lundi 17 janvier 2022

Expo sur Atahualpa Yupanqui à Cosquín [à l’affiche]

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A partir de la fin de cette semaine, le 22 janvier 2022, le Festival national de folklore de Cosquín ouvrira ses portes pour une semaine.

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Cosquín est une petite cité de la province de Córdoba qui a longtemps vécu des établissements médicaux qui recevaient des tuberculeux avant la découverte de la pénicilline. A partir de cette découverte médicale, la ville a dû se chercher une autre vocation et l’a trouvée dans la promotion de la culture rurale et de la musique de tout l’Intérieur du pays.

La plupart des concerts du festival est traditionnellement retransmis en direct par TV Pública et/ou Radio Nacional, sans oublier les médias locaux.

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Cette année, le festival s’est bien entendu doté d’un protocole sanitaire, l’Argentine étant l’un des pays les plus affectés par le variant Omicron, malgré un bon taux de vaccination à deux doses seulement pour l’instant. A l’entrée de toutes les manifestations, les organisateurs exigeront de tous les spectateurs la présentation d’un passe sanitaire avec QR code attestant d’un vaccin ou d’un test PCR négatif. La réservation des places est d’ores et déjà ouverte.

En attendant la soirée d’ouverture, la ville propose une exposition sur l’immense artiste du nord-ouest, compositeur, poète, guitariste et chanteur, Atahualpa Yupanqui, décédé il y a trente ans, à Nîmes (mai 1992). L’entrée est libre et gratuite.

L’exposition continuera son itinérance tout au long de l’été.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de La Voz (del Interior), le quotidien de cette province située au centre du pays
lire le programme du festival sur le site Internet de la municipalité de Cosquín
lire la présentation de l’exposition sur ce même site.

dimanche 16 janvier 2022

Premier festival de chamamé depuis l’inscription du genre au patrimoine de l’Humanité [à l’affiche]


Vendredi soir, 14 janvier 2022, en présence du ministre national de la Culture, Tristán Bauer, la ville et la province de Corrientes ont lancé la 31e édition de leur Fiesta Nacional del Chamamé dont les manifestations se répartissent sur toute la province. Il s’agit de la 17e édition au niveau du Mercosur (Paraguay, Brésil, Uruguay, Argentine) et la première qui peut prétendre à un niveau mondial, puisque le chamamé a été inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’UNESCO l’année dernière, alors que la pandémie a empêché la tenue du festival.

Aujourd'hui, le quotidien régional partage sa une en trois :
le festival qui souffre d'un manque de public (en haut à gauche),
les incendies qui atteignent les cultures
et l'arrivée de 10.000 touristes brésiliens
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Cette Feria nacional est marquée cette année par une moindre participation du public étranger, à cause de Omicron qui gâche l’été partout en Amérique du Sud, par les incendies que les chaleurs excessives provoquent partout dans le pays et par un rattrapage programmatique pour tout ce qui a été annulé en 2021.

Le festival est également placé sous le signe de la souveraineté argentine sur les Malouines, une revendication officielle qui occupera toute cette année (beaucoup d’appelés qui, en 1982, ont combattu et parfois sont morts sur l’archipel occupé par les Britanniques depuis 1833 étaient en effet originaires de la province de Corrientes).

Le programme de ce soir
(il est tous les jours aussi chargé !)
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Comme il est de tradition, un bon nombre de spectacles sont retransmis en direct par TV Pública, présents sur les ondes de Radio Nacional et une chaîne Youtube donne tout en direct pour permettre à ceux qui ne peuvent pas venir de profiter malgré tout de cette grande fête musicale qui rend compte, au début de chaque été, de la vitalité du genre, tant en chansons qu’en danse.

Le festival se clôturera le 23 janvier.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín
lire l’article de El Litoral
visiter le site officiel de la manifestation, sur le portail du ministère provincial de la Culture

Changement climatique : la canicule accable l’Argentine [Actu]

"La fournaise", titre sobrement le journal sans jeu de mot
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Depuis plus d’une semaine, toute l’Argentine, du nord au sud, souffre de fortes chaleurs et des maux qu’elles entraînent : incendies de forêts, de steppe et de champs, y compris dans des provinces plutôt humides comme celles du nord-est, mais aussi de magasins et de restaurants en pleine ville, sécheresse qui détruit les récoltes, notamment celle du maïs précoce, et coupures d’électricité en pagaille, avec des difficultés manifestes des fournisseurs pour rétablir le courant dans des délais raisonnables puisqu’en même temps que la canicule règne, les variants Delta et Omicron continuent à infecter les gens, provoquant des arrêts de travail (en plein été) et des hospitalisations.

De mémoire d’Argentin, c’est la première fois que tout le pays souffre en même temps de la même vague caniculaire. Seules les deux provinces les plus australes ont vu le thermomètre arrêter sa grimpette en-dessous des 30°. Hier, Buenos Aires a vécu l’une de ses pires journées avec un ressenti de 46°, selon les calculs des météorologues. La ville reste noyée dans une fumée âcre et une odeur de brûlé persistante plane dans plusieurs quartiers.

Sur la photo, le ciel de Buenos Aires
ressort orange, à cause des fumées d'incendie
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Hier, reléguant pour une fois le scandale des affaires judiciaires montées contre les syndicats par le gouvernement de Macri, Página/12 centrait sa une sur l’interview d’une météorologue qui n’a jamais rien vu de tel dans le pays. Il est vrai que les effets du réchauffement climatique sont moins spectaculaires et fréquents dans l’hémisphère sud pour la bonne et simple raison que cette partie du globe abrite moins d’habitants et que les terres émergées y sont beaucoup moins étendues.

Et pendant ce temps, le gouvernement, qui s’était pourtant engagé fermement sur la lutte contre le réchauffement planétaire, donne son autorisation à des recherches de champs pétrolifères le long de la côte atlantique, à la hauteur de Mar del Plata, parce que le besoin en énergie croît. C’est exact mais de là à étendre l’industrie pétrolière, surtout à cet endroit (Mar del Plata est la première station balnéaire du pays et son premier port de pêche)…

"Les températures extrêmes ont mis encore une fois
en échec le système électrique", dit le gros titre
(au-dessus d'une photo du port de plaisance de Montevideo)
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Inutile de dire que cette initiative est vertement combattue par de nombreux tenants d’une économie alternative.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

vendredi 14 janvier 2022

50,9 % : le taux définitif d’inflation en 2021 [Actu]

Synthèse générale
Notez le nouveau thème de l'année (2022) :
"Les Malouines sont argentines", pour les 40 ans
de la Guerre des Malouines (avril-mai 1982)
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Le nouveau rapport de l’INDEC sur l’inflation mensuelle ne présente guère de surprise : on s’attendait, depuis plusieurs mois, à ce que l’inflation annuelle dépasse les 50 %. Elle n’en reste pas moins inférieure à celle laissée par Mauricio Macri en 2019, quoi qu’en dise le gros titre de Clarín. Et Macri n’avait pas eu à faire face à la crise sanitaire en prime !

Variations temporelles
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Comme on pouvait s’y attendre au début de la saison touristique estivale, c’est l’hôtellerie-restauration qui produit l’inflation mensuelle la plus importante avec un taux de 5,9 % en décembre, suivie par la rubrique des tabacs et boissons alcoolisées à 5,4.

"Inflation hors de contrôle" annonce le titre
en haut à droite
Tout en haut : le sort réservé au prince Andrew à Londres
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Alors que s’amorçaient les vacances scolaires, ce sont les secteurs de l’éducation (1%) et de la santé (le prix des médicaments a été gelé) qui ont affiché les meilleurs chiffres. Pour les produits alimentaires, avec 4,3 %, l’inflation reste supérieure à la moyenne générale du mois (3,8).

Variations géographiques
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Le rapport permet aussi de constater que malgré sa courbe irrégulière dans les mesures mensuelles tout au long de l’année, l’inflation calculée sur l’année s’est progressivement assagie pendant le dernier trimestre (certes à un niveau très élevé), au moment même où un phénomène similaire frappait très fort le reste du monde.

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Le quotidien de gauche a préféré faire sa une
sur les nouvelles révélations concernant le montage d'affaires judiciaires
contre les syndicats
Tous les jours, il titre sur de nouveaux éléments,
issus de la commission d'enquête parlementaire, de l'instruction judiciaire
ou de ses propres investigations journalistiques.
L'info économique est donc traitée en haut à gauche
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Autre leçon de ce dernier rapport 2021, ce n’est pas Buenos Aires et sa banlieue qui mènent la danse mais la région très touristique du nord-ouest (Tucumán, Salta, Jujuy, pour citer les trois destinations andines les plus courues dans les conditions ordinaires, desquelles Omicron nous prive actuellement). En revanche, la capitale fédérale et sa région présentent une augmentation phénoménale dans les transports publics (14%). Pas donné, le métro, à Buenos Aires !

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

mercredi 12 janvier 2022

Precios cuidados : le programme relancé [Actu]

Gondole présentant des produits Precios Cuidados
(photo Andrés D'Elia pour Clarín)


La négociation a été longue entre le gouvernement et les secteurs de production et de distribution mais hier, elle a abouti à une nouvelle liste de produits à prix protégés. L’opération Precios Cuidados est donc relancée pour permettre aux Argentins de se nourrir malgré la très forte inflation qui affecte le pays et détruit le pouvoir d’achat des gens modestes (jusque assez haut dans la classe moyenne).

Le gouvernement, qui espérait pouvoir intégrer 1 700 produits dans cette liste, n’a pu le faire que pour 1 321 d’entre eux. Precios Cuidados propose donc des produits de première nécessité à des prix augmentés de 2 % par mois écoulé, ce qui est loin du taux d’inflation réelle (plus de 3%). Ces prix sont garantis en l’état jusqu’au 7 avril prochain, soit largement plus d’un mois après la rentrée scolaire effective, qui se produira à la mi-février, au lieu du 1er mars traditionnel (ceci pour rattraper les périodes de classe à distance pendant les deux ans de la pandémie). Un autre accord sera négocié en mars pour le trimestre suivant si l’opération peut être reconduite.

Une du 8 janvier dernier
(dans le panneau de signalisation, le symbole du peso argentin)
"Attention aux prix", dit le gros titre
avec le jeu de mots habituel à cette rédaction
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L’information est très discrète dans les colonnes des journaux, surtout ceux de droite (il faut vraiment fouiller leurs sites Internet). Néanmoins, tous les sites (sauf celui de La Prensa) publient l’intégralité de la liste. Pour l’ensemble de la presse, la vedette est tenue par la grande panne d’électricité d’hier après-midi qui a affecté Buenos Aires et sa banlieue, en particulier le nord très résidentiel, de 13 h à 20 h, au plus fort de la vague de chaleur (40°) qui recouvre le pays et avait été très exactement annoncée par les services météorologiques il y a plusieurs jours. Tous les logements ont perdu les avantages des glaçons et de la climatisation ! Ce matin, le courant n’était pas encore été rétabli partout. Cette panne ne saurait surprendre : on savait bien que les fournisseurs d’électricité ne pourraient pas faire face à la surconsommation qu’allait entraîner la canicule. Et en plus, tout cela intervient alors qu’Omicron gâche la saison touristique estivale, dégrade tous les services commerciaux en provoquent arrêts-maladie et quarantaines des salariés et gêne jusqu’au recrutement des saisonniers pour les récoltes d’été et les vendanges qui approchent.

Il y a quelques jours, le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, dont l’actuel ministre de l’Économie argentin, Martín Guzman, est l’un des élèves, a publié un article très élogieux sur les résultats qu’il juge inespérés de la politique menée par le gouvernement argentin. Selon lui, la situation du pays s’est spectaculairement améliorée malgré la crise sanitaire. La majorité de la presse de droite a préféré ignorer cet article qui contredit ses critiques acerbes contre le gouvernement, sauf La Nación qui ne s’est pas privée de démolir l’économiste « de gauche » qui observe l’Argentine depuis les États-Unis.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 3 janvier 2022

Le gouvernement argentin lance un programme de commémorations de la Guerre des Malouines [Actu]

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En avril 2022, il y aura 40 ans que l’Argentine, alors sous dictature militaire, tenta de récupérer par la force les îles Malouines, occupées par la Grande-Bretagne, le 3 janvier 1833.

Le gouvernement argentin a donc choisi la date d’aujourd’hui, pour le sombre anniversaire de ce désastre territorial qui frappa le pays à sa naissance, pour annoncer le calendrier des manifestations officielles qui commémoreront la guerre des Malouines (avril-mai 1982) et serviront à proclamer, une nouvelle fois à la face du monde, la souveraineté argentine sur cet archipel.

En effet, la Grande-Bretagne s’en est emparée de manière illégale, seulement neuf ans après avoir reconnu l’indépendance argentine et sans avoir déclaré la guerre au préalable. Ce coup de main sans déclaration de guerre aurait dû lui interdire d’occuper ces terres, selon les règles qui régissaient déjà les relations internationales au début de 19e siècle : aucune prise de territoire hors d’un traité de paix entre deux États souverains.

Hier, La Prensa a pris un malin plaisir à chercher dans les archives britanniques des preuves que le Royaume-Uni, dans les années 1820, ne contestait pas l’appartenance de l’archipel au jeune pays d’Amérique du Sud où il disposait d’une représentation diplomatique et consulaire.

Ces cérémonies auront à n’en pas douter un fort retentissement dans toute l’Argentine, autant pour l’enjeu politique que représentent les îles occupées par la puissance britannique que pour l’enjeu mémoriel, le souvenir de tous ces jeunes appelés qui sont morts pour ces terres, sous-équipés et sous-armés par la dictature face à une Royal Navy surarmée et dopée au souvenir de la Seconde Guerre Mondiale par une Margaret Thatcher qui se rêvait en Churchill. Et comme Boris Johnson s’efforce de jouer le même jeu morbide et multiplie les provocations envers Buenos Aires…

En Argentine, la souveraineté sur les Malouines est d’ordre constitutionnel. La contester, c’est illégal et antipatriotique.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa sur les manifestations de l’année
lire l’article de La Prensa sur l’attitude de Londres dans les années qui précédèrent l’attaque de janvier 1833
lire l’article de Clarín sur le présente et le passé du conflit qui oppose l’Argentine à la Grande-Bretagne.

mercredi 29 décembre 2021

Le Museo Histórico del Norte expose une relique [à l’affiche]

Un objet émouvant.
On devine encore la présence des couleurs nationales bleu ciel et blanc
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(photo Xavier Martín)


Le Museo Histórico del Norte  ça se traduit tout seul‑est un ensemble de musées nationaux situés dans la province de Salta (nord-ouest, presque à la frontière avec la Bolivie au nord et le Chili à l’ouest).

Celui qui se situe au plein cœur historique de la capitale provinciale et qui occupe le bâtiment du cabildo colonial (l’hôtel de ville d’Ancien Régime) expose depuis quelques mois une relique du gouverneur légendaire de l’époque indépendantiste : Martín Miguel Güemes dont on célébrait cette année le bicentenaire de la disparition.

Le coin de l'exposition
avec ce tableau à l'image mythique et ce sol à dalles de terre cuite
si emblématique des bâtiments de l'époque coloniale
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(photo Xavier Martín)

Il s’agit d’un des bicornes du héros, une coiffe qui appartenait à son uniforme de cérémonie, qu’il utilisait dans les grandes occasions civiles et militaires. L’objet a été longuement restauré avec grand soin et il est maintenant présenté dans une vitrine protectrice à côté d’un tableau iconique (bien qu’il date de 1912), qui montre Güemes partant à l’assaut de l’ennemi à la tête de ses gauchos (sa cavalerie de paysans locaux), une des grandes fiertés de la province.

Il n’existe pas de portrait de Güemes de son vivant. Sa représentation a donc été fantasmée par quelques artistes qui lui ont donné, pour les besoins de la mémoire politique et ceux des enseignants de l’école obligatoire depuis 1883, un visage désormais adopté par tout le monde (mais peut-être très différent de la réalité historique).

La conservatrice et la restauratrice posent devant leur travail
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(photo Xavier Martín)

Ce matin, La Nación consacre un long article, abondamment illustré de très belles photographies, à cet objet qui devrait désormais attirer à Salta de nombreux touristes de tout le pays, même si, pour l’heure, le variant omicron, qui prend ses aises aussi dans l’hémisphère sud, entrave une nouvelle fois les allers et venues entre les différentes régions du pays et gâchent déjà le début des vacances d’été.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

En octobre, la reprise de la consommation s’est maintenue [Actu]

Synthèse générale de la consommation
dans les centres commerciaux en octobre
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Octobre 2021 est le quatrième mois consécutif pour lequel l’INDEC, l’institut national de statistiques argentin, relève une reprise de la consommation en grande surface (super et hypermarchés) et dans les centres commerciaux, lesquels, contrairement aux premiers, ont été fermés pendant une bonne partie de l’année dernière.

Synthèse de la consommation en grandes surfaces
en octobre - Cliquez sur l'image pour une haute résolution

A prix constants, pour ce mois, les supermarchés enregistrent 5,2 % de chiffre d’affaires supplémentaire (en prix courants, le taux est nettement supérieur à celui de l’inflation sur 12 mois glissants). Dans les hypermarchés, la remontée est un peu plus modeste (4%), peut-être parce que comme ailleurs dans le monde, le modèle est en train d’atteindre ses limites.

La répartition de la consommation en hypermarché
Un seul problème de traduction : almacén veut dire "épicerie"
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Pour les centres commerciaux, qui sont très inégalement répartis sur le territoire, la plupart se trouvant autour de Buenos Aires (CABA et GBA en jargon géo-administratif) et un peu autour de Rosario (mais beaucoup moins) tandis qu’ils n’existent quasiment pas en Patagonie, les chiffres résument la situation qui ne nécessite aucune comparaison dans les graphiques (le texte en fait une avec les chiffres depuis janvier 2020, le confinement étant intervenu à la mi-mars).

Répartition de la consommation en supermarché
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Une certaine reprise existait donc déjà bel et bien au moment où les élections de mi-mandat se sont tenues et ce, même si le taux de pauvreté ne cesse de grimper de mois en mois et que par conséquent, l’amélioration constatée par l’INDEC ne concerne sans doute qu’une partie de la population, à peine plus de la moitié des Argentins et résidents étrangers dans le pays.

Répartition des achats par familles de produits
et par région, en centre commercial
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© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 27 décembre 2021

Quand un ministre argentin se désolait de ne pas disposer d’une police politique contre les syndicats [Actu]

"Si moi, je pouvais disposer d'une Gestapo
pour en finir avec les syndicats, je m'en servirais", cite le gros titre
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Marcelo Villegas était le ministre du Travail de la Province de Buenos Aires lorsque María Eugenia Vidal en était la gouverneure. De métier, c’est un avocat spécialisé dans le droit du travail.

Une vidéo vient d’être découverte : elle révèle que le 15 juin 2017, lors d’une réunion du ministère du travail avec des représentants du patronat des travaux publics, qui s’est tenue dans les locaux d’une banque publique, le Banco Provincia, à La Plata, la capitale provinciale, ce ministre avait ouvertement regretté de ne pas disposer « d’une Gestapo, une police violente, pour en finir avec tous les syndicats ».

Ces propos ont été tenus en pleine démocratie par un ministre d’un État fédéré constitutionnel, une province argentine. Ils ont été suivis par d’autres déclarations des mêmes représentants des pouvoirs publics provinciaux participant à la réunion : ils expliquent à leurs interlocuteurs qu’ils disposent d’une entente avec la justice, aux niveaux local et national, pour compromettre dans des affaires montées de toutes pièces les acteurs du secteur syndical des travaux publics afin de les écarter grâce à des condamnations judiciaires.

Cette vidéo a été découverte dans les archives du contre-espionnage argentin qui subit depuis la prise de fonction du président actuel un très long audit qui ne cesse de révéler les effarantes modalités gouvernementales de l’ancienne majorité de droite, placée sous l’autorité de l’ex-président Mauricio Macri. C’est au cours du même audit qu’ont été découvertes les écoutes illégales réalisées contre notamment les membres des familles des sous-mariniers du ARA San Juan, perdu en mer en cours de mission, qui font actuellement l’objet d’une instruction pénale dont Macri tente de s’extraire par tous les moyens.

Bien entendu, en ce lendemain de long week-end, cette information n’est relayée que par Página/12 qui incorpore dans son article les extraits de vidéo en question.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajouts du 28 décembre 2021 :
Le gouvernement argentin
porte l’affaire devant les tribunaux et cette fois-ci, La Nación en dit un mot pendant que Página/12 refait sa une sur le sujet.
Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12 (ils sont plusieurs dans l’édition d’aujourd’hui)
lire l’article de La Nación

La une d'aujourd'hui met en relief
le rôle joué par Macri dans la tentative d'éliminer les syndicats
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Ajouts du 29 décembre 2021 :
Le Congrès s’empare de l’affaire et lance une commission bicamérale pour enquêter sur les faits et gestes de certains fonctionnaires du contre-espionnage (qui auraient agi de leur propre chef, prétendent les hommes politiques de droite qui se risquent à tenter de justifier l’injustifiable) et les agissements de deux magistrats soupçonnés d’avoir initié les magouilles judiciaires destinées à compromettre les syndicalistes.
Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12
lire l’éditorial de Página/12 dont l’illustration montre toute l’ampleur de l’ignorance argentine sur ce qu’était vraiment la Gestapo (l’image est tirée d’un film et montre un officier de la Wehrmacht et son chauffeur)
lire l’entrefilet de La Prensa sur les excuses que devant l’ampleur du scandale, et ce malgré l’été et les fêtes, Marcelo Villegas s’est résolu à présenter publiquement (il s’agit d’ailleurs plus d’un déni lâche et cousu de fil blanc que d’excuses à proprement parler)
lire l’article de La Nación sur les commentaires du président après la publication des vidéos

Un gros titre qui n'a pas besoin de traduction
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Ajouts du 30 décembre 2021 :
La justice ordonne des perquisitions à La Plata et à Buenos Aires. Enquêtes journalistiques et instructions nourrissent déjà le dossier et apportent des indices de l’implication de Mauricio Macri dans les tentatives d’intimidation contre les syndicalistes. Ce dernier semble avoir décidément fait un usage bien antidémocratique des services de l’État. Une nouvelle inculpation ne surprendrait personne dans les semaines à venir.
Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Nación qui dénonce enfin vraiment l’affaire, tout en s’efforçant d’en sous-estimer l’ampleur et d’en faire porter la responsabilité ultime à la majorité présidentielle qui radicaliserait le débat partisan dans la démocratie argentine !

"La "Gestapo" est née dans le palais présidentiel", dit le gros titre
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Ajout du 31 décembre 2021 :

Les deux principales centrales syndicales se portent partie civile.
Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12

"Un plan systématique pour détruire les syndicats", dit le gros titre
reprenant les termes des constitutions de partie civile
Dans les jumelles de Macri, les sigles des deux organisations plaignantes
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Ajout du 3 janvier 2022 :
lire cet article de Clarín qui analyse la situation politique fâcheuse de María Eugenia Vidal après la découverte du scandale impliquant au premier chef l’un de ses ministres.

Ajouts du 12 janvier 2022 :
La procureure en charge de l’affaire a demandé l’inculpation de María Eugenia Vidal dans le cadre de son mandat de gouverneure. Sur le champs, on a pu observer des efforts de différentes personnalités à droite pour faire dépayser l’instruction au bénéfice du tribunal fédéral situé à Buenos Aires même (Comodoro Py), réputé plus favorable à la droite que les autres tribunaux de même niveau installés hors de la capitale fédérale. En l’occurrence, les tribunaux compétents sont ceux du ressort territorial de la province de Buenos Aires où les faits ont eu lieu.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín