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lundi 26 octobre 2026

La victoire de Lula vue par la presse argentine [Actu]

"Grand succès de Lula", dit le gros titre
sur fond de couleur rouge, celle symbolisant
le vote Lula.
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Miguel Rep aujourd'hui dans Página/12
Le dessinateur reprend une vignette qu'il avait composé au lendemain du premier tour
"Le mantra s'est réalisé"
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Trump et Milei en sont pour leurs frais, Musk aussi et pas mal de dirigeants d’extrême-droite qui, jusqu’à la clôture du scrutin hier soir, ont rêvé qu’ils allaient voir le fils Bolsonaro arriver au pouvoir et, dans la foulée, libérer son papa, actuellement en prison à domicile pour la tentative de coup d’État du 8 janvier 2023. Ils ont tout fait pour et la forte participation (plus de 80 %) les a mis échec et mat.

"Les sept vies de Lula", dit le gros titre
En dessous, avec la photo du pape :
le choix des chanteurs qui se produiront
lors du voyage apostolique du Saint Père en Argentine
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"Lula a renversé l'élection et il sera président
pour la quatrième fois", dit le gros titre
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Un bon signe, espérons-le, pour le 3 novembre (1), d’autant qu’en Serbie aussi, après la défaite d’Orban en Hongrie, c’est la jeune génération et, dans son sillage, une grosse majorité de la population qui viennent d’affirmer à leur tour leur attachement à l’État de droit en délogeant du pouvoir Alexandar Vucic, un conservateur autoritaire qui bénéficiait (si l’on peut parler ainsi) du soutien d’un certain Donald Trump.

"Remontée inédite de Lula : il a vaincu Bolsonaro
et obtenu un quatrième mandat", dit le gros titre
En haut, à gauche : le siège social de la Société des Eaux
qui s'apprête à augmenter ses tarifs en vue de sa privatisation
annoncée par Milei pour très bientôt
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Au Brésil, c’est la première fois que le vainqueur du 1er tour n’est pas élu au second et pourtant, les forces qui étaient ouvertement hostiles au second, Lula, n’ont pas ménagé leur peine pour appuyer le fiston de l’apprenti-putschiste. Au point que Milei qui vient de rentrer bredouille d’Espagne, n’a toujours pas reconnu, plus de 12 h après la proclamation des résultats, la victoire de Lula, tout comme l’adversaire de celui-ci, qui ose contester le scrutin et cherche même à le faire annuler. Au regard de la différence de voix entre les deux candidats (51,79 ou 51,78 % contre 48,21 ou 48,22, selon le stade de dépouillement), si la justice brésilienne reste elle aussi attachée à l’État de droit comme elle semble l’être, au moins depuis quatre ans, ces recours de mauvaise foi devraient rester lettres mortes.

"Réélu : la remontée de Lula le mène
à son quatrième mandat au Brésil", dit le gros titre
de El País, le journal de Montevideo,
dont la lecture des articles en ligne
est désormais réservée à ses abonnés
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Malheureusement, c’est un mandat très difficile qui s’annonce pour le président brésilien qui n’aura pas de majorité au parlement, où de très nombreux bolsonaristes ont été élus au début du mois.

La vignette de Une de Página/12 hier
Milei : Si Bolsonaro gagne, ce sera grâce à moi
L'autre : Mais vous n'êtes pas allé au Brésil entre les deux tours
Milei : Ben, justement
Traduction © Denise Anne Clavilier

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Clarín sur la victoire de Lula (le reste du journal s’intéresse surtout aux réactions hostiles du marché : ce matin, les bourses ont chuté tant au Brésil qu’en Argentine)
lire l’article principal de La Nación sur les aspects politiques de l’événement (le journal consacre des articles aux conséquences économiques sur les marchés)
lire l’article de La Nación sur le choix de Milei de conserver le silence, à l’encontre de toutes les règles de diplomatie et de bon voisinage




(1) Aux États-Unis, le taux de participation aux élections de mi-mandat, qui ont commencé depuis quelques jours et qui s’achèveront le 3 novembre au soir, est déjà exceptionnellement élevé pur ce stade de la procédure, ce qui laisse entendre que les citoyens attachés aux traditions constitutionnelles et politiques du pays se mobilisent en grand nombre. Les dernières turpitudes de Trump et de sa famille, le choix catastrophique de la dernière porte-parole qui a duré 5 jours dans son poste à la Maison-Blanche, la trahison de l’Ukraine au profit de Poutine, l’éloge obscène que Witcoff a adressé dernièrement au dictateur russe et les révélations journalistiques sur la corruption de Monsieur Gendre, semblent avoir révolté les électeurs, y compris dans le camp des Républicains même MAGA.

jeudi 27 août 2026

Le candombe et toute la musique pleurent Rubén Rada [Actu]

"Adieu au musicien du peuple", dit le gros titre
du principal quotidien uruguayen
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Rubén Rada était musicien, chanteur, percussionniste, compositeur et acteur puisqu’il avait aussi joué dans divers téléfilms et feuilletons télévisuels où son sens de l’humour faisait merveille.

Le musicien de 83 ans était hospitalisé depuis un mois dans son Uruguay natal pour une affection pulmonaire qui a fini par l’emporter hier, à 15h30, alors qu’il avait encore plein de projets d’enregistrements et de spectacles. Le gouvernement uruguayen a décrété un jour de deuil officiel et il a accordé à l’artiste disparu de grands honneurs funéraires avec une veillée qui se tiendra aujourd’hui dans la salle des Pas perdus du Parlement à Montevideo, sa ville natale, à partir de 14h (la veillée sera ouverte à tous).

"Le tambour ne se taira pas", dit le gros titre
du supplément culturel quotidien de Página/12
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Rubén Rada, c’était par excellence le grand du candombe, un genre typique de la culture afro-rioplatense dont la plus grande partie s’exprime en Uruguay depuis le milieu du 19e siècle, le candombe que symbolisent les hauts tambours si reconnaissables dans les défilés de carnaval. Il en avait fait son instrument de prédilection. Au-delà du candombe, Rada avait inclus dans son œuvre tous les autres genres de la musique populaire de la région, devenant ainsi l’un des meilleurs représentants de la fusión, comme le titre Página/12 ce matin. En mêlant le candombe uruguayen, le rock, un bon nombre de genres musicaux du Brésil, pays dont sa mère était originaire, et le jazz, il avait inventé le candombe-beat et c’est ainsi qu’il est honoré dans la presse de son pays.

La tragédie qui s'est abattue sur le Népal hier
relègue à des titres secondaires la disparition du musicien
Ici, en haut à droite, à la hauteur du titre
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Dans son enfance et sa jeunesse, il avait aussi été inspiré par le cinéma états-uniens dont il se régalait gratuitement dans une salle de son quartier : Fred Astaire, Gene Kelly et Franck Sinatra ont été parmi ses premières idoles. Il les imitait et il avait ainsi absorbé l’héritage.

Rubén Rada laisse derrière lui une œuvre multi-facette de plus de 40 albums enregistrés et publiés. En avril, il avait annoncé son retour prochain sur scène. Buenos Aires espérait le recevoir dans l’une de ses grandes salles comme à chacune de ses tournées internationales.

Aujourd’hui, dans la presse, la plupart des journaux lui consacrent plusieurs articles dont La Nación qui a mis en ligne un papier illustré de six vidéos intégrées pour rendre hommage au répertoire de l’artiste. A consulter par conséquence en priorité !

Même stratégie rédactionnelle à La Nación
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La presse uruguayenne étant de moins en moins accessible ouvertement en ligne, elle est donc malheureusement peu présente dans ma revue de presse alors qu’elle est plus importante sur ce sujet que la presse argentine. El Observador republie aujourd’hui la dernière interview que lui avait accordée Rubén Rada. Il y avait abordé son rêve avorté de carrière dans le football, son peu d’amour pour l’école (il n’est même pas allé au bout du cycle primaire) et l’expérience qu’il avait faite du racisme dont il a été victime au cours de sa vie (malheureusement, la présence d’une forte culture afro-américaine en Uruguay ne préserve pas le pays de ce fléau).

A Montevideo, à l’annonce de cette triste nouvelle, les gens sont sortis dans la rue avec leurs instruments, dont ces fameux tambours, et ils lui rendent hommage en musique et en chanson.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Argentine :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire le premier article de La Nación (reprenant hier soir une dépêche de l’AFP)
lire l’article de La Nación sur et avec les meilleures chansons de Rubén Rada
en Uruguay :
lire l’article principal de LR21 (ex-La República)
lire l’article principal de El Observador
lire la dernière interview dans El Observador qui publie l’entretien par écrit et en vidéo

samedi 6 juin 2026

« La Argentina de luto ricotero » : El Indio Solari est mort [Actu]

Comment ne pas se sentir comme ça,
dit le gros titre en hommage au texte
d'une des chansons du disparu
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El Indio Solari était un Géant à majuscule du rock argentin et comme presque toujours pour les grands artistes populaires de ce pays, sa musique était très politique, ouvertement contestataire. Vous dire qu’il était à l’Argentine ce que Johnny Hallyday était à la France serait vous mentir. Il était beaucoup plus que cela à cause de ses prises de position réfléchies et courageuses dans la vie publique, ouvertement de gauche, farouchement péronistes… Depuis très longtemps, ses concerts étaient de gigantesques événements dans des stades immenses que venait remplir une foule enthousiaste reprenant en chœur ses refrains et ses couplets. L’artiste avait 77 ans. Hier dans la matinée, son auxiliaire de vie l’a retrouvé inerte, chez lui, dans sa piscine climatisée. Il avait fait un AVC. Il est mort sur le coup. Il ne s’est pas noyé.

Intervenant brutalement au lendemain de la disparition d’une grande actrice de cinéma et de théâtre qui, nonagénaire et malade, avait quitté la vie publique depuis de nombreuses années (Chunchuna Villafañe, qui partagea la vie du chanteur Horacio Molina puis du cinéaste Pino Solanas), la nouvelle de ce décès inattendu a terrassé l’Argentine et la population s’est spontanément rassemblée sur les places centrales pour pleurer son idole et reprendre ses chansons à tue-tête. A Buenos Aires, Plaza de Mayo s’est remplie à la tombée de la nuit pour un hommage spontané.

Musique et une foule dans les rues
pour dire adieu au grand manitou du rock, dit
le gros titre sous cette photo de Plaza de Mayo hier soir
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El Indio Solari avait commencé sa carrière dans le ville universitaire qu’est La Plata, au sein d’un petit quatuor de rock qui ne tarda pas à se hisser à la hauteur des légendes, façon Beattles du monde hispanophone. La petite bande se nommait Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota, du nom d’une spécialité italienne de pâtes fraîches enroulées et farcies à la brousse de brebis qui s’est fort bien acclimatée en Argentine en perdant l’un de ses T (1). D’où l’adjectif dont ses fans qualifient tout ce qui les réunit, à commencer par ces grands rassemblements qu’on appelle donc Misas Ricoteras (grands-messes ricotiennes) et dont ces scènes de Plaza de Mayo fournissent un excellent exemple.

Le 16 mai dernier, la UBA l’avait fait docteur honoris causa et il avait pris parti pour le financement des universités nationales que refuse Javier Milei. Il avait quitté les planches et les sonos en 2017.

"Indio Solari : une légende du rock qui
relie les générations", dit le titre
à côté de la photo de l'artiste
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Aujourd’hui, je prends conscience que depuis le début de ce blog, en 2008, c'est à peine si j'ai mentionné quelque fois El Indio parce que ce rock à grand spectacle n’est pas celui qui a mes préférences personnelles et bien entendu, ce matin, je regrette d’avoir laissé de côté ces puissants événements populaires. Parce que je ne l’ai découvert qu’au milieu des années 2010, après ma première plongée en eaux profondes dans le tango et l’histoire, je ne l’ai jamais vu que comme un homme déjà âgé et de santé très délicate (on lui a diagnostiqué une maladie de Parkinson en 2015). A dire vrai, il faisait peine à voir lors de ses rares apparitions publiques et je n’avais pas envie de vous entraîner de ce côté-là. J’avais tort.

Concert de El Indio à La Plata en 2008

Si vous feuilletez la presse argentine aujourd’hui, même si vous ne parlez pas un mot d’espagnol, vous mesurerez sans doute mieux qu’à travers ce blog muet l’ampleur du phénomène et la perte gigantesque ressentie par les Argentins à l’aube de cette triste journée de fin d’automne ainsi que la fracture qui existe plus que jamais entre la droite et la gauche. Après être resté silencieux, puis avoir fait savoir qu’il n’était pas question de déclarer un deuil national, Javier Milei a dû se raviser quelque peu car, politiquement, il ne peut sans doute pas passer à côté d’un tel séisme. Il tente donc maladroitement une petite manְœuvre, lui qui est aux antipodes de tout ce que représente l’artiste disparu : il a proposé l’immense parc thématique de Tecnópolis , abandonné par sa volonté de détruire tout ce qui était cher au cœur de Solari (et à la gauche de gouvernement), pour y accueillir la veillée funèbre qui aura lieu demain, un retard sur l’habitude dû au besoin d’assurer la sécurité de la foule comme de la famille et des amis personnels car, dans ce pays où l’on fait tout à l’improviste tout le temps, on ne peut pas improviser les obsèques de El Indio. Comme Diego Maradona, il est exceptionnel ! Les proches ont déjà averti les fans : l’organisation « est très difficile ».

Une de El País, le grand quotidien uruguayen
dont les articles ne sont plus disponibles en ligne
que pour les abonnés
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Comme à leur habitude, pris au dépourvu par la réaction de l’opinion publique qu’ils ne comprennent décidément pas, les libertariens tentent de récupérer l’émotion générale en saluant la mémoire d’un chanteur dont il est évident qu’ils ne pouvaient pas le souffrir. Quand on a rien à dire de bon dans ces occasions, on s’abstient ! Qu’ils partent donc en week-end et se taisent ! Leurs tweets sont un déversoir de grossièreté, de mesquinerie et d’indécence. Même dans ces moments douloureux, ils se montrent incapables de bien se tenir devant ceux qu’ils prétendent représenter et gouverner. Exactement comme Trump mais, lui, au moins, il a l’excuse de l’âge et, en plus, il est atteint d'une démence frontale carabinée.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :




(1) Patricio Rey n’existe pas plus que Les Rita Mitsouko, qui était en fait le nom d’un duo.

jeudi 30 avril 2026

Disparition d’une maison d’édition emblématique : Ediciones de La Flor [Disques & Livres]

Mafalda sur une photo de la Feria del Libro


Ediciones de la Flor est l’une des rares maisons argentines qui ont pu dépasser les frontières du pays pour arriver dans les librairies de tout le monde hispanophone grâce à plusieurs énormes succès du livre d’humour. Ce sont les Editions de la Flor qui ont publié tous les albums de Mafalda, de Quino. Dans leur catalogue, on trouvait aussi l’humoriste Roberto Fontanarrosa, natif de Rosario, l’auteur Rodolfo Walsh (une figure de l’opposition à la dictature argentine) et Nik, le seul vivant de cette liste, un dessinateur qui a inventé le personnage de Gaturro, qui est à la culture hispanophone ce que le Chat de Philippe Geluck est à la culture francophone.

Le stand de La Flor avant le départ des héritiers de Quino (2025)

Les Ediciones de la Flor ont été fondées en 1966 à Buenos Aires par un couple, Daniel Divinsky (aujourd’hui décédé) et Kuki Miller, qui ont dû se résoudre à l’exil temporaire pour éviter de terminer leurs jours dans un centre de torture clandestin pendant la dictature. Le couple a divorcé en 2009 mais tous les deux sont restés dans la maison que Daniel a finalement quittée en 2015, laissant son ex-femme seule aux commandes.

Le stand cette année

Au cours des dernières années, Nik et les ayant-droits des autres auteurs-phares de la maison ont fait le choix d’un autre éditeur. Ils se sont répartis entre Planeta, le géant espagnol, et Penguin (Sudamericana), le concurrent anglo-saxon. Ils ont laissé tomber la maison qui avait accompagné leurs débuts puis leurs succès ou ceux de leurs père, oncle, grand-père ou grand-oncle. Des choix pour le moins indélicats et très égoïstes car leurs succès permettaient à d’autres auteurs, moins connus, d’être édités.

Quino sur le stand de son éditeur à la Feria del Libro
pour les 50 ans de Mafalda

Kuki Miller n’a pas trouvé de repreneur pour sa société. Sa fille, qui s’est investie dans un tout autre secteur, ne veut pas reprendre le flambeau. Et tous ces départs fragilisent économiquement la maison. Kuki Miller, 82 ans maintenant, a donc choisi d’annoncer sur son stand de la Feria del Libro qu’elle allait mettre fin aux activités de La Flor, qui ne publie déjà plus de nouveaux ouvrages et ne met plus rien sous presse. La Flor ne sera pas vendue. Elle fermera seulement ses portes et cessera d’exister d’ici à la fin de l’année 2026.


Une copie d'écran de La Flor avant le départ de tous ces auteurs
Gaturro est à gauche (le personnage jaune)

C’est une grande émotion pour tout le monde du livre hispanophone dont la presse en espagnol témoigne assez éloquemment ces jours-ci.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Argentine :
lire l’article de BaeNegocios (journal économique)
lire l’article de El Diario AR
en Uruguay :
lire l’article de LR21 (ex-La República)
En Espagne :

mercredi 8 avril 2026

La diplomatie aberrante de Trump dans la presse rioplatense [Actu]

"Le fou de guerre" dit le gros titre
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"Cessez-le-feu bilatéral", dit le gros titre
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L’opinion publique en Argentine et en Uruguay se sentait moins concernée par la politique menée au Moyen Orient par Donald Trump. Moins inquiète que de notre côté de l’Atlantique, elle n’en était pas moins effarée par le déchaînement de violence affiché par ce président dont il est de plus en plus évident qu’il souffre d’une forme de démence sénile, qui n’est certes pas Alzheimer mais qui n’en affecte pas moins gravement sa capacité de jugement et ses décisions.

"Trump et l'Iran s'accordent sur une trève
de deux semaines pour négocier" dit le gros titre
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"Cessez-le-feu pour deux semaines. Le détroit
d'Ormuz rouvre" dit le gros titre
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Les Unes rioplatenses sont donc moins spectaculaires qu’en Europe mais toutes font allusion en gros titre à l’arrêt conditionné et temporaire des combats et à la réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation marchande. Beaucoup d’articles constatent la défaite des États-Unis contre un pays du « Sud global », avec l’aide des diplomates de l’un de ses voisins, le Pakistan, malgré le triomphalisme obscène qui règne dans la propagande gouvernementale de Washington mais, semble-t-il, sans convaincre grand-monde. On se croirait au lendemain de la victoire du Japon sur la Russie tsariste en 1905 et peut-être y sommes-nous...

"Trump accepte une trêve avec l'Iran après
des menaces qui ont fait trembler le monde" dit le gros titre
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Pendant ce temps-là, les Libanais continuent à souffrir et à mourir puisque Israël refuse d’appliquer le cessez-le-feu sur ce théâtre d’opération.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

En Uruguay :
l
ire l’article de El País
lire l’article de El Observador
lire l’article de Grupo Multimedio (ex-La República)
Seule la Une de El País est disponible en image.

mercredi 22 octobre 2025

Sarko à la Santé, dans la presse rioplatense [ici]

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La presse quotidienne tant en Argentine qu’en Uruguay a repris la mise en scène proposée hier par Nicolas Sarkozy sans beaucoup de recul.

Sobriété pour La Prensa qui se contente
d'un titre secondaire et d'une petite photo
en haut à gauche
En-dessous : le gros titre est consacré
au prochain remaniement (reset) du gouvernement
en Argentine, à quelques jours des élections de mi-mandat
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Originalité du choix de Clarín
Une photo difficile à comprendre toutefois pour qui
ne connaît pas l'urbanisme de ce coin du 16e arrondissement de Paris !
Le gros titre porte quant à lui sur la dernière astuce de
l'Administration Trump pour revenir sur ses promesses
envers l'Argentine.
Trump avait promis d'acheter de la viande bovine
à cause d'une pénurie sur le marché états-unien
et voilà que sa ministre de l'Agriculture accuse les troupeaux
argentins d'être porteurs de la fièvre aphteuse,
un gros mensonge puisque tous les bovins sont vaccinés depuis 2001
dans tout le pays, indemne donc de cette maladie
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L’incarcération de l’ancien président de la République française fait la Une de plusieurs journaux, quelques jours seulement après le scandale du cambriolage au Louvre.

"De l'Elysée à la prison, le trajet inédit de Sarkozy",
dit le titre au-dessus de la photo
Le gros titre fait allusion au fait que Mileí
empêche les deux lois confirmés par le Congrès
malgré son veto d'entrer en vigueur
en violation des principes démocratiques
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Dans l’ensemble, comme dans le paysage médiatique français, on fait peu de part des motifs de la condamnation, qui sont pourtant très graves, pour focaliser l’attention sur le vécu individuel du condamné, sur les aspects people de l’affaire. Autrement dit, la justice française n’apparaît pas dans sa dignité, qui est de juger tout le monde de la même manière, sachant que des condamnés qui font de la prison alors qu’ils ont interjeté appel, il y en a beaucoup en France comme ailleurs.

Non sans raison, Página/12 n'accorde aucune place en Une
à un scandale de corruption en France
La rédaction préfère travailler sur la corruption
au sein de la présidence nationale :
le scandale de la cripto-monnaie £ Libre
connaît de nouveaux développements judiciaires
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Il faut toutefois être attentif aux clichés choisis pour la Une. Ils montrent un Sarkozy fermé et non pas triomphant comme on l’a très souvent montré hier dans les médias français.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Argentine :


lundi 20 octobre 2025

Le Louvre à la Une sur les bords du Río de la Plata [ici]

En gros titre : la victoire de Rodrigo Paz en Bolivie
En photo : l'angle du Louvre et la fameuse nacelle
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Les quotidiens de Buenos Aires et de Montevideo n’ont pas résisté à la tentation de faire apparaître sur leur Une le cambriolage hollywoodien qui a eu lieu hier matin au Louvre dans la galerie d’Apollon !


En haut, à droite : Vol de cinéma dans le plus
célèbre des musées
En gros titre : les menaces du trafiquant de drogue
ami et financier de José Luis Espert : Si je parle,
le pays s'écroule
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Photo principale pour le vainqueur des
élections en Bolivie
En haut à gauche : un titre secondaire
sur le vol au Louvre
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La même photo du monte-charge collé à l’angle du pavillon sud-est du plus grand musée du monde apparaît un peu partout, non seulement en Argentine et en Uruguay mais aussi dans bien d’autres pays. Il est vrai que la vue est photogénique ! Et puis elle fait bien rigoler dans le monde entier, il faut le reconnaître aussi.

Gros titre pour Rodrigo Paz en Bolivie
et en dessous, photos du Louvre
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Pour ma part, j’ai appris la nouvelle en regardant le journal télévisé sur une chaîne ukrainienne !


La Prensa a préféré montrer
la couronne de l'impératrice Eugénie
dans sa vitrine avant le cambriolage
Le seul des joyaux volés qui ait été retrouvé
à cette heure
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© Denise Anne Clavilier

jeudi 16 octobre 2025

L’Uruguay dépénalise l’euthanasie [Actu]

Une du grand quotidien de Montevideo
ce matin
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Premier pays d’Amérique latine et troisième au monde à le faire, l’Uruguay vient de légaliser l’euthanasie par un vote définitif et ample du Sénat hier, tard dans la soirée.

Le projet de loi sur la mort digne vient d’être approuvé par 20 voix pour sur un total de 31 exprimées. C’était un projet porté par l’actuelle majorité de gauche qui a pris ses fonctions en mars dernier, lors de la prestation de serment du président Orsi du Frente Amplio.

La Nación, son homologue de l'autre
côté du Río de la Plata, à Buenos Aires
a consacré un petit espace de sa Une
à l'événement, en bas à droite
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La nouvelle ne fait pas autant de bruit médiatique qu’on pourrait l’imaginer. Il est vrai que les Uruguayens ont l’habitude maintenant de tracer la voie de ces changements sociétaux sur leur continent, après l’avortement, le mariage pour les couples de même sexe et maintenant la fin de vie.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 14 mai 2025

Le guerrier a enfin trouvé le repos – Pepe Mujica n’est plus [Actu]

Dans mon pays, quelle tristesse, titre Página/12
sur ce dessin de Daniel Paz
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Il y a un an, Pepe Mujica apprenait qu’il était atteint d’un cancer difficile à soigner dans les conditions de santé qui étaient les siennes. Il avait alors 88 ans. En janvier, il avait annoncé à des journalistes qu’il ne donnerait plus aucune interview et qu’il était mourant (il avait alors fait arrêter ses soins thérapeutiques, devenus inutiles et douloureux). Il avait dit ce jour-là que « le guerrier méritait son repos ». Dimanche, les Uruguayens se sont rendus aux urnes pour élire leurs maires. Seule sa femme a pu aller voter. Il était trop malade pour se déplacer. Le président Orsi, son successeur indirect et ami de militance, est alors allé le visiter chez lui. Ce soir-là, Orsi a annoncé qu’il avait trouvé Mujica au plus mal et bien entouré. Le lendemain, sa femme espérait publiquement qu’il allait pouvoir tenir jusqu’au 20 mai, le jour de son 90e anniversaire.

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Pepe Mujica n’aura pas pu aller jusque là. Il est décédé dans la nuit d’avant-hier à hier. L’Uruguay pleure depuis hier matin l’un de ses trois présidents de gauche, l’un des leaders moraux de la gauche sud-américaine, lui qui n’a jamais cessé ses activités d’horticulteur dans sa petite exploitation près de Montevideo et qui a mené sans discontinuer une vie très modeste, dans une maison minuscule, avec un pot-de-yaourt en guise de voiture.

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Il n’aura fait qu’un seul mandat, coincé entre les deux exercés par son compagnon Tabaré Vázquez, lui aussi décédé d’un cancer il y a quelques années. Venu de la lutte armée contre la dictature sous la guerre froide et de la prison politique pendant des années, Pepe Mujica aura été l’un des plus puissants champions de la démocratie et de l’État de droit dans sa pratique politique au pouvoir puis après la fin de son mandat. Une dignité exceptionnelle. Et c’est bien pour cela que les Uruguayens lui rendent hommage aujourd’hui.

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Son corps repose au Parlement. On attend l’arrivée de Lula qui rentre précipitamment de Pékin où il est allé rencontrer Xi après l’avoir croisé à Moscou près de son ami Vladimir…

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Après cette veillée funèbre d’État, Pepe Mujica sera inhumé dans son jardin, près de sa chienne Manuela, une bête qui fut plus qu’un animal de compagnie pour lui. L’Uruguay a mis ses drapeaux en berne.

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Mileí a failli ne pas réagir à ce décès. Il a fini par présenter des condoléances et il s’est contenté du minimum syndical. Un comportement grossier comme d’habitude.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
dans la presse uruguayenne :
lire le premier article de El País
lire le premier article de El Observador
lire le premier article de LR 21
lire le premier article de Grupo R Multimedio, du groupe La República
dans la presse argentine :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación