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vendredi 22 juillet 2022

Luis Longhi rassemble quatre grandes dames du ciné argentin au San Martín [à l’affiche]

Cliquez sur l'affiche pour une haute résolution

Luis Longhi, connu comme compositeur et interprète de tango et qui s’est depuis quelques années tourné vers le théâtre, met en scène dans l’une des salles du Complexe théâtral San Martín, sur Avenida Corrientes, une évocation de quatre grandes figures du cinéma de l’âge d’or, les années 40, en Argentine : Tita Merello et Libertad Lamarque, les deux aînées, qui s’illustrèrent aussi toutes deux comme chanteuses de tango et figurent parmi les plus emblématiques, et Fanny Navarro et Zully Moreno, les deux cadettes.

Prix des places : 800 pesos (il s’agit d’un théâtre public, il dépend de la Ville autonome de Buenos Aires, il est donc bon marché), avec une réduction réservée aux retraités et étudiants (700 pesos).

Le spectacle, qui dure une heure et demie, se donne depuis le début du mois tous les vendredis et samedis à 20h30 et le dimanche à 19h30. Les représentations prendront fin le 21 août.

Página/12, toujours à l’affût de ce genre de spectacle, donne la parole à Luis Longhi dans ses pages culturelles ce matin.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

consulter les informations concernant la pièce sur le site Internet du Teatro San Martín

dimanche 8 décembre 2019

Litto Nebbia sort un coffret autour de Libertad Lamarque [Disques & Livres]


Ce matin, à la une des pages culturelles de Página/12, Litto Nebbia publie un article sur son travail de ré-éditeur de l’œuvre discographique de la chanteuse Libertad Lamarque (1908-2000), une grande artiste du tango et du cinéma des années Perón.

Grand admirateur de l’artiste, il dispose d’une information de première main sur son œuvre puisqu’il a épousé sa petite-fille. Un travail de production et de famille tout à la fois. Et un hommage à Rosario, la ville qui vit naître Libertad Lamarque mais aussi Litto Nebbia !

Pour en savoir plus :
consulter les pages que Todo Tango consacre à Libertad Lamarque.

vendredi 9 décembre 2016

Hommage à Libertad Lamarque à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

Libertad Lamarque

Lundi prochain, 12 décembre 2016, à 19h30, la chanteuse María Graña rendra hommage à Libertad Lamarque, chanteuse et actrice qui brilla au firmament des années 1930, 1940 et 1950, avant de devoir s'exiler au Mexique pour des raisons politiques (voir sa fiche avec notice biographique, anecdotes et enregistrements, sur le site encyclopédique Todo Tango).

Libertad Lamarque a été la marraine artistique de María Graña qui racontera les moments clés de la vie et de la carrière de cette grande artiste en bavardant avec Gabriel Soria.

Des extraits de films tournés au Mexique, jamais montrés en Argentine, illustreront la soirée.


En clôture de la rencontre, María Graña interprétera la chanson la plus célèbre du répertoire de Libertad Lamarque, Besos Brujos (baisers ensorcelés), et sera accompagnée au piano par Pablo Estigarribia.

Entrée libre et gratuite, à la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, 1er étage.

* * *

Pendant ce week-end, il n'y aura pas de publication sur Barrio de Tango pour cause de salon du livre, samedi à Tours et dimanche à Neuilly-Plaisance, où je vous retrouve avec plaisir pour parler de tango, d'histoire et de folklore.

mercredi 5 mai 2010

Reprise de Tributo a Libertad Lamarque au Teatro El Vitral [à l'affiche]

Affiche diffusée par l'artiste
(cliquez sur l'image pour une meilleure résolution)

C'est un spectacle complet proposé par la chanteuse, danseuse et comédienne Victoria Angeles, sur la chanteuse et actrice Libertad Lamarque, qui fit une carrière lumineuse dans le tango comme au cinéma, en particulier dans le cinéma mexicain. Libertad Lamarque a vécu de 1908 à 2000 et c'est sa carrière et ses succès que le spectacle évoque.

Je vous en avais parlé une première fois à propos d'une représentation qui s'en était donné à la Academia Nacional del Tango (lire mon article du 19 novembre 2009 à ce propos).

Tributo a Libertad Lamarque sera donc représenté en ce mois de mai tous les vendredis, au Teatro El Vitral, Rodríguez Peña 344 (tout près de la Avenida Corrientes), à 19h30, au prix de 30 $ (20 $ pour les retraités).

jeudi 19 novembre 2009

Comédie musicale en hommage à Libertad Lamarque [à l’affiche]

Image extraite du blog du spectacle

Il s’agit d’une comédie musicale en deux actes, qui évoque la vie de la chanteuse et actrice argentine Libertad Lamarque, qui partagea sa carrière entre l’Argentine et le Mexique, où elle se vit offrir de belles opportunités au cinéma, ce qui en fit une vedette dans toute l’Amérique latine. Elle était née à Rosario, le 24 novembre 1908, et elle est décédée le 12 décembre 2000.

Ce spectacle complet, qui comporte même des extraits vidéo issus de la filmographie de Libertad Lamarque, est construit autour de la chanteuse, danseuse et comédienne Victoria de los Ángeles, qui assume le rôle de la grande chanteuse disparue.

Les prochaines représentations de ce Tributo a Libertad Lamarque sont prévues à la Academia Nacional del Tango vendredi 20 novembre à 20h30 (avda de Mayo 833, 1er étage), le samedi 28 novembre à 21h à la Casona del Teatro (Corrientes 1975) puis à nouveau à la Academia le vendredi 18 décembre prochain, à 20h30 et ce sera certainement l’une des toutes dernières manifestations publiques de la Academia qui ferme ses portes peu avant Noël, pour les réouvrir en mars, suivant en cela le calendrier scolaire (la Academia a pour ministère de tutelle l’Education Nationale).

L’année dernière, à la même époque, la Academia avait consacré son dernier Plenario à cette chanteuse (voir mon article d’il y a un an).

Pour en savoir plus sur le spectacle, connectez-vous au blog de Tributo a Libertad Lamarque et au site de Victoria de los Ángeles.

Et autrement vous pouvez aussi écouter Libertad Lamarque elle-même, dans un des tangos qui firent sa gloire : Besos brujos, ici en 1937, avec l'orchestre de Alfredo Malerba, qui en est le co-auteur avec Rodolfo Sciammarella.

mardi 24 février 2009

Marottes argentines... in utero - Spécial Mardi-Gras


Tout au long de l’été austral, Miguel Rep, l’autre dessinateur du quotidien Página/12, a développé toute une bande dessinée sur une naissance gémellaire. Je vous en avais déjà parlé en janvier, on en était alors à la fécondation (étape blastocyte). Et puis tout de suite après, il y a eu une deuxième fécondation, ce qui nous donne deux faux jumeaux adorables mais passablement tête à claque de temps en temps, un petit garçon, terriblement machiste, et une petite fille, déjà coquette et pontifiante...
A travers ces deux adorables futurs bambins, Rep s’est amusé à repasser quelques classiques des "beretines argentinos" (les tocades, les idées zinzins, en lunfardo).
Le 7 février dernier : la nostalgie (excellent pastiche du dialogue des deux vieux grigoux encore bien verts du tango Te acordas hermano, de Francisco Canaro et Manuel Romero, 1926, ici chanté par Carlos Gardel)

Elle : Comme le temps passe, frèrot !
Lui : Tu te souviens quand nous étions des blastocytes ? quelle force, quel dynamisme ! Personne ne pouvait nous arrêter. (1)
Elle : Quelle drôle d’époque !
Lui : Regarde-nous maintenant, bien tranquilles dans le liquide amniotique, en train d’attendre, sans bouger...
Elle : Le cours du temps est implaccable !
Lui : On n'est plus ce qu'on était !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

*~*~*~*~*~*

Le 9 février, Mademoiselle bâtit des châteaux en Espagne (comme la milonguita des tangos des années 30 et 40 ou comme les artistes de Tristezas de la calle Corrientes qui rêvent inlassablement de triomphes, ici par Libertad Lamarque en 1942) !

Elle : combien de temps il va falloir avant qu’on nous donne le jour ? Les lecteurs s’impatientent.
Elle : Les cases passent, les pages s’ajoutent les unes aux autres. Mais c’est qu’il n’y a pas de temps à perdre dans le monde contemporain.
Elle : Je veux naître. Pour briller. Je veux aller dans le monde déployer cette énergie que je porte en moi et illuminer la vie des autres et...
Lui : Beurk ! C’est d’un ringard !
Lui (ou eux) : Combien de temps il va falloir avant qu’on nous donne le jour ? Les lecteurs s’impatientent.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

*~*~*~*~*~*

Le 12 février, Monsieur n'est pas né qu'il commence à critiquer !

Lui : Tiens, soeurette, ce pays est un vrai souk.
Elle : Et alors ?
Lui : Et alors, je veux naître en Europe. (1)
Elle : Moi, j’aime bien naître ici. C’est rigolo.
Lui : Fais ce que tu veux. Moi, je veux être civilisé et riche, je veux être du nord (2). Non mais sans blague. Je veux avoir un passeport comme tout le monde (3). Je veux naître en Europe. Emmenez-moi là-bas.
Elle : Tu es fou !
Lui : Je veux naître en Europe.
La mère : Gaspard, j’ai une autre envie.
Le père : Oh non !
La mère : et alors là, accroche-toi parce que ça va pas être simple !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

*~*~*~*~*~*

Le 17 février, le grand jour est arrivé.

Elle : Bon, alors, qui sort d’abord ?
Lui : Hein ? Quoi ? c’est déjà l’accouchement ? De toute façon, tu sais très bien ce que je pense.
Elle : Je sors la première.
Lui : Tchao (4)
........................
ça y est, il y a une Argentine de plus (5). Naître ici, moi ? tu m’as pas regardé ! J’ai le ventre pour moi tout seul, tout seul... Prévenez-moi quand on arrive en Europe.

*~*~*~*~*~*

Après avoir fait mille manière et avoir presque réussi à rendre fous Papa et Maman ("los viejos", comme on dit en lunfardo), le bout de chou a fini par se résoudre à être Argentin. Faut dire qu’on ne lui a guère laissé le choix. Il est né cette nuit (si, si, c’est vrai, une semaine après sa frangine). Et elle qui ne se prive pas de se payer sa tête, pendant la têtée d'aujourd'hui...

Je vous laisse découvrir chaque épisode en allant directement sur le site de Página/12 et en jouant avec les petites flèches sous le titre pour remonter l’histoire (vous avez le lien dans la rubrique Actu, de la Colonne de droite, dans la partie inférieure consacrée aux liens externes)...

Bonne lecture ! Amusez-vous bien. Vous avez les 40 jours de Carême pour apprendre l’espagnol d’Argentine en vous amusant avec les loufoqueries de Rep. Avouez qu’il pourrait y avoir pire comme acte de pénitence en ce bas monde.

(1) Pour les Argentins, l'Europe est une entité indistincte. Certains pensent qu'il existe une nationalité européenne, puisqu'ils voient passer des passeports marqués Union Européenne.
(2) "primer mundo" : s’oppose à "tercer mundo" (tiers-monde). C’est le nord riche par opposition au tiers-monde situé plutôt au sud, ne serait-ce qu’on sud de l’hémisphère nord.
(3) Avoir un passeport a longtemps été un rêve presque impossible pour les Argentins, à cause des restrictions aux voyages en vigueur pendant les différentes périodes dictatoriales. Et au-delà du passeport, il y a les difficultés économiques pour voyager.
(4) "Au revoir" dans le texte. On trouve cette expression dans de nombreux tangos, dans ceux de Enrique Cadícamo (1900-1999) et dans ceux, très contemporains, d'Alejandro Szwarcman...
(5) le droit du sol : on est Argentin parce qu'on naît sur le sol national. Cela reste un fait politique très important pour une nation descendant d'un si grand mouvement d'immigration...

samedi 13 décembre 2008

Un dernier Plenario avant Noël [à l'affiche]

L'une des plus célèbres photos de Libertad Lamarque


Lundi 15 décembre, Salón de los Angelitos “Horacio Ferrer”, Museo Mundial del Tango (Avenida de Mayo 833), à 19h30.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles, comme toujours.

Pour le centenaire de la naissance de la chanteuse et actrice Libertad Lamarque (Rosario 24 novembre 1908- Ciudad de Mexico, 12 décembre 2000) et la deuxième conférence sur Francisco Canaro, dont c'était le 120ème anniversaire de la naissance au mois de novembre, le tango ritual de cette soirée sera Madreselva, de Francisco Canaro (musique) et Luis César Amadori (texte), chanté par... Libertad Lamarque bien sûr.

Ce sera l'occasion de remettre un diplôme d'Académicien Emérite à Héctor Larrea et d'Académicien Correspondant à New York à Leonardo Suárez Paz (je vous ai parlé du père, Fernando, hier).

Horacio Ferrer délivrera la seconde conférence sur la vie de Francisco Canaro, sous le titre Vida, iniciativas y obra institucional (vie, initiative et oeuvre institutionnelle). La conférence portera donc sur tout ce que Francisco Canaro a réalisé depuis les premières institutions de défense des artistes créateurs, en 1918, jusqu'à la fondation et la présidence de l'actuelle SADAIC, dont il fut président, en alternance avec Francisco Lomuto, de sa fondation en 1936 jusqu'à l'élection de Homero Manzi en 1948. C'est lui, Francisco Canaro, qui a acheté et offert à la Sadaic le terrain où se dresse aujourd'hui le siège social de la rue Lavalle (il a acquis la belle maison de plain pied, qui se trouvait là, l'a fait raser et a présidé à la pose de la première pierre de l'immeuble. Cela coupe court à toutes les méchancetés qu'on dit sur lui, sur sa pingrerie, toutes ces méchancetés qui ont pourtant la vie dure. En revanche, du point de vue architectural, on a perdu au change. La maison détruite, dont on voit des croquis au Musée de la Sadaic, était dans le style typique de la maison portègne, avec beaucoup de cachet et de charme).

La partie artistitique de la soirée (il y a toujours une partie artistique lors d'un Plenario, c'est bien le moins) sera assuré par le Quinteto Pirincho, celui d'aujourd'hui (1), que dirige le pianiste Jorge Dragone et composé aussi du contrebassiste Juan Estevez, les violonistes Diego Malaguarnera et Juan Scaffino et le bandonéoniste Orlando Trujillo.

Pour écouter Libertad Lamarque : Mi taza de café, un Malerba-Manzi assez rare au disque.

Pour écouter Francisco Canarao : Madreselva, chanté par Carlos Gardel en 1931 (avec l'orchestre de Francisco Canaro)

(1) Il a existé un Quinteto Pirincho dirigé par Francisco Canaro lui-même. Et qui a laissé derrière lui une assez belle discographie. Pirincho était le surnom de Francisco Canaro, celui que son père lui avait donné à sa naissance, à cause d'une sorte de mèche rebelle qu'il avait sur la tête. Le pirincho est un oiseau typique de la faune argentine qui se caractèrise par une sorte d'aigrette de plumes en bataille....

samedi 15 novembre 2008

Noche de los Museos : idiosyncrasies argentines [à l’affiche]

La Noche de los Museos (nuit des musées) est une nocturne spéciale au cours de laquelle la quasi-totalité des 135 musées qu’on dénombre à Buenos Aires ouvriront leurs portes au public, gratuitement, le 15 novembre à partir de 19h et au moins jusqu’à minuit et pour beaucoup d’entre eux bien plus tard encore.

Evita
Au Museo Evita, Lafinur 2988 : trois expositions. L’exposition permanente sur la vie de María Eva Duarte de Perón, décédée à 32 ans en 1952 d’un cancer de l’utérus et grande égérie du féminisme et des luttes sociales en Argentine. Une exposition intitulée Iglesias Brickles y una mirada particular sobre Eva Perón (Iglesias Brickles et son regard particulier sur Eva Perón) présente des gravures et des peintures sur bois. La troisième exposition s’appelle 60 años de la Fundación Eva Perón, cette fondation qui permit de construire foyers, hôpitaux, dispensaires, jardins d'enfants etc...
Il est prévu des visites guidées du musée toutes les 90 minutes, deux concerts, un spectacle de théâtre et deux projections cinématographiques : La Cabalgata del Circo, avec Libertad Lamarque, chanteuse et actrice mexicano-argentine, Hugo del Carril, chanteur et compositeur de tango mais aussi acteur et réalisateur de cinéma (politiquement fort engagé dans le mouvement péroniste) et... María Eva Duarte bien sûr. Evita était actrice, comédienne de radio et de cabaret avant de se marier avec Perón. C’est d’ailleurs comme comédienne très populaire à la radio qu’elle le rencontra en 1943, au Luna Park, dans une soirée de bienfaisance au bénéfice des victimes d’un tremblement de terre. Il représentait le Gouvernement de fait issu du coup d'Etat de juin 43 comme Secretario del Trabajo (le Secrétaire d'Etat au Travail, un portefeuille ministériel créé pour lui et qu'il a si fortemetn marqué de son empreinte). La Cabalgata del Circo passera à 20h. A 1h du matin, on projettera La Pródiga, un autre long métrage dont Eva Duarte était l’unique vedette.

Inmigración
Au Museo Conventillo histórico El Rincón de Lucía à La Boca (Del Valle Iberlucea 1196). Installé dans un conventillo typique de la Boca, construit en 1876, au tout début de la grande vague migratoire qui culminera dans les années 1880, ce musée retrace l'histoire de l'immigration dans le quartier portuaire de La Boca (qui occupe l'angle entre le Riachuelo qui ceinture Buenos Aires au sud et le Río de la Plata, qui délimite la ville à l'est, à l'embouchure du premier dans le second).
Toutes les 30 minutes, parcours guidé à travers cette histoire.
A 21h, une conférence-débat sur Immigration et tango à la Boca, par Norberto Pagano et Carlos Monzani.
Au Museo judío de Buenos Aires Dr. Salvador Kibrick, sur la plaza Lavalle (Libertad 769) et à la Grande Synagogue (juste à côté) : visite guidée, parcours de présentation de la Torah, de ses origines et de son contenu (1) et de la musique liturgique en continu depuis 21h30 jusqu'à minuit et demi à la Grande Synagogue (appelée Templo Mayor). L'immigration juive, principalement en provenance des pays de l'est de l'Europe (Empire russe, Pologne, pays baltes) a joué un rôle très important dans la genèse du tango. La musique ashkenaze avait elle aussi la caractéristique d'être celle d'un peuple opprimé et sans droit à la parole. Le violon tanguero doit beaucoup au violoneux des fêtes juives du yiddishland.

La mala vida
Autre importante source artistique du tango naissant dans les années 1880 : les voyous et autres petits voleurs vivant d'expédients dans une ville où la vie était encore plus difficile qu'aujourd'hui.
Au Museo Penitenciario Argentino Antonio Ballvé, Humberto Primero 378 (dans le quartier de San Telmo) : deux expositions, l'une, permanente, composée d'objets provenant des différents ateliers pénitentiaires du pays et fabriqués par les détenus et les bagnards au long des décennies, archives photographiques, modèles réduits permettant de prendre conscience de ce qu'a été le monde carcéral de la jeune Argentine et la nature de la répression pénale qui s'y exerçait, l'autre consacrée à l'oeuvre réalisée par les différentes congrégations religieuses en faveur des condamnés et de leur réinsertion sociale pour autant que cela était possible (Compagnie de Jésus entre 1734 et 1767, après quoi les Jésuites ont été expulsés des terres du Roi d'Espagne parce que leur travail s'avérait par trop subversif pour le système colonial en place dans toute l'Amérique Latine, les Bethlémitaines entre 1795 et 1821 et la congrégation Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur qui oeuvra de 1890 à 1974).
Cette seconde exposition, intitulé Y pasaron haciendo el bien (et ils passèrent en faisant le bien), est accompagnée d'une conférence de Gustavo Gonçalves.
Le tango sera présent, avec le jazz et la marche (musique de carnaval et de fête) à travers un concert de la Fanfare de l'Ecole Pénitentiaire à 22h puis, en plein air, dans la cour de ce qui fut la prison de San Telmo, à 23h30 il y aura un show de tango (musique et danse) s'il ne pleut pas.
A 20h, dans cette même cours, un spectacle de danse folklorique sera proposé sur une idée du Professeur Dario Abranovich (quand je parlais d'apports culturels en provenance du Yiddishland !).

Au Museo de la Policía Federal Argentina, San Martin 353 (quartier de San Nicolás), l'exposition permanente est ouverte et des visites guidées thématiques sont proposées :
20h : Uniforme, armes et contrôles des bonnes moeurs entre 1821 et 1900
22h : Délits et crimes au 20ème siècle (1900 à 1980) : crime de sang, proto-histoire de l'usage de drogues à Buenos Aires, vol, escroquerie et racket en tout genre
Minuit : Policiers de roman et de laboratoire : de la fiction à la police scientifique, criminologie dans la littérature policière avec la présence d'écrivains du roman noir invités.
C'est dans ce milieu hors la loi qu'est né le lunfardo, ce parler populaire dont le tango se nourrit depuis qu'un Pascual Contursi lui a donné sa toute première dimension poétique. C'est aussi le milieu d'où ont jailli les premiers lieux de tango : cabarets, bordels et autres tripots clandestins où s'est épanouie une vie nocturne qui devint très vite aussi une vie artistique d'une rare richesse. Aujourd'hui le monde culturel de la nuit s'est tout à fait séparé du milieu et des malfrats et ce depuis la fin des années 50 mais un Carlos Gardel l'a côtoyé toute sa vie et de nombreux et très grands musiciens ont été employés par des patrons de cabarets qui n'étaient pas des enfants de choeur !

Du côté institutionnel
Museo Casa Rosada, Hipólito Yrigoyen 219 (tout près de la Plaza de Mayo, bien sûr). Au milieu des souvenirs des présidents de la République et des grandes gloires militaires de la Nation, le Musée de la Résidence officielle propose à 19h30 un concert de musique traditionnelle... japonaise (Choeur de l'Association universitaire Nikkei), à 21h30 un concert de musique classique et de musique populaire et ) 21h30 puis à 23j30 un spectacle de tango.

A la Legislatura de la Ciudad de Buenos Aires (Parlement de la Ville autonome) : plein, plein, plein de concerts de toutes sortes de musique dont je retiens ici le cours de tango qui sera donné à 21h et le concert de tango que donnera en soliste le bandonéoniste Julio Coviello.

Et en plus
Au Museo Argentino del Titere (musée argentin de la marionnette), toute une nuit avec la grande manipulatrice argentine Sarah Bianchi avec tout plein de spectacles de marionnettes à fils, à gaine et à doigts, avec à 23h et à 1h du matin un tour de chant de Lucrecia Merico avec les pantins de Sarah Bianchi (voir à ce sujet mon article sur Lucrecia du 17 octobre dernier).

(1) Torah (dénomination hébreue) ou Pentateuque (dénomination grecque) : les 5 premiers livres de la Bible, à savoir la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome.