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vendredi 6 janvier 2023

Les Luthiers à la une [à l’affiche]

Dans la partie inférieure de la une :
"Eclat de rire final : Les Luthiers tirent leur révérence"
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Ce matin, alors que toute l’Argentine fête l’Epiphanie et les Rois mages, les quotidiens mettent le groupe humoristique à leur une, malgré l’actualité politique et internationale (les obsèques du pape émérite).

Tout en haut : "Mastropiero nous dit adieu"
Mastropiero est le nom du compositeur imaginaire
qui sert de fil rouge à tous les spectacles et tous les albums
du groupe
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© Denise Anne Clavilier


En haut : "Au bout de 55 ans, Les Luthiers
quittent la scène"
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Notons au passage que les obsèques de Benoit XVI auront eu plus de succès dans la presse argentine que celles de Pelé, passées par pertes et profits !

Pour aller plus loin :

les deux journaux qui n’en parlaient pas hier.

Ajout du 13 janvier 2023 :
Página/12 a attendu jusqu’à ce vendredi pour consacrer à Les Luthiers la une de son supplément culturel quotidien, Cultura y Espectáculos :

lire l’article qui contient une interview de Carlos López Puccio, l’un des deux fondateurs toujours vivant.
Au lendemain de la première représentation de la tournée des adieux, La Prensa revient elle aussi sur le groupe, dans une chronique portant sur l’affiche à Buenos Aires en ce début d’été :

"Plus Tropiero que n'importe qui", dit le gros titre
en faisant un jeu de mots qui paraphrase le titre de leur dernier spectacle :
Mastropiero que nunca (Plus Tropiero que jamais)
Carlos López Puccio est le monsieur aux cheveux blancs au centre
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jeudi 5 janvier 2023

Les Luthiers annoncent leurs adieux à la scène [à l’affiche]

Affiche du spectacle au Teatro Opera


L’immense groupe argentin de musiciens-humoristes Les Luthiers viennent d’annoncer à la surprise générale sa dissolution prochaine après un demi-siècle d’existence.

Le groupe dans sa composition actuelle à Rosario, en novembre dernier
Photo Juan José García

Les deux musiciens fondateurs toujours vivants, Carlos López Puccio (77 ans) et Jorge Maronna (75 ans), ont décidé de mettre fin à leur très longue carrière, pleine de succès toujours et partout. Cela entraîne la fin du groupe, composé aujourd’hui des deux fondateurs et de musiciens qui ont remplacé, peu à peu, les autres fondateurs qui ont déjà quitté ce monde.

Le groupe a publié ce matin,  heure d'Argentine, un communiqué
en quatre panneaux...
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C’est un groupe d’un talent exceptionnel qui annonce la fin du chemin.


Dans 10 jours, ils se produiront au Teatro Opera de Buenos Aires (Corrientes, 860) et joueront leur nouveau et donc dernier spectacle, créé en novembre à Rosario, tous les week-ends de ces deux mois d’été. Après quoi, ils entameront leur tournée d’adieu dans toute l’Argentine. Puis dans toute l’Amérique Latine et enfin en Espagne, où ils jouissent d’une grande popularité.


A Buenos Aires, les places sont en vente au prix de 3 360 $ ARG pour le prix le plus bas ! Ce n’est pas donné mais il faut les avoir vus en scène au moins une fois dans sa vie.


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire la présentation du spectacle sur le site de réservation en ligne Ticketek

mardi 15 novembre 2022

La nouvelle troupe de Les Luthiers présente son nouveau spectacle à Rosario [à l’affiche]


En 2019, le groupe de musique et d’humour Les Luthiers ont perdu l’un de leurs fondateurs qui étaient aussi l’un des piliers de leurs spectacles, Marcos Mundstock. Quand ce dernier est tombé malade et qu'il a dû abandonner la scène, il a fallu que le groupe recrute une fois de plus, comme il l’avait fait à plusieurs reprises ces dernières années. Et puis le covid-19 a fait son apparition et il a fallu tout arrêter.

Cette semaine, Les Luthiers présentent leur nouveau spectacle qui promet d’être désopilant comme toujours à Rosario, au Teatro Astengo, Mitre 754.

Ils se produiront du 18 au 27 novembre et le succès est tel qu’il a fallu d’emblée poser des dates supplémentaires. Pourtant le spectacle n’est pas donné : les places sont en vente à des prix s’échelonnant de 4 500 à 7 500 $ ARG.

Le spectacle porte un titre en forme de jeu langagier, à l’image du répertoire du groupe : Más tropiezos de Mastropiero (nouvelles gaffes de Mastropiero), Johann Sebastian Mastropiero est un personnage récurrent (mais invisible) de tous les spectacles et tous les disques de Les Luthiers. Il s’agit d’un compositeur imaginaire qui aurait vécu, selon les besoins de la programmation, à toutes les époques et partout, tantôt en Europe, tantôt en Amérique. Marcos Mundstock jouait le rôle du docte présentateur qui venait disserter sur le morceau à venir et sur les circonstances de sa composition. Ces pastiches d’introduction vont sûrement parsemer le nouveau spectacle. Quant aux pièces de musique, ce sont elles aussi des pastiches et tous les genres y passent : musique classique, musique baroque, musique romantique, opéra, opérette, zarzuela, rock, tango, folklore argentin, uruguayen et européen, candombe et murga, et j’en oublie !

Les Luthiers : le groupe aujourd'hui

Les Luthiers, ce qui en Argentine veut dire « facteurs d’instrument » (et non pas facteurs d’instruments à cordes comme en français), est un groupe de musiciens dotés d'un niveau technique, d'une culture générale pour ne pas parler d'érudition tout à fait exceptionnels. Ils fabriquent eux-mêmes une bonne partie de ses instruments loufoques comme celui derrière lequel ils posent tous ensemble pour ce retour sur scène. D'où le nom qu'ils se sont choisi.

N’hésitez pas à aller les découvrir sur leur site Internet : tout y est, la présentation de leurs instruments comme un échantillon sonore de leur répertoire.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire la présentation du spectacle sur le site Internet de la Fundación Astengo

Ajout du 28 novembre 2022 :
La Nación publie aujourd'hui une chronique de ce triomphal retour sur scène à Rosario et en parle sur sa une.
Pour aller plus loin :

vendredi 24 avril 2020

Sourire en hommage au regretté Marcos Mundstock [Humour]

Journal du confinement, par Daniel Paz (publié ce matin dans Página/12 et sur son site Internet)

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Cher journal
Selon des études récentes, cela fait un moment que Dieu veut signifier à l’humanité que c’est fini. Il a même le texte tout prêt : "On est arrivé au bout, les amis".
S’il ne l’a pas fait, c’est faute d’avoir trouvé la voix qui convienne à une annonce de cette importance. Il faut que ce soit une voix solennelle mais en même temps rigolote.
C’est pourquoi la mort de Mundstock, en plus de me rendre triste, m’inquiète pas mal.
Dieu : « Marcos, mon cher, tu arrives à point ! »
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Dans Clarín, ce matin, on trouve un autre salut, la mise en ligne d’un morceau quasiment inconnu de l’artiste disparu, sa version du Bolero de Maurice Ravel (don Mauricio Ravel), auquel il a mis des paroles qu’il chante lui-même (il ne chantait pas avec Les Luthiers). Le morceau a été enregistré en 2010 dans un disque au bénéfice d’une ONG, au milieu de prestations d’autres artistes tout aussi populaires, comme Luis Alberto Spinetta, un grand du rock argentin lui aussi disparu. Clarín a créé un diaporama de photos sur la bande son tirée du disque. C’est une version qui renoue avec l’origine sud-américaine du boléro, une origine que les orchestrations classiques et septentrionales de l’œuvre tendent à nous faire perdre d’oreille... Cliquez sur le lien pour écouter ce joyau méconnu.

jeudi 23 avril 2020

Marcos Mundstock est parti après une longue maladie [Actu]

Une des pages spectacles de La Nación aujourd'hui
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Aux yeux du public, Marcos Mundstock, c’est ce Monsieur Loyal qui, plein d’une pédante componction, intervenait pour présenter les différents numéros des récitals du groupe humoristique Les Luthiers : en habit ou en smoking, avec nœud-papillon, sérieux comme un pape, il suffisait qu’il entre en scène pour que la salle éclate de rire. Il portait un dossier à reliure de cuir rouge, visible depuis les derniers rangs, même dans les plus grandes salles du monde hispanophone, que le groupe remplissait régulièrement, et il l’ouvrait avant de se lancer dans des parodies hilarantes de discours musicologiques cuistres, dignes de ces commentateurs qu’on a pu connaître sur les ondes de France Musique (1), dont la fonction essentielle était sans doute de dégoûter la majeure partie de l’humanité de la musique classique et de l’opéra, cette musique élitiste qu’il ne fallait pas donner à la plèbe. Très pince sans rire, au milieu des fous rires de la salle, Mundstock dissertait sur un grand compositeur de son invention, Johann Sebastián Mastropiero, qui avait touché à tout : du classique, du baroque, du folklore argentin, de la salsa cubaine, du jazz de la Nouvelle-Orléans, de la chanson sentimentale française, du rock anglosaxon (avec des paroles en espagnol, bien sûr), de la musique religieuse, du sitar indien et bien sûr du tango.

Pieza en forma de tango
On entend le commentaire de Mundstock en voix off

Marcos Mundstock avait 77 ans et il y a un an, il s’était retiré de la scène en faisant savoir qu’il souffrait d’une tumeur cérébrale. Il avait fait, par visioconférence, une dernière apparition publique quelques jours plus tard à un congrès de la langue espagnole organisé par la Real Academia de España à Córdoba, en Argentine. Dans leurs fauteuils d’amphithéâtre académique, il avait laissé tous les congressistes morts de rire et pour longtemps (Página/12 republie cette prestation dans ses pages de ce jour).

La photo principale est pour les chiffonniers qui ont retrouvé
le droit de parcourir Buenos Aires pour récupérer les cartons
des commerces alimentaires et faire fonctionner
leurs coopératives dans les bidonvilles où ils habitent.
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Mundstock n’était pas musicien de formation mais animateur radiophonique (locutor). Au groupe Les Luthiers, il a apporté son jeu, sa diction, sa voix et ses textes ciselés. Allez sur le site Internet du groupe et sur sa chaîne You Tube et régalez-vous de ces présentations insensées, faussement assommantes et interrompues par des apartés hors sujet qui s’enchaînent les uns aux autres...

Educación sexual moderna
Pour une fois, le compositeur n'est pas Mastropiero mais un franciscain,
qui a composé un cantique en grégorien

Sa disparition aujourd’hui est d’autant plus triste que la pandémie interdit à ses compagnons de scène, aux artistes et au public de lui rendre hommage, lui dont, en d’autres temps, la veillée funèbre se serait tenue au Congrès, à Buenos Aires.

Au-dessus, le scandale d'un hospice gériatrique
où on déplore de nombreux morts du covid-19
dans le quartier chic de Belgrano (à Buenos Aires)
En bas : "Cette belle voix intelligente"
La photo montre Mundstock en Espagne
lorsque Les Luthiers ont reçu le prix Princesse des Asturies
il y a trois ans
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Le groupe Les Luthiers lui rend lui-même hommage sur sur son site Internet dont la page d’accueil se compose d’un fond noir sur lequel se détache un texte très simple, plein d’amitié et de tendresse.

El regreso del Indio
Je vous laisse découvrir la traduction en français
qui déraille au fur et à mesure que la chanson se déroule

Et cette fois-ci, il n’y a pas de fausse note dans la presse (2). Marcos Mundstock est à la une de tous les quotidiens qui lui consacrent tous, sauf La Prensa, plusieurs articles dans l’édition de ce matin (j’en ai compté cinq dans La Nación).

Une des pages culturelles de Página/12 dessinée par Miguel Rep
"La voix" dit le gros titre en route

La plus belle phrase est sans doute celle, à l’écriture très mundstockienne, qui conclut l’article principal de Página/12 :
"La carpeta roja queda en el atril. Johan Sebastián Mastropiero se queda mudo. Y nosotros, con este nudo en la garganta."

Le dossier rouge reste sur le pupitre. Johan Sebastián Mastropiero ne dit pas un mot. Et nous, nous avons ce nœud dans la gorge.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Pour en savoir plus :
En Uruguay :
lire l'article de El País
lire l'entrefilet de La República
lire l'article de El Observador (avec beaucoup de vidéos incluses)



(1) Heureusement, France Musique a abandonné ce ton insupportable il y a plusieurs années.
(2) Il faut reconnaître aussi qu’il n’était pas suspect de pencher à gauche ! En 2015, il avait appelé à voter Mauricio Macri, comme une petite minorité d’artistes et d’intellectuels.

samedi 22 août 2015

Les Luthiers perdent un des leurs – le théâtre en larmes [Actu]

Merci de nous avoir fait rire, dit Miguel Rep
en une des pages culturelles de Pagina/12
Il reprend ainsi le titre d'une célèbre chanson
Gracias por la vida (merci la vie)

Il avait le cœur fragile au propre et au figuré mais ce n'était pas une raison pour partir comme ça... Après avoir été veillé toute la journée d'hier dans le quartier de Belgrano, il repose depuis ce matin, 10h, au Jardín de la Paz, l'un des cimetières de Buenos Aires.

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Daniel Rabinovich n'avait que soixante et onze ans et il nous avait fait mourir de rire tant de fois sur toutes les scènes de théâtre de toute l'Argentine, du continent entier et d'Espagne. Il était l'un des fondateurs de ce groupe de frapadingues très sérieux qui s'appelle Les Luthiers, en français dans le texte, parce qu'ils fabriquent eux-mêmes les instruments délirants (façon Gaston Lagaffe, à ceci près qu'ils ont une excellente acoustique, eux, et qu'ils sont solides) avec lesquels ils régalent le public.

Sur scène, il tenait souvent le rôle du clown blanc, celui qui parle sentencieusement et laisse dire à l'auguste les pires pitreries. Comme ces camarades de scène, il avait tous les talents : comédien, mime, chanteur, instrumentiste pour ce qui est du jeu théâtral, mais aussi parolier et compositeur.

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Leurs gags qui s'appuient sur une connaissance encyclopédique de la musique et qui savent mêler la chacarera ou le hard rock à Vivaldi (je vous assure que ce n'est pas donné à tout le monde) sont indescriptibles. Il faut les voir sur Youtube ou en DVD ou sur scène (et comprendre a minima l'espagnol) pour s'imaginer ce qu'ils représentent. Lui, on ne le verra plus. Sans doute, le groupe trouvera-t-il un autre artiste non pas pour le remplacer mais pour combler autrement le vide qu'il laisse. Il n'est pas le seul fondateur du groupe à le quitter et le groupe a toujours su rebondir. L'un des membres fétiches de la troupe, Carlos Nuñez Cortes, a confirmé, pendant la veillée funèbre, que Les Luthiers continueraient d'écumer les scènes du monde latin...

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Depuis quelques temps déjà, les médecins lui avaient interdit la scène, à cause de certains coups de semonce cardiaques qui retentissaient depuis 1995. Avec tout ça, on lui avait aussi diagnostiqué un cancer. Il n'était donc plus sur scène, mais il était présent dans les mémoires de tout ce public doté d'un tout petit peu de subtilité (qui ne manque pas en Argentine)...La page Facebook du groupe publie aujourd'hui le communiqué officiel de la formation. Cette page vous conduira aussi au site Internet où vous pouvez découvrir la discographie de Les Luthiers et des vidéos à n'en plus finir.

Daniel Rabinovich nous a fait beaucoup rire, moi y compris et pas seulement quand je suis à Buenos Aires. En France aussi, je me suis beaucoup divertie grâce à lui et à ses quarante ans de spectacle au sein de ce groupe hors du commun. Aujourd'hui, il nous fait tous pleurer.

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L'article sur Rabinovich est en manchette (en haut à droite)
Pleine page : la démonstration d'une danseuse de tango en fauteuil, hier au Mundial de Tango
(comme le veut la tradition de ce blog, il n'y aura qu'un seul article aujourd'hui : l'hommage au disparu)

Comme vous pouvez l'imaginer, la disparition de ce géant du rire est à la une de tous les journaux nationaux. C'est dans Página/12, comme d'habitude, qu'on trouve l'hommage le plus développé avec pas moins de six articles dont le principal est signé par Karina Micheletto qui ne cache pas son chagrin, même si elle ne connaissait pas personnellement le disparu.

Pour aller plus loin :
écouter les différents documents audio mis en ligne par Radio Nacional

La presse en Uruguay n'est pas en reste :
lire l'entrefilet de La República (avec plusieurs liens vers d'autres articles)

lundi 19 janvier 2015

Le best-off revu et corrigé de Les Luthiers au Gran Rex cet été [à l'affiche]

Depuis le vendredi 9 janvier et pour toute la durée de ce premier mois de 2015, le groupe Les Luthiers présentent une anthologie de ses plus grands succès sur la scène du Teatro Gran Rex, avenida Corrientes 857.

Le titre est à lire à haute voix :
"Vieux faismoirires"

Le spectacle se donne tous les vendredis et samedis à 21h.

Les places vont de 150 à 500 $ ARG, selon l'emplacement dans la salle.

Un spectacle pour se tordre de rire avec la musique (1)

Découvrez Les Luthiers sur leur site Internet et leur page Facebook.

Ils seront de retour à Buenos Aires (teatro Gran Ituzaingo) avec un autre spectacle, Lutherapía, les 16 et 17 avril, après une tournée qui les mènera en Espagne, qui leur a accordé la nationalité au titre du talent.


(1) Mieux vaut tout de même comprendre un peu l'espagnol : les textes, notamment les présentations, sont vraiment très drôles. Des parodies très fines.

samedi 4 juin 2011

Chist !, le nouveau spectacle de Les Luthiers est arrivé à Buenos Aires [à l'affiche]


Le groupe Les Luthiers, un quintette de musiciens fantaisistes qui ne sont pas sans rappeler ce qu'ont pu être Les Frères Jacques pour la scène francophone, reviennent à Buenos Aires, au Teatro Rex, sur avenida Corrientes, à quelques mètres de l'Obélisque, avec un nouveau spectacle, qu'ils sont allés créer à Rosario, comme d'habitude.

Le spectacle s'appelle ¡Chist! et rassemble une sélection des meilleurs morceaux du groupe, qui a parodié tous les genres musicaux, y compris le tango, en 1972, au plus profond de la déprime qu'il a traversé entre la chute de Perón (1955) et le retour de la démocratie (1983).

Ce retour sur scène a donné à Clarín un prétexte pour aller les interviewer tous les cinq, dans un hôtel de la Costanera, le long du Río de la Plata, dans la zone est de Buenos Aires. Et ils se révèlent à peu près aussi déjantés que sur scène...

Verbatim (à lire au second degré de bout en bout)

“Te mentiríamos si dijéramos lo contrario: estamos cada vez mejor, nos llevamos bárbaro. Un dato: antes de este nuevo show nos tomamos vacaciones, algo impensado en otra época”, cuenta Carlos Núñez Cortés.
Clarín

On te mentirait en disant le contraire (1) : on se bonifie en vieillissant, on s'entend comme larrons en foire. Pour te dire : avant ce nouveau spectacle, on s'est pris des vacances. Un truc impensable à une autre époque, raconte Carlos Núñez Cortés
(Traduction Denise Anne Clavilier)

¿Para qué sirven las antologías?
Mundstock: Sirven.
Carlos López Puccio : Hay preguntas que preferimos no contestar...
Núñez : No, hablando en serio, creemos que hay mucha gente que no ha visto estas obras en vivo. Todo nuestro material está disponible en disco y videos.
Daniel Rabinovich : O pueden verlo en YouTube.
Núñez : Sí, pero nada equivale al vivo, esa magia increíble que tiene la gente al poder ver a Les Luthiers en directo, y en un teatro. Según lo que he leído por ahí, “es algo indescriptible” ( sonríe ). Y en cuanto a una antología, este formato permite que toda esa gente que no pudo ver esos espectáculos, pueda vernos ahora.
Clarín

- A quoi ça sert, les best-offs ?
Mundstock : ça sert.
Carlos López Puccio : Il y a des questions auxquelles nous préférons ne pas répondre...
Núñez : Non, pour parler sérieusement, nous croyons qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont pas vu ces oeuvres sur scène. Tout ce qu'on fait est disponible en disques et en videos
Daniel Rabinovich : et ça peut se regarder sur You Tube
Núñez : Bien sûr, mais rien ne vaut la scène, cette magie incroyable qu'il y a chez les gens quand ils peuvent voir Les Luthiers en direct, et dans un théâtre. D'après ce que j'ai lu quelque part par là, c'est quelque chose d'indescriptible (il sourit). Et pour ce qui est du best-off, c'est un format qui permet à tous ces gens qui n'ont pas pu voir ces spectacles de nous voir maintenant.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

- Pensaba en las antologías como una sucesión de imágenes virtuosas, útiles para el consumo y la búsqueda de popularidad.
Mundstock : Eso explicaría el posible interés de la gente. Nosotros queremos hacer el mejor show que podemos en este momento, y eso puede venir con material nuevo o a través de una selección que se fue mejorando. Este es un material de mucho valor y creo que estamos haciendo un gran show.
Puccio : Las antologías sirven para seguir rescatando el valor a ese material viejo... Es distinto vernos rodeados de mil personas que te siguen el timing que vernos en una pantallita. Toda esa gente que conoce estas obras por YouTube debería darse cuenta que, en vivo, Les Luthiers es muy diferente.
Rabinovich: El grupo hace este show no sólo para recuperar un acervo propio, sino porque nos viene muy bien, muy cómodo, para cuando tenemos que montar un espectáculo nuevo y estamos cansados o medio agotados, cosa que en 45 años de existencia nos ha pasado cada 45 minutos. Uno se agota de inventar cosas y poder manotear el propio patrimonio, y poder usarlo, es algo fantástico.
Clarín

- Je pensais aux best offs comme succession d'images virtuoses, prêtes à consommer et à provoquer du succès
Mundstock : Cela expliquerait l'intérêt que les gens peuvent nous porter. Nous, nous aimons faire le plus beau spectacle que nous pouvons au moment où nous le faisons et ça, ça peut se faire avec des nouveaux morceaux ou à travers une sélection qui se bonifie avec le temps. Ce qu'on fait là a une grande valeur et je crois qu'on fait un très beau spectacle.
Puccio : Les best-offs, ça sert à continuer de sauvegarder la valeur de ces vieux morceaux... Ce n'est pas la même chose que de nous voir entourés de mille personnes qui te suivent le timing et de nous voir sur un petit écran. Tous ces gens qui connaissent ces oeuvres à travers You Tube devraient se rendre compte que, en public, Les Luthiers c'est tout autre chose.
Rabinovich : Le groupe fait ce spectacle non seulement pour renouer avec sa propre réaffirmation mais parce que c'est très bien pour nous, très confortable, par rapport à quand il faut qu'on monte un nouveau spectacle, et qu'on est fatigués, à moitié crevés, un truc qui en 45 ans d'existence nous est arrivé toutes les 45 minutes. On finit par s'épuiser à inventer des trucs, alors pouvoir manipuler notre propre patrimoine et nous en servir, c'est quelque chose de fantastique...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Signalétique hospitalière argentine, avec infirmière à bibi d'hôtesse de l'air - Voir le rapport ci-dessous

¿Entonces lo de “ ¡Chist!” va dedicado a todos los periodistas que puedan quejarse del grandes éxitos?
Rabinovich : Jajajá, puede ser uno de los tantos significados. Se le ocurrió a Jorge (Maronna) como una broma que mezcla lo de silencio hospital y lo de a callarse con chiste: falta la e para completar esa palabrita. Marcos, hace cinco años me dijiste que el 90 % de la gente no conocía a Les Luthiers y que vos no lo considerabas un grupo popular.
Rabinovich : Yo no comparto lo que dijo él.
¿Qué no compartís?
Rabinovich : Ni eso ni nada ( risas ).
Clarín

- Alors ¡Chist!, vous le dédiez à tous les journalistes qui pourraient s'agacer des beaux succès ?
Rabinovich : Tiens, tiens, tiens ! c'est peut-être bien l'un des sens. C'est une idée qui est venue à Jorge (Maronna) comme une blague qui mélange le chut de Silence, Hôpital ! à "on la boucle" avec une blague : il manque le e pour finir le mot (2). Marcos, il y a 5 ans, tu m'as dit que 90% des gens ne connaissaient pas Les Luthiers et que toi, tu ne considérais pas que c'était un groupe populaire.
Rabinovich : moi, je ne suis pas d'accord avec ce qu'il dit, lui !
Avec quoi tu n'es pas d'accord ?
Rabinovich : ni avec ça ni avec rien (rires)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Mundstock (más serio que Superman): Lo de la popularidad se mide. Es difícil ser objetivo. Cuando yo me subo a un escenario como el de este teatro de Rosario y me aplauden, yo me siento el tipo más popular del mundo, pero después están los números. Una temporada nuestra equivale a una sola noche de Marcelo Tinelli.
Rabinovich: ¡Muchísimo menos!
Mundstock : No hay misterio. Lo nuestro es una cosa más fina, más artesanal, y para una clientela más exclusiva. Tampoco somos desconocidos. Hay un humor más cerrado que el nuestro que sería el humor literario, donde se festejan entre el escritor y sus diez amigos. Creo que esto es lo que te quise decir.
Clarín

Mundstock (sérieux comme un pape) : L'histoire de la popularité, ça se mesure. C'est difficile d'être objectif. Quand je monte sur scène, moi, comme dans ce théâtre de Rosario, et qu'on m'applaudit, je me sens le type le plus populaire du monde, mais après il y a les chiffres. Une de nos saisons, c'est pareil qu'une seule nuit pour Marcelo Tinelli (3)
Rabinovich : Beaucoup, beaucoup moins !
Mundstock : Il n'y a pas de secret. Ce qu'on fait nous, c'est quelque chose de plus élégant, de plus artisanal, et pour une clientèle plus choisie. Nous ne sommes pas non plus de inconnus. Il y a un humour plus hermétique que le nôtre, ce serait l'humour littéraire, celui de l'écrivain au milieu de ses dix potes. Je crois que c'est ça ce que j'ai voulu dire.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Rabinovich: El tipo que compra una entrada para Les Luthiers, un altísimo porcentaje digo, seguro que nos ha visto y cuando sepan que se trata de una antología, seguro que la mayoría ha visto todo.
Mundstock : Disculpame, no estoy de acuerdo.
Puccio : Si vos vas a ver al San Martín una obra de Tennessee Williams no entrás un rato antes a Internet para ver de qué se trata. No vas a estar revisando otras versiones, ¡al contrario!: decís qué lindo, ¡voy a ver la obra! y tratás de no acordarte de qué se trataba.
Rabinovich : Yo estudié este espectáculo en YouTube, como me aconsejaron todos ustedes. Pinché en la compu y veía: 1.656.898 visitas, 797.300 visitas...
Clarín

Rabinovich : Le type qui prend une entrée pour Les Luthiers, je veux dire un très grand pourcentage, c'est sûr qu'il nous a vus et pour peu qu'on sache qu'il s'agit d'un best-off, et tu es sûr que la majorité a déjà tout vu.
Mundstock : Excuse-moi, mais je ne suis pas d'accord.
Puccio : Quand toi tu vas voir au San Martín une oeuvre de Tennessee Williams, tu ne te mets pas à Internet juste avant pour voir de quoi il s'agit. Tu vas pas te mettre à revoir d'autres moutures. Au contraire ! Tu dis : chouette, je vais voir l'oeuvre. Et tu essayes de ne pas te souvenir de quoi ça parle.
Rabinovich : Moi, j'ai étudié ce spectacle sur You Tube, comme vous me l'avez tous conseillé. J'ai appuyé sur l'ordi et j'ai vu : 1 656 898 visites, 797 300 visites...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour le reste, allez directement lire la suite ou la totalité de l'interview sur le site de Clarín et puis dépêchez-vous d'aller ajouter votre visite perso sur You Tube. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps... (4)

Ajout du dimanche 5 juin 2011 :

Ce matin, 5 juin, Página/12 fait du groupe le sujet de la première page de son cahier culturel quotidien et leur consacre un long article interview. Une lecture à savourer...



(1) Le journaliste vient de leur parler de la longévité de leur groupe (une cinquantaine d'années ensemble, en Argentine et dans tout le monde hispanophone) et de la bonne entente qui règne entre eux.
(2) Série de jeux de mots à peu près intraduisibles. Chist, c'est chut en Argentine. Et chiste, c'est une blague, une bien bonne...
(3) Marcelo Tinelli est un présentateur de télé et de radio très populaire. Une sorte de Guy Lux mâtiné de PPDA et d'Eugène Saccomano, pour ne prendre des exemples qu'à la télévision française.
(4) Pour les disques et DVD de Les Luthiers, ils sont disponibles sur la boutique en ligne de Zivals, Tangostore, dont vous avez le lien en permanence dans la rubrique Les commerçants del Barrio de Tango, dans la partie inférieure de la Colonne de droite.