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| Le nouveau saint à la fin de sa vie |
Le bienheureux Artemides Zatti,
soignant italien, frère coadjuteur dans la congrégation des
Salésiens, fondée en Italie par saint Jean Bosco et répartie dans
toute l’Amérique du Sud, exerça ses talents infirmiers et
pharmaceutiques dans un hôpital catholique en Patagonie, auprès des
populations locales et notamment des peuples premiers.
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| Zatti avec l'allure du parfait immigrant italien |
Dimanche prochain, il sera
canonisé sur la place Saint-Pierre, par le pape François, son
compatriote, qui semble vouloir rattraper le retard pris par son pays
natal qui compte pas mal de figures qui, toute édifiantes qu’elles
soient pour les croyants, ne bénéficient pas de la part de l’Église
universelle de la reconnaissance qu’elles mériteraient. Une
injustice qui sent son ancien esprit colonial !
C’est ainsi que Zatti n’est
que le troisième saint du pays après le très populaire Cura
Brochero (une sorte de Curée d’Ars où les montagnes de Córdoba
remplacent les hauteurs du Lyonnais) et Héctor Valdiviedo Sáez, un
martyr qui jouit d’une bien moindre notoriété dans son pays.
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Une photo de Zatti avec un verset évangélique manuscrit |
A Buenos Aires, dans le quartier
central de Almagro, Artemides Zatti, assez médiocrement connu lui
aussi dans l’ensemble du pays, est en revanche largement vénéré
à la basilique San Carlos y María Auxiliadora, l’église des
salésiens et aussi celle de la paroisse locale, là où Carlos
Gardel a appris à chanter dans la chorale de l’école salésienne
(devenue publique depuis) où il se formait au métier de typographe
(qu’il n’a jamais vraiment exercé), où Aníbal Troilo, né pas
très loin de là, aimait assister à la messe de Minuit et à partir
de laquelle fut fondé le Club Atlético de San Lorenzo de Almagro
(et Boedo), dont le pape est sociétaire (là, on parle foot, vous
aviez compris). Je me souviens de ce portrait de Zatti qui trônait
dans l’une des chapelles latérales alors qu’il n’était encore
que vénérable à mon premier séjour à Buenos Aires en 2007, quand
je logeais à un jet de pierre de là. La paroisse s’enorgueillissait
alors de ses deux vénérables : d’un côté, cet infirmier
italien mort à Viedma ; de l’autre, le jeune étudiant
mapuche, fauché en pleine jeunesse par la tuberculose, à Rome,
pendant ses études au grand séminaire, Ceferino Namuncurá, le tout
premier bienheureux argentin (lui aussi élevé aux autels par
François), qui était aussi, paradoxalement, le petit-fils du
dernier cacique mapuche qui ait pris les armes contre l’État
argentin pendant la mal nommée « Conquête du Désert »
du général et futur président de la République, Julio Argentino
Roca (la conquête de la Patagonie argentine par les descendants
d’Européens au détriment du peuple mapuche qui depuis plusieurs
semaines se rappelle au bon souvenir de Buenos Aires avec des
occupations de terrains qui leur ont été pris à la suite de cette
campagne militaire sanguinaire).
C’est aussi dans cette
basilique que le Pape lui-même a été baptisé le jour de Noël
1936. C’est vous dire qu’il connaît la question !
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Zatti dans son service hospitalier dans la cour de l'établissement où il travaillait, au milieu des patients Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Pendant tout le week-end, samedi
et dimanche, la basilique San Carlos y María Auxiliadora accueillera
de grandes célébrations pour accueillir ce nouveau saint qui avait
vécu dans le coin à son arrivée en Argentine et avait prononcé
ses vœux religieux dans la congrégation sans prendre l’habit
puisqu’il n’était pas allé jusqu’au sacerdoce.
La cérémonie romaine, qui
commencera à 10 h (heure italienne), sera retransmise en
Argentine à 5 h du matin ! Pour les courageux et les
convaincus.
© Denise Anne Clavilier
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