vendredi 15 décembre 2023

Une inflation à 12,8 en novembre à cause de l’entre-deux-tours [Actu]

Promo de l'enseigne argentine de grande distribution COTO
pour ce week-end estival
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Avant-hier, l’INDEC a publié son rapport sur l’inflation mensuelle au mois de novembre. Sans surprise, le chiffre retrouve les niveaux antérieurs. Après la brève accalmie qui avait pu être observée le mois dernier, il a regrimpé à 12,8 %

Synthèse générale extraite du rapport de l'INDEC
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En cause, la brusque envolée d’un grand nombre de prix à l’approche du second tour de l’élection présidentielle qui a vu la victoire de Javier Mileí, il y a une trentaine de jours.

L'information est en une : à droite de la photo centrale
en gros titre : l'augmentation du prix de l'essence
(dans un pays producteur et raffineur de pétrole)
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Sur les onze premiers mois de 2023, on cumule donc une inflation de 148 % et de 160 sur douze mois glissants. Au regard de ce qu’il se passe en ce moment, en décembre, juste avant les fêtes et au début des grandes vacances d’été, dans tout le secteur de la distribution, on peut imaginer d’ici deux semaines un taux annuel de 200 % ou peu s’en faudra.

Schémas de l'ensemble des variations
dans le temps et l'espace, par l'INDEC
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Le rapport nous apprend que la nourriture reste, en moyenne nationale, légèrement en-dessous de l’inflation générale (un point de moins) et que ce poste de dépense ne se retrouve dans aucun des schémas concernant les variations régionales : dans aucune des six régions qui composent l’Argentine, il n’est ni l’un des deux les plus touchés ni l’un des deux le moins touchés par le phénomène.


Variations régionales (INDEC)
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En revanche, même si les moyennes régionales ont une amplitude maximale de trois points et on a connu largement pire dans le passé proche, on observe avec effarement une inflation moyenne de 34,5 points sur les sodas à Buenos Aires et dans sa région ! Or les Argentins de toutes les classes sociales sont de gros consommateurs de ces boissons plutôt malsaines mais qui sont souvent le seul petit plaisir que les plus précaires peuvent s’offrir au quotidien, d’autant qu’ils sont nombreux à en ignorer les méfaits. Or il n’est pas sûr que cette hausse démentielle les aide en quoi que ce soit à limiter leur consommation parce que, comme on le sait désormais, les sodas sont très addictifs.

Jeu de mots habituel à la rédaction de Página/12
L'expression proverbiale est "echar leña al fuego"
(jeter une bûche dans le feu / en français : jeter de l'huile sur le feu)
Ici, c'est mieux, c'est carrément de l'essence
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Hier, seule La Nación s’est abstenue de traiter l’information. Les trois autres quotidiens nationaux en ont rendu compte.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la flambée des prix provoquée par les annonces gouvernementales
lire l’article de Página/12 sur les chiffres de l’INDEC
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire le rapport de l’INDEC

Le Quinteto Negro La Boca à Caras y Caretas ce soir [à l’affiche]


Le Quinteto Negro La Boca (ci-dessus), formation de tango anarchiste enracinée dans le quartier de La Boca, se présente ce soir, vendredi 15 décembre 2023, à 21 h, au centre culturel Caras y Caretas salle A, Venezuela 330, laquelle appartient au groupe médiatique Octubre (également propriétaire de Página/12).

Les musiciens y présenteront leur nouvel album, intitulé Cicatrices (tout un programme).

Prix des places : 4 000 pesos ou 3 500 avec une réservation à l’avance.

Le chef de la formation, le chanteur et compositeur Pablo Bernaba, répondait ce matin à une interview dans l’édition nationale de Página/12.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 14 décembre 2023

Falótico y Alvarez présentent leur nouveau disque ce soir [à l’affiche]


Le chanteur El Negro Falótico et le pianiste Matías Alvarez présentent ce soir, jeudi 14 décembre 2023, à 20h, leur nouveau disque intitulé Afuera es noche (dehors, il fait nuit) au petit Teatro El Picadero, niché dans le passage Enrique Santos Discépolo, dans le quartier central de Balvanera, pas très loin de l’endroit où vécut le poète et compositeur dont il porte le nom.

Au programme : tangos, boléros et autres pièces du répertoire.

Prix des places : 6 000 pesos.

Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin ;

mercredi 13 décembre 2023

Exposition de Prilidiano Pueyrredón pour son bicentenaire [à l’affiche]

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Depuis le 24 novembre, se tient au Museo Nacional de Bellas Artes, à Palermo, une exposition en hommage au fondateur de la peinture argentine, Prilidiano Pueyrredón, né il y a deux cents ans à Buenos Aires, où vivait son père, Juan Martín de Pueyrredón, héros de la Révolution et premier chef d’État de l’Argentine indépendante, sous le titre de Directeur suprême.

Alto en el campo (1861) : une halte dans la campagne
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Ce tableau est une merveille...

Le fils a accompagné le père en exil en France sous la dictature de Juan Manuel de Rosas (1835-1852). La famille s’est installé à Bordeaux, non loin des Pyrénées originelles puisque c’était de là qu’un ancêtre, protestant, avait quitté la France après la révocation de l’Edit de Nantes pour vivre en Espagne son catholicisme de converti, là où son pedigree religieux était inconnu et où il a été traité comme un paroissien ordinaire. De là, il s’embarqua pour les Indes Occidentales et fit racine à Buenos Aires. Pendant cet exil sous la Monarchie de Juillet, Prilidiano Pueyrredón fit de brillantes études à Paris, des études d’ingénieur à Polytechnique (on lui doit des ouvrages d’art en Argentine ainsi que l’actuelle résidence présidentielle de Olivos) et des études d’art aux Beaux-Arts.

La salle des portraits de Pueyrredón au Museo Nacional de Bellas Artes
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La famille est rentrée d’exil en 1850 parce que Juan Martín voulait mourir sur cette terre natale qu’il avait si puissamment contribué à libérer de l’oppression coloniale. C’est à partir de ce moment-là que s’envole la carrière artistique de son fils qui obtient assez vite, malgré le passé politique de sa famille, des commandes officielles dont en 1851 ce célébrissime portrait de Manuelita (celui de l’affiche), la fille bien aimée de Rosas, qui faisait presque office de Première dame avant la lettre depuis la mort de sa mère vingt ans plus tôt.

L'un des murs des paysages dont Alto en el campo,
son tableau le plus connu avec Manuelita
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Connu et reconnu de son vivant comme portraitiste à la mode (à juste raison), il a aussi inventé la représentation des paysages de la Pampa et les scènes de genre, ce qui en fait l’un des tout premiers témoins de la vie quotidienne à Buenos Aires à la jonction de l’ère romantique et de l’époque réaliste et dans tous les milieux sociaux.

Patio porteño en 1850 (1860) - Arrière-cour de Buenos Aires en 1850
C'est la maîtresse qui nourrit les poules avec sa fille (à droite)
tandis que la servante noire est à l'extrême gauche
Le peintre a dû être étonné en revenant dans sa ville natale
qu'il avait quitté tout jeune
A l'arrière-plan, l'église pourrait être Santo Domingo,
aujourd'hui sur avenida Belgrano
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Il osa aussi représenter des nus et notamment des nus féminins, des scènes de bain, très courantes alors dans les milieux artistiques en Europe. Elles valurent la même condamnation morale de la part de la bonne société que souffraient ses confrères à Paris ou à Londres.

L’exposition qui dure jusqu’à la fin du mois de février est accessible gratuitement. Elle se compose de 40 œuvres, dont des œuvres sans doute rapportées d’Europe comme ce paysage suisse.

Splendide exposition !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín, très richement illustré dans sa version en ligne
lire l’article de La Nación, fort bien illustré lui aussi
lire la présentation de l’exposition sur le site du musée, qui regorge d’informations.

La Chicana sort un nouveau disque – Article n° 7400 [Disques & Livres]

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Cette fois-ci, le groupe, connu pour son travail dans le tango underground, sort un disque d’essence principalement folklorique. Avec sa touche toujours aussi doucement délirante !

Ce sont quinze chansons dont quatorze inédites et plusieurs signées Dolores Solá, la chanteuse du groupe, ex-compagne à la ville du compositeur et arrangeur Acho Estol. La séparation personnelle du couple avait mis le groupe en jachère, tant était important leur lien dans le travail artistique.


"Les loups du souvenir"

Parmi les quinze titres, ils ont repris avec leur orchestration si caractéristique un classique de mon ami, qui fut aussi le leur bien sûr, Alorsa : Para verte gambetear (pour pouvoir te voir dribler), une chanson en hommage au Maradona de la grande époque, le Maradona mythique et éternel… (1)

Le disque est disponible sur toutes les plateformes. Il fait la une du supplément culturel de Página/12 avec une interview des deux artistes leaders de la formation.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :



(1) En 2010, j’avais intégré Para verte gambetear à mon recueil bilingue paru aux Éditions du Jasmin, Barrio de Tango. Alorsa est mort d’une crise cardiaque, chez lui, à La Plata, dans l’année qui a suivi. C’est émouvant d’entre ce morceau chanté par Dolores Solá !

Remède de cheval, que dis-je ? de baleine à bosses ! [Actu

"Les gens, dehors !" dit le gros titre sur
dix images tirées de la prestation télévisuelle
du ministre de l'Economie légendées
par dix des mesures annoncées
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Le nouveau super-ministre de l’Économie, qui fut celui de Mauricio Macri il y a un peu plus de quatre ans, Luis Caputo, a présenté hier en direct à la télévision son programme avec un jour de retard sur ce qui avait été annoncé dès le début : comme on pouvait s’y attendre, c’est à court terme une catastrophe qui va entraîner une pauvreté supplémentaire soi-disant pour relancer l’économie et le développement du pays. A ceci près que tout ce raisonnement ultra-libéral s’est toujours jusqu’à présent heurté à un échec retentissant partout où il a été appliqué. Une fois appauvri, le pays ne se relève que très lentement et encore ! avec une politique d’investissement public à marche forcée car entre temps, les jeunes ont dû renoncer à faire des études, on manque donc de cadres compétents ; les diplômés ont dû accepter des jobs sans qualification et ont perdu de leur employabilité ; des postes de travail ont été perdus en grande quantité ; des entreprises ont mis la clé sous la porte parce que leur marché s’était effondré faute de consommateurs en état d’acheter, etc.

Dessin paru ce matin à la une de Página/12 (ci-dessus)
Mileí à son interprète : Qu'est-ce qu'il dit ?
L'interprète : Il n'y a pas d'argent
(les deux auteurs reprennent le refrain du président)
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Ce remède de cheval va donc passer par une méga-dévaluation et par l’arrêt de pratiquement toutes les subventions à compter du 1er janvier prochain. Les factures de gaz, d’électricité et d’essence vont faire un énorme bond, bien au-delà de ce qu’il s’était passé il y a huit ans avec l’arrivée au pouvoir de Mauricio Macri (et c’était assez mal passé dans l’opinion publique). Les transports vont connaître le même sort, comme l’avait d’ailleurs prédit une affiche électorale de Sergio Massa à la veille du premier tour. Tout cela va rendre immédiatement très difficile pour les personnes les plus vulnérables et une bonne partie de la classe moyenne le trajet pour se rendre au travail, dans la mesure où les rémunérations ne vont pas suivre et où les gens habitent la plupart du temps très loin de leur boulot à cause de prix des loyers exorbitants.

Affiche de la campagne électorale de Massa sur un panneau d'information
à la gare Leandro de La Torre sur la ligne Mitre (train de banlieue à Buenos Aires)
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Mais on est tranquille : pendant que son ministre causait dans le poste, le chef de l’État était quant à lui très ostensiblement dans une synagogue pour participer à la cérémonie de clôture de la fête de Hanouka ! Il a prié Dieu d’aider l’Argentine et Israël. Avec l’aide du Ciel tout ira bien, a-t-il déclaré. Il démolit tout puis il se tourne vers le Tout-Puissant pour prendre en charge les conséquences de ses actes. On croit rêver !

"Dévaluation de 50% et la correction de l'histoire
la plus audacieuse", dit le gros titre
en faisant allusion au récit des événements
proposé par le ministre
En haut de la colonne de droite : Mileí à la synagogue
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Par ailleurs, le FMI a salué avec enthousiasme ces mesures léthales à court terme (comme d’habitude) tandis que Javier Mileí a tout de même pris la précaution d’écrire au gouvernement chinois pour négocier un autre prêt sonnant et trébuchant… pour rembourser celui accordé il y a six ans par le FMI à son ami Macri ?

La veille de son élection, le type déblatérait encore contre la République populaire de Chine parce que c’était une dictature, pire une dictature communiste (Lula aussi au passage !), et promettait même de rompre les relations diplomatiques avec Xi, alors que le pays est un des tout premiers clients de l’Argentine qui lui vend de la viande, des céréales, du lait en poudre et du vin en pagaille et lui achète des tas de produits manufacturés.

"Le plan de rigueur de Mileí commence :
cours officiel du dollar à 800 pesos et augmentation
de l'électricité, du gaz et des transports", dit le gros titre
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Pour compenser tout cela, ce gouvernement va augmenter les allocations familiales pour soutenir les plus fragiles. Faudra-t-il en rire ou en pleurer bientôt ?

"Le dollar à 800 pesos, des coupes draconiennes
dans les dépenses publiques et des coupes claires
dans les tarifs [de gaz, d'électricité et de transport],
dit le gros titre sur cette photo de Portègnes suivant
l'allocution du ministre dans un café en ville
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de Página/12 sur le revirement chino-diplomatique
lire l’article principal de La Prensa
lire l’article de La Prensa, quotidien catholique très à droite, sur l’espérance spirituel de ce bon Mileí et ses prières au Ciel
lire l’article principal de Clarín

mardi 12 décembre 2023

Boca Juniors a obtenu le droit d’organiser ses élections [Actu]

En haut, au centre : "Macri le bec dans l'eau"
En-dessous : le gros titre dénonce les manœuvres de Mileí
qui menacent déjà les droits acquis
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Finalement, la justice s’est prononcée pour la tenue des élections qui doivent renouveler le bureau exécutif du club Boca Juniors, celui dont, avant-hier, sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a si fièrement brandi le maillot bicolore que Javier Mileí lui avait signé et dédicacé avec son slogan de campagne, caractérisé par son langage de charretier.

En haut à droite avec une photo de Riquelme
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Cette décision de justice est interprétée comme une défaite de Mauricio Macri qui voulait à tout prix geler la situation. La vie politique de Buenos Aires est en effet dominée par la droite ultra-libérale du nouveau chef de l’exécutif municipal, un cousin de Macri, et la vie nationale vient de basculer dans le libertarianisme (de fond ou de façade), lui-même noyauté par Macri et consorts. Que la justice locale se soit donc prononcée contre la demande de Macri pourrait être un signe de l’indépendance que réclame la magistrature, au moins pour le courant dans lequel s’inscrit le juge qui vient de prendre cette décision.

Clarín traite cette info en bas à droite :
"Point final à Boca : la justice a confirmé
les listes électorales et il y aura des élections"
L'image centrale est consacrée à l'incident qui
a émaillé la procession présidentielle hier sur Avenida de Mayo
Un homme a jeté sur le cortège une bouteille en verre
qui n'a pas atteint le Chef de l'Etat mais a blessé l'un de ses gardes
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Du coup, les autorités du club ont annulé les festivités qui devaient se tenir aujourd’hui au stade de la Bombonera, la résidence de l’équipe professionnelle (et de toutes les activités culturelles et sociales du club). Aujourd’hui, c’est en effet la fête des supporters (el Día del Hincha). On a sans doute craint des manifestations de colère politique et sociale difficiles à contrôler dans le contexte devenu explosif dimanche dernier.

La Nación laisse beaucoup de place à l'info :
en haut à gauche avec les photos de deux candidats
En-dessous : le premier conseil des ministres
du nouveau mandat
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Le scrutin se tiendra dimanche prochain, de 8h à 18h. Le conseil d’administration ira soit à la liste dont Macri serait le vice-président soit à celle des dirigeants actuels, à la tête desquels se trouve l’ancien joueur Juan Román Riquelme.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (pro-Riquelme)
lire l’article de La Prensa (pro-Macri comme les deux suivants)
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

Ajout du 13 décembre 2023 :
La liste d’opposition menée par Andrés Ibarra et (surtout) Mauricio Macri maintient que la liste électorale est irrégulière mais elle ne fera tout de même pas appel…
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12


Ajout du 15 décembre 2023 :
Finalement, Andrés Ibarra, l’associé de Macri, a trouvé de quoi se représenter devant les tribunaux à trois jours du scrutin, histoire de bien compliquer la tâche des administrateurs actuels dans l’organisation du truc : il a demandé en référé que les électeurs dont il conteste l’inscription sur les listes électorales soient obligés de voter dans une urne à part. Donc, si la justice lui donne raison, ce qu’il ne faut pas exclure, il faudrait prévoir deux urnes, deux files d’attentes et sortir en quatrième vitesse une liste électorale ne comprenant que ces personnes.
Ils ne reculent décidément devant rien !
Sur ce point, lire l’article de La Nación


Ajouts du 16 décembre 2023 :
La justice a donné raison hier, un jour ouvré avant la tenue du scrutin, à Ibarra et consorts.
Pour aller plus lion :
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

Mouvements de panique chez les consommateurs ! [Actu]

Dessin d'hier à la une de Página/12
Mileí : Nous sommes venus exterminer l'inflation
Le journaliste : Mais les mesures annoncées vont la faire augmenter
Mileí : Oui. L'idée, c'est de lui donner à manger jusqu'à ce qu'elle explose
Traduction © Denise Anne Clavilier


Devant la menace d’une catastrophe pire encore que la présente qui plane sur le pouvoir d’achat, depuis hier, on voit les consommateurs se ruer dans les grandes surfaces pour faire des provisions tant que les prix sont encore accessibles, en tout cas plus accessibles que les terribles prévisions émises par le président lui-même dans son discours d’investiture dimanche.

Selon Clarín, certains produits alimentaires, farine, pâtes, huile, auraient déjà pris 100 % d’augmentation par rapport aux prix en vigueur avant le changement d’exécutif. Página/12 préfère mettre l’accent sur une augmentation de 20 % et La Nación avance le chiffre de 50 %.


Dessin paru à la une de Página/12 ce matin
Premier habitant de l'hémisphère nord : On dit qu'en Argentine,
le président a pour slogan : Vive la liberté, p... de m...
L'autre : Qu'est-ce que ça signifie, "carajo" ?
Le premier : "des prix"
Traduction © Denise Anne Clavilier

Les remarques du président ont de quoi affoler : il a parlé d’une inflation qu’il ne pourrait pas maîtriser avant deux ans et dont le taux monterait à 15 000 % (quinze mille). Et il est économiste de formation ! mais pas nécessairement très bon dans son domaine. Le plus étrange est encore que la foule a applaudi lorsqu’il a énoncé ces prédictions ! Ces applaudissements ont laissé sans voix et sans explication les observateurs de la vie politique argentine, les journalistes comme les experts.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 11 décembre 2023

Une prestation de serment qui bouscule [Actu]

"Des ombres, rien de plus", titre Página/12
avec cette photo de Mileí sur le balcon de la Casa Rosada
En haut, le gouvernement au grand complet
qui a prêté serment à huis clos
ce qui ne se fait pas (ce sont des charges publiques)
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Hier Javier Mileí a prêté serment, sur les Evangiles, alors qu’il prétend être en train de se convertir au judaïsme. Il a refusé d’adresser son premier discours à la représentation nationale tout en prêtant serment à l’intérieur de l’hémicycle du Sénat, tout de même.

Il a préféré parler à la foule de ses admirateurs sur les marches de l’entrée gigantesque du palais du Congrès.

"L'Argentine retrouve la liberté", dit le gros titre
sur une autre photo du président sortant sur le balcon de la Rosada
En haut à gauche, la nouvelle "Première dame",
la frangine !
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On a pu voir aussi que sa sœur allait remplir le rôle de Première dame, en qualité de secrétaire générale de la Présidence, ce que Macri lui-même avait interdit par décret, un décret que Mileí a donc décidé d’abolir pour pouvoir travailler en famille ! En revanche, sa maîtresse du moment a été reléguée dans les derniers rangs au cours de cette première journée de présidence.

En matière de diplomatie, Mileí va envoyer son accompagnateur spirituel, un rabbin par conséquent (et sans doute pas des plus ouverts), comme ambassadeur en Israël. Il semble décidément obsédé par le judaïsme puisqu’il a osé offrir une menorah, un chandelier liturgique juif, au président Zelenski, alors que celui-ci s’est toujours montré très réservé par rapport à sa judéïté (qu’il n’a même pas lui-même opposée aux élucubrations poutiniennes sur les ukro-nazis) et s’est toujours bien gardé d’en faire étalage en public, que ce soit hier dans sa vie d’artiste comme aujourd’hui dans sa vie politique. Le nouveau président argentin aurait donc pu choisir un symbole national de cette liberté qu’ils chérissent tous les deux (mais de deux façons assez différentes visiblement) : une réplique, même pas à l’échelle, du sabre de San Martín par exemple (c’est un objet magnifique), un ouvrage (d’un historien de droite bien sûr) sur l’indépendance (au hasard, les livres de Bartolomé Mitre, qui fut à la fois le fondateur de l’histoire de l’Argentine et l’un de ses tout premiers présidents de la République dans la deuxième moitié du 19e siècle, puisque aussi bien la première histoire de l’Ukraine a été écrite par Mikhaïlo Hrouchevski, qui présidait la Rada lors de la première indépendance, en 1917) ou une copie d’une partition originale de l’hymne national.

"Mileí a dressé le bilan d'un héritage dramatique
et a prévenu que des temps très durs vienent",
dit le gros titre sur une autre photo
du nouveau mandataire au balcon

Le choix confessionnel fait hier augure assez mal de la place que va en effet occuper la culture dans la politique à venir au cours des quatre prochaines années.

Autre changement considérable en politique étrangère : l’Argentine a déjà annoncé depuis plusieurs jours qu’elle renonçait à faire partie des BRICS et la nouvelle titulaire du portefeuille vient de faire savoir que le pays entendait entrer à l’OCDE. Pour l’Ukraine, c’est bien et même on peut espérer que ce soit très bien. Pour les Argentins, je ne suis pas sûre que ça apporte une quelconque solution à la crise qu’ils subissent depuis le covid.

Pour la politique intérieure, dans son discours d’hier, Mileí a annoncé que l’inflation pourrait atteindre très prochainement le taux de 15 000 % (quinze mille pour cent) et qu’il va couper court sur le champ dans les dépenses de l’État : fini les subventions et disparu le contrôle (négocié et donc très limité) des prix de quelques produits de première nécessité. Les premiers rapports de l’INDEC en janvier risquent d’être saignants.

"Mileí ouvre une nouvelle ère : il n'y a pas
d'alternative à la rigueur et au choc", titre le journal
fondé par Bartolomé Mitre
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En revanche, on craignait une disparition totale du ministère de la Femme et de l’égalité de genre. Il demeure mais avec rang de secrétariat d’État au sein du nouveau ministère du Capital humain où vont se côtoyer pêle-mêle l’Éducation, la Santé, la Culture, la Recherche et j’en passe.

C’est tellement le bazar que les journaux ne reproduisent pas en ligne leur article de une ! Vous vous contenterez donc des images de ces premières pages de ce matin.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur le discours de Mileí
lire l’article de La Nación reproduisant ce discours in extenso.

samedi 9 décembre 2023

L’Argentine dit adieu à Ramón Ayala [Actu]

Página/12 a choisi cette photo datée
pour rendre hommage à l'artiste disparu
"Le rythme d'un peuple"
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Ramón Ayala était un artiste aux multiples talents : musique et peinture… Il a succombé à une pneumonie avant-hier à la clinique Güemes de Buenos Aires, à l’âge de 96 ans. Veillé dans la journée d’hier dans une chapelle funéraire de Almagro, il sera incinéré aujourd’hui au cimetière de la Chacarita.

La Nación a mis l'info en titre secondaire
avec la même photo ancienne
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Natif du village de Garupá dans la province de Misiones, à l’extrême nord-est de l’Argentine, il a mis en valeur la musique du Litoral dans sa version nordique à un moment où le chamamé était dominé (il l’est toujours) par la province limitrophe de Corrientes, plus au sud.

Compositeur, parolier, guitariste, chanteur, arrangeur, il s’était formé, seul, à Buenos Aires où sa mère s’était installée après la mort de son père. De là, il a noué différents partenariats avec d’autres musiciens, à commencer par un chanteur de l’autre bout du pays.

Le faire-part et l'invitation aux obsèques
ont été publiés sur Instagram
et toujours la même photo !

Vivant presque toute sa vie loin de son berceau, il a toutefois enrichi la tradition de sa région natale avec un riche patrimoine de chansons que tous les Argentins connaissent.

La même préoccupation qu'à la une de La Nación :
le prix du carburant qui promet un avenir incontrôlable...
La Nación a préféré montrer les files d'attente à une station-service
En haut à droite : "Le poids de la mémoire et de la lutte"
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Son décès à quelques jours d’un changement de gouvernement plutôt chaotique n’est pas salué par la presse à la hauteur de son talent et de sa contribution à la culture populaire du pays. Clarín n’a rien fait figurer en une sur le sujet.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :