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vendredi 28 mars 2025

Crise dans le secteur agricole de la yerba mate [Actu]

Un maté très amer, dit le gros titre
Mate amargo, cela se traduit en français "mate nature"
le mate pouvant se consommer aussi avec du sucre


Le gouvernement Mileí a supprimé l’institut national de la Yerba Mate qui régulait depuis des années la production et la distribution de la yerba mate, l’ingrédient du mate, l’infusion nationale. Cette disparition de la régulation est en train de déséquilibrer l’ensemble du secteur, en privilégiant les gros acteurs au détriment des petits producteurs artisanaux sur une part desquels reposait la recherche de qualité de ce produit de grande consommation dans le domaine gastronomique.

Les petits acteurs ont souvent le goût de travailler leur produit de manière originale, souvent en agriculture bio ou raisonnée, parce que c’est leur atout majeur pour sortir de l’ombre.

Et puis l’Institut organisait la Ruta de la Yerba Mate, un parcours gastronomico-culturel original qui était un apport réel pour les deux provinces productrices, dans le nord-est de l’Argentine, ce qu’on appelle là-bas le Litoral, à savoir Corrientes et Misiones.

Du côté du consommateur, le paysage change aussi à très grande vitesse : les prix montent et la concentration du secteur ne va pas jouer en faveur d’une baisse. Or une famille consomme un paquet de 500 grammes (le conditionnement le plus courant) en un ou deux jours. Un acteur, Establecimiento Las Marías, avec ses quatre marques qui vont du bas au très haut de gamme, représentent 37 % du marché intérieur argentin. Heureusement, depuis peu, une coopérative de Corrientes, Playadito, semble grignoter du terrain. Elle aussi couvre une gamme étendue avec quatre produits différents, le paquet jaune qui est la yerba mate la plus habituelle (mais bien meilleure que le bas de gamme de Las Marías, la marque Taragüi, qui fait aussi du thé et d’autres infusions), le paquet vert qui est un mélange de yerba mate et d’autres plantes, le paquet doré, qui contient une yerba plus élaborée que le jaune, et le paquet rouge métallisé, qui contient une yerba très douce (débarrassée de la tige de la feuille, qui apporte une bonne dose d’amertume au breuvage).

Aujourd’hui, Página/12 en fait l’article principal de son supplément économique hebdomadaire, Cash.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

mardi 2 avril 2024

La loi de la jungle règne sur le mate [Actu]

"Ni yerba de ayer secandose al sol"
le gros titre est une citation de Enrique Santos Discépolo
(Célèbre tango Yira yira que j'ai intégré
dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins)
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Depuis hier, les prix dans le secteur de la yerba mate sont libres. L’Institut National de la Yerba Mate (INYM) ne peut plus fixer de prix plancher en-dessous duquel aucun industriel du secteur ne pouvait acheter la récolte de feuilles de cet arbre de la famille du houx dont les Argentins tirent une infusion qui est devenue un must de leur culture et de leur art de vivre, ainsi que de celui des Paraguayens, des Uruguayens, des Brésiliens dans l’extrême sud du pays et de nombreux Chiliens.

Cette régulation du prix depuis un peu plus de vingt ans avait permis à des petits producteurs de s’en sortir et de développer des produits originaux, de qualité supérieure. Toute une série de coopératives et de familles avaient fleuri dans le secteur, essentiellement dans les provinces de Corrientes et de Misiones.

C’est fini. Désormais, les producteurs seront à la merci des géants du marché qui les obligeront à vendre à vil prix la récolte s’ils ne la transforment pas eux-mêmes. Et ils pourront faire une guerre des prix aux producteurs-transformateurs de plus petite taille. Il est à craindre que de nombreuses marques disparaissent des rayons à plus ou moins longue échéance et que le bas de gamme gagne de la place dans les gondoles en même temps que les prix vont grimper à toute vitesse.

Clarín a préféré consacrer ses gros titres
à d'autres affaires mais le scandale
a droit à un appel d'article à droite
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De plus, il est peu probable que le reste de l’alimentation échappe à une forte dégradation du marché, à commencer par la viande et les produits laitiers, eu égard au fanatisme économique de ce gouvernement. C'est tout un patrimoine que le gouvernement refuse de protéger et de développer au bénéfice du profit de quelques grosses fortunes de l'agro-industrie !

Comme l’Uruguay dépend entièrement de la production argentine (et un tout petit peu de celle du Brésil), il y a fort à parier que cette décision se fera sentir aussi de l’autre côté du Río de la Plata.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 9 décembre 2023

L’Argentine dit adieu à Ramón Ayala [Actu]

Página/12 a choisi cette photo datée
pour rendre hommage à l'artiste disparu
"Le rythme d'un peuple"
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Ramón Ayala était un artiste aux multiples talents : musique et peinture… Il a succombé à une pneumonie avant-hier à la clinique Güemes de Buenos Aires, à l’âge de 96 ans. Veillé dans la journée d’hier dans une chapelle funéraire de Almagro, il sera incinéré aujourd’hui au cimetière de la Chacarita.

La Nación a mis l'info en titre secondaire
avec la même photo ancienne
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Natif du village de Garupá dans la province de Misiones, à l’extrême nord-est de l’Argentine, il a mis en valeur la musique du Litoral dans sa version nordique à un moment où le chamamé était dominé (il l’est toujours) par la province limitrophe de Corrientes, plus au sud.

Compositeur, parolier, guitariste, chanteur, arrangeur, il s’était formé, seul, à Buenos Aires où sa mère s’était installée après la mort de son père. De là, il a noué différents partenariats avec d’autres musiciens, à commencer par un chanteur de l’autre bout du pays.

Le faire-part et l'invitation aux obsèques
ont été publiés sur Instagram
et toujours la même photo !

Vivant presque toute sa vie loin de son berceau, il a toutefois enrichi la tradition de sa région natale avec un riche patrimoine de chansons que tous les Argentins connaissent.

La même préoccupation qu'à la une de La Nación :
le prix du carburant qui promet un avenir incontrôlable...
La Nación a préféré montrer les files d'attente à une station-service
En haut à droite : "Le poids de la mémoire et de la lutte"
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Son décès à quelques jours d’un changement de gouvernement plutôt chaotique n’est pas salué par la presse à la hauteur de son talent et de sa contribution à la culture populaire du pays. Clarín n’a rien fait figurer en une sur le sujet.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 10 octobre 2023

Festival de courts métrages à Oberá cette semaine [à l’affiche]

L'affiche fait apparaître clairement l'identité guaranie de la région


Ce soir, mardi 10 octobre 2023, le village de Oberá, tout au nord de l’Argentine, dans la province de Misiones, à la frontière avec le Paraguay, commence la 14e édition d’un petit festival de courts-métrages accompagnés de concerts, de soirées festives et de rencontres.

Le festival exploite plusieurs thèmes, dont le cinéma étudiant et le cinéma amérindien.

Il a une dimension internationale et met à son programme des œuvres venant de la plupart des pays voisins.

Une section du festival est consacrée aussi à l’étude et à la projection de longs métrages vers lesquels le court conduit les jeunes cinéastes.


Le village de Oberá est situé tout près des chutes d’Iguazú. Il abrite une coopérative artisanale de yerba mate qui produit une plante bio, longuement vieillie et fumée, au goût très prononcé, long en bouche. Pour moi, l’une des meilleures yerbas mate d’Argentine. L’une des plus chères aussi. Impossible à trouver à l’export.

Ce festival cinématographique de début de printemps, lorsque le climat est encore clément à cette latitude, durera toute la semaine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article du journal local, El Territorio (nommé ainsi en souvenir du premier statut de cette région, qui n’a pas tout de suite accédé à la dignité de Province autonome)

vendredi 3 mars 2023

Oberá lance son propre festival ce week-end [à l’affiche]


La bourgade de Oberá située à l’extrême-nord de l’Argentine, dans la province de Misiones, à la frontière avec le Paraguay et le Brésil, se dote ce week-end d’un festival des Cultures du Grand-Nord.

Il s’agit d’une intervention locale du MICA, un organisme du ministère de la Culture national consacré au marché du disque, du livre et de l’audiovisuel qui se fait le partenaire des autorités locales pour lancer cette manifestation.

Trois jours densément programmés avec une centaine de propositions artistiques de toutes sortes, le tout au Parque de la Gastronomía d’un village connu entre autres pour une coopérative qui produit une yerba mate artisanale en suivant la vieille recette coloniale héritée des jésuites, ce qui donne une feuille au goût puissant et fumée à souhait… l’une de mes préférées à titre personnel).

Entrée libre et gratuite.

Une belle place est accordée à la musique locale, le chamamé, bien entendu.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


"Creuset d'identités", dit le gros titre
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Ajout du 7 mars 2023 :
lire
ce compte-rendu sur cette première édition dans Página/12, qui en a fait la une de son supplément culturel quotidien (ci-dessus)

jeudi 4 novembre 2021

Les bienfaits du mate : une enquête de l’INYM pour le 43e festival à Apóstoles [Coutumes]


Hier à Apóstoles, une bourgade de la province de Misiones, à l’extrémité nord-est de l’Argentine, s’est ouvert le 43e Festival national et international de la Yerba Mate, la principale culture de la province dont la tradition agricole remonte aux missions jésuites installées dans les années 1710 (comme vous l’avez compris, la ville a conservé le nom que les pères jésuites qui l’ont fondée lui avaient donné : les Apôtres).

Le festival avec son lot de spectacles dominés par le chamamé (la musique typique de la région), de repas en plein air, de dégustations, de stands artisanaux et de conférences sur le travail agricole et artisanal de la yerba mate se tient pendant quatre jours jusqu’à dimanche prochain. Cette manifestation désormais traditionnelle sera couronnée par l’élection de la reine nationale de la yerba mate et de ses deux dauphines ainsi que des réceptions annuelles dans l’ordre de la yerba mate (qui ressemble à nos confréries gastronomiques et localistes).

L’entrée à la feria est gratuite mais la plupart des spectacles sont payants (500 $ ARG par personne), ainsi que les repas (1 500 $ ARG par personne) et la soirée pour l’élection de la reine et de ses dauphines (il y a 1 000 chaises à 3 000 $ ARG chacune).

A cette occasion, l’Instituto Nacional de la Yerba Mate (INYM) a publié le résultat d’une étude multiple, conduites par des chercheurs dans différentes universités, sur les bienfaits de la boisson nationale - l’Argentine est en effet le premier producteur de yerba mate dans la région (1).

L'ensemble du programme
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Cet ensemble d’études, réalisées en laboratoire et non en phase clinique humaine, met en avant les effets bénéfiques du produit consommé à la manière sud-américaine (2) : il facilite la digestion et régule la glycémie (chez les souris sur lesquelles les expériences ont été menées) ; il régule le cholestérol, il renforce la densité minérale des os ; contrairement à ce que peuvent faire croire son amertume et son astringence (caractéristiques des yerbas mate d’entrée de gamme), la boisson ne détériore nullement la muqueuse gastrique ; il prévient le cancer du colon et du sein et diminue le risque de maladie de Parkinson grâce à des « propriétés neuro-protectrices ». Ces résultats demandent encore une évaluation scientifique et expérimentale chez l’homme.

Dans les organismes humains, on sait déjà et depuis très longtemps que le mate régule le transit et qu’il est légèrement coupe-faim et excitant, comme le thé et le café.

Tout cela fait cause et offre une bonne occasion de relancer le marché qui souffre de l’infernale hausse des prix qui déferle aujourd’hui sur l’ensemble de l’Argentine. Et puis, les festivals, c’est bon pour le moral, pour tout le monde.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación
lire le communiqué de l’INYM
lire le communiqué de l’INYM sur sa participation (ingénierie agricole) à la Fiesta Internacional y Nacional de la Yerba Mate
consulter le programme de la Fiesta sur le site Internet de la manifestation



(1) Trois pays produisent à échelle commerciale : l’Argentine, le Paraguay et le Brésil (dans le sud du pays). La production uruguayenne, à toute petite échelle, convient surtout à la consommation familiale du producteur. La yerba argentine arrose le marché uruguayen et chilien. Avant la guerre civile en Syrie, ce pays était le plus important débouché à l’exportation en dehors de l’Amérique du Sud grâce à des contacts très étroits cultivés par les Syriens immigrés en Argentine au début du XXe siècle et leurs familles restées au pays.

(2) En Europe, il faut se méfier du produits vendus hors des épiceries spécialisées en produits sud-américains. Les magasins bio en particulier vendent un truc sans intérêt souvent sous le nom fantaisiste de « mate » qui ne désigne pas le produit mais l’infusion qu’on en tire (un peu comme de parler de cacao pour désigner le chocolat). Ce qui démontre parfaitement le caractère artificiel de cette exploitation. Ces hachis végétaux sont souvent associés à des mentions santé et leur emballage ne comporte aucune indication géographique précise (la marque se contente d’un vague « Amérique du Sud »). Je ne sais pas ce qu’il y a exactement dans ces paquets mais force est de constater que cela donne breuvage insipide, sans aucun rapport avec celui qu’on apprécie tant en Argentine, en Uruguay, au Paraguay, au Chili et dans quelques coins du sud du Brésil. En Europe, si vous souhaitez boire du mate « comme là-bas », il faut donc s’adresser à un épicier latino-américain et lui acheter un produit indiquant le nom et l’adresse du producteur (pas seulement celui du distributeur ou de l’importateur) et vérifier que cette adresse se situe bien dans l’un des trois pays producteurs. C’est assez facile : en façade et sur le côté ou l’arrière du paquet, on lit la mention Industria argentina / uruguaya / brasileira (ou brasileña si le produit a été conditionné en vue de son exportation, ce qui est souvent le cas quand il arrive en Europe). En France, on trouve un peu de bio, la plupart du temps en provenance d’Argentine. Sur le plan gustatif, il n’y a guère de différence avec les autres modes de production (conventionnel ou raisonné).

mardi 18 mai 2021

Página/12 nous parle du cinéma guarani [à l’affiche]


Ce matin, dans ses pages culturelles, Página/12 nous présente une organisation binationale argentine et brésilienne qui réunit des cinéastes du peuple guaraní en province de Misiones (Argentine) : el Colectivo de Cine Mbya Guaraní Ara Pyau, fondé en 2017.

Ce groupe, fort de 24 membres, entend défendre la "souveraineté cinématographique" de ce peuple originaire qui est parfois le sujet de documentaire filmés par des descendants d’Européens qui ne prennent même pas la peine de revenir leur présenter le résultat du tournage une fois monté et encore moins de les consulter sur l’usage qui sera fait de leur image.

Sous les présidences de Lula et de Dilma Roussef, au Brésil, ces jeunes artistes ont reçu des appuis financiers à l’est de la frontière jusqu’au coup d’État parlementaire qui a destitué Dilma en 2016. Tout s’est alors arrêté du côté brésilien. Ils ont donc monté cette structure avec l’aide de l’Institut des Arts audiovisuels de la province de Misiones. Avec des moyens de fortune, ils produisent des courts-métrages dans leur langue, sous-titrés en espagnol.

Aujourd’hui, ils revendiquent le droit à une expression cinématographique qui leur soit propre et qui ne leur ait pas facilement reconnu par le secteur de la distribution, qui sème de difficultés leurs chemins. A partir de demain, mercredi 19 mai 2021 et jusqu’à la fête nationale, le 25 mai, dans des conditions rendues encore plus difficiles que d’ordinaire par l’épidémie, le Colectivo de Cine Ara Pyau participe à la Semaine Internationale des Peuples originaires et y présentera plusieurs documentaires sur les Guaranís,, leurs croyances, leurs valeurs et leurs traditions.


Página/12 a donc décidé de leur donner un coup de main afin qu’ils aient un peu de visibilité sur la scène nationale. C’est une question de justice pour la diversité culturelle du pays. Un choix qui interroge la conscience nationale en ce jour qui marque le début de la semaine anniversaire de la Révolution.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

lundi 5 avril 2021

Ramón Ayala fête ses 94 ans, sort un disque et réédite un recueil de poésie [Disques & Livres]


Ramón Ayala, dit El Mensú (1), est un auteur-compositeur interprète natif de la province de Misiones, à l’extrême nord-est de l’Argentine. Un grand représentant de la culture rural et du chamamé qui a été récemment inscrit au Patrimoine de l’humanité.

Il y a un mois, il a franchi le seuil des 94 ans et dans la foulée, il a sorti un nouvel album, intitulé Monte adentro, ce qu’on peut traduire comme « il y a de la colline là-dedans ». Le premier volume d’une anthologie de son répertoire. La colline est l’une des trois caractéristiques des paysages misioneros, les deux autres étant la forêt subtropicale et l’eau qui coule en abondance. Ce disque tente de répondre au besoin de traduire en musique et en poésie ce qu’est ce territoire marqué par l’histoire, les peuples originaires et l’aventure des missions jésuites.

A cette occasion, Ramón Ayala accorde une courte interview à Página/12.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’entrefilet de El Litoral le jour de l’anniversaire du maestro.



(1) Mieux vaut citer aussi son surnom car sinon, sur le Web, vous allez tomber sur un homonyme mexicain.

lundi 30 novembre 2020

A la saint-André, bois du mate ! [Coutumes]

Mate et medialunas (petits croissants plus briochés que feuilletés)

Pour la cinquième année consécutive, en Argentine, c’est la fête nationale du maté, cette boisson emblématique que partagent quatre pays voisins, l’Argentine, le Paraguay, le sud du Brésil et l’Uruguay. Cette année, pour la première fois, la fête se célèbre avec la recommandation ferme de ne pas partager la boisson pour éviter la contagion !!!!

Clarín nous offre toutefois un longue article sur la meilleure façon de pratiquer (il y a toute une orthodoxie en la matière) et quelques recettes de pâtisseries traditionnelles pour accompagner l’amertume du breuvage.

La Nación quant à elle propose un véritable documentaire, en plusieurs épisodes intégrés à son site Internet, sur l’histoire de cette pratique gastronomique qui remonte aux tout premiers hommes qui se soient installés dans la forêt tropicale qui couvre la région productrice.

Mate accompagné de chipá, une gourmandise salée originaire
de Misiones et du Paraguay
La recette est aussi dans l'article de Clarín

La date avait été choisie en 2014 pour rendre hommage à Andresito, le héros des guerres d’indépendance qui s’est battu dans les années 1820 pour rattacher l’actuelle province de Misiones à l’actuelle Argentine alors que cette région avait été placée sous l’autorité du gouverneur et de l’évêque d’Asunción après l’expulsion des jésuites en 1767. En 1811, le traité de paix conclu par Manuel Belgrano avec le Paraguay qui prenait son indépendance avait validé le statu quo mais il ne tint pas longtemps parce que la région de Misiones s’était prononcée dès 1810 pour la révolution de Buenos Aires (25 mai 1810).

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

lire l’article de Clarín et aux fourneaux !
lire et regarder l’article de La Nación

Ajout du 2 décembre 2020 :
lire l'article de La Prensa sur le mate et sur Andresito

lundi 3 août 2020

Émission en ligne pour fêter la Pachamama [à l’affiche]

Capture d'écran (chaîne You Tube du Folklore Club)

Un nombre considérable de musiciens de tout le nord de l’Argentine, est et ouest confondus, se sont réunis pour enregistrer une émission de télévision, grâce au soutien de la Fundación Atahualpa Yupanqui (du nom d’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprète du folklore argentin), puis la mettre en ligne, gratuitement et pour le monde entier, sur la chaîne You Tube de Folklore Club.

Il s’agit d’une réalisation très professionnelle, un long-métrage d’un peu plus d’une heure et demie qui rassemble interviews et prestations musicales et permet de vivre la fête « comme si vous y étiez ». Les artistes y exposent leur vécu et ce que signifie pour eux cet intense rendez-vous de la vie culturelle et cultuelle de la grande région septentrionale, qui est aussi le berceau d’une bonne partie de la tradition rurale argentine.

La manifestation est aussi une prise de parole politique contre toutes les activités qui dégradent l’environnement de ces régions : mines à ciel ouvert ultra-polluantes, incendies volontaires de la forêt subtropicale sous prétexte de dégager du terrain agricole, utilisation massive de produits phytosanitaires chimiques qui font grimper en flèche le taux de cancer et autres maladies dans les populations humaines qui vivent à proximité des gigantesques champs de soja transgénique avec lequel les riches propriétaires terriens se font des fortunes insolentes en dollars US.

Página/12 ne pouvait pas manquer une telle initiative et lui consacre un bel article dans ses pages culturelles de ce jour.

Sur la page You Tube, les organisateurs ont publié les coordonnées du compte bancaire sur lequel les téléspectateurs peuvent faire un don en pesos argentins. Citer la devise nationale est une autre façon de resserrer les liens de la communauté culturelle qui se reconnaît dans cette démarche et dans cette fête populaire. Cela a tout de même meilleure allure que de quémander des dons en dollars ou en euros !

Pour aller plus loin :
visiter la chaîne You Tube du Folklore Club.

mardi 14 avril 2020

Técnopolis se transforme en hôpital de campagne [Actu]

"On réfléchit à assouplir le confinement dans les villes
où il n'y a pas d'infectés", dit le gros titre
au-dessus d'une photo du hall de Técnopolis déjà transformé
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L’armée (1) et la Croix-Rouge argentines viennent de se déployer pour monter un hôpital de campagne dans un des halls d’exposition qui accueille d’ordinaire le parc thématique scientifique et technologique Técnopolis, fermé pour cause de confinement, comme tous les musées et autres lieux culturels.

Cette installation de 2.452 lits répartis en 821 boxes est destinée à recevoir des convalescents du covid-19 ainsi que des malades qui n’ont pas besoin des soins intensifs mais doivent être surveillés et isolés hors de leur domicile, le tout pour éviter la congestion des hôpitaux. Le contrôle de conformité est prévu dans deux semaines. Le centre servira à la capitale fédérale ainsi qu’au Gran Buenos Aires, l’une des deux régions fortement atteintes par l’épidémie. Un médecin et trois infirmiers s’y occuperont de 150 patients. Les équipes vivront un roulement par vingt-quatre heures. Avant d’être converti en hôpital, Técnopolis accueillait une exposition sur les inventions mécaniques de Léonard de Vinci à l’occasion des 500 ans de sa mort.

En Argentine, l’épidémie continue sa progression mais celle-ci est plus lente qu’en Europe atlantique. Au moment où je publie cet article, elle a fait 102 morts (2) depuis le premier diagnostic, il y a environ 6 semaines. Chose inhabituel dans un pays qui vit toujours dans l’improvisation, il s’organise actuellement avec une anticipation étonnante puisque, à cette heure, seuls 5 % des places en soins intensifs sont occupés (3).

Le parc thématique dépend du ministère de la Culture. Avant que les militaires l’investissent, celui-ci a reçu la visite d’un trio gouvernemental composé des ministres de la Santé, de l’Intérieur et de la Culture. Le président y est allé faire un point de situation. La ministre de la Sécurité se charge de mettre le lieu sous protection policière et le ministre de l’Écologie et du Développement durable de l’alimenter en électricité.
Cette mise en place bénéficie de nombreuses coopérations politiques de tous bords : la Province de Misiones a livré le bois pour les cloisons, la ville de Vicente López sur le territoire de laquelle s’élève Técnopolis met en place la collecte des déchets (or elle est dirigée par Jorge Macri, un cousin germain de Mauricio Macri), la Province de Buenos Aires (gouvernée à gauche) et la capitale fédérale (gouvernée à droite) siègent ensemble dans le même comité de coordination qui travaillera tant que durera l’opération.

Ce qui est en train de se passer n’a pas d’équivalent depuis la guerre d’indépendance, il y a 200 ans ! En Argentine aussi, il y aura donc un avant et un après politique et peut-être aussi culturel à cette crise majeure.

Le caractère exceptionnel de l’opération donne des articles qui se ressemblent avec un choix très réduit de photos, qui se répètent d’un titre à l’autre. Là non plus, ce n’est pas fréquent !

Pour en savoir plus :
lire l’article de La Nación (qui annonce aussi ailleurs qu’il y aura en Argentine des tests rapides pour mesurer la circulation du virus).



(1) L’armée argentine a une certaine expertise en la matière dans la mesure où elle participe beaucoup aux opérations Casques Bleus depuis très longtemps.
(2) En Argentine, les décès sont publiés tout au long de la journée. Le chiffre évolue donc en permanence.
(3) Il est vrai que ce taux d’occupation n’est pas homogène sur l’ensemble du territoire. Le taux dans le Gran Buenos Aires doit être très largement supérieur.

samedi 19 janvier 2019

Grand circuit culturel en Argentine avec Odeia et... moi [ABT]

Jeudi dernier, lors d’une longue et chaleureuse après-midi de présentation aux clients et prospects dans une très belle et très vaste crypte de l’église Saint Ferdinand, à Paris, l’agence de voyage Odeia (Paris, 17e) a publié sa proposition 2019 d’un grand circuit en Argentine que j’aurai l’honneur d’accompagner, du 7 au 24 novembre prochain, et que j’ai enrichi pour en faire un parcours original, conforme à l’esprit de l’agence.

Cliquez sur l'affiche pour une meilleure résolution

Jusqu’au mois de juin, j’aurai l’occasion de vous en présenter les différentes facettes, l’une après l’autre : histoire, gastronomie, beaux-arts, musique, merveilles de la nature.

Au programme de ce périple de 18 jours, au départ de Paris (Roissy Charles de Gaulle / vol direct Air France) :
  • trois jours non consécutifs à Buenos Aires, le premier consacré à la découverte de l’histoire nationale, avec ces deux géants que furent les généraux José de San Martín (1778-1850) et Manuel Belgrano (1770-1820), tous deux pères de la patrie, le second aux beaux-arts avec la visite de trois musées (1) et le dernier au tango, dont la diversité des dimensions structure la culture de cette mégalopole trois fois plus grande que Paris ;
  • trois jours dans la province de Misiones au nord-est du pays, avec la visite de deux sites inscrits au patrimoine de l’Unesco -les inévitables chutes d’eau d’Iguazú et les ruines de la mission jésuite San Ignacio Miní-, un petit bout de chemin sur la Ruta de la Yerba Mate (RYM) avec un arrêt dans une plantation pour y découvrir les secrets de cette infusion nationale qui allie la tradition guaranie et l’acculturation de la Compagnie de Jésus, et, enfin, une soirée autour du chamamé, la musique locale qui constitue le vecteur culturel de toute la région, en Argentine et au-delà (Uruguay, sud du Brésil et Paraguay) ;
  • cinq jours dans le Nord-Ouest et plus précisément dans les provinces de Salta et de Jujuy, à la découverte des beautés naturelles des Andes, dont ce Mont des Sept Couleurs, un site inscrit lui aussi au patrimoine de l’Humanité et actuellement au centre d’une guerre picrocholine (2), de l’architecture ancienne (superbe basilique San Francisco de Salta, par exemple), des vestiges d’une citadelle inca, du vin d’altitude, de la musique locale (la chacarera, en tout premier lieu, avec son instrument emblématique, le charango) et des faits historiques qui ont marqué la région : la conquête espagnole qui est venue du Pérou au 16e siècle, apportant avec elle le baroque européen qui s’est très vite mêlé à la culture précolombienne, et cet épisode de la guerre d’indépendance que l’histoire a surnommé la Guerra Gaucha, à la tête de laquelle se trouvait Miguel Martín Güemes (1785-1821), le gouverneur révolutionnaire de Salta ;
  • et enfin trois jours en Patagonie, dans les provinces de Tierra del Fuego, dont la capitale est Ushuaía, et de Santa Cruz, où se trouve le Lago Argentino et ses glaciers, dont le formidable Perito Moreno, un ensemble qui constitue la plus grande étendue d’eau douce du monde, avec son musée de glaciologie ultramoderne. La spécialité culinaire de cette région, très récemment annexée à la République argentine (3), est l’agneau de Patagonie. Les Argentins disent qu’il est supérieur à celui de nos prés-salés… On goûtera et on verra bien si la comparaison se soutient !

A tout cela s’ajoute des journées de voyage aérien d’une région à l’autre, que je n’ai pas incluses dans les paragraphes précédents.

Sur place, nous serons logés dans des hôtels haut de gamme (de toute façon, il n’y a pas d’autres standards d’hôtellerie acceptables en Argentine) et nous serons accompagnés, à chaque étape, par un guide local qui me complétera. C’est du grand luxe ! D’autres guides prendront le relais dans les parcs naturels nationaux où les visites doivent obligatoirement être accompagnées par un membre du personnel, préservation de la nature oblige.

