Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
Ricardo Soulé récemment, avec ses instruments, ses disques et ses fleurs...
Guitariste, violoniste, chanteur
et compositeur mais aussi passionné de fauconnerie, Ricardo Soulé,
décédé hier à Quilmes, où il était né il y a 76 ans, était
l’un des fondateurs, en 1968, du groupe rock Vox Dei, qu’il avait
quitté en 2003 pour se lancer dans une carrière de soliste.
Les Argentins lui doivent
quelques chansons qui sont désormais considérées comme des
classiques du rock nacional.
Au mois de septembre, il avait
annoncé devoir renoncer à monter sur scène pour des problèmes de
santé qu’il pensait alors surmonter en quelques semaines. Cela
n’aura pas été le cas. La maladie l’a emporté.
Ce matin, s’il ne fait guère
la Une, Ricardo Soulé reçoit les hommages de toute la presse, à
droite comme à gauche. Plusieurs journaux ont intégré dans leurs
articles en ligne des morceaux à écouter sur diverses plateformes.
A découvrir pour ceux qui ne connaissent pas.
En juillet, la revue Caras
y Caretas, qui
appartient au groupe Octubre comme Página/12,
consacre la majeure partie de son édition à un hommage à Carlos
« El Indio » Solari, éminent représentant du rock
argentin décédé au début de ce mois.
Un certain nombre d’articles
sont à lire sur le site Web du magazine.
Manu cruel : main cruelle, dit le titre C'est aussi celui d'un célèbre tango Cliquez sur l'image pour une haute résolution
C’est la triste nouvelle qui
m’a cueillie au réveil dans les premiers rais de lumière filtrant
à travers la fenêtre ouverte pour un peu de fraîcheur
post-caniculaire : hier,
l’un de ses enfants a
trouvé Daniel Melingo inanimé,
chez lui, dans un quartier ordinaire de Buenos Aires, alors qu’il
luttait contre une pathologie pulmonaire sans remède (il était en
soins palliatifs à
domicile), ce qui ne
l’empêchait nullement de bâtir de nouveaux projets musicaux,
qu’il ne réalisera pas. Le rocko-tanguero à la voix cassée par
les intoxications de sa jeunesse était
déjà mort. Il n’avait
que 68 ans.
Ce qui m’a frappée à la
lecture des journaux
en ce petit matin parisien, c’est l’abondance des articles dans
la presse argentine.
J’avoue ma surprise car l’artiste était aimé et apprécié par
une partie du public mais ouvertement détesté, voire méprisé, par
une autre, qui allait jusqu’à lui dénier tout talent.
Daniel Melingo en mai 1983, jouant au sein des Abuelos de la Nada
Or du talent, Melingo
en avait et, pour autant que je puisse en juger, il en avait à
revendre. Le timbre même de sa voix brisée, il s’en servait pour
susciter l’émotion, au moins aux oreilles des auditeurs sensibles
à cette esthétique décapante. Or il faut croire que ces auditeurs
sensibles sont beaucoup plus nombreux que ce que j’aurais imaginé
car aujourd’hui, ce n’est pas seulement Página/12
qui publie plusieurs articles sur Melingo. C’est aussi Clarín
(si, si) et La Nación !
Issu d’une famille d’origine
grecque, Daniel Melingo avait commencé la musique par des études
classiques au conservatoire, où il s’est formé, d’une manière
très rigoureuse, à la musicologie et à la clarinette. Baigné dès
sa naissance dans l’univers sonore et esthétique du tango, déjà
bousculé par la révolution introduite par Astor Piazzolla (en 1955)
et bientôt par Piazzolla associé au poète Horacio Ferrer (en
1968), Melingo, passionné par la musique de Aníbal Troilo, le
maître des deux précités, avait renoncé assez tôt au bandonéon,
l’instrument fétiche des deux compositeurs, eux-mêmes maître et
disciple : on lui en avait bien offert un mais il ne parvenait
pas à en tirer le son auquel il aspirait. Il était donc allé chez
un brocanteur l’échanger pour autre chose et cette autre chose fut
une clarinette, qui changea le cours de son destin musical.
Une de ses dernières photos dans un café typique de Buenos Aires
Très vite, Melingo bascule du
côté du rock, avec une bande de copains musiciens comme lui. Ils
forment le groupe Los Abuelos de la Nada (les grands-pères du néant
– en fait, il s’agit d’un jeu de mot avec le patronyme d’un
des musiciens, Abuelo). Le groupe a laissé sa trace dans l’histoire
du rock argentin et hispano-américain. On est alors dans les années
1980. Melingo se laisse happer par les paradis artificiels, le fléau
du rock depuis les années 1960. Il boit et se drogue et cela finira
par se voir dans son corps et par s’entendre dans sa voix qui
s’éraille. Arrivé à la moitié de la décennie, qui vit revenir
la démocratie et l’État de droit en Argentine, Melingo la quitte
et s’en va vivre en Espagne, alors que la Péninsule découvre la
démocratie et intègre le Marché Commun. C’est le temps d’autres
rencontres musicales qui viennent nourrir son expérience artistique
et son répertoire.
Melingo fait encore partie d’un
autre groupe de rock avant de retrouver son berceau, le tango, mais
ce sera un tango à sa façon, rude, rugueux, asocial, fantasque,
définitivement en-dehors des clous, tant dans la manière de le
chanter que dans le contenu du répertoire. Il se lie d’amitié
avec Edmundo Rivero et l’inspiration qu’il a puisée dans
l’observation du grand chanteur s’est ressentie jusqu’à ce
jour. Il fait aussi la connaissance du poète Luis Alposta (à qui
j’envoie toute mon amitié en ce jour de deuil). Melingo met en
musique ses textes caustiques et théâtraux aux chutes ciselées et
spectaculaires. De son côté aussi, lui-même écrit une partie du
répertoire qu’il enregistre.
L'adieu d'un ami musicien "C'est pas possible, l'ami T'es parti sans prévenir ! Il nous manque le clip vidéo Bon voyage jusqu'au ciel, Dani"
Daniel Melingo nous laisse de
nombreux disques au contenu décalé comme il l’était lui-même,
dont un Tango Rebetiko,
où il avait marié la tradition portègne dans laquelle il avait
grandi et celle de la Grèce dont provenaient ses ancêtres. Les
articles en ligne de Página/12,
Clarín
et La Nación
intègrent de nombreuses archives sonores et filmées de ses
spectacles et de ses albums.
Le message du grand rocker qu'est Fito Paéz
Au lendemain d’une disparition
qui semble tous les avoir surpris, ses amis musiciens lui rendent
hommage avec des textes ou des images aussi poignants les uns que les
autres. Pour contesté qu’il ait pu être, c’est bien un grand du
tango et de la musique populaire urbaine qui vient de nous quitter.
lire l’article
principal de Página/12 lire le
billet d’opinion paru dans ce journal,
intitulé Daniel
Melingo, l’alchimiste
(il y avait en effet de cela chez ce musicien difficile à classer) lire l’article
de Página/12
sur les réactions du monde musical à cette disparition lire la
nécrologie unique de La
Prensa,
pour un artiste très éloigné du monde esthétique passéiste
apprécié généralement par cette rédaction réactionnaire (je
n’en reviens pas que La
Prensa
en parle !) lire l’article
principal de Clarín lire la
dernière interview
que Melingo avait accordée à ce quotidien et qui qui aurait dû
paraître dans quelques jours : contraint et forcé par le
journaliste, il y commente, à reculons et sur la défensive, son
amitié et son partenariat musical avec un musicien qui a été
condamné pour meurtre et qu’il refuse de condamner et de rejeter :
« je ne suis pas juge », dit-il (nous avons eu ce même
genre de polémique au sujet de Bertrand Cantat) lire l’analyse
musico-politique
de ce que nous laisse le chanteur et le compositeur, dans le même
quotidien lire l’article
principal de La
Nación lire le
splendide article de fond de La
Nación
sur le legs musical laissé par Melingo (et quelle mise en page, en
prime) lire l’article
de La
Nación
sur les réactions dans le monde musical Il existe encore un
quatrième article
du même quotidien mais ce n’est pas le plus riche.
Vendredi dernier,
le gouvernement de Javier Milei et ses tristes alliés ont refusé le
concours de la puissance
publique à la famille de
El Indio Solari pour organiser ses
funérailles à la hauteur de la demande et pour
assurer la sécurité des
personnes et des biens, malgré les besoins plus qu’évidents. Le
président de la Chambre, le gluant arriviste Martín Menem, qui
n’est autre que l’un des petits-enfants de
feu l’ancien président
Carlos Menem, celui que Milei respecte le plus et auquel il aimerait
tant ressembler, a refusé tout net de mettre à disposition de la
veillée funèbre les
locaux du Congrès en
prétextant que ce bâtiment ne se prêtait pas à ce genre de
manifestation. Ce qui est totalement faux : le Congrès a
accueilli les hommages populaires et nationaux au président Néstor
Kirchner en 2010, à la chanteuse et compositrice Mercedes Sosa et à
Diego Maradona, quelques années plus tard. Les trois veillées ont
attiré une foule immense, démonstrative
et brisée de chagrin sans qu’aucun incident n’ait été à
déplorer. Le bâtiment est
parfait pour accueillir ce genre d’événement grâce àl’immense
place qui le jouxte et où
les forces de l’ordre
peuvent
canaliser la foule et les
moyens de secours être
déployés.
"Voilà à quoi nous ressemblons", dit la légende de ce dessin de Miguel Rep, hier, sur le site de Página/12 Pour une fois, les Malouines manquent sur cette carte où l'Argentine est couchée, le nord à droite, le sud à gauche
Devant une telle mauvaise
volonté, aussi cruelle que méprisante, c’est Máximo Kirchner, le
fils de Néstor et Cristina Kirchner, aujourd’hui leader d’un des
mouvements péronistes (un peu extrémiste sur les bords pour être
franche) et grand ami personnel du chanteur et de sa famille, qui
s’est chargé de trouver une solution. Surmontant
ses différends politiques
et sa rivalité avec d’autres dirigeants péronistes tout aussi
ambitieux que lui, il a pris son téléphone
pour appeler le gouverneur
de la Province de Buenos Aires puis
le maire de Avellaneda, une
ville de la banlieue
populaire et
ouvrière sur la limite
sud de la capitale
fédérale. Les trois hommes ont désigné à la hâte un lieu
capable d’accueillir la foule et ils ont mis sur pied le dispositif
de sécurité nécessaire en faisant appel aux forces de
l’ordre provinciales. Le
cercueil fermé, autopsie oblige, a alors été
transféré au Centre Multisport Gatica de Villa Domínico, à
Avellaneda.
Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Samedi soir, dès que le lieu de
la cérémonie a été
connu, on a vu se former une file d’attente sur la route qui
relie Buenos Aires au
Gatica, une file longue de sept kilomètres et
d’environ un million de
gens de tous âges, attendant debout, à pied, de rendre un dernier
hommage à l’artiste disparu, malgré la pluie et le froid qui
auraient pu arrêter plus d’un pèlerin. Les fans portaient des
vêtements
à l’effigie de leur idole disparue, des pancartes et
des banderoles pour le remercier de ce qu’il a été pour eux,
certains ont dessiné son visage à même la chaussée ou sur les
murs environnants, et ils ont ainsi cheminé jusqu’à la chapelle
ardente où ils se sont recueillis dans le calme et une
dignité à l’argentine
devant un cercueil en
bois aux reflets dorés au-dessus duquel flottait la mention « Indio
1949-∞ » en
lettres de lumière.
A droite, les photos de la foule dans la rue avec en bas ce visage du chanteur dessiné sur la chaussée A gauche, les maillots d'équipes de foot que les fans ont jeté vers le cercueil en signe d'hommage Cliquez sur l'image pour une haute résolution
La chapelle devait ouvrir ses
portes hier, dimanche,
à 11 h du matin. Il a fallu avancer l’ouverture à 9 h
et c’est seulement ce matin, lundi, à 8 h que la famille a
estimé devoir conclure la veillée publique pour procéder aux
obsèques proprement dites dont elle n’a révélé ni les modalités
ni le lieu, afin de se réserver un peu d’intimité.
En photo principale, la foule des fans à l'approche du Gatica Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Ce matin, l’épouse (depuis 45
ans) et le fils de El Indio ont publié sur les réseaux sociaux un
texte serein et très beau pour remercier tous ces inconnus qui se
sont déplacés pour rendre
ce dernier adieu. Ils les invitent à faire perdurer la vie du
disparu à travers sa musique à jamais vivante.
Le message de remerciement de la famille, ce matin "C'est fait. Toutes celles et tous ceux qui ont eu la possibilité de venir pour lui dire adieu l'ont fait. Maintenant, la pluie nous renvoie chez nous, pour rester dans la peine intérieure et nous souvenir de lui comme il était : humain, infini..." Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Ce matin aussi, tous les journaux
d’envergure nationale ont tenu à évoquer et à mettre à leur Une
cet événement exceptionnel auquel ce gouvernement de sinistres
brutes a choisi délibérément de tourner le dos.
Ajout du 10 juin 2026 : El Indio Solari a été incinéré
lundi soir au
cimetière de Lanús où ses cendres ont été déposées au
cours d’une cérémonie
réservée à ses proches. A ce sujet, lire l’entrefilet
de Página/12 lire l’article
de Clarín
Comment ne pas se sentir comme ça, dit le gros titre en hommage au texte d'une des chansons du disparu Cliquez sur l'image pour une haute résolution
El Indio Solari était un Géant à majuscule du rock argentin et comme presque toujours pour les
grands artistes populaires de ce pays, sa musique était très
politique, ouvertement contestataire. Vous dire qu’il était à
l’Argentine ce que Johnny Hallyday était à la France serait vous
mentir. Il était beaucoup plus que cela à cause de ses prises de
position réfléchies et courageuses dans la vie publique,
ouvertement de gauche, farouchement péronistes… Depuis très
longtemps, ses concerts étaient de gigantesques événements dans
des stades immenses que venait remplir une foule enthousiaste
reprenant en chœur ses refrains et ses couplets. L’artiste avait
77 ans. Hier dans la matinée, son auxiliaire de vie l’a retrouvé
inerte, chez lui, dans sa piscine climatisée. Il avait fait un AVC.
Il est mort sur le coup. Il ne s’est pas noyé.
Intervenant brutalement au
lendemain de la disparition d’une grande actrice de cinéma et de
théâtre qui, nonagénaire et malade, avait quitté la vie publique
depuis de nombreuses années (Chunchuna Villafañe, qui partagea la
vie du chanteur Horacio Molina puis du cinéaste Pino Solanas), la
nouvelle de ce décès inattendu a terrassé l’Argentine et la
population s’est spontanément rassemblée sur les places centrales
pour pleurer son idole et reprendre ses chansons à tue-tête. A
Buenos Aires, Plaza de Mayo s’est remplie à la tombée de la nuit
pour un hommage spontané.
Musique et une foule dans les rues pour dire adieu au grand manitou du rock, dit le gros titre sous cette photo de Plaza de Mayo hier soir Cliquez sur l'image pour une haute résolution
El Indio Solari avait commencé
sa carrière dans le ville universitaire qu’est La Plata, au sein
d’un petit quatuor de rock qui ne tarda pas à se hisser à la
hauteur des légendes, façon Beattles du monde hispanophone. La
petite bande se nommait Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota, du
nom d’une spécialité italienne de pâtes fraîches enroulées et farcies à la
brousse de brebis qui s’est fort bien acclimatée en Argentine en
perdant l’un de ses T (1). D’où l’adjectif
dont ses fans qualifient tout ce qui les réunit, à commencer par
ces grands rassemblements qu’on appelle donc Misas Ricoteras
(grands-messes ricotiennes) et dont ces scènes de Plaza de Mayo
fournissent un excellent exemple.
Le 16 mai dernier, la UBA l’avait
fait docteur honoris causa et il avait pris parti pour le financement
des universités nationales que refuse Javier Milei. Il avait quitté les
planches et les sonos en 2017.
"Indio Solari : une légende du rock qui relie les générations", dit le titre à côté de la photo de l'artiste Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Aujourd’hui, je prends
conscience que depuis le début de ce blog, en 2008, c'est à peine si j'ai mentionné quelque fois El Indio parce que ce rock à grand spectacle
n’est pas celui qui a mes préférences personnelles et bien
entendu, ce matin, je regrette d’avoir laissé de côté ces
puissants événements populaires. Parce que je ne l’ai découvert
qu’au milieu des années 2010, après ma première plongée en eaux
profondes dans le tango et l’histoire, je ne l’ai jamais vu que
comme un homme déjà âgé et de santé très délicate (on lui a
diagnostiqué une maladie de Parkinson en 2015). A dire vrai, il
faisait peine à voir lors de ses rares apparitions publiques et je
n’avais pas envie de vous entraîner de ce côté-là. J’avais
tort.
Concert de El Indio à La Plata en 2008
Si vous feuilletez la presse
argentine aujourd’hui, même si vous ne parlez pas un mot
d’espagnol, vous mesurerez sans doute mieux qu’à travers ce blog
muet l’ampleur du phénomène et la perte gigantesque ressentie par
les Argentins à l’aube de cette triste journée de fin d’automne
ainsi que la fracture qui existe plus que jamais entre la droite et
la gauche. Après être resté silencieux, puis avoir fait savoir
qu’il n’était pas question de déclarer un deuil national,
Javier Milei a dû se raviser quelque peu car, politiquement, il ne
peut sans doute pas passer à côté d’un tel séisme. Il tente
donc maladroitement une petite manְœuvre,
lui qui est aux antipodes de tout ce que représente l’artiste
disparu : il a proposé l’immense parc thématique de
Tecnópolis , abandonné par sa volonté de détruire tout ce qui
était cher au cœur de Solari (et à la gauche de gouvernement),
pour y accueillir la veillée funèbre qui aura lieu demain, un
retard sur l’habitude dû au besoin d’assurer la sécurité de la
foule comme de la famille et des amis personnels car, dans ce pays où
l’on fait tout à l’improviste tout le temps, on ne peut pas
improviser les obsèques de El Indio. Comme Diego Maradona, il est
exceptionnel ! Les proches ont déjà averti les fans :
l’organisation « est très difficile ».
Une de El País, le grand quotidien uruguayen dont les articles ne sont plus disponibles en ligne que pour les abonnés Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Comme à leur habitude, pris au
dépourvu par la réaction de l’opinion publique qu’ils ne
comprennent décidément pas, les libertariens tentent de récupérer
l’émotion générale en saluant la mémoire d’un chanteur dont
il est évident qu’ils ne pouvaient pas le souffrir. Quand on a
rien à dire de bon dans ces occasions, on s’abstient ! Qu’ils
partent donc en week-end et se taisent ! Leurs tweets sont un
déversoir de grossièreté, de mesquinerie et d’indécence. Même dans ces moments
douloureux, ils se montrent incapables de bien se tenir devant ceux
qu’ils prétendent représenter et gouverner. Exactement comme
Trump mais, lui, au moins, il a l’excuse de l’âge et, en plus,
il est atteint d'une démence frontale carabinée.
Photo agence Más Prensa Cliquez sur l'image pour une haute résolution
La
grande librairie-disquaire de Buenos Aires, Zivals, située au point
stratégique qu’est l’intersection des avenues Corrientes et
Callao, en plein cœur géographique de Buenos Aires, vient de
dévoiler sur sa terrasse une gigantesque et magnifique œuvre murale
en hommage au rockeur Charly García, qu’on appelle Charly tout
court en Argentine, comme en France on dit « Johnny »…
Martín Ron posant devant l'œuvre encore en cours de réalisation (photo Más Prensa) Cliquez sur l'image pour une haute résolution
On
doit cette œuvre à un artiste très reconnu, Martín Ron, à qui
Buenos Aires a déjà confié des hommages muraux au Pape François
et à Diego Maradona entre autres.
Zivals : l'intérieur de la librairie Excellents souvenirs de longues heures passées dans ces rayons !
Le
mural est toutefois en danger à assez brève échéance. En effet,
la municipalité de Buenos Aires projette de creuser une nouvelle
ligne de métro (ce qui ne serait pas un luxe pour une ville aussi
étendue). Pour ce faire, elle va sans doute exproprier puis détruire
la plupart des bâtiments qui se trouvent actuellement le long des
avenues dans tout ce coin-là. Zivals pourrait bien tout simplement
disparaître !
Photo Rodrigo Néspolo Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Sous
avenida Corrientes, circule déjà une ligne de métro qui va d’est
en ouest. La nouvelle ligne, de nord à sud, la couperait à angle
droit ou presque. Il faudra donc qu’elle passe en-dessous ou
au-dessus (en métro aérien) et pour ce faire, on ne peut pas éviter
de tout démolir sur ce carrefour historique de la culture dans la
capitale argentine...
Clarín a mis l'info en Une : tout en haut, à droite Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Ce soir, mardi 12 mai 2026, puis
les deux mardis suivants, à 21h (ouverture des portes une heure plus
tôt), la Orquesta Típica Di Pasquale présentera son nouveau
disque, ¿Que
pasa con la música popular hoy?
(que se passe-t-il avec la musique populaire aujourd’hui) qui donne
leur titre aux trois soirées programmées à La Carbonera, un
nouveau restaurant qui a ouvert il y a quelques mois dans une vieille
maison typique du San Telmo du 19e
siècle complètement retapée, rue Carlos Calvo 299, à l’angle de
la rue Balcarce, à 200 mètres environ au nord de là où je
descends lorsque je suis à Buenos Aires… Aux dernières nouvelles,
c’était un quartier très sympa. J’espère qu’il l’est
resté.
Le principe retenu par le
pianiste et compositeur Juan Di Pasquale est de mélanger tous les
genres de la musique populaire argentine : le tango, le jazz, le
rock, tous les rythmes du folklore, qui constituent le patrimoine
musical des immenses zones rurales du pays.
Chaque soir, le musicien et son
orchestre partageront la scène avec des invités et aujourd’hui,
il y aura, entre autres, le compositeur et percussionniste de jazz
Pipi Piazzolla, le petit-fils de son grand-père…
Les places sont chères et il
faut prévoir le dîner en sus.
30 000 pesos si vous
réservez à l’avance, 40 000 si vous achetez votre place en
arrivant et si vous êtes portègne. Si vous ne l’êtes pas, on
vous la fait à 35 000 pesos.
lire l’article
de Página/12
sur le concert, avec une interview de Juan Di Pasquale lire l’article
de Clarín
sur le restaurant, ses spécialités et son décor moderne qui
respecte l’architecture vintage du bâtiment.
Le dessinateur de presse qui
sévit tous les jours sur les pages de Página/12,
pour le plus grand bonheur de ses lecteurs,Miguel Rep, qui est aussi artiste peintre, présentera demain
vendredi 1er
mai 2026, à 16h30, dans la Sala Victoria Ocampo, de la Feria del
Libro, à Palermo, le livre qu’il vient de consacrer à un grand
auteur-compositeur interprète du rock nacional argentin, Charly
García, Charly
Absoluto.
Ne bombardez pas Buenos Aires Bombardez-moi Cliquez sur l'image pour une haute résolution
L’ouvrage est publié chez
Sudamericana, une filiale de Penguin, le géant de l’édition
anglosaxone.
Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Pour l’occasion, Miguel Rep
sera rejoint par un autre grand du rock argentin, Fito Páez, qui
considère Charly comme son mentor.
Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Charly lui-même ne pourra pas
être de la partie. Il est actuellement hospitalisé après une
opération assez lourde et sa santé est assez précaire depuis
plusieurs années. Il sera dans les pensées de tous les participants
à cette présentation.
"Le rock des dessous-de-table" dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Hier, Página/12 a publié
un article sur une archive audio que la rédaction a identifié et où
une femme donne des informations jusque là inconnues sur la source
de l’argent qui avait permis, pendant la campagne des élections
législatives de mi-mandat, en octobre dernier, de réserver pour le
président Javier Milei une grande salle de spectacle de Buenos
Aires, la Movistar Arena, où il est allé présenter son dernier
livre, modestement intitulé La construcción del Milagro (la
construction du miracle), le miracle en question étant la
revitalisation économique de l’Argentine, dont on sait qu’il
s’agit non pas d’un miracle mais d’un mirage dont seuls Milei
et ses sbires sont victimes. Le reste de la population argentine voit
bien que la situation politique, économique, sociale et géopolitique
du pays se dégrade de mois en mois depuis l’arrivée au pouvoir de
cette bande.
Au cours de cette
pseudo-présentation d’ouvrage, Milei a dialogué, pour ne pas dire
grand-chose, avec Manuel Adorni, alors porte-parole de la présidence
et aujourd’hui Premier ministre embourbé dans un scandale de
corruption à tiroirs, puis il avait revêtu son habit de rocker pour
s’époumoner avec un groupe de son choix. Milei se croit grand
gardien de but et grand chanteur mais en fait, il ressemble plus à
Néron, version Tacite plus que version historique.
Or l’enquête de Página/12
montre que la salle a été louée officiellement par la maison
d’édition du chef de l’État mais que l’argent, 70 000
dollars, a été en fait versé à l’éditeur par les propriétaires
de Droguería Suizo Argentina, le grossiste en médicaments qui a
emporté le marché de la ANDIS, l’agence nationale du handicap, un
marché aujourd’hui dans le collimateur de la justice parce qu’il
a donné lieu à des commissions occultes versées à des proches du
président, dont sa propre sœur qui aurait perçu 3 % de chaque
transaction entre la Droguería Suizo Argentina et l’agence
publique. Cela commence à faire compliqué, non ?
Et pourtant, ce n’est pas fini.
Le travail en commun mené par Página/12 et la chaîne de
télévision généraliste du groupe Octubre, C5N, nous apprend que
la maison d’édition n’avait pas, jusqu’à l’année dernière
vocation à publier les manifestes libertariens du président (qu’on
aurait attendu publié plutôt par un géant de l’édition comme
Planeta ou Penguin) mais qu’on a fait miroiter à son patron les
sous qu’il pourrait se faire grâce à la vente du bouquin aux
grupies de l’auteur (ou du signataire) et les quelques
dessous-de-table qui iraient avec.
Le schéma mis à jour par le
groupe médiatique (de gauche) s’apparente à des dessous-de-table
qui constituent dans le droit argentin une infraction pénale à part
puisqu’ils impliquent un apport financier au bénéfice d’un
haut-commis de l’État (funcionario), et qui plus est, dans
le cas présent, le plus haut dignitaire de l’édifice.
Lorsque tout cela a commencé à
sentir le roussi, les personnes impliquées ont cherché à faire
disparaître les preuves de leurs agissements. Des liasses de billets
verts ont ainsi été placées dans une benne à ordures avant d’y
être récupérées après une perquisition judiciaire et un
téléphone portable a été jeté dans le Río de la Plata pour
qu’il ne puisse être ni saisi ni analysé.
C’est le juge Daniel Rafecas
qui a hérité du dossier et l’avocat de l’une des parties
intéressées dans l’affaire vient de lui adresser des demandes
d’actes d’investigation contre les dirigeants de Droguería et
leur porte-parole (la dame que l’on entend dans le document audio)
dont il aimerait que le téléphone professionnel soit soumis à une
expertise, le tout pour tirer au clair la nature exacte et l’ampleur
des atteintes à la probité dont semble bien s’être rendu
coupable tout ce beau monde. Or le juge Rafecas est un magistrat qui
tient bon devant les intimidations du pouvoir exécutif qui aimerait
bien que ce genre de juge cesse de lui empoisonner l’existence.
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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