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mercredi 1 juillet 2009

Pepe Kokubu et Tangozando à la milonga du Club Europeo [à l’affiche]

Le Club Europeo est un cercle managérial et patronal fondé par José María Kokubu et dont l’objectif est de faire se rencontrer et se connaître sous forme d’un réseau d’échanges et de partage d’expériences les acteurs économiques autour des relations qu’ils développent avec l’Europe.

José María Kokubu, qui n’est pas un inconnu pour les lecteurs de Barrio de Tango, est lui-même un homme d’affaires, qui dirige depuis le début de l’année l’antenne d’une institution japonaise qui forme des managers dans les pays émergents. C’est aussi un musicologue et un linguiste dont j’ai déjà eu l’occasion de vous présenter un aperçu des travaux dans un article précédent (qui traitait d’une interview conférence en anglais sur la filiation existant entre la musique européenne et singulièrement l’opéra du 18ème siècle et la genèse du tango-canción tel qu’un Pascual Contursi l’inventa en 1916). Lire l’article en cliquant sur le lien.

Le quintette Tangozando (photo diffusée par Pepe Kokubu)

Il est aussi chanteur (et quel chanteur... Là encore, reportez-vous à cette interview, vous en aurez le souffle coupé) et membre de la Academia Nacional del Tango. De temps en temps (je ne sais pas comment il fait, vu son agenda), il se produit sur scène ou tout comme, avec ses amis musiciens du groupe Tangozando (photo), à savoir : Federico Luzaco au bandonéon, Lionel Gatti à la guitare, Santiago Cainzos au violon, Pedro Ochoa à la contrebasse et Úrsula Leal Capria au piano (ce qui nous donne donc un ensemble típico + guitare).

En l’occurrence, ils se produiront donc tous les six à la milonga du Club Europeo, vendredi soir (après le travail des honorables membres), en prime time (22h), et c’est au tout début de l’avenue Corrientes (on n’est pas loin de A media luz, à 20 mètres sur votre gauche, sur le trottoir d’en face) (1), au numéro 327 et au... 21ème étage (non seulement la côte grimpe à cet endroit-là mais en plus c’est plein d’immeubles de grande hauteur !).

L’entrée est de 15$ pour les membres du Club, et de 20 pour les extérieurs.
Normalement et sauf revirement trop brutal pour être raisonnablement envisageable de la part du Gouvernement de la Ville de Buenos Aires, cette réunion festive mais aussi privée (même si elle est ouverte à l’extérieur) aura bien lieu. Pour le moment, les milongas et les tertulias (ces rencontres conviviales traditionnelles autour d’une coupe ou d’un café) sont toujours autorisées. Les malades contagieux sont juste priés de s’abstenir de s’y rendre jusqu’à leur guérison
De toute façon, quand on a 38° de fièvre, on reste couché et on dort.

Pour aller plus loin :
Pepe Kokubu dispose d’un raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite. Vous allez trouver des photos de lui dans ces articles-là. Je vous laisse un peu chercher par vous-même.
Les articles concernant la danse sont rassemblés sous un raccourci à ce nom dans la rubrique Les artistes, toujours sur la droite de votre écran.
Et pour visiter virtuellement cette avenue mythique de Buenos Aires qu’est Corrientes, cliquez sur le mot-clé, ci-dessus, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search (sous le titre).

(1) A media luz, c’est un tango. Célèbre. Qui commence par donner une adresse. D’un appartement pour rencontres et autres cinq à sept. Dans les années 20. Corrientes tres cuatro ocho (Corrientes 348). Attention à la déception si vous y allez : non seulement ça grimpe, mais l’appartement coquet en question n’a jamais existé et à cette adresse-là, il y surtout une entrée de garage à voitures... Ah, le romantisme se perd, ma bonne dame !

jeudi 20 novembre 2008

Mardi dernier, Tangozando avait pour invité el Ponja Malevo [à l’affiche]



C’était le 18 novembre, à 21h (entrée 10 €), dans la rue Bartolomeo Mitre, au n° 1525 (Bartolomeo Mitre fut un président de la République au 19e siècle). J’étais prise aux Barytons. Peux pas être partout à la fois...

Tangozando est un sextuor típico, composé d’un violon, Maximiliano Zenarola, un bandonéon, Santiago Cirmi Obon, un piano, Ursula Leal Capria, une guitare, Alejandro Alustiza, une contrebasse, Pedro Ochoa et un chanteur, Leandro Tagliaferro.

Le 15 novembre, ils s’étaient déjà fait entendre (et applaudir, je suis sûre) à la Academia Nacional del Tango à 22h, au cours de la Noche de los Museos.

Au Bartolomeo Bar, ils avaient donc invité un chanteur académicien et plein d’autres titres divers et variés, qui arbore avec une visible fierté ce surnom de Ponja Malevo. El Ponja Malevo est par ailleurs, le jour, le très honorable Directeur du développement sur l’Asie du Sud-Est, associé d’un cabinet de consultants portègne de communication interculturelle (1) avec derrière lui des études et un début de pratique de... médecine dentaire.

Ce surnom incompréhensible pour des étrangers comme nous mélange le verlan et le lunfardo de base.
Malevo, ça veut dire "voyou", dans tous les sens du terme, du simple traîne-savate inoffensif mais mal élevé au vrai de vrai gangster issu du vrai de vrai milieu (hampa, en lunfardo). C’est un terme que vous trouvez partout dans les letras de tango.
Ponja, c’est "japonais" (je dis bien japonais, le gentilé), mais à l’envers (Japón : vous y êtes ?).
Comme son nom vous l'indique, José María Kokubu est d’ascendance japonaise, c'est pourquoi il parle le japonais. C'est donc très logiquement qu'il développe son activité commerciale d’analyste de communication interculturelle du côté de l’Empire du Soleil Levant... Encore un autre apport à la culture portègne, dont je n'ai pas encore traité ici : l'immigration japonaise. Elle a été forte après la Seconde Guerre Mondiale, mais existait déjà bien avant, comme le prouve, à Palermo, l'existence du Jardín Japonés dont j'ai mis une photo en tête de cet article et qui a été offert à la ville par la communauté japonaise à la fin du 19ème siècle...

Or donc Pepe Kokubu (vous suivez ? Pepe c’est le diminutif de José. María, c’est le second prénom : aux oubliettes !) était l’invité de nos six musiciens et vous pouvez les découvrir chacun sur sa page internet respective...

Tangozando, qui tire son nom d’un disque de Piazzolla, est présent sur My Space.

Pepe Kokubu a préféré s’installer sur l’espace Google où il s’est construit une page japonisante, comme de bien entendu. Dans l’article qu’il lui consacre, Todo Tango décrit par le menu la carrière tous azimuts de ce martien tanguero (médecin, consultant, romancier, chanteur, pianiste, producteur... Fermez le ban !). Maintenant vous allez m’écouter ça.
Belle voix, hein ?
Avec le culot renversant qui caractérise tout titi portègne qui se respecte (lequel, comme vous vous en doutez, en matière d’humilité, ne craint personne), il se présente lui-même comme le Gardel des Relations Publiques... Et quand on sait qu'il est natif de la Recoleta, le quartier le plus chic de Buenos Aires, avant que le vieux port soit retapé et devienne Puerto Madero, on goûte le sel de la blague et de la voix... Allez, on se le remet ...

(1) Imaginez un cabinet qui s’appellerait Cafetière Consulting ou Pilier-de-comptoir Consulting ~ Communication interculturelle. Je ne suis pas sûre que nous aurions assez d’humour, de ce côté-ci du Charco, pour que ça passe... (Le Charco, la Flaque d’eau).