publié hier les chiffres des prix à la consommation de septembre. Ils ont augmenté de 2,8 % par rapport au mois d’août (où le taux était de 2,7). On peut donc en conclure que l’inflation, malgré la crise économique et le ralentissement des activités à cause de la pandémie, est en voie de stabilisation.

Rappelons que pour l’année 2019, de janvier à décembre, elle s’était élevée à plus de 53 %.

En cumul depuis janvier, le taux actuel est donc de 22,3 % sur neuf mois. Il semblerait qu’il y ait donc un progrès et que plus personne ne contestant les chiffres de l’INDEC, ce progrès soit effectif. On ne peut pas imaginer que la presse d’opposition laisse si belle occasion de s’en prendre au gouvernement si ces chiffres étaient sensiblement faux. On est à 36,6 % d’augmentation par rapport à septembre 2019.

Tableau synthétique 2
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Comme le montrent les synthèses publiées par l’INDEC, c’est la rubrique habillement qui tire l’inflation vers le haut avec 5,8 % d’augmentation sur les vêtements et les chaussures, derrière lesquels viennent les boissons alcoolisées et le tabac (+4,3%). En revanche, l’éducation et les communications (téléphonie, Internet, télévision par câble et satellite) ont à peine bougé en septembre.

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :
lire le rapport intégral de l’INDEC (à consulter ou à télécharger en format pdf)

Les transports longue distance reprennent sur terre et dans les airs [Actu]

Les deux ministres pendant leur annonce à l'aéroport El Palomar

Le ministre des transports et celui de l’écologie ont annoncé hier à l’aéroport de El Palomar, d’où partent les vols privés et les vols low-cost de la province de Buenos Aires, que les activités du transport allaient pouvoir reprendre pour permettre aux Argentins de se déplacer de province en province pour raison professionnelle ou médicale.

Il n’est pas encore question de faire du tourisme à ce stade de l’épidémie.

Reprennent donc les vols nationaux, les lignes de car (qui se sont substituées depuis les années 1990 aux lignes de train fermées par le gouvernement de Carlos Menen, un contresens historique dont l’Argentine n’est toujours pas remise - des "cars Macron" en quelque sorte et en beaucoup plus luxueux et confortable) et le peu de trains qui circulent encore dans la province de Buenos Aires.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

Alberto Fernández rassemble sans se lasser [Actu]

"En visite", dit le gros titre de ce matin

Hier, depuis son bureau personnel de la résidence privée à Olivos, le président Alberto Fernández a ouvert le 56e colloque du patronat argentin, IDEA (idée), dans son effort pour rassembler ses concitoyens, de toutes les classes sociales, au-delà des différences politiques et idéologiques, soucieux qu’il est d’instaurer partout un dialogue pacifique, d’autant plus que cette capacité à échanger est indispensable dans la situation particulière créée par la crise économique (héritée du mandat de la droite libérale) et la crise sanitaire (intervenue quelques mois après la prise de fonction, le 10 décembre 2019).

Le président a profité de cette manifestation pour annoncer aux participants un certain nombre de décisions et les quelques principes qui guident sa politique économique. Il en a été bien mal récompensé puisque les patrons n’ont pas hésité à couvrir le mur de leur manifestation en ligne de propos désobligeants à son égard et que les quotidiens de droite en ont rajouté hier en ligne ou ce matin dans leur édition papier une couche de la même peinture, eux qui ne cessent d’accuser ce nouveau chef de l’État qui ne leur plaît pas de creuser, par son fanatisme (sic), le fossé entre les citoyens.

Une telle mauvaise foi laisse sans voix. Jugez-en vous-mêmes.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
lire l’éditorial de Página/12 (Mario Wainfeld attaque dès son titre avec une ironie mordante : ce patronat ne change pas d’idée et n’en a pas beaucoup)
lire le communiqué officiel de la Casa Rosada, qui propose le texte intégral du discours présidentiel.

mardi 13 octobre 2020

Mes prochaines conférences à Paris sous conditions [ici]


Toutes les propositions publiques
qui se préparent actuellement dépendent jusqu’au dernier moment de la situation sanitaire du pays et de la région ainsi que des décisions des pouvoirs publics. Notez donc sur votre agenda au crayon à papier et s’il le faut dans quelques jours, vous pourrez gommer.

Si la situation de Paris s’améliore d’ici un mois, je dois donner deux conférences au salon L’autre Livre, où je dédicacerai mes livres sur le stand des Éditions du Jasmin les 13, 14 et 15 novembre après-midi.

Le salon se tiendra dans la Halle des Blancs-Manteaux, un ancien et très beau marché couvert bâti sous Napoléon et situé 48 rue Vieille-du-Temple, Paris IV (M° Saint-Paul ou Hôtel de Ville). Le salon du livre se trouve au rez-de-chaussée et les conférences dans la salle Bodoni, au 1er étage en mezzanine.

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La première conférence, Belgrano, trois vies en une, se tiendra le samedi 14 novembre 2020 à 15h. J’ai déjà donné une causerie sous ce titre à l’Ambassade d’Argentine le 27 février mais ce ne sera pas la même puisque je ne répète jamais la même conférence. C’est l’un des avantages de ne pas préparer de powerpoint : on est libre de s’adapter au public et d’improviser ce que l'on dit si on maîtrise son sujet.

La seconde portera sur la tradition orale des contes animaliers que j’ai adaptée dans un recueil destiné à un public de lecteurs enfants et adultes francophones. Ce sera le lendemain, dimanche 15 novembre 2020, à 16h, dans la même salle, sous le titre Sous les animaux, l’histoire du peuple, puisque les contes choisis l’ont été parce qu’ils transmettent la mémoire que le peuple rural argentin conserve du passé, depuis la conquête espagnole jusqu’au vingtième siècle.

© Denise Anne Clavilier

Entrée libre et gratuite.
Masque et gestes barrière obligatoires, comme de bien entendu.

Deux conférences sur les poètes du tango par Solange Bazely [ici]

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Solange Bazely propose à travers Zoom deux conférences sur les poètes du tango, en commençant au tout début (Angel Villoldo) et en allant jusqu’aux grands classiques que sont Homero Manzi et Enrique Cadícamo, pour n’en citer que deux.

Chaque conférence sera donnée à deux dates différentes.

Il faut s’inscrire à l’avance.

Droit d’inscription : 5 €.

© Denise Anne Clavilier

Cucuza en direct et en famille vendredi sur YouTube [à l’affiche]



Le chanteur Cucuza Castiello, accompagné par son fils, le guitariste Mateo Castiello, donnera un récital vendredi 16 octobre 2020, à 22h, de chez lui, en direct sur Youtube.

Ce sera une avant-première du second disque qu’ils comptent enregistrer bientôt et qui pour l’heure n’a pas encore de titre défini.

Participation libre dans un « chapeau » en ligne. Chaque participant se verra offrir un tango inédit en remerciement.

L’affiche numérique que Cucuza a lancée par mail fait la preuve de son habituel sens de l’humour. Ce spectacle en temps de semi-confinement s’intitule Cucuza se hace el Vivo en Casa, ce qui pourrait se traduire par "Cucuza fait son numéro en direct à la maison". Il comporte un jeu de mot : vivo, c’est "le direct" mais hacerse el vivo, c’est "faire le malin", "faire son intéressant".

22h en Argentine, c’est très tard en France (2h du matin) mais la nuit n’arrête pas le tanguero, si ?

© Denise Anne Clavilier

Ma dernière interview par Nolo Correa est en ligne [à l’affiche]


Le 29 septembre dernier, j’ai enregistré depuis Paris une interview qui a été diffusée dimanche dernier en Argentine dans l’émission Hablando de Arte con Nolo Correa d’abord par la chaîne GenTv puis sur les ondes de Radio Hermes.

Il s’agissait de réflexion sur le tango et l’importance du répertoire poétique dans l’identité et l’enracinement culturel du genre. L’entretien se passe bien entendu en espagnol.

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Vous trouverez en ligne, sur la chaîne You Tube de Radio Hermes, l’intégralité de l’émission, qui dure environ trois heures (ci-dessous).

Nouvelle manifestation de l’opposition [Actu]

"Le gouvernement subit la manifestation la plus massive
dix mois seulement après avoir pris ses fonctions"
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Cela devient une désagréable habitude : faire d’une fête nationale un grand show d’une opposition de droite de plus en plus agressive et aigrie de ne plus être au pouvoir.

Cette fois-ci, la manifestation se produit au printemps, avec le retour de la douceur et de la verdure. Il semble qu’il y ait plus de monde à Buenos Aires, comme le montre la photo en une de Clarín. Ce qui est bizarre, c’est que La Nación ait choisi une image beaucoup moins parlante !

"Encore une super-marche au drapeau
dans tout le pays contre la politique
suivie par le gouvernement"
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Selon la police, qui n’est pas susceptible en Argentine de minorer les chiffres, il y aurait eu dans le centre de Buenos Aires, 7.000 véhicules particuliers et 13.000 personnes sur Avenida 9 de Julio, qui a connu plus ample affluence (notamment dans les manifestations pour ou contre la légalisation de l’avortement). Un petit groupe très bruyant et très remonté a aussi manifesté à Palermo en bas de l’immeuble où Cristina Kirchner possède l’appartement où elle vit quand elle est à Buenos Aires.

La foule réclamait pêle-mêle le retour à la normale, la mise sous écrou de Cristina Kirchner (ça faisait longtemps qu’on attendait ce genre de hurlement dans une manifestation de droite), le statu quo dans le monde judiciaire ou son refus de la vaccination.

En haut : "l'heure des patriotes"
(quelle insulte au gouvernement !)
En bas : "Mendoza se rebelle"
puisque le gouverneur de cette province
refuse d'appliquer les mesures sanitaires établies
par le gouvernement fédéral après cinq heures
de réunion avec tous les gouverneurs
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Il y a fort à parier que nous retrouverons aux mêmes endroits les mêmes manifestants agitant des drapeaux nationaux le 20 novembre prochain, pour la célébration de la Journée de la Souveraineté, encore que cette date soit furieusement marquée à « gauche » puisqu’il s’agit d’une sorte de victoire organisée par Juan Manuel de Rosas, qui n’est pas en odeur de sainteté à droite.

"Cela doit être les gorilles, c'est sûrement ça !"
En Argentine, los gorilas, ce sont les antipéronistes
Ce manifestant a choisi d'assumer son hostilité au gouvernement

Notez que la gauche péroniste va fêter vendredi la Journée de la Loyauté (Día de la Lealdad), une fête propre à ce courant politique, et que tout va se faire à travers les plateformes Internet (conférences, hommages à Perón et à Evita, concerts et autres festivités).

© Denise Anne Clavilier
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Pour aller plus loin :

lundi 12 octobre 2020

Le covid-19 fauche une vedette populaire : l’acteur Hugo Arana avait 77 ans [Actu]

Une du supplément culturel de Página/12 ce matin

Hugo Arana avait été hospitalisé, dans une clinique privée de Buenos Aires, en septembre, à la suite d’une chute à domicile mais dimanche, il est mort du covid-19. Peut-être du fait d’une contamination lors d’un examen médical (son fils suppose qu’un accident nosocomial est possible). A moins qu’il n’ait été déjà touché par le virus quand il est tombé chez lui. C’est la première fois qu’une grosse vedette populaire est victime de cette maladie en Argentine.

Le grand acteur est salué par tout le monde en ce jour où l’Argentine fête la journée de la diversité culturelle, l’anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Hugo Arana a enchanté le petit et le grand écran depuis les années 1970. Il avait commencé sa carrière aux côtés de l’immense Alfredo Alcón, disparu il y a quelques années, dans un grand classique, un film en costumes sur le général José de San Martín (El Santo de la Espada, 1970), où il interprétait une silhouette d’officier de l’armée de Manuel Belgrano. Deux ans plus tard, il s’ancrait dans toutes les mémoires à travers un spot de publicité pour une marque de vin aujourd’hui oubliée mais le spot, lui, reste une référence cinquante ans plus tard.


La première apparition de Hugo Arana sur le grand écran :
l'officier en uniforme rouge à l'arrière-plan
Vous avez reconnu les favoris fournis de San Martín à gauche
et les boucles en frange de Manuel Belgrano au centre.


De 1968 à 2001, non sans interruption puisque l’émission ne fit que six saisons tout en migrant de chaîne privée en chaîne privée, il brilla dans une série comique télévisée, Matrimonio y algo más (un couple et plus), qui racontait les mille et une aventures quotidiennes d’une famille argentine de classe moyenne. Le rendez-vous d’humour a si fort marqué le public que, près de vingt ans après son dernier numéro, Página/12 y fait encore allusion dans son titre d’aujourd’hui, Un gran actor y algo más.

Hugo Arana avait aussi fait du théâtre. En 2013, une crise cardiaque l’avait obligé à se retirer de l’émission de télévision à laquelle il participait. Il continua toutefois à tourner au cinéma, où sa filmographie compte en tout 41 œuvres. De 2000 à 2011, il reçut six fois le prix Martín Fierro, l’équivalent de nos César, un très beau palmarès. A deux reprises, en 2005 et 2016, il se vit remettre le Cóndor de Plata, autre récompense artistique.


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Ce campagnard né dans la pampa bonaerense et devenu citadin dans la banlieue populaire au sud de Buenos Aires (à Lanús, la ville natale de Maradona) ne cachait pas des positions politiques bien arrêtées et par conséquentes assez clivantes. Dès 2016, il avait montré en public son désaccord avec la politique économique de Mauricio Macri. Pourtant, depuis hier, il fait l’unanimité dans tous les journaux, de droite comme de gauche. Tous traitent sa mort à la une. Página/12 lui consacre celle de ses pages culturelles.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

samedi 10 octobre 2020

Le virus actif sur tous les fronts [Actu]

Evolution de l'épidémie depuis mai
(document Casa Rosada)
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En Argentine, le virus circule maintenant dans toutes les provinces, longtemps épargnées, alors que Buenos Aires et sa région (Amba) étaient très durement frappées. Après cinq heures de concertation avec les gouverneurs, le président Alberto Fernández, entouré de trois gouverneurs de provinces lointaines et non pas de Rodríguez Larreta et Kiciloff (comme on en avait pris l’habitude), a donné une conférence de presse sur la politique qui sera désormais modulée zone par zone en fonction de son état sanitaire. Dix-huit villes partout dans le pays entrent, jusqu’au 25 octobre au moins, en restriction très stricte des contacts sociaux, des villes où le système hospitalier connaît de fortes tensions avec des taux d’environ 70 % d’occupation des lits de soins intensifs.

La situation en Amérique au 9 octobre
(document Casa Rosada)
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On observe le même phénomène qu’en Europe : le virus circule parmi la population à travers les réunions privées, amicales ou familiales, dont les participants oublient toutes les précautions parce qu’ils se sentent en confiance. Comme si le covid se transmettait comme le sida et que le masque était un préservatif ! S’ajoute à ce tableau la lassitude des gens, privés de contacts sociaux habituels depuis bientôt dix mois... Le président a beaucoup insisté sur la gravité de la situation et la virulence de l’agent infectieux. Il a imploré ses compatriotes d’accepter les consignes, de ne pas abandonner les règles de prudence lors de leurs rencontres et d’aider ainsi le système sanitaire en ralentissant le rythme de contagion puisque les soignants ont besoin de pouvoir se ménager des temps de repos, de refaire leurs forces, alors qu’ils sont sur la brèche sans discontinuer depuis mars.

Distribution des nouveaux cas entre le bassin de Buenos Aires (Amba)
et les provinces (documents Casa Rosada)
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L’exemple le plus parlant du danger des réunions privées se trouve en Tierra del Fuego (Terre de Feu), la province la moins densément peuplée, celle pourtant où le taux de contagion est le plus haut depuis quelques jours alors que le temps fort peu clément n’invite guère à sortir (impressionnantes chutes de neige ces derniers jours).

Taux d'incidence par entité fédérée
(document Casa Rosada)
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Les mesures concrètes seront prises par les gouverneurs, chacun dans sa province. Or certains d’entre eux commencent à perdre le sens du collectif et, les élections de mi-mandat s’approchant, se mettent à choisir leurs intérêts partisans au détriment de la réalité sanitaire. Le gouverneur de Mendoza s’oppose ainsi aux mesures annoncées hier pour préserver son territoire politique. Comme dans beaucoup de pays européens, en France, en Espagne, en Belgique, en Allemagne, etc.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :
lire le communiqué de la Casa Rosada, qui contient la vidéo de la conférence de presse.

Prudemment, l’école rouvre ses portes [Actu]

Une de La Prensa d'hier
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Le Conseil supérieur de l’
Éducation, composé du ministre fédéral, de son cabinet et des 24 ministres des entités fédérées, s’est réuni avant-hier en visioconférence. Il a été décidé de laisser chaque province ainsi que la Ville Autonome de Buenos Aires de rouvrir les écoles pour des cours présentiels en fonction des paramètres épidémiologiques locaux.

Trois degrés de diffusion de la maladie ont été déterminés pour guider les gouverneurs dans leurs décisions.

Les classes vont reprendre en commençant par les élèves inscrits en fin de cycle primaire et secondaire.

Tous les journaux en parlaient hier matin.

Cela fait sept mois que les écoles sont fermées, presque sans interruption. L’année scolaire, qui se termine traditionnellement à la fin novembre, n’aura donc pas existé et beaucoup d’enfants, parmi les moins favorisés, sans connexion Internet ou sans équipement ou à plusieurs pour un seul ordinateur, ont complètement décroché, ce qui inquiète beaucoup les autorités pédagogiques.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

Luis Chocobar devant ses juges : le procès de la gâchette facile [Actu]

Luis Chocobar hier (à droite) à côté de son avocat,
à leur arrivée au tribunal

Le 8 décembre 2017, un policier de la province de Buenos Aires, qui n’était pas en service, sortait son arme et tirait sur un malfaiteur mineur qui lui tournait le dos. Il s’enfuyait après avoir poignardé un touriste étranger à un carrefour du quartier de La Boca au sud de la ville autonome de Buenos Aires, c’est-à-dire en-dehors de sa juridiction. Le touriste s’est remis de ses blessures à l’hôpital avant de rejoindre son pays d’où il soutient celui qu’il appelle son sauveur.

Ce sous-officier de police, Luis Chocobar, avait tué le jeune Juan Pablo Kukok, 17 ans. En récompense de quoi, le policier fut reçu avec tous les honneurs possibles et imaginables par le chef de l’État, Mauricio Macri, qui encourageait cette violence policière et regardait ailleurs lorsque les Argentins, propriétaires du moindre truc, prétendaient pratiquer l’autodéfense si on s’avisait de menacer leur maison, leur voiture, leur magasin ou leur téléphone portable.

Heureusement, la justice ne l’a pas entendu de cette oreille et malgré toutes les habituelles manœuvres dilatoires de la défense jusqu’à il y a quelques jours, Chocobar comparaît depuis hier devant une cour des mineurs (eu égard à l’état de minorité de la victime et non de l’accusé). Les audiences se dérouleront en partie par visioconférence, pour respecter les restrictions sanitaires en vigueur dans la ville de Buenos Aires. Le principal accusé a joué les gros bras hier en arrivant au tribunal avec son avocat. Pas question de faire profil bas.

Au côté du policier qui a sorti son arme en dehors de toute nécessité (« homicide aggravé par excès de zèle dans l’exercice de ses fonctions », selon la formule de chef d’inculpation), le complice de Kukok, également mineur à l’époque des faits, sera lui aussi jugé. Pour le protéger, les audiences auront lieu à huis clos.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

jeudi 8 octobre 2020

Après la lutte, le Bauen a dû rendre les armes [Actu]

Photo Marcelo Caroll (Clarín)

L’hôtel Bauen était un fleuron de l’économie coopérative et de la militance ouvriériste depuis dix-sept ans. Cet hôtel cinq étoiles, ouvert pour accueillir les touristes de la Coupe du monde de football en 1978, avait fait faillite, sous sa forme d’entreprise privée en février 2001. L’hôtel passa brièvement à un autre propriétaire, Mercoteles S. A., avant d’être occupés, en 2003, par un groupe de salariés qui refusaient la fermeture à la suite de l’effondrement économique national de Noël 2001.

Ces salariés s’organisèrent en coopérative ouvrière pour continuer l’activité touristique et gastronomique. Une longue bataille judiciaire s’est engagé à l’initiative de Mercoteles désireux de rentrer en jouissance de son bien dont il refusait qu’il reste un hôtel. Or il s’agit d’une belle tour de 60 mètres d’altitude, pour vingt étages et 220 chambres et suites.

Pendant toutes ces années, le Bauen a survécu en développant trois activités : l’hôtellerie de standing, le bar-restaurant (où je me souviens d’avoir un jour pris une consommation, après quelques courses dans la librairie du trottoir d’en face) et un grand et bel auditorium, où se sont produits plusieurs musiciens populaires, de tango, de rock, de jazz et de folklore.

Sous le mandat présidentiel de Mauricio Macri, (droite libérale façon Thatcher), la coopérative avait obtenu le vote au Congrès d’une loi d’expropriation de Mercoteles mais, sans surprise, le président posa son veto pour favoriser la société anonyme malgré la longueur de la résistance ouvrière et la preuve que les salariés avait apporté de la soutenabilité de l’hôtel.

La pandémie et tous ses phases de confinement ont finalement eu raison de l’entreprise. D’autant que la Cour suprême, composées de juges dont le penchant à droite est un secret de Polichinelle, venait de donner raison à Mercoteles et avait ordonné l’expulsion de la coopérative pour le mois de décembre.

Depuis quelques jours, celle-ci avait donc sorti dans le hall et sur le trottoir tout le matériel de l’hôtel, du restaurant, des cuisines et même de l’auditorium pour le vendre au plus offrant et payer ses créanciers, afin de garder une capacité de redémarrer une activité ailleurs plus tard. Tout est parti à des prix dérisoires.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12, qui interviewe l’un des coopérateurs

Une page se tourne : un président de gauche réhabilite l’armée [Actu]

En haut : la rage chaviste (en rapport avec la motion de l'ONU
pour le rétablissement des droits de l'homme au Venezuela,
pour laquelle l'Argentine a voté, à la surprise de beaucoup)
En bas : le président et le ministre de la Défense
au chantier naval de Buenos Aires
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Hier, le président Alberto Fernández a présenté un fonds financier accompagné d’un plan ambitieux pour l’industrie de la défense dans les trois armes, le Fondef. Il a fait cette annonce dans la zone de cale sèche du chantier naval Tandanor, situé dans le bassin sud du port de Buenos Aires. Pendant des années, avant la chute de Pérón en 1955, l'Argentine produisait des voitures, des avions, des navires à partir d'une industrie nationale et non pas grâce à des entreprises multinationales qui s'implantaient sur le territoire (et pouvaient s'en retirer à tout moment).

Le président était accompagné par le ministre de la Défense et la secrétaire d’État chargée de la recherche, de la politique industrielle et de la production pour la défense. Étaient présents outre les trois chefs d’état-major de Terre, de l’Air et de la Marine et les directeurs des principaux centres liées à la recherche et à la technologie (Conicet, Invap, etc.).

Au cours d’un bref discours d’une dizaine de minutes, il a souligné le rôle essentiel que doivent jouer les forces armées dans une démocratie et salué le fait que tous les officiers d’active aujourd’hui ont tous été formés dans le régime constitutionnel. Par conséquent, il souhaite tourner la page de la dictature militaire et normaliser la situation. Dans ce sens, il entend redonner aux forces armées le prestige et la place que leur engagement pour le pays doivent leur valoir dans la société argentine. A cette occasion, il a rappelé tous les efforts déployés par les militaires pour venir en aide à la population pendant le confinement strict de l’automne austral, comme je l’ai montré dans mes articles autour du 25 mai (la fête nationale).

Selfie présidentiel avec deux ouvriers du chantier naval,
dont un ne cache pas sa joie sous le masque obligatoire
Photo Casa Rosada


Dès le début de son mandat, Fernández avait d’ailleurs fait mettre en ordre le système de rémunération des armées, qui était jusque là un bricolage indigne, avec des niveaux de solde incroyablement bas, parce que Cristina Fernández se méfiait encore très fortement de tout ce qui ressemblait à un uniforme et parce que son successeur, Mauricio Macri, malgré son discours militariste, s’en contrefichait.

Le Fondef doit permettre de créer vingt mille postes de travail l’année prochaine dans l’industrie de défense pour les trois armes.

Seuls Página/12 (gauche nationaliste et patriote) et La Prensa (droite militariste, catholique et réactionnaire) en parlent aujourd’hui.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 qui insiste sur le plan et non sur les paroles du président
lire l’article de La Prensa, qui fait l’inverse
lire le communiqué de la Casa Rosada (la vidéo du discours dure 28 minutes mais le discours lui-même ne commence qu’à la onzième minute. Vous pouvez aller directement à ce point en vous évitant l’épouvantable signal d’attente, façon Spoutnik en pire).

Encore un mois pour Precios Cuidados [Actu]

Pâtes de patate douce (batata) en haut, de coing (membrillo) en bas
dont une est censée être "light"
C'est l'ingrédient sucré du plus simple des desserts : le vigilante
(du fromage à pâte cuite ou à pâte pressée et de la pâte de patate douce ou de coing)
Photo Alejandro Leíva (Página/12)

Pour les trente prochains jours, le programme Precios Cuidados (prix régulés) est maintenu en Argentine : il s’agit d’une liste de produits courants qui sont proposés dans la grande et petite distribution à des prix fixes de façon à freiner l’inflation.

Les montants ont toutefois évolués et pris de 2 à 6 % d’augmentation.

Seuls Página/12 et La Prensa en rendent compte dans leurs colonnes ce matin.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’entrefilet de La Prensa.

Un numéro de Яadar consacré à Quino [Actu]

La mort sonne à la porte. Le maître de maison,
déguisé en soubrette, ouvre la porte et lui dit :
"Monsieur est sorti"
Traduction © Denise Anne Clavilier

Яadar est l’un des suppléments culturels hebdomadaires de Página/12. Dimanche dernier, le quotidien l’a consacré presque entièrement à un hommage à Quino, disparu dans la semaine.

Daniel Paz signe le dessin de une ainsi qu’une autre vignette en pages intérieures tandis que Miguel Rep raconte, sur une page de bande-dessinée, l’arrivée de l’artiste au paradis, page qu’il a conclue par cette formule beattlesienne : Quino en el cielo con Malbec (1).

Pour aller plus loin :
consulter l’ensemble de ce supplément du 3 octobre 2020



(1) Un double jeu de mots : d’abord le vers de John Lennon (à moins qu’il ne soit aussi de Paul Mac Cartney, selon le crédit officiel) « Lucy in the Sky with Diamonds », ensuite parce que le malbec est un cépage typique de Mendoza, la province dont Quino était originaire, et qu’il donne de nombreux vins, tous emblématiques de l’Argentine.

vendredi 2 octobre 2020

Liliana Herrero en concert à distance [à l’affiche]

Une du supplément culturel de Página/12 hier

La chanteuse de folklore du nord-est entrerriano (1) Liliana Herrero donnera un concert en streaming dimanche 4 octobre 2020 à 20 h (heure argentine).

L’artiste est très réservée sur les modalités virtuelles de partage musical mais cette lutteuse politiquement très engagée (à gauche) entend combattre elle aussi les dérives provoquées par les restrictions sanitaires dues à la pandémie : la distorsion spacio-temporelle qui, d’après elle, s’instaure entre l’artiste et son public à cause de l’intermédiation de l’écran (2). Elle a donc intitulé son tour de chant Falso Brillante (faux brillant) et l’a déjà enregistré dans une salle disposant de tous les moyens professionnels vidéo et audio, la salle Oeste Usina Cultural.

Elle y est accompagnée par le guitariste Pedro Rossi et le contrebassiste Ariel Naón, ses partenaires habituels.

Le concert passera sur la plateforme Cruza Live.

Liliana Herrero a répondu hier aux questions de Página/12 qui en fait la une de ses pages culturelles.



(1) La province de Entre-Ríos fait partie du nord-est argentin. C’est la patrie du chamamé, aux confins sud du terroir de la yerba mate.
(2) Ce n’est pas complètement faux mais c’est surtout l’artiste ou le conférencier qui se sent coupé du public dont il ne perçoit pas les réactions. Le public souffre beaucoup moins de cette séparation physique.

L’épidémie aggrave la pauvreté [Actu]

Tableau synthétique sur la pauvreté et l'indigence
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D’après le dernier rapport de l’INDEC, l’institut national de statistiques, la pauvreté touche maintenant 40,9 % de la population argentine urbaine, ce qui représente 18,5 millions de personnes.

Au pire moment du confinement, entre avril et juin, ce taux est monté jusqu’à 47,2 %. Les enfants de moins de 14 ans sont les plus touchés par le phénomène.

Le rapport a été publié le 30 septembre et comme on l’a vu dans mon article d’hier sur la mort de Quino, les trois grands quotidiens nationaux de droite n’ont pas résisté à en faire beaucoup sur leur une hier avec cette information (1). Ils n’étaient pas aussi prompts à répercuter la hausse de la pauvreté quand Mauricio Macri était au pouvoir. Quant à Página/12, elle n’a pas caché l’information : on l’a trouve en titre secondaire sur le côté gauche de sa une d’hier.

Pour aller plus loin :



(1) Il faut toutefois porter au crédit de La Prensa qu’elle sache aujourd’hui approuver cet affreux gouvernement de gauche sur lequel elle ne cesse de taper depuis sa prestation de serment. Hier, le ministère de l’Économie a en effet annoncé une série de mesures pro-business (dans un pays exsangue du fait de la combinaison des crises financière et sanitaire), dont quelques décisions pour faire rentrer des dollars en Argentine. Et la une du jour met une bonne note à l’ensemble.

jeudi 1 octobre 2020

Mafalda est orpheline [Actu]

Toute la une occupée par un dessin de Rep
qui se passe de traduction

Quino (diminutif de Joaquín, son prénom) avait 88 ans. Hier matin, il est mort dans un hôpital de Mendoza, où il avait été admis il y a quelques jours après un AVC.


Tous les journaux mainstream partagent leur une
entre la disparition de Quino et le nouveau taux de pauvreté
(ce que je commenterai demain).
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La nouvelle est si touchante qu’elle a même été répercutée dans notre Europe qui a su apprécier les albums de Mafalda, écolière perspicace et insolente de San Telmo pendant la Guerre froide dans une Argentine écrasée par une censure très sévère qui étouffait la presse et l’édition. Dans ces conditions difficiles, Mafalda fait preuve d’une vision très critique du monde dans lequel elle vit, une vision qui appartient à la même veine que celle des poètes du tango qui ont créé le répertoire littéraire du genre dans des circonstances historiques similaires.


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Quino était né à Mendoza en 1932. Il y sera incinéré aujourd’hui, conformément à sa volonté. Dans les années 1960 et 1970, il s’était établi à Buenos Aires, dans le quartier sud de San Telmo, ce qui fait que Mafalda y habite elle aussi, faisant du quartier un lieu emblématique de la classe moyenne, ce qu’il est resté jusqu’à aujourd’hui, malgré les assauts d’un tourisme qui tend, comme partout et tout le temps, à le dénaturer.


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Depuis hier, les hommages pleuvent dans la presse argentine.

Tous les quotidiens consacrent de nombreux articles au grand artiste disparu.

Parmi les hommages les plus poignants, ceux de Miguel Rep, qui se considère comme un disciple du maître et voyait en lui un second père. Ce matin, sa vignette du jour pour Página/12 est un rectangle blanc, sans même une signature. Même Clarín publie un article à l’émotion qu’exprime le dessinateur du journal ennemi !


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Par décision du gouvernement, ce jour est un jour de deuil national pour toute l’Argentine.

Pour aller plus loin :

sur les sites Internet des quotidiens hier :
lire l’article principal de Página/12 qui publie l’entretien entre Quino et Miguel Rep lorsque le premier a fêté ses quatre-vingts ans
lire l’article de Página/12 sur les quinze phrases de Mafalda que le quotidien de gauche considère comme toujours d’actualité
lire l’article de Clarín sur l’hommage rendu par Miguel Rep

dans les éditions de ce jour
lire l’entrefilet de Página/12 sur les premières cases où apparaît Mafalda en 1964 (le producteur et animateur radiophonique et télévisuel Nolo Correa m’a raconté hier soir qu’il avait été l’un des tout premiers à voir ces dessins puisque Quino et lui se croisaient alors à la rédaction du même journal)
lire l’article principal de Los Andes, l’un des deux principaux quotidiens de Mendoza
lire le décret officiel qui fait de ce 1er octobre un jour de deuil national.

Ajout du 3 octobre 2020 :
L'humoriste Rudy vient de publier sur le site Internet de Página/12 une réflexion personnelle sur "ce qui est urgent et ce qui est important, où il cite une vignette de Mafalda qui s'interroge sur le devoir de "chercher les racines de ce qui est national".