vendredi 11 mai 2018

La Milonga de la Uni vous attend ce soir à 21h [à l'affiche]


Une fois par mois, le CETBA (centre de formation au tango de Buenos Aires) propose une milonga gratuite avec deux pistes, l'une consacrée au tango traditionnel et l'autre au tango alternatif, avec cours pour les débutants d'abord, pour les autres ensuite, tombola, petite restauration et musique vivante.

Ce soir, vendredi 11 mai 2018, le thème du jour tourne autour du maquillage : cette animation sera confiée à Karin Marcado, l'une des enseignantes de l'institution.

Rendez-vous donc rue Agrelo 3231, dans le quartier de Almagro.

Le Quinteto Negro La Boca ce soir à La Trastienda [à l'affiche]


Le quintette de tango underground de La Boca présentera ce soir, vendredi 11 mai 2018, à 21h, à La Trastienda, Balcarce 460, son quatrième album, intitulé Cruces Urbanos (carrefours urbains). Le groupe a tenu à faire figurer le pont transbordeur du port de la Boca sur la jaquette du disque...

Entrée : de 250 à 500 pesos ARG (+ les consommations).

Le nouveau disque est un mélange entre le tango, la cumbia, le blues, le rock, le rap, le funk et le folklore, des genres différents qui tendent à fusionner dans la ville de Buenos Aires.

Le groupe a dix ans et dans ce nouveau disque, il a réuni de grands noms de la musique populaire argentine.


Ce matin, dans La Nación, c'est le chroniqueur musical et grand tanguero Gabriel Plaza qui a réussi à caser un petit article sur ses amis !

Pour aller plus loin :
lire la présentation de la soirée sur le site Internet de La Trastienda

jeudi 10 mai 2018

L'Argentine retrouve son San Martín des Gobelins [à l'affiche]

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Depuis avant-hier et jusqu'au 19 août prochain, le Museo Nacional de Bellas Artes, à Recoleta, propose une exposition temporaire de quatorze tapisseries de la Manufacture des Gobelins, à l'occasion du retour en Argentine, après un an de restauration, du portrait équestre de San Martín offert par la France à l'Argentine pour le centenaire de son indépendance et qui ornait, avant son voyage à Paris, le somptueux Escalier Francia de la Casa Rosada.

Pour l'heure, l'œuvre est exposée dans l'une des deux salles du Museo Nacional de Bellas Artes qu'occupe l'exposition, qui permet aussi d'admirer des œuvres de Joan Miró, Fernand Léger, Sonia Delaunay, Charles Le Brun, etc.

Dorothée et le marchand de viande (Paris, 1768-1773) au MNBA

Le portrait de San Martín, connu comme El General San Martín cruzando los Andes, est une commande de la République française destinée à l'Argentine en 1916, en plein milieu de la guerre. Le carton de la commande avait été confié au peintre Alfred Philippe Roll (Paris, 1er mars 1846 – Ibidem, 27 octobre 1919), un artiste spécialisé dans les sujets militaires, les portraits, les paysages et les marines, ami personnel d'Edouard Manet et, au moment de son décès, président de la Société nationale des Beaux-Arts (1). La tapisserie ne fut toutefois pas expédiée en Argentine avant 1917, sans doute à cause des difficultés du conflit mondial.

La tapisserie semble splendide, surtout après cette première restauration en un siècle... Le visage lui-même est plus imaginaire qu'autre chose mais la pose de San Martín, son cheval blanc, les uniformes et l'évocation, discrète, de la traversée des Andes, à l'aide d'un vocabulaire passablement davidien, identifient parfaitement le héros aux yeux des Argentins, quand bien même ils ne sauraient pas lire la dédicace en français, en bas de la tapisserie : "au Libérateur José de San Martin, la République Française".

L'exposition a été inaugurée en présence de l'Ambassadeur de France mardi dernier (jour férié en France mais pas en Argentine, qui ne chôme que le 1er et 25 mai, sa fête nationale majeure). La filiale argentine de PSA a apporté sa contribution financière à la restauration de l'œuvre, qui s'est fait au département du Mobilier National à la Manufacture des Gobelins, à partir de mars 2017, et à l'organisation de l'exposition de cette année.

La très belle dédicace de la tapisserie
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L'exposition est ouverte du mardi au vendredi de 11h à 20h et le week-end de 10h à 20h.
L'entrée est libre et gratuite.
Av. del Libertador (ça ne s'invente pas !) 1473, 1er étage

Pour aller plus loin :
lire la présentation complète sur le site Internet du Museo Nacional de Bellas Artes
voir la fiche d'auteur d'Alfred Roll sur la base de données de bnf.data.fr



(1) Alfred Roll est enterré au cimetière du Père Lachaise, à Paris. Il a laissé son nom à un salon qu'il a entièrement décoré à l'Hôtel de Ville de Paris. Il était fils d'un fabricant de meubles du faubourg Saint-Antoine.

L'Argentine s'acheminerait vers un redoutable scénario [Actu]

"Les tarifs (du gaz et de l'électricité) partent en fumée", clame le gros titre
tandis que le recours au FMI est traité en second gros titre en-dessous

Ce matin, tous les journaux vaticinent le pire des scénarios pour l'emprunt auprès du FMI : l'Argentine pourrait obtenir un crédit stand-by, le dispositif le plus contraignant, et par voie de conséquence le plus humiliant, que le fonds monétaire international proposerait aux pays membres.

"Ce ne sera pas indolore : stand-by sous conditions", dit le gros titre
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Toutefois le gouvernement dément. Sans convaincre personne. Pas même la presse néolibérale des groupes hégémoniques.

"Le gouvernement négocie avec le FMI un crédit stand-by
qui [nous] imposera des conditions"
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Toutefois, il faudra six semaines pour que le FMI examine la demande de l'Argentine et donne sa réponse. Il va falloir se montrer très patient pour savoir à quelle sauce le pays sera mangé... Un délai sans doute suffisant pour qu'un bon nombre de détenteurs de valeurs les mettent une nouvelle fois à l'abri sur des comptes à l'étranger. Une belle fuite supplémentaire des capitaux en vue !

"Le crédit du FMI sera du type stand-by et l'Argentine devra réduire son déficit"
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Comme très souvent, La Nación et Clarín font presque la même une
en se contentant d'inverser l'ordre des priorités

Comme celles d'hier, les unes de ce matin sont éloquentes (et en plus, ce jeudi n'est pas férié en Argentine, qui comme presque tous les pays de langue espagnole fête l'Ascension dimanche prochain). Peut-être les rédactions jouent-elles sur la peur des lecteurs pour mieux vendre du papier mais si la peur fait vendre, c'est bien qu'elle existe. Et il n'en reste pas moins que ces gros titres nuisent à la crédibilité du gouvernement, que la presse de droite cherchait plutôt à ménager jusqu'à présent.

Pour en savoir plus :
lire l'article de La Nación sur le début des négociations à Washington
lire l'article de La Nación sur le démenti officiel du gouvernement
A notre que l'article qui fait la une de La Prensa ne figure pas sur son site Internet.

Ajout du 11 mai 2018 :
lire cet article de La Nación sur la décision du président de rester en Argentine et de ne pas se rendre en Russie pour assister, comme c'était prévu, à deux matches de la coupe du monde. Or Macri est un vrai amateur de football. Il a été pendant de longues années le président du club Boca Juniors, c'est même ce qui lui a mis le pied à l'étrier dans la politique.

Le recours au FMI renforce l'opposition [Actu]

Les députés de l'opposition, presque tous collés à leur smartphone
Dire que les Français se plaignent du comportement désinvolte de leurs hommes politiques !
Ils affichent tous la même revendication : un hashtag sur des tarifs justes
Photo Sandra Cartasso pour Página/12

Pour une fois, l'opposition a réussi hier à s'unir pour voter contre les augmentations des services de fournitures d'énergie, annoncées par le ministre de l'Energie et des Mines Juan José Aranguren il y a quelques semaines et qui avaient tant secoué l'opinion publique.

La Chambre des Députés a adopté une loi rectificatrice qui remet en vigueur les anciens tarifs, ceux qui avaient été mis en place en novembre dernier, et elle les a gelés pour la durée d'une année. Une durée très longue pour un pays qui connaît une inflation aussi élevée que l'Argentine. Cette loi a été adoptée par 133 voix pour, 94 contre et 3 abstentions.

Pour que cette loi entre en vigueur, il faut encore que le Sénat la vote et que le Président Mauricio Macri n'y oppose pas son veto, une pratique constitutionnelle dont il n'hésite pas à faire usage au point parfois d'en abuser.

Photo de Emanuel Fernández pour Clarín
C'est une autre vue de la Chambre mais les députés y sont tout aussi dissipés
Il y en a même qui font des selfies !
Ils n'ont rien de plus grave à faire ?

L'opposition a aussi réclamé, mais sans succès jusqu'ici, que l'accord avec le FMI pour le prêt que celui-ci pourrait accorder au pays fasse l'objet d'un examen et d'un débat dans l'hémicycle avant sa signature. L'opposition voudrait tout savoir des paragraphes en petits caractères, selon la formule convenus (la letra chica).

Dès hier, les observateurs politiques annonçaient que cette décision du gouvernement, considérée comme une calamité par à peu près tout le monde, allait redonner du peps à l'opposition et il semblerait que ça n'ait pas tarder à prendre forme...

Pour en savoir plus :
sur la limitation des augmentations
sur la tentative de prendre le contrôle sur l'accord avec le FMI

mercredi 9 mai 2018

Un petit salut à l'ami Juan Marcelo Calabria reçu ce soir à l'INS [à l'affiche]

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Juan Marcelo Calabria, correspondant à Mendoza de l'Instutito Nacional Sanmartiniano depuis de nombreux mois, donnera ce soir, mercredi 9 mai 2018, à 18h, une conférence, avec son co-auteur et ami, Roberto Colimodio, dont j'ai fait la connaissance en août au congrès de San Juan.

Les deux auteurs présenteront leur ouvrage commun, San Martín más allá del bronce (San Martín au-delà des statues), qui retrace un portrait du père de la patrie.

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La soirée verra aussi l'émission d'un timbre officiel pour le bicentenaire de la Traversée des Andes, par la poste nationale argentine d'un montant nominatif de 53 $ ARG, émission dont le site Internet de Correo Argentino signale qu'elle a eu lieu le 26 décembre 2017, alors que la traversée a eu lieu en janvier et février 1817.

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Entrée libre et gratuite au siège de l'INS, plaza Grand-Bourg, à Palermo.

Pour aller plus loin :
voir la fiche du timbre sur la boutique en ligne de Correo Argentino
visiter la page Facebook du livre que ses auteurs m'ont gentiment offert à San Juan

L'Argentine retombe sous la coupe du FMI [Actu]

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C'était à prévoir : après la spectaculaire et brutale crise du cours du dollar, qui n'est pas terminée, et la saignée opérée dans les réserves de la Banque centrale de la République argentine pour tenter de freiner le phénomène, le gouvernement vient de décider de faire appel à un prêt du FMI, dont le pays s'était libéré en 2006 après que la banque mondiale avait ravagé l'économie du pays comme elle le fait à chaque fois qu'elle prend le contrôle d'un pays souverain peu ou pas industrialisé en lui imposant des conditions qui ne correspondent pas à ses structures.

Le dollar a dépassé une nouvelle fois les 23 pesos argentins et les obligations argentines se sont effondrées partout dans le monde.

Cette fois-ci, unité entre le gros titre et la photo
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L'annonce de la mesure par le président lui-même a semé la consternation dans la presse, y compris la presse de droite. Tous les Argentins, même les plus néolibéraux, gardent en effet le souvenir de ce que fut cette double catastrophe de la faillite du système financier national en 2001 et de l'emprunt au FMI.

Clarín préfère partager sa une entre le gros titre et la photo
qui reprend l'ouverture du festival de Cannes avec l'acteur argentin Ricardo Darín
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Les unes des principaux quotidiens sont éloquents à cet égard. Seul Clarín affiche un gros titre à la tonalité objective mis l'un des éditoriaux étrille le gouvernement et envisage (avec regret) la possible victoire de l'opposition aux prochaines élections comme conséquence de cette décision extrême (probablement prise faute d'alternative). Le gros titre de La Prensa est confondant de pessimisme (retourner au FMI et croiser les doigts). Celui de La Nación est faussement neutre : au-dessus, en petites capitales, on lit en effet la mention « après 12 ans », ces douze années pendant lesquelles, qu'on soit ou non d'accord avec les gouvernements successifs, l'Argentine était restée souveraine pour sa politique financière et monétaire. Quant à Página/12, sans avoir besoin d'en faire des tonnes tant la mesure est contraire à la politique soutenue par les rédacteurs et le groupe médiatique Octubre, la une montre toute l'hostilité du journal en mettant en vedette non pas Mauricio Macri mais quelque chose de pire encore, le visage de Christine Lagarde. Un visage passablement dur, assez peu aimable, qui sert à lui tout seul d'épouvantail et identifié depuis longtemps à l'hégémonie impérialiste des Etats-Unis et des autres puissances capitalistes (dont les pays de l'Union Européenne font partie).


Un ministre s'est envolé pour Washington afin d'y négocier les conditions auxquelles l'organisme prêtera à l'Argentine les trente mille millions de dollars US dont a besoin une BCRA aux réserves exsangues...

On est six mois après le début de mandat des parlementaires issus des élections de mi-mandat, qui furent presque triomphales pour la majorité, en octobre dernier, et le tournant aussitôt pris par le président Macri de droitiser à outrance et dans tous les domaines son action à la tête de l'Etat fédéral, en matière économique, sociale, politique, médiatique et sécuritaire, alors que les scandales de comptes offshore secouaient le gouvernement, dont les ministres justifiaient leur propre recours à ces moyens illégaux de protéger leur fortune hors du pays !

Pour aller plus loin :
lire l'éditorial de Joaquín Morales Solá sur cette solution qui éviterait une crise encore pire, dans La Nación
lire l'article de La Nación sur Christine Lagarde, présentée comme la nouvelle partenaire incommode
lire l'éditorial de Clarín intitulé Le "plan Rester en place" du gouvernement fait eau de toutes parts.

Ajouts du 10 mai 2018 :
lire cet article de Página/12 sur les positions très critiques des économistes orthodoxes argentins sur la décision du gouvernement, pour lequel ils ne tarissaient pas d'éloges jusqu'à présent
lire cette analyse de La Nación sur la nouvelle situation (l'Argentine serait en meilleure position pour négocier que lors de ses précédents recours au FMI)

La Fernández Fierro sort un nouveau disque [Disques & Livres]


La formation musicale du tango nuevo, qui laisse tomber son titre de orquesta típica pour ne plus s'appeler que la Fernández Fierro (son nom de tous les jours), vient de sortir un nouveau disque, intitulé Ahora y siempre (Maintenant et toujours).

Página/12 a laissé un espace dans ses pages culturelles pour faire une critique très élogieuse de cet album, plein d'une musique de révolte et de critique sociale, ce qui ne saurait surprendre de la part de ce orchestre emblématique de l'underground tanguero actuel, fondé en 2001 sous forme de coopérative (comme l'orchestre de Osvaldo Pugliese) et qui n'a jamais cessé de produire et de bousculer le paysage artistique portègne.

Ahora y siempre sort sous format de CD chez les disquaires argentins et dans la salle du groupe, lle Club Atlético Fernández Fierro (CAFF pour les intimes), rue Sánchez de Bustamante 772, et en format numérique téléchargeable en ligne sur les plate-formes de vente Internet.


Deux présentations sont prévues au CAFF : ce soir, mercredi 9 mai 2018, à 22h, et samedi prochain, 12 mai, à la même heure. Ouverture des portes à 21h.
Entrée : 250 $ ARG (sans réservation de table)
Tarif réduit pour les étudiants : 125 $
La salle propose à des prix modiques une petite restauration de type familial (bière et soda à gogo, empanadas et sandwiches).

Pour aller plus loin :
lire la présentation des deux soirées sur le site Internet de la Fernández Fierro

lundi 7 mai 2018

Ce soir, Nélida Rouchetto à l'honneur à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]


Belle actualité à la Academia Nacional del Tango avec tout d'abord une exposition d'un peintre tanguero, Víctor G. Fernández, qui dirige aussi le musée municipal des Beaux-Arts de La Boca Quinquela Martín. Le vernissage a eu lieu jeudi dernier (1).

Avec aussi ce soir, lors du premier plenario de mai, un hommage méritée à la tangologue Nélida Rouchetto, qui dirige la Casa del Tango, la maison du tango fondée par Osvaldo Pugliese pour offrir un foyer, un studio de répétition, un lieu de rencontre aux professionnels de la profession, avant la fondation de la Academia, la première institution qui donnait pignon sur rue au genre.

Enfin avec un hommage à María de Buenos Aires, l'opéra-tango de Astor Piazzolla et Horacio Ferrer, dont on fêtera les cinquante ans de la création sur scène demain, 8 mai.


Ce soir, entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles, au siège de l'institution, Avenida de Mayo 833, premier étage.

Ajout du 8 mai 2018 :
lire cet article de Gabriel Plaza, l'un des meilleurs critiques musicaux de La Nación, à l'occasion des 50 ans de María de Buenos Aires



(1) Je n'ai pas eu le temps de vous en rendre compte à cause de la crise dont le Souvenir Napoléonien vient de sortir par le haut, avec l'arrivée d'un nouveau président, Christian Bourdeille, que je soutenais parce qu'il propose de lancer et de réaliser un grand programme pour les anniversaires à chiffres ronds qui vont se succéder dans les années qui viennent : fin du Second Empire, mort de l'Impératrice Eugénie, mort de Napoléon à Sainte-Hélène, etc. Le dépouillement des élections, qui aurait dû s'achever en début d'après-midi, a duré jusqu'à pas d'heure et j'ai quitté les lieux sans connaître les résultats, ce qui est un comble pour une scrutatrice et un symptôme de la crise de l'anarchie et de la gabegie qui minaient l'association jusqu'à vendredi soir !

dimanche 6 mai 2018

L'Argentine sombre peu à peu avec une devise qui dévisse [Actu]

En gros titre : "Aranguren avait raison"
(Aranguren est un ministre qui revendique ses comptes offshore)
En rouge : "Wall Street aussi pense que l'Argentine n'est pas fiable"

Comme à chaque fois que l'Argentine adopte un régime néolibéral et libre-échangiste sur le plan économique et social, cela se retourne contre elle, même si ces théories sont à la mode chez les économistes de Wall Street, du FMI et de toutes les bourses partout sur la planète. L'actuelle phase politique semble ne pas déroger à cette règle qui s'est toujours vérifiée depuis le début du vingtième siècle, où le pays a failli se faire tout bonnement coloniser par la Grande-Bretagne, au point que le gouvernement a flirté avec l'idée d'adopter l'anglais comme langue officielle.

Au-dessus de la photo, le gros titre principal "Une crise, c'est pire"
pourrait presque se traduire :
"C'est mieux que si c'était pire"
C'est une déclaration lénifiante du gouvernement
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En revanche, à chaque fois que l'Etat argentin mène une politique interventionniste et dirigiste, il permet au pays de développer son industrie et son niveau d'éducation et de formation, scolaire et universitaire, au prix d'une certaine autarcie, qui n'est pas aujourd'hui en odeur de sainteté dans les milieux financiers orthodoxes. On n'a rien sans rien et il ne faut pas oublier que les pays d'Europe se sont eux-mêmes développés grâce à ce type de politique, menés par des gouvernements qui n'étaient pas encore démocratiques, entre les 17ème et 19ème siècles.

Gros titre : "Inquiet de l'effet inflationniste,
le Gouvernement réfléchit à de nouvelles mesures"
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Après trois semaines de chute catastrophique du peso argentin contre le dollar, voilà que le gouvernement argentin se lance une nouvelle fois dans la méthode Coué en prétendant que le niveau du dollar est « très compétitif » (à 22 pesos pour un dollar, contre 13 pesos il y a deux ans et demi, et un euro qui fait environ 27 pesos, contre un peu moins de 20 en août dernier) et en envisageant de nouvelles mesures pour serrer encore plus la vis à la classe moyenne et aux milieux les plus défavorisés. Le loyer de l'argent atteint désormais des hauteurs vertigineuses (40%).

Gros titre : "Le Gouvernement croit que le dollar va se stabiliser
mais le marché attend d'autres signaux"
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Página/12, journal de l'opposition, use ce matin d'un humour féroce en rappelant à la une les propos scandaleux du ministre de l'Energie lorsqu'il avait justifié sa détention de comptes offshore par son peu de confiance dans l'économie de son pays. Les journaux de droite ne sont guère plus cléments avec leurs gros titres et leurs éditoriaux qui dénoncent la langue de bois employée par le gouvernement. La Nación parle du "mètre carré de pouvoir des ministres" en charge de l'économie nationale et de la "pensée magique" à l'œuvre au gouvernement (on parlait aussi de pensée magique aux Etats-Unis il y a dix ans lorsque la bulle immobilière a déclenché une nouvelle dépression mondiale) et Clarín de vulnérabilité du pays dans l'actuel contexte international. On est bien loin de l'enthousiasme qui avait salué l'élection de Mauricio Macri en novembre 2015 et des grandes envolées lyriques sur le décollage économique imminent grâce à la fin de la politique honnie (mais pas si inefficace que cela) de Cristina Kirchner.

Pour aller plus loin :
lire l'éditorial de La Prensa qui voit le gouvernement pris entre le marteau et l'enclume
lire l'article de La Prensa sur la situation économique
lire l'éditorial de La Nación sur le "mètre carré de pouvoir des ministres"
lire l'éditorial de La Nación sur la "pensée magique qui dévalue l'Argentine"
lire l'article de La Nación sur la situation
lire l'article de La Nación sur la variabilité du cours du dollar depuis l'arrivée au pouvoir de Mauricio Macri (fort bien illustré par des schémas très clairs qui montrent fort bien la course folle de la devise argentine)
lire l'article de Clarín sur la situation économique
lire dans Clarín l'interview du ministre des Affaires étrangères, Jorge Faurie, un excellent diplomate qui se bat les flancs pour trouver des raisons de ne pas s'affoler tout en déclarant, dans un questionnaire de Proust à la petite semaine, que la personnalité qu'il admire le plus est Mauricio Macri, ce qui, venant d'un membre du gouvernement, vous a un air de flagornerie ou de manque de liberté de parole. C'est peut-être vrai et il a bien le droit d'admirer le président en fonction mais, dans le contexte présent où il faudrait montrer que les ministres disposent de toute leur liberté d'appréciation et de toute leur faculté d'analyse pour inventer des solutions nouvelles dans la grave crise que le pays affronte, ça fait un peu poutinien, non ?

samedi 5 mai 2018

Une pléiade de chanteuses ce soir à Cusca Risun – Article n° 5600 [à l'affiche]


Ce soir, samedi 5 mai 2018 à 21h, à Cusca Risun, pasaje San Lorenzo 365, à San Telmo, plusieurs chanteuses, dont Jacqueline Sigaut, Victoria Morán et Chiqui Ledesma que vous connaissez déjà, se produiront autour du guitariste Manuel Novarro et du bombiste Marcelo Navarro.

Entrée : 150 $ ARG (1).



(1) Les événements très désagréables dans lesquels j'ai tenté d'intervenir au Souvenir Napoléonien, comme simple adhérente impliquée dans la vie démocratique d'une association, ne m'ont pas laissé le temps de soigner, comme d'habitude, cet article numéroté... Navrée.

Concert litoreño de Litto Nebbia ce soir à la Usina del Arte (1) [à l'affiche]


Ce soir, samedi 5 mai 2018, à 20h, à la Usina del Arte, dans le quartier de La Boca, Litto Nebbia se présente dans le cadre d'une nouvelle formation intitulée Amigos del Litoral, pour un récital de musique du nord-est argentin, autrement appelé le Litoral. Le chamamé sera à la fête.

Le concert est gratuit. Le groupe, mené par le fondateur du rock à texte d'expression espagnole, y présentera le premier album qu'il a déjà enregistré sous le label fondé lui aussi par Nebbia, Melopea Discos.

Ce groupe se compose de Litto Nebbia (chant et piano), du célèbre duo des frères Núñez, Juan au bandonéon et Marcos à la guitare, et de Cacho Bernal (percussions).

Página/12 a obtenu une longue interview de l'auteur-compositeur-interprète qui évoque ce nouveau tournant dans sa riche carrière musicale qui l'a conduit dans tous les genres de la musique populaire argentine et latino-américaine, comme musicien et comme producteur.

Pour aller plus loin :
lire l'interview dans Página/12
lire la présentation du spectacle sur le site Internet de La Usina del Arte



(1) Me voici de retour à la barre de ce blog après une semaine dominée par un salon du livre mardi puis, dès mon retour sur Paris et à mon corps défendant, par la grave (et très éprouvante) crise que traverse actuellement le Souvenir Napoléonien, association d'utilité publique à laquelle j'appartiens et à laquelle je tiens pour son niveau culturel excellent, en particulier dans la délégation de Paris-Ile de France (mais il y a d'autres délégations qui se tiennent très bien de ce point de vue). Les événements qui parasitent actuellement le fonctionnement associatif pourraient bien conduire à la mort cette honorable institution fondée en 1937 si un petit clan qui s'acharne à la gouverner en dépit du bon sens ne cède pas le terrain pour le nouveau mandat qui s'ouvre. J'attends de voir comment les adhérents réagiront aux scandales qui viennent d'éclater pour savoir si moi-même j'en demeure membre ou si je quitte l'association.

lundi 30 avril 2018

Une anthologie de la poésie argentine [Disques & Livres]


C'est un des événements de la Feria del Libro : la présentation de la première anthologie thématique de poésie argentine, publiée en 2017, par la Faculté de Philosophie et de Lettres de la UBA (Université de Buenos Aires).

La sélection est organisée autour de douze thèmes : amour, politique, la terre et le fleuve, langues argentines, exils et parcours, travail, traductions, géographies, violence, Ville et villes : centre-ville et quartiers [périphériques], poétiques et figures existentielles.

L'ouvrage, monté par des enseignants chercheurs du département de lettres de la faculté, compte 432 pages en format 22 x 15. Il est vendu au prix de 400 $ ARG.

Hier dimanche, Página/12 a consacré un long article à ce précieux ouvrage.

Pour aller plus loin :
écouter l'interview du 21 avril sur Radiocut

Les augmentations continuent : le tour du métro [Actu]

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Le métro de Buenos Aires va augmenter à partir de demain et une fois encore à partir du 1er juin. Le réseau dépend du Gouvernement de la Ville de Buenos Aires depuis 2012 et le ticket n'a cessé depuis lors de grimper. Il cumule sur ces six années un taux de hausse de 1.036%.

Demain, le ticket passe de 7,50 $ ARG à l'unité à 11 $ et il coûtera 12,50 en juin.

Le tarif réduit, dit tarifa social, passe quant à lui de 4 à 6 $ demain et à 7 $ en juin.


Depuis plus de deux ans, il faut posséder une carte magnétique (SUBE [traduire : Monte]), prépayée et rechargeable, pour utiliser le réseau. La carte SUBE permet d'accéder à des réductions qui dépendent du nombre de trajets effectués dans le mois (et il faut en faire beaucoup pour accéder à quoi que ce soit dans ce genre).

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12.

Ajout du 27 juin 2018 :
lire cet éditorial de Pino Solanas, le cinéaste et sénateur d'opposition, contre la politique tarifaire pratiquée par cette majorité ultra-libérale, parue ce matin dans Página/12