mardi 26 juillet 2022

Il y a 80 ans aujourd’hui disparaissait Roberto Arlt [Disques & Livres]

Dans La Nación, édition imprimée, ce matin
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Avec Jorge Luis Borges, Roberto Arlt est l’un des deux grands créateurs du roman argentin au début du 20e siècle.

Mundo Argentino, le journal dont Arlt était un journaliste
La nécrologie au lendemain de la disparition de l'écrivain
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Contemporain exact de Enrique Santos Discépolo (1900-1952), il était né le 22 juin 1900 à San José de Flores, un quartier qui n’était pas encore intégré définitivement à la ville de Buenos Aires. Son père était prussien et parlait à peine espagnol. Il fut donc élevé en allemand.

Peu scolarisé, il ne maîtrisa jamais pleinement l’espagnol, langue dans laquelle il s’illustra pourtant dans tous les domaines de la littérature : romans, nouvelles, poésie, théâtre, chroniques journalistiques…

Roberto Arlt photographié sur son balcon
à Buenos Aires

Roberto Arlt est mort à 42 ans le 26 juillet 1942.

Aujourd’hui, malgré la promiscuité avec un autre anniversaire nécrologique, celui de Eva Perón, La Nación et Clarín lui rendent hommage.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire les pages qui lui sont consacrées dans l’encyclopédie en ligne consacrée à la littérature hispanophone Cervantes Virtual
lire l’article qui lui est consacré sur le site Internet du ministère de la Culture argentin

Le Liceo de Buenos Aires fête ses 150 ans avec La Môme [à l’affiche]

Photo Luciano Thieberger
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Le théâtre qui se situe au numéro 1499 de avenida Rivadavia, à l’angle avec la rue Paraná, le Teatro Liceo (ci-dessus), fête ce soir son 150e anniversaire avec une réouverture en fanfare. C’est le plus vieux théâtre de la capitale argentine. Les salles qui l’ont précédé depuis la fin du 18e siècle ont toutes disparu.

Dans Clarín, édition papier, ce matin
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L’anniversaire sera donc célébré à guichets fermés avec une nouvelle production du spectacle musical où Elena Roger interprète le rôle de La Môme Piaf. Et comme les Argentins ne font pas les choses à moitié, c’est aussi une interprète du rôle de Evita (cette fois, coiffée d’une perruque blonde) qui montera sur scène ce soir pour incarner la chanteuse des faubourgs de Paris.


Le spectacle dure 100 minutes et les entrées étaient à vendre à partir de 1000 pesos. Il ne reste même plus la place pour glisser une aiguille dans la vieille salle qui a profité du covid pour se refaire une beauté.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación hier qui donne la parole à Elena Roger
lire la présentation du spectacle sur le site du groupe de salles Multiteatro auquel appartient le Liceo.

vendredi 22 juillet 2022

Deux petites boules de poils dans la Lagune Iberá, c’est mignon comme tout ! [Actu]

Quand je vous disais que c'était mignon !
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Un peu dangereux aussi, soit dit en passant. On est prié de laisser la maman tranquille avec ses deux petits jaguars !

Tableau de chasse au début du 20e siècle
Image Rewilding

Trêve de plaisanteries : c’est la première fois depuis 70 ans que des jaguars naissent en liberté sur le sol argentin. L’animal a été si férocement chassé pendant la période coloniale (on en faisait des descentes de lit très prisées en ville) (1) et tout au long du 19e siècle qu’il avait complètement disparu jusqu’à sa réintroduction il y a quelques années, dans la grande prise de conscience devant la disparition programmée de la biodiversité.

L’événement s’est produit dans la Lagune Iberá, un immense parc national, un atout touristique et un sanctuaire de vie sauvage situé au cœur de la province de Corrientes, le tout grâce au travail d’une fondation, Rewilding en la Argentina (remettre de la vie sauvage en Argentine).

Fiche du jaguar, établie par Rewilding pour sa page Facebook
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La maman et les petits semblent se porter comme trois charmes.

Le jaguar a été déclaré monument naturel national en Argentine il y a plusieurs années, alors qu'on craignait sa disparition irrémédiable.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

lire l’article de El Litoral, le quotidien local
visiter sur le site Internet de Rewilding les pages consacrées au projet Iberá


Clarín ce matin. Toujours avec la même photo
mais maintenant avec les noms de deux boules de poil
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Ajout du 26 juillet 2022 :
Les deux petits ont trouvé leur nom. Ce sont des internautes argentins qui les ont choisis dans le cadre d’un concours lancé par les autorités sur les réseaux sociaux.
Pour en savoir plus :
lire l’article de Clarín
lire l’article de El Litoral de Corrientes



(1) Même le grand San Martín, qui vivait alors à Paris, a demandé en 1834 à sa fille, Mercedes, retournée temporairement en Argentine, de lui rapporter une peau de « tigre » à son retour en France. Il trouvait cela très joli et ça fleurait bon la patrie lointaine. Que voulez-vous ? San Martín (1778-1850) avait beaucoup de qualités mais il n’était pas très écolo. Ce n’était pas encore à la mode.

Luis Longhi rassemble quatre grandes dames du ciné argentin au San Martín [à l’affiche]

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Luis Longhi, connu comme compositeur et interprète de tango et qui s’est depuis quelques années tourné vers le théâtre, met en scène dans l’une des salles du Complexe théâtral San Martín, sur Avenida Corrientes, une évocation de quatre grandes figures du cinéma de l’âge d’or, les années 40, en Argentine : Tita Merello et Libertad Lamarque, les deux aînées, qui s’illustrèrent aussi toutes deux comme chanteuses de tango et figurent parmi les plus emblématiques, et Fanny Navarro et Zully Moreno, les deux cadettes.

Prix des places : 800 pesos (il s’agit d’un théâtre public, il dépend de la Ville autonome de Buenos Aires, il est donc bon marché), avec une réduction réservée aux retraités et étudiants (700 pesos).

Le spectacle, qui dure une heure et demie, se donne depuis le début du mois tous les vendredis et samedis à 20h30 et le dimanche à 19h30. Les représentations prendront fin le 21 août.

Página/12, toujours à l’affût de ce genre de spectacle, donne la parole à Luis Longhi dans ses pages culturelles ce matin.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

consulter les informations concernant la pièce sur le site Internet du Teatro San Martín

Le seuil de pauvreté suit l’inflation dans son ascension folle [Actu]

Schéma réalisé par l'INDEC
avec en jaune le seuil d'indigence
et en ocre celui de la pauvreté
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Avec 4,6 % d’augmentation en juin par rapport à mai, le panier de produits et de services de première nécessité constitué par l’INDEC vient de faire un nouveau bond. Il permet de définir le seuil de pauvreté en Argentine.

Certes il fait moins que l’inflation elle-même dont la moyenne générale nationale pour le même mois a été de 5,3. Il n’en reste pas moins que c’est bel et bien invivable pour les classes les plus vulnérables comme pour la classe moyenne qui se voit menacée dans ses perspectives d’avenir.

En juin, le taux a été le même pour les deux seuils mesurés par l’INDEC : celui de la pauvreté et celui de l’indigence (établi grâce à un panier dont on retire les services de base pour ne garder que l’alimentaire en premiers prix).

Dans l’ensemble, les deux seuils continuent de progresser différemment. Le seuil d’indigence subit un peu moins l’inflation que celui de la pauvreté.

D’un point de vue politique, c’est la catastrophe pour le gouvernement en place et l’acharnement de la vice-présidente contre le chef de l’État termine sans doute d’achever le mandat qui entamera en décembre sa dernière année. Un mandat qui aura été gravement affecté par des crises extérieures exceptionnelles : pandémie, puis inflation conséquente à la reprise d’activité après les confinements et pour finir cette injuste guerre en Ukraine qui chamboule tous les circuits essentiels (carburants et alimentation) et sur laquelle le président argentin reste dans une attitude prudente et ambiguë pour ne fâcher ni Moscou ni Beijing, dont son agressive vice-présidente reste indéfectiblement proche.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’entrefilet de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín (en ligne)
lire l’article de La Nación (en ligne)
lire le rapport de l’INDEC (à télécharger gratuitement en pdf)

jeudi 21 juillet 2022

En attendant Santa Evita [à l’affiche]

"70 fois Eva", dit le gros titre
du supplément de Página/12 sur la vie universitaire


Le 26 juillet prochain, l’Argentine commémorera les 70 ans de la disparition de Eva Duarte de Perón, plus connue sous son surnom affectueux, Evita. A cette occasion, une plateforme de télévision payante sortira un feuilleton en sept épisodes intitulé Santa Evita et où le rôle-titre est tenu par une comédienne uruguayenne, Natalia Oreiro.

"Où est le vrai corps de Evita ?", dit
cette première affiche parue en juin
dans la presse écrite

D’ici là, le producteur fait du teasing dans la presse et tous les médias avec une campagne notamment d’affiches qui valent leur pesant d’or (ci-dessus et ci-dessous) et de nombreuses publications explorent le mythe de l’illustre disparue, une militante politique que ses partisans disent révolutionnaire et que la nature avait gâtée avec un visage d’une indéniable beauté.

La deuxième affiche était publiée deux pages plus loin

Quant à ce titre, il se rapporte à la canonisation civique, culturelle et nationaliste à laquelle a eu droit Eva après sa mort tragique et spectaculaire (les Argentins l’ont vue maigrir à vue d’œil, entrer à l’hôpital et en sortir, presque jusqu’au dernier jour et lui ont fait, en plein hiver, des obsèques qui rappellent chez nous mais à une autre époque celles de Victor Hugo) mais il rappelle aussi qu’un certain nombre de catholiques verraient d’un bon œil une canonisation spirituelle. Cela a d’ailleurs été proposé au Vatican hors de la procédure officielle peu de temps après l’élection de François et le Saint Siège a fait savoir, très poliment, qu’il n’en était pas question puisqu’on rechercherait en vain dans cette vie très agitée la trace d’une quête spirituelle de nature à édifier les fidèles. Ce titre reprend celui d’un roman, paru en 1995, quarante ans après le vol du corps embaumé de Evita qui reposait, jusqu’en 1955, dans une salle du siège de la CGT, exposé dans un reliquaire de verre. Le corps, une fois retrouvé, a été inhumé au cimetière de Recoleta, où la tombe est sans cesse visitée et fleurie autant par les Argentins, venus de tout le pays, que par les touristes étrangers. Tout ce que le régime, né du renversement de Perón par un coup d’État soutenu par la CIA, avait voulu éviter en 1955 en faisant disparaître le corps.

Interview de Natalia Oreiro parue ce matin
dans Clarín

Le plus intéressant en ce moment est de constater que tous les journaux, quelle que soit leur couleur idéologique, participent au culte. Universidad, le supplément hebdomadaire de Página/12 consacré au monde de la recherche et de l’enseignement supérieur, fait même sa une sur les 70 ans de ce mythe national.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación du 22 juin
lire l’article de La Prensa du 13 juillet
lire l’article de Clarín du 14 juillet
lire l’éditorial de La Nación du 18 juillet
lire l’article de Página/12 d’aujourd’hui (Universidad)
lire l’article de Clarín d’aujourd’hui, une interview de l'actrice principale (ci-dessus)

mercredi 20 juillet 2022

Une Cour Suprême « Cuesta Abajo » [Actu]

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Avant-hier, Cristina Kirchner a publié une véritable catalinaire dirigée contre la Cour suprême. Elle la critique pour ses inquiétants penchants partisans qui visent, selon elle, à mettre en difficulté toujours les mêmes, les gens de gauche, tandis que l’institution protège les personnalités de droite. Or, au vu de la dernière décision de la Cour, on ne peut pas donner tort à la vice-présidente.

Dans une déclaration publique, le président Alberto Fernández, dont elle ne se lasse pas de savonner la planche depuis plus d’un an, lui a donné raison et a rappelé qu’une réforme radicale de l’institution judiciaire en Argentine restait à faire pour en finir avec les appartenances idéologiques des magistrats et la partialité de leurs décisions. C’était une réforme qu’il avait voulu lancer dès le début de son mandat, intervenu pendant l’été, comme d’habitude. Or dès la rentrée suivante, en mars 2020, l’extrême urgence se déplaça d’un coup sur le terrain sanitaire. La réforme judiciaire n’a jamais vraiment vu le jour malgré plusieurs tentatives de la remettre sur les rails.

Ce matin, tous les quotidiens commentent cette prise de position présidentielle qui fait apparaître le chef d’État comme soumis aux diktats souvent très contestables de sa vice-présidente, que l’on dit prête désormais à présenter sa candidature l’année prochaine pour reprendre la Casa Rosada d’assaut.

Página/12, journal de gauche sympathisant de Cristina même s’il tâche de ne pas couler le président, en fait sa une en forme d’allusion tanguera… Le titre pastiche en effet un célèbre vers d’un des derniers tangos du répertoire de Carlos Gardel, le très émouvant Cuesta abajo (comprenez « sur une mauvaise pente ») (1). Le gros titre parle de « la honte d’avoir été et d’être toujours » tandis que le poète Alfredo Le Pera, dernier partenaire de création de Gardel, qui mourut avec lui lors de cet accident fatal sur la piste de l’ancien aérodrome de Medellín, en Colombie, en juin 1935, a écrit :

Si arrastré por este mundo
la vergüenza de haber sido
y el dolor de ya no ser.

Si dans ce monde j’ai traîné avec moi
la honte d’avoir été
et la douleur de ne plus être
Traduction © Denise Anne Clavilier


Et pan, en pleine figure !

Le ton des autres journaux, acquis à la droite, est très différent. Je vous laisse juger. Tous les quotidiens ont toutefois ce point en commun qu’ils consacrent tous plusieurs pages à cette information.

Si vous voulez écouter Cuesta abajo, le voici sur l’encyclopédie en ligne du tango (en langue espagnole) Todo Tango.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajout du 27 juillet 2022 :
Diverses associations de droits de l’homme ont porté plainte devant les instances de l’ONU contre la Cour suprême argentine pour ses récentes positions partiales.
Pour aller plus loin :
lire cet article de Página/12

Ajout du 5 août 2022 :
Depuis quelques jours, plusieurs personnalités et associations passent à l’action en demandant la déchéance des juges qui forment la Cour suprême. Des plaintes officielles sont portées devant le Congrès.
Pour aller plus loin :
lire l’article d’hier dans Página/12 sur la démarche d’organisations de juristes et de défenseurs de l’État de droit auprès du Congrès
lire l’article de Página/12 de ce matin sur le présentation de la démarche que vient de faire en conférence de presse le prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Pérez Esquivel, ni plus ni moins.
Le reste de la presse quotidienne n’en parle même pas.



(1) Cuesta abajo fait partie du corpus de chansons que je présente dans le texte et en traduction française dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru aux Éditions du Jasmin et toujours disponible chez l’éditeur (boutique en ligne) et en commande auprès de n’importe quel libraire qui aime son métier.

Le Salon de l’Agriculture est de retour à Palermo [Actu]

"Nous sommes de retour. Reviens !"
dit l'affiche
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Après deux ans d’absence pour cause de covid, le Salon de l’Agriculture argentin revient dans le grand domaine de la Rural à Palermo. Les premiers animaux ont défilé devant les autorités venus inaugurer cette 134e édition de la manifestation, à commencer par un taureau de race française de toute beauté…

L’Exposition rurale, comme se nomme le salon, est le rendez-vous du grand patronat agraire beaucoup plus que celui de la gastronomie de qualité (pour cela, il y a Caminos y Sabores) et de la vulgarisation des métiers de la campagne.

Les autorités lors de l'inauguration autour du ténor de la droite
le chef du Gouvernement de la Ville autonome de Buenos Aires
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Seule la presse de droite s’y intéresse ce matin, alors que le salon ouvre ses portes au grand public demain jusqu’à la fin du mois.

Entrée (prix normal) : 1000 pesos par personne

Retraités : entrée gratuite les lundis et mardis, 500 pesos les autres jours
Gratuité pour les enfants de moins de 8 ans, les personnes en situation de handicap munies de leur carte d’invalidité, les étudiants du secteur sur présentation de leur carte universitaire.
Les familles peuvent acheter des billets de groupe à raison de 4 entrées pour le prix de trois.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

samedi 16 juillet 2022

ARA San Juan : non lieu pour Macri dans l’affaire des écoutes illégales [Actu]

"Une justice à pleurer", clame le gros titre
sur cette photo des proches en larmes
Ils étaient venus manifester devant le tribunal
en attendant la décision
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Hier, une cour de justice fédérale siégeant à Buenos Aires a prononcé un non-lieu pour l’ensemble des responsables politiques et institutionnels impliqués dans le scandale des écoutes illégales effectuées par les services du contre-espionnage sous la présidence de Mauricio Macri au détriment d’un grand nombre de plaignants dans une des multiples branches de l’instruction portant sur le naufrage du sous-marin ARA San Juan, coulé corps et biens, avec 44 membres d’équipage à son bord, au fond du Mar Argentino, au large des côtes australes de l’Argentine, pendant une mission.

Les faits sont prouvés et ils sont incontestables. Certaines personnes impliquées n’ont même pas tenté de les nier. Ce non-lieu choque donc profondément les plaignants, qui sont tous des proches des sous-mariniers disparus, leurs parents, leurs veuves, leur veuf (il y avait une femme à bord), leurs frères et sœurs, sans parler de leurs enfants encore mineurs et représentés par leurs mères. Il choque aussi l’ensemble de la gauche, qui ne décolère pas devant cette nouvelle manifestation du parti-pris partisan et idéologique du corps judiciaire. Peut-être surprend-il aussi l’ensemble de la droite, même si ce non-lieu la soulage en laissant son éventuel candidat, l’ancien président, libre de ses mouvements et surtout libre de relancer sa peu crédible version des faits pour solliciter à nouveau les suffrages à l’élection présidentielle de l’année prochaine.

Pour trouver le titre (il n'est pas bien gros),
grossissez l'image en cliquant dessus !

Il se trouve que les juges qui ont pris cette décision sont suspects de partialité : deux d’entre eux ont en effet été nommés par Macri pendant sa présidence tandis que le troisième faisait jusqu’à il y a peu l’objet d’une instruction pour des visites trop nombreuses à la Casa Rosada et à la résidence présidentielle d’Olivos alors que Macri était chef d’État. Dans ces visites, certains magistrats ne pouvaient s’empêcher de voir l’un des leurs aller chercher ses ordres auprès de l’Exécutif. Pourtant, pour ces faits, ce troisième juge a lui aussi bénéficié d’un non-lieu il y a quelques semaines, au grand scandale de la gauche et des parties civiles.


Le dessin de Daniel Paz (texte de Rudy), ce matin à la une de Pagina/12
Le conseiller (debout) : Vous bénéficiez d'un non lieu dans l'affaire des écoutes illégales
Macri : Evidemment. Si l'espionnage était illégal,
James Bond et Maxwell Smart seraient en prison
Le conseiller : Mais eux, ils n'espionnaient que les ennemis de leur pays.
Macri : Moi, je pratique davantage l'inclusion
Traduction © Denise Anne Clavilier
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Comme toujours dans ces cas-là, l’information est largement commentée par Página/12 qui en fait un scandale à la une, en montrant la réaction d’une partie des familles des disparus qui éclatent en sanglots, tandis que la presse de droite (c’est-à-dire tous les autres quotidiens) s’en tient au silence ou à des titres secondaires à peine repérables sur leurs premières pages.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 15 juillet 2022

Imperturbable, l’inflation continue son ascension [Actu]

Indice des prix à la consommation, INDEC, juin 22
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L'information traitée par un tabloïd d'opposition
Clarín ajoute le taux de change du dollar au marché noir
(289 pesos pour 1 USD)
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Hier, l’INDEC, l’institut national des statistiques en Argentine, a publié les résultats de son enquête mensuelle sur l’inflation et c’est à nouveau un progrès de celle-ci qui est relevé : au mois de juin, l’inflation aura été de 5,3 %, soit une variation interannuelle de 64 % et un taux cumulé depuis le 1er janvier à 36,2 %.

Tableau synthétique de toutes les variations
dans le temps et dans l'espace
Au centre, les variations au cours des 12 derniers mois
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La Nación triche ce matin en présentant les chiffres de juin
Regardez le tableau de la une : c'est la comparaison de
tous les mois de juin depuis 1990
et ça ressemble à un graphique d'analyse continue dans le temps
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En juin, c’est en moyenne nationale les frais de santé qui ont mené l’augmentation des prix avec un taux mensuel de 7,4 (sans doute à cause de la hausse des primes des mutuelles), tandis que les services de téléphonie et Internet n’enregistrent que 0,4 % d’inflation.

Página/12 préfère aborder ce sujet en le couplant
au débat actuel au Congrès sur l'institution possible
d'un revenu universel pour tous les Argentins
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L’alimentation, hors boissons alcoolisées et tabac, reste relativement sage avec une hausse mensuelle de 4,6. Un taux qui serait intolérable en Europe mais reste « raisonnable » dans cette Argentine si durement frappée par l’endettement public et par les effets secondaires de la guerre en Ukraine et de la fin de la pandémie.

La Prensa traite l'inflation en haut
et le taux de change du dollar en bas !
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Les variations régionales présentent des écarts modérés si l’on s’en tient aux moyennes générales de chacune des 5 régions géographiques dont se compose l’Argentine. Le taux moyen va de 4,9 au nord-ouest à 5,5 dans la vaste agglomération qui fusionne Buenos Aires et sa grande banlieue.

Tableaux des variations régionales
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Dans presque toutes les régions, les frais liés à la consommation d’énergie mènent la danse avec des chiffres à dresser les cheveux sur la tête : 12,4 % à Cuyo (San Juan, San Luis, Mendoza) et 12 % dans le bassin de Buenos Aires.

Quelques jours après la nomination d’une nouvelle ministre de l’Économie soupçonnée d'être téléguidée par Cristina Kirchner, cette information n’a cette fois-ci échappé à aucun quotidien d’envergure nationale.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :