Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
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La semaine dernière, le dessinateur et
fantaisiste engagé (1)Horacio Fontova est décédé. Aujourd’hui,
Página/12 lui consacre la une de Яadar,
son supplément sur la culture disruptive et poil-à-gratter.
"Malgré tout", une citation d'une de ses chansons
On
y voit l’artiste disparu dans les années 1970 sur une photo qui
est un manifeste péroniste. A première vue, ça ne se voit pas
facilement, pour nous qui sommes Européens, mais quand vous voyez un
homme avec les pieds dans l’eau, ça sent le 17 octobre 1945 !
Le
17 octobre 1945, a couru dans Buenos Aires l’information selon
laquelle il y avait eu une révolution de palais à la Casa Rosada.
Le très populaire secrétaire d’État au Travail, Juan Domingo
Perón, dont la popularité et le charisme menaçaient le reste du
gouvernement, avait été débarqué de son ministère et envoyé
immédiatement dans un bagne militaire situé dans une île du Río
de la Plata. Aussitôt, ses partisans à Buenos Aires envahirent la
place de Mai. Une foule immense se fit à exiger le retour du
ministre. C’était le printemps, il faisait chaud. Des hommes
retirèrent leurs chaussures et s’assirent sans façon sur un
bassin qui ornait la place, les pieds dans l’eau. Ce jour-là, Perón a gagné l'élection présidentielle qui allait être organisée l'année suivante et rapporté en Argentine l'ordre constitutionnel.
Depuis, cette
image symbolise la force du peuple lorsqu’il est uni en réponse à
des mesures prises contre ses intérêts. Ce que chante aussi le
fameux slogan latino-américain : El pueblo unido jamás será
vencido (le peuple uni ne sera jamais vaincu).
Le
17 octobre est devenu un jour de fête péroniste. C’est le Día de
la Lealdad (la fête de la loyauté).
Et
Horacio Fontova entrait à fond dans cette symbolique de la geste
péroniste. Il était donc normal qu'aujourd’hui, après la
disparition d’un tel artiste, Página/12 lui rende un second hommage.
Le faire-part publié sur Twitter par l'Association Argentine des Acteurs
Depuis plusieurs années, il n’occupait plus l’avant-scène mais
il restait actif et continuait de créer tout en se battant contre un
cancer qui a fini par l’emporter hier, à l’hôpital, à l’âge
de 73 ans.
"Nous sommes tous ses neveux", dit le gros titre
En haut, deux titre : sur le cours du pétrole et sur le plan
d'aide aux TPE et aux micro-entrepreneurs (monotributistas)
Fils, petit-fils et
arrière-petit-fils d’artiste, Horacio Fontova était un enfant de
la balle, un artiste multi-cartes, à la fois
auteur-compositeur-interprète, humoriste, fantaisiste, homme de
radio, de télévision et de scène mais aussi dessinateur (il avait
fait ses études à l’École
Nationale des Beaux-Arts Manuel Belgrano) (1), illustrateur et
écrivain (il avait publié un recueil de nouvelles en 2015 et en
préparait un autre, qui reste inédit).
En musique, il a touché à tous les genres : le tango, le rock, le folklore, la salsa, la variété, la musique de film et de scène... Bref, tout !
Dans les années 70, il
avait aussi mis en scène les versions argentines de comédies
musicales hippies nord-américaines Hair et Jésus Christ Superstar.
Me siento bien, publié hier sur le canal Youtube
d'un quotidien d'actualité générale de San Lorenzo,
dans la banlieue de Rosario (Province de Santa Fe)
Il nous laisse de
nombreux disques enregistrés avec ses diverses formations aux noms
farfelus, comme Patada de Mosca (coup de pied de la mouche) ou
Fontova y sus Sobrinos (Fontova et ses Neveux). L’un des plus
célèbres de ces albums s’intitulait Me siento bien, du nom d’un
des morceaux, dont un vers est repris tel quel par Daniel Paz sur la
une qu’il a dessinée ce matin pour Página/12 (« malgré
tout, je me sens bien » inscrit sur le t-shirt), une chanson aux rythmes caribéens et
au texte caustique, comme tout le reste de sa production qui
dénonçait tout ce qui allait de travers en Argentine et dans le
reste du monde.
Clarín le montre en haut au centre,
avec ses grosses moustaches des années 70 et ce titre :
"Fontova - El Negro est parti en tournée",
une expression idiomatique pour désigner le dernier voyage
En dessous, le gros titre est consacré à la chute du cours du pétrole
(L'Argentine est un pays producteur mais cette hiérarchie des sujets aurait sans doute inspiré notre regretté ami)
tandis que la photo met en valeur les enjeux scolaires du confinement
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En tournée en Espagne, il avait même joué au sein du groupe
de musiciens fantaisistes Les Luthiers pour remplacer l'un des membres attitrés.
Hommage ce matin de Miguel Rep dans Página/12
Avec son personnage du Niño Azul (l'enfant bleu)
Rep recopie in-extenso les paroles
de la Milonga del donante (la milonga du donneur d'organes)
une des chansons les plus achevées de Fontova
Clilquez sur l'image pour une haute résolution
Il part pendant la
pandémie, alors que les obsèques doivent se faire dans la plus
stricte intimité. Ces mesures restrictives touchent cruellement
toutes les professions artistiques, car tous l’ont eu les uns pour
confrère, d’autres pour partenaire, d’autres pour référence et
d’autres pour modèle.
Fontova chanta la Milonga del donante,
au micro de Radio Nacional
en octobre 2016
La presse lui rend un
hommage inégal : très appuyé dans Página/12 mais détestable
dans La Prensa qui parvient à politiser l’événement en dénonçant
le choix du président actuel qui a publié en mémoire du disparu
une photo où on le reconnaît aux côtés du défunt président
Néstor Kirchner. Rédaction incapable de faire taire ses griefs
mesquins ! S’ils n’avaient rien à dire, ils auraient au
moins pu avoir la décence de se taire et de ne pas traiter le sujet
(2).
lire l’article principal de La Nación qui annonce une nécrologie classique en manchette
sur la une et publie dans ses pages spectacles un texte d'adieu d'un des amis de Fontova.
(1) Parmi tous les
apports que l’Argentine doit à Manuel Belgrano (1770-1820), il y a
la première école de dessin qu’il monta avec l’aide d’un
artiste espagnol attelé à la décoration de la toute nouvelle
cathédrale (l’actuelle) aux belles heures du consulat de commerce,
au cours de la dernière décennie de l’Ancien Régime.
(2) En une, ils ont
préféré publier les vaticinations obscurantistes et nauséeuses de l'archevêque
émérite de La Plata, Mgr Héctor Aguer, qui se fait de plus en plus caricatural avec
l’âge et qui s’interroge sur le caractère de châtiment divin
de la pandémie. Fontova lui aurait envoyé dans les gencives une de
ces milongas cinglantes. Aguer ne l'aurait pas volée, celle-là !
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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Blogs et sites culturels : Walter Alegre, militant de la culture (BsAs) Pablo Vignali, photographe à Montevideo Melografías, sur l'actualité de la musique argentine(BsAs)
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Dictionnaires et traducteurs en ligne : ATLIF-Université de Caen (dictionnaire de français) CISCO-Université de Caen (synonymes français) RAE Real Academia Española (dictionnaire d’espagnol)