Affichage des articles dont le libellé est foot. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est foot. Afficher tous les articles

mardi 1 septembre 2026

Messi à la Une, évidemment [Actu]

"L'homme qui nous a rendus heureux", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Dans une lettre manuscrite ouverte publiée sous forme de photo sur Instagram, Lionel Messi a annoncé hier aux Argentins qu’il avait achevé sa carrière internationale. La missive a beaucoup ému ses compatriotes, déjà très touchés par le décès soudain du père du champion il y a quelques semaines.

"Je n'ai plus rien à donner", dit le gros titre
citant la lettre de Messi
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Les quotidiens argentins en font naturellement leur Une ce matin.

"Messi, pour toujours", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

© Denise Anne Clavilier


"Cela fait mal à l'âme", dit le gros titre
en citant la lettre ouverte
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pour aller plus loin :

lire l’analyse du jugement sur Messi au long de ses 21 ans de sélection dans La Nación
lire l’article principal de Olé, le quotidien sportif du groupe Clarín

vendredi 24 juillet 2026

L’image de l’Argentine ruinée par le Mundial et Milei [Actu]

"La patrie en danger", dit le gros titre tout en haut
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Hier, Página/12 consacrait deux articles en ligne à la détérioration récente et brutale de l’image de l’Argentine dans l’opinion publique internationale, une détérioration qui s’est spectaculairement aggravée pendant et depuis la Coupe du Monde de football, où l’équipe nationale a gagné le mépris de très nombreux spectateurs, et à la politique débridée de Javier Milei, dont les décisions lui ont aliéné la plupart des gouvernements africains (à cause de son refus de voter la résolution de l’ONU visant à condamner le commerce triangulaire et l’esclavage qui en a résulté) ainsi que le monde arabo-musulman (à cause de son alignement sans réserve sur Trump et Netanyahu).

Aujourd’hui, La Prensa fait sa Une sur ce phénomène inquiétant pour les Argentins sans que l’article correspondant soit disponible sur son site Internet.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la politique de Milei
lire l’article de Página/12 sur l’hostilité dont les Argentins font l’expérience à l’étranger (l’article parle surtout d’événements intervenus à Barcelone).

lundi 20 juillet 2026

Des Unes bravaches et des pages intérieures qui laissent la place à la critique [Actu]

Les larmes de Messi devant les supporters
qui l'acclamaient malgré la défaite hier soir
pour faire la Une du quotidien sportif Olé (groupe Clarín)
En-dessous : "Que soient éternels".
Il s'agit d'une citation d'un vers de la fin de l'hymne argentin
(Que soient éternels, les lauriers que nous avons su gagner)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

En Espagne : Une d'un des quotidiens sportifs de la Péninsule, 
Marca (entendez Score)
Le gros titre dit : "Superstars !"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Sur cette finale de coupe du Monde de football calamiteuse pour une équipe du niveau des albicelestes et brillantissime pour son adversaire européen, la presse argentine préfère jeter un voile pudique dans ses Unes, qui rappellent toutes ce que le pays doit à Lionel Messi dont c’était le dernier match sous le maillot bicolore.

D'ici à l'éternité, clame le gros titre
sur cette autre photo du joueur ému
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Dans le futur, les expositions commémoratives montreront surtout les Unes de la presse. Alors autant qu’elles brillent de mille feux.

Le gros titre paraphrase la même phrase de l'hymne
Ils sont éternels, les lauriers que tu as su gagner
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pourtant, dans ce match, l’Argentine, elle, n’a pas brillé.

En contraste : la Une d'un autre quotidien sportif espagnol,
As (sans besoin de traduction) :
Le monde est à nous
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

L’équipe s’est même déshonorée de la première à la dernière seconde de la soirée par son agressivité envers les joueurs espagnols, la mauvaise foi de ses propres joueurs, le manque d’élégance de leur comportement en général, jusqu’à la cérémonie protocolaire finale où ils ont affiché et même revendiqué leur manque de fair-play alors que dans tous les domaines, mis à part les performances de leur gardien de but, leur jeu s’était distingué par sa pauvreté : mauvaise coordination de l’équipe, tirs rarissimes, possession de balle aux abonnés absents, capitaine-vedette qui n’a vraiment joué qu’en deuxième partie du temps additionnel, laissant même à Kylian Mbappé la place de meilleur butteur du tournoi avec 10 ballons dans les filets contre 8 pour Messi.

"Ils ont tout donné, dit le gros titre,
il n'y a rien à leur reprocher"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ajoutons à cela un arbitre central qui semble n’avoir rien vu des croche-pieds répétés, des coup de poings dans le dos, des coups de pied ou de coude dans l’estomac ou la figure de l’adversaire ni même cet Argentin qui est allé délibérément se placer sur la trajectoire d’un Espagnol en pleine course, afin de provoquer l’incident et de se rouler ensuite par terre et feindre d’être victime de la Roja. Un arbitre qui a de l’autre côté raté aucune des fautes des Espagnols et les a sanctionnées avec fermeté. Heureusement, ce monsieur a fini par retrouver une meilleure vue et par sortir de sa poche les cartons jaunes et rouge qui faisaient dodo, de sorte que les Argentins ont fini le match à 10. Hier, ils auraient pu le finir à huit ou sept sans que personne ne puisse crier à l’injustice caractérisée.

Une de El País, le quotidien de centre-gauche espagnol
Sur cette photo où Trump s'attarde encore,
ce gros titre : Champions
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Les albicelestes auraient-ils par hasard cru qu’ils avaient partie gagnée avant même d’entrer sur la pelouse ?

L'Espagne invincible, dit le gros titre
du quotidien de la droite catholique
(Avant le pape François, on disait de ABC
qu'il était le quotidien de l'épiscopat,
Depuis, les évêques ont acquis une plus grande
sensibilité sociale et démocratique)

En effet, au cours d’une interview enregistrée à brûle-pourpoint peu de temps avant le match, Trump venait de se déclarer favorable à leur victoire, lui qui hait l’Espagne de toutes ses forces parce que le gouvernement du pays ose opposer sa souveraineté à son rêve de toute-puissance alors que ce bon vassal de Milei, qui était absent hier au stade, lui offre le sien sur un plateau d’argent. Or plus personne sur cette terre n’ignore que la coupe, celle-ci, celle de 2026, était pleine ! Pleine de cette corruption assumée qu’une FIFA dévergondée déverse à grands flots, en passant en particulier tous ses caprices au gros bébé sénile qui depuis dix-huit mois partage sa vie entre la Maison Blanche et Mar-a-Lago.

"L'Argentine a donné tout et elle est
une fierté nationale", dit le gros titre
alors que le quotidien est le plus critique
de tous contre Messi et ses camarades !
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Il faut donc oublier ces Unes qui sont des pansements sur les blessures des supporters argentins (que ne ferait-on pas pour vendre du papier !) et lire les analyses contenues dans les pages intérieures des quotidiens. Les articles, très nombreux dans chaque titre, y sont moins flatteurs.

Hier, le dessinateur de Página/12, Miguel Rep, donnait ce résumé
de la future rencontre qui devait se ternir dans l'après-midi
à New York. Je vous laisse juger de la pertinence du dessin...

Côté officiel, il a été question jusqu’à ce matin de déclarer un jour férié pour le retour de l’équipe en Argentine mais ce rêve n’aura pas fait long feu : il y aura seulement une cérémonie officielle de réception à l’aéroport et aucun autre grand rassemblement. D’ailleurs, l’équipe n’arrive pas au complet. Messi lui-même ne rentre pas en Argentine et plusieurs de ses compagnons ont choisi les uns de partir en vacances, les autres de rejoindre immédiatement leur club.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’analyse du match dans La Prensa
lire l’analyse de Clarín
lire l’article de La Nación sous forme de revue de presse internationale (et la presse étrangère ne fait pas de cadeau à cette sélection argentine en-dessous de tout)
lire l’article de La Nación qui analyse la situation à partir des gros titres de la presse étrangères, photos à l’appui
lire l’article impitoyable de La Nación qui fusille Messi en invoquant une « imposture » de la part d’un joueur qui a voulu faire croire à 48 millions d’Argentins qu’à bientôt 40 ans, il était toujours le même miracle qu’il y a 22 ans.

jeudi 16 juillet 2026

La Mano de Dios à la sauce 2026 [Actu]

Une fois n'est pas coutume : c'est donc la Une
de La Prensa qui ouvre cet article...
pour cette pointe d'humour dont le journal n'est pas coutumier
Il a osé paraphraser l'hymne national pour faire un jeu de mot
Si, si !
Le dernier vers de la strophe principale :
A sus plantas rendido un león
([avec] un lion à ses pieds)
Et en plus, on peut le chanter (la métrique est parfaite)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Quarante ans après, les équipes d’Argentine et d’Angleterre se retrouvaient hier dans une coupe du monde.

"Pour les Malouines,
Pour Diego,
Pour le dernier [Mundial] de Leo"
clame le gros titre
avec une structure de Une bousculée
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

En 1986, au Mexique, quelques années après la fin de la guerre des Malouines (mai-juin 1982) et la victoire militaire de la Grande-Bretagne qui avait repris le contrôle territorial de l’archipel, Diego Maradona avait utilisé sa main pour marquer un but et l avait expliqué ensuite aux journalistes qu’il s’agissait de la « main de Dieu », une allusion politique très claire à sa prise de position en faveur du droit inaliénable de l’Argentine sur ces îles, prises par la force, par surprise et sans déclaration de guerre par une escadre de la Royal Navy en janvier 1833.

"La manivelle de Dieu", dit le gros titre
de ce quotidien du ballon rond du groupe Clarín

Aujourd’hui, Maradona n’est plus et Messi va prendre sa retraite de joueur international à l’issue de la compétition. Le score d’hier, 1 pour l’Angleterre et 2 pour l’Argentine, sonne donc comme une nouvelle victoire qui compense, sur le terrain de foot, la cruelle double défaite sur le champ de bataille en 1833 et en 1982.

Une photo de Mike Steward pour l'agence AP

Malgré les interdictions prononcées par la FIFA, qui refuse les déclarations politiques au cours de ses compétitions mais offre à Donald Trump un prix de la Paix créé pour lui, les joueurs argentins ont étendu sur la pelouse d’Atlanta une toile sur laquelle on lisait clairement la formule argentine rituelle : Las Malvinas son argentinas. Or il se trouve que Milei est hostile à cette revendication, qu’il ne cache pas son admiration et sa tendresse pour feue Margaret Thatcher, celle-là même qui a lancé sa marine contre l’Argentine en 1982, et tente actuellement de capituler en douce devant Londres : il est visiblement prêt à abandonner la souveraineté nationale de jure sur ces îles et à reconnaître comme légitime la situation de facto.

Vignette de Miguel Rep pour Página/12 ce matin
"Pardon, ma chère Margaret. Pardon. Des vrais sauvages",
déplore Milei
Traduction © Denise Anne Clavilier

D’où un malaise palpable du côté présidentiel, chez lui et chez sa sœur, ainsi que pour le reste du gouvernement tandis que la vice-présidente, en froid avec eux, a profité de l’événement pour faire entendre sa voix divergente et essayer de récolter du même coup un peu d’approbation populaire. Quel spectacle lamentable !

Miracle au football, maintenant, pour la 4e fois,
dit le gros titre
sur une Une elle aussi déstructurée
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Milei a annoncé qu’il ne ferait pas le déplacement aux États-Unis pour assister à la finale contre l’Espagne. Pour quelqu’un qui prétend avoir été gardien de but, c’est particulièrement minable. Dimanche, le roi Felipe, qu’on a vu récemment dans la télé, chez lui, fêter la victoire sur la France, en compagnie de la reine, de la princesse des Asturies et de l’Infante, tous les quatre revêtus du maillot de la sélection, sera donc probablement le seul chef de l’État dans les tribunes.

Nul besoin de traduire
Encore une Une déstructurée pour l'occasion
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Inutile de vous dire qu’en Argentine, tous les titres de presse consacrent plusieurs pages à l’événement. Si l’heure n’est évidemment pas à l’humilité, les jeux de mots se bousculent sur les Unes triomphantes.

"Las Malvinas son argentinas", projection sur le balcon de
l'ancienne présidente de gauche, Cristina Kirchner,
qui est sortie pour saluer la foule
régulièrement présente au pied de son immeuble pour la soutenir,
depuis qu'elle est détenue à domicile, pour un dossier vide contre elle
La carte de l'archipel accompagne la formule rituelle
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 19 juin 2026

L’ancien maillot de la sélection pour défendre le travail des Argentins [Actu]

Capture d'écran sur Youtube/CGT Argentina


Inspirée par l’entrée en fanfare de l’équipe argentine de foot à la Coupe du monde il y a quelques jours, la CGT, le principal syndicat d’Argentine, a publié un petit clip pour démontrer que la ferveur autour du maillot national, ferveur qui dure toute l’année tous les ans, pourrait permettre de sauvegarder l’emploi en Argentine dans l’industrie textile, l’emballage, la distribution et le commerce alors qu’aujourd’hui, l’ouverture des frontières dérégulée aboutit au résultat inverse : les Argentins achètent désormais leur maillot sur Amazon et il est made in China.

Pourtant le maillot qu’a porté Diego Maradona était fabriqué en Argentine depuis le tissage du coton jusqu’à la distribution dans les points de vente répartis sur tout le territoire national, des points de vente innombrables et accessibles à tout le monde à une distance très raisonnable de chez soi, même à la campagne.

"Industria Argentina" en Argentine correspond à l'équivaleut
français : Produit/Fabriqué en France
peu importe le secteur : artisanat, manufacture, industrie
Cela est valable dans l'alimentation aussi...

Le syndicat a mis en ligne sa vidéo sur sa chaîne Youtube. Página/12 et La Nación en parlent à leurs lecteurs ce matin. A noter que, une fois n’est pas coutume sur cette thématique, l’article de La Nación est plus intéressant et plus long que celui de Página/12 qui semble se contenter de reprendre à peu près tel quel le communiqué de la CGT tandis que le quotidien libéral, de droite, prend la peine de publier sa propre analyse du phénomène.

Le message de Jorge Pino Sola, l'un des membres du
triumvirat à la tête de la CGT :
Prenons soin de ce qui nous appartient
Il est encore temps
Prenons soin du travail argentin
Confédération Générale du Travail

Pour rappel : dans tous les secteurs, la production industrielle et manufacturière s’est effondrée en Argentine depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei (10 décembre 2023), à cause de la dérégulation brutale qu’il a instaurée sans aucune concertation avec les acteurs économiques dans tous les domaines. Des PME mettent donc la clé sous la porte tous les jours. Des Argentins se retrouvent au chômage ou basculent dans le travail au noir tous les jours. Dans les enseignes de la petite et de la grande distribution, la consommation baisse tous les jours et on le constate dans les chiffres tous les mois. Le tissu économique du pays se déchire un peu plus tous les jours, principalement au profit de grands empires chinois (pour la production) et états-uniens (pour la distribution) tandis que Milei s’acharne contre toutes les évidence à vanter de façon obscène sa propre politique et à promettre, comme Hoover dans les années 1930, que « la prospérité est au coin de la rue ».

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 21 mars 2026

Cinquantenaire du coup d’État : tout le monde s’y met [Actu]

Semaine de la Mémoire
Plus jamais - 50 ans (1976-2026)
Affiche du club de quartier Racing Club (Buenos Aires)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Ce week-end et jusqu’à mardi, l’Argentine commémore le coup d’État de Videla qui, le 24 mars 1976, a installé la pire dictature militaire que le pays ait jamais connue.


Une de La Nación aujourd'hui
En haut de la colonne de droite : Une de Ideas
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

De très nombreuses manifestations sont proposées ce week-end et dans la semaine qui vient de la part de toutes sortes d’institutions : théâtres, cinémas, musées, centres culturels, clubs de foot, même les plus modestes, associations…

Affiche du Club de Caballito (Buenos Aires)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

L’Église elle aussi s’associe aux commémorations. La Conférence épiscopale argentine (CEA) a publié une déclaration en faveur de la démocratie et de l’État de droit contre les monstres du passé.

"Ils sont 30 000", dit l'inscription contre
le négationnisme du gouvernement national
"24 M[ars] : L'art n'oublie rien"
Une du supplément culturel quotidien de Página/12 ce matin
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La Nación elle-même consacre aujourd’hui son supplément hebdomadaire Ideas à ce triste anniversaire et l’annonce à la Une.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur l’ensemble des programmes proposés à partir d’aujourd’hui
lire l’article de Página/12 sur les propositions des clubs sportifs
lire l’article de La Prensa sur la déclaration de la CEA

mercredi 16 avril 2025

Le nouveau Caras y Caretas se consacre à Boca Juniors – Article n° 7600 [Disques & Livres]

Le cœur bleu et or, dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le prochain numéro de Caras y Caretas, le mensuel culturel illustré du groupe Octubre, actionnaire principal de Página/12, qui reprend le titre d’un très célèbre magazine historique disparu depuis des décennies, se penche sur les 120 ans d’existence du club Boca Juniors qui a vu les débuts de très grands footballeurs argentins, dont le premier d’entre eux, Diego Maradona, dont les derniers médecins et infirmiers répondent actuellement devant la justice de sa mort dans un délaissement qui apparaît de plus en plus.

On peut consulter un certain nombre des articles de ce numéro spécial sur le site du magazine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’éditorial de Felipe Pigna, historien vedette médiatique, vulgarisateur de talent et rédacteur en chef du mensuel.

jeudi 28 novembre 2024

Il reste un peu de bon sens et de courage à la Chambre basse [Actu]

"Arrêter le ballon", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Hier, les députés ont voté une proposition de loi qui devrait interdire les publicités pour les jeux de hasard et en particulier les paris sportifs, afin de protéger les enfants et les adolescents, très sensibles à leur discours.

L’addiction au jeu en ligne est un fléau auquel l’Argentine n’échappe pas plus que les pays de l’hémisphère nord.

Comme on peut s’en doute, cette proposition de loi a été combattue jusqu’au dernier moment par le gouvernement en place et son allié intermittent, le PRO, le parti de la droite libérale dite « pro-business » dont l'ancien président, Mauricio Macri, a repris les rênes. Bien évidemment, ils se battent pour que leurs amis puissent continuer à se faire du fric sur le dos des pauvres gens qui rêvent de gagner le gros lot et de sortir ainsi de l’incertitude économique permanente de ces crises fréquentes que favorisent les politiques du PRO comme de Mileí. Il est probable qu’ils vont s’efforcer encore de faire échouer le vote au Sénat.

Seul Página/12 se fait l’écho ce matin de cette première victoire dans la presse quotidienne argentine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 6 mai 2024

L’Argentine pleure un sélectionneur de légende [Actu]

César Luis Menotti, l'homme qi a changé
l'histoire du football argentin, dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Hier, César Luis Menotti s’est éteint dans une clinique de Buenos Aires à l’âge de 85 ans. L’Argentine lui doit sa première étoile, lors du Mundial de 1978, un baume au cœur des Argentins alors soumis à la plus cruelle dictature de leur histoire.

Menotti était resté une grande autorité dans le monde du football et ce, au-delà des frontières. De très nombreux clubs dans le monde ont publié leur message de condoléances.

La une est pour l'économie informelle,
qui sera la grande perdante de la réforme économique en cours
Hommage à Menotti en haute sous le titre :
"Don Quichotte du terrain"
(une parodie du titre du chef d'œuvre de Cervantes :
Don Quijote de la Mancha)

Récemment, Menotti s’était élevé contre le projet de Mileí de transformer en sociétés commerciales les clubs, aujourd’hui tous en statut associatif.

Le premier gros titre est consacré à la loi économique
en discussion au Congrès.
L'hommage à Menotti est à gauche sous le titre :
"Profond chagrin"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La presse lui rend hommage ce matin mais l’actualité politique est si tendue qu’il n’a pas la vedette sur les unes, mis à part celle de La Nación. Le Congrès débat actuellement de la nouvelle loi fiscale dont l’adoption va faire basculer de très nombreux travailleurs précaires dans le régime imposable des salariés réguliers et correctement payés. Autrement dit, ce sont les plus fragiles qui vont faire les frais de la fameuse réforme de l’État qui doit libérer tout le monde de payer trop d’impôts. Une entourloupe de plus pour les électeurs qui ont porté ce type à la présidence.

Clarín a la moins généreuses des unes :
la victoire du club de Estudiantes éclipse
la disparition de l'entraîneur du siècle
(en bas à droite)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 31 janvier 2024

Mileí : zéro pointé en politique sociale [Actu]

Le journal Olé s'était fait l'écho des protestations des
équipes professionnelles de foot contre le DNU :
la banderole dit : "le football n'a ni besoin ni urgence"
En haut : la puissante et riche équipe de River Plate
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Coup sur coup, la justice argentine vient de mettre le président échec et mat d’une part sur sa réforme du droit du travail contenue dans le décret de besoin et d’urgence (DNU), signée en décembre et par laquelle Mileí prétendait casser une bonne partie des acquis sociaux sans même passer par le Congrès et d’autre part sur la transformation à terme des associations sportives que sont les clubs de quartier, avec des équipes professionnelles ou amateur, en sociétés commerciales et capitalistes, contenue elle aussi dans le DNU présidentiel.

La réforme du droit du travail aboutissait à une précarisation des salariés en terme principalement de préavis et d’indemnisation. Elle a été attaquée devant la justice par les syndicats qui ont remporté deux victoires, d’abord en référé puis hier au fond. La chambre du droit du travail a déclaré cette réforme inconstitutionnelle.

La réforme du statut des clubs a été attaquée en référé par une instance de la Fédération nationale de football, la AFA, qui vient de gagner son procès : la réforme a été déclarée inconstitutionnelle car elle menace l’existence d’institutions qui jouent un rôle social indispensable à la vie commune. Cette réforme était elle aussi contenue dans le DNU de décembre qui a déjà subi d’autres condamnations sur divers articles.

Comme le dit ce matin l’éditorialiste de La Nación, le président ne gouverne pas, il sème la confusion partout où il passe.

Entête du jugement sur le statut des clubs sportifs
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Heureusement, il y a des juges qui ont du courage et du bon sens.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

sur la condamnation de la réforme du travail
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
sur l’inconstitutionnalité de la réforme des clubs
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
lire l’article de Olé, le quotidien sportif du groupe Clarín
lire le communiqué de presse de la AFA, la fédération nationale de football

lundi 18 décembre 2023

Élections à Boca Juniors : ¡Viva Riquelme! [Actu]

Jeu de mot : "empire romain" se dit "imperio romano"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Finalement, toutes les finasseries judiciaires du clan Ibarra-Macri n’auront servi à rien. La liste de Riquelme l’a emporté haut la main hier, dimanche, au stade de la Bombonera : l’ancien footballeur, de modeste extraction, est bel et bien élu, incontestablement élu à la tête de Boca Juniors à plus de 65 %.

Sur le compte Twitter du club dans la soirée d'hier

« Le président de club le mieux élu de toute l’histoire du football argentin », a plaisanté le service de communication de la plus célèbre institution de la Boca en reprenant le slogan entendu lors de l’élection présidentielle à la mi-novembre (« le président argentin le mieux élu depuis la récupération de la démocratie », avec 55 % des voix sur son nom).

Les résultats officiels !
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ibarra, le candidat malheureux, n’a d’ailleurs pas tardé à reconnaître sa défaite, tout en continuant à soutenir qu’il y avait bien eu manipulation du scrutin et que les votes des électeurs jugés irréguliers par lui et son compagnon de formule le démontraient parfaitement (sur 13 000 noms que Macri et lui récusaient, seuls 8 500 personnes sont venu voter : cela ne saurait mettre en doute le résultat total sur l’ensemble des électeurs). Ibarra a concédé la victoire à Riquelme alors que les scrutateurs étaient encore loin d’avoir dépouillé 50 % des votes. Or le score du vainqueur était déjà à 60 %.

Jeu de mot habituel : "Histoire d'amour"
dit le gros titre dans les couleurs du club
En haut, le président argentin en tenue de guerre !
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

L’un des plus célèbres sociétaires, le nouveau Président de la Nation, Javier Mileí, est venu déposer son bulletin. Il appelait à voter pour Ibarra et Macri, dans un beau renvoi d’ascenseur puisque Macri avait appelé à voter pour lui dans un autre scrutin ! Ce qui tend à prouver une fois de plus que tout ce barnum était bien une opération purement politique de la part de Macri et de son associé (et probable prête-nom dans ce qui serait passé de club associatif à fort retentissement social et culture à société commerciale avec arrière-pensée politique). Mileí a été copieusement hué par la foule des autres sociétaires déjà présents au stade pour le scrutin. Il ne s’est donc pas attardé. Il est aussitôt parti, avec son imposant dispositif de sécurité, pour le sud de la Province de Buenos Aires récemment affectée, sur toute la côte, par une redoutable tempête qui a fait 13 morts à Bahía Blanca, des blessés un peu partout et des dégâts considérables dans cette ville, comme à La Plata (la capitale provinciale) et à Buenos Aires où les beaux quartiers, notamment Palermo, ont été sévèrement touchés, avec des arbres déracinés et tombés en travers des rues et des réseaux électriques endommagés.

En haut : le président, son ministre de la Défense
et la ministre de la Sécurité qui le chapeaute à Bahía Blanca
avec le maire de la ville (debout) et le gouverneur (péroniste)
En bas : Riquelme fait la fête
A gauche, l'anniversaire du pape François au Vatican
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Là-bas, notre apprenti-chef d’État a voulu se la jouer Zelenski, dont il n’a pas la classe : le cheveu en bataille comme d’habitude, il est apparu en battle-dress, en compagnie de son ministre de la Défense, lui aussi porteur du même déguisement (ils ont deux mois d’avance sur le carnaval), dans un pays qui vivait sous la pire dictature militaire de son histoire il y a un tout petit peu plus de quarante ans ! Notons d’ailleurs que Zelenski ne revêt jamais la tenue de camouflage : il porte certes des vêtements militaires, mais ce sont des tenues de sport et non pas l’uniforme de service ou d’entraînement au combat.

Quant à Macri, se sachant déjà vaincu sans doute (il ne fallait pas être grand clerc pour le deviner), il n’a même pas voté : quand le scrutin s’est ouvert dimanche matin, il était déjà dans un avion et volait vers la Péninsule arabique où se tient une compétition de la FIFA. Il s’est toutefois fendu d’un tweet pour s’offusquer que des « soi-disants supporters » aient osé siffler le « Président de la République » (reprenant à son compte une expression peu usitée et qui remonte à la guerre civile de 1820-1880). Il est probable pourtant qu’il faille que l’intéressé s’y habitue. A la manière dont il s’y prend, des sifflets et des hués, il va en entendre souvent pendant ses quatre ans de mandat.

Clarín a préféré titrer sur les dégâts de la tempête
Photo principale : Buenos Aires
Photo en insert : Bahía Blanca
Riquelme est en haut à droite
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ce matin, l’article de presse le plus sévère à l’endroit de Macri est sans doute celui de La Nación qui analyse toute l’opération menée par l’ancien chef de l’État comme un lamentable échec personnel où l’homme s’est ridiculisé en tentant de revenir dans le jeu politique d’un pays qui, très visiblement, ne veut plus de lui depuis quatre ans. Il n’a pas pu présenter sa candidature à la présidence du pays, il a vu la candidate qu’il soutenait officiellement (en réalité comme la corde soutient le pendu) loin très loin de pouvoir atteindre le second tour, candidate qui lui a faussé compagnie par la suite en s’affranchissant de son autorisation pour entrer dans le gouvernement à un poste régalien. Voilà maintenant qu’il rate aussi la présidence du club sportif où il a fait ses débuts dans la vie publique avant de se lancer en politique. Sur quoi, il fuit en Arabie pour ne pas assister au désastre. L’article traite cette dernière campagne électorale de « titanesque » (propre au Titanic).

Un choix presque identique à La Nación
En haut, les dégâts (620.000 foyers toujours privés d'électricité)
En bas, la réunion à Bahía Blanca
Tout en haut, Riquelme
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Quant à Página/12, ravi du succès d’hier au point d’en faire son centre de une, sa rédaction analyse les enjeux de ce scrutin : s’opposer aux projets de l’actuel gouvernement qui entend transformer les clubs en sociétés commerciales sportives, à l’image des clubs des pays industrialisés qui en ont fait des caisses à pognon sans autre horizon que le bénéfice. En Argentine, les clubs sont des centres d’animation locaux, avec des tas d’activités culturelles et de services sociaux qui viennent, comme nos associations, pallier les carences de l’État, qu’il soit national ou local.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’entrefilet de Página/12 sur la signification socio-politique de la victoire de Román Riquelme contre l’élite affairiste et politique que représente Mauricio Macri
lire l’entrefilet de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
lire l’article de Olé, le quotidien sportif du groupe Clarín