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jeudi 23 mars 2023

Les racines afro-américaines du tango ont un nouveau champion [à l’affiche]


L’acteur, chanteur et percussionniste Black Rodríguez Méndez s’apprête à monter sur scène ce soir, jeudi 23 mars 2023, à 21 h, au Salón Marabú, Maipú 365, une salle qui tente de faire revivre le célèbre cabaret des années 1930 et 1940 où de nombreux grands du tango ont joué et où Aníbal Troilo, Pichuco, ni plus ni moins, avait lancé sa propre formation.

Le récital de ce soir sera composé de morceaux aux racines afro-américaines, un axe musical qui a eu quelques défenseurs bien identifiés : le chanteur Alberto Castillo, le compositeur Sebastián Piana qui avec le poète Homero Manzi réintroduisit la milonga dans la ville de Buenos Aires en 1930 (Milonga Sentimental) et, plus près de nous, l’auteur-compositeur interprète Juan Carlos Cáceres qui menait ce combat dans son exil volontaire de Paris.

Prix des places : 3 000 $ ARG

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 29 avril 2016

Hernán Lucero ce samedi aux Chisperos [à l'affiche]


Demain, samedi 30 avril 2016, à 21h, le chanteur Hernán Lucero reprend son récital intitulé Gardeliano au Bar Los Chisperos (ce qui s'entend en Argentine un peu comme "Les Sans-Culottes"), passage San Lorenzo 365, dans le quartier de San Telmo, là même où les chisperos ("ceux qui font des étincelles", à cause de leurs pétoires) affolaient le bourgeois colonial lors de la Semaine de Mai, la semaine du début de la révolution, en 1810.

Entrée : 150 $ ARG

Le chanteur sera accompagné au piano par Pablo Fraguela et il a invité d'autres chanteurs de tango, en l'occurrence Florencia Bernales et Black Rodríguez Méndez.

Montage photographique tiré de la page Facebook de l'artiste

Le récital de Lucero correspond au disque homonyme qu'il a sorti le 12 juin dernier, avec Pablo Fragui, et où il cultive le style vocal créé par Carlos Gardel et son répertoire de tango-canción.

C'est peu dire que vous aurez l'embarras du choix demain soir si vous vous trouvez à Buenos Aires et ça continue dimanche !

mardi 11 août 2015

Reprise de Gotán au Maipo Kabaret [à l'affiche]


Trente-six ans après sa création dans l'underground de l'Abasto, le Maipo Kabaret, une petite salle du grand théâtre Maipo, de Esmeralda 443, reprend depuis hier soir une comédie musicale qui, à partir d'un prétexte dramatique éculé, rassemble de nombreux classiques du répertoire du tango : l'histoire d'amour accidentée entre les deux personnages principaux, est racontée à travers soixante chansons de tous les grands poètes du tango.

Ce spectacle s'intitulé Gotán (tango en verlan) et met en avant deux interprètes, Alejandro Paker, qui tient le rôle du jules rouleur de mécaniques, et Laura Conforte, dans le rôle de la fille du peuple qui a mal tourné et est devenue une accorte entraîneuse de bar...

Le spectacle ne s'adresse pas vraiment aux touristes, encore que... On peut imaginer que le Maipo vise aussi cette clientèle, eu égard à la coïncidence des dates : le festival de tango démarre pour quinze jours et le Mundial qui l'accompagne attire beaucoup d'étrangers.

Dans la distribution, on retrouve Black Rodríguez, un des grands chanteurs du tango underground actuel, Alicia Vignola, une voix féminine qui se fait de plus en plus entendre, et le pianiste et compositeur de Demoliendo Tangos, Federico Mizrahi, signe les arrangements, joue et dirige toute la musique. Les chorégraphies sont signées par Rubén Cuello.

Les places vont de 500 à 550 $ ARG (c'est plutôt cher) et chaque billet donne droit à une boisson (on est dans une configuration café concert).

Le spectacle se donne du jeudi au dimanche, à 22h30.

Pour en savoir plus :
consulter la fiche du spectacle dans Plateanet, le site d'achat en ligne de places de théâtre à Buenos Aires.

vendredi 31 juillet 2015

Et encore du tango pour les petits [à l'affiche]


C'est un spectacle qui se joue tous les vendredis, samedis et dimanche de juillet et d'août au théâtre du syndicat des électriciens, Teatro Luz y Fuerza, Perú 823, à San Telmo, à 15h30 depuis le 12 juillet dernier.

Ce spectacle est tiré du disque-livre El Tango es puro cuento (comprenez "Le tango, c'est rien que des histoires", avec un jeu de mot sur le sens de cuento, mensonge ou conte) écrit, composé et interprété par le chanteur Guillermo Fernández, le bandonéoniste Luis Longhi et le pianiste Federico Mizrahi, les deux musiciens du duo alternatif Demoliendo Tangos.

L'action se passe dans la ville imaginaire de Buenos Vientos où un couple d'enfants observe le monde des adultes avec un regard décalé. En cheminant à travers la ville, ils découvrent les univers musicaux, poétiques et chorégraphiques du tango, de la milonga et de la murga.

Sur scène, on trouve trois musiciens, parmi eux Black Rodríguez Méndez, un des grands chanteurs de la scène tanguera alternative de l'heure, et la Compañía Tempotango, le tout avec des chorégraphies signées Manuco Firmani et une mise en scène de Ignacio González Cano.

Le spectacle, une sorte de Casse-Noisette du tango, est conçu pour les enfants, qui sont actuellement en vacances d'hiver. Les grands sont eux aussi les bienvenus. La pièce dure 60 minutes.

Entrée : 150 $ ARG.
Les places sont en vente sur plusieurs sites Internet dont les systèmes de réservation proposés par Clarín et La Nación.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12
lire l'article du blog Maldito Tango, hébergé par La Nación

mardi 18 décembre 2012

Un Disparo en la noche : CD-documentaire sur le tango d'aujourd'hui [Disques & Livres]


Un coup de feu dans la nuit, tel est le titre, traduit en français, de ce nouveau CD, avec documentaire filmé, que le pianiste et compositeur Julián Peralta, fondateur et directeur musical du groupe Astillero Tango, a présenté les 24 et 25 novembre 2012 (1) à Buenos Aires : un ensemble de douze morceaux nouveaux, écrits par des poètes et paroliers (letristas) de la jeune génération, pour faire mentir les rumeurs selon lesquelles le tango-canción n'existerait plus dans l'actuelle relève artistique du genre...

L'enregistrement de ce disque a été filmé puis monté par le réalisateur Alejandro Diez, sous forme d'un documentaire qui veut rendre compte de ce complexe travail d'interprétation et des chanteurs contemporains qui peinent encore à se faire connaître (sauf Omar Mollo, un transfuge du rock très chevelu et très en vue sur la scène argentine actuelle). Les cinq heures et demi de travail en studio ont été résumées dans un long-métrage de 70 minutes.

Dans ce disque, une équipe de chanteurs qui appartiennent tous à la même mouvance revendicative de l'authenticité socio-culturelle du genre : Aureliano Marín, Juan Subirá, Cucuza Castiello, Alejandro Guyot, le murguero Ariel Prat, Juan Pablo Villarreal, Black Rodríguez Méndez...

Quelques extraits de l'interview donnée par Julián Peralta, à Página/12 et publiée ce matin :

La idea surgió de una nota periodística en la que alguien dijo que no había más autores de tango. Eso es cualquiera... acá tenemos, de entrada, doce autores, doce músicos y doce cantores, y es la punta del iceberg, porque hay muchos más” [...] “Se trata de mostrar todo lo nuevo que está pasando con las canciones del género, porque en la cosa instrumental hay muchos grupos que lo están sosteniendo bien, pero la canción tiene una dificultad mayor. Llegado el momento en que hay un material importante de canciones de un tango muy under, de tugurio y de barrio, se me ocurrió que era importante darle visibilidad.
Julián Peralta, interviewé par Cristián Vitale

L'idée a surgi d'un article de journaliste dans lequel quelqu'un disait qu'il n'y avait plus d'auteurs de tango. C'est n'importe quoi, ça... Là, nous avons, d'entrée, douze auteurs, douze musiciens et douze chanteurs, et c'est la pointe de l'iceberg, parce qu'il y en a beaucoup plus [...] Il s'agit de montrer toute la nouveauté qu'il y a dans les chansons du genre, parce que pour ce qui est de la chose instrumentale, il y a beaucoup de groupes qui le soutiennent bien en ce moment, mais la chanson présente une difficulté plus grande. C'est l'époque où il y a beaucoup de matière dans la chanson, dans un tango très underground, de taudis et de quartier. Il m'est apparu important de lui donner de la visibilité.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le disque s'ouvre sur un récit désormais classique de notre ami Alorsa, fondateur du groupe dissous La Guardia Hereje, dont le monde du tango nuevo ne se remet pas du décès soudain en août 2009 (voir mon article à ce sujet) : Vuelve el Tango (le retour du Tango), une très belle parabole à la fois poétique et pleine d'humour sur la renaissance du tango à partir du retour de la démocratie dans les années 1990, que j'ai moi-même traduite et présentée dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine culturel du tango, paru en janvier 2011 chez Tarabuste Editions (2). Le texte est simplement dit par un récitant, Martín Otaño, sans partition aucune... Peralta s'en explique dans son interview :

La verdad es que no puedo arreglar nada de Alorsa y pretender que quede bien. Su obra es maravillosa, pero relajada, y yo escribo cosas más obsesivas, trabadas. La conclusión fue: tiene que ir el recitado pelado, porque si le pongo algo arruino al Gordo, le rompo el humor.
Julián Peralta, interviewé par Cristián Vitale

A vrai dire, je ne peux faire aucun arrangement de Alorsa et dire ensuite que ça sonne bien. Son œuvre est merveilleuse, mais relax, et moi j'écris des choses très obsessionnelles, complexes. J'en ai conclu qu'il fallait que le récitatif y aille franco, à poil, parce que si j'y mets de la musique, je massacre le Gordo (3), je lui casse son humour.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :
lire l'article de Tinta Roja, une nouvelle revue du tango nuevo (qui ne s'intéresse pas à l'expression dansée du tango).
Le site Internet de Tinta Roja intègre aujourd'hui la rubrique des Institutions, en espérant qu'elle tiendra bien le coup économique... Elle n'a pas sa place dans la rubrique Eh bien, dansez maintenant !, où vous trouverez les revues spécialisées El Tangauta ou La Milonga Argentina à côté des revues francophones.


(1) Le 24 novembre est l'anniversaire de naissance de Alorsa.
(2) Cette anthologie bilingue de cent neuf textes, de dix auteurs, sur 140 pages, constitue le numéro spécial 2010 de la revue Triages.
(3) El Gordo (le gros), c'était un surnom de Alorsa (ce qui était déjà en soi un surnom et un nom de scène, sa famille continue à ne parler que de Jorge et nous avons pris l'habitude d'utiliser ce prénom de baptême pour parler de lui avec ses parents). Rien à voir avec le fait qu'il était enveloppé, comme aurait dit Obélix. Il aurait été maigre comme un clou que ça aurait bien pu ne rien changer. El Gordo, c'est un terme d'affection. C'est aussi l'un des surnoms que l'on donna de son vivant à Aníbal Troilo...

mercredi 25 mai 2011

Tango de Miércoles pour fête nationale [à l'affiche]

Photo diffusée par le CCC

Ce mercredi 25 mai 2011, à 20h30, le Centro Cultural de la Cooperación accueillera dans le cadre de ses concerts Tango del Miércoles le Cuarteto La Púa, avec leur chanteur, Black Rodríguez Méndez, qui a rejoint les guitaristes Leandro Angeli, Cristian Huillier, Juan Otero et le bassiste Pablo Sensottera (guitarrón criollo), dans le quatuor.

Entrée : 30 $.

Le groupe a déjà sorti deux disques, l'un en 2007, l'autre deux ans plus tard. Les chanteurs Lidia Borda et Walter "Chino" Laborde ont participé à l'enregistrement du premier d'entre eux. Dans le deuxième, ils peuvent s'enorgueillir de la présence du Maestro Leopoldo Federico, grand bandonéoniste s'il en est, et Ariel Ardit, qui fut longtemps le chanteur de El Arranque, avant de voler de ses propres ailes et de fonder son propre ensemble.

Pour en savoir plus :
connectez-vous sur le site Internet du groupe ou sur sa page Myspace.