Affichage des articles dont le libellé est Plaza Mayo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Plaza Mayo. Afficher tous les articles

jeudi 17 septembre 2026

Hier, on a commémoré la Noche de los Lápices [Actu]

"Unir les luttes d'hier et les luttes d'aujourd'hui",
dit le gros titre sur une photo de la manifestation d'hier
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Hier, c’était le cinquantième anniversaire de cette nuit d’horreur où, dans la grande ville universitaire qu’était déjà La Plata, de très nombreux étudiants, parfois des lycéens de moins de 18 ans, ont été arrêtés par la junte militaire qui dominait le pays depuis le mois de mars parce qu’ils se rebellaient devant le régime.

L’immense majorité d’entre eux ont disparu et leur sort reste inconnu à ce jour.

Cette tragédie s’est inscrite dans l’histoire sous le nom de Nuit des Crayons.

Hier, des manifestants de l’opposition à l’actuel gouvernement libertarien ont marché en grand nombre à Buenos Aires et à La Plata pour rappeler ce souvenir atroce.

A La Plata, capitale provinciale, il y a eu deux cortèges à cause de la division qui existe aujourd’hui dans le mouvement peroniste entre les partisans du gouverneur, Axel Kiciloff, et les partisans de la Campora, un mouvement de jeunes (ou d’anciens jeunes) quelque peu exalté, pour ne pas parler d’une forme de fanatisme assez peu compatible avec la tolérance démocratique.

A Buenos Aires, les manifestants ont fait un arrêt devant le domicile de l’ancienne présidente, Cristina Kirchner, toujours détenue à domicile sous bracelet électronique. En effet, à l’époque des faits, elle faisait ses études à La Plata et elle a pu échapper à la répression pendant toute la dictature qu’elle a passée en grande partie en Patagonie où elle vivait dans la clandestinité. Cristina est sortie sur son petit balcon pour saluer la foule de ses partisans qui soutiennent son recours à l’ONU pour faire valoir le peu de consistance des preuves qui l’ont fait condamner.

Ce matin, la presse nationale de droite ne mentionne pas ces rassemblements commémoratifs.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article général de Página/12 (édition nationale)
lire l’article local de Buenos Aires/12 (édition de Página/12 dans la province de Buenos Aires)

samedi 8 août 2026

San Cayetano croule sous le boulot [Actu]

"En plus de la terre, du pain et du travail", dit le gros titre
sur cette photo de la manifestation sans doute
à l'angle des avenues de Mayo et 9 de Julio
au cœur de Buenos Aires
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Pan, Paz, Tierra, Trabajo (pain, paix, terre, travail) réclamaient hier les manifestants de la San Cayetano dans toute l’Argentine.

San Cayetano (saint Gaëtan en français) est le saint patron du pain et du travail auquel ont recours les croyants (parfois pas si croyants que cela) qui souhaitent améliorer leurs conditions de vie en trouvant du travail et donc du pain. Tous les 7 août, sa fête catholique agit comme un baromètre pour évaluer la situation économique et sociale.

Le gros titre porte sur le ministre de la dérégulation
qui semble en difficulté à l'intérieur du gouvernement
Dans la colonne de droite : annonce de l'inflation mensuelle
à Buenos Aires en juillet (2,9%), une hausse importante
En bas : Clarín a vu hier une Plaza de Mayo à moitié vide
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Comme tous les ans surtout depuis le covid et encore plus depuis l’arrivée de Javier Milei au pouvoir (comme par hasard), hier, ils ont été très nombreux, ce qui était particulièrement visible à Buenos Aires où il est de tradition de faire se succéder le pèlerinage jusqu’au sanctuaire de Liniers, un quartier très pauvre situé dans l’extrême ouest de la capitale, puis la manifestation sociale et politique, organisée par les syndicats, qui va de Liniers jusqu’à Plaza de Mayo (de l’autre côté de la ville) pour présenter les revendications du peuple aux dirigeants, censés être en train de travailler à la Casa Rosada, à l’extrémité orientale de cette place fondatrice du processus révolutionnaire de mai 1810. En l’occurrence, Milei n’y était pas : il était en Colombie pour l’investiture du nouveau chef d’État qu’il veut intégrer dans un bloc d’extrême-droite en Amérique du Sud, comme il a fait la semaine dernière avec l’investiture présidentielle à Lima, au Pérou.

Au cours de la messe à Liniers, l’archevêque de Buenos Aires a rappelé une nouvelle fois que la situation était inacceptable : la hausse des prix est telle que même les gens qui travaillent n’ont trop souvent pas de quoi satisfaire leurs besoins élémentaires.

Le gros titre est pour l'homélie de l'archevêque :
"L'Eglise a critiqué le modèle économique
et elle en appelle au gouvernement
pour les pauvres et les endettés"
En dessous : des violences lors de la manifestation
de jeudi dernier, contre la loi de "propriété intégrale"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cette année, les participants ont ajouté à la revendication traditionnelle une demande concernant les terres, que Milei vient d’échouer à vendre à des investisseurs nationaux ou étrangers, et la paix, puisque Milei estime que l’Argentine (pays neutre pourtant) est entrée en guerre contre l’Iran parce qu’il suit aveuglément Donald Trump et qu’il vient de se fâcher avec les autorités brésiliennes en insultant Lula à São Paulo, ce à quoi Brasilia a répondu en retirant son ambassadeur de Buenos Aires et en demandant au représentant argentin de quitter le Brésil et de rentrer chez lui.

L’une des banderoles de la manifestation promettait de « reconstruire l’Argentine ». Et il y a du boulot !

*
* *


Hier, sur LCI, j’ai encore entendu une ancienne ambassadrice de France, devenue panelliste, déclarer de manière péremptoire qu’on s’était certes bien moqué de Milei et de sa tronçonneuse lors de sa campagne électorale mais qu’en fait, économiquement, le pays s’en sortait très bien. Comme tout bon toutologue de plateau qui se respecte, elle ne sait même pas de quoi elle parle.

Vignette de Une de Página/12 aujourd'hui
Le premier : L'an dernier, je suis allé voir San Cayetano
pour demander du travail et il m'en a trouvé...
Cette année, j'y suis retourné
Le second : Pour rendre grâce ?
Le premier : Non, pour en demander un autre en plus...
Avec un seul, je ne m'en sors pas.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Depuis le 10 décembre 2024, date de la prestation de serment de Milei, l’Argentine a perdu plus de 341 000 postes de travail déclaré (trabajo formal ou en blanco, par opposition avec le travail au noir, en negro). Un tiers des chômeurs mettent un an ou plus à retrouver du travail… C’est pour cela que San Cayetano ne risque pas d’en manquer, lui !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín qui se concentre sur l’homélie de l’archevêque de Buenos Aires (les autres évêques ont tenu des propos similaires chacun dans son diocèse)
lire l’analyse de cette homélie signée dans La Nación par son éditorialiste spécialisé en religion

mardi 26 mai 2026

Au Te Deum du 25 Mai, Milei s’est fait sonner les cloches [Actu]

Milei sort de la chapelle où repose San Martín,
avec l'archevêque à ses côtés (et sa sœur pas très loin)
Le titre reprend une expression idiomatique :
A Dios rogando y con el mazo dando
(littéralement : en priant Dieu et en donnant du maillet,
c'est à dire : Aide-toi et le Ciel t'aidera")
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Hier, l’Argentine, où le lundi de Pentecôte, lui, n’est pas férié, célébrait la première de ses deux fêtes nationales, celle qui commémore l’anniversaire de la Révolution de Mai 1810, qui mit fin à l’Ancien Régime en déposant le vice-roi et en imposant l’auto-gouvernement de la Primera Junta, un gouvernement collectif voulu et pensé au premier chef par Manuel Belgrano (1770-1820), lui-même haut fonctionnaire de l’empire colonial puisqu’il était le représentant de Madrid au sein du Consulado avec le titre de Secrétaire (à l’époque, cela signifie presque « ministre »), une sorte de chambre de commerce qui avait pour charge officielle de développer l’économie de la colonie, ce que Madrid l’a empêché de faire à chaque initiative fructueuse.

Traditionnellement, le président de la République argentine se rend à la cathédrale de Buenos Aires, à quelque cent mètres de la Casa Rosada, pour y participer au Te Deum Nacional selon une tradition qui remonte à 1811 (on ne fait pas plus ancien dans l’ordre politique). Cette célébration est présidée par l’archevêque de Buenos Aires qui était aussi, jusqu’à il y a quelques années, le primat d’Argentine (ce qu’il n’est plus depuis que le pape François a déplacé le siège primatial dans une province lointaine mais plus anciennement christianisée que l’actuelle capitale fédérale).

"L'Eglise a condamné l'intolérance et appelé
à respecter la diversité", dit le gros titre en rouge
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cette année, on a entendu dire que Javier Milei pourrait ne pas assister à la cérémonie. En effet, il est notoirement en froid avec l’Église catholique, à laquelle il préfère les évangéliques d’ultra-droite façon Trump, qui ont, eux, le bon goût de ne s’embarrasser d’aucune doctrine sociale accrochée à l’Évangile. Le jour J, Milei s’est bien rendu à la célébration. C’est qu’il aimerait bien faire venir le pape en Argentine, un pape qui, lorsqu’il était argentin et que le gouvernement n’était pas libertarien, n’est finalement jamais venu malgré de nombreuses invitations très officielles et beaucoup d’espoirs douchés… Milei avait donc toutes les raisons de ne pas manquer à la coutume, quoi qu’il pense par ailleurs des évêques argentins. Il s’est bien rendu à pied, selon la coutume établie, de la Casa Rosada à la cathédrale, entouré des figures politiques qu’il privilégie dans le paysage national actuel. Tout le monde a pu remarquer que la vice-présidente avait été exclue des invités au Te Deum, ce qui est sans doute une première et prouve, s’il en était encore besoin, la profondeur des dissensions au sein du clan présidentiel.

"L'Eglise a donné à Milei un avertissement
au sujet du démembrement de la société", dit le gros titre
La photo principale montre Milei saluant
avec sa sœur à son côté sur le balcon de la Casa Rosada
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

A la cathédrale, Milei a rendu hommage au général José de San Martín (1778-1850), qui y est enterré dans une chapelle latérale, et, assis seul devant l’assemblée, sans sa sempiternelle sœur à ses côtés, ce qui fait irrésistiblement penser à un couple incestueux, dans tant d’occasions, y compris hier à d’autres moments de la journée, au Cabildo puis au balcon de la Casa Rosada – donc pas de ça dans la cathédrale !-, Milei a participé à la prière et dû écouter l’homélie traditionnelle.

Pour l’occasion, Monseigneur Jorge García Cueva n’a pas ménagé l’homme assis tout seul devant lui, en bas de l’estrade d’où il s’exprimait. « Nul ne peut se sauver tout seul », a-t-il déclaré, comme les années précédentes d’ailleurs, depuis que Milei est aux affaires. Il a entre autres appeler à arrêter l’usage « terroriste » des réseaux sociaux (Milei s’en sert comme Trump pour répandre des mensonges et insulter, voire menacer tous ceux qui osent le critiquer, la presse au premier chef), à abandonner l’individualisme et la politique du chacun pour soi et à renouer avec la solidarité en actes, de tous avec tous, qui a forgé la nation et sans laquelle la pays risque de s’effondrer. L’archevêque a aussi pourfendu la stratégie délibérée du gouvernement de stigmatiser systématiquement tous ceux qui s’opposent à ses projets et à ses propos, ce qui aboutit à la division du corps social et politique du pays, une attitude visible à l’œil nu puisque la vice-présidente n’était même pas là. Bref, Milei en a pris pour son grade et c’est bien ainsi que tout le monde, à droite comme à gauche, a interprété les propos du prélat.

"Face à Milei, l'Eglise a demandé le dialogue
et appelé à cesser de "polariser par le discours"",
dit le gros titre
La photo principale est réservée à Milei au balcon
En haut, à droite, un article consacré à la fin
du "Late show" de Stephen Colbert sur un canal de télévision
aux Etats-Unis, censuré par Trump dont il ose rire...
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Milei a néanmoins tenté de faire bonne figure. Dans la suite de la journée, où il a tenté de jouer les vedettes, comme s’il était la reine (ou le roi) d’Angleterre à son propre jubilé, Milei a fait des commentaires lénifiants sur les propos de Monseigneur García Cueva, prétendant y voir une offre de dialogue et d’intermédiation de l’Église entre lui et la partie (croissante) de la société qui ne comprend rien à sa politique. En réalité, elle la comprend très bien et elle la rejette catégoriquement.

Il est assez rare qu’un haut dignitaire de l’Église catholique use d’une telle force pour mettre les points sur les I et sur les J ainsi que les barres sur les T pour que personne ne puisse se méprendre sur le sens de ce qu’il dit. En général, l’homélie est un peu plus enrobée, un peu plus diplomatique...

Plusieurs quotidiens publient aujourd’hui l’intégralité de l’homélie, Clarín et La Nación parmi eux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le Te Deum
lire l’article de Página/12 sur la nouvelle décision du gouvernement : désormais les handicapés qui voyagent en car longue distance ne pourront plus se faire rembourser leur titre de transport par l’État (c’était l’une des expressions de la solidarité nationale avec cette population désavantagée et c’est fini)
lire l’entrefilet de La Prensa sur le Te Deum
lire l’entrefilet de La Prensa sur les déclarations postérieures de Milei
lire l’article de Clarín sur le Te Deum
lire l’article de La Nación sur le Te Deum
lire l’article de La Nación sur les commentaires de Milei
lire l’analyse de ce Te Deum 2026 que fait, dans La Nación, son excellent chroniqueur religieux Mariano De Vedia
lire l’intégralité de l’homélie publiée par AICA, l’agence de presse catholique argentine.

Ajout du 27 mai 2026 :

lire cette analyse de ce qu’il s’est passé au Te Deum par l’éditorialiste politique de La Nación, Joaquin Morales Solá, illustrée par Alfredo Sábat

Dessin de Alfredo Sábat pour La Nación aujourd'hui, 27 mai 2026

Ajout du 28 mai 2026 :

lire ce billet d’opinion de La Nación qui analyse le tremblement de terre que l’homélie de lundi semble avoir été au sein du clan libertarien qui entoure et soutient le président.

lundi 20 avril 2026

Entre teuf et rave : l’hommage à François devant « sa » cathédrale [à l’affiche]

"François vit dans la rencontre", telle est le nom de la fête


Samedi 18 avril 2026, on a fait la fête sur Plaza de Mayo au bord de laquelle se dresse la cathédrale de Buenos Aires : il s’agissait de rendre hommage au pape François, qui fut aussi l’archevêque de la ville, à l’occasion du premier anniversaire de sa disparition, le 21 avril 2025, un Lundi de Pâques au petit matin.

Vue de drone de Plaza de Mayo
En bleu profond : la scène de DJ Padre Guilherme
En bleu clair, le Cabildo, l'hôtel de ville colonial,
aujourd'hui musée de la Révolution
Le fronton de temps grec à gauche, c'est la façade de la cathédrale
(la façade est inspirée de la Madeleine à Paris)

La fête, énorme et très populaire, faisait partie d’une tournée mondiale d’un prêtre DJ, un Portugais dont la vie et la mission religieuse ont été transformées, dit-il, par l’enseignement du pape argentin. Avec ses platines et ses montages de pensées spirituelles, au milieu des jeux de lumière et des projections aux couleurs éclatantes, DJ Padre Guilherme a fait danser jusqu’à pas d’heure une foule dense (100 000 personnes estimées), en préambule de quatre jours pendant lesquels les catholiques argentins se recueillent dans le souvenir du pontife défunt.

Une des projections géantes de la soirée :
"Merci, pape François. Intercède pour nous"
On est ici dans une formule de prière qui tend à introduire
une future démarche pour faire reconnaître le Saint Père défunt
comme Serviteur de Dieu, la première étape du procès de canonisation

Les célébrations culmineront demain, le 21 avril 2026, à la basilique de Luján, où l’on vénère la sainte patronne du pays, une Vierge miraculeuse qui a choisi de faire sa demeure dans ce coin perdu d’Argentine au 17e siècle. Tous les évêques du pays se retrouveront sur place pour une messe solennelle. Ils y tiennent déjà l’assemblée générale de la Conférence épiscopale argentine. Luján se trouve à 70 km environ à l’ouest de Buenos Aires. C’est une sorte de Lourdes argentine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur la fête de samedi dernier
lire l’article de Infovaticana sur le même sujet
lire l’article de Página/12 sur les différentes célébrations du premier anniversaire de la mort de François

Ajout du 24 avril 2026 :

Sans Torquemada, cet hommage au pape argentin eut été incomplet, n’est-il pas ? C’est donc le journal de droite réactionnaire La Prensa qui nous offre, sur un plateau d’argent, la touche florentino-fondamentaliste qui nous manquait sous la forme d’une acrimonieuse lettre ouverte à la Conférence épiscopale argentine, conclue de surcroît par la devise jésuite en orthographe latine archaïsante, s’il vous plaît, Ad maiorem Dei gloria (pour la plus grande gloire de Dieu). Déjà en soi, le latin, ce n’est pas la pointe de la modernité mais avec cette graphie en prime !
Par-dessus le marché, l’auteur ne se présente même pas comme membre de la Compagnie de Jésus. S’il l’était, cela l’autoriserait à emprunter sans forfanterie cette formule que pouvait employer à juste titre le pape François, puisque, avant le conclave, il était jésuite (il a cessé de l’être après).
A ce sujet, lire le billet d’opinion de La Prensa

Ajout du 27 avril 2026 :
Torquemada bis.
Lire
ce nouveau billet d’opinion paru dans La Prensa, et cette fois-ci adressé à l’archevêque de Buenos Aires et uniquement lui.

samedi 11 avril 2026

La crème des universitaires fait cours sur Plaza de Mayo [Actu]

L'université de Plaza de Mayo, dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Comme le gouvernement refuse d’appliquer la loi sur le financement des universités, loi à laquelle le président Javier Milei a mis son veto, veto qui a ensuite été annulé par le Congrès qui a définitivement validé la loi, les organisations universitaires ont décidé d’investir Plaza de Mayo, sous les fenêtres du palais présidentiel, la Casa de Gobierno ou Casa Rosada, et des grands scientifiques argentins y donnent des cours à ciel ouvert à tous ceux qui veulent bien prendre place devant eux…

Et pendant que les universitaires s’efforcent de manifester de façon pacifique, efficace et inventive, on découvre chaque jour davantage l’ampleur de la corruption des membres du gouvernement et des élus qui soutiennent Mileí. C’est une véritable appropriation de la richesse collective. On découvre que des ministres ont bénéficié de prêts très avantageux de la part du Banco Nación, la branche commerciale de la Banque d’Argentine, qui compte une autre société, Banco Central de la República Argentina (qui veille sur la devise nationale et ssur les réserves du pays).

Quant à la femme de Manuel Adorni, dans la tourmente comme son mari pour leur train de vie très luxueux et assez peu en accord avec leurs revenus déclarés, Página/12 révèle aujourd’hui qu’elle a fondé sa propre société de coaching au moment où son mari entrait au gouvernement, qu’elle a pour client des institutions publiques et qu’elle leur vend du vent, comme le font beaucoup de ces sociétés de consulting, sous la forme d’un fatras de conseils bidon et interchangeables, à base de méthodes infantilisantes et ridicules.

L’argent qui ne va pas aux universités et à la recherche n’est donc pas perdu pour tout le monde mais le gouvernement reste muet devant les révélations qui s’amoncellent. Comme s’ils n’avaient pas d’argument pour démonter ces accusations.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin ;

lire l’article de Página/12 sur les prêts avantageux accordés aux dirigeants du pays
lire l’article de Página/12 sur le beurre que se fait la peu scrupuleuse épouse du Premier ministre avec de l’argent public et celui de certaines entreprises privées qui fayottent.
Les autres quotidiens n’évoquent pas cette manifestation sur Plaza de Mayo.
Fermez les yeux et imaginez pendant quelques secondes que cela se soit produit à Paris sur la place de la Bastille ou la place de la République ou à Bruxelles sur la Grand-Place et qu’il n’y ait qu’un seul journal pour en faire mention le lendemain !

Ajouts du 14 avril 2026 :

lire cet article de Página/12 sur les coupures dans les budgets de la recherche, qu’elle soit fondamentale ou appliquée,
lire cet article de Página/12 sur les coupures budgétaires et les licenciements massifs dans le domaine de la sécurité alimentaire

Ajout du 15 avril 2026 :

lire cet entrefilet de La Prensa sur les licenciements massifs à l’INTI

Ajouts du 27 avril 2026 :

lire cet article de Página/12 ces réflexions d’un ministre tout content de la disparition du Service Météorologique National (qui pourtant rendait des services à toute l’économie, à commencer par la sacro-sainte agriculture nationale)
lire cet article de Página/12 sur la concession à des copains de Manuel Adorni et d’autres responsables gouvernementaux du parc public thématique Tecnopolis, qui mêle les sciences, les technologies et l’amusement pour les plus jeunes (et pas seulement eux) à la manière de notre Futuroscope à Poitiers. Depuis l’arrivée au pouvoir de Milei, le parc d’attraction est fermé au public. Il ne sert plus qu’à être privatisé, secteur par secteur, pour des événements festifs ou institutionnels. Il avait été créé sous Cristina Kirchner pour susciter des vocations scientifiques et technologiques et ça marchait plutôt bien. Mais Mileí ne veut ni scientifique ni ingénieur en Argentine. Juste des pions, des exploités et des exploitables. Au profit de deux ou trois oligarques de ses amis.

mercredi 25 mars 2026

Très grosse affluence pour le cinquantenaire du coup d’État [Actu]

"Plus que jamais" dit le gros titre
en reversant la formule habituelle des militants
contre la dictature : "Nunca más" (plus jamais)
Cette photo prise au-dessus de Plaza de Mayo
ne montre pas la grande banderole des disparus,
constituée des milliers de leurs visages,
qui traverse traditionnellement le cortège
En haut à gauche, le toit rouge doté d'une tour,
c'est le Cabildo, l'Hôtel de Ville colonial
où se sont tenus les grandes réunions révolutionnaires de 1810
en haut, à droite, le toit rouge au-dessus d'une colonade,
c'est la cathédrale de Buenos Aires
Dans le cercle vert, le pyramidion commémoratif
de la Révolution, datant de mai 1811
et tout en bas, la tribune provisoire
d'où les personnalités ont harangué la foule
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Hier, la Plaza de Mayo au cœur de la Buenos Aires historique était si pleine que les rues adjacentes peinaient à contenir la foule, même à plus de 100 mètres de la place elle-même. Les Unes des journaux le montrent d’ailleurs sans équivoque.

"Manifestation massive de l'opposition
pour rappeler les 50 ans du coup d'Etat", dit le gros titre
Sur cette photo, on voit la banderole des disparus
qui contourne le Pyramidion commémoratif de mai 1811
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

De très nombreuses personnalités politiques se sont jointes aux manifestants tandis que le président et son gouvernement, sans se montrer, ont continué à jouer la carte de ce qu’ils appellent « la mémoire complète » qui met sur le même plan les victimes du terrorisme d’État (environ 30 000 morts et 500 enfants volés à leur famille) et les quelques personnalités, militaires et civils, qui servaient le régime dictatorial que la résistance populaire armée a assassinées, comme si les deux violences étaient les mêmes en moyens comme en nature.

Une autre vue de la place, avec la Casa Rosada au fond,
derrière le trou noir du podium des orateurs
On voit le long ruban de la "bandera de los desaparecidos",
la banderole des disparus
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa (qui n’a pas publié de Une ce matin sur son site Internet)
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

Ajout du 30 mars 2026 :
lire cet article de Página/12 où l'ancien juge Baltazar Garzón, grand défenseur de l’État de droit en Espagne et dans toute l’Amérique hispanique, analyse ce qu’il se passe en Argentine autour de ce cinquantenaire

Ajout du 31 mars 2026 :
lire cet article de Página/12 sur la déposition d’un témoin dans l’affaire dite des Cuadernos (les cahiers), l’actuel procès pour corruption contre Cristina Kirchner, lequel repose sur des preuves plus que contestables, comme l’a remarqué Baltazar Garzón. Du grand n’importe quoi pour le plaisir de la mettre en prison...

jeudi 19 juin 2025

La justice a raté son coup : on n’avait pas vu autant de monde dans les rues depuis longtemps [Actu]

"Le 18", dit le gros titre en allusion au 17 octobre 1945,
le jour où le peuple a montré sa loyauté à Perón
et l'a fait rappeler d'un exil sans procès.
Certains manifestants, conscients du parallèle historique,
ont répété l'image iconique de 1945 : ils se sont assis sur le bord
du bassin de la Place de Mai, se sont déchaussés
et ont mis les pieds dans l'eau.
Ils ont du courage ! En octobre, il fait chaud mais en juin,
gla gla : l'eau de la fontaine devait être frisquette !
La photo représente Plaza de Mayo hier
En biais à gauche, on voit le Cabildo et son toit rouge.
A sa droite, Avenida de Mayo.
A droite encore la Diagonal Norte avec l'obélisque
qui se dresse dans la perspective
Et tout à droite de l'image, la façade néo-classique de la cathédrale.
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Il semble qu’environ un million d’Argentins, sur une population totale de moins de 50 millions, ont arpenté les rues des grandes villes du pays hier dans l’après-midi, donc en plein jour, pour soutenir l’ancienne présidente Cristina Kirchner et protester contre le traitement judiciaire qui lui est appliqué et qu’ils sont nombreux à estimer injustifié. Le gouvernement tente en vain de prétendre que le nombre de manifestants n’a guère dépassé les 48 000 personnes, un peu comme ce conseiller de Trump prétendait samedi soir que le défilé militaire avait été un grand succès tandis que les manifestations No Kings avaient connu un fiasco retentissant (on sait que c’est exactement l’inverse qui s’est passé).

Le gros titre parle comme d'un enterrement :
"La foule pour un adieu ?"
Quelle mauvaise foi !
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


La presse de droite brûle d’envie, elle aussi, de minimiser les chiffres mais les journalistes avouent qu’ils doivent se rendre à l’évidence. Les photos démontrent clairement qu’il y a eu environ un demi-million de manifestants hier dans la seule capitale où la Plaza de Mayo ainsi que les rues et avenues qui y mènent étaient noires de monde sur plus d’un kilomètre en profondeur.

Une photo de la manifestation à La Plata
dans cette édition locale de Página/12
Cristina Kirchner est native de La Plata
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


La presse de droite prétend aussi, contre toute évidence, que le mouvement péroniste serait divisé alors qu’il est clair que pour l’occasion, il a refait son unité dans la diversité des courants et des personnalités qui le composent. A Buenos Aires, les bannières les plus visibles étaient celles de la Campora, le mouvement de jeunesse, passablement radicalisé, que dirige Máximo Kirchner, le fils quarantenaire de l’ex-présidente, lequel se présente désormais en héritier politique de ses deux présidents de parents. Pour autant, il n’est pas certain que ce mouvement constituait la majorité du cortège à Buenos Aires.

"Cristina a obtenu une grande manifestation*
mais elle n'a pas eu son 17 octobre", dit le gros titre
avec une mauvaise foi patente !
Bien sûr, Cristina n'a pas été libérée à minuit
mais son procès était maquillé en procès constitionnel
Ce n'était pas le cas pour Perón en 1945
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Patricia Bullrich, la très droitière ministre de la sécurité, a tenté de mettre des bâtons dans les roues aux manifestants, multipliant les contrôles tatillons et délibérément vexatoires aux entrées de Buenos Aires et à la descente des bus spécialement affrétés pour l’occasion aux quatre coins du pays mais elle a dû rapidement se rendre à l’évidence : il était impossible de faire appliquer ses règles restrictives anti-manifestants comme celle qui veut que les participants n’occupent que le trottoir et laissent la chaussée libre pour ne pas entraver la circulation. Elle a dû laisser les gens occuper la voirie tout entière sur les différents parcours dessinés par les organisateurs. Ce qui prouve bien que ses chiffres sont faux, que la foule était impressionnante et que cette convocation est donc un succès pour l’opposition, qui semblait moribonde et qui a ressuscité la semaine dernière à la publication de cet arrêt de la Cour suprême qui n’en impose à personne.

"Une autre Place de Cristina", dit le gros titre
de cette autre édition locale de Página/12
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Sur Plaza de Mayo, les organisateurs ont fait retentir la voix de la prisonnière la plus populaire du pays : un message enregistré et qu’elle avait fait sortir de chez elle. Il semble qu’on lui ait conservé le droit d’utiliser les réseaux sociaux et qu’elle garde, pendant la durée de sa peine, sa pleine liberté d’expression, dont elle va sans doute faire un grand usage. C’est tout ce qui lui reste mais c’est beaucoup, car c’est une excellente oratrice et on ne peut pas en dire autant dans les rangs de la majorité. Cristina a déclaré que le modèle politique, social et économique suivi par Mileí était en train de s’effondrer et que les responsables actuellement au pouvoir en étaient conscients. Elle a traité Mileí de cachivache : un Tartarin, un baratineur qui ne se réalise que dans l’esbroufe. C’est assez bien vu, ,non ?

"Le parti péroniste a défilé dans la division
pour soutenir Cristina, qui a lancé un défi :
Nous reviendrons", dit le gros titre
avec une contradiction manifeste entre le texte et l'image
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Et pour couronner le tout, on trouve dans la presse internationale de beaux échos de l’événement. Tout ce que les pouvoirs publics voulaient précisément empêcher en trafiquant les procédures des audiences après l’arrêt de la Cour suprême. Eh bien, c’est raté !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire l’article de Clarín sur les chiffres (où le journaliste reconnaît lui-même que ceux du gouvernement ne peuvent qu’être très en-dessous de la réalité)
lire l’article principal de La Nación

mardi 25 mars 2025

Les Argentins se mobilisent contre le négationnisme du gouvernement [Actu]

"Aujourd'hui plus que jamais, jamais plus",
dit le gros titre avec cette mise en page inhabituelle
La photo montre la Plaza de Mayo en perspective
Le grand toit rouge est celui de la cathédrale
Le petit celui du Cabildo, la mairie coloniale,
qui a été le théâtre de la Révolution de Mai 1810
qui a déclenché la marche vers l'indépendance
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Hier, les Argentins fidèles à l’État de droit commémoraient les 49 ans du coup d’État de la dernière dictature militaire (1976-1983) et les milliers de victimes du régime de répression sanglant qui s’en est suivi et qui a toujours des répercutions transgénérationnelles près d’un demi-siècle plus tard. Le 24 mars est un jour férié et de grands défilés sont organisés, tous les ans, un peu partout dans le pays pour rappeler la mémoire des 30 000 disparus et réclamer justice pour eux.

La Fédération nationale de Football s'est associée
au souvenir (réseaux sociaux de la AFA)


Or l’actuel gouvernement nie ouvertement et par tous les moyens possibles la réalité des 30 000 disparus. Il cherche aussi à effacer la mémoire des crimes commis par la Junte, des faits pourtant historiquement attestés et imprescriptibles puisqu’il s’agit de crimes contre l’humanité. Pour se dédouaner, il a prétendu déclassifier des archives « afin d’établir la vérité » mais ces archives ont en fait été déclassées il y a de nombreuses années, sous le mandat de Cristina Kirchner. C’est comme pour les archives de JFK aux États-Unis : en fait, c’était déjà fait !

Une vue de la marche du souvenir en haut
avec ce gros titre négationniste :
"Plus jamais une version déformée des années 70"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le gouvernement de Mileí cherche en effet à imposer l’idée d’une « mémoire complète » qui consiste à mettre sur le même plan les crimes commis par le régime, avec tous les moyens de répression d’un État militarisé à l’extrême, et les attentats individuels perpétrés par la guérilla armée contre des personnalités qui servaient le régime, les premiers étant bien entendu beaucoup plus nombreux et systématiques que les seconds. Comme si une telle comparaison avait une quelconque validité en droit comme en histoire.

Le visuel publié par le San Lorenzo de Almagro
le club du pape François


L’actuelle vice-présidente, fille d’un officier ayant servi le régime, voudrait effacer les condamnations des criminels et dans cette majorité incohérente, en manteau d’Arlequin, c’était hier à qui ferait les propositions les plus serviles pour lui complaire. C’est ainsi qu’un député a proposé que le 24 mars cesse d’être un jour férié et un autre que le campus de l’ex-ESMA, ancienne école de la Marine et centre clandestin de détention et de torture transformé en vaste complexe culturel thématique consacré à la justice et aux droits de l’homme sous les auspices de l’UNESCO, soit rendu à l’armée pour servir de centre d’entraînement (en pleine ville, ne l’oublions pas, et dans un quartier où se trouvent déjà les deux casernes des deux régiments historiques du pays, les Patricios, 1er régiment d’infanterie fondé en 1808, et les Grenadiers à cheval, l’équivalent en France de la Garde républicaine, fondé en 1812), tout cela au bénéfice des forces de la défense et des pompiers, sous prétexte que l’existence du centre culturel de l’ex-ESMA diviserait le pays, ce qui est faux. Son existence défrise seulement les adversaires de l’État de droit, des gens ultra-minoritaires, comme le sont les vrais trumpistes aux États-Unis, mais qui veulent faire croire qu’ils sont la voix de la majorité.

"49 ans après le coup d'Etat militaire,
l'opposition s'unit pour une marche massive contre Mileí"
La photo est prise par un drone en légère plongée
Au fond on reconnaît la tour du Cabildo
et l'immense Avenida de Mayo qui file vers le Congrès
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Pour couronner le tout, le gouvernement a choisi cette nuit pour faire retirer du fronton du Centro Cultural Néstor Kirchner l’inscription qui rappelait le nom de l’ancien président de gauche. Au début de son mandat, Mileí l’a en effet fait rebaptiser Palacio Libertad. On reconnaît ici la rage destructrice qui habite aussi Donald Trump et ses complices, cette rage haineuse et vengeresse qui entend dénier leur droit d’exister aux autres, à tous les autres, l’opposition, les « progressistes », la gauche et même, en général, tout ce qui est antérieur à ces dirigeants égotiques et cruels qui veulent croire que le monde commence avec eux... Particulièrement répugnant.

Le visuel publié par le River Plate,
le club le plus chic de la capitale fédérale
L'image comporte les visages de certains disparus
liés à l'histoire du club


Et pourtant, les manifestations d’hier ont été si impressionnantes que même la presse de droite a dû mettre l’info à la Une.

"La marche du 24 mars a été massive
et le gouvernement va déclassifier des archives"
Sur cette autre vue, on reconnaît très bien
le Cabildo et la Avenida de Mayo noire de monde
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Et pour une fois, de très nombreux clubs sportifs n’ont pas hésité à consacrer du temps et de l’argent à la création de visuels originaux qu’ils ont publiés sur leurs réseaux sociaux afin de s’associer à cette journée du Souvenir, de la Vérité et de la Justice. Ils ont consacré temps et argent à faire mémoire de ceux de leurs sociétaires et de leurs joueurs qui ont eux aussi disparu pendant ces sept sinistres années à la fin de la Guerre froide. Depuis des mois, les clubs sont eux aussi dans le collimateur du gouvernement. Celui-ci voudrait en effet les contraindre à abandonner leur statut associatif, qui permet leur rôle social et solidaire de proximité, pour passer à celui de société commerciale et concurrentielle. Or ils s’y refusent catégoriquement, fédération de foot en tête !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article de Página/12 sur les clubs (c’est le seul journal à s’y intéresser)
lire l’article de La Prensa sur les manifestations d’hier (le quotidien a publié et continue de publier de nombreux éditoriaux négationnistes en épousant les intentions peu ragoûtantes de la vice-présidente)
lire l’article de La Nación
Les articles de Clarín sur ce sujet sont réservés aux abonnés.


Mise à jour du 28 mars 2025 :
lire ce long article de Cristián Vitale, un journaliste de Página/12 qui écrit le plus souvent sur la culture et notamment la musique, sur la « memoria completa ». Cristián Vitale revient sur deux cents ans de pratique répressive extrajudiciaire de la part des pouvoirs publics en Argentine en remontant au tout début du 19e siècle, avec l’exécution de Manuel Dorrego, un officier fédéraliste (celui qui a donné son nom à la célèbre place du vieux quartier de San Telmo), par un autre officier, unitaire celui-là, que la droite honore encore aujourd’hui (il a lui aussi une place à son nom à côté du Teatro Colón, le rendez-vous de l’élite économique et sociale de la capitale argentine.