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mercredi 9 juillet 2025

Le troisième lapin de Mileí à la patrie [Actu]

Intérieur de la Casa Histórica de Tucumán
La salle de réunion du Congrès indépendantiste
Le livre d'or semble attendre un président qui ne s'est pas présenté


En prenant pour prétexte l’épais brouillard qui règne actuellement sur Buenos Aires et qa prenui aurait empêché son retour dans la capitale après les célébrations à Tucumán, tout à l’ouest de l’Argentine, Javier Mileí a renoncé à se rendre dans la ville qui vit proclamer la déclaration d’indépendance le 9 juillet 1816. Il a célébré à Buenos Aires, par un froid de canard, cette deuxième fête nationale argentine.

Le comportement de Mileí est si minable
que Página/12 préfère titrer sur un scandale
qui éclabousse le président : 10 valises en provenance de Miami
escortées par des connaissances de Mileí
sont entrées en Argentine sans passer de contrôles
En haut, à côté de la photo de la Casa Histórica :
"Ne nous explique pas que la nuit tombe"
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En réalité, les gouverneurs avaient presque tous annoncé qu’ils n’assisteraient pas à la cérémonie que le chef de l’État préside traditionnellement en personne. Ils entendaient ainsi protesté contre la politique de Mileí qui refuse de répartir aux provinces leur part de la trésorerie nationale, une part qui est censé rééquilibrer les ressources inégales dont elles disposent.

"Les politiques désertent et ne respectent même pas
la Fête de l'Indépendance", gronde le gros titre
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Or en moins d’un mois, c’est la troisième fois que Mileí fait la cérémonie buissonnière. Il ne s’est pas non plus déplacé à Salta le 17 juin pour l’anniversaire de la mort du général Güemes, un grand héros populaire de la guerre d’indépendance, ni trois jours plus tard, à Rosario, lieu où le général Manuel Belgrano a pour la première fois hissé le drapeau national en 1812 au jour anniversaire de la mort de celui-ci qui sert de fête du drapeau. Dans les deux cas, il est de tradition que le président se déplace et préside les deux cérémonies. Il a présenté des excuses tout aussi invraisemblables que celles d’hier.

"Mileí ne s'est pas rendu à Tucumán à cause de la météo
et de l'absence des gouverneurs", dit le gros titre
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En fait, tout se passe comme s’il avait la trouille de se faire huer…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

L’article de Une de La Prensa n’est pas disponible en ligne.

lundi 12 mai 2025

Élections de mi-mandat : résultats mitigés et sujets à interprétations divergentes des tout premiers scrutins [Actu]

"Les gouverneurs en fête", titre Página/12
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Les élections de mi-mandat vont s’échelonner en plusieurs salves d’ici au mois d’octobre, sans élections primaires préalables (la loi sur les PASO, primaires obligatoires et systématiques, a été abrogée sous le présent mandat national).

Hier, ces élections se tenaient dans quatre provinces en vue de renouveler les chambres locales : Salta, San Luis, Chaco et Jujuy, toutes situées dans le nord-est du pays.


"Super-dimanche électoral : le Gouvernement fédéral
se réjouit", dit La Prensa
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Avec une participation affreusement faible, surtout pour un pays où le vote est théoriquement obligatoire, et avec un dépouillement encore inachevé en cours d’après-midi (heure de Paris), ce qui en dit long sur la difficulté d’organisation des scrutins, on obtient les résultats suivants :

"Les majorités en place ont gagné et le PJ
s'en sort mal dans les quatre provinces qui ont voté",
dit Clarín
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Dans les provinces de Salta et de Chaco, La Libertad Avanza (Mileí) arrive en tête, seule à Salta (+ 6 points sur le suivant) et en alliance avec la droite libérale du gouverneur à Chaco (+ 12 points sur le deuxième). Avec des taux de participation respectifs de 59,7 % et 52,2 %.

LLA a emporté la majorité dans la ville de Salta, la capitale de la province homonyme.

A Jujuy, LLA arrive en deuxième position (il n’y avait qu’un seul scrutin), le parti présidentiel est 17 points derrière le leader. Le taux de participation y reste pour l’heure inconnu.

C’est à San Luis que LLA fait son pire score : 5 % des voix pour la chambre basse (4e position tout de même) et 12 % pour la chambre haute (3e position). Avec une participation de près de 60 % des inscrits.


Ces résultats conservent une majorité gouvernable à chacun des quatre gouverneurs. Ils peuvent donc s’estimer vainqueurs du scrutin.

A Buenos Aires, Mileí, fidèle au modèle Trump, considère que les résultats obtenus sont un succès puisque la force d’opposition principale, le parti justicialiste (péronistes), ne parvient pas à prendre la tête électorale, au moins dans ces quatre provinces. Le président a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne remplirait pas son devoir électoral dimanche prochain à Buenos Aires : il sera en visite officielle à Rome pour l’installation du pape Léon XIV.

Les provinces qui ont voté hier ont en commun d’être très rurales avec un habitat très dispersé dès qu’on est à la campagne. Salta, Jujuy et San Luis bénéficient d’un flot touristique national assez important. Chaco en revanche peine à se faire connaître : c’est une province très pauvre et peu aidée au niveau fédéral.

"Les gouverneurs ont confirmé leur pouvoir
dans quatre districts et les libertaires
ont connu des avancées", dit La Nación
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Dimanche prochain, c’est la Ville autonome de Buenos Aires (CABA) qui se rendra aux urnes pour renouveler sa Legislatura (une seule chambre, il n’y aura donc qu’un seul scrutin). La majorité actuelle (confortable) est détenue par la droite libérale, tantôt en concurrence ouverte, tantôt en partenariat avec LLA.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación

En ligne, La Prensa traite l’info en quatre entrefilets indigents.

dimanche 23 juillet 2023

Les Andes ont fêté leurs succulentes pommes de terre [à l’affiche]

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Depuis onze ans, grâce à l’initiative d’un prêtre, les paysans de la Puna, les hauts-plateaux andins d’Argentine, se rassemblent vers le 20 juillet pour proposer leurs pommes de terre, un produit très recherché en Argentine, qu’on achète au prix de l’or dans les supermarchés de Buenos Aires et des autres grandes villes de la plaine.

Festival de couleurs, de formes (sphériques, longues ou biscornues), de tailles (plutôt petites) et de saveurs.

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Ces pommes de terre viennent de petites exploitations familiales, souvent tenues par des Amérindiens. A plus de 3000 mètres d’altitude. Elles arrivent au village de El Alfarcito, dans la province de Salta, à dos de mules et d’ânes pour s’étaler sur les tables abritées du soleil sous de grandes voiles de tissu.

A faire cuire à la vapeur, à l’eau ou sous la braise. La fête proposait comme d’habitude de multiples stands artisanaux de dégustation des meilleures spécialités locales, dans une optique de développement économique durable et ultra-local.

Des spectacles et des récitals ont accompagné la manifestation dans le décor intemporel de ce petit village montagnard.

Photo Carlos Figueroa
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Commencée sur les 10 h. du matin, la fête s’est conclue le soir par une grand-messe d’action de grâces dans la plus pure tradition locale de syncrétisme entre la religion catholique et le culte de la Pachamama, la grande déesse-mère porteuse de fécondité qu’honorent les peuples premiers partout dans les Andes tropicales et subtropicales.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’entrefilet de Nuevo Diario de Salta

vendredi 26 mai 2023

Zamba pour se souvenir toujours de Daniel Toro [Actu]

Hommage du quotidien El Tribuno sur son compte Facebook
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A 82 ans et à l'issue d’une pneumonie, Daniel Toro nous a quittés hier, 25 mai, le jour de la fête nationale.


En haut à droite, avec photo
En vedette, la manifestation cristiniste, ultra-partisane
sur Plaza de Mayo hier, sans le président en place
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A la SADAIC, la société des auteurs-compositeurs argentins, ses dépôts témoignent d’une œuvre gigantesque : plus de mille chansons qui illustrent et nourrissent le patrimoine national du folklore du nord-ouest argentin. Plusieurs de ces titres sont devenus de véritables classiques, repris par la plupart des grands interprètes dans leurs disques et leurs récitals, dont la grande Mercedes Sosa, elle-même originaire d’une province voisine de la sienne, Tucumán.


En haut au centre
Dessous : la manifestation cristiniste
(gros succès d'affluence malgré la pluie comme il y a 213 ans)
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Sa chanson la plus connue, Zamba para olvidarte (Zamba pour t’oublier) compte plus de 8 millions d’interprétations diverses et variées sur la plateforme Spotify, nous dit Página/12, qui rend surtout hommage au caractère engagé de l’artiste.

En effet, Daniel Toro a connu la censure sous la dernière dictature, celle dont on célèbre cette année les 40 ans de la fin. Pour conserver la vie et continuer à travailler, il avait dû adopter un pseudonyme.

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Il y a deux ans, un documentaire de longue durée (84 mn) lui avait été consacré par la cinéaste Silvia Majul. Sur l’affiche (ci-dessus), le jeune Daniel faisait face au vieux Toro.

Son décès est traité à la une d’à peu près tous les journaux nationaux, à l’exception notable de La Nación, et ce malgré une actualité politique chargée, puisque Cristina Kirchner a été hier l’unique oratrice sur la Plaza de Mayo, où elle avait convoqué ses partisans, malgré le fait qu’elle refuse de se présenter aux élections… Elle a même chassé le président en place de la traditionnelle célébration publique, ordinairement ouverte à tous, sur la place historique de la capitale, là même où s’est produite la révolution qui a mis fin au régime vice-royal.


En bas à droite, avec photo
En vedette, les acrobaties réalisées par Tango 01,
le nouvel avion présidentiel,
sous la pluie, sur l'aéroport domestique de Buenos Aires
alors que le président devait se rendre en Patagonie
pour le long week-end férié
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A Salta, où l’artiste était né et où il est décédé, dans un hôpital de la capitale provinciale, l’un des quotidiens locaux, El Nuevo Diario de Salta, en fait le sujet principal de sa une.

La une locale
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De nombreuses vidéos sont incrustées sur la plupart des articles en ligne.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

dans la province de Salta :
lire l’article de El Tribuno (édition de Salta)

mercredi 29 décembre 2021

Le Museo Histórico del Norte expose une relique [à l’affiche]

Un objet émouvant.
On devine encore la présence des couleurs nationales bleu ciel et blanc
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(photo Xavier Martín)


Le Museo Histórico del Norte  ça se traduit tout seul‑est un ensemble de musées nationaux situés dans la province de Salta (nord-ouest, presque à la frontière avec la Bolivie au nord et le Chili à l’ouest).

Celui qui se situe au plein cœur historique de la capitale provinciale et qui occupe le bâtiment du cabildo colonial (l’hôtel de ville d’Ancien Régime) expose depuis quelques mois une relique du gouverneur légendaire de l’époque indépendantiste : Martín Miguel Güemes dont on célébrait cette année le bicentenaire de la disparition.

Le coin de l'exposition
avec ce tableau à l'image mythique et ce sol à dalles de terre cuite
si emblématique des bâtiments de l'époque coloniale
Cliquer sur l'image pour une haute résolution
(photo Xavier Martín)

Il s’agit d’un des bicornes du héros, une coiffe qui appartenait à son uniforme de cérémonie, qu’il utilisait dans les grandes occasions civiles et militaires. L’objet a été longuement restauré avec grand soin et il est maintenant présenté dans une vitrine protectrice à côté d’un tableau iconique (bien qu’il date de 1912), qui montre Güemes partant à l’assaut de l’ennemi à la tête de ses gauchos (sa cavalerie de paysans locaux), une des grandes fiertés de la province.

Il n’existe pas de portrait de Güemes de son vivant. Sa représentation a donc été fantasmée par quelques artistes qui lui ont donné, pour les besoins de la mémoire politique et ceux des enseignants de l’école obligatoire depuis 1883, un visage désormais adopté par tout le monde (mais peut-être très différent de la réalité historique).

La conservatrice et la restauratrice posent devant leur travail
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(photo Xavier Martín)

Ce matin, La Nación consacre un long article, abondamment illustré de très belles photographies, à cet objet qui devrait désormais attirer à Salta de nombreux touristes de tout le pays, même si, pour l’heure, le variant omicron, qui prend ses aises aussi dans l’hémisphère sud, entrave une nouvelle fois les allers et venues entre les différentes régions du pays et gâchent déjà le début des vacances d’été.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 9 août 2021

Hommage touristique à Belgrano et San Martín à la Posta de Yatasto [Actu]

Photo El Tribuno


Le site historique où se sont rencontrés le 20 janvier 1814 les deux héros nationaux de l’Argentine, les généraux Manuel Belgrano (Buenos Aires, 1770-ibidem, 1820) et José de San Martín (Yapeyú, en Argentine, 1778-Boulogne-sur-Mer, 1850), le relais de poste colonial dit de Yatasto, vient de s’enrichir d’un groupe sculptural conçu pour encourager les selfies et apparaître par la suite dans Instagram.

C’est un sculpteur célèbre, Fernando Pugliese, qui a malheureusement été tué par le covid en mai dernier, à l’âge de 81 ans, qui a signé cette « œuvre ». Son travail, classé dans la catégorie de l’ultra-réalisme, n’a qu’une piètre valeur artistique. C’est même parfois franchement laid. Au mieux, c’est un travail d’artisan pour musée de cire. De formation, Fernando Pugliese était avocat.

Photo El Tribuno

Les deux hommes sont représentés selon l’image d’Épinal figurant dans les manuels scolaires et magazines pour enfants depuis un siècle et demi. Tous deux sont à peu près aussi inexpressifs l’un que l’autre, ce qui permet à n’importe qui de projeter à peu près n’importe quoi sur eux. Vous remarquerez qu’on chercherait en vain quelle fut la nature de la relation qu’ils ont nouée à cet endroit de la province de Salta et que leurs échanges épistolaires avaient préparée depuis quelques semaines. Leur différence d’âge, très sensible pour leurs contemporains et bien réelle (8 ans), a disparu. Pire, on peut même dire qu’elle a été inversée ! Bref, c’est aussi peu heureux que le reste des interventions du même sculpteur sur d’autres lieux historiques mais ça fera fureur, à n’en pas douter, sur les smartphones des touristes argentins, dont certains feront à coup sûr un détour par Metán, qu’ils n’auraient pas fait sans la mise en place de cette horreur.

Photo El Tribuno

En Argentine, on a l’habitude de dire, surtout à gauche, qu’il faut arracher les héros historiques au bronze des statues (sacar a los proceres del bronce), mais il faut croire qu’il n’y a pas qu’en bronze que les statues sonnent creux.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de El Tribuno (édition de Salta)

Mieux vaut tard que jamais : les Gauchos de Güemes ont eu leur défilé à Salta [Actu]

Photo du service de presse du gouvernement de la Province de Salta


La levée des restrictions sanitaires les plus sévères samedi dernier a permis hier dimanche aux groupements traditionalistes des gauchos saltègnes de rendre enfin hommage au héros révolutionnaire de leur province dont on célébrait, en mode covid, le bicentenaire de la mort le 17 juin dernier, en présence du président Alberto Fernández, qui a de ce fait essuyé la colère d’une partie d’entre eux. Ils refusaient ou se montraient incapables de comprendre les motifs des restrictions qui étaient opposées à leurs défilés traditionnels. Faisant une lecture politique (de bonne ou de mauvaise foi) ils y avaient vu une vexation de Buenos Aires contre leur province éloignée alors que les mêmes restrictions s’étaient imposées un an plus tôt très exactement lors du bicentenaire de la disparition d’un autre héros révolutionnaire, le plus portègne de tous, Manuel Belgrano, né et mort à Buenos Aires.

L'info est reléguée par Messi et les Jeux Olympiques
en haut de la colonne de droite
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Hier, ces hommes et parfois ces femmes ont donc défilé hier et se sont rendus à cheval au pied du monument à Güemes, avec à leur tête leur gouverneur, lui aussi à cheval.

Pourtant, l’info a été reléguée dans les titres secondaires à la une de l’édition saltègne de El Tibuno, le journal local qui couvre deux provinces, Salta et Jujuy.

Messi pleurant à Barcelone plus fort que Güemes mourant à Salta !

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (édition de Salta)
lire l’article de El Tribuno (édition de Salta)

vendredi 18 juin 2021

Bientôt, un billet à l’effigie de Güemes [Actu]

Hier, le président au milieu des autorités locales de Salta
(Photo Casa Rosada)
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Le président argentin l’a annoncé hier dans son discours en hommage à Martín Güemes dont Salta (et toute l’Argentine) commémorait le bicentenaire de la mort : dans les choix qui seront faits pour la nouvelle série de billets de banque, Güemes aura sa place. Ce sera la première fois que son effigie arrivera sur cet outil d’unité nationale.

Une une entièrement consacrée aux cérémonies
et aux incidents périphériques
Ces gens qui manifestent en hurlant sont des représentants
d'associations populaires exclues exceptionnellement des cérémonies
Le président les a laissés passer. Sans quoi, tout le monde aurait hurlé à la censure
Le responsable local des mesures sanitaires a donné sa démission
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Actuellement, il reste en circulation un bon nombre de billets anciens, qui datent d’avant la présidence de Mauricio Macri, mais les nouveaux, qui devraient disparaître ou être remplacés peu à peu au cours du présent mandat, portent des effigies d’animaux sauvages. C’était une idée de Macri qui prétendait ainsi éviter les clivages politiques. De la cancel-culture de droite quelques années avant que cette idée états-unienne de gauche envahisse le monde. Du négationnisme de l’histoire en général !

La photo souvenir de l'émission philatélique
La présidente de Correo, le président de la République, le gouverneur

Avec Güemes, c’est aussi San Martín et Belgrano qui doivent revenir dans les portefeuilles des Argentins. On a du mal à le croire mais Mauricio Macri avait aussi écarté ces deux hommes (en démonétisant les deux billets correspondants), qui sont pourtant les figures les plus consensuelles de toute l’histoire du pays !

Dans le même ordre symbolique, Correo Argentino, la poste publique, a émis un timbre pour philatéliste. Ensemble, le président et le gouverneur de Salta ont oblitéré les premiers exemplaires.


"Mauvais moment pour relativiser le droit
à la propriété privée", rouspète le gros titre
Sur cette une très agressive, La Prensa
réduit les propos du Pape à l'OIT au seul contexte argentin
Le pays serait en train de sombrer dans le "socialisme"
En dessous, la photo du discours présidentiel à Salta
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Par ailleurs, ce bicentenaire a été gâché par des manifestations politiques ultra-partisanes et les journaux s’en font l’écho, la presse de droite se précipitant pour souligner tous les couacs et en faire porter la responsabilité au président et à sa visite officielle sur place. Cette attitude est d’autant plus dérangeante que les manifestants protestaient surtout contre les mesures sanitaires (fermeture des restaurants et des écoles, limitation du tourisme, restrictions à la participation aux cérémonies), comme s’il y avait d’autres solutions à mettre en œuvre !

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

lire le communiqué officiel de Correo Argentino (qui n’a pas encore mis le nouveau timbre dans sa boutique en ligne)

jeudi 17 juin 2021

A Salta, la nuit dernière, à minuit [Bicentenaire]

Une de El Tribuno (édition de Salta)
En bas, la photo officielle avec le gouverneur et le président


C’est aujourd’hui le bicentenaire de la mort de Martín Miguel Güemes, le gouverneur de Salta à l’époque de la guerre d’indépendance. Le seul chef de la révolution qui ait, en Argentine, trouvé la mort de la main des partisans du régime colonial. Le président argentin Alberto Fernández a fait le déplacement et il est arrivé hier dans la nuit, sous un froid intense tel qu’on le connaît rarement si près du tropique du Cancer, pour participer à la cérémonie traditionnelle au pied de la statue du héros : la guardia bajo las estrellas (la garde aux étoiles). Il a été accueilli au pied de l’avion par le gouverneur de la province, qui a considéré cette visite comme un honneur, et la maire de Salta.

Affiche officielle de la Province

Par la suite, le chef d’État a croisé des comités d’accueil beaucoup moins agréables : quelques centaines de manifestants qui ont osé politiser l’hommage à celui qu’ils disent être le héros local de la probité et du courage. Insultes, cris hostiles, pancartes, klaxon et concert de casseroles.

Dans la presse nationale, Página/12 ne parle aujourd’hui que de la cérémonie tandis que Clarín et La Nación se régalent devant les manifestations hostiles. Tout est bon dans la campagne électorale !

La garde d'honneur hier à minuit
dans leur uniforme historique, dit des Infernales de Güemes
Photo Gouveernorat de Salta

Le quotidien local, El Tribuno de Salta, équilibre les deux événements et rend compte de la visite qui continue aujourd’hui avec d’autres cérémonies traditionnelles. Le journal reproduit en vidéo la garde de nuit.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

Par ailleurs, La Nación profite de l’occasion pour publier une interview de l’historien Miguel Angel De Marco qui fait du même coup la publicité de sa biographie du héros saltègne tandis que El Tribuno propose à son lectorat un supplément de 55 pages, téléchargeable gratuitement, intitulé Güemes, el legado de un patriota.

mardi 15 juin 2021

Mini-série documentaire pour le bicentenaire de la mort de Güemes [à l’affiche]


Jeudi prochain, pour le bicentenaire de la mort de Martín Miguel Güemes (1785-1821), l’un des grands héros de l’indépendance argentine, particulièrement fêté dans sa ville natale de Salta, l’INCAA, l’institut national du cinéma et des arts audiovisuels, sort une mini-série de docu-fiction, Güemes, el Sueño de una América libre, à travers laquelle les auteurs disent vouloir rendre justice à l’historicité de la figure mythique et à son enracinement local.

Les quatre épisodes de 26 minutes chacun passeront donc sur la chaîne CINEAR, du 17 au 20 juin, tous les soirs, à 19h30. Le visionnage est gratuit et retransmis en replay sur plusieurs réseaux sociaux et la plateforme audiovisuelle gratuite Cine.ar Play (sur laquelle vous pouvez tout regarder à condition de créer un compte). La série a commencé à être diffusée hier localement, sur différentes chaînes couvrant la province de Salta.



Tournés exclusivement sur le territoire de la province, dans des décors naturels qui mettent en valeur les paysages à couper le souffle de cette région andine au nord-ouest de l’Argentine, les 4 épisodes représentent Güemes sous les traits de l’acteur saltègne Andrés Araya García et sa femme, Carmen Puch, qui se laissa mourir après l’assassinat de son époux, sous ceux de l’actrice, saltègne elle aussi, Leila Jorge Elías.



La série est réalisée par Emmanuel Moscoso et Javier Flores et produite, avec des fonds provinciaux, par Mariano Rosa.

Par ailleurs, sur une chaîne nationale de service public, Canal Encuentro, on pourra voir un autre documentaire, un moyen métrage intitulé Ensayo para Güemes (répétition pour Güemes). Une initiative du ministère national de la Culture, dirigé par le cinéaste et homme de télévision Tristán Bauer. Bref, cette semaine, une bonne partie de l’Argentine se met à l’heure du Nord-Ouest en juin 1821.

Jeudi, le président Alberto Fernández doit se rendre à Salta pour participer à des célébrations réduites à cause de la situation sanitaire et apporter l’hommage de la Nation au héros disparu. Les manifestations traditionnelles du 17 juin (jour férié sur place), dont les très spectaculaires défilés à cheval des associations traditionalistes de gauchos (1), sont annulées afin d’éviter la constitution de grands rassemblements sans masque ni geste barrière. Un vrai crève-cœur comme ce fut déjà le cs l’année dernière pour le bicentenaire de la mort de Manuel Belgrano !

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la série documentaire saltègne (paru dans l’édition locale Salta/12)
lire l’article de Página/12 sur le documentaire de Canal Encuentro (paru dans les pages culturelles de l’édition nationale)
lire le communiqué officiel de la Province de Salta sur la sortie de la mini-série.



(1) Ces associations, parfois tellement attachées à leurs traditions qu’elles en deviennent fanatiques, sont fort mécontentes de voir leur beau programme annulé. Le président de l’une d’entre elles a même proféré des menaces contre l’ordre public, avant de se raviser, au grand soulagement du plus grand nombre de ses concitoyens.