mardi 8 janvier 2013

Requiem pour des wagons belges [Actu]


Dans un pays neuf comme l'Argentine, où le peuple dispose de fort peu de traces matérielles pour le relier aujourd'hui à la continuité de son histoire, la disparition imminente des voitures historiques de la ligne A, la première ligne de métro (subte) de Buenos Aires, recèle des implications symboliques très lourdes qu'elle n'aurait guère dans un vieux pays comme la France ou la Grande-Bretagne. L'émotion qu'elle provoque ne relève nullement d'une nostalgie passéiste ou conservatrice : c'est au contraire une réaction ulcérée contre une mesure autoritaire, prise et annoncée dans la violence verbale, la vulgarité et le mépris et sans l'ombre d'une concertation avec les usagers, donc d'une façon antidémocratique, par un Mauricio Macri qui s'est une nouvelle fois piqué de son dédain pour les enjeux culturels et patrimoniaux nationaux et populaires.
Enième rupture symbolique dans l'histoire, déjà chaotique, d'un peuple qui aspire vivement à la sérénité et au rassemblement de tous autour de quelques valeurs sûres de l'identité nationale, maintenant que le pays a renoué avec la démocratie (cela fera trente ans en décembre prochain) et retrouvé le chemin de la croissance économique (depuis cinq ou six ans).

José de San Martín, dont on fêtera dans quelques semaines le bicentenaire de la première victoire en Amérique, à San Lorenzo, Manuel Belgrano, dont c'était l'année en 2012 (pour le bicentenaire du drapeau national qu'il a dessiné), le Cabildo de Buenos Aires où fut votée l'abolition de la vice-royauté le 25 mai 1810, ce qu'on appela ensuite la Révolution de Mai, la maison de Tucumán, où fut déclarée l'indépendance le 9 juillet 1916, l'actuel Régiment des Grenadiers à Cheval font partie de ces quelques éléments rassembleurs, les uns immatériels, les autres matériels.
Les wagons de 1913 aussi.

Tandis que María José Lubertino, députée du Frente para la Victoria (kirchneriste) à la Legislatura de Buenos Aires, vient de s'opposer par référé (amparo) à la fermeture complète de la ligne pendant les travaux de remplacement des voitures et pour s'assurer que le patrimoine qu'elles représentent pour la ville et le pays sera bien préservé, le directeur de la Bibliothèque Nationale, le sociologue Horacio González, a publié sur Página/12, hier, une lettre ouverte, très sobre, très digne, en forme d'hommage que j'ai trouvé particulièrement juste et même poignant, à ce matériel roulant, le plus vieux encore opérationnel au monde jusqu'à vendredi soir.

En voici une version bilingue espagnol-français.

Espectros del Subte A
Por Horacio González
No es fácil viajar en Buenos Aires. Pero no conozco viaje más grato en el trasporte colectivo de la ciudad que el del Subte A. En ciertas horas de la tarde, pareciera que hasta está por subir el propio presidente Yrigoyen. Perón lo tomó varias veces, pero para esa época ya existían la línea B, la C y la D. En el examen conspirativo al que Cortázar somete a la línea A –en su momento a cargo de la Anglo-Argentina– podemos leer: “Es cierto que entre Loria y Plaza Once se atisba vagamente un Hades lleno de fraguas, desvíos, depósitos de materiales y raras casillas con vidrios ennegrecidos”. No cambiaron mucho las cosas desde entonces, pues Cortázar quiso dar una imagen tragicómica de la vida en la ciudad a partir de los viajes metafísicos en la línea A.
Horacio González, Página/12

Fantômes de la ligne A
par Horacio González
Il n'est pas facile de se déplacer dans Buenos Aires. Mais je ne connais pas de voyage plus agréable dans les transports en commun de la ville que celui de la ligne A du métro. A certaines heures de l'après-midi, on dirait même que le président Yrigoyen (1) en personne va monter. Perón l'a pris plusieurs fois, mais à cette époque, les lignes B, C et D existaient déjà. Dans l'examen complotiste auquel Cortázar soumet la ligne A – quand il chargeait contre la Anglo-Argentina (2) – nous pouvons lire : "Il est sûr qu'entre Loria et Plaza Once (3) on aperçoit vaguement un Hades plein de traverses, d'aiguillages, de dépôts de matériels et d'étranges guérites aux vitres obscurcies." Les choses n'ont pas beaucoup changé depuis lors puisque que Cortázar a voulu donner une image tragi-comique de la vie dans la ville à partir des voyages métaphysiques sur la ligne A.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Lo que sugería ese cuento cortazariano era una crítica a la modernidad, a los aglomeramientos en las metrópolis. Hoy no podemos imaginar en el proyecto de cambiar esos antiguos vagones de La Brugeoise, fabricados en la ciudad de Brujas, Bélgica, ninguna reflexión satisfactoria sobre la historia urbana que ha enhebrado este subterráneo. Estos coches tuvieron muchas reparaciones a lo largo de una centuria, pero ninguna de esas transformaciones dejaron de respetar el armazón original. Son la historia misma del transporte subterráneo durante el siglo XX, un tesoro de la memoria urbana, corporal, temporal e incluso olfativa de la ciudad. Cuando frenan en las estaciones, hace casi un siglo que esos coches dejan el mismo ligero aroma a lapacho friccionado, material del que están hechas las zapatas de freno. Hay más continuidad urbana en ese perfume a madera rechinada que en casi ningún otro juego con la historia de Buenos Aires que se nos ocurra hacer.
Horacio González

Ce que suggérait ce conte cortazarien, c'était une critique de la modernité et des juxtapositions dans les grandes villes. Aujourd'hui nous ne pouvons voir, dans le projet de changement de ces vieux wagons de La Brugeoise, fabriqués dans la ville de Bruges (4), en Belgique, aucune réflexion satisfaisante sur l'histoire urbaine qu'a enfilée ce métropolitain (5). Ces voitures ont subi beaucoup de réparations au long d'un siècle, mais aucune de ces transformations n'ont manqué de respecter l'armature originale. Elles sont l'histoire même du transport souterrain pendant le xxe siècle, un trésor de la mémoire urbaine, corporelle, temporelle et même olfactive de la ville (6). Quand elles freinent dans les stations, il y a presque un siècle que ces voitures lâchent le même léger arôme de bignonia qu'on frotte (7), matériau dont sont faites les semelles de frein (8). Il y a presque plus de continuité urbaine dans ce parfum de bois grinçant que dans aucun autre jeu avec l'histoire de Buenos Aires auquel il nous soit donné de jouer.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Cuando escucho el traqueteo del tren que se acerca ensayo una plegaria subterránea. ¿Cómo llamarla? ¿Rezo por el antiguo vagón? ¿Súplica para que aparezcan los vagones belgas, la esperanza de que surjan de la boca oscura del túnel esas desgonzadas berlinas que se bambolean de lo lindo, y no los sustitutos anodinos que fueron apareciendo con el tiempo? A veces se presentan unos intrusos vagones –igual los respetamos– que provienen de la fábrica Materfer, de la ciudad de Ferreyra, Córdoba. Fue primero la Fiat la que los hizo; ahora, en otras manos, y en otros aires de época, esa fábrica se inclina a producir máquinas cosechadoras y viales. ¡Pero si aparece el tren de La Brugeoise, cartón lleno! ¿Es que está repleto? ¡Sí, pero entramos igual!
Horacio González

Quand j'entends le tintamarre du train qui s'approche, je teste une prière souterraine. Comme l'appeler ? Office pour l'ancien wagon ? Supplique pour que les wagons belges fassent leur apparition, l'espérance que surgissent de la bouche obscure du tunnel ces berlines vétustes qui tanguent joliment et non les substituts anonymes qui ont fait leur apparition avec le temps ? Parfois ce sont des wagons intrus qui se présentent - mais on les respecte autant - qui proviennent de la manufacture Materfer, de la ville de Ferreyra, à Córdoba (9). Ce fut Fiat d'abord qui les fit. Maintenant, passée dans d'autres mains et dans l'air d'un autre temps, cette manufacture a tendance à produire des moissonneuses-batteuses et des engins de travaux publics. Mais si jamais c'est le train de la Brugeoise qui fait son apparition, carton plein ! Est-ce qu'il est bondé ? Tant pis, on monte quand même !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Los habitués del Subte A –nombre que ha resistido a la desabrida adopción universal de la palabra Metro– toleramos la abolición de la esterilla en los asientos y las respetuosas reformas que en una centuria se hicieron en los talleres Polvorín (barrio de Caballito); eso prueba que no somos fanáticos, agradecíamos si apenas lográbamos introducirnos en un viaje entre maderas que chirrían, tan solo mascullantes, haciéndonos recordar a los viajeros de antaño, a esas miles y miles de sombras con sombrero Panamá y el desvanecido fieltro, como contemporáneos de una civilización extinguida. El sombrero comenzó a desaparecer por efecto del transporte urbano (aunque ahora las mochilas estudiantiles hacen que a ciertas horas todos los pasajeros tengan doble espalda). Viajar no es fácil. Pero el Subte A, para quien sepa entenderlo, ofrece el consuelo de sus farolas interiores de vidrio ondulante, una orfebrería de estaño de diseño artístico, un vago art-nouveau a la belga.
Horacio González

Les piliers [clients] de la ligne A – [subte] nom qui a résisté à l'adoption débridée et universelle du terme Metro – nous supportons l'abolition du liseré sur les sièges et les réformes respectueuses qui, pendant un siècle, ont été faites dans les ateliers Polvorín du quartier de Caballito (10). Ceci prouve que nous ne sommes pas des fanatiques, nous avions de la gratitude quand nous arrivions à grand peine à nous faire une petite place pour un voyage au milieu du bois qui geignait, comme entre ses dents, nous faisant nous souvenir des voyageurs de jadis, de ces milliers et milliers d'ombres coiffées de chapeaux Panama et de feutres évanouis, comme de contemporains d'une civilisation éteinte. Le chapeau commença à disparaître par l'effet du transport urbain (encore qu'aujourd'hui, les sacs à dos des étudiants font qu'à certaines heures tous les passagers ont le dos multiplié par deux). Se déplacer n'est pas facile. Mais la ligne A, pour qui sait le comprendre, offre la consolation de ses lanternes intérieures en verre ondulé, une orfèvrerie d'étain de forme artistique, vagabond art-nouveau à la belge. (11)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Siempre el subte A fue semipenumbroso. Pero al estar apenas unos metros bajo tierra, he allí una compensación. Si uno se asoma por las ventanillas para ver oblicuamente las aperturas de salida, puede percibir la gente que pasa por la calle desde el propio vagón. Es como en un propiedad horizontal, proyectada en un amplio territorio para que no perdamos de vista que la vida es eso mismo, la simultaneidad visible entre los que marchan por arriba y los que marchan por debajo; todos viandantes, todos complementándose, pues los unos serán los otros.
Horacio González

La ligne A a toujours été plongée dans une demi-pénombre. Mais comme elle est juste quelques mètres sous terre, cela me fait une compensation. Si on se met à la fenêtre pour voir à l'oblique les ouvertures des sorties, on peut entrapercevoir les gens depuis le wagon qui marchent dans la rue (12). C'est comme dans une propriété horizontale, projetée sur un large territoire pour que nous ne perdions pas de vue que la vie c'est cela même, la simultanéité visible entre ceux qui marchent au-dessus et ceux qui marchent en-dessous, tous piétons, tous complémentaires, car les uns peuvent aussi être les autres.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Hoy viajamos en el Subte A junto al piélago de nuestros pasajeros antepasados. Millones de espectros mudos viajaron allí. ¿Cómo calificar el desprecio con que se habla de esos vagones? Se lee que hay expertos barceloneses, expertos chinos, examinando esas supuestas ruinas ciudadanas. ¿Sabrán que desde la escalinata de la Estación Congreso Roberto Arlt hizo su aguafuerte sobre el Golpe de Uriburu? Dentro de algunos siglos, otros espectros podrán hablar con algún técnico chino sobre estos episodios. Si hasta algunos gerentes de la Anglo-Argentina algo llegaron a comprender. Pero por el momento, la operación de demolición histórica sobre esta línea donde ciertas estaciones conservan en el molinete gastados bastones de madera, donde millones empujaron y dejaron las invisibles marcas de sus manos apuradas, es de las más desdichadas acciones en las que puede empeñarse un gobierno municipal.
Horacio González

Aujourd'hui, nous nous déplaçons sur la ligne A aux côtés de l'océan de nos ancêtres passagers. Des millions de fantômes muets ont emprunté cette ligne pour se déplacer. Comment qualifier le mépris avec lequel on parle de ces wagons ? (13) On lit qu'il y a des experts barcelonais, des experts chinois, qui se sont penchés sur ces prétendues épaves citadines. Est-ce qu'ils savent que sur l'escalier de la station Congreso, Roberto Arlt a réalisé son Eau-forte sur le Coup d'Etat de Uriburu ? (14) Dans quelques siècles, d'autres fantômes pourront parler avec quelque technicien chinois des épisodes que nous vivons. Or même plusieurs directeurs de la Anglo-Argentina ont réussi à comprendre un peu. Mais pour le moment, l'opération de démolition historique sur cette ligne, où certaines stations conservent sur les tourniquets [d'entrée] leurs vielles barres de bois usées, que des millions de gens ont poussées et sur lesquelles ils ont laissé les empreintes invisibles de leurs mains pressées, appartient aux plus funestes actions dans lesquelles puisse s'embarquer un gouvernement municipal.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

El futuro viajero perderá su historia a cambio de un mendrugo de felicidad ilusoria, un poco de aire acondicionado para sentirse un ciudadano beatificado, sin sospechar que ya era un pasajero derrotado. Le habían dado los asientos de plástico premoldeados, unos minutos menos de retraso en el viaje, y los domingos, el bálsamo de pasear con algunos de los viejos trenes belgas por Caballito. Pero era ya un pasajero fosilizado. El fáustico modernizador, no se crea, es también un museólogo. El amor a la ciudad existe, pero es más verdadero cuando no se lo proclama con sospechoso fervor. Incluso a “Mi Buenos Aires querido” se le va un poco la mano. Creo que los que así lo deseemos, como síntoma cauto y efectivo de resistencia, debemos prepararnos para hacer nuestros últimos viajes por los saltarines vagones de La Brugeosie (15).
Horacio González

Le voyageur futur oubliera son histoire pour un croûton de pain l'illusoire félicité, un peu d'air conditionné pour se sentir un citoyen béat tel un ravi de la crèche, sans soupçonner qu'il était déjà un passager vaincu. On lui avait donné des sièges en plastique moulé, deux ou trois minutes de moins de retard dans son déplacement et les dimanches, le baume d'une promenade à Caballito dans quelques uns des vieux trains belges. Mais il sera alors un passager fossilisé. Le modernisateur faustien, quand bien même on ne le croirait pas, est aussi un conservateur de musée. L'amour de la ville existe, mais il est d'autant plus authentique qu'il n'est pas proclamé avec une ferveur suspecte (16). Même Mi Buenos Aires querido (17) a la main qui le démange un peu. Je crois que nous qui en avons envie, comme d'un signal sagace et effectif de résistance, il nous faut nous préparer à faire nos derniers déplacements dans les wagons sautillants de La Brugeoise.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour accéder à cet éditorial dans sa publication originale, sans interruption de traduction :

Pour aller plus loin :
lire l'article de ce matin sur le référé déposé par la députée María José Lubertino contre la décision de fermeture de la ligne A du 12 janvier au 8 mars prochain.


Ajout du 10 janvier 2013 :
lire la dépêche de l'agence nationale Télam sur la proposition des associations de défense du patrimoine, qui suggèrent que les wagons La Brugeoise soient maintenus en service hors des heures de pointe (ce qui doit présenter une difficulté technique puisque ces wagons ne supporteraient pas le plus haut voltage qu'exigent leurs remplaçants de fabrication chinoise).


(1) Hipólito Yrigoyen (1852-1933), premier président de la Nation élu au suffrage universel (masculin et uniquement des citoyens argentins de naissance) en 1916, co-fondateur de la UCR (Unión Cívica Radical) en 1891, premier parti constitué en tant que tel en Argentine. Ses mœurs austères et ses manières simples l'ont rendu très populaire. Il est l'un des premiers à avoir voulu assurer l'indépendance du pays, économique et stratégique, à l'égard des grandes puissances qu'étaient alors la Grande-Bretagne et la France. Il fut parmi les premiers usagers de ce métro, qui était le premier métro en Amérique du Sud, d'où la légitime fierté des Argentins à son égard.
(2) Importante société industrielle qui a néo-colonisé la République Argentine au profit des intérêts de capitaux britanniques, avec la complicité d'une partie importante de l'oligarchie nationale. Julio Cortázar, écrivain et romancier pro-castriste, ne pouvait qu'avoir ce type de société dans le collimateur.
(3) Deux stations de la ligne, qui délimitaientt le tout premier parcours desservi par le métro. Depuis, la ligne s'est prolongée tant à l'est, jusqu'à Leandro Alem (presque sur le port), que vers l'ouest, où les prolongations sont encore en cours de réalisation (aujourd'hui le terminus est à Carabobo).
(4) Il faut expliquer aux Argentins le sens de l'expression La Brugeoise car le nom de la ville en espagnol ne permet pas de faire le lien avec cette ville mythique pour un Latino-Américain qu'est Bruges (nom en français), Brugge (en flamand). Noter qu'à cette époque-là, à Bruges on parlait encore le français quand on était un capitaine d'industrie... Brujas está en la parte neerlando-hablante de Bélgica.
(5) La métaphore utilisée ici est celle du fil que l'on fait passer dans le chas d'une aiguille.
(6) Je souscris à 100%, moi qui n'ai aucun souvenir d'enfance lié à ce métro des antipodes. Mais en effet, ces voitures présentaient toutes les singularités évoquées dans cette liste.
(7) Le lapacho est un bois d'Amérique du Sud.
(8) Comme vous le voyez, la nationalisation symbolique et l'acculturation de ces wagons, dont on souligne volontiers l'origine étrangère à Buenos Aires, a été complète, jusque dans ces matériaux si typiquement argentins et si peu belges, utilisés pour l'entretien successif du système roulant...
(9) Il s'agit d'un certain nombre de wagons supplémentaires qui ont été produits en Argentine après la déclaration de la première guerre mondiale, parce que, la Belgique très vite passée sous occupation allemande à part un confetti du littoral d'où le roi Albert 1er continuait d'animer la lutte à la tête de l'armée régulière enfoncée partout ailleurs, l'entreprise de Bruges ne pouvait plus honorer le reste de la commande. L'Argentine est toujours restée très respectueuse de la résistance acharnée dont la petite Belgique a offert l'exemple au monde entier pendant la première guerre mondiale face au gros Empire allemand (et avec une reine d'origine bavaroise !). A cette Belgique combattante, les Argentins ont même dédié un tango (Bélgica), pour lui rendre hommage, en même temps qu'ils saluaient les combattants français de la bataille de la Marne avec le tango El Marne. Pendant la première guerre mondiale, il n'y eut pas beaucoup de courants pro-germaniques en Argentine. Il faut dire aussi que l'Italie entra en guerre du côté des Alliés dès 1915, ce qui explique que le cœur des Argentins battent plus facilement pour les puissances alliées.
(10) Où les anciens wagons sont censés être entreposés après leur retrait du service par convoi routier, semble-t-il. Donc en surface. Ce qui promet un beau bazar supplémentaire.
(11) Victor Horta (1861-1947) était né en Flandres, à Gand, donc pas très loin de Bruges.
(12) C'est remarquablement bien observé. Je n'ai jamais vérifié la chose depuis une fenêtre (j'aurais eu trop peur de la casser en m'appuyant un peu trop dessus), mais sur le marchepied du wagon, c'est tout aussi vrai...
(13) Ce "on" désigne bien entendu le Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires. Voir mes articles antérieurs en cliquant sur le mot-clé subte, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
(14) Roberto Arlt (1900-1942), un des grands intellectuels de gauche des années 1930, romancier, dramaturge et journaliste, autodidacte avec un passé d'enfant maltraité, qui en a fait un artiste de la colère et de la rebellion, au caractère impossible et à l'immense talent d'écorché vif. Les eaux-fortes dont il est question ici sont des textes de critique sociale et politique qui parurent dans le quotidien El Mundo. Il fut emporté très jeune par une crise cardiaque. José Uriburu fut l'auteur du premier coup d'Etat militaire de l'histoire argentine, en septembre 1930, ouvrant ce qu'on appelle la Década Infame (la décennie odieuse), qui fut à la fois anglophile et proche de l'Italie musolinienne. Voir mon Vade mecum historique, dans la rubrique Petites Chronologies, dans la partie médiane de la Colonne de droite.
(15) La Brugeosie : coquille originale de Página/12. C'est difficile pour les Argentins de respecter l'orthographe française (et je ne vous parle pas de la prononciation de ce nom...)
(16) Allusion à différents slogans politiques mis en place par Macri, du type En todo estás vos (c'est toi qui es au centre de tout) que vous lisez en dessous des invitations du Museo Casa Carlos Gardel par exemple, ou Mi Buenos Aires Querible (Mon Buenos Aires aimable) qui est un des slogans du ministère du Tourisme confondu avec le ministère de la Culture, dont le portefeuille commun est confié à Hernán Lombardi, qui a été bien silencieux dans toute cette affaire.
(17) Mon Buenos Aires bien-aimé, titre d'un célèbre tango paraphrasé par le slogan de Macri, Mi Buenos Aires Querible (voir ci-dessus).

lundi 7 janvier 2013

Clins d'œil à Picasso par Miguel Rep [Humour]



Hier, quand j'ai vu le premier dessin à la une de Página/12, j'ai éclaté de rire et je me suis demandé si j'allais ou non publier un article à ce sujet. Au moins une fois par semaine, je suis confrontée à un choix de ce genre et je me suis dit que finalement, tant pis, je laisserais cette info de côté. Mais ce matin, Rep a remis le couvert, toujours avec Picasso et avec Guernica. Alors aujourd'hui, je le fais quand même, cet article. C'est lui qui a gagné !

Dans la nuit, entre hier et aujourd'hui, le Picasso imaginé par Rep a grandi et cela nous donne les deux dessins différents dont je vous traduits les textes, lesquels se passent, me semble-t-il, de commentaires.

Ci-dessus (au jour des Rois, publié hier par conséquent)

Le petit Paul, le petit Picasso
La mère (ou le père) depuis la salle de séjour : Popol, arrête de dessiner et viens ici que les rois mages puissent te donner tes cadeaux (1)
Pablo : Je suis contre la monarchie, espèce de c... ! Je suis républicain.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Dans l'édition de ce matin, Popol a grandi, il a toujours la passion des arts plastiques et il n'a déjà presque plus un cheveu sur le caillou. La guerre d'Espagne fait rage et Franco vient de noyer le petit village basque de Guernica sous une pluie de bombes gracieusement offertes par les nazis.


C'est obscène
Grumpf... Pfiouf !
Odieux
Dégoûtant, et c'est peu de le dire
Peintre à la noix !
Les modèles de Guernica mécontents du tableau, une fois terminé.
Ignares ! (2)
Picasso : Et en plus, je les ai payés !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Miguel Rep ne respecte rien ni personne, même pas les grandes œuvres et les génies qui les ont signées !


(1) Souvent ce sont des adultes déguisés, grimés, maquillés, de manière plus ou moins convaincantes, qui passent en cortège dans toutes les rues, entrent chez les particuliers qui le veulent bien et distribuent leurs cadeaux aux enfants, cadeaux que les parents ont au cours de la nuit disposés au pied du sapin.
(2) Pour ma traduction, je me suis inspirée de mes lectures des immortels albums d'Astérix et donc du personnage à peine susceptible d'Assurancetourix. Merci René Goscinny (né et élevé à Buenos Aires, ceci explique peut-être cela).

dimanche 6 janvier 2013

¿Festejar los Reyes como San Martín en Europa? – Fêter les Rois comme San Martín en Europe ? (Article-Nota n° 2900) [Coutumes]


Galette flamande (aujourd'hui). Photo Suzan Willemet

Durante largas horas de investigación sobre la vida del General San Martín y hasta la fecha porque nunca se termina investigar, me planteé varias veces el problema de que comía el prócer, que tomaba día a día, durante su infancia y juventud en Andalucía, los meses de otoño y invierno en Londres en el 1811, su tiempo en Buenos Aires, Tucumán, Mendoza, y más allá en Santiago y al fin en Lima... Cómo festejaba la Navidad, Día de Reyes en su ostracismo, en Bruselas, París y después, en Côte d'Opale (1)...

Tout en travaillant sur la vie du général José de San Martín pour les besoins des livres que je lui consacre, je me suis souvent posé la question de ses repas, au quotidien. Quelles étaient les recettes de son époque, dans les différents pays qu'il a traversés au cours de sa vie mouvementée, dans l'Andalousie de sa jeunesse, la Londres de l'hiver 1811 quand il attendait qu'un bâtiment puisse l'emmener avec d'autres officiers libéraux mener la révolution en Amérique du Sud, l'Argentine des années 1810, et plus tard la ville de Santiago, où l'on sait que les fruits ne coûtaient presque rien (2), et encore plus tard, à Lima, dont le climat altérait (croyait-il) si profondément sa santé (3) ? Quelles coutumes gastronomiques trouva-t-il en revenant en Europe au milieu des années 1820, en s'installant à Bruxelles puis à Paris et enfin à Boulogne-sur-Mer, dans une France qui cultivait alors fortement ses particularismes régionaux, ses manières de faire, ses produits locaux ? Il le fallait bien d'ailleurs, comment faire autrement avec les transports de ce temps-là ?

Hoy día resulta difícil encontrar la manera de festejar el día de Reyes de aquel entonces. Todos dicen y opinan que la galette des rois de París es algo muy tradicional y muy antiguo. Pero no. Es una torta oriunda del centro de Francia, la zona de Orléans, que se difundó por todo el país en una fecha bastante reciente (siglo 20) cuando lo que hacía París se hizo la norma en todo el territorio. Consiste en dos tapas (por lo general redondas) de hojaldre de manteca (4) rellenas con crema de almendra o frangipana, es decir una mezcla de yema, almendra en polvo o picadita fino fino y azucar. Hasta en Bruselas y toda la zona belga de habla flamenco, se dice que esta es la receta tradicional (con el nombre de Driekoningentaart en neerlandés y galette des rois en francés). ¡Pero por favor! Así no puede ser...

De nos jours, il est bien difficile de trouver la façon dont on fêtait alors les rois. On répète à satieté que la galette des rois est très traditionnelle et très ancienne. Ce qui est faux. Cette galette, originaire de Pithiviers, ne s'est imposée à tout le pays et au-delà, en Belgique par exemple, de part et d'autre de la frontière linguistique, qu'au cours du xxe siècle, quand Paris s'est mis à donner le ton à l'ensemble de sa zone d'influence, au détriment des traditions régionales, qui peu à peu refont surface aujourd'hui. Ainsi la galette des rois, que les Flamands appellent la driekoningentaart, a-t-elle effacé de la mémoire collective des tas d'autres spécialités que San Martín et ses contemporains ont dû connaître et sans doute apprécier...

Bruxelles - rue de la Fiancée (dans le Pentagone).
Photo (Louis Ghémar) prise en 1867, peu avant que la Senne ne soit couverte.
Au fond, j'ai un peu de mal à identifier cette église. Peut-être Notre-Dame du Finisterre.
San Martín a habité de 1825 à 1831 dans un appartement
situé dans ce long corps de bâtiment à gauche, au premier plan.
En face, à droite, des ateliers de brasseurs, tanneurs, tripiers et meuniers,
dont les eaux usées se déversaient dans la rivière.
Une véritable infection, qui conduisit les autorités à la recouvrir
à la grande époque de l'hygiénisme urbain qui avait inspiré Haussmann à Paris.

Así que investigué buscando algo verosímil y me parece que al pensar en los Días de Reyes que disfrutó San Martín varias veces en su destierro de Bruselas (entre 1825 y 1831, salvo en el 1829, cuando estaba viajando hacía Buenos Aires en ese intento de regreso frustrado) así como en Boulogne-sur-Mer, donde conoció sólo dos veces esta fiesta, el 6 de enero del 1849 y nuevamente en el invierno del 1850, podemos fijarnos en la receta de galette flamande, que todavía existe en la zona francesa de Flandres, es decir una parte importante de la Région Nord-Pas-de-Calais.

Pour cette raison, je me suis plongée à nouveau dans des recherches et j'ai été surprise de constater à quel point une information un tant soit peu vraisemblable était difficile à trouver. Sauf bien entendu pour les recettes parisiennes, car la galette des rois y est connue depuis le Moyen-Age comme un gâteau plat mêlant farine, beurre (ou autre matière grasse) et miel (ou autre produit sucrant), tout dépendait de l'époque et du pouvoir d'achat du consommateur, puisque la frangipane, arrivée en France à la Renaissance, avec nos reines italiennes, n'a dû gagner la galette populaire des Parisiens que sur le tard. La preuve en est que certains boulangers de Paris proposent encore aujourd'hui des galettes sèches, beaucoup moins chères que les fourrées. Je n'avais donc que médiocrement envie de me pencher sur ce produit trop passe-partout, et qui plus est galvaudé par l'industrie agro-alimentaire. Les grandes spécialités régionales m'intéressaient davantage : la couronne des rois à Bordeaux, le roscon des rois en Catalogne, des deux côtés des Pyrénées (et il y a un côté où il n'a jamais disparu, au sud), la galette bressane, ou, et voilà où je voulais en venir, la galette flamande, une spécialité du Nord-Pas-de-Calais qui résiste encore et toujours au parisianisme envahissant. Elle a quelques chances d'avoir un jour réjoui les papilles de San Martín, que ce soit dans une version bruxelloise (sept Epiphanies passées à Bruxelles) ou à Boulogne-sur-Mer, où il en connut deux, en 1849 et 1850.

Je suis donc allée fouiller dans la bibliothèque familiale et sur les grimoires du xixe siècle que la Bibliothèque Nationale (de France) met à disposition des internautes ainsi que sur quelques sites régionalistes ou culinaires, comme le blog de la Dunkerquoise Suzan Willemet, à qui j'ai emprunté la photo. Côté bibliographie : le Cours d'enseignement ménager par une Institutrice publique du département du Nord, cours moyen, 1902 (d'après les programmes officiels de 1882) vaut son pesant d'or, Le Nouveau manuel complet du Pâtissier par M. Leblanc en 1922 nous parle de la galette flamande comme d'un biscuit sec à la cannelle (peut-être une variante du spéculoos) et La vraie cuisine de l'Artois, de la Flandre et de la Picardie, Collection La Cuisine de Chez Nous », éditions Quartier Latin, La Rochelle, 1973 de Roger Lallemand (5), qui emploie de la levure chimique qui détrônait dans les années 60 et 70 la levure de boulanger, qu'a sauvée le processus de lyophilisation en en rendant l'emploi beaucoup plus commode pour nos emplois du temps modernes. Il est par ailleurs difficile de suivre les traités du début du XIXe siècle, parce qu'ils n'emploient pas les mêmes mesures que nous et ne respectent pas nos actuels critères de précision. A partir de toutes ces sources, j'ai tenté de reconstituer ce qui a pu exister.

Buscando en la biblioteca familiar y los antiguos libros de finales de siglo 19- principios del siglo 20 así como algunas páginas Internet costumbristas y gastronómicas, como el blog de la señora Suzan Willemet, de Dunkerque (foto arriba), logré reconstituir una receta que, según parece, podría ser fiel a la época...

Ingredientes (para una familia grande o para 15 o 16 porciones – Pour une grande famille ou 15 à 16 parts)

450 gr harina de trigo – 450 gr de farine de blé (de préférence T55, une farine trop fine pour les possibilités techniques contemporaines à la Monarchie de Juillet. Elle n'existait pas encore mais vive le progrès !)
3 huevos – 3 œufs
(hay recetas donde se reemplaza un huevo por cierta cantidad de líquido, como leche. Dans certaines recettes, on remplace un œuf par du lait.
Está muy probable que en aquel entonces, en este momento del año, pleno invierno, no había ni huevo ni leche y que el líquido podía ser cerveza, con poder para levar, y la grasa de la yema se reemplazaba por manteca de cerdo o un cantidad más de manteca de leche. Il est très probable que sous la Monarchie de Juillet, on n'employait ni œufs ni lait à cette époque de l'année. Le liquide devait donc être apporté par la bière, qui a un pouvoir levant grâce à ses levures, et le gras du jaune d'œuf par du saindoux ou une quantité supplémentaire de beurre.)
50 g azucar (lo mejor sería poner azucar cassonnade, él de remolacha, un azucar bien especifico del Norte de Francia, Bélgica y Paises Bajos). 50 g de cassonade, blonde si vous voulez vous rapprocher d'un dessert bourgeois, brune si vous préférez un résultat plus proche d'une nourriture populaire.
150 g manteca de leche – beurre.
50 g de levadura fresca – un cube de 50 gr de levure de boulanger fraîche ou un sachet de levure lyophilisée, soit 8 gr environ (le poids du sachet dépend des marques).
125 gr de pasas o frutas glaseadas como cáscaras de naranja por ejemplo – 125 gr de raisins secs ou de fruits confits, en particulier des écorces d'orange
1 pincelada de sal – 1 pincée de sel

Y para el toque final, azucar impalpable, cáscaras de naranjas glaseadas o azucar candi (o pedazitos transparentes de azucar, muy especiales de esta zona de Europa). Pour le décor final, du sucre glace, des écorces d'orange confites ou du sucre candi, blanc ou noir à votre convenance (voir plus haut : à l'inverse d'aujourd'hui, les produits les plus sombres, donc les moins raffinés, étaient aussi les moins chers, donc les plus populaires. Comme ils sont aussi les plus goûteux, leur valeur marchande s'est renversée de nos jours).

Esponja de levadura
mezclar 40 gr de harina con un vasito de agua tibia, una pincelada de azucar y la levadura. Dejar que leve durante una media hora.

Levain
mélanger 40 gr de farine avec un fond de verre d'eau tiède, une pincée de sucre et délayer la levure dans ce mélange. Laisser reposer et lever pendant une demi-heure.

Bollo liso
Mezclar y amasar lentamente la harina, los huevos, el azucar y la esponja de levadura hasta conseguir una masa elástica y lisa, que no pegue a los dedos. Añadir agua (o leche, o cerveza) si falta líquido (depiende de la calidad de la harina). Seguir amasando al añadir la manteca a punto pomada.
Dejar que leve una hora como mínimo.

Pâte
Mélanger et pétrir la farine, les œufs, le sucre et le levain jusqu'à obtenir une belle pâte bien élastique et homogène qui ne colle pas aux doigts, ajouter, le cas échéant, du liquide (eau, lait, bière), tout dépend de la qualité de votre farine et de ses capacités d'absorption. Puis toujours en pétrissant, incorporer le beurre, en pommade ou en petits morceaux.
Laisser reposer et lever dans un endroit chaud pendant au moins une heure.

Segundo amasado
Una vez levado el bollo, repitir el amasado añandiendo une pincelada de sal y las frutas (pasas o cáscaras o frutas glaseadas). Lo probable es que en el tiempo de San Martín, se ponía también nueces, avellanedas y/o almendras picaditas, como se hace en el Christmas Pudding. Dejar levar otra hora más.

Second pétrissage
Une fois la pâte levée, répéter le pétrissage en ajoutant la pincée de sel et les fruits (raisins secs, écorces d'orange ou fruits confits).
Il est probable qu'au temps de San Martín, on enrichissait volontiers cette brioche (proche du cramique belge) avec des noix, des amandes, des noisettes hachées ou concassées, comme cela se fait pour le Christmas Pudding, de l'autre côté de la Manche.
Laissez lever une deuxième fois.

Mientras se calienta el horno (moderado), se forma la galette en un papel horno o una placa enmantecada como un disco redondo de 2 o 3 dedos de espesor. Dejar levar otra vez.
Antes de ponerlo en el horno se puede adornar pincelandolo con azucar diluida en leche o poniendole encima sucre candi o pedazos de cáscaras de naranja glaseadas dibujando una flor, una estrella o lo que quiera.
Se pone en el horno durante 45 mn, vigilandolo para que no se queme

Pendant que le four préchauffe (180°), former un disque de pâte de deux ou trois doigts d'épaisseur sur un papier-cuisson ou sur une plaquer beurrée. Laisser lever encore une fois.
Avant d'enfourner, on peut décorer le dessus du gâteau avec du lait additionné de sucre, des cristaux de sucre candi ou des lamelles d'écorce d'orange confite en dessinant selon votre goût une fleur, une étoile ou tout ce que vous voulez.
Enfournez pour 45 mn en surveillant la surface (elle ne doit pas brûler).

Dejar enfriar y cortar la torta en dos discos para rellenarla.

Laisser refroidir et couper la galette en deux pour pouvoir la fourrer.

El relleno :
Acá existe muchas variantes. Lo más moderno me parece lo de la mezcla de crème pâtissière y crème au beurre. Las fuentes dicen que eso es lo tradicional. Y a mí me parece una mentira. Porque hace muy poco tiempo que se puede hacer crème au beurre con manteca cruda de buena calidad en invierno, por la técnica del frío industrial. Antes, no se podía tener en invierno manteca de leche saborosa para usarla cruda en un postre (era salada, vieja, sólo podía comerse cocida). También porque esta mezcla está demasiado parecida a unas creaciones de la década 60, las de Alexandre Micka en Saint-Tropez (Tarte Tropézienne) y Gaston Lenôtre en París, que revolucionaron la pastelería francesa.
A principio del siglo 19, podría ser que no había relleno ninguno y que se ponía el hueso (6) que permite elegir al rey del día dentro de la masa, antes de levar por última vez y hornear, como existe todavía en galette bressane. Un poco más tarde en el siglo 19, parece que llegó la confitura de naranja y sólo después de la segunda guerra mundial esta crema espumosa, espesa y lujosa que se luce hoy, como competidora de la frangipana de la galette "nacional".

La garniture :
Ici, il existe de nombreuses variantes. Ce qu'on fait de plus moderne me semble être une garniture mêlant crème pâtissière et crème au beurre. Les sources que j'ai consultées en parlent comme de la garniture traditionnelle mais cela me paraît être une légende. En effet, il n'y a que peu de temps qu'on peut en plein hiver faire une crème au beurre, car elle demande du beurre cru d'excellente qualité. Or autrefois, le beurre d'hiver était du beurre salé et la plupart du temps ranci. On ne pouvait l'utiliser qu'en cuisson. Le beurre cru pâtissier en hiver est un progrès apporté par la technologie du froid industriel et domestique. C'est donc récent. Qui plus est, cette recette qui mélange les deux appareils me rappellent un peu trop les inventions d'Alexandre Micka avec sa célèbre tarte tropézienne et de Gaston Lenôtre, ce qui ne peut guère nous faire remonter au-delà des années 1960...
Au début du XIXe siècle, il est probable qu'il n'y avait pas de garniture dans cette galette, qu'on y mettait la fève avant la dernière levée de la pâte et donc avant la cuisson, comme on le pratique encore avec la galette bressane. Un peu plus tard dans le siècle, du vivant de San Martín, ou peut-être déjà après sa mort, il semble que la confiture d'orange ait fait son apparition. Ce qui n'a rien d'étonnant eu égard aux échanges commerciaux incessants avec la côte de la Manche sur le continent et, de l'autre côté, le Kent et le Pays de Galles dont la cuisine peut témoigner sur le littoral du continent. Et après la seconde guerre mondiale, pendant les Trente Glorieuses, avec la généralisation du réfrigérateur, cette garniture mousseuse et très riche a pu apparaître pour concurrencer l'épaisseur de la frangipane de l'autre galette qui envahissait alors tout le pays.

Gravure anonyme datant au plus tard de 1842 et où l'on reconnaît assez bien la Ville Haute telle qu'elle se présente aujourd'hui encore, avec les plots, les chaînes et les becs de gaz qui délimitent le trottoir. Le buste semble être celui d'Henri II, sous toute réserve.
En tout cas, grâce à ce croquis, on peut donc imaginer les promenades du vieux général, presque aveugle, au bras de ses deux petites-filles, qui étaient alors de jeunes demoiselles.


(1) Eso es un secreto francés. Se llama Côte d'Opale todo el litoral marítimo de Boulogne-sur-Mer... ¡Je je je!
(2) Ne disait-on pas à l'époque "valoir une pêche au Chili" comme on dit aujourd'hui en français "valoir trois fois rien" ?
(3) Il est plus que probable que ses problèmes de santé venaient davantage des charges de l'Etat qui lui répugnaient et de la détestable apathie des Péruviens dans cette première année de leur indépendance, que du climat météorologique à proprement parler.
(4) Para los lectores de España: manteca = mantequilla. No confunden con manteca de cerdo. En français : manteca ici, c'est le beurre. A ne pas confondre avec le saindoux (manteca en Espagne). Ah, les pièges linguistiques, ne m'en parlez pas !
(5) chef et professeur de cuisine, membre titulaire de l'Academie Culinaire de France (excusez du peu) mais les chances ne sont pas minces que cet ouvrage soit épuisé depuis belle lurette.
(6) Adentro de cada especialidad de Reyes, se pone un objetito duro y pequeño que al principio era un hueso de fruta o un poroto, alubía, judía etc. o una faba (fève) seca. En las casas ricas se ponía una moneda de plata u oro y desde hace algo más de un siglo se usa una figurita que puede representar cualquier cosa... El que la encuentra en su porción se reconoce como el rey de la fiesta y se lleva la corona de papel dorado que va con la galette. A ver todo este material festivo en la página Web de algun negocio que fabrica y vende fèves des rois en Francia.

samedi 5 janvier 2013

Vu des antipodes [Actu]


En Argentine comme dans le reste de l'Amérique du Sud, les cadeaux continuent d'être offerts aux enfants au jour de l'Epiphanie et ce sont les trois Rois Mages qui sont censés les distribuer aux enfants sages (à ce propos, vous pouvez vous reporter à mon article du 5 janvier 2009 sur le tragique tango Noche de Reyes -nuit d'Epiphanie en français- et la milonga Papá Baltazar, beaucoup plus douce, qui traite de ce sujet avec toute la fantaisie et l'engagement social du poète Homero Manzi) (1). En Espagne, peu à peu, la coutume s'installe de donner les cadeaux le jour de Noël comme dans la majorité des autres pays d'Europe car le lendemain, l'école reprend et l'attente est trop longue pour les enfants et le temps laissé pour profiter des nouveaux jouets trop réduit...

En Argentine au contraire, on peut faire patienter les bambins jusqu'au 6 janvier (2), les grandes vacances commencent à peine. Ils auront tout le temps de profiter de leurs cadeaux jusqu'à la rentrée des classes, fixée traditionnellement au 1er mars. Or donc les enfants ont écrit des lettres à l'un ou l'autre des Rois Mages, parfois aux trois (on n'est jamais assez prudent) et le 6 janvier tombant cette année un dimanche, c'est tout le week-end qui se transforme en fête avec défilés, déguisements, distribution de friandises et tout ce qu'il faut pour amuser les petits en attendant le réveil demain matin, avec la découverte au pied du sapin des souliers mystérieusement chargés pendant la nuit.

Daniel Paz et Rudy profitent de l'occasion pour croquer leur vision de la crise européenne. Le dessin est drôle mais il est aussi très cruel (pour nous en tout cas) et comme vous le voyez, les deux complices ont vite fait d'identifier de loin le coupable de la crise, comme le font par ailleurs tous leurs collègues de la rédaction de Página/12. Ils n'y vont pas par quatre chemins : c'est bien à l'Allemagne d'Angela Merkel que profiterait la politique de restriction budgétaire, sans plus de nuances... Mettez l'Argentine de 2001 à la place de la Grèce et les Etats-Unis à la place de l'Allemagne, et vous comprenez pourquoi ce matin leur humour est si caustique et si peu bon enfant contrairement à ce que l'on aurait attendu d'eux en cette veille de fête.


Le journaliste : La rigueur continue pendant la fête des Rois ?
Le représentant de l'Union Européenne : Oui. Tout ce que les enfants grecs ont pu demander sera offert aux enfants allemands.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce n'est pas tout à fait exact et cela renvoie les Européens aux horreurs de l'occupation pendant la seconde guerre mondiale plus qu'à la réalité actuelle, mais ça fait réfléchir, non ?


(1) Papá Baltazar fait partie de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, Editions du Jasmin, où il figure, en texte original et en traduction, à la page 114. Noche de Reyes est aussi présenté à la page 36.
(2) En France et en Belgique, l'Epiphanie a été reportée du 6 janvier au premier dimanche suivant le Jour de l'An. Dans les pays hispanophones et en Italie, c'est l'Ascension qui a été déplacée du traditionnel jeudi situé quarante jours après Pâques (conformément à la symbolique numérique des Ecritures) au dimanche suivant, qui reste en pays francophones et ailleurs le septième dimanche de Pâques, tout juste une semaine avant la Pentecôte. Comme quoi, l'Eglise catholique est beaucoup moins monolithique qu'on veut bien le dire...

"Les gens n'auront qu'à chercher un autre mode de transport !" [Actu]


"La gente tendrá que buscar otras formas de viajar". C'est par cette phrase brutale pour les usagers des transports en commun et pleine de morgue que Mauricio Macri a voulu clore la discussion sur la fermeture, contestée et semble-t-il contestable, de la ligne A du métro portègne (subte), qui aura bien lieu du 12 janvier au 8 mars 2013. Soit toute la saison estivale, toute la période des vacances où les secteurs économiques non touristiques travaillent avec un personnel réduit du fait des congés et où le secteur touristique a besoin d'une ville aussi peu congestionnée que possible du point de vue du trafic automobile et de la pollution qui en dérive...

Aucune des propositions alternatives n'a bien entendu été retenue par le Gouvernement portègne. Il faut dire qu'elles étaient proposées par les syndicats de cheminots et que Macri n'envisage plus jamais d'avoir le moindre geste de conciliation envers eux. D'ailleurs, ce n'est même pas lui qui s'est chargé d'annoncer la mauvaise nouvelle au public, il est en vacances et se dore à la plage. Il a laissé cette tâche ingrate à Juan Pablo Piccardo, Directeur du service d'Etat encore en charge du métro de Buenos Aires.

Sur le portail officiel de la Ville, il est très difficile de trouver une quelconque information sur cette fermeture, malgré l'impact qu'elle ne peut manquer d'avoir sur la vie quotidienne des Portègnes et la plupart des touristes (qui ne sont pas tous, loin de là, des gens fortunés se déplaçant en voiture de maître avec chauffeur incorporé !). On n'en trouve pas non plus sur la page d'accueil de la société concessionnaire du métro, Metrovías, ce qui est encore plus étonnant. De là à croire que les opposants à la mesure ont bel et bien raison et que cette fermeture ne se justifie pas, il n'y a qu'un pas. Quand un élu prend une mesure légitime, il n'a aucun mal à présenter ses arguments et à défendre sa décision. En l'occurrence, rien, le silence, et débrouillez-vous comme vous pouvez.

On s'en tient donc à la presse. Página/12 maintient son cap en faisant un large écho aux positions des représentants du personnel roulant. Clarín fait semblant de ne rien voir et soutient vaille que vaille la décision du PRO. Quant à La Nación, elle reprend à son compte les interprétations tirées par les cheveux que Macri a faites des conclusions des rapports d'audit qu'il a demandé et dont Página/12 révèle le prix qu'elles ont coûté (c'est bonbon !).
Cacophonie assurée dans la communication politique et chaos des transports à la surface pour près de deux mois...

Le plus émouvant des articles est sans doute celui de La Nación, qui reprend une poignée de réactions très nostagiques de certains lecteurs...

"Me encantaban esos coches, estaban llenos de recuerdos; deberían jubilarlos en algún lugar de privilegio."
Patricia Centurión

Je les trouvais pleines de charme, ces voitures. Elles étaient pleines de souvenirs. Il faudrait les mettre au rancard dans un endroit qui ait de la classe.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

"Los utilicé en el año 76, haciendo la colimba. Todos los días lo tomaba a las 5.50 desde Castro Barros hasta Av. de Mayo. Toda una experiencia para un chico pueblerino que no tenía idea de lo que era una ciudad enorme como Buenos Aires. Recuerdo que los vagones se bamboleaban tanto que a mí me parecía muy peligroso, más cuando se cruzaba con el tren que venía de frente."
Marcelo Abdala

Je les ai pris en 1976, quand je faisais mon service. Tous les jours, je prenais [le métro] à 5h50, de la station Castro Barros (1) jusqu'à Avenida de Mayo (2). C'était toute une expérience pour un jeune de la campagne qui n'avait aucune idée de ce qu'était une ville énorme comme Buenos Aires. Je me souviens que les wagons brinquebalaient tellement que ça me paraissait très dangereux à moi, surtout quand on croisait le train qui venait de l'autre côté.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

"Mi recuerdo es de la infancia; cuando viajábamos en familia, pedíamos ir al último asiento del último vagón y entonces con mis hermanos, mirábamos por la ventana la oscuridad de los túneles y fabulábamos con monstruos y fantasmas, era muy gracioso. Con respecto a los vagones son los 'MÁS LINDOS', ojalá los mantengan como atracción turística."
Georgina Lambruschini

Pour moi, c'est un souvenir d'enfance. Quand nous nous déplacions en famille, nous demandions à nous asseoir sur le dernier siège du wagon de queue et alors avec mes frères et sœurs, on regardait par la fenêtre le noir des tunnels et on s'inventait des monstres et des fantômes. C'était très drôle. Pour les wagons, ce sont les PLUS CHOUETTES. Pourvu qu'on les préserve comme attraction touristique.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

D'après Clarín, Piccardo a déclaré que quinze de ces voitures historiques que l'on s'apprête à mettre au rancard seront sauvegardées, restaurées (beaucoup d'entre elles ont été taguées et abîmées par les mêmes vandales urbains qui dévastent toutes les grandes villes du monde occidental), et réservées à des parcours touristiques. Página/12 ajoute que Piccardo a tenu à démentir les rumeurs lancées, dans une blague sinistre et cynique, par le Premier ministre portègne (voir mon article du 30 décembre 2012) : aucune voiture ne sera détruite, celles qui ne font pas partie du lot destiné aux futurs parcours touristiques, seront toutes cédées à des associations culturelles ou touristiques pour des projets en lien avec le patrimoine. On se demande bien cependant sur quels parcours touristiques nos quinze rescapées pourraient bien être utilisées puisque elles ne supporteront plus le nouveau voltage de la ligne A, monté pour les besoins des voitures made in China qui vont leur succéder, ni aucun autre voltage d'aucune autre ligne.

Ces voitures de fabrication chinoise dont le délégué syndical du métro ironise quant aux prétendues avancées technologiques dans Página/12 :
“La gente va a viajar más hacinada pero con aire acondicionado. Los trenes de madera no tienen problemas de seguridad. Lo que dice la auditoría es que es tecnología obsoleta: el sistema de señales y de frenado es mecánico y no electrónico. Pero los que van a poner tampoco lo van a tener”

Les gens vont voyager encore plus serrés comme des sardines mais avec l'air conditionné. Les trains de bois n'ont pas de problème de sécurité. Ce que dit la société d'audit, c'est que la technologie est obsolète. Le système d'alerte et de freinage est mécanique et non pas électronique. Mais ceux qu'on va mettre à la place, ils ne l'auront pas non plus [le système électronique].
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :


(1) A mon tour d'exprimer ma propre nostalgie... La station Castro Barros, du nom d'un député au Congrès de Tucumán, l'assemblée qui déclara l'indépendance le 9 juillet 1816, a longtemps été la mienne lorsque j'habitais à Almagro, pendant mes séjours à Buenos Aires. Cela m'a fait trois séjours comme on dit familièrement et je garde des souvenirs précis de cette station et de ces wagons, que depuis trois autres années, je prenais à Perú, nettement plus à l'est.
(2) J'ignore à quelle station il se réfère parce que la ligne dessert plusieurs arrêts sur Avenida de Mayo. Peut-être veut-il parler de Plaza de Mayo.

vendredi 4 janvier 2013

Le premier rendez-vous de l'année : Livre à Part à Saint-Mandé [ici]


Première séance de dédicace 2013 pour l'auteur de ce blog, le samedi 19 janvier, de 11h à 19h, au Salon Livre à Part de Saint-Mandé (94), sur le stand des Editions du Jasmin.

Ce sera ainsi la première sortie du petit dernier, mon premier livre sur le général José de San Martín (1), San Martín, à rebours des conquistadors, sorti le 20 décembre 2012, aux Editions du Jasmin, dans la collection Signes de Vie (2).

J'y présenterai aussi ses deux grands frères, des recueils bilingues consacrés au tango, dont mes lecteurs connaissent déjà les titres :
Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru en mai 2010 au Jasmin
et Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, paru en janvier 2011 chez Tarabuste Editions.
Tout ça en attendant, à la fin de l'hiver ou au début du printemps, la sortie de la version française de Tango Negro, de Juan Carlos Cáceres, dont j'ai réalisé la traduction et les commentaires (3).

Comme d'habitude, à Livre à part, je tiendrai tous les rôles qui me sont dévolus dans un salon : dégustation gratuite de mate pour qui veut (je rapporte moi-même la yerba d'Argentine à chaque voyage), dédicace et échange-débat avec tous les lecteurs intéressés par mes sujets de recherche et de surcroît, à mes moments perdus, je jouerai à la vendeuse (sur un stand, il faut bien s'entraider. En tout cas, c'est comme cela que je conçois mon partenariat avec mon éditeur et ma participation à un salon du livre. C'est d'ailleurs beaucoup plus riche de rencontres humaines que si je m'en tenais au rôle -que j'abhorre- de l'auteur amidonné dans sa séance de signature...)

Le salon Livre à Part, dont c'est la quatrième édition, est une manifestation organisée par la ville de Saint-Mandé, dans la somptueuse salle des mariages de l'Hôtel-de-Ville (métro Saint-Mandé-Tourelles), pour faciliter les contacts entre le public et les petits éditeurs indépendants (une forme de circuit court producteur-consommateur mais en version culturelle !). Le salon compte donc un petit nombre d'exposants mais il met à la disposition de chacun d'eux une jolie surface, ce qui autorise une présentation généreuse de catalogues qui se distinguent par leur originalité et souvent par leur audace de ceux des grosses maisons avec pignon sur rue, celles dont l'assise financière leur permet d'acheter des espaces publicitaires un peu partout dans nos magazines, nos quotidiens et même, parfois, sur nos murs...

Le salon est une manifestation à entrée libre et gratuite. Il se tient le samedi 19 et le dimanche 20 janvier 2013, de 11h à 19h.

En ce qui me concerne, il est prévu que je ne sois présente sur le salon que le samedi mais tous les livres du catalogue, les miens aussi par conséquent (y compris celui que j'ai publié chez Tarabuste), seront disponibles sur le stand du Jasmin jusqu'à la fermeture le dimanche soir.



Pour en savoir plus sur les Editions du Jasmin :
visitez leur site Internet (dont le lien est présent en permanence dans la Colonne de droite, rubrique Cambalache)
Pour en savoir plus sur mes livres sans quitter Barrio de Tango :
mes articles sur Deux cents ans après
Pour en savoir plus sur la manifestation elle-même :
voir la page de Livre à Part sur le site de la mairie de Saint-Mandé.


(1) Il y a en un second en préparation. Pas encore totalement terminé... Parution prévue à la fin de l'année. Aux Editions du Jasmin.
(2) Signes de Vie présente des biographies tout public, délibérément non savantes, de grandes personnalités historiques, qui peuvent être des artistes (les frères Grimm, Arthur Conan Doyle, Frida Kahlo, Vincent Van Gogh, Frédéric Chopin, George Sand), des intellectuels (André Malraux, Simone de Beauvoir) ou des hommes politiques, comme San Martín et un tout prochain Jean Jaurès qui doit paraître dans les semaines qui viennent, en même temps qu'un Pierre Caron de Beaumarchais...
(3) L'essai original a été écrit pour un public argentin et il est difficilement compréhensible pour la majeure partie des lecteurs européens, parce qu'il ne cesse de se référer à une histoire argentine dont nous ne connaissons pas le premier mot. Au-delà de l'indispensable traduction, mon travail sur ce livre a donc consisté à remettre les propos de Juan Carlos Cáceres dans leur contexte hyper-sud-américain, en soulignant le caractère parfois polémique de ses prises de position, comme s'en doutent tous ceux qui l'écoutent parler sur ces sujets avec la flamme qui le caractérise. Cet homme est un militant du genre bagarreur ! Il aime secouer le cocotier des études sur le tango. L'ouvrage paraîtra aux Editions du Jasmin, hors collection, comme Barrio de Tango. La date exacte sera fixée dans quelques semaines et les lecteurs de Barrio de Tango (le blog) en seront bien entendu informés dès que l'éditeur me donnera le feu vert.