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lundi 12 mai 2025

Élections de mi-mandat : résultats mitigés et sujets à interprétations divergentes des tout premiers scrutins [Actu]

"Les gouverneurs en fête", titre Página/12
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Les élections de mi-mandat vont s’échelonner en plusieurs salves d’ici au mois d’octobre, sans élections primaires préalables (la loi sur les PASO, primaires obligatoires et systématiques, a été abrogée sous le présent mandat national).

Hier, ces élections se tenaient dans quatre provinces en vue de renouveler les chambres locales : Salta, San Luis, Chaco et Jujuy, toutes situées dans le nord-est du pays.


"Super-dimanche électoral : le Gouvernement fédéral
se réjouit", dit La Prensa
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Avec une participation affreusement faible, surtout pour un pays où le vote est théoriquement obligatoire, et avec un dépouillement encore inachevé en cours d’après-midi (heure de Paris), ce qui en dit long sur la difficulté d’organisation des scrutins, on obtient les résultats suivants :

"Les majorités en place ont gagné et le PJ
s'en sort mal dans les quatre provinces qui ont voté",
dit Clarín
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Dans les provinces de Salta et de Chaco, La Libertad Avanza (Mileí) arrive en tête, seule à Salta (+ 6 points sur le suivant) et en alliance avec la droite libérale du gouverneur à Chaco (+ 12 points sur le deuxième). Avec des taux de participation respectifs de 59,7 % et 52,2 %.

LLA a emporté la majorité dans la ville de Salta, la capitale de la province homonyme.

A Jujuy, LLA arrive en deuxième position (il n’y avait qu’un seul scrutin), le parti présidentiel est 17 points derrière le leader. Le taux de participation y reste pour l’heure inconnu.

C’est à San Luis que LLA fait son pire score : 5 % des voix pour la chambre basse (4e position tout de même) et 12 % pour la chambre haute (3e position). Avec une participation de près de 60 % des inscrits.


Ces résultats conservent une majorité gouvernable à chacun des quatre gouverneurs. Ils peuvent donc s’estimer vainqueurs du scrutin.

A Buenos Aires, Mileí, fidèle au modèle Trump, considère que les résultats obtenus sont un succès puisque la force d’opposition principale, le parti justicialiste (péronistes), ne parvient pas à prendre la tête électorale, au moins dans ces quatre provinces. Le président a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne remplirait pas son devoir électoral dimanche prochain à Buenos Aires : il sera en visite officielle à Rome pour l’installation du pape Léon XIV.

Les provinces qui ont voté hier ont en commun d’être très rurales avec un habitat très dispersé dès qu’on est à la campagne. Salta, Jujuy et San Luis bénéficient d’un flot touristique national assez important. Chaco en revanche peine à se faire connaître : c’est une province très pauvre et peu aidée au niveau fédéral.

"Les gouverneurs ont confirmé leur pouvoir
dans quatre districts et les libertaires
ont connu des avancées", dit La Nación
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Dimanche prochain, c’est la Ville autonome de Buenos Aires (CABA) qui se rendra aux urnes pour renouveler sa Legislatura (une seule chambre, il n’y aura donc qu’un seul scrutin). La majorité actuelle (confortable) est détenue par la droite libérale, tantôt en concurrence ouverte, tantôt en partenariat avec LLA.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación

En ligne, La Prensa traite l’info en quatre entrefilets indigents.

mercredi 2 août 2023

Les peuples premiers ont marché de Jujuy à Buenos Aires pour défendre leur dignité [Actu]

"A bas la réforme [constitutionnelle",
vive les droits", dit le gros titre
sur cette photo des Amérindiens jujègnes devant le Congrès
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Hier, 1er août, les peuples premiers du nord-ouest de l’Argentine fêtaient la Pachamama, cette déesse tellurique qui apporte fécondité et bonnes récoltes.

Dans le cadre du débat féroce qui les opposent au gouverneur de droite de la province de Jujuy, Gerardo Morales, qui entend les priver à jamais d’une partie de leurs terres pour en concéder l’exploitation des gisements de lithium à des compagnies privées, une délégation des peuples premiers de la province a organisé une marche qui l’a conduite de Jujuy, aux confins de l'Argentine et de la Bolivie, jusqu’au centre institutionnel de la capitale fédérale, où ils sont arrivés hier pour interpeler les autorités nationales sur leur sort et leur volonté de faire respecter leur territoire et leurs libertés.

Ils veulent en effet que les pouvoirs publics locaux reviennent sur leur décision de modifier la constitution provinciale qui permet désormais une telle exploitation privée, laquelle va sans aucun doute entraîner des catastrophes écologiques en pagaille comme c’est toujours le cas en Argentine et enrichir grassement une poignée de multinationales qui n'en ont pas besoin.

Ce matin, il m’a fallu chercher longtemps sur le site de Clarín pour trouver un entrefilet sur le sujet. Mes recherches sur celui de La Nación se sont révélées vaines à cette heure. Les deux rédactions sont clairement à droite. Comme d’habitude, Página/12 (qui est sans équivoque possible à gauche) est seul ou presque à traiter le sujet.

Pourtant, les photos en témoignent, la manifestation amérindienne d’hier était haute en couleurs (et en musique) et n’a pas pu échapper au public alors que l’hiver bat son plein et que tout le monde est au travail, surtout dans ce secteur de la capitale, puisque les élections générales se rapprochent à grands pas.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, qui en fait sa une

vendredi 7 juillet 2023

Página/12 se paye en une la tête du gouverneur de Jujuy [Actu]

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et retournez-la pour un meilleur confort de lecture


Le gouverneur de Jujuy, Gerardo Morales, l’un des ténors de la droite dure en Argentine, justifie sa réforme constitutionnelle qui devrait permettre de vendre ou de confier au plus offrant les gisements de lithium au détriment des droits des peuples premiers avec des arguments qui renversent terme à terme les revendications de ceux-ci sur le respect de leurs droits ancestraux, de leur culture et de leur vie sur ces terres héritées de leurs ancêtres. Sans parler des écocides en pagaille qui se préparent avec cette déréglementation à large échelle.

C’en est trop pour Página/12 qui titre ce matin : Le monde à l’envers. Et la rédaction passe des paroles aux actes en mettant la une cul par-dessus tête.

Dans l’article principal, on lira une analyse de ce que la rédaction estime être une provocation insolite du gouvernement de Morales.

De mauvais esprits, comme la signataire de ces lignes, pourraient s’étonner qu’un tel renversement des valeurs soit bel et bien repéré lorsqu’il est l’œuvre de Morales alors qu’il semble passer tout à fait inaperçu lorsqu’il se trouve dans les propos et l’action de Poutine et de sa clique, dont les explications absurdes sont acceptées comme coulant de source par Página/12. Bizarre, bizarre ! Vous avez dit bizarre ?

En exergue de l’article, une splendide citation de María Elena Wash, grande écrivaine et poète argentine. Ce petit quatrain s’applique tout autant à ce qu’on raconte à Jujuy qu’à ce qu’on explique doctement à Moscou :

Me dijeron que en el Reino del Revés
nadie baila con los pies
Que un ladrón es vigilante y otro es juez
Y que dos y dos son tres
María Elena WALSH


On m’a dit que, dans le monde à l’envers,
personne ne danse sur ses pieds,
qu’un voleur est gardien de la paix et un autre juge
et que deux plus deux font trois.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 22 juin 2023

Marche aux flambeaux en soutien aux victimes de la répression à Jujuy [Actu]

"Une mer de petites lumières", dit le gros titre
sur cette photo de la foule manifestant hier à Buenos Aires
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La répression policière qui s’est abattue avant-hier sur les manifestants (pas très pacifiques) qui s’opposaient à l’adoption de la réforme constitutionnelle provinciale a choqué toute la gauche argentine.

"Le conflit de Jujuy s'installe dans la campagne",
dit le gros titre
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Hier, plusieurs marches ont eu lieu dans différents endroits du pays, en particulier une marche aux flambeaux au cœur de Buenos Aires.

"Morales [le gouverneur] redouble d'accusation contre le gouvernement
à propos de la violence après l'ultimatum du président",
dit le gros titre
A droite : l'enquête sur le féminicide en province de Chaco
met de plus en plus en évidence la culpabilité de la famille
de militants de gauche, dont la jeune femme était une des pièces rapportées
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Malgré ces réactions publiques très spectaculaires et l’avis de plusieurs organismes américains chargés de dire le droit sur l’ensemble du continent, lesquels demandent au gouvernement provincial de Jujuy d’arrêter les violences policières et de laisser les opposants manifester, ce même gouvernement signe et persiste : le gouverneur cherche à prouver, en pleine campagne électorale, que le gouvernement national aurait payé certains opposants pour provoquer les rixes dans sa capitale.

"Enquête pour savoir si la majorité
a payé les agresseurs de la Législature de Jujuy",
dit le gros titre sur ces photos détaillées
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De son côté, le président Alberto Fernández a annoncé qu’il en référait à la justice pour faire annuler les deux articles contestés qu’il estime inconstitutionnels. Certains kirchneristes commencent même à réclamer que les pouvoirs publics nationaux interviennent dans la province, déposent le gouverneur et le remplacent jusqu’aux élections. Une solution extrémiste très improbable à ce stade du processus démocratique.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

L’article de une de La Nación n’est pas disponible sur le site du quotidien.

mercredi 21 juin 2023

A Jujuy, la réforme constitutionnelle met le feu à la rue [Actu]

"Jujuy en feu", dit le gros titre
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Depuis une dizaine d’années, la province de Jujuy est au pouvoir d’un gouverneur plutôt droitier et passablement provocateur, qui passe son temps à chercher querelle à la gauche péroniste qui en a bien entendu autant à son service.

"Jujuy approuve la Constitution malgré la violence séditieuse",
dit le gros titre
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Depuis plusieurs jours, les manifestations succèdent aux manifestations dans l’espoir de le faire reculer sur sa réforme constitutionnelle dont la gauche et certains organismes représentant les peuples premiers disent qu’elle va réduire la liberté de manifester et livrer à la vénalité capitaliste certaines terres que les Amérindiens considèrent comme ancestrales, voire sacrées.

"Des groupes violents ont tenté d'incendier la Législature de Jujuy",
dit le gros titre
En-dessous, les recherches policières ont abouti à
la découverte des restes d'une personne
dont on a tout lieu de penser que c'est la victime d'un féminicide
qui bouleverse l'Argentine et surtout la province de Chaco
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Deux articles soulèvent la colère de ces secteurs. Le premier oblige les organisateurs de manifestations de rue à se déclarer à l’avance auprès des pouvoirs publics pour que la police connaisse l’itinéraire empruntée et puisse le sécuriser tout en assurant la circulation dans le reste de la ville. Il interdit les barrages routiers (piquete), l’occupation des édifices publics et l’entrave au fonctionnement des services collectifs. Trois techniques traditionnelles en Argentine et auxquelles les organisations de gauche n’imaginent même pas pouvoir renoncer. Elles y voient un renoncement à leur liberté d’expression. Le second organise l’exploitation des gisements de lithium et devrait aboutir à la concession, voire à la vente de ces gisements à des grands groupes miniers internationaux dont nul n’ignore plus ce que, par pure vénalité, ils en font sur ce continent comme en Afrique : crimes d’écocide en pagaille à prévoir dans toute cette magnifique province andine.

Hier, la réforme a été adoptée et les élus ont prêté serment à la nouvelle constitution, malgré d’importants rassemblements dans la rue. Comme on peut s’en douter, chauffée à blanc par plusieurs jours de manifestation qui n’ont reçu pour toute réponse que l’éternel mépris du gouverneur et de sa majorité, la foule des mécontents s’est livrée à des actes de violence particulièrement spectaculaires. Dans la foulée de la prise du Congrès à Washington et de la place des Trois Pouvoirs à Brasilia, on a même craint ou feint de craindre que la Législature provinciale allait elle aussi y passer…

"Tentative d'incendier la Législature de Jujuy :
[la droite libérale] accuse le gouvernement [national]",
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La majorité actuelle affirme que des cars, afrétés par La Campora, l’organisation de la jeunesse kirchneriste, le bras armé de Cristina dirigé par son fils, Máximo Kirchner, ont déversé des flots de manifestants étrangers à la province. Ce qui n’est pas impossible – ils sont assez organisés pour ce genre de choses.

Hier, le centre-ville de San Salvador de Jujuy était donc sens dessus-dessous, alors que le reste du pays célébrait son drapeau et la mémoire du général Manuel Belgrano, un personnage très présent dans cette province puisque c’est dans cette capitale qu’il fit bénir pour la première fois le drapeau national qu’il avait créé pour le champ de bataille révolutionnaire quelques mois plus tôt, dans la pampa, sur les rives du Paraná.

On compte de nombreux blessés parmi les manifestants et il y a eu d'encore plus nombreuses arrestations. Le gouverneur Gerardo Morales a la main lourde en matière de répression. Il est largement connu pour cela dans le pays.

Selon l’appartenance idéologique de leurs rédactions, les journaux donnent des versions assez différentes de ces événements très inquiétants en plein cœur d’une année électorale.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

lire l’article principal de El Tribuno (édition de Jujuy).

samedi 15 août 2020

Statu quo légèrement amélioré jusqu’à la fin du mois [Actu]

"Faire attention à nous est dans nos mains", dit le gros titre
en reprenant les propos du président hier soir

Hier, lors d’une conférence de presse qui devient habituelle (c’est la onzième sur le même sujet en neuf mois de mandat), le président Alberto Fernández a annoncé les modalités qui s’appliqueront à compter de lundi pour contenir autant que faire se peut l’épidémie de covid-19 en Argentine. Constatant que les Argentins se plaignent du confinement, il a pris soin de rectifier ce point : le pays n'en est plus là mais la presse mainstream continue à employer ce vocabulaire désastreux, comme vous le constaterez sur les unes des trois principaux quotidiens de droite ci-dessous.

Clarín continue de jouer contre le gouvernement avec son gros titre :
"Le confinement n'existe pas" a dit le président
mais il l'a étendu jusqu'au lundi 30
Clarín joue à fond sur la confusion entre les mesures actuelles
et le confinement pur et dur, ce qui aide Mauricio Macri
à jouer lui aussi des différences existant entre l'Argentine et la France.
Quand la basse politique prend le dessus sur les enjeux sanitaires et patriotiques !
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La situation va très peu changer jusqu’au 30 août : les zones les plus affectées, notamment la province de Buenos Aires, restent en phase 3 du déconfinement. La capitale elle-même reste en phase 3 avec des menus assouplissements. Pour quelques autres villes, notamment dans la province de Jujuy (dont le gouverneur vient d’être diagnostiqué positif), les mesures seront plus rigoureuses que celles qui prévalaient jusqu’à présent puisque le nombre de contaminations augmente.

Les particuliers continuent de pouvoir sortir, pour faire des courses et s’adonner à un peu de sport très encadré, ainsi que pour se rendre à leur travail si celui-ci fait partie des activités désignées comme indispensables. Les rassemblements restent interdits et les réunions familiales et amicales sont plus que déconseillées, puisqu’elles semblent être le vecteur le plus important de la contagion. Le président a beaucoup insisté sur la responsabilité individuelle de tout un chacun en faveur de la protection de tous et du système de santé, qui tient bon pour l’instant.

"Confinement étendu et alertes sur le système sanitaire",
titre La Nación au-dessus du désespoir de Lionel Messi,
dont le club a été humilié sur le terrain hier soir
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Depuis deux jours, l’ambiance a changé en Argentine car on a appris que le pays et le Mexique allaient produire pour l’Amérique latine toutes les doses nécessaires du candidat vaccin développé par l’Université d’Oxford et Astra-Zeneca (actuellement en phase 3 de l’expérimentation). Le laboratoire a d’ailleurs annoncé qu’au cas où la formule n’était pas validée, toutes les doses seraient détruites. Néanmoins, même si l’espoir est encore chimérique, l’opinion publique a sans doute l’impression de voir le bout du tunnel, en plus de la fierté que les infrastructures du pays puissent être ainsi utiles à l’ensemble du continent. De là, certains observateurs croient comprendre que le gouvernement va maintenir le régime d’activité actuel jusqu’à la vaccination du grand public.

"Le confinement jusqu'au vaccin? "fait mine de demander La Prensa
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Lundi, qui est un jour férié en Argentine (c’est la fête patriotique de San Martín), on va pouvoir reprendre la pratique de plusieurs sports individuels, dont ceux qui suscitent des matchs (tennis, badminton, escrime, ping-pong). Aucune compétition n’est autorisée à ce stade.

Pour aller plus loin :

lundi 3 août 2020

Émission en ligne pour fêter la Pachamama [à l’affiche]

Capture d'écran (chaîne You Tube du Folklore Club)

Un nombre considérable de musiciens de tout le nord de l’Argentine, est et ouest confondus, se sont réunis pour enregistrer une émission de télévision, grâce au soutien de la Fundación Atahualpa Yupanqui (du nom d’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprète du folklore argentin), puis la mettre en ligne, gratuitement et pour le monde entier, sur la chaîne You Tube de Folklore Club.

Il s’agit d’une réalisation très professionnelle, un long-métrage d’un peu plus d’une heure et demie qui rassemble interviews et prestations musicales et permet de vivre la fête « comme si vous y étiez ». Les artistes y exposent leur vécu et ce que signifie pour eux cet intense rendez-vous de la vie culturelle et cultuelle de la grande région septentrionale, qui est aussi le berceau d’une bonne partie de la tradition rurale argentine.

La manifestation est aussi une prise de parole politique contre toutes les activités qui dégradent l’environnement de ces régions : mines à ciel ouvert ultra-polluantes, incendies volontaires de la forêt subtropicale sous prétexte de dégager du terrain agricole, utilisation massive de produits phytosanitaires chimiques qui font grimper en flèche le taux de cancer et autres maladies dans les populations humaines qui vivent à proximité des gigantesques champs de soja transgénique avec lequel les riches propriétaires terriens se font des fortunes insolentes en dollars US.

Página/12 ne pouvait pas manquer une telle initiative et lui consacre un bel article dans ses pages culturelles de ce jour.

Sur la page You Tube, les organisateurs ont publié les coordonnées du compte bancaire sur lequel les téléspectateurs peuvent faire un don en pesos argentins. Citer la devise nationale est une autre façon de resserrer les liens de la communauté culturelle qui se reconnaît dans cette démarche et dans cette fête populaire. Cela a tout de même meilleure allure que de quémander des dons en dollars ou en euros !

Pour aller plus loin :
visiter la chaîne You Tube du Folklore Club.

mercredi 19 février 2020

C’est le carnaval à Jujuy [Coutumes]

Un diablotin rouge qui s'amuse bien dans le paysage typique de Jujuy
(photo Estrella Herrera, La Nación)

Dans les montagnes de la province de Jujuy, que Manuel Belgrano a défendues avec vigueur en 1814, voilà les jours du carnaval qui arrivent. Un carnaval lié aux cultures aborigènes de la région. Un carnaval haut en couleurs, dans les costumes comme sur le relief naturel de la Quebrada de Humahuaca…

Des rites précolombiens ont survécu à la conquête espagnole
(photo Estrella Herrera, La Nación)

C’est l’heure où les sociétés aborigènes luttaient contre les démons, transformés maintenant en diables au plus grand bonheur des petits et des grands, sous le soleil implacable du Tropique du Cancer !

Le patriotisme provincial dans toute sa splendeur
Ce carnavaleux arbore un drapeau inspiré par le celui qu'avait dessiné Manuel Belgrano en 1812
et l'inscription signifie : "Jujuy, je te porte dans mon cœur"

La Nación nous emmène en photos à la fête jujègne.

Le carnaval règne partout en Argentine dans les jours qui viennent, les derniers du temps ordinaire avant l’arrivée du Carême, dans une semaine.

mardi 16 avril 2019

Dans les provinces aussi, Notre-Dame es de todos [ici]

"Notre-Dame, la culture en feu"
El Tribuno est le journal des provinces de Salta et Jujuy
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"Tragédie culturelle à Paris"
La Voz est le journal de Córdoba
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La presse quotidienne locale argentine titre elle aussi, presque partout, sur la tragédie qui s’est produite à Paris cette nuit.

"Notre-Dame a brûlé", au centre de la page
El Litoral est le journal de Corrientes
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Il semblerait que France 24, qui émet en espagnol depuis deux ans, ait été beaucoup regardée sur la télévision par câble ou par antenne parabolique dans l’Intérieur de l’Argentine.

"Incendie à Notre-Dame
La cathédrale, qui est le symbole de la France, a brûlé"
Los Andes est le journal de Mendoza
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"Tristesse pour Notre-Dame"
El Día est le journal de la Province de Buenos Aires
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jeudi 31 janvier 2019

Le Mont des Sept Couleurs sauvé de l’appropriation privée [Actu]

En haut, une dispute entre la province de Jujuy et le gouvernement bolivien frontalier
à cause de la manière dont la Bolivie traite les touristes argentins en demande de soins médicaux
En bas, l'affaire du Cerro de los Siete Colores
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Le très ambigu gouverneur Cambiemos de Jujuy, Gerardo Morales, a fini par donner raison aux riverains du Cerro de los Siete Colores contre le chanteur Memo Vilte, qui tentait de s’approprier le site, inscrit au patrimoine naturel de l’UNESCO, en avançant des motifs assez fumeux : il prétendait vouloir y faire un amphithéâtre qui aurait été mis à la disposition de la collectivité locale mais il avait entouré le mont d’une clôture en grillage, avec une pancarte interdisant l’entrée à toute personne et indiquant qu’il s’agissait d’une propriété privée, comme je vous l’avais raconté dans ce blog. Le gouverneur vient de décider d’exproprier la famille Vilte et de classer monument naturel historique les 150 hectares qui inclut le mont et ses environs, à Purmamarca.

La décision a été prise sous forme d'un décret et non pas d'une loi, qui aurait permis un débat public à la chambre provinciale.

Le Mont des Sept Couleurs est l’un des atouts touristiques les plus connus de la région (1).

Il semble que la lenteur de la réaction politique pourrait être due au fait que Memo Vilte a exercé des fonctions politiques autrefois sous l’étiquette de l’UCR, qui fait partie de la coalition de gouvernement, tant au niveau de la province qu’au niveau fédéral, à Buenos Aires. Or les radicaux (membres du parti UCR) sont fort tentés ces derniers temps de rompre avec Cambiemos car ils ont depuis trois ans de très nombreux sujets de désaccord avec le PRO, parti majoritaire dans la coalition. De plus, Memo Vilte est très introduit dans un certain nombre de cercles et il sait très bien s’y vendre.

Pour aller plus loin :
lire l’entrefilet de Página/12, qui avait donné l’alerte au niveau national au début de l’année
lire l’article de Lea (entendez "lis"), un autre quotidien de Jujuy.



(1) Il fait partie de notre programme en novembre prochain, avec l’agence de voyage Odeia (voir mon article du 19 janvier 2019).

mercredi 23 janvier 2019

Découverte archéologique à Jujuy [Actu]

Une vue du célèbre Pucará de Tilcara (phot Clarisa Otero)

Une équipe d’archéologues du Conicet, conduite par Clarisa Otero, vient de mettre à jour des sépultures nobiliaires au Pucará de Tilcara, située dans une vallée très importante de la province de Jujuy, la Quebrada de Humahuaca (1). La découverte a fait l’objet de plusieurs publications scientifiques en 2017 et 2018 et elle sort à présent dans la presse généraliste, mais en plein été, ce qui réduit le nombre de rédactions intéressées.

L'équipe d'archéologues sur le champ de fouille
Photo Clarissa Otero

Clarín a retenu la découverte d’un squelette de femme, daté de la fin de l’époque inca, juste avant la conquête espagnole : une dame de la haute société andine, qui a gardé ses parures dans la tombe et dont les scientifiques ont reconstitué le visage et l’apparence.

Reconstitution de la Dame du Pucará,
réalisée par les inventeurs du squelette (Conicet)

Les pucarás sont des citadelles précolombiennes dont il reste, ici et là, des vestiges, parfois somptueux.
L’un des mieux préservés est celui de Tilcará, baptisé ainsi du nom de l’ethnie qui vivait là, les Tilcaras, non loin du Mont des Sept Couleurs, qui fait actuellement l’objet d’un scandale foncier et judiciaire (voir mon article du 16 janvier 2019).

Pour en savoir plus :
consulter la fiche personnelle de Clarisa Otero au CONICET (centre national de recherche et de technologie)

Ajout du 28 janvier 2019 :
lire l'article de La Nación

Ajout du 30 janvier 2019 :
lire l'article de Página/12



(1) L’un des joyaux touristiques et culturels de la province qui a été inclus dans l’itinéraire du voyage que j’accompagnerai sous la bannière de l’agence Odeia en novembre prochain. Cf. mon article du 19 janvier 2019.

samedi 19 janvier 2019

Grand circuit culturel en Argentine avec Odeia et... moi [ABT]

Jeudi dernier, lors d’une longue et chaleureuse après-midi de présentation aux clients et prospects dans une très belle et très vaste crypte de l’église Saint Ferdinand, à Paris, l’agence de voyage Odeia (Paris, 17e) a publié sa proposition 2019 d’un grand circuit en Argentine que j’aurai l’honneur d’accompagner, du 7 au 24 novembre prochain, et que j’ai enrichi pour en faire un parcours original, conforme à l’esprit de l’agence.

Cliquez sur l'affiche pour une meilleure résolution

Jusqu’au mois de juin, j’aurai l’occasion de vous en présenter les différentes facettes, l’une après l’autre : histoire, gastronomie, beaux-arts, musique, merveilles de la nature.

Au programme de ce périple de 18 jours, au départ de Paris (Roissy Charles de Gaulle / vol direct Air France) :
  • trois jours non consécutifs à Buenos Aires, le premier consacré à la découverte de l’histoire nationale, avec ces deux géants que furent les généraux José de San Martín (1778-1850) et Manuel Belgrano (1770-1820), tous deux pères de la patrie, le second aux beaux-arts avec la visite de trois musées (1) et le dernier au tango, dont la diversité des dimensions structure la culture de cette mégalopole trois fois plus grande que Paris ;
  • trois jours dans la province de Misiones au nord-est du pays, avec la visite de deux sites inscrits au patrimoine de l’Unesco -les inévitables chutes d’eau d’Iguazú et les ruines de la mission jésuite San Ignacio Miní-, un petit bout de chemin sur la Ruta de la Yerba Mate (RYM) avec un arrêt dans une plantation pour y découvrir les secrets de cette infusion nationale qui allie la tradition guaranie et l’acculturation de la Compagnie de Jésus, et, enfin, une soirée autour du chamamé, la musique locale qui constitue le vecteur culturel de toute la région, en Argentine et au-delà (Uruguay, sud du Brésil et Paraguay) ;
  • cinq jours dans le Nord-Ouest et plus précisément dans les provinces de Salta et de Jujuy, à la découverte des beautés naturelles des Andes, dont ce Mont des Sept Couleurs, un site inscrit lui aussi au patrimoine de l’Humanité et actuellement au centre d’une guerre picrocholine (2), de l’architecture ancienne (superbe basilique San Francisco de Salta, par exemple), des vestiges d’une citadelle inca, du vin d’altitude, de la musique locale (la chacarera, en tout premier lieu, avec son instrument emblématique, le charango) et des faits historiques qui ont marqué la région : la conquête espagnole qui est venue du Pérou au 16e siècle, apportant avec elle le baroque européen qui s’est très vite mêlé à la culture précolombienne, et cet épisode de la guerre d’indépendance que l’histoire a surnommé la Guerra Gaucha, à la tête de laquelle se trouvait Miguel Martín Güemes (1785-1821), le gouverneur révolutionnaire de Salta ;
  • et enfin trois jours en Patagonie, dans les provinces de Tierra del Fuego, dont la capitale est Ushuaía, et de Santa Cruz, où se trouve le Lago Argentino et ses glaciers, dont le formidable Perito Moreno, un ensemble qui constitue la plus grande étendue d’eau douce du monde, avec son musée de glaciologie ultramoderne. La spécialité culinaire de cette région, très récemment annexée à la République argentine (3), est l’agneau de Patagonie. Les Argentins disent qu’il est supérieur à celui de nos prés-salés… On goûtera et on verra bien si la comparaison se soutient !

A tout cela s’ajoute des journées de voyage aérien d’une région à l’autre, que je n’ai pas incluses dans les paragraphes précédents.

Sur place, nous serons logés dans des hôtels haut de gamme (de toute façon, il n’y a pas d’autres standards d’hôtellerie acceptables en Argentine) et nous serons accompagnés, à chaque étape, par un guide local qui me complétera. C’est du grand luxe ! D’autres guides prendront le relais dans les parcs naturels nationaux où les visites doivent obligatoirement être accompagnées par un membre du personnel, préservation de la nature oblige.

Odeia (filiale de Wagran Voyages) reçoit dès à présent les inscriptions, par courrier ou en ligne (www.odeia.fr). Le groupe devra se composer d’au moins 15 personnes et restera, quoi qu’il en soit, de taille raisonnable (20 personnes environ). Sinon, ce n’est plus un groupe, c’est un troupeau et on ne savoure ni ne retient rien...



(1) En Argentine, les musées sont beaucoup plus modestes en taille que nos grands musées européens, de type Louvre, National Gallery, Prado, Offices, Ermitage ou Rijksmuseum. Les musées argentins sont tous des musées spécialisés. Ce n’est donc pas une prouesse que d’en parcourir trois dans une seule journée. Qui plus est, ils exposent des grands artistes nationaux dont nous ne possédons pas d’œuvres.
(2) Voir mes articles du 27 décembre 2018 et du 16 janvier 2019.
(3) Longtemps ignorée et presque inexplorée, la Patagonie a été rattachée à la République argentine dans les années 1860, grâce à une expédition militaire sans scrupule qui a mis en œuvre un véritable génocide contre le peuple mapuche. La politique de peuplement est venue au bout de nombreuses années. L’un de ses vecteurs a été le terrible bagne de Ushuaía (1901-1947), dont il ne reste plus que le pénitencier en étoile, aujourd’hui transformé en musée historique et maritime. L’autre a été l’exploitation pétrolifère , qui n’est pas la plus équitable des activités économiques. La Patagonie a connu encore d’autres malheurs qui l’ont marquée au fer rouge : la répression sanglante des ouvriers anarchistes de Santa Cruz en 1920 et 1921 (peu après cette Semaine Tragique dont, il y a peu, on célébrait le centenaire – voir mon article du 7 janvier), puis le nid de criminels hitlériens qui s’est formé à San Carlos de Bariloche, dans une autre province, et qui s’est dispersé lorsque les chasseurs de nazis sont allés les débusquer au milieu de leurs chalets bavaro-alpins planqués dans les Andes, et enfin le massacre des prisonniers politiques de Trelew, en 1972, quelques années avant le sinistre coup d’État de Rafael Videla, en mars 1976. Cette Patagonie au passé traumatique n’a donc pas encore de musique emblématique. Qui plus est, elle est la moins peuplée de toutes les régions d’Argentine.

mercredi 16 janvier 2019

La justice de Jujuy protège le Mont des Sept Couleurs [Actu]


Après le scandale provoqué en décembre par l’interdiction d’accéder au Cerro de los Siete Colores de la part d’un particulier, en l’occurrence le chanteur Memo Vilte, voilà que la justice provinciale de Jujuy intervient et questionne l’existence d’une vente de ce site inaliénable, puisqu’il est inscrit au Patrimoine de l’Unesco.

Le juge a interdit à l’artiste qui se dit propriétaire de l’endroit d’y faire quelque construction que ce soit. Memo Vilte avait annoncé qu’il souhaitait bâtir un amphithéâtre à ciel ouvert.

Ce sont les riverains de ce lieu emblématique de la région de Purmamarca qui ont porté l’affaire devant les tribunaux.

Les riverains continuent la lutte. Ils ne se tiennent pas pour satisfaits, ce qu'ils veulent, c'est que le juge interdise définitivement toute espèce d'artificialisation de ce magnifique site naturel, qui figure dans tous les catalogues des voyagistes du monde entier.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12, dans son édition de dimanche dernier.