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samedi 3 octobre 2026

Un grand du rock nacional vient de nous quitter [Actu]

Ricardo Soulé récemment, avec ses instruments, ses disques et ses fleurs...


Guitariste, violoniste, chanteur et compositeur mais aussi passionné de fauconnerie, Ricardo Soulé, décédé hier à Quilmes, où il était né il y a 76 ans, était l’un des fondateurs, en 1968, du groupe rock Vox Dei, qu’il avait quitté en 2003 pour se lancer dans une carrière de soliste.

Les Argentins lui doivent quelques chansons qui sont désormais considérées comme des classiques du rock nacional.

Au mois de septembre, il avait annoncé devoir renoncer à monter sur scène pour des problèmes de santé qu’il pensait alors surmonter en quelques semaines. Cela n’aura pas été le cas. La maladie l’a emporté.


Ce matin, s’il ne fait guère la Une, Ricardo Soulé reçoit les hommages de toute la presse, à droite comme à gauche. Plusieurs journaux ont intégré dans leurs articles en ligne des morceaux à écouter sur diverses plateformes. A découvrir pour ceux qui ne connaissent pas.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 16 juillet 2026

Ce mois-ci, Caras y Caretas rend hommage à El Indio [Disques & Livres]

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En juillet, la revue Caras y Caretas, qui appartient au groupe Octubre comme Página/12, consacre la majeure partie de son édition à un hommage à Carlos « El Indio » Solari, éminent représentant du rock argentin décédé au début de ce mois.

Un certain nombre d’articles sont à lire sur le site Web du magazine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 1 juillet 2026

Triste mois de juillet : Daniel Melingo n’est plus – Article n° 7900 [Actu]

Manu cruel : main cruelle, dit le titre
C'est aussi celui d'un célèbre tango
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C’est la triste nouvelle qui m’a cueillie au réveil dans les premiers rais de lumière filtrant à travers la fenêtre ouverte pour un peu de fraîcheur post-caniculaire : hier, l’un de ses enfants a trouvé Daniel Melingo inanimé, chez lui, dans un quartier ordinaire de Buenos Aires, alors qu’il luttait contre une pathologie pulmonaire sans remède (il était en soins palliatifs à domicile), ce qui ne l’empêchait nullement de bâtir de nouveaux projets musicaux, qu’il ne réalisera pas. Le rocko-tanguero à la voix cassée par les intoxications de sa jeunesse était déjà mort. Il n’avait que 68 ans.

Ce qui m’a frappée à la lecture des journaux en ce petit matin parisien, c’est l’abondance des articles dans la presse argentine. J’avoue ma surprise car l’artiste était aimé et apprécié par une partie du public mais ouvertement détesté, voire méprisé, par une autre, qui allait jusqu’à lui dénier tout talent.

Daniel Melingo en mai 1983, jouant au sein des Abuelos de la Nada

Or du talent, Melingo en avait et, pour autant que je puisse en juger, il en avait à revendre. Le timbre même de sa voix brisée, il s’en servait pour susciter l’émotion, au moins aux oreilles des auditeurs sensibles à cette esthétique décapante. Or il faut croire que ces auditeurs sensibles sont beaucoup plus nombreux que ce que j’aurais imaginé car aujourd’hui, ce n’est pas seulement Página/12 qui publie plusieurs articles sur Melingo. C’est aussi Clarín (si, si) et La Nación !

Issu d’une famille d’origine grecque, Daniel Melingo avait commencé la musique par des études classiques au conservatoire, où il s’est formé, d’une manière très rigoureuse, à la musicologie et à la clarinette. Baigné dès sa naissance dans l’univers sonore et esthétique du tango, déjà bousculé par la révolution introduite par Astor Piazzolla (en 1955) et bientôt par Piazzolla associé au poète Horacio Ferrer (en 1968), Melingo, passionné par la musique de Aníbal Troilo, le maître des deux précités, avait renoncé assez tôt au bandonéon, l’instrument fétiche des deux compositeurs, eux-mêmes maître et disciple : on lui en avait bien offert un mais il ne parvenait pas à en tirer le son auquel il aspirait. Il était donc allé chez un brocanteur l’échanger pour autre chose et cette autre chose fut une clarinette, qui changea le cours de son destin musical.

Une de ses dernières photos
dans un café typique de Buenos Aires

Très vite, Melingo bascule du côté du rock, avec une bande de copains musiciens comme lui. Ils forment le groupe Los Abuelos de la Nada (les grands-pères du néant – en fait, il s’agit d’un jeu de mot avec le patronyme d’un des musiciens, Abuelo). Le groupe a laissé sa trace dans l’histoire du rock argentin et hispano-américain. On est alors dans les années 1980. Melingo se laisse happer par les paradis artificiels, le fléau du rock depuis les années 1960. Il boit et se drogue et cela finira par se voir dans son corps et par s’entendre dans sa voix qui s’éraille. Arrivé à la moitié de la décennie, qui vit revenir la démocratie et l’État de droit en Argentine, Melingo la quitte et s’en va vivre en Espagne, alors que la Péninsule découvre la démocratie et intègre le Marché Commun. C’est le temps d’autres rencontres musicales qui viennent nourrir son expérience artistique et son répertoire.

Melingo fait encore partie d’un autre groupe de rock avant de retrouver son berceau, le tango, mais ce sera un tango à sa façon, rude, rugueux, asocial, fantasque, définitivement en-dehors des clous, tant dans la manière de le chanter que dans le contenu du répertoire. Il se lie d’amitié avec Edmundo Rivero et l’inspiration qu’il a puisée dans l’observation du grand chanteur s’est ressentie jusqu’à ce jour. Il fait aussi la connaissance du poète Luis Alposta (à qui j’envoie toute mon amitié en ce jour de deuil). Melingo met en musique ses textes caustiques et théâtraux aux chutes ciselées et spectaculaires. De son côté aussi, lui-même écrit une partie du répertoire qu’il enregistre.

L'adieu d'un ami musicien
"C'est pas possible, l'ami
T'es parti sans prévenir !
Il nous manque le clip vidéo
Bon voyage jusqu'au ciel, Dani"

Daniel Melingo nous laisse de nombreux disques au contenu décalé comme il l’était lui-même, dont un Tango Rebetiko, où il avait marié la tradition portègne dans laquelle il avait grandi et celle de la Grèce dont provenaient ses ancêtres. Les articles en ligne de Página/12, Clarín et La Nación intègrent de nombreuses archives sonores et filmées de ses spectacles et de ses albums.

Le message du grand rocker qu'est Fito Paéz

Au lendemain d’une disparition qui semble tous les avoir surpris, ses amis musiciens lui rendent hommage avec des textes ou des images aussi poignants les uns que les autres. Pour contesté qu’il ait pu être, c’est bien un grand du tango et de la musique populaire urbaine qui vient de nous quitter.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire le billet d’opinion paru dans ce journal, intitulé Daniel Melingo, l’alchimiste (il y avait en effet de cela chez ce musicien difficile à classer)
lire l’article de Página/12 sur les réactions du monde musical à cette disparition
lire la nécrologie unique de La Prensa, pour un artiste très éloigné du monde esthétique passéiste apprécié généralement par cette rédaction réactionnaire (je n’en reviens pas que La Prensa en parle !)
lire l’article principal de Clarín
lire la dernière interview que Melingo avait accordée à ce quotidien et qui qui aurait dû paraître dans quelques jours : contraint et forcé par le journaliste, il y commente, à reculons et sur la défensive, son amitié et son partenariat musical avec un musicien qui a été condamné pour meurtre et qu’il refuse de condamner et de rejeter : « je ne suis pas juge », dit-il (nous avons eu ce même genre de polémique au sujet de Bertrand Cantat)
lire l’analyse musico-politique de ce que nous laisse le chanteur et le compositeur, dans le même quotidien
lire l’article principal de La Nación
lire le splendide article de fond de La Nación sur le legs musical laissé par Melingo (et quelle mise en page, en prime)
lire l’article de La Nación sur les réactions dans le monde musical
Il existe encore un quatrième article du même quotidien mais ce n’est pas le plus riche.

lundi 8 juin 2026

Un adieu organisé par l’opposition en banlieue [Actu]

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Vendredi dernier, le gouvernement de Javier Milei et ses tristes alliés ont refusé le concours de la puissance publique à la famille de El Indio Solari pour organiser ses funérailles à la hauteur de la demande et pour assurer la sécurité des personnes et des biens, malgré les besoins plus qu’évidents. Le président de la Chambre, le gluant arriviste Martín Menem, qui n’est autre que l’un des petits-enfants de feu l’ancien président Carlos Menem, celui que Milei respecte le plus et auquel il aimerait tant ressembler, a refusé tout net de mettre à disposition de la veillée funèbre les locaux du Congrès en prétextant que ce bâtiment ne se prêtait pas à ce genre de manifestation. Ce qui est totalement faux : le Congrès a accueilli les hommages populaires et nationaux au président Néstor Kirchner en 2010, à la chanteuse et compositrice Mercedes Sosa et à Diego Maradona, quelques années plus tard. Les trois veillées ont attiré une foule immense, démonstrative et brisée de chagrin sans qu’aucun incident n’ait été à déplorer. Le bâtiment est parfait pour accueillir ce genre d’événement grâce à l’immense place qui le jouxte et où les forces de l’ordre peuvent canaliser la foule et les moyens de secours être déployés.

"Voilà à quoi nous ressemblons", dit la légende de ce dessin
de Miguel Rep, hier, sur le site de Página/12
Pour une fois, les Malouines manquent sur cette carte
où l'Argentine est couchée, le nord à droite, le sud à gauche

Devant une telle mauvaise volonté, aussi cruelle que méprisante, c’est Máximo Kirchner, le fils de Néstor et Cristina Kirchner, aujourd’hui leader d’un des mouvements péronistes (un peu extrémiste sur les bords pour être franche) et grand ami personnel du chanteur et de sa famille, qui s’est chargé de trouver une solution. Surmontant ses différends politiques et sa rivalité avec d’autres dirigeants péronistes tout aussi ambitieux que lui, il a pris son téléphone pour appeler le gouverneur de la Province de Buenos Aires puis le maire de Avellaneda, une ville de la banlieue populaire et ouvrière sur la limite sud de la capitale fédérale. Les trois hommes ont désigné à la hâte un lieu capable d’accueillir la foule et ils ont mis sur pied le dispositif de sécurité nécessaire en faisant appel aux forces de l’ordre provinciales. Le cercueil fermé, autopsie oblige, a alors été transféré au Centre Multisport Gatica de Villa Domínico, à Avellaneda.

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Samedi soir, dès que le lieu de la cérémonie a été connu, on a vu se former une file d’attente sur la route qui relie Buenos Aires au Gatica, une file longue de sept kilomètres et d’environ un million de gens de tous âges, attendant debout, à pied, de rendre un dernier hommage à l’artiste disparu, malgré la pluie et le froid qui auraient pu arrêter plus d’un pèlerin. Les fans portaient des vêtements à l’effigie de leur idole disparue, des pancartes et des banderoles pour le remercier de ce qu’il a été pour eux, certains ont dessiné son visage à même la chaussée ou sur les murs environnants, et ils ont ainsi cheminé jusqu’à la chapelle ardente où ils se sont recueillis dans le calme et une dignité à l’argentine devant un cercueil en bois aux reflets dorés au-dessus duquel flottait la mention « Indio 1949-∞ » en lettres de lumière.

A droite, les photos de la foule dans la rue
avec en bas ce visage du chanteur dessiné sur la chaussée
A gauche, les maillots d'équipes de foot que les fans
ont jeté vers le cercueil en signe d'hommage
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La chapelle devait ouvrir ses portes hier, dimanche, à 11 h du matin. Il a fallu avancer l’ouverture à 9 h et c’est seulement ce matin, lundi, à 8 h que la famille a estimé devoir conclure la veillée publique pour procéder aux obsèques proprement dites dont elle n’a révélé ni les modalités ni le lieu, afin de se réserver un peu d’intimité.

En photo principale, la foule des fans à
l'approche du Gatica
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Ce matin, l’épouse (depuis 45 ans) et le fils de El Indio ont publié sur les réseaux sociaux un texte serein et très beau pour remercier tous ces inconnus qui se sont déplacés pour rendre ce dernier adieu. Ils les invitent à faire perdurer la vie du disparu à travers sa musique à jamais vivante.

Le message de remerciement de la famille,
ce matin
"C'est fait. Toutes celles et tous ceux qui ont eu la possibilité
de venir pour lui dire adieu l'ont fait. Maintenant,
la pluie nous renvoie chez nous, pour rester dans la peine
intérieure et nous souvenir de lui comme il était : humain, infini..."
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Ce matin aussi, tous les journaux d’envergure nationale ont tenu à évoquer et à mettre à leur Une cet événement exceptionnel auquel ce gouvernement de sinistres brutes a choisi délibérément de tourner le dos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 15 juin 2026 :
lire cette analyse de l’historien de la musique Sergio Pujol parue dans Página/12 aujourd’hui sur ce qu’a été El Indio Solari dans le patrimoine argentin


Ajout du 10 juin 2026 :
El Indio Solari a été incinéré lundi soir au cimetière de Lanús où ses cendres ont été déposées au cours d’une cérémonie réservée à ses proches.
A ce sujet, lire l’entrefilet de Página/12
lire l’article de Clarín

samedi 6 juin 2026

« La Argentina de luto ricotero » : El Indio Solari est mort [Actu]

Comment ne pas se sentir comme ça,
dit le gros titre en hommage au texte
d'une des chansons du disparu
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El Indio Solari était un Géant à majuscule du rock argentin et comme presque toujours pour les grands artistes populaires de ce pays, sa musique était très politique, ouvertement contestataire. Vous dire qu’il était à l’Argentine ce que Johnny Hallyday était à la France serait vous mentir. Il était beaucoup plus que cela à cause de ses prises de position réfléchies et courageuses dans la vie publique, ouvertement de gauche, farouchement péronistes… Depuis très longtemps, ses concerts étaient de gigantesques événements dans des stades immenses que venait remplir une foule enthousiaste reprenant en chœur ses refrains et ses couplets. L’artiste avait 77 ans. Hier dans la matinée, son auxiliaire de vie l’a retrouvé inerte, chez lui, dans sa piscine climatisée. Il avait fait un AVC. Il est mort sur le coup. Il ne s’est pas noyé.

Intervenant brutalement au lendemain de la disparition d’une grande actrice de cinéma et de théâtre qui, nonagénaire et malade, avait quitté la vie publique depuis de nombreuses années (Chunchuna Villafañe, qui partagea la vie du chanteur Horacio Molina puis du cinéaste Pino Solanas), la nouvelle de ce décès inattendu a terrassé l’Argentine et la population s’est spontanément rassemblée sur les places centrales pour pleurer son idole et reprendre ses chansons à tue-tête. A Buenos Aires, Plaza de Mayo s’est remplie à la tombée de la nuit pour un hommage spontané.

Musique et une foule dans les rues
pour dire adieu au grand manitou du rock, dit
le gros titre sous cette photo de Plaza de Mayo hier soir
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El Indio Solari avait commencé sa carrière dans le ville universitaire qu’est La Plata, au sein d’un petit quatuor de rock qui ne tarda pas à se hisser à la hauteur des légendes, façon Beattles du monde hispanophone. La petite bande se nommait Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota, du nom d’une spécialité italienne de pâtes fraîches enroulées et farcies à la brousse de brebis qui s’est fort bien acclimatée en Argentine en perdant l’un de ses T (1). D’où l’adjectif dont ses fans qualifient tout ce qui les réunit, à commencer par ces grands rassemblements qu’on appelle donc Misas Ricoteras (grands-messes ricotiennes) et dont ces scènes de Plaza de Mayo fournissent un excellent exemple.

Le 16 mai dernier, la UBA l’avait fait docteur honoris causa et il avait pris parti pour le financement des universités nationales que refuse Javier Milei. Il avait quitté les planches et les sonos en 2017.

"Indio Solari : une légende du rock qui
relie les générations", dit le titre
à côté de la photo de l'artiste
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Aujourd’hui, je prends conscience que depuis le début de ce blog, en 2008, c'est à peine si j'ai mentionné quelque fois El Indio parce que ce rock à grand spectacle n’est pas celui qui a mes préférences personnelles et bien entendu, ce matin, je regrette d’avoir laissé de côté ces puissants événements populaires. Parce que je ne l’ai découvert qu’au milieu des années 2010, après ma première plongée en eaux profondes dans le tango et l’histoire, je ne l’ai jamais vu que comme un homme déjà âgé et de santé très délicate (on lui a diagnostiqué une maladie de Parkinson en 2015). A dire vrai, il faisait peine à voir lors de ses rares apparitions publiques et je n’avais pas envie de vous entraîner de ce côté-là. J’avais tort.

Concert de El Indio à La Plata en 2008

Si vous feuilletez la presse argentine aujourd’hui, même si vous ne parlez pas un mot d’espagnol, vous mesurerez sans doute mieux qu’à travers ce blog muet l’ampleur du phénomène et la perte gigantesque ressentie par les Argentins à l’aube de cette triste journée de fin d’automne ainsi que la fracture qui existe plus que jamais entre la droite et la gauche. Après être resté silencieux, puis avoir fait savoir qu’il n’était pas question de déclarer un deuil national, Javier Milei a dû se raviser quelque peu car, politiquement, il ne peut sans doute pas passer à côté d’un tel séisme. Il tente donc maladroitement une petite manְœuvre, lui qui est aux antipodes de tout ce que représente l’artiste disparu : il a proposé l’immense parc thématique de Tecnópolis , abandonné par sa volonté de détruire tout ce qui était cher au cœur de Solari (et à la gauche de gouvernement), pour y accueillir la veillée funèbre qui aura lieu demain, un retard sur l’habitude dû au besoin d’assurer la sécurité de la foule comme de la famille et des amis personnels car, dans ce pays où l’on fait tout à l’improviste tout le temps, on ne peut pas improviser les obsèques de El Indio. Comme Diego Maradona, il est exceptionnel ! Les proches ont déjà averti les fans : l’organisation « est très difficile ».

Une de El País, le grand quotidien uruguayen
dont les articles ne sont plus disponibles en ligne
que pour les abonnés
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Comme à leur habitude, pris au dépourvu par la réaction de l’opinion publique qu’ils ne comprennent décidément pas, les libertariens tentent de récupérer l’émotion générale en saluant la mémoire d’un chanteur dont il est évident qu’ils ne pouvaient pas le souffrir. Quand on a rien à dire de bon dans ces occasions, on s’abstient ! Qu’ils partent donc en week-end et se taisent ! Leurs tweets sont un déversoir de grossièreté, de mesquinerie et d’indécence. Même dans ces moments douloureux, ils se montrent incapables de bien se tenir devant ceux qu’ils prétendent représenter et gouverner. Exactement comme Trump mais, lui, au moins, il a l’excuse de l’âge et, en plus, il est atteint d'une démence frontale carabinée.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :




(1) Patricio Rey n’existe pas plus que Les Rita Mitsouko, qui était en fait le nom d’un duo.

vendredi 15 mai 2026

Hommage à Charly au-dessus de Zivals [Actu]

Photo agence Más Prensa
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La grande librairie-disquaire de Buenos Aires, Zivals, située au point stratégique qu’est l’intersection des avenues Corrientes et Callao, en plein cœur géographique de Buenos Aires, vient de dévoiler sur sa terrasse une gigantesque et magnifique œuvre murale en hommage au rockeur Charly García, qu’on appelle Charly tout court en Argentine, comme en France on dit « Johnny »…

Martín Ron posant devant l'œuvre encore
en cours de réalisation (photo Más Prensa)
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On doit cette œuvre à un artiste très reconnu, Martín Ron, à qui Buenos Aires a déjà confié des hommages muraux au Pape François et à Diego Maradona entre autres.

Zivals : l'intérieur de la librairie
Excellents souvenirs de longues heures passées dans ces rayons !

Le mural est toutefois en danger à assez brève échéance. En effet, la municipalité de Buenos Aires projette de creuser une nouvelle ligne de métro (ce qui ne serait pas un luxe pour une ville aussi étendue). Pour ce faire, elle va sans doute exproprier puis détruire la plupart des bâtiments qui se trouvent actuellement le long des avenues dans tout ce coin-là. Zivals pourrait bien tout simplement disparaître !

Photo Rodrigo Néspolo
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Sous avenida Corrientes, circule déjà une ligne de métro qui va d’est en ouest. La nouvelle ligne, de nord à sud, la couperait à angle droit ou presque. Il faudra donc qu’elle passe en-dessous ou au-dessus (en métro aérien) et pour ce faire, on ne peut pas éviter de tout démolir sur ce carrefour historique de la culture dans la capitale argentine...

Clarín a mis l'info en Une : tout en haut, à droite
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur le mural
lire l’article de La Nación sur les travaux projetés et les immeubles probablement condamnés à disparaître.

mardi 12 mai 2026

Un pot-pourri de musique populaire argentine les mardis soir à San Telmo [à l’affiche]


Ce soir, mardi 12 mai 2026, puis les deux mardis suivants, à 21h (ouverture des portes une heure plus tôt), la Orquesta Típica Di Pasquale présentera son nouveau disque, ¿Que pasa con la música popular hoy? (que se passe-t-il avec la musique populaire aujourd’hui) qui donne leur titre aux trois soirées programmées à La Carbonera, un nouveau restaurant qui a ouvert il y a quelques mois dans une vieille maison typique du San Telmo du 19e siècle complètement retapée, rue Carlos Calvo 299, à l’angle de la rue Balcarce, à 200 mètres environ au nord de là où je descends lorsque je suis à Buenos Aires… Aux dernières nouvelles, c’était un quartier très sympa. J’espère qu’il l’est resté.

Le principe retenu par le pianiste et compositeur Juan Di Pasquale est de mélanger tous les genres de la musique populaire argentine : le tango, le jazz, le rock, tous les rythmes du folklore, qui constituent le patrimoine musical des immenses zones rurales du pays.

Chaque soir, le musicien et son orchestre partageront la scène avec des invités et aujourd’hui, il y aura, entre autres, le compositeur et percussionniste de jazz Pipi Piazzolla, le petit-fils de son grand-père…

Les places sont chères et il faut prévoir le dîner en sus.

30 000 pesos si vous réservez à l’avance, 40 000 si vous achetez votre place en arrivant et si vous êtes portègne. Si vous ne l’êtes pas, on vous la fait à 35 000 pesos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le concert, avec une interview de Juan Di Pasquale
lire l’article de Clarín sur le restaurant, ses spécialités et son décor moderne qui respecte l’architecture vintage du bâtiment.

jeudi 30 avril 2026

Miguel Rep profite du 1er mai pour présenter son nouveau livre à la Feria del Libro [Disques & Livres]

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Le dessinateur de presse qui sévit tous les jours sur les pages de Página/12, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, Miguel Rep, qui est aussi artiste peintre, présentera demain vendredi 1er mai 2026, à 16h30, dans la Sala Victoria Ocampo, de la Feria del Libro, à Palermo, le livre qu’il vient de consacrer à un grand auteur-compositeur interprète du rock nacional argentin, Charly García, Charly Absoluto.

Ne bombardez pas Buenos Aires
Bombardez-moi
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L’ouvrage est publié chez Sudamericana, une filiale de Penguin, le géant de l’édition anglosaxone.

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Pour l’occasion, Miguel Rep sera rejoint par un autre grand du rock argentin, Fito Páez, qui considère Charly comme son mentor.

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Charly lui-même ne pourra pas être de la partie. Il est actuellement hospitalisé après une opération assez lourde et sa santé est assez précaire depuis plusieurs années. Il sera dans les pensées de tous les participants à cette présentation.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 aujourd'hui
lire l’article de Rolling Stone, l’édition hispanophone, du 27 avril 2026
lire la présentation du livre sur le site de l’éditeur, Penguin Libros.

Ajout du 2 mai 2026 :

lire le compte-rendu de la manifestation dans Página/12, qui en fait la Une de son supplément culturel quotidien

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mardi 14 avril 2026

Qui a financé le récital hurlant du président ? [Actu]

"Le rock des dessous-de-table" dit le gros titre
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Hier, Página/12 a publié un article sur une archive audio que la rédaction a identifié et où une femme donne des informations jusque là inconnues sur la source de l’argent qui avait permis, pendant la campagne des élections législatives de mi-mandat, en octobre dernier, de réserver pour le président Javier Milei une grande salle de spectacle de Buenos Aires, la Movistar Arena, où il est allé présenter son dernier livre, modestement intitulé La construcción del Milagro (la construction du miracle), le miracle en question étant la revitalisation économique de l’Argentine, dont on sait qu’il s’agit non pas d’un miracle mais d’un mirage dont seuls Milei et ses sbires sont victimes. Le reste de la population argentine voit bien que la situation politique, économique, sociale et géopolitique du pays se dégrade de mois en mois depuis l’arrivée au pouvoir de cette bande.

Au cours de cette pseudo-présentation d’ouvrage, Milei a dialogué, pour ne pas dire grand-chose, avec Manuel Adorni, alors porte-parole de la présidence et aujourd’hui Premier ministre embourbé dans un scandale de corruption à tiroirs, puis il avait revêtu son habit de rocker pour s’époumoner avec un groupe de son choix. Milei se croit grand gardien de but et grand chanteur mais en fait, il ressemble plus à Néron, version Tacite plus que version historique.

Or l’enquête de Página/12 montre que la salle a été louée officiellement par la maison d’édition du chef de l’État mais que l’argent, 70 000 dollars, a été en fait versé à l’éditeur par les propriétaires de Droguería Suizo Argentina, le grossiste en médicaments qui a emporté le marché de la ANDIS, l’agence nationale du handicap, un marché aujourd’hui dans le collimateur de la justice parce qu’il a donné lieu à des commissions occultes versées à des proches du président, dont sa propre sœur qui aurait perçu 3 % de chaque transaction entre la Droguería Suizo Argentina et l’agence publique. Cela commence à faire compliqué, non ?

Et pourtant, ce n’est pas fini. Le travail en commun mené par Página/12 et la chaîne de télévision généraliste du groupe Octubre, C5N, nous apprend que la maison d’édition n’avait pas, jusqu’à l’année dernière vocation à publier les manifestes libertariens du président (qu’on aurait attendu publié plutôt par un géant de l’édition comme Planeta ou Penguin) mais qu’on a fait miroiter à son patron les sous qu’il pourrait se faire grâce à la vente du bouquin aux grupies de l’auteur (ou du signataire) et les quelques dessous-de-table qui iraient avec.

Le schéma mis à jour par le groupe médiatique (de gauche) s’apparente à des dessous-de-table qui constituent dans le droit argentin une infraction pénale à part puisqu’ils impliquent un apport financier au bénéfice d’un haut-commis de l’État (funcionario), et qui plus est, dans le cas présent, le plus haut dignitaire de l’édifice.

Lorsque tout cela a commencé à sentir le roussi, les personnes impliquées ont cherché à faire disparaître les preuves de leurs agissements. Des liasses de billets verts ont ainsi été placées dans une benne à ordures avant d’y être récupérées après une perquisition judiciaire et un téléphone portable a été jeté dans le Río de la Plata pour qu’il ne puisse être ni saisi ni analysé.

C’est le juge Daniel Rafecas qui a hérité du dossier et l’avocat de l’une des parties intéressées dans l’affaire vient de lui adresser des demandes d’actes d’investigation contre les dirigeants de Droguería et leur porte-parole (la dame que l’on entend dans le document audio) dont il aimerait que le téléphone professionnel soit soumis à une expertise, le tout pour tirer au clair la nature exacte et l’ampleur des atteintes à la probité dont semble bien s’être rendu coupable tout ce beau monde. Or le juge Rafecas est un magistrat qui tient bon devant les intimidations du pouvoir exécutif qui aimerait bien que ce genre de juge cesse de lui empoisonner l’existence.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 d’hier, sur l’audio accusateur découvert par la rédaction
lire l’article de Página/12 d’aujourd’hui sur la suite de la procédure en cours.