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vendredi 13 mars 2026

Mar del Plata a connu sa pire saison depuis la pandémie [Actu]

"Mar sans argent" dit le gros titre
en faisant le calembour sur le nom de la ville,
Mar del Plata (mer d'argent)
et le lion de mer qui est le symbole de la cité
auquel on a donné une peau dorée et des grosses larmes...
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Comme on s’y attendait, la saison estivale de Mar del Plata, la plus grande station balnéaire de la côte atlantique argentine, a été catastrophique. On estime à un peu moins d’un demi-million le déficit d’estivants ayant séjourné cet été dans la station. Quant à ceux qui sont venus, ils ont limité de manière draconienne leurs dépenses, notamment sur la plage où transats et parasols à louer ont trouvé beaucoup moins de preneurs que lors des saisons précédentes.

Ces données économiques ont été établies par la Province de Buenos Aires, dont la majorité locale est péroniste. Il n’en faut pas plus pour que la droite conteste ces chiffres. Pourtant la fermeture récente d’un des grands centres commerciaux de la ville, dont j’ai parlé cette semaine, Los Gallegos, semble bien confirmer cette tendance, qui avait été constatée dès le mois de novembre, quand le festival du cinéma, qui lance d’habitude la saison estivale, avait nettement marqué le pas.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 dont l’édition provinciale de La Plata (province de Buenos Aires) a fait sa Une, avec le jeu de mot habituel au journal.

mercredi 11 mars 2026

En Argentine, les entreprises tombent comme des mouches [Actu]


Página/12 rend compte aujourd’hui de la fermeture d’un grand centre commercial de Mar del Plata, le principal port argentin sur l’Océan atlantique (port commercial, port militaire, port de pêche et de plaisance) et principale ville balnéaire du pays. C’est dire si les centres commerciaux y ont leur place !

Celui-ci, Los Gallegos (les Galiciens), vient pourtant de fermer définitivement ses belles portes vitrées… 250 salariés risquent de se retrouver au chômage dans les semaines qui viennent.


Dans un autre domaine, l’agro-alimentaire, le groupe laitier Verónica (lait, beurre, crème fraîche, dulce de leche, préparation fromagère à tartiner, fromages et autrefois yaourts), fondé en 1923, a fermé plusieurs centres de production, laissant sans revenu leurs salariés. Verónica, c’est pourtant une référence importante dans les linéaires de la distribution, grande et petite. Si ma mémoire est bonne, c’est sous cette marque que j’avais trouvé, il y a plusieurs années, avant le covid, le premier et seul yaourt nature que je pouvais acheter à Buenos Aires, un yaourt épais, de type grec, indiqué pour la cuisine – para cocinar et qui avait disparu deux ans plus tard (yogur para cocinar parce qu’il ne viendrait à la tête d’aucun Argentin de manger du yaourt nature, sans sucre ni parfum).

Décidément, le « miracle de l’Argentine », vanté hier par certains participants au lancement de la Argentina Week à New York, a tout du mirage…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la fermeture des Gallegos
lire l’article de Página/12 sur Verónica.

Ajout du 12 mars 2026 :
lire cet entrefilet de Página/12 sur la situation économique des boulangeries, alors que 2000 d’entre elles ont déjà fermé leurs portes depuis l’arrivée au pouvoir de Mileí

Ajout du 13 mars 2026 :

lire cet article de Página/12, édition de Rosario, sur un nouveau phénomène dans les boulangeries : certains clients commencent à payer comme au supermarché : avec une carte de crédit qui permet d’étaler la dépense sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. En Argentine, on ne paye pas souvent les courses du quotidien avec une carte bancaire. On paye en liquide et si vous sortez votre carte à la caisse du supermarché ou de l’hypermarché, on vous demande si vous voulez payer « en cuotas » (avec paiement étalé).

Ajouts du 26 mars 2026 :

Le secteur brassicole artisanal boit la tasse malgré son dynamisme d’avant la pandémie, un dynamisme dont j’ai personnellement pu constater l’existence et la créativité. La consommation de bière artisanale diminue en Argentine depuis l’investiture de Mileí : -20 % en 2024 et -10% en 2025, lesquels s’ajoute à la baisse de l’année précédente.
L’industrie laitière est elle aussi en danger. En province de Buenos Aires, en deux ans, plus de 1000 entreprises de collecte et de transformation du lait ont disparu, or ce secteur (lait, yaourt, fromage) constitue un point important de l’économie de cette province et de quelques autres///
A ce propos, lire cet article de Página/12 sur la situation des petits brasseurs
lire cet article de Página/12 sur la situation des tambos (collecte et transformation du lait)

jeudi 5 février 2026

Sera-ce suffisant pour relancer le tourisme dans la Ville Heureuse ? [à l’affiche]

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Ce week-end, la ville de Mar del Plata, dite La Feliz, propose à ses touristes, beaucoup moins nombreux qu’avant l’élection de Javier Mileí et la catastrophe économique et politique qui s’en est suivie, une sortie gourmande, gratuite et ouverte à tous : la troisième édition du festival de la Medialuna, une sorte de croissant argentin confectionné avec beaucoup moins de beurre que son homologue français et partant plus brioché que feuilleté.

Cela n’en est pas moins délicieux. Et un peu plus sucré que le croissant pour la version medialuna de manteca, celle que l’on voit sur l’affiche. Il en existe une autre version, presque salée, la medialuna de grasa, confectionnée avec de la margarine ou du saindoux.

Au programme, de nombreux stands de pâtissiers et autres traiteurs, des animations musicales, des rencontres et des dégustations. Dimanche soir, le clou de l’événement sera la présentation de la plus grosse medialuna du monde.

La cité balnéaire qui a vu naître Astor Piazzolla vous attend mais il est assez peu probable que le festival permettra de rattraper la saison estivale, qui était déjà mal partie dès novembre quand le Festival international du Cinéma s’y est tenu sans attirer le public habituel. Et pour cause : il a été intégralement définancé par les pouvoirs publics !

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

jeudi 6 novembre 2025

Le Festival Internacional de Cine commence à Mar del Plata [à l’affiche]

Affiche officielle du festival
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Aujourd’hui, jeudi 6 novembre, commence la dizaine du Festival de Cinéma de Mar del Plata, dont cette année correspond à la quarantième édition.

Chose curieuse : les grands quotidiens argentins à diffusion nationale n’en disent pas un mot !

Le Festival a été entièrement privatisé alors qu’il était avant Javier Mileí un événement fédéral soutenu et financé par l’Institut national du cinéma et des arts audiovisuels (INCAA), réduit aujourd’hui à une coquille à peu près vide.

L'affiche, plutôt tristounette, choisie par la Ville
pour son site Internet du tourisme
On y retrouve l'emblème de la cité : le lion de mer
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L’office du tourisme de Mar del Plata reprend le slogan de la manifestation, celle du retour à la splendeur, ce qui en dit long sur la chute vertigineuse subie par la plus grande ville balnéaire et touristique du pays depuis que Mileí sévit et a détruit le pouvoir d’achat d’une grande majorité des Argentins.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 5 novembre 2025

Un festival pour soutenir le cinéma argentin à Mar del Plata à côté du Festival [à l’affiche]

L'affiche reprend l'image emblématique
du front de mer à Mar del Plata
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Demain, le 6 novembre 2025, parallèlement au Festival international de cinéma qui se tient tous les ans en novembre, juste avant la saison estivale, un cinéma de Mar del Plata associé à une libraire de la ville propose un riche programme de films argentins, en soutien à l’industrie cinématographique nationale que le gouvernement de Javier Mileí est en train de tuer à petit feu en privant l’INCAA, l’institut national du cinéma et des arts audiovisuels, de tout financement fédéral.

Ce festival off et d’opposition s’intitule cette année Fuera de campo (hors champs) alors qu’il s’appelait l’année dernière Contra Campo (contre-champ).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Tiempo Argentino, qui détaille l’ensemble du programme
consulter le site Internet du festival

vendredi 22 novembre 2024

Cette année à Mar del Plata, le cinéma n’est pas vraiment à la fête [à l’affiche]

Bandeau Facebook du festival officiel


Premier festival international du cinéma de Mar del Plata sous l’ère Mileí. Le festival est la plus grande manifestation cinématographique de l’Amérique latine mais le président a décidé de lui tourner le dos et de le priver de subsides publics.

"L'allié" : Thierry Frémaux", dit le gros titre
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En cette année de disette, la programmation reste riche mais l’atmosphère n’est pas à la fête. Cela se voit clairement dans la terne soirée d’ouverture qui s’est tenue hier soir.

Autre indice : la discrétion de la manifestation dans la presse de ces jours-ci ! Pour le moins inhabituel. D’ordinaire, on parle du festival plusieurs jours à l’avance, puis la veille, puis le lendemain de l’ouverture et les jours suivants.

De son côté, Thierry Frémaux a fait le voyage pour présenter la prochaine édition du festival de Cannes. Il a donné deux interviews, l’une à Página/12, l’autre à Clarín. Il y soutient fermement l’existence et la valeur du cinéma argentin qui sont menacée par la disparition du budget et des principales missions de l’INCAA, l’institut national du cinéma et des arts audiovisuels, organisateur historique du rendez-vous marplatense.

Contracampo a choisi de faire un contre-champ pour sa communication :
une représentation du célèbre front de mer de Mar del Plata !

Cette année, revient donc un contre-festival qui avait disparu il y a quelques années : le off de Mar del Plata. Cette programmation alternative se nomme Contracampo (contre-champ en français). Forte représentation du cinéma national dans cet à-côté du festival officiel.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 en Une de son supplément culturel quotidien, Cultura y Espectáculos, consacré aux propos de Thierry Frémaux
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín sur l’austère soirée d’ouverture
lire l’interview de Thierry Frémaux accordée à Clarín
lire l’article de La Nación
visiter le site du festival officiel
Sur Contracampo :
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article du quotidien local, La Capital Mar del Plata
visiter le site du festival off

vendredi 12 juillet 2024

Exit le président du festival de cinéma de Mar del Plata [Actu]

Le morse est le symbole de la ville de Mar del Plata
comme celle de son festival de cinéma


Le Festival international de Cinéma de Mar del Plata, le seul festival de catégorie A en Amérique du Sud, vient de perdre son président, alors que sa nouvelle édition doit avoir lieu en novembre comme tous les ans. Fernando Juan Lima était en désaccord sur à peu près tout avec l’actuel gouvernement et ne pouvait plus assumer sa mission.

Le président de l’INCAA, l’institut national du cinéma et des arts audiovisuels, qui produisait naguère le festival et soutenait toute la production cinématographique nationale mais dont toutes les missions lui ont été ôtées au début du mandat de Mileí, a décidé de ne pas renouveler son contrat qui arrivait à échéance au bout de quatre ans.

Fernando Juan Lima, ex-président du festival de Cinéma de Mar del Plata

En fait, le festival est de plus en plus clairement en danger. A travers l’INCAA, l’État fédéral a annoncé, il y a quelques semaines, qu’il ne financerait plus la manifestation, qu’il abandonnait au privé, et ce limogeage soudain sans remplaçant à quatre mois de l’événement finit de confirmer les pires doutes sur sa tenue.

Il semble en effet impossible de réunir à temps les fonds privés nécessaires à la prochaine édition dans le chaos économique et social qui s’est abattu sur l’Argentine en décembre dernier.

La culture et le soft-power n’intéressent décidément pas ce gouvernement de vandales qui ne respecte que l’argent. Même l’amorce de la saison estivale qui permet aux infrastructures touristiques de Mar del Plata de faire le plein et une bonne partie de leur recette annuelle manque de convaincre ces pouvoirs publics de l’utilité de ce festival ! Vous imaginez la tenue du Festival de Cannes menacée à la fin d’un mois de janvier ?

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 28 juin 2024

Le Festival international de cinéma de Mar del Plata passe aux mains du privé [Actu]


Cette année, en novembre, le Festival international de Mar del Plata, qui était jusqu’alors un événement national entièrement produit par l’INCAA, l’institut national du cinéma et des arts audiovisuels, et le ministère de la Culture dont il dépendait, sera co-produit par la modeste ville de General Pueyrredón (dans la province de Buenos Aires) et l’INCAA qui n’y mettra pas un sou (de toute manière, ses caisses sont vides depuis quatre mois).

La ville hôte, en sa qualité de première station balnéaire d’Argentine et de grand port commercial sur la façade sud de l’Atlantique, aura pour mission d’utiliser son prestige pour faire reluire la manifestation, à l’aide de fonds privés qu’il lui appartient, semble-t-il, de rassembler. Auparavant, cela marchait dans le sens inverse : c’était le festival qui assurait la renommée de la ville et permettait à ses structures commerciales et hôtelières de prospérer.

Une société de gestion de capitaux privés dont on ne sait rien aurait pour mission de développer le festival.

Et comme il n’y a pas de petits profits, tout producteur qui veut voir son film participer à la manifestation devra cracher au bassinet pour des sommes qui laissent pantois : le droit d’inscription des films étrangers est de 50 USD pour les longs métrages et la moitié pour les moyens et courts-métrages (on croirait une inscription à une colonie de vacances), celui des œuvres argentines de 30 000 pesos pour un long-métrage, la moitié pour un moyen ou court-métrage.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 juillet. Les producteurs ont intérêt à savoir ce dont ils disposeront en novembre.

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Sur les inscrits, l’INCAA assurera la direction artistique du festival, la sélection des films (donc certains inscrits se verront rejetés) ainsi que la nomination des membres du jury.

Tout cela sent terriblement l’improvisation, comme tout ce qu’il se passe dans la gestion publique nationale depuis le 11 décembre dernier. Ce qui était prévisible depuis que l’INCAA s’est vu privé de toute mission et surtout de tout budget.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 dans l’édition nationale
lire l’article de Página/12 dans l’édition locale de la province de Buenos Aires, Buenos Aires/12.

mardi 26 mars 2024

Ils osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît ! [Actu]

Estela de Carlotto a droit à sa photo juste
à côté du titre
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Ils osent tout ! Un procureur (de droite) de Mar del Plata vient de mettre en accusation Estela de Carlotto, la présidente de Abuelas de Plaza de Mayo (Grands-Mères de la place de Mai), pour incitation au coup d’État…

La droite ne lui pardonne pas le texte qu’elle a lu dimanche pendant la manifestation de commémoration du coup d’État de 1976. Elle a terminé son allocution en parlant de l’affreux président qui casse tout à la Casa Rosada en insultant tout le monde en ligne en prime. « Faisons quelque chose pour qu’il change ou qu’il s’en aille et le plus tôt sera le mieux » avait-elle conclu alors que Mileí, en poste depuis un peu plus de cent jours, détruit le droit du travail, la recherche publique, les universités nationales, la santé publique comme le montre en ce moment la terrible épidémie de dengue qui fait des morts et contre laquelle le gouvernement refuse de généraliser la vaccination, le secteur de la culture, la petite agriculture familiale, la lutte pour limiter le réchauffement climatique qui fait des ravages dans toute l’Argentine avec des inondations, des méga-feux, des sécheresses, des canicules et la fonte des glaces australes, et menace de relâcher dans la nature les criminels de la Dictature militaire qui ont été condamnés lors de procès équitables à de lourdes peines, souvent à perpétuité.

Là aussi, une photo tout en haut !
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Clarín n’hésite même pas à titrer que l’accusation est portée à la demande du président par un procureur à sa botte.

La Nación est le moins généreux des trois
L'info est traitée tout en bas à droite
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La presse est effarée par l’affaire qui annonce une nouvelle fois une dangereuse régression de la liberté d’expression dans le pays où il ne fait décidément pas bon ne pas être d’accord avec le pouvoir en place. Ce traitement de l’information est d’autant plus étonnant que la presse de droite ne porte pas dans son cœur l’association des Abuelas de Plaza de Mayo beaucoup trop proche de la gauche à son goût et que la cause elle-même ne paraît pas toujours légitime à tout le monde (pas mal de gens à droite ne voient pas pourquoi on va ainsi bouleverser la vie des « braves » familles qui ont adopté des enfants qui n’étaient pas les leurs… De « bons » chrétiens qui croient ou feignent de croire que « la vérité vous rendra libres » comme il est dit dans l’Évangile). Pourtant la personnalité mesurée de Estela et son sourire rayonnant sont appréciés un peu partout au-delà des clivages idéologiques et partisans en Argentine, sans parler de l’étranger.

Paradoxalement, c’est Página/12 ce matin qui se trouve le seul quotidien national à ne pas avoir inscrit l’affaire à sa une.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 17 janvier 2024

Elle n’est pas Première Dame mais ce n’est pas une raison pour ne pas en profiter [à l’affiche]

L'entrée du théâtre au soir de la première, le lendemain de Noël
à Mar del Plata


L’imitatrice Fátima Flórez, talentueuse sur scène et un brin vulgaire à la ville, est la bonne amie, la blonde comme disent les Québécois, du président Mileí. Ce n’est toutefois pas elle qui joue les Premières dames depuis le 10 décembre mais Karina Mileí, la sœur cadette du président qui se prend sans doute pour Pharaon ! Pour un type qui prétend se convertir au judaïsme, c’est un comble…

L'actrice imitant son amant dans la tenue de l'investiture
quelques jours après la prestation de serment
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Fátima Flórez se produit actuellement au Teatro Roxy à Mar del Plata. C’est la pleine saison estivale et la ville balnéaire ne remplit ni ses plages ni ses infrastructures hôtelières. La comédienne joue un one woman show intitulé 100 % Fátima où, entre autres, elle imite son amant.

Fátima Flórez imitant Mileí, à gauche lorsqu'il pose pour une photo,
en baissant la tête pour regarder en l'air d'un air rogue

Página/12 a dénoncé les prix extravagants du spectacle qui dérogent à l’accord des producteurs de spectacles qui, face à l’inflation gigantesque qui ravage la consommation nationale et menace donc en premier lieu leur activité, se sont entendus pour maintenir des prix raisonnables dans toute cette ville dont la saison dépend essentiellement des estivants.

L'imitation de Marylin
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L’article a eu quelque succès : la dame a fait baisser les prix des entrées à son récital.

Le tarif précédent est le symbole le plus éclatant du profit personnel que les proches et les partisans de Mileí tentent de tirer de la victoire électorale de leur champion et de son arrivée à la tête de l’État en pleine incohérence. Après tous les discours insultants et accusateurs du candidat (puis de l’élu) ainsi que de ses soutiens contre les soi-disant profiteurs de « la casta » (toutes les personnes au pouvoir avant lui quelle que soit leur couleur politique), voici la vénalité à l’œuvre de ce côté (réputé immaculé) du spectre politique !


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 dans le supplément culturel de l’édition du jour
lire l’article en ligne de Página/12 où le quotidien montre l’effet de la dénonciation !
Dans la même édition, Página/12 raille un maire inconséquent qui a soutenu à cors et à cris la candidature de Mileí et se plaint maintenant de l’abandon des travaux de réparation d’une route nationale qui traverse sa commune. Pauvre homme : un de ses propres pneus a éclaté alors qu’il roulait sur cette route toute cabossée et plus vraiment carrossable.

mercredi 15 novembre 2023

Sortie d’un documentaire sur Roberto El Polaco Goyeneche [à l’affiche]


Roberto Goyeneche, surnommé El Polaco à cause de ses cheveux blonds, est considéré comme le plus grand chanteur de tango après Carlos Gardel. A juste raison.

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Son petit-neveu lui consacre un documentaire long-métrage, qui sort en salle cette semaine.

La première projection aura lieu au Gaumont de Buenos Aires, le siège de l’INCAA, l’institut du cinéma, demain, jeudi 16 novembre 2023, à midi. Deux cinémas du centre de Buenos Aires l’auront à l’affiche dans deux rues parallèles, avenue Rivadavia et plus au nord, l’avenue Corrientes, qui est toujours la grande artère du spectacle et de la culture.


Le lendemain, une première projection aura lieu à Mar del Plata.


Le documentaire fait intervenir tous les témoins de la vie de chanteur et différents artistes contemporains confits en émotion et en admiration bien légitimes. Página/12 interviewe le réalisateur ce matin dans ses pages culturelles. Reste à voir le film pour savoir s’il est à la hauteur de ses promesses ! En la matière, la bonne volonté, l’arbre généalogique, l’affection et l’admiration ne suffisent pas à garantir la qualité...

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
visiter la page Facebook du film
visiter la page de Todo Tango consacrée au chanteur (enregistrements à écouter et articles à lire – tout en espagnol)

vendredi 3 novembre 2023

Le candidat démocratique est allé à la pêche à Mar del Plata [Actu]

"Comme au cinéma" dit le gros titre
avec l'image de Massa posant avec le collectif
Cinéma argentin uni pour la démocratie
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Lourde journée hier pour Sergio Massa qui a d’abord assisté à la séance solennelle du Congrès qui a confirmé les noms des deux candidats admis au second tour avant de partir pour Mar del Plata, à plus de 300 km au sud de Buenos Aires pour assister à l’ouverture du festival, rencontrer le collectif des gens de cinéma qui militent pour maintenir et développer l’investissement public dans le 7e Art puis dîner avec des chefs de petites et moyennes entreprises dans un grand hôtel pour des échanges sur les réformes dont a besoin le secteur.

La photo montre l'hémicycle hier pendant le vote
Massa est dans la galerie, très digne, déjà présidentiel
Mileí est juste en-dessous, près de la porte, adossé au mur
A droite, un titre secondaire annonce qu'il persiste dans son
idée d'abandonner le peso au profit du dollar et que des tensions
se font jour entre lui et Macri
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Il a ainsi récolté de nouveaux soutiens publics à sa candidature tandis que son adversaire continue à s’enferrer dans ce qui semble bien être ses éternelles impasses comme la disparition de la Banque centrale et le passage au dollar au détriment de la devise nationale. Par ailleurs, l’association des professeurs de droit pénal des universités nationales d’Argentine vient de publier un communiqué où ces juristes appellent à voter pour lui et à écarter Mileí et son programme de recul social et politique.

"Avec Mileí, il n'y aura plus une seule PME en vie",
dit ce gros titre, citant le président de la Confédération
Générale Economique de la province de Buenos Aires
qui a reçu hier à dîner le candidat-ministre de l'Economie
Une de l'édition de Página/12 à La Plata
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Fait notable : sous le titre L’espérance l’a emporté sur la rage, La Prensa, qui d’ordinaire ne relaie pas la parole des candidats de ce côté-là du spectre politique, publie l’interview que Sergio Massa lui a accordée hier à Mar del Plata.

"Massa promet aux entrepreneurs de travailler
toujours avec du bon sens", dit le gros titre
sur une photo du candidat au Festival de Cinéma
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De l’autre côté, Mileí vient de recevoir un autre appui ignoble : celui de Sandoval, ce criminel de la dictature qui s’était fait oublier en France où il a fait une belle carrière universitaire et obtenu la nationalité avant d’être extradé en Argentine et d’y être condamné à une lourde peine de prison qu’il purge actuellement. C’est de sa cellule qu’il a lancé son appel à voter pour le candidat libertaire et néofasciste. Lire à ce propos l’article de Página/12.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de une de Página/12 intitulé : L’attaque contre la culture est un tir contre l’âme des Argentins
lire l’article de Página/12 sur le message de Massa aux patrons de PME
lire l’article de Página/12 sur la prise de position des pénalistes universitaires
lire l’interview de Sergio Massa dans La Prensa
lire l’article de La Nación sur la visite de Massa au Festival international de cinéma de Mar del Plata

Ajouts du 8 novembre 2023 :
Un collectif de musiciens appelle à voter contre Mileí. Lire à ce sujet l’article de Página/12
Finalement, Mileí a décidé de déserter la rencontre prévue avec les industriels : la UIA, l’union des industriels d’Argentine, qui ont déjà fait savoir les craintes que leur inspirait le programme frappa-dingue du libertaire, avait invité les deux candidats à deux dîners successifs au Cercle Rouge, leur siège. Seul Massa s’y rendra, comme il le fait avec tous les secteurs de la société quand Mileí ne va que là où il est à peu près sûr d’être bien reçu. Une tactique qui pue la lâcheté et conduit rarement à la victoire électorale, sauf aux États-Unis quand c’est celle de Trump.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12


Mileí a aussi renoncé à son déplacement d’hier à Bahía Blanca, une station balnéaire du sud de la province de Buenos Aires, où trop peu de ses partisans avaient annoncé leur présence. La plupart d’entre eux sont en effet des élus (et ils ne sont pas nombreux dans ce cas) et il y a du travail parlementaire à Buenos Aires.
Lire à ce sujet
l’article de Página/12.


Au même moment, un scandale éclate dans la presse de droite : il pourrait éclabousser l’actuel gouvernement, notamment le président, la vice-présidente et plusieurs parlementaires de leur majorité : il y aurait en effet existé un programme d’écoutes illégales et clandestines au détriment de juges chargés des dossiers dans lesquels Cristina Kirchner est inculpée. Il faut toutefois se montrer très prudent avec cette information d’abord parce qu’elle sort à un moment un peu trop opportun pur être honnête alors que la droite a déjà perdu l’élection en s’en faisant éjecter dès le premier tour (pour la première fois de son histoire) et en ayant bien du mal à imposer son accord bancal avec Mileí et parce que ce genre de manœuvre frauduleuse a bel et bien été pratiquée par Mauricio Macri qui devrait avoir à en répondre devant la justice (il a fait espionner des journalistes, des avocats et des ayant-droit des sous-mariniers morts en mission à bord du San Juan, façon écoutes de l’Elysée).

Ajout du 11 novembre 2023 :

Quarante-cinq personnalités politiques, morales et culturelles du monde principalement hispanophe viennent d’appeler les Argentins à voter pour Sergio Massa pour «poner un freno a las posturas antidemocráticas de Milei y a sus propuestas neoliberales que en el pasado han resultado letales para la sociedad argentina y toda la región» : pour freiner les postures antidémocratiques de Mileí et ses propositions néolibérales qui par le pasé ont donné des résultats mortels pour la société argentine et toute la région (traduction © Denise Anne Clavilier).
Enrico Letta, ancien président du Conseil de la République italienne, Anne Hidalgo, maire de Paris d’origine espagnole, Yanis Varoufakis, économiste et ancien ministre de l’Économie de la République hellène, ont également signé cette lettre ouverte ainsi que deux personnalités brésiliennes, dont le théologien Léonardo Boff (notons que Mileí a d'ores et déjà annoncé, entre autres folies furieuses, que s'il était élu, il romprait les relations diplomatiques avec le Brésil, dont il estime qu'il est tombé dans le communisme avec le retour de Lula au pouvoir).
Pour en savoir plus loin :
lire l’article de Página/12

Ajout du 13 novembre 2023 :
Une poignée d’anciens chefs d’État ou de gouvernement de droite appuie la candidature de Mileí. Lire à ce propos l’article de La Prensa