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jeudi 28 mai 2020

La Universidad de San Andrés propose une conférence Zoom sur la poésie du tango [à l’affiche]


La Universidad de San Andrés, institution de formation supérieure, vient d’une fondation d’enseignement écossaise qui s’est installée dans toute l’Argentine. C’est une université privée présente sur quatre campus, dont trois dans la partie nord de Buenos Aires.

Cette université (UDESA) propose demain vendredi 29 mai 2020 à 17h (heure argentine) une table-ronde pluridisciplinaire sur les grands poètes du tango que furent Enrique Santos Discépolo, Cátulo Castillo, Enrique Cadícamo, José María Contursi et Eladia Blásquez : Tangos de a dos. Conversando con las letras.

C’est un professeur de philosophie qui coordonne le tout, José Luis Galimidi, et autour de la table échangeront une professeure d’arts plastiques, Lía Munilla, et un professeur d’histoire, Eduardo Zimmermann.

La manifestation est gratuite et sans inscription préalable.
Pour rejoindre la table-ronde, cliquez sur ce lien et faites le code 919 8970 8568.

Il est plus que recommandé d’avoir écouté auparavant trois grands classiques du répertoire : Cambalache, Como dos extraños et La última curda (1). Si vous n’en possédez pas les bons enregistrements, allez les écouter sur Todo Tango, le site encyclopédique argentin sur le Web (voir la Colonne de droite).



(1) Ces trois chefs-d’œuvre font partie du corpus que j’ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru en 2010 aux Éditions du Jasmin.

vendredi 4 février 2011

Susana Rinaldi joue El Patio de la Morocha [à l'affiche]

El Patio de la Morocha est une pièce de théâtre de Cátulo Castillo, de ces pièces simples que l'on appelle sainete porteño, avec chant et musique intégrés dans une intrigue populaire. Initialement, il s'agissait d'un film de Manuel Romero, en 1951, d'après un tango de Mariano Mores (musique) et Cátulo Castillo (letra), lui-même fils d'un des auteurs du genre dans les années 1920, José González Castillo. En 1952, sous le même titre, Aníbal Troilo, dit Pichuco, et Cátulo Castillo unirent leurs talents pour composer une pièce en deux actes portant le même titre et intégrant le tango de Mores, que la chanteuse Virginia Luque interprétait avec tant de succès dans le film et en concert.

L'intrigue est une histoire d'amour doublé d'une satyre des moeurs politiques corrompues traditionnelles de la droite argentine. Au moment de la création, l'oeuvre dénonçait les manigances des anti-péronistes. On était au début du deuxième mandat de Juan Domingo Perón et la pièce resta à l'affiche à peu près aussi longtemps qu'il put se maintenir au pouvoir avant d'être renversé par un coup d'Etat commandité par les Etats-Unis en septembre 1955 (après une première tentative en juin de la même année). Une jeune fille, qui se prénomme -et ce n'est pas un hasard- Argentina, est obligée par son père, politicien véreux de toute petite envergure, d'épouser un barbon italien, alors qu'elle aime un jeune militant syndicaliste. Ou le prétexte d'une intrigue de Molière et de tous les auteurs dramatiques français, espagnols et italiens des 17ème et 18ème siècles, à la sauce locale. Le politicien s'allie à un flic tout aussi peu vertueux que lui pour fonder un parti politique suivant la ligne traditionnelle, machiste et cynique, à laquelle s'opposait le projet politique des époux Perón (1), non sans succès d'ailleurs. Au second acte, le temps a passé, Argentina est désormais veuve, elle est la mère d'un bébé tandis que son amoureux d'antan est devenu un poivrot qui fréquente claques et bastringues. Le happy end de Molière le cède ici à la désespérance du tango des années 20 et 30, qui constatait le triste sort du pays et de ses habitants, essentiellement des immigrants, par la faute d'une élite corrompue (malgré la présence au Gouvernement, précisément dans ces années-là, d'un parti démocratique, l'UCR, qui tentait de remettre de l'ordre dans le pays).

Au-delà de l'intention politique, pertinente mais un peu simpliste, l'intrigue est un support pour morceaux de bravoure, mêlant la parodie politique, à la danse, au chant et à la vis comica des acteurs, dans un spectacle complet qui, en Argentine, est né à partir du cirque (el circo criollo).


Le spectacle se tient non pas à Buenos Aires mais dans sa banlieue, à Vicente López, sous un chapiteau, planté esquina Laprida y Bartolomé Cruz, le soir, du mardi au dimanche, à 21h (le Cirque du Soleil, actuellement à Vienne, s'y est produit pendant l'été). L'orchestre, qui fut initialement le Cuarteto Troilo-Grela, est aujourd'hui celui du Maestro Juan Carlos Cuacci et Susana Rinaldi tient dans le spectacle un rôle rapporté, qui n'existe pas dans la pièce originale. Elle n'a en effet plus l'âge du rôle-titre (la Morocha, Argentina Verdiales, la belle brune, cette jeune fille mariée de force contre ses sentiments). Elle a refusé aussi le rôle de la mère, qui parle cocoliche, un mélange entre espagnol et italien qui était très répandu parmi les immigrants entre 1880 et 1930. Or La Tana, qui parle parfaitement de nombreuses langues, dont l'italien, se sent très mal à l'aise avec ce sabir si particulier. Bien entendu, avec ce personnage rapporté, l'allégorie de La Mémoire, qui rappelle le contexte des années 1920 et 1930, les grandes années du sainete, elle est la vedette d'un spectacle, dont elle pense que les Argentins de ce siècle devraient se réapproprier le genre pour parler des réalités qu'ils vivent aujourd'hui.

Avant d'être une chanteuse, Susana Rinaldi a été comédienne. Elle n'est venue à la chanson qu'après un bon bout de carrière sur les planches où elle rencontrait le succès, pour un concours auquel on l'avait supplié de participer et qu'elle ne gagna pas. Mais elle reçut néanmoins une petite carte de Cátulo Castillo (1906-1975). Il lui disait toute la confiance qu'il avait en son talent de chanteuse et lui promettait un bel avenir dans ce métier. La suite de l'histoire a prouvé qu'il n'avait pas vraiment tort (2). C'est donc un peu un retour aux sources pour l'une des plus grandes chanteuses actuelles, qui fut aussi en 1976 la créatrice du tango que Eladía Blázquez (3) composa en hommage au Maestro Castillo qui venait de mourir (4) et que vous pouvez écouter en cliquant sur le lien, dans l'enregistrement qu'en fit Susana Rinaldi, disponible sur le site encyclopédique argentin Todo Tango.

Pour elle, c'est donc un retour aux sources que cette pièce de théâtre. A cette occasion, elle a donné plusieurs interviews, dont une, très longue, très développée, à Página/12 mardi dernier, une interview très intéressante où elle développe les thématiques centrales de l'heure, notamment la réappropriation de la mémoire nationale sur tous les plans, en particulier dans l'enseignement d'une histoire critique (au lieu d'un rabachage d'idées toutes faites), les traditions artistiques de toute sorte où la transmission fait beaucoup défaut dans ce trou noir de l'histoire nationale que furent les années 60 et 70 (5), et une autre, plus éclatée, plus anecdotique, plus brève, dans Clarín, le même jour.

Pour en savoir plus (en français) sur Susana Rinaldi, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. A travers le mot-clé théâtre, vous accéderez aussi à l'ensemble des articles que j'ai consacrés à cet art dans Barrio de Tango.

Pour aller plus loin :
lire l'interview de Página/12 (du 1er février)
lire l'article de Clarín (du 1er février aussi)
lire l'article de La Nación (du 27 janvier)
lire la dépêche de l'agence Telam (du 3 février)

(1) Sans être pour autant eux-mêmes exempts de tout vice. Mais ils ont largement contribué à développer les droits sociaux et civiques des femmes et des travailleurs les plus modestes, ouvriers et journaliers agricoles, en s'inscrivant sur l'autre axe de l'histoire argentine, celui engagé par Juan Manuel de Rosas, entre 1835 et 1952, et repris par les présidents radicaux entre 1916 et 1930, Yrigoyen et Alvear (à ne pas confondre avec le plus connu des maires de Buenos Aires, celui qui fit percer la Avenida de Mayo et transforma profondément le quartier de Monserrat pour le faire ressembler à une ville qui tient de Paris, de Londres et de Milan, dans le plus pur style européanisant de la droite argentine). Sur les grandes dates de l'histoire argentine, voir mon article intitulé Vademecum historique et dont le raccourci se trouve dans la Colonne de droite, dans la partie médiane, dans la rubrique Petites Chronologies.
(2) Au chapitre des bonnes intuitions, Cátulo Castillo avait aussi su flairer le talent d'un jeune poète montevidéen en 1967, auteur d'un petit recueil intitulé Romancero Canyengue, dont il écrivit la préface. Ce poète s'appelle Horacio Ferrer. En août 2009, lors du festival, il y eut un hommage (mutuel) de Buenos Aires à Horacio Ferrer, monté par Gabriel Soria au Teatro Avenida. Susana Rinaldi y participa pour lire l'intégralité de cette préface, ce qui n'était pas prévu, avant de se lancer a capella dans une magnifique interprétation de La última grela, un des poèmes du Romancero Canyengue, mis en musique par Astor Piazzolla par la suite. Voir à ce propos mon article du 14 septembre 2009 sur cette splendide soirée de clôture festivalière (c'est la photo de cette lecture que j'ai choisie comme illustration de l'article rédigé à Buenos Aires à chaud, le 23 août 2009).
(3) A mon sens, A Cátulo Castillo n'est pas le plus grand chef d'oeuvre de Eladia Blázquez mais les circonstances lui donnent ce plus d'émotion qui lui aura manqué pour devenir un morceau plusieurs fois enregistré par différents artistes. Par la suite, Eladia Blázquez a développé un talent qui en fait la plus importante letrista de l'histoire du tango, une histoire qui jusqu'à aujourd'hui compte tout de même très peu de femmes créatrices. On en voit apparaître aujourd'hui, comme Marcela Bublik par exemple mais elles restent l'exception dans un monde encore très majoritairement masculin.
(4) La même année que Troilo, décédé le 18 mai 1975, alors que Cátulo Castillo s'est éteint le 19 octobre.
(5) Cette récupération de la mémoire et de l'identité nationale, c'est une bonne partie du combat des deux ONG phares que sont Madres de Plaza de Mayo et Abuelas de Plaza de Mayo. C'était aussi l'un des enjeux fondamentaux des célébrations du Bicentenaire l'année dernière. C'est aussi la raison d'être du travail d'archéologie et d'histoire musicale conduit par des gens aussi différents que Ignacio Varchausky avec son association Tangovía, Juan Carlos Cáceres avec son dialogue permanent avec la mémoire noire du tango et du jazz, Horacio Ferrer et le Conservatoire Argentino Galván ou le Proyecto Bicentenario à la Academia Nacional del Tango...

samedi 20 mars 2010

Nouvel épisode sur les thématiques du tango sur le site de Gisela Passi et Rodrigo Rufino [Troesmas]

Capture d'écran du site de Rodrigo Rufino et Gisela Passi

Hier, Gisela et Rodrigo ont mis en ligne le 2ème épisode de ma présentation analytique des thématiques qu'on rencontre dans le répertoire du tango. Ce deuxième épisode est consacré à la ville de Buenos Aires qui habite le tango et réciproquement.

Les trois letras qui illustrent l'épisode sont trois oeuvres de trois grands poètes et trois compositeurs éminents. Elles figurent sur le site en version bilingue, espagnol-français :

Cafetín de Buenos Aires est l'un des tangos les plus désespérés de Enrique Santos Discépolo (1901-1951), un champion dans le genre (musique de Mariano Mores, un pianiste nonagénaire qui continue à se produire de temps en temps sur les scènes de la capitale argentine). C'est aussi le tango le plus célèbre des trois, un des emblèmes de Buenos Aires ;

Milonga del Mayoral est une oeuvre souriante, et même drôle, de Cátulo Castillo (1906-1975), avec une bonne dose de cocoliche, le sabir moitié espagnol et moitié italien que causaient les immigrants jusque dans les années 40 (musique de Aníbal Troilo) ;

Tres Esquinas est un tango de Enrique Cadícamo (1900-1999) sur la vie quotidienne dans le faubourg (musique de Ángel d'Agostino et Alfredo Attadía). Tres esquinas est l'un des tangos que Rodrigo et Gisela utilisent assez souvent pendant leurs cours.
Les deux autres titres sont plus rares.

Les deux tangos et la milonga peuvent être écoutés sur le site, grâce à des choix effectués par Rodrigo.

Bien entendu, par respecter du droit d'éditeur et d'auteur aussi, ces trois traductions sont des exclusivités du site de Rodrigo et Gisela et ne figurent pas dans mon recueil à paraître prochainement aux Editions du Jasmin, et qui porte le même titre que ce blog.

Pour lire les traductions sur le site de Gisela et Rodrigo, cliquez sur le lien. Il vous conduit vers la page Ecouter de leur site.

Pour en savoir plus sur ces deux professeurs de tango, tous deux argentins et même portègnes pour être plus précise, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Le lien vers la page d'accueil de leur site se trouve dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! dans la partie inférieure de la Colonne de droite.

samedi 20 décembre 2008

Navidad criolla [Coutumes]

Un choix de villancicos argentins, signés par quelques grandes plumes du pays, Cátulo Castillo (grand poète et non moins grand compositeur de tango, né en 1906 et décédé en 1975, qui fut l'un des grands présidents de la Sadaic), le folkloriste mondialement connu, auteur-compositeur-interprète et guitariste, Atahualpa Yupanqui (Pergamino, Pr. de Buenos Aires 1908 - Nîmes, en France, 1992) et l'historien, homme politique radical et parolier de chansons Felix Luna (né à Buenos Aires en 1925).

Ces villancicos font partie du disque Navidad 2000 Los Arroyeños, chez Epsa, Buenos Aires 1997, conçu et enregistré par quatre chanteurs-instrumentistes : Miguel Angel Inchausti (pianiste et ténor), Gustavo Santa Coloma (guitariste et baryton), Fernando Collados (charanguiste, guitariste et tenor, le charangua est un instrument amérindien à cordes pincées, comme la guitare) et Luis Araujo (percussioniste et basse).

En un burrito orejón (Sur un petit âne à grandes oreilles)
Zamba, de Víctor Schlichter et Cátulo Castillo (1)

No llores más vida mía
Que llega la Navidad
San José con María vendrán
Con un burro orejón
Cargadito de turrón
San José con María vendrán
Y en un burro orejón
Por aquí pasarán.

En pleure pas, mon chéri
Car Noël arrive
Saint Joseph et Marie viendront
avec un âne aux grandes oreilles
tout plein chargé de turron (2)
Saint Joseph et Marie viendront
et sur un âne aux grandes oreilles
ils passeront par ici.

No llores más mi guaguita
Que estoy amasando el pan.
Mazapán con miel y humita fiel
Calentita en la sartén.
Vendrán en un burrito
Caminito por Belén
Amados los dos amados
Amados del Niño Dios.
Por aquí vendrán
Y te besarán
Corazón de mazapán.

Ne pleure pas, mon bébé mignon,
car je suis en train de pétrir le pain.
De la pâte d'amande au miel et la bonne humita (2) toute chaude dans la poêle.
Ils viendront sur un petit âne
en chemin pour Bethléem.
Tout aimés tous les deux, tout aimés
Aimés par l'Enfant Dieu.
Ils viendront par ici
et ils t'embrasseront
Mon petit cœur en sucre (2).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

El niño duerme (L'enfant dort)
Arrullo (berceuse) Atahualpa Yupanqui

La noche con la espumita del río
Te está tejiendo un encaje, mi niño.

La nuit avec l'écume du fleuve
est en train de te tisser un tricot, mon enfant.

Quiero la estrella del cielo más bella
Para hacerte un sonajero, mi niño.

Je veux l'étoile du ciel la plus belle
pour te faire un hochet, mon enfant.

El niño se está dormiendo sonriendo
Ah ah mi niño

L'enfant s'est endormi en souriant.
Mon enfant, mon enfant.

Que bello mundo es tu mundo mi niño
Ah ah mi niño

Quel beau monde est le tien, mon enfant
Mon enfant, mon enfant...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Navidad en verano (Noël en été),
Canción, Ariel Ramírez et Felix Luna

Mi Navidad está metida en el verano
No tiene pinos ni la nieve le da luces;
Mi Navidad con el calor va de la mano
Y un dulce olor a sidra y a pan dulce...

Mon Noël est fourré en été
Il n'a pas de pin, et la neige ne lui donne pas son éclat ;
Mon Noël va main dans la main avec le temps chaud
et une odeur sucrée de cidre et de pan dulce... (2)

Paz a todos los hombres
Paz en la tierra,
En mi tierra caliente
Y en la que nieve

Paix à tous les hommes
Paix sur la terre
Sur ma terre chaude
et sur celle où il neige

Mi Navidad no viene nunca en un trineo
Papá Noel en esta tierra es un extraño
Mi Navidad es el jazmín de fin de año,
Es la felicidad que te deseo.

Mon Noël en vient jamais en traîneau
Le Père Noël sur cette terre est un étranger (3)
Mon Noël c'est le jasmin de la fin d'année,
C'est le bonheur que je te souhaite...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

(1) Une zamba est une danse et une musique folklorique des provinces nord de l'Argentine, apparentée à la samba brésilienne.
(2) Turrón, sidra, mazápan et pan dulce :
les spécialités gastronomiques de Noël enArgentine et en Uruguay.
Le turrón est celui apporté par les immigrants de la côte du Levant espagnol (Alicante, Jijona, Valencia, les marques 1880, El Almendro, La Jijonenca par exemple), plus que les tourons fabriqués en Catalogne et au Pays Basque (surtout du côté français). Les Italiens aussi, qui représentent 50% de l'immigration des années 1880 à 1930, ont, dans les régions de Florence et de Turin, un torrone qui se situe entre le nougat de Montélimar et le turrón duro (appelé aussi turrón de Alicante ou Torta Imperial) et le Panforte de Sienne, qui ressemble aussi à certaines spécialités de l'Espagne intérieure.
La sidra : le cidre est arrivé dans le sillage des Navarrais et des Galiciens. La plupart des cidres dans le monde sont plutôt doux et sucrés. Le cidre breton en fera donc pas trop l'affaire en l'occurrence. Pour une table de Noël à l'Argentine, chercher des sidres espagnols (marque La Gaita, par exemple) ou certains cidres doux basques ou normands.
Le mazápan : pâte d'amande présentée sous forme de petits sujets. Une tradition espagnole. Voir les marques de turrón ou les tourons qu'on fabrique à Biarritz, en pays palois, dans l'ensemble des Pyrénées françaises. Certains massepains provençaux ou alsaciens peuvent faire l'affaire.
Le pan dulce : la version argentino-uruguayenne du Pannetone du nord de l'Italie, avec fruits confits et amandes. A défaut de cette version australe, un vrai Pannetone fera très bien sur la table (je vous donnerai bien la recette mais avec nos températures d'hiver, bonjour les consommations d'énergie pour mettre la pièce à la température suffisante pour faire monter comme il faut une pâte levée !). A défaut de Pannetone de Turin ou de Milan (les meilleurs aux dires des Italiens... du nord), et selon les régions, une brioche des rois conviendra à Bordeaux et dans toute l'Aquitaine (à condition de se passer de l'eau de fleur d'oranger et de mettre les fruits confits dans la pâte et pas dessus) ou un kouglehof en Alsace (il faudra juste utiliser un autre type de moule : un moule à brioche, rond et haut, façon cheminée). En Belgique, on doit pouvoir se débrouiller très bien avec un cramique à condition de lui ajouter des fruits confits et qu'il ne faille pas un vélo pour aller d'un raisin sec à l'autre.
Et pour achever tout à fait la touche criolla de votre table, vous offrirez aussi des cacahuètes caramélisées (ça, ce n'est pas un héritage de l'Europe) : on appelle ça des chouchous dans le Midi, des pralines dans le reste de la France...
(3) ce vers-là, c'est pour dire "US go home!" Parce que Santa Claus (le nom du Père Noël dans son pays d'origine, où il n'est rien d'autre que la version publicitaire que donna Coca Cola à la fin des années 20 à notre Saint Nicolas) a aussi envahi l'Argentine mais les Rois Mages ne s'en laissent pas compter et le tiennent en respect (comme en Espagne d'ailleurs).