Affichage des articles dont le libellé est Uruguay. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Uruguay. Afficher tous les articles

jeudi 27 août 2026

Le candombe et toute la musique pleurent Rubén Rada [Actu]

"Adieu au musicien du peuple", dit le gros titre
du principal quotidien uruguayen
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Rubén Rada était musicien, chanteur, percussionniste, compositeur et acteur puisqu’il avait aussi joué dans divers téléfilms et feuilletons télévisuels où son sens de l’humour faisait merveille.

Le musicien de 83 ans était hospitalisé depuis un mois dans son Uruguay natal pour une affection pulmonaire qui a fini par l’emporter hier, à 15h30, alors qu’il avait encore plein de projets d’enregistrements et de spectacles. Le gouvernement uruguayen a décrété un jour de deuil officiel et il a accordé à l’artiste disparu de grands honneurs funéraires avec une veillée qui se tiendra aujourd’hui dans la salle des Pas perdus du Parlement à Montevideo, sa ville natale, à partir de 14h (la veillée sera ouverte à tous).

"Le tambour ne se taira pas", dit le gros titre
du supplément culturel quotidien de Página/12
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Rubén Rada, c’était par excellence le grand du candombe, un genre typique de la culture afro-rioplatense dont la plus grande partie s’exprime en Uruguay depuis le milieu du 19e siècle, le candombe que symbolisent les hauts tambours si reconnaissables dans les défilés de carnaval. Il en avait fait son instrument de prédilection. Au-delà du candombe, Rada avait inclus dans son œuvre tous les autres genres de la musique populaire de la région, devenant ainsi l’un des meilleurs représentants de la fusión, comme le titre Página/12 ce matin. En mêlant le candombe uruguayen, le rock, un bon nombre de genres musicaux du Brésil, pays dont sa mère était originaire, et le jazz, il avait inventé le candombe-beat et c’est ainsi qu’il est honoré dans la presse de son pays.

La tragédie qui s'est abattue sur le Népal hier
relègue à des titres secondaires la disparition du musicien
Ici, en haut à droite, à la hauteur du titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Dans son enfance et sa jeunesse, il avait aussi été inspiré par le cinéma états-uniens dont il se régalait gratuitement dans une salle de son quartier : Fred Astaire, Gene Kelly et Franck Sinatra ont été parmi ses premières idoles. Il les imitait et il avait ainsi absorbé l’héritage.

Rubén Rada laisse derrière lui une œuvre multi-facette de plus de 40 albums enregistrés et publiés. En avril, il avait annoncé son retour prochain sur scène. Buenos Aires espérait le recevoir dans l’une de ses grandes salles comme à chacune de ses tournées internationales.

Aujourd’hui, dans la presse, la plupart des journaux lui consacrent plusieurs articles dont La Nación qui a mis en ligne un papier illustré de six vidéos intégrées pour rendre hommage au répertoire de l’artiste. A consulter par conséquence en priorité !

Même stratégie rédactionnelle à La Nación
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La presse uruguayenne étant de moins en moins accessible ouvertement en ligne, elle est donc malheureusement peu présente dans ma revue de presse alors qu’elle est plus importante sur ce sujet que la presse argentine. El Observador republie aujourd’hui la dernière interview que lui avait accordée Rubén Rada. Il y avait abordé son rêve avorté de carrière dans le football, son peu d’amour pour l’école (il n’est même pas allé au bout du cycle primaire) et l’expérience qu’il avait faite du racisme dont il a été victime au cours de sa vie (malheureusement, la présence d’une forte culture afro-américaine en Uruguay ne préserve pas le pays de ce fléau).

A Montevideo, à l’annonce de cette triste nouvelle, les gens sont sortis dans la rue avec leurs instruments, dont ces fameux tambours, et ils lui rendent hommage en musique et en chanson.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Argentine :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire le premier article de La Nación (reprenant hier soir une dépêche de l’AFP)
lire l’article de La Nación sur et avec les meilleures chansons de Rubén Rada
en Uruguay :
lire l’article principal de LR21 (ex-La República)
lire l’article principal de El Observador
lire la dernière interview dans El Observador qui publie l’entretien par écrit et en vidéo

mardi 10 février 2026

C’est carnaval de part et d’autre du Río de la Plata [à l’affiche]

Photo officielle du carnaval de Concordia
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Depuis hier, Página/12 nous emmène au Carnaval qui vient de débuter de part et d’autre du Río de la Plata. Le quotidien argentin met l’accent sur les racines afro-américaines remises en valeur cette année par les différentes comparsas qui animent les rues nocturnes de Montevideo, Concordia (dans la province de Entre-Ríos, dans la région nord-est de l’Argentine et même de Lincoln, petite cité de la province de Buenos Aires.

Photo officielle du carnaval de Lincoln
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Si la composante afro-américaine est très présente dans la culture uruguayenne (comme dans la culture brésilienne voisine), elle est restée beaucoup plus discrète dans celle de l’Argentine dont les classes dominantes l’ont durement combattue tout au long du 19e siècle et jusqu’il y a quelques années seulement. Sous Javier Mileí, l’Argentine officielle renoue avec un racisme presque assumée, comme à la Maison Blanche, et s’efforce à nouveau d’étouffer cette réalité historique indéniable.

Le carnaval est donc toujours ce lieu où le peuple défie les puissants et critiquent les gouvernants.

Une du supplément culturel quotidien de Página/12 d'hier
sur le Carnaval de Montevideo
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le carnaval va se déployer jusqu’à la fin du mois même si la tradition voudrait qu’il s’arrête le Mardi-Gras mais cela fait longtemps que l’arrivée du Carême (mercredi, la semaine prochaine) ne joue plus aucun rôle dans ce calendrier festif.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 d’hier sur l’entrée en carnaval de Montevideo
lire l’article de Página/12 d’hier sur l’entrée en carnaval de Lincoln
lire l’article de Página/12 d’aujourd’hui sur l’entrée en carnaval de Concordia

jeudi 16 octobre 2025

L’Uruguay dépénalise l’euthanasie [Actu]

Une du grand quotidien de Montevideo
ce matin
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Premier pays d’Amérique latine et troisième au monde à le faire, l’Uruguay vient de légaliser l’euthanasie par un vote définitif et ample du Sénat hier, tard dans la soirée.

Le projet de loi sur la mort digne vient d’être approuvé par 20 voix pour sur un total de 31 exprimées. C’était un projet porté par l’actuelle majorité de gauche qui a pris ses fonctions en mars dernier, lors de la prestation de serment du président Orsi du Frente Amplio.

La Nación, son homologue de l'autre
côté du Río de la Plata, à Buenos Aires
a consacré un petit espace de sa Une
à l'événement, en bas à droite
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La nouvelle ne fait pas autant de bruit médiatique qu’on pourrait l’imaginer. Il est vrai que les Uruguayens ont l’habitude maintenant de tracer la voie de ces changements sociétaux sur leur continent, après l’avortement, le mariage pour les couples de même sexe et maintenant la fin de vie.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 20 juin 2025

Le Caras y Caretas de juillet rendra hommage à Pepe Mujica [Disques & Livres]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


En juillet, le nouveau numéro du mensuel Caras y Caretas, du groupe médiatique Octubre, qui possède Página/12, rendra hommage à Pepe Mujica, le président uruguayen qui vient de mourir à près de 90 ans, à Montevideo.

La rédaction du mensuel a en fait une réincarnation de José Gervasio Artigas, le père de l’indépendance de l’Uruguay, un personnage historique, lui aussi décédé à un âge très avancé, que la gauche s’est pleinement approprié au prix parfois de quelques entorses à la réalité historique mais c’est le seul leader indépendantiste qu’elle peut revendiquer sans trop être contredite. Elle pourrait aussi en revendiquer d’autres mais comme l’histoire conventionnelle écrite pour l’école par des penseurs de droite en ont déformé la légende, ils ne leur reste qu’Artigas. L’occasion était trop belle pour l’équipe de Caras y Caretas, menée par l’historien péroniste Felipe Pigna.

Beau portrait en couverture !

Le portrait conventionnel du héros
par un peintre largement postérieur (1889)
qui ne l'a jamais rencontré
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Dimanche dernier, ce nouveau numéro était en vente avec l’édition du jour du quotidien Página/12. Il est ou sera disponible, indépendamment du journal, très prochainement dans les kiosques.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’éditorial de Felipe Pigna sur le site du magazine.

mercredi 14 mai 2025

Le guerrier a enfin trouvé le repos – Pepe Mujica n’est plus [Actu]

Dans mon pays, quelle tristesse, titre Página/12
sur ce dessin de Daniel Paz
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Il y a un an, Pepe Mujica apprenait qu’il était atteint d’un cancer difficile à soigner dans les conditions de santé qui étaient les siennes. Il avait alors 88 ans. En janvier, il avait annoncé à des journalistes qu’il ne donnerait plus aucune interview et qu’il était mourant (il avait alors fait arrêter ses soins thérapeutiques, devenus inutiles et douloureux). Il avait dit ce jour-là que « le guerrier méritait son repos ». Dimanche, les Uruguayens se sont rendus aux urnes pour élire leurs maires. Seule sa femme a pu aller voter. Il était trop malade pour se déplacer. Le président Orsi, son successeur indirect et ami de militance, est alors allé le visiter chez lui. Ce soir-là, Orsi a annoncé qu’il avait trouvé Mujica au plus mal et bien entouré. Le lendemain, sa femme espérait publiquement qu’il allait pouvoir tenir jusqu’au 20 mai, le jour de son 90e anniversaire.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Pepe Mujica n’aura pas pu aller jusque là. Il est décédé dans la nuit d’avant-hier à hier. L’Uruguay pleure depuis hier matin l’un de ses trois présidents de gauche, l’un des leaders moraux de la gauche sud-américaine, lui qui n’a jamais cessé ses activités d’horticulteur dans sa petite exploitation près de Montevideo et qui a mené sans discontinuer une vie très modeste, dans une maison minuscule, avec un pot-de-yaourt en guise de voiture.

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Il n’aura fait qu’un seul mandat, coincé entre les deux exercés par son compagnon Tabaré Vázquez, lui aussi décédé d’un cancer il y a quelques années. Venu de la lutte armée contre la dictature sous la guerre froide et de la prison politique pendant des années, Pepe Mujica aura été l’un des plus puissants champions de la démocratie et de l’État de droit dans sa pratique politique au pouvoir puis après la fin de son mandat. Une dignité exceptionnelle. Et c’est bien pour cela que les Uruguayens lui rendent hommage aujourd’hui.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Son corps repose au Parlement. On attend l’arrivée de Lula qui rentre précipitamment de Pékin où il est allé rencontrer Xi après l’avoir croisé à Moscou près de son ami Vladimir…

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Après cette veillée funèbre d’État, Pepe Mujica sera inhumé dans son jardin, près de sa chienne Manuela, une bête qui fut plus qu’un animal de compagnie pour lui. L’Uruguay a mis ses drapeaux en berne.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Mileí a failli ne pas réagir à ce décès. Il a fini par présenter des condoléances et il s’est contenté du minimum syndical. Un comportement grossier comme d’habitude.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
dans la presse uruguayenne :
lire le premier article de El País
lire le premier article de El Observador
lire le premier article de LR 21
lire le premier article de Grupo R Multimedio, du groupe La República
dans la presse argentine :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación

jeudi 9 janvier 2025

Pepe Mujica a donné sa dernière interview [Actu]

Pepe Mujica dans son domaine horticole
(photo d'archive, par Javier Calvelo)


Comme l’avait fait il y a quelques années son prédécesseur Tabaré Vázquez, Pepe Mujica, le deuxième président de gauche de l’Uruguay, vient de donner sa dernière interview. En avril dernier, les médecins lui avaient diagnostiqué un cancer de l’œsophage difficile à traiter chez un homme de plus de quatre-vingt ans qui souffre déjà de plusieurs maladies chroniques.

Aujourd’hui, dans cette interview accordée dans son salon au journal uruguayen Busqueda, il annonce que des métastases ont été découvertes dans un autre organe et qu’il refuse de continuer les traitements, qui de toutes manières sont désormais vains et physiquement impossibles à supporter.

Se sachant au seuil de la mort, l’ancien guérillero, reconverti en horticulteur, prend congé de ses compatriotes avec des mots très émouvants sur ce qu’est la démocratie (« respecter ceux qui n’ont pas la même opinion que soi ») et salue le triomphe électoral obtenu par la gauche de son pays avec l’élection du troisième président du Frente Amplio, qui sera investi le 1er mars. Il se dit heureux et tranquille pour l’avenir démocratique de son pays et supplie qu’on le laisse s’en aller en paix, dans la sérénité familiale.

Une grande leçon de vie par un bonhomme qui aura bien mérité de la démocratie.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

voir l’entrefilet sur cette interview historique de Pepe Mujica publié en ligne par Busqueda (la recherche)

lundi 25 novembre 2024

L’Uruguay passe à gauche. Le Chili y reste [Actu]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Comme on pouvait le deviner après le premier tour, il y a un mois, la gauche uruguayenne avait du vent dans les voiles pour ce scrutin présidentiel qu’elle vient de remporter.

Orsi salue ses partisans en compagnie de la future vice-présidente
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

C’est donc Yamandú Orsi qui sera le prochain président de la République orientale de l’Uruguay le 1er mars 2025. Avec une impressionnante participation électorale de 90 % des inscrits, le Frente Amplio, l’organisation qui fédère toute la gauche du pays, a gagné 125 000 voix de plus qu’au premier tour. Un chiffre impressionnant dans un pays de quatre millions d’habitants.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La majorité sortante (droite libérale) a reconnu sa défaite avec élégance et loyauté, tôt dans la soirée électorale, le président se mettant même « aux ordres » de son successeur pour organiser dans les meilleures conditions la phase de transition qui dure un peu plus de trois mois.

La Prensa fait peu de cas de ce qu'il se passe
de l'autre côté du Río de la Plata !
En revanche, les réjouissances footeuses
au cœur de Buenos Aires au lendemain d'une victoire du Racing...
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le futur président prend ainsi la relève du regretté Tabaré Vázquez, le cancérologue distingué et le catholique pratiquant, et de Pepe Mujica, l’horticulteur (toujours en activité malgré la maladie et ses près de 90 ans) et l’ancien guerrillero révolutionnaire. Le parcours de Orsi est très différent. Son père, d’abord agriculteur dans le secteur vinicole, était devenu épicier de quartier dans la ville de Canellones. Le fils a repris l’activité commerciale de la famille avant de suivre des études pour devenir professeur d’histoire dans le secondaire, un métier qu’il exerçait encore il n’y a pas si longtemps. Il a aussi été danseur folklorique, ce qui est un bon signe pour le monde de la culture. Yamandú Orsi n’a pas promis la révolution mais le retour, dans le calme et l’écoute de tous les courants politiques du pays, au chemin de justice sociale ouvert par ses deux prédécesseurs et dont le président sortant, Lacalle Pou, s’était notablement écarté.

Là encore, admirez la hiérarchie des photos
et des sujets !
Et pourtant La Nación se veut le journal
le plus sérieux de toute l'Argentine...
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Sur le plan social et culturel, l’Uruguay peut espérer une politique plus égalitaire, une économie mieux régulée, une lutte pour l’émancipation des femmes et une action climatique. Sur le plan diplomatique, il faudra voir ce que fera le nouveau chef d’État vis-à-vis des États-Unis de Trump, du Mercosur, de l’Ukraine (qui était soutenue par Lacalle Pou) et du conflit au Moyen-Orient où l’on peut s’attendre à un soutien plus affirmé au peuple palestinien.

Le pire dans ce genre, c'est cette Une
qui ne propose même pas la photo de l'élu uruguayen !

Dans un premier temps, l’élu a affirmé sa volonté de maintenir un voisinage fluide avec l’Argentine, alors même que Mileí fait tout, absolument tout, pour entretenir les pires relations avec ses voisins lorsqu’ils sont gouvernés à gauche. Ainsi s’est-il brouillé avec Lula au Brésil et Gabriel Boric au Chili. Orsi risque de se sentir très seul ! Et pourtant c’est bien lui qui a raison.

Página/12 préfère montrer la foule uruguayenne en liesse
après la publication des résultats
"En face, le front", dit le gros titre
avec un jeu de mot avec le nom de la coalition gagnante
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

De l’autre côté du continent, dans la même journée, les élections régionales ont redonné de l’élan au président de centre-gauche Gabriel Boric, l’un des rares soutiens de l’Ukraine du continent de ce côté-là du spectre politique. Ce qui fait dire à Página/12 que l’Amérique du Sud est en train de retourner à la gauche après un virage à droite qui s’est partout traduit par des atteintes à l’État de droit et au développement social et écologique.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Dans la presse uruguayenne :
lire l’article principal de El Observador
lire l’article principal de La Red 21 (journal en ligne)
lire l’article de Une de Grupo R Multimedio (journal en ligne), ex La República
La lecture de El País est réservée aux abonnés

Dans la presse argentine :

lundi 28 octobre 2024

En Uruguay, le peuple penche à gauche [Actu]

"Orsi contre Delgado
La coalition rassemble 47,1% et le FA 43,7%",
dit le titre du grand quotidien uruguayen
sous une forme volontairement trompeuse.
La "coalition" dont il est question ici correspond
aux partis de droite qui sont partis en ordre dispersé
tandis que la gauche (Frente Amplio) a fait
son unité opérationnelle il y a plusieurs décennies
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Les élections générales qui se sont tenues hier en Uruguay présentent ce matin un paysage politique encore incertain.

"Face à face", titre le quotidien de gauche
Diario La R (República) Digital
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pour la présidence de la République orientale de l’Uruguay, le nom officiel du pays, la gauche est très nettement en tête puisque le duo président et vice-présidente proposé par le Frente Amplio n’a manqué que de quelques points de pourcentage pour remporter l’élection dès le premier tour. Il faudra toutefois retourner dans les bureaux de vote dans quelques semaines. Ce n’en est pas moins une défaite pour l’actuel président de la droite libérale qui voit le candidat de sa formation nettement battu (en Uruguay, le chef de l’État ne peut pas se succéder à lui-même).


"En relevant le front", titre Página/12,
le journal de la gauche argentine, avec son jeu de mot habituel
En photo, de dos, Orsi, le candidat à la présidence,
et à ses côtés, la future probable vice-présidente.
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Pour le Parlement, les résultats sont moins nets : si la gauche devient majoritaire à la chambre basse, il n’en va pas de même au Sénat où la majorité reste incertaine. A droite, les partis pourraient donc concrétiser une coalition de gouvernement pour combattre la gauche, laquelle pourrait bien s’emparer de l’exécutif national.

Sur la Une de La Prensa, l'information
n'a droit qu'à un titre très secondaire
(à gauche, dans l'encadré rouge du haut)
Le titre principal est consacré au budget
argentin actuellement débattu au Congrès
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Une petite revue de presse uruguayo-argentine s’impose.

C'est plus clair à la Une de Clarín :
le duo en tête de face
et un titre qui dit clairement que la gauche a gagné
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Uruguay :

Pour les autres titres, on se contentera des unes puisque les sites Web limitent l’accès au contenu des articles

En Argentine :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación


La Nación a préféré montré les deux
candidats du second tour
Orsi est à gauche (comme il se doit !)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

dimanche 7 mai 2023

Les Uruguayens ont béatifié le premier évêque de Montevideo. Là-bas aussi, il pleuvait [Actu]

Une du journal de la gauche militante
(en général assez peu confite en dévotion)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Hier, samedi, dans le plus grand stade de la capitale, les Uruguayens ont célébré la béatification de monseigneur Jacinto Vera, le premier évêque de Montevideo, qui a été une figure pacificatrice après les affres de la guerre civile qui a ravagé le pays pendant la révolution indépendantiste et après.

Un peu d’histoire : tout le territoire qui correspond aujourd’hui à l’Uruguay a longtemps appartenu au gigantesque diocèse colonial de Buenos Aires, qui comprenait également toute l’actuelle province du même nom, une partie de la province de Entre-Ríos et toute celle de Corrientes, avec un évêque de Buenos Aires qui a été assassiné dans les premières années de la Révolution et qui n’a pas pu être remplacé puisque dans l’Ancien Régime, c’était le roi d’Espagne qui effectuait les nominations qui étaient ensuite envoyées à Rome pour que le Pape termine le travail avec les instruments de droit canoniques qui validaient la nomination. Il a donc fallu attendre que les indépendances soient déjà solidement établies pour que leur reconnaissance par le Saint-Siège, lui-même sous pression de l’Espagne pour les refuser, permette d’une part la redéfinition des territoires diocésains et d’autre part la nomination de nouveaux prélats en bonne et due forme. C’est ainsi que ce diocèse démesuré est resté privé de responsable de plein droit pendant une bonne vingtaine d’années. Et bien sûr, lorsqu’en 1830, l’Uruguay s’est formellement détaché de ce qui est aujourd’hui l’Argentine, il a fallu effectuer aussi la séparation canonique en créant un diocèse du côté oriental des Ríos Uruguay et de la Plata.

C’est ainsi que Jacinto Vera, né l’année de la toute première expression de la volonté d’indépendance orientale portée par les députés représentant la Banda Oriental à la Assemblea del Año XIII (1813), a reçu la charge du nouveau diocèse de Montevideo qu’il a tenue jusqu’à sa mort, survenue en 1881.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Son lointain successeur, près de deux siècles plus tard, le premier cardinal uruguayen, monseigneur Daniel Sturla, élevé à la pourpre par François il y a quelques années, a donc présidé la cérémonie qui a réuni, au premier rang d’une nombreuse foule d’inconnus tout le gratin politique du pays.

Pour une fois, les rivalités et les oppositions partisanes se sont tues. Tout le monde était gentiment assis côte à côte et ils se sont tous salués avec courtoisie. Il faudrait porter au crédit du nouveau bienheureux : c’est une sorte de miracle.

L’événement est si important à l’est du Río de la Plata qu’il éclipse toute la « Royal pageantry » d’hier à Westminster et Buckingham Palace ! Autre bel exploit, reconnaissons-le.

En revanche, pas un mot dans la presse argentine.

Le cardinal Mario Poli, archevêque de Buenos Aires et primat d’Argentine, avait fait le voyage.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 28 avril 2023

En Uruguay, l’âge de la retraite passe de 60 à 65 ans [Actu]

"La réforme des retraites est votée
et Lacalle en prend la responsabilité", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le Sénat uruguayen a voté hier cette réforme de la sécurité sociale qui monte à 65 ans l’âge de la retaite pour tous les travailleurs nés à partir de 1977. Il leur faudra trente ans de travail pour faire valoir leurs droits.

"Le Sénat sanctionne définitivement la loi
de réforme des retraites"
En-dessous, les questions bouchères liées
aux festivités du 1er mai : y aura-t-il de la viande
abordable pour le super-barbecue du lundi férié

Pour les salariés nés en 1973, ils pourront partir à 61, pour ceux nés en 1974, ils partiront à 62 ans et ainsi de suite jusqu’à 1977.

Sont exclus de cette réforme les ouvriers des travaux publics et de l’agriculture.

Une fois que la loi aura été promulguée, les personnes comptant 38 ans de cotisation, quelle que soit leur année de naissance, pourront faire valoir leurs droits à 63 ans et celles qui comptent 35 ans de travail pourront le faire à 64 ans.

Un député de l'opposition accuse la coalition au pouvoir
de n'être unie que par son hostilité au Frente Amplio
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cette réforme a été votée uniquement par les parlementaires de la coalition de droite actuellement au pouvoir et elle suscite la colère du Frente Amplio, la coalition de tous les partis de gauche qui vise la succession à la présidence à la fin du mandat (non renouvelable immédiatement) du président.

Peu après le vote, le président ultra-libéral Lacalle Pou a fait une allocution télévisée. On se croirait en France !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Uruguay :
lire l’article de El País (en Uruguay, c’est un journal de droite)
lire l’article de El Observador
lire l’article de Diario R. Multimedio (journal de gauche, soutenant le Frente Amplio), ex-La República
en Argentine :
lire l’article de La Prensa

Ajout du 29 avril 2023 :
lire cet article de Página/12 (Argentine) qui fait une belle place aux manifestations populaires contre la réforme.