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vendredi 10 juillet 2026

Au Te Deum de l’Indépendance, Milei se fait sonner les cloches [Actu]

"Que l'injustice ne te soit pas indifférente", dit le gros titre
en citant l'archevêque dans son homélie hier
devant un Milei seul au premier rang, comme le mauvais élève
qui se fait taper sur les doigts
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Hier, 9 juillet, c’était l’anniversaire de la déclaration d’indépendance, votée en 1816 à Tucumán, par une poignée d’élus venus de toute l’Argentine d’alors. A cette occasion, il est d’usage que le chef de l’État assiste à la cathédrale de Tucumán ou de Buenos Aires à un Te Deum. En l’occurrence, ce fut à la cathédrale de Buenos Aires et dans son homélie, l’archevêque n’a pas mâché ses mots.

"Te Deum : l'Eglise dénonce les refuges de la
corruption dans le monde politique", dit le gros titre
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Monseigneur García Cueva a rappelé à Javier Milei qu’il devait garantir l’union des Argentins et écouter tous les habitants du pays, notamment les plus fragiles, les plus vulnérables, les malades, les invalides, les retraités, les enfants des familles défavorisés, les chômeurs, les immigrés venus trouver en Argentine une vie un peu plus prospère que dans leur pays d’origine (Pérou, Colombie, Paraguay, surtout), etc. En effet, la politique menée par ce gouvernement a aggravé la situation de toutes ces catégories : les hôpitaux ne peuvent plus fonctionner normalement et soigner tout le monde, l’école publique est abandonnée au profit du système privé, les immigrés sont menacés d’être expulsés à la mode des États-Unis de Trump, les handicapés ont souvent perdu leurs allocations sous prétexte que c’est une affaire privée et que leurs familles n’a qu’à s’occuper d’eux, le chômage a augmenté de façon spectaculaire puisque de nombreuses entreprises ont mis la clé sous la porte et le travail au noir a lui aussi bondi, ce qui prive ces travailleurs de protection sociale, et la liste n’est pas finie.

Pas de gros titre à ce sujet à la Une de La Nación
L'info est traitée en haut de la colonne de droite
"L'Eglise dénonce les refuges de la corruption"
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Parallèlement à cette paupérisation organisée contre la population, la corruption des gouvernants est manifeste, or Milei a fait précisément campagne sur la lutte contre la corruption dont il accusait tout le monde sauf lui et sa poignée de partisans.

L’archevêque a marqué les esprits puisque le contenu de son homélie est repris ou commenté par la presse, de gauche comme de droite.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 8 juin 2026

Un adieu organisé par l’opposition en banlieue [Actu]

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Vendredi dernier, le gouvernement de Javier Milei et ses tristes alliés ont refusé le concours de la puissance publique à la famille de El Indio Solari pour organiser ses funérailles à la hauteur de la demande et pour assurer la sécurité des personnes et des biens, malgré les besoins plus qu’évidents. Le président de la Chambre, le gluant arriviste Martín Menem, qui n’est autre que l’un des petits-enfants de feu l’ancien président Carlos Menem, celui que Milei respecte le plus et auquel il aimerait tant ressembler, a refusé tout net de mettre à disposition de la veillée funèbre les locaux du Congrès en prétextant que ce bâtiment ne se prêtait pas à ce genre de manifestation. Ce qui est totalement faux : le Congrès a accueilli les hommages populaires et nationaux au président Néstor Kirchner en 2010, à la chanteuse et compositrice Mercedes Sosa et à Diego Maradona, quelques années plus tard. Les trois veillées ont attiré une foule immense, démonstrative et brisée de chagrin sans qu’aucun incident n’ait été à déplorer. Le bâtiment est parfait pour accueillir ce genre d’événement grâce à l’immense place qui le jouxte et où les forces de l’ordre peuvent canaliser la foule et les moyens de secours être déployés.

"Voilà à quoi nous ressemblons", dit la légende de ce dessin
de Miguel Rep, hier, sur le site de Página/12
Pour une fois, les Malouines manquent sur cette carte
où l'Argentine est couchée, le nord à droite, le sud à gauche

Devant une telle mauvaise volonté, aussi cruelle que méprisante, c’est Máximo Kirchner, le fils de Néstor et Cristina Kirchner, aujourd’hui leader d’un des mouvements péronistes (un peu extrémiste sur les bords pour être franche) et grand ami personnel du chanteur et de sa famille, qui s’est chargé de trouver une solution. Surmontant ses différends politiques et sa rivalité avec d’autres dirigeants péronistes tout aussi ambitieux que lui, il a pris son téléphone pour appeler le gouverneur de la Province de Buenos Aires puis le maire de Avellaneda, une ville de la banlieue populaire et ouvrière sur la limite sud de la capitale fédérale. Les trois hommes ont désigné à la hâte un lieu capable d’accueillir la foule et ils ont mis sur pied le dispositif de sécurité nécessaire en faisant appel aux forces de l’ordre provinciales. Le cercueil fermé, autopsie oblige, a alors été transféré au Centre Multisport Gatica de Villa Domínico, à Avellaneda.

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Samedi soir, dès que le lieu de la cérémonie a été connu, on a vu se former une file d’attente sur la route qui relie Buenos Aires au Gatica, une file longue de sept kilomètres et d’environ un million de gens de tous âges, attendant debout, à pied, de rendre un dernier hommage à l’artiste disparu, malgré la pluie et le froid qui auraient pu arrêter plus d’un pèlerin. Les fans portaient des vêtements à l’effigie de leur idole disparue, des pancartes et des banderoles pour le remercier de ce qu’il a été pour eux, certains ont dessiné son visage à même la chaussée ou sur les murs environnants, et ils ont ainsi cheminé jusqu’à la chapelle ardente où ils se sont recueillis dans le calme et une dignité à l’argentine devant un cercueil en bois aux reflets dorés au-dessus duquel flottait la mention « Indio 1949-∞ » en lettres de lumière.

A droite, les photos de la foule dans la rue
avec en bas ce visage du chanteur dessiné sur la chaussée
A gauche, les maillots d'équipes de foot que les fans
ont jeté vers le cercueil en signe d'hommage
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La chapelle devait ouvrir ses portes hier, dimanche, à 11 h du matin. Il a fallu avancer l’ouverture à 9 h et c’est seulement ce matin, lundi, à 8 h que la famille a estimé devoir conclure la veillée publique pour procéder aux obsèques proprement dites dont elle n’a révélé ni les modalités ni le lieu, afin de se réserver un peu d’intimité.

En photo principale, la foule des fans à
l'approche du Gatica
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Ce matin, l’épouse (depuis 45 ans) et le fils de El Indio ont publié sur les réseaux sociaux un texte serein et très beau pour remercier tous ces inconnus qui se sont déplacés pour rendre ce dernier adieu. Ils les invitent à faire perdurer la vie du disparu à travers sa musique à jamais vivante.

Le message de remerciement de la famille,
ce matin
"C'est fait. Toutes celles et tous ceux qui ont eu la possibilité
de venir pour lui dire adieu l'ont fait. Maintenant,
la pluie nous renvoie chez nous, pour rester dans la peine
intérieure et nous souvenir de lui comme il était : humain, infini..."
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Ce matin aussi, tous les journaux d’envergure nationale ont tenu à évoquer et à mettre à leur Une cet événement exceptionnel auquel ce gouvernement de sinistres brutes a choisi délibérément de tourner le dos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 15 juin 2026 :
lire cette analyse de l’historien de la musique Sergio Pujol parue dans Página/12 aujourd’hui sur ce qu’a été El Indio Solari dans le patrimoine argentin


Ajout du 10 juin 2026 :
El Indio Solari a été incinéré lundi soir au cimetière de Lanús où ses cendres ont été déposées au cours d’une cérémonie réservée à ses proches.
A ce sujet, lire l’entrefilet de Página/12
lire l’article de Clarín

vendredi 5 juin 2026

Mundial de la Yerba Mate à Buenos Aires ce week-end [à l’affiche]


Entre aujourd’hui, vendredi 5 juin 2026, et dimanche prochain, tous les jours à partir de 14h, se tient à Buenos Aires, au Museo del Mate, sur Avenida de Mayo, le premier Mundial de la Yerba Mate où de très nombreuses marques élaborées en Argentine, en Uruguay, au Paraguay et au Brésil vont être goûtées, évaluées, jugées et classées, comme on le fait avec les vins, par un jury de 43 experts provenant de onze pays différents.

Les dégustations se feront à l’aveugle. 400 produits participent au concours. Sur inscription préalable, le public pourra lui aussi participer et goûter les produits participants.

A côté du concours stricto-sensu, ce Mundial propose aussi des conférences, des tables-rondes, des ateliers et des expériences interactives, tant au Museo del Mate qu’à la Academia Nacional del Tango, dont le siège est juste à côté, ce qui permettra d’accueillir plus de monde.

La manifestation est ouverte au public dans la mesure des places disponibles. Il vous en coûtera 28 000 pesos argentins pour une demi-journée avec dégustation ou 54 000 si vous optez pour un forfait couvrant les trois jours.

Cette fiche consacrée à la production de la yerba mate
a été rédigée par un ancien directeur de l'INYM
(Instituto Nacional de la Yerba Mate, un organisme
presque entièrement détruit par Milei,
privé d'argent et d'une partie de ses compétences),
le regretté Roberto Montechiesi, un spécialiste
de haute volée.
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Un seul regret pour moi : il semblerait que ma marque préférée ne participe pas à la manifestation. Il s’agit de La Obereña, une marque assez confidentielle (on ne la trouve ni dans la grande distribution ni même dans les supérettes, uniquement dans les magasins spécialisés ou chez les commerçants passionnés). Il s’agit d’une yerba mate bio, fumée, très équilibrée qui donne à la boisson une impressionnante longueur en bouche avec une amertume discrète. La Obereña est la marque d’un producteur-récoltant familial et artisanal qui intègre toutes les étapes de la production, depuis la plantation et la cueillette jusqu’à la mouture finale des feuilles et leur conditionnement (très original, en sacs de tissu ou de toile de jute), en passant par le séchage, la fermentation et le fumage. La marque porte le nom du lieu de la production : Obera, une localité de la province de Misiones, à la frontière avec le Paraguay et le Brésil. La famille produit aussi du thé et du roboois.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 26 mai 2026

Au Te Deum du 25 Mai, Milei s’est fait sonner les cloches [Actu]

Milei sort de la chapelle où repose San Martín,
avec l'archevêque à ses côtés (et sa sœur pas très loin)
Le titre reprend une expression idiomatique :
A Dios rogando y con el mazo dando
(littéralement : en priant Dieu et en donnant du maillet,
c'est à dire : Aide-toi et le Ciel t'aidera")
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Hier, l’Argentine, où le lundi de Pentecôte, lui, n’est pas férié, célébrait la première de ses deux fêtes nationales, celle qui commémore l’anniversaire de la Révolution de Mai 1810, qui mit fin à l’Ancien Régime en déposant le vice-roi et en imposant l’auto-gouvernement de la Primera Junta, un gouvernement collectif voulu et pensé au premier chef par Manuel Belgrano (1770-1820), lui-même haut fonctionnaire de l’empire colonial puisqu’il était le représentant de Madrid au sein du Consulado avec le titre de Secrétaire (à l’époque, cela signifie presque « ministre »), une sorte de chambre de commerce qui avait pour charge officielle de développer l’économie de la colonie, ce que Madrid l’a empêché de faire à chaque initiative fructueuse.

Traditionnellement, le président de la République argentine se rend à la cathédrale de Buenos Aires, à quelque cent mètres de la Casa Rosada, pour y participer au Te Deum Nacional selon une tradition qui remonte à 1811 (on ne fait pas plus ancien dans l’ordre politique). Cette célébration est présidée par l’archevêque de Buenos Aires qui était aussi, jusqu’à il y a quelques années, le primat d’Argentine (ce qu’il n’est plus depuis que le pape François a déplacé le siège primatial dans une province lointaine mais plus anciennement christianisée que l’actuelle capitale fédérale).

"L'Eglise a condamné l'intolérance et appelé
à respecter la diversité", dit le gros titre en rouge
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Cette année, on a entendu dire que Javier Milei pourrait ne pas assister à la cérémonie. En effet, il est notoirement en froid avec l’Église catholique, à laquelle il préfère les évangéliques d’ultra-droite façon Trump, qui ont, eux, le bon goût de ne s’embarrasser d’aucune doctrine sociale accrochée à l’Évangile. Le jour J, Milei s’est bien rendu à la célébration. C’est qu’il aimerait bien faire venir le pape en Argentine, un pape qui, lorsqu’il était argentin et que le gouvernement n’était pas libertarien, n’est finalement jamais venu malgré de nombreuses invitations très officielles et beaucoup d’espoirs douchés… Milei avait donc toutes les raisons de ne pas manquer à la coutume, quoi qu’il pense par ailleurs des évêques argentins. Il s’est bien rendu à pied, selon la coutume établie, de la Casa Rosada à la cathédrale, entouré des figures politiques qu’il privilégie dans le paysage national actuel. Tout le monde a pu remarquer que la vice-présidente avait été exclue des invités au Te Deum, ce qui est sans doute une première et prouve, s’il en était encore besoin, la profondeur des dissensions au sein du clan présidentiel.

"L'Eglise a donné à Milei un avertissement
au sujet du démembrement de la société", dit le gros titre
La photo principale montre Milei saluant
avec sa sœur à son côté sur le balcon de la Casa Rosada
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A la cathédrale, Milei a rendu hommage au général José de San Martín (1778-1850), qui y est enterré dans une chapelle latérale, et, assis seul devant l’assemblée, sans sa sempiternelle sœur à ses côtés, ce qui fait irrésistiblement penser à un couple incestueux, dans tant d’occasions, y compris hier à d’autres moments de la journée, au Cabildo puis au balcon de la Casa Rosada – donc pas de ça dans la cathédrale !-, Milei a participé à la prière et dû écouter l’homélie traditionnelle.

Pour l’occasion, Monseigneur Jorge García Cueva n’a pas ménagé l’homme assis tout seul devant lui, en bas de l’estrade d’où il s’exprimait. « Nul ne peut se sauver tout seul », a-t-il déclaré, comme les années précédentes d’ailleurs, depuis que Milei est aux affaires. Il a entre autres appeler à arrêter l’usage « terroriste » des réseaux sociaux (Milei s’en sert comme Trump pour répandre des mensonges et insulter, voire menacer tous ceux qui osent le critiquer, la presse au premier chef), à abandonner l’individualisme et la politique du chacun pour soi et à renouer avec la solidarité en actes, de tous avec tous, qui a forgé la nation et sans laquelle la pays risque de s’effondrer. L’archevêque a aussi pourfendu la stratégie délibérée du gouvernement de stigmatiser systématiquement tous ceux qui s’opposent à ses projets et à ses propos, ce qui aboutit à la division du corps social et politique du pays, une attitude visible à l’œil nu puisque la vice-présidente n’était même pas là. Bref, Milei en a pris pour son grade et c’est bien ainsi que tout le monde, à droite comme à gauche, a interprété les propos du prélat.

"Face à Milei, l'Eglise a demandé le dialogue
et appelé à cesser de "polariser par le discours"",
dit le gros titre
La photo principale est réservée à Milei au balcon
En haut, à droite, un article consacré à la fin
du "Late show" de Stephen Colbert sur un canal de télévision
aux Etats-Unis, censuré par Trump dont il ose rire...
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Milei a néanmoins tenté de faire bonne figure. Dans la suite de la journée, où il a tenté de jouer les vedettes, comme s’il était la reine (ou le roi) d’Angleterre à son propre jubilé, Milei a fait des commentaires lénifiants sur les propos de Monseigneur García Cueva, prétendant y voir une offre de dialogue et d’intermédiation de l’Église entre lui et la partie (croissante) de la société qui ne comprend rien à sa politique. En réalité, elle la comprend très bien et elle la rejette catégoriquement.

Il est assez rare qu’un haut dignitaire de l’Église catholique use d’une telle force pour mettre les points sur les I et sur les J ainsi que les barres sur les T pour que personne ne puisse se méprendre sur le sens de ce qu’il dit. En général, l’homélie est un peu plus enrobée, un peu plus diplomatique...

Plusieurs quotidiens publient aujourd’hui l’intégralité de l’homélie, Clarín et La Nación parmi eux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le Te Deum
lire l’article de Página/12 sur la nouvelle décision du gouvernement : désormais les handicapés qui voyagent en car longue distance ne pourront plus se faire rembourser leur titre de transport par l’État (c’était l’une des expressions de la solidarité nationale avec cette population désavantagée et c’est fini)
lire l’entrefilet de La Prensa sur le Te Deum
lire l’entrefilet de La Prensa sur les déclarations postérieures de Milei
lire l’article de Clarín sur le Te Deum
lire l’article de La Nación sur le Te Deum
lire l’article de La Nación sur les commentaires de Milei
lire l’analyse de ce Te Deum 2026 que fait, dans La Nación, son excellent chroniqueur religieux Mariano De Vedia
lire l’intégralité de l’homélie publiée par AICA, l’agence de presse catholique argentine.

Ajout du 27 mai 2026 :

lire cette analyse de ce qu’il s’est passé au Te Deum par l’éditorialiste politique de La Nación, Joaquin Morales Solá, illustrée par Alfredo Sábat

Dessin de Alfredo Sábat pour La Nación aujourd'hui, 27 mai 2026

Ajout du 28 mai 2026 :

lire ce billet d’opinion de La Nación qui analyse le tremblement de terre que l’homélie de lundi semble avoir été au sein du clan libertarien qui entoure et soutient le président.

jeudi 14 mai 2026

Fête de la Torta Argentina à Dolores pour le 25 mai [à l’affiche]


Cette année, la fête nationale argentine donnera lieu à un long week-end, ce qui a permis à la bourgade de Dolores, dans la province de Buenos Aires, de déployer sur trois jours sa traditionnelle Fiesta de la Torta Argentina, gâteau composé d’une succession de couches de pâte et de dulce de leche, le tout décoré, pour l’occasion, aux couleurs du drapeau.

L'un des stands de dégustation pendant une précédente édition

C’est le genre de fête locale qui rassemble les habitants du lieu, attire ceux des communes des alentours, éventuellement des touristes nationaux mais n’a que très rarement vu des visiteurs étrangers. Le genre de manifestation que j’apprécie entre toutes car on y trouve une Argentine tout à fait authentique, entièrement à la bonne franquette, ce qui n’est pas le cas des fêtes attrape-touristes.

En 2018, un artisan avait confectionné en torta argentina cette maquette
du Cabildo de Buenos Aires tel qu'il existe aujourd'hui,
l'hôtel de ville colonial où s'était joué l'acte central de la Révolution de Mai 1810
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Dolores se situe à deux cents kilomètres de Buenos Aires. La Fiesta, la 12e du nom, va proposer des ateliers de pâtisserie, des stands de dégustation, un concours de tortas argentinas, des danses et des soirées musicales. La saison permet de profiter des derniers jours de la belle saison alors que l’on entre bientôt dans l’hiver austral.

Entrée libre et gratuite, bien entendu.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 15 mai 2026 :
lire l’article de Página/12 sur le sujet qui est sur la Une de l'édition provinciale du journal

En haut, à droite : "Fêter notre dessert national"
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mardi 10 février 2026

C’est carnaval de part et d’autre du Río de la Plata [à l’affiche]

Photo officielle du carnaval de Concordia
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Depuis hier, Página/12 nous emmène au Carnaval qui vient de débuter de part et d’autre du Río de la Plata. Le quotidien argentin met l’accent sur les racines afro-américaines remises en valeur cette année par les différentes comparsas qui animent les rues nocturnes de Montevideo, Concordia (dans la province de Entre-Ríos, dans la région nord-est de l’Argentine et même de Lincoln, petite cité de la province de Buenos Aires.

Photo officielle du carnaval de Lincoln
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Si la composante afro-américaine est très présente dans la culture uruguayenne (comme dans la culture brésilienne voisine), elle est restée beaucoup plus discrète dans celle de l’Argentine dont les classes dominantes l’ont durement combattue tout au long du 19e siècle et jusqu’il y a quelques années seulement. Sous Javier Mileí, l’Argentine officielle renoue avec un racisme presque assumée, comme à la Maison Blanche, et s’efforce à nouveau d’étouffer cette réalité historique indéniable.

Le carnaval est donc toujours ce lieu où le peuple défie les puissants et critiquent les gouvernants.

Une du supplément culturel quotidien de Página/12 d'hier
sur le Carnaval de Montevideo
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Le carnaval va se déployer jusqu’à la fin du mois même si la tradition voudrait qu’il s’arrête le Mardi-Gras mais cela fait longtemps que l’arrivée du Carême (mercredi, la semaine prochaine) ne joue plus aucun rôle dans ce calendrier festif.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 d’hier sur l’entrée en carnaval de Montevideo
lire l’article de Página/12 d’hier sur l’entrée en carnaval de Lincoln
lire l’article de Página/12 d’aujourd’hui sur l’entrée en carnaval de Concordia

vendredi 14 novembre 2025

Préparatifs de carnaval dans la province de Buenos Aires [à l’affiche]


Le ministère de la Culture de la province de Buenos Aires a lancé il y a quelques jours l’appel à candidatures pour les murgas et autres ensembles du carnaval qui défilent dans les rues au mois de février, qui correspond au second mois des grandes vacances d’été.

Les candidatures seront closes le 10 décembre prochain.

A La Plata, capitale de la province, le gouvernement reste aux mains des péronistes plus ou moins fidèles au courant kirchneriste, même si la montée dans le parti du jeune gouverneur, Alex Kiciloff, qui veut secouer le cocotier, comme il est normal pour la génération de la relève. La province dispose donc toujours d’un ministère local de la culture favorable aux expressions culturelles populaires alors que le gouvernement fédéral et le président Javier Mileí leur sont foncièrement opposés.

La province apparaît ainsi comme un sanctuaire pour le carnaval, une manifestation profondément populaire que la classe possédante a toujours combattu au nom de la décence et de la dignité.

Une murga (photo Archives de Página/12)

En Argentine, le carnaval est un grand moment de musique, de danse, d’humour et de critique politique.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le sujet
lire l’article de présentation sur le site de l’Instituto Cultural du gouvernement de la Province de Buenos Aires, qui s’est vu supprimer sa chaîne You Tube qui n’aurait pas respecté les normes de la plateforme aux mains de la techno-oligarchie états-unienne aujourd’hui rangée sous le drapeau MAGA...

samedi 9 août 2025

Jeudi, San Cayetano a connu les grandes foules [Actu]

"Le gouvernement est en guerre contre les travailleurs",
dit le gros titre reprenant des propos des manifestants
ici sur Plaza de Mayo
En haut : l'ancienne ministre des Affaires étrangères
de Mileí a fait des déclarations dévastatrices contre le président
Dans une interview, elle a estimé que l'appui de Mileí à la crypto-monnaie
qui fait scandale prouve "ou bien qu'il n'est pas très intelligent
ou bien qu'il est quelque chose comme corrompu"
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Le 7 août comme tous les ans, les Argentins ont fêté San Cayetano, le saint qui veille sur ceux qui ont besoin de pain et de travail. Comme tous les ans, l’affluence dans les sanctuaires et la participation aux processions servent de baromètre social et cette année, la San Cayetano a démontré qu’il y a vraiment beaucoup de monde qui cherche un toit, du travail, du pain. Les sanctuaires étaient pleins. A Buenos Aires, la file d’attente pour entrer dans la minuscule église du quartier de Liniers et faire ses dévotions au saint qu’elle honore faisait le tour de plusieurs pâtés de maison.

Les évêques ont souvent prononcé des homélies soulignant la nécessité d’une politique de redistribution des richesses et de soutien aux plus vulnérables, les pauvres, les chômeurs, ceux qui travaillent au noir, les handicapés, les retraités.

En bas, une photo qui prend soin de ne pas montrer la foule
avec cette citation épiscopale : "Personne ne se sauve seul"
En haut, le lancement de la campagne de LLA (le parti de Mileí)
dans un coin très pauvre de la province de Buenos Aires
avec ce slogan volé à la gauche : Plus jamais
Le mot d'ordre des militants des droits de l'homme contre
la dictature militaire de 1976-1983
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Les statistiques officielles prétendent que le taux de pauvreté est le plus bas jamais enregistré : il serait de 31 %. Ah bon ? Avec une telle foule à la San Cayetano ? On ne dirait pas.

Chose exceptionnelle : la journée s’est terminée par une grosse manifestation sur Plaza de Mayo, pour protester contre la politique de Mileí. Or Plaza de Mayo est située à l’autre extrémité de la ville. De San Cayetano de Liniers à Plaza de Mayo, on doit traverser Buenos Aires d’ouest en est sur plus d’une dizaine de kilomètres. Il est d’ailleurs probable que les gens n’étaient pas tous les mêmes aux deux endroits, les fidèles étaient sans doute plus nombreux à Liniers et les syndicalistes à Monserrat.

En bas, la banderole de LLA et son slogan cynique
En haut : "L'Eglise se joint à la revendication de l'opposition
en faveur des retraités et plus d'argent pour les handicapés"
Dans la colonne de droite, au milieu, les propos polémiques
de l'ancienne ministre des Affaires étrangères
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Trois quotidiens nationaux en ont fait leur Une hier. Clarín a soigneusement évité de mettre une photo. Quant à La Nación, elle n’en parle même pas en une et il faut fouiller dans le site pour trouver l’article qu’ils ont publié.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de Rosario/12, l’édition locale de Página/12, sur l’événement dans la province de Santa Fe
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín sur les prises de position des évêques
lire l’article de Clarín sur la manifestation de Plaza de Mayo
lire l’article de La Nación

mardi 5 août 2025

La semaine de San Cayetano [Actu]

Une de Cash dimanche dernier
avec un Mileí faussement christique
tel qu'il vient de se présenter
devant un think tank d'extrême-droite
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Depuis 1982, le 7 août, un grand pèlerinage, très encadré par les autorités diocésaines, conduit des foules denses un peu partout en Argentine vers les principaux sanctuaires de San Cayetano (pour nous, saint Gaëtan). En Argentine, il est le patron du pain et du travail. Au long des années, le pèlerinage s’est donc transformé en baromètre social puisqu’il rassemble tous les précaires du pays, les chômeurs, les travailleurs laissés pour compte, les retraités auxquels Mileí est en train de retirer le pain de la bouche, les sans-abris aussi, de plus en plus nombreux puisque des gens se font expulser de leur logement.

C’est aussi au cours de cette semaine que la Conférence épiscopale argentine célèbre ses journées de réflexion sociale avec, cette année, des ateliers très fournis en thématiques et en grands témoins.

Ces jours-ci, Página/12 consacre à ce sujet trois articles de fond. Pas les journaux de droite, qui sans doute feront quelques reportages pittoresques le 8 sur les rassemblements religieux de la veille, d’autant que cette année, ils s’accompagneront d’hommages au défunt pape François, qui sut si bien et si fort parler des laissés pour compte du monde capitaliste et du dérèglement économique croissant.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la marche de San Cayetano 2025
lire l’article de Página/12 sur le programme des journées sociales de l’Église
lire l’article de Página/12, dans le supplément économique Cash, sur la planification du chaos qu’est la politique anti-sociale menée par Mileí

mercredi 9 juillet 2025

Le troisième lapin de Mileí à la patrie [Actu]

Intérieur de la Casa Histórica de Tucumán
La salle de réunion du Congrès indépendantiste
Le livre d'or semble attendre un président qui ne s'est pas présenté


En prenant pour prétexte l’épais brouillard qui règne actuellement sur Buenos Aires et qa prenui aurait empêché son retour dans la capitale après les célébrations à Tucumán, tout à l’ouest de l’Argentine, Javier Mileí a renoncé à se rendre dans la ville qui vit proclamer la déclaration d’indépendance le 9 juillet 1816. Il a célébré à Buenos Aires, par un froid de canard, cette deuxième fête nationale argentine.

Le comportement de Mileí est si minable
que Página/12 préfère titrer sur un scandale
qui éclabousse le président : 10 valises en provenance de Miami
escortées par des connaissances de Mileí
sont entrées en Argentine sans passer de contrôles
En haut, à côté de la photo de la Casa Histórica :
"Ne nous explique pas que la nuit tombe"
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En réalité, les gouverneurs avaient presque tous annoncé qu’ils n’assisteraient pas à la cérémonie que le chef de l’État préside traditionnellement en personne. Ils entendaient ainsi protesté contre la politique de Mileí qui refuse de répartir aux provinces leur part de la trésorerie nationale, une part qui est censé rééquilibrer les ressources inégales dont elles disposent.

"Les politiques désertent et ne respectent même pas
la Fête de l'Indépendance", gronde le gros titre
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Or en moins d’un mois, c’est la troisième fois que Mileí fait la cérémonie buissonnière. Il ne s’est pas non plus déplacé à Salta le 17 juin pour l’anniversaire de la mort du général Güemes, un grand héros populaire de la guerre d’indépendance, ni trois jours plus tard, à Rosario, lieu où le général Manuel Belgrano a pour la première fois hissé le drapeau national en 1812 au jour anniversaire de la mort de celui-ci qui sert de fête du drapeau. Dans les deux cas, il est de tradition que le président se déplace et préside les deux cérémonies. Il a présenté des excuses tout aussi invraisemblables que celles d’hier.

"Mileí ne s'est pas rendu à Tucumán à cause de la météo
et de l'absence des gouverneurs", dit le gros titre
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En fait, tout se passe comme s’il avait la trouille de se faire huer…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

L’article de Une de La Prensa n’est pas disponible en ligne.