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jeudi 17 février 2011

Tango Revelado, une exposition à Montevideo - Article n° 2000 [Retour sur images]

Depuis le 19 juillet 2008, date de mon premier article dans Barrio de Tango, c'est la première fois que je consacre un article numéroté à l'Uruguay, cette autre patrie du tango qui peine à se faire connaître comme telle, écrasée qu'elle est par le voisin occidental... Et cet article est donc le 2000ème !

C'est aussi le premier article numéroté que je consacre aux clichés que m'envoie, avec tant de délicatesse et de gentillesse, le photographe uruguayen Pablo Vignali, dont vous avez déjà apprécié les reportages sur le Carnaval de Montevideo et sur la prise de fonction, en mars 2010, du Président José Mujica (voir mon article du 2 mars 2010).

Il y a quelques jours, avec tout un lot de photos sur l'ouverture du Carnaval 2011 que j'ai publiée au début de ce mois (voir mon article du 9 février 2011), Pablo Vignali m'a aussi envoyé quelques vues sur une exposition à l'air libre qui se tenait en janvier à Montevideo, dans le Parque Rodó, qui dispose d'une photogalerie réservée à ce genre de manifestation. L'exposition était intitulée Tango Revelado, La fotografía como testigo del tango en Uruguay (Tango Révélé, la photographie comme témoin du tango en Uruguay).

Et cette exposition mérite quelques explications, à commencer par celles que l'on doit à des lecteurs européens sur le personnage qu'est, du côté oriental des fleuves Uruguay et Río de la Plata, un certain Carlos Gardel...

Un Carlos Gardel très jeune, qui garde encore les traces de l'obésité de son adolescence

En effet, si pour le reste du monde, Argentine et France comprises bien sûr, Carlos Gardel ne fait qu'un avec le petit Charles Romuald Gardés, né le 11 décembre 1890 et dont les archives de l'Etat-Civil de Toulouse garde trace aujourd'hui encore, en Uruguay, il s'agit de quelqu'un d'autre. Un personnage mystérieux dont la date de naissance peut varier de plusieurs années entre 1882 et 1887 et dont le lieu de naissance est toujours le même : la ville de Tacuarembo, dans le nord de l'Uruguay. J'ai expliqué en quelques mots d'où surgit cette différence qui ne peut manquer de nous intriguer dans un chapitre que j'ai consacré à cette affaire, dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru en mai 2010 aux Editions du Jasmin. Ce n'est ni le lieu ni l'heure de partir dans ce sens. Intéressons-nous plutôt, pour une fois, à cette version que les Argentins appellent uruguayenniste et qui tient tant à coeur aux habitants de ce petit pays d'Amérique du Sud, qu'ils sont prêts à démonter toutes les preuves qu'on leur apporterait du contraire, y compris des analyses génétiques, qu'on se garde bien de faire. 1) c'est inutile, car cela ne convaincra personne du côté uruguayen, or du côté argentin, on est déjà convaincu, et en France, cela n'importe à personne, à part aux Argentins et aux Uruguayens qui vivent sur son sol 2) c'est très cher et ce n'est donc pas la peine de jeter l'argent dans le Río de la Plata.

L'Uruguay comme l'Argentine est un pays en pleine construction de son identité nationale. Dans un tel processus, qui s'étale sur plusieurs centaines d'années, tous les historiens et tous les anthropologues savent qu'un peuple a besoin de se créer des figures tutélaires et des mythes fondateurs. Ce sont ces mythes fondateurs que les Sud-Américains se forgent en ce moment même, dans ces tous premiers siècles de leur existence de pays indépendants. Ces mythes fondateurs que nous avons nous aussi construits il y a plusieurs siècles, comme Charlemagne en France (et en Allemagne, où il est quelqu'un d'autre), Guillaume Tell en Suisse, Till Eulenspiegel en Belgique, de part et d'autre de la frontière linguistique qui cause tant de soucis actuellement.

Dans leurs panthéons nationaux réciproques, l'Argentine et l'Uruguay partagent un même héros militaire, le Général José de San Martín, dont les restes reposent à Buenos Aires, comme ceux de Carlos Gardel. A côté de San Martín (1878-1850), les Uruguayens vénèrent un autre héros de leur indépendance, le Général José Gervasio Artigas (1764-1850), l'exact contemporain de San Martín, quoique que son aîné de 14 ans. Comme San Martín, Artigas est surnommé El Libertador. Comme San Martín, il est mort en exil, lui au Paraguay, son homologue en France. Comme San Martín, ses restes reposent bien dans un lieu symbolique de la capitale, mais c'est de la ville de Montevideo qu'il s'agit en l'occurrence. Artigas repose en effet depuis 1977 (sous la Dictature de 1973-1985) dans un mausolée construit sur Plaza Independencia, qui est à Montevideo ce que la Plaza de Mayo est à Buenos Aires. Et dans le Panthéon, en commun aussi avec l'Argentine, les Uruguayens ont placé Carlos Gardel, dont on s'accorde à dire, de part et d'autre du Río de la Plata, qu'il est mort le 24 juin 1935, à Medellín, en Colombie, et c'est bien le seul point, avec la reconnaissance du talent, sur lequel s'accordent les deux pays voisins à son sujet. Or autant l'appartenance à l'Argentine de Carlos Gardel ne fait aucun doute au regard des Argentins puisqu'il y a toujours vécu à Buenos Aires, même s'il n'y est pas né, ce qui n'est pas de nature à gêner les Argentins, qui se savent descendants des bateaux, selon une bonne et fameuse blague mexicaine (1). En revanche, l'appartenance à la nation uruguayenne de Carlos Gardel ne peut s'expliquer que s'il est né sur le sol national, car Carlos Gardel n'a que passé fort peu de temps en Uruguay, il n'y a pas été à l'école, il n'y a pas fait ses débuts, il n'y a pratiquement jamais enregistré. Il y a passé quelques vacances, comme le faisaient déjà de nombreux Argentins aisés, et y a donné quelques concerts. Or Carlos Gardel, pour des raisons que j'ai expliquées dans Barrio de Tango (le livre), portait à sa mort des papiers officiels le faisant naître à Tacuarembo, une ville située au nord de l'Uruguay, vers la frontière avec le Brésil. Les Uruguayens s'attachent donc à cette indication et n'en démordront pas, quoi qu'en disent les Argentins. La chose est pourtant fort peu documentée. On a bien trouvé un jour un acte de naissance qui parle d'un certain Carlos Gardel mais les données qu'il comporte ne collent pas avec celles du passeport. Cela n'empêche pas Tacuarembo d'organiser tous les ans un festival de tango en hommage à l'artiste et d'exhiber avec fierté la maison natale du Zorzal, que les Urugayens disent Oriental tandis que les Argentins le préfèrent Criollo (2).

Cette volonté uruguayenne de s'approprier Carlos Gardel, alors que les preuves de sa naissance à Toulouse abondent et répondent à tous les critères de fiabilité acceptés par les historiens du monde entier, a l'art d'agacer souverainement les Argentins,qu'ils vivent au pays ou dans la diaspora, et laissent les Européens bouche-bée devant ce qu'ils voient comme une aberration des plus bizarres. Et pourtant, non, ce n'est pas une aberration, c'est la construction d'un mythe fondateur et le mythe fondateur n'a que faire de la vraisemblance méthodologique de l'historien. C'est bien autre chose qui se joue ici, qui dépasse la rationalité individuelle pour rejoindre la pensée magique la plus authentiquement humanisante, celle qui soude les hommes entre eux pour se construire ensemble un avenir fondé sur un passé reconnu par tous (et peu importe qu'il soit la vérité historique. Mieux vaut qu'il n'ait rien à voir avec elle d'ailleurs). Acceptons donc une fois pour toute qu'il y ait deux Gardel, un pour les Uruguayens et un autre pour les Argentins et le reste du monde. Et visitons avec respect la maison natale de Carlos Gardel à Tacuarembo après ou avant de nous recueillir devant la plaque commémorative que la municipalité de Toulouse a fait apposer sur le mur de la maison de la rue du Canon d'Arcole où il a passé les premiers mois de sa vie (3).

Et maintenant, continuons notre promenade au soleil. En plein hiver septentrional, ça va nous faire du bien !

Tango et cinéma en Uruguay

La chanteuse et actrice Libertad Lamarque


Una orquesta típica


(1) Les Mexicains descendants des Aztèques, les Péruviens des Incas et les Argentins des bateaux.
(2) El Zorzal Criollo, le zorzal sud-amércain. El Zorzal Oriental, le zorzal uruguayen. Le zorzal est un petit passereau réputé pour son chant et qui sert, comme le rossignol sous nos latitudes, à désigner les bons chanteurs. C'est notre grive musicienne.
(3) La question est si délicate que Horacio Ferrer, qui est né en Uruguay et a donc la nationalité uruguayenne, mais dont la mère était était argentine et qui se sent donc Argentin de naissance, nationalité qu'il a acquise en 1984 par naturalisation, parvient à ne jamais se prononcer sur ce point. Voir à ce sujet sa très belle Fábula para Gardel (musique de Astor Piazzolla), que j'ai traduite dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, Supplément 2010 de la revue Triages, Tarabuste Editions.

mardi 2 mars 2010

La fête fut splendide et populaire à Montevideo [Actu]

Me comprometo por mi honor a desempeñar lealmente el cargo que se me ha conferido y a guardar y defender la Constitución de la República.

Je m’engage sur l’honneur à exercer loyalement la charge qui m’a été conférée et à garder et défendre la Constitution de la République.

Un grand merci à Pablo Vignali qui m'a envoyé aujourd'hui, depuis Montevideo, les photos qui illustrent cet article. Pablo Vignali est l'un des grands photographes de presse d'Uruguay. Et il est devenu avec le temps un correspond de grand luxe pour ce modeste blog européen...


José Mujica a prêté serment hier devant le Parlement uruguayen et dans les mains de son épouse, Lucía Topolansky, présidente temporaire du Sénat pour cette séance solennelle (voir mon précédent article sur l’ouverture de la nouvelle législature en Uruguay). Ainsi donc le discours inaugural du nouveau Chef de l’Etat a commencé par "Querida Lucía" (ma chère Lucía).

Cette première adresse au Parlement a duré 50 minutes, elle a été fort applaudie, y compris par l’opposition qui l’a jugée mesurée et polie (mesurado y educado). Discours développé sur trois thèmes essentiels : l’importance de la légalité, du respect du contrat social et la volonté de dialogue avec l’opposition. Le patronat lui aussi a estimé que ce discours augurait bien du quinquennat qui s’ouvrait donc hier.

Après la cérémonie au Parlement, le Chef de l’Etat a pris place dans un véhicule électrique, aussitôt surnommé Pepemovil. On avait déjà eu Habemus Pepe, au soir du 2ème tour des élections, la presse uruguayenne aurait eu tort de s’arrêter en si bon chemin.

Puis une nouvelle cérémonie, moins guindée, s’est déroulée sur Plaza Independencia, devant la statue du libérateur de l’Uruguay, José Artigas. Le nouveau Président avait entre temps laissé tomber la cravate et même déboutonné son col. La première dame et ex-présidente du Sénat (le Vice-Président l’a remplacée) était en chemisier blanc et en pantalon clair. Bref, un nouveau couple présidentiel aussi peu conventionnel que possible pour une transmission de l’écharpe présidentielle dans un cadre inhabituel.

"Amigos, ¿por qué esta transmisión de mando, un poco inusitada en la plaza pública, acá, no sólo a la intemperie sino ante la estatua de Artigas? Quienes organizaban esto me atormentaban: ¿Y si llueve? Y si llueve nos mojamos todos les decía yo. ¡Qué incrédulo!. Qué sé yo. No se puede estar temblándole a todo. Mala suerte si llueve... Tuvimos suerte. ¿Por qué? ¿Qué simboliza el monumento? Este monumento simboliza para los uruguayos dos cosas: unidad nacional y concepción latinoamericana. Unidad de los pueblos de América Latina. Ese es el sentido y el símbolo. Hacerlo en la plaza pública para que la gente lo vea. Es aburrido como toda cosa protocolar. Ahora estamos santificados. Está la firma del señor escribano. Hemos procedido en regla. No dirán que no soy una criatura domesticada. Pero amigos, estas formalidades que dan garantías, podrán ser aburridas, pero son una necesidad institucional que hay que defender. Pero ¡ay de nosotros si no las tenemo!, y cuando las hemos perdido, sólo les damos el valor cuando nos damos cuenta del papel de representación que cumple para con una nación.
José Mujica, Plaza Independencia, 1 de marzo de 2010

"Mes amis, pourquoi cette transmission du pouvoir, un peu inhabituelle sur la place publique, ici, non seulement exposée aux intempéries mais surtout devant la statue de Artigas ? Ceux qui organisaient tout ça me cassaient les pieds : "Et s’il pleut ?" Eh bien, s’il pleut, on sera mouillé, que je leur répondais ! Tu parles d'un problème ! Est-ce que je sais, moi ? On ne peut pas avoir peur de tout. Pas de chance s’il pleut... Et on a eu de la chance. Pourquoi ? Que symbolise ce monument ? Ce monument-là symbolise pour les Uruguayens deux choses : l’unité nationale et la conception latino-américaine. L’Unité des peuples d’Amérique Latine. C’est cela, le sens et le symbole. Faire ça sur la place publique pour que les gens le voient. C’est ennuyeux comme toute chose protocolaire. Maintenant nous voici marqué du signe. Il y a là la signature du notaire. Nous avons procédé dans les règles. Vous ne pourrez pas dire que je ne suis pas un animal domestiqué. Mais mes amis, ces formalités qui donnent des garanties, elles ont beau être ennuyeuses, elles sont une nécessité institutionnelle qu’il faut défendre. Malheur à nous si nous ne les avons pas ! Et c’est seulement quand nous les perdons que nous leur donnons leur valeur, quand nous nous rendons compte du rôle de représentation dont une nation a besoin."
(Traduction Denise Anne Clavilier)
L'éloquence de Danilo Astori, nouveau vice président et nouveau président du Sénat

Nouveaux discours. Nouvelles acclamations aussi pour Tabaré Vázquez (que l'on voit dans la photo du haut, en train d'applaudir son successeur), qui avait déjà été amplement salué dimanche pour ses propres adieux (voir mon article d’hier à ce sujet). Accolade très théâtrale et néanmoins visible sincère entre les deux hommes. Puis le Président a tombé la veste et la fête est devenue un grand happening populaire avec la participation de plusieurs artistes, sous l’oeil impavide de l’aide de camp du Chef de l’Etat, avant que le couple présidentiel entraîne tous les invités officiels vers le LATU, le Laboratoire Technologique d’Uruguay, où devait se tenir le dîner, comme prévu.


La foule montevidéenne avec la présence toujours visible des noirs dont l'apport à la culture uruguayenne et notamment au candombe est si important

Les observateurs politiques ont surtout souligné la bonne réaction de l’opposition, la présence de Lacalle, le leader du Partido Nacional et candidat malheureux à l’élection, l’absence de Bordaberry, l’autre chef de l’opposition et candidat malheureux lui aussi, visiblement moins fair-play (1), la réaction positive de la Fédération patronale, la présence souriante et aimable d’Hillary Clinton et la réconciliation spectaculaire et inattendue entre Tabaré Vázquez et Néstor Kirchner, l’ancien Président argentin, eux qui s’évitaient délibérément depuis 5 ans dans tous les sommets internationaux, à cause du contentieux argentino-uruguayen provoqué par l’installation, sur la rive orientale du fleuve frontière Uruguay, d’une papeterie, dans des conditions dont les Argentins disent qu’elles ont violé un accord bilatéral de co-gestion de cette zone fluviale et frontalière.


La revue de presse d’aujourd’hui est donc, comme vous pouvez l’imaginer, particulièrement abondante. J’attire en particulier l’attention des internautes sur les documents audio (Mp3) qui accompagnent les articles du quotidien uruguayen El País.

Pour aller plus loin :
Lire l’article principal de El País
Lire l’article de El País sur la réaction de l’opposition politique au discours inaugural de Mujica
Lire l’article de El País sur la réaction du patronat à ce même discours
Lire l’article de El País sur les rencontres internationales qui ont eu lieu, et notamment le salut cordial échangé entre Vázquez et Kirchner
Lire l’article de La República sur le discours de Pepe Mujica
Lire l’article de La República sur la fête populaire qui a suivi.

De l’autre côté du Río de la Plata, la presse argentine a, elle aussi, rendu compte de l’événement, malgré une rentrée politique et scolaire très chargée :

Lire l’article principal de Página/12 sur les deux discours de Mujica
Lire dans Página/12 l’interview du président du Frente Amplio, José Brovetto, sur les défis à relever pendant ce quinquennat
Lire l’article de Página/12 sur les relations bilatérales entre les deux pays
Lire l’article de Clarín
Lire l’article de La Nación


(1) Il n’a pas voulu suivre le cortège qui partait vers Plaza Independencia, après la prestation de serment constitutionnelle dans l’enceinte législative. Ce qui n’est guère étonnant puisque Pedro Bordaberry est le fils d’un des dictateurs de la dernière dictature et qu’il n’a rien renié de l’oeuvre politique paternelle. Rappelons que Pepe Mujica a passé plusieurs de sa vie à combattre dans la guerrillera urbaine contre les régimes anti-constitutionnels et qu’il a pour cela aussi passé plusieurs années en prison, où il a connu la torture.

samedi 30 janvier 2010

Le début du Carnaval de Montevideo, retour sur images offert par Pablo Vignali [Coutumes]

Encore un correspondant de luxe pour Barrio de Tango : le grand photographe montevidéen Pablo Vignali, dont vous trouvez les clichés dans la presse uruguayenne, a eu la gentillesse cette nuit de me faire parvenir ces quatre superbes photos du défilé d'ouverture du Carnaval de Montevideo, sur la Avenida 18 de Julio (1) qui a eu lieu dans la soirée du jeudi 28 janvier 2010.

L'année dernière déjà, j'avais publié quelques photos de Pablo Vignali, pour l'ouverture du Carnaval 2009 (voir mon article du 7 février 2009).


A écouter et à voir au cours de ce Carnaval :

pendant tout le carnaval, les murgas et le candombe (un genre musical et chorégraphique qui a été déclaré récemment patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en même temps que le tango, voir mon article du 30 septembre 2009)
le Desfile de Llamadas, ces spectacles époustouflants d'immenses drapeaux accompagnés par les tambours assourdissants, qui aura lieu les 4 et 5 février dans les quartiers Sur et Palermo (les billets étaient en vente hier)
les défilés auxquels participeront les trois reines du Carnaval de cette année, Luciana Pernas, Angie Gares et Andrea Acosta
le concours de spectacles au Théâtre d'Eté Ramón Collazo (2)
et l'exposition 2010 du Musée du Carnaval (Rambla 25 de Agosto, sur le port de Montevideo)
Plus d'infos sur la page du Carnaval du site de Montevideo (sponsorisé par la grande marque de yerba mate uruguayenne, Canarias) (3)


Le défilé avait commencé à 20h30, alors qu'il faisait encore grand jour. Et c'est à la lumière du jour que Pablo a pris cette photo que vous allez vite reconnaître d'un participant du groupe de carnaval venu d'Udine, en Italie (4).








Pour en savoir plus :
voir l'ensemble des articles publiés sur le thème du carnaval, en cliquant sur le raccourci approprié dans la rubrique Grands rendez-vous, dans la partie supérieure de la Colonne de droite.
Visiter le blog de Pablo Vignali, dont vous trouverez le lien dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), dans la partie inférieure de la Colonne de droite, réservée aux liens vers des sites externes.


¡Muchisimas gracias, Pablo, por mandar estas fotos!



(1) A ne pas confondre avec la 9 de Julio. La 18 de Julio est la grande avenue patriotique de Montevideo. La date est celle de la promulgation de la constitution. La 9 de Julio est la plus grande des deux avenues patriotiques de Buenos Aires (Buenos Aires a toujours tout en double : deux dates de fondation, deux fondateurs, deux déclarations d'indépendance et par conséquent deux avenues, celle de Mayo et celle du 9 de Julio qui se croisent d'ailleurs).
(2) Ramón Collazo (1901-1981) est un grand créateur de tango, un pianiste et un compositeur. Il appartenait à ce groupe uruguayen d'illustre mémoire qui est passé à l'histoire sous le nom de Troupe de los Atenienses, du nom du club athlétique Athéna de l'Université de Montevideo, auxquels tous les membres de la troupe appartenaient. On leur doit Araca París (qui est de lui), Garufa (qui est de son frère) et d'autres tangos humoristiques comme ceux que font revivre Las Minas del Tango reo (Lucrecia Merico et Valeria Shapira) ou Silvana Gregori, dont je vous parlais avant hier (lire
mon article du 28 janvier à ce propos). Les Atenienses étaient eux mêmes un groupe de carnaval. Ils ont surtout laissé le souvenir de leurs prestations pendant le carnaval d'hiver, celui qui accompagne les festivités du 18 juillet, pendant la trêve universitaire d'hiver. On lui doit aussi Agua florida, dont j'ai traduit la letra sur le site de Rodrigo Rufino et Gisela Passi et qui est encore en ligne pour quelques jours (les tangos doivent être changés dans les premiers jours de février).
(3) Les Uruguayens sont encore plus fous de mate que les Argentins. C'est dire !
(4) Outre le fait que le déguisement sent son Italie de très loin, de toute façon, c'est la seule photo prise de jour. C'est une devinette truquée, du genre "Quelle était la couleur du cheval blanc d'Henri IV ?"

samedi 7 février 2009

Carnaval 2009 : c'est parti là-bas. Ici, c'est dans 15 jours [Coutumes]

Photo CGBA (portail de la Ville de Buenos Aires)

Le Carnaval de Buenos Aires commence aujourd'hui même. Les temps forts de ces fêtes ont lieu pendant les trois week-ends de février. En semaine, les activités se passent le soir et la nuit. Lundi gras et Mardi Gras sont fériés à Buenos Aires, c'est le moment traditionnel de l'apogée du Carnaval. En tout, le programme officiel, avec interruption de la circulation automobile sur la voie publique, déploiement de sécurité et pata couffin, annonce 30 cortèges différents (corsos), 17 000 artistes participant et 105 murgas déployées dans 29 esquinas de la capitale argentine, dont deux à Boedo, à Caballito, à Lugano, à Pompeya et à Paternal.

Voir la page du Carnaval Porteño sur le site de la ville de Buenos Aires.



En septembre dernier, lors d'un sommet des villes du continent, Montevideo a été déclarée Capitale hispano-américaine du Carnaval et elle conservera ce rang pendant deux ans. De nombreux groupes de carnaval de tout le continent ont donc convergé il y a quelques jours vers la capitale uruguayenne pour participer à l'édition 2009 du carnaval montevidéen, qui commence ces jours-ci. Le 3 février a eu lieu la Primera Rueda, la première ronde, à laquelle ont participé 48 groupes de toute provenance.



Programme jour après jour sur le site du Carnaval sur le portail de Montevideo (le portail de Montevideo est disponible sous la rubrique Les Villes - Las Ciudades, en colonne de droite de ce blog). Les deux photos du Desfile de las Llamadas présentées ici sont extraites du site officiel de la capitale uruguayenne et sont signées Pablo Vignali (voir son blog, ici).

Les autres villes tant en Argentine qu'en Uruguay ont chacune leur propre programme de Carnaval.

Avant de revenir vers ce côté-ci de l'Atlantique, on peut écouter Alfredo Piro (Guitarra Negra) chanter cette blague de carnaval déguisée en tango qu'est En el corsito del barrio (Abel Aznar et Reinaldo Yiso). Un enregistrement réalisé en 2004 disponible sur Todo Tango.

En Europa, unos carnavales (muy pocos) siguen todavía con vida a pesar de la desaparición generalizada de las fiestas en esa epóca del año (a lo largo de los 50 últimos años, todo lo festivo de invierno se concentró en el tiempo de Navidad y Año Nuevo. Hasta los Reyes casi desaparecieron como festejo. Sin embargo, las fiestas del Têt, el Año Nuevo Chino, reemplazaron el Carnaval en las grandes ciudades como París, donde vive una comunidad china y vietnamita importante en el 13° Arrondissement, en la barriada llamada Porte de Choisy y Porte d'Ivry).


El más conocido y más concurido de los carnavales europeos es el de Venezia en Italia, como se sabe por todo el planeta.

En la zona francofona, existen, aunque menos conocidos mundialmente, el Carnaval de Nice (Niza) en Francia y el Carnaval de Binche, en Belgica, en la región de Walonia (Wallonie en francés) con los famosos Gilles de Binche (vestido de colores y con plumazo blanco) y su celebre manera de caminar en el corso del Mardi Gras (como se puede ver en esta imagen).
El Carnaval de Binche fue reconocido Patrimonio de la Humanidad por la UNESCO en el 2003.
Este Carnaval belga se celebra durante 3 días desde el Domingo antes de Cuaresma (Dimanche gras) hasta la noche del Martes (Mardi Gras, en francés). Este año se celebrara en los días 22 à 24 de febrero. Se termina la fiesta al empezar el Miercoles de Ceniza. Cada uno de estos 3 días tiene sus tradiciones, sus temas, sus actuaciones y su corso (défilé). Hay también bailes populares organizados por los dos grandes ejes ideológicos y opuestos de la vida pública en Wallonie (la Iglesia católica y el Partido socialista).


(a la izquierda, el Gilles antes de ponerse su gigante plumazo blanco en un dibujo bien tradicional de las historietas belgas)
 
El Carnaval de Niza se carácteriza por su Corso fleuri (corso de las flores) en esta estación donde florece la primera flor del año que es la del mimosa, una hermosita pelotita amarilla que se puede comer también como golosina (flor de mimosa en un jarabe de azucar y se usa como adorno en los pasteles).
En el sitio Web del Carnaval, se puede ver un extracto del DVD sobre la edición del 2008.

Para conocer mejor estos carnavales, se puede visitar los sitios siguientes

Carnaval de Binche (el sitio está sólo en francés)

Carnaval de Nice (sitio en francés, inglés, alemán y italiano)

sin olvidarnos de las especialidades gastronómicas dulces de la región de Niza (con olor a recuerdos gratos de infancia y vacaciones provenzales) en este sitio en francés y inglés. Ver especialmente las páginas de las flores de mimosa y de las frutas confitadas (fruits confits)

Para unas especialidades belgas (las masitas son bien famosas), les aconsejo visitar el sitio de la Biscuiterie Dandoy en Bruselas (sitio en francés, neerlandés y inglés).