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vendredi 20 juin 2025

Le Caras y Caretas de juillet rendra hommage à Pepe Mujica [Disques & Livres]

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En juillet, le nouveau numéro du mensuel Caras y Caretas, du groupe médiatique Octubre, qui possède Página/12, rendra hommage à Pepe Mujica, le président uruguayen qui vient de mourir à près de 90 ans, à Montevideo.

La rédaction du mensuel a en fait une réincarnation de José Gervasio Artigas, le père de l’indépendance de l’Uruguay, un personnage historique, lui aussi décédé à un âge très avancé, que la gauche s’est pleinement approprié au prix parfois de quelques entorses à la réalité historique mais c’est le seul leader indépendantiste qu’elle peut revendiquer sans trop être contredite. Elle pourrait aussi en revendiquer d’autres mais comme l’histoire conventionnelle écrite pour l’école par des penseurs de droite en ont déformé la légende, ils ne leur reste qu’Artigas. L’occasion était trop belle pour l’équipe de Caras y Caretas, menée par l’historien péroniste Felipe Pigna.

Beau portrait en couverture !

Le portrait conventionnel du héros
par un peintre largement postérieur (1889)
qui ne l'a jamais rencontré
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Dimanche dernier, ce nouveau numéro était en vente avec l’édition du jour du quotidien Página/12. Il est ou sera disponible, indépendamment du journal, très prochainement dans les kiosques.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’éditorial de Felipe Pigna sur le site du magazine.

jeudi 10 novembre 2022

Reconstitution du visage de José Gervasio Artigas [Actu]

"Artigas, le visage définitif", dit le gros titre
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José Gervasio Artigas est le Père de la patrie en Uruguay. Après le Précurseur de la Liberté, Francisco de Miranda (1750-1816), Artigas est le plus âgé des héros indépendantistes de l’Amérique du Sud. Il était né en 1764 à Montevideo. Il mourut très âgé en 1850, un mois après José de San Martín, près d’Asunción, au Paraguay, où il avait trouvé refuge, quarante ans plus tôt.

A titre de comparaison, Manuel Belgrano était né en 1770, José de San Martín et Bernardo O’Higgins en 1778 et Simón Bolívar en 1783.

La vie politique et militaire très mouvementée de José Artigas en fait un personnage à part dans le panthéon indépendantiste continental. Issu d’une famille de l’élite coloniale (point que sa légende laisse dans l’ombre), il avait commencé dans la vie comme grand patron agraire et contrebandier, une activité largement répandue dans les colonies où les règles du commerce étaient si défavorables aux producteurs coloniaux qu’ils mettaient un art consommé à les détourner. Une fois lancé le processus révolutionnaire à Buenos Aires, en mai 1810, Artigas prit d’abord le parti contre-révolutionnaire, fidèle en cela à l’esprit d’opposition à la capitale vice-royale qui régnait depuis longtemps sur la rive gauche du Río Uruguay, une opposition toujours bien vivante aujourd’hui. La Banda Oriental, le futur Uruguay, reprochait à Buenos Aires son attitude hégémonique envers les provinces de sa compétence territoriale, en particulier elle-même et le Paraguay, deux régions qui secouèrent le joug très rapidement.

Au bout de deux ans, Artigas bascula dans l’indépendantisme mais en refusant encore et toujours de se laisser dicter sa conduite politique par Buenos Aires.

Ayant servi brièvement sous les ordres de Manuel Belgrano, représentant de la politique centralisée à Buenos Aires considérée comme le seul centre de décision légitime, Artigas emprunta la voie fédéraliste dont il fut le premier leader et lança un processus d’indépendance rival de celui de la capitale, processus qui allait évoluer en une guerre civile acharnée qui ne s’achèverait à l’est du Río Uruguay qu’avec l’indépendance définitive de ce pays en 1830 et à l’ouest, donc sur le territoire argentin, avec la séparation administrative et politique entre la ville de Buenos Aires et la province homonyme, en juin 1880.

Définitivement défait par un corps expéditionnaire brésilien à Tacuárembo, dans le nord de l’actuel Uruguay, en 1820, il dut s’enfuir au Paraguay où il fut accueilli comme réfugié par le dictateur Gaspar Rodríguez de Francia (1760-1840), second chef d’État du Paraguay, qui lui imposa de s’abstenir désormais de toute activité politique. Le héros se retira donc dans un domaine agricole dont il tira sa subsistance et qu’il exploita jusqu’à son dernier jour. C’est là que furent établies les deux seules images connus prises de son vivant : un profil dessiné et un daguerréotype datant de la toute fin de sa vie qui montre un vieillard chenu, au nez busqué et au visage amaigri, qui se tient très droit.

Du côté sentimental, son existence fut aussi très mouvementée. Une liaison de dix ans avec une femme mariée dont il eu plusieurs enfants, au moins une autre maîtresse inconnue avec qui il eut aussi un enfant et enfin une épouse avec laquelle il se maria tardivement et dont il eut encore une descendance.

Le personnage n’en occupe pas moins une place monumentale dans la mythologie nationale uruguayenne. Ses restes, rapatriés dès 1855, reposent dans une urne magnifiquement ouvragée, récemment installée sous un dais d’honneur au Museo Histórico Nacional, à Montevideo. Ses statues sont partout dans le pays et un peu au-delà. Et toute cette iconographie picturale et monumentale repose sur un portrait réalisé en 1886 par la peintre Juan Manuel Blanes (1830-1901), qui s’est inspiré du croquis exécuté sur le vif au Paraguay.

Depuis, les techniques ont évolué et nous sommes aujourd’hui en mesure de réaliser des reconstitutions faciales que l’on sait être tout à fait fiables. C’est ce qui a récemment été entrepris à son sujet (le premier à avoir bénéficié de ces techniques n’est autre que Simón Bolívar, du vivant de Hugo Chávez).

Le résultat obtenu est très émouvant puisque le général apparaît sous un aspect très proche de l’iconographie traditionnelle. Ce n’était pas vraiment le cas de Bolívar dont les traits reconstitués différaient notablement de l’iconographie traditionnelle.

Le quotidien El País en faisait sa une ce matin, le seul des journaux nationaux uruguayens à s’y intéresser. Très étonnant, eu égard à l’immense stature du personnage historique !

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

jeudi 19 juin 2014

Une fête tripolaire en Uruguay [Actu]

Une du supplément papier de La República (sans contenu en ligne).
En manchette supérieure, les couleurs de l'Uruguay fédéraliste d'Artigas,
avant l'indépendance, acquise seulement en 1830.
En mode mineur, à en croire au moins la presse, l'Uruguay fête aujourd'hui les deux cent cinquante ans de la naissance de don José Gervasio Artigas (1764-1850), le plus grand héros de l'indépendance du pays. Les célébrations se partagent entre Sauce, ville supposée de sa naissance (malgré la présence de ce qui est présenté comme sa maison, la réalité historique est contestée), Paysandú et Artigas, la commune qui a été baptisée de son nom. On y attend concerts, bals et feux d'artifice. A Sauce même, la fête a commencé à 8h du matin et dure toute la journée !

En haut à gauche, l'humiliante défaite des Espagnols au Mundial
en vedette le joueur-phare de l'équipe uruguayenne, la Celeste (la bleu ciel)
avec un gros titre qui paraphrase le refrain de l'hymne britannique.

Cet après-midi, la Celeste joue contre l'Angleterre son avenir (se juega la vida) dans certaine compétition mondiale qui se tient au Brésil et ce qui se passe aujourd'hui à Madrid ne laisse pas indifférents les habitants de l'Amérique hispanique, surtout au lendemain d'une défaite sportive plus que symbolique pour les pays du Cône Sud (l'Espagne, championne du monde, sortie du Mundial dès le premier tour par le Chili, façon victoire de Maipú en avril 1818). Cette conjonction d'événements m'avait fait soupçonner dès hier que le traitement médiatique serait atténué. Mais à ce point ! Je n'aurais même pas osé l'envisager. D'autant que cet anniversaire est inscrit depuis toujours au programme du Bicentenaire uruguayen (pour la phase 1813-1815).

Supplément gratuit de La República

Aucune une nationale ne fait référence à cet anniversaire, à part une portada conçue par La República sans contenu en ligne, même dans l'édition du jour (il s'agit d'un supplément vendu avec le journal papier).
Dans tous les journaux, les articles sont courts et peuvent même se révéler acrimonieux, comme cet entrefilet de La República qui relève plusieurs erreurs dans les citations de José Artigas choisies pour figurer sur le nouveau mausolée du héros. Il faut dire qu'en effet, ça fait tache !

En gros titre principal : "ça passe ou ça casse".
En haut à gauche, une petite manchette sur la monarchie espagnole
Sous le gros titre, un joueur espagnol en pleurs.
Et tout en bas, quatre vignettes de Mafalda, autre héroïne de l'année.

La República a toutefois habillé aux couleurs du jour son supplément jeunesse, Charoná, et El Observador a consacré une page intérieure complète à l'événement. Pour une figure de cette taille, ce traitement manque singulièrement d'enthousiasme. Espérons que demain les journaux se seront repris car la fête est prévue pour se dérouler tout le week-end à venir, mais peut-être faudra-t-il pour cela que le résultat d'aujourd'hui soit favorable, surtout quand le match se joue au Brésil (1).

Pour finir en chanson :
Vidalita a José Artigas, de et par Alfredo Zitarrosa, le grand chanteur uruguayen
mis en ligne par Puro Sonido.

Pour aller plus loin :
lire l'article de El Observador, qui publie aussi les vingt affiches qui ont gagné le concours de créativité autour de ce deux cent cinquantième anniversaire
visiter le site Internet du Bicentenaire de l'Uruguay.




(1) En écrasant les Uruguayens à Tacuarembó en janvier 1820, c'est le Brésil, alors lui-même en voie d'émancipation, qui a mis fin à la carrière politique et militaire de José Artigas, qui devait encore vivre trente ans dans un triste exil au Paraguay.

mercredi 18 juin 2014

José Artigas honoré au Vatican [ici]

Roberto Passarella

Sous le titre Quella musica che non chiede permesso (cette musique qui ne demande pas la permission) (1), hier soir, dans son édition datée d'aujourd'hui, L'Osservatore Romano a relaté le concert donné le 6 juin dernier, sous les auspices de l'ambassade uruguayenne auprès du Saint-Siège : la première mondiale d'une œuvre liturgique en hommage au "Chef des Orientaux", José Gervasio Artigas, dont on fêtera demain, le 19 juin, les 250 ans de la naissance à Montevideo, alors que le Río de la Plata n'était même pas encore un vice-royaume à part entière.

José Gervasio Artigas (1764-1850) est le héros national par excellence de l'Uruguay. Très tôt, dès l'année 1811, au cours de laquelle un dernier vice-roi non officiel choisit de s'établir à Montevideo, Artigas rejoignit les rangs révolutionnaires dont il connaissait un bon nombre des meneurs, pour avoir combattu auprès de Juan Martín de Pueyrredón dès 1806, lorsqu'il contribua à repousser les deux tentatives d'invasion britannique (en 1806 et 1807).
En 1813, Artigas met beaucoup d'espoir dans l'Assemblée de l'An XIII qui se réunit à Buenos Aires pour donner une constitution aux Provinces-Unies qui restent encore, de jure tout au moins, fidèles à l'Espagne patriote, celle qui se bat encore et toujours contre l'envahisseur napoléonien. Mais en 1814, lorsque la volonté de domination de Buenos Aires sur l'ensemble du bassin du Río de la Plata devient manifeste, Artigas prend la tête des autonomistes uruguayens (orientales), ce que l'histoire retiendra en faisant de lui la figure de proue de la lutte pour l'indépendance de ce petit pays, coincé entre les deux géants sud-américains que sont l'Argentine et le Brésil.

José Artigas n'a pu toutefois accéder à la notoriété continentale à l'instar d'un San Martín ou d'un Bolívar, à cause d'une malheureuse conjonction d'événements politiques et militaires. Son action sur le sol natal s'est achevée sur une terrible défaite, à Tacuarembó (2), en janvier 1820, contre le Brésil, un pays qui avait toujours disputé au Roi d'Espagne la possession de ce triangle de terre qu'on appelait alors la Banda Oriental (la Bande Orientale, comme on parle aujourd'hui de Bande de Gaza). Artigas tenta alors de se réfugier dans la Province d'Entre-Ríos, tenue à cette époque par des fédéralistes avec lesquels il ne parvint pas à s'entendre. Il dut donc se tourner vers Gaspar de Francia, le dictateur du Paraguay indépendant, qui lui accorda l'hospitalité à condition qu'il renonce à toute activité politique. Artigas a donc passé au Paraguay les trente dernières années de sa vie. Bien après sa mort, ses cendres ont été rapatriées à Montevideo où son mausolée est honoré à l'égal de celui de San Martín à Buenos Aires.

Pour remercier le Pape François de ses prises de position en faveur des pauvres et des exploités du monde entier, pour lesquels Artigas est un héros tutélaire dans le sud du continent sud-américain, l'ambassadeur uruguayen a donc organisé une première exécution mondiale de Messa Qoélet (de son titre italien), en français Messe Quohélet, inspirée du Livre de l'Ecclesiaste, attribué au roi Salomon, dans l'Ancien Testament.

L'œuvre, qui dure une heure et dix minutes, est écrite pour bandonéon, chœur et ensemble philharmonique par un compositeur et bandonéoniste italo-uruguayen, né à Ancône, d'un père uruguayen et d'une mère italienne. Roberto Passarella est le fils de Héctor Ulises Passarella, l'un des plus fameux bandonéonistes uruguayen, lui-même compositeur de tango. Roberto s'est formé en Italie, tout à la fois à la musique et aux humanités. Il a en particulier un titre universitaire de philosophie.

L'article en italien sur la version papier de L'Osservatore Romano, daté du 18 juin 2014
cliquez sur l'image pour une résolution écran confortablement lisible.

Le concert s'est tenu dans les locaux de la Chancellerie du Vatican, en l'absence du Souverain Pontife à qui plusieurs musiciens classiques ont dédiés leurs pièces ou leur exécution dans les palais pontificaux sans qu'il n'y assiste jamais, se consacrant à d'autres tâches plus importantes pour l'Eglise ou l'Etat du Vatican. Peut-être à cause de cette absence ou parce que le musicien est un peu plus italien qu'uruguayen, peu de journaux de la République orientale ont fait état de cette création romaine mais il est vrai que ce jour-là, le monde entier avait les yeux fixés sur les côtes normandes, les rencontres, fussent-elles furtives, entre Poutine et Obama d'une part, entre Poutine et Porochenko d'autre part.

El País en a toutefois parlé en son temps.
Et L'Osservatore Romano aussi, mais hier seulement et non au lendemain du concert.
Il en existe un bref résumé en italien sur le site Internet du quotidien du Vatican.

Attendons demain et après-demain pour voir ce qui se passe du côté de Montevideo, Colonia, Tacuarembó, etc. Il n'est pas impossible, encore plus en Argentine qu'en Uruguay, que la prestation de serment du roi d'Espagne fasse une méchante concurrence aux célébrations autour de don José de Artigas. Sans parler du Mundial !



(1) Traduction italienne d'une expression typiquement rioplatense "sin pedir permiso". Ce dit de celui qui s'impose sans manière, dans une sorte de mauvaise éducation étudiée, dans le but de s'emparer de droits légitimes que de plus puissants dénient, que ce soit sur le plan diplomatiaque les puissances mondiales qui maintiennent dans une humiliante sujétion les pays moins développés, ou sur le plan social, à l'intérieur des frontières, les classes possédantes qui exploitent ou écrasent (ou les deux à la fois) le peuple. C'est percevoir cet état d'esprit qui permet de comprendre le succès et la popularité de ce fameux but de la main (la mano de Dios) marqué par Maradona, au cours d'un autre Mundial, au Mexique cette année-là.
(2) Cette ville où précisément une grande partie des Uruaguayens veulent que soit né Carlos Gardel, entre autres pour donner à ce lieu un destin plus glorieux que cette défaite historique.

vendredi 12 avril 2013

L'Uruguay fête ce week-end le Bicentenaire des Instructions de l'Assemblée de l'An XIII [Actu]



Le 13 avril 1813, José Gervasio Artigas, le grand leader de la lutte pour la liberté civile de ce qu'on appelait alors La Banda Oriental (et qu'on appelle aujourd'hui la République Orientale de l'Uruguay), validait un texte fondateur de l'identité nationale uruguayenne : un plan révolutionnaire de promotion de la liberté civile et religieuse et de la liberté des peuples américains à disposer d'eux-mêmes, connu dans l'histoire comme les Instructions de l'Assemblée de l'An XIII, cette assemblée législative et constituante qui avait été convoquée par Buenos Aires pour tout le territoire de l'ancien Vice-Royaume du Río de la Plata (qui englobait alors l'actuel Uruguay sur le point de faire défection, l'actuel Paraguay qui avait déjà consommé son indépendance vis-à-vis de Buenos Aires comme de l'Espagne et le Haut-Pérou, aujourd'hui la Bolivie, dont le lien avec Buenos Aires allait se briser en 1814, après le retrait de José de San Martín de la région de Tucumán) et dont l'Argentine (de gauche) a fêté le bicentenaire de la séance inaugurale le 31 janvier dernier (voir mon premier article sur ce thème).

A travers les Instructions, Artigas a marqué son opposition à la tendance unitaire et donc centralisatrice de l'Assemblée de l'An XIII car il était très conscient des particularismes de son pays. Par la suite, José Artigas a été l'un des très grands leaders du camp fédéral et il est considéré comme le père de l'indépendance de l'Uruguay dont il n'est pourtant pas l'acteur dans les années 1828-1830, lorsque le pays put adopter sxa propre constitution et se dégager de l'allégeance tant à Buenos Aires qu'à Rio de Janeiro, car le Brésil a toujours convoité ces terres. En revanche, c'est bien Artigas qui a modelé l'identité nationale du pays et lui a fait prendre conscience de sa singularité et de sa nécessité d'échapper à l'impérialisme que Buenos Aires n'a jamais cessé de manifester depuis 1776, date à laquelle elle est devenue capitale vice-royale. Et c'est cette série d'événements historiques qui permettent d'expliquer la tension permanente qui marque les relations diplomatiques entre l'Argentine et l'Uruguay (et notamment un récent incident avec des paroles malheureuses, très insultantes pour le couple Kirchner, que le truculent Président uruguayen Pepe Mujica croyait off the record mais qui ont été entendues de tout le monde et diffusées et rediffusées par tous les médias de la région).

A partir d'aujourd'hui, c'est un nouvel épisode du Bicentenaire uruguayen qui s'ouvre avec, en particulier, une débauche de concerts dans tous les coins du pays, qui commenceront tous en même temps, samedi à 18h.

On trouve tout le programme sur le site officiel du Bicentenaire, sur lequel un assez long article a été consacré aux événements historiques ainsi fêtés (et assez mal connus puisque l'histoire enseignée en Uruguay a été tout aussi manipulée que son homologue en Argentine).

Pour aller plus loin :

lundi 5 décembre 2011

Les restes de José Artigas au Parlement [Actu]


Depuis le 1er décembre dernier, les cendres du Général José Gervasio Artigas (1764-1850), le plus grand héros de la lutte pour l'indépendance uruguayenne, sont veillées dans la Salle des Pas Perdus du Parlement de la République Orientale de l'Uruguay, là où d'ordinaire est exposée un exemplaire de la première Constitution, rédigée par la Constituante de 1828 et approuvée en 1830, l'année où le pays acquit sa liberté tant de l'Argentine que du Brésil.

Dans un grand déploiement de pompes patriotiques, l'urne a été transférée jeudi à midi du mausolée situé sur la Plaza Independencia, lors d'une cérémonie présidée par le chef de l'Etat, José Mujica.

Le mausolée va être transformé, suite à des décisions qui ont été prises par une commission immédiatement après le retour à la démocratie, entre 1985 et 1989. Il s'agit de remplacer les inscriptions posées par la Dictature militaire de 1973-1985 par des phrases relevant de la pensée de José Artigas lui-même.

Que ce soit en Argentine ou en Uruguay, les vies et les figures historiques des grands héros de l'Indépendance ont été gravement manipulées par les forces politiques au pouvoir pour adapter à leurs idéologies mortifères ces personnalités fortes, profondément rebelles et subversives, avec leurs déclarations frappées au coin du bon sens sur la nature de la liberté et de la volonté des peuples, totalement incompatibles avec les projets politiques de ces militaires prêts à vendre leur pays à la puissance commerciale britannique, au 19ème siècle, et nord-américaine, au 20ème siècle.

Pour aller plus loin :
lire l'article de La República du 1er décembre.
Visitez le site officiel consacré à Artigas, la Biblioteca Artiguista (République Orientale d'Uruguay). Attention : les documents sont exclusivement en espagnol.