jeudi 12 avril 2018

La justice met sous tutelle le Partido Justicialista [Actu]

En haut, le siège du PJ gardé par une police lourdement armée
En bas, le symbole de la dépénalisation de l'avortement,
dont le débat vient de s'ouvrir au Congrès

Avant-hier, une juge fédérale a accédé à la demande d'un responsable de la CGT, le syndicat adossé historiquement au PJ (Partido Justicialista), le parti péroniste, en mettant celui-ci en tutelle et en y nommant un administrateur, qui n'est autre qu'un responsable syndical, Luis Barrionuevo, le secrétaire général du syndicat des salariés de l'hôtellerie, du tourisme et de la gastronomie.

Depuis la fin du mandat présidentiel de Cristina Kirchner (9 décembre 2015), le PJ ne parvient pas à trouver une solution pour élire des instances directrices qui fonctionnent conformément aux statuts. Le président est un ancien gouverneur de la Province de San Juan, José Luis Gioja, mais il a été nommé dans des conditions contestables d'un point de vue statutaire, même si sa longue carrière politique fait du personnage un président crédible, sinon efficace.

La photo est pour le patron de Facebook
comparaissant devant le Congrès des Etats-Unis
En haut : le gros titre parle d'une projet du gouvernement
qui voudrait voir
les habitants des bidonvilles devenir propriétaires du terrain
où ils se sont installés
une information que La Nación est seule à rapporter
En bas : "Crise au PJ"
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La mise sous tutelle du premier parti de l'opposition, en niveau électoral, pose dès lors un énorme problème à la démocratie argentine. Il n'est pas tout à fait normal que la justice ne laisse pas se débrouiller seul un organisme politique, représenté au Congrès, alors qu'aucune malversation n'est retenue dans le chef des dirigeants actuels. Cette décision de la juge alimente depuis avant-hier une vaste polémique dans tout le pays. Divers caciques du péronisme s'élèvent contre elle. Des responsables d'autres partis, comme le socialiste Antonio Bonfatti, y voient une menace pour la démocratie. La gauche péroniste interprète cette mise sous tutelle comme une intervention directe de la majorité dans les affaires de son principal opposant.

La photo centrale montre Gioja (en noir) dans la cohue devant le siège du PJ
au moment où il est expulsé, après sa destitution par la justice
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Le gouvernement s'est bien entendu déclaré surpris par l'ordonnance de la juge et jure ses grands dieux n'y être pour rien et n'y avoir aucun intérêt.

Tous les journaux ont mis l'affaire à la une, y compris La Prensa, le seul à se contenter d'une toute petite manchette à peine visible. Página/12 modifie quant à lui les proportions de sa une pour rendre compte de l'événement. La Nación et Clarín choisissent de le glisser dans un coin discret mais de taille normale.

L'avenir nous dira comment le PJ, parti fondé par Juan Domingo Perón en 1943, va se relever de ce coup et s'il pourra préparer la campagne électorale de l'année prochaine, où les Argentins seront appelés à élire à nouveau leur chef d'Etat, en octobre pour le premier tour et en décembre pour le second, si second il y a. Le parti a fait appel de l'ordonnance.


Le type debout : Le PJ a été mis sous tutelle.
Le type assis (sa grosse moustache fait bigrement penser à Ricardo Alfonsín, l'un des caciques de l'UCR, le parti radical, lui-même fils de Raúl Alfonsín, acteur du retour à la démocratie et président de 1983 à 1989) : Il était temps. Nous, on nous a mis en tutelle il y a trois ans (1)
Le type debout : On n'a pas été mis en tutelle !
Le type assis : Quoi ! Tu vas pas me dire que tout ce qu'on a fait depuis 2015, c'est nous qui l'avons décidé !
Traduction © Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
dans la presse argentine hier
lire l'analyse politique de Página/12 ("c'est un coup du gouvernement")
lire l'analyse de Antonio Bonfatti dans Página/12
lire l'article de La Prensa sur les prises de position du gouverneur de San Luis, Alberto Rodríguez Sáa, un péroniste historique
lire l'article de La Nación sur les déclarations de José Luis Gioja, le président destitué par la justice au profit de l'administrateur nommé
dans la presse argentine aujourd'hui
lire l'article de Página/12 sur les déclarations de Luis Barrionuevo qui se décrit comme un véritable péroniste
lire l'article de Página/12 sur les intentions de la direction démise
lire l'article de La Nación sur la réaction du gouvernement, qui affiche une surprise, réelle ou feinte
lire l'article de Clarín sur le premier communiqué de l'administrateur Barrionuevo

Ajouts du 13 avril 2018 :
lire cet article de Página/12 sur la prise de position des gouverneurs péronistes contre la mise sous tutelle de leur parti
lire cet article de La Prensa sur la convocation d'un congrès par Gioja, alors qu'il était déjà dépouillé, de jure, de ses fonctions



(1) Il y a trois ans, l'UCR a constitué l'alliance Cambiemos avec le parti néolibéral PRO, conduit par Mauricio Macri. Or l'UCR est traditionnellement un parti de centre-gauche, très attaché, depuis ses origines, en 1891, à la souveraineté nationale, au patriotisme économique et à la redistribution sociale des richesses par l'impôt, la lutte contre la corruption, le développement de l'école et des universités, la moralisation du monde judiciaire, etc. Or notamment depuis le mois d'octobre dernier, ce sont là des axes que le gouvernement semble avoir abandonnés sans même y mettre les formes, puisque récemment les ministres libéraux se targuaient même de posséder des comptes offshore, refusant d'y voir la moindre corruption ni la moindre trahison envers le pays qu'ils dirigent pourtant depuis plus de deux ans.

lundi 9 avril 2018

Anecdote historique sauce végane [Actu]

Le 5 avril dernier, alors que c'était le bicentenaire de la bataille de Maipú, allez savoir pourquoi Miguel Rep a gratifié les lecteurs de Página/12 de cette vignette très drôle mais qui ne concerne pas San Martín, vainqueur de Maipú, mais Belgrano, l'autre héros fondateur de l'Argentine.

C'est en effet Manuel Belgrano (1770-1820) qui conçut le drapeau national et le brandit pour la première fois, à Rosario, sur la rive du Paraná, le 27 février 1812. Décidément, ça n'a rien à voir avec le 5 avril 1818.

Toujours est-il que le peintre et dessinateur de presse Miguel Rep, avec tout son talent, a donc décidé de nous parler, non pas de Belgrano (ça, c'est le déguisement), mais de la mode végane, qui fait des adeptes en Argentine aussi, le royaume de la viande de bœuf ! Et visiblement, les végans et leurs théories un peu déroutantes et pas toujours très cohérentes (1) agacent pas mal l'artiste...

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Lui ne se déplaçait pas sur le dos d'animaux
Il fut le premier militaire ovo-lactéo-végétarien
Il facilita l'exode de Jujuy (2) en fuyant les carnivores et les ouvriers d'abattoir royalistes
Durant la Révolution de Mai,
il participa au premier Comité des Blés (3)
Belgrano, hissant le drapeau : Allons avec beaucoup de tofu, de soja et de quinoa
La légende : Le Général Manuel Vegano.
Et sur les rives du Río Paraná, il créa le plateau (4)
Traduction © Denise Anne Clavilier

Il semblerait que depuis le tournant sécuritaire et libéral-dérégularisateur qu'a pris le gouvernement argentin après son succès aux élections de mi-mandat en octobre, les humoristes de Página/12 aient retrouvé du peps et du punch. Leur humour était un peu à la peine pendant les deux premières années de la nouvelle majorité, dont ils sont les très énervants opposants...



(1) Les végétaux vivent autant que les animaux et il semble même qu'un certain nombre d'entre eux, notamment les arbres, seraient dotés d'une forme de sensibilité, qui ne passe pas par un cerveau mais qui n'en existerait pas moins.
(2) L'exode de Jujuy est un épisode historique de la geste belgranienne. Devant l'avancée des troupes absolutistes, alors qu'il n'avait plus les moyens en hommes et en armes de les repousser, Belgrano donna l'ordre à toute la population de quitter la ville et la province en emportant tout ce qui pouvait être emporté pour ne rien laisser aux troupes ennemies. Cela se passait en août 1812.
(3) La Primera Junta est le premier comité de gouvernement qui se constitua dans la future Argentine le 25 mai 1810. Belgrano (un patronyme italien signifiant beau grain [de blé]) en fut l'un des initiateurs et des membres. Ici, Rep fait un jeu de mot car grano renvoie aussi à l'absence de tergiversations dans une expression comme ir al grano (aller droit au but).
(4) Jeu de mot entre bandera (drapeau) et bandeja (plateau). Il s'agit de deux sons différents, un r roulé et la fameuse jota si redoutée des francophones qui n'en disposent pas dans leur phonétique propre.

La croissance joue les Arlésiennes (1) [Actu]

Le gros titre est consacré au faible succès
des programmes sociaux publics
La photo concerne les attaques au gaz en Syrie
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Malgré les annonces triomphalistes d'il y a quelques jours, quand le Président Mauricio Macri annonçait une baisse spectaculaire de la pauvreté, aussitôt contredit par l'opposition, la presse et surtout l'Observatoire de la pauvreté de l'Université pontificale argentine (UCA), la presse fait ce matin un tour du propriétaire et ce n'est pas la joie : l'inflation est en hausse (3% sur le mois de mars), la réforme des dispositions sociales ne donne guère de résultat et divers secteurs, de luxe ou non, connaissent une crise sévère.

Le plus remarquable dans ce domaine est que les articles sont publiés par Página/12 (jusque là, il n'y a rien d'étonnant, puisque ce journal représente la sensibilité de l'opposition de gauche) mais aussi par La Prensa et surtout par La Nación, deux quotidiens qui s'inscrivent à droite depuis leur fondation au XIXème siècle.


Excusez-moi. Où se trouve le rayon de la croissance invisible ?
Traduction © Denise Anne Clavilier

De toute évidence, La Nación est en train de retrouver une qualité journalistique alors que sous les trois mandats Kirchner ce quotidien manquait singulièrement d'objectivité et participait sans état d'âme à diffuser de l'intox hostile au gouvernement. Désormais, le journal tâche de ne pas être le véhicule de la propagande de la majorité en place, même s'il n'a rien renié de son orientation idéologique (oligarchie libérale).

Pour en savoir plus :
sur l'inflation
lire l'article de Página/12 sur les chiffres de l'inflation
lire l'article de La Prensa sur l'inflation
lire l'article de La Nación, qui a choisi de présenter la baisse des prix dans le secteur high-tech (téléphone mobile et téléviseurs) en précisant que c'est bien le seul secteur où ce phénomène apparaît
sur la crise de la production
lire l'article de Página/12 sur la crise dans l'industrie textile
lire l'article de La Prensa sur la différence de prix entre l'achat au producteur et la vente au consommateur final (51% au mois de mars)
lire l'article de La Nación sur le secteur hippique (l'élevage de chevaux, de course et de polo, les haras sont des activités de luxe dont l'Argentine est l'un des tout premiers acteurs du monde)
sur la politique gouvernementale et sa plus ou moins grande pertinence
lire l'article de Página/12 contre l'alignement de l'Argentine sur l'OCDE que le gouvernement actuel rêverait d'intégrer (alors que cette organisation internationale représente pour la gauche le paradigme de l'impérialisme haï)
lire l'article de La Nación sur le peu de succès que rencontre le gouvernement dans sa gestion des aides sociales
lire l'article de La Nación sur les propos du professeur Salvia, de l'Observatoire de la Pauvreté de l'UCA, qui dit que la pauvreté des plus défavorisés reste la même
lire l'article de La Nación sur le modèle socio-économique coopératif qui résiste aux idées préconçues qui a cours dans les couloirs ministériels, où l'on cherche à encourager la montée en qualification au détriment des coopératives, que les ministres s'acharnent à faire disparaître, alors qu'elles dynamisent depuis des années le tissu économique du pays.



(1) A l'usage de mes lecteurs non-francophones mais néanmoins francisants et amoureux de la belle langue de Molière : « jouer les Arlésiennes » signifie être absent (allusion à une nouvelle d'Alphonse Daudet, où il est question d'une belle femme d'Arles dont on parle beaucoup mais qu'on ne voit jamais – in Les Lettres de mon moulin, édition originale de 1869, scannée par la Bibliothèque Nationale de France et mis à disposition sur son portail Gallica).

Les métaphores osées du Président argentin [Actu]

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Alors que le président du conseil espagnol, le très droitier Mariano Rajoy (1), allait se rendre en visite officielle en Argentine, la première fois depuis onze ans qu'un chef du gouvernement de la Péninsule foule le sol argentin, le président Mauricio Macri a accordé une interview à ABC, un quotidien de droite espagnol (proche de l'épiscopat).

Le gros titre est pour la visite de Rajoy
La photo de une se rapporte à un fait divers tragique
(un accident d'aviation de plaisance)
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Entre autres propos, il a assimilé l'Argentine et l'Espagne à deux amants qui se retrouvaient après une longue séparation. Une expression imagée que toute la presse argentine reprend mais qui a des accents bien malheureux. D'abord parce que ça sent l'inceste (l'Espagne est toujours la Madre Patria de tous les pays issus de son ancien empire colonial en Amérique) - ça fait vraiment glauque. Ensuite parce que l'expression "relations charnelles" a longtemps désigné la soumission économique et politique de l'Argentine aux puissances impérialistes du XIXème et du XXème siècle, d'abord la Grande-Bretagne puis les Etats-Unis.
Hélas, Mauricio Macri est un véritable cancre en histoire. Les politiques argentins sont généralement assez ignares en la matière mais l'actuel président se révèle maladroit et particulièrement inculte (comment pouvait l'être et le reste Nicolas Sarkozy). Macri accumule les symboles gaffeurs et les erreurs grossières de date ou de personnages au sujet de grands épisodes de l'histoire nationale.
Pour le bicentenaire de la déclaration d'indépendance, il avait pourtant su faire un discours exempt d'âneries le 9 juillet 2016, à Tucumán (mais en était-il l'auteur véritable ?)

Pour aller plus loin :
lire l'entrefilet de Página/12 qui avait choisi de mettre l'accent sur d'autres casus belli aujourd'hui.



(1) De surcroît, Rajoy trimbale derrière lui un bon nombre de casseroles et son parti politique, le Partido Popular, aussi. C'est une des raisons, entre autres, qui rend si difficile la situation en Catalogne. Les indépendantistes jugent ce gouvernement corrompu et donc d'autant plus illégitime dans son action contre la tentative de sécession.

Le groupe Octubre sort le grand jeu pour défendre la gauche sud-américaine [Actu]

"Les démocraties sont en danger", proclame le gros titre
En bas, la pire des deux phrases des contrôleurs du ciel
"Balance cette ordure par le hublot"

Après la mise sous écrou de Lula au Brésil, et alors que Cristina Kirchner attend de comparaître dans des conditions assez rocambolesques pour l'affaire Nismann (ou plutôt celle du mémorandum d'entente avec l'Iran qui n'est jamais entré en vigueur, faute d'avoir reçu l'aval du parlement de la République islamique), le groupe médiatique Octubre, propriétaire de Página/12 et de la radio AM 750, se lance dans une opération tous azimuts de défense des droits de la gauche latino-américaine, c'est-à-dire de politique à la fois souverainiste et de redistribution sociale, que la droite, qui a désormais le vent en poupe sur tout le continent, est en train de détruire, systématiquement, tout en développant un discours agressif et passablement revanchard (méprisant en tout cas) et en tentant tout ce qu'il est possible de tenter pour mettre sous les verrous les responsables politiques antérieurs.

AM 750 a donc rassemblé à l'antenne le théologien de la Libération Leonardo Boff (Brésil) et le Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel (Argentine) autour de ce thème, repris en une de Página/12. Par ailleurs, le quotidien de gauche met en relief les propos inadmissibles tenus par un contrôleur du ciel brésilien au moment de donner l'autorisation de décollage au petit avion qui emmenait Lula de São Paolo à la prison de Curitiba : "Emmène-le et ne le ramène plus jamais !" Ce qui fut ensuite complété par une phrase ignoble parce qu'elle rappelle beaucoup trop le Plan Condor (1) et montre le mépris avec lequel ces gens de droite entendent traiter les détenus : "Jette cette [belle] ordure par le hublot" [ou par la fenêtre].

Les deux phrases, dûment enregistrées, ont été diffusées sur les ondes d'une radio brésilienne (favorable à Lula) et la première a été authentifiée et reconnue par l'armée de l'air brésilienne en charge du transport du prisonnier. Elles étaient reprises ce matin par presque l'ensemble des journaux argentins.

Pour aller plus loin :
lire l'article de une de Página/12, dont le gros titre est plus fort en une que sur l'article lui-même (qui reprend une déclaration sans intérêt du petit-fils de Lula : mon grand-père n'est ni un voleur ni un criminel. En quoi est-ce une information ?)
lire l'article de Página/12 sur les phrases scandaleuses des contrôleurs du ciel militaires
lire l'article de La Nación sur les phrases qui font polémique
lire l'analyse publiée par La Nación où un consultant argentin en communication politique installé au Brésil rend compte des deux conceptions de la bataille pour l'égalité dans le pays lusophone
lire l'article de Clarín sur les propos des contrôleurs du ciel
lire aussi l'article de Página/12 où s'exprime une experte judiciaire au sujet des pressions politiques qui ont pesé sur les travaux concernant la mort de Rafael Nahuel, au printemps, ce zadiste mapuche tué par les forces de l'ordre en Patagonie (abattu dans le dos). Elle émet l'hypothèse d'une manipulation politique, rendue hélas tout à fait crédible par la précipitation de la ministre de la Sécurité quand à chaque incident grave, elle parle à tort et à travers dans les médias en avançant des explications avant même que la justice ait pu enquêter. Elle sait toujours tout de suite et comme par hasard, les forces de l'ordre étaient pleinement dans leurs droits lorsqu'elles ont fait usage de leurs armes.



(1) Le Plan Condor était une opération coordonnée dans les années 70-80 par plusieurs pays d'Amérique du Sud pour se débarrasser des opposants aux dictatures militaires en place en les droguant et en les jetant dans l'océan ou dans le Río de la Plata depuis des petits avions des forces aériennes.

samedi 7 avril 2018

Le folklore a lui aussi son underground [à l'affiche]

Hier, Página/12 revenait avec une grande interview sur le festival de Cosquín, le festival de folklore qui se tient tous les ans dans la province de Córboda.

Le gros titre : "Les racines et les fruits"
en première page du supplément culturel quotidien

Le journal a reçu quatre jeunes musiciens de quatre provinces différents, Milena Salamanca, de La Plata, capitale de la province de Buenos Aires, et trois créateurs du Noroeste, Josho González de La Rioja, Nadia Larcher, de Catamarca, et Franco Ramírez de Santiago del Estero.

Les quatre jeunes gens expliquent comment la nouvelle génération est en train de reprendre en main les différents genres du folklore et leur redonner un sens politique et social qui correspond à l'époque où nous vivons. Il y a en effet une vie de la musique populaire dont les médias traditionnels, radio, télévision, grandes scènes, ne rend pas compte mais qui se développe, comme dans le cas de la musique urbaine, dont l'emblème est le tango.

–¿Qué creen que está sucediendo con la canción de raíz folklórica en la actualidad?
Josho González: –El folklore era como una reivindicación de un estilo, que no parecía ser el presente, pero sí algo muy valioso que representaba a mucha gente y te permitía distinguir el “interior” con la ciudad de Buenos Aires y su tango. Yo tomaba como un modelo de algo preconcebido y parecía que respetar ese modelo tuviese que ver con honrar un camino. Creo que lo que está pasando con las generaciones de ahora es que hemos resignificado lo que es folklore y nos hemos animado a insertar la palabra en una visión de[l] mundo. Nos dimos cuenta que necesitábamos nuevas herramientas para poder dar vigencia a esa palabra. Empezamos a abrazar nuevos instrumentos, nuevas tímbricas, nuevas temáticas, y a plantarlas en el presente y tratar de reflejar el corazón de las personas y sus pasiones. Creo que eso hizo que el folklore vuelva a reverdecer. Cuando tenía 15 años cantaba temas que tenían treinta años y hablaban del sulky, la calle de tierra y el rancho. Me parecía romántico, nostálgico y hermoso, pero me daba cuenta de que no era el presente, lo sentía desactualizado. Y ahora noto que le estamos escribiendo al presente, con raíz.
Página/12

- Qu'est-ce qu'il se passe en ce moment dans la chanson d'origine folklorique à votre avis ?
- Josho González : Le folklore, c'était comme la revendication d'un style, qui n'avait pas l'air d'être d'aujourd'hui, mais bien quelque chose de très important en quoi beaucoup de gens se reconnaissaient et qui permettait de faire la différence entre l'Intérieur (1) et la ville de Buenos Aires avec son tango. Je prenais ça pour un modèle préconçu et il me semblait que respecter ce modèle avait quelque chose à voir avec le respect d'un chemin à honorer. Il me semble que ce qui se passe dans les générations de maintenant, c'est que nous avons redonné du sens à ce qu'est le folklore et nous avons osé faire entrer la parole dans une vision du monde. Nous nous sommes rendu compte que nous avions besoin de nouveaux outils pour rendre effective cette parole. Nous avons commencé à prendre en main de nouveaux instruments, de nouvelles sonorités, de nouvelles thématiques et à les planter dans le présent et à essayer d'en faire le miroir du cœur des personnes et de leurs passions. Il me semble que ça a fait que le folklore se remette à bourgeonner. Quand j'avais 15 ans, je chantais des chansons qui avaient trente ans et qui parlaient du sulky, du chemin de terre battue et de la chaumière. Cela me semblait romantique, nostalgique et beau, mais je me rendais compte que ce n'est pas le présent, je sentais que c'était dépassé. Et maintenant je vois que nous sommes en train d'écrire le présent, avec ses racines.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Pour lire l'intégralité de cette passionnante interview, lire l'article de Página/12



(1) Ce que l'on appelle l'Intérieur, en Argentine, c'est tout ce qui n'est pas Buenos Aires et sa très proche banlieue.

Sancor reprise par le grand capital agraire [Actu]

La gamme SanCor, dont son "Porsalut" en argentin dans le textes,
ses yaourts, ses crèmes à tartiner, son beurre et ses briques de lait

La grande coopérative laitière SanCor fondée en 1938, dans une petite ville de la Province de Santa Fe et qui a pris pour nom les deux premières syllabes des noms de provinces Santa Fe et Córdoba, vient d'accepter de passer sous le pavillon industriel de Adecoagro, une société argentine fondée par Georges Soros, immatriculée au Luxembourg, pour exercer ses activités en Argentine, au Brésil et en Uruguay. Il y a fort à parier qu'il y a des impôts dont la République argentine ne verra plus jamais la couleur.

Il s'agit d'un accord que les dirigeants de la coopérative ont négocié avec le repreneur et présenté au tribunal de commerce, qui l'a enregistré, après la constatation d'une situation de cessation de paiement ou d'endettement tel que SanCor aurait pu disparaître corps et bien, avec ses marques, ses produits, son savoir-faire, son capital de popularité sur le marché argentin où ses yaourts, ses fromages, son lait, son dulce de leche sont très appréciés. On les trouve dans toutes les surfaces, grandes et petites, partout dans le pays, à côté des produits de sa concurrente, La Serenísima. L'assemblée générale des coopérateurs a voté l'acceptation de ce plan qui laisse les manettes à Adecoagro et qui change complètement la physionomie de l'actionnariat.


C'est donc un modèle de gestion alternatif qui subit un gros revers dans un pays où le secteur agraire est traditionnellement dominé par de très gros et très puissants producteurs, qui ne traitent pas toujours leurs salariés permanents, ni leurs saisonniers ni leurs fournisseurs avec a considération qui leur est due. Les consommateurs non plus, au reste. La transparence n'est pas toujours au rendez-vous, loin de là. C'est donc aussi un patrimoine industriel qui risque de disparaître.

SanCor, c'est 300 000 hectares de terre en Argentine et un chiffre d'affaires de 500 millions de dollars par an. Adecoagro cherchait à racheter l'entreprise depuis plusieurs années. La coopérative restera actionnaire à 10% de son capital. Elle cède 90% des actions collectives.

Depuis 35 mois, les producteurs de SanCor livraient leur lait à la coopérative sans pouvoir se le faire payer. Adecoagro devrait injecter 100 millions de dollars immédiatement dans l'affaire pour effacer 60% de l'ardoise et a promis aux producteurs de leur payer le lait qu'ils livreraient aux usines qu'il reprend. Plus de 2 100 créanciers (producteurs-coopérateurs et fournisseurs hors coopérative) ont accepté le plan.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12, très favorable au modèle coopératif
lire l'article de Ambito, le quotidien financier ultra-libéral.
Vous pouvez aussi aller visiter le site Internet de la coopérative tant qu'il est encore sous sa forme traditionnel (il est plus que probable qu'il va très vite se faire relooker).

Ajout du 13 avril 2018 :
lire cet article de Página/12 sur le changement de modèle qui s'opère

Ajout du 14 avril 2018 :
lire cet article de Clarín sur le changement de structure abouti. Le journal ne s'était guère penché sur le sujet jusqu'alors.

La Nación fait des révélations sur le ARA San Juan [Actu]

Schéma fourni par La Nación pour illustrer ses révélations d'hier

Le quotidien La Nación a eu accès au brouillon du rapport de la commission d'experts établie par le ministère de la Défense et a révélé dans son édition d'hier que contrairement à tout ce qui avait été dit jusqu'à présent, l'agonie du sous-marin, le 14 novembre dernier, a duré plusieurs heures, avec un premier incendie qui a été maîtrisé lorsque le San Juan a réussi à faire surface mais le mauvais temps a obligé le bâtiment à regagner le fonds pour rejoindre le port de Mar del Plata, rapidement, et y faire les réparations nécessaires. C'est alors que l'incendie a repris ou qu'un second feu s'est déclaré. Ce second incendie a été fatal : il serait à l'origine de l'implosion du sous-marin, qui se trouverait à présent au fond de la mer d'Argentine, dans les eaux territoriales du pays.

Le rapport de la commission devait être remis au ministre à la fin du mois.

A la suite de la publication des révélations du quotidien, la juge d'instruction en charge du dossier, dans la province de Santa Cruz, en Patagonie, a convoqué les trois experts de la commission ministérielle. L'un des trois est un officier de marine retraité dont le fils faisait partie de l'équipage du malheureux bâtiment.

Le Congrès a lui aussi constitué une commission d'enquête et continue à réclamer au gouvernement des explications que le ministre Oscar Aguad ne s'empresse guère de donner.

Aucun hommage n'a encore été rendu officiellement aux sous-mariniers disparus. L'appareil d'Etat est très peu présent auprès des familles, dont la plupart sont livrées à elles-mêmes.

Pour en savoir plus :
lire l'article de La Nación sur les révélations
lire l'article de La Nación sur les demandes adressées par le Congrès à l'Exécutif
lire l'article de La Nación ce matin sur la réaction de la juge d'instruction.

La crise de Carrefour se propage à l'Argentine [Actu]

Un Carrefour en Argentine, avec l'annonce de ses opérations marketing en devanture

En Argentine aussi, le groupe Carrefour est en difficulté. Jeudi dernier, il a présenté un plan de réduction d'activité au ministre du Travail argentin en vue de se séparer de 2 700 salariés sur les 19 000 que l'enseigne occupe dans ses 605 magasins, répartis entre supérettes urbaines (sous le nom commercial de Carrefour Express), super- et hypermarchés. Cela fait trente-six ans que l'enseigne française s'est implantée en Argentine et aujourd'hui, elle fait complètement partie du paysage. Elle a aussi développé une gamme de produits traditionnels nationaux comme de la yerba mate, des fromages locaux, du dulce de leche, des empanadas au rayon traiteur, des medialunas au rayon boulangerie-pâtisserie fraîche, etc.

La démarche de cette fin de semaine permet au ministère de se faire médiateur entre l'employeur et les syndicats. Le ministre a d'ailleurs aussitôt convoqué tout le monde autour de la table de négociation tandis que les organisations ouvrières décrétaient l'alerte nationale sur l'emploi.

Le PDG de Carrefour Argentine avait déjà démissionné en janvier, après douze années passées à la tête de la filiale. Cette fois-ci, le groupe reconnaît (ou prétend) avoir connu trois années de baisse de son chiffre d'affaires en Argentine et être contraint d'adapter ses structures à cette crise : baisse de la masse salariale, baisse des avantages sociaux pour ceux qui resteront, adaptation des postes de travail aux nouvelles technologies (probablement l'implantation de caisses sans opérateurs) et tout le tralala dont le groupe assaisonne ses magasins en France, au point de déclencher cette semaine une grève sur les points de vente...

Pour en savoir plus :
presse d'hier
lire l'article de Página/12 (très hostile au groupe capitalistique)
presse d'aujourd'hui
lire l'article de Clarín

Ajouts du 9 avril 2018 :
lire l'article de La Nación sur le contenu du plan proposé par Carrefour
lire l'article de Clarín sur les récents propos du président Mauricio Macri.
Dans une interview accordée a un quotidien espagnol catholique et ultra-conservateur (après avoir été franquiste sous la dictature), ABC, le chef d'Etat argentin soutient Carrefour (qu'il couvre d'éloge) (1) et accuse les supermarchés dits "chinois" de lui faire de la concurrence déloyale...
C'est absurde !
Avec quels moyens ces petites surfaces indépendantes qu'on appelle en Argentine supermercados chinos feraient-elles une concurrence, qui plus est déloyale, au géant français et à ses 600 magasins répartis dans tout le pays ? Dans un supermercado chino, tout est plus cher que dans une surface sous enseigne, quelle que soit l'enseigne, Carrefour (France), Coto (Argentine) ou Jumbo (Chili). Parfois, mais pas toujours, ces prix plus élevés sont compensés par une offre de produits de meilleure qualité en épicerie sèche, en plats préparés traiteur (cuisinés dans l'arrière-boutique), en fruits et légumes frais ou en boulangerie, car ils sont issus de petites entreprises artisanales qui parviennent à se faire référencer chez les chinos alors qu'ils se font exclure ou écraser par les grandes enseignes. Les supermercados chinos sont en effet de modestes épiceries de quartier, au mieux des supérettes, tenues par des immigrés originaires de l'Asie du Sud-Est ou, maintenant, par leurs enfants, comme nous avons en France des petites épiceries dites arabes, qui proposent parfois des produits rares et de très bonne qualité.
Il est probable que Macri a voulu jouer sur l'ignorance des lecteurs de ABC (et des journalistes de la rédaction) qui ont compris l'expression "supermercados chinos" comme "enseigne de grande distribution à capitaux chinois" (au sens République Populaire de Chine) et vu la terreur qu'inspire en Europe les progrès de l'économie chinoise...
lire l'article de Página/12 sur la mobilisation du syndicat des camionneurs contre le plan de réduction d'activité envisagé par Carrefour

Ajout du 10 avril 2018 :
lire cet article de Página/12 qui revient sur les accusations aberrantes de Macri contre les supermercados chinos

Ajout du 11 avril 2018 :
lire cet article de Página/12 où les patrons de supermarchés "chinois" répondent aux accusations farfelues (et gravement offensantes) de Macri concernant en particulier leurs supposées pratiques d'évasion fiscale (dont Carrefour est supposé être innocent). Une accusation des plus ridicules quand on considère qu'une bonne partie des ministres du gouvernement fraude le fisc argentin en plaçant ses économies personnelles sur des comptes offshore dans des paradis fiscaux divers et variés !

Ajouts du 12 avril 2018 :
lire cet article de Página/12 sur le plan de départs volontaires proposé par Carrefour Argentina aux syndicats (pour 1000 départs). Página/12 n'est pas favorable à ces propositions patronales
lire cet article de La Nación qui interprète tout ce barnum autour de Carrefour et des supermercados chinos comme une tentative du gouvernement de profiter de la confusion créée par les difficultés du géant français pour remettre à plat tout le système de la distribution dans le pays. Ce qui risque de se faire au détriment des petits commerces de détail.



(1) Carrefour est très présent en Espagne

Nuevo Baires Tango 2ème édition, c'est ce week-end [à l'affiche]

Depuis hier soir, vendredi 6 avril 2018, un groupe de musiciens a investi les locaux de Al Escenario, General Lamadrid 1001, dans le quartier de La Boca, rebaptisé selon une veille tradition anarchiste locale La República de la Boca. C'est la deuxième édition du festival Nuevo Baires Tango, dont la première édition l'année dernière a si bien marché que les artistes ont décidé d'en faire un grand rendez-vous autour du tango sous toutes ses formes et de toutes les provenances.

La ville de Buenos Aires est représentée mais aussi de nombreuses villes de l'intérieur du pays et celles d'autres pays d'Amérique du Sud et du Nord. Place à trois jours de tango underground, contestataire, d'avant-garde et de musique expérimentale, comme il convient à ce quartier remuant et éminemment populaire.

Página/12 a présenté l'événement dans son édition d'hier.
La manifestation dispose d'une page Facebook un peu difficile à suivre si l'on ne vit pas sur place mais qui guidera très bien les locaux et les gens de passage.

jeudi 5 avril 2018

Il y a deux cents ans aujourd'hui, San Martín gagnait la bataille de Maipú [Bicentenaire]

C'était un dimanche, le deuxième dimanche après Pâques, qui, en 1818, était tombé encore plus tôt que cette année. Une description détaillée de cette journée où se jouait le sort du Chili nous a été laissée par un commerçant anglais, Samuel Haigh (1), dans un ouvrage de souvenirs qu'il publia une fois rentré dans son pays et qui ne fut traduit en espagnol qu'en 1917, à Santiago du Chili, pour le centenaire de la bataille de Chacabuco, qui avait inauguré la campagne de libération du pays par le général José de San Martín (1778-1850) et son ami personnel et allié politique, le Chilien Bernardo O'Higgins (1778-1842).

Une du 22 avril 1818 de la Gazeta de Buenos Ayres
qui annonce la victoire aux Argentins
Le journal avait été fondé en mai 1810
par le premier gouvernement révolutionnaire
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Trois semaines auparavant, les forces patriotes, à la tête desquelles se trouvait San Martín, avaient été dispersées à Cancha Rayada, par une attaque nocturne de l'ennemi absolutiste (cf. mon article du 19 mars 2018). Revers militaire au cours duquel O'Higgins avait été méchamment blessé, ce qui devait le tenir éloigné du champ de bataille au matin du 5 avril 1818.

Dans The Morning Chronicle du 13 juillet 1818 (Londres)
C'est le jour où l'information est confirmée
Depuis deux jours, les journaux se faisaient écho
de rumeurs de victoire sans parvenir à y croire
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A l'heure de l'angélus du soir, vers les 18h, San Martín était maître du terrain, au prix d'un terrible bain de sang. Du côté patriote, c'était les bataillons d'Afro-américains qui avaient payé le plus lourd tribut, car ils formaient le gros de l'infanterie, l'arme qui essuyait en première ligne le feu de l'ennemi. Il fallut beaucoup d'autorité à San Martín pour leur faire respecter les prisonniers de l'autre camp (2) : ces esclaves, récemment affranchis du fait même de leur engagement sous les drapeaux, les auraient lynchés avec plaisir.

Dans le Evening Mail du 13 juillet 1818 (Londres)
Le ton est très favorable à San Martín et à la cause de l'indépendance
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Cette victoire indépendantiste marqua un tournant définitif dans l'histoire du Chili. Sa liberté assurée, le pays, dirigé par O'Higgins depuis février 1817, entamait la préparation d'une expédition audacieuse, celle qui allait faire tomber Lima dans le camp de l'indépendance. Et cette fois-ci, l'armée gagnerait son objectif par la mer, ce qui impliquait de créer la marine nationale.

Dans le Dublin Evening Post, du 14 juillet 1818
Ici, c'est franchement la liesse !
Dublin déjà tenté par l'indépendance irlandaise ?
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Dans ces anniversaires, j'aime me replonger et vous plonger dans la presse de l'époque. Elle en dit beaucoup sur ce qu'est l'information de tout temps et la manière dont les journaux peuvent la déformer, en fonction des courants idéologiques auxquels ils appartiennent ou auxquels appartiennent ceux qui les dirigent ou les possèdent.

Journal des Débats du 16 juillet 1818
Il fallait deux jours pour que les journaux anglais arrivent à Paris
La Cité dont il est question est ici la City de Londres, déjà centre d'affaires à vocation mondiale.
Le texte ne laisse aucun doute sur l'hostilité à la cause de la gazette royaliste
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Aujourd'hui, j'ai donc picoré dans la presse argentine, avec cette célèbre une de la Gazette de Buenos Aires, l'organe officiel du gouvernement alors présidé par le Directeur suprême Juan Martín Pueyrredón, celui-là même qui avait été élu deux ans plus tôt par le Congrès de Tucumán, juste avant le vote de la déclaration d'indépendance des Provinces du Sud, devenues depuis la République Argentine.

Journal des Débats le 18 juillet 1818
L'information ne peut plus être niée.
Le journal invente n'importe quoi pour amoindrir la gloire de San Martín !
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Dans la presse britannique qui ne cachait pas son enthousiasme devant la victoire, plutôt inattendue, du génial San Martín, qui, en un an, avait gagné un haut degré d'estime (et d'admiration) dans le courant libéral européen.

Dans la presse française, dominée par le Journal des Débats, une feuille alors très loyale à la Restauration et que, par conséquent, cette victoire du Chili indépendant défrisait passablement...



(1) J'ai inclus ce texte très beau dans mon anthologie de documents historiques, San Martín par lui-même et par ses contemporains, que j'ai publié aux Editions du Jasmin et que je dédicacerai, entre autres, le 1er mai prochain, au Salon du Livre d'Expression populaire et de Critique sociale, à Arras.
(2) Cet épisode aussi est raconté par Samuel Haigh.