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mercredi 16 avril 2025

Le nouveau Caras y Caretas se consacre à Boca Juniors – Article n° 7600 [Disques & Livres]

Le cœur bleu et or, dit le gros titre
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Le prochain numéro de Caras y Caretas, le mensuel culturel illustré du groupe Octubre, actionnaire principal de Página/12, qui reprend le titre d’un très célèbre magazine historique disparu depuis des décennies, se penche sur les 120 ans d’existence du club Boca Juniors qui a vu les débuts de très grands footballeurs argentins, dont le premier d’entre eux, Diego Maradona, dont les derniers médecins et infirmiers répondent actuellement devant la justice de sa mort dans un délaissement qui apparaît de plus en plus.

On peut consulter un certain nombre des articles de ce numéro spécial sur le site du magazine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’éditorial de Felipe Pigna, historien vedette médiatique, vulgarisateur de talent et rédacteur en chef du mensuel.

lundi 18 décembre 2023

Élections à Boca Juniors : ¡Viva Riquelme! [Actu]

Jeu de mot : "empire romain" se dit "imperio romano"
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Finalement, toutes les finasseries judiciaires du clan Ibarra-Macri n’auront servi à rien. La liste de Riquelme l’a emporté haut la main hier, dimanche, au stade de la Bombonera : l’ancien footballeur, de modeste extraction, est bel et bien élu, incontestablement élu à la tête de Boca Juniors à plus de 65 %.

Sur le compte Twitter du club dans la soirée d'hier

« Le président de club le mieux élu de toute l’histoire du football argentin », a plaisanté le service de communication de la plus célèbre institution de la Boca en reprenant le slogan entendu lors de l’élection présidentielle à la mi-novembre (« le président argentin le mieux élu depuis la récupération de la démocratie », avec 55 % des voix sur son nom).

Les résultats officiels !
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Ibarra, le candidat malheureux, n’a d’ailleurs pas tardé à reconnaître sa défaite, tout en continuant à soutenir qu’il y avait bien eu manipulation du scrutin et que les votes des électeurs jugés irréguliers par lui et son compagnon de formule le démontraient parfaitement (sur 13 000 noms que Macri et lui récusaient, seuls 8 500 personnes sont venu voter : cela ne saurait mettre en doute le résultat total sur l’ensemble des électeurs). Ibarra a concédé la victoire à Riquelme alors que les scrutateurs étaient encore loin d’avoir dépouillé 50 % des votes. Or le score du vainqueur était déjà à 60 %.

Jeu de mot habituel : "Histoire d'amour"
dit le gros titre dans les couleurs du club
En haut, le président argentin en tenue de guerre !
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L’un des plus célèbres sociétaires, le nouveau Président de la Nation, Javier Mileí, est venu déposer son bulletin. Il appelait à voter pour Ibarra et Macri, dans un beau renvoi d’ascenseur puisque Macri avait appelé à voter pour lui dans un autre scrutin ! Ce qui tend à prouver une fois de plus que tout ce barnum était bien une opération purement politique de la part de Macri et de son associé (et probable prête-nom dans ce qui serait passé de club associatif à fort retentissement social et culture à société commerciale avec arrière-pensée politique). Mileí a été copieusement hué par la foule des autres sociétaires déjà présents au stade pour le scrutin. Il ne s’est donc pas attardé. Il est aussitôt parti, avec son imposant dispositif de sécurité, pour le sud de la Province de Buenos Aires récemment affectée, sur toute la côte, par une redoutable tempête qui a fait 13 morts à Bahía Blanca, des blessés un peu partout et des dégâts considérables dans cette ville, comme à La Plata (la capitale provinciale) et à Buenos Aires où les beaux quartiers, notamment Palermo, ont été sévèrement touchés, avec des arbres déracinés et tombés en travers des rues et des réseaux électriques endommagés.

En haut : le président, son ministre de la Défense
et la ministre de la Sécurité qui le chapeaute à Bahía Blanca
avec le maire de la ville (debout) et le gouverneur (péroniste)
En bas : Riquelme fait la fête
A gauche, l'anniversaire du pape François au Vatican
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Là-bas, notre apprenti-chef d’État a voulu se la jouer Zelenski, dont il n’a pas la classe : le cheveu en bataille comme d’habitude, il est apparu en battle-dress, en compagnie de son ministre de la Défense, lui aussi porteur du même déguisement (ils ont deux mois d’avance sur le carnaval), dans un pays qui vivait sous la pire dictature militaire de son histoire il y a un tout petit peu plus de quarante ans ! Notons d’ailleurs que Zelenski ne revêt jamais la tenue de camouflage : il porte certes des vêtements militaires, mais ce sont des tenues de sport et non pas l’uniforme de service ou d’entraînement au combat.

Quant à Macri, se sachant déjà vaincu sans doute (il ne fallait pas être grand clerc pour le deviner), il n’a même pas voté : quand le scrutin s’est ouvert dimanche matin, il était déjà dans un avion et volait vers la Péninsule arabique où se tient une compétition de la FIFA. Il s’est toutefois fendu d’un tweet pour s’offusquer que des « soi-disants supporters » aient osé siffler le « Président de la République » (reprenant à son compte une expression peu usitée et qui remonte à la guerre civile de 1820-1880). Il est probable pourtant qu’il faille que l’intéressé s’y habitue. A la manière dont il s’y prend, des sifflets et des hués, il va en entendre souvent pendant ses quatre ans de mandat.

Clarín a préféré titrer sur les dégâts de la tempête
Photo principale : Buenos Aires
Photo en insert : Bahía Blanca
Riquelme est en haut à droite
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Ce matin, l’article de presse le plus sévère à l’endroit de Macri est sans doute celui de La Nación qui analyse toute l’opération menée par l’ancien chef de l’État comme un lamentable échec personnel où l’homme s’est ridiculisé en tentant de revenir dans le jeu politique d’un pays qui, très visiblement, ne veut plus de lui depuis quatre ans. Il n’a pas pu présenter sa candidature à la présidence du pays, il a vu la candidate qu’il soutenait officiellement (en réalité comme la corde soutient le pendu) loin très loin de pouvoir atteindre le second tour, candidate qui lui a faussé compagnie par la suite en s’affranchissant de son autorisation pour entrer dans le gouvernement à un poste régalien. Voilà maintenant qu’il rate aussi la présidence du club sportif où il a fait ses débuts dans la vie publique avant de se lancer en politique. Sur quoi, il fuit en Arabie pour ne pas assister au désastre. L’article traite cette dernière campagne électorale de « titanesque » (propre au Titanic).

Un choix presque identique à La Nación
En haut, les dégâts (620.000 foyers toujours privés d'électricité)
En bas, la réunion à Bahía Blanca
Tout en haut, Riquelme
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Quant à Página/12, ravi du succès d’hier au point d’en faire son centre de une, sa rédaction analyse les enjeux de ce scrutin : s’opposer aux projets de l’actuel gouvernement qui entend transformer les clubs en sociétés commerciales sportives, à l’image des clubs des pays industrialisés qui en ont fait des caisses à pognon sans autre horizon que le bénéfice. En Argentine, les clubs sont des centres d’animation locaux, avec des tas d’activités culturelles et de services sociaux qui viennent, comme nos associations, pallier les carences de l’État, qu’il soit national ou local.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’entrefilet de Página/12 sur la signification socio-politique de la victoire de Román Riquelme contre l’élite affairiste et politique que représente Mauricio Macri
lire l’entrefilet de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
lire l’article de Olé, le quotidien sportif du groupe Clarín

mardi 12 décembre 2023

Boca Juniors a obtenu le droit d’organiser ses élections [Actu]

En haut, au centre : "Macri le bec dans l'eau"
En-dessous : le gros titre dénonce les manœuvres de Mileí
qui menacent déjà les droits acquis
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Finalement, la justice s’est prononcée pour la tenue des élections qui doivent renouveler le bureau exécutif du club Boca Juniors, celui dont, avant-hier, sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a si fièrement brandi le maillot bicolore que Javier Mileí lui avait signé et dédicacé avec son slogan de campagne, caractérisé par son langage de charretier.

En haut à droite avec une photo de Riquelme
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Cette décision de justice est interprétée comme une défaite de Mauricio Macri qui voulait à tout prix geler la situation. La vie politique de Buenos Aires est en effet dominée par la droite ultra-libérale du nouveau chef de l’exécutif municipal, un cousin de Macri, et la vie nationale vient de basculer dans le libertarianisme (de fond ou de façade), lui-même noyauté par Macri et consorts. Que la justice locale se soit donc prononcée contre la demande de Macri pourrait être un signe de l’indépendance que réclame la magistrature, au moins pour le courant dans lequel s’inscrit le juge qui vient de prendre cette décision.

Clarín traite cette info en bas à droite :
"Point final à Boca : la justice a confirmé
les listes électorales et il y aura des élections"
L'image centrale est consacrée à l'incident qui
a émaillé la procession présidentielle hier sur Avenida de Mayo
Un homme a jeté sur le cortège une bouteille en verre
qui n'a pas atteint le Chef de l'Etat mais a blessé l'un de ses gardes
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Du coup, les autorités du club ont annulé les festivités qui devaient se tenir aujourd’hui au stade de la Bombonera, la résidence de l’équipe professionnelle (et de toutes les activités culturelles et sociales du club). Aujourd’hui, c’est en effet la fête des supporters (el Día del Hincha). On a sans doute craint des manifestations de colère politique et sociale difficiles à contrôler dans le contexte devenu explosif dimanche dernier.

La Nación laisse beaucoup de place à l'info :
en haut à gauche avec les photos de deux candidats
En-dessous : le premier conseil des ministres
du nouveau mandat
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Le scrutin se tiendra dimanche prochain, de 8h à 18h. Le conseil d’administration ira soit à la liste dont Macri serait le vice-président soit à celle des dirigeants actuels, à la tête desquels se trouve l’ancien joueur Juan Román Riquelme.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (pro-Riquelme)
lire l’article de La Prensa (pro-Macri comme les deux suivants)
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

Ajout du 13 décembre 2023 :
La liste d’opposition menée par Andrés Ibarra et (surtout) Mauricio Macri maintient que la liste électorale est irrégulière mais elle ne fera tout de même pas appel…
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12


Ajout du 15 décembre 2023 :
Finalement, Andrés Ibarra, l’associé de Macri, a trouvé de quoi se représenter devant les tribunaux à trois jours du scrutin, histoire de bien compliquer la tâche des administrateurs actuels dans l’organisation du truc : il a demandé en référé que les électeurs dont il conteste l’inscription sur les listes électorales soient obligés de voter dans une urne à part. Donc, si la justice lui donne raison, ce qu’il ne faut pas exclure, il faudrait prévoir deux urnes, deux files d’attentes et sortir en quatrième vitesse une liste électorale ne comprenant que ces personnes.
Ils ne reculent décidément devant rien !
Sur ce point, lire l’article de La Nación


Ajouts du 16 décembre 2023 :
La justice a donné raison hier, un jour ouvré avant la tenue du scrutin, à Ibarra et consorts.
Pour aller plus lion :
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

lundi 4 décembre 2023

Boca Juniors sort dans la rue pour soutenir Riquelme contre Macri [Actu]

"Macri a peur", dit le titre en moquant
le slogan des électeurs de Mileí : "la casta tiene miedo"
(l'élite [de ceux qui nous gouvernent] a peur)
Debout à gauche, sur la voiture, Román Riquelme
venu soutenir et saluer ses partisans
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Hier, une marée humaine est descendue dans la rue, dans le quartier de La Boca, pour soutenir la candidature de Román Riquelme à la tête du club Boca Juniors, l’un des bastions culturels et sociaux du quartier, et rejeter celle de Mauricio Macri, qui se présente derrière le candidat titulaire, Andrés Ibarra.

Au début de la semaine dernière, une juge, qui vient d’ailleurs de se retirer du dossier (une victoire du camp Riquelme), avait interdit la tenue des élections à la tête du club qui devaient se tenir hier pour de soi-disant irrégularités dans les listes électorales du club. Jeudi, l’audience de conciliation entre l’équipe dirigeante Riquelme et celle de Macri n’avait abouti à rien (il était en fait impossible qu’elle débouchât sur autre chose qu’un échec).

Riquelme a droit à la photo centrale de La Prensa
"Une multitude pour le défilé aux drapeaux"
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Les supporters et les adhérents font en effet face à une élection importante pour l’institution : il est clair qu’avec Riquelme, le sport et le quartier, sa vie, son développement humain seront prioritaires et qu’avec Macri et consorts, le but est soit de faire de grasses affaires sur le dos des adhérents (ce que dénonce Riquelme) soit de transformer le club en un trempoline politique pour un retour de Macri à une position de force sur l’échiquier politique national.

Or dans ses manœuvres pour noyauter le futur gouvernement de Javier Mileí, après de flamboyants débuts, Macri semble être en train de se planter dans les grandes largeurs. Certes il a bien obtenu d’imposer dans l’organigramme gouvernemental certains de ses poulains, en premier lieu Patricia Bullrich, désormais confirmée au ministère de la Sécurité, qu’elle a déjà occupé sous la présidence Macri. Or aussitôt qu’elle a été confirmée, l’ancienne et future ministre s’est affranchie de son encombrant parrain. Elle navigue désormais seule à la barre de ses propres intérêts de carrière, en politicienne madrée et avide de pouvoir. Cette semaine, elle a fait à Macri un splendide (et assez réjouissant) pied de nez qui en a laissé plus d’un bouche-bée parmi les observateurs de la vie politique argentine.

Sur cette une, l'info est reléguée en info secondaire
la photo tout en haut à droite
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Par ailleurs, la foule qui est sortie hier pour soutenir Riquelme et que celui-ci, vivement applaudi, a rejointe, laisse peu de doute planer sur l’ampleur du soutien dont il jouit et permet de deviner qu’en effet, comme il a déjà été dit par plusieurs personnalités, Macri a fait jouer la justice pour gagner du temps car il était à peu près sûr de perdre le scrutin tel qu’il s’engageait la semaine dernière.

Affaire à suivre.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa, qui fait aussi sa une sur cette manifestation populaire (à marquer d’une pierre blanche !)
lire l’article de Clarín

Ajout du 5 décembre 2023 :

Página/12 publie aujourd’hui un portrait de la nouvelle juge en charge du dossier et cela se présente assez mal. Elle aurait déjà bénéficié de largesses de Mauricio Macri et elle est adhérente de première catégorie (socia) du club. Elle est donc juge et partie.
Pour aller plus loin :

Ajouts du 6 décembre 2023 :

La deuxième juge, une fois mise en difficulté parce que le club de Boca a révélé qu'elle était l'une de ses socia, s’est récusée. Elle a donc été remplacée par l’un de ses confrères, le troisième magistrat en une semaine sur cette affaire !
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

"Temps additionnel", lit-on sous une pendule
aux couleurs du club Boca Juniors
sur la une du 7 décembre 2023

Ajouts du 7 décembre 2023 :
Macri a tenu une conférence de presse pour discréditer Riquelme : il a laissé entendre que ses partisans avaient menacé sa fille de douze ans et porté plainte au civil, une plainte qui sera instruite par la juge qui s’est prononcé il y a une semaine contre la tenue des élections pour cause d’irrégularités dans la liste électorale du club. Macri exige aussi de la justice qu’elle écarte des affaires courantes l’actuel bureau d’administration, parce que son mandat est échu, et place Boca Juniors sous tutelle jusqu’à l’élection du nouveau bureau, élection qui pourrait avoir lieu le 17 décembre au plus tard (après, l’Argentine tombe dans les longues vacances d’été).
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

mercredi 29 novembre 2023

La droite soutient Macri jusque dans le foot [Actu]

Pendant que Mileí prend la pause à la Maison Blanche,
la majorité sortante lance un procès en destitution
contre la Cour suprême, ce qui fait la majeure partie de la une
Boca est traité en titre secondaire, dans la colonne de droite
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La justice portègne vient de reporter sine die les élections du bureau d’administration du Club Boca Juniors, l’un des clubs de quartier les plus puissants de la capitale argentine avec une équipe de football professionnelle de premier niveau.

Deux listes s’opposent. L’une est menée par Ibarra en tandem avec Mauricio Macri, ancien président du pays et ancien président du club dont il s’était servi comme d’un marchepied pour propulser sa carrière politique. L’autre est menée par Román Riquelme, un grand footballeur retraité de fraîche date, dont il est fort probable qu’il avait de bonnes chances d’arriver en tête du scrutin qui devait se tenir dimanche prochain.

Saisie par Macri et consorts, une juge en a donc décidé autrement : il y aurait des irrégularités dans l’organisation des élections, qui ne peuvent donc pas se tenir en l’état.

Cette décision aussitôt connue, une foule de partisans de Riquelme a rejoint le stade et une manifestation bruyante s’est tenue dans la rue en soutien au candidat et ancien joueur.

Lequel dans une conférence de presse a donné son analyse : il s’agirait d’une poignée de « messieurs » qui veulent s’emparer du club pour en faire une affaire commerciale privée, ce qui supprimerait les instances dirigeantes actuelles et permettrait de faire de l’institution une plateforme d’influence politique et économique de droite. Or Mauricio Macri a déjà investi le futur gouvernement de Javier Mileí qu’il a contraint à nommer à des postes clés plusieurs de ses affidés (Caputo, Bullrich et tutti quanti). Il est clair que Macri veut retrouver rapidement et coûte que coûte une position de pouvoir et qu’il utilise le club à cet effet.

La presse se divise sur le sujet : Página/12 prend, sans surprise, le parti de Riquelme, censé représenter les adhérents du club, donc des habitants de ce quartier très populaire de Buenos Aires auquel Boca Juniors apporte une grande quantité de services (une école primaire, des cours du soir pour les adultes, un dispensaire médical pour tous les âges, des conférences et autres activités culturelles), tandis que La Prensa, Clarín et La Nación prennent le parti de Macri avec une analyse qui fait de Riquelme un homme politique qui s’accrocherait au pouvoir et prendrait en otages les adhérents… Une espèce de monde à l’envers, non ? Tout dans leurs colonnes se passe comme si, à chaque fois, la droite représentait la sincérité et l’honnêteté et la gauche les combines systématiques et les magouilles.

Cela promet pour l’année à venir.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur l’arrêt judiciaire
lire l’article de Página/12 sur la manifestation des adhérents
lire l’article de Página/12 sur les demandes de Macri devant le juge

mardi 25 juillet 2023

Comédie musicale sur Benito Quinquela Martín au Teatro de la Ribera [à l’affiche]

Photo tirée du spectacle Benito de la Boca
Service de presse du Teatro de la Ribera


Benito Quinquela Martín (1890-1977) était un peintre figuratif d’inspiration ouvriériste qui a vécu à La Boca, où il avait passé toute son enfance. Il était l’un des piliers du mouvement anarchiste au sein du monde artistique de Buenos Aires depuis les années 1930.

Sa maison, où il avait installé son atelier, face au vieux port industriel du Riachuelo, alors en pleine activité, est devenu un musée qui porte son nom et conserve une riche collection de ses œuvres qu’il a léguées à son quartier natal.

Tout à côté, se trouve le Teatro de la Ribera (de la berge), l’un des cinq établissements du Complexe théâtral public de la Ville autonome de Buenos Aires.

Depuis le mi-juillet, une comédie musicale est à l’affiche du Teatro de la Ribera en matinée : elle évoque la figure du peintre et son œuvre, tout à côté de Caminito, ce petit bout de la Boca que Quinquela avait conçu comme un pôle d’activité artistique populaire destiné aux habitants du quartier et devenu maintenant, hélas, l’une des pires attractions touristiques, 100 % artificielle et gros clichés, que compte la capitale argentine. Une trahison en bonne et due forme. Cet hommage théâtral est donc le bienvenu dans ce coin de ville que Quinquela aura tant aimé.


Service de presse du Teatro de la Ribera

Le spectacle est une création collective pluridisciplinaire qui rassemble danseurs, musiciens, chanteurs et comédiens sous la direction de scène de Lizzie Waisse, à qui l’on doit l’idée originale, et la direction musicale de Gustavo Mozzi, ancien directeur du Festival international de Tango de la Ville Autonome de Buenos Aires.

Le vrai Quinquela devant l'un de ses tableaux en 1965

Les représentations ont lieu du mercredi au vendredi à 15 h et les samedis et dimanches à 17 h.

Places entre 2 500 et 3 500 pesos. Prix réduit le mercredi à 2 000 pesos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin:

lire l’article de Página/12 aujourd’hui
lire l’article de La Nación le 12 juillet
lire la fiche du spectacle sur le site Internet du Complejo teatral de Buenos Aires

lundi 3 octobre 2022

Exposition à Buenos Aires sur la « conquête du Delta » [à l’affiche]

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Retratos anfibios (portraits amphibies), tel est le titre d’une exposition historique qui ouvre demain, mardi 4 octobre 2022, à La Boca, au siège de la Fondation CIFHA, le centre de recherche sur la photographie historique en Argentine, General Daniel Cerri, 1101.

Il s’agit d’une vingtaine de clichés qui remontent à un siècle et demi et qui montrent les colons qui se sont installés sur les rives du Delta du Paraná au 19e siècle, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Buenos Aires, alors que ces territoires étaient encore sauvages, sans ponts, ni quais, ni ports, sujets aux caprices du fleuve qui entrait en crue pour un oui ou pour un non et dont les fourrés abritaient encore des jaguars, nommés en Argentine « tigre » (d’où le nom d’une des villes emblématiques de la zone, Tigre, où les Portègnes aiment aller se détendre à la belle saison et dont les habitants peuvent accéder à la capitale grâce à de charmants et tranquilles ferries fluviaux).

La qualité des clichés est très impressionnante : ils montrent un niveau de détail exceptionnel et le tout a une valeur autant documentaire qu’esthétique.

Ces photos sont l’œuvre d’un Norvégien devenu argentin, Juan Müller, qui s’embarqua à l’âge de 16 ans sur un voilier pour parcourir le Delta en 1868 et le photographier sous tous les angles. Il a laissé environ 400 clichés qui nous sont parvenus malgré l’humidité régnant dans la région. Ce sont quelques unes de ces photographies que les commissaires de l’exposition ont mis en valeur, en en faisant des tirages soignés et présentés dans les règles d’une muséographie moderne.

Un voyage dans le temps à faire avant le 4 novembre, l’exposition se clôturant le 3.

L’exposition est ouverte tous les mercredis de 13 h à 17 h et les samedis de 14 h à 18 h. Il faut s’inscrire à l’avance auprès de la Fondation.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire et regarder l’article de Clarín

mardi 6 septembre 2022

Début du Festival de Tango de Buenos Aires à la Boca [à l’affiche]

La dame au poncho
Le concert de ses cent ans !
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Ce soir, commence le Festival de Tango de Buenos Aires qui durera quinze jours comme d’habitude, mais cette fois-ci, enfin, tout en présentiel, à quoi se mêlera, comme d’habitude aussi, le Mundial del Tango, sur lequel la politique culturelle (et touristique) de la Ville Autonome de Buenos Aires fonde tous ses espoirs (1). La danse, la danse, la danse !!!!

Pourtant c’est bien au programme musical et culturel qu’il faut s’intéresser comme le font d’ailleurs les pages culturelles de La Nación qui s’ouvre sur l’hommage, sous forme d’un film, qui sera rendu à la chanteuse Nelly Omar, muse et maîtresse du poète Homero Manzi (Malena, c’est elle !), disparue centenaire il y a quelques années.

Malena canta el tango, como ninguna

Autre artiste qui sera saluée : l’immense danseuse María Nieves qui fête aujourd’hui bravement ses 88 printemps.

Le festival s’ouvre à La Boca, à la Usina del Arte, devenue depuis quelques années son quartier général et il occupera, au fil des jours, plusieurs lieux dans la ville, notamment la Plaza de la República, où au pied de l’Obélisque sera dressée une scène sur laquelle se disputeront, à ciel ouvert, les finales de deux catégories du Mundial.

Au programme comme toujours : des concerts, des cours de danse et de musique, des ateliers divers et variés, des projections, des conférences, des stands d’artisanat, des milongas, des présentations de livres et des expositions. Un grand hommage sera rendu au danseur Juan Carlos Copes, qui fut le partenaire mythique et l’époux de María Nieves et que le covid nous a emporté dans l’une de ses vagues qui ont submergé Buenos Aires.

Chose plus inhabituelle : le festival rendra aussi hommage à Luis Alberto Spinetta, un grand du rock argentin, lui aussi disparu il y a quelques années (beaucoup plus jeune et à cause d’un cancer).

Une du supplément culturel de Pagina/12
la semaine dernière, le 1er septembre
pour annoncer les festivals alternatifs
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En ce mois de septembre, plusieurs festivals de tango vont se dérouler à Buenos Aires : à côté du festival officiel, il y aura un trio de manifestations associatives ou autogérées avec une programmation moins tapageuse mais plus audacieuse. Du tango d’aujourd’hui, en dehors des sentiers battus.

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com


Pour aller plus loin :
sur le Festival de Tango de Buenos Aires
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
consulter le site officiel des Festivals de Buenos Aires
sur les festivals alternatifs
lire l’article de Página/12



(1) Ce qui rend d’autant plus surprenante l’incapacité de ce ministère à annoncer longtemps à l’avance les dates de la manifestation, comme si le public visé, pourtant principalement celui de l’hémisphère nord, au grand dam des artistes locaux d’ailleurs, pouvait réserver un vol du jour au lendemain, pour se pointer à Buenos Aires le jour dit… Improvisation toujours, même dans ce domaine du tourisme international où elle fait fuir tout le monde.

vendredi 18 mars 2022

Une femme accède à la vice-présidence du Boca Juniors [Actu]

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Hier, le conseil administratif du Club Atlántico Boca Juniors s’est réuni pour notamment remplacer l’un des deux vice-présidents, après le décès du titulaire. Et c’est une jeune femme qui accède à ce poste en vue : Adriana Bravo.

Le bureau du CABJ au grand complet
Cherchez la femme !
(photo CABJ)

C’est la première fois qu’une femme arrive à ce niveau de responsabilité dans ce club, qui règne sur une grande partie du sud de Buenos Aires et possède l’une des meilleures équipes professionnelles de football du pays. Le Club offre aussi à ses adhérents des activités culturelles, une école (avec vue imprenable sur la pelouse du stade de La Bombonera), un dispensaire et une foultitude de sports d’équipe.

Comme la photo en témoigne, le bureau est encore assez loin de la parité !

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

lundi 23 août 2021

Página/12 défend les zones humides [Actu]

"Avec de l'eau aux chevilles", dit le gros titre
avec cette image terrible de la côte industrielle du Paraná
presque à sec
En haut, l'annonce du décès du premier porteur de delta
à Córdoba (l'homme avait violé sa quarantaine à son retour de Lima)
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Au moment où un phénomène zoologique gêne depuis une bonne semaine la vie quotidienne des habitants de Nordelta, un quartier privé résidentiel situé dans le delta du Paraná au nord de Buenos Aires, envahi par des carpinchos (rongeurs endémiques des vallées du Río Paraná et du Río Uruguay), le quotidien de gauche prend fait et cause pour les zones humides et la biodiversité qu’elles abritent, en lien avec la manifestation en faveur d’une loi qui protégerait ces types géographiques.

Hier, une famille de carpinchos se dégourdit les pattes en ville !

Nordelta a été construite sur un polder gagné sur une zone lacustre et les carpinchos, qui ressemblent à des cochons d’Inde géants (ils ont la taille d’un gros chien), seraient en train de recoloniser leur habitat dénaturé où ils sont soudain revenus en hardes fournies et organisées. Ils font beaucoup de dégâts dans les jolis jardins soignés par les habitants aisés de ce quartier privé, qui est ouvert sur les marais mais côté terre se trouve barricadé derrière une enceinte gardée jour et nuit et où il faut montrer ses papiers pour entrer. Les visiteurs à quatre pattes (et grosses incisives) se promènent aussi en ville, où ils provoquent des accidents automobiles et mordent les petits chiens qui leur aboient dessus ou les menacent de leurs grognements hostiles. Sans doute ces animaux sauvages se sont-ils mis à la recherche de nourriture sur leur ancien territoire (ils sont herbivores).

Et indiscrets avec ça !
(Photo Gustavo Iglesias)

Or sur une zone de plusieurs dizaines d’hectares dans le sud de Buenos Aires, qui fut la propriété de Boca Juniors qui y disposait de grandes surfaces d’entraînement, voilà que le gouvernement de la Ville autonome de Buenos Aires (droite néolibérale) envisage d’autoriser un grand promoteur à y bâtir deux tours de luxe. La Boca faisant partie de la zone populaire et même très populaire de Buenos Aires, il s’agit de la énième opération de gentrification à outrance de la capitale argentine et d’une menace sérieuse pour la Réserve écologique, gigantesque polder gagné sur les hauts-fonds du Río de la Plata pour donner de l’air à la ville. Au fil du temps, la Réserve est devenue un havre de biodiversité botanique et zoologique (papillons et autres insectes et surtout beaucoup d’oiseaux, dont des espèces protégées). Hier, des habitants de Buenos Aires ont donc organisé une manifestation à bicyclette contre les futures tours et pour le maintien de cette zone de marais, ce qu’est naturellement toute la région où Buenos Aires a été bâtie depuis cinq siècles.

Depuis quelques jours, les internautes s'amusent
de la fureur des habitants de Nordelta

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur les conséquences économiques catastrophiques de la baisse du débit du Paraná depuis deux ans (l’immense rivière continentale est quasiment à sec sur plusieurs segments de son cours en Argentine)
lire l’article de Página/12 sur la manifestation dans la Costanera Sur
lire l’article de Clarín sur l’invasion des carpinchos à Nordelta