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lundi 2 décembre 2013

Concert de Noël à la Maison de l'Argentine [ici]


Vendredi 13 décembre 2013, à 20h, la Maison de l'Argentine à Paris (Cité Universitaire, 27 bld Jourdan, Paris 14), propose un concert de Noël de sa chorale (coro de la Casa Argentina) dirigée par Mauro Fantín accompagné d'une formation instrumentale.

Au programme, deux œuvres emblématiques de Ariel Ramírez, la Misa Criolla (première messe en espagnol, composée en 1963, juste après que le Concile Vatican II ait autorisé la messe en langue vernaculaire et alors que les textes liturgiques officiels n'étaient pas encore parus) et Navidad Nuestra, ensemble de sept mystères de la Nativité médités en musique selon des traditions du folclore argentin ( Annonciation, Voyage à Bethléem, Nativité, Adoration des Bergers, Adoration des Rois Mages et Fuite en Egypte). Un concert de Noël comme là-bas !

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

lundi 24 décembre 2012

Navidad en verano – Noël en été [Troesmas]


Au premier plan, les fleurs de ceibo, qui est la fleur nationale, dans sa splendeur estivale.
Au second plan, les deux tours et les flèches de la Basilique nationale de Luján (Prov. de Buenos Aires)

Chanson de Noël, récente comme à peu près tout dans le Nouveau Monde par rapport à nos traditions séculaires : elle a été composée par le grand compositeur folcloriste Ariel Ramírez (1) et écrite par l'historien et parolier Félix Luna (2), tous deux profondément patriotes et attachés à l'identité culturelle de leur Argentine natale comme même la fête de Noël, dans ses aspects bien profanes, leur donnait l'occasion de le proclamer et de le revendiquer...

Navidad en verano

Mi Navidad está metida en el verano
no tiene pino ni la nieve le da luces.
Mi Navidad con el calor va de la mano
y un dulce olor a sidra y a pan dulce.

Paz a todos los hombres,
paz en la tierra.
En mi tierra caliente
y en la que nieva.

Mi Navidad no viene nunca en un trineo
Papá Noël en esta tierra es un extraño
Mi Navidad es la jazmín de fin de año,
es la felicidad que te deseo.
(Felix Luna)

Noël en été

Mon Noël à moi est planté en plein été
il n'a pas de sapin ni même de neige pour le faire resplendir.
Mon Noël à moi marche main dans la main avec le beau temps
et l'odeur sucrée du cidre et du pan dulce (3)

Paix à tous les hommes,
Paix sur la terre.
Sur ma terre sous le soleil
et sur celle où il neige.

Mon Noël à moi ne vient jamais en traîneau
Le Père Noël est un étranger sur cette terre.
Mon Noël à moi c'est le jasmin de la fin d'année
C'est le bonheur que je te souhaite...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Voilà qui est dit !

Joyeux Noël !
¡Feliz Navidad!

Pour voir d'autres villancicos argentins, reportez-vous à mon article du 20 décembre 2008...

Crèche argentine, facture du Nord-Ouest, cette zone qui se situe entre le Chili et la Bolivie (actuelles Provinces de Salta et de Tucumán)

(1) Voir mes articles sur Ariel Ramírez. Que vous pouvez faire remonter aussi en page d'accueil en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search ci-dessus.
(2) Voir mon article du 6 novembre 2009 sur la mort de Felix Luna. Il y a beaucoup moins d'articles sur lui dans Barrio de Tango que sur le compositeur, mais son nom figure néanmoins parmi les mots-clés du bloc Pour chercher ci-dessus.
(3) Voir la recette de Pan Dulce que je vous ai donnée en français dans Barrio de Tango, le 5 décembre 2012. Si le cidre a une odeur sucrée, c'est qu'en Argentine, on l'apprécie très sucré, presque comme une boisson obtenue à partir d'un sirop coupé d'eau, avec le faible degré alcoolique qui caractérise cette boisson, comme c'est la tradition en Galice, d'où provient le goût des Argentins pour ce breuvage. Rien à voir avec le caractère sec et cette pointe presque astringente ou râpeuse que l'on apprécie en Bretagne et en Normandie aussi, encore qu'à un degré légèrement moindre.

vendredi 6 novembre 2009

Adieu à Félix Luna [Actu]

Félix Luna était un journaliste, un historien, un vulgarisateur de grande qualité et un artiste passionnément et inconditionnellement épris de son pays, l’Argentine. Il est décédé, jeudi, à l’âge de 84 ans à l’issue de plusieurs mois d’hospitalisation. Ses amis l’avaient surnommé Falucho (bicorne).

Félix Luna a été le fondateur, en 1967, de la revue Todo es Historia, un magazine grand public qui est devenu au fils du temps une véritable institution pour les passionnés d’histoire en Argentine. Depuis quelques années, c’est l’une de ses filles qui en assure la direction effective.

Félix Luna est le co-auteur avec Ariel Ramírez de la fameuse Misa de la Navidad qui a fait le tour du monde et dont on vend des milliers de disques tous les ans à la période de Noël. C’est lui aussi qui a écrit et composé Alfonsina y el mar, chanson très souvent présente dans les tours de chant des artistes de tango, et qui a été écrite en hommage à la grande poétesse argentine Alfonsina Storni (née en Suisse en 1892 et décédée en Argentine en 1938), membre de ces groupes d’intellectuels qui firent la gloire du Gran Café Tortoni, au 825 Avenida de Mayo. Alfonsina Storni a connu un destin tragique : au sommet de sa gloire littéraire, elle se noya volontairement au large de Mar del Plata, pour échapper au cancer dont elle se savait atteinte.

Du côté de l’histoire, Félix Luna a écrit des ouvrages fondateurs, sur le Président Yrigoyen (1954), sur le Général et Président Roca (1989), sur l’année charnière que fut l’année 1945 pour l’histoire argentine (1968) et trois volumes sur Perón, alors qu’il était lui-même radical dans l’âme, donc profondément opposé idéologiquement à la politique qu’a menée Perón (1). Il est aussi l’auteur d’un essai synthétique sur l’histoire générale du pays, intitulé Breve historia de los argentinos, un petit ouvrage distribué en Europe.

Félix Luna s’était brièvement engagé sur le terrain politique en devenant entre 1986 et 1989 le Secrétaire à la Culture du Conseil municipal de Buenos Aires (avant que la capitale, déjà autonome depuis 1880, se dote d’une Constitution et donc d’un Gouvernement et d’une Chambre législative, comme aujourd’hui).
Félix Luna était membre de la Academia Nacional de Historia et de la Academia del Folklore de la República Argentina. C’est d’ailleurs le président de cette institution qui s’est chargé d’annoncer la nouvelle du décès et les modalités des cérémonies funèbres.

Les hommages sont nombreux dans tous les quotidiens argentins aujourd’hui.
Pour en savoir plus :
Lire l’article général de Página/12
Lire l’article général de La Nación
Voir la galerie d’images proposée par La Nación
Voir la dernière interview de Félix Luna accordée à La Nación disponible en vidéo sur le site du journal.
Lire l’article général de Ñ, le supplément culturel de Clarín
Lire la dernière interview donnée par Felix Luna à ÑLire l’article général de La Prensa
Lire l’article général de Crítica de la Argentina
Lire la dernière interview de Félix Luna à Crítica (c’était le 20 juillet dernier).

(1) L’UCR (Unión Cívica Radical), parti auquel il appartenait par conviction personnelle et tradition familiale, était porteuse de la première idéologie nationaliste argentine favorable à l’autonomisation de l’économie du pays. L’UCR a subi de plein fouet la concurrence politique du péronisme au milieu des années 40 et le parti est depuis l’une des forces d’opposition les plus constantes au péronisme.

samedi 20 décembre 2008

Navidad criolla [Coutumes]

Un choix de villancicos argentins, signés par quelques grandes plumes du pays, Cátulo Castillo (grand poète et non moins grand compositeur de tango, né en 1906 et décédé en 1975, qui fut l'un des grands présidents de la Sadaic), le folkloriste mondialement connu, auteur-compositeur-interprète et guitariste, Atahualpa Yupanqui (Pergamino, Pr. de Buenos Aires 1908 - Nîmes, en France, 1992) et l'historien, homme politique radical et parolier de chansons Felix Luna (né à Buenos Aires en 1925).

Ces villancicos font partie du disque Navidad 2000 Los Arroyeños, chez Epsa, Buenos Aires 1997, conçu et enregistré par quatre chanteurs-instrumentistes : Miguel Angel Inchausti (pianiste et ténor), Gustavo Santa Coloma (guitariste et baryton), Fernando Collados (charanguiste, guitariste et tenor, le charangua est un instrument amérindien à cordes pincées, comme la guitare) et Luis Araujo (percussioniste et basse).

En un burrito orejón (Sur un petit âne à grandes oreilles)
Zamba, de Víctor Schlichter et Cátulo Castillo (1)

No llores más vida mía
Que llega la Navidad
San José con María vendrán
Con un burro orejón
Cargadito de turrón
San José con María vendrán
Y en un burro orejón
Por aquí pasarán.

En pleure pas, mon chéri
Car Noël arrive
Saint Joseph et Marie viendront
avec un âne aux grandes oreilles
tout plein chargé de turron (2)
Saint Joseph et Marie viendront
et sur un âne aux grandes oreilles
ils passeront par ici.

No llores más mi guaguita
Que estoy amasando el pan.
Mazapán con miel y humita fiel
Calentita en la sartén.
Vendrán en un burrito
Caminito por Belén
Amados los dos amados
Amados del Niño Dios.
Por aquí vendrán
Y te besarán
Corazón de mazapán.

Ne pleure pas, mon bébé mignon,
car je suis en train de pétrir le pain.
De la pâte d'amande au miel et la bonne humita (2) toute chaude dans la poêle.
Ils viendront sur un petit âne
en chemin pour Bethléem.
Tout aimés tous les deux, tout aimés
Aimés par l'Enfant Dieu.
Ils viendront par ici
et ils t'embrasseront
Mon petit cœur en sucre (2).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

El niño duerme (L'enfant dort)
Arrullo (berceuse) Atahualpa Yupanqui

La noche con la espumita del río
Te está tejiendo un encaje, mi niño.

La nuit avec l'écume du fleuve
est en train de te tisser un tricot, mon enfant.

Quiero la estrella del cielo más bella
Para hacerte un sonajero, mi niño.

Je veux l'étoile du ciel la plus belle
pour te faire un hochet, mon enfant.

El niño se está dormiendo sonriendo
Ah ah mi niño

L'enfant s'est endormi en souriant.
Mon enfant, mon enfant.

Que bello mundo es tu mundo mi niño
Ah ah mi niño

Quel beau monde est le tien, mon enfant
Mon enfant, mon enfant...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Navidad en verano (Noël en été),
Canción, Ariel Ramírez et Felix Luna

Mi Navidad está metida en el verano
No tiene pinos ni la nieve le da luces;
Mi Navidad con el calor va de la mano
Y un dulce olor a sidra y a pan dulce...

Mon Noël est fourré en été
Il n'a pas de pin, et la neige ne lui donne pas son éclat ;
Mon Noël va main dans la main avec le temps chaud
et une odeur sucrée de cidre et de pan dulce... (2)

Paz a todos los hombres
Paz en la tierra,
En mi tierra caliente
Y en la que nieve

Paix à tous les hommes
Paix sur la terre
Sur ma terre chaude
et sur celle où il neige

Mi Navidad no viene nunca en un trineo
Papá Noel en esta tierra es un extraño
Mi Navidad es el jazmín de fin de año,
Es la felicidad que te deseo.

Mon Noël en vient jamais en traîneau
Le Père Noël sur cette terre est un étranger (3)
Mon Noël c'est le jasmin de la fin d'année,
C'est le bonheur que je te souhaite...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

(1) Une zamba est une danse et une musique folklorique des provinces nord de l'Argentine, apparentée à la samba brésilienne.
(2) Turrón, sidra, mazápan et pan dulce :
les spécialités gastronomiques de Noël enArgentine et en Uruguay.
Le turrón est celui apporté par les immigrants de la côte du Levant espagnol (Alicante, Jijona, Valencia, les marques 1880, El Almendro, La Jijonenca par exemple), plus que les tourons fabriqués en Catalogne et au Pays Basque (surtout du côté français). Les Italiens aussi, qui représentent 50% de l'immigration des années 1880 à 1930, ont, dans les régions de Florence et de Turin, un torrone qui se situe entre le nougat de Montélimar et le turrón duro (appelé aussi turrón de Alicante ou Torta Imperial) et le Panforte de Sienne, qui ressemble aussi à certaines spécialités de l'Espagne intérieure.
La sidra : le cidre est arrivé dans le sillage des Navarrais et des Galiciens. La plupart des cidres dans le monde sont plutôt doux et sucrés. Le cidre breton en fera donc pas trop l'affaire en l'occurrence. Pour une table de Noël à l'Argentine, chercher des sidres espagnols (marque La Gaita, par exemple) ou certains cidres doux basques ou normands.
Le mazápan : pâte d'amande présentée sous forme de petits sujets. Une tradition espagnole. Voir les marques de turrón ou les tourons qu'on fabrique à Biarritz, en pays palois, dans l'ensemble des Pyrénées françaises. Certains massepains provençaux ou alsaciens peuvent faire l'affaire.
Le pan dulce : la version argentino-uruguayenne du Pannetone du nord de l'Italie, avec fruits confits et amandes. A défaut de cette version australe, un vrai Pannetone fera très bien sur la table (je vous donnerai bien la recette mais avec nos températures d'hiver, bonjour les consommations d'énergie pour mettre la pièce à la température suffisante pour faire monter comme il faut une pâte levée !). A défaut de Pannetone de Turin ou de Milan (les meilleurs aux dires des Italiens... du nord), et selon les régions, une brioche des rois conviendra à Bordeaux et dans toute l'Aquitaine (à condition de se passer de l'eau de fleur d'oranger et de mettre les fruits confits dans la pâte et pas dessus) ou un kouglehof en Alsace (il faudra juste utiliser un autre type de moule : un moule à brioche, rond et haut, façon cheminée). En Belgique, on doit pouvoir se débrouiller très bien avec un cramique à condition de lui ajouter des fruits confits et qu'il ne faille pas un vélo pour aller d'un raisin sec à l'autre.
Et pour achever tout à fait la touche criolla de votre table, vous offrirez aussi des cacahuètes caramélisées (ça, ce n'est pas un héritage de l'Europe) : on appelle ça des chouchous dans le Midi, des pralines dans le reste de la France...
(3) ce vers-là, c'est pour dire "US go home!" Parce que Santa Claus (le nom du Père Noël dans son pays d'origine, où il n'est rien d'autre que la version publicitaire que donna Coca Cola à la fin des années 20 à notre Saint Nicolas) a aussi envahi l'Argentine mais les Rois Mages ne s'en laissent pas compter et le tiennent en respect (comme en Espagne d'ailleurs).