Bar La Perla del OnceLa Balsa, c’était en 1965. Depuis, Litto Nebbia n’a jamais cessé de renverser toutes les barrières de genres pour chanter, composer et écrire tout ce qui lui plaît sans jamais rien céder à la pression économique : rock, tango, jazz, folklore, blues, musique de film... Lui-même d’ailleurs déteste se voir classer dans une catégorie ou une autre : il ne fait ni du tango, ni du rock, ni du jazz, ni du folklore, ni des bandes-son. Litto Nebbia fait tout simplement de la musique.
Ces jours-ci, Litto Nebbia termine une tournée aux Etats-Unis (il donnait 6 concerts à Miami et une poignée d’autres à New York et à Washington). Il rentre à Buenos Aires où il se produira les 21 et 28 mai dans une salle du quartier de la Recoleta. Pour ces deux concerts, il a invité une chanteuse et un guitariste bien connus des lecteurs de
Barrio de Tango :
Mariel Martínez et
Alejandro Picciano, qui avaient ouvert, en novembre dernier, sur la suggestion de Litto Nebbia lui-même, l’
Agenda de Barrio de Tango dont il vient maintenant lui-même assurer, à Paris, la toute première suite. (Lire
l’article sur la tournée argentine de Mariel et Alejandro).
Les lecteurs habitués de Barrio de Tango ont déjà plusieurs fois rencontré cet artiste dans les colonnes de ce blog.
A l’occasion d’une sortie de disques, par exemple ce
Horacio Salgan - Ubaldo de Lío último concierto en vivo, dont j’ai parlé récemment (un album Melopea, le label fondé par Litto Nebbia en 1988, lorsqu’il s’est mis à son compte pour se libérer des interminables tracasseries des majors). Article
sous ce lien. Ou cet autre,
Homenaje a Woody Allen, dont le morceau-titre a été, lundi dernier, le tango rituel du Plenario de la Academia Nacional del Tango, dont Litto Nebbia, entre nous soit dit, est membre de plein droit (Académico Titular). Article
sous ce lien.
A l’occasion d’une interview. Dans
Página/12, pour ne pas chercher plus loin. Comme dans une édition d’avril dernier où il annonçait précisément cette tournée qu’il achève aux Etats-Unis. Article
sous ce lien.
A l’occasion des fêtes de fin d’année pour lesquelles il avait créé une carte de voeux pas vraiment sérieuse que je vous laisse découvrir
sous ce lien.
En août 2008, j’ai vu Litto Nebbia au studio de Melopea dans le quartier de Villa Urquiza, à Buenos Aires. Quelques jours avant, je parlais de ce rendez-vous avec l’un de mes amis, qui m’a dit cette phrase que je ne suis pas prête d’oublier : "Ah, ¡Litto Nebbia! ¿Sabés que él es un prócer de la música argentina?" Et après un silence dont l’intense émotion m’a surprise, il a ajouté : "¡El tipo nos salvó al Polaco! Él nos salvó al Polaco..."
"Ah Litto Nebbia... Alors lui, tu sais, c’est un vrai prince de la musique argentine ! Ce mec nous a sauvé El Polaco ! C’est lui qui nous a sauvé El Polaco..." (1)
Alors, en attendant Litto, le mieux, si vous ne le connaissez pas encore, c’est de placer cette page dans vos favoris. Comme cela, vous pourrez y venir facilement et souvent pour cliquer sur l’un ou l’autre des liens Youtube ci-dessous.
Ces clips présentent Litto Nebbia dans différents morceaux de sa composition ou d’autres auteurs, à différentes époques de sa carrière, seul ou avec ses groupes ou avec d’autres artistes éminents d’Argentine...
Sólo se trata de vivir -il s’agit seulement de vivre (de et par Litto Nebbia)
Sólo se trata de vivir (chanté par
Mercedes Sosa, accompagnée au piano par Litto Nebbia)
La gente que no sabe lo que quiere - les gens qui ne savent pas ce qu’ils veulent (de et par Litto Nebbia)
Cuando te veas crecer - quand tu te verras grandir (de et par Litto Nebbia)
Viento dile a la lluvia - Le vent, dis-le donc à la pluie.... (de et par Litto Nebbia sur un montage amateur)
Como dos extraños, un grand classique du tango, de
Aníbal Troilo et José María Contursi, par Litto Nebbia (qui signe l’arrangement et l’orchestration)
La Balsa (le radeau) dans un clip de 2007, avec cet autre grand du rock argentin qu’est
Fito Paez et le groupe de Litto Nebbia,
Los Gatos, brièvement reconstitué pour le 40
ème anniversaire de leur fondation (Los Gatos, c’est son deuxième groupe, à la toute fin des années 60)
Un autre clip de 2007, au cours de ces mêmes retrouvailles organisées par Litto Nebbia :
La chica del paraguas (la fille au parapluie), un tube de Los Gatos.
Le groupe, éphémère, a laissé dans l’histoire de la musique argentine et dans la mémoire de gens une trace si puissante qu’elle ferait facilement croire qu’il a duré au moins dix ans. En fait à peine 2.No importa la razón - qu’importe le pourquoi ! (de et par Litto Nebbia)
Vamos negro -Allons-y, l’ami (de et par Litto Nebbia) la veine rock-folk dans un clip de 1972
Blues Nocturno, une vidéo Melopea tournée en 2006 (Litto Nebbia avec son groupe
La Luz).
Un grand merci aux services culturels de l’Ambassade d’Argentine à Paris qui ont toujours réservé le meilleur accueil à tous mes appels téléphoniques, même au milieu d’un agenda très chargé, alors que vient tout juste de s’achever à Paris le Salon du Livre de l’Amérique Latine (du 14 au 17 mai à la Cité internationale des Arts).
Pour aller plus loin :
Dans la Colonne de droite, dans la rubrique Vecinos del Barrio, Litto Nebbia dispose bien sûr d’un raccourci à son nom, qui vous conduit à tous les articles le concernant dans ce blog.
Dans la rubrique Les grandes avenues, vous trouverez sous l’intitulé Disques & Livres tous les articles sur les disques Melopea (vous pouvez aussi cliquer sur le mot-clé Melopea dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, en haut de l’article, sous le titre).
D’ici quelques jours ou quelques semaines, le site Web de Melopea va réouvrir ses portes, en version trilingue espagnol, anglais, français. Barrio de Tango saluera bien sûr cette ouverture. (Le lien avec la maison de disques se trouve dans la rubrique Les commerçants del Barrio, Colonne de droite, partie basse, celle qui est réservée aux liens externes).
D’ici là, si le style de Litto Nebbia vous plaît, Zivals (dans la même rubrique de la Colonne de droite) dispose d’un grand choix de CD et DVD issus de sa très ample discographie (une centaine d’albums en soliste en un peu plus de 40 ans de carrière).
(1) El Polaco, c’est Roberto Goyeneche, dont Litto Nebbia a produit les derniers disques alors que le chanteur était déjà bien malade. Sa voix avait perdu sa puissance et s’était éraillée mais aucune de ses qualités d’interprétation et d’émotion n’avait disparu. Litto Nebbia a été le seul à croire que El Polaco n’était pas un homme fini. Les disques de Roberto Goyeneche qui figurent au catalogue de Melopea sont sans doute parmi les documents de ce chanteur les plus émouvants du marché. Attendez la réouverture du site de Melopea et vous allez voir ce que vous allez voir.
Walter, este artículo, te lo dedico a vos que me dijiste esta frase en tu departamento donde conoci a Alorsa y a otros...