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lundi 1 septembre 2025

Grosse défaite de Mileí et consorts dans la province de Corrientes [Actu]

"La majorité locale l'a emporté à Corrientes
et le candidat LLA arrive quatrième", dit le gros titre
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De bon augure démocratique pour les élections provinciales de dimanche prochain en province de Buenos Aires puis les élections de mi-mandat au niveau national en octobre !

En haut : "A Corrientes, Mileí à contre-courant",
jeu de mot habituel à ce journal
En titre principal, un nouvel épisode du procès
contre les pieds-nickelés qui ont tenté d'assassiner
Cristina Kirchner (photo) il y a plusieurs années
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La cote du président Mileí baisse à vue d’œil au milieu du désastre économique et social visible dans tout le pays, de la violence verbale et policière et des fortes odeurs de corruption qui émanent de la Casa Rosada depuis l’affaire de la crypto-monnaie qui, promue par le président, a entraîné dans les cinq heures suivantes la faillite de centaines de personnes qui avaient fait confiance aux déclarations publiques de ce chef d’État qui n’en a que le titre mais certainement pas la probité et la compétence attendues.

Corrientes n'a droit qu'à une petite photo du candidat
au poste de gouverneur en train de voter
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Dans la province de Corrientes hier, c’est le candidat radical qui l’a emporté. Les radicaux, une formation née au centre gauche en 1890 et inscrite aujourd’hui dans une droite classique démocratique, dont un certain nombre d’élus ont pris leurs distances avec le président depuis de nombreux mois, remportent la province.

Le gouverneur élu au premier tour n’est autre que le frère du sortant, lequel s’en va avec plusieurs autres responsables de province former une alliance politique pour proposer une nouvelle alternative tant aux libertariens de Mileí qu’aux péronistes qui ont conservé leur cheffe historique, Cristina Kirchner, malgré sa peine d’inéligibilité à vie et d’assignation à résidence pour 8 ans.

"Corrientes : la majorité locale prend 30 points
au PJ [kirchneristes] et LLA arrive quatrième", dit le gros titre
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Les kirchneristes, arrivés en deuxième position avec un pourcentage de voix moitié moindre que le vainqueur, crient au manque de transparence, lequel semble bien avoir existé. Quant au candidat mileiste, il arrive bon quatrième moins de 10 % des voix alors que le kirchneriste a obtenu près de 20 %.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

vendredi 28 mars 2025

Crise dans le secteur agricole de la yerba mate [Actu]

Un maté très amer, dit le gros titre
Mate amargo, cela se traduit en français "mate nature"
le mate pouvant se consommer aussi avec du sucre


Le gouvernement Mileí a supprimé l’institut national de la Yerba Mate qui régulait depuis des années la production et la distribution de la yerba mate, l’ingrédient du mate, l’infusion nationale. Cette disparition de la régulation est en train de déséquilibrer l’ensemble du secteur, en privilégiant les gros acteurs au détriment des petits producteurs artisanaux sur une part desquels reposait la recherche de qualité de ce produit de grande consommation dans le domaine gastronomique.

Les petits acteurs ont souvent le goût de travailler leur produit de manière originale, souvent en agriculture bio ou raisonnée, parce que c’est leur atout majeur pour sortir de l’ombre.

Et puis l’Institut organisait la Ruta de la Yerba Mate, un parcours gastronomico-culturel original qui était un apport réel pour les deux provinces productrices, dans le nord-est de l’Argentine, ce qu’on appelle là-bas le Litoral, à savoir Corrientes et Misiones.

Du côté du consommateur, le paysage change aussi à très grande vitesse : les prix montent et la concentration du secteur ne va pas jouer en faveur d’une baisse. Or une famille consomme un paquet de 500 grammes (le conditionnement le plus courant) en un ou deux jours. Un acteur, Establecimiento Las Marías, avec ses quatre marques qui vont du bas au très haut de gamme, représentent 37 % du marché intérieur argentin. Heureusement, depuis peu, une coopérative de Corrientes, Playadito, semble grignoter du terrain. Elle aussi couvre une gamme étendue avec quatre produits différents, le paquet jaune qui est la yerba mate la plus habituelle (mais bien meilleure que le bas de gamme de Las Marías, la marque Taragüi, qui fait aussi du thé et d’autres infusions), le paquet vert qui est un mélange de yerba mate et d’autres plantes, le paquet doré, qui contient une yerba plus élaborée que le jaune, et le paquet rouge métallisé, qui contient une yerba très douce (débarrassée de la tige de la feuille, qui apporte une bonne dose d’amertume au breuvage).

Aujourd’hui, Página/12 en fait l’article principal de son supplément économique hebdomadaire, Cash.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

mardi 2 avril 2024

La loi de la jungle règne sur le mate [Actu]

"Ni yerba de ayer secandose al sol"
le gros titre est une citation de Enrique Santos Discépolo
(Célèbre tango Yira yira que j'ai intégré
dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins)
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Depuis hier, les prix dans le secteur de la yerba mate sont libres. L’Institut National de la Yerba Mate (INYM) ne peut plus fixer de prix plancher en-dessous duquel aucun industriel du secteur ne pouvait acheter la récolte de feuilles de cet arbre de la famille du houx dont les Argentins tirent une infusion qui est devenue un must de leur culture et de leur art de vivre, ainsi que de celui des Paraguayens, des Uruguayens, des Brésiliens dans l’extrême sud du pays et de nombreux Chiliens.

Cette régulation du prix depuis un peu plus de vingt ans avait permis à des petits producteurs de s’en sortir et de développer des produits originaux, de qualité supérieure. Toute une série de coopératives et de familles avaient fleuri dans le secteur, essentiellement dans les provinces de Corrientes et de Misiones.

C’est fini. Désormais, les producteurs seront à la merci des géants du marché qui les obligeront à vendre à vil prix la récolte s’ils ne la transforment pas eux-mêmes. Et ils pourront faire une guerre des prix aux producteurs-transformateurs de plus petite taille. Il est à craindre que de nombreuses marques disparaissent des rayons à plus ou moins longue échéance et que le bas de gamme gagne de la place dans les gondoles en même temps que les prix vont grimper à toute vitesse.

Clarín a préféré consacrer ses gros titres
à d'autres affaires mais le scandale
a droit à un appel d'article à droite
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De plus, il est peu probable que le reste de l’alimentation échappe à une forte dégradation du marché, à commencer par la viande et les produits laitiers, eu égard au fanatisme économique de ce gouvernement. C'est tout un patrimoine que le gouvernement refuse de protéger et de développer au bénéfice du profit de quelques grosses fortunes de l'agro-industrie !

Comme l’Uruguay dépend entièrement de la production argentine (et un tout petit peu de celle du Brésil), il y a fort à parier que cette décision se fera sentir aussi de l’autre côté du Río de la Plata.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 30 janvier 2023

Carnaval à Corrientes [à l’affiche]

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Le carnaval de Corrientes a commencé ce week-end. On est parti pour un petit mois festif à toute vapeur…

La ville de Corrientes porte le titre estimable et estimé de Capital del Carneval. Voilà qui en dit long sur la fête qui s’y déroule en ce moment.

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Comme toujours avec le carnaval, il y a des défilés dans tous les quartiers et cela c’est gratuit et de grandes manifestations avec costumes et musique mais cette fois-ci, c’est payant. Le calendrier est disponible dans la presse locale, sur le portail de la municipalité et sur le site des Carnavals d’Argentine.

Ceci dit, le carnaval ne se limite pas à la capitale provinciale. Toutes les villes de la province en ont un.

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Au programme : défilés, costumes démentiels, chars géants, chamamé, murga, bals et concerts un peu partout, le tout largement arrosé à la bière Brahma, qui sponsorise l’événement, et bien sûr au tereré, la version glacée et fruitée du maté typique de l’été !

C’est le retour de la tradition après les années de pandémie.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Prensa (quotidien national)

vendredi 13 janvier 2023

La Fiesta Nacional del Chamamé commence entre averses, nouvelle vague de covid et incendies [à l’affiche]

Affiche officielle du festival
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Depuis quelques années, la province de Corrientes dont une grande partie est pourtant constituée de zones humides, la somptueuse et immense Laguna Iberá, et de forêts tropicales, est affectée par des incendies monstrueux en toutes saisons. Incontestables et terrifiantes conséquences du réchauffement climatique qui touche pourtant un peu moins l’hémisphère sud, plus maritime que la nôtre, largement plus peuplée et plus polluantes.

Une de ce matin : "l'amphithéâtre, prêt pour
le début de la Fête Nationale du Chamamé"
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Comme un malheur n’arrive jamais seul, la province voit à nouveau monter les cas de covid au point que le port du masque vient d’être rendu à nouveau obligatoire dans tout le secteur public. Et il fait chaud ! Il faut pouvoir le supporter !

Une de ce matin avec les répétitions du spectacle
d'acrobatie aérienne qui n'aura pas lieu aujourd'hui
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Cette année, s’ajoute à ce panorama désagréable des trombes d’eau qui s’abattent en ce moment sur la ville de Corrientes, la capitale provinciale. A tel point que la première activité du festival, prévue ce soir, vient d’être annulée et reportée à demain : la Fiesta Nacional del Chamamé, 32e du nom, et 18e pour sa dimension internationale, devait être lancée dans un amphithéâtre artificiel monté pour l’occasion devant la façade décorée et illuminée de l’ancienne prison provinciale, transformée en un lieu d’animation culturelle.


Une d'hier : "La Vierge a entrepris son voyage
au son du chamamé"
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Pendant une semaine, du 13 au 20 janvier 2023, le premier grand festival populaire de l’été en Argentine va voir défiler les meilleurs représentants argentins, uruguayens, brésiliens et paraguayens du genre qui a été récemment intégré au Patrimoine immatériel de l’Humanité par l’UNESCO.

Une de mardi :
"Le Chamamé au cœur battant qui nous émeut"
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Comme le tango, mais en version rurale, le chamamé se déploie en musique instrumentale, chansons et danses. La Fiesta propose donc des concerts, des bals, des ateliers, des cours, des rencontres avec des artistes, des stands gastronomiques, un défilé de mode, des animations dans les hôpitaux, les musées et autres lieux où l’on peut toucher le public et tout ce qu’il faut d’autre encore pour attirer dans le nord-est du pays les estivants passionnés de musique. Des manifestations religieuses sont aussi programmées autour de la traditionnelle tournée de la Vierge de Itatí, la sainte patronne de la province.

Lors de la présentation festive du programme de la manifestation
~ Le chamamé se danse partout et à tout âge... ~

Plusieurs événements seront retransmis par les médias publics nationaux. Le ministre national de la Culture était attendu pour la première ce soir.

Ici devant un hôpital de Corrientes
~ mais toujours, toujours, toujours en espadrilles ! ~

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

lire l’article de Página/12
lire l’article de El Litoral (édition de Corrientes)
lire l’article de La República de Corrientes (autre quotidien local)
visiter la page du festival sur le site Internet du ministère provincial de la Cultura

Ajout du 16 janvier 2023 :
Malgré les caprices de la météo, la fête a pu commencer comme le prouve la une de La República de Corrientes, ce matin.

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Ajouts du 23 janvier 2023 :
Le festival aura été un grand succès dont témoigne cette une guinchante du supplément culturel quotidien de
Página/12, Cultura & Espectáculos, ce matin (ci-dessous), ainsi qu’un article paru aujourd’hui dans les pages spectacles de Clarín.

Pour aller plus loin :

"Nation du Chamamé"
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lundi 9 janvier 2023

Enorme succès du pèlerinage du Gauchito Gil à Mercedes [Coutumes]

"Dévotion au Gaucho Gil : environ 400.000 fidèles
sont venus de tout le pays", dit le gros titre
sur une photo prise à l'arrière de la procession
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Contrairement à la Difunta Correa, dont je vous parlais récemment à l’occasion de l’offrande de la coupe du monde de football par le président de la fédération argentine de retour du Qatar, le Gauchito Gil est un personnage historique dont on commémore cette année les 145 ans de la mort.

Cet ouvrier agricole itinérant (gaucho) a pris part à la guerre que l’Argentine a menée contre le Paraguay dans la seconde moitié du 19e siècle.

Cette année, c’est environ trois cent mille personnes (400 000 dit le journal local) qui ont participé au pèlerinage populaire qui rend hommage à ce saint non officiel à grand renfort de tissus rouges : foulards, rubans et bannières… Cette canonisation non canonique provient d’un miracle posthume attribué à ce journalier qui volait les riches pour distribuer ses butins aux pauvres : il aurait guéri le fils du bourreau qui l’a exécuté après un procès expéditif façon Far-West.

La bénédiction à l'arrivée au cimetière

Au Gauchito Gil, on confie désormais ses espoirs et l’on prononce des vœux sur sa tombe. Il s’agit d’un culte populaire qui procède du même syncrétisme que le culte de la Difunta. Cela se passe de l’autre coté du pays : à Mercedes, dans la province de Corrientes, dans le nord-est de l’Argentine.

Une messe tout ce qu’il y a de plus canonique est célébrée le matin dans l’église de Mercedes, en l’occurrence par l’évêque lui-même, puis après une procession jusqu’au cimetière croix en tête, une bénédiction est prononcée sur le site du sanctuaire. Pour cette ville correntine, le 8 janvier est ainsi une date qui ne passe pas inaperçue sur le calendrier touristique de l’été austral.

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Comme pour la Difunta, le culte du Gauchito Gil est surtout présent dans sa province mais on peut le trouver dans de très nombreux autres coins en Argentine. Ce que l’on sait de sa vie présente quelques points communs avec l’épopée qui fonde la littérature argentine : El Gaucho Martín Fierro, de José Hernández.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de El Litoral, le journal local (édition de Corrientes)

Ajout du 11 janvier 2023 :
lire
cet article du supplément que Página/12 consacre toutes les semaines à la culture underground, No

vendredi 22 juillet 2022

Deux petites boules de poils dans la Lagune Iberá, c’est mignon comme tout ! [Actu]

Quand je vous disais que c'était mignon !
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Un peu dangereux aussi, soit dit en passant. On est prié de laisser la maman tranquille avec ses deux petits jaguars !

Tableau de chasse au début du 20e siècle
Image Rewilding

Trêve de plaisanteries : c’est la première fois depuis 70 ans que des jaguars naissent en liberté sur le sol argentin. L’animal a été si férocement chassé pendant la période coloniale (on en faisait des descentes de lit très prisées en ville) (1) et tout au long du 19e siècle qu’il avait complètement disparu jusqu’à sa réintroduction il y a quelques années, dans la grande prise de conscience devant la disparition programmée de la biodiversité.

L’événement s’est produit dans la Lagune Iberá, un immense parc national, un atout touristique et un sanctuaire de vie sauvage situé au cœur de la province de Corrientes, le tout grâce au travail d’une fondation, Rewilding en la Argentina (remettre de la vie sauvage en Argentine).

Fiche du jaguar, établie par Rewilding pour sa page Facebook
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La maman et les petits semblent se porter comme trois charmes.

Le jaguar a été déclaré monument naturel national en Argentine il y a plusieurs années, alors qu'on craignait sa disparition irrémédiable.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

lire l’article de El Litoral, le quotidien local
visiter sur le site Internet de Rewilding les pages consacrées au projet Iberá


Clarín ce matin. Toujours avec la même photo
mais maintenant avec les noms de deux boules de poil
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Ajout du 26 juillet 2022 :
Les deux petits ont trouvé leur nom. Ce sont des internautes argentins qui les ont choisis dans le cadre d’un concours lancé par les autorités sur les réseaux sociaux.
Pour en savoir plus :
lire l’article de Clarín
lire l’article de El Litoral de Corrientes



(1) Même le grand San Martín, qui vivait alors à Paris, a demandé en 1834 à sa fille, Mercedes, retournée temporairement en Argentine, de lui rapporter une peau de « tigre » à son retour en France. Il trouvait cela très joli et ça fleurait bon la patrie lointaine. Que voulez-vous ? San Martín (1778-1850) avait beaucoup de qualités mais il n’était pas très écolo. Ce n’était pas encore à la mode.

vendredi 21 janvier 2022

Tournée estivale de Raúl Barboza [à l’affiche]

Raúl Barboza en vedette à Corrientes


Cette année, le compositeur-interprète Raúl Barboza, l’un des grands artistes du chamamé, est en tournée dans son pays natal, pour la première fois depuis deux ans puisqu’il était coincé à Paris où il s’est installé depuis une quarantaine d’années.

Il a été accueilli chaleureusement à Corrientes (sa province d’origine), en pleine Fête nationale du Chamamé, doit jouer aujourd’hui à Rosario et sera prochainement à Buenos Aires.

Clarín profite de l’occasion pour publier une longue interview, comme une respiration du Litoral (le nord-est argentin) au milieu de cette pandémie qui n’en finit pas. C’est aussi sa première tournée estivale depuis l’inscription du genre au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

dimanche 16 janvier 2022

Premier festival de chamamé depuis l’inscription du genre au patrimoine de l’Humanité [à l’affiche]


Vendredi soir, 14 janvier 2022, en présence du ministre national de la Culture, Tristán Bauer, la ville et la province de Corrientes ont lancé la 31e édition de leur Fiesta Nacional del Chamamé dont les manifestations se répartissent sur toute la province. Il s’agit de la 17e édition au niveau du Mercosur (Paraguay, Brésil, Uruguay, Argentine) et la première qui peut prétendre à un niveau mondial, puisque le chamamé a été inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’UNESCO l’année dernière, alors que la pandémie a empêché la tenue du festival.

Aujourd'hui, le quotidien régional partage sa une en trois :
le festival qui souffre d'un manque de public (en haut à gauche),
les incendies qui atteignent les cultures
et l'arrivée de 10.000 touristes brésiliens
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Cette Feria nacional est marquée cette année par une moindre participation du public étranger, à cause de Omicron qui gâche l’été partout en Amérique du Sud, par les incendies que les chaleurs excessives provoquent partout dans le pays et par un rattrapage programmatique pour tout ce qui a été annulé en 2021.

Le festival est également placé sous le signe de la souveraineté argentine sur les Malouines, une revendication officielle qui occupera toute cette année (beaucoup d’appelés qui, en 1982, ont combattu et parfois sont morts sur l’archipel occupé par les Britanniques depuis 1833 étaient en effet originaires de la province de Corrientes).

Le programme de ce soir
(il est tous les jours aussi chargé !)
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Comme il est de tradition, un bon nombre de spectacles sont retransmis en direct par TV Pública, présents sur les ondes de Radio Nacional et une chaîne Youtube donne tout en direct pour permettre à ceux qui ne peuvent pas venir de profiter malgré tout de cette grande fête musicale qui rend compte, au début de chaque été, de la vitalité du genre, tant en chansons qu’en danse.

Le festival se clôturera le 23 janvier.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín
lire l’article de El Litoral
visiter le site officiel de la manifestation, sur le portail du ministère provincial de la Culture

dimanche 14 novembre 2021

Le Museo Histórico de Yapeyú expose la réplique d’un uniforme de San Martín [à l’affiche]

L'artisan pose avec son travail
(photo Carlos Pino, Service de presse province de Corrientes)


Le Museo Histórico de Yapeyú, en province de Corrientes, a ouvert ses portes le 17 août dernier, solennellement inauguré par le gouverneur et le maire de ce village qui vit naître le général José de San Martín (1778-1850) à une époque où c’était encore une ville d’environ 8 000 habitants.

La date d’inauguration avait été choisie pour le symbole : c’est le Día (la fête) de San Martín, célébrée au jour anniversaire de sa mort, le 17 août 1850 dans la lointaine France, à Boulogne-sur-Mer, un choix d’exil qui reste difficile à admettre pour nombre d’Argentins qui n’en finissent pas de chercher des motifs autres que ceux exposés par San Martín lui-même en son temps car ils mettent trop en cause le comportement de leurs ancêtres (San Martín a tourné le dos à la guerre civile qui ravageait alors l’Argentine, une guerre civile dans laquelle la province de Corrientes a joué les premiers rôles, une guerre fratricide dans laquelle il ne voulait en aucun cas se voir plonger).

L'uniforme au complet, avec l'écharpe de commandement
et les bottes, gigantesques
(photo Francisco Gomez)

La ville, avec l’appui de la province, a donc rassemblé les pièces de plusieurs musées, en particulier l’un d’eux consacré au passé guaraní et jésuite de la province (qui appartint pendant un siècle et demi aux missions jésuites d’Amérique du Sud), pour ajouter un atout touristique à sa palette à côté des vestiges de la maison natale du grand homme.

Dans ce musée flambant neuf, on peut donc admirer la vasque baptismale qui fut sans doute celle de l’église où San Martín a été baptisé à une date inconnue. En effet, la ville a été incendiée par les Brésiliens en 1817 lorsque le pays voisin tâchait de conquérir la rive droite du fleuve Uruguay. La plupart de ses archives ont disparu dans les flammes. Cet incendie fournit aujourd’hui matière à un grand nombre d’inventions mythologiques pour entourer de mystère la naissance du héros. On peut ainsi épiloguer jusqu’à la fin du monde sur sa date authentique de naissance et sur l’identité réelle de ses géniteurs (des points sur lesquels il est rationnellement vain de s’interroger).

Jusqu'à l'ouverture du musée, ces fonds baptismaux se trouvaient
dans l'église paroissiale de Yapeyu. Ils seraient ceux de l'église disparue
dans l'incendie de 1817 (photo Francisco Gomez)

Dans cette catégorie des atouts touristiques à donner au village, le musée expose ce qu’il présente comme une « réplique exacte de l’uniforme de cérémonie » que San Martín aurait revêtu pour son entrée solennelle dans Santiago du Chili qu’il venait de libérer en février 1817 (à moins que ce ne soit l’année suivante, pour assister à la proclamation solennelle de l’indépendance). Le travail du tailleur semble en tout point remarquable. La mise en valeur de l’objet est excellente. En revanche, tous les récits, muséographiques, officiels ou journalistiques, le concernant évitent de mentionner l’uniforme historique qui a servi pour la copie ni le lieu où il est aujourd’hui conservé. Les photos de l’artisan au travail ne le montrent pas en présence de cette pièce originale ni du moindre document historique qui l’aurait guidé dans son travail. Aucune photo ne montre la pièce historique en elle-même ni le moindre dessin la représentant à l’époque concernée (1817). Or les Argentins savent parfaitement s’y prendre ainsi lorsqu’ils ont matière à le faire : les présentations des nombreuses répliques du sabre de San Martín (el Sable Corvo), partout dans le pays, et du drapeau de l’Armée des Andes (en particulier à Mendoza) sont là pour en attester.

Si la province de Corrientes se montre d’une telle discrétion, c’est qu’il s’agit très probablement d’une invention inspirée de l’actuel uniforme de cérémonie des Grenadiers à cheval dessiné en 1903, lequel diffère déjà sans doute grandement de l’original dessinée par San Martín en 1812, ne serait-ce que par les retroussis remplacés au début du 20e siècle par une simple queue de pie (tirée de l’habit bourgeois d’alors), totalement dépourvue d’utilité pour le travail militaire. Pourtant, les retroussis avaient bel et bien un rôle guerrier : ils permettaient aux officiers de transporter leurs cartes et de les avoir toujours ainsi à portée de main. Retroussis que nous retrouvons sur les uniformes de cérémonies des Gardes républicains en France et d’autres uniformes de régiments historiques un peu partout en Europe.

Le bel uniforme exhibé à Yapeyú permet donc à ses habitants de s’approprier un peu plus leur héros, dont toutes les reliques présentes en Argentine se trouvent toutes à Buenos Aires, et aux historiens locaux de présenter comme des faits certains diverses hypothèses sur l’apparence physique du général : sa taille, sa pointure, etc. Emouvante modalité d’appropriation qui n’est pas sans rappeler la mythographie relative à divers personnages historiques européens à l’époque médiévale, dont le trafic des reliques était une des formes. Cet uniforme nous montre aussi à quel point le personnage est aimé et combien il est vital au sentiment d’appartenance et à la fierté patriotique des Argentins, surtout dans des zones périphériques comme cette province.

Photo Francisco Gomez

Il se trouve que la connaissance physique du personnage historique nous échappe sans doute sans retour. Il existe bien quelques pièces authentiques d’uniforme : vestes, bicornes, ponchos, éperons, à quoi s’ajoute un bon nombre d’armes, conservés essentiellement à Buenos Aires (au Museo Histórico Nacional et au Museo Mitre) et à Lima. Pourtant ces éléments ne suffisent pas à déterminer la taille de leur propriétaire et encore moins sa pointure. Nous disposons par ailleurs de quelques descriptions par des témoins fiables (tous le trouvent très grand) mais ce sont presque tous des Britanniques, tant et si bien que nous ne savons pas à quels pieds et à quels pouces ils se réfèrent quand ils nous indiquent sa taille (au jugé, ils ne l’ont pas fait passer sous la toise). De deux choses l’une, ou ils s’appuient sur le système britannique (ce qui est le plus vraisemblable) ou ils emploient le système espagnol, dont les mesures sont différentes. Si bien que nous pouvons dire aujourd’hui que San Martín mesurait entre 1,70 et 1,80 m. Il devait donc être un peu plus grand que Napoléon : loin d’être petit comme le dit sa légende, l'empereur mesurait 1,69 m., une taille plutôt imposante à une époque où, le plus souvent, les hommes adultes atteignaient 1,60 m.

Sans ajouter foi aux explications peu convaincantes et surtout très peu développées par la presse, la province et la ville (ce nouveau musée n’a même pas encore de site Internet), on pourra néanmoins aller rendre hommage au travail du tailleur, en sortant du « Templete », le bâtiment-reliquaire qui protège les ruines de la maison natale de San Martín, et profiter de ce village argentin joliment situé sur la rive de l’Uruguay, aux marches de la Laguna Iberá, un somptueux parc naturel, royaume de la biodiversité (plantes, oiseaux et mammifères).

© Denise Anne Clavilier

Pour tenter d’aller plus loin :

lire l’article richement illustré de Clarín (assez approximatif du point de vue historique)
lire l’entrefilet de El Libertador, l’un des journaux locaux
lire le communiqué du ministère de la Culture de la province de Corrientes

dimanche 18 juillet 2021

Teresa Parodi sort elle aussi son disque du confinement [Disques & Livres]


Peu à peu, tous les musiciens sortent le disque qu’ils ont conçu et souvent enregistré pendant le confinement. C’est le cas de Teresa Parodi, auteur, compositrice et interprète, qui s’accompagne elle-même à la guitare. Elle est une de meilleures représentantes du chamamé, cette musique du nord-est de l’Argentine, des provinces de Corrientes, Entre Ríos et Misiones, les terres de la yerba mate…

Elle-même se partage entre Buenos Aires où elle vit depuis longtemps et sa province natale de Corrientes où elle va régulièrement se ressourcer. Elle répond en ce dimanche matin à une interview de Página/12, dans son supplément sur la culture décalée Яadar, pour présenter Después de todo (après tout cela). Elle y parle de l’expérience vécue pendant cette crise sanitaire et en particulier de son ami, le sociologue Horacio González, l’ancien directeur de la Bibliothèque nationale Mariano Moreno, qui y a laissé sa vie à 77 ans. Elle y parle aussi politique : c’est une femme de gauche profondément engagée dans le projet de la Patria Grande (l’unification continentale). Elle a été ministre de la Culture à la fin de la présidence de Cristina Kirchner puis députée au Parlasur, qui a tant de mal à exister quand le continent est majoritairement gouverné à droite.

La chanteuse dans un paysage typique de Corrientes
(photo Cecilia Salas)

Il y a deux jours, elle a fait mettre l’intégralité de l’album à écouter sur sa chaîne Youtube, sous licence RCA Victor, sa maison de disques.

L’album se compose de dix morceaux et dure 36 minutes.

Il est en vente sur différentes plateformes puisque depuis la France, il n’est pas encore possible d’en disposer chez nos disquaires.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajout du 24 juillet 2021 :
Página/12 redonne la parole à Teresa Parodi pour la sortie de son nouveau disque. Cette fois-ci, elle ait la une du supplément culturel quotidien.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

"Tourbillons", dit le gros titre