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mardi 26 mai 2026

Au Te Deum du 25 Mai, Milei s’est fait sonner les cloches [Actu]

Milei sort de la chapelle où repose San Martín,
avec l'archevêque à ses côtés (et sa sœur pas très loin)
Le titre reprend une expression idiomatique :
A Dios rogando y con el mazo dando
(littéralement : en priant Dieu et en donnant du maillet,
c'est à dire : Aide-toi et le Ciel t'aidera")
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Hier, l’Argentine, où le lundi de Pentecôte, lui, n’est pas férié, célébrait la première de ses deux fêtes nationales, celle qui commémore l’anniversaire de la Révolution de Mai 1810, qui mit fin à l’Ancien Régime en déposant le vice-roi et en imposant l’auto-gouvernement de la Primera Junta, un gouvernement collectif voulu et pensé au premier chef par Manuel Belgrano (1770-1820), lui-même haut fonctionnaire de l’empire colonial puisqu’il était le représentant de Madrid au sein du Consulado avec le titre de Secrétaire (à l’époque, cela signifie presque « ministre »), une sorte de chambre de commerce qui avait pour charge officielle de développer l’économie de la colonie, ce que Madrid l’a empêché de faire à chaque initiative fructueuse.

Traditionnellement, le président de la République argentine se rend à la cathédrale de Buenos Aires, à quelque cent mètres de la Casa Rosada, pour y participer au Te Deum Nacional selon une tradition qui remonte à 1811 (on ne fait pas plus ancien dans l’ordre politique). Cette célébration est présidée par l’archevêque de Buenos Aires qui était aussi, jusqu’à il y a quelques années, le primat d’Argentine (ce qu’il n’est plus depuis que le pape François a déplacé le siège primatial dans une province lointaine mais plus anciennement christianisée que l’actuelle capitale fédérale).

"L'Eglise a condamné l'intolérance et appelé
à respecter la diversité", dit le gros titre en rouge
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Cette année, on a entendu dire que Javier Milei pourrait ne pas assister à la cérémonie. En effet, il est notoirement en froid avec l’Église catholique, à laquelle il préfère les évangéliques d’ultra-droite façon Trump, qui ont, eux, le bon goût de ne s’embarrasser d’aucune doctrine sociale accrochée à l’Évangile. Le jour J, Milei s’est bien rendu à la célébration. C’est qu’il aimerait bien faire venir le pape en Argentine, un pape qui, lorsqu’il était argentin et que le gouvernement n’était pas libertarien, n’est finalement jamais venu malgré de nombreuses invitations très officielles et beaucoup d’espoirs douchés… Milei avait donc toutes les raisons de ne pas manquer à la coutume, quoi qu’il pense par ailleurs des évêques argentins. Il s’est bien rendu à pied, selon la coutume établie, de la Casa Rosada à la cathédrale, entouré des figures politiques qu’il privilégie dans le paysage national actuel. Tout le monde a pu remarquer que la vice-présidente avait été exclue des invités au Te Deum, ce qui est sans doute une première et prouve, s’il en était encore besoin, la profondeur des dissensions au sein du clan présidentiel.

"L'Eglise a donné à Milei un avertissement
au sujet du démembrement de la société", dit le gros titre
La photo principale montre Milei saluant
avec sa sœur à son côté sur le balcon de la Casa Rosada
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A la cathédrale, Milei a rendu hommage au général José de San Martín (1778-1850), qui y est enterré dans une chapelle latérale, et, assis seul devant l’assemblée, sans sa sempiternelle sœur à ses côtés, ce qui fait irrésistiblement penser à un couple incestueux, dans tant d’occasions, y compris hier à d’autres moments de la journée, au Cabildo puis au balcon de la Casa Rosada – donc pas de ça dans la cathédrale !-, Milei a participé à la prière et dû écouter l’homélie traditionnelle.

Pour l’occasion, Monseigneur Jorge García Cueva n’a pas ménagé l’homme assis tout seul devant lui, en bas de l’estrade d’où il s’exprimait. « Nul ne peut se sauver tout seul », a-t-il déclaré, comme les années précédentes d’ailleurs, depuis que Milei est aux affaires. Il a entre autres appeler à arrêter l’usage « terroriste » des réseaux sociaux (Milei s’en sert comme Trump pour répandre des mensonges et insulter, voire menacer tous ceux qui osent le critiquer, la presse au premier chef), à abandonner l’individualisme et la politique du chacun pour soi et à renouer avec la solidarité en actes, de tous avec tous, qui a forgé la nation et sans laquelle la pays risque de s’effondrer. L’archevêque a aussi pourfendu la stratégie délibérée du gouvernement de stigmatiser systématiquement tous ceux qui s’opposent à ses projets et à ses propos, ce qui aboutit à la division du corps social et politique du pays, une attitude visible à l’œil nu puisque la vice-présidente n’était même pas là. Bref, Milei en a pris pour son grade et c’est bien ainsi que tout le monde, à droite comme à gauche, a interprété les propos du prélat.

"Face à Milei, l'Eglise a demandé le dialogue
et appelé à cesser de "polariser par le discours"",
dit le gros titre
La photo principale est réservée à Milei au balcon
En haut, à droite, un article consacré à la fin
du "Late show" de Stephen Colbert sur un canal de télévision
aux Etats-Unis, censuré par Trump dont il ose rire...
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Milei a néanmoins tenté de faire bonne figure. Dans la suite de la journée, où il a tenté de jouer les vedettes, comme s’il était la reine (ou le roi) d’Angleterre à son propre jubilé, Milei a fait des commentaires lénifiants sur les propos de Monseigneur García Cueva, prétendant y voir une offre de dialogue et d’intermédiation de l’Église entre lui et la partie (croissante) de la société qui ne comprend rien à sa politique. En réalité, elle la comprend très bien et elle la rejette catégoriquement.

Il est assez rare qu’un haut dignitaire de l’Église catholique use d’une telle force pour mettre les points sur les I et sur les J ainsi que les barres sur les T pour que personne ne puisse se méprendre sur le sens de ce qu’il dit. En général, l’homélie est un peu plus enrobée, un peu plus diplomatique...

Plusieurs quotidiens publient aujourd’hui l’intégralité de l’homélie, Clarín et La Nación parmi eux.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le Te Deum
lire l’article de Página/12 sur la nouvelle décision du gouvernement : désormais les handicapés qui voyagent en car longue distance ne pourront plus se faire rembourser leur titre de transport par l’État (c’était l’une des expressions de la solidarité nationale avec cette population désavantagée et c’est fini)
lire l’entrefilet de La Prensa sur le Te Deum
lire l’entrefilet de La Prensa sur les déclarations postérieures de Milei
lire l’article de Clarín sur le Te Deum
lire l’article de La Nación sur le Te Deum
lire l’article de La Nación sur les commentaires de Milei
lire l’analyse de ce Te Deum 2026 que fait, dans La Nación, son excellent chroniqueur religieux Mariano De Vedia
lire l’intégralité de l’homélie publiée par AICA, l’agence de presse catholique argentine.

Ajout du 27 mai 2026 :

lire cette analyse de ce qu’il s’est passé au Te Deum par l’éditorialiste politique de La Nación, Joaquin Morales Solá, illustrée par Alfredo Sábat

Dessin de Alfredo Sábat pour La Nación aujourd'hui, 27 mai 2026

Ajout du 28 mai 2026 :

lire ce billet d’opinion de La Nación qui analyse le tremblement de terre que l’homélie de lundi semble avoir été au sein du clan libertarien qui entoure et soutient le président.

lundi 26 mai 2025

Franchise d’archevêques en leur cathédrale [Actu]

"Très dures critiques de l'Eglise contre Mileí :
"On a passé toutes les bornes", dit le gros titre
avec pour illustrer l'appel de l'article
cette photo de Mileí ignorant ostensiblement
la main tendue de Jorge Macri
La photo centrale est reliée à un incident qui
vient de gripper le déroulement du procès
contre les responsables potentiels de la mort de Maradona
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Hier, c’était la fête nationale majeure de l’Argentine, qui en compte deux (le 25 mai, anniversaire de la Révolution de Mai, et le 9 juillet, anniversaire de la déclaration d’indépendance, qui a été votée six ans plus tard). Il est de tradition que se célèbre à la cathédrale de Buenos Aires, qui a assisté aux événements de cette journée du 25 mai 1810, un Te Deum tous les 25 mai depuis 1811.

Página/12 a préféré titrer sur le discours
tenu par Cristina Kirchner (en photo) contre
la politique notamment économique de ce gouvernement
Elle a prédit que le 10e défaut de paiement de l'histoire
argentine se profilait à l'horizon proche.
En haut, entre dessin et photo : "L'Argentine elle aussi saigne"
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La cérémonie est présidée par l’archevêque de Buenos Aires, lui-même imité par les autres évêques et archevêques dans chaque capitale provinciale ainsi que dans la plupart des municipalités du pays. A Buenos Aires, viennent se recueillir à la cathédrale le président de la Nation, la vice-présidente, les membres du gouvernement, les autres autorités constituées tant nationales que municipales, chacune de son côté de l’allée centrale dans la nef. Il est aussi d’usage de laisser, au moins pour cette journée, les querelles partisanes au placard.

Même chose pour la Une de l'édition de La Plata
"Ils ne travaillent que 15 jours et ne touchent que cela",
a dit dans son homélie l'archevêque de La Plata
en dénonçant la pauvreté galopante dans le pays
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Cette année, rien de tout cela. Au sein même de la cathédrale, Javier Mileí a refusé de saluer sa vice-présidente et il a ostensiblement ignoré la main que lui tendait Jorge Macri, chef du gouvernement de la Ville de Buenos Aires (assimilable à un maire). Ce dernier s’était franchement opposé à lui pendant la récente campagne électorale et devant le résultat catastrophique pour la majorité portègne des élections législatives locales, il y a 10 jours. Quant à la vice-présidente, Mileí ne peut plus la voir en peinture et on se demande même s’il l’a un jour véritablement appréciée tant ils semblent se haïr et se mépriser.

"Des festivités marquées par le libertarianisme", dit le gros titre
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Quant à l’archevêque, il n’a pas mâché ses mots lors de son homélie, décrivant d’une part la situation sociale très dégradée du pays, avec des pauvres de plus en plus abandonnés et des riches de plus en plus insensibles au reste de leurs semblables, et d’autre part la situation politique avec un gouvernement qui fait tout, mais vraiment ce qu’il peut pour approfondir les fractures et les dissensions entre les Argentins, utilisant à tout instant l’insulte et la calomnie, pour détruire tout ce qui a été réalisé pendant les 40 ans de démocratie et discréditer quiconque s’oppose à ses projets, et dépassant toutes les bornes de la décence démocratique et de la morale commune tandis que, devant ce déplorable tableau, une partie de la population se laisse gagner par le désespoir et ne se rend même plus aux urnes pour construire et défendre l’avenir du pays.

Son confrère de La Plata a lui aussi prononcé une homélie bien sentie. Et ainsi en va-t-il d’autres lieux de ce pays « qui saigne », selon l’expression qu’on a entendu au pupitre de la cathédrale de Buenos Aires.


"Devant Mileí, García Cuerva a critiqué
la haine et les agressions : On a dépassé toutes les limites",
dit le gros titre sur une impressionnante photo
montrant Mileí passant outre la main tenue par Jorge Macri
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Il n’y a donc pas que les évêques épiscopaliennes qui savent dire leurs quatre vérités aux puissants imbéciles qui refusent de les entendre, comme à Washington le 20 janvier dernier. Il y a aussi quelques hommes du même acabit du côté catholique, au moins en Argentine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de Página/12 sur l’homélie prononcé par Monseigneur Carrara, archevêque de La Plata, autre prélat nommé par François dans le modèle social voulu par le défunt pontife
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire le premier article de La Nación, dès hier
lire le texte complet de l’homélie de Monseigneur García Cuerva, archevêque de Buenos Aires, publié par La Nación, le seul quotidien à le faire.

mercredi 25 mai 2022

Humour spécial 25 mai [Actu]

Miguel Rep s’amuse cette semaine à traiter la Révolution de Mai en y mêlant les préoccupations de la société actuelle.

Sans commentaire.
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C’est ainsi que le 23 mai, au lendemain de l’anniversaire du Cabildo Abierto, la première réunion de l’élite portègne et exclusivement masculine (bien sûr) qui alluma le feu révolutionnaire dans la ville, il a croqué un Cabildo (dans son état de 1810), l’hôtel-de-ville colonial qui préside encore aujourd’hui Plaza de Mayo en y appliquant les profondes divisions politiques (la grieta) qui caractérisent l’actuel paysage argentin, d’une part entre la gauche (au pouvoir) et la droite (qui enrage d’en avoir été éjectée) et d’autre part, au sein de la gauche de gouvernement, entre les partisans de Cristina Kirchner et ceux du président en fonction, la première ayant déclaré la guerre au second. Rep a utilisé les noms de trois des grands acteurs du mois de mai 1810 : Saavedra, chef de la branche la plus tempérée du camp révolutionnaire, Castelli (un cousin de Manuel Belgrano), l’un des activistes les plus radicaux du même camp et Cisneros, le dernier vice-roi, celui qui fut renversé le 25 mai et remplacé par un comité gouvernemental (junta) de neuf membres, dont Saavedra, Castelli et Belgrano.

Pendant plusieurs années, sous le mandat de l’ex-président Mauricio Macri (droite ultralibérale), Miguel Rep a caricaturé le chef d’État en lui attribuant le surnom de El Birrey (le bi-roi), sachant que vice-roi se dit virrey et que le v se prononce d’une manière très semblable à un b. Miguel Rep a de la suite dans les idées.

"S'il n'y a pas de femme, ça commence mal !"
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Ce matin, l’artiste nous l’a fait féministe et c’est rudement bien vu, surtout au surlendemain de la présentation des nouveaux billets, avec des figures de femme dessus !

© Denise Anne Clavilier

Ces dessins sont tirés du site de Página/12.

mercredi 26 mai 2021

Version argentino-mexicaine d’un vaccin oxfordien [Actu]

Même pas besoin de traduire !


L’annonce en a été faite hier très officiellement en presque direct à la télévision publique argentine : l’Argentine et le Mexique ont réussi à sortir les premières doses latino-américaines du vaccin Astra-Zeneca. L’Argentine a produit le principe actif, l’a expédié au Mexique qui est en charge des excipients et assure le conditionnement en flacons.

A peine les dernières notes du Te Deum national expédiées en direct depuis une cathédrale de Buenos Aires réservée au maigre clergé résident, TV Pública a enchaîné sur un flash spécial : la retransmission en très léger différé d’une annonce faite ensemble par visioconférence par le président Alberto Fernández depuis sa résidence de Olivos (dans la banlieue nord-ouest de Buenos Aires) et le président Andrés Manuel López Obrador à Mexico.

Le pays de l’hémisphère nord expédie actuellement les 80 000 premières doses, qui vont compléter la panoplie vaccinale de son partenaire de l’hémisphère sud et assurer aux deux pays et à leurs voisins un début d’autonomie en la matière dans la présente crise.

"Assez de mesquineries", a demandé
l'archevêque de Buenos Aires,
primat d'Argentine
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Si Página/12 claironne la nouvelle et en fait sa une, il va sans dire que les autres titres de la presse quotidienne sont bien en peine d’y faire écho. C’est d’ailleurs le signe indubitable qu’il s’agit bien là d’un grand succès du gouvernement. Ou plus exactement de l'alliance de deux pays gouvernés à gauche. Difficile d’y faire allusion en pleine campagne électorale lorsque les quotidiens sont ouvertement partisans (tout prétendant être objectifs, bien entendu).

Un gros titre qui se réfère au paiement de la dette argentine
et une photo des "manifestations et marches contre les restrictions"
en marge, à droite, l'homélie du cardinal
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Les autres journaux préfèrent donc tenter de convaincre leurs lecteurs que le gouvernement rate tout ce qu’il fait, même quand le dernier grossier mensonge de cette opération va de faire flop : des accusations grossières portées par Patricia Bullrich, la très trumpienne présidente du PRO (le parti néolibéral constitué par et autour de Mauricio Macri), contre le gouvernement prétendant que celui-ci tâchait d’obtenir des dessous-de-table de Pfizer et que c’était là la raison pour laquelle le vaccin de ce laboratoire se faisait attendre en Argentine. Tout s’est dégonflé, le laboratoire lui-même s'empressant de démentir fermement ces propos et leur auteure étant obligée de se rétracter récemment devant la menace d’un procès en diffamation. La presse mainstream s’est donc mise en quête d’autres motifs pour discréditer la majorité en place.

Elle fait donc son beurre aujourd’hui avec l’homélie d’hier du cardinal Mario Poli qui a appelé tous les responsables politiques à taire leurs différends stériles et à mettre un peu de bonne volonté dans la résolution de la crise, le tout en citant Manuel Belgrano (mais cause toujours, tu m’intéresses : la sagesse du révolutionnaire est complètement instrumentalisée par l’opposition au profit des intérêts à court terme de la droite). Elle se repaît aussi de quelques marches qui se sont produites ici ou là, très peu massives à en croire les photos et les vidéos qui sont publiées : non contents de violer le confinement et de hurler sans masque dans l’espace public mais avec des grands drapeaux (dont on ne voit pas bien quel rapport ils ont avec la diffusion massive d’un virus), les manifestants répandaient leurs théories conspirationnistes, anti-vaccin, anti-distanciation. Délire sévère répandu par la branche argentine d’une association de médecins complotistes fondée en Espagne contre Bill Gates et répandue dans toute l’ère hispanophone (médicos para la verdad Argentina).

Mêmes choix rédactionnels que Clarín
Avec un plus : les manifestations sont qualifiées de "larges"
Il suffit de regarder la photo pour s'en convaincre !
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Les hommes sont donc les mêmes sous toutes les latitudes et ils n’ont guère progressé en sagesse depuis les grandes épidémies du Moyen-Age. Les mêmes paniques, les mêmes défaites de la raison, la même agressivité contre tout ce qui ressemble à de la diversité intellectuelle et culturelle parmi leurs semblables. Il a fort à parier que ces gens vont reprendre leur cirque le 20 juin prochain (pour la fête du drapeau) et le 9 juillet (pour la fête de l’Indépendance).

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

sur Astra-Zeneca
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa, qui met plus en avant la participation mexicaine que celle de l’Argentine (au lendemain de la fête nationale, il faut oser !)
sur l’homélie du Te Deum hier
sur les manifestations à Rosario et ailleurs
lire l’article de La Nación qui dresse, sans complaisance, le portrait du fondateur argentin de l’association complotiste

Ajout du 27 mai 2021 :
lire cet article de Página/12 sur l'arrivée d'une nouvelle cargaison de plus de 50.000 doses d'Astra Zenenca.

mardi 25 mai 2021

Et si la Révolution du 25 Mai s’était faite par Zoom ? (Article n° 6600) [Actu]

Au matin pluvieux du 25 mai 1810, les élus municipaux de Buenos Aires se réunirent d’urgence au Cabildo, l’hôtel de ville d’Ancien Régime, après une semaine d’agitation politique dans toutes les classes sociales de la capitale du Vice-royaume du Río de la Plata. Ils voulaient trouver une solution acceptable pour le peuple qui rejetait les résolutions votées trois jours plus tôt par l’assemblée des notables de la ville.

Le 18 mai, la ville avait reçu une très mauvaise nouvelle : le gouvernement provisoire espagnol qui depuis Séville luttait contre l’occupation française tout en mettant en place une politique libérale était tombé quatre mois plus tôt et avait été remplacé par un Conseil de Régence qui s’était installé à Cadix, le grand port qui régnait sur le commerce colonial. N’acceptant pas de passer sous l’autorité politique et administrative d’un groupe lié aux donneurs d’ordre qui faisait vivre son économie sans lui laisser voix au chapitre, la ville tentait à son tour de doter le vice-royaume d’institutions temporaires de gouvernement pour attendre que la situation s’améliore en Espagne, que le roi Fernando Ⅶ soit libéré de sa captivité en France et rentre dans son pays pour y établir le régime libéral tant espéré.

Telles étaient les illusions dont se berçaient alors les partisans de la liberté en Amérique du Sud.

C’est donc ce tournant de son histoire que l’Argentine fête aujourd’hui, sa principale fête nationale. Comment faire autrement, à ce stade de mon article, que de vous renvoyer à la description que j’en ai donnée dans un chapitre de la biographie de Manuel Belgrano, publiée l’année dernière (Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, Éditions du Jasmin).

Ce matin, sur le site de Página/12, le dessinateur Miguel Rep a souhaité imaginer ce qu’aurait été ce grand événement s’il avait fallu se réunir en visioconférence comme doivent le faire actuellement les Argentins, retournés à un régime de confinement très strict pour lutter contre la montée de l’épidémie. Historiquement c’est complètement faux, tout est emmêlé mais c’est la légende. Un peu comme dans un film historique de Sacha Guitry !


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L’animatrice de la réunion (qui ressemble furieusement à une enseignante devant sa classe) : « Vous m’entendez ? »

« Le peuple veut savoir de quoi on parle » (les échevins s’étaient enfermés à double tour et le peuple avait envahi les couloirs du Cabildo pour tâcher de faire pression)
« A bas le vice-roi ! »
« Voilà que se lève le soleil du 25 mai » (il a fait un temps de chien toute la semaine et bien plus tard, on inventa cette phrase pour évoquer l’aube de la liberté, avec en prime un petit clin d’ œil au soleil d’Austerlitz) (1)
« Cornelio de Saavedra, ton micro est fermé ». A la fin de la journée, Saavedra devenait président de la Primera Junta, le premier collège gouvernemental accepté par le peuple de Buenos Aires.

Traductions et commentaires © Denise Anne Clavilier


© Denise Anne Clavilier


Les autres quotidiens célèbrent cette date fondatrice du pays de façon plus classique : avec des articles historiographiques où ils reprennent sagement les thèmes traditionnels traités de manière traditionnelle. Un véritable rite patriotique, en Argentine. On y apprend jamais rien de vraiment nouveau. Página/12 a cette singularité d’oser aborder le sujet avec originalité (et humour).

Pour aller plus loin :

lire l’article de La Prensa sur les acteurs (masculins) de la Révolution (il y aura une suite, sans doute demain)
lire l’article de La Prensa sur les actrices de la Révolution (à l’aube de l’émancipation, dit le titre)
lire l’article de La Nación sur la Semaine de Mai 1810, dont le 25 fut l’aboutissement politique
lire l’article de La Nación sur les membres de la Primera Junta




(1) Quand l’Ambassade d’Argentine en France m’a invitée à donner cette conférence où je ferai, vendredi prochain, une présentation parallèle de Napoléon et de San Martín, elle n’a pas été prise d’une soudaine fantaisie. La comparaison entre les deux héros révolutionnaires date d’il y a très longtemps. Elle était déjà venue à l’esprit des contemporains du vivant de Napoléon, vers l’année 1820, et elle n’a fait que s’imposer de plus en plus au fil des décennies.

dimanche 24 mai 2020

Ce soir, le Teatro Colón fête son anniversaire en ligne [à l’affiche]


Demain, le Teatro Colón fêtera l’anniversaire de son inauguration. La coutume veut qu'il lève le rideau la veille pour une très belle soirée lyrique.

Pour la première fois, l'Opéra de Buenos Aires devra le faire de manière virtuelle : sur les réseaux sociaux, il diffusera ce soir (cette nuit en Europe) un enregistrement de Aïda, de Giuseppe Verdi, une production de 1996 reprise il y a deux ans.

C’est avec cet œuvre que le nouveau théâtre lyrique de Buenos Aires (1) avait levé le rideau en 1908, deux ans avant le centenaire de la Révolution de Mai.

Pour en savoir plus :
accéder au spectacle en ligne, cette nuit, à 1h du matin (soit le 24 mai 2020, à 20h, en Argentine), sur le site Internet du théâtre, sur sa page Facebook, sur son canal YouTube et sur son compte Instagram.



(1) Il remplaçait un vieux théâtre qui datait de l’époque révolutionnaire sur Plaza de Mayo.

samedi 23 mai 2020

Et le Cabildo abierto dans tout ça ? [Humour]

Le 22 mai 1810, la révolution a commencé à Buenos Aires : le vice-roi avait convoqué une réunion citoyenne (1) qu’on appelait le Cabildo abierto (conseil municipal ouvert). Ce Cabildo abierto est entré dans l’histoire car il a voté l’abolition de la vice-royauté, premier pas vers la réunion qui se tint trois jours plus tard, le 25 mai, pour monter un collège gouvernemental dont l’ex-vice-roi allait être écarté.

Convocation historique imprimée par le concessionnaire
de l'Imprimerie des Enfants trouvés
qui était un révolutionnaire convaincu
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En Argentine, depuis la mi-mars, les écoles sont fermés et tout se fait à la maison, à travers des cours en ligne et des émissions de la télévision de service public. Cette semaine, tous les enfants travaillaient sur la Révolution de Mai, comme tous les ans juste avant la fête nationale, le 25 mai.

Cette situation inédite a inspiré Daniel Paz et Rudy dans leur dessin du jour, à la une de Página/12.


Le gamin : Une question en histoire… Les gens du Cabildo abierto, ils se sont réunis sur Zoom ou sur Skype ?
(Traduction © Denise Anne Clavilier)



(1) Seuls les propriétaires fonciers étaient convoqués. Ils avaient seuls le droit de vote. Mais ce jour-là, quelques citoyens bien décidés à se débarrassés du régime en place et du vice-roi se sont organisés pour élargir encore plus la convocation, permettant à des habitants qui n’étaient que locataires de participer à cette réunion. J’explique ce qu’il s’est passé dans l’un des chapitres de Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, publié en février aux Éditions du Jasmin.

Te Deum national version confinement [Coutumes]

La nef de la cathédrale de Buenos Aires en 1830
par Charles Henri Pellegrini, un peintre savoyard
qui s'est fait naturaliser argentin
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Pour la première fois depuis le 25 mai 1811, le chef d’État argentin n’assistera pas en chair et en os au Te Deum national, qui se tient tous les ans, à cette date, à la cathédrale de Buenos Aires.

Publication du premier prêche du premier Te Deum national
célébré le 30 mai 1810 a l'occasion de la prise de pouvoir
par la Primera Junta (alors désignée comme Junta Superior Provisional)
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Comme l’Argentine et en particulier sa capitale fédérale et la banlieue sont en confinement assez stricte, la cérémonie, présidée par l’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Mario Poli, se tiendra dans une cathédrale vide, en présence du clergé desservant et sans élus, sans corps constitués, sans corps diplomatique et sans public. Le président Alberto Fernández a annoncé qu’il assisterait tout de même de manière virtuelle depuis sa résidence de Olivos, dans la banlieue nord-ouest.

Début de ce premier sermon du 30 mai 1810
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La cérémonie sera retransmise en direct par TV Pública, par voie hertzienne (en TNT), sur son site Internet et sur les réseaux sociaux (Facebook et Youtube) lundi 25 mai 2020 à 9h30 (heure argentine, soit 14h30 en Europe atlantique).

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12, seul quotidien national à relayer l’information ce matin sur son site Internet (très étonnant : il s’agit tout de même de la fête nationale)
vous connecter au site Internet de TV Pública, à sa page Facebook et à son canal YouTube.

jeudi 21 mai 2020

Página/12 consacre son supplément Universidad à la Révolution de Mai [Actu]

A quelques jours de la fête nationale du 25 mai, mise au régime forcé par cette maudite pandémie (1), Página/12 consacre les pages de son supplément hebdomadaire Universidad à une thématique de saison et de toujours : Identité et souveraineté, deux axes qui soutinrent la politique des révolutionnaires et que la gauche n’a jamais abandonnés (2).

Comment lire cette image ?
Au fond, vous voyez ces dames ? Ce sont les dames patriciennes, celles qui sur leurs propres fortunes, dans toutes les grandes villes du pays, financèrent, au moins en partie, l’effort de guerre pour l’indépendance.
A la même hauteur, à droite, le cactus colonnaire est là pour évoquer les campagnes andines dites du Nord, celles de Manuel Belgrano, Antonio González Balcarce, Juan Martín de Pueyrredón, José Rondeau
et, brièvement, José de San Martín
En-dessous, derrière les bâtiments, toute une série de personnages, dont de gauche à droite : Cornelio de Saavedra, président de la Primera Junta (le premier gouvernement révolutionnaire), Manuel Belgrano (mes fidèles lecteurs l’auront reconnu bien avant de lire cette ligne) et autour de la cocarde nationale, à gauche Miguel de Azcuénaga (l’aîné de membres de la Primera Junta) et à droite Mariano Moreno (le plus révolutionnaire de tous sur le plan social – évidemment, Página/12 a un petit faible pour lui).
A côté du canon, un prêtre révolutionnaire, Manuel Alberti, qui mourut au début de l’année 1812. Derrière lui, avec son plastron militaire orange, le dernier vice-roi, l’amiral Cisneros, survivant de Trafalgar, et un peu plus à droite, tout petit sous les figures des deux Amérindiens, la sale bobine de Fernando VII, le pire roi d’Espagne et le plus laid aussi, tel que Goya l’a peint avant la chute de Napoléon.
Sur le toit et sur le parvis du Cabildo et de la grande galerie qui coupait en deux la future Plaza de Mayo, le petit peuple : lavandières, porteurs d’eau, gauchos, ouvriers et payadores, ces musiciens ambulants qui improvisaient leurs vers et ont créé les premières milongas,
qui furent la source du tango de la fin du 19e siècle.


La crise actuelle, tant financière que sanitaire, donne du grain à moudre au quotidien alors que l’Argentine se bat pour restructurer l’énorme dette dont l’a chargée la précédente majorité et pour traiter la maladie en recourant le moins possible à l’importation et donc à la perte de devises. Or l’actualité récente a donné raison à cette façon de voir : économistes hétérodoxes rassemblés en conseil technique international auprès du président qui appuient la proposition faite aux créanciers privés, Blackrock qui, à la surprise générale, vient d’encourager ceux-ci à accepter, au moins partiellement, cette proposition (3) et des scientifiques qui parviennent à créer des tests nationaux pour le diagnostic de la maladie et la détection des anticorps chez les personnes guéries.

Pour en savoir plus :



(1) Il semblerait que ce soir ou demain, le gouvernement annonce la prolongation du confinement jusqu’au 8 juin. Les dispositifs actuels valent jusqu’à dimanche. Il y a quelques semaines, on espérait que la fête nationale pourrait être célébrée en début de déconfinement. Les chiffres ne plaident pas dans ce sens. Même les 250 ans de la naissance de Manuel Belgrano, le 3 juin, vont sombrer, en dépit de tous les préparatifs des années précédentes pour aboutir à ces célébrations...
(2) A droite, c’est moins constant. Une partie importante des classes dominantes ont tendance, depuis le milieu du 19e siècle, à vouloir coûte que coûte que l’Argentine soit un pays européen. Une idéologie qui s’inspire sans doute de la dérive des continents !
(3) Il faut voir la une du journal : la rédaction, les infographistes et les titreurs se sont mis en quatre pour fêter la nouvelle !

vendredi 26 mai 2017

Un 25 de Mayo qui grince [Actu]

La vice-présidente (en fauteuil) avait revêtu un poncho du plus bel effet !
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La crise économique continue à attrister le paysage argentin et affecte cette année la célébration du 25 Mai, fête nationale argentine. La consommation reste en deuil et continue de baisser de mois en mois, creusant un peu plus les écarts sociaux.

Les homélies des Te Deum en ont été marquées à la cathédrale de Buenos Aires, où officiait le cardinal Poli, primat d'Argentine, devant le couple présidentiel, le gouvernement au grand complet et l'équipe municipale (tous de la même couleur politique depuis dix-huit mois) comme à la cathédrale de Santa Fe où la messe était célébrée par le président de la Conférence épiscopale. Dans un commentaire centré sur la lecture évangélique du jour, Mario Poli a glissé quelques rappels sur la paupérisation des couches sociales les plus vulnérables et évoqué tous ceux qui, dans le pays, manquent de travail, de ressources et d'accès aux biens matériels et culturels nécessaires à une vie plus digne d'un beau pays comme l'Argentine.
Monseigneur Arancedo, quant à lui, évoquant la vertu d'espérance, il en est venu à parler de la crise de confiance qui traverse le pays et à appeler lui aussi au dialogue, à la rencontre respectueuse par-delà les différences idéologiques...
Le Premier ministre s'est déclaré en plein accord avec les prélats puisque le Gouvernement serait en train de travailler nuit et jour à la réduction de la pauvreté, même s'il s'écoule beaucoup de temps entre les promesses d'investissement (1) et l'amélioration sensible de la situation économique.
Là-dessus, l'archevêque de La Plata, Héctor Aguer, qui a le chic de faire des déclarations provocatrices contre la gauche, y est allé de sa petite fantaisie en faisant des commentaires, hors de propos, sur l'actualité judiciaire récente, en critiquant le Gouvernement qui s'est empressé de rectifier la loi sur les remises de peine en réaction à un arrêt de la Cour Suprême (cf. mon article du 11 mai 2017) et a condamné une loi votée par la Chambre provinciale qui fixe à 30 000 le nombre des victimes de la dernière dictature dont il ne veut pas qu'on la qualifie de civico-militaire... Il y a quelques années, j'ai vu cet homme de près. Il ne respire pas la chaleur humaine... Un peu ennuyeux pour un ministre du Dieu d'amour. Et puis, balancer de tels propos dans ces circonstances, c'est mettre le feu aux poudres...

Très étonnant dans ce journal :
la photo de une est consacrée à Cristina et non pas au président Macri
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Et la Tupac Amaru a achevé le tableau en publiant (on n'en attendait pas moins d'eux) la lettre manuscrite que le Pape François a envoyée à Milagro Sala dans sa prison à Jujuy. Le Saint Père ne fait que répondre à une lettre de la détenue qui se plaignait à lui de mauvais traitements qu'elle subit derrière les barreaux. Comme d'habitude, peu soucieux de l'emploi partisan que pourront en faire des organismes comme Tupac Amaru ou Madres de Plaza de Mayo, il a écrit comme il écrit à une personne emprisonnée. Et bien entendu, la chose est interprétée comme une prise de position en faveur de la députée et hostile au Gouvernement à part.

On a connu des 25 de Mayo plus consensuels...

Pour en savoir plus :
sur les homélies :
lire l'article de Página/12 sur le discours de Monseigneur Poli
lire l'article de Página/12 sur celui de Monseigneur Aguer
lire l'article de La Prensa sur le discours de Mario Poli
lire l'article de La Prensa sur celui de Héctor Aguer
lire l'article de La Nación sur l'homélie de Monseigneur Poli
lire l'article de La Nación sur celle de Monseigneur Aguer
lire le texte de l'homélie de Monseigneur Poli grâce à l'agence AICA qui le reproduit en intégralité
sur les péripéties de l'affaire Milagro Sala
A noter que sur ces sujets, Clarín n'avait pas grand chose à dire dans son édition de ce vendredi.



(1) L'Argentine vient de recevoir coup sur coup deux délégations européennes de chefs d'entreprise accompagnant leur chef d'Etat : visite de la présidente suisse puis du président italien.