Affichage des articles dont le libellé est Alfredo Alcon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alfredo Alcon. Afficher tous les articles

lundi 24 octobre 2016

Hommage de la UBA à Alfredo Alcón au CCC et au Centro Cultural Paco Urondo [à l'affiche]


Ce soir, lundi 24 octobre 2016, au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (CCC), Corrientes 1543, Sala Solidaridad, l'Institut des Arts du Spectacle (IAE), l'un des départements de l'Université de Buenos Aires (UBA), ouvrira un congrès international consacré à une formidable figure du théâtre argentin, un acteur aux talents multiples, qui s'est exprimé aussi bien sur les planches que derrière la caméra ou derrière un micro : Alfredo Alcón, qui nous a quittés en 2014 (voir mon article du 12 avril 2014).

L'Argentine avait rendu hommage à son grand acteur
en novembre 2014, à l'occasion du festival du film de Mar del Plata

Le congrès se déploiera jusqu'au jeudi 28 octobre, avec, à partir de demain mardi, un intense programme de spectacles, projections cinématographiques, ateliers, conférences, expositions et tables-rondes au Centro Cultural Paco Urondo, avenida 25 de Mayo 201-217, le centre culturel de la Facultad de Filosofía y Letras (1) de la UBA.

En 1971, dans le rôle de Güemes, avec la barbe et le chapeau saltègne...
Gïemes, la Tierra en armas, de Leopoldo Torre Nilsson

Alfredo Alcón a touché à toutes les disciplines de son métier d'acteur. Il avait une brillante carrière cinématographique, qui lui a permis d'interpréter les grands héros argentins, comme San Martín, Güemes, tous deux des personnages historiques, ou Martín Fierro, le gaucho héros épique inventé par le poète ruraliste José Hernández. Au théâtre, il a interprété Shakespeare, Marlowe, Beckett, O'Neil, Miller, Ibsen, Musset, Koltes et García Lorca.
Il a aussi enregistré des textes pour le disque. On lui doit une version en espagnol du Petit Prince de Saint-Exupéry, une version de Pierre et le Loup, les deux morceaux de bravoure des grands comédiens dans le monde entier, et des disques de poésie, dont un Martín Fierro chez Phillips en 1968, à la grande époque du label disparu, et des poèmes de Federico García Loca. Sa voix, profonde, douce et grave, fait merveille dans les voix off et les commentaires de plusieurs documentaires auxquels il a encore apporté une discrète participation.

Dans le rôle de du gaucho Martín Fierro en 1968 (du même réalisateur)

C'est à toute cette carrière et cette influence sur le métier que cette semaine sera consacrée. C'est la première fois à la UBA qu'un congrès est consacré à un seul artiste du théâtre. Deux ans après sa disparation à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, Alfredo Alcón le méritait bien.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur la manifestation
lire le programme complet sur le site de l'IAE ou sur celui du CCC Floreal Gorini
consulter la fiche du comédien sur le site encyclopédique Cine Nacional



(1) En Argentine, toutes les disciplines littéraires classiques sont rassemblées dans les facultés de Filosofía y Letras (littérature, langues vivantes et anciennes, philosophie et histoire).

jeudi 30 juillet 2015

San Martín sur grand écran à l'Instituto Nacional Sanmartiniano [à l'affiche]


Dans le cadre du mois de San Martín, el Insituto Nacional Sanmartiniano propose deux projections d'un grand classique du cinéma argentine, El Santo de la Espada, un long métrage de Leopoldo Torre Nilsson, sorti en 1970, avec Alfredo Alcón dans le rôle principal. Le film a été tourné en extérieur dans la Province même de Mendoza, celle où vécut San Martín et où il aurait voulu rendre le dernier soupir.

Le film, basé sur une biographie romancée écrite en 1930 par Ricardo Rojas, raconte la vie de San Martín en Amérique, depuis son arrivée à Buenos Aires en 1812 jusqu'à son retrait de la vie publique et son retour éphémère en Argentine dans l'année 1823, une année noire pour lui, celle du décès de sa femme et de la haine des unitaires contre lui pour son refus de participer à la guerre civile, celle qui le convainquit de partir en exil en Europe, un exil volontaire qu'il ne savait pas alors définitif...

Les deux projections auront lieu ce week-end, les 1er et 2 août 2015, à 16 h, au siège de l'Insitut, Plaza Grand Bourg, dans le quartier des ambassades à Palermo (face à la Plaza Chile).

Entrée libre et gratuite.


Par ailleurs, dans le cadre du Bicentenaire de l'Argentine, 25 mai 2010-9 juillet 2016, l'INS propose à tous les établissements scolaires du pays et ce jusqu'au 15 octobre un concours de dialogue dramatique autour de San Martín. Toutes les idées sont les bienvenues du moment qu'elles mettent le général en lien avec ses partenaires politiques, ses êtres chers (sa femme Remedios de Escalada, sa fille Mercedes, ses petites-filles Merceditas et Josefina Balcarce, ses parents, son frère Justo Rufino...) ou ses objets emblématiques (son sabre, ses livres, ses jouets pendant l'enfance, son lit de campagnes...). Tous les modes d'expression sont légitimes, y compris les travaux audiovisuels. Les œuvres devront être originales et n'avoir encore remporté aucun autre concours.
Un bel hommage à un homme qui a voulu que l'éducation et la culture participent à l'aventure émancipatrice de ces pays décolonisés, en grande partie par sa main...

Pour aller plus loin :
consulter le site Web de l'INS (où vous trouverez le règlement du concours)
consulter la fiche de El Santo de la Espada sur Cinenacional.

mardi 29 avril 2014

A Jujuy, la Fête nationale du théâtre rendra hommage à Alfredo Alcón [à l'affiche]

Depuis vingt-neuf ans, el Instituto Nacional del Teatro organise de manière nomade une fête qui se tiendra cette année à Jujuy (de son nom complet San Salvador de Jujuy), dans l'extrême nord du pays : la Fiesta Nacional del Teatro se déroulera du 2 au 11 mai 2014, dans huit villes distinctes de la Province et de sa voisine, puisque la ville de Salta accueillera elle aussi certaines représentations. Le thème de cette édition n'est autre que l'identité argentine, laquelle se compose encore d'une mosaïque d'identités régionales qui vont être abondamment servies.

Toutes les Provinces du pays, ainsi que la Ville Autonome de Buenos Aires (CABA), participent en envoyant sur place des spectacles qu'elles estiment représentatifs. Elles sont regroupées en six régions géographiques traditionnelles (qui existent depuis l'époque coloniale, à part la Patagonie qui est une invention du 19ème siècle). Et s'ajouteront aux propositions argentines trois invités du continent : une troupe de Bolivie, une autre du Chili et une murga venant d'Uruguay. Soit en tout 32 spectacles différents, couvrant tous les âges, depuis les petits jusqu'aux adultes.

Affiche officielle

Si tôt après la survenue de son décès (voir mon article du 12 avril 2014), cette édition sera bien entendu le lieu de rendre hommage au grand acteur et metteur en scène Alfredo Alcón (1930-2014), au cours de la soirée festive du mardi 6 mai, à 22h, au Teatro Mitre, Alvear 1011 à San Salvador de Jujuy, au milieu de différents prix qui viendront récompenser quelques trajectoires exemplaires d'artistes toujours vivants.

Alfredo Alcón... mais pas au théâtre. Au cinéma, en 1970.
Cette photo a été prise sur le tournage de El Santo de la Espada où il incarnait San Martín
dont vous reconnaissez la silhouette bicornée (ce célèbre falucho, qui est devenu son emblème avec le cimeterre. Le premier est aujourd'hui au Museo Histórico Nacional, le second à la Caserne du Régiment des Grenadiers à cheval)

La Province de Santa Fe a choisi un petit spectacle, à seulement deux personnages, dont mes fidèles lecteurs ne seront pas surpris qu'il évoque la figure historique du général José de San Martín, puisque c'est sur le sol de cette Province que le héros mena le seul combat argentin de sa longue carrière... A San Lorenzo, les plus attentifs l'auront deviné ! Le spectacle s'intitule San Martín vuelve (San Martín revient), il se donne chaque 17 août (1) avec confettis et cotillons comme en carnaval, "le jour où la mort s'emplit de vie", comme le dit si poétiquement le programme.

Les manifestations de cette fête nationale du théâtre sont gratuites (entrée libre dans les limites des places disponibles).

Le même quelques années plus tard, dans la pourpre théâtrale...

Pour en savoir plus :
lire l'article que Página/12 consacre à la manifestation et à sa thématique particulière. Mes lecteurs savent combien ce quotidien est sensible à ce sujet de l'identité sous toutes ses formes, identité nationale, identité culturelle, identité individuelle, trois thèmes obsessionnels en Argentine du fait d'une histoire mouvementée.
Visiter le site Internet de l'Institut National du Théâtre
Visiter le site Internet de la Fiesta Nacional del Teatro
Se connecter à la page Facebook de la manifestation.



(1) Le 17 août est en Argentine le Día de San Martín. Cette fête patriotique a la particularité étrange d'être mobile et de se reporter tous les ans au lundi le plus proche, pour constituer un long week-end afin de développer le tourisme intérieur. C'est l'anniversaire de la mort de San Martín, en 1850, à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Sur ce héros national, voir le raccourci Proceres dans la partie haute de la Colonne de droite de ce blog.

samedi 12 avril 2014

Alfredo Alcón a rejoint San Martín et Güemes, Tita Merello, Mercedes Sosa et Roberto Arlt... [Actu]

C'est une immense figure de l'art dramatique argentin qui vient de disparaître à l'âge de quatre-vingt quatre ans. Alfredo Alcón aura brillé dans toutes les disciplines de son art, sur la scène, au grand écran et à la télévision. Ce matin, l'Argentine ressemble un peu à la France quand elle fit ses adieux à Jean-Louis Barrault...

Au cours de sa longue carrière, il aura travaillé avec la crème des artistes argentins. Il aura incarné tous les grands personnages du répertoire classique depuis Shakespeare jusqu'à Samuel Beckett en passant par Eugène O'Neil, Federico García Lorca et Alfred de Musset.

El Santo de la Espada, film complet (1970)

Au cinéma, il a incarné certains des plus grands héros nationaux, comme José de San Martín en 1970 dans un film devenu un classique d'entre les classiques, El Santo de la Espada, tiré de la biographie romancée publiée en 1930 par Ricardo Rojas. Il a aussi été le caudillo fédéral de Salta, Martín Güemes, le seul héros de l'indépendance à être mort les armes à la main, et le gaucho épique Martín Fierro, sorte d'Ulysse de l'Argentine.



L'année dernière, il était à nouveau sur la scène, au Teatro San Martín, pour interpréter Fin de partie de Beckett, avec le rôle de Hamm. Ce qui a inspiré à Página/12 sa une ce matin.

Il était né dans la Province de Buenos Aires, à Ciudadela, le 3 mars 1930. Il avait passé son enfance dans le quartier de Liniers à Buenos Aires, ce qui en faisait un Portègne d'adoption. Au sortir du conservatoire d'art dramatique, il a travaillé à la radio, comme acteur de pièces radiophoniques, avant de monter sur scène puis d'accéder aussi au cinéma, dont il sut éviter les pièges. Artiste exigeant pour lui-même, sa carrière suivit une ligne de crête exceptionnelle. Il sut aussi protéger sa vie privée et son intimité, dans un monde pourtant fort impudique. Sa personnalité réelle est donc aussi mystérieuse que sa carrière est brillante.


Il est décédé hier matin, chez lui, dans le quartier de San Nicolás, où il était revenu après plusieurs mois d'hospitalisation dans une clinique du nord de la ville. Il est veillé dans la Salle des Pas Perdus du Congrès de la Nation à Buenos Aires. La levée du corps aura lieu vers 10h30 aujourd'hui, heure de Buenos Aires, et il sera conduit au cimetière de la Characita par Avenida Corrientes. A 10h45, il est prévu que le cortège fasse halte devant la façade du Teatro San Martín. Une très belle façon de lui rendre un ultime hommage.

Toute la presse l'a mis à la une ce matin.

La tenue du Festival ABM où je donne cet après-midi une causerie ne me laisse pas le loisir d'en dire plus mais je vous laisse regarder l'acteur dans deux de ses films en costumes les plus universellement connus dans son pays, El Santo de la Espada (1970) et La Maffia (1972), ci dessous.

La Maffia (1972)

Pour aller plus loin :
accéder au dossier du supplément people de La Nación, Personajes
Je vous invite à lire aussi l'article que Leonardo Liberman, journaliste de Radio Nacional, lui a consacré hier dans son blog culturel.