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dimanche 27 août 2023

Fleurs Noires en tournée en Argentine [à l’affiche]


Fleurs Noires est un orchestre féminin fondé en France en 2003 par une pianiste et compositrice argentine, Andrea Marsili, qui a suivi une formation musicale à Rosario, dont elle est native, puis s’est perfectionnée en France, où elle a aussi fait un cursus universitaire de haut niveau.

Les dix musiciennes présentent depuis hier leur nouveau disque, le quatrième de l’orchestre, Tangos en Aleph, en Argentine avec un demi-douzaine de concerts dans plusieurs villes.

Le premier de ces spectacles a été donné hier à la Casa de Tango de Rosario, à 300 km au nord de Buenos Aires, dans la province de Santa Fe. Ce soir, elles seront au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575 dans le sud de San Telmo, à 21 h.

Puis elles descendront à San Pedro, dans l’extrême sud de la Province de Buenos Aires, avant de changer de cap pour se rendre au nord-ouest, à San Juan, au pied des Andes, dans la province homonyme, où elles se produiront dans le prestigieux et magnifique Teatro del Bicentenario. Elles sont attendues le 2 septembre à Río de la Paz, dans la province de Entre Ríos, où elles joueront dans le cadre d’un festival. La tournée se terminera le lendemain, à Buenos Aires, dans le prestigieux cadre de la Manzana de las Luces, tout récemment réouverte au public après de longues années d’un interminable et chaotique chantier de restauration et de réhabilitation de ce site historique fondé par la Compagnie de Jésus au 17e siècle.

Tout au long du circuit, nos Fleurs Noires seront accompagnées sur scène par le percussionniste argentin établi en France et très connu dans son pays d’origine Minimo Garay et le chanteur Aureliano Marín.

Le disque bénéficie quant à lui de surcroît de la participation de Daniel Melingo, bien connu du public argentinophile français.

A cette occasion, qui ne se présente pas tous les jours, Página/12 publie aujourd’hui une interview de Andrea Marsili dans les pages de son supplément culturel quotidien, Cultura & Espectáculos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 18 décembre 2012

Un Disparo en la noche : CD-documentaire sur le tango d'aujourd'hui [Disques & Livres]


Un coup de feu dans la nuit, tel est le titre, traduit en français, de ce nouveau CD, avec documentaire filmé, que le pianiste et compositeur Julián Peralta, fondateur et directeur musical du groupe Astillero Tango, a présenté les 24 et 25 novembre 2012 (1) à Buenos Aires : un ensemble de douze morceaux nouveaux, écrits par des poètes et paroliers (letristas) de la jeune génération, pour faire mentir les rumeurs selon lesquelles le tango-canción n'existerait plus dans l'actuelle relève artistique du genre...

L'enregistrement de ce disque a été filmé puis monté par le réalisateur Alejandro Diez, sous forme d'un documentaire qui veut rendre compte de ce complexe travail d'interprétation et des chanteurs contemporains qui peinent encore à se faire connaître (sauf Omar Mollo, un transfuge du rock très chevelu et très en vue sur la scène argentine actuelle). Les cinq heures et demi de travail en studio ont été résumées dans un long-métrage de 70 minutes.

Dans ce disque, une équipe de chanteurs qui appartiennent tous à la même mouvance revendicative de l'authenticité socio-culturelle du genre : Aureliano Marín, Juan Subirá, Cucuza Castiello, Alejandro Guyot, le murguero Ariel Prat, Juan Pablo Villarreal, Black Rodríguez Méndez...

Quelques extraits de l'interview donnée par Julián Peralta, à Página/12 et publiée ce matin :

La idea surgió de una nota periodística en la que alguien dijo que no había más autores de tango. Eso es cualquiera... acá tenemos, de entrada, doce autores, doce músicos y doce cantores, y es la punta del iceberg, porque hay muchos más” [...] “Se trata de mostrar todo lo nuevo que está pasando con las canciones del género, porque en la cosa instrumental hay muchos grupos que lo están sosteniendo bien, pero la canción tiene una dificultad mayor. Llegado el momento en que hay un material importante de canciones de un tango muy under, de tugurio y de barrio, se me ocurrió que era importante darle visibilidad.
Julián Peralta, interviewé par Cristián Vitale

L'idée a surgi d'un article de journaliste dans lequel quelqu'un disait qu'il n'y avait plus d'auteurs de tango. C'est n'importe quoi, ça... Là, nous avons, d'entrée, douze auteurs, douze musiciens et douze chanteurs, et c'est la pointe de l'iceberg, parce qu'il y en a beaucoup plus [...] Il s'agit de montrer toute la nouveauté qu'il y a dans les chansons du genre, parce que pour ce qui est de la chose instrumentale, il y a beaucoup de groupes qui le soutiennent bien en ce moment, mais la chanson présente une difficulté plus grande. C'est l'époque où il y a beaucoup de matière dans la chanson, dans un tango très underground, de taudis et de quartier. Il m'est apparu important de lui donner de la visibilité.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le disque s'ouvre sur un récit désormais classique de notre ami Alorsa, fondateur du groupe dissous La Guardia Hereje, dont le monde du tango nuevo ne se remet pas du décès soudain en août 2009 (voir mon article à ce sujet) : Vuelve el Tango (le retour du Tango), une très belle parabole à la fois poétique et pleine d'humour sur la renaissance du tango à partir du retour de la démocratie dans les années 1990, que j'ai moi-même traduite et présentée dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine culturel du tango, paru en janvier 2011 chez Tarabuste Editions (2). Le texte est simplement dit par un récitant, Martín Otaño, sans partition aucune... Peralta s'en explique dans son interview :

La verdad es que no puedo arreglar nada de Alorsa y pretender que quede bien. Su obra es maravillosa, pero relajada, y yo escribo cosas más obsesivas, trabadas. La conclusión fue: tiene que ir el recitado pelado, porque si le pongo algo arruino al Gordo, le rompo el humor.
Julián Peralta, interviewé par Cristián Vitale

A vrai dire, je ne peux faire aucun arrangement de Alorsa et dire ensuite que ça sonne bien. Son œuvre est merveilleuse, mais relax, et moi j'écris des choses très obsessionnelles, complexes. J'en ai conclu qu'il fallait que le récitatif y aille franco, à poil, parce que si j'y mets de la musique, je massacre le Gordo (3), je lui casse son humour.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :
lire l'article de Tinta Roja, une nouvelle revue du tango nuevo (qui ne s'intéresse pas à l'expression dansée du tango).
Le site Internet de Tinta Roja intègre aujourd'hui la rubrique des Institutions, en espérant qu'elle tiendra bien le coup économique... Elle n'a pas sa place dans la rubrique Eh bien, dansez maintenant !, où vous trouverez les revues spécialisées El Tangauta ou La Milonga Argentina à côté des revues francophones.


(1) Le 24 novembre est l'anniversaire de naissance de Alorsa.
(2) Cette anthologie bilingue de cent neuf textes, de dix auteurs, sur 140 pages, constitue le numéro spécial 2010 de la revue Triages.
(3) El Gordo (le gros), c'était un surnom de Alorsa (ce qui était déjà en soi un surnom et un nom de scène, sa famille continue à ne parler que de Jorge et nous avons pris l'habitude d'utiliser ce prénom de baptême pour parler de lui avec ses parents). Rien à voir avec le fait qu'il était enveloppé, comme aurait dit Obélix. Il aurait été maigre comme un clou que ça aurait bien pu ne rien changer. El Gordo, c'est un terme d'affection. C'est aussi l'un des surnoms que l'on donna de son vivant à Aníbal Troilo...

vendredi 24 octobre 2008

Rubén Juárez de retour dans le quartier [à l'affiche]

C'est l'immense, superbe, géniale nouvelle de Villa Urquiza pour cette nuit...

Rubén Juárez, le grand bandonéoniste et chanteur, triplé d'un compositeur de quelques morceaux dont ¿Qué tango hay que cantar? (ici sous la direction de José Ogiviecki sur Todo Tango), sera présent à El Faro, esquina Pampa y Constityentes, ce soir, à 22h, dans le cadre de El Tango vuelve al Barrio (E.T.v.a.B.), un cycle de soirées de tango conçu et conduit par le chanteur Hernán Castiello (dit Cucuza) et le guitariste Maximiliano Luna (dit Moscato).

Ce soir, ils avaient déjà un invité, le chanteur Aureliano Marín, un cocktail de tango, de rock et de jazz, qui sera là bien sûr.

En plus d'un invité qu'ils ont présenté sur leur liste de diffusion comme INVITADO EXTRA DE LUJO.

L'homme, originaire de Córdoba, a été découvert au début des années 1970 par Aníbal Troilo. Il est un chanteur magnifique, même si la voix souffre un peu maintenant par rapport à ce que vous pouvez entendre sur l'enregistrement de 1987 que je vous ai mis à disposition plus haut, et c'est un acteur, un clown fabuleux. Sur la scène, il a une une présence écrasante et malgré cette présence, il sait laisser leur place aux autres... Au soir de la clôture du 10ème Festival de Tango de Buenos Aires, il a mis la salle du Teatro Avenida dans sa poche en deux temps trois mouvements, les spectateurs trépignaient de joie à ses facéties, la soirée a duré plusieurs heures sans qu'on s'en aperçoive... Un vrai feu d'artifice. En prime, Rubén Juárez est réputé pour sa générosité et son engagement social dans sa province natale où il a aidé beaucoup d'écoles, financé ou maintenu à flot des centres culturels, offert des activités éducatives aux enfants et aux jeunes... Bref, c'est une personnalité qu'il faut connaître.

Et vous savez pas quoi ? C'est tout Córdoba qui déboule à Villa Urquiza cette nuit. Aureliano Marín vient de cette ville de l'intérieur...

Alors si vous êtes en ce moment à Buenos Aires, retenez tout de suite votre place dans cette pizzeria de quartier, c'est un resto tout ce qu'il y a de plus sympathique et en plus, ils ne profitent pas de l'occasion pour augmenter le prix de la soirée. C'est toujours 18 $ l'entrée (la pizza est en plus).

A toutes fins utiles, voilà le téléphone et le mail : 4573-3055 – mailto:eltangovuelvealbarrio@gmail.com.

Et si vous êtes anclao en Europa (1) comme moi, consolez-vous avec le Web...

La voix de Cucuza s'écoute en cliquant ici, sur sa page My Space.
Celle d'Aureliano Marín en cliquant ici, sur sa page My Space.
Et la musique de Rubén Juárez se déguste sur son site et sur un certain nombre d'autres...

Allez donc farfouiller dans la liste des podcasts de Tango City Tour, Mabel Pramparo, née à Río Cuarto, dans la Province de... Córdoba, est l'une des plus grandes fans de son compatriote... Aux dernières nouvelles, il est présent dans le podcast que Juan et Mabel ont consacré à ce concert de Teatro Avenida au mois d'août dernier. Voir aussi dans les articles d'août dans Barrio de Tango.

Pour achever, sous nos cieux automnaux, de créer l'ambiance "primaveral" et gastronomique qui va régner ce soir à El Faro, il vous faudra une pizza. Vous pouvez la commander à votre Allopizza le plus proche, peut-être même par Internet (on n'arrête pas le progrès). Mais je serais vous, j'irais d'abord humer les bonnes effluves de tomate con muzzarella dans l'article de Luis Alposta que je vous ai traduit il n'y a pas longtemps. C'est encore tout chaud. Avec le petit rouge de la patronne, ce sera parfait. C'est pas loin, Luis Alposta habite le coin... (cliquez ici ou allez consulter les archives de la Semaine du Goût d'octobre 2008).


(1) Anclao en París : célèbrissime tango de Guillermo Barbieri et Enrique Cadícamo écrit en 1927 pour Carlos Gardel (coincé à Paris, l'histoire d'un Argentin qui n'a pas fait fortune comme espéré dans le tango à Paris et n'a même pas de quoi se payer le bateau pour rentrer... dans son quartier).

lundi 20 octobre 2008

El Tango vuelve al Barrio avec un 3ème larron [à l’affiche]

Cucuza et Moscato se joindront ce vendredi 24 octobre la voix d’un autre chanteur, Aureliano Marin. Ce sera à 21h au Bar el Faro, une pizzeria qui fait l’angle entre la avenida La Pampa et la avenida Los Constituyentes dans le quartier de.... (vous savez déjà par coeur) Villa Urquiza (c’était la bonne réponse et je ne vous l’ai même pas soufflée, bravo !).

Aureliano Marin est un chanteur de tango et un double-bassiste originaire de la ville Córdoba, capitale d’une province au nord-ouest de Buenos Aires et, soit dit en passant, ville où a été fondée la première université d'Argentine.... Ce musicien original fait partie d’un tout nouveau groupe de tango jazz, le Auretango Club qui a fait ses débuts au Negracha Club à... Londres le 3 octobre dernier. Le 18 octobre, ils se produisaient à Heidelberg en Allemagne. Le 31 octobre, ils seront au Tsunami Tango dans la avenida Córdoba à Buenos Aires et le 4 décembre au "resto cultural" El Vesuvio...

Vous pouvez écouter la musique de Aureliano Marin sur sa page de My Space.

Entrée 18 $ pour le show a El Faro. Comptez la pizza et le vin rouge en sus... Il faut se nourrir et bien !