Odeia (filiale de Wagran Voyages) reçoit dès à présent les inscriptions, par courrier ou en ligne (www.odeia.fr). Le groupe devra se composer d’au moins 15 personnes et restera, quoi qu’il en soit, de taille raisonnable (20 personnes environ). Sinon, ce n’est plus un groupe, c’est un troupeau et on ne savoure ni ne retient rien...



(1) En Argentine, les musées sont beaucoup plus modestes en taille que nos grands musées européens, de type Louvre, National Gallery, Prado, Offices, Ermitage ou Rijksmuseum. Les musées argentins sont tous des musées spécialisés. Ce n’est donc pas une prouesse que d’en parcourir trois dans une seule journée. Qui plus est, ils exposent des grands artistes nationaux dont nous ne possédons pas d’œuvres.
(2) Voir mes articles du 27 décembre 2018 et du 16 janvier 2019.
(3) Longtemps ignorée et presque inexplorée, la Patagonie a été rattachée à la République argentine dans les années 1860, grâce à une expédition militaire sans scrupule qui a mis en œuvre un véritable génocide contre le peuple mapuche. La politique de peuplement est venue au bout de nombreuses années. L’un de ses vecteurs a été le terrible bagne de Ushuaía (1901-1947), dont il ne reste plus que le pénitencier en étoile, aujourd’hui transformé en musée historique et maritime. L’autre a été l’exploitation pétrolifère , qui n’est pas la plus équitable des activités économiques. La Patagonie a connu encore d’autres malheurs qui l’ont marquée au fer rouge : la répression sanglante des ouvriers anarchistes de Santa Cruz en 1920 et 1921 (peu après cette Semaine Tragique dont, il y a peu, on célébrait le centenaire – voir mon article du 7 janvier), puis le nid de criminels hitlériens qui s’est formé à San Carlos de Bariloche, dans une autre province, et qui s’est dispersé lorsque les chasseurs de nazis sont allés les débusquer au milieu de leurs chalets bavaro-alpins planqués dans les Andes, et enfin le massacre des prisonniers politiques de Trelew, en 1972, quelques années avant le sinistre coup d’État de Rafael Videla, en mars 1976. Cette Patagonie au passé traumatique n’a donc pas encore de musique emblématique. Qui plus est, elle est la moins peuplée de toutes les régions d’Argentine.

mardi 20 mars 2018

Avec Odeia, partez en Argentine. C'est moi qui vous accompagne ! [ici]


Comme tous les ans à la fin de l'été austral (nous y sommes), je reprends le rythme ordinaire de ce blog avec de nouvelles propositions autour de l'Argentine et de sa culture. Pendant la pause estivale, j'ai travaillé sur mon prochain livre qui a bien avancé, sur de nouvelles conférences, dont une que j'ai donnée le samedi 10 mars à Gretz-Armainvilliers, et sur de nouveaux circuits de tourisme culturel.

El Puerto y el Trabajo (le port et le travail), toile de Benito Quinquela Martín
sur le thème du port de La Boca, son quartier natal

Barrio de Tango fait donc (enfin) sa rentrée australe sous les auspices de l'agence de voyage Odeia, spécialiste à Paris du voyage organisé à haute valeur ajoutée. L'enseigne vient de faire appel à moi pour accompagner un voyage de 18 jours en Argentine au mois de novembre 2018, c'est-à-dire au printemps en hémisphère sud.

Ce circuit nous emmènera dans plusieurs lieux emblématiques :
  • la capitale fédérale, Buenos Aires, qui sera notre fil rouge puisque, dans cet immense pays, il faut toujours repasser par la capitale pour aller où que ce soit par la voie aérienne. Cette ville regorge de monuments historiques (surtout dans le centre, autour de Plaza de Mayo, dans les quartiers de Monserrat, San Nicolás et San Telmo), de musées modestes en taille mais riches en patrimoine inconnu chez nous, d'espaces verts, de tanguerías (salles de musique) et de véritables institutions gastronomiques ;
  • le Noreste, que l'on appelle aussi Litoral, en l'occurrence la province de Misiones, à la frontière du Paraguay et du Brésil, avec les inévitables chutes d'Iguazú et, ce qui est beaucoup plus rare et combien bien plus précieux, les vestiges d'une des villes fondées par les jésuites au début du XVIIe siècle, là où les bons pères ont permis aux Guaranis (1) de vivre en toute liberté, dans une fusion culturelle entre l'Europe et l'Amérique précolombienne, pendant cent cinquante ans, jusqu'à l'expulsion de la Compagnie de Jésus en 1767 – le Litoral est aussi le royaume de la yerba mate, du dulce de leche (confiture de lait), une invention des jésuites si l'on en croit la légende, et du chipá (sorte de gougère, à base de farine de maïs ou de manioc, avec du fromage et du jus d'orange), que l'on devrait aussi aux héritiers de saint Ignace de Loyola. Sans oublier le chamamé, la musique et la danse qui unissent le nord de l'Argentine et de l'Uruguay, l'extrême-sud du Brésil et tout le Paraguay ;
  • le Noroeste, en l'occurrence la province andine de Salta, où s'illustrèrent, pendant la guerre d'indépendance, le général Manuel Belgrano (1770-1820) et le gouverneur local, Martín Miguel de Güemes (1785-1821), chef de la Guerra Gaucha, la guerre des partisans contre les troupes coloniales envoyées par Lima pour combattre la Révolution. Egalement au menu dans cette province en forme de croissant : vestiges archéologiques du passé précolombien, œnotourisme d'altitude sur la Ruta del Vino de Salta, empanada salteña (2), tamales et savoureuses petites pommes de terre andines, le tout arrosé de folklore musical contemporain, autour de la chacarera ;
  • la Patagonie et ses provinces les plus australes, Tierra del Fuego (en France, nous en connaissons surtout le nom de la capitale, Ushuaia, grâce à un animateur de télévision devenu ministre de l'écologie ! Notre culture télévisuelle fait de nous les seuls Européens à vouloir nous y rendre) et Santa Cruz, où se trouvent les glaciers les plus célèbres du pays, dont le fameux Perito Moreno, le parc naturel national Los Glaciares et son musée, ultra-moderne, consacré à la glaciologie et aux enjeux planétaires que sont les réserves d'eau douce et le réchauffement climatique. Mais Ushuaia, ce fut aussi le plus terrible des bagnes (1904-1947), abondamment utilisé contre les anarchistes en 1910, à l'époque du Centenaire, et, pendant la Década Infame (3),contre les opposants de la toute première dictature anticonstitutionnelle (1930-1940). Aujourd'hui, il a été transformé en musée. Beaucoup d'infrastructures de ce petit archipel qui s'avance à la pointe du continent ont été construites par les bagnards, pour permettre à quelques pionniers d'aller explorer le cercle polaire antarctique (4). Un tango rend hommage à leur souvenir. Il s'intitule El penado 14 (le matricule 14) et fait partie du corpus que j'ai traduit et commenté dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Editions du Jasmin). Je vous propose de l'écouter sous ce lien, grâce à Todo Tango ; c'est un enregistrement de son créateur, Agustín Magaldi, un chanteur représentatif de l'esthétique portègne des années 1930.

Pour ce circuit, vous devrez emporter des vêtements légers et bien couvrants pour Iguazú (il y a des moustiques, comme dans toutes les grandes forêts subtropicales) et des vêtements chauds, puisqu'une grande fraîcheur, pour ne pas dire plus, règne perpétuellement sur le lac du Parque Nacional Los Glaciaires où nous ferons une jolie croisière au milieu des murailles de glace parmi les plus impressionnantes du monde.

Couverture de la partition originale de El Penado 14

Un programme, décrit jour par jour, est disponible sur le site Web de l'agence. Il va évoluer, sans modification du prix. Avec Odeia, je travaille en effet à l'enrichir en contenu culturel pour varier les plaisirs et les découvertes. Je vous en ai donné un aperçu plus haut, en résumant les atouts des principales étapes du parcours. Ces enrichissements, qui reposent sur mes propositions, mes connaissances, mes contacts sur place et ma passion de longue date pour ce pays, prendront la forme de visites non encore mentionnées dans des quelques haut-lieux historiques, des musées des beaux-arts (en Argentine, ils sont petits mais ils regorgent d'œuvres qui ne voyagent jamais), avec des arrêts gastronomiques précis et des spectacles authentiques, au milieu des Argentins, comme Barrio de Tango en a le secret !
Nous nous trouverons en Argentine le 20 novembre. C'est un jour férié qui rappelle la résistance nationale au blocus anglo-français, lorsque Louis-Philippe, en plein accord avec le gouvernement de la reine Victoria, prétendait imposer la liberté pour les Européens de naviguer sur les fleuves pour y faire du commerce, sans acquittement des droits de douane décidés par le gouverneur de la Province de Buenos Aires ! (5). Ce sera une expérience à vivre et qui pourra susciter quelques sourires amusés chez les Argentins s'ils découvrent notre nationalité. Nous jouerons le jeu. Ce sera aussi l'occasion ou jamais de déguster le locro, le plat traditionnel des fêtes patriotiques.

Pour découvrir une recette d'empanada, n'hésitez pas à regarder l'émission
Cocineros Argentinos, un rendez-vous quotidien de TV Pública
Ici, photo La Salteña, qui propose aussi une recette

A chacune de nos étapes, nous serons accueillis par un guide local, parlant français (quel luxe !), et avec qui je partagerai le plaisir de vous révéler les secrets du pays, de ses usages, de son histoire, de sa musique, de ses artistes. Nous descendrons dans des hôtels trois ou quatre étoiles. Nous serons reçus dans une estancia où nous découvrirons le travail agricole d'une exploitation ovine et le rituel d'un véritable asado argentin (l'agneau de Patagonie est très réputé, les Argentins prétendent même qu'il est supérieur à notre agneau de pré-salé. Nous en serons juges !).

Les fidèles lecteurs de Barrio de Tango savent que je dispose sur place d'un carnet d'adresses plutôt épais et que je connais les pièges à éviter (ceux que le secteur touristique local s'efforce de nous refiler à toute force mais je sais lutter contre cette tendance à tout standardiser). Je m'attelle actuellement à vous préparer des rencontres privilégiées et exclusives. Grâce à mes contacts parmi les artistes, les historiens et les guides, dont certains parlent notre langue, Odeia vous emmène hors des sentiers battus, dans l'Argentine des Argentins, loin des attractions passe-partout où l'on ne croise que des touristes. Vous rentrerez à la maison avec des souvenirs inoubliables, en ayant pu approcher une réalité argentine plus authentique que celle des cartes postales ordinaires.

Ruta del Vino dans la province de Salta
cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Pour les internautes qui découvrent mon blog aujourd'hui, rien n'est perdu. Prenez le temps d'explorer le contenu de Barrio de Tango – il contient plus de 5 500 articles. Disposés en tête de chacun d'eux, des mots-clés sont là pour vous orienter dans les différents thèmes que j'aborde depuis juillet 2008. Vous pouvez aussi utiliser les liens internes que vous trouverez dans la Colonne de Droite (partie supérieure) ainsi que le lien externe vers mon site Internet (qui présente l'ensemble de mes activités). Les mots-clés toponymiques, Salta, Misiones, Santa Cruz, Tierra del Fuego et Monserrat, vous permettent de voir remonter tous les articles sur ce qu'il se passe dans ces provinces, cette ville ou ce quartier.

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Circuit en Argentine
avec un guide local francophone à chaque étape et une conférencière-accompagnatrice
Mardi 6 novembre – Vendredi 23 novembre 2018
18 jours / 15 nuits
Aller-retour en vol direct Paris-Buenos Aires
Vols intérieurs et transferts aéroports
Autocar Grand Tourisme tout au long du séjour
5 975€ TTC par personne
(sur la base de 15 participants payants, en chambre double)

Pour toute inscription avant le 15 juin 2018,
l'agence propose une réduction de 70 € par participant.

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Afin que le groupe soit souple et propice aux échanges conviviaux, il doit conserver une taille humaine. Le nombre de places est donc limité mais il en reste encore. Vous pouvez donc toujours vous inscrire. Faites-le auprès d'Odeia après avoir pris connaissance des conditions commerciales sur le site Web. Vous y trouverez un descriptif qui prend en compte toutes les étapes et un formulaire d'inscription.
L'équipe d'Odeia se tient à votre disposition pour toute information supplémentaire. Si vous ne connaissez pas encore cette agence, allez la découvrir sur son site Internet, en toute tranquillité, depuis votre salon. Odeia est une société du groupe Wagram Voyages, avec une équipe dynamique, composée de professionnels multilingues très courtois. Je l'ai constaté de mes propres yeux.

Cliquez sur la carte pour vous repérer en haute résolution

Pour préparer d'ores et déjà votre voyage, n'hésitez pas à découvrir mon propre tour d'Argentine dans mon dernier livre, Contes animaliers d'Argentine, paru aux Editions du Jasmin : le Litoral, le Noroeste et la Patagonie en font partie. C'est Salta qui ouvre le recueil avec une histoire... d'empanada, de renard et de tatou.
Sur le temps fort que fut la guerre d'indépendance, j'ai publié plusieurs articles dans ce blog (sous le mot-clé Bicentenaire) et j'ai écrit deux ouvrages sur le général José de San Martín (1778-1850), avec lequel tant Manuel Belgrano que Martín Güemes ont su collaborer entre 1814 et 1820.
Mon prochain livre, qui doit paraître aux Editions de La Bisquine, portera sur d'autres épisodes de cette même époque fondatrice, que nous découvrirons ensemble, sur Plaza de Mayo et dans le quartier de Monserrat, à Buenos Aires, puis à Salta.
Et pour une première approche de la ville de Buenos Aires, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins a été conçu comme une balade urbaine, dans l'histoire, les quartiers, les coutumes de cette vaste cité de 3 millions d'habitants. Parce que le tango, c'est la musique et la poésie par excellence de cette ville. C'en est même l'âme, le génie, le duende, comme disent ses habitants.



(1) A la même époque, les populations aborigènes étaient réduites au servage partout sur les terres du roi d'Espagne, sauf dans les réductions ou missions concédées à des ordres religieux (les franciscains au nord du continent, les jésuites au sud). Les jésuites avaient donc obtenu un privilège royal pour ces terres situées au Paraguay et tout autour. Les laïcs d'origine européenne n'avaient pas le droit d'y pénétrer (sous peine d'excommunication). De petites républiques agraires utopiques purent ainsi s'y développer et leur prospérité participa au projet du roi de se débarrasser de la Compagnie de Jésus. Ces vestiges des missions jésuites ont été inscrits au Patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO.
(2) Il s'agit d'un chausson farci à la viande, si bien identifié à cette province qu'un industriel n'a pas hésité à emprunter l'adjectif "Salteña" pour en faire un nom de marque de pâte à empanada prête à l'emploi (d'excellente qualité d'ailleurs). La recette de Salta a beau varier d'une famille à l'autre, elle n'en donne pas moins lieu, en Argentine, à des disputes picrocholines sur les ingrédients, les modalités de préparation et d'assaisonnement, comme c'est le cas en France quand nous parlons gratin dauphinois ou gratin savoyard dans les Alpes ou galette et crêpes en Pays Gallo (à l'intention de mes lecteurs sud-américains, le Pays Gallo est en Bretagne)
(3) Sur la Década Infame (1930-1940), reportez-vous à mon article intitulé Vademecum historique, dont vous trouverez le lien dans la partie centrale de la Colonne de Droite.
(4) L'une de ces frégates d'exploration, la ARA Corbeta Uruguay, a été désarmée et transformée en musée national. Elle est maintenant amarrée définitivement dans le port de Buenos Aires, dans le quartier de Puerto Madero. Nous la visiterons si vous le souhaitez.
(5) Le 20 novembre 1845, a eu lieu la bataille fluviale de Vuelta de Obligado sur le Río Paraná. Techniquement, il s'agit d'une victoire française. Mais une victoire à la Pyrrhus. En effet, les Argentins avaient tenté d'empêcher la flottille étrangère de remonter le fleuve mais, après bien des efforts et des échanges d'artillerie nourris, les navires étaient parvenus à passer. Au prix de graves avaries qu'aucun des équipages ne parvint à faire réparer. Pas plus qu'ils n'arrivèrent à écouler leur cargaison puisque les Argentins boycottèrent ces produits impérialistes. Ce fut donc une défaite politique, commerciale et diplomatique retentissante pour les puissances européennes (qui avaient sans doute espéré profiter des divisions causées par la guerre civile en Argentine) et une victoire de même nature pour la Confédération Argentine, qui était parvenue à reconstituer une certaine unité à cette occasion. Il s'ensuivit à Paris un rude débat parlementaire qui dura plusieurs années. Ce n'est que très récemment, sous le mandat de Cristina Kirchner, que cette date est devenue fériée, dans le but de développer le tourisme intérieur et de compenser, par une journée non travaillée mais payée, le petit nombre de jours de congés légaux auxquels ont droit les salariés déclarés (pour ceux, très nombreux, qui sont embauchés au noir, c'est une autre histoire !)