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vendredi 2 octobre 2026

Ouverture d’une Chaire Pape François à la Universidad Nacional Arturo Jauretche, à Florencio Varela [Actu]

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A Florencio Varela, une petite ville du sud populaire de la grande banlieue de Buenos Aires, le diocèse et l’université nationale Arturo Jauretche s’unissent pour créer une chaire de sciences politiques baptisée Papa Francisco.

L’inauguration aura lieu prochainement en présence de plusieurs chercheurs qui analyseront la pensée exposée par le défunt Souverain Pontife dans certaines de ses encycliques.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Buenos Aires/12, l’édition locale de Página/12 publiée à La Plata, capitale de la Province de Buenos Aires
lire l’article de El Día, le quotidien de la province, dans ses pages consacrées à la zone de Quilmes

samedi 8 août 2026

San Cayetano croule sous le boulot [Actu]

"En plus de la terre, du pain et du travail", dit le gros titre
sur cette photo de la manifestation sans doute
à l'angle des avenues de Mayo et 9 de Julio
au cœur de Buenos Aires
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Pan, Paz, Tierra, Trabajo (pain, paix, terre, travail) réclamaient hier les manifestants de la San Cayetano dans toute l’Argentine.

San Cayetano (saint Gaëtan en français) est le saint patron du pain et du travail auquel ont recours les croyants (parfois pas si croyants que cela) qui souhaitent améliorer leurs conditions de vie en trouvant du travail et donc du pain. Tous les 7 août, sa fête catholique agit comme un baromètre pour évaluer la situation économique et sociale.

Le gros titre porte sur le ministre de la dérégulation
qui semble en difficulté à l'intérieur du gouvernement
Dans la colonne de droite : annonce de l'inflation mensuelle
à Buenos Aires en juillet (2,9%), une hausse importante
En bas : Clarín a vu hier une Plaza de Mayo à moitié vide
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Comme tous les ans surtout depuis le covid et encore plus depuis l’arrivée de Javier Milei au pouvoir (comme par hasard), hier, ils ont été très nombreux, ce qui était particulièrement visible à Buenos Aires où il est de tradition de faire se succéder le pèlerinage jusqu’au sanctuaire de Liniers, un quartier très pauvre situé dans l’extrême ouest de la capitale, puis la manifestation sociale et politique, organisée par les syndicats, qui va de Liniers jusqu’à Plaza de Mayo (de l’autre côté de la ville) pour présenter les revendications du peuple aux dirigeants, censés être en train de travailler à la Casa Rosada, à l’extrémité orientale de cette place fondatrice du processus révolutionnaire de mai 1810. En l’occurrence, Milei n’y était pas : il était en Colombie pour l’investiture du nouveau chef d’État qu’il veut intégrer dans un bloc d’extrême-droite en Amérique du Sud, comme il a fait la semaine dernière avec l’investiture présidentielle à Lima, au Pérou.

Au cours de la messe à Liniers, l’archevêque de Buenos Aires a rappelé une nouvelle fois que la situation était inacceptable : la hausse des prix est telle que même les gens qui travaillent n’ont trop souvent pas de quoi satisfaire leurs besoins élémentaires.

Le gros titre est pour l'homélie de l'archevêque :
"L'Eglise a critiqué le modèle économique
et elle en appelle au gouvernement
pour les pauvres et les endettés"
En dessous : des violences lors de la manifestation
de jeudi dernier, contre la loi de "propriété intégrale"
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Cette année, les participants ont ajouté à la revendication traditionnelle une demande concernant les terres, que Milei vient d’échouer à vendre à des investisseurs nationaux ou étrangers, et la paix, puisque Milei estime que l’Argentine (pays neutre pourtant) est entrée en guerre contre l’Iran parce qu’il suit aveuglément Donald Trump et qu’il vient de se fâcher avec les autorités brésiliennes en insultant Lula à São Paulo, ce à quoi Brasilia a répondu en retirant son ambassadeur de Buenos Aires et en demandant au représentant argentin de quitter le Brésil et de rentrer chez lui.

L’une des banderoles de la manifestation promettait de « reconstruire l’Argentine ». Et il y a du boulot !

*
* *


Hier, sur LCI, j’ai encore entendu une ancienne ambassadrice de France, devenue panelliste, déclarer de manière péremptoire qu’on s’était certes bien moqué de Milei et de sa tronçonneuse lors de sa campagne électorale mais qu’en fait, économiquement, le pays s’en sortait très bien. Comme tout bon toutologue de plateau qui se respecte, elle ne sait même pas de quoi elle parle.

Vignette de Une de Página/12 aujourd'hui
Le premier : L'an dernier, je suis allé voir San Cayetano
pour demander du travail et il m'en a trouvé...
Cette année, j'y suis retourné
Le second : Pour rendre grâce ?
Le premier : Non, pour en demander un autre en plus...
Avec un seul, je ne m'en sors pas.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Depuis le 10 décembre 2024, date de la prestation de serment de Milei, l’Argentine a perdu plus de 341 000 postes de travail déclaré (trabajo formal ou en blanco, par opposition avec le travail au noir, en negro). Un tiers des chômeurs mettent un an ou plus à retrouver du travail… C’est pour cela que San Cayetano ne risque pas d’en manquer, lui !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín qui se concentre sur l’homélie de l’archevêque de Buenos Aires (les autres évêques ont tenu des propos similaires chacun dans son diocèse)
lire l’analyse de cette homélie signée dans La Nación par son éditorialiste spécialisé en religion

vendredi 24 juillet 2026

Vendepatria ! Patricia remet le couvert [Actu]

Cette Une n'a même pas besoin de traduction !
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Déjà quatre tentatives de faire voter la loi de la « propriété intégrale » et quinze modifications du projet sans succès. La chef de la majorité au Sénat, Patricia Bullrich, qui fut en sa jeunesse une révolutionnaire d’extrême-gauche, et le ministre de la dérégulation se sont réunis pour examiner la meilleure stratégie pour faire enfin adopter la mesure.

Une nouvelle loi qui abroge la « loi des terres rurales » qui a pour objectif de protéger le domaine agraire national d’une main-mise de capitaux étrangers, le tout afin de garantir l’approvisionnement alimentaire du marché national avec des Argentins ou des résidents légaux capables d’exploiter leurs propres ressources pour en tirer un revenu correct.

Actuellement, de nombreuses parcelles agricoles sont la propriété d’étrangers, quelques personnes physiques mais surtout des personnes morales à l’envergure gigantesque. La plus connue de ces grands groupes est l’italien Benetton qui élève des moutons en Patagonie pour assurer et contrôler ses approvisionnements en laine de qualité mais Benetton est loin d’être le seul et c’est à cause de cette aliénation croissante des terres agricoles qu’un gouvernement précédent (de gauche bien sûr) avait pris des dispositions protectrices.

Vignette de Miguel Rep aujourd'hui pour Página/12
Le dessin se passe de traduction, là encore !
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Javier Milei veut balayer tout cela et vendre à des étrangers le sol et même le sous-sol (d’où la dimension « intégrale » de la propriété). Exit par conséquent la loi qui protège les glaciers, notamment dans la province de Santa Cruz, qui est aussi une province pétrolifère et qui est aussi le fief des Kirchner. Si cette nouvelle loi passe, on va pouvoir exploiter des gisements de toutes natures prisonniers des glaces qui fondent pourtant à vue d’œil à cause du réchauffement climatique, dont Milei nie farouchement l’existence.

Ce qui se prépare avec ces nouvelles règles dérégulées, c’est une catastrophe économique, sociale et écologique.

Cette politique libertarienne menée par un président déchaîné et qui n’accepte aucun contre-pouvoir commence à inquiéter jusqu’aux think tanks ultra-libéraux qui voient les conséquences de ces décisions sur l’économie réelle : c’est un désastre pour la production (un nombre considérable d’entreprises ont déposé le bilan) et pour la consommation, en chute libre depuis l’arrivée au pouvoir de Milei. Les mêmes actions provoquant les mêmes effets, on observe la même dégringolade de la consommation aux États-Unis depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article secondaire de Página/12 sur le même sujet
lire l’article de Página/12 sur les explications données par Patricia Bullrich qui prétend que ces nouvelles dispositions ne mettent pas en danger la souveraineté nationale (ben voyons !)
lire l’article de Página/12 sur le rapport économique qui dément le discours triomphaliste de Milei et consorts
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín sur la baisse continue de la consommation
lire l’article de La Nación sur ce projet de loi de « propriété intégrale »

Ajouts du 30 juillet 2026 :

lire cet article de Página/12 sur l’appel de l’épiscopat contre l’aliénation de la terre agricole, qui ne saurait « être une marchandise »
lire cet article de La Prensa

vendredi 10 juillet 2026

Au Te Deum de l’Indépendance, Milei se fait sonner les cloches [Actu]

"Que l'injustice ne te soit pas indifférente", dit le gros titre
en citant l'archevêque dans son homélie hier
devant un Milei seul au premier rang, comme le mauvais élève
qui se fait taper sur les doigts
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Hier, 9 juillet, c’était l’anniversaire de la déclaration d’indépendance, votée en 1816 à Tucumán, par une poignée d’élus venus de toute l’Argentine d’alors. A cette occasion, il est d’usage que le chef de l’État assiste à la cathédrale de Tucumán ou de Buenos Aires à un Te Deum. En l’occurrence, ce fut à la cathédrale de Buenos Aires et dans son homélie, l’archevêque n’a pas mâché ses mots.

"Te Deum : l'Eglise dénonce les refuges de la
corruption dans le monde politique", dit le gros titre
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Monseigneur García Cueva a rappelé à Javier Milei qu’il devait garantir l’union des Argentins et écouter tous les habitants du pays, notamment les plus fragiles, les plus vulnérables, les malades, les invalides, les retraités, les enfants des familles défavorisés, les chômeurs, les immigrés venus trouver en Argentine une vie un peu plus prospère que dans leur pays d’origine (Pérou, Colombie, Paraguay, surtout), etc. En effet, la politique menée par ce gouvernement a aggravé la situation de toutes ces catégories : les hôpitaux ne peuvent plus fonctionner normalement et soigner tout le monde, l’école publique est abandonnée au profit du système privé, les immigrés sont menacés d’être expulsés à la mode des États-Unis de Trump, les handicapés ont souvent perdu leurs allocations sous prétexte que c’est une affaire privée et que leurs familles n’a qu’à s’occuper d’eux, le chômage a augmenté de façon spectaculaire puisque de nombreuses entreprises ont mis la clé sous la porte et le travail au noir a lui aussi bondi, ce qui prive ces travailleurs de protection sociale, et la liste n’est pas finie.

Pas de gros titre à ce sujet à la Une de La Nación
L'info est traitée en haut de la colonne de droite
"L'Eglise dénonce les refuges de la corruption"
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Parallèlement à cette paupérisation organisée contre la population, la corruption des gouvernants est manifeste, or Milei a fait précisément campagne sur la lutte contre la corruption dont il accusait tout le monde sauf lui et sa poignée de partisans.

L’archevêque a marqué les esprits puisque le contenu de son homélie est repris ou commenté par la presse, de gauche comme de droite.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 26 mai 2026

Au Te Deum du 25 Mai, Milei s’est fait sonner les cloches [Actu]

Milei sort de la chapelle où repose San Martín,
avec l'archevêque à ses côtés (et sa sœur pas très loin)
Le titre reprend une expression idiomatique :
A Dios rogando y con el mazo dando
(littéralement : en priant Dieu et en donnant du maillet,
c'est à dire : Aide-toi et le Ciel t'aidera")
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Hier, l’Argentine, où le lundi de Pentecôte, lui, n’est pas férié, célébrait la première de ses deux fêtes nationales, celle qui commémore l’anniversaire de la Révolution de Mai 1810, qui mit fin à l’Ancien Régime en déposant le vice-roi et en imposant l’auto-gouvernement de la Primera Junta, un gouvernement collectif voulu et pensé au premier chef par Manuel Belgrano (1770-1820), lui-même haut fonctionnaire de l’empire colonial puisqu’il était le représentant de Madrid au sein du Consulado avec le titre de Secrétaire (à l’époque, cela signifie presque « ministre »), une sorte de chambre de commerce qui avait pour charge officielle de développer l’économie de la colonie, ce que Madrid l’a empêché de faire à chaque initiative fructueuse.

Traditionnellement, le président de la République argentine se rend à la cathédrale de Buenos Aires, à quelque cent mètres de la Casa Rosada, pour y participer au Te Deum Nacional selon une tradition qui remonte à 1811 (on ne fait pas plus ancien dans l’ordre politique). Cette célébration est présidée par l’archevêque de Buenos Aires qui était aussi, jusqu’à il y a quelques années, le primat d’Argentine (ce qu’il n’est plus depuis que le pape François a déplacé le siège primatial dans une province lointaine mais plus anciennement christianisée que l’actuelle capitale fédérale).

"L'Eglise a condamné l'intolérance et appelé
à respecter la diversité", dit le gros titre en rouge
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Cette année, on a entendu dire que Javier Milei pourrait ne pas assister à la cérémonie. En effet, il est notoirement en froid avec l’Église catholique, à laquelle il préfère les évangéliques d’ultra-droite façon Trump, qui ont, eux, le bon goût de ne s’embarrasser d’aucune doctrine sociale accrochée à l’Évangile. Le jour J, Milei s’est bien rendu à la célébration. C’est qu’il aimerait bien faire venir le pape en Argentine, un pape qui, lorsqu’il était argentin et que le gouvernement n’était pas libertarien, n’est finalement jamais venu malgré de nombreuses invitations très officielles et beaucoup d’espoirs douchés… Milei avait donc toutes les raisons de ne pas manquer à la coutume, quoi qu’il pense par ailleurs des évêques argentins. Il s’est bien rendu à pied, selon la coutume établie, de la Casa Rosada à la cathédrale, entouré des figures politiques qu’il privilégie dans le paysage national actuel. Tout le monde a pu remarquer que la vice-présidente avait été exclue des invités au Te Deum, ce qui est sans doute une première et prouve, s’il en était encore besoin, la profondeur des dissensions au sein du clan présidentiel.

"L'Eglise a donné à Milei un avertissement
au sujet du démembrement de la société", dit le gros titre
La photo principale montre Milei saluant
avec sa sœur à son côté sur le balcon de la Casa Rosada
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A la cathédrale, Milei a rendu hommage au général José de San Martín (1778-1850), qui y est enterré dans une chapelle latérale, et, assis seul devant l’assemblée, sans sa sempiternelle sœur à ses côtés, ce qui fait irrésistiblement penser à un couple incestueux, dans tant d’occasions, y compris hier à d’autres moments de la journée, au Cabildo puis au balcon de la Casa Rosada – donc pas de ça dans la cathédrale !-, Milei a participé à la prière et dû écouter l’homélie traditionnelle.

Pour l’occasion, Monseigneur Jorge García Cueva n’a pas ménagé l’homme assis tout seul devant lui, en bas de l’estrade d’où il s’exprimait. « Nul ne peut se sauver tout seul », a-t-il déclaré, comme les années précédentes d’ailleurs, depuis que Milei est aux affaires. Il a entre autres appeler à arrêter l’usage « terroriste » des réseaux sociaux (Milei s’en sert comme Trump pour répandre des mensonges et insulter, voire menacer tous ceux qui osent le critiquer, la presse au premier chef), à abandonner l’individualisme et la politique du chacun pour soi et à renouer avec la solidarité en actes, de tous avec tous, qui a forgé la nation et sans laquelle la pays risque de s’effondrer. L’archevêque a aussi pourfendu la stratégie délibérée du gouvernement de stigmatiser systématiquement tous ceux qui s’opposent à ses projets et à ses propos, ce qui aboutit à la division du corps social et politique du pays, une attitude visible à l’œil nu puisque la vice-présidente n’était même pas là. Bref, Milei en a pris pour son grade et c’est bien ainsi que tout le monde, à droite comme à gauche, a interprété les propos du prélat.

"Face à Milei, l'Eglise a demandé le dialogue
et appelé à cesser de "polariser par le discours"",
dit le gros titre
La photo principale est réservée à Milei au balcon
En haut, à droite, un article consacré à la fin
du "Late show" de Stephen Colbert sur un canal de télévision
aux Etats-Unis, censuré par Trump dont il ose rire...
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Milei a néanmoins tenté de faire bonne figure. Dans la suite de la journée, où il a tenté de jouer les vedettes, comme s’il était la reine (ou le roi) d’Angleterre à son propre jubilé, Milei a fait des commentaires lénifiants sur les propos de Monseigneur García Cueva, prétendant y voir une offre de dialogue et d’intermédiation de l’Église entre lui et la partie (croissante) de la société qui ne comprend rien à sa politique. En réalité, elle la comprend très bien et elle la rejette catégoriquement.

Il est assez rare qu’un haut dignitaire de l’Église catholique use d’une telle force pour mettre les points sur les I et sur les J ainsi que les barres sur les T pour que personne ne puisse se méprendre sur le sens de ce qu’il dit. En général, l’homélie est un peu plus enrobée, un peu plus diplomatique...

Plusieurs quotidiens publient aujourd’hui l’intégralité de l’homélie, Clarín et La Nación parmi eux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le Te Deum
lire l’article de Página/12 sur la nouvelle décision du gouvernement : désormais les handicapés qui voyagent en car longue distance ne pourront plus se faire rembourser leur titre de transport par l’État (c’était l’une des expressions de la solidarité nationale avec cette population désavantagée et c’est fini)
lire l’entrefilet de La Prensa sur le Te Deum
lire l’entrefilet de La Prensa sur les déclarations postérieures de Milei
lire l’article de Clarín sur le Te Deum
lire l’article de La Nación sur le Te Deum
lire l’article de La Nación sur les commentaires de Milei
lire l’analyse de ce Te Deum 2026 que fait, dans La Nación, son excellent chroniqueur religieux Mariano De Vedia
lire l’intégralité de l’homélie publiée par AICA, l’agence de presse catholique argentine.

Ajout du 27 mai 2026 :

lire cette analyse de ce qu’il s’est passé au Te Deum par l’éditorialiste politique de La Nación, Joaquin Morales Solá, illustrée par Alfredo Sábat

Dessin de Alfredo Sábat pour La Nación aujourd'hui, 27 mai 2026

Ajout du 28 mai 2026 :

lire ce billet d’opinion de La Nación qui analyse le tremblement de terre que l’homélie de lundi semble avoir été au sein du clan libertarien qui entoure et soutient le président.

jeudi 21 mai 2026

L’archevêque de Buenos Aires défend Santa Catalina et ce quartier historique [Actu]

Messe à l'air libre dans le patio de l'église Santa Catalina hier


Hier, l’archevêque de Buenos Aires, Monseigneur García Cuerva, a célébré la messe en plein air, sur le parvis de l’église Santa Catalina de Siena que le curé de la paroisse vient de fermer à cause des dégâts que des travaux dans la rue mitoyenne, qui doit devenir piétonne, ont infligés à la structure du vénérable édifice.

Le prélat a insisté sur la gravité de la situation, fruit d’une politique urbanistique irresponsable qui met en péril des monuments historiques qui sont l’histoire du peuple. Il a fait allusion à des décisions affairistes qui volent leur mémoire aux gens pour le plus grand profit d’une petite poignée d’ultra-riches. Il a déclaré qu’il était opposé à l’édification du temple gigantesque que la justice locale vient d’autoriser en appel au bénéfice des mormons et qu’il serait tout aussi opposé à un projet d’église destinée au culte catholique. Voilà qui est dit mais il n’est pas sûr que cela renverse la situation.

La Prensa, le journal catholique réactionnaire,
a mis l'info en Une : tout en bas, au centre, sur fond orange
mais l'article n'est pas sur son site internet
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De leur côté, trois membres de la Commission nationale des monuments historiques ont posé hier leur démission pour protester contre cette décision judiciaire aberrante qui a été prise malgré le fait que l’ancien monastère, devenu centre pastoral diocésain, et l’église, désormais paroissiale, soient protégés par la loi qui les a inscrits au patrimoine national en 1942, pour l’église, et 1975 pour le monastère. Cet ensemble historique du 18e siècle ne peut donc pas légalement être menacé ni sur le plan esthétique ni sur le plan structurel par la construction de deux bâtiments démesurés qui vont nécessairement modifier les qualités mécaniques du sol et l’équilibre urbanistique et architectural de l’environnement immédiat.

Aujourd’hui, la Commission doit venir faire une visite sur place pour relever les dégâts existants.

L’affaire pourrait donc connaître de nouveaux développements.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur la visite de l’archevêque sur place
lire l’article de Clarín sur les dégâts subis par la structure de l’église
lire l’article de La Nación sur la Commission et ses membres démissionnaires

Ajout du 23 mai 2026 :

lire cet article de La Nación sur un nouveau recours aux tribunaux pour empêcher la construction du méga-temple mormon après la découverte des dégâts provoqués sur la structure de l’église Santa Catalina par des travaux dans la rue Viamonte voisine.
Hier, La Prensa mettait en Une (ci-dessous) une info sur la réaction du diocèse de Buenos Aires à la situation architecturale de la veille église mais l’article n’est pas disponible sur le site Internet du journal.

L'info est traitée à gauche, dans l'encadré orange
Le gros titre porte sur une pseudo reprise d'activité
manufacturière...
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Ajout du 30 mai 2026 :
Les riverains se mobilisent contre le projet du temple mormon disproportionné et dangereux à côté de l’église Santa Catalina.
A ce propos, lire cet article de La Nación

En haut à droite : "On demande que
la Ville paye pour les dommages causés
à l'église Santa Catalina", dit le titre secondaire
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vendredi 15 mai 2026

Vandalisme judiciaire au cœur de Buenos Aires [Actu]

Le projet remis sur les rails
En blanc, au centre, le temple
En gris, à gauche, l'immeuble
En rouge, à gauche, le toit de Santa Catalina
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Un tribunal administratif de Buenos Aires vient de faire droit aux mormons qui veulent édifier sur une friche urbaine qu’ils ont achetée, en plein cœur de Buenos Aires, un gigantesque temple au détriment du cadre d’un des rares témoins de l’histoire pré-indépendance, qui est aussi l’un des vestiges exceptionnels de l’architecture coloniale : l’ensemble monastique Santa Catalina, premier monastère féminin institué à Buenos Aires au tout début du 18e siècle. Pour que les sœurs puissent vivre tranquillement et s’adonner sereinement à la contemplation qui était leur vocation, ce tout premier monastère féminin avait été installé à dessein tout au nord de la ville, hors du bâti urbain qui l’a depuis largement rattrapé et dépassé.

La jolie petite église baroque, à la façade blanche, est devenue une paroisse et les bâtiments monacaux, avec le cloître et son très paisible et très joli jardin, ont été transformés en centre pastoral diocésain. Il y règne une paix extraordinaire au milieu de toute l’agitation de la mégapole. On y entend à peine le bruit de la ville.

La Prensa s'indigne en Une
L'éditorial est annoncé en bas à gauche,
dans un cadre violet
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Le centre Santa Catalina est pourtant situé à proximité immédiate d’une très grande galerie marchande qui s’élève sur trois étages, une architecture exceptionnellement belle et un lieu très fréquenté par les Portègnes et par les touristes, installé dans ce qui fut le bâtiment de fondation du Museo Nacional de Bellas Artes à la fin du 19e siècle : les Galerías Pacífico.

Aussitôt connu le projet mégalomane de la secte états-unienne, qui ne compte qu’un très petit nombre d’adeptes en Argentine, les riverains ont tenté de faire valoir l’importance patrimoniale et historique du lieu et ont réclamé qu’on en préserve les caractéristiques urbanistique et le calme. Sur la friche, ils proposaient de créer un espace vert, ce dont le centre de Buenos Aires a le plus grand besoin pour affronter le réchauffement climatique dont les effets locaux s’aggravent d’année en année. En première instance, l’année dernière, ils ont gagné. Le projet pharaonique de l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours a été paralysé mais les mormons ont invoqué leur liberté religieuse dont la décision de première instance aurait, selon eux, constitué une violation et en appel, ils viennent d’emporter la décision du tribunal. Or c’est l’un des très grands problèmes de l’Argentine qu’elle ne sait pas transmettre sa mémoire ni enseigner son histoire ni protéger son patrimoine culturel comme naturel, et encore moins sous la présidence actuelle puisque Javier Milei ne comprend même pas le concept. Or sans racines, un peuple ne peut pas construire son avenir.

Le projet urbanistique de la secte rappelle la folie des grandeurs d’un Donald Trump occupé à transformer la Maison Blanche en palais façon Disneyland, le très mauvais goût et l’inculture crasse de Mar-a-Lago en prime. Les mormons entendent construire deux gratte-ciels côte à côte, le plus petit serait leur temple et l’autre une sorte de Trump Tower à leur sauce.

Horrifiés et ensemble, les quatre journaux nationaux s’en offusquent ce matin…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajout du 18 mai 2026 ;
lire l’article de La Nación sur le détail des plans nouvellement révélés

Ajout du 19 mai 2026 :
lire l’article de La Nación sur la fermeture temporaire de l’église Santa Catalina parce que les travaux ordonnés par la Ville dans la rue limitrophe ont occasionné des dégâts sur la structure bicentenaire de ce monument historique. On imagine ce que cela sera avec les travaux gigantesques prévus par les mormons dans le plus proche avenir. Le curé de la paroisse a fait visiter l’intérieur de l’église et a fait constater les dégâts (l’article les montre à travers des photos très parlantes).

Ajout du 20 mai 2026 :
La Nación a mis l'affaire à la Une de son édition de ce matin !

La photo principale montre une vue aérienne
du site tel qu'il se présente actuellement
En haut, avec le toit en tuile rouges, le monument historique
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lundi 27 avril 2026

Commémoration de la mort de François à la UCA ce soir [Actu]

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Ce soir, lundi 27 avril 2026, à 17 h, la Universidad Católica Argentina, université pontificale dont le cardinal Jorge María Bergoglio fut recteur en sa qualité d’archevêque de Buenos Aires, jusqu’à son élection à Rome, mais où il n’a cependant jamais étudié lui-même, lui rendra hommage dans le cadre des célébrations entourant le premier anniversaire de son décès, le 21 avril 2025.

Située dans ce qui fut le port de Buenos Aires transformé à présent en une très agréable promenade dans un environnement plutôt luxueux (le prix des restaurants et des cafés, dans le coin !), la UCA clôt ainsi le cycle commémoratif commencé il y a dix jours.

© Denise Anne Clavilier

mardi 21 avril 2026

L’hommage au pape François dans la presse en ce jour anniversaire [Act

Annonce de l'archidiocèse de Buenos Aires
pour la messe qui sera célébrée ce soir à 20h
à San José de Flores


Aujourd’hui marque le premier anniversaire de la mort de François. La presse argentine publie donc des articles commémoratifs de diverses natures tandis que plusieurs messes sont célébrées aux quatre coins du pays et principalement à Luján, la grande ville mariale argentine, et à Buenos Aires, dans la basilique de Flores où tout jeune homme, Jorge Bergoglio avait reçu sa vocation sacerdotale, un 21 septembre, qui correspond à la fête du printemps dans l’hémisphère sud.

Programme de la journée à San José de Flores
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A Flores, la messe sera accompagnée de la plantation d’un olivier et du dévoilement d’une œuvre murale en style mosaïque représentant François, qui sera d’ici quelques jours installée dans la station de métro la plus proche, celle qui porte le nom de ce quartier, pour que tout le monde en profite. La même chose existe en hommage à Carlos Gardel dans le centre de Buenos Aires à la station Abasto, quartier où le chanteur a grandi, où il a fait ses débuts artistiques et où il a vécu adulte, avec sa mère, jusqu’à la fin.

La dernière interview accordée à La Nación
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Pour l’occasion, La Nación a puisé dans ses archives et en a ressorti la dernière interview donnée par le Saint-Père à Elizabetta Piqué, sa correspondante en Italie. L’entretien a eu lieu en 2023 dans la bibliothèque de l’appartement pontifical et il a été filmé. Le défunt pape y aborde en particulier son hostilité à la « théorie du genre », étrange attitude que la sienne puisque la dite théorie n’existe nulle part. Il ne s’agit que du nom - erroné - que les médias ou certaines officines réactionnaires ont donné à un ensemble de phénomènes sociaux et culturels touchant les évolutions récentes de la conception des identités sexuelles des hommes et des femmes dans les pays de culture européenne, américano-européenne, japonaise et sud-coréenne et le regard nouveau qu’une partie croissante de ces sociétés porte sur le mal-être dont elle constate qu’une minorité de leurs membres souffre en lien avec l’identité sexuelle qui leur a été assignée à la naissance.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación sur Manuel Adorni, le Premier ministre toujours englué dans les scandales immobiliers et patrimoniaux, qui prendra la tête de la délégation gouvernementale pour assister à la célébration eucharistique de Luján. Pour l’anecdote, rappelons que l’ancien archevêque de Buenos Aires était l’un des grands dénonciateurs de la corruption qui ravage les institutions publiques en Argentine et que le même homme, après son élection au trône de saint Pierre, a poursuivi ce combat au Vatican.