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samedi 8 février 2020

Bilan d’une tournée européenne depuis l’hôtel Regina au Louvre [ici]


Avant-hier, Alberto Fernández a donné une conférence de presse et quelques interviews à Paris, depuis un grand hôtel proche du Louvre pour dresser le bilan de sa tournée en Europe et des appuis qu’il a pu recueillir pour que l’Argentine puisse renégocier sa dette et les échéanciers de remboursement.

Eduardo Febbro, correspondant à Paris de Página/12, occupait ainsi la une du quotidien dans son édition d’hier, avec un long entretien où le chef d’État se félicite du type de relations diplomatiques qui se mettent en place.

Pour en savoir plus :
lire l’article de La Prensa, paru en ligne ce matin et portant sur une conférence de presse du Premier ministre sur la tournée du président.

jeudi 29 août 2019

Et à la fin, l'Argentine renégocie sa dette [Actu]

Comme toujours, la une de Pagina/12 joue sur tous les registres
Le slogan : "Yes, we can".
C'est celui que criaient les macristes samedi dernier devant la Rosada
Le plongeur, c'est Mauricio Macri
Le fond, c'est la façade du ministère des Finances sur Plaza de Mayo

Après avoir beaucoup critiqué et méprisé la stratégie des Kirchner, mari et femme, qui avaient restructuré la dette argentine, le gouvernement de Mauricio Macri est contraint de passer par le même chemin. Le nouveau ministre des Finances, qui était jusqu'à la semaine dernière celui de la Province de Buenos Aires, a tenu hier une conférence de presse où il a annoncé que le gouvernement allongeait ses délais de remboursement de la dette intérieure et allait prendre langue avec le FMI pour étaler les remboursements des 44 milliards de dollars qu'il lui a empruntés depuis juin 2018.

Sous le gros titre sur la restructuration en cours;
la photo montre les manifestations monstres qui coupent la circulation
dans les noeuds routiers qui desservent l'entrée dans Buenos Aires
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Il faut croire que la « formidable » manifestation de soutien à Mauricio Macri, samedi dernier, dont la presse de droite a fait ses gros titres le lendemain n'a pas convaincu grand et surtout pas la commission du FMI qui se trouvait alors dans les murs de la Casa Rosada pour une visite « technique ».

La Prensa a choisi l'image de la conférence de presse d'hier
Le nouveau ministre est le second à partir de la gauche
Le gros titre reprend un néologisme qu'il a inventé pour l'occasion
(reperfilamiento : super-profilage)
"Superprofilage pour une noyade"
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La présidence sort donc sur une défaite complète : Mauricio Macri avait demandé en prenant ses fonctions qu'on juge son action à sa capacité à diminuer la pauvreté (elle augmenté d'environ un tiers) et affirmé que l'inflation était le symptôme d'un gouvernement qui ne savait pas gouverner (il a reçu un pays à environ 25% d'inflation annuelle, elle dépasse maintenant les 50%). Il n'y a pas grand-chose à ajouter.

Pour en savoir plus :

samedi 26 janvier 2019

Le FMI redoute les prochaines élections en Argentine [Actu]

"Le FMI n'aime pas les urnes.
ALLERGIE ELECTORALE",
dit le gros titre du premier quotidien de gauche

S’il fallait une preuve qu’en recourant au FMI, l’Argentine a abandonné une bonne partie de sa souveraineté nationale, il suffit de découvrir les déclarations que les autorités du Fonds ont faites hier pour mettre en garde les Argentins et le monde entier contre un éventuel changement de majorité à la suite des élections qui doivent renouveler en octobre les exécutifs et les assemblées législatives tant au niveau national qu’à celui des provinces.

"Pour le Fonds monétaire, l'incertitude électorale peut freiner les investissements"
dit le gros titre...
De toute manière, des investissements, il n'y en a pas !
Et c'est bien la source du problème...
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En effet, une défaite de Cambiemos et un retour de la gauche, surtout si elle est péroniste, pourraient mettre en question les suites du prêt milliardaire que l’Argentine a reçu en juin dernier : le mode et le calendrier des remboursements.

Si le retour au pouvoir de la gauche affole le FMI, il ne s’est pourtant jamais alarmé devant l’inflation à 50 % l’an qui affecte l’économie du pays depuis juin, les nombreuses faillites dans le secteur des PME, la montée du chômage, la destruction du secteur non-marchand (recherche, système de santé, école, culture), l’augmentation des taux de pauvreté et d’indigence ou la fuite des capitaux. Tout au contraire, Christine Lagarde, qui semble pourtant avoir compris que la démocratie est en danger dans le monde, avait déclaré, avec cynisme, que l’Argentine était sur la bonne voie !

La nouvelle est traitée en bas au centre, en assez petits caractères
"Le Fonds met en garde contre le risque électoral"
En plus gros, en haut à gauche, un gros titre
sur un arrêt de la Cour Suprême contraire aux intérêts du gouvernement
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Cette déclaration pourrait bien aider à mobiliser la gauche et l’inviter à s’unir enfin. En revanche, il n’est pas certain qu’elle puisse unifier la droite dont une partie est très hostile à cet abandon de souveraineté ou à ses conséquences (le patronat industriel des PME, une partie du patronat agraire, l’épiscopat et les catholiques engagés dans l’action sociale).

Les quotidiens ont commenté différemment ces déclarations en fonction de leur prisme idéologique.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12, qui estime que la politique de Macri a échoué en Argentine (et ce n'est pas faux) mais qui ne voit toutefois aucun échec du gouvernement en place au Venezuela

vendredi 31 août 2018

L'Argentine bascule dans la crise, sans remède [Actu]

"Où est le disjoncteur ?" demande le gros titre
pour débrancher la folle hausse du dollar
Pour une fois, La Prensa adopte le ton inventif et imagé de Página/12
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Au lendemain du bond du dollar au détriment du peso argentin (qui a terminé la journée d'hier à plus de 40 pour 1) et du retour du président Mauricio Macri de New York, où il a engagé, sans le dire, une renégociation avec le FMI, sans calmer les marchés pour autant (tout au contraire), tous les journaux reconnaissent que le gouvernement subit un échec grave, que la situation du pays est pire que celle qu'avait laissée la précédente majorité (pourtant taxée d'incompétence par l'actuel pouvoir en place) et que le gouvernement se trouve dans l'impasse, qu'il ne sait plus quoi faire pour résoudre les problèmes qui s'accumulent et qu'il n'y a plus de consensus en son sein sur la stratégie à adopter, d'autant plus que d'anciens ministres de l'économie, aujourd'hui révoqués, prennent la parole publiquement pour manifester leur méfiance sur la capacité de leurs successeurs à s'en sortir.

Trois mois après l'accord de prêt initial, la renégociation signe l'impuissance des pouvoirs publics à maîtriser l'économie du pays (alors que le président s'était vanté de conduire celui-ci à la prospérité en l'espace d'un mandat), l'échec de la solution qu'était le recours au FMI et elle ne pourra entraîner qu'une politique de rigueur encore plus injuste que celle qui était déjà mise en œuvre depuis plus d'un an. D'un jour à l'autre, on s'attend à un remaniement ministériel, d'autant plus imminent qu'il semble réclamé à voix basse par le Fonds monétaire lui-même. De surcroît, le chaos s'installe dans les rayons des supermarchés puisque certains fournisseurs refusent désormais de vendre à la grande distribution, dans l'attente d'une meilleure visibilité sur leur propre trésorerie.

Après une nouvelle dévaluation record, le gouvernement
prépare des mesures économiques
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Cette fois-ci, la crise est donc bien là. Le gouvernement continue à tenir un discours lénifiant façon méthode Coué, mais quelques grandes voix politiques appellent à enfin parler vrai. Parmi elles, celle de María Eugenia Vidal, la gouverneure de la Province de Buenos Aires (majorité de droite néolibérale, ex-seconde de Mauricio Macri), qui reconnaît que la situation est en train de dévaster la vie quotidienne des gens ordinaires.

Le ministre de l'économie repart à New York dès lundi (ce qui veut dire que le déplacement du président n'a pas suffi) et cette fois-ci, plus personne ne peut se cacher qu'il s'agit d'aggraver les conditions de l'emprunt, qui avait pourtant déjà été accordé à des exigences qui diminuaient beaucoup la capacité du pays à investir (puisque le FMI confond volontairement dépenses et investissements) et par conséquent également à exercer sa souveraineté.

Or cette fuite en avant intervient alors que l'Argentine préside le G20 pour la première fois depuis l'instauration de cette instance de concertation internationale !

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12, qui a envoyé le gouvernement en soins intensifs sur sa une
lire l'article de La Nación sur les projets du gouvernement devant la nouvelle hausse du dollar
lire l'article de La Nación sur les conséquences de la crise des changes dans le domaine de la grande distribution

mardi 17 juillet 2018

Hors du gouvernement, point d'accord [Actu]

Photo authentique ou cliché photoshopé ?

Les 20 et 21 juillet, Christine Lagarde est attendue à Buenos Aires pour une réunion avec le gouvernement autour du prêt que le FMI vient d'accorder à l'Argentine sous des conditions draconiennes dont la presse a révélé une bonne partie la semaine dernière.

Elle avait récemment appelé l'ensemble de la nation argentine à adhérer à la politique de rigueur qui sera mise en place (c'est déjà fait) pour satisfaire aux exigences systématiquement destructrices du Fonds monétaire.

Elle vient de recevoir la réponse de la société civile argentine : non, c'est non. Hormis les membres du gouvernement et une partie de sa majorité, personne ne reconnaît la légitimité du prêt et du recours au FMI. Dans une lettre qui lui a été adressée, un collectif de partis d'opposition, de syndicats, d'organismes culturels, de personnalités analyse le caractère anticonstitutionnel de l'accord signé par le gouvernement puisque la charte fondamentale prévoit en son article 75, en son alinéa 4, qu'il appartient au Congrès d'« engager les emprunts sur le crédit de la Nation » (or le Congrès a demandé et n'a pas obtenu de pouvoir connaître les conditions du prêt avant sa signature - quant à en débattre !) et en son alinéa 7, que le Congrès « détermine le paiement de la dette intérieure et extérieure de la Nation ».
Voilà qui est dit !

La lettre rappelle que l'opposition politique forme la majorité parlementaire et que le président en fonction avait promis lors de sa campagne électorale qu'il ne ferait jamais appel au FMI (qui a une réputation épouvantable en Argentine et ailleurs aussi).

Página/12 en fait sa une et reproduit la lettre in extenso (toutefois, on observe que parmi les signatures individuelles, on en trouve beaucoup en double, sans que je puisse savoir si c'est un manque de rigueur du journal ou des organisateurs de la pétition ou une tactique grossière pour grossir artificiellement le poids de la missive).

Des autres quotidiens, La Nación est le seul journal qui parle de cette lettre ouverte à Christine Lagarde.

Pour aller plus loin :
lire l'analyse de Página/12 sur la signification de cette lettre qui fédère tant de signataires
lire l'article de La Nación

Ajout du 18 juillet 2018 :
lire cet article de Página/12 sur les personnalités qui rejoignent la pétition

samedi 14 juillet 2018

La presse commente l'accord avec le FMI [Actu]

La letra chica : ce qui est écrit en tout petit

Les conditions imposées par le FMI à l'Argentine sont sorties dans la presse. Mes fidèles lecteurs se souviennent que l'opposition avait voulu que le Congrès ait accès à ce contrat de prêt et puisse en débattre. Ce qui avait été refusé.

Les conditions révélées ce matin par la presse sont sans surprise : pas plus de 8% d'augmentations pour les salariés de l'Etat (on comprend pourquoi le Gouvernement avait proposé, juste avant le 9 juillet, cette hausse ridicule des soldes à hauteur de 8%, quand l'inflation annuelle pourrait être supérieure à 30%, avant de se raviser et de proposer d'abord 15% puis, plus récemment encore, 20%, devant la grogne du haut commandement), réduction de la masse salariale de l'Etat, vente du foncier public (comme en Grèce, qui a même dû vendre certaines îles) et des actions détenues par la trésorerie de l'administration de la sécurité sociale, augmentation des prix du gaz, de l'électricité, du transport et du carburant, coupes claires dans les travaux engagés par le secteur public, dans les transferts budgétaires au bénéfice des provinces (ce qui correspond officiellement à la garantie d'une solidarité intra-argentine) (1) et dans le financement des entreprises de l'Etat.

Et en prime, le FMI a publié un communiqué pour avertir l'Argentine que l'alternance politique pourrait mettre en danger la mise en œuvre du prêt. Si ce n'est pas un déni de la souveraineté du peuple argentin, c'est quoi ?

De plus en plus, on lit dans la presse, et pas seulement dans les colonnes de Página/12, des analyses sur le risque qu'encourt à nouveau l'Argentine de se retrouver en défaut de paiement, sur le plan économique cette fois-ci (pas comme la dernière fois, où c'était le résultat technique d'une décision d'un juge régional new-yorkais, et non pas d'une incapacité de continuer à rembourser la dette). Or l'Argentine préside cette année le G20, dont elle recevra le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement en décembre prochain !

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 sur le FMI
lire l'article de Página/12 sur la fin le statut fiscal réservé aux petites exploitations agricoles familiales pour soutenir leur activité
lire l'article de La Nación sur les conditions imposées par le FMI
lire l'article de Clarín sur le communiqué du FMI



(1) Il arrive assez souvent que ces transferts soient distribués en fonction de la couleur politique du gouvernement provincial. C'était très fréquent, pour ne pas dire systématique, sous la présidence de Cristina Kirchner. En revanche, il semblerait que cette pratique peu démocratique ait disparu sous l'actuel président.

lundi 9 juillet 2018

Un 9 Juillet en pleine tempête [Actu]

La Casa Histórica de Tucumán et la cinta nacional

Ce lundi est un jour férié en Argentine.
C'est la fête de l'indépendance, votée par le Congrès de Tucumán, le 9 juillet 1816, quand il a déclaré que les Provinces Unies du Sud seraient désormais indépendantes non seulement de l'Espagne, de son roi et de ses descendants mais aussi de toutes les puissances étrangères. Inutile de vous dire que l'opposition en profite pour dénoncer la subordination du pays au FMI à la suite du récent accord de prêt, qui conditionne la vie nationale pour au moins les trois années qui viennent.

La Patrie ne se rend pas - Apporte ton drapeau
affiche de la manifestation d'opposition de ce jour, 13h (heure du déjeuner)

D'autant que le gouvernement a annoncé une série de mesures pour le moins malheureuses dans ce contexte ces derniers jours tout en reprenant le discours triomphaliste qu'un ministre nouvellement nommé avait semblé vouloir abandonner au profit de propos plus proches de la vérité objective. Parmi ces mesures qui déclenchent la colère, celle, jeudi dernier, de n'augmenter les soldes des militaires que de 8%, alors qu'on prévoit un taux d'inflation d'au moins 30% sur l'année (et encore, on est dans le bas de la fourchette). Devant la levée de bouclier au sein de l'état-major, le gouvernement s'est ravisé et a annoncé une augmentation de 15% (c'est un peu mieux que si c'était pire) et, dans la foulée, de l'annulation du défilé militaire prévu aujourd'hui, sous prétexte de réduire les dépenses publiques. Du jeudi pour le lundi suivant. Improvisation argentine, une fois encore, mais bien au-delà, c'est aussi un aveu d'échec car ce président avait mis un point d'honneur à réhabiliter le rôle des forces armées au sein de la vie nationale, après la mise au ban qui avait suivi la fin de la dictature putschiste de 1976-1983. Les observateurs ne se sont pas laissé tromper. Même La Prensa, très à droite, a expliqué que l'annulation du défilé était due au mécontentement des militaires. Comme l'a affiche La Nación vendredi, le gouvernement a réussi à s'aliéner les syndicats (y compris ceux qui avaient pactisé avec l'actuelle majorité, il y a deux ans et demi), l'église, qui critique l'absence de politique sociale et le projet de loi sur l'avortement, l'armée et enfin le péronisme, une obédience politique qui déborde largement les limites de tel ou tel parti et dont tel ou tel tenant avait rejoint la ligne majoritaire.

A tel point qu'aujourd'hui, Mauricio Macri se rend bien à Tucumán, pour une petite cérémonie à l'intérieur du musée de la Casa Histórica (lieu de la proclamation de l'indépendance), au cours de laquelle il prononcera un discours que la télévision retransmettra pour toute la nation (mais sans public) puis il rentrera à Buenos Aires, sans même assister au Te Deum, ce qui est un peu fort de café !
Pendant ce temps-là, une coordination liant les organisations militantes des droits de l'homme, divers syndicats, des organismes professionnels d'artistes et d'intellectuels, appelle à une marche souverainiste (contre le recours au FMI), à Buenos Aires, sous le mot d'ordre "La Patrie ne se rend pas".

Affiche d'une section de la CGT

Les sondages confirment la chute de popularité du gouvernement et singulièrement du président, qui rassemble maintenant plus de 59% de mécontents contre lui. La chute est brutale, elle s'est produite dans le mois de juin, autour de cet accord avec le FMI, de l'adoption de quelques mesures qui avaient déjà été mises en œuvre [et vertement critiquées par les néolibéraux aujourd'hui au pouvoir] par le gouvernement précédent ainsi que de toutes les déclarations scandaleuses, cyniques ou incohérentes de membres de la majorité, entre autres celles de la très brillante gouverneure de la Province de Buenos Aires (1) qui dénonçait le trop grand nombre d'universités sur son territoire puisque « quand on naît dans la pauvreté, on ne va jamais à l'université », jusqu'à l'imbécile invitation de la députée de la majorité, Elisa Carrió, à donner plus de pourboires, alors qu'il est avéré qu'elle-même fait preuve sur ce plan d'une pingrerie fort peu glorieuse.

Pour aller plus loin :
sur le mécontentement des forces armées :
lire l'article de La Prensa sur la maigre augmentation de la solde
lire l'article de La Prensa sur l'annulation du défilé
lire l'article de La Nación sur le niveau de la solde et le défilé
voir l'article vidéo de La Nación sur le rassemblement des mécontentements (syndicats, église, armée et péronisme)
lire l'article de Clarín sur le défilé militaire
sur la nouvelle politique gouvernementale
lire l'éditorial de dimanche dans La Prensa sur la nouvelle politique du gouvernement ("Le gouvernement a un plan B mais pas le discours pour l'expliquer")
lire l'article de La Nación sur les mesures sociales que le gouvernement envisage
sur les enquêtes de popularité
lire l'article de Página/12 qui voit la chute de l'image du gouvernement s'aggraver
lire l'article de La Nación qui voit l'image du gouvernement se stabiliser



(1) Depuis peu, elle est engluée dans un scandale de financement illégal, à base de faux donneurs particuliers, de campagne électorale pour la campagne de Cambiemos l'année dernière, à l'occasion des élections législatives de mi-mandat.

mardi 3 juillet 2018

Economie « bajo cero » [Actu]

"Economie congelée" (en anglais, comme au FMI)

Página/12 consacre aujourd'hui sa une à la détérioration de l'activité économique de l'Argentine, dont même les secteurs chouchous du gouvernement, comme l'industrie automobile (entièrement aux mains des capitalistes étrangers), sont en train de sombrer.

Página/12 parle de grands froids, de températures négatives (bajo cero, "en dessous de zéro" en météo, ou "au trente-sixième dessous" en psychologie de comptoir), alors que l'hiver a fait une arrivée remarquée dans la météo, notamment à Buenos Aires.

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La Nación qui regarde la réalité avec d'autres yeux parle quant à elle d'un gel (congelar) des nouvelles dépenses dans les ministères, que le gouvernement entend décider pour envoyer un signal aux marchés, afin de ramener la confiance.

Clarín a eu le bon goût de mettre en valeur les enfants thaïlandais
Dans la colonne de droite, un titre secondaire sur la relance des aides sociales
que le gouvernement avait beaucoup réduites
et les doutes sur la suite des opérations à la Biblioteca Nacional Mariano Moreno
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Clarín fait écho à des rumeurs aussi insistantes que démenties officiellement selon lesquelles le directeur de la Bibliothèque Nationale, Alberto Manguel, une prise prestigieuse du gouvernement national à son arrivée aux affaires, songerait à démissionner pour ne pas avoir à mettre en place un nouveau plan de licenciement et un nouveau serrage de vis dans les budgets de l'institution.

La Prensa titre sur l'autosatisfaction ou l'entêtement du Président
qui a déclaré être sur le bon chemin, dans une cérémonie d'hommage
aux policiers tombés dans l'exercice du devoir.
Tiens donc ! Il a boycotté l'hommage au drapeau et à Belgrano, le 20 juin,
mais il était là... Tout un message politique !
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Mais le plus stupéfiant, c'est La Prensa qui annonce que le gouvernement songerait à remettre en œuvre des mesures que la droite néolibérale avait dénoncées comme folles et absurdes sous le mandat antérieur : la hausse de la taxe d'avion au départ de l'Argentine, afin de faire reculer le tourisme vers l'étranger, et la taxation des achats par carte bancaire à l'étranger, pour forcer les Argentins à faire leurs emplettes sur le sol national, alors qu'ils adorent aller s'équiper ailleurs en appareils high-tech (informatique, télévision, hi-fi) et en produits de luxe (chocolat, café, parfums, joaillerie, vins et spiritueux, etc.)

Pour en savoir plus :
lire l'éditorial de La Prensa, qui conseille à Mauricio Macri de changer de cap s'il veut être réélu

Une défaite à Kazan qui reflète l'état de l'Argentine [Actu]

"Hors du Mundial, hors du Monde", dit le gros titre
en liant très clairement la situation sportive et la situation éco-politique
tout en reprenant contre Macri le slogan de celui-ci en début de mandat :
"L'Argentine fait son retour dans le monde"
(pour dénoncer la politique autarcique précédente)

L'élimination de l'équipe argentine, devant un adversaire qui aurait dû compter pour du beurre pour une grande partie du public, d'autant plus que notre presse avait donné l'impression que la France tremblait, a été interprétée comme une allégorie de la situation nationale, dont le gouvernement bombait le torse en arrivant aux affaires et qui vient d'envoyer le pays dans le mur, dans l'enfer du surendettement public et des politiques de rigueur.

On n'a pas été de taille, dit le gros titre
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La fin de la génération Messi, dit le gros titre, qui n'est plus si gros
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Página/12 était le plus sévère dimanche matin. Mais les autres quotidiens ont eu la dent très dure eux aussi, même s'ils ont beaucoup moins fait le parallèle avec l'actualité politique, qu'ils ont traitée à part. La Prensa a dénoncé l'impasse de "la duperie de Cambiemos". Le mot est rude, pour un journal qui est indubitablement à droite (et actuellement en pointe sur la lutte contre le projet de dépénalisation de l'avortement, qui va pourtant sans doute passer au Sénat comme il l'a fait à la Chambre). La Nación a préféré publier une interview de Jorge Faurie, le ministre des Affaires étrangères, qui explique l'actuelle crise par le passif accumulé sous les douze années de gouvernement kirchneriste (il parle de "bombe à retardement"). C'est un argument dont le gouvernement se repaît depuis deux ans et demi.

"La sélection éliminée et à la fin d'un cycle"
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Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 sur les prestations décevantes de Lionel Messi
lire l'article principal de La Prensa, dont Kilian Mbappé a plus que retenu l'attention admirative
lire l'article principal de La Nación, pour laquelle la sélection n'est pas aussi bonne que ce que nous aimons croire (quelle gifle !)
lire l'éditorial de La Prensa sur la duperie de Cambiemos
lire dans La Nación l'interview du ministre Faurie.

samedi 30 juin 2018

La descente aux enfers continue [Actu]

Dans le fonds, on reconnaît le bâtiment foudroyé :
c'est la Casa Rosada, le palais présidentiel
S'enfuyant en accourant vers nous,
le président Macri en tête et son ministre Dujovne,
celui qui a négocié avec le FMI
Et un petit écho à la Marseillaise en manchette, en haut

Le gouvernement et la banque centrale argentine ont beau s'agiter dans tous les sens et et changer les responsables dans les ministères et les organismes financiers pour donner des signaux positifs aux marchés, ceux-ci continuent à marquer le peu de confiance qu'ils accordent à un pays qui est maintenant sous perfusion du FMI et qui déverse les réserves en dollars reconstituées grâce au Fonds Monétaire International pour calmer la hausse du billet vert.

Une photo pour le football
et la crise financière à droite, en petit titre
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Hier, le dollar a encore grimpé. Il a maintenant atteint le niveau de presque 29,66 pesos à la fermeture hier (heure argentine). L'indice de la Bourse de Buenos Aires a encore perdu plus de 2 points et les titres de dette souveraine argentine ont plongé à Wall Street.


Le peso est en train de se désintégrer
Et on voit que le dollar est encore plus haut qu'à la clôture officielle
dans une officine de change qui profite de la situation
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Página/12 souligne dans l'un des nombreux articles qu'il consacre au phénomène ce matin que la conjoncture internationale n'y est pour rien, contrairement à l'explication que le gouvernement a tendance à donner (c'est la faute à pas de chance, la tendance était à la baisse partout, etc.).

Clarín se la joue tabloïd en choisissant cette photo des obsèques
de la mère d'un détenu kirchneriste pour une affaire de corruption
Mais le gros titre est bien sur la crise financière
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La Nación, qui est plutôt favorable à cette majorité, ajoute un article sur le niveau de consommation qui continue de baisser sans renversement de la courbe...

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 sur la conjoncture internationale
lire l'entrefilet de La Prensa sur le dollar
lire l'article de La Prensa sur l'impact de la crise sur la politique développée par le gouvernement
lire l'article de La Nación sur le marché financier
lire l'article de La Nación sur les promesse de Mauricio Macri de réduire définitivement les déficits publics
lire l'entrefilet de La Nación sur l'indice de la consommation toujours en berne
lire l'article de Clarín sur la crise financière

jeudi 28 juin 2018

Les marchés restent hostiles [Actu]

"De pays émergent à pays aux urgences", dit le gros titre

Le gouvernement argentin a beau multiplié les discours optimistes et mettre en avant le classement du pays comme marché émergent et la confiance que lui ferait le FMI en lui accordant un prêt, les marchés ne suivent pas.

Le dollar a de nouveau atteint les 28 pesos hier, alors qu'il avait légèrement reculé à 27. Et l'indice boursier de Buenos Aires a perdu 8,9 points.

La Nación consacre sa photo de une à l'élimination de l'Allemagne
et traite en gros titre la crise financière
et en titre très secondaire (à droite du gros titre) la nouvelle politique en faveur des PME
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Du coup, le gouvernement change de cap et s'intéresse à nouveau aux PME qu'il avait abandonnées à leur triste sort, il y a deux ans et demi, lors de son arrivée au pouvoir, au profit des grosses entreprises qui ont sa préférence (mines, aérien, BTP, immobilier, carburants, banques). Le président avait méthodiquement saccagé toutes les dispositions prises par le gouvernement précédent pour soutenir la production industrielle locale, les petites entreprises familiales, les coopératives et l'agriculture biologique et raisonnée. Le patronat des PME avait tenté de tirer le signal d'alarme sans obtenir la moins réaction des pouvoirs publics. Ces derniers temps, beaucoup de petites maisons ont mis la clé sous la porte, incapables de surmonter les brutales et répétées hausses des tarifs du gaz et de l'électricité, qui ont fait exploser les coûts de revient. Et voilà que la présidence annonce un plan d'aide aux PME... Mieux vaut tard que jamais.
Certains ministres laissent peu à peu tomber le discours triomphaliste, aveuglé et comme insensibles aux souffrances provoquées par leur politique ultra-libérale (mais pas Hernán Lombardi, dont on a vu hier qu'il chantait les vertus d'un licenciement massif à Télam), et quelques uns, dans les marocains économiques, osent à présent tenir un discours un peu plus proche de la réalité vécue par l'Argentin moyen en annonçant une récession à venir et des mois difficiles qui attendent le pays (et en parlant de mois, ils restent bien optimistes).

Clarín reste vraiment très discret sur la crise financière et la politique pro-PME
(dans la colonne de droite)
Comme chez son concurrent,
la défaite allemande au Mundial a les honneurs de la photo
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Dans ce changement de comportement et de discours, Clarín croit voir l'influence de deux agences de communication et d'analyse de conjoncture auxquelles le président Mauricio Macri (1) accorderait désormais une confiance exclusive... Quant à Página/12, avec son humour habituel, grinçant le plus souvent, il a fait une image de une qui vaut tous les articles : l'Argentine se noie sous une inondation de dollars.

Pour en savoir plus :
sur la conjoncture économique générale du pays
sur les aides aux PME
lire l'article de Clarín

Ajouts du 29 juin 2018 :
lire l'article de Página/12 sur le cours du dollar qui continue sa folle escalade (il atteint presque les 29 pesos à la vente)
lire l'article de La Nación



(1) La ressemblance entre le style de leadership et de discours de Macri et de Macron est de plus en plus troublante. On dirait que les deux hommes sont taillés dans le même modèle et déroulent les mêmes scénarios, fondés sur les mêmes idées préconçues et à la mode.

dimanche 17 juin 2018

Nouveau remaniement du gouvernement en pleine opération FMI [Actu]

Gros titre façon Mundial de Foot :
La meilleure équipe ne l'a remporté sur personne

Preuve que l'équipe économique n'est pas si parfaite que le président veut bien le chanter sur les toits, il vient de procéder à un nouveau remaniement, le deuxième dans la semaine. Il y a quelques jours, il avait déjà révoqué le gouverneur de la Banque centrale, alors que le pays est en train de s'engager sur trois ans avec le FMI, avec les conséquences sociales désastreuses que l'on peut imaginer dans un avenir proche, comme à chaque fois que le FMI a prêté à un Etat (toujours en difficulté, sinon aucun pays ne fait appel au Fond monétaire international). Il paraît que l'homme faisait mal son travail puisqu'il ne parvenait pas à freiner la hausse du dollar. Son remplacement n'a pas calmé le marché.

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Hier, il a aussi viré deux ministres ayant en charge deux secteurs économiques importants (l'énergie et la production) pour placer d'autres poulains à leur place. Parmi les deux partants, on reconnaît Juan José Aranguren, ce ministre de l'Energie et des Mines qui, il y a quelques semaines, estimait plus que légitime de conserver toute sa fortune sur des comptes offshore parce qu'il n'avait aucune confiance dans l'économie argentine (avant sa nomination au gouvernement, c'était un dirigeant de la Shell en Argentine). Mais ce n'est certainement pas pour ces déclarations scandaleuses qu'il vient d'être éjecté... Au plus fort du scandale, Mauricio Macri l'avait soutenu publiquement.

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Página/12 en fait des gorges chaudes et quelques mots d'esprits.

Le dollar, quant à lui, n'en a que faire. Il tutoie à présent les 29 pesos. Le prêt du FMI obligera le gouvernement argentin à laisser flotter la devise nationale par rapport au cours de la devise des Etats-Unis.

L'accord de prêt diut être signé avec le FMI au cours de la semaine, politiquement très tendue, qui s'ouvre.

Pour aller plus loin :
lire l'éditorial de Página/12 (Cambiemos [Changeons - le nom de l'alliance politique au pouvoir] est devenu Zafemos [Sauve-qui-peut !])
lire l'éditorial de La Nación qui titre sur la transition interminable qu'est le mandat de Macri
lire l'article de Clarín

Ajout du 19 juin 2018 :
lire l'article de Página/12 qui a retrouvé le nom du nouveau ministre de l'Energie dans les Panama Papers. Alors que le pays va signer cette semaine l'emprunt au FMI, un tout nouveau ministre détient, comme son prédécesseur, des avoirs dans des paradis fiscaux (en l'occurrence les îles Caïmans). Página/12 en a fait sa une avec un slogan : "Pour appartenir au gouvernement, il faut avoir des comptes offshore."