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lundi 9 novembre 2015

Soirée hommage au Japon [à l'affiche]

Image diffusée par Pepe Kokubu pour l'occasion.
A l'arrière-plan, la rue Corrientes à l'est de l'Obélisque
et à la hauteur des plus emblématiques cinémas

La Academia Nacional del Tango rendra hommage aux artistes japonais le jeudi 12 novembre 2015 de 19h30 à 21h30, en présence de Son Excellence l'Ambassadeur du Japon en Argentine.

Une table-ronde réunira tout d'abord Raúl Garello (bandonéoniste et compositeur), Luis Alposta (poète et auteur de la première monographie sur l'histoire du tango dans l'archipel nippon), Graciela Susana (chanteuse et compositrice argentine très connue au Pays du Soleil Levant), Pepe Kokubu – surnommé el Ponja (1) malevo (chanteur d'ascendance japonaise) et Gabriel Soria, le président de l'institution, qui a lui aussi travaillé la question.

Il sera beaucoup question de la toute première chanteuse de tango du Japon : Ranko Fujisawa, qui vint même chanter à Buenos Aires et fut accompagnée par l'orchestre de Aníbal Troilo, Pichuco, alors même qu'elle chantait phonétiquement. Le chanteur Ikuo Abo sera lui aussi à l'honneur.

Couverture de la passionnante monographie de Luis Alposta

La table ronde portera notamment ses réflexions sur les concepts de l'esthétique japonaise que l'on rassemble sous le trio d'adjectifs Wabi-Sabi-Shibui, qui définissent la beauté, le bon goût et l'harmonie dans l'archipel.

Un espace artistique réunira ensuite des artistes des deux pays pour un moment musical.

La soirée est accessible sur invitation.

Les relations entre l'Argentine et le Japon sont assez anciennes et elles ont très vite débouché sur des échanges culturels, même si c'est par l'intermédiaire de Paris que le tango a pris racine au Japon à la fin des années 1920 grâce au richissime et élégant baron Megata. En 1967, à l'occasion de la première visite impériale à Buenos Aires, la communauté japonaise d'Argentine a offert à la capitale fédérale, en plein Palermo des bois et lacs, un jardin exquis, aujourd'hui confié à une association concessionnaire nippo-argentine qui impose des prix très élevés à l'entrée générale (50 $ARG), au restaurant et au salon de thé, avec toutefois la gratuité de l'entrée pour les retraités, les enfants et une fois par semaine pour tous les Argentins et résidents sur présentation d'une pièce justificative.

Le Jardín Japonés, tel que je l'ai vu en août 2007

Cet hiver, l'équipage d'un bâtiment de la Marine japonaise a participé à l'hommage à San Martín le 17 août au pied du monument au Padre de la Patria, en présence de l'Ambassadeur.

Pour en savoir plus :
lire la notice biographique de Ikuo Abo sur Todo Tango, elle est signée par Luis Alposta
consulter la page de Ranko Fujisawa, sur cette encyclopédie en ligne du tango argentin avec une notice biographique du même auteur (ces articles sont bien entendu écrits en espagnol).
Vous trouverez sur Todo Tango des enregistrements de ces deux voix exceptionnelles de l'histoire du genre.
Le Jardín Japonés dispose d'un site Internet et d'une page Facebook.



(1) El Ponja, le japonais. Ponja est tout simplement le verlan de Japón.

mardi 23 novembre 2010

Hommage à Pirincho en quatre articles par Rodolfo Ghezzi [Troesma]

Rodolfo Ghezzi, académicien correspondant à Madrid de la Academia Nacional del Tango, vient de publier sur le site hispanophone de la diaspora argentine installée en Espagne et en Europe Raíz Argentina, quatre articles en hommage à Francisco Canaro, dit Pirincho. En bas du premier, doña Rafaela Canaro, l'une des filles du Maestro, a laissé un commentaire de remerciement.


Pour vous aider à lire ces articles, vous pouvez vous aider du traducteur en ligne Reverso, dont vous trouverez le lien dans la partie basse de la Colonne de droite, dans la rubrique Cambalache casi ordenado.

Pour accéder aux articles, cliquez sur le lien qui vous intéresse :
Don Francisco Canaro, partie 3 (avec un accent sur les tournées au Japon, l'illustration de cet article en est extraite)

jeudi 9 septembre 2010

Un orchestre japonais à Montevideo ce dimanche [à l'affiche]

L'association montevidéenne Joventango invite dimanche prochain un orchestre japonais de tango, Santa Ponja (Sainte Ponja, du sacré en verlan), à sa soirée Vermouth de los Domingos. La soirée commence à 19h avec un concert et une démonstration chorégraphique et se poursuit comme d'habitude avec la milonga à 21h30, accompagnée par cet orchestre japonais.

A découvrir si vous vous trouvez en ce moment dans la capitale uruguayenne.

Retrouvez l'association Joventango grâce au lien vers son site dans la Colonne de droite de ce blog, dans la rubrique Eh bien dansez maintenant !

samedi 26 juin 2010

Pour philatélistes : la nouvelle chronique de Luis Alposta dans Noticia Buena [Troesma]

Comme vous avez pu le lire dans l'un des articles que j'ai publiés jeudi 24 juin, pour les 75 ans de la disparition de Carlos Gardel, Luis Alposta a fourni le motif du timbre que la Ville de Buenos Aires vient d'éditer à l'occasion de cet anniversaire.

Aujourd'hui, Luis publie une nouvelle chronique dans sa page Mosaicos Porteños qu'il tient tous les quinze jours sur le site du journaliste Marcelo Villegas, Noticia Buena : cette nouvelle chronique, il la consacre à la toute première série de timbres qui ait rendu hommage en Argentine à Carlos Gardel. Il s'agissait d'une initiative du tanguero japonais Joji Kanematzu et qu'avec le chanteur-compositeur Edmundo Rivero et le poète et compositeur Enrique Cadícamo, Luis appuya en Argentine à partir de juin 1984 lorsque le pays préparait les célébrations marquant les 50 ans de la mort du Zorzal Criollo. Une année 1985 qui vit aussi la pose du très beau mural fileteado que le Maestro León Untroib a peint pour la station de métro Carlos Gardel, au pied du bâtiment de l'Abasto.

Les trois tangueros Argentins et leur ami japonais présentèrent donc un dossier à la Commission Nationale d'expertise pour l'Emission de timbres commémoratifs, laquelle finit par accepter l'idée et émit en effet trois timbres, dont les motifs furent dessinés respectivement par les fileteadores Severi et Arce, qui exercent toujours, le caricaturiste de presse uruguayen Hermenegildo Sabát, qui vit à Buenos Aires depuis de nombreuses années et travaille à la rédaction de Clarín, et Alonso qui représenta un Gardel tel que le virent les Parisiens au début des années 20, déguisé en gaucho d'opérette (c'était la grande mode de l'exotisme facile et Gardel s'y prêta le temps de se faire connaître).

La chronique de Luis raconte donc cette histoire avec l'érudition discrète dont il fait preuve à chacune de ces petites vignettes que je vous invite à découvrir sur le site, dans une langue très simple, vraiment facile à lire dans le texte.

En illustration audio de cette vignette (vous savez qu'il y a toujours un document audio en bas de la page, un document que Luis tire de sa collection personnelle à la richesse et la variété inimaginables), vous entendrez Carlos Gardel chanter Anclao en París, un tango que lui écrivit Enrique Cadícamo à la demande du compositeur et guitariste Guillermo Barbieri qui a signé la partition. Bien entendu, Anclao en París fait partie de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, éd. du Jasmin, mai 2010 (page 284).

Un mot encore sur Joji Kamenatzu (en transcription argentine,Yoyi Kamenatz) : grand admirateur de la chanteuse et compositrice Rosita Quiroga, à qui il écrivit un jour son admiration dans un espagnol parfait, il fut, par l'intermédiaire de la chanteuse, qui fut une patiente et une amie de Luis, un ami personnel de ce dernier. Ils se sont connus au Japon lors du premier voyage que Luis fit dans l'archipel. Joji Kamenatzu vécut ses dernières années, en se partageant entre le Japon et Buenos Aires, où il est décédé, comme il l'avait souhaité, et où il est enterré. C'est en très grande partie grâce à son aide que Luis a écrit son passionnant essai historiographique, El Tango en Japón, qui reste aujourd'hui l'unique ouvrage sur l'histoire du genre dans l'archipel nippon (ed. Corregidor, Buenos Aires, 1987). La plaque commémorative qu'ils ont tous les quatre posée sur la tombe de Carlos Gardel, le 24 juin 1985, je l'ai prise en photo en août 2007 et elle illustre l'une des pages de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, déjà cité, tout comme l'autre photo, que vous trouverez sur la page de Noticia Buena de cette quinzaine, celle qui représente Joji Kamenatzu, Luis, Enrique Cadícamo et Edmundo Rivero, que Luis m'a gracieusement autorisée à reproduire dans mon ouvrage (1).



(1) la photo de groupe, qui en fait n'est pas exactement celle que Luis a choisie pour Noticia Buena mais une autre qui a été prise lors de la même séance de pose près de la tombe de Gardel, à quelques secondes d'intervalle, se trouve à la page 288 du bouquin (dans l'esquina intitulée La traversée du siècle et consacrée à la notice biographique d'un poète, je vous laisse deviner lequel. Franchement, ce n'est pas difficile).
La photo de la plaque commémorative, qui a été apposée sur le côté latéral de la tombe, sur le piédestal de la statue, se trouve à la page 297, dans une esquina qui s'intitule Simple escale technique et dont la clé du titre vous sera suggérée par l'article que j'ai consacré jeudi à la mort de Carlos Gardel, Alfredo Le Pera, son parolier et scénariste privilégié, Guillermo Barbieri et Angel Riverol, deux de ses guitaristes, dans un accident au sol sur un aérodrome colombien. La clé complète du titre est fournie par l'esquina elle-même dans le bouquin (vous ne croyez pas qu'en plus, je vais vous la livrer comme ça !).
Malheureusement, il y a sur cette page et celle qui lui fait face un petit défaut de fabrication. Allez savoir pourquoi, il manque les numéros de page. Mais la page d'avant et la page d'après sont, elles, numérotées. Aucun risque donc de vous perdre dans les 384 pages du livre ni dans le disque Melopea de 22 pistes qui l'accompagne et dont vous avez la description à la page 350 (la table des matières vous permettra d'ailleurs de la retrouver).

jeudi 22 octobre 2009

Sortie posthume d’un double album de Pepe Libertella [Disques & Livres]

Pepe Libertella était un grand bandonéoniste, c’était aussi un compositeur et un arrangeur. Il fut l’un des fondateurs du Sexteto Mayor, ces six musiciens qui quittèrent soudain la Orquesta Típica Osvaldo Pugliese en 1968 pour fonder un groupe plus petit qui s’est construit depuis une glorieuse réputation. C’était l’époque où les grands orchestres finissaient de disparaître tous les uns derrière les autres au profit de petits groupes, évolution induite par la disparition des cabarets à la fin des années 50 et l’importance croissante de la télévision, dont les plateaux (et les petits écrans) valorisaient mieux les formations réduites.
Pepe Libertella est décédé d’un arrêt cardiaque à Paris, le 8 décembre 2004, sur une tournée au cours de laquelle il participait à Tango Pasión, grand spectacle, avec musiciens, danseurs, costumes et mise en scène.

Ce sont ses fils qui ont rassemblé de multiples prises restées inexploitées par leur père pour composer un album double composé de 2 CD, l’un intitulé Tango íntimo et l’autre Tango orquestal, sous le titre global de Colección Pepe Libertella inédito, sous le label Típica.

Ces deux disques comportent de nombreuses joyitas (petits joyaux, comme disent les Portègnes) : enregistrements avec orchestre réalisés avec le grand chanteur Edmundo Rivero, duo bandonéon-guitare avec Roberto Grela, solos de bandonéon mais également enregistrements effectués lors de deux tournées au Japon en 1978 et 1979 et dans lesquels Libertella et son orchestre interprètent de la musique traditionnelle nippone en arrangements de tango.

Pour aller plus loin : lire la critique discographique de Karina Micheletto dans Página/12 du mercredi 21 octobre 2009.

mardi 29 septembre 2009

Final du Mundial avec deux surprises dans les deux catégories [à l'affiche]

Le Mundial de tango a pris fin à Buenos Aires les deux derniers jours d’août. Les résultats n’étaient pas vraiment attendus.








Dans la catégorie Tango Salón, c’est un couple japonais, Hirochi et Kyoko YAMAO, qui l’a emporté, les premiers Argentins, Gonzalo Angeles et Sabrina Tonelli, tous deux de Buenos Aires, n’arrivant qu’en troisième position, après le couple russe, Andreï Panferov et Natalia Alioushkina.
Derrière eux et parmi les 10 premiers, viennent 5 couples argentins, dont les quatrièmes qui sont de Bahía Blanca, un couple italien et un couple uruguayen. Les jours suivants, tout Buenos Aires ne parlait que de la surprise de la veille : c’étaient des Japonais qui étaient couronnés champions du monde de tango. Cela les faisait un peu ricaner, les Portègnes... Moi, j’avais l’esprit tout à fait ailleurs, comme vous le savez si vous avez lu l’article unique que j’ai publié, depuis un inconfortable locutorio de la Avenida Rivadavia, la veille, le dernier publié depuis Buenos Aires même.
Le monde à l’envers ! ¡Qué falta de respeto! comme on dit là-bas quand on constate une aberration et qu’on s’en offusque.
Comme quoi, le jury de cette compétition n’est pas aussi partial ni aussi chauvin que les perdants, habituellement étrangers, ont l’habitude de le penser in petto.


Dans la catégorie Tango Escenario, ce fut aussi la surprise lorsqu’un couple qui avait fait une prestation toute en sobriété l’a emporté sur les prouesses très spectaculaires mais à l’expression émotionnelle moins riche des 9 autres couples en compétition au Luna Park.

Les deux nouveaux champions, qui se voient offrir une prime de 15 000 $ offerte par la Ville de Buenos Aires et un contrat de deux mois au Japon ainsi que de belles perspectives de carrière, sont deux amis, lui, Jonathan Spitel, de Córdoba et elle, Betsabet Flores, de Zárate (1) qui ne dansent ensemble que depuis quelques mois. Elle vient de la danse classique mais gagne encore sa vie comme opératrice dans un centre d’appel et lui est un danseur professionnel de danses de société qui a démarré le tango il y a 18 mois. Ils avaient choisi pour leur chorégraphie un morceau de Fabio Hager, Encanto Rojo, dont je vous ai parlé (lire l’article) au sujet de la sortie du récent disque homonyme de ce compositeur-bandonéoniste, ex-directeur artistique du Viejo Almacén (il a quitté ses fonctions au début de l’année) (2).
En Tango Escenario, les vainqueurs 2009 l’ont emporté sur 171 couples venus de 25 pays. Ils étaient en fait les premiers surpris de leur arrivée en finale au Luna Park et comme ils n’avaient plus rien à perdre, ils ont décidé d’apprécier ce moment unique dans leur vie et de profiter sans se mettre une quelconque pression de cette heure de gloire qui leur était offerte de danser sur la mythique scène du non moins mythique Luna Park. Cela leur a réussi.

Pour en savoir plus :
Lire l’article de Carlos Bevilacqua sur la finale du Tango Escenario dans Página/12 du 2 septembre dernier.

Pour les amateurs de danse, j'ajoute aujourd'hui dans la Colonne de droite, dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! (en partie inférieure de la Colonne), deux liens vers deux revues argentines spécialisées sur la question, El Tangauta et La Milonga Argentina (un petit bonjour à Silvia Rojas, la fondatrice et rédactrice en chef de La Milonga Argentina, en passant, quelques semaines après notre dîner chez Ramos). Les photos qui illustrent cet article sont issues du site de La Milonga Argentina.

(1) Córdoba est une ville du centre de l’Argentine. C’est entre autres la ville natale de Rubén Juárez, un chanteur, compositeur et bandonéoniste très célèbre. Zárate est une ville du nord de la Province de Buenos Aires, sur le Paraná, comme Rosario plus à l’ouest, et qui vit grandir Homero Expósito, naître son frère cadet Virgilio et toute une palanquée de musiciens qui débutèrent tous dans l’orchestre de Miguel Caló dans les années 40.
(2) C’est ça, le Cena-show. De la rentabilité et du moins disant social à tout va.

mardi 4 août 2009

En août à Buenos Aires il y a une vie en dehors du Festival [à l’affiche]

Dans la suite d’un premier article sur quelques spectacles prévus en août, voici un nouveau pêle-mêle de tango (avec un soupçon de fado et de folklore en prime ce week-end).

Demain soir, mercredi 5 août 2009 :
Au CAFF, la Orquesta Típica Fernández Fierro à 23h, rue Sánchez de Bustamante, 764 dans le quartier de l’Abasto (30 $ à une table, 20$ autrement)
Au CCC Floreal Gorini, Corrientes 1543, la Orquesta Típica Imperial avec la chanteuse Analia Sirio.

Samedi soir :
Au CAFF, une nouvelle soirée mêlant le fado et le tango, avec un présentateur de luxe, Luis Alposta, à 22h.
Au Palacio El Victorial, Piedras 720, le groupe de tango contemporain La Biyuya partage la scène avec un autre groupe, La Melesca, pour une soirée mêlant tango et folklore (15 €).
Et lundi 10 août, à 15h, Luis Alposta donnera une conférence à l’Ambassade de ce pays, à la demande de la représentation nippone.
Luis Alposta est l’auteur d’une monographie ultra-documentée sur l’histoire du tango au Japon, parue en 1987 aux Editions Corregidor (et toujours disponible dans le commerce). Avec différentes associations qui promeuvent le tango en France, je m’active pour que Luis Alposta puisse prochainement nous faire profiter de cette érudition en Europe dans le courant de l’année prochaine.
Et pendant que l’Ambassade invite Luis Alposta, le consulat du Japon à Buenos Aires s’affaire à sauver la confitería et le restaurant qui fonctionnent au Jardín Japonés, un merveilleux écrin vert situé en plein quartier de Palermo, sur le domaine public (1), un cadeau que la communauté japonaise de Buenos Aires fit au début du 20ème siècle à la ville pour l’accueil reçu par les immigrants du pays du soleil levant.

(1) Le Jardín Japonés n’a pas de lien institutionnel avec la représentation diplomatique japonaise mais il est bien sûr un témoignage des relations qu’entretiennent l’Argentine et l’archipel asiatique. Le Jardin se trouve sur le domaine public, dans le Parc du 3 février (Parque del 3 de Febrero), et à ce titre, il n’est pas normal qu’une institution privée, l’association qui gère le jardin, aient des activités payantes sur ce domaine. La Legislatura de la Ville de Buenos Aires mène actuellement le combat pour faire en sorte que le jardin ne soit plus loué pour des événements privés (plus de mariage, plus d’événement promotionnel), que la confitería et le restaurant ferment leurs portes et que l’accès au jardin soit gratuit. Le Gouvernement de la Ville de Buenos Aires (libéral dans l’âme) défend les activités payantes d’autant que dans la situation actuelle, c’est sur le budget de l’association qui rétribue les 70 employés qu’occupe cet espace vert, à visiter absolument quand vous allez à Buenos Aires. Un début de compromis a d’ores et déjà été trouvé puisque le Jardin ne sera plus le décor d’aucun événement privé, ni familial ni lucratif.

samedi 20 juin 2009

Présentation d'un livre sur le Jardín Japonés de Buenos Aires [disques & livres]

Affiche de la présentation. Cliquez dessus pour une meilleure résolution.

C'est le chanteur, musicologue et linguiste Pepe Kokubu, dont je vous ai récemment raconté une extraordinaire conférence (en anglais) sur la genèse du tango à partir de l'oeuvre de Mozart, qui diffuse l'information à l'ensemble de sa vaste liste de contacts. Je vous en fais bénéficier, même si ce livre n'a pas de rapport direct avec le tango. En revanche, il parle d'un des coins les plus agréables et les plus jolis du quartier de Palermo : le Jardín Japonés, un jardin offert par la communauté japonaise à la capitale argentine en remerciement du bon accueil que le pays fit aux immigrants du Pays du Soleil Levant à la charnière des 19ème et 20ème siècles.

C'est là d'ailleurs, il y a quelques semaines, que l'association Yok, qui avait déjà organisé la fête de Pesaj Urbano, Pessah en transcription francophone (lire l'article), a rassemblé tous ceux qui voulaient fêter Chavouot, la fête juive des premices de la moisson, qui vient 50 jours après Pessah (comme la Pentecôte des chrétiens vient elle aussi 50 jours, soit 7 fois 7 jours, après la Pâque). Le Jardín Japonés recèle néanmoins ses secrets et sa symbolique et c'est ce que ce nouveau livre expose : Mythe et symbolisme au Jardin Japonais.

La présentation du livre aura lieu jeudi prochain, le 25 juin, à 17h, dans le grand auditorium du Centre culturel de l'Ambassade du Japon en Argentine, Paraguay 1126, dans le quartier de Retiro, au nord de la ville (l'entrée est libre et gratuite mais la réservation préalable est obligatoire).

Des photos du Jardín Japonés illustreront d'ici quelques mois mon premier livre sur le tango et Buenos Aires. J'espère avoir le temps cette année d'y retourner faire un tour... C'est d'ailleurs avec une photo prise en août 2007 que j'avais ouvert la série des articles de Barrio de Tango concernant Pepe Kokubu (aller à cet article initial). Merci à lui pour la diffusion de cette information peu commune.

Je vous laisse prendre connaissance du programme de Yok le 30 mai et imaginez si ça devait valoir la peine, au milieu de l'automne, dans ce jardin de rêve...

lundi 15 juin 2009

De nouveaux venus parmi les Vecinos del Barrio : Los gringos

Los gringos, à Buenos Aires, ce sont les étrangers. Ceux qui débarquèrent par bateaux entiers depuis l’Europe, entre 1880 et 1930 (voir l’article sur l’histoire de l’Argentine et de l’Uruguay, dans la rubrique Petites Chronologies, dans la partie centrale de la Colonne de droite).

C’est donc le nom que j’ai choisi pour une nouvelle section de Vecinos del Barrio (Colonne de droite, partie supérieure). Une section qui rassemblera désormais les raccourcis des très rares artistes de tango qui ne soient ni argentins ni uruguayens et qui trouvent néanmoins leur place dans Barrio de Tango, un blog que je veux consacrer essentiellement au tango de là-bas et où je n’entends donc pas parler des artistes installés en Europe, qu’ils soient européens ou rioplatenses, pour la simple et bonne raison qu’il y a abondance de sites et de réseaux internet, ici et en français, mais aussi en italien, en allemand, en néerlandais... qui se consacrent déjà à leur activité et qu’ils n’ont donc ni peu ni prou besoin du présent site de tango pour se faire connaître.
Les artistes dont les noms seront inscrits dans cette nouvelle section de Vecinos del Barrio se distinguent tous par l’authenticité de leur travail tanguero et l’amour exceptionnel qu’ils portent au genre et à la réalité argentine que ce genre raconte, dont il vit, dont il se nourrit et qu’à son tour il enrichit et transforme et développe. Ils se distinguent aussi par le fait qu’ils sont et qu’ils restent eux-mêmes, qu’ils assument de n’être pas argentins et qu’ils n’essayent d’imiter personne (ce en quoi ils ont bien raison parce que personne n’est jamais devenu Gardel en imitant Gardel).

Les uns, comme la chanteuse japonaise (ponja en lunfardo) Anna Saeki et le chanteur espagnol Enrique Moratalla (vasco ou gallego ou même gaita à Buenos Aires, alors qu’en fait il est andalou) (1), m’ont été signalés par Horacio Ferrer, à l’occasion de mes passages à la Academia Nacional del Tango où je les ai moi-même entendu chanter. Tous les deux sont d’exceptionnels interprètes de tango et tout particulièrement de l’oeuvre commune d’Astor Piazzolla et Horacio Ferrer dont ils ont fait plusieurs enregistements, qu’ils ont présentés sur scène avec Horacio Ferrer lui-même...

Marie Crouzeix, quant à elle, se partage entre Buenos Aires et Clermont-Ferrand, en France, et joue, travaille, enregistre en duo avec le guitariste et compositeur argentin Daniel Pérez. Elle est flûtiste.

Une violoniste belge viendra bientôt les rejoindre, qui joue en trio avec le clarinettiste Néstor Tomassini et le guitariste Hernán Reinaudo, tous deux compositeurs et argentins eux aussi. Ananta retrouvera bientôt ses deux complices sur la rive occidentale du Río de la Plata, puisqu’elle va passer le mois de juillet à travailler avec eux. Il feront tous les trois ensemble au moins un concert dont les lecteurs de Barrio de Tango devraient avoir bientôt des nouvelles (puisqu’on est déjà le 15 juin).

Profitant de la création de cette section, j’ai ajouté ailleurs différents autres liens :

Marisa Vázquez, qui chante demain du côté de Bordeaux, a enfin son raccourci au milieu des chanteurs de Vecinos del Barrio.

Et Diego Dipi Kvitko a rejoint les Vecinos dans la section des musiciens et compositeurs.

Côté liens externes (partie inférieure de la Colonne de droite), dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), j’ai ajouté le site de la Péniche Demoiselle (où Litto Nebbia se produira en septembre prochain, dans le cadre des événements de l’Agenda de Barrio de Tango) et celui de l’Association Culturelle Franco-Argentine (ACFA) qui organise son concert de Ploërmel.

Et aussi un petit nouveau dans la rubrique Eh bien dansez maintenant : l’association Tango Porteño Orléans qui anime avec beaucoup d’exigence et une grande loyauté un lieu de convivialité et d’apprentissage pour de nombreux passionnés de tango dans la vieille cité de la Loire (lire l’article que j’ai consacré à la préparation de leur rentrée 2009). Bienvenue à eux tous.

(1) Mais faire ce distingo-là, à Buenos Aires, c’est le cadet des soucis du Portègne lambda. A 10 000 km de distance et avec un équateur et un océan au milieu, comment voulez-vous qu’il distingue entre un Galicien et un Andalou ? Tout ça, en 1880, ça descendait du même transatlantique battant pavillon espagnol et aujourd’hui, à l’aéroport international d’Ezeiza, ils descendent tous de l’avion de Madrid...
Vasco : Basque. Gallego : Galicien. Gaita : la gaita, c’est la musette galicienne, un instrument de musique que l’on retrouve sous des formes et des tailles variables dans tout le monde celte. A Buenos Aires, l’instrument de musique a fini par désigner les Espagnols par confusion avec les seuls Galiciens, très nombreux à avoir immigré. La gaita, au féminin, c’est l’instrument de musique. El gaita, au masculin, c’est un Espagnol. Comme nous, les Français, nous sommes capables d’utiliser le mot biniou pour désigner les Bretons dans certains contextes.

mercredi 13 mai 2009

La tournée en Europe d’Anna Saeki : retour sur images [ici]

Photos AKJW
Le 25 avril dernier, je faisais déjà un retour (sans image) sur le 1er concert de Anna Saeki à Paris, à la Maison de la Culture du Japon.
Lire ici l’article (en français) du 25 avril (traduction en japonais ci-dessous).

L’association AKJW, qui organise les concerts parisiens de Anna Saeki tous les ans, m’a gentiment fait parvenir plusieurs photos des récitals donnés à la Maison de la Culture du Japon à Paris et dans une salle de concert de Hanovre, avec les musiciens du Quinteto El Después.


Anna Saeki à Paris le 24 avril 2009

Anna Saeki à Hanovre avec le Quinteto El Después


Anna Saeki à Hanovre

A l’intention des fans japonais de Anna Saeki qui visitent Barrio de Tango, depuis l’Europe, le Japon, les Etats-Unis ou l’Argentine (pour ne citer que quelques unes des provenances des internautes intéressés par cette chanteuse) :
Madame AKUTSU Yasuko, de l’association Kagayaku Jossei No Wa, organisatrice du concert, a bien voulu traduire mon article dans votre langue (cliquez sur l’image pour le lire). Domo aligato Yasuko.

To Anna Saeki’s japanese fans who visit Barrio de Tango:
Mrs AKUTSU Yasuko, from AKJW society, kindly translated my article in your language (click on the picture to read it). Domo aligato to her.

A los admiradores japoneses de Anna Saeki, que se conectan a este blog:
la Señora AKUTSU Yasuko, de AKJW, tradujo mi artículo a su idioma (hagan click en la imágen para leer el texto). Domo aligato gozaïmas.


En savoir plus :
Tous les articles de Barrio de Tango parlant de Anna Saeki en cliquant sur le nom de l’artiste dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Anna Saeki disposera prochainement d’un raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Tango (partie haute de la Colonne de droite).
Visiter le site de Anna Saeki (dépourvu de document audio. La notoriété de la chanteuse en Asie la dispense de charger son site, par ailleurs quadrilingue et par lequel vous pourrez aussi revenir sur Barrio de Tango, puisque le webmaster a disposé des liens vers quelques articles de mon blog la concernant).
Pour vous procurer les disques de Anna Saeki : connectez-vous au site de AKJW

samedi 25 avril 2009

Anna Saeki en Europe : retour "sans image" [Disques & Livres]


Anna Saeki à la Academia Nacional del Tango, Buenos Aires, 18 août 2008 (X° Festival del Tango de BsAs)


Il sera dit qu'Anna Saeki m'aura fait rompre toutes les règles que je m'impose dans Barrio de Tango pour pouvoir faire vivre ce blog dans le court délai des 24 heures que compte la journée terrestre. L'une de ces règles est en effet de ne parler que des artistes argentins et uruguayens menant carrière chez eux (1). Or Anna Saeki est japonaise. Ce qui n'empêche pas qu'elle soit une très grande chanteuse de tango argentin et, de vous à moi, une des plus impressionnantes qu'il m'ait déjà été donné de voir sur scène. Et puis, dans Barrio de Tango, quand je fais un retour sur un concert déjà annoncé (lire l'article), c'est pour faire un retour sur images. Or je n'ai pas une seule photo du concert d'hier. On ne peut pas photographier le spectacle : les flashes déconcentrent tout le monde, les artistes et le public. Alors je vais tout de même mais sans image vous faire retour sur ce récital, parce qu'il y a vraiment beaucoup de choses à en dire.

D'abord sur le programme que l'artiste a choisi et qui sera peu ou prou le même sur le reste de la tournée. Le concert dure une heure et demie, que l'on ne voit pas passer, et se constitue de deux parties sans entracte.

1ère partie : La Cumparsita (Si supieras, la letra de Pascual Contursi) (lire l'article sur l'histoire de cet hymne du tango), Sin palabras, Che Bandoneón, Parlez-moi d'amour (en japonais), Alfonsina y el mar, Yo vengo a ofrecer mi corazón, Dejá la vida volar, Todo cambia (ces trois derniers étant des créations nouvelles, tirées de son dernier disque).

La coupure entre les deux parties est un temps de musique instrumentale où le Quinteto El Después, qui l'accompagne dans sa tournée, joue sa propre musique, c'est-à-dire celle de ses deux membres argentins que sont le bandonéoniste Victor Hugo Villena et le guitariste Alejandro Schwarz. Leurs deux morceaux s'appellent Efecto Tango 2 et Anna de San Telmo (une milonga camdombe). Hier, j'ai nettement ressenti qu'à partir de ce moment-là, les musiciens se sont enfin lâchés. Dans la première partie, où leurs arrangements sont pourtant excellents, j'avais l'impression d'un quintette cantonné à un rôle de faire-valoir, comme écrasé, volontairement ou non, par la partie vocale (qui en impose).

La deuxième partie est entièrement consacrée au duo Astor Piazzolla-Horacio Ferrer. Le quintette ne se contente plus d'accompagner mais devient partie prenante du concert au même titre que la chanteuse. L'introduction instrumentale qu'ils ont faite pour Balada para un loco est très originale. D'ordinaire, ce tango n'a pas d'introduction (c'est même un de ses traits distinctifs) mais pour un public linguistiquement hétérogène, qui ne peut pas goûter pleinement le récitatif de début, l'idée de faire entrer le spectateur dans la folie du personnage et de cette histoire par la musique et la danse, légèrement flamenca, que nous offre Anna Saeki, est une vraie idée théâtrale. A la voir dans cette deuxième partie, on croirait qu'Anna Saeki est née pour le répertoire Piazzolla-Ferrer. A moins que ce ne soit l'inverse. Dans cet univers artistique, esthétique, musical et poétique singulier, elle revèle un faste vocal et une justesse de jeu à la mesure des joyaux de théâtre dont elle se pare sur les planches.

Cette dernière partie comporte 5 pièces, deux très connues et trois beaucoup moins : Chiquilín de Bachín, Oblivion (en japonais), Las Ciudades, Balada para un loco (avec le récitatif du début essentiellement en japonais et un couplet repris aussi en traduction), Balada para mi muerte et Preludio para el año 3001.

L'ensemble du tour de chant est très structuré avec une montée en puissance de la chanteuse, de la musique et de l'émotion, qui se ressentait même dans cette salle à forte culture japonaise, tellement plus retenue et disciplinée qu'un public latin. J'ai pour ma part rarement vu un récital de tango aussi émouvant que la deuxième partie de ce spectacle.
A voir absolument.
Au besoin, déplacez-vous en Allemagne, partez à Tokio, retenez votre avion pour Lima ou pour Buenos Aires mais surtout ne ratez pas cette chanteuse. Elle passe régulièrement en France mais il nous faudra attendre au moins l'année prochaine pour la revoir...

En Allemagne où sa tournée va prochainement la mener (lire l'article), le programme du tour de chant sera, je suppose, adapté et il y a fort à parier que Parlez-moi d'amour (qui fait plaisir aux Français) fera place à Lily Marlène... sans doute en japonais là aussi. Les traductions nippones du tour de chant sont musicalement excellentes (et c'est une intégriste de la VO en tout et surtout dans le tango qui l'écrit !). J'ignore évidemment à quel point ces versions sont fidèles aux textes originaux (2) mais Anna Saeki réussit cet exploit de chanter des textes japonais qui sonnent comme les originaux. Il est vrai aussi que la langue japonaise le permet puisqu'elle ne se compose que de phonèmes qui existent dans les langues latines et que le rythme et la modulation de la parole n'y sont pas incompatibles avec ceux de l'espagnol. L'effet serait très différent avec du mandarin, du vietnamien, du tamoul ou une langue sémite.

Les équipes locales qui accueillent la chanteuse, l'association AKJW à Paris, vendent ses disques à l'entrée et à la sortie du concert. 5 disques sont disponibles. Deux sont destinés au marché extrême-oriental (tout est écrit en japonais) et trois sont des disques accessibles aux Occidentaux idéographiquement illettrés dans mon genre.

Canto de sirena, chez Rentrak Japan 2001, présente principalement du Piazzolla avec différents letristas : Los pájaros perdidos, Peludio para el año 3001, Vuelvo al sur, La ciudades, Oblivión, Balada para un loco. L'album compte en tout 11 pistes et est vendu au prix de 20 € (à Paris).

Anna Saeki, tango clásico y moderno, chez Oriente Musik (un label allemand), double CD de 21 pistes + 2 bonus vidéo, vendu à Paris au prix de 25 €. Quelques titres : Sin palabras, Malena (qui fait aussi le bonus vidéo), Azabache (qui est le bis du récital actuel), La Cumparsita, María, Sur, El Día que me quieras (en version originale puis en version japonaise) pour le disque Clásico et trois Piazzolla-Ferrer pour Moderno : Chiquilín de Bachín, Balada para mi muerte (qui fait aussi le bonus vidéo) et La última grela (comme Las ciudades, c'est un morceau peu chanté et peu enregistré depuis la création par Amelita Baltar et Astor Piazzolla, au début des années 70).

Et chez Moon Music, en 2009, Yo vengo a ofrecer mi corazón (je viens offrir mon coeur), le plus récent de ses disques, qu'elle a monté et enregistré l'année dernière avec la grande chanteuse de folklore argentine qu'est la Maestra Mercedes Sosa (70 ans). Lorsque la lumière s'éteint dans la salle, la projection d'un petit clip vidéo, résumant les séances d'enregistrement et montrant les Maestras Mercedes Sosa et Teresa Parodi, aux côtés de Anna Saeki, précède d'ailleurs l'entrée en scène du Quinteto el Después. Dans ce disque, plusieurs créations spécifiques : Los Hermanos (la chanson du clip d'ouverture), Todo cambia, Yo vengo a ofrecer mi corazón (qui forme deux pistes, l'une en espagnol, l'autre en japonais), Deja la vida volar. En tout 17 pistes (vendu à 20 €, donc des prix raisonnables pour des disques produits dans le Primer Mundo, comme disent les Argentins, c'est-à-dire dans l'hémisphère nord, au niveau de vie plus élevé qu'au sud de notre planète).

Pour la France, c'est donc l'association AKJW qui s'occupe d'accueillir Anna Saeki. Ce sont eux qu'il faut contacter pour vous procurer ces disques, si vous ratez le second et dernier concert qu'elle donne dans l'Hexagone, ce soir, à la Maison de la Culture du Japon à Paris (quai Branly, au pied de la Tour Eiffel et au bord de la Seine).

Pour en savoir plus : le site d'Anna Saeki elle-même (sans document audio ni vidéo mais en 5 langues) et le site de AKJW.

Pour vous faire une idée de la voix d'Anna Saeki, lire mes articles la concernant en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, en haut de l'article, sous le titre.

(1) Il est en effet impossible à un seul rédacteur de rendre compte de tout ce qui se passe de bon dans le monde en matière de tango, qui connaît un succès mondial. Des pays comme le Japon, la Finlande, les Pays-Bas, l'Espagne, le Brésil, les Etats-Unis, la France abritent d'excellents artistes de tango, argentins ou autochtones.
(2) En japonais, je ne connais qu'un seul mot : aligato. Ce n'est pas lourd. Mais, pour le coup, la qualité l'emporte sur la quantité...

mardi 17 mars 2009

Anna Saeki en tournée à Paris et en Allemagne avec le Quinteto El Después [ici]

Affiche officielle du concert, fournie par l'Association Kagayaku Jossel No Wa (AKJW), qui soutient le concert avec la Maison de la Culture du Japon à Paris
Cliquez sur l'image pour l'obtenir en résolution optimale et pouvoir l'imprimer

La chanteuse de tango argentin Anna Saeki chantera prochainement à Paris accompagnée par le quintette argentino-international El Después.

Bien qu’elle soit japonaise, Anna Saeki est une authentique artiste de tango, qui chante les textes originaux en espagnol (y compris la poésie complexe d’Horacio Ferrer) et parfois aussi des versions en japonais de quelques grands classiques (je l’ai entendue dans les deux langues à la Academia Nacional del Tango lors d’une belle rencontre de poètes où elle était l’interprète choisie par le Maestro Ferrer. Voir l’article sur cette rencontre en août 2008 sous ce lien et sous l’autre tous les articles consacrés à Anna Saeki dans Barrio de Tango).

L’artiste a déjà une belle carrière à son actif (un peu plus de 20 ans) et une discographie impressionnante (il suffit de jeter un coup d’oeil sur son site pour s’en convaincre). Son premier disque date de 1987 (tout en japonais) et on voit sa progression dans l’univers culturel du tango dans l’évolution du contenu de ses albums successifs...

Anna Saeki se produira à Paris les vendredi 24 et samedi 25 avril 2009 à 20h à la Maison de la culture du Japon à Paris (MCJP), 101 quai Branly, Paris XV, un lieu très parisien puisqu’il se trouve presque au pied de la Tour Eiffel et à deux pas de la Seine (M° Bir Hakheim).

Prix des places : 15€ (plein tarif), 12 € (tarif réduit) et 9€ pour les adhérents de la MCJP.

Si vous vivez à Paris ou en région parisienne ou si vous vous trouvez ce week-end-là dans la capitale, ne manquez pas ce concert (pour les conditions de réservation, voir l’affiche ci-contre. Cliquez sur l’image pour l’obtenir dans sa résolution maximale, qui vous permettra de l’imprimer en format A3 et d’en faire un poster pour votre bureau, votre milonga ou les locaux de votre association...)

Par la suite, Anna Saeki chantera à Berlin le 29 avril à Quasimodo (voir le site sous le lien), le 30 avril à Hanovre au International Tango Festival Hannover. Le 17 mai, elle chantera à Dresde, à Kleine Haus et le 19 mai, à Hambourg à Fabrik. Elle chantera aussi à Frankfort à Brot Fabrikà une date qui reste encore à déterminer (voir les sites sous les liens pour chaque concert).

Le Quinteto El Después qui l’accompagne au moins à Paris, à Berlin et à Hanovre, a été fondé en 2004 par deux musicien argentins, le guitariste et compositeur Alejandro Schwarz et le bandonéoniste Victor Hugo Villena auxquels se sont joints un violoniste, Cyril Garac, un pianiste, Ivo De Greef et un double bassiste, Bernard Lanaspèze. Dans une autre vie, Alejandro Schwarz a été l’un des co-fondateurs avec Ignacio Varchausky de El Arranque. C’était avant, en 1996, du temps où il vivait encore en Argentine et où ce groupe s’est formé comme quintette (voir mes articles sur El Arranque, qui était le week-end dernier à Bruxelles). Alejandro Schwarz s’est installé à Paris en 2001, a partagé la scène du Châtelet (à Paris) avec la chanteuse lyrique Julia Migenes et a participé à l’enregistrement de deux disques de Anna Saeki.
Le Quinteto El Después vit et travaille en Europe, même s’il leur arrive de se produire à Buenos Aires (ça a été le cas en 2005 pendant la 7ème édition du Festival de Tango). C’est un groupe qui interprète surtout sa propre musique (ou plutôt celle de Alejandro Schwarz) mais ils aiment bien aussi jouer un arrangement de tel ou tel classique, de Aníbal Troilo, par exemple, comme ce Pa’ que bailen los muchachos (pour que les gars puissent danser) qui figure sur leur disque, baptisé Reunión (2006).

Vous pouvez les découvrir sur leur site quadrilingue (néerlandais, français, anglais et espagnol) , où il est possible d’écouter quelques brefs extraits musicaux des pistes de Reunión. Ce groupe n’est d’ailleurs pas inconnu du public parisien puisqu’ils se produisent fréquemment dans la capitale française dans différents lieux (Café de la Danse, Studio de l’Ermitage essentiellement) et dans différentes villes de l’Hexagone, sur invitation des associations de tango locales (Tango de Soie à Lyon, Tango Sud à Montpellier, Tango-Menton etc...).

Ils seront d’ailleurs au Studio de l’Ermitage, à Paris, 8 rue de l’Ermitage dans le 20ème arrondissement, le 16 avril à 20h30 (réservation au 01 44 62 20 86 et informations sur le site du Studio). Ils accompagnent Anna Saeki jusqu’à Hanovre (après, on ne sait pas encore).

Anna Saeki elle aussi dispose d’un site (quintilingue ou pentaglotte selon que vos préférences vont au latin ou au grec : espagnol, anglais, japonais, français, allemand) où vous pouvez lire sa biographie et divers articles de journaux et interviews traduits en français. En revanche, vous ne pouvez pas l’écouter. C’est dommage, car elle a vraiment une très belle voix et n’est connue en Europe que d’un petit cercle d’initiés et non du grand public, à l’inverse de ce qui se passe dans son pays et en Asie en général, ce qui induit qu’il soit inutile, voire contreproductif pour elle, de disposer du MP3 sur son site. Le mot "diva" sur l’affiche n’est pas là juste pour faire joli mais parce qu’il représente une certaine réalité.

Pour l’entendre, il faut donc aller à la Maison de la culture du Japon en cette fin d’avril ou à Berlin, à Hanovre, à Dresde, à Frankfort, à Hambourg, voire à Buenos Aires (mais le dernier concert, c’était le 15 mars) ou... à Tokyo.

Ceci dit, si vraiment tout ça, c’est trop loin, la voici chantant, en version originale, Nostalgia (Juan Carlos Cobían - Enrique Cadícamo), sur You Tube.. en kimono rouge feu et sandales traditionnelles ! 100% argentin ! Ou ici, un peu plus exotique : Caminito (Juan de Dios Filiberto - Gabino Coria Peñalosa) en japonais (et toujours en kimono) Et pour finir, on mélange tout : un petit Astor Piazzolla - Horacio Ferrer, en fourreau de soirée occidental, avec récitatifs en japonais et couplets chantés en VO : Balada para un loco, le classique d’entre les classiques du tandem. Le tout est accompagné à chaque fois par le Cuarteto Tito Castro et a été enregistré au Japon.

Et maintenant, zou ! Direction, Paris, la Tour Eiffel et la Seine !

jeudi 20 novembre 2008

Mardi dernier, Tangozando avait pour invité el Ponja Malevo [à l’affiche]



C’était le 18 novembre, à 21h (entrée 10 €), dans la rue Bartolomeo Mitre, au n° 1525 (Bartolomeo Mitre fut un président de la République au 19e siècle). J’étais prise aux Barytons. Peux pas être partout à la fois...

Tangozando est un sextuor típico, composé d’un violon, Maximiliano Zenarola, un bandonéon, Santiago Cirmi Obon, un piano, Ursula Leal Capria, une guitare, Alejandro Alustiza, une contrebasse, Pedro Ochoa et un chanteur, Leandro Tagliaferro.

Le 15 novembre, ils s’étaient déjà fait entendre (et applaudir, je suis sûre) à la Academia Nacional del Tango à 22h, au cours de la Noche de los Museos.

Au Bartolomeo Bar, ils avaient donc invité un chanteur académicien et plein d’autres titres divers et variés, qui arbore avec une visible fierté ce surnom de Ponja Malevo. El Ponja Malevo est par ailleurs, le jour, le très honorable Directeur du développement sur l’Asie du Sud-Est, associé d’un cabinet de consultants portègne de communication interculturelle (1) avec derrière lui des études et un début de pratique de... médecine dentaire.

Ce surnom incompréhensible pour des étrangers comme nous mélange le verlan et le lunfardo de base.
Malevo, ça veut dire "voyou", dans tous les sens du terme, du simple traîne-savate inoffensif mais mal élevé au vrai de vrai gangster issu du vrai de vrai milieu (hampa, en lunfardo). C’est un terme que vous trouvez partout dans les letras de tango.
Ponja, c’est "japonais" (je dis bien japonais, le gentilé), mais à l’envers (Japón : vous y êtes ?).
Comme son nom vous l'indique, José María Kokubu est d’ascendance japonaise, c'est pourquoi il parle le japonais. C'est donc très logiquement qu'il développe son activité commerciale d’analyste de communication interculturelle du côté de l’Empire du Soleil Levant... Encore un autre apport à la culture portègne, dont je n'ai pas encore traité ici : l'immigration japonaise. Elle a été forte après la Seconde Guerre Mondiale, mais existait déjà bien avant, comme le prouve, à Palermo, l'existence du Jardín Japonés dont j'ai mis une photo en tête de cet article et qui a été offert à la ville par la communauté japonaise à la fin du 19ème siècle...

Or donc Pepe Kokubu (vous suivez ? Pepe c’est le diminutif de José. María, c’est le second prénom : aux oubliettes !) était l’invité de nos six musiciens et vous pouvez les découvrir chacun sur sa page internet respective...

Tangozando, qui tire son nom d’un disque de Piazzolla, est présent sur My Space.

Pepe Kokubu a préféré s’installer sur l’espace Google où il s’est construit une page japonisante, comme de bien entendu. Dans l’article qu’il lui consacre, Todo Tango décrit par le menu la carrière tous azimuts de ce martien tanguero (médecin, consultant, romancier, chanteur, pianiste, producteur... Fermez le ban !). Maintenant vous allez m’écouter ça.
Belle voix, hein ?
Avec le culot renversant qui caractérise tout titi portègne qui se respecte (lequel, comme vous vous en doutez, en matière d’humilité, ne craint personne), il se présente lui-même comme le Gardel des Relations Publiques... Et quand on sait qu'il est natif de la Recoleta, le quartier le plus chic de Buenos Aires, avant que le vieux port soit retapé et devienne Puerto Madero, on goûte le sel de la blague et de la voix... Allez, on se le remet ...

(1) Imaginez un cabinet qui s’appellerait Cafetière Consulting ou Pilier-de-comptoir Consulting ~ Communication interculturelle. Je ne suis pas sûre que nous aurions assez d’humour, de ce côté-ci du Charco, pour que ça passe... (Le Charco, la Flaque d’eau